Le Mali débourse près de dix milliards de Fcfa pour la reprise du trafic ferroviaire
Bamako, 09 juin (AMAP) Le gouvernement du Mali a déboursé 9,874 milliards de Fcfa pour mettre en œuvre son plan d’urgence pour remettre les trains sur les rails et permettre, ainsi, au train voyageur de siffler à nouveau entre Kayes (Ouest) et Bamako, la capitale malienne. Le premier train a quitté ce matin (Ndlr : vendredi) la gare ferroviaire de la Cité des rails pour la capitale, marquant ainsi la relance du trafic ferroviaire commercial. Dans le programme de circulation établi, le départ de trains voyageurs de Bamako à Kayes se fera tous les lundis, jeudis et samedis. Et pour Kayes-Bamako, ce sera les mardis, vendredis et dimanches. Les autorités de la Transition ont prêté une oreille attentive aux doléances des populations, particulièrement les cheminots et habitants des localités traversées par les rails. En effet, le transport ferroviaire est vital pour ces localités et essentiel pour l’ensemble du Mali. L’arrêt du trafic et des activités qui y sont liées depuis mai 2018, a drastiquement réduit les revenus des usagers et riverains des rails. Le calvaire a disloqué des ménages, impacté la mobilité des populations et ébranlé les économies locales. «Cette reprise est un ouf de soulagement pour nous. Le moral est au beau fixe pour affronter les activités qui doivent commencer», a confié le secrétaire général du comité syndical chemins de fer de l’ Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), Ibrahima Coulibaly. TRAVAUX – Dix-neuf gares, de Bamako à Kayes, les ateliers centraux de Korofina et le dépôt de Kayes ont été réhabilités. Des équipements mécaniques et outillages ont été acquis pour le traitement des points critiques de la voie entre Bamako et Kayes et la pose des traversées en bois sur les ouvrages d’art de Bamako à Diboli. S’y ajoutent le confortement des ponts (de Galougo, Mahina et Toukoto), l’acquisition de pièces de rechange pour la fiabilisation des locomotives ainsi que des voitures, fourgons et générateurs du transport voyageurs. En outre, il a fallu former 23 commis de gares, 15 aiguilleurs et 24 conducteurs chef de convoi. Une mission d’information a aussi fait le trajet Bamako-Kayes pour sensibiliser les populations riveraines des rails. C’est suite à toutes ces activités qu’il a été élaboré un Plan de transport quinquennal pour le trafic ferroviaire de voyageurs et de marchandises national et international. Son objectif est d’assurer le trafic de manière pérenne, efficace et efficiente entre Bamako et Diboli, de 2023 à 2027. Selon une note d’information, ce Plan vise à assurer trois rotations de trains voyageurs par semaine entre Bamako et Kayes pour la première année d’exploitation, avec un taux de remplissage moyen de 60%. Et sept rotations de train de voyageurs par semaine entre Bamako et Kayes à partir de la deuxième année d’exploitation, avec un taux de remplissage minimal de 70%. « La gestion du trafic ferroviaire par la Société de patrimoine ferroviaire du Mali (SOPAFER-Mali Sa), nécessite l’accompagnement de l’Etat à travers une subvention d’exploitation, pour combler le déficit et un plan d’investissement pour assurer la pérennisation du trafic ferroviaire», a expliqué le directeur général de cette Société, Ibrahim Maïga, Selon lui, la subvention d’exploitation prévisionnelle sur la période de la convention d’exploitation est estimée à 1,43 milliard de Fcfa et le plan d’investissement est évalué à 6,026 milliards de Fcfa dont 4,7 milliards pour la première année et 1,2 milliard pour la deuxième année d’exploitation. «Le plan d’investissement porte essentiellement sur la réhabilitation des locomotives X1 et X2, l’aménagement de la gare marchandises de Diboli, la reconstruction des ponts ferroviaires permettant l’accès à la gare marchandises de Korofina, l’acquisition d’équipements pour les travaux de voie, l’acquisition de matériel informatique et de la logistique pour les services techniques» a-t-il détaillé. Et de rassurer que cette « somme couvrir les besoins pendant la période d’exploitation». OCCUPATIONS DES EMPRISES – La libération des servitudes des rails des occupations illicites des logements d’astreinte et de fonction occupés par les retraités et des déflatés, constitue aujourd’hui un goulot étranglement dans certaines zones. « On ne peut pas attendre la libération totale des emprises, pour la reprise du trafic ferroviaire. La sensibilisation est toujours en cours dans les zones occupées », nous a confié le patron de la SOPAFER-Mali. À cet égard, assure notre interlocuteur, « plusieurs actions ont été menées dont le recensement des occupations illicites du domaine ferroviaire dans le District de Bamako et à la gare ferroviaire de Dio. » Les occupations qui entravent la circulation ferroviaire dans la gare marchandises de Korofina ont, également, été recensées par la Société. Autre action menée : la prise de vue aérienne par drone de la servitude du domaine ferroviaire de Boulkassoumbougou à Samé, en passant par la gare marchandises de Korofina et la gare autonome de Bamako. Par ailleurs, le ministre en charge de l’Administration territoriale a adressé une lettre au gouverneur du District de Bamako pour disposition à prendre en vue de sanctionner les responsables des collectivités territoriales qui ont signé des contrats de bail emphytéotiques dans la gare de Korofina. Concernant le tronçon Bamako-Koulikoro, l’identification des occupations du domaine ferroviaire sera bientôt menée par la mission conjointe des Inspections des domaines et des affaires foncières, de l’équipement et des transports et de l’Intérieur. « Cela, précise Ibrahim Maïga, en rapport avec la SOPAFER-Mali SA. » Le Plan d’urgence de relance du trafic ferroviaire concerne Bamako-Diboli. Toutefois, selon le directeur la Société de patrimoine ferroviaire du Mali, la réhabilitation du chemin de fer Koulikoro-Diboli demeure l’un des projets prioritaires du gouvernement. À cet effet, le ministre des Transports et des Infrastructures a signé avec la Société «STM» de la Russie un mémorandum d’entente qui porte sur la réhabilitation de ce tronçon en double écartement (métrique et standard) et l’acquisition de locomotives neuves pour voie standard. BBC/MD (AMAP)
Portrait : Moussa Doumbia, l’homme qui veut révolutionner l’agriculture au Mali
