Foot-ball : 90 minutes de bonheur dans la famille Hamari Traoré
Reportage : Djeneba BAGAYOKO Bamako, 06 juin (AMAP) Notre équipe de reportage a suivi le match Mali-Congo de samedi, à Moribabougou, un quartier de Bamako, au domicile du capitaine des Aigles, Hamari Traoré. Arrivée dans la famille Traoré vers 17h, notre équipe de reportage a été chaleureusement accueillie par Mme Traoré Fatoumata Koné, la mère du latéral droit de la sélection nationale qui nous conduira au salon familial. «Je suis contente de vous accueillir dans la famille Traoré et fière de voir que notre famille a été choisie par le Quotidien national « L’Essor » pour suivre ce match des Aigles face aux Diables Rouges du Congo», s’est réjouie Mme Traoré, avant de nous servir à boire. «Soyez les bienvenus, prenez place et faites comme chez vous. Mon époux est allé au champ mais il sera là d’un moment à l’autre et suivra le match avec nous», a ajouté Mme Traoré, chapelet en main. Une heure plus tard, Oumar Traoré (le père de Hamari) arrive, en compagnie de son ami Mamadou Diarra. D’autres membres de la famille (cousines, nièces, oncles, voisins, etc.) viennent s’ajouter au groupe. Petit à petit, le salon se remplit. Tout le monde a les yeux rivés sur le poste téléviseur installé dans le salon. Le coup d’envoi de l’arbitre mauritanien Abdelaziz Bouh coïncide avec la fin de la prière de fin d’après-midi «Fitiri» du chef de famille, Oumar Traoré. À peine eut-il quitté son tapis de prière que le père du latéral malien lève les bras au ciel et lance : «Fasse Dieu que les enfants gagnent aujourd’hui (samedi, ndlr). Ils vont gagner, j’en suis sûr». Oumar Traoré n’a pas terminé sa phrase que son fils déclenche une action dans la surface congolaise, conclue par une frappe de Mohamed Camara qui débloque le compteur des Aigles (1ère min). Toute la famille Traoré se lève pour manifester sa joie. Seule Mme Traoré Fatoumata Koné reste assise. Elle pleure de joie : «Hamari est l’homonyme de mon père, je suis fière de lui et de tous ses camarades de l’équipe nationale. Dès l’âge de 12 ans, Hamari a commencé à m’aider dans tout ce que je fais ». « À l’époque, nous habitions à la Cité Unicef à Niamakoro et Hamari partait à pied jusqu’à Magnambougou pour vendre mes marchandises. Il lavait mes habits, nettoyait ma maison et partait même souvent au marché acheter des condiments. Il se levait tous les jours à 4h du matin pour aller à la mosquée et après, partait aux entraînements», a révélé Mme Traoré Fatoumata Koné. Selon la mère de l’international, Hamari Traoré appelle la famille à chaque veille de match pour demander des bénédictions. Dix minutes après l’ouverture du score par Mohamed Camara, les Aigles doublent la mise par El Bilal Touré, suite à un excellent travail d’Yves Bissouma. Réaction du père : «Allez les enfants, tout le pays est derrière vous. À ce rythme, ils vont en faire voir de toutes les couleurs aux Diables Rouges». On connaît la suite : les protégés du sélectionneur Éric Sékou Chelle marquent un troisième puis un quatrième but aux 40è et 44è minutes, respectivement par El Bilal Touré et Kalifa Coulibaly. «Ils ont fait une bonne première période. Dieu a permis aux enfants d’inscrire 4 buts. C’est un excellent début de campagne, j’espère qu’ils continueront sur la même lancée et feront vibrer le pays pendant toute la durée des éliminatoires. Ils nous ont vraiment régalés aujourd’hui (samedi, ndlr) et tous les joueurs ont répondu présents», a salué Oumar Traoré qui est un grand supporter du Djoliba. DB/MD (AMAP)
Nouvelle cimenterie Atlas : Le président Assimi Goita donne le coup d’envoi des travaux
Bamako, 03 juin (AMAP) Bâtie sur une superficie de 14 ha, avec une production annuelle de 800.000 tonnes par an, la cimenterie de Dio Gare emploiera, au moins, 100 personnes directement et 150 indirectement dès le lancement. Avec l’objectif de parvenir à plus de 1.000 emplois sur les dix prochaines années, cette nouvelle usine de ciment située à Dio Gare, dénommée Cimenterie Atlas, est l’œuvre de la société S&S industrie dirigée par deux jeunes Maliens, Papa Oumar Samaké et Amadou Sow. C’est une société de droit malien créée en 2021 avec un capital initial d’un million de Fcfa porté à 100 millions de Fcfa, en novembre dernier. L’objectif est de doter le Mali d’une nouvelle cimenterie de dernière génération dans le cadre d’un partenariat cent pour cent malien. Le montant total de la réalisation de la future usine de ciment est estimé à plus de 50 milliards de nos francs. L’infrastructure doit être opérationnelle dans trois ans. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a procédé, dans une ambiance de fête, à la pose de la première pierre de l’usine, jeudi, sur le site, à Dio Gare. La cérémonie a réuni le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, des membres du gouvernement, le président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, et les autorités coutumières, administratives et politiques de la localité. Après la pose de la première pierre, le chef de l’État, dans une interview à la presse, a indiqué que ce projet « cadre avec la vision du gouvernement qui consiste à soutenir toutes les initiatives nationales et, surtout, celles portées par la jeunesse pour le développement de notre pays ». Une condition sine qua non de notre indépendance économique. «Je suis sûr et convaincu que la réalisation de cette usine permettra de créer des emplois et combler le