Métaux et plastiques : Le filon du recyclage

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 15 mar (AMAP) Badalabougou, sur la rive droite du fleuve Djoliba, à Bamako, la capitale malienne, à proximité de la pâtisserie Amandine. Installées à l’ombre d’un arbre, des figurines : cheval, coq, éléphant faites de fer de récupération et autres représentations de petites bêtes, comme le crapaud, séduisent passants et visiteurs. Au milieu de ces petits objets inanimés, Abdoulaye Lampa est assis sur une chaise en forme de guitare faite à partir d’amortisseurs et de chaines usagés de motos. Le quadragénaire est l’artisan de ces «sculptures» métalliques.  Artiste/créateur, ses œuvres séduisent le public depuis 2009. Emerveillés, les passants les contemplent avant de s’avancer pour les toucher. « C’est ainsi tous les jours », lâche, sourire en coin, celui qui dit s’être amouraché de cet art depuis sa tendre enfance. «Je fabriquais des chaises. L’idée de recycler ces déchets métalliques pour en faire des objets d’art m’est venue à la suite d’une épreuve de la vie», se souvient-il. L’artiste en devenir avait acheté des pièces détachées (trois) pour la réparation de sa moto, en panne depuis quelques temps. Le jour où il devait l’amener à l’atelier du mécanicien, l’engin à deux roues a été volé.  Dépité, Abdoulaye Yampa décide d’utiliser ces pièces neuves pour faire des statues en métal. «Auparavant, je fabriquais les petits objets avec les métaux», relate notre homme aux dreadlocks. Cette expérience aidant, l’artisan fabriquera un éléphant à partir des pièces qu’il a achetées pour réparer son engin. Le coup d’essai fut un coup de maître. Le chef-œuvre sera acheté par un hôtel de la place à 350.000 Fcfa (l’équivalent du prix d’une Djakarta neuve à l’époque). Trois autres commandes suivront. À l’autre bout de Bamako, à Yirimadio, en Commune VI, Adama Bamba et Ousmane Koné mettent en commun leur intelligence pour fabriquer paniers, bassines… en plastique. Cette union débouche sur la création de «Kouraya Company», une entreprise spécialisée dans le recyclage de déchets plastiques. «Kouraya», un mot bambara, qui signifie renouvellement ou recyclage. Rencontrés lundi, peu après la prière de 14 heures, ils portent des bavettes sur le nez pour «éviter d’inhaler» les débris de plastiques que dégagent les machines. À HAUTE TEMPERATURE – Des machines dédiées au recyclage de déchets plastiques grondent à l’intérieur de l’atelier laissant échapper une légère fumée. Ces plastiques, Adama Bamba les achètent auprès de personnes qui récupèrent les anciens bidons en caoutchouc, les bouteilles de boisson, d’huile alimentaire, de sachets plastiques. Ils sont réutilisés pour fabriquer des paniers, des chaises et autres objets de décorations.  « Chaque type de plastique ou de caoutchouc est utilisé en tenant compte des produits à fabriquer », explique Modibo Sidibé, un des cofondateurs. «Nous les découpons et les mettons dans les broyeuses pour obtenir des paillettes de plastiques. Compressées et chauffées, les paillettes sont fondues à 140°C dans une extrudeuse qui confère aux plastiques la forme désirée», précise notre interlocuteur. Il ajoute que le filament, ainsi obtenu, est moulé afin de créer de multiples objets.  Selon lui, l’aventure a commencé il y a trois ans. «Nous avons fait des tests sur les plastiques parce que nous avons constaté qu’il y a beaucoup de pollution à Bamako», rappelle-t-il. La raison d’être de leur entreprise est de faire face à cette situation en récupérant les déchets plastiques. Pour y arriver, ils ont mené des recherches sur Google, YouTube, etc. sur les techniques de fabrication de ces différents objets.  «C’était devenu une urgence pour nous à cause de la pollution de l’air et du sol à Bamako», révèle Modibo Sidibé. Ainsi, à défaut de pouvoir importer une broyeuse à cause des restrictions de voyage liées à la Covid-19, les jeunes entrepreneurs décident de fabriquer sur place, avec l’appui technique d’un soudeur, leur première broyeuse.  Cet investissement a coûté plus d’un million de Fcfa. «Maintenant, nous fabriquons des machines de recyclage, des extrudeuses, des paniers, des chaises, des tables, des luminaires, des pavés écologiques, des portes stylo, des saladiers et des tabourets. Nous avons des machines pour la fabrication de tous ces objets», explique notre interlocuteur avant de préciser qu’un kilo de plastiques coûte 200 Fcfa. MÉVENTE – . La même quantité de fer usagé vaut 200 à 250 Fcfa. «Avant, les personnes de bonne volonté me ravitaillaient gratuitement. Depuis plus de deux ans, ce n’est plus gratuit. Je les achète, notamment chez les mécaniciens et auprès des mendiants», révèle-t-il.  À la différence des «recycleurs» qui sélectionnent les types de plastiques à transformer, Abdoulaye Yampa utilise toutes sortes de métaux, même usagés, pour fabriquer ses œuvres. Il dessine d’abord ses représentations sur une feuille pour se faire une idée des types de fer à utiliser et voir comment les agencer. «Je découpe les fers avec la scie ou autres matériels pour leur donner la forme que je désire», précise-t-il. Ses œuvres peinent, de plus en plus, à trouver des preneurs depuis quelques années, déplore Abdoulaye Yampa. La faute, selon lui, à la rareté des foires expositions et à l’accès au financement. Ses clients sont essentiellement des expatriés, notamment occidentaux. « Il y a aussi les personnes qui s’intéressent à l’environnement et aux problèmes de pollution, les restaurateurs et les hôteliers qui s’intéressent à nos produits », ajoute-t-il. Autant de difficultés qui font que les apprentis sont moins attirés par le travail d’Abdoulaye Yampa. «J’avais un apprenti qui a abandonné. Ce métier est un peu difficile. Il demande beaucoup de courage et de passion», fait-il savoir.  Malgré ces difficultés, les activités de «Kouraya» Company semblent attirer les jeunes. Demba Traoré, étudiant à la Faculté des sciences et techniques (FST), y est stagiaire depuis avril dernier. Il dit faire ce travail par passion. Pendant les vacances, confie Adama Bamba, sa compagnie forme également des jeunes étudiants sur les techniques de recyclage des plastiques. « Des vendeurs de plastiques aux recycleurs, estime Adama Bamba, toute la chaine de production et d’approvisionnement se frotte les mains ». «Les gens s’y intéressent parce que nous arrivons à écouler ce que nous produisons. C’est rentable», note-t-il. Les produits finis sont vendus entre 1.000 et 7.500 Fcfa, selon les

