Jarre d’eau de la mariée : Des vertus et des préceptes
Par Nahawa SANGARE Bamako, 20 mar (AMAP) Le trousseau de la nouvelle mariée comprend beaucoup d’éléments qui sont aussi importants les uns que les autres dans la consolidation du couple, selon les croyances populaires, la culture et les traditions. Et chaque élément constitutif de ce trousseau a un rôle particulier dans le raffermissement des liens conjugaux. La jarre d’eau généralement fabriquée en terre cuite fait partie de cette panoplie d’éléments de trousseau. Son transport, sa disposition et son entretien sont des détails que nulle femme au foyer ne doit négliger au risque de faire face à des conséquences désastreuses, selon toujours les croyances populaires. « La jarre d’eau doit être le premier élément du trousseau installé dans la véhicule qui conduit la nouvelle mariée et ses bagages chez son mar . Lorsqu’elle arrive à destination, ce récipient de terre cuite n’est pas installée par n’importe qui et n’importe comment », informe la conseillère conjugale Fatoumata Koïta. « La mission est confiée à une épouse modèle qui n’a jamais abandonné son foyer. Elle l’installe à droite dans la maison sur une tasse remplie de sable qui a été offerte par la grand-mère de la mariée. Cet acte protège et consolide le foyer de la nouvelle mariée», aoute Fatoumata Koïta. Elle explique que si l’action est exécutée par une épouse qui a l’habitude d’abandonner son foyer, la stabilité du nouveau couple en souffrira. Cette affirmation montre l’importance de ce récipient dans les ménages. « Il apporte, selon notre interlocutrice, la stabilité dans le foyer de la nouvelle mariée, car tous les membres de la famille boivent l’eau de la jarre, tout comme ils partagent le même bol de nourriture. Fatoumata Koïta ajoute que la jarre apporte beaucoup de bonheur à la nouvelle mariée lorsqu’elle est bien entretenue. « Toute femme qui lave et remplit quotidiennement sa jarre, serra aimée par son mari et sa belle-famille. Elle aura la paix du cœur », confie-t-elle « Les moments les plus propices pour remplir la jarre d’eau, qui s‘est vidée, sont le petit matin, avant le lever du soleil ou après le crépuscule, avant la nuit profonde », recommande la conseillère conjugale. La jarre détient des secrets qui peuvent consolider les liens familiaux. Selon toujours Fatoumata Koïta, lorsque deux femmes mariées, vivant sous le même toit, ne s’entendent pas, il suffit de puiser un peu d’eau dans la jarre de l’une et la verser dans celle de l’autre et vice-versa sans qu’elles s’en rendent compte. La conseillère conjugale affirme que ces deux femmes trouveront un terrain d’entente à jamais. Elle conseille aux jeunes mariées de boire souvent l’eau de la jarre et d’habituer leur époux à faire autant. » Cela, soutient-elle, les poussera à être plus tendres et doux avec leurs épouses. » Gare à la femme qui laisse sa jarre vide pendant la nuit. « Nous ne sommes pas les seules à consommer cette eau. Pendant la nuit, les anges, les défunts et autres êtres viennent y boire. S’ils la trouvent vide, ils seront déçus. Cette déception se répercutera sur l’épouse de la maison et sur son foyer », prévient Fatoumata Koïta. Elle ajoute que la femme ne doit jamais partir avec sa jarre, après une dispute ou encore moins la casser sinon le mariage sera brisé. À l’en croire, la même situation se produira si le mari casse la jarre de son épouse. Fatoumata Koïta signale que lorsque « la jarre se brise, sans avoir subi un choc au préalable, cela prédit souvent la fin du couple. » NS/MD (AMAP)
Maladies animales : Des conséquences multiples
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 20 mar (AMAP) La contribution économique de l’élevage dans notre pays n’est plus à démontrer. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INSAT), l’élevage constitue la principale source de subsistance pour plus de 30 % de la population malienne. Il contribue pour 15% au Produit intérieur brut (PIB), 24% à la production du secteur rural, environ 80% aux revenus des populations rurales et près de 20% aux recettes d’exportation. Ce sous-secteur fait face aujourd’hui, à des difficultés dues aux maladies animales, entrainant ainsi d’importantes répercutions sur la productivité, la santé animale, la santé et le bien-être de l’homme. En effet, les maladies animales génèrent des coûts directs pour le secteur de l’élevage qui se traduisent par la mort d’animaux, une productivité amoindrie et des frais occasionnés par la lutte contre ces maladies. Ces maladies concernent tous types d’animaux, à savoir le gros bétail et les petits ruminants, les volailles locales et exotiques ou importées, et l’élevage traditionnel et moderne. Ousmane Cissé est un jeune éleveur. Son troupeau compte plus de 200 têtes de bœufs. Dans l’année, il peut en perdre plus d’une vingtaine à cause des maladies. Parlant des conséquences sur la production, il explique que quel que soit le type de maladie, quand une vache est malade, sa production laitière diminue et, par ricochet, l’éleveur perd beaucoup en terme de revenus. À l’en croire, les éleveurs subissent de plein fouet les conséquences des maladies animales à cause du coût élevé du vaccin. Selon Cheickna Dianka, agroéconomiste de son état, ces maladies ont plusieurs causes, notamment l’insuffisance de la couverture vétérinaire des exploitations d’élevage, le coût relativement élevé des produits vétérinaires en matière de prévention et de traitement en cas de maladies localisées ou d’épidémies, l’insuffisance des connaissances en matière de bonnes pratiques d’élevage, l’inadaptation des infrastructures en matière d’habitat (étables, bergeries, poulaillers). «Les maladies animales ont des incidences négatives au sein des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux au plan productif, économique, nutritionnel et de la sécurité sanitaire des aliments issus des différentes chaînes de valeurs», dit-t-il. Ajoutant qu’au plan productif, ces maladies contribuent à la diminution du cheptel disponible à cause des pertes plus ou moins élevées au niveau de toutes les espèces animales et notamment au niveau des volailles pour lesquelles les maladies se propagent à une vitesse très rapide. Aussi, explique-t-il, les maladies animales touchant les animaux reproducteurs ou servant à la multiplication, peuvent gravement perturber la multiplication et le renouvellement des effectifs. À ce propos, il estime que les chaînes d’approvisionnement peuvent être aussi fortement perturbées et les fortes mortalités peuvent occasionner la baisse de l’offre potentielle d’animaux sur les marchés. Sur le plan économique, Cheichna Dianka