déficit du ciment sur le marché national et, aussi, de booster le secteur économique», a déclaré le colonel Goïta. Le président de la Transition a lancé un vibrant appel à tous les Maliens de l’intérieur comme de la diaspora à venir investir au Mali. Il a assuré que les autorités de la Transition les accompagneront dans le strict respect des intérêts du peuple malien. RÉDUIRE LES IMPORTATIONS – Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, la présence du colonel Assimi Goïta à cette cérémonie témoigne de tout l’intérêt particulier qu’il porte au développement industriel de notre pays en général, et singulièrement à la promotion de l’entreprenariat de la jeunesse malienne. M. Ould Mohamed a aussi remercié les promoteurs pour avoir choisi de faire un tel investissement dans notre pays. Pour le ministre de l’Industrie et du Commerce, la pose de la première pierre de cette usine témoigne de la volonté des autorités à mettre en œuvre la politique de développement industriel. «Un des objectifs de cette politique est, justement, la création d’unités de transformation de nos minerais et en particulier la transformation du calcaire du Mali », a-t-il précisé. Mahmoud Ould Mohamed a, par ailleurs, salué la vision qui a animé les promoteurs, Papa Oumar Samaké et Amadou Sow, tous jeunes opérateurs maliens évoluant dans le monde des affaires, pour la création de cette usine de ciment de type CEM32,5. «Cette nouvelle unité industrielle contribuera à l’accroissement de la production du ciment et réduira considérablement le niveau de dépendance du pays aux importations créant ainsi plus de valeur ajoutée. Elle va, aussi, réduire la fuite des capitaux», a indiqué le ministre, précisant que la société S&S industrie a bénéficié de l’accompagnement de l’Etat à travers l’octroi d’un agrément suivant le Code des investissements. De son côté, le Président directeur général (PDG) de la cimenterie Atlas, Papa Oumar Samaké, a précisé que l’un des objectifs de la réalisation de cette usine est de réduire considérablement l’importation de ciment au Mali et, surtout, de contribuer au développement socio-économique du Mali, tout en mettant en valeur le savoir-faire malien. Après avoir remercié le chef de l’État pour son déplacement, il a dit que ce projet répond, en quelque sorte, à son appel lancé à la jeunesse malienne pour relever le défi. OD/MD (AMAP)
Niani Sangha : Les retrouvailles des frères Keita
Bamako, 03 juin (AMAP) Avec environ 6.000 habitants, essentiellement constitués de Keïta, Koursalé est un gros village manding, à 45 km de la capitale malienne, Bamako, dans la Commune rurale du Mandé. Qui parle d’un village du Mandé, parle de l’histoire et de la culture. Koursalé a accueilli du 28 au 29 mai dernier, pour la première fois la rencontre traditionnelle, culturelle, touristique et sociale : «Niani Sangha» de l’espace «Badougou». Les habitants des villages voisins, notamment Manicoura, Kéniéroba, Naréna et ceux de trois villages malinké de la Guinée Conakry (Niani, Niagassolo, Badougou-Balandougou) ont répondu présents à ce rendez-vous mémorable voire historique puisque l’événement était organisé pour la première fois, en terre malienne. Organisée tous les neuf ans, cette activité favorise la consolidation des relations entre frères de la lignée de l’empereur du Mandé, Soundjata Keïta, le partage d’expériences et de doléances, ainsi que la quête d’identité culturelle. «Niani Sangha», ce sont, aussi, des retrouvailles et une consolidation de l’héritage et des traditions légués par Soundjata Keïta. La rencontre rituelle a été agrémentée par des animations folkloriques, des tirs de fusil, des démonstrations de magie des chasseurs maliens et guinéens. Le représentant du chef de village de Koursalé, Yacouba Keïta, s’est réjoui de l’organisation de cette fête dans son village et félicité les populations d’avoir donné un éclat particulier à la cérémonie. Le président de l’Association des ressortissants de Badougou résidant à Bamako, El Hadj Siriman Keïta, a invité les peuples de l’espace Badougou à se donner la main pour célébrer la concorde, la paix, l’union et, surtout, à travailler ensemble. Le président de l’Autorité intérimaire da la Commune rurale du Mandé, Nouhoum Kélèpily, a jugé que cette rencontre est un espace de paix et de cohésion sociale. Il a remercié les présidents de la Transition en Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, et au Mali, le colonel Assimi Goïta, pour leur collaboration. «J’invite le peuple malien à une prise de conscience collective et à l’union sacrée autour de la République», a-t-il exhorté. Pour sa part, le sous-préfet de Kalaban-coro, Daha Keïta, a soutenu que les peuples de l’espace Badougou ont surtout faim et soif de leurs culture, us et coutumes. Il a invité tous à s’accorder sur l’essentiel. «Avec Niani Sangha, nous avons montré au monde que nous sommes soudés et pouvons nous comprendre», a déclaré l’administrateur civil, avant d’inciter la nouvelle génération à s’approprier les valeurs, traditions et l’identité mandingues. La rencontre a pris fin par une réunion de famille dans le grand vestibule de Koursalé. SYW/MD (AMAP)
Réseaux sociaux : La folie Tik Tok