Quelque 75 concurrents en compétition à la Semaine des marques au Mali  

Fatoumata M. SIDIBÉ  Bamako, 15 mar (AMAP) Soixante-quinze  marques sont en compétition pour divers prix, lors de la première édition de la Semaine des marques qui se tient, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), depuis lundi jusqu’au samedi 19 mars 2022.  «Nous avons commencé par la sélection des candidats par catégorie de marque préférée du public. Cette sélection, qui a été présentée au public depuis le 8 mars dernier, continuera jusqu’au 18 du même mois», a annoncé le président du jury, Arouna Kanté. Les marques ont été répertoriées sur la base des fiches de représentation électronique mises à disposition par le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI), a révélé M. Kanté. La Semaine des marques vise à valoriser et à donner une meilleure visibilité aux marques nationales, prévenir contre les risques et dangers de la contrefaçon. Ainsi, pour inciter les entreprises à protéger leurs marques au CEMAPI, les organisateurs ont mis en compétition les marques nationales protégées, établies, exploitées et celles exerçant une activité économique ou sociale régulière.  Les prix en compétition sont, entre autres, le Prix de la marque préférée du public, de la meilleure marque de produit, le Prix de la meilleure marque de service, le Prix de la meilleure marque à l’international, le Prix de la meilleure marque féminine et le Prix de la meilleure marque du plus jeune entrepreneur.  Le president du jury a expliqué que le choix revient aux consommateurs qui peuvent voter, par SMS ou en appelant les numéros : 71 52 30 30/61 52 30 30 et 52 52 31 31 pour leurs marques préférées.  Ces marques nominées ont été présentées au public. Il s’agit, pour la catégorie «Meilleure marque du produit», de Fofy, Sapec, Diago. La catégorie «Meilleure marque de service» met en compétition Sama Money, Ispric, Imafer. Quant à la catégorie «Meilleure marque à l’international», elle concerne la société Bara Musso, Thé Achoura, l’hôtel Azalai.  Faso Kaba, I ka look sont nominées pour la catégorie «Meilleure marque féminine» et Waati, Diakité robotique pour «la  marque du jeune entrepreneur».  «Ces activités initiées par les organisateurs de la Semaine permettront « de faire la promotion de nos produits », a commenté la responsable marketing et communication de Sapec. « Remporter par exemple ce prix donnera une grande visibilité à notre marque qui existe depuis 2003 », a ajouté Ramatoulaye Berthé. «Notre objectif est d’avoir le trophée de la meilleure marque de produit», a-t-elle dit.  Ewaati est une startup spécialisée dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la  robotique. Pour ses responsables, c’est pour promouvoir leurs produits et services qu’ils ont participé à cette Semaine des marques. «Nous avons des produits et services comme e-school, e-security e-marketing, e-care, e-face», ont-ils expliqué. Responsable marketing de Sahel infusion qui existe depuis 2013, Aissata Cissé se dit heureuse de compter parmi les nominées et espère que son entreprise sera retenue pour cette première édition.  Quant à la chargée de communication de la société Bara Musso, elle souhaite que cette activité soit encouragée et soutenue. «La Semaine des marques nous a montré qu’on est parmi les grandes entreprises et qu’on est considéré», se réjouit Fatou Sidibé, rappelant que Bara Musso existe depuis 2008. FMS/MD (AMAP)

Plus de 14 000 entreprises voient le jour au Mali, chaque année (Le Premier ministre)