soutient que les maladies animales contribuent à la perte de revenus dans les exploitations d’élevage et affaiblissent la chaine de commercialisation des produits d’origines animales, tels que la viande, le lait et les œufs. «En plus de ces pertes de revenus, elles ralentissent et entravent les investissements et les réinvestissements dans les différentes filières et chaînes de valeurs», dit l’agronome. Et au Dr Modibo Ongoïba, vétérinaire à la direction nationale des services vétérinaires, de renchérir : «En cas de maladies, les animaux produisent moins et maigrissent et on ne trouve pas assez de viande, de lait, ni d’œuf. Si un animal tombe malade, il faut forcément payer des médicaments, trouver un vétérinaire pour les prestations et dépenser pour des mesures de bio sécurité pour se protéger. Tout cela génère des coûts, donc des pertes économiques chez les éleveurs», affirme le docteur vétérinaire. À ces pertes, s’ajoutent des difficultés de commercialisation aux plans national et international, car dans un pays où il y a la grippe aviaire par exemple, l’importation des produits avicoles est interdite. QUANTITÉ ET QUALITÉ – En outre, les maladies animales peuvent constituer des risques financiers lorsque les activités mobilisent des ressources financières importantes investies par les exploitants et à travers des ressources externes (dons, subventions, emprunts bancaires ou privés), indique l’agroéconomiste. Cheichna Dianka rappelle que la recrudescence des maladies est accentuée par l’absence d’un système de couverture des risques garantis offerts par une assurance agricole, indemnisations institutionnelles de l’État. Au plan nutritionnel, Chéichna Dianka souligne que les maladies animales, en affectant l’offre sur les marchés, entravent l’accès des consommateurs aux produits issus des filières et chaînes de valeur du sous-secteur de l’élevage en termes de quantité et de qualité. Il explique que la diminution de l’offre sur les marchés de consommation des produits frais et transformés est un facteur d’augmentation des coûts de production et des prix de vente au niveau de l’ensemble du circuit de collecte et d’approvisionnement. Toute chose qui provoque des phénomènes de spéculation. Pour lui, la diminution de l’offre peut constituer des difficultés pour atteindre les seuils de consommation recommandés ou observés dans d’autres pays. À titre d’exemple, au Maroc, la consommation de viande de volailles est estimée à 12 kg par habitant, moins de 5 kg en Côte d’Ivoire. Au Mali, ce seuil semble se situer entre 1,5 et 2 kg par habitant. Chéichna Dianka note que l’utilisation des produits vétérinaires pour la prévention ou le traitement des maladies de façon abusive ou non conforme aux normes d’emploi, peut constituer un risque de santé, notamment lorsque les dates limites avant consommation ne sont pas respectées. Parlant des impacts sur la santé publique, Dr Modibo Ongoïba précise que certaines maladies génétiques se transmettent de l’animal à l’homme comme la rage, la grippe aviaire, la tuberculose, le charbon bactéridie… On les appelle les zoonoses. Selon lui, les personnes les plus exposées à ces zoonoses sont les exploitants, les vétérinaires et autres individus travaillant dans le domaine de l’élevage. Aussi, le docteur vétérinaire attire l’attention sur le fait que la sécurité alimentaire peut être menacée par ces maladies animales qui peuvent entraîner des intoxications alimentaires. Lors du lancement de la campagne nationale de vaccination 2025 du cheptel à Konobougou en décembre dernier, le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, affichait l’ambition de son département d’augmenter la
Vaccination du cheptel : C’est indispensable
Par Makan SISSOKO Bamako, 20 mar (AMAP) À Kalaban Coura, au cœur de la Commune V du District de Bamako, Cheick Oumar Sissoko est un éleveur discret mais déterminé. À son domicile, des lapins, poulets et pigeons s’épanouissent grâce à ses soins. Il achète des vaccins dans les pharmacies vétérinaires sans consulter de vétérinaire. Ce mardi 3 mars 2025, alors que le soleil commence à se coucher, Cheick Oumar Sissoko s’affaire dans sa cour. « J’achète des vaccins dans les points de vente, mais je n’ai jamais consulté un vétérinaire pour mes animaux. Cela me semble suffisant », confie-t-il. Pourtant, l’année dernière, Oumar a perdu une dizaine de ses sujets à cause d’une maladie virale dont il ignore jusqu’à présent les raisons. Éleveur et marchant de bétail, depuis plusieurs années, Adama Bah est tout simplement réticent à la vaccination de son cheptel. En effet, les animaux qu’il élève, ne sont pas vaccinés. « Depuis que je m’occupe du bétail, je m’intéresse pas aux produits vétérinaires car mes animaux sont en bonne santé », assure-t-il, fière.ment. Et il ose même mettre en doute l’efficacité des vaccins. « On nous dit que ça protège contre certaines maladies, mais on ne voit pas les résultats sur le terrain », explique-t-il. En décembre 2024, le gouvernement a lancé la campagne nationale de vaccination du cheptel, visant à vacciner et prémunir 81 millions d’animaux contre diverses maladies animales et zoonotiques. Cette initiative vise à renforcer la protection sanitaire du cheptel national et à contrôler des maladies telles que la peste des petits ruminants, la péripneumonie contagieuse bovine, la maladie de Newcastle, le charbon bactérien et symptomatique et surtout la rage. Malgré la disponibilité de vaccins subventionnés et l’encouragement des autorités à faire vacciner les animaux, de nombreux éleveurs, comme Oumar, continuent d’acheter des vaccins sans prescription vétérinaire. Le vaccin qu’il utilise, sans avis médical, pourrait être inefficace ; ou pire, s’il est mal administré, il pourrait causer la perte de son cheptel. Pourtant, l’État a mis à disposition des vétérinaires pour accompagner les éleveurs et garantir une couverture sanitaire optimale et sécurisée. MANDATAIRES SANITAIRES – En la matière, pour encadrer la vente et l’utilisation des médicaments vétérinaires, la loi n°028 du 14 juillet 2011 institue le contrôle des denrées alimentaires d’origine animale et des aliments pour animaux, stipulant que les agents des services vétérinaires sont habilités à accéder aux documents liés aux activités de production et à effectuer des prélèvements pour analyses. Cependant, la vente de médicaments vétérinaires sans ordonnance persiste, ce qui complique le contrôle de la qualité et de l’efficacité des vaccins utilisés. Pour améliorer la situation, l’Association nationale des vétérinaires mandataires du Mali (ANAVEM) mise sur la sensibilisation des éleveurs, sur l’importance