Bamako, 08 juin (AMAP) Il voit grand en projetant de valoriser toutes les superficies cultivables du Mali à travers l’utilisation des drones agricoles dans le traitement phytosanitaire, l’inventaire du rendement des cultures mais aussi la cartographie des sols en vue d’un usage efficient des intrants agricoles Une bonne productivité agricole est le gage de la sécurité alimentaire. Le Mali est un pays sahélien aux 2/3 désertiques dont près de 80% de la population pratiquent l’agriculture comme activité économique principale. Dans les pays comme les États-Unis d’Amérique qui ont bâti leurs richesses et leur développement sur l’agriculture, la mise en valeur de grandes superficies agricoles était une nécessité. Pour ce faire, des moyens aériens étaient indispensables pour l’épandage, le traitement phytosanitaire et la cartographie des sols. D’où l’utilisation à l’époque de petits avions. Ceci engendrait des coûts souvent insupportables pour les usagers peu fortunés. Avec l’avènement des drones (petit appareil électrique volant piloté à partir du sol), les donnes ont changé. C’est ce qu’il faut aujourd’hui pour notre «Révolution verte», prône Moussa Doumbia. Ce natif de Bamako est un ingénieur diplômé des grandes Universités allemandes en énergies renouvelables et d’un master en Sciences de l’environnement avec plus de 17 ans d’expériences professionnelles consécutives en Allemagne et dans les pays en développement. Directeur général de l’entreprise Smart energising farming, Moussa Doumbia a passé plus de 10 ans à vivre et à travailler dans plus de huit 8 pays africains et dans un grand nombre de communautés rurales à travers le continent. Il a établi et géré des projets de la coopération et des sociétés privées en tant que conseiller technique et chef de projet au Mali, Togo, Madagascar, Niger, RDC Congo, Sénégal et au Burkina Faso. Moussa Doumbia est un expert des drones professionnels agricoles en tant que pilote en agriculture de précision. EXPERTISE – Avec cette expertise, il espère aider les décideurs politiques nationaux à répondre aux exigences du secteur privé sur le marché des drones agricoles. Son expérience à la tête de Smart Energising Farming a permis à la société d’avoir une compréhension détaillée des problématiques du développement rural, spécifiquement de l’énergie et de l´agriculture, affirme l’ingénieur. En tirant des leçons, il développe des méthodologies, des outils et des procédures avec des démonstrations sur le terrain. Visionnaire, Moussa Doumbia projette de promouvoir l’usage des drones dans le traitement phytosanitaire des cultures et la cartographie des sols, en boostant l’agriculture intensive, seule gage de la sécurité alimentaire. Pionnière dans le domaine des drones professionnels civils, la société Smart-Energising-Farming Sarl dispose d’expertise sans égale au Mali, dans la cartographie aérienne et relevées topographiques par drone, la formation des jeunes pilotes de drone agricole en agriculture de précision, le diagnostic phytosanitaire des champs agricole par drone, la pulvérisation. Et l’épandage aérien par drone qui aide à la résilience des forêts face aux changements climatiques. Installée au Mali depuis 2020, Smart-Energising-Farming enregistre plusieurs clients surtout parmi les particuliers qui disposent de grandes superficies cultivables. À cet effet, il ambitionne de contribuer à l’amélioration de la production agricole à travers la formation massive des jeunes dans l’utilisation des drones agricoles. Cela sous-entend l’accompagnement des pouvoirs publics par la création d’opportunités pour les jeunes, la multiplication des partenariats avec les structures aussi bien étatiques que privées et la vulgarisation de la technologie en milieu rural qui abrite plus de la moitié de la population malienne. CAD/MD (AMAP)
Panier de la ménagère : Le prix de la viande atteint des sommets à Bamako
Par Anne -Marie KEITA Bamako, 07 juin (AMAP) Aujourd’hui, à Bamako, la capitale malienne, le prix du kilogramme de la viande avec os varie entre 3 000 et 3 500 Fcfa, contre 3 500 et 4 000 Fcfa pour la viande sans os. Cette tendance a commencé en 2021 quand le prix du kg de la viande avec os était passé de 2 000 à 2 400 Fcfa, voire 2 500 Fcfa dans certains marchés. En termes d’effectif du cheptel, le Mali occupe la première place dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Il est 2è dans l’espace de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). En 2022, notre pays disposait de 13 234 158 têtes de bovins. L’élevage, qui représente le 3è produit d’exportation après l’or et le coton, emploi 80% de la population rurale dont 30% y tire l’essentiel de leurs revenus. Malgré cette richesse, le panier de la ménagère souffre depuis un certain temps de la hausse du prix de la viande. Cette denrée de grande consommation et nécessaire pour une bonne alimentation est devenue un luxe pour le consommateur à faible revenu. Aujourd’hui, le prix du kilogramme de viande avec os varie entre 3 000 et 3 500 Fcfa et la viande sans os est cédée entre 3.500 et 4.000 Fcfa. Rappelons qu’en 2021, le prix du kg de la viande avec os était passé de 2 000 à 2 400 Fcfa, voire 2 500 Fcfa dans certains marchés. Et pour le kg de viande sans os, le prix avait augmenté de 500 Fcfa (de 2 500 à 3 000 Fcfa). De cette date jusqu’à nos jours, les prix ne cessent de grimper. Plusieurs facteurs sont mis en avant par les acteurs de la filière pour justifie cette situation. «La hausse du prix de la viande n’est qu’une conséquence de notre politique de l’élevage et de ce qu’on n’investit dans le bétail», soutient le président de la Fédération nationale des professionnels de la filière bétail viande du Mali (FEBEVIM), Boubacar Bah. « Aujourd’hui, fait-il savoir, le consommateur est en train de subir les conséquences d’une mauvaise politique installée depuis un certain temps. » Bah souligne la complexité de la question du sous-secteur élevage, en ce qui concerne notamment la mobilité du bétail, l’insuffisance de pistes pastorales et la mauvaise alimentation des animaux. «35% de notre cheptel se trouve en Côte d’Ivoire. Et la viande consommée aujourd’hui dans notre pays, vient de ce pays voisin qui a su mettre en place une réelle politique de l’élevage en faisant des aménagements pastoraux tout au long de sa frontière avec le Mali. Toute chose qui a attiré le cheptel malien car il y a l’eau et l’herbe», affirme le président de la FEBEVIM. Pour Boubacar Bah, le bétail, étant une richesse mobile, notre pays se doit de faire des réelles prévisions en cherchant à connaître le nombre de têtes de bétail et les difficultés auxquelles les acteurs sont confrontés. TRACASSERIES ET INSÉCURITÉ – Selon Boubacar Bah, d’autres difficultés notamment les tracasseries et l’insécurité dans le transport des animaux, seraient à l’origine de la cherté de la viande. En effet, pour lui, les zones d’élevage sont devenues des zones difficiles d’accès à cause de l’insécurité et il est difficile pour les animaux de migrer. «Lorsque vous chargez les animaux par camion, le