Office riz Ségou : Plus de 200 000 tonnes de céréales attendues
Ségou, 08 mar (AMAP) L’Office riz Ségou (ORS) table sur une production de plus de 203 532 tonnes, toutes céréales confondues, dont 115 721 tonnes de riz paddy, pour la campagne agricole 2023-2024, a annonce, mardi, le secrétaire général du ministère du Développement rural, Daniel Siméon Kelema, lors de la 31è session du Conseil d’administration de l’ORS. Selon m. Kelema, « l’atteinte de cet objectif de production dépendra largement de meilleures conditions pluviométriques, hydrologiques, sécuritaires et phytosanitaires. » Le secrétaire général du ministère du Développement rural a rappelé que la session se tient à une période où, le Mali traverse des moments difficiles, mais non insurmontables grâce aux efforts consentis par les autorités du pays. « Les conséquences de la guerre en Ukraine et de la Covid-19 continuent, a-t-il poursuivi, d’impacter négativement le secteur agricole, en affectant la disponibilité des intrants agricoles, particulièrement l’engrais minéral dont le prix est en hausse sur le marché. » S’y ajoute l’insécurité qui sévit encore dans toute la zone d’intervention de l’Office riz Ségou dans le Centre du Mali. À l’ordre du jour de cette session portait, notamment, sur l’adoption du procès-verbal de la 30è session, l’état d’exécution des recommandations issues de la précédente session, la présentation du rapport annuel de performance 2022 et du projet annuel de performance 2023. Le budget prévisionnel 2023 de l’ORS se chiffre à un peu plus de 2,6 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,2 milliards Fcfa en 2022, soit une diminution de 18,56%. Cette régression s’explique par la fin annoncée du Projet de développement intégré et de résilience climatique dans les plaines du delta 2 (Pdir-PD2) en avril 2023 et du Projet d’appui au développement rural de Soké 1 (Pader-S1). «Conformément à la vision du département, les actions de l’ORS se focalisent sur la promotion d’une agriculture durable, moderne et compétitive en vue de contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle du pays et améliorer les revenus des exploitants et exploitantes agricoles », a rappelé Daniel Siméon Kelema. « Pour y parvenir, la stratégie qui sous-tend cette vision s’appuie sur deux piliers à savoir la promotion des exploitations familiales pratiquant principalement une agriculture de subsistance et les entreprises agricoles connectées aux marchés», a-t-il ajouté. Par ailleurs, il a révélé que l’accompagnement du secteur agricole par l’État a permis aux acteurs du monde rural de bénéficier de plus de 2 386,7 tonnes d’engrais subventionnés au cours de la campagne agricole 2022 sur un besoin exprimé de 7.451 tonnes. « L’un des défis majeurs, aujourd’hui, est d’arriver à produire en quantité et en qualité tout en réduisant le coût de production ; a analysé M. Kelema qui a évoqué la nécessité, pour l’ORS, de rechercher des financements pour l’aménagement de 21 000 ha dans l’inter-fleuve, 4 650 ha de Soké II et Dioro I, la réhabilitation du réseau hydraulique de tous les complexes et des études de reconversion de 1 350 ha de Famana et d’aménagement de 2 000 ha de Mallé. La réunion s’est tenue dans les locaux de la structure, en présence du directeur de cabinet du gouverneur de la Région de Ségou, Afel B. Yattara, du directeur général de l’ORS, Salif Sangaré et des administrateurs. MS/MD (AMAP)
Salon des prospecteurs et entrepreneurs canadiens : Le Mali est un « eldorado » pour les investisseurs miniers, dit le ministre en charge des Mines