Bamako, 15 mar (AMAP) Chaque année, plus de 14 000 entreprises voient le jour au Mali où 1 055 marques déposées ont été enregistrées, de 2016 à 2022, a-t-on appris, lundi, de source officielle, à l’ouverture de la Semaine des marques.  « Ces chiffres placent le Mali dans le Top 5 des gros déposants de l’Organisation africaine de la propriété industrielle (OAPI) », a souligné le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, qui a présidé cette cérémonie, au Centre international de Conférences de Bamako (CICB). La Semaine des marques, qui se déroulera jusqu’au 19 mars, est organisée par le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI) et son partenaire Spirit, avec comme thème : «Une marque compétitive : un outil de conquête de marchés».  La rencontre mettra en compétition les marques nationales protégées, établies et exploitées et celles exerçant une activité économique ou sociale régulière. Les prix en compétition sont, entre autres, «la marque préférée du public», «la meilleure marque de produit», «la meilleure marque de service», «la meilleure marque à l’international», «la meilleure marque féminine», «la meilleure marque du plus jeune entrepreneur». Pour cette grande première, il y aura une série d’activités, notamment des panels qui permettront aux participants et aux visiteurs de mieux appréhender la question de la marque, comprendre son utilité et savoir comment la protéger. Des conférences sur la contrefaçon et ses méfaits et des ateliers de formation à l’intention des jeunes et des femmes entrepreneurs et de la société civile sont, aussi, au menu de cette Semaine des marques. Il y aura également des émissions télévisées comme «Grin de midi», des caravanes sur les deux rives du fleuve Djoliba (Niger) avec les produits et les sponsors de l’événement, une journée porte ouverte au CEMAPI, des animations et des jeux concours. Pour le chef du gouvernement, cette manifestation économique offre l’occasion de célébrer et magnifier le secteur privé malien qui se distingue, aujourd’hui, « par son dynamisme, sa résilience, son sens patriotique et son engagement de tout instant malgré le contexte économique et géopolitique particulièrement difficile ». Choguel Kokalla Maïga a indiqué qu’avec la mondialisation, la concurrence constitue une menace pour les entreprises qui ne sont pas préparées. D’où la nécessité pour elles de faire recours à la propriété industrielle. « En effet, a ajouté le Premier ministre, la propriété industrielle constitue un outil précieux pour le développement économique de notre pays et pour satisfaire aux impératifs du développement ».  Il convient, pour ce faire, d’innover et de créer pour permettre d’améliorer constamment la qualité de vie de nos populations à travers la production et la commercialisation de nos biens de services.  Selon le chef du gouvernement, derrière ces biens de services de consommation, il y a une identité, une marque qui permet de créer et de renforcer les liens entre les entreprises et les consommateurs. Pour le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, cette Semaine des marques servira donc à donner une meilleure visibilité et à sensibiliser les opérateurs économiques sur l’importance de la marque dans leur stratégie commerciale. Mahmoud Ould Mohamed a précisé que la marque, comme tout autre signe distinctif, est un enjeu incontournable et essentiel en termes de communication d’entreprise.  Elle apporte notoriété et confère à l’entreprise une image positive lui permettant de créer un lien fort avec les consommateurs. La marque a une valeur ajoutée et est un véritable capital pour les entreprises. Il s’agit, a poursuivi le ministre de l’Industrie et du Commerce, « de faire valoir la marque malienne qui fait face à une lourde concurrence sous régionale et internationale ».  De son côté, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily, a indiqué que la Semaine des marques vise à inciter les opérateurs économiques à prendre conscience de l’importance de leurs marques, « afin de sécuriser leurs investissements ».  M. Bathily a invité les opérateurs et les promoteurs de marques à engager, au niveau du CEMAPI, les démarches nécessaires en vue de la protection de leurs marques contre les contrefaçons et la piraterie. AMK/MD (AMAP)

Opération spéciale d’immatriculation : 2.941 permis de conduire et 874 cartes grises délivrés

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 14 mar (AMAP) Le premier bilan de l’opération spéciale d’immatriculation des engins à deux roues et de délivrance de permis de conduire donne 2.941 permis de conduire et 874 cartes grises délivrés à des propriétaires de tricycles, motos taxis, vélomoteurs, du 15 novembre 2021 au 03 mars 2022.  Lors d’une rencontre d’information sur l’opération, le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux, Mamadou Sow, jeudi dernier, au ministère des Transports et des Infrastructures, s’est dit satisfait des résultats atteints par l’opération de délivrance des permis de conduire.  Cependant, celle « de délivrance de carte grise fait face à des problèmes liés à la mise à disposition du Certificat de mise à la consommation (CMC), un document douanier », a relevé M. Sow. Cette rencontre, présidée par le représentant du chef du département de tutelle, Dr Moussa Telly, a regroupé les principaux acteurs de l’opération depuis son lancement au mois de novembre dernier, avait pour objectif de faire le bilan des services fournis, de constater les insuffisances et de dégager des perspectives.  Selon Mamadou Sow, certains propriétaires ont les vignettes et les factures d’achat de leurs engins, mais ils ne disposent que de certificats de dédouanement global. «Ces documents nous parviennent en photocopie. Après vérification, la majorité de ces documents ne sont pas bons parce que quand les motos sont importées au Mali, elles viennent en pièces détachées dans des cartons. Donc, la douane fait un dédouanement en vrac», a précisé le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux.  « Pour surmonter cet obstacle, a-t-il dit, il a été convenu avec le ministère de l’Économie et des Finances de voir la possibilité d’offrir à chaque moto des conditions favorables de dédouanement ».  «Les motos taxi, les vélomoteurs et les tricycles seront désormais dédouanés à une somme au rabais, se chiffrant à 5.000 Fcfa par Certificat de mise à la consommation. Nous attendons seulement la décision administrative de la douane pour informer nos partenaires afin que les étudiants, les fonctionnaires, les commerçants viennent immatriculer leur moto au niveau de la direction régionale des transports», a-t-il souligné.  En perspective, il est prévu d’installer des équipes à la Maison de la presse, au Centre national des œuvres universitaire (CENOU), à la gendarmerie et la police nationale pour permettre aux usagers de passer les examens pour l’obtention du permis de conduire.  « C’est une façon, a jouté M. Sow, de rapprocher l’administration des administrés. Et d’assurer que tout engin non dédouané ne peut ni avoir une carte grise, ni une plaque d’immatriculation ».  «Dès lors que le dédouanement est acté, vous vous présentez à la direction régionale des transports pour payer 7.500 Fcfa pour avoir la carte grise et les plaques et 5.000 Fcfa pour obtenir le permis. Les opérations se poursuivront jusqu’au 15 août 2022», a précisé Mamadou Sow. « Passé ce délai, a-t-il prévenu, il y aura un contrôle sur toute l’étendue du territoire ». Le syndicat des motos taxis et celui des conducteurs de tricycle du Mali, présents à cette rencontre, ont apprécié les efforts consentis par les autorités.  Ils ont demandé de diligenter le processus d’acquisition du CMC et ont invité leurs membres à accomplir leur devoir citoyen. AG/MD (AMAP)