transport devient difficile à cause des tracasseries routières», regrette le président de la FEBEVIM. Il ajoute qu’à cause de ces tracasseries au niveau des postes de douanes, les animaux peuvent passer une journée dans les camions et certains meurent. Ces difficultés font que les transporteurs de bétail n’ont souvent pas le courage d’amener les animaux dans les villes. Le directeur national de l’élevage justifie cette hausse par le fait que chaque année, à une période donnée, notamment pendant la période de soudure, l’alimentation des animaux devient chère. Cette cherté, selon Khalifa Dembélé, est due à une récurrente diminution des quantités d’aliments disponibles. En plus, l’offre est inferieure à la demande. «Quand l’offre est inferieure à la demande, les prix augmentent. Toute chose qui a une répercussion directe sur le prix de la viande», développe-t-il. Le président adjoint du syndicat des bouchers du marché Dibida reconnait, lui aussi, que le marché de viande connaît en ce moment une hausse. Une augmentation qui, selon Kantra Traoré, n’est pas la faute des bouchers mais plutôt des éleveurs. «Quand l’éleveur cède le bœuf très cher, le boucher est obligé de revendre la viande chère pour faire des bénéfices. La hausse des prix n’est pas de notre faute. Nous ne sommes que des revendeurs», argumente le boucher. Pour Kantra Traoré, la hausse du prix de la viande est liée à la rareté du bétail. Ce qui fait qu’aujourd’hui, un bœuf est cédé aux bouchers entre 300.000 et 500.000 Fcfa. Foutamata Keita Diarra, gargotière, explique que la hausse du prix de la viande a eu un impact sur les ventes dans le marché. Elle accuse les autorités de ne pas accorder assez d’importance au sous-secteur de l’élevage. Face à cette tendance haussière des prix, le président de la FEBEVIM appelle à une mutualisation des efforts. Aussi, préconise-t-il l’aménagement des espaces pastoraux et la création par l’État des titres fonciers sur les pistes pastorales. «Pour cela, il faut une journée de réflexion pour poser le diagnostique et trouver des solutions durables. Sans cela, notre pays ne peut avoir la viande à bas prix», pense-t-il. Déjà, dans l’optique de trouver des solutions aux problèmes de l’élevage, la Febevim a fait des conventions avec les promoteurs d’usines d’aliments bétail. Elle a aussi signé avec l’Office du Niger une convention de mise à disposition de 75 000 hectares extensibles à 150 000 ha et est à la recherche de partenaires pour faire des aménagements pastoraux. Ces aménagements permettront d’éviter des conflits entre éleveurs et agriculteurs, d’avoir l’eau et l’herbe en suffisance et d’empêcher le déplacement de notre bétail vers les pays voisins. Il y a environ 40 périmètres pastoraux à travers le Mali et le plus
Vie de couple : La coquetterie comme arme de sédition
Par Mariam A. TRAORÉ Bamako, 03 juin (AMAP) Au Mali, un phénomène inquiète tout le monde. C’est l’ampleur que prend le divorce. Malgré son taux élevé, il est difficile d’avoir des données fiables sur la rupture du lien matrimonial. En tout cas, plusieurs causes sont citées. La principale cause de divorce chez nous est l’infidélité. Près de 30% des demandes de divorce font suite à une relation extraconjugale de l’un ou de l’autre conjoint. Les problèmes de compatibilité de caractère, le manque d’attention qui culmine sur la routine dans les rapports conjugaux, l’effort d’imagination la séduction au quotidien. Les causes sont nombreuses. Les hommes qui sont passés par le divorce évoquent le manque d’hygiène de leur conjointe comme facteur déclencheur de la crise. De nombreuses femmes mariées négligent leur apparence. Que les uns et les autres sachent que l’arme fatale de la séduction est la coquetterie. Celle-ci ne doit pas être une affaire de femme. Le couple doit avoir en mémoire que la séduction, la galanterie ne sont pas commodes uniquement au début des relations. Elles doivent être permanentes et constantes pour nourrir la flamme de l’amour. Cependant, il revient à la femme d’instaurer une atmosphère de plaisir et de bonheur. Elle doit être créative et surprenante pour séduire davantage son « homme». La femme doit avoir le souci constant de plaire à son homme, et vice versa. L’arme fatale pour séduire un homme est la coquetterie. Séduire dans un couple passe par des mots doux. Il faut savoir surprendre agréablement son époux. On ne doit pas négliger l’affection et l’attention. L’ART DE SEDUIRE – L’enseignant à la retraite, Issa Kanssaye déclare ne pas comprendre la jeune génération. Il indique qu’avec peu de moyens et de temps, les épouses de la vieille génération savaient comment s’entretenir et entretenir leurs hommes. «Je ne suis jamais rentré à la maison et trouver ma femme dans un état dépravé. Malgré mes faibles moyens ma femme se faisait coquette », se souvient-il. Quand c’est comme ça, souligne notre enseignant à la retraite, l’homme a toujours envie de retourner à la maison avant le crépuscule. Une fois à la maison, la femme doit tout faire pour y maintenir son époux le plus longtemps possible. « Nous aimions ressortir, mais savions quand rentrer, car on s’attendait à une surprise agréable. » dit-il. Le vieil éducateur indique qu’il n’arrête pas aujourd’hui de gronder ces belles filles. « Je ne peux pas comprendre qu’avec tout ce qu’elles ont qu’elles peinent à s’entretenir. Une femme qui se néglige ne peut pas prendre soin de son homme, encore moins de son cadre de vie » explique notre vieux à la retraite. Il nous contera l’histoire qui a failli ruiner le mariage de son premier garçon. Ce cadre de la banque dit ne plus reconnaitre sa femme. Celle-ci aux dires de son beau père était coquette avant leur mariage. Une fois mariée, elle s’est complètement délaissée. Et pourtant elle avait deux aides ménagères à son service. Le jour fatidique qui allait sonner le glas du couple, son mari est venu à l’improviste à la maison en compagnie d ‘un collègue. Le comble est que le mari avait averti son épouse une heure plutôt. « Les deux collègues sont venus trouver le salon sens dessus-dessous. La maitresse de maison était affairée à défaire sa tête. Très peu accueillante, elle sert à boire à son mari et son collègue la mine effroyable. Gêné, son époux la gronda et éclata devant l’invité. Cette altercation a poussé le conjoint à mettre sa femme dehors », narre notre interlocuteur. N’eut été l’intervention de son beau-père la fille allait grossir le tôt des épouses divorcées. Le vieux se souvient de la réponse que sa belle fille lui a donnée quand il lui a demandé pour quelle raison elle se néglige de la sorte. La belle fille donna cette réponse : « Je ne peux pas penser à moi entre le stress occasionné par son manque d’attention