de consulter les vétérinaires pour la vaccination et le traitement de leurs animaux. Son président, Mady Keïta, rappelle qu’avant le mandat sanitaire, c’est l’État qui vaccinait les animaux à travers les vétérinaires publics. « Depuis un certain moment, explique-t-il, l’État s’est désengagé pour confier la vaccination aux vétérinaires appelés mandataires sanitaires. » « Dans les localités où ces vétérinaires privés ne sont pas présents, l’État assure la vaccination des animaux pour combler le vide », ajoute M. Keïta, Aujourd’hui, ils sont au nombre de 159 vétérinaires titulaires du mandat sanitaire repartis sur l’ensemble du territoire qui, chaque année, mobilisent les éleveurs pour la vaccination du cheptel. « À ce titre, chaque titulaire du mandat sanitaire se fixe un objectif par rapport à l’effectif de son cheptel dans la localité qu’il couvre, en se donnant une prévision pour faire le bilan à la fin de la campagne », explique le président de l’ANAVEM qui apprécie, globalement, la vaccination à mi-parcours comme satisfaisante. Par ailleurs, Mady Keïta souligne la faible mobilité des agents dans certaines localités du pays comme dans les Régions de Mopti, Bandiagara (Centre) et une partie de Gao, Kidal, Tombouctou et le Cercle d’Ansongo, dans le Nord du Mali. Mais, aussi, dans la bande sahélienne comme Nara, Nioro, Troungoumbé où le déplacement du vétérinaire en moto devient difficile à cause de l’insécurité. Parlant de l’acquisition des vaccins, il précise qu’il existe un seul circuit d’approvisionnement à travers le Laboratoire central vétérinaire (LCV) qui fabrique des produits vétérinaires. Les vaccins de ce laboratoire sont subventionnés par l’État au prix fixe de 30 Fcfa pour les vétérinaires titulaires de mandats sanitaires. « Si les vaccins appelés morts sont disponibles chez les grossistes, seuls les titulaires de mandats sanitaires ou les vétérinaires étatiques ont accès aux vaccins vivants utilisés contre la peste des petits ruminants et la péripneumonie contagieuse bovine. Ils doivent être impérativement gardés dans la glace », argumente le président de l’ANAVEM. Il précise que la vaccination n’est pas gratuite et la prestation du vétérinaire est payée en fonction des localités. VACCINATION OBLIGATOIRE – Outre les difficultés liées à l’insécurité, Mady Keïta souligne la problématique de la vente illicite des vaccins vivants qui sont à la portée de tout le monde. « Ce qui, estime-t-il, rend le travail difficile. » « Quand un vaccin passe par la main d’un non professionnel, dans des conditions de conservation qui ne sont pas respectées, cela affecte l’efficacité du produit », regrette-t-il. Le vétérinaire appelle les éleveurs à aller vers les bons produits en approchant des spécialistes assermentés pour protéger la santé humaine et le cheptel. Le chef de la section surveillance épidémiologique à la Direction nationale des services vétérinaires (DNSV), Dr Boundiala Sissoko, explique que la campagne de vaccination est planifiée en fonction de la mobilité et de l’effectif du cheptel dans chaque zone. Par exemple, pendant que les animaux du Nord migrent vers le Sud à la recherche de pâturages et d’eau, la vaccination commence au Sud pour finir vers le Nord. Aujourd’hui, la vaccination contre la péripneumonie contagieuse bovine se chiffre à 776 000 têtes vaccinées contre 831 000 têtes pour la peste des petits ruminants (moutons et chèvres) et 1 909 410 de volailles vaccinées contre la maladie de Newcastle. Le vaccin contre la rage n’est pas subventionné ce qui fait que la vaccination à
Ramadan et mariage : Pour seulement faire la bouliie de rupture…
Par Aminata DJIBO Bamako, 20 mar (AMAP) Le mois de Ramadan représente un défi énorme pour les nouvelles mariées, désignées souvent par ceux qui ont le sens de la dérision comme celles qui viennent « pour préparer la bouillie du Ramadan ». Les veilles de Ramadan, les mariages se multiplient. À titre d’illustration, la mairie de la Commune V a célébré 767 mariages en février dernier contre 236 en janvier à l’hôtel de ville de la mairie de la Commune IV. Des célibataires voire des « célibattants » affluent devant les officiers d’état civil, très fréquemment, pendant les deux ou trois mois qui précèdent le mois de Ramadan, pour intégrer le club des mariés. Mais, surtout, pour passer le mois béni dans de meilleures conditions psychologiques, morales et alimentaires avec des épouses disponibles pour faire la cuisine. Pourtant, c’est une tâche immense qui attend les nouvelles élues des cœurs. Celles-ci doivent préparer les repas pour leurs époux et belle-famille durant ce mois béni. Les cordons bleus s’en sortent souvent avec le satisfecit de la famille. Elles sont souvent élevées au rang de « houris » (ces femmes promises aux croyants dans le paradis). C’est une toute autre histoire pour les nouvelles mariées qui n’excellent pas dans l’art culinaire et qui n’arrivent même pas à bien préparer la bouillie de rupture de jeûne. « Ma belle-sœur est une nouvelle mariée. En cette période, elle prépare mal la bouillie. Il n’y a même pas de grain. Dieu m’en est témoin », dénonce Oumar Diarra, un étudiant. Celles qui ne sont pas toujours préparées à ce qui les attend rencontrent des surprises comme le cas de cette jeune fille qui s’est mariée à deux semaines du Ramadan. Sous anonymat elle dit : « Je viens de me marier. Je n’étais pas préparée à tout ça. Ici, on me laisse seule. Le matin, on me donne l’argent de la popote et personne ne s’intéresse plus à ce que je fais. Chacun s’attend à une table garnie lors de la rupture. Je ne m’attendais pas à ça. Chez nous, ma mère m’aurait aidée », confie-t-elle avec une pointe d’amertume. Il est 4 heures, dans la famille Diallo à Kalaban Coro. Aminata,17 ans, est déjà active pour servir cette famille élargie de plus de 60 membres dont une dizaine de femmes. « C’est mon premier Ramadan en tant que femme mariée. Dans la famille, il y a beaucoup de belles-sœurs, mais aucune d’entre elles ne lève le petit doigt pour m’aider. Je me demande pourquoi cette indifférence à mon égard. Des fois, je prépare des plats dont la famille se plaint, les trouvant fades. Je fais avec », déclare-t-elle. Aminata qui vient d’une famille nucléaire n’apprécie guère de vivre dans une telle atmosphère. Et de préciser que le slogan de sa belle-famille-famille est : « Tu t’es mariée pour ça, il faut assumer ». Nombreuses sont les jeunes filles qui, même si elles ne l’expriment pas ouvertement, ressentent un regret intérieur, comme l’explique Fanta Cissé, dont la belle-famille habite à Baco Djicoroni Golf, en Commune V du District de Bamako. « Moi, je conseillerais