Agro-business :  Quelque 2 milliards de Fcfa pour booster l’exportation du fonio aux Etats-Unis

Bamako, 11 mar (AMAP) Deux entreprises maliennes ont reçu une subvention de co-investissement de 1,9 million de dollars (soit environ 2 milliards de Fcfa) de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) West Africa Trade & Investment Hub (Trade Hub) par le biais de Prosper Africa, annonce le service de presse de l’ambassade américaine au Mali. Mali Shi SA et Yolélé, dans un ambitieux projet commun ont pour objectif d’établir un commerce direct du fonio entre les États-Unis et le Mali, précise le communiqué.« Le projet vise à faire des États-Unis le premier marché du fonio et à générer 2 400 tonnes par an de nouvelles exportations d’ici la fin du projet sur deux ans et demi, pour une valeur de plus de 5 millions de dollars.  Le projet créera également 13 714 emplois dans le secteur agricole au Mali et 4,5 millions de dollars en ventes collectives aux petits exploitants », poursuit la même source. « Le potentiel du marché du fonio et des produits connexes reste largement inexploité aux États-Unis », a déclaré le chef et auteur de livres de cuisine Pierre Thiam, co-fondateur avec Philip Teverow de Yolélé, une entreprise américaine lancée en 2017 pour partager les ingrédients et les cuisines de l’Afrique avec le monde entier. « Le fonio s’inscrit dans les dernières tendances positives des super aliments, des céréales anciennes/héritées et des produits sans gluten. Au-delà de ses avantages nutritionnels et culinaires, il se cuisine en seulement cinq minutes! Le fonio offre également d’importantes possibilités de générer des emplois et des revenus en Afrique de l’Ouest, chez les femmes en particulier. », a ajoute M. Thiam cité par le communiqué. Le fonio est une céréale de base d’Afrique de l’Ouest qui regorge de nombreux nutriments et avantages pour la santé. Il est naturellement sans gluten, riche en vitamines B et pauvre en cholestérol, en sodium et en graisses. En outre, son faible indice glycémique en fait un glucide approprié pour les personnes atteintes de diabète, une population croissante en Afrique de l’Ouest, selon l’Organisation mondiale de la santé, cité par le communiqué. Néanmoins, le fonio est considéré comme une espèce de culture négligée et sous-utilisée. Le partenariat ainsi que le projet du Trade Hub avec Mali Shi et Yolélé « vise à changer cela en établissant une nouvelle chaîne de valeur mondiale ouest-africaine pour le fonio, avec le Mali, le huitième plus grand pays d’Afrique, comme épicentre ». Grâce à la subvention Trade Hub, Mali Shi, l’agro-transformateur et entreprise principale du projet, espère obtenir, avec Yolélé, 11,6 millions de dollars (soit plus de 2,2 milliards de Fcfa) supplémentaires de sources privées afin d’organiser une chaîne d’approvisionnement en fonio qui réponde aux meilleures pratiques internationales et établisse des liens directs avec les marchés commerciaux américains pour les produits à base de fonio, y compris Whole Foods Markets. « L’un des impacts les plus positifs de ce projet est de fournir de multiples sources de revenus aux agriculteurs de notre réseau en pleine expansion, qui compte déjà plus de 23 000 collecteurs/éleveurs de karité », a déclaré Simballa Sylla, le Pdg de Mali Shi, le plus grand transformateur de beurre de karité au Mali.   Le partenariat de co-investissement de Trade Hub avec Mali Shi et Yolélé constitue son premier au Mali. « Le Mali regorge d’opportunités pour soutenir la croissance économique par le biais de l’investissement privé, créer des emplois à long terme pour les petits exploitants agricoles et augmenter les exportations de produits tels que le fonio vers les États-Unis », a indiqué Frantz Tavares, responsable des partenariats public-privé pour le Trade Hub.  Le succès du projet sera déterminant pour que Yolélé réalise un chiffre d’affaires de 10 millions de dollars d’ici la fin du projet, grâce à l’expansion de la distribution de ses collations ainsi que d’autres dérivés du fonio dans les circuits de détail, de services alimentaires et industriels.  À la fin du projet, les petits exploitants agricoles partenaires de Mali Shi/Yolélé gagneront un revenu durable grâce à la vente de fonio en complément de leurs autres activités agricoles. MK/MD (AMAP)  