et la dépression déclenchée par ses attitudes d’homme mesquin et difficile. Tout cela ne me permet plus de penser à lui à plus forte raison de le séduire». Cette dame est à l’image de beaucoup de femmes à Bamako. «Pour être coquette il faut avoir la paix du cœur » lance Aïcha, nouvellement mariée. Notre interlocutrice révèle qu’elle est noyée par les exigences du mariage. « Je n’arrive pas à m’en sortir. Je n’ai aucun temps pour penser à moi. Vous savez que se faire belle prend du temps », dit-elle. À la question de savoir ce qui lui prend du temps pour se négliger de la sorte, elle bafouille sa réponse. Aicha explique qu’après sept mois de vie commune son mari avoue ne plus être attiré par elle. « J’ai l’impression qu’il me fuis. On ne peut plus discuter. Il me demande de changer alors que ce son comportement vis-à-vis de moi me désoriente. Il me fait oublier l’essentiel c’est-à-dire me faire belle comme il aime bien me voir ». FAIRE DES CONCESSIONS – Après une discussion sérieuse entre le couple, chacun a accepté de faire des concessions. Le résultat est surprenant. Aicha a recommencé à séduire son homme à travers des messages doux qu’elle lui envoyait pour le faire venir à la maison. « Le premier jour il n’a pas réagi. Je lui ai dit de rentrer que j’ai préparé son plat préféré pour le diner. Il n’est pas venu à temps, mais j’ai gardé mon calme. Cependant ma satisfaction était son regard plein de désir. En plus il n’est plus ressorti », se souvient notre interlocutrice. Aicha, un large sourire sur les lèvres, indique qu’après cette nuit, qu’elle savait que faire pour surprendre son homme, l’attirer dans son filet et entretenir leur amour. Mme Boly Ina Diallo, pense qu’étant en couple, la séduction est possible et normale. C’est une recommandation voire une exigence. «Non seulement cela pimente la vie de couple, mais c’est aussi bon pour le moral» témoigne-t-elle. Mme Boly n’a pas d’autre choix que de rester coquette et séduisante. « Mon mari a beaucoup d’amis et il aime les recevoir à la
Consommation de viande: La charogne dans nos assiettes
Par Oumar SANKARÉ Bamako, 1er juin (AMAP) «Je ne te donne pas mon numéro de téléphone, ni mon nom ni mon adresse. Rendez-vous, dans 4 jours, à la Tour de l’Afrique à 18 heures.» Cet interlocuteur nous a permis de pénétrer un milieu dangereux, celui des bouchers clandestins, après 10 jours de recherche. Teint noir, 1,70 m environ, musculature saillante, M.S est un employé de quincaillerie qui livre du ciment la journée et, la nuit, garde une maison en construction. Boucher pendant 4 ans à Kéniéba avant de venir à Bamako, il a opéré autant dans la clandestinité que dans la légalité. Plusieurs fois, il a dépecé des bœufs morts et vendu la viande sur le marché. Aujourd’hui, l’homme ne vit plus de cette activité illicite. Le commerce de charogne a pris une ampleur que l’on ne peut imaginer, d’après M.S. «Un riche commerçant de la localité possédait un bœuf d’une valeur de 500.000 Fcfa. L’animal s’est fracturé une patte et en est mort. Le monsieur nous a appelés… Le même jour, la viande était au marché. Il ne voulait pas perdre son investissement surtout que l’animal n’est pas mort de maladie», explique M.S sans ciller. Pour prouver qu’il ne raconte pas d’histoire, l’homme nous a emmené dans un Grin (groupe informel de discussion) à Sénou. Il voulait nous montrer une opération clandestine de dépeçage d’un animal mort. À 21 heures, il reçoit un appel. Nous enfourchons aussitôt une moto. Après une vingtaine de minutes sur une voie menant à un quartier mal éclairé, dans une concession, nous attend un homme assis sur son tricycle. Une lampe laisse échapper une lumière faible. Un bovin est déchargé de l’engin. L’animal ne bouge pas. Rapidement, trois personnes le tirent sur quelques cartons. On l’égorge. Le sang ne gicle pas comme d’ordinaire. En 30 minutes, la bête est dépecée. Chacun des bouchers prend une cuisse, le reste (autres parties charnues, intestins, foie, pattes…) est chargé dans le tricycle. Le tout sera vendu. Le conducteur du tricycle explique que le bœuf mort provient d’une ferme dont le propriétaire lui a fait appel pour s’en débarrasser. «Au début, je jetais les carcasses dans les zones non habitées. Aujourd’hui, il faut aller de plus en plus loin. Je ne peux plus me permettre cela. Donc, je procède ainsi depuis le jour où j’ai failli me faire lyncher par des habitants d’un quartier quand nous sommes allés jeter un cheval mort. Il faut reconnaitre que c’est lucratif et économique aussi, car j’amène une partie des bœufs et moutons en famille», confie-t-il. Pendant trois jours, nous suivrons les «bouchers» de circonstance. Ils n’ont pas un lieu d’abattage spécifique d’autant plus que la matière peut venir des fermes, des chargements de camions de bétail qui arrive à Bamako ou encore les « garbals » (marché à bestiaux). Souvent, l’opération se passe sous les yeux des propriétaires. A MOITIÉ PRIX – Au garbal de Sabalibougou, O.C, la cinquantaine, vide la moitié d’un sac d’aliment bétail dans un bac alimentaire pour moutons. «Il est vrai que les animaux meurent ici au garbal ou au cours du voyage», reconnait-il. Quand l’animal est sur le point de mourir et qu’on se trouve en ville, on fait appel aux bouchers qui les prennent à la moitié de sa valeur marchande. Par contre, lorsque l’animal meurt, on l’offre à des personnes qui ne se posent pas de questions sur les préceptes religieux, encore moins sur les risques sanitaires. Et si l’animal meurt alors qu’on est en brousse, on jette le cadavre. Ce n’est pas exclu que d’autres passent derrière nous pour le récupérer, explique-t-il. O.C s’approvisionne à Gossi, à près de 150 km de Sévaré (Mopti). Pour acheminer les bêtes sur Bamako, il faut au moins deux jours de voyage dans des conditions difficiles. D’autres commerçants de bétail s’approvisionnent jusqu’à Gao. «L’état de la route Gao-Sévaré est très mauvais. On doit subir, en plus, des tracasseries de la police, de la gendarmerie et de la douane même si tous nos papiers sont en règle. Les pertes de temps, la chaleur, la fatigue et le nombre élevé d’animaux par chargement entrainent en moyenne deux ou trois morts parmi les bêtes. Dans la cargaison, certains, trop fatigués, essayent de se coucher et se font piétiner par les autres», explique O.C. Un peu à l’écart, un groupe de jeune brûle des têtes de moutons et nettoient les viscères. Abdoulaye Kanouté, boucher, soutient qu’ils égorgent les animaux sur le point de mourir mais jamais ceux qui sont déjà morts. Le business de la charogne ne concerne pas que les animaux dont la consommation est admise par tous dans notre société. Fanta Diakité témoigne : «J’ai acheté de la viande d’âne mort sans