La canicule met à rude les appareils de climatisation ou de ventilation

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 24 mai (AMAP) En ces temps de hausse du mercure, les réparateurs de ces appareils électroménagers de Bamako, la capitale malienne, sont très sollicités. Et les rapports avec les clients sont, souvent, très tendus pour diverses raisons. Lassana Camara, technicien en climatisation, est à la tâche, dans son atelier, à Kalaban-coro. Il remet en place, avec dextérité, les pièces d’un humidificateur qu’il a dû démonter pour situer et corriger le problème l’empêchant de fonctionner correctement. Le propriétaire de l’appareil suit avec attention les gestes du technicien, espérant avoir rencontré, cette fois-ci, le bon. « Il y a une semaine, j’avais apporté ce même refroidisseur chez un soi-disant réparateur qui m’a fait dépenser pour rien. Enervé, j’ai tenu à son endroit des propos discourtois et on a failli en venir aux mains», raconte-t-il. Devant l’atelier de Camara, des dizaines d’autres humidificateurs attendent d’être réparés. Il doit, en plus, se déplacer fréquemment pour des réglages, dépannages ou maintenance de climatiseur aux domiciles de ses clients. Comme lui, de nombreux réparateurs d’appareils de climatisation sont débordés en cette période où la chaleur est maitresse des lieux à Bamako. Impossible, en effet, de rester entre quatre murs, sans avoir de quoi atténuer la forte température. Les ventilateurs, climatiseurs, humidificateurs et autres appareils du genre sont, ainsi, d’un grand secours. Sauf que leur usage réserve parfois des surprises désagréables. Et le stress thermique aidant, les échanges entre les techniciens spécialisés dans la réparation de ce matériel et leurs clients peuvent, facilement, tourner en propos véhéments. Les seconds pointent du doigt le manque de professionnalisme des premiers. «Beaucoup d’entre eux font du tâtonnement. Et ceux qui se débrouillent bien respectent rarement les délais», lance Amadou Traoré, instituteur. TATONNEMENT – Fadima Cissé s’est fait gruger, plusieurs fois, par des «techniciens incompétents». Récemment, cette habitante d’un quartier de la Rive droite de Bamako a sollicité, en l’espace de dix jours, deux réparateurs de système de climatisation. On lui avait particulièrement vanté les «qualités du premier». Mais à l’épreuve, échec ! «Il m’a dit que le problème était lié à la destruction de la carte et de l’interrupteur du climatiseur. Il a changé ces pièces, mais le même problème est réapparu une semaine après», confie notre interlocutrice qui était alors obligée de contacter un autre électricien. Celui-ci a lavé les filtres et mis du gaz pour un montant de 12 500 Fcfa. «Attendons de voir pendant combien de jours, la machine va tenir», soupire-t-elle. Selon Fadima Cissé, tous les réparateurs ne maitrisent pas leur métier. Ainsi, elle est obligée de recourir, à chaque dysfonctionnement de son appareil, à deux voire trois réparateurs pour trouver une solution. Et pour chaque réparation, surtout en cette période, il faut débourser une petite fortune. Awa Soumaoro, résidente de Sébénikoro, un quartier de la Commune IV dans l aciptal ;e malienne, utilise un humidificateur depuis trois ans. Elle est fréquemment chez les réparateurs pendant la canicule. Il y a deux semaines, elle a sollicité les services d’une entreprise spécialisée pour redonner à son humidificateur un rythme normal de fonctionnement. «Un technicien a changé certaines pièces. La réparation m’a coûté 7 500 Fcfa. Heureusement, l’appareil a marché», affirme-t-elle. Ce que la sexagénaire trouve surtout utile chez cette entreprise, c’est que le «client peut l’interpeller s’il n’est pas satisfait de la prestation». La compagnie prodigue, aussi, toujours des conseils utiles pour la bonne tenue des appareils. Hamidou Traoré, technicien en froid et climatisation, concède le déficit de réparateurs qualifiés. Mais se presse de charger les utilisateurs qui «disent souvent que les réparateurs ne connaissent rien alors que ce sont eux-mêmes qui ne savent pas manipuler leurs appareils». Ce diplômé de l’Institut supérieur de technique de gestion (ISTG) raconte : «Je viens de régler un climatiseur que j’avais réparé il y a une semaine. Le propriétaire était sur les nerfs quand il m’informait de ce qu’il croyait être une nouvelle panne. Or, que le problème était dû à la mauvaise manipulation de la commande par les enfants. Après mon intervention, j’ai véhémentement exprimé mon mécontentement». Hamidou Traoré a subi «injustement», pour la énième fois, le courroux d’un client. Sans compter la perte de temps que cette intervention à domicile lui a causée. «En cette période, le temps est précieux pour nous», dit-il, révélant qu’il répare quatre à cinq appareils, quotidiennement. En moyenne, il gagne 15 000 Fcfa le jour. Le technicien conseille au client d’acheter un humidificateur en fonction de la dimension de la pièce où il doit être installé et de ne surtout pas le laisser à la merci des enfants. Contrairement à Hamidou, Seydou Konaré a appris le métier sur le tas. Démontant un ventilateur dans son atelier à Bamako-Coura, il nous explique comment il est devenu réparateur : «Pendant les vacances, je partais dans des ateliers pour gagner de l’argent. J’ai fini par aimer ce travail passionnant. Cela fait quinze ans maintenant que j’évolue dans ce domaine.» Et d’affirmer qu’il n’a jamais eu de problème avec les clients, même durant les périodes de canicule où le volume du travail devient très important. « Nous pouvons réparer plus de quatre machines humidificateurs par jours. Le marché est vraiment rentable en ce moment», se réjoui-t-il. COUPURES D’ÉLECTRICITÉ – De son côté, Beydi Diallo, diplômé en électricité et en froid, évoque la rareté de pièces de recharge de bonne qualité sur le marché. Et, avec la crise économique qui n’épargne aucun pays, les prix des pièces de qualité (mèches, pompes, multimètres, filtres déshydrateur…) qu’on trouve au marché Dabanani ou dans les quincailleries ont connu une augmentation de 500 à 1 000 Fcfa. C’est pourquoi, les réparateurs utilisent, très souvent à la demande des clients, des pièces moins chères, donc peu résistantes. Beydi quitte rarement son atelier, situé à Bolibana où il répare des ventilateurs, des groupes électrogènes, des frigos, fours et repasseurs. «De mars à mai, je reçois plus de clients», dit-il, ajoutant que ceux-ci sont, généralement, satisfaits de ses prestations. «Mais dans tous les métiers, il peut avoir des erreurs. Les clients sont libres de rapporter

Réorganisation administrative et territoriale du Mali : Les nouvelles cartes disponibles