La gomme arabique : Un créneau porteur 

Par Cheik Amadou DIA Bamako, 19 mar (AMAP) Dans le vaste entrepôt situé en Zone industrielle de Bamako, l’usine de bois de la Société de gestion forestière Abdoulaye Halidou Cissé (SGF-AHC) était autrefois animée par le bruit assourdissant des scies électriques utilisées pour la transformation du bois d’œuvre destiné à l’exportation. Aujourd’hui, dans la cour de cette gigantesque infrastructure, on n’entend plus que le bourdonnement harmonieux de l’activité de tri et de conditionnement de la gomme arabique. De petites mains ingénieuses de femmes et de jeunes filles, une soixantaine à notre passage, assisses sous des hangars, nettoient, trient et tamisent des tas de gomme arabique entassés devant elles. Dans une ambiance de fourmilière.  Chaque jour, depuis plus d’un an, ces dames du quartier abritant le site et ses environs, viennent y travailler pour gagner leur pain quotidien. Toutes des ménagères ou mères célibataires démunies. Aminata Traoré est l’une de ces journalières travaillant à l’usine. Elle nous approche avec un grand sourire sur les lèvres. «Quand je commençais le travail ici, je n’arrivais même pas à m’acheter un bonbon», confie-t-elle. Grâce à cette activité, Aminata gagne 2.000 Fcfa par jour, soit un salaire mensuel d’environ 60.000 Fcfa. Mariée, la mère de trois enfants arrive ainsi à aider son conjoint (travailleur journalier) dans l’entretien de sa famille. Coiffé d’une casquette de couleur blanche, un tablier imprimé de l’arbre d’acacia en survêtement, Bakary Sidibé est le chef du volet gomme arabique de la SGF-AHC. Au milieu de ses poulains, ce détenteur d’un Master en agro-économie est enthousiaste quand il nous explique l’organisation du travail au sein de son entreprise. DE TOUT SEXE ET DE TOUT AGE – Si les dernières activités avant le conditionnement du produit se font sur place à l’usine, la chaîne commence à des centaines de kilomètres de Bamako, sur les terres arides de la première Région, Kayes. Nous nous sommes transportés sur les milliers d’hectares qu’exploite la SGF-AHC dans les Communes rurales de Toukoto, Sourasan, Oualéa, Sefeto Ouest (Cercle de Kita). Dans les champs d’acacias (arbre qui produit la gomme arabique) étendus à perte de vue, l’on aperçoit hommes et femmes de tout âge. Ils collectent le précieux produit.  «Nous sommes une entreprise à la fois commerciale et solidaire», déclare le coordinateur général de la SGF-AHC. Selon Adama Coulibaly, sa société est résolument engagée dans la lutte contre la pauvreté tout en œuvrant pour la protection de l’environnement. C’est pourquoi, elle privilégie l’emploi local. Tous ceux qui travaillent ici sont de la localité », indique-t-il.  « Auparavant, avec l’exploitation du bois d’œuvre, on employait peu de main d’œuvre locale, car ce secteur nécessite une main-d’œuvre qualifiée », souligne le manager. En décidant de sortir du «tout bois», la société constate qu’elle peut utiliser de la main-d’œuvre locale et peu qualifiée. Ainsi, elle forme ses employés aux techniques simples de collecte de la gomme arabique sans grande difficulté. « Cela permet de créer de «l’emploi vert» au niveau local, tout en détournant les populations rurales de la coupe du bois et de la production du charbon de bois qui étaient leurs principales activités de subsistance, estime Adama Coulibaly.  Avec la promotion de la filière des produits non ligneux dans ses activités d’exploitation des ressources forestières, la SGF-AHC entend mettre en œuvre une vraie approche de développement préservant durablement nos forêts. Dans cette dynamique, elle travaille avec les coopératives villageoises, les autorités communales des zones d’intervention, les coopératives des exploitants forestiers et les services techniques de l’État, à travers la direction nationale des eaux et forêts. REVENUS – La société a, à ce propos, créé des jardins botaniques de proximité dans les communes concernées par son domaine d’exploitation. Le but étant d’initier les coopératives villageoises à la production de plants en pépinière. Elle a réalisé des parcelles de reboisement et emploie des ressources humaines qualifiées avec le recrutement d’agents de suivi de plan d’aménagement et de gestion.  Toute chose qui permettra une meilleure application des technologies de défense et de restauration du périmètre d’exploitation. Tout ceci combiné avec un développement socio-économique au profit des populations riveraines. Ainsi, la société appuie dans ses zones d’intervention, les activités génératrices de revenus (AGR) telles que le maraîchage. Elle participe également à la réalisation des infrastructures de base (centres de santé, écoles, etc.) et leur équipement. De l’usine de bois du Mali, créée en 1968 sous le régime du président Modibo Keïta et, inaugurée en 1969 par le président Moussa Traoré, la SGF-AHC est issue d’un processus de privatisation enclenché en 1990 sous le nom : Entreprise «Faguibine». C’est en 2006 qu’elle prendra le nom de Général industrie de bois (GIB) avant de devenir la SGF en 2014. Leader de la gestion forestière au Mali, elle s’est fixée comme objectifs, la gestion durable des ressources forestières, l’organisation et la planification des travaux de valorisation des ressources forestières dans notre pays.  Conformément à la loi n°10-028 du 12 juillet 2010, portant règlementation de l’exploitation des produits dans le domaine forestier national, la société élabore des plans d’aménagements, réalise des travaux de restauration, soutient les services techniques de l’État et anime des campagnes d’informations et de sensibilisation des populations rurales sur les bonnes pratiques de gestion. Un bel exemple qui mérite d’être répliqué par ses pairs, dans un contexte de lutte contre la déforestation. CAD (AMAP)