à toutes les filles de ne pas se marier à l’approche du Ramadan. Ça enlève toute l’allure d’une nouvelle mariée. Entre incompréhension, cuisine, cherté des condiments et organisation, il faut être prête », affirme-t-elle. Mais certaines nouvelles mariées piochent des recettes sur les réseaux sociaux ou on recourt à des produits pré-conditionnés dans des sachets comme des grains secs de bouillie. C’est du moins ce qu’affirme Aïcha Diarra à Torokorobougou, drapée dans un boubou de nouvelle mariée et foulard au rein. « S’il arrive que je me gamberge, plusieurs femmes sont sur Tik Tok pour nous apprendre des recettes comme Mamy ka épices, secret de cuisine ou encore Tatiakasougouba. MANGER LA BEAUTE – Il me suffit de m’entrainer et, pour les bouillies, c’est disponible dans les supermarchés. Au début, j’avais vraiment des difficultés mais, aujourd’hui, je m’en sors », indique-t-elle, en dressant la table pour la rupture. Pour préparer les nouvelles mariées à ce qui les attend, Mme Sissoko Metou Dembélé, conseillère matrimoniale à Daoudabougou insiste sur l’importance de l’éducation et de l’engouement pour les mariages à l’approche du Ramadan. « Le mois passé, j’ai suivi 18 filles dans leurs mariages à la veille de ce mois de Ramadan. Je leur ai conseillées d’être à hauteur des attentes de leurs belles-familles en termes de tâches domestiques surtout culinaires », explique-t-elle, en regrettant les difficultés d’initiation des jeunes filles. Ceci résulte d’une faible communication entre les mamans et leurs filles. « On ne leur apprend pas comment gérer un foyer, encore moins une famille pendant le Ramadan », souligne la conseillère matrimoniale. Elles sont nombreuses, ces filles, dont les belles-familles se plaignent comme le déclare Mme Sidibé, une doyenne de 88 ans. « Ces filles pensent qu’on mange la beauté. Je recadrais toutes mes belles-filles qui ne savaient pas cuisiner. Elles avaient le choix de partir, car je ne peux pas accepter ça dans ma famille », déclare l’octogénaire, tout en continuant à égrener son chapelet. Se marier à l’approche du mois béni n’est pas une tendance selon le sociologue Savadogo Modibo. Il invite les parents à enseigner les notions culinaires élémentaires de recettes locales à leurs filles avant que celles-ci ne se mettent en en couple. Selon lui, l’une des raisons du nombre croissant de mariages célébrés généralement un mois avant le début du Ramadan, c’est pour préparer le mois qui précède le Ramadan dénommé en bamanakan «Sounkalo Mankono», un mois béni, tout comme le Ramadan. Mais dans la société, trop de spéculations tournent autour des jeunes filles, notamment l’absence de talent pour la cuisine et plusieurs divorces y sont liés car toutes les familles ne tolèrent pas une femme qui ne sait pas cuisiner», fait observer le sociologue. AD/MD (AMAP)
Koro/Bandiagara : Restrictions sur le flux des camions-citernes de carburant
Koro/Bandiagara, 19 mar (AMAP) La Région de Bandiagara et les cercles de Koro et Bankass, dans le Centre du Mali, font l’objet de restrictions du transport de carburant par décision des autorités d’arrêter momentanément le flux des citernes de carburant vers destinations, qui reçoivent plusieurs citernes dans la semaine, en attendant de voir clair dans la vente du carburant,, a constaté l’AMAP Les stations-services de Koro, font ainsi face, depuis trois jours, à une difficulté d’approvisionnement en essence à la suite de cette décision, qui, selon une source locale, de est destinée à comprendre la ou les destinations du carburant transporté par ces nombreuses citernes Concernant ces restrictions sur le transport du carburant, le gouverneur de la Région de Bandiagara, le colonel-major Olivier Diassana, a, pour sa part, expliqué qu’ « il ne s’agit nullement d’une mesure arbitraire, mais plutôt d’une stratégie de lutte contre le terrorisme qui affecte gravement la Région. » Intervenant, mardi, devant les légitimités traditionnelles et religieuses dans le cadre de la sensibilisation sur les taxes sur les recharges téléphoniques et les transferts monétaires, ainsi que les mesures de sécurité visant à limiter l’afflux massif du carburant dans la région, le gouverneur a mis « en garde contre toute forme de complicité avec les groupes armés » et a appelé les populations à faire preuve de vigilance et de collaboration avec les forces de sécurité. » A Koro, à la suite de la difficulté d’approvisionnement en carburant, presque toutes les stations-services de la ville, une quinzaine, ont déclaré être en rupture de stocks d’essence, provoquant une pénurie dans la ville. De cette situation a fait le lit d’un business de vente de carburant pour les petits revendeurs et les revendeurs de circonstance, qui pratiquent des prix variant de 1 500 Fcfa à 2 500 Fcfa le litre par endroits. Le samedi, jour de foire de Koro, de nombreux forains, se sont retrouvés bloqués dans la ville, faute de carburant. Les spéculateurs en ont profité pour vendre le litre à des prix exorbitants. Après avoir examiné la situation, le Conseil communal de la jeunesse de Koro, dirigé par Ousmane Edem Niangaly et les forces vives de Koro, ont publié un communiqué « pour attirer l’attention des promoteurs et des revendeurs de carburant sur la hausse abusive des prix du carburant dans la ville. » « Une augmentation de prix qui vient alourdir davantage le coût de la vie et considéré comme un acte criminel contre une population éprouvée par les effets de la crise sécuritaire », selon les termes du communiqué. Par ailleurs, le communiqué signé par le chef de village de Koro, les président du Conseil communal de la jeunesse, de la société civile, de la Chambre locale de commerce, des transporteurs routiers et la présidente de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO), précise que « toute personne qui se permettra de vendre de l’essence à un prix supérieur au prix officiel, sera interpellée et traduite devant les autorités compétentes. » Un comité de veille a été mis en place pour sillonner la ville, dans le but de vérifier les prix du litre d’essence auprès des revendeurs. Quant au gouverneur de Bandiagara , lors de sa rencontre et sur le sujet de la taxation des recharges téléphoniques et des transferts monétaires, il expliqué que la mesure s’inscrit « dans une dynamique de souveraineté économique, telle que voulue par les plus hautes autorités du pays. » Il a insisté sur le caractère civique de cette contribution, soulignant qu’elle participera au développement socioéconomique de la nation. En conclusion, cette rencontre a permis un échange constructif entre les autorités régionales et les représentants des légitimités traditionnelles et religieuses qui ont réitéré leur engagement à soutenir ces initiatives. Le Gouverneur a appelé à une prise de conscience collective pour assurer la stabilité et le développement de la région de Bandiagara. MN/OG/MD (AMAP)
