Bamako : La saison des mangues est ouverte

Par Makan SISSOKO Bamako, 12 mar (AMAP) Les mangues sont très appréciées des consommateurs pour leur saveur. D’où l’affluence autour des vendeurs et vendeuses des marchés et coins de rue que l’on observe a l’ouverture de la saison de ce fruit.  Chaque année, lorsque la saison des mangues arrive, les marchés et les rues de la capitale prennent de nouvelles couleurs. Dès les premiers jours de la campagne de récolte, les étals sur les abords des routes se remplissent de ces fruits jaunes, verts ou rouges, agréable au regard comme au gouter. Un tour sur ces marchés improvisés, vous constaterez que la mangue, bien plus qu’un simple fruit, est au centre d’une véritable effervescence commerciale. L’ambiance du côté des vendeurs, acheteurs et transformateurs est particulière autour de ce fruit considéré comme l’or vert du Mali. À l’entrée du marché de Sabalibougou, quartier situé en Commune V de la capitale Bamako, il y a de l’agitation. Des paniers en plastique et des caisses en bois débordent de mangues fraîches, allant des variétés locales comme la «Kent» – particulièrement appréciée pour sa douceur et sa texture -, à la variété «Irwin» dont le nom vernaculaire est «Den bléni». « C’est déjà la saison des mangues et c’est ce que tout le monde attendait », assure Roukiayatou Diarra, une vendeuse de mangues dans un coin de rue. Assise sous un abri de fortune, elle regarde passer les clients, les saluant d’un geste amical. « Les mangues sont très bonnes cette année, il y en a pour tous les goûts et les prix sont relativement abordables », dit-elle pour séduire les clients. À ses côtés, un homme âgé vêtu d’un boubou blanc assorti d’un bonnet rougeâtre posé sur sa tête, trie les mangues dans un panier rempli avant d’acheter. « Maintenant, les mangues commencent à arriver sur le marché, mais les prix ne sont pas du tout abordables. Ici, à Bamako, la mangue n’est pas juste un fruit, elle fait partie de nos traditions », dit-il en souriant. Les mangues sont vendues non seulement sur les marchés, mais aussi aux abords des voies de grande circulation, là où les passants/clients peuvent facilement s’arrêter. Chaque coin de rue semble être propice pour les vendeurs, installés sous des parasols ou des bâches, pour proposer leurs produits à côté d’autres fruits très prisés en ce mois béni de Ramadan comme la banane, l’orange, le melon etc. « Nous sommes là depuis 6 heures du matin et les clients ne manquent pas », confie Moussa Traoré, un jeune vendeur qui dispose ses mangues sur le trottoir du quartier de Kalaban Coura, près du marché. « Les acheteurs viennent tous les jours, et certains arrivent même de loin, juste pour avoir de bonnes mangues », explique-t-il. DES PRIX VARIABLES – Les mangues de Moussa proviennent principalement de la Région de Koulikoro (près de Bamako). Le revendeur soutient qu’en début de campagne, c’est le coût du transport et la rareté du fruit qui expliquent la cherté du fruit sur le marché. « Ce qui fait qu’au-delà de l’ambiance qui se crée autour des étals, souvent certains clients viennent juste pour négocier les prix pour ensuite repartir sans rien acheter », dit-il. Ses prix varient entre 500 et 1 000 Fcfa le tas de 3 à 5 mangues et l’unité entre 200 et 300 Fcfa, voire 500 Fcfa en fonction des qualités. Aux abords de la route principale menant à l’aéroport international Président Modibo Keïta Sénou, les points de vente se multiplient. Là, la scène est plus cordiale. Un groupe de jeunes femmes installées sous un arbre, propose des mangues aux automobilistes et passants. Les clients sont nombreux, mais chacun semble prendre son temps pour discuter, échanger des recettes ou des astuces pour choisir la mangue parfaite. Cet endroit de la capitale est réputé pour la vente de fruits frais en toute saison de l’année. « Chez nous, en famille, dès que la mangue arrive, c’est la fête. À chaque descente de travail, les enfants n’attendent que ça à la maison », raconte Fatoumata, une mère de famille, habillée en tenue de sport qui vient de garer sa voiture. Elle espère que les récoltes seront excellentes cette année pour que les prix des mangues deviennent abordables. Ce qui constitue un point de discussions avec les acheteurs. « Pour le moment, les mangues sont plus chères cette année, contrairement aux autres années », fait savoir Bintou Diarra, une autre ménagère qui estime que la situation est consécutive à l’état d’approvisionnement du marché. Pour certains, cette hausse reste acceptable, car la mangue est une source de plaisir gustatif incontournable de la saison. « Le prix a augmenté, mais la qualité aussi. Il faut reconnaître que les mangues proposées à la vente sont récoltées sur l’arbre où elles ont subi un processus de mûrissement naturel. Et pour cela, les clients sont prêts à payer un peu plus », affirme un autre vendeur de la même place, tout en ajustant une pile de mangues. À mesure que la campagne progresse, la mangue continuera d’occuper une place prépondérante dans l’économie du pays. Au fil des jours, les rues de Bamako arboreront de couleurs vives de ce fruit juteux. Les mangues vendues actuellement proviennent essentiellement des localités de la Région de Koulikoro, de la Commune rurale du Mandé (Ouest) ainsi que de la Région de Sikasso (Sud). Des localités comme Siby, vers la frontière de la République de Guinée,  sont particulièrement connues pour leur production précoce de mangues. Les premières mangues qui apparaissent sur le marché, dès début février, proviennent souvent de cette localité, située à environ 60 km de Bamako sur la route nationale RN5 et les localités environnantes (Bancoumana, Karan, Naréna, Samaya etc.) MS/MD (AMAP)  