Jessica Khadidia DEMBÉLÉ Bamako, 03 juin (AMAP) Musical.ly avant son rachat en 2017 par la compagnie chinoise ByteDance, TikTok s’est imposée comme un incontournable du divertissement numérique chez les jeunes. C’est une plateforme facile d’utilisation, sur laquelle les gens font des vidéos créatives et divertissantes, assez courtes (15 secondes à 3 minutes). Les utilisateurs dansent, font des playbacks sur des audio, imitent des scènes de films, réalisent des challenges, suivent des tendances qui sont virales et qui sont, plus spécifiquement, appelées dans le jargon de l’appli, des Trend. Il est très facile de percer sur la plateforme, on peut rapidement passer de quelques milliers de vues à des millions en une seule vidéo qui vous fera propulser au-devant de la scène. On peut, également, gagner de l’argent grâce à TikTok après avoir obtenu 10.000 abonnés et 100.000 vues sur ses dernières vidéos. Tout le monde peut bénéficier de ces facteurs sur la plateforme, à condition d’avoir plus de 13 ans. C’est l’âge requis pour s’inscrire sur l’application. Cependant, avec tout ce que cette enquête nous fera découvrir, est-ce que cette limite d’âge est-elle efficace ? Cette restriction est-elle même respectée ? NARCISSISME À OUTRANCE – L’une des choses les plus marquantes sur TikTok est la mise en valeur de l’aspect physique. Ce qui n’est, en aucun cas, une mauvaise chose sauf si c’est pour exposer aux yeux du monde entier le narcissisme à outrance. Tout est fait pour être beau et donne envie a l’audience. Le corps sur TikTok est devenu le ou l’un des moyens favoris des utilisateurs pour gagner le plus rapidement en visibilité, c’est même la marque de fabrique de certains comptes de ‘tiktokeurs’ très célèbres. Pour certaines ‘tiktokeuses’, il s’agit d’exposer certains attributs du corps avec des tenues suggestives, des challenges qui montrent leurs apparences au plus bas pour revenir, la seconde d’après, à un aspect qui frôle le perfectionnisme. Pour cela, hommes comme femmes utilisent des tenues de détente, s’ébouriffent les cheveux, puis la seconde d’après, dans la même vidéo, on les retrouve avec des tenues élégantes ou sexy, torse nu pour les hommes, bien habillés et coiffés. Ce genre de vidéo est généralement très regardée par les ‘tiktokeurs’ et les commentaires qui en résultent sont pour glorifier le physique de l’auteur de la vidéo. On ne retrouve pas de «super vidéo, continue ainsi» mais des «tu es trop belle» ou «tu es trop beau». Que des commentaires sur le physique et pas que des élégants parfois. Pour le Docteur en sociologie et professeur d’université à la Faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation, Bréhima Elie Dicko, TikTok est devenu un phénomène de mode et donc il y a une course au voyeurisme. Le mot influenceur, pour désigner les personnalités des réseaux sociaux, surtout ceux qui ont des milliers voire des millions d’abonnés, est un terme bien choisi car c’est en cela leur grande contribution. Se retrouver avec ce genre de vidéos de façon permanente sur la plateforme est très probable, surtout qu’il suffit juste de quelques secondes de visionnage d’une vidéo pour subir une déferlante du même genre de contenu indéfiniment. L’algorithme fonctionne de la sorte. Si TikTok interdit l’accès au moins de 13 ans, il n’y a aucun moyen pour vérifier cela puisqu’il existe plusieurs manières de contourner cette règle. Si Astou Madani Dabo, jeune étudiante âgée de 23 ans et utilisatrice de TikTok, se sent complexée devant un tel étalage de «corps parfait», imaginez ce qu’éprouve un mineur qui rentre à peine dans l’adolescence. En effet, les enfants sont facilement exposés à tout ce qui se rapporte au physique, surtout chez les jeunes filles qui développent rapidement une obsession pour leurs corps. Astou n’est sûrement pas la seule fille majeure qui se retrouve dans cette situation. Elle déclare qu’elle veut devenir ‘tiktokeuse’ depuis des années mais malheureusement ne trouve pas son corps «assez sexy » pour correspondre au standard de beauté sur l’application. «Sur TikTok, les filles ne mettent en avant que leurs corps et si je ne fais pas ça, sauf reproduire seulement d’autres vidéos, je n’aurai pas assez de vues», se désole la jeune femme. Une influence dangereuse qui a un impact sur la psychologie des plus jeunes, les poussant vers un chemin court : celui de la chirurgie esthétique, considérée comme le moyen le plus rapide de se débarrasser de ses complexes. Elle est très en vogue aux États-Unis. Étant très addictive aussi, Astou pousse cette couche de la société à s’éloigner de plus en plus de leurs études. Malgré des centaines de comptes dédiés à la formation scolaire, le professeur Comlanvi Innocent Amouzou, enseignant au collège Yeleen de Bamako, affirme que l’application participe plutôt à la régression du niveau d’études de la plupart des élèves. « Bien sûr que la plateforme est un outil d’apprentissage pour les enfants d’une part mais la plupart des élèves ne vont pas sur TikTok pour suivre ces formations scolaire », déplore-t-il. HYPERSEXUALISATION – «Quand j’ai installé l’application TikTok, c’était la tendance des danses de Twerk. Ma fille prenait mon téléphone en mon absence pour aller sur l’appli alors que ce genre de vidéos étaient fréquentes», témoigne Anta Cissé, mère de deux enfants. Le WAP challenge ou la dance consiste à enchainer différentes positions sexuelles en dansant ; le Buss It challenge qui consiste à porter une tenue lambda et danser timidement sur la musique Hot in here du chanteur américain Nelly. Soudain la caméra descend rapidement et on retrouve la même personne avec cette fois-ci une tenue beaucoup plus sexy s’adonnant à une séance de Twerk sur la chanson Buss It de la chanteuse américaine Erica Banks. Ce sont les vidéos qui étaient les plus populaires et les plus recommandées. Les Hashtags Wap challenge et le Buss It challenge en comptent chacun plus de 4 milliards sur l’application TikTok. Et ils ne sont pas les seules catégories de danse sexy facilement trouvables et recommandées sur la plateforme. Vous, vous retrouvez facilement avec des contenus hypersexualisés, voire pornographiques. «Elle n’est pas juste normalisée ou banalisée, elle