Mali-Canada : Plus de 11 milliards de fcfa pour deux projets

Bamako, 19 mar (AMAP) Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et le chef de la Coopération du Canada au Mali, François Picard, ont signé, mercredi, au département des Affaires étrangères, deux protocoles d’entente relatifs à la réalisation du projet «Appui à la lutte contre la corruption pour et par l’égalité des genres au Mali» et du projet «Appui à la justice et à la  paix». D’un budget de 4,4 milliards de Fcfa, le projet «Appui à la lutte contre la corruption pour et par l’égalité des genres au Mali» (LUCEG sera mis en œuvre par l’École nationale d’administration publique du Canada (ENAP) sur 5 ans. Il vise à renforcer le pouvoir des femmes et des filles face aux pratiques discriminatoires et de corruptions contribuant aux injustices et aux inégalités de genre dans la société malienne.  Ce projet permettra, aussi, d’améliorer les capacités des organismes de la société civile en vue d’une meilleure prise en compte de l’égalité des genres, de l’équité en plus de la représentation des femmes et des filles dans la lutte contre la corruption. Mais, aussi, de renforcer les capacités des institutions pertinentes pour contribuer à la prévention de la corruption. Le projet LUCEG a deux composantes interdépendantes. La première consiste à renforcer les capacités organisationnelles (matérielles, logistiques, techniques et financières) d’une dizaine d’organisations de la société civile et d’associations féminines spécialisées dans la défense des droits des femmes et des filles. Tout comme la promotion de l’égalité des genres ainsi que dans la lutte contre la corruption à Bamako et dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro, Sikasso (Sud), Ségou , Mopti (Centre) et Gao (Nord).  500.000 BÉNÉFICIAIRES DIRECTS – L’autre composante du projet LUCEG sera mise en œuvre à travers un partenariat avec l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI). L’objectif de ce partenariat est d’améliorer l’efficacité de l’OCLEI  dans la lutte contre la corruption à Bamako et dans les régions. Le projet «Appui à la justice et à la  paix» (JUPAX) est réalisé par Avocats sans frontières Canada (ASFC). Il vise à renforcer les capacités des femmes, filles et autres personnes en situation de vulnérabilité (PSV) dans une perspective d’accès à la justice. Ce, afin de défendre et faire respecter leurs droits humains, de lutter contre l’impunité et la corruption, de participer à la réconciliation nationale, au processus de construction et de consolidation de la paix dans notre pays.  Le JUPAX prévoit de toucher plusieurs groupes de bénéficiaires. En particulier, les femmes et filles pour atteindre, approximativement, 500.000 bénéficiaires directs dans le District de Bamako et les Régions de Mopti, Ségou (Centre), Tombouctou, Gao et Kidal (Nord).   D’une durée de 5 ans et pour un budget de plus de 7 milliards de Fcfa, le JUPAX s’inscrit dans un contexte marqué par une crise multiforme qui a débuté en 2012 par un conflit armé dans les Régions du Nord du Mali.  Selon le chef de la Coopération du Canada au Mali, les deux projets se situent dans le cadre de la continuité des efforts du Canada et du Mali à renforcer la société malienne et les institutions autour des questions de lutte contre la corruption et de lutte contre l’impunité.  Après avoir félicité le gouvernement pour l’importance qu’il accorde à l’intégration des femmes dans la refondation, François Picard a soutenu qu’aucun changement réel et important ne peut s’effectuer sans une  présence et une contribution forte des femmes maliennes, à tous les niveaux. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a remercié le Canada avant de rappeler ses appuis constants et soutenus dans les domaines prioritaires. Abdoulaye Diop a noté que la pertinence des projets financés dans le cadre du partenariat exemplaire démontre à suffisance l’engagement et la détermination du partenaire canadien à coller aux préoccupations du gouvernement dans ses efforts tendant à assurer un mieux-être aux populations. «Ils sont, du reste, conformes aux axes prioritaires édictés dans la feuille de route des autorités de la Transition », a-t-il précisé. La cérémonie s’est déroulée en présence des ministres Mahamadou Kassogué (Justice et Droits de l’Homme, Garde des Sceaux), le colonel-major Ismaël Wagué (Réconciliation, Paix et Cohésion nationale) et Mme Wadidié Founè Coulibaly (Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille). OD/MD (AMAP)

Impacts du changement climatique : l’Afrique très exposée, selon le Groupe d’experts intergouvernemental 