Géolocalisation : Ninacad-Adresse couvre plus d’un million lieux ou parcelles en milieu rural et urbain (Officiel)

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 12 mar (AMAP) Le Secrétaire permanent de la réforme domaniale et foncière, le colonel-major Checkné Mamadou Diéffaga a révélé, lundi, à Bamako, que l’adressage numérique «Ninacad-Adresse» couvre environ 1 500 000 lieux/parcelles en milieu urbain et rural. Ce chiffre porte sur les six communes du District de Bamako, les anciennes communes de Kalaban-coro, Moribabougou, N’gabakoro-Droit et Sankarebougou, plus les communes urbaines et rurales limitrophes du Cercle de Kati et la ville de Ségou (Centre). Le colonel-major Diéffaga intervenait lors de la présentation de la plateforme «Ninacad-Adresse», à la Primature, au Comité de pilotage chargé de la digitalisation de l’Administration, présidée par le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de division Abdoulaye Maïga, président de ce Comité. En présence des membres du gouvernement, l’officier a expliqué que «Ninacad-Adresse» est un code de six chiffres pour chaque parcelle ou lieu, des coordonnées géographiques, une géolocalisation couplée au système de navigation de chaque lieu. C’est aussi une application mobile gratuite et un portail web, une base de données sécurisée de gestion des informations. « Son déploiement dans les villes de Koulikoro et Sikasso est en cours », a-t-il précisé. Ce système d’adressage numérique permet à la population de disposer d’une application de géolocalisation en milieu rural et urbain, d’une base de données moderne de gestion et de connaissance de la ville. « Ninacad-Adresse a été initié pour répondre à la volonté des autorités maliennes de moderniser l’Administration à travers la digitalisation. C’est un outil de gestion et de connaissance de la ville », a expliqué le secrétaire permanent de la réforme domaniale et foncière. Il a ajouté que la plateforme est appelée à évoluer pour répondre aux besoins de l’Administration, des collectivités et des citoyens. « L’application permet de localiser les personnes physiques, les activités ou les entreprises dans une localité et de faire des recherches d’information. Elle permet, également, d’optimiser l’intervention des services d’urgence et de livraison », a poursuivi Checkné Mamadou Diéffaga. Selon une note d’information fournie à la presse, «Ninacad-Adresse» intervient en un moment où l’adressage physique est marqué par le caractère non complet et non exhaustif d’une part et par le caractère non numérique d’autre part. Ainsi, la nouvelle plateforme va favoriser la facilitation du repérage pour la promotion du e-commerce et des services de livraison, l’identification dans le cadre des services des impôts, l’optimisation des interventions des services de secours d’urgence. Le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population, Imrane Abdoulaye Touré, a assuré avoir pris bonne note des suggestions pour améliorer l’application «Ninacad-Adresse» afin qu’elle puisse répondre aux attentes de l’Administration. « Cette application répond aux besoins des populations », s’est félicité, pour sa part, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, qui a salué la démarche. De son côté, le chef du gouvernement, le général de division Abdoulaye Maïga, a salué l’initiative avant d’exhorter l’équipe du Secrétariat permanent de la réforme domaniale et foncière « à poursuivre les échanges avec celle chargée de la digitalisation de l’Administration. » BBC/MD (AMAP)

Environnement : Atelier de validation de la Stratégie nationale de sécurité climatique du Mali

Bamako 11 mar (AMAP) L’atelier de validation de la Stratégie nationale de sécurité climatique du Mali et son plan d’action se tient, du 11 au 13 mars 2025, à Bamako avec pour objectif pour les acteurs du domaine d’échanger sur le rapport provisoire de la stratégie nationale et son plan d’action et également faire des recommandations. Selon le secrétaire général du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du développement durable, Moussa Diarra, qui présidé l’ouverture, cette stratégie nationale dont l’atelier de validation regroupe les représentants des gouverneurs et les élus communaux des régions, « permettra de répondre aux défis croissants causés par les changements climatiques. » La stratégie nationale de sécurité climatique est le fruit d’un processus de concertation approfondie menée à travers plusieurs rencontres stratégiques et techniques. De l’atelier national de concertation de septembre 2024 à Bamako, à l’atelier de planification d’octobre 2024 à Ségou en passant par les travaux du comité Ad hoc en février 2025. « Votre participation démontre votre attachement à la protection de notre environnement et à la consolidation de la paix et de la sécurité dans un contexte où le changement climatique devient un facteur croissant d’instabilité », a déclaré le secrétaire général, en présence des partenaires techniques et financiers dont Roland Seri, représentant résident adjoint du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de l’ambassadeur de Belgique, Patrick Deboeck, de la secrétaire exécutive de l’Autorité du Liptako Gourma (ALG), Hawa Aw et le représentant du maire de la Commune IV. Quant aux partenaires techniques et financiers (ALG, Royaume du Belgique, PNUD), ils ont tous affirmé leur engagement et soutien aux autorités maliennes pour tout projet de lutte contre le dérèglement climatique. Ils se sont réjouis « de la concertation approfondie des acteurs concernés », lors du processus de l’élaboration de la stratégie, tout en invitant les participants à évaluer avec rigueur et sérénité le rapport provisoire de validation de la stratégie nationale de sécurité climatique au Mali et son plan d’action. MD/MD (AMAP)

Kangaba : Marchés bien approvisionnés pour le Ramadan, prix stables

Kangaba, 11 mar (AMAP) Les marchés sont suffisamment approvisionnés et les prix des produits de première nécessité restent stables, à Kangaba, a environ 95 km, à l’ouest de Bamako, en ce début de Ramadan, selon les commerçants et le président de la Chambre locale de commerce, Yaya Magassouba. Les vendeurs de céréales, bouchers et détaillants, rencontrés au grand marché de la ville, confirment « la disponibilité des produits essentiels. » Yaya Magassouba assure qu’ « aucune rupture de stock ou hausse de prix n’est à craindre durant le mois saint. » Cette stabilité vise à garantir l’accès aux denrées pendant une période de forte demande. La situation est sous contrôle, selon les observations de l’AMAP sur place. Le riz gambiaka est cédé entre 25 000 à 27 000 Fcfa le sac, selon les variétés ; le riz importé coûte entre 24 000 et 26 000 Fcfa. Le maïs et le sorgho sont vendus à 15 000 Fcfa les 50 kg ; le petit mil entre 20 et 21 000 Fcfa les 50 kg, le fonio, 750 Fcfa le kg Le sucre est vendu à 650 Fcfa le kg, 28 000 Fcfa le sac de 50 kg. L’huile est vendue sur les étables à 23 000 Fcfa (qualité supérieure) ou 19 000 Fcfa le bidon de 20 litres. Le kg de farine est vendu à 500 Fcfa. Toutefois, les bouchers déplorent des marges réduites. Ils assurent que le prix élevé des animaux les oblige à vendre à perte depuis plusieurs mois, ajoutant que « la viande rouge avec os est vendue à 500 Fcfa le kg, 3 000 Fcfa sans os. » Les commerçants détaillants, eux, soulignent la stabilité des prix, un constat appuyé par le président de la Chambre de commerce. SD/OS/MD (AMAP)

Sit-in du syndicat des banques contre l’arrestation d’agents d’Ecobank-Mali 

Bamako, 11 mar (AMAP) Les employés de plusieurs banques de Bamako observent, depuis lundi, un sit-in de 72 heures pour demander la libération de deux agents d’Ecobank, a constaté l’AMAP sur place. « Ces agents d’Ecobank ont été mis sous mandat de dépôt pour avoir transmis des messages swift (garanties) en toute conformité avec la réglementation bancaire et des procédures d’Ecobank», indique un communiqué rendu public, samedi dernier, par la section syndicale des Banques. En plus du sit-in, les manifestants ont décidé de « l’arrêt immédiat de tout transfert de garanties de la société Énergie du Mali (EDM-SA), des structures publiques et parapubliques jusqu’à nouvel ordre. » Lundi matin, aux environs de 8 heures, devant les locaux de plusieurs établissements bancaires de la capitale malienne, les protestataires brandissaient des pancartes : « Libérez Biram Diop et Alassane Touré», «Notre fonction mérite mieux que la prison», «Qui connaît mieux les procédures bancaires que les banquiers» sont, entre autres, slogans qu’on pouvait lire. A notre passage au siège de la Banque malienne de solidarité (BMS) à l’ACI 2000, les agents avaient occupé la voie devant leur établissement. Ils avançaient à petits pas, brandissant des pancartes et scandant : « A bas l’injustice », « Ensemble, nous sommes forts. Unis, nous vaincrons ». Selon le secrétaire général du comité syndical de la BMS, Cheick Oumar Diakité, « nos camarades ont été envoyés en prison pour avoir appliqué la loi. » M. Diakité explique que l’opération que les mis en cause « ont effectuée consiste, pour un banquier, à relayer à sa banque un message en provenance d’une autre. » « Dans ce cas, le banquier n’est ni de près ou de loin responsable du contenu de ce message’, soutient-il. « L’opération dont il s’agit n’est pas celle d’Ecobank, mais plutôt une opération qui concerne la Banque de développement du Mali (BDM) et son client qui est Ecobank-Tanzanie, représenté dans notre pays par Ecobank-Mali », poursuit-il. « L’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Mali (APBEF) s’est réunie et a trouvé que les procédures ont été appliquées conformément aux textes », informe Cheick Oumar Diakité. Tout comme les groupes Ecobank. « On ne sait pas, aujourd’hui, pourquoi ils sont en prison. Nous attendons à ce qu’ils libèrent nos camarades qui ne sont pas concernés par le contenu du message qu’on leur reproche », assure-t-il. Devant plusieurs autres banques, les manifestants affichaient la même détermination. Sous un soleil de plomb, vers 9 heures, le secrétaire général du comité syndical d’Orabank, Ogotembeloum Guindo accompagné de ses collègues, criait son mécontentement. « On réclame juste la libération de nos camarades, rien de plus », a déclaré M. Guindo. Ses collègues d’Ecobank sont dans la même dynamique. « Nous allons mener ce combat jusqu’à la libération inconditionnelle de nos camarades qui ont été injustement emprisonnés dans l’exercice de leur fonction », a insisté Mamadou Sékou Traoré, secrétaire général du Comité syndical de la Banque nationale de développement agricole (BNDA). Les employés de banque entendent durcir leur manifestation si leurs camarades ne sont pas libérés. Une assemblée extraordinaire, prévue jeudi prochain à la Bourse du travail, précisera la suite à donner à ce mouvement d’humeur. FC/MD (AMAP)

Non-respect des prix : La direction du Commerce ferme des boutiques à Kayes

Kayes 10 mar (AMAP) La direction régionale du Commerce et de la Concurrence de Kayes (Ouest), capitale de la 1ère région administrative du Mali, a procédé, lundi, à la fermeture de certaines boutiques à Diboli, à la frontalière du Sénégal, pour non-respect des prix du sucre, annonce la cellule de communication du gouvernorat. « La fermeture de ces boutiques pose la problématique du respect de la réglementation en vigueur dans le domaine du commerce. Les autorités régionales sont déterminées à s’investir pour que les marchés soient suffisamment approvisionnés en vivres et que les prix soient abordables pendant le mois de Ramadan afin de soulager les populations », explqiue la même source. A la vielle du mois de Ramadan, le gouverneur de la Région de Kayes, le général de brigade Moussa Soumaré, s’était, en compagnie du directeur régional du Commerce et de la Concurrence, rendu en certains points de vente et magasins de la Cité des rails pour s’assurer de la disponibilité des stocks alimentaires et des prix. A l’issue de cette descente sur le terrain, il avait invité les opérateurs économiques à vendre les vivres (céréales et autres produits alimentaires) conformément aux prix plafonds. Moins d’un mois avant, le directeur régional du Commerce et de la Concurrence de Kayes, Robo Bayo, et ses agents avaient saisi d’importantes quantité de produits périmés et avariés en certains points de vente de la ville de Kayes. Il s’agit de produits alimentaires et de médicaments d’une valeur de 455 millions de Fcfa. Les produits alimentaires ont été incinérés le 15 février 2025, en présence des services compétents dont la direction régionale de la santé. « Nous avons estimé que ces produits sont impropres à la consommation. Les conditions de conservation de certains médicaments ne sont pas bonnes même si leur délai d’expiration n’est pas encore dépassé. On constate également que les boissons sont conservées dans des lieux inappropriés. Les salles de conservation des produits, dont les boissons et les médicaments, ne sont pas aérées », a expliqué M. Bayo qui a saisi la justice de Kayes le 21 janvier 2025. Dans un entretien avec l’AMAP, Robo Bayo a expliqué que la direction générale du Commerce et de la Concurrence et ses services régionaux « peuvent initier des missions à tout moment pour s’assurer de la bonne application de la Loi N°2015/036/ du 15 juillet 2015 portant protection du consommateur. L’article 38 de cette loi stipule que « les prix des biens, produits et services sont libres sur toute l’étendue du territoire national et sont déterminés par le seul jeu de la concurrence. » « Toutefois, dans les secteurs économiques et dans les localités ou la concurrence par les prix est limité pour quelque raison que ce soit, dans des situations de crise ou dans les cas de hausse excessive sur le marché, le gouvernement peut, par décret pris en Conseil des Ministres, réglementer, fixer ou limiter la concurrence sur les prix. » D’après l’article 49 de la loi, « la détention en vue de la vente, la vente ou l’utilisation de biens toxiques, nocifs ou dangereux pour la santé du consommateur en dehors des dispositions réglementaires sont interdites. » « Notre hiérarchie nous a instruit de faire des saisies car, les gens peuvent influer sur le cours des marchés pendant les périodes de grande consommation comme le mois de Ramadan, les périodes de fêtes, surtout celles de fin d’années. Certains peuvent profiter de ces fêtes pour introduire des produits périmés et avariés sur le marché », a expliqué le M.  Bayo. Pour mettre les populations à l’abri de toute spéculation sur les prix dans les différents points de vente, le directeur régional du Commerce et de la Concurrence mise sur la collaboration des organisations de la société civile. Cette structure travaille également en étroite collaboration avec la direction régionale de la Santé et la représentation régionale de la Pharmacie populaire du Mali pour la gestion des médicaments périmés et avariés. BMS/MD (AMAP)

Le « Téré » : La simple superstition chemine avec la réalité ?  

Par Siné S. TRAORE Bamako, 10 mar (AMAP) Dans la société malienne, la question n’est pas du tout prise à la légère, surtout lorsqu’il s’agit de demander la main d’une fille. De très nombreuses personnes, en effet, qui marchent toujours sur les traces de nos traditions, sont profondément convaincues que chaque individu porte en lui un présage heureux ou malheureux, « téré » en bamanan. D’ailleurs, ne dit-on pas chez les Bambara : « Mogo téré tè i yéré nò yé » pour dire, littéralement, que personne ne décide de la positivité ou de la négativité du présage. Pour mesurer à quel point le présage est ancré de manière indéracinable dans le quotidien d’un nombre important de Maliens, il faut notamment s’intéresser au processus du mariage dans les différents milieux culturels de notre pays. Ainsi, aussitôt qu’une intention de mariage est exprimée chez les Sénoufo ou chez les Soninké, les Dogon, les Bwa, les Bambara, les Sonrhaï etc., procéder à l’observation rigoureuse du téré devient un préalable obligé dont la responsabilité incombe aux parents des deux bords familiaux. Le prétendant de notre fille, a-t-il un téré auréolé d’embellie ? Ou encore, cette fille que notre garçon veut épouser, n’a-t-elle pas un téré qui interdit toute union avec elle ? Ce sont là des interrogations qui assaillent des millions de parents au Mali dès lors que le mot « fiançailles » sort de la bouche d’un des leurs. Le téré, que d’aucuns qualifient de « démarche superstitieuse », est donc une considération à laquelle les Maliens sont viscéralement attachés. Il fait référence aux signes et gestes corporels prédisant des choses positives ou négatives dans la vie d’une personne et qui risquent de rejaillir sur son futur conjoint ou conjointe. Nouhoum Cissé, traditionnaliste et comédien, nous explique : « la question du téré est une réalité qui existe chez les Hommes. » Selon lui, traditionnellement, chaque personne a son présage qui définit son totem. « Il y a des gens qui ne peuvent pas avoir de bonheur au bord du fleuve. En revanche, d’autres n’ont pas intérêt à vivre sur les montagnes. Cela est dû à leur téré. C’est pourquoi, avant de se lancer dans n’importe quelle entreprise, l’Homme doit toujours consulter des traditionnalistes. », poursuit-il. « Avant tout mariage, il faut impérativement consulter les oracles, sinon les futurs époux risquent de fonder un foyer baigné dans le malheur. Ou encore, ils peuvent former un couple qui n’aura pas de bonheur ou ne vivra pas longtemps. Nos aïeux, eux, s’efforçaient de cerner le téré de chaque futur(e) époux et épouse, avant de célébrer l’union de deux personnes », explique M. Cissé. Le traditionnaliste va encore plus loin dans sa description en nous apprenant que « le téré » existe également chez les animaux. Aux dires de M. Cissé, « il est crucial de faire extrêmement attention au choix des animaux que l’on veut élever en famille. « J’ai connu un homme qui possédait un cheval dans sa demeure. Quand j’ai vu l’animal, je lui ai dit d’aller chercher deux litres de lait pour en donner au cheval. L’objectif était de voir si le cheval allait boire ou non le lait. Le but ultime était de savoir si le cheval avait un mauvais ou un bon présage. Ce qui devait arriver, arriva ! Nous avons découvert qu’il était porteur de malheur, tout simplement parce que le cheval a refusé de boire ce lait », narre-t-il. « Après cette découverte, j’avais pressé cet homme de se débarrasser du cheval sans hésiter. Il l’a fait. Et, après quelques jours, il devait voyager à l’étranger par voie aérienne. Le jour de son départ, il a eu un empêchement. Heureusement pour lui, l’avion qu’il devait voyager s’est écrasé et personne n’a survécu », a dit notre interlocuteur. Il en conclut, avec une conviction inébranlable, que « si l’homme ne s’était pas débarrassé du cheval, il aurait perdu la vie également, à cause du mauvais téré du cheval ». Concrètement, comment se manifeste le téré et à quels signes distinctifs faut-il se fier pour le détecter chez quelqu’un ? M. Cissé nous avertit : « Un homme peut se marier avec une femme qui est porteuse de bon présage. Après quelques années de mariage, l’époux peut connaitre le bonheur, notamment en devenant riche. Il va penser à se marier à une deuxième femme mais qui peut lui apporter le malheur dans le foyer. » MAUVAIS PRESAGE – Pourquoi ? « Eh bien ! Parce que la seconde épouse a certainement un mauvais présage. Les hommes doivent tenir compte cela. Nous pouvons également découvrir le présage d’une personne à travers ses démarches, ainsi qu’à travers son visage », nous dit doctement M. Cissé. Le traditionnaliste éclaire notre lanterne sur une confusion très fréquente. « Téré et dolo (étoile) ne doivent pas être confondus », souligne-t-il. Et Cissé de démêler l’affaire : « Le présage est une réalité à ne pas confondre avec le « dolo ». Chaque personne a sa source de création. Certaines personnes sont faites à base du feu, d’autres, à base d’eau, d’autres encore sont conçues à base de terre. Dans ce cas, ce sera difficile pour des gens de source de création différente de faire un couple heureux. » Notre traditionnaliste, en homme attaché aux us et coutumes maliennes, insiste sur l’importance à accorder aux pratiques divinatoires, à chaque fois que l’on doit entreprendre quelque chose. « Je peux dire que toute personne ou encore tout objet peut avoir de mauvais présages, Pour éviter de rencontrer un malheur, il faut toujours faire des consultations traditionnelles, exactement comme le faisaient nos aïeux », fait comprendre Nouhoum Cissé dit Bagnago. Le Dr Fodé Moussa Sidibé, enseignant-chercheur et écrivain, un autre connaisseur du Mali des traditions, nous a fait bénéficier de ses éclairages. Dr Sidibé,  un des intellectuels maliens qui s’intéressent énormément aux valeurs du terroir, au risque de contredire les explications communément admises, précise qu’il ne faut pas forcément chercher à faire du mot français « présage » l’équivalent du « téré » bambara. Il s’en explique : « Il ne faut pas obligatoirement traduire certaines de nos valeurs, car elles n’ont pas toujours d’équivalence en langue française. Dans tous les cas, il n’y

Diéma :  Le foin si cher !

PPar Ouka BA Diéma, 05 mar (AMAP) A Diéma, en cette période, la vente d’herbe est florissante. C’est une activité rentable. De nombreux jeunes s’y adonnent. Le foin coûte excessivement cher à Diéma or, cette nourriture des animaux a réussi cette année dans cette partie de la bande sahélienne, soumise parfois, à des aléas climatiques rudes. A cause de son exploitation excessive, l’herbe commence à se raréfier en brousse. Pour avoir de l’herbe aujourd’hui, il faut aller à des dizaines de kilomètres. Une charretée d’herbe est vendue à 3 000 Fcfa. Pour le contenu d’un tricycle, on vous demande jusqu’à 15 000 Fcfa. « C’est à prendre ou à laisser ! », lance Kantara Dicko, qui arrive d’un campement maure avec ses chargements. Il n’hésite pas, de mauvaise humeur, à jeter ce genre de phrases à la figure de clients qu’il accuse de saboter ses prix. Certains éleveurs prennent le soin de constituer des stocks de sécurité sur leur hangar pour assurer l’alimentation en période de soudure de leurs troupeaux, jusqu’à la tombée des pluies. Un travailleur saisonnier, Adama Diarra, effectue quotidiennement trois tours avec sa charrette, s’intéressant surtout à l’espèce d’herbe dont raffolent les petits ruminants.  Mais,  avec la peur au ventre,  il craint de de faire une mauvaise rencontre,  en cette période d’insécurité. De l’avis d’Issouf Niakhaté, venu chercher yne pièce d’état civil, pour se procurer une charretée d’herbe, chez-eux, à Lambidou,  il faut payer 4 000 Fcfa voire plus. « Généralement, poursuit notre jeune interlocuteur, ce sont les Maures qui vendent de l’herbe dans notre milieu. Mes frères et moi, avions déjà fini de constituer nos stocks d’herbe avant le retour de nos bovins. » Garan Dembélé, conducteur de moto-taxi, préfère se rendre jusqu’à Nioro, sur une distance d’environ 90 km, avec sa marchandise, pour gagner plus. Il n’a pas à se plaindre, un autre homme, qui préfère taire son nom. Avec sa charrette et son cheval trépignant de santé, il lui arrive, souvent, d’empocher journalièrement près de 30 000 Fcfa, rien qu’avec la vente de foin. Depuis le jour où le hangar de Mody Macalou, un coiffeur du coin, a pris feu, à cause de l’inadvertance de son enfant, transportant des braises, il a arrêté, par précautions, de stocker de l’herbe dans sa maison. L’emboucheur Harouna Samaké, lui, accorde plus d’importance au tourteau, qui, selon lui, donne plus de rforce et de resistance au cheptel. Avec ses deux moutons Balibaly Wolosso, Mme Sirandou Coulibaly, assure dépensee plus d’argent pour l’achat d’herbe ces derniers temps. OB/MD (AMAP)

Diéma : La pêche collective pour amélioirer l’ordinaire

Par Ouka BA Diéma, 04 mar (AMAP) La pêche collective dans les deux mares de la ville de Diéma (Ouest), appelées, respectivement Lamba Koré (grande mare en langue soninké) et Bakossa Goumba (la mare de Bakossa), s’est déroulée, lundi, sous un soleil au son zénith. Après le signal donné par le chef coutumier, Balla Konaté, une foule bigarrée d’hommes, de femmes, de jeunes et de vieux, originaires de la ville ainsi que des villages environnants, muni chacun, d’une nasse aux dimensions diverses, s’est élancée, à qui mieux mieux, pour la capture des poissons, frétillant dans une eau boueuse. C’était un tohu-bohu interminable, digne d’une ruée vers l’or. Bousculades, cris à gorge déployée. Parfois, en voulant s’infiltrer parmi les grands, les plus petits glissaient et tombaient. Dans ces mares, on trouve généralement du poisson silure et quelques rares carpes. Mahamadou Konté qui attendait tranquillement ses enfants descendus dans la mare, rappelle que la pêche collective se faisait la nuit ou le matin de bonne heure et, que cette année, selon une décision du chef de village, elle a été ramenée à midi. Il renchérit, en raclant la gorge, qu’avant l’autorisation du chef de village, celui qui se hasardait à mettre pied dans l’une mare, pour se saisir de poissons, sera soumis au paiement d’amendes. Djindé Konté, qui prêtait une oreille attentive à l’entretien, soutient qu’il faut le feu vert du chef de village, pour que la pêche collective puisse démarrer. Après la saison des pluies, lorsque les mares sont en decrue, le chef de village délègue, comme le veut la tradition dans ce milieu, le chef coutumier Balla Konaté, pour aller jauger le niveau réel des eaux stagnantes. C’est en fonction de son constat que l’on organise la pêche collective, un événement culturel majeur. On fait passer l’information pour tous, pour éviter ainsi des frustrations. Halimatou Sissoko dont les habits sont lourdement boueux compte améliorer ses plats pour la coupure du jeûne de son époux, avec les poissons qu’elle a pêchés. Elle avoue que la pêche collective est très utile car les poissons qu’on y attrape, contribuent à réduire les frais de condiments. Le petit-fils de Fatoumata Diaby, a pêché beaucoup de poissons. A la question comment les conserver, la grand-mère répond qu’elle les mettra dans le réfrigérateur. Désenchantées, Kotia Djenepo, une femme bozo, et sa fille rentrent bredouille à la maison, même si, selon la légende, la pêche demeure une activité censée appartenir à son ethnie. Allergique au poisson silure, Sambou Diawara, un migrant dont le séjour à Diéma a coïncidé avec l’événement, se poste quelque part, pour satisfaire sa curiosité. Le chef coutumier, Balla Konaté, explique que si la pêche est jugée insuffisante, on transporte le poisson chez le chef de village, pour le repartir, ensuite, entre certaines familles. De l’avis du représentant du chef de village, Fousseny Sissoko, « le but visé par la pêche collective, n’est pas uniquement d’amasser du poisson mais de renforcer la cohésion sociale, à travers des retrouvailles, tout en perpétuant cette pratique ancestrale. » Le chef traditionnel conseille, surtout, la prudence lors de la pêche collective afin d’éviter des incidents et des dommages. Interrogé sur le sujet, le Directeur technique du Centre de santé communautaire (CSCom) de Farabougou, en séjour dans la localité, explique que « les mares contiennent généralement les germes de la bilharziose, qui pénètrent par la peau, au contact de l’eau. » L’homme en blouse blanche conseille de prendre des précautions. OB/MD (AMAP)

Goundam : Consommateurs et vendeurs de céréales pour une meilleure utilisation des unités de mesure

Goundam, 03 mar (AMAP) L’utilisation des unités de mesures par les revendeurs notamment, le kilogramme suscite des questionnements dans la commercialisation du riz en particulier et des autres céréales en général sur les différents marchés du Cercle de Goundam (Nord). Depuis un certain temps, les consommateurs ont constaté une anomalie au niveau de l’instrument de mesure que les vendeurs utilisent sur les marchés, dans les commerces pour mesurer et vendre les céréales. Par exemples, des sacs censés contenir cinquante ou cent kilogrammes ne pèsent, en cas de vérification, que quarante-cinq pour le sac supposé en contenir cinquante et quatre-vingt pour cent kilogrammes. Ce constat a fait l’unanimité dans l’opinion et provoqué la colère des consommateurs qui parlent d’abus et vols. Plusieurs missions de sensibilisations ont été menées auprès des revendeurs de céréales en vue de les amener à corriger la situation, mais en vain. C’est dans ce cadre qu’une équipe composée de représentants des consommateurs, des éléments des forces de l’ordre, d’un représentant de la mairie aussi bien que les représentants d’associations des jeunes, de femmes et de producteurs s’est rendue au marché de Goundam. Il s’agissait, d’abord, d’informer et de sensibiliser, pour une dernière fois, les vendeurs détaillants de céréales sur l’utilisation d’un faux instrument qui respecte les normes officielles en vue d’être conforme avec la réglementation en vigueur et éviter d’éventuelles sanctions. A chaque commerçant, un instrument de mesure a été remis pour le respect scrupuleux des normes de l’unité principale de mesure qui est le kilogramme. Selon le président des consommateurs, la vigilance sera de mise quant à l’utilisation de l’instrument légal de mesure mis à la disposition des vendeurs de céréales sur tous les marchés du Cercle de Goundam. Il a également averti que tout contrevenant s’exposera à des sanctions prévues par la loi en vigueur. Il à noter que Le service chargé du contrôle technique et du suivi de la concurrence est absent à Goundam. AAT/MD (AMAP)