Bamako, 08 mar (AMAP) « Le Mali reste une destination sûre pour les investisseurs et les autorités mettent tout en œuvre pour la préservation des investissements », a déclaré le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, mardi, à Toronto, au Canada, selon une source officielle malienne. Le ministre en charge des Mines, en marge du 91è salon de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (PDAC 2023), qui se tiennent depuis dimanche dans la ville canadienne, a présenté les potentialités du Mali devant un public composé essentiellement d’investisseurs et d’hommes d’affaires, rapporte le service de communication du département des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Dans son exposé, en présence de l’ambassadeur du Mali à Ottawa, Mme Fatouma Meité, indique la même source, le ministre Traoré a rappelé que « le Mali est une vieille nation démocratique où est née la première Charte des droits de l’Homme la plus connue qu’est la charte de Kourankanfouga. » Il a, aussi, évoqué la situation actuelle du pays « qui se caractérise par la volonté des autorités de mener des réformes indispensables au retour définitif de la stabilité et à l’amélioration des conditions de vie des populations. » Parlant des ressources minières, outre l’or, Lamine Seydou Traoré a relevé que le Mali regorge de plusieurs autres en grande quantité. Il s’agit du lithium, un minerai critique, très recherché aujourd’hui pour la confection des batteries pour l’énergie solaire. À cet effet, le ministre Traoré a annoncé que son pays « dispose de l’une des plus grandes mines de lithium en cours d’installation » dans la localité de Bougouni, dans le Sud du Mali et « dont la production va commencer très bientôt. » « La vision de nos autorités, qui ont engagé des réformes dans le secteur, est de faire en sorte que l’État, les populations et les entreprises profitent de l’exploitation minière », a dit le ministre malien. « Le code minier met un accent sur le contenu local afin de faire bénéficier davantage l’État et les populations des ressources minérales du pays »,a-t-il poursuivi. « Déjà, l’or contribue beaucoup à l’économie de notre pays avec plus de 25% d’apport au budget national, 75% des recettes d’exportation et 10% du PIB », a signalé le ministre des Mines, de l’Energie et l’Eau. En 2022, la production d’or a été de 72,2 tonnes dont 6 tonnes pour l’orpaillage artisanale. Cette tendance en augmentation devrait continuer en 2023, comme l’a témoigné la société B2GOLD dans sa présentation, au cours de l’événement. Selon le ministre Seydou Lamine Traoré, « le Mali est et reste une terre d’accueil pour les investisseurs. » Il a ajouté que toutes les réformes menées ou en cours dans le secteur minier « ont pour objectif ultime de concilier les intérêts des bénéficiaires que sont l’État, les populations et les entreprises. » Le ministre Traoré a, également, rappelé les efforts en cours et résultats obtenus dans le cadre de la sécurisation de l’ensemble du territoire. « Cela en mettant l’accent sur les zones minières qui restent non affectées par l’insécurité, contrairement à l’image que certains médias véhiculent. », a dit M. Traoré. SS/MD (AMAP)
Le Mali participe au 91è salon de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (Ministère en charge des Mines)
Bamako, 06 mar (AMAP) Le ministre malien des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, à la tête d’une forte délégation malienne, prend part au 91è salon de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (PDAC 2023), ouvert, dimanche, à Toronto, au Canada, selon une source officielle, M. Traoré participe à cette rencontre ainsi qu’une dizaine de sociétés et entreprises maliennes « pour présenter les potentialités du Mali et attirer les investisseurs vers notre pays », indique la cellule de communication du ministère en charge des Mines. Lamine Seydou Traoré cité par la source, a rappelé « l’importance que notre pays accorde à cette rencontre qui permettra de promouvoir la destination Mali et rassurer les investisseurs, tout en expliquant les nouvelles orientations du secteur minier basées sur le développement du contenu local. » Il s’agît de faire en sorte que « le Mali et les communautés profitent de l’exploitation minière sans porter préjudice à l’investissement des entreprises conformément à l’esprit du Code minier. » Le PDAC, qui est « devenu international et surtout incontournable pour les décideurs et professionnels du secteur minier » réunit, cette année, « plus de 30.000 participants venant de 130 pays qui se retrouvent autour des questions portant sur le développement des opportunités commerciales et le développement communautaire dans le secteur minier», ajoute la même source. Cet évènement est le plus grand rendez-vous international des décideurs et professionnels de l’exploration minière. Au cours de la rencontre, annonce la même source, des distinctions seront décernées à des auteurs de l’industrie minière dans le monde pour leur apport au développement minier ou communautaire. SS/MD (AMAP)