Par Cheick Amadou DIA Bamako, 09 mar (AMAP) À la veille du sommet sur le climat organisé par les Nations unies, les 1er et 2 mars 2022 à Nairobi (Kenya), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié un rapport de 400 pages sur le changement climatique en lançant un appel sans précédent sur l’évolution climatique. Le Groupe invite, de manière urgente, à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Son rapport attire l’attention sur les conséquences dramatiques du réchauffement climatique en Afrique.  D’après l’indice de vulnérabilité au changement climatique de 2015, sept des dix pays les plus menacés par le changement climatique se trouvent en Afrique. Le continent est désormais mis sur la «liste rouge». Les conséquences du réchauffement climatique en Afrique se répercutent sur la santé, les moyens de subsistance, la production alimentaire, la disponibilité et l’approvisionnement en eau, la sécurité globale, l’agriculture et l’alimentation et enfin sur les écosystèmes.  Il ne fait pas de doute que le réchauffement climatique entraîne des changements météorologiques. Des vagues de chaleur encore plus fortes sont à craindre, avec des sécheresses intenses. L’Afrique connaissant déjà le taux de mortalité dû aux sécheresses le plus élevé du monde, et des inondations qui sont fréquentes. Les inondations et les sécheresses ont été multipliées par deux au cours des 25 dernières années. Ce sont des milliers de personnes qui sont touchées lorsque le niveau de l’eau diminue.  Au Mali, ces effets seront ressentis sur l’agriculture avec une baisse drastique du niveau des cours d’eau. Des vagues de chaleurs précédant une perturbation pluviométrique sont à craindre, selon les prévisions des spécialistes. L’économie du Mali repose essentiellement sur l’exploitation des ressources naturelles. La croissance démographique (3,6 %/an) et les contraintes climatiques entrainent une surexploitation et une dégradation de ces ressources.  Les 2/3 du pays sont arides et semi-arides, dominés par des problèmes de désertification. Les risques naturels s’accroissent avec l’intensification des changements climatiques (sècheresses à répétition, inondations, vents forts, feux de brousse, déstabilisation du régime des pluies).  L’agriculture qui est la plus touchée représente 45% du Produit national brut (PNB) et occupe environ 80% de la population active. Cette situation est d’autant plus grave que les scénarios climatiques à l’horizon 2100 prévoient, en moyenne, une augmentation des températures de 3°C et une diminution des pluies de 22% sur l’ensemble du pays.  Sur le continent, les glaciers du Kilimandjaro sont également touchés et diminuent fortement d’année en année. L’on estime que 82% de la glace qui se trouvait sur la montagne en 1912 ont dorénavant disparu. Le changement climatique provoque de véritables pathologies. Par exemple, la réduction de la qualité de l’air due aux vagues de chaleur et qui peut engendrer des problèmes respiratoires et aggraver les maladies respiratoires, mais amène aussi la malnutrition, un stress thermique et la propagation du paludisme dans les zones où l’on prévoit un accroissement des précipitations et des inondations.  Le changement climatique a aussi des répercussions sur le logement. En effet, de nombreux logements ont déjà été détruits à cause des graves inondations et sécheresses. « Des milliers de personnes sont obligées de se déplacer dans d’autres villes et deviennent donc des réfugiés climatiques, sur le continent africain », révèle le GIEC. Les enfants, les femmes et les personnes âgées sont les personnes les plus vulnérables face à ces changements, confrontées à de véritables dangers physiques.  Le réchauffement climatique impacte sévèrement les écosystèmes. En effet, les écosystèmes marins et d’eau douce en Afrique de l’Est et australe ont déjà été touchés. Les impacts du réchauffement climatique peuvent aggraver les problèmes de sécurité nationale et accroître le nombre de conflits internationaux comme pour les accès limités aux sources d’eau. VOLONTÉ POLITIQUE – Pour conclure, le continent africain est bien celui qui souffre déjà le plus du réchauffement climatique même s’il est, sûrement le moins responsable de ce changement. Ces effets sont irrémédiables, même dans l’hypothèse d’une limitation de la hausse des températures à 1,5°C, comme fixé dans l’Accord de Paris de 2015. Ils sont, par ailleurs, aggravés par la pauvreté ou l’accès limité à des services. D’ores et déjà, entre 3,3 et 3,6 milliards d’habitants vivent dans des situations très vulnérables au changement climatique.  Les experts évoquent les incidences à venir pour les populations avec, en particulier, 1 milliard d’habitants des régions côtières menacés en 2050. Parmi les effets en cascade liés aux catastrophes naturelles de plus en plus rapprochées, le GIEC évoque aussi les conséquences sur la production alimentaire, la hausse du prix des aliments ou encore la malnutrition. Si des efforts ont été réalisés pour réduire les émissions de CO2, les auteurs du rapport dénoncent une inadéquation des moyens mis en œuvre face à la rapidité des changements, signe d’un «manque de volonté politique» avec, pour exemple, le non-respect des engagements de Glasgow 2021 pris lors de la Cop 26 en matière de doublement des budgets pour lutter contre le réchauffement. Un développement résilient au changement climatique est cependant encore possible en consacrant des efforts financiers plus importants dans certains secteurs clés comme la transition énergétique pour réduire les émissions de CO2, une meilleure gestion de l’eau et de l’irrigation mais aussi une meilleure adaptation des cultures aux conditions climatiques via l’agro-écologie et la préservation du milieu naturel (restauration des forêts et des écosystèmes naturels, arrêt de l’urbanisation dans les zones côtières, végétalisation des villes, etc.).  Tandis que certaines zones du monde sont déjà dans des situations critiques. Le GIEC met en garde contre des solutions de court terme inadaptées telles que la mise en place de digues sur le littoral, entre autres.  « Au rythme de développement actuel, le réchauffement climatique pourrait atteindre 2,7°C à la fin du siècle », alerte le groupe d’experts.  Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été créé en 1988 en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade.  Le GIEC ne produit donc pas de nouvelles recherches. Il fait le point sur l’état des connaissances, à partir de l’évaluation critique des éléments