m’en rendre compte à Missabougou. Après cuisson, ça ne ressemblait à aucune viande que j’ai l’habitude de préparer. On a donc versé cette sauce et le lendemain, je suis retournée au marché. C’est là qu’on m’apprendra que deux groupes de bouchers occupent cette place. Le premier, dans la matinée, et le second à partir de 14 heures. Ces derniers vendent, selon les témoignages d’autres bouchers, toutes sortes de viande», relate-t-elle. Un commissariat de police de Bamako a mis aux arrêts un boucher dépeçant un animal mort. La suite de l’affaire ? Approchée, la police n’a jusque-là pas donné de suite à notre demande d’interview. QUATRE MORTS DANS UNE FAMILLE – L.B est un jeune éleveur de poulets. Il reconnait avoir vendu des poulets morts «une seule fois», au début de ses activités. «Je disposais d’environ 1.000 têtes et un matin, j’ai trouvé que 200 étaient morts. J’ai rapidement égorgé les 100 autres qui avaient l’air agonisant et je les ai livrés chez des clients (hôtels et restaurants)», confie le jeune entrepreneur qui ne «pouvais pas se permettre une telle perte». Risque sanitaire ? Il suffit juste de bien le cuire et tous les microbes meurent, croit savoir L.B. «À Kolokani et à Bamako, certains hôtels, restaurants et autres particuliers qui font des « poulets télévisés » au bord des voies publiques
Biodiversité et sécurité alimentaire : Pesticides, une menace pour les abeilles
Par Makan SISSOKO Bamako, 31 mai (AMAP) «Lorsque les abeilles disparaitront de la surface du globe, l’Homme n’aurait plus que quatre années à vivre» a écrit Albert Einstein dont la citation réapparait dès que la question de la surmortalité des abeilles revient dans le débat public. Elle témoigne de l’importance vitale des abeilles dans la vie des êtres humains. Ces insectes jouent un rôle crucial dans la reproduction des fleurs en transportant le pollen d’une fleur à une autre, favorisant ainsi la production de fruits, de légumes et autres cultures. En conséquence, la disparition des abeilles aurait des répercutions drastiques sur la biodiversité, l’agriculture et l’alimentation humaine. Environ un tiers de la production alimentaire mondiale dépend de la pollinisation par les abeilles et d’autres insectes pollinisateurs. C’est pourquoi il est urgent de protéger les abeilles et leur environnement pour préserver notre production alimentaire et la biodiversité de notre planète. Au-delà de leur importance pour la biodiversité, les abeilles sont également exploitées par les humains pour leur potentiel de production de miel et de cire d’abeille. Aliment naturel sucré et nutritif apprécié par les humains depuis des milliers d’années, le miel est aussi utilisé dans de nombreux produits alimentaires et cosmétiques. La cire d’abeille, elle, sert dans la construction des alvéoles de leur ruche. Elle est couramment utilisée dans les produits de soins de la peau, dans la fabrication de bougies, de produits de polissage, de cosmétiques et des médicaments pharmaceutiques. Elle est également utilisée dans la production de produits alimentaires tels que le fromage, le chewing-gum et les bonbons. Abdrahamane Kouyaté possède quatre sites d’exploitation apicoles sur une superficie totale de 85 hectares dans le village de Zantiguila, Commune rurale de Sanankoroba. Avec 400 ruches de miel, sa production trimestrielle est estimée à une tonne de miel. Il explique que l’apiculture est une activité qui est très liée à l’agriculture et à l’élevage. Et de poursuivre que les abeilles se nourrissent des feuilles et des fleurs des plantations. « C’est pourquoi, dit-il, l’agriculture est importante pour la production du miel aussi bien que les abeilles pour l’augmentation de la productivité des cultures. » L’apiculteur souligne que les abeilles contribuent beaucoup à l’équilibre de l’écosystème. «Elles sont des pollinisateurs importants pour de nombreuses plantes. En collectant le nectar des fleurs pour produire du miel, les abeilles transportent le pollen d’une fleur à l’autre, aidant ainsi les plantes à se reproduire et à se propager», explique-t-il. À en croire Kouyaté, l’apiculture est une activité très rentable qui nourrit son homme. RÉDUCTION DE 30 A 33% – « En la matière, l’Association pour le développement de l’apiculture moderne (ADAM) soutient les apiculteurs. Nous achetons des ruches subventionnées avec l’ADAM avec une réduction de 30 à 33%. Ce qui nous permet de bénéficier de l’assistance d’une équipe pour installer des ruches dans nos champs», révèle-t-il. Précisant que quand les abeilles se nourrissent suffisamment à l’aide des plantes à fleurs, comme le melon, la pastèque, la papaye et les légumes, elles parviennent à remplir leurs ruches entre 60 à 90 jours. Cet agriculteur affirme que le miel est la principale source de nourriture des abeilles. Et dans nos sociétés, il est utilisé depuis des milliers d’années comme édulcorant naturel et comme remède pour de nombreux maux. Dans l’apiculture, les producteurs gagnent en miel, en cire et en production agricole. Quant à notre apiculteur, il récolte aussi la cire d’abeille. À l’intérieur du pays, Abdrahamane Kouyaté vend son litre de miel à 3 000 Fcfa contre 6 000 Fcfa à l’extérieur. «La cire d’abeille est aussi un avantage dans la production du miel. Le kilo de cire est vendu entre 1 000 à 15 00 Fcfa. Avec une tonne de miel, je peux avoir environ 500 kilos de cire. Je vends la moitié de ma cire pour garder le reste que je réutilise dans les ruches pour attirer les abeilles avec l’odeur», dit-t-il. Pour récolter la cire, l’apiculteur retire les cadres de rayons de la ruche. Les cadres sont ensuite placés dans un extracteur de cire, qui la sépare des restes de miel et de pollen. La cire est ensuite fondue et filtrée pour éliminer les impuretés. Par ailleurs, l’agro-apiculteur soutient que l’utilisation des pesticides contribue à réduire drastiquement la population des abeilles. «L’utilisation des produits dans les champs sont extrêmement néfastes pour les arbres, les insectes et les humains. Raison pour laquelle, je n’utilise jamais de produits chimiques dans mon champ», révèle le paysan. Abdrahamane Kouyaté invite, à cet effet, les autorités à mettre en place un service dédié à la valorisation des abeilles. CENT TONNES DE MIEL – À notre passage au siège de l’ADAM, dans la Zone industrielle, au quartier Bougouba, ses membres fabriquaient des centaines de ruches de couleur blanche dénommée « Ruche Kenya» (du nom du pays qui les confectionne) et d’autres matériels apicoles au profit des apiculteurs. Créée en 2009, l’Association a organisé de nombreuses formations sur la transformation et l’exploitation du miel. Elle compte aujourd’hui une dizaine de membres répartis sur toute