Maraîchage dans le Cercle de Diéma (Ouest) : Un tremplin pour les femmes
Diéma, 02 mar (AMAP) Le maraîchage est une culture de rente. Ces dernières années, il connaît de plus en plus un engouement dans le Cercle de Diéma. Il est surtout pratiqué par les femmes. Selon les estimations, plus de 60% des femmes pratiquent cette activité lucrative qui contribue à renforcer l’autosuffisance alimentaire dans cette bande sahélienne où la réussite de la campagne agricole est souvent tributaire des aléas climatiques. Après la période d’hivernage, ces braves femmes ne restent pas oisives, elles pratiquent le maraîchage. Avec les recettes générées, elles assurent leurs petits besoins et les charges de leurs enfants. D’autres encore constituent le trousseau de mariage de leurs filles. Celles qui participent aux tontines parviennent à honorer leurs engagements. Une partie de la production de légumes des femmes est aussi destinée à la préparation du repas familial, allégeant ainsi les frais. Dans la plupart des cas, chaque femme dispose de son petit lopin de jardin localisé dans la cour de sa maison, avec une source d’approvisionnement en eau. Parallèlement, nombreuses d’elles sont membres d’associations ou groupements de femmes et de jeunes qui exploitent des périmètres collectifs. Peu d’espaces familiaux sont décongestionnées, au point d’y trouver un espace libre pour pratiquer le maraîchage. Les parcelles, qui disposent de grands espaces, situées généralement au quartier Bamanaking, à l’Est de la ville, où le problème d’eau ne se pose pas, sont les plus verdoyantes. En cette période de l’année, les marchés sont fournis. On y trouve des légumes de tout genre : laitue, choux, carotte, échalote, tomate, betterave, pomme de terre, céleri, etc. À entendre les populations de Diéma, aujourd’hui, elles n’envient pas les produits maraîchers provenant d’ailleurs. Dans le Cercle de Diéma, les aides, en termes de renforcement de capacités, d’équipements, de semences, etc. émanant de l’État et de certaines ONG, n’atteignent pas toutes les femmes maraîchères. Certaines d’entre elles sont laissées pour compte. Plusieurs difficultés assaillent le secteur du maraîchage dans le Cercle de Diéma. La plus contraignante demeure le manque ou l’insuffisance d’eau. Les quelques mares qui existent sont complètement asséchées et les puits ne fournissent plus la quantité d’eau nécessaire. D’ailleurs, ils commencent déjà à tarir. Pour ne rien arranger, les bornes fontaines qui fonctionnent à l’électricité subissent le régime des délestages, à cause du mauvais état du seul groupe électrogène de seconde main qui alimente cette ville carrefour. Mme Assitan Diallo est maraîchère. Avec son puits à petit diamètre profond de quelques mètres, ses planches de légumes reçoivent quotidiennement de l’eau, par l’entremise d’un travailleur saisonnier qu’elle a engagé. Le céleri produit par Goundo Camara est très prisé par les consommatrices. Elle arrive, à cause de cet engouement pour sa production, à réaliser entre 5 000 et 7 500 Fcfa de recette par jour. En bonne épouse, Mme Maïmouna Samaké utilise régulièrement les légumes de son jardin pour sa propre consommation. Elle ambitionne, avec ses maigres économies, de se procurer une pompe solaire pour assurer l’approvisionnement en eau de ses planches. moyens – À Kasse-Kara, dans la Commune rurale de Groumera, une dame, qui a préféré garder l’anonymat, rapporte que le grillage qui clôturait le périmètre collectif des femmes, ne tient plus. Il a été fortement endommagé par la rouille, exposant ainsi le périmètre à la divagation des animaux. « Par méconnaissance, on a enfoncé le pourtour du grillage dans la terre. Le contact direct avec la terre a provoqué, au fil des ans, la rouille. Actuellement, chaque femme entretient sa petite parcelle », , poursuit la femme. Notre interlocutrice cultive surtout du gombo, une plante qui, selon elle, résiste