La cachexie décime le bétail à Gao (Nord)
Par Abdourhamane TOURE Gao, 02 juin (AMAP) Le mois d’avril est considéré comme le début de la période de soudure pastorale au Mali. Cette période est particulièrement éprouvante pour le bétail du fait de la rareté des pâturages, laquelle est consécutive à la pression exercée sur les ressources pastorales en raison du nombre de plus en plus croissant des troupeaux et de la transhumance interne et externe. Cette période est vécue avec beaucoup d’angoisse pour les propriétaires de troupeaux. Dans la Région de Gao (Nord) cette année, la situation est particulièrement critique. A la situation d’insécurité presque permanente due à la présence de groupes armés ennemis, s’ajoute, actuellement, une calamité due à la mortalité des animaux. Cette année est considérée comme exceptionnelle à cause de l’apparition d’une maladie qui est en train de décimer, à petit feu, le cheptel local. Les cadavres d’animaux morts à la suite de cette maladie sont visibles un peu partout. La raison? Une insuffisance de pâturages qui a entrainé une «sous-alimentation» du bétail qui se nourrit exclusivement de fourrages. A cause de cette situation alimentaire désastreuse du bétail, les animaux souffrent de la maladie de cachexie. Selon les spécialistes de la médecine vétérinaire, la cachexie résulte d’un grave affaiblissement de l’organisme avec notamment une perte de poids et une atrophie musculaire liées à une dénutrition très importante. Le directeur régional des productions et industries animales (DRPIA) de la Région de Gao, Aboubacar Habba Maïga, explique que les mouvements des troupeaux sont perturbés par les attaques et enlèvements de bétail par les groupes armés. Ce qui limite les déplacements des animaux dans toutes les zones pastorales. En cette période de soudure, les principales sources d’abreuvement du bétail sont les puits, les mares permanentes et le fleuve Niger. Actuellement, les animaux sont concentrés dans le Gourma et le long de la Vallée, notamment dans les Communes de Gounzourèye, N’Tillit, Gabéro et Ouatagouna. On observe, également, des départs forcés de troupeaux de Tessit vers Anchawadj sous la pression des groupes armés. Le directeur régional exhorte les autorités et les partenaires à apporter une assistance alimentaire et de l’aliment à bétail aux pasteurs et aux agro-pasteurs les plus vulnérables dans toutes les zones en déficit en pâturages. D’ores et déjà, le président de l’Association des réseaux des médiateurs pour la prévention et la gestion des conflits pastoraux, Mahamadou Sidibé, a salué l’appui technique et financier de l’organisation néerlandaise de développement (SNV). Cette dernière a fourni l’aliment bétail, les intrants vétérinaires. Elle a été sollicitée pour le ramassage des cadavres d’animaux et pour apporter un appui aux pasteurs et aux agro-pasteurs dont les animaux ont été enlevés par les hommes armés. L’ONG appuie aussi l’approvisionnement de la banque d’aliment bétail en produits. Il faut noter que le sac d’aliment bétail de 40 kg coûte actuellement 12.500 Fcfa. Le président de la Chambre régionale d’agriculture de Gao, Nouhou Chaïbou Touré, confirme que les ménages sont menacés par une insécurité alimentaire, car la population vit des revenus générés par le commerce du bétail. Abondant dans le même sens, le maire de la Commune rurale de Gabero et membre des organisations professionnelles des éleveurs de Gao, Abdoulaye Balobo Dicko, a expliqué qu’il faut s’attendre au pire si rien n’est fait. Il ajoute que l’ampleur de la situation ne doit pas être minimisée parce que toute l’économie des régions dans le Nord du Mali est basée sur l’exploitation des produits de l’élevage. L’édile de Gabero recommande, à défaut d’une distribution gratuite d’aliment bétail, la subvention de ce produit pour sauver la vie des milliers de têtes d’animaux et préserver l’économie de leurs propriétaires. Le conseiller aux affaires économiques et financières du gouverneur de la Région de Gao, Alhader Amadou Bella, salue les initiatives de certains partenaires. Il cite en exemple le bureau régional du Programme alimentaire mondial qui a acheté 10 tonnes d’aliment bétail pour les éleveurs de la localité de Tessit. Les populations sont assaillies par les soucis d’insécurité qui pourrissent leur quotidien. Comme si cela ne suffisait pas, c’est la cachexie qui affecte les économies familiales anéantissant tout espoir de résilience des ménages. Des actions d’urgence sont demandées pour alléger la souffrance de ces dernières et du bétail qui est confronté plus que jamais à cette calamité climatique doublée d’insécurité. La détresse des populations à l’évidence est grande et leur regard ne peut être tourné que vers les autorités pour leur trouver une bouée de sauvetage. Surtout que la fête de Tabaski «frappe» à la porte. AT/MD (AMAP)
Le projet de Cadre stratégique de la Refondation de l’État approuvé par le Gouvernement