Par Bembablin DOUMBIA Bamako, 22 mai (AMAP) Le Mali dispose, désormais, d’une nouvelle carte administrative et des cartes des 19 régions et du district de Bamako. La cérémonie de remise solennelle de la première carte administrative au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a eu lieu, vendredi dernier dans la salle des banquets du palais de Koulouba. Cette remise, en présence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, des présidents des institutions de la République ainsi que des membres du gouvernement, intervient à la suite de la promulgation, le 13 mars dernier, des textes de la réorganisation administrative et territoriale, après leur adoption par le CNT. Ainsi, notre pays compte désormais un district, 19 régions, 159 cercles, 474 arrondissements, 815 communes, 12. 641 villages, fractions et quartiers. Dans son intervention, le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, est revenu sur les critères qui ont prévalu au choix des différentes circonscriptions administratives et des collectivités territoriales. Il s’agit des critères de populations et de superficie, prenant en compte, au plan local, les spécificités de la démographie et de l’étendue des espaces territoriaux à couvrir, des critères sociologiques et ceux liés à la viabilité économique. S’y ajoutent les critères de distance/accessibilité, permettant au maximum de rapprocher les populations de l’administration, ceux relatifs au maillage du territoire et à la compensation. Selon le colonel Maïga, la combinaison des critères a permis de rendre le processus plus objectif en ayant comme seule motivation de doter le Mali d’une architecture organisationnelle réaliste et adaptée aux besoins des populations. DÉLIMITATION – Le parachèvement de la réorganisation territoriale est un objectif du gouvernement qui figure dans son Plan d’action et une recommandation des Assises nationales de la refondation (ANR). D’où la matérialisation de ce «gigantesque travail par la conception et la production de la carte administrative du Mali, très attendue par le peuple malien et l’ensemble des utilisateurs publics et privés», a dit le ministre en charge de l’Administration territoriale. Notre pays, dans sa continentalité, dispose d’atouts importants de par sa diversité et ses richesses culturelles, géographiques, historiques, pédologiques et naturelles. De même, il est de notoriété que les Maliens sont très attachés à leur terroir. « C’est pourquoi, a dit le colonel Abdoulaye Maïga, cette réorganisation du territoire favorisera davantage le rapprochement de l’administration des administrés. » Les services techniques du département de l’Administration territoriale, en rapport avec l’Institut géographique du Mali (IGM), ont travaillé en synergie avec l’accompagnement des partenaires pour aboutir à la carte officielle du Mali et à celles des 19 régions administratives et du district de Bamako. Le colonel Abdoulaye Maïga a promis que cette dynamique se poursuivra avec la production et la dotation de l’ensemble des cercles et communes de notre pays en cartes administratives (dotation initiale) par son département. En plus de la délimitation des circonscriptions administratives et des Collectivités territoriales pour les besoins de définitions des espaces de vies, notamment les habitats, les champs de cultures, les zones de pâturages, celles économiques et commerciales, la carte administrative participe de la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. De ce fait, elle favorise la délimitation des frontières terrestres du Mali avec sept pays. Des frontières qui sont, également, des espaces de vie, de cohésion et d’intégration africaine. Le ministre Maiga a, par ailleurs, évoqué quelques conséquences négatives du non-parachèvement de la réorganisation territoriale. À ce propos, il a indiqué que sur le plan juridique, toute nomination doit intégrer quatre types de compétences à savoir l’identité de la personne, ses attributions, la période à partir de laquelle la personne nommée commence à exécuter ses attributions et le champ géographique dans lequel s’exercent ses attributions. «Dans le cas d’espèce, nous comprenons que les gouverneurs et les ressortissants des régions dites non opérationnelles étaient dans un inconfort absolu», a regretté le ministre en charge de l’Administration territoriale. OUTIL DE DÉVELOPPEMENT – Le président de la Transition a soutenu que face à la situation de crise multiforme et pluridimensionnelle que le Mali traverse, depuis quelques années, cette nouvelle carte administrative « contribuera, sûrement, à la refondation de l’État pour une gouvernance forte et efficace. » Selon le colonel Assimi Goïta, « l’activité de réorganisation administrative du territoire contribue à la prise en compte des préoccupations formulées dans le sens d’une impulsion du processus de décentralisation en capitalisant les réussites et les difficultés enregistrées par des acteurs locaux ». En ce qui concerne l’organisation administrative du territoire, il est institué une codification numérique en vue de faciliter l’identification des circonscriptions administratives, des Collectivités territoriales, ainsi que des villages, fractions et quartiers. Par ailleurs, le chef de l’État a exhorté le gouvernement à faire de la nouvelle carte administrative et des cartes des régions des outils de planification du développement économique et social de nos territoires. «En tant qu’outil de développement, de planification, d’orientation et de suivi des actions au profit des populations, la carte administrative est et demeure un véritable outil de base», a insisté le colonel Assimi Goïta, espérant que cette carte administrative servira de référentiel pour l’amélioration d’autres cartes, notamment les cartes géographique, historique, pédologique, démographique, sanitaire, éducative, militaire et de télécommunication. Le chef de l’État a, aussi, exhorté le gouvernement à œuvrer au quotidien avec l’ensemble de ses collaborateurs pour davantage rapprocher l’État des citoyens, dans le cadre du processus de refondation en cours dans notre pays. «Pour cela, vous devez rester à l’écoute permanente des populations et leur rendre des services de qualité», a conseillé le président Goïta. BD/MD (AMAP)    

Moussa Diallo : « La culture a beaucoup à donner pour freiner la déshumanisation du monde ! »