mieux à la chaleur et n’a pas besoin d’assez d’eau pour croître. Depuis que son mari a refusé de lui acheter une motopompe, en représailles, elle a décidé de ne plus utiliser ses légumes dans la préparation des repas de la famille. Elle estime, pour expliquer sa grogne, que son mari ne manque pas de moyens pour lui acheter cet équipement agricole. Dans le jardin collectif d’un hectare et demi de l’association Benkady de Dioumara, dont Daly Cissé est la secrétaire administrative, sur les quatre puits existants, deux sont hors d’usage. Avec les recettes qu’elles engrangent avec la vente de légumes, ces femmes comptent refaire leurs puits et acheter du grillage pour réaménager la clôture de leur périmètre maraicher. Un conseiller communal de Gomitradougou, Kantara Magassa, se réjoui des réalisations de sa sœur qui fait du maraîchage dans sa maison, aidée par ses enfants. Comme plusieurs femmes, elle achemine ses produits à la foire hebdomadaire de Sébabougou, à 10 km. Ici, en milieu bambara, la culture du tabac est l’une des activités principales des femmes en cette période. Le premier adjoint au maire de la Commune, Modibo Sissoko, a regretté le manque de moyens de la collectivité qui ne peut pas aider les femmes maraîchères. L’État et ses partenaires ont consenti de nombreux efforts pour soutenir les femmes et les jeunes dans leurs projets mais, les résultats restent mitigés. Pour lutter efficacement contre la pauvreté et réduire le flux migratoire dans le Cercle de Diéma, il faut, selon le président de la Chambre locale d’agriculture, accroître davantage les soutiens aux femmes et aux jeunes, en finançant leur projet de développement. Boubou Traoré propose d’organiser les femmes maraîchères en coopératives, afin qu’elles puissent bénéficier de plus d’avantages. Il a invité les femmes à persévérer dans l’effort pour leur plein épanouissement. Les femmes maraîchères du Cercle de Diéma égrènent un chapelet de doléances. Elles ont besoin de forages, .’équipements, de semences et, surtout, de formation, pour plus de production, Pour cela, elles font appel à l’État, aux ONG, aux personnes de bonne volonté pour les aider à surmonter les difficultés auxquelles elles sont confrontées depuis belle lurette. OB/MD (AMAP)
Culture de la pomme de terre à Sikasso (Sud) : La semence et l’engrais chers douchent les espoirs des producteurs
Par Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 02 mar (AMAP) Sikasso, la Cité verte du Kénédougou, dans le Sud du Mali, a bâti sa réputation autour de la culture de la pomme de terre, devenant ainsi un des plus importants bassins de production de ce tubercule très prisé par les consommateurs. De plus en plus de producteurs de la Région de Sikasso s’intéressent à cette culture qui leur procure un revenu assez conséquent. Cependant, cet engouement est douché par les difficultés que connaissent plusieurs producteurs. Ils se plaignent de la cherté du prix du sac de semence et d’engrais. «Cette année, tout est cher. Le prix du sac d’engrais minéral et de celui de semence a considérablement augmenté. De 23 000 Fcfa les années précédentes, le sac de semence est vendu à 25 000 Fcfa et celui d’engrais minéral NPK est passé de 15 000 Fcfa à 35 000 Fcfa», déplore Hamidou Ballo, producteur de pomme de terre. Il possède un champ de pomme de terre de trois hectares à Bamadougou et deux hectares à Zoumayéré (dans les faubourgs de Sikasso). Hamidou Ballo vend ses tubercules au marché de Médine, les samedis. «En plus de Sikasso et de Bamako, mes clients viennent du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. Je cède le sac de 25 kg à 6 250 Fcfa, celui de 50 kg à 12.500 Fcfa et le kilo à 250 Fcfa», précise-t-il. Abondant dans le même sens, Madou Berthé, producteur à Zangaradougou, estime que la production de pomme de terre devient moins lucrative. «Faire face en même temps aux nombreuses dépenses engendrées par l’achat de l’engrais et de la semence et tirer le maximum de profit de sa production n’est pas du tout facile. On se contente du peu qu’on gagne», confie, désespéré, ce propriétaire de trois hectares de pomme de terre à Zianso. Il écoule ses tubercules au grand marché de Sikasso