Bamako, 1er juin (AMAP) Les membres du gouvernement, réunis, mardi, à la Primature en Conseil de cabinet, sous la présidence du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, ont adopté plusieurs projets de décrets dont celui du Cadre stratégique de la Refondation de l’État. L’ordre du jour de la rencontre portait sur plusieurs et des communications écrites comme celle relative au Cadre stratégique de la Refondation de l’État (2022-2031) et son Plan d’actions (2022-2026), du Plan d’actions prioritaires du gouvernement de la Transition (2022-2024), du projet de décret fixant les avantages accordés aux membres du Secrétariat permanent du comité de coordination et de suivi-évaluation de la Politique nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme. S’y ajoutent le projet de décret fixant les avantages accordés aux membres du Secrétariat permanent du Conseil de sécurité nationale (SP-CSN), le projet de décret fixant les montants des primes et indemnités allouées au personnel de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et une communication écrite relative à la mise en place d’une Journée nationale de salubrité appelée Beceya sur l’ensemble du territoire national. À l’issue de la rencontre, le ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga a confié que le conseil de cabinet a planché sur un texte portant Cadre stratégique de la Refondation de l’État en seconde lecture. Le document avait été l’objet d’un premier travail qui avait fait des observations pour son amélioration. Selon M. Maiga, ces observations ont été intégrées et des éléments de données techniques ont, aussi, été prises en charge. «Aujourd’hui, le conseil de cabinet a pu approuver le document pour que cela puisse être présenté en Conseil des ministres, et adopté définitivement», a-t-il annoncé. Ibrahim Ikassa Maïga a rappelé qu’il s’agit d’un document référentiel d’une importance capitale qui donne suite aux recommandations formulées par les citoyens depuis les communes jusqu’au niveau national, en passant par les pays de résidence des Maliens établis à l’extérieur, lors des Assises nationales de la refondation (ANR). À ce propos, le ministre Maïga a précisé que des actions prioritaires ont été proposées pour être mises en œuvre pendant la période restante de la Transition et le reste sera décliné dans le cadre d’un plan quinquennal qui va faire l’objet d’une revue à mi-parcours. La suite sera répartie sur une période beaucoup plus longue. Pour sa part, le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Modibo Koné a indiqué qu’il sera désormais institué une Journée nationale de salubrité, dont le lancement sera fait le samedi 11 juin, à Kati, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Cette activité s’inscrit dans le cadre de la Quinzaine de l’environnement qui sera célébrée du 5 au 17 juin prochain. Le ministre du Travail de la Fonction publique et du Dialogue social, Mme Diawara Aoua Paule Diallo, a défendu trois projets de décret dont celui relatif aux indemnités, avantages et primes allouées au personnel de la CENTIF et du SP-CSN. AT/MD (AMAP)
Fête traditionnelle des masques et marionnettes de Koulouninko : Pour la paix et la cohésion sociale
Bamako, 1er juin (AMAP) Les habitants de Koulouninko, un quartier périphérique de la Commune III, dans la capitale malienne, ont repris à leur compte l’adage africain : «Un peuple, qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture, ressemble à un arbre sans racines». Ils n’entendent pas s’écarter de certaines pratiques léguées par leurs ancêtres et qui résistent toujours à l’épreuve du temps, comme l’organisation de fête traditionnelle dans le quartier, chaque année. C’était le cas, samedi dernier, à Koulouninko avec une rencontre culturelle qui vise à réunir autour d’un idéal commun mais, surtout, à implorer les génies pour un hivernage propice. Cette fête est une tradition qui remonte à avant 1900. Selon les organisateurs, le but est de renforcer la paix et la cohésion sociale entre les habitants de Koulouninko eux-mêmes mais, aussi. avec les villages ou quartiers voisins, pour le développement de la Cité. Le chef de quartier, Mamadou Coulibaly dit Madoudjan, y a participé aux côtés du président de l’Association des masques et marionnettes de Koulouninko (AMMK), Sékou Coulibaly, ainsi que le représentant du maire de la Commune III, Mamadou Traoré, et des notabilités. C’est une tradition qui s’est transformée en festival. C’est aux environs de 16h30 que les masques et marionnettes ont apparu pour égayer des festivaliers qui avaient pris d’assaut la grande place publique. Le masque ‘Nama’ a ouvert le bal pour chasser les mauvais esprits afin que la fête soit belle. Les autres masques, notamment N’tomo, Djitoumou Balla, Soumala, N’yeleni et Kônô ont suivi. Chacun d’entre eux a un rôle spécifique dans la société. Ces figures ésotériques défendent les causes des hommes et des femmes et protègent le village contre tous les maux de la société. Ils favorisent, aussi, la bonne récolte. Le président de l’AMMK a expliqué que c’est une fête traditionnelle à laquelle il est particulièrement attaché. Pour lui, la rencontre est un levier de développement du quartier, ajoutant que ce rendez-vous culturel doit être plus que jamais un vecteur de convivialité et de solidarité entre les âmes de Koulouninko. Et de poursuivre que ce moment de partage et de communion permettra d’accentuer le vivre ensemble