l’étendue du territoire national. Par an, sa production est estimée à plus de 100 tonnes de miel. Son président, Mamadouba Keïta, souligne que la plupart de la production est vendue sur place aux étrangers qui exportent les produits. «Nous souhaitons arrêter cette exportation pour essayer d’ajouter de la valeur à nos produits, créer des emplois et de la richesse dans le pays», souligne-t-il. En ce qui concerne son aspect traditionnel, Mamadouba Keïta soutient que les abeilles contribuent à soigner notamment le paludisme et des maladies respiratoires. Et elles protègent les arbres contre des maladies qui, à leurs tours, contribuent au renforcement du système écologique. Mamadouba Keïta compare l’apiculture à l’élevage des animaux compte tenu de son intérêt vital. Il déplore le fait qu’aujourd’hui, le secteur soit frappé de plein fouet par l’utilisation abusive des pesticides dans l’agriculture. Ce qui réduit la population des abeilles au Mali d’environ 45%. À cela s’ajoute les effets néfastes des changements climatiques. Ces facteurs, selon lui, feront que dans dix ans, les populations des abeilles
Salaire des aide-ménagères : Débat houleux entre employeurs et défenseurs de leurs droits
Par Mariam A. TRAORÉ Bamako, 26 mai (AMAP) La gestion des aide-ménagères, ces mains utiles et indispensables dans les foyers de Bamako et des capitales régionales, est, aujourd’hui, un casse-tête pour beaucoup d’employeurs. Ceux-ci craignent une déshumanisation de ce secteur et un risque d’exposer ces pauvres filles au danger du mercantilisme. L’apport de celles qu’on appelle, les «bonnes» à tout faire dans nos foyers, est inestimable. Ces jeunes filles, venues de différentes localités de l’intérieur du Mali, participent à la stabilité de nombreux foyers ici. Elles interviennent, du début à la fin de la chaîne, dans la réalisation des tâches ménagères de la maison. Plusieurs raisons les poussent à venir en villes. Si ce n’est pas pour assurer la survie de leur famille au village avec le fruit de leur trvail qu’elles économisent, c’est gagner de l’argent pour acheter le trousseau de mariage ou même découvrir le monde. C’est toujours un aspect de l’exode rural. Une fois à Bamako, la capitale malienne, elles sont entièrement à la charge de leurs employeurs. Beaucoup de ces jeunes filles innocentes sont victimes de maltraitance et d’abus. Des organisations de défense se sont impliquées dans leur protection et la promotion de leurs droits. Dans cette démarche, ces structures de placement des aide-ménagères ont apporté beaucoup d’amélioration aux conditions de vie des aide-ménagères notamment sur le plan salarial. D’année en année, leur salaire grimpe. En effet, leur rémunération diffère selon que l’on loue leur service par le canal d’une des nombreuses agences de placement de Bamako ou qu’on discute directement avec elles. Leur tuteur ou tutrice sert souvent d’intermédiaire. Mieux, la zone de résidence de la «bonne» influence le montant du salaire. Ainsi, le traitement diffère selon que l’employeur vive sur la Rive droite ou sur la Rive gauche du fleuve Djoliba (Niger) à Bamako. Les employeurs dans la première zone, considérée comme des nantis, paieraient mieux que les habitants de la seconde. Il n’y a pas de prix standard en la matière. Actuellement, les «bonnes» ont des salaires compris entre 12 500 Fcfa et 30 000 Fcfa voire plus, selon que l’employeur soit du secteur informel, pour la plupart le principal employeur, ou formel. Dans les quartiers huppés de Bamako, elles sont payées à la tâche. Mme Mariko Assanatou loue les services de deux aides ménagères. La première, 20 000 Fcfa, est une emme de 23 ans. Elle s’occupe de la restauration et de l’entretien de la maison. Âgée de moins de 16 ans, la petite, qui s’occupe des enfants et des petits travaux domestiques, se console avec 12 500 Fcfa. Leur intermédiaire verse les salaires aux employées, chaque fin de mois, dans l’agence de placement. La gestion salariale de ces filles-là fait débat dans notre pays. C’est un casse-tête pour les employeurs. De nombreuses bonnes réclament plus que le Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) malien. Elles sont aidées et soutenues dans ce combat par les organisations de défense de leurs droits. QUESTION D’EPOQUE – Le débat se déroule sur les réseaux sociaux, dans les marchés et dans les lieux de regroupement des femmes. Chacun y va de son avis, commentaire et stratégie. Il est plus qu’urgent qu’il soit ouvert officiellement afin de trouver une solution. Mme Coulibaly Assan, s’étonne de ce qui se passe autour de la gestion salariale des bonnes. Elle rappelle qu’à leur époque, elle louait les services d’une femme mariée. «J’admets que les choses ont évolué. Avant, on bénéficiait des services d’une dame mariée avec souvent des enfants. Elle venait nous aider dans nos tâches quotidiennes. En retour, on leur donnait un repas. À la fin de chaque mois, la dame recevait entre 2 500 à 3 000 Fcfa», se souvient-elle. Notre vieille dame indique qu’autrefois, c’était plus par solidarité. Elle reconnaît que l’aspect humain a cédé la place, aujourd’hui, à toutes sortes de dérives dans la gestion des aides ménagères à Bamako. Face à la surenchère du salaire des «bonnes», Mme Bouaré Ina demande, aux uns et aux autres, de savoir raison garder. Elle soutient ceux qui veulent que les aide-ménagères soient payées au SMIC. Supposons qu’il en soit ainsi, dans ce schéma, les aide-ménagères ne doivent bénéficier que leur salaire. «Je me dis que si nous devons leur payer au-delà de 20 000 Fcfa, elles ne peuvent plus demander qu’on leur achète des médicaments quand elles tombent malades, des pommades et autres accessoires», dit-elle. Notre interlocutrice raconte qu’elle a deux bonnes payées chacune à 12 500 Fcfa par mois. Elle assure par mois leur coton et pommade hygiénique. Il lui revient de payer des tresses et de leur acheter des chaussures. «Mieux, elles ont toutes les deux un téléphone. Je leur achète, de temps en temps, des crédits pour communiquer avec leurs parents au village. Ce n’est pas tout. Elles sont habillées pendant les fêtes et tous les événements heureux qui se déroulent chez moi», explique-t-elle. Mme Bouaré se fait aussi un devoir de soutenir ces «filles lorsqu’elles décident de rentrer au bercail. «Je peux leur payer 30 000 Fcfa, mais je serai plus exigente si elle venait à casser des trucs à la maison. Si elles doivent se prendre entièrement en charge, il ne leur restera pas grand-chose des 30.000 Fcfa», prévient notre interlocutrice. Mme Djourté Hélène nous raconte son cas. Elle louait les services d’une bonne à 12 500 Fcfa. Elle était satisfaite. «Elle était comme ma première fille. Les étrangers ne faisaient pas de différence entre elle et mes enfants. Par malheur, elle tomba gravement malade. Cela lui a valu une hospitalisation de plus de 20 jours», raconte notre interlocutrice. La jeune fille sera entièrement prise en charge par son employeur. Au moment de rentrer au bercail, la patronne lui donna l’entièreté de son salaire de trois ans avec bonus, des habits, des ustensiles de cuisine. «Ni la jeune fille, ni ses parents n’en revenaient pas. Que ceux ou celles qui s’agitent pour les droits des domestiques pensent à tous ces facteurs. On doit tout faire pour ne pas déshumaniser ce domaine au risque d’exposer
