Ségou : La charrette fait de la résistance ! 

Par Aminata Dindi SISSOKO Segou, 10 fév (AMAP) A Segou, la charrette est utilisée pour transporter notamment les personnes, les matériels de construction, l’eau, les marchandises les bagages. En ce début de journée, la berge du fleuve Niger à Ségou refuse des charretiers. Certains sont assis sur leurs engins à traction animale (Lire suite : http://lessor.ml). 

Forfait internet : Les Maliens paient-ils cher ?

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako 09 fév (AMAP) Beaucoup de nos compatriotes estiment que le coût d’accès à la connexion internet est plus élevé au Mali que dans la plupart des pays voisins. Dans cette enquête, les acteurs du domaine nous éclairent davantage, (Lire suite : lessor.ml)

Les douaniers du Mali et de la Guinée en conclave pour renforcer le corridor Conakry-Bamako 

Bamako, 08 fév (AMAP) Les travaux de la troisième rencontre bilatérale des administrations douanières du Mali et de la de la Guinée, présidés par le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, se sont ouverts, mardi 8 février 2022, dans la capitale malienne, a constaté l’AMAP sur place.  À cette rencontre de deux jours, les experts auront l’occasion d’échanger sur toutes les questions douanières pour trouver des réponses urgentes aux difficultés rencontrées sur le corridor. Elle constitue, aussi, un cadre d’échange pour discuter des préoccupations que les deux administrations ont en partage.   Il s’agira, entre autres, d’identifier les obstacles à la fluidité du trafic sur le corridor, à rendre opérationnel l’échange périodique d’informations sur le transit dans les deux sens, d’une manière générale. S’y s’ajoute l’adoption de mesures idoines qui favoriseront l’attractivité du corridor Conakry-Bamako.   C’était en présence du  directeur général des Douanes du Mali, l’inspecteur général Amadou Konaté, et son homologue guinéen, le colonel Moussa Camara et des experts douaniers des deux administrations.  Le directeur général des Douanes maliennes a expliqué que ce cadre d’échanges se tient suite aux pertinentes instructions que le ministre de l’Economie et des Finances a données à la direction générale des Douanes du Mali, d’entamer dans les plus brefs délais, des discussions avec son homologue de la Guinée.  « L’objectif recherché, dans cette démarche, est de renforcer l’axe Conakry-Bamako par l’affermissement de la coopération douanière et l’utilisation dans les meilleures conditions du corridor naturel de Conakry », selon le patron des douanes maliennes qui a salué l’engagement de son homologue guinéen.  De son côté, le directeur général des Douanes Guinée, a indiqué que cette rencontre bilatérale intervient à un moment où les deux pays doivent renforcer leur coopération et,  « singulièrement, les douanes guinéennes doivent tout mettre en œuvre pour faciliter au maximum le passage des marchandises à destination du Mali ».  Pour le colonel Moussa Camara, la douane doit relever les défis de la sécurité, de la mobilisation des ressources et le celui de la facilitation du commerce surtout avec un pays frère comme le Mali.  Le ministre de l’Economie et des Finances a réaffirmé la volonté des autorités de Transition à faire du Port de Conakry l’un des principaux ports de desserte du Mali. Alousséni Sanou a ainsi pris l’engagement, au nom du gouvernement, d’examiner et de traiter avec la plus grande attention les recommandations pertinentes des experts douaniers des deux administrations.  BBC/MD (AMAP) 

Le gouvernement du Mali dénonce une violation flagrante des textes et procédures par l’UEMOA 

Bamako, 07 fév (AMAP) Le gouvernement malien indique n’avoir pas été notifié des « sanctions disproportionnées, inhumaines, illégitimes et illégales prises à l’encontre du Mali » par la session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) tenue, le 09 janvier 2022, à Accra, au Ghana.  Dans un communiqué publié le 06 février, le gouvernement signale que « la Commission de l’UEMOA n’a, jusqu’à ce jour, adressé aucune notification officielle aux Autorités maliennes, et ce malgré les démarches entreprises dans ce sens ».  Le gouvernement du Mali rappelle que « la non notification desdites décisions de sanctions constitue une violation flagrante des textes et procédures qui régissent le fonctionnement de l’UEMOA. « Une décision de cette nature, au-delà de son caractère illégal, ne saurait être opposable à un Etat membre qu’après sa notification officielle », précise le communiqué signé du porte-parole du gouvernement et ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga. Selon la même source, les démarches ont été effectuées suivant les notes verbales numéro 008/2022/AMO/BF du 14 janvier 2022 et numéro 012/2022/AMO/BF du 24 janvier 2022, auxquelles s’ajoute la visite du chargé d’Affaires, ad intérim du Mali à Ouagadougou accrédité auprès à la Commission de l’UEMOA « où l’accès aux responsables lui a été refusé malgré son statut de diplomate en poste ».  Bamako rappelle que la situation politique actuelle au Mali est, entre autres, la résultante de la crise sécuritaire dans le Sahel face à laquelle les Forces armées maliennes (FAMa) « sont fortement et pleinement engagées, avec à leurs côtés les partenaires, pour apporter une solution durable ».  Les autorités maliennes invitent instamment l’UEMOA « à se conformer aux règles communautaires et par conséquent à lever, dans un esprit de justice, d’équité et de solidarité ces sanctions inopportunes dont les conséquences socioéconomiques affecteront inéluctablement et durement les populations du Mali et celles de la sous-région ouest-africaine ».  Le gouvernement, tout en renouvelant sa disponibilité pour le dialogue et la concertation, réaffirme « son attachement aux idéaux de l’intégration africaine et dénonce l’instrumentalisation de notre organisation par des acteurs extérieurs à des fins inavouées », conclut le communiqué. SS/MD (AMAP)

Cri de détresse des opérateurs économiques sénégalais après les sanctions de la CEDEAO contre le Mali

Dakar, 04 fév (AMAP) Les acteurs du secteur des transports, en particulier et de l’économie sénégalaise en général, ont exprimé, mercredi, à Dakar, leur incompréhension et ras-le-bol après les sanctions de la Communauté économique s des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) contre le Mali.  « Nous voudrions déplorer la situation, en cerner les contours, jauger la profondeur des difficultés et aller à l’élaboration, avec d’autres acteurs, d’un mémorandum que nous soumettrons aux autorités », a dit Souhaïbou Guèye, secrétaire général du Groupement économique du Sénégal (GES), organisation patronale, lors d’une conférence de presse. Sérieusement affectés par les sanctions de la CEDEAO, les opérateurs économiques sénégalais ont souligné les conséquences de celles-ci sur l’activité économique eu égard à l’importance des activités sur le corridor Dakar-Bamako.  Et de rappeler que plus de la moitié des exportations du Sénégal vers l’Afrique de l’Ouest sont destinées au Mali.  « Ceci revient à dire qu’en se privant du trafic sur le corridor Dakar- Bamako, le Sénégal perd 600 milliards de Fcfa », a fait remarquer M. Guèye.  Son collègue, Mbaye Mbengue, président du Collectif des entreprises agréées pour le transport et la livraison des conteneurs (CEATLCS) a rappelé que le Mali est le premier partenaire économique du Sénégal avec 250 milliards Fcfa. M. Mbengue a précisé que « sur les 20 millions de tonnes débarquées au port de Dakar, 4 millions vont au Mali ». « Ainsi, 6.000 containers sont mensuellement débarqués au Mali:, a-t-il ajouté. «Nous avons trois cimenteries installées au Sénégal et qui envoient 1,7 million de tonnes par an», a dit le conférencier, peignant  le tableau du manque à gagner de ses camarades opérateurs économiques. Quant au président du collectif des transports, Mor Sourang, il a renchéri : « avec 1.348 camions qui assurent le trafic entre les deux pays, ce sont plus de 3.000 personnes qui sont concernées». « Le président Macky Sall, qui doit prendre la présidence de l’Union africaine, doit se rendre au Mali pour discuter avec les autorités de ce pays afin de trouver une solution », ont souhaité les conférenciers. «J’en appelle à l’intelligence de nos autorités, car cette décision politique ne doit pas entraver le travail. Déjà, nous sommes à terre », a plaidé M. Sourang pour qui « perdre, aujourd’hui, le fret malien qui représente 4 millions de tonnes par an, aura un impact incommensurable ». « C’est un désastre économique qui est en train de s’installer », a-t-il lâché.  «Il faut qu’il (Macky Sall) trouve la solution avec ses pairs et  le moyen de discuter…  Nous voulons un comité ratifié par les deux États (Mali et Sénégal) pour que nous puissions, le long du Corridor, prendre en charge les problèmes de tous les opérateurs », a suggérer Mor Sourang.  Les opérateurs économiques sénégalais assurent que l’impact de l’embargo et des sanctions de la CEDEAO « commence à peser sur une partie du peuple sénégalais qui estime que ses dirigeants doivent trouver rapidement une solution,  pour éviter d’asphyxier l’économie du pays ». GAD/MD (AMAP)

Le Mali d’hier: À l’origine de la CEDEAO

Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 03 fév (AMAP) C’est le 28 mai 1975 que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a été créée à Lagos au Nigeria. Le quotidien national, L’Essor, qui avait suivi de près cet évènement historique, écrivait dans ses parutions du 28 et 29 mai 1975 que la délégation officielle du Mali était conduite par le commandant Amadou Baba Diarra, vice-président du Comité militaire de libération nationale (CMLN), organe mis en place après le coup d’État de 1968.  Dans son numéro du 28 mai 1975, L’Essor rapportait que ce sont onze chefs d’État, deux chefs de gouvernement et deux ministres qui avaient paraphé l’acte de création de la CEDEAO, en deux exemplaires, l’un en français et l’autre en anglais dans le salon d’apparat du «Federal Palace Hotel» de Lagos.  Le commandant Amadou Baba Diarra a signé le document au nom du Mali. Les autres pays francophones étaient : la Côte d’Ivoire, la Haute Volta (actuel Burkina Faso), la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, qui étaient déjà membre de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest ; ainsi que le Dahomey (Bénin), la Guinée Conakry, le Niger et le Togo. Cinq pays anglophones ont également signé: La Gambie, le Ghana, le Libéria, le Nigeria et la Sierra Leone. Enfin, la Guinée Bissau est le seul pays lusophone à signer le Traité qui devrait rentrer en application dès que sept pays l’auront ratifié. Selon les observateurs, il s’agissait d’un fait historique car c’était la première fois que 15 pays africains se mettaient ensemble pour mettre en place une organisation économique. Dans son discours d’ouverture des travaux, l’hôte du sommet, le président du Nigeria  Yakubu Gowon, déclarait ceci : «L’Afrique de l’Ouest vient de parcourir une longue route vers la réalisation d’une union économique. La CEDEAO a pour but de briser les barrières culturelles, linguistiques et politiques en Afrique de l’Ouest afin d’établir les fondements d’une union économique et la création d’infrastructures régionales dans les domaines tels que les communications et les transports». Le projet CEDEAO avait été conçu en 1972 par le Nigeria et le Togo. Le président togolais, le général Gnassingbé Éyadema, pour soutenir son idéal, réitérait ceci : «Tous les pays de l’Afrique de l’Ouest partagent le même objectif : dominer les égoïsmes nationaux et parvenir au développement harmonieux de nos pays». Quant au président William Tolbert du Liberia, il s’était appesanti sur la solidarité entre les pays puissants et les pays moins développés : «Nous devons prendre en compte les intérêts des États les moins développés afin de les assurer qu’ils seront bien protégés et qu’ils ne souffriront pas du fait de leur appartenance à la communauté». C’est en 1976 que le Cap-Vert fit son entrée à la Cedeao. Tandis que la Mauritanie quittait l’organisation en 2000. Elle a tenté d’y revenir en 2017 avec le statut d’observateur et de membre associé. Quatre ans après, la situation reste floue. Le Maroc et la Tunisie, deux pays du Maghreb, ont aussi formulé une demande d’adhésion à la CEDEAO, avec le statut d’observateur et de membre associé.   Le Mali est aujourd’hui sous l’embargo de la CEDEAO. Une décision injuste, illégale voire inhumaine de la part d’une organisation qui aspire à promouvoir la coopération et l’intégration économique dans la sous région. D’ailleurs, les pères fondateurs de la Cedeao visaient, à long terme, la création d’une Fédération des États de l’Afrique de l’Ouest avec un Parlement, une Cour de justice, un secrétariat exécutif et un Conseil économique et culturel.  Dans cette perspective, les pays membres devraient accepter la suppression des droits et taxes à l’importation et à l’exportation, l’élimination des restrictions sur le commerce intracommunautaire, la mise en place progressive d’un tarif douanier et d’une politique commerciale communs, la suppression des obstacles à la libre circulation des personnes, des biens et des services et des capitaux, l’harmonisation des politiques économiques, industrielles, agricoles, monétaires et de celles concernant les infrastructures. Y. DOUMBIA

Sanctions imposées au Mali : La guerre financière de la BCEAO

Par Cheick Moctar TRAORE Bamako, 03 fév (AMAP) En privant illégalement le Mali de ses avoirs, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) viole ses propres textes, fragilise le développement du marché financier régional et le décrédibilise auprès des investisseurs régionaux et internationaux (Lire la suite : http://lessor.ml).

Communiqué du Ministère de l’Economie et des Finances à l’attention des investisseurs

Le Ministre de l’Economie et des Finances du Mali a le profond regret d’informer les investisseurs que, suite aux conclusions des sommets extraordinaires de la CEDEAO et de l’UEMOA, tenus le 09 janvier 2022 à Accra (Ghana), la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a pris les mesures suivantes à l’encontre de l’Etat du Mali : – le gel des avoirs de l’Etat malien et des entreprises publiques et parapubliques à la BCEAO ; – le blocage de tous les transferts de l’Etat malien passant par les systèmes de paiement de la Banque Centrale. A titre de rappel, ces mesures constituent une violation grave des dispositions pertinentes de l’article 4 des statuts de la BCEAO qui stipule que : « Dans l’exercice des pouvoirs et dans l’accomplissement des missions qui leur sont conférés par le Traité de l’UMOA et par les présents Statuts, la Banque Centrale, ses organes, un membre quelconque de ses organes ou de son personnel ne peuvent solliciter, ni recevoir des directives ou des instructions des institutions ou organes communautaires, des Gouvernements des Etats membres de l’UMOA, de tout autre organisme ou de toute autre personne… ». A cause de ces restrictions et malgré des avoirs suffisants du Trésor public du Mali dans ses livres, la Banque centrale n’a pas procédé au règlement de l’échéance du 28/01/2022 au titre du paiement du coupon sur les Obligations Assimilables du Trésor référencées ML0000001577 et ML0000001585 pour un montant total de 2 699 664 000 FCFA. Cette pratique de la BCEAO constitue une violation de l’article 11 du Règlement N°06/2013-CM-UEMOA sur les Bons et Obligations du Trésor émis par voie d’adjudication ou de syndication avec le concours de l’Agence UMOA-Titres. L’Etat du Mali déplore ces pratiques contraires aux règles de fonctionnement du marché monétaire et financier régional et ses conséquences préjudiciables sur les investisseurs. Au-delà, cette pratique fragilise le développement de notre marché financier régional et le décrédibilise auprès des investisseurs régionaux et internationaux. En tout état de cause, l’Etat du Mali, qui a toujours honoré ses engagements sur le marché financier, tient à rassurer les investisseurs de sa volonté et de sa capacité à faire face ses engagements. Aussi, les échéances non réglées seront immédiatement payées dès la levée des restrictions. Le Ministre de l’Economie et des Finances sait compter sur la bonne compréhension des investisseurs. Bamako, le 01 février 2022 Alousséni SANOU, Chevalier de l’Ordre National.