des habitants. Il a rappelé que Koulouninko est un quartier de la Commune III du District de Bamako avec plus de 5.000 habitants, majoritairement constitués de Bambara. Le représentant du maire de la Commune lll a souligné que l’objectif de la fête est de se donner la main, de s’unir, mais surtout de s’aimer, sans lesquels, rien ne pourrait marcher dans la cité, selon lui. Pour la circonstance, les habitants ont fait l’union sacrée autour de leurs marionnettes et masques. Le chef de quartier de Koulouninko a invité les uns et les autres à s’inscrire dans la paix et la cohésion sociale. Il a fait remarquer qu’une trentaine de villages des environs ont pris part à cette rencontre culturelle. Il a salué la marraine de l’événement, Fatoumata Niane Batouly. Elle n’a pas pu effectuer le déplacement, mais n’a pas ménagé ses efforts pour la réussite de l’évènement. AOT/MD (AMAP)
En moins d’un an, plus de 1 100 enfants hospitalisés dans le nouveau projet de MSF à Niafunké, dans le Nord du Mali
Par Oumar SANKARE avec MSF Bamako, 01 juin (AMAP) Depuis le lancement, en juin 2021, de leurs activités à Niafunké (dans Nord du Mali), les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF), en collaboration avec les autorités du District sanitaire, ont soigné plus de 1 100 enfants âgés de 0 à 15 ans hospitalisés au centre de santé de référence. Plus de 2.200 consultations médicales ont, également, été menées par les équipes de santé communautaire auprès des populations affectées par l’insécurité dans la zone du Gourma de Tombouctou. M. B. est originaire d’un village loin de Niafunké. Elle est au chevet de son enfant H. Y. malade hospitalisé au service de pédiatrie de l’hôpital de la ville. Elle nous partage son histoire et le parcours de soin de son enfant. Son enfant avait mal au cœur et au ventre depuis sa naissance et les premiers soins au village ne l’ont pas guéri. « Sa santé s’est aggravée. C’est pourquoi j’ai décidé de l’amener à l’hôpital de Niafunké à moto. Cela fait maintenant une semaine que nous sommes ici. Aujourd’hui, il l’enfant) va beaucoup mieux. Son ventre lui fait moins mal et son cœur aussi », dit la mère, soulagée. F. T, elle, est originaire d’un village qui se trouve derrière le fleuve Niger à Niafunké. « Mon enfant était malade. Nous avons marché un long moment, puis nous avons pris la pirogue pour venir à l’hôpital de Niafunké. Il était dans un état critique mais à notre arrivée, il a été bien traité. Ce matin, il va beaucoup mieux. », dit-elle Mené dans la Région de Tombouctou, (Nord), le projet prend en charge gratuitement les enfants malades âgés de 0 à 15 ans au niveau du service pédiatrique de l’hôpital de Niafunké. « Dans le cadre de la gestion intégrée des cas communautaires (ICCM), nous avons aussi lancé des activités communautaires dans quatre sites nomades, situés dans la zone du Gourma de Tombouctou », déclare Dr Junaid Khan, Chef de mission de MSF au Mali. Afin de fournir des soins essentiels curatifs et préventifs, des cases de santé fixes ont été mises en place pour les communautés qui rencontrent des difficultés d’accéder aux soins principalement liés à l’insécurité, à la distance et aux coûts. En à peine quatre mois, plus de 2249 consultations médicales y ont été réalisées », ajoute – t-il. Ce projet a été mis en place dans un contexte sécuritaire de plus en plus difficile dans la région, qui affecte durement l’accès des populations civiles aux soins de santé. Cette crise a affecté le système de santé local provoquant ainsi la défaillance au niveau de certaines structures de santé. Dr Souleymane Cissé est le responsable de l’unité Pédiatrie de l’hôpital de Niafunké. Selon lui, « la situation sanitaire dans la zone de Niafunké est difficile compte tenu de beaucoup de facteurs. Le cercle de Niafunké dispose d’une vingtaine de Centres de santé communautaires fonctionnels qui arrivent à offrir le paquet minimum de soins. Et la quasi-totalité de ces centres sont situés dans la zone du Gourma, où il y a une forte concentration des populations ». « En raison de la crise actuelle, l’insécurité a entrainé une mobilité réduite de nos équipes médicales au niveau de ces aires de santé. Et cela complique, aujourd’hui, l’accès des populations aux soins de santé. Mais on fait de notre mieux pour continuer à offrir des soins aux populations en dépit des contraintes sécuritaires », explique le médecin. Parmi les pathologies fréquentes dans la zone, il y a le paludisme, surtout en période hivernale et pendant la décrue. « Il y a, également, la malnutrition. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’enfants malnutris qui sont hospitalisés à la pédiatrie de l’hôpital. Cette situation est due au contexte sécuritaire qui empêche les paysans de cultiver suffisamment. À cela s’ajoute le faible pouvoir d’achat des populations. Les gens ici sont très pauvres », poursuit le praticien. « Aujourd’hui nous avons des craintes face à l’augmentation des cas d’enfants malnutris que nous recevons à la pédiatrie. Actuellement, en moyenne, les équipes des soins intensifs reçoivent, chaque mois, quinze enfants en situation de malnutrition aiguë sévère souffrant de complications », révèle Dr Cissé. Il dit craindre que ce taux reste élevé dans les prochains mois compte tenu de la mauvaise récolte de cette année, de l’insécurité qui complique l’accès des populations aux services santé, de la flambée de prix des denrées de première nécessité et de la rareté de certains produits nutritionnels sur les marchés locaux. La présence de MSF, à côté des agents de santé de l’Etat, donne un signe d’espoir et contribue à faciliter l’accès des populations aux soins. MSF est une organisation humanitaire médicale internationale qui apporte ses secours aux populations touchées par des conflits, des épidémies, des pandémies, des catastrophes naturelles ou encore l’exclusion des soins. Au Mali, MSF gère actuellement des projets dans la capitale malienne, Bamako, à Ansongo, dans les Régions de Kidal, Gao, (Nord), Mopti (Centre), dans les localités de Ténénkou, Douentza et Koro), Ségou (Niono, au Centre du pays) et Sikasso (Koutiala, dans le Sud). OS/MS (AMAP)