Niafunké : Le préfet en guerre contre le désordre foncier
Par Sékou A. Maiga Niafunké, 18 mar (AMAP) Modibo Kane Togo, préfet de Niafunké depuis août 2024, s’attaque aux constructions anarchiques dans la ville et fait respecter la loi. Des déguerpissements sont prévus pour le bonheur des Niafunkois. Après une prise de contact avec les autorités locales, mairie, chefs coutumiers, notabilités et chefs religieux, M. le préfet s’est donné le temps de connaitre la ville et ses structures étatiques. Les locaux de la préfecture de Niafunké sont, à la limite, un parc à animaux en divagation, puisque la grande cour du cercle est sans portes ni portail. Au bout d’un mois, elle a changé de visage, Le cercle est devenu vitrine et symbole de l’Etat à Niafunké. Tout a été réorganisé portes, fenêtres, portail, bureaux et même les horaires de travail. Aujourd’hui, il est difficile d’avoir accès à la Préfecture sans se soumettre à un contrôle. Pourtant, hier seulement, c’était un passage pour les forains qui regagnaient le fleuve Niger en fin de journée et les vendeuses de poissons qui ravitaillent le marché. Des arbres et des fleurs ont été plantés et l’enceinte du cercle n’est plus ouvert aux quatre vents. En clair, le Cercle de Niafunké a changé de visage et l’on comprend que la maison a un occupant et un chef qui la dirige. Les heures de travail pour les agents de l’Etat sont respectées. Lors des réunions de prise de contact, le préfet a insisté sur la communication, la vraie, entre collaborateurs et, surtout, la transparence dans la gestion des affaires de l’Etat. Tous les services techniques déconcentrés de l’Etat sont visités, parfois par surprise. A Niafunké depuis 2013 régnait comme une anarchie et un libre-service dans le foncier. Des contestations et conflits fonciers qui ont poussé plusieurs dizaines de personnes à se faire justice elles-mêmes et ou à occuper, sans titre ni aucun autre document, des terrains et des bâtiments qui, parfois, appartiennent à l’Etat. Dans la ville, des bâtiments entiers appartenant à l’État sont vendus, d’autres occupés illégalement, pire mis en bail et les frais de location sont collectés par des personnes privées, au vu et au su de tout le monde, impunément. Ici, on peut aisément constater que des cimetières ne sont pas épargnées par la furie spéculative. Ils sont morcelés et vendus et des mosquées qui naissent comme des champignons hivernaux à chaque bout de rue. Cette semaine, la construction d’une mosquée attenant à un cimetière, toujours en service, a été stoppée par le préfet, lors d’un enterrement puisque ses fondations sont dans le cimetière et les normes techniques ne sont pas respectées. COMME DANS LA JUNGLE – Devant les écoles, tout autour de la mairie partout, ce sont des constructions et occupations illicites. On se croirait dans une jungle. Pourtant avant 2012, Niafunké respirait la propreté et la liberté, sur fond d’espoir de voir cette ville devenir un chef-lieu de région sur la base de ses nombreux atouts tels que son architecture. Il n’est pas rare de constater qu’agent du domaine, propriétaire de terrain, vendeurs et acheteurs se liguent contre l’Etat. Des morcèlements sans aucune base juridique, ni aucun respect des normes menaçant parfois les habitations de la vieille ville de Niafunké car des digues de ceinture de la ville sont obstruées, surtout en période d’hivernage. Des constructions anarchiques sur les voies principales de la ville, devant des bâtiments publics, parfois tout autour des bâtiments sensibles tels que le Centre de santé, la Poste, les écoles, la Place de l’indépendance, en face de la mairie…Des constructions anarchiques sur les voies principales de la ville, devant des bâtiments publics, parfois tout autour des bâtiments sensibles tels que le Centre de santé, la Poste, les écoles, la Place de l’indépendance, en face de la mairie… Pourtant le schéma d’urbanisation de la ville existe depuis 2002 mais est piétiné et des terrains morcelés, vendus parfois avec la complicité de certains responsables. Les cas les plus flagrants sont les constructions anarchiques tout autour du marché principal et, singulièrement, des boutiques en banco et en ciment derrière l’ancienne Société malienne d’importation et d’exportation (SOMIEX) et l’Eglise de Niafunké, obstruant plus de la moitié de cette rue, à l’ouest du marché. COLERE DU PREFET – Après s’être informé sur qui détient et celui qui a livré l’autorisation d’occuper cette zone du marché, les enquêtes ont édifié le préfet sur l’ampleur de l’inextricable arnaque à ciel ouvert. Modibo Kane Togo s’est rendu, en personne, sur le site du marché et a commencé à sillonner toute la ville de Niafunké. Constat ? La situation est chaotique, dramatique, que de désordre partout dans les rues de Niafunké ! Des boutiques, magasins, kiosques installés un peu partout et n’importe comment dans la ville, sans aucune autorisation ni normes, parfois devant des édifices de l’Etat comme le Centre de santé communautaire (CSCom), le groupe scolaire Hamadoun Sankaré, la mairie…en toute illégalité. Tous doivent, dans les jours á venir, déguerpir. Le cas le plus consternant est celui des boutiques contiguës à l’ancienne SOMIEX, à l’ouest du marché ou, pour les anciens de Niafunké, l’ex-terrain de football du marché. La seule et unique voix bitumée de la ville est aussi obstruée parfois par des kiosques et boutiques construits sur les canaux de drainage des eaux de pluies. Des personnes construisent des maisons dans les rues et d’autres, ferment les caniveaux avec des dalles et construisent dessus. Quand certains ont transformé les caniveaux en fosses septiques ou eaux usées et déchets sont directement déversés dégageant des odeurs nauséabondes dans beaucoup de quartiers. Pire, certaines personnes n’hésitent pas à déverser leurs ordures et déchets dans les caniveaux drainés directement au fleuve Niger. Après un premier délai de deux mois décidés par les commerçants eux-mêmes pour quitter mais qu’ils n’ont pas respecté, le préfet a ordonné la démolition pure et simple de ces installations, souvent avec ses propres moyens permettant, ainsi, au marché de respirer. Le préfet Togo, après avoir rencontré la mairie, les chefs coutumiers et traditionnels, sans pouvoir situer les responsabilités face au drame foncier, a décidé de
Ramadan et travaux durs : Des croyants contraints d’abandonner le jeûne!