aux mêmes prix que Hamidou pendant les jours de foire (dimanche). CHAOTIQUE – « La campagne de cette année a été chaotique pour moi. À cause du coût trop élevé de l’engrais minéral, je me suis approvisionné en engrais mélangé localement. J’ignorais que ce n’était pas de la bonne qualité. Ma production a chuté», explique un producteur de N’Gorodougou, Oumar Diamouténé. Il entend changer de stratégie l’année prochaine afin d’éviter l’erreur de cette année. « Malgré la conjoncture actuelle, je sollicite de l’État qu’il prenne des mesures pour réduire les prix de l’engrais et de la semence pomme de terre afin de nous permettre d’exercer notre métier », souhaite Diamouténé. Un autre producteur signale son cas d’échec et de perte de récoltes dans la localité de Kafouziéla. Il aurait utilisé de l’engrais destiné à la culture de céréales en lieu et place du NPK conseillé pour la pomme de terre. Devant l’ampleur de la catastrophe, il dit avoir saisi la Direction régionale de l’agriculture (DRA) qui a prélevé des échantillons envoyés en laboratoire à Bamako pour analyses. Le résultat a révélé que l’engrais est de bonne qualité mais qu’il est inapproprié pour le tubercule. La pomme de terre a besoin, pour son cycle végétatif, de l’engrais NPK, alors que l’engrais destiné aux céréales contenait seulement de l’Azote (N), substance minérale qui ne convient pas aux tubercules. Pour éviter ces déconvenues, le chef du bureau statistique, suivi-évaluation et communication à la DRA, Moussa Dembélé, invite les producteurs à s’informer auprès des agents en charge du contrôle phytosanitaire ou d’encadrement avant de prendre des décisions aux conséquences fâcheuses. M. Dembélé exhorte les producteurs à privilégier l’utilisation de la fumure organique parce que l’engrais minéral détériore la terre, même s’il permet d’obtenir de très gros tubercules, mais qui se conservent mal. HAUSSE DES PRIX – De leur côté, les commerçants d’engrais minéraux (notamment le NPK) et de semences de pomme de terre soutiennent que la hausse des prix est due à la conjoncture actuelle et surtout à la crise ukrainienne. Ils affirment que cette flambée est survenue en 2021. «Auparavant, je cédais le sac de 50 kg du NPK à 25 000 Fcfa. Cette année, j’ai été obligé de le vendre entre 30 000 et 40 000 Fcfa pour pouvoir tirer mon épingle du jeu», se justifie Dramane Berthé, commerçant d’engrais au grand marché de Sikasso. Pour sa part, Youssouf Sanogo, commerçant de semences de pomme de terre, précise que de 24 000 Fcfa en 2021, le sac de 25 kg est actuellement cédé aux producteurs entre 27 500 Fcfa et 40 000 Fcfa voire 50 000 Fcfa. Pour cette année, les responsables de la DRA estime la production annuelle de la Région de Sikasso à plus de 135 000 tonnes. «Cette année, il est trop tôt de fournir des statistiques précises, car les récoltes sont en cours. Toutefois, les superficies réalisées sont de 6 823 hectares pour un objectif de 6 905 hectares, ce qui représente 98% de réalisations», révèle Moussa Dembélé. Le président de la filière pomme de terre, Abdoul Karim Sanogo, soutient que le tubercule est d’une importance capitale car il contribue à l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle du pays. Toutefois, M. Sanogo, déplore la faible capacité de stockage de la chambre froide qui est de 3 000 tonnes contre une production annuelle de 300 000 tonnes. La pomme de terre de Sikasso est vendue dans la sous-région, notamment en Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Togo, Ghana, Guinée, Niger, Mauritanie et Sénégal. Après les récoltes, les coopératives, les unions, les fédérations qui composent l’interprofession gardent de la pomme de terre dans la chambre froide afin de pouvoir l’écouler après la campagne. Les quantités produites dépassent de loin les capacités de stockage de la chambre froide. Pour le développement de la filière, Abdoul Karim Sanogo sollicite l’accompagnement de l’État et des partenaires techniques et financiers pour la construction d’autres chambres froides et la subvention de l’engrais et des semences destinés à la pomme de terre. MFD (AMAP)
Réouverture de la frontière Mali-Côte d’Ivoire : Voyageurs et transporteurs retrouvent le sourire
Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 1er mar (AMAP) Ouf !!!! La mobilité déplacement des populations entre le Mali et la Côte d’Ivoire est désormais moins pénible. Pour les transporteurs, les bonnes affaires reprennent. La mesure anti-Covid prise par les autorités ivoiriennes avait rendu la vie difficile pour les habitués de l’axe Bamako-Abidjan Face à la propagation de la Covid-19 en 2020, de nombreux pays se sont calfeutrés. La Côte d’Ivoire, qui avait fermé ses frontières depuis le 22 mars 2020, a levé, cette restriction, le 15 février dernier, en raison de «l’évolution favorable» de la situation sanitaire. La décision vise surtout à mettre fin aux passages clandestins et réorienter les voyageurs vers les voies officielles. Car, les voyageurs empruntaient des déviations pour pénétrer sur le territoire ivoirien. Nous avions fait ce constat au niveau de la frontière Mali-Côte d’Ivoire. La police des frontières avait du mal à canaliser les mouvements des populations de part et d’autre. Dans le monde des transporteurs routiers, la réouverture des frontières ivoiriennes a été accueillie avec soulagement. Leurs activités étaient drastiquement réduites à cause de cette restriction qui aura duré près d’une année. «Nous avons perdu 80% de notre chiffre d’affaires», confie le directeur général de la compagnie de transport Sonef, Mohamed Mohamoud Ould Oumar. L’emplacement de cette compagnie à Sogoniko n’a pas encore retrouvé son ambiance d’avant mars 2020, mais l’annonce de la réouverture des frontières fait son effet. Vendredi dernier, l’affluence y était plus importante qu’il y a quinze jours. «La reprise est timide. Il y a des jours où seulement un seul bus quitte ici pour Abidjan. Nous espérons que dans un mois, tout va redevenir comme avant», espère Mohamed Mohamoud. La SONEF avait réajusté son dispositif afin de maintenir le trafic routier vers la Côte d’Ivoire. Tous les jours, un autobus quittait Bamako pour Zégoua, dernière ville malienne avant la Côte d’Ivoire. De là-bas, il fallait trouver des astuces pour passer la frontière et mettre les passagers à la disposition d’une compagnie ivoirienne. Chaque passager devait alors débourser 8 000 Fcfa pour le trajet Bamako-Zégoua. «Avec la réouverture des frontières, Bamako-Abidjan coûte au maximum 30 000 Fcfa », explique le responsable de la Sonef. Il précise que ce tarif plafond a été fixé par les compagnies de transport, en accord avec les syndicats. Le trafic retrouve progressivement son rythme normal. Cependant, une difficulté subsiste : «A partir de 20 heures, les douaniers arrêtent de travailler. C’est ce qui est en train de nous fatiguer, parce que les bus arrivent là-bas tard dans la nuit et ils sont ainsi donc obligés de rester jusqu’à 8 heures du matin», regrette Mohamed Mohamoud. JOIE – Telemsi Transport, situé non loin de l’autogare de Sogoniko, a aussi subi les effets de la fermeture des frontières ivoiriennes. Cette compagnie, qui fait 50% de son chiffre d’affaires sur l’axe Bamako-Abidjan, a dû mettre des travailleurs en chômage pour diminuer les pertes. Et les employés qui ont gardé leurs postes ont renoncé à une partie de leurs droits. «Nous avons accueilli avec beaucoup de joie la réouverture des frontières ivoiriennes», confie le responsable administratif de Telemsi Transport, Malick Boré. Selon lui, sa compagnie a été la première à franchir la frontière Mali-Cote d’Ivoire. «À l’autogare d’Abidjan, tout le monde filmait notre bus. La joie se lisait sur les visages», rapporte-t-il. Lors du passage de notre équipe, une dizaine de passagers attendaient, sous un hangar, l’heure de départ. Coiffé d’une casquette, Moussa salue la sage décision des autorités ivoiriennes. «Entre les pays africains, on doit toujours avoir des solutions et faciliter le transport à tous les passagers africains». Et Salif Coulibaly, un autre passager, d’ajouter que cette décision va surtout amoindrir les tracasseries sur la route. L’heure est aux derniers réglages à Africa Tours où les responsables sont en train de «réaménager le programme». Yahya Diakariya Touré, administrateur de cette compagnie, révèle qu’Africa Tours avait