Cinéma malien : Mamy, une bibliothèque qui brûle
Par Kabiné Bemba DIAKITÉ Bamako, 26 mai (ANAP) Mamadou Sidibé, du haut de ses 83 ans, s’est éteint lundi 24 avril 2023, entrant au panthéon érigé par Amadou Hampäté Bâ qui a valorisé la séniorité par cet adage exprimé devant l’UNESCO en 1960 : « En Afrique, un vieillard, qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. » De 1964 à 1999, Mamy, comme l’appellent affectueusement les intimes, s’est donné à fond pour l’essor du cinéma malien, d’abord à l’Anim (Agence nationale d’information du Mali) puis au CNPC (Centre national de production cinématographique) qui devient CNCM (Centre national de la cinématographie du Mali). Formé au Maroc de 1964 à 1965 à la technique du cinéma, il effectua de nombreux stages à partir de 1970 en Yougoslavie (aujourd’hui la Serbie) qui a été d’un apport inestimable pour le Mali en matière de cinéma. En sa qualité de caméraman, il a effectué des reportages d’actualités filmées sur la vie politique, économique, sociale, culturelle et sportive dont les activités du président Modibo Kéita, puis celles de Moussa Traoré jusqu’à l’avènement de la télévision en 1983. Il faisait partie d’un noyau de jeunes recrutés et formés à la technique cinématographique en URSS, en Yougoslavie, en Tchécoslovaquie entre autres. La jeune république du Mali a senti la nécessité de se doter de moyens de communication en créant l’Anim chargée de gérer l’information avec Radio-Mali (qui s’appelait Radio-Soudan jusqu’au 22 septembre 1960), le journal l’Essor (créé en 1947) et la division cinématographique chargée des reportages filmés, des documentaires et, éventuellement des films de fiction comme en 1972 «5 jours d’une vie» de Souleymane Cissé et en 1976 «Le retour de Tiéman» de Djibril Kouyaté. Ces deux hommes étaient de la frange des réalisateurs aux côtés des cameramen qu’étaient entre autres, Mamadou Sidibé, Moussa Sidibé, Cheick Hamalla Kéita, Isaac Diallo, Moussa Camara et des techniciens de son et d’éclairage comme Moussa Diallo Albert, Mamadou Camara. Cette division de l’audiovisuel de l’Anim assurait le reportage, le montage (à Belgrade) des films de reportages qui étaient ensuite mis à la disposition des salles de cinéma qui les projetaient avant les séances de films de fiction. L’Anim se scinda en deux branches : l’Amap et la division cinéma qui prit le nom de CNPC en 1979 puis celui de CNCM en 2005. Mais, l’avènement le 22 septembre 1983 de la RTM, (Radiodiffusion Télévision du Mali, devenue ORTM) grâce à une subvention de 2,5 milliards de Fcfa du gouvernement libyen et son soutien technique, a réduit considérablement le champ des actualités filmées, ce qui poussa à la création du CNPC essentiellement orienté sur les films de fiction et documentaires. Mamadou Sidibé était une véritable bibliothèque du cinéma malien. Aux côtés de son alter ego, Moussa Sidibé, il a participé activement à toute cette évolution de la communication au Mali. Il a ainsi contribué à la formation des jeunes recrues pour donner un sang nouveau au cinéma malien. Ainsi, sont arrivés des réalisateurs comme Ibrahim Touré, Adama Drabo, Ladji Diakité, Sidi Sangaré, Léopold Togo, Youssouf Coulibaly, mais aussi des cameramen comme Boubacar Sidibé ( aujourd’hui brillamment reconverti en réalisateur avec beaucoup de films à son actif, surtout des séries TV et courts métrages), Abdrahamane Somé, Mohamed Lamine Touré…. Jusqu’à son départ à la retraite en 1999 ; Mamadou Sidibé était comme un conseiller technique pour les directeurs qui se sont succédé au service du cinéma malien, à savoir Modibo Diarra, Mamadou Kaba, Cheick Oumar Sissoko, Youssouf Coulibaly. Sa bonhommie faisait qu’’il s’entendait avec tout le monde et prodiguait des conseils qui éteignaient le feu des cœurs les plus impulsifs. En retour, il était ouvert aux critiques même les plus acerbes et arrivait toujours à ne pas céder à l’emportement. Mamy passait sa retraite dans son domicile à Kalabancoro lorsque la cruelle mort l’a fauché au terme d’une longue maladie au milieu des six enfants inconsolables qu’il laisse derrière lui, dont sa deuxième fille Mme Doumbia Mariam Sidibé, cadre commercial à l’Amap. Nous nous joignons à eux pour souhaiter que les bienfaits et les prières de soumission qu’il a consentis au Tout-puissant tout au long de sa vie bien remplie lui ouvrent les portes du paradis. KBD/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle : La Commission nationale d’organisation à pied d’oeuvre
Bamako, 26 mai (AMAP) La Commission nationale d’organisation de la Biennale artistique et culturelle du Mali travaille d’arrache-pied pour la réussite de cet important rendez-vous culturel dans notre pays qui enregistrera la participation des 19 régions et du District de Bamako. Après une interruption de plus de sept ans, les artistes maliens se retrouveront, bientôt, dans la Venise malienne, Mopti (Centre) pour montrer leur savoir-faire. Ce sera un grand moment de communion avec l’ensemble des créateurs des 19 régions et du District de Bamako. Cette édition enregistre une participation record avec l’arrivée de nouvelles régions. En effet, si le Mali a compté six régions administratives de 1960 à 1978, puis sept régions et un District à partir de 1979, elle en a neuf en 1991. Ainsi à l’issue du lancement, le tirage a donné un ordre de passage suivant devant le jury : Sikasso, Ménaka, Bandiagara, Koutiala, Nioro, Tombouctou, Koulikoro Dioïla, Kidal, Ségou Mopti, Bamako, Sans Gao, Nara, Kayes Douentza, Kital Bougouni et enfin Taoudénit. Pour ce faire, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a créé une Commission nationale d’organisation (CNO) qui est à pied d’œuvre depuis plus d’un mois. Une autre commission locale a été mise en place à Mopti sous l’égide du gouverneur de cette région qui accueillera l’évènement. Après les phases locales organisées par chacune des régions dans le but de sélectionner les meilleurs numéros ou créations artistiques et les artistes et instrumentistes. « Chacune d’entre elles a déjà constitué sa troupe et les répétitions battent leur plein », a