Par Moussa M. DEMBELE Bamako, 18 mars (AMAP) Nombre de nos concitoyens attendaient avec impatience le mois de ramadan, une période sacrée de l’Islam ! Mais dès apparition du croissant lunaire qui annonce cette période sacrée, la joie cède la place à l’inquiétude et à l’anxiété. Surtout quand le Ramadan coïncide avec la saison sèche et chaude, l’observation du jeûne devient une rude épreuve pour plusieurs croyants. Car, on voit mal certaines personnes, s’abstenir de manger et de boire, de l’aube ou aurore jusqu’au coucher du soleil, pour raison de maladies ou d’autres circonstances. Quand il fait excessivement chaud, comme en cette période de canicule, la tentation est grande chez certains de faire entorse aux règles religieuses, en buvant de l’eau afin d’étancher leur soif ou d’éviter la déshydratation. Et ceux qui souffrent de problèmes d’estomac ou de tension ont du mal à supporter la faim. Par manque de force physique, certaines personnes ont du mal à mener correctement des activités physiques. Pendant ce temps, ceux qui font des travaux pénibles, notamment, la maçonnerie, les exploitants de sable et de carrière, les orpailleurs traditionnels et les fabricants de briques sont souvent contraints d’abandonner le jeûne au profit pour pouvoir exercer leurs activités, et assuré leur survie. Par contre, selon d’autres, c’est un mois qui se prépare et les gens doivent garder à l’esprit qu’ils sont appelés à accomplir un devoir religieux dont les bénéfices sont grands y compris les conduire au paradis. Il fait exactement 17 h 06 minutes en ce lieu de vente de sable distant d’au moins 100 mètres de la route de Ségou, dans le quartier de Tiéguena, une banlieue située entre le District de Bamako, et la Commune de Baguineda. Ils sont au nombre de huit jeunes, tous munis de pelles pour charger un camion-benne. Ils sont motivés, les visages ruisselant de sueur ainsi que d’autres parties de leur corps. Interrogé sur l’observation du ramadan et ces travaux physiques, un jeune costaud, de taille moyenne, le chef du groupe, nous repond ceci, sans interrompre son effort : “ Nous sommes au onzième jour du mois de ramadan. Mais, j’ai observé le jeûne deux fois seulement, précisément durant mes jours de repos”. Et notre interlocuteur anonyme de poursuivre en ces termes : “C’est vrai, le jeûne est une obligation pour tout musulman. Mais, des gens comme nous qui font des travaux durs, sont souvent obligés d’oublier le jeûne pour travailler, afin de faire face aux dépenses familiales”. On aperçoit des camions bennes alignés près des monticules de sable. Les chargeurs s’organisent en petits groupes pour remplir ces engins de dix ou six roues. Sept sur dix ouvriers n’observent pas le jeûne. Ils avancent, tous, les mêmes arguments pour se justifier. Certains estiment qu’il fait très chaud, que le soleil brille fort, d’où des difficultés pour jeûner, tout en passant toute la journée à travailler. À côté d’eux, se trouve une grande cour située à l’ouest. Le sable entre dans la confection des briques de construction et de bâtiments. Contrairement aux chargeurs de sable, qui travaillent uniquement pendant la journée, ces jeunes ouvriers débutent leur travail à 3 heures du matin pour terminer, au plus tard, à 10 heures. Malgré ces horaires, certains n’arrivent pas à concilier le jeûne et le l’effort. Tel est le cas de Moussa Sidibé, qui confirme que “le jeûne ne peut pas aller avec notre travail. C’est très difficile de tenir 12 heures sans boire de l’eau ni manger. Notre travail demande beaucoup d’énergie”, argumente-t-il. Ce jeune étudiant de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), qui fait le manœuvre pour un maçon afin de gagner les frais de transport pour aller à l’université, abonde dans le même sens que ses prédécesseurs. Yacouba Mallé, âge de 26 ans, pour qui, il est difficile d’exécuter des travaux de chantier pendant le mois béni de ramadan. “Quand je pars à l’école, je jeûne mais s’il s’agit d’aller au chantier, ce n’est pas facile parce que cette activité exige trop d’efforts physiques ”, dit l’étudiant en licence d’économie. « Seule la foi en Dieu permet à Ses créatures de s’organiser pendant ce mois béni, pour accomplir leurs obligations religieuses et seulement en trente jours par an, donc c’est juste une question de préparation », estime Oumar Dembélé, chargeur de sable. « Je n’abandonne jamais le jeûne au profit de mon travail. Avant ce mois béni, j’ai fait beaucoup d’économies pour faire face à mes multiples dépenses, sans suspendre mon activité. C’est une question de croyance et de foi en Dieu qui motive chacun à réagir. » Bourama Doumbia, employé d’une entreprise de fabrication de briques destinées à la construction de bâtiments, fait aussi partie de ceux qui pensent que les travaux durs ne doivent pas empêcher un vrai croyant d’accomplir ses devoirs religieux. Sur le plan sanitaire, jeûner et faire des efforts physiques intenses peut avoir des conséquences si la personne n’est pas du tout habituée. En tout cas, c’est ce que nous explique Dr Issa Keriba Bakayoko, neurologue à l’hôpital Gabriel Touré. “C’est une question très difficile à répondre. Mais, comme on le dit souvent, l’habitude est une seconde nature. Donc, une personne qui est déjà habituée à travailler dure, pourra beaucoup supporter l’épreuve qu’une personne qui vient juste de commencer avec le ramadan. Mais, on peut conseiller d’éviter l’exposition prolongée au soleil ou à des sources de chaleur qui peuvent vite entraîner une déshydratation pouvant déboucher sur beaucoup de complications, parfois fatales”, explique-t-il. Que dit le Coran au sujet du jeûne et les travaux durs ? Amadou Dieng, islamologue donne des éclaircissements. “ Un croyant ne doit pas abandonner le jeûne à cause des travaux durs. C’est une obligation pour tous les pratiquants de la religion. Ils doivent tous jeûner mais, dans la journée, si ça ne va pas, ils peuvent rompre le jeûne. C’est Dieu qui nous a créé tous, donc notre survie dépend de lui. » « L’homme doit prendre des dispositions pour accueillir ce mois béni”, conclut-il. MMD/KM (AMAP)