Propos recueillis par Moussa BOLLY Le talentueux musicien et entrepreneur culturel, mais aussi initiateur du Festival Spot on Mali Music parle avec le recul de son initiative. Il s’agit de permettre à des talents d’éclore grâce à des promoteurs ! Celui qui vit depuis de longues années à Copenhague (Danemark) sert de trait d’union entre la musique malienne et le showbiz mondial à travers le festival de musique «Spot on Mali Music» dont la 9è édition a vécu du 13 au 14 janvier 2023 à la Maison des Jeunes de Bamako AMAP : Les rideaux sont tombés sur la 9è édition du «Spot On Mali Music» organisée du 13 au 14 janvier 2023. Que retenez-vous de cette édition ? Moussa Diallo : Ce fut une superbe édition avec de belles découvertes d’artistes que je ne connaissais pas bien et qui nous ont émerveillés. C’est un bonheur à chaque fois de finaliser les éditions de «Spot On Mali Music» et de voir tant de talents qui sont plus ou moins connus même des Maliens. C’est tout un bonheur ! AMAP : Comment jugez-vous l’événement de cette année par rapport à la précédente édition ? MD : Pour nous, chaque édition de «Spot On Mali Music» est toujours une réalisation innovante. On ne gagne rien les mains croisées et chaque édition a été pour nous un challenge. Pouvoir déjà réaliser chaque année une nouvelle édition, c’est vraiment gagner du terrain dans la pérennisation du projet. Toutes les éditions ont été de belles expériences pour nous et je pense aussi pour les artistes. AMAP : Qu’est-ce qui vous a motivé à initier ce festival ? MD : Étant donné que je suis moi-même musicien, depuis fin 1990 je viens régulièrement au Mali et je fais des tournées au Danemark avec des musiciens maliens comme Bassékou Kouyaté et son épouse Amy Sacko ; Zoumana Téréta (paix à son âme), Amy Tounkara que je fais tourner dans les écoles et pour qui j’organise aussi des concerts en Scandinavie, et tant d’autres musiciens. Chaque fois que je suis au Mali, je vois vraiment des multitudes d’artistes qui galèrent et qui me demandent comment est-ce que je peux les aider d’une manière ou d’une autre. Quand l’ambassade du Danemark a été ouverte au Mali, j’ai contacté les acteurs culturels danois pour voir ce qui était possible de faire. Ma première démarche était d’aider l’Institut national des arts (INA) et le Conservatoire Balla Fasseké Kouyaté. Et cela a pu se réaliser. Une collaboration a été établie entre le Conservatoire Balla Fasseké Kouyaté et un conservatoire très connu au Danemark, le conservatoire de musique à Aarhus. Et de là, nous avons eu un budget et j’ai initié un festival pour aider les artistes qui ne sont pas nécessairement au Conservatoire Balla Fasseké Kouyaté pour donner un peu plus d’envergure à notre projet. AMAP : Quel est aujourd’hui votre regard sur la musique malienne ? MD: La musique malienne est belle comme toujours. Je découvre de nouveaux talents. J’adore la musique malienne et je ne suis pas le seul, car là où je vis, il y a aussi beaucoup de personnes qui adorent la musique malienne. Ils sont nombreux les artistes d’autres horizons qui sont toujours émerveillés de collaborer avec les artistes maliens. AMAP : Où en êtes-vous avec votre propre carrière musicale ? MD : Je suis un peu moins engagé à faire des tournées et des concerts classiques. Je fais maintenant beaucoup de choses pour les enfants. J’écris ainsi des livres pour les enfants. Tout cela est devenu aujourd’hui ma passion. Je sors quelques disques de temps en temps, mais le show business a beaucoup changé. Sans compter que je suis aussi à un âge où je me focalise un peu sur d’autres activités d’appui comme «Spot On Mali Music». Cela me permet de partager un peu mon expérience. N’empêche que je joue toujours de temps en temps vigoureusement sur scène. AMAP : Quel est l’impact de ce festival sur la musique malienne à ce jour ? MD : Je ne peux pas dire exactement jusqu’à quel point cette initiative impacte la musique malienne. Mais je sais que pour les artistes, c’est une plateforme qui leur a permis de briller avec du matériel très performant. Elle leur a aussi donné la possibilité de rencontrer des promoteurs qui, éventuellement, pourraient les aider à ouvrir les portes du showbiz. On les met sur nos réseaux sociaux et il y a une bonne petite poignée qui a eu l’opportunité d’avoir des tournées à l’extérieur à travers «Spot On Mali Music». Je sais que Thierno Sam a fait des tournées grâce au festival. Tout comme Cheickna Sissoko a eu aussi des opportunités à l’extérieur. Et Mariam Koné, qui était du côté du Conservatoire, a fait aussi des tournées au Danemark. AMAP : Quelles sont les grandes révélations des huit premières éditions ? MD : La liste est longue (rires…) ! Mais vous pourrez toujours aller sur la page web de Spot On Mali Music (www.spotonmalimusic.org) pour avoir une idée de tous les artistes qui ont joué à notre festival comme les rappeurs Mylmo, Tal B, Ben Zabo, Cheickna Sissoko, Sadio Sidibé, M’Bouillé Koité… ; Faratuben, un groupe atypique né de la rencontre entre musiciens du Mali et du Danemark ? Son nom est un mélange de deux mots bamanan : Farafin (Noir) et Toubabou (blanc). Ils jouent de la musique bwa très dansante et traditionnellement jouée uniquement sur du balafon et des tamans. AMAP : Bénéficiez-vous de l’accompagnement de l’État malien dans cette entreprise ? MD : C’est un peu triste à dire. Mais le ministère en charge de la Culture n’a fait aucun effort, même par courtoisie pour l’ambassade de Danemark, pour venir ou envoyer quelqu’un aux différentes éditions de notre festival. C’est déplorable d’avoir un ministère de la Culture qui ne fait aucun clin d’œil aux artistes maliens et ne reconnaît même pas ou n’apprécie pas les aides qui sont apportées à des acteurs culturels pour aider la culture