dit le directeur national de l’action culturelle, Alamouta Dagnoko. La Biennale artistique et culturelle 2023 se tiendra sous le thème : «Le Mali : une histoire commune, une seule nation, un même destin». Les troupes doivent concourir dans les disciplines suivantes : Ensemble instrumental, solo de chant, pièce de théâtre, musique d’orchestre, danse traditionnelle, chœur et ballet à thème. Au menu de la Biennale artistique, cette année, il y aura, aussi, des innovations dans l’exposition d’objets d’art, des conférences-débats, des colloques et un symposium. L’audio visuel et multimédia, les jeux concours, les marionnettes et contes, l’exposition artisanale, la cuisine des communautés et les visites guidées sont, aussi, des nouveautés. L’objectif de ces innovations est de maximiser l’apport de ces nouvelles disciplines à la promotion et à l’enrichissement du patrimoine culturel. Une mission de la CNO s’est rendue, le week-end dernier, à Mopti, sous la conduite de son président et secrétaire général du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Hamane Demba Cissé. Cette délégation a rencontré la commission régionale, en présence du directeur de cabinet du gouverneur de Mopti, Kantara Diawara. La séance de travail a essentiellement porté sur comment réussir ensemble le challenge. À la suite de débats, la joie se lisait «sur presque tous les visages » et Le sentiment d’avoir compris l’orientation de Bamako était réel, a assuré le haut fonctionnaire de défense et président de la sous-commission défense et sécurité, le colonel Sibiri Konaté. Le lendemain samedi, sous un soleil de plomb, la délégation a visité les dix sites d’hébergement proposés par la commission régionale. Il s’agit de mettre les troupes dans les conditions idoines de compétition. Toutes les commodités requises, en termes d’approvisionnement en eau, d’alimentation en électricité et de ventilation des sites d’hébergement, ont été scrutées à la loupe. Les dix sites à retenir seront repartis, à parts égales, entre Mopti et Sévaré. Il ressort des explications des organisateurs qu’à l’issue du débriefing, il a été retenu que la CNO siégera pour le choix des sites, une proposition qui n’a fait l’objet d’aucune objection au niveau régional. YD/MD (AMAP)
Gestion des marchandises en transit : Vers l’interconnexion des systèmes informatiques des douanes du Mali, du Burkina et du Niger
Bamako, 26 mai (AMAP) Trois pays ouest africains, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, ont signé, mercredi, à Bamako, une convention sur l’interconnexion des systèmes informatiques des douanes des trois pays, dans le cadre du projet Système interconnecté de gestions des marchandises en transit (SIGMAT) afin de mutualiser les efforts et surmonter les difficultés liées au transit. La cérémonie s’est tenue au ministère de l’Économie et des Finances, sous la présidence chef du département, Alousséni Sanou, en présence des directeurs généraux des douanes du Mali, Amadou Konaté, du Burkina Faso, Mathias Kadiogo, et leur homologue du Niger, Barkay Molimi La signature de convention avait été précédée d’une réunion des experts chargés de l’élaboration des instruments du SIGMAT et de mise en œuvre des interconnexions des systèmes informatiques des douanes des trois pays. Du 22 au 23 mai derniers, à la direction générale des douanes du Mali, les experts ont examiné les textes réglementaires encadrant la mise en œuvre de cet ambitieux projet. Les actions retenues par les experts ont ensuite été soumises à l’approbation des directeurs généraux des douanes. «Au cours de la réunion des directeurs généraux, les experts ont soumis à leur appréciation et validation, un protocole d’accord et une instruction relative à l’interconnexion des systèmes informatiques de l’administration des douanes des trois pays», a annoncé le directeur général des douanes du Mali. Selon Amadou Konaté, les directeurs se sont engagés à veiller au respect strict du chronogramme de déploiement du projet SIGMAT et à la mise en œuvre des recommandations. Il s’agit notamment du démarrage de la phase pilote de l’interconnexion le 10 juillet 2023, la tenue de la réunion d’évaluation le 10 octobre 2023 à Ouagadougou (Burkina Faso) et le port de la tenue douanière règlementaire lors des prochaines rencontres. Quant au directeur général des douanes du Niger, il a précisé que ce protocole est très important dans le cadre de la facilitation du commerce entre les trois Etats. «Il permet aux Etats de faire des arbitrages en ce qui concerne les marchandises et d’avoir une démarche concertée en matière de gestion de tous les flux du marchandise», a fait noter Barkay Molimi. Et d’ajouter que cela crée une grande traçabilité. Pour lui, grâce à cette interconnexion, les procédures seront facilitées et les pays auront des informations suffisantes sur les marchandises qui leur sont destinées. «La partie malienne a relevé la persistance des impositions et des restrictions observées sur les marchandises en transit par le Niger en destination du Mali et a demandé à la partie nigérienne d’intercéder auprès des autorités pour la levée de ces impositions, conformément aux dispositions communautaires en la matière», a-t-il souligné. Barkay Molimi a, également, dit avoir pris bonne note de la préoccupation exprimée par le Mali, avant de rassurer sur les dispositions prises pour la présence effective des douanes maliennes sur les frontières nigéro-maliennes. «La partie nigérienne va soumettre à la hiérarchie les avancées relevées en vue d’un retour rapide à la normale en levant les impositions et les restrictions observées sur les marchandises en transit en destination du Mali», s’est-il engagé. Clôturant la cérémonie, le ministre malien de l’Economie et des Finances a expliqué que cette signature est l’engagement d’échanges automatiques de données électroniques sur les marchandises en transit d’une frontière à l’autre. Il s’agira, donc, pour les douaniers « de mutualiser les efforts afin de surmonter les difficultés liées au transit et de satisfaire les besoins des opérateurs économiques et des usagers. «Le projet SIGMAT est le résultat d’un long processus qui a impliqué plusieurs parties prenantes sans oublier le soutien des partenaires techniques et financiers. Sa mise en œuvre nécessite une collaboration soutenue afin de réduire les risques de déperdition des marchandises et le contrôle des recettes importantes pour le trésor public», a rappelé Alousséni Sanou. Enfin, il a souligné que « cette étape symbolique est une opportunité à saisir pour améliorer la mobilisation et la sécurisation des recettes douanières, lutter efficacement contre la fraude et faciliter les échanges. » FMS/MD (AMAP)