Journée portes ouvertes au CHU de Kati : Des équipements ultramodernes pour améliorer la prise en charge sanitaire
Kati, 14 mar (AMAP) La journée portes ouvertes, au Centre hospitalier universitaire (CHU) Pr. Bocar Sidy Sall de Kati, jeudi, avait pour objectif de sensibiliser la population aux capacités et aux offres de services de l’hôpital dans le cadre d’une campagne nationale d’information sur la santé. L’événement a permis aux citoyens et aux médias de découvrir les équipements ultramodernes acquis grâce au budget de l’État, renforçant le plateau technique du CHU pour une prise en charge optimale des patients. La délégation ministérielle conduite par la ministre de la Santé et du Développement social, le médecin-colonel Assan Badiallo Touré, accompagnée de sa collègue des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko et du directeur général du CHU, Pr. Layes Touré, a visité les services clés de l’hôpital, notamment les urgences, la réanimation, la radiologie, les blocs opératoires, l’imagerie médicale et la pédiatrie. « Cette journée vise à mettre en lumière nos capacités d’accueil, nos plateaux techniques et nos ressources humaines qualifiées », a expliqué le Pr Touré, soulignant l’objectif de garantir des soins de qualité aux patients. La ministre Assan Badiallo Touré a rappelé que ces avancées sont la concrétisation de la vision du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, qui ambitionne d’améliorer l’accès aux soins malgré les défis économiques. « Nous travaillons à une amélioration constante de l’offre de santé pour répondre aux besoins quotidiens des Maliens », a-t-elle déclaré lors d’une interview. Elle a également salué les fonds débloqués pour doter le CHU de Kati d’équipements de pointe, avant d’appeler le personnel à renforcer assiduité et ponctualité. IMPRESSIONS POSITIVES ET ENCOURAGEMENTS – Mme Dembélé Madina Sissoko, ministre des Transports et des Infrastructures, s’est dite « impressionnée » par le professionnalisme des agents et la modernité des installations. Elle a félicité le président de la Transition et sa collègue de la Santé pour ces réalisations. De son côté, Pr. Layes Touré a rendu hommage aux travailleurs de l’hôpital, qui « ne ménagent aucun effort » pour relever les défis du secteur. Outre les autorités administratives, religieuses et coutumières présentes, cette journée portes ouvertes s’inscrit dans une démarche plus large de transparence et de proximité avec la population. Elle a offert une occasion unique de mesurer les progrès réalisés dans le domaine sanitaire au Mali, portés par une volonté politique et des investissements conséquents. AK/OS/MD (AMAP)
Bamako : Rentable ? L’agriculture périurbaine
Par Moussa M. DEMBELE Bamako, 13 mar (AMAP) La culture des céréales sèches, le maraîchage, l’élevage et la pisciculture, sont entre autres, des activités menées par de nombreux Bamakois. Parmi ceux-ci, figurent des fonctionnaires en activité ou à la retraite, des agents du secteur privé et des commerçants. La plupart de ces personnes vont au champ, juste pour meubler leur temps de loisirs et non par nécessité. Ces producteurs périurbains sont majoritairement confrontés au manque de manœuvres, d’ouvriers agricoles et de financement, parmi tant d’autres. A ces difficultés, s’ajoutent les défis du changement climatique. « Le champ ne nous rapporte rien. On ne fait que gaspiller notre argent. J’exerce cette activité juste par passion sinon, je n’en tire aucun bénéfice. Or, avec l’argent que j’ai investi dans mon champ, je pourrais faire d’autres choses », nous raconte cet ingénieur des mines, qui a pris sa retraite anticipée pour se convertir dans l’agriculture périurbaine. Nous lui avons rendu visite dans son champ où il nous a briefé sur la situation de ses six hectares, situés sur la route de Ségou, à quelques kilomètres de Kasséla. S’exprimant sous anonymat, ce « paysan de circonstance » précise qu’il a été victime de plusieurs cas de vols orchestrés par ou avec la complicité de ses ouvriers. À en croire notre interlocuteur et bien d’autres, cette forme d’agriculture n’est pas rentable en dépit de la passion qu’elle suscite chez ces cadres ou salariés. À moins d’une heure de route, notre équipe de reportage arrive à destination. À travers une visite guidée des lieux, le propriétaire nous explique les difficultés qu’il rencontre dans son entreprise. « Vous voyez l’espace, c’est une superficie de six hectares. J’ai investi plusieurs millions de Fcfa dans l’exploitation. Cependant, je ne peux pas dire que le champ m’a rapporté des bénéfices ou fait gagner telle somme », affirme-t-il. Et d’ajouter que, dans l’avenir, ce champ peut lui servir d’habitation. Mamadou Dao abonde dans le même sens que ce vieux retraité. « J’ai été élevé dans une localité où l’agriculture est la principale activité. D’où mon intérêt pour cette activité », confie-t-il. Ce natif de la Région de Sikasso est un économiste de formation qui évolue actuellement dans l’agriculture, depuis 1997, à N »Golobougou, situé à quelques kilomètres de la ville de Bamako. Dans cette localité proche de la Cité universitaire de Kabala, dans la Commune de Kalaban-Coro, M. Dao possède environ cinq hectares. Selon lui, l’État doit revoir sa politique d’aide aux agriculteurs pour assurer l’autosuffisance alimentaire. « Aujourd’hui, je pense que les autorités doivent valoriser l’agriculture pour aider les familles à vaincre la faim, la misère et promouvoir le développement local. Après les récoltes, l’État doit nous aider à vendre nos produits à des prix raisonnables ou rentables, sinon les commerçants gagnent plus que nous