Vie de couple : Les secrets d’une relation amoureuse à distance

Par Mariam A. TRAORE Bamako, 19 mai (AMAP) La vie de couple n’est pas un long fleuve tranquille. Une vie à deux fait la synthese de plusieurs options. Et plusieurs stratégies entrent en jeu. Il s’agit de la communication, la concession, le respect mutuel et, surtout, l’art d’entretenir la flamme. Ce dernier point devient difficile quand le couple vie séparément. La distance est une épreuve difficile pour beaucoup de couples qui ont expérimentés la vie dans la proximité. Actuellement, au Mali, de nombreux couples vivent séparément pour des raisons professionnelles ou autres. Il leur revient de se réorganiser, tout en créant de nouvelles habitudes pour entretenir la flamme de l’amour. Il est conseillé aux couples, qui vivent séparément, de privilégier la communication, notammnet de rester connecté grâce aux messages et appels vidéos. Il est nécessaire de créer un moment intime, à travers le téléphone. Ainsi, vous pouvez prendre soin l’un de l’autre. Le couple doit être imaginatif pour ne pas donner de la place à la routine et à la solitude. Heureusement, la technologie offre plusieurs canaux pour rester en contact et permettre au conjoint de surmonter la distance. Pierre Teilhard Chardin dit vrai : «Ce n’est pas d’un tête à tête, ni d’un corps à corps, c’est d’un cœur à cœur dont nous avons besoin». Autrement dit, nous pouvons bien vivre loin l’un de l’autre et rester amoureux. La distance permet à certains couples de surmonter leurs difficultés pour enfin être complices. Plusieurs couples ont finalement compris qu’en plus de la proximité géographique, plusieurs valeurs sont nécessaires dans une relation amoureuse. Plusieurs moyens existent pour rester ensemble malgré la distance. Il faut juste communiquer et se rassurer que le message passe bien. Attention !!! Il ne s’agit pas de harcéler l’autre, mais de donner des signes de vie. Pour Mme Diakité Néné, la vie à distance a permis à son couple de se stabiliser. Comment la distance a-t-elle sauvé leur couple ? Le mari travaille dans une zone dite dangereuse au Mali. Le couple a opté de vivre à distance pour la sécurité de la famille. Ainsi, Néné et leurs deux enfants sont restés à Bamako. «Nos échanges journaliers ont ravivé la flamme qui s’éteignait entre nous», dit-elle. Ce couple qui, selon les témoignages, ne pouvait terminer une conversation sans disputes, communique maintenant passionnément. Elle indique qu’elle a vite créé leur mode de communication. «Je me faisais un devoir de lui envoyer chaque soir un message de bonne nuit en lui indiquant qu’il me manquait. Au réveil, il a un message de moi avec ma photo et celles des enfants pour lui souhaiter bonne journée et lui dire que nous allons bien”, dit Mme Diakité. “J’ai aussi pris l’habitude, à travers des messages, de lui raconter mes aventures quotidiennes», nous confie Néné. Au début, son époux ne réagissait pas à tous ses messages. Au fil du temps, il a fini par céder. «On se dit tout au téléphone. Mon homme avait de la peine à me dire -je t’aime-. Aujourd’hui, il le fait et nos conversations sont de plus en plus intimes et coquines», indique-t-elle. avec un large sourire. LA FEMME PLUS CREATIVE – Autre cas, autre histoire. L’ingénieur Bouba travaille dans une mine dans la Région de Kayes (Ouest). La distance a permis à son couple de rester amoureux et soudé. «Ce sont nos retrouvailles que j’aime beaucoup. J’ai l’impression, chaque fois, que je commence une nouvelle relation. Quand je suis à Bamako, ma femme se surpasse pour me séduire. Elle est aux petits soins», dit-il. Ce n’est pas tout. La distance a permis à sa femme de vaincre sa timidité. Il est heureux en nous confiant son secret : «J’adore nos moments de détente quand je ne suis pas sur place. Elle arrive à me surprendre. Elle m’étonne avec l’usage de certains mots. Ce mode d’échange a permis à mon épouse d’être beaucoup plus ouverte et de mieux s’exprimer». Pour cet autre couple, la distance leur a épargné le divorce. Fifi, un nom d’emprunt, raconte qu’après dix ans de vie de couple, la routine a fini par s’installer. Tout était sujet de disputes. «Plus rien n’allait dans notre couple. Il arriva un moment où j’ai sérieusement pensé au divorce», se souvient Fifi. Dieu fait bien les choses : son mari, qui est médecin, obtient une bourse de spécialisation hors du Mali. «J’étais soulagée qu’il parte pour que je sois enfin tranquille. Au bout d’un mois, il a commencé à me manquer. J’ai décidé d’établir une discussion saine entre nous. On se disait tout et rien. Mon mari a réussi à me séduire. Nos retrouvailles étaient chaleureuses et conviviales», assure Fifi. Ce jeune couple nouvellement marié profite bien de la vie à deux. La distance ne les empêche plus de vivre ensemble, même si c’est de façon virtuelle. «Grâce aux nouvelles technologies, on peut faire beaucoup de choses sans être pour autant ensemble. Nous regardons des films ensemble et faisons des jeux», explique Amadou est assis dans un restaurant de la place à côté de son épouse. Avec l’aide de sa femme, ils se sont fixés des règles de base. Il s’agit de ne jamais interrompre la communication même si l’un d’eux est fâché. Les incompréhensions doivent vite être aplanies pour ne pas laisser la place au doute et à la morosité. «Jusque-là, notre recette marche à merveille, à tel point que nous ne ressentons plus la distance. La complicité nous approche davantage et fortifie notre vie de couple», se réjouit l’épouse d’Amadou, en fixant du regard son mari comme pour confirmer. Un large sourire de son époux, qui n’arrêtait pas de taquiner sa femme, vaut toutes les confimations. Si par le passé, la relation à distance des couples était compliquée et pouvait être une menace pour la vie de couple, tel ne semble plus être le cas. Cependant, le virus dans une relation à distance est l’infidélité. La recette de l’amour éternel est la confiance. Il ne sert à rien de s’agiter ou d’avoir des pensées

Vente promotionnelle de bovins : 3 200 têtes sur le marché

Par Makan SISSOKO Bamako, 17 avril (AMAP) La désormais traditionnelle vente promotionnelle de bovins au Mali, dans le cadre de la fête de l’Aïd el-Fitr, met 3 200 têtes sur le marché, pour la 15èédition qui se déroulera, du 12 au 21 avril 2023, à Bamako et dans les capitales régionales.  Fidèle à la tradition, le ministère du Développement rural à travers la direction nationale des productions et des industries animales (DNPIA), organise cette édition officiellement lancée, samedi dernier, sur le terrain Chaba de Lafiabougou, par le ministre Modibo Keïta. Les 3 200 têtes sont reparties entre le District de Bamako (1 770), Kayes (470), Sikasso (270), Ségou (220) et Mopti (260). À Bamako, les fourchettes de prix varient entre 200 000 et 350 000 Fcfa. Cette opération, de portée économique et sociale pour les communautés rurales et urbaines, est fondée sur la solidarité et l’entraide. Son objectif essentiel, selon le ministre du Développement rural, « est de permettre aux Maliens de pouvoir s’offrir à un prix abordable une portion de viande, le jour de la fête. » Modibo Keïta a ajouté que l’opération vise, aussi, à faciliter l’écoulement du bétail des éleveurs et agro-éleveurs et leur garantir ainsi des revenus. L’organisation des ventes promotionnelles d’animaux de boucherie traduit, également, l’engagement du gouvernement à fédérer les ressources et les synergies afin de promouvoir les filières de productions animales et répondre aux besoins de consommation des populations en produits animaux de qualité. Pour, le ministre du Développement rural a remercié les groupements et organisations d’éleveurs et agro éleveurs qui, encore cette année, ont sacrifié à la tradition, en accompagnant son département dans cette opération, malgré le contexte socioéconomique particulièrement difficile. «De Kayes à Mopti, en passant par Bamako, Sikasso et Ségou, les marchés à bétail seront animés pendant tout le reste du mois de Ramadan par les vendeurs et acheteurs d’animaux venus de toutes les contrées de notre pays, traduisant la valeur de notre patrimoine pastoral et la richesse de notre élevage», a dit le ministre Keïta. Il a rappelé que le sous-secteur de l’élevage contribue à hauteur de 19% au Produit intérieur brut (PIB) et au moins 30% de la population en tirent essentiellement ses revenus. Le sous-secteur est le 3èpourvoyeur de recettes d’exportation, après l’or et le coton. PRODUCTIVITÉ – Cependant, a regretté le ministre Modibo Keïta, « la productivité des troupeaux et la plus-value du sous-secteur restent faibles. » Ainsi, l’une des priorités de son département est d’améliorer et accroître la productivité de l’élevage au Mali en agissant sur la génétique, la santé animale et l’alimentation du bétail. « C’est pourquoi, a-t-il expliqué, l’État déploie plusieurs actions dont l’insémination artificielle pour améliorer la race locale et la campagne de vaccination du cheptel, la culture des fourrages à très hauts rendements et la disponibilité de l’aliment bétail produit par nos unités d’huilerie. » Le président de la Transition au Mali, soucieux des questions d’alimentation du bétail, s’est personnellement impliqué en décidant lors du Conseil supérieur de l’agriculture (CSA) en avril 2022, de mettre à la disposition des éleveurs et producteurs de coton, 10% de la graine de coton de la campagne agricole 2022 de la Compagnie malienne pour le développement des textiles(CMDT), pour en faire de l’aliment bétail. Le ministre du Développement rural a demandé aux organisateurs de l’opération de réfléchir pour que la vente en ligne puisse être prévue pour la prochaine édition. « Cela permettra, a-t-il justifié, à certains de nos compatriotes de la diaspora de satisfaire leurs parents vivant dans les villes d’organisation des ventes promotionnelles. » Au nom des producteurs, Moustapha Traoré a salué l’initiative de la vente promotionnelle des bovins et le soutien des autorités aux producteurs. Il a rendu hommage aux forces armées maliennes pour les efforts de sécurisation des trajets, ce qui a facilité l’acheminement des animaux sur la capitale. Évoquant les difficultés, M. Traoré a insisté sur la cherté de l’aliment bétail et le manque d’eau pour les bovins. « Pour cette opération, a-t-il assuré, les producteurs entendent approvisionner le marché avec plus de 2 000 têtes de bovins. » La cérémonie a pris fin par la visite guidée des parcs à bétail installés sur le site, en présence du ministre délégué en charge de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, et des membres des organisations professionnelles de la filière bétail/viande. MS/MD (AMAP)

Marché de l’art : Les œuvres africaines flambent

Bamako, 14 avr (AMAP)L’art contemporain africain est devenu incontournable sur le Marché de l’art global : tandis que les sociétés de ventes Piasa, Artcurial, Bonhams ou Sotheby’s lui consacrent des sessions dédiées, Christie’s et Phillips recherchent, constamment, des œuvres d’artistes africains pour alimenter leurs ventes généralistes d’art contemporain dont les coups de marteau retentissent à travers toute la planète, selon Artprice. L’enjeu devient conséquent pour ces acteurs du marché qui, en plus de constater un élargissement considérable de leur clientèle, voient s’accélérer les transactions haut de gamme. Les adjudications à plus de 100 000 dollars, environ 55 milliards de Fcfa, voire supérieure au million de dollars, ne sont plus si rares. Cette dynamique des prix incite l’ouverture du marché à de nouveaux artistes africains. L’offre ne cesse donc de s’élargir, avec un record de plus de 2 700 œuvres d’artistes africains vendues aux enchères en 2022 : presque deux fois plus qu’avant la pandémie de la Covid-19. En outre, les collectionneurs du continent africain et les Français fidèles et actifs depuis longtemps, les acheteurs se manifestent de plus en plus fermement depuis le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’Asie. Rappelons à ce propos qu’en mars 2022, le fameux artiste ghanéen de 38 ans, Amoako Boafo, vendait à Shanghai, sous la direction de Christie’s, sa toile « Orange shirt » (2019) à plus de 1,3 million de dollars, environ 650 millions de Fcfa. La réussite de cette première vente réalisée en Chine continentale illustre combien les artistes africains célèbres sont désormais attendus de ce côté du globe. Cet élargissement géographique de l’offre et la croissance perpétuelle du nombre de collectionneurs consolident la place de l’art contemporain africain sur le Marché de l’art global. Les acteurs anglo-saxons exploitent, quant à eux, de plus en plus, la demande en art contemporain africain. Phillips, qui a initié la flambée des prix de Amoako Boafa (1984), en présentant sa première toile aux enchère en 2020 (The Lemon Bathing Suit vendue 881 000$), a fait découvrir à son réseau de collectionneurs de nouveaux artistes ghanéens à travers une exposition-vente dédiée tenue à Londres, en février 2022. Christie’s et Sotheby’s se livrent à une véritable course aux records en termes de prix. Citons les 2,19m$ obtenus pour Toyin Ojih Odutola chez Sotheby’s, en novembre 2021 ou les 4,47m$ pour une toile de Njideka Akunyili Crosby chez Christie’s, en novembre 2022. Les adjudications les plus puissantes ne proviennent donc ni de Paris, ni de Marrakech mais de New York, tandis que le marché commence à battre son plein à Hong Kong où la maison de ventes chinoise, Holly International, remporte deux nouveaux records d’artistes : celui de l’artiste ghanéen Isshaq Ismail avec 341 000$ pour « Epoch 1 » décrochés fin juillet 202, et celui du peintre ivoirien, Aboudia Diarrassouba, avec 614 000$ enregistrés, fin novembre, pour une toile de quatre mètres intitulée « Jeux d’enfants ». Ces records hongkongais ont bousculé le classement des 500 artistes des plus performants de l’année 2022, dans lequel se distinguent quatre artistes contemporains africains. En premier lieu, Aboudia se hisse à la 128e position grâce à un saisissant produit de ventes dépassant les 15,6m$ aux enchères puis, arrive Isshaq Ismail avec la 352e performance mondiale établie à 5 millions de dollars annuel (un succès fulgurant qui le propulse devant William Kentridge et Njideka Akunyili Crosby dont les produits de ventes annuels se hissent à 4,7 millions chacun). YD/MD (AMAP)

Salif Keïta : En route pour une tournée internationale

Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 14 avr (AMAP)C’est ce dimanche 16 avril que l’artiste musicien malien, Salif Keïta, commence sa tournée printemps/été 2023 par une prestation à Kyoto, au Japon. Il prestera encore, le dimanche 23 avril, au même endroit, dans le pays du Soleil levant, apprend-on auprès de son entourage. Après cette étape initiale, la voix d’or de l’Afrique reviendra à Bamako, au Mali, pour jouer sa partition lors de Bama’Art, le 6 mai prochain, avant de s’envoler pour l’Amérique Latine où, il prendra part au «Black Festival» de Rio de Janerio, au Brésil. Il enchaînera ensuite avec l’étape européenne qui prendra fin en septembre prochain. En Europe, Salif Keïta doit jouer, notamment en France, Espagne, Belgique, au Danemark mais, aussi, en Finlande et Norvège. C’est une reprise des activités professionnelles de cet énorme artiste malien après une longue pause. En effet, l’artiste de plus de 70 ans dont 55 ans de carrière musicale n’a pu résister à l’appel de la scène. Les sollicitations sont encore nombreuses pour celui qui voulait observer un break. Chanteur virtuose et compositeur, il doit lutter contre sa condition d’albinos, dans une société qui accepte mal cette anomalie, notamment l’absence de mélanine dans la peau. Très jeune pourtant, il a transgressé la loi ancestrale du noble qui ne chante et partira pousser la chansonnette et jouer de la guitare, de bar en bar, à regagner Bamako où, en 1970, il deviendra le chanteur du célèbre «Rail band» du buffet de la Gare de capitale malienne, avant de rejoindre, en 1973, en compagnie du célèbre guitariste, Kanté Manfila, les Ambassadeurs du Motel, une autre formation légendaire de la ville. Au sein des groupes comme les «Ambassadeurs internationaux» ou en solo, il est aujourd’hui considéré, en Europe et aux Etats-Unis comme un artiste majeur du continent africain. «La Différence » album phare sorti en 2009. perpétue son combat humaniste en chansons et lui vaudra, en 2010, la victoire et le sacre de «Meilleur album de musiques du monde». Salif Keïta s’essaye à la world fusion sous la direction de Philippe Cohen-Solal de Gotan Project avec « Talé »en 2012. Après avoir créé en 1978 sa propre formation : Les Ambassadeurs internationaux, mélange de musiques traditionnelles et d’orchestrations modernes, Salif Keïta décide de s’installer à Paris, en 1984. Celui que le journal Libération présente comme «Le plus grand bluesman mandingue» sortira, en 1987, un premier album, « Soro », réalisé par Jean-Philippe Rykiel et François Bréant. « Ko-yan » sera, en 1989, son premier enregistrement pour Island mais, c’est en 1991, avec « Amen » que la carrière de Salif prend un véritable essor international. La production et les arrangements de cet album seront confiés à Joe Zawinul (Weather Report) et l’on y retrouve de nombreux invités de marque : et le pianiste Joe Zawinul, Carlos Santana, Wayne Shorter, Bill Summers, Cheick Tidiane, Paco Sery… En 1995, il sort « Folon », dont la réalisation a été confiée au Béninois Wally Badarou et dans lequel, l’on retrouve sur deux titres (Mandela et Folon) l’empreinte magique de Jean-Philippe Rykiel. En 1980, c’est aux Etats-Unis (ses frais de voyage et de séjour ont été réglés par un homme d’affaires malien) qu’il enregistre deux disques : «Primpin», chanson scandaleuse où sont évoqués alcool et drogue, et « Tounkan ». Désireux de conforter sa carrière en solo, Salif s’installe alors, dès 1984 et après une visite à son père malade, à Montreuil, dans la banlieue parisienne. Il devient instantanément le Prince des nuits de l’immigration malienne et le public français le découvre au gré de sa participation au Festival des Musiques Métisses d’Angoulême. Trois ans plus tard et suite à sa participation (initiée par Manu Dibango) à une opération humanitaire en faveur d’une Ethiopie ravagée par la famine, il met dans les bacs son premier album international, en son nom propre « Soro ». Il y chante en Malinké (langue parlée au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Gambie et en Guinée) et recueille un succès mérité. Produit par Ibrahim Sylla (pape de la diaspora musicale africaine), le disque combine, en effet, talentueusement racines africaines, jazz, funk, et pop. La même année, il participe à l’anniversaire londonien de Nelson Mandela, en compagnie de Youssou N’Dour et Ray Lema. En 1989, son deuxième album « Ko-Yan » – édité par le label Island de Chris Blackwell – s’attaque frontalement aux problèmes d’immigration et est appuyé d’une tournée au Japon, en Europe, en Afrique et dans les Caraïbes. En 1992, Keïta compose la musique du film L’Enfant Lion de Patrick Grandperret. Deux nouvelles éditions s’ajoutent à son catalogue : la compilation « The Mansa of Mali… A Retrospective » (1994) et « Folon » (1995), dédié aux enfants albinos de l’association qu’il a créée et grand retour à la tradition. C’est en 1996 qu’il crée un studio à Bamako dans lequel il accueille des artistes comme Rokya Traoré. En 1997, son album Sosie est élaboré autours de reprises du répertoire de la chanson française (de Maxime Le Forestier à Serge Gainsbourg, en passant par Michel Berger et Jacques Higelin), simplement interprétés au balafon et à la kora. Son album Papa (1999), produit par le guitariste de Living Colour Vernon Reid, évoque son père, décédé deux années auparavant. Il inclut également un duo ravageur avec la chanteuse Grace Jones. Son album « Moffou » (2002), disque d’or dans l’Hexagone, porte le même nom qu’un studio d’enregistrement et un club, dont il est nouvellement propriétaire. Le moffou est en fait une sorte de flûte. Deux années plus tard, le disque « Remixes From Moffou » accueille les prestations de producteurs comme Frédéric Galliano. Toujours en 2004, son engagement militant et ses convictions le font nommer par les Nations unies ambassadeur itinérant pour le sport et la musique. Le musicien retourne, par la suite, à Bamako en vue de l’enregistrement de l’acoustique « M’Bemba » (l’ancêtre) en 2006. Salif Keïta est candidat aux élections législatives maliennes de 2007. La même année, il crée son propre label, Wanda record. YD/MD (AMAP)  