tout simplement décidé de ne pas desservir l’axe Bamako-Abidjan, suite à la fermeture des frontières. « Plusieurs compagnies de transport amenaient les passagers à la frontière, Ces derniers traversaient à moto les villes de Zégoua et Tingrela pour rallier la Côte d’Ivoire. Africa Tours n’a pas fait cette option qui mettait les passagers dans beaucoup de difficultés dont les tracasseries et le transport difficile de leurs bagages. » Pour le vice-président du Syndicat national des transporteurs routiers urbains, interurbain, internationaux du Mali (SYNTRUI-Mali), Chiaka Diakité, cette réouverture des frontières est une bonne nouvelle pour les transporteurs maliens. « Ils ont beaucoup souffert à cause de la Covid-19. Cette réouverture des frontières va nous donner beaucoup d’avantages. On espère cette fois-ci, avec l’ouverture de presque toutes les frontières, que les choses vont rentrer dans l’ordre pour le grand bonheur des passagers et des compagnies de transport», souhaite-t-il. La réalité est que nos frontières sont tellement poreuses qu’une restriction administrative ou politique ne peut empêcher les populations ou les peuples de se déplacer même souvent au péril de leur vie. AG/MD (AMAP)
Lutte contre la corruption : La solution par les valeurs sociétales africaines
Bamako, 24 fév (AMAP) Les participants à une conférence internationale tenue à Bamako, la semaine dernière, préconisent la lutte contre la corruption par les valeurs sociétales africaines, estimant que l’éducation civique et morale basée sur les us et coutumes pourrait aider au respect du bien public. La 2è édition de la Conférence de haut niveau sur la lutte contre la corruption organisée par l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) et ses partenaires sur le thème : «lutte contre la corruption, nouvelle dynamique, recouvrement d’avoirs illicites, coopération internationale», ont formulé recommandé la refondation des systèmes éducatifs africains par la promotion d’un enseignement multilingue fondé sur la langue maternelle, l’enseignement de l’histoire africaine et les valeurs sociales africaines, en particulier, à travers des programmes d’éducation civique et morale réhabilités. À l’issue des travaux, mercredi dernier, les participants ont, aussi, proposé le renforcement des capacités des institutions et agences dédiées à la lutte contre la corruption, la mise en œuvre effective des mécanismes de sanction et de lutte contre l’impunité. « Il faut aller chercher des réponses dans nos valeurs sociétales, nos valeurs socioculturelles qui nous caractérisent, qui nous ressemblent puisque celles qu’on a empruntées chez les autres ne nous ont pas réussi », a dit le ministre malien de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, qui a présidé la cérémonie de clôture. « Cette démarche d’élaboration d’un programme national d’éducation basé sur nos valeurs, a-t-il poursuivi, est une volonté des autorités et du peuple malien. » «Ce programme sera enseigné à l’école mais, également, dans les familles, dans les entreprises comme dans l’Administration publique, qui va être inculqué à la petite enfance, depuis le préscolaire, le fondamental, le secondaire mais, aussi, l’Université, ainsi que dans les écoles de formation des nouvelles recrues à la fonction publique», a indiqué M. Maïga annonçant l’élaboration prochaine de cours d’éducation civique, morale et patriotiques « pour inculquer l’amour de la patrie. » Le ministre Maïga a, par ailleurs, révélé que « nous sommes potentiellement très riches, puisque le montant des avoirs spoliés, détournés et transférés à l’extérieur dépasse de trois fois l’aide publique étrangère pour notre pays. » «Il suffit juste de mettre une politique résolue de lutte contre la corruption pour que nous puissions nous auto suffire et nous développer», a indiqué le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions. Le président de l’OCLEI, Dr Moumouni Guindo, pour sa part, a révélé que les assises de cette année ont compté au moins 350 participants dont pas moins de 76 participants internationaux en présentiel et 10 participants internationaux à travers des vidéos conférences. Dr Guindo a souhaité l