les producteurs », fait savoir Mamadou Dao. Cette activité n’est qu’une passion pour lui. Il estime qu’à la fin du mois, après les dépenses, il ne gagne pas de bénéfice. « Je fais l’agriculture juste par plaisir. En fin compte, ce que je dépense par mois, dans l’exploitation de mon champ et les frais de déplacement, est minime par rapport à ce que je gagne », précise-t-il. Dans la même dynamique, Mamadou Dembélé pratique l’agriculture périurbaine depuis 2020. Il cultive de l’arachide et fait aussi le maraîchage. Ce natif de Koutiala regrette d’avoir investi dans un champ parce que, soutient-il, il n’y trouve pas son compte en retour. « Quand j’achetais mon champ, j’étais vraiment motivé pour contribuer à l’autosuffisance alimentaire. Après cinq ans d’activité, je me rends compte que c’est une entreprise très compliquée et moins rentable. Par mois, je peux dépenser 150 000 Fcfa pour le déplacement ainsi que pour la main d’oeuvre. Alors que je n’ai jamais fait une production de cette valeur, même après quatre mois d’activité », confie-t-il à l’AMAP. Le nouveau producteur envisage de s’engager dans un business différent de l’agriculture. Pour aider ces exploitants à faire face aux problèmes l’agriculture périurbaine et à défendre leurs intérêts, un collectif des acteurs a été créé en 2024 dans le but de collaborer avec l’État pour développer le secteur. Le trésorier général de la coopérative, Ousmane Sylla, explique que ce « collectif rassemble les agriculteurs, éleveurs et pisciculteurs pour favoriser le secteur afin que tout le monde puisse avoir satisfaction ». « Le but principal de cette association est, selon lui, de trouver une solution durable aux difficultés (problème de ressources humaines et de commercialisation). » Le regroupement compte collaborer avec l’État pour lutter contre l’insécurité alimentaire, notamment, en misant sur l’agriculture périurbaine. Contrairement à ces producteurs, d’autres affirment que l’agriculture pratiquée dans les environs de Bamako est une bonne affaire mais qui exige « un don de soi. » L’agriculture est une activité lucrative qui prend en compte plusieurs facteurs. « Lorsque vous vous engagez dans ce secteur, avec une volonté bien affichée, un projet bien établi, vous avez la possibilité d’y faire progresser rapidement votre entreprise agricole. Car, l’agriculture aujourd’hui, n’est plus de subsistance mais plutôt un business », explique Bréhima Sogoba. Ce journaliste, qui parvient à se tirer d’affaires est, lui-même, son propre manœuvre. « La difficulté dans l’agriculture, est la gestion des ressources humaines. Dans toute entreprise, lorsque vous avez des difficultés majeures liées à cette question, vous aurez du pain sur la planche. Cela freine la réussite de beaucoup de personnes dans ce domaine », dit-il. « En plus de la cherté du matériel ou des équipements agricoles, l’accès au financement est difficile », argumente notre confrère. Malgré l’existence des structures d’accompagnement, cet interlocuteur estime que l’accès au financement reste toujours limité. À ce propos, M. Sogoba accuse : « si certaines catégories de personnes continuent de bénéficier de fonds, les vrais acteurs n’en trouvent pas. » HUIT MILLIONS DE CHIFFRES D’AFFAIRES – Conscient qu’aujourd’hui, l’agriculture est l’une des activités les plus prometteuses, un commerçant qui a voulu garder l’anonymat, avoue avoir abandonné le commerce au profit de l’agriculture dans la périphérie de Bamako. « Avec un chiffre d’affaires de huit millions de Francs Cfa par campagne », cet entrepreneur de renom savoure son succès,
Ramadan : La tradition du Yogoro et du Sarawalé en perte de vitesse
Bamako, 12 mars (AMAP) – Habillés à la manière de bouffons d’habits faits de vieux sacs de jute, des masques confectionnés dans de vieux cartons, de le visage et d’autres parties du corps enduis de cendre, des enfants se déguisent en marionnettes, appelées « Yogoro », à partir de la claire de lune du mois de ramadan, et ce, jusqu’à la disparition du croissant lunaire du même mois, ils se déplacent de famille en famille pour chanter et recevoir, en retour des étrennes et cadeaux en céréales ou argent. Des groupes de jeunes filles, pour leur part, chacune, une calebasse dans une bassine d’eau en guise d’instrument à musique, font du porte-à-porte pour chanter, le « Sarawalé ». Les filles reçoivent, également, en retour des récompenses en nature, des céréales ou de l’argent. C’est une vieille tradition du mois de ramadan au Mali. Depuis le 10è jour de ce mois sacré, précisément le lundi dernier, après le coucher du soleil, des jeunes garçons et filles arpentent les rues des quartiers de la capitale malienne, Bamako. Ce que les garçons pratiquent s’appelle le « Yogoro. » Ils chantent le « Yogoro » qui signifie la peur. Ainsi, dans leur chanson en bamanan, ces garçons disent « anw ma Yogoro ye wa », Vous ne voyez pas le Yogoro ? pour dire « même pas peur ». Dans ce jeu de marionnettes, tout d’un coup celui qui porte le masque appelé « Dondoni » se met à terre. Une fois le totem/ fétiche à terre, les autres membres groupes font chanter la famille où ils se trouvent. « Le Dondoni est mort ! Il lui faut des céréales ou de l’argent pour rescusiter. » « C’est une pratique qui existe depuis longtemps », se remémore Youssouf Fané, chef de famille à Samè, dans la Commune III du District de Bamako, au passage d’un groupe dans sa famille. « Par contre, selon lui, la pratique commence, depuis quelques années, à avoir de moins en moins d’attrait pour les enfants. « Les enfants ne font plus aussi bien qu’avant cette pratique », dit Moussa Coulibaly, responsable de famille au Badialan III, en Commune III du District de Bamako. Il estime que les chants sont mal interprétés et que les enfants d’aujourd’hui ne savent même pas ce qu’ils disent, encore moins ce qu’ils chantent. OD/MD (AMAP)