Développement rural : Stratégies pour une agriculture performante
Par Makan SISSOKO Les acteurs du secteur sont en conclave pour faire l’état des lieux du secteur agricole. A l’issue des échanges et des réflexions, leurs recommandations devront ouvrir la voie à l’amélioration des résultats Bamako, 31 mai (AMAP) En 2019, le Mali, le Rwanda, le Maroc et le Ghana étaient en bonne voie pour respecter les engagements de Malabo pris en juin 2014 en faveur de l’agriculture en Afrique d’ici 2025, selon le deuxième rapport d’examen biennal sur la mise en œuvre de la Déclaration de Malabo qui a été présenté lors du Sommet de l’Union africaine (UA) tenu en février 2020. Un résultat que les autorités maliennes entendent consolider. Pour ce faire, administrations, acteurs du monde rural, partenaires techniques et financiers du Développement rural sont en conclave pour faire la photographie, le diagnostic du secteur afin de formuler des propositions et recommandations pertinentes en vue d’améliorer les performances pour les prochaines années. A cet effet, la 12è Revue sectorielle conjointe du secteur du Développement rural se tient, depuis lundi, au Conseil national du patronat du Mali (CNPM). Le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, a présidé l’ouverture des travaux en présence du ministre délégué, chargé de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba. Il y est question de mener des échanges et des réflexions stratégiques sur l’état de santé du secteur du Développement rural. Ainsi, durant deux jours, les participants partageront des informations relatives aux performances du secteur agricole et échangeront sur les réformes à engager sur les plans institutionnel et technique en lien avec les Stratégies et Politiques en vigueur en la matière. Il s’agit, notamment, du Schéma directeur de développement rural (SDDR), la Stratégie nationale de développement de la riziculture (SNDR), la Stratégie nationale de développement de l’irrigation (SNDI), la Politique nationale de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (PolSAN), les Stratégies portant sur l’eau agricole, la protection des végétaux, la Politique de protection et de surveillance des végétaux et des animaux. Ces politiques et stratégies participatives et inclusives ont pour objectif l’amélioration de la gestion de l’agriculture malienne. «Le système de gouvernance du secteur consacre le partenariat État, collectivités territoriales, professions agricoles, secteur privé et société civile dans la définition, la mise en œuvre et le suivi des Politiques et Stratégies de développement agricole», a rappelé le ministre Modibo Keïta. « En application de ce principe de gouvernance, a-t-il précisé, le Programme national d’investissement dans le secteur agricole (PNISA) a été décliné en programmes régionaux d’investissement dans le secteur agricole avec la participation effective de tous les acteurs ». Selon lui, il en est de même du Plan de campagne agricole harmonisé et consolidé. Approuvé par le Conseil supérieur de l’agriculture (CSA) le 12 avril, ce Plan recommande l’élaboration de la Loi de programmation des investissements dans le secteur agricole. Relevant des avancées dans l’application des politiques/stratégies, le ministre en charge du Développement rural a instruit les structures relevant de son département de concevoir et exécuter des activités permettant de consolider les acquis. Il s’agit, entre autres, selon Modibo Keïta, de la déclinaison du PNISA dans toutes les régions et du District de Bamako, sa connexion avec l’approche Plan communal d’adaptation aux changements climatiques (PCA), la poursuite du suivi de l’application des engagements de Malabo. S’y ajoutent la production d’excédents céréaliers malgré l’insécurité dans certaines zones de production, la couverture vaccinale du cheptel qui dépasse les 70%. Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Sanoussi Bouya Sylla, a attiré l’attention sur la sécurisation des zones de production, la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations agricoles et la disponibilité des intrants pour garantir une production alimentaire suffisante pour le pays. M. Sylla a, également, insisté sur les défis relatifs à la protection de l’environnement, la géolocalisation des exploitations agricoles en vue de faciliter la traçabilité des intrants et équipements octroyés aux producteurs par voie de subvention. MS/MD (AMAP)
Baisse du PIB au Mali, selon les Perspectives économiques en Afrique 2022 de la BAD
Envoyée spéciale Aminata D. SISSOKO Accra, 26 mai (AMAP) Au Mali, « la croissance du PIB devrait tomber à 2,1 % en 2022 en raison des effets des sanctions de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), associés à l’impact du conflit russo-ukrainien, qui réduiraient la demande de services et d’équipements intérieurs de 4,2 % (3,4 % contre 4,5 % en 2021) », annonce le rapport sur les Perspectives économiques africaines 2022 de la Banque africaine de développement (BAD). Le document de 206 pages, qui porte sur comment : « Favoriser la résilience climatique et une transition énergétique juste en Afrique », a été publié, mercredi, en marge des Assemblées annuelles de la BAD qui se tiennent depuis le 23 mai 2023 à Accra, dans la capitale ghanéenne. Au cours de la cérémonie organisée pour l’occasion, au Centre international de conférences d’Accra, en présence du président du Groupe de la BAD, Akinwumi Adesina, et de nombreux invités, l’économiste en chef par intérim et vice-président chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances du Groupe de la BAD, Kevin Chika Urama, a présenté des points saillants du document. Le rapport sur les « Perspectives économiques en Afrique 2022 » est structuré en trois parties : la performance et perspectives économiques de l’Afrique ; la résilience climatique énergétique et transition énergétique juste en Afrique ; le financement de la résilience climatique et une transition énergétique juste en Afrique : stratégies et instruments. Il propose, également, une série de recommandations politiques pour mieux reconstruire et engendrer des économies résilientes en Afrique. Parmi lesquelles, l’accélération de la vaccination contre le Covid-19 et un soutien fort aux industries pharmaceutiques nationales, la réduction de la dépendance à l’égard des sources alimentaires uniques et la révision des cadres de la dette mondiale. En ce qui concerne le Mali, le rapport brosse les Développements macroéconomiques et financiers récents. Il se penche également que sur les questions relatives au changement climatique et options politiques. En plus des perspectives et des risques. Il ressort qu’en l’absence des sanctions économiques en 2021 après le coup d’État de mai de la même année, le Mali a connu une reprise économique avec une croissance de 3,2% après une contraction de 1,2% en 2020, causée par le Covid-19 et un précédent coup d’État en août 2020. Le déficit budgétaire s’est amélioré pour atteindre 4,7 % du PIB en 2021. En terme de perspectives et de risques, il ressort du document que la croissance devrait rebondir à 5,4 % en 2023, soutenue par la reprise de la production de coton (25,5 %), de céréales (5,5 %) et d’or (5,6 %), associée à des prix mondiaux favorables. Une forte reprise dans le secteur industriel (6,1 % contre 2,3 % en 2022) et les services (5,5 %) et une augmentation de la demande intérieure de 5,5 % soutiendront également la bonne performance économique en 2023. L’inflation devrait fortement augmenter à 7,8% en 2022 en raison de l’embargo et du conflit russo-ukrainien mais devrait baisser à 3,1% en 2023, parallèlement à l’augmentation de la production céréalière, à la baisse des prix des produits pétroliers, à la baisse de la base taxable de 50% sur les produits alimentaires importés et à la fixation de prix maximums. À partir de 2023, souligne le document, la dette intérieure devrait dépasser la dette extérieure, ce qui suscite des inquiétudes quant à la viabilité et à un effet d’éviction potentiel sur l’accès des entreprises au crédit. L’embargo imposé au pays, l’instabilité politique, la dégradation de la sécurité, le conflit Russie-Ukraine et les poussées de pandémie constituent des risques majeurs pour les perspectives. Le rapport rappelle que le Mali est le huitième pays le plus sensible aux risques climatiques. Il suggère alors que les options de politique publique devraient, d’abord, être axées sur le renforcement de la résilience climatique via une gestion optimale de l’eau et des aménagements hydro-agricoles. Le Mali devrait modifier son programme d’investissement public pour donner la priorité aux énergies renouvelables afin d’assurer la transition vers une croissance énergétique verte d’ici 2023, conformément à l’initiative Desert to Power de la Banque africaine de développement. Il devrait également augmenter son financement pour la protection de l’environnement qui ne représentait que 1,9 % du budget en 2021. Sur le plan régional, il ressort du document que le Produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique s’est fortement redressé l’année dernière, mais les effets persistants de la pandémie de Covid-19, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la guerre qui s’en est suivie pourraient poser des problèmes considérables à moyen terme. Le PIB de l’Afrique a connu une croissance estimée à 6,9 % en 2021. Les Perspectives économiques en Afrique indiquent, clairement, que « la pandémie et la guerre entre la Russie et l’Ukraine pourraient laisser une impression durable pendant plusieurs années, voire jusqu’à une décennie. Pendant ce temps, environ 30 millions de personnes en Afrique ont basculé dans l’extrême pauvreté en 2021 et environ 22 millions d’emplois ont été perdus la même année à cause de la pandémie ». Et cette tendance devrait se poursuivre au cours du second semestre de 2022 et en 2023. Les perturbations économiques découlant de la guerre entre la Russie et l’Ukraine pourraient plonger 1,8 million de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté sur le continent africain en 2022. Ce nombre pourrait encore augmenter de 2,1 millions en 2023. ADS/MD (AMAP)