Ramadan : Les vertus sanitaires et religieuses de la datte

Par Oury Diallo DICKO Bamako, 14 avr (AMAP) Pendant le ramadan, mois béni des musulmans, la datte, un incontournable, est l’un des fruits les plus consommés, en raison de ses vertus sanitaires et religieuses. Outre les dattes locales qui proviennent des régions dans le Nord du Mali, on trouve sur les marchés, plusieurs variétés importées du Maghreb (Maroc, Algérie,  Tunisie) et du Moyen Orient. De nombreux consommateurs préfèrent les dattes importées pour leur qualité. C’est le cas de Mme Awa Sacko. «Personnellement, j’aime les dattes importées qui sont un peu moelleuses et fondantes. Mon mari et mes enfants les adorent également. Mais, les commerçants ont juste augmenté leurs prix», dit notre interlocutrice. En cette période de Ramadan, certains jeunes se frottent les mains avec la vente de dattes dans la circulation. Depuis le début de ce mois, Baba Touré vend des dattes entre les files de voitures, surtout au niveau des feux-tricolores. «Chaque jour, à partir 15 heures, je viens vendre des dattes afin de subvenir à mes petits besoins et ceux de ma famille», dit-il. « Les dattes moelleuses dont celles qui proviennent du Maroc sont les plus sollicitées par les consommateurs », précise notre interlocuteur. Chez les grossistes, la concurrence fait rage.Ousmane Dicko, un grossiste qui vend une autre variété de dattes, explique son quotidien. « Je suis dans ce commerce depuis huit ans que. Mes dattes viennent d’Algérie. Le prix du sac de datte varie entre 75 000 et 76 000 Fcfa. Et le kg est cédé entre 700, 900 et 1000 Fcfa…», explique Ousmane. D’après lui, de nos jours, le marché tourne au ralenti à cause des difficultés que traverse le pays. Nous avons rencontré une vendeuse de dattes installée au bord de la route. «Je prends mes dattes au marché Dabanani. Je vends le kg à 1 000 Fcfa. Les dattes les plus demandées par les clients sont celles en carton», explique notre interlocutrice qui a requis l’anonymat. Elle a confié que pendant le mois de ramadan, elle vend trois qualités de dattes : les dattes sèches, moelleuses et peu moelleuses. UN FRUIT BÉNI – La consommation des dattes est-elle bénéfique pour la santé ? Le Pr Ousmane Diabaté, médecin-nutritionniste, répond par l’affirmative. «Tout d’abord, la datte est riche en protéine et en fibres solubles et insolubles. Dans 100 g de dattes, on retrouve 8 g de fibres. Les fibres jouent un rôle important dans le transit intestinal. Elles permettent d’augmenter la sensation de satiété, tout en favorisant un bon transit. Les personnes diabétiques peuvent consommer jusqu’à deux dattes par jour», explique le spécialiste. Ses vertus sont également mises en avant au niveau de la religion musulmane. L’exposé du guide spirituel, l’imam Namory Sissoko, sur le sujet est assez édifiant. «La datte est un fruit béni. Malgré la diversité de ses créatures, Dieu n’a cité que peu de plantes et d’aliments dans son livre saint parmi lesquels la datte», rappelle le religieux. Pour lui, ce choix peut s’expliquer par le contexte culturel dans lequel le Coran a été révélé. Le guide religieux a signalé que de nombreuses narrations soulignent le caractère béni de cet arbre. D’après lui, les saintes écritures rapportent que le Messager d’Allah, Mohamed (PSL), rompait le jeûne avec quelques dattes fraîches avant d’accomplir la prière. « Et, s’il n’y en avait pas de fraiches, il prenait des sèches. » ODD/MD (AMAP)

Le délestage dope le marché des groupes électrogènes a Gao, dans le Nord du Mali

Par Abdourhamane TOURÉ Gao, 13 avr (AMAP) Les coupures d’électricité font le bonheur des vendeurs et réparateurs de groupes électrogènes à Gao, dans le Nord du Mali. Tout comme les marchands de carburant et de pièces de rechange qui affichent le sourire. La clientèle est abondante, car les habitants aisés ne lésinent pas sur les moyens pour échapper à la canicule, en ce mois de ramadan, en pleine saison sèche. L’électricité devient, de plus en plus, un luxe presque inaccessible aux abonnés du réseau d’Énergie du Mali (EDM-SA). Les coupures d’électricité sont devenues monnaie courante et sévissent, de jour comme de nuit. Les abonnés en souffrent d’autant plus qu’ils sont confrontés à des températures caniculaires insupportables. L’électricité a tendance à devenir un confort permis aux seuls détenteurs de groupes électrogènes de secours. Ceux qui n’en disposent pas sont condamnés à croiser les doigts et à patienter que EDM-SA rétablisse la fourniture d’électricité et, cela, de façon aléatoire. Dans la Cité des Askia, Gao, le délestage affecte tous les domaines d’activité. Le directeur de la société EDM-SA de Gao, Mahamane Cissé, a expliqué les raisons de cette difficulté aux autorités régionales. En effet, la centrale thermique de la société produit 3 mégawatts qui sont repartis sur quatre lignes. Il est évident que cette production est insignifiante au regard de la forte demande. Selon M. Cissé, la Commune urbaine de Gao a besoin de 11 mégawatts. Lors de la récente visite du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, à Gao, le gouverneur de la 7èmerégion administration a égrener, devant le chef du gouvernement,  quelques préoccupations des populations parmi lesquelles, la faible desserte en eau et en électricité. Le directeur général de l’hôpital régional, Hangadoumbo Moulaye Touré, de Gao, Dr Youssouf Almoustapha Touré, soutient que la structure sanitaire est la première victime du délestage et cela dure depuis 15 mois.bSelon Dr Touré, l’hôpital régional dispose de quatre services qui fonctionnent uniquement avec l’électricité. Il s’agit du bloc de réanimation, du bloc opératoire, du service d’urgence et de l’imagerie. Des groupes électrogènes de 180 Kva et 440 Kva tournent en permanence et dont la consommation en gasoil est estimée à 47 litres par heure. Pour le responsable de la structure sanitaire, il est évident que les charges inhérentes au fonctionnement de ces groupes constituent une source de préoccupation dans la mesure où les recettes  ne font pas le poids. Cette situation est, aussi, source d’insomnies pour Dr Touré qui avoue son impuissance à alléger la souffrance des patients en besoin de soins. SUR-SOLLICITÉS – Si les patients continuent à souffrir du délestage, les vendeurs et les dépanneurs de groupes électrogènes se frottent les mains. A Gao, le bruit sourd d’un groupe électrogène en marche fait partie de l’ambiance sonore. À la moindre coupure d’électricité, les groupes électrogènes reprennent automatiquement le relais au niveau des marchés, des services publics ou dans certaines familles en déversant des tonnes de décibels. Cette solution palliative a pour objet de faire fonctionner le climatiseur dans les boutiques et les appareils électroniques et informatiques dans les services publics ou les réfrigérateurs, les climatiseurs et autres appareils électroménagers dans les domiciles. Ce confort génère à son tour des opportunités d’affaires pour d’autres catégories d’acteurs comme les réparateurs qui font de leur mieux pour dépanner ces machines sollicitées au-delà de leur capacité de fonctionnement. Français installé à Gao, Jacques Mauret est considéré comme l’un des premiers dépanneurs de groupes électrogènes ou portatifs de la Région. «Il y a de cela 40 ans, que j’ai appris ce métier à travers la réparation d’engins à deux roues puis de motopompes. Ces interventions sur ces machines m’ont conduit, petit à petit, vers la réparation de groupes électrogènes », explique-t-il. « Mes premiers dépannages de groupes électrogènes ou groupes portatifs ont porté sur les marques française Bernard et russe Tomax et autres marques telles que Robin et Honda », se rappelle-t-il. Selon M. Mauret, les groupes électrogènes de 7 à 16 Kva ne peuvent pas fonctionner 24 heures sur 24 sans avoir une panne, parce qu’ils ont besoin de repos pour se refroidir. Or, les propriétaires pensent que le groupe doit tourner 24 heures sur 24. Ces machines sont conçues juste pour pallier une panne de quelques heures. Il explique qu’un groupe portatif de 7 Kva qui démarre à 17 heures jusqu’à 22 h, aura besoin d’un temps d’arrêt pour son refroidissement. CARBURANT DOUTEUX – En dehors du besoin de refroidissement, les pannes des groupes électrogènes sont dues soit à la mauvaise qualité du carburant soit au manque de pression ou encore de bobine. Le dépanneur est beaucoup sollicité mais il a du mal à se faire payer par certains clients. L’astuce de Jacques Mauret pour les impayés est de se rattraper sur les prix des pièces de rechange. «Pour une panne, qui ne dépasse pas une journée de travail, je demande 5 000 à 10 000 Fcfa », dit-il. « Comme vous pouvez le constater, dans mon atelier, il y a des groupes électrogènes disposés un peu partout. Certains sont là depuis deux mois et d’autres depuis dix ans et plus. Certains clients ne sont plus revenus à cause de manque d’argent et moi je n’ai plus de places pour les ranger. Même ma cour déborde de groupes électrogènes réparés mais que le temps a ranci en dégradant les couleurs », poursuit le dépanneur. « Dans les années 1970, je gagnais bien dans le dépannage et la vente des pièces de rechange. Actuellement, le marché est saturé de réparateurs et de boutiques de vente des pièces de rechange», se plaint Mauret. Zackaria Maïga est un autre jeune réparateur de groupes électrogènes qui évolue dans ce secteur depuis plus de dix ans. Il est chef d’atelier. «Je répare les petits groupes électrogènes d’essence de 7 à 16 Kva, mais je n’ai jamais dépanné les gros groupes électrogènes. La panne de la plupart des groupes que je reçois ici est due à la mauvaise qualité du carburant», révèle-t-il. « Le carburant, qui se vend sur le marché de Gao, contient du Jet et cette qualité

Préparation de la bouille : Casse-tête de nouvelles mariées

Par Fadi CISSE Bamako, 12 avr (AMAP)Pendant le ramadan, la femme est très sollicitée tant pour la préparation du «suhour» (le repas pris avant le jeûne) que pour les mets de rupture, comme la bouillie. Certaines nouvelles mariées n’arrivent pas faire les granulés de mil pour faire la bouillie. Elles ne représentent pas la majorité, mais ne peuvent pas non plus contenir dans un train de voyageurs. La problématique s’est invitée sur les réseaux sociaux, notamment sur Tik tok et Facebook. Les internautes, à travers des vidéos, exposent les difficultés que beaucoup de nouvelles mariées rencontrent dans leurs belles familles. La préparation de ce repas liquide semble causer des soucis à certains d’entre elles. Une vidéo aimée par plus de 200.000 personnes, en un seul jour, présente une nouvelle mariée tenant une calebasse dans ses mains et qui demande à sa maman au téléphone comment vite faire les granules de la bouillie, avant l’heure de la rupture. Dans les commentaires, des femmes ont aussi reconnu être confrontées à cette situation. Mariam Diarra, l’une des commentatrices explique en substance qu’elle ne savait rien faire de ses dix doigts. Elle pleurait, constamment, en incriminant sa mère parce qui lui avait fait du tord en ne lui apprenant pas à cuisiner. Malheureusement, elle finit par divorcer et retourner chez son père où elle semble désormais mettre à profit toutes les occasions pour apprendre et mieux s’exercer dans l’art culinaire. Aujourd’hui, elle invite avec suffisamment de recul à suivre les conseils de la tik-tokeuse pour échapper au déshonneur. Selon Mariam Diarra, savoir cuisiner participe de l’équilibre du foyer, autrement dit de la vie du couple. PRÉVENANCE DES MÈRES –Ces conseils ne sont pas tombés dans des oreilles d’un sourd puisque de nombreuses jeunes filles, sur les réseaux sociaux, ont exprimé leur volonté d’apprendre à cuisiner, afin de ne pas se retrouver dans la même situation que Mariam. Les différentes vidéos mettent l’accent sur la situation délicate de nouvelles mariées qui ne sont pas des cordons bleus et qui ne savent même pas préparer une simple bouillie. À en croire Anna Touré, une sexagénaire, « ce sont des réalités actuelles de notre société qui interpellent. » La vieille femme n’a pu s’empêcher de faire une comparaison des époques. Jadis, c’était une saine émulation pour les mamans d’apprendre à leur progéniture la cuisine, notamment des spécialités maliennes comme des plats à base de céréales, la bouillie et autres. « Malheureusement, il y a une négligence coupable des mères de famille qui, par prévenance, développent une mansuétude à l’endroit de leurs filles, tout en sachant bien qu’elles sont appelées à se marier », déplore-t-elle. En termes clairs, notre interlocutrice accuse les mères de ne plus s’occuper de l’éducation culinaire de leurs filles avant le mariage. Celle qui est de la vieille génération exprime son amertume de voir certains repères se perdre. Seyba Diabaté, un chef de famille, met un bémol. Il trouve que le fait de ne pas pouvoir bien préparer ne doit pas être un motif de divorce ou de répudiation de la conjointe. Il estime simplement que dans le cas d’espèce, il y a nécessité d’accorder un temps d’apprentissage à la nouvelle mariée, par exemple à faire les granulés et préparer la bouillie. Yahaya Camara, chauffeur, évoque l’incapacité des jeunes filles à faire ce repas. Dans la famille Kanté à Djicoroni para, en Commune IV de Bamako, les belles-filles font la cuisine à tour de rôle. Celles qui ne savent pas faire la bouillie ont une solution toute simple. Elles achètent les «monicourou» (granulés) emballés dans des sachets et s’exercent auprès de celles qui passent pour des expertes en la matière. Aïché Traoré est formatrice au Centre Aoua Keïta. La quinquagénaire met de l’énergie et la pédagogie à partager son art de la cuisine avec les jeunes filles, notamment dans la préparation des mets traditionnels. Elle qui vend le «monicourou». Elle dit que pendant le ramadan, elle reçoit beaucoup plus de commandes. Sa clientèle vient de l’intérieur comme de l’extérieur du Mali. Aux détaillants, elle cède le sachet à 1.500 Fcfa l’unité contre 1.250 Fcfa pour les grossistes. FC/MD (AMAP)