Hamdallaye ACI 2000 : L’envers du décor dans le quartier des affaires de Bamako

Par Fadi CISSE  Bamako, 09 mar (AMAP) L’Agence de cession immobilière (ACI) a changé fondamentalement le visage de l’ancienne zone aéroportuaire. Principal centre d’affaires de la capitale abritant les sièges de plusieurs grandes entreprises, des restaurants et des commerces, il traîne des problèmes d’assainissement et de viabilisation qui ne sont pas dignes du standing qu’il veut se donner.  Les anciens occupants que nous avons interrogés, se disent impressionnés par la mutation de l’ancienne zone aéroportuaire. C’est le cas d’Oumou Traoré, médecin généraliste rencontrée devant sa maison, non loin de la Place «CAN». Elle y habite depuis 20 ans. Notre interlocutrice trouve que l’ACI 2000 est devenu, au fil des ans, un endroit huppé avec des immeubles et autres œuvres architecturales abritant des grandes entreprises, des supermarchés, des restaurants et pâtisseries et disposant de plusieurs espaces de loisir.  Un boom architectural qui cache mal certaines tares constatées dans l’évolution de ce quartier. La quinquagénaire déplore, par exemple, l’absence de marché dans le quartier. «Il nous faut marcher à pied, chaque matin, sur la route de Djicoroni-Para pour trouver un marché et faire nos courses pour la cuisine. Raison pour laquelle, souvent, j’achète beaucoup d’articles pour les mettre au frigo», confie-t-elle. « En revanche, se réjouit-elle, il y a beaucoup de supermarchés à l’ACI 2000, dont la plus imposante est Les «Mille et Une merveilles».  Hassan Keita tient sa boutique depuis 2007 à l’ACI 2000, du côté du cimetière de Lafiabougou. «Quand je suis venu m’installer, il y avait juste quelques belles maisons en dur à côté des constructions en banco. Maintenant, avec ces grands immeubles, on se croirait en Europe», s’exclame-t-il. Cependant, le boutiquier déplore de sérieuses lacunes de voirie, notamment d’assainissement, car en saison des pluies, plusieurs routes dans ce quartier chic deviennent impraticables pour les usagers. «Faute de collecteurs, pendant la période de pluies, ma clientèle diminue car il faut franchir les eaux usées pour accéder à ma boutique. À cause de cette situation, certains de mes clients préfèrent aller ailleurs», explique-t-il. Le sujet de l’assainissement et des nuisances revient souvent dans les commentaires lorsqu’on parcourt la documentation sur l’ACI. Le 15 avril 2009, le journal satirique ‘Le Scorpion’ titrait : « Hamdallaye ACI 2000, une belle cité insalubre ». Le journal dénonçait les pratiques illégales nuisibles à l’environnement : feux d’ordures la nuit qui polluent l’air, déversement de tas de sable ou débris de matériaux dans les caniveaux, en particulier au niveau des immeubles en chantier. L’article de presse déplorait l’odeur nauséabonde provenant des eaux stagnantes, la prolifération de mouches, moustiques, cafards, crapauds. « Un véritable taudis », selon nos confrères, où se côtoient rongeurs nuisibles et immondices ! Ces nuisances n’empêchent pas le quartier d’être très attractif. Lorsque l’on consulte le site Bamako Immobilier, des terrains sont mis en vente partout, notamment à côté d’emplacements stratégiques: Orca, Avenue du Mali, Radisson ACI, ambassade des États-Unis, Bougie Ba, Fondation Blondin Bèye, Espace Bouna, etc. Les prix s’envolent  : 300 m2 cédés à 70, voire 80 millions de Fcfa, 450 m2 à 150 millions de Fcfa, 500 m2 entre 100 et 200 millions de Fcfa, 700 m2 à 300 millions de Fcfa, etc. REGULER LE DÉVELOPPEMENT – L’aménagement du quartier de l’ACI 2000 s’inscrit dans une politique d’urbanisation au long terme. Rencontré dans sa famille, Imrane Abdoulaye Touré, a été directeur national de l’urbanisme et secrétaire général du ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population jusqu’en octobre 2021. L’homme est la mémoire vivante de l’urbanisation de Bamako depuis les années 1990.  Selon lui, au Mali, la mise en place a été tardive. C’est en 1979-81 qu’est élaboré et adopté le premier Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de Bamako, révisé ensuite en 1990 et en 1995. Cette dernière révision a fait de l’ancien aérodrome de Bamako une zone de développement, dont la mise en œuvre a été confiée à l’Agence de cessions immobilières (ACI), chargée de la viabilisation et de la vente initiale aux enchères des terrains. « En 1995-96, un plan d’urbanisation sectorielle est défini », précise Imrane Abdoulaye Touré. Pour l’expert, ces dispositions ont constitué un progrès, car à l’époque Bamako comportait beaucoup de quartiers spontanés, nés de l’attribution de parcelles par les chefs coutumiers. «La vente aux enchères instaurait aussi une certaine transparence. Par la suite, la spéculation a décuplé le prix des terrains. Si à l’origine, ceux-ci ont pu être vendus autour de 35.000 Fcfa/m2 (70.000 au maximum), ils peuvent atteindre aujourd’hui 300.000 à 400.000 Fcfa/m2», détaille notre interlocuteur. P récisant que la viabilisation de la zone a été correcte, Imrane Abdoulaye Touré ajoute que les carences constatées ultérieurement dans la gestion de l’assainissement sont dues à un chevauchement de responsabilités entre l’ACI et les collectivités. « Par exemple, le dépôt des ordures était prévu pour chaque lotissement, mais les collectivités n’ont pas toujours respecté ces dispositions », dit-il avant de souligner que « dans ce cas la décentralisation a accentué la dilution des responsabilités et le désordre ». METTRE À JOUR ET APPLIQUER LES TEXTES – « D’une façon générale, relève Imrane Abdoulaye Touré, le cadre règlementaire est suffisant ». Par ailleurs, il estime que la stratégie d’urbanisation a besoin de Schémas régulièrement mis à jour (en principe tous les 5 ans). Or, il a fallu attendre 2005 pour voir une proposition de nouveau schéma directeur, et celle-ci n’a pas été suivie d’effet. «Même dans le cas actuel, on peut considérer que les textes existent, mais qu’il y a un problème d’application, dans une situation où beaucoup d’intérêts sont en jeu. Bref, il faut vraiment qu’on ait un document de planification adapté au contexte actuel», propose-t-il. Selon l’actuel directeur national de l’urbanisme et de l’habitat, « le bilan du plan d’urbanisme de l’ACI 2000 peut être considéré comme positif, malgré quelques points d’ombre ». Amadou Doumbia note que « l’ACI a permis une modernisation et une verticalisation des constructions en vue de la densification urbaine ». Ce qui peut être considéré comme une rupture par rapport aux pratiques de la IIè République : lotissements non viabilisés, constructions en banco, prolifération des quartiers spontanés. Pour le directeur de l’urbanisme

Le sculpteur Lassinèba Traoré : L’art du bois taillé

Par Moussa OUERE Bla, 01 mar (AMAP) Cet artiste excelle dans ce métier secondaire qu’il exerce. Ses œuvres d’art sculptées sont appréciées par les connaisseurs, La sculpture, activité artistique qui consiste à concevoir et réaliser des œuvres en forme, en volume, en relief, soit en ronde-bosse (statuaire), en haut-relief, en bas-relief, par modelage, par taille directe, par soudure ou assemblage, est peu connue, surtout, dans le Cercle de Bla, Région de Ségou (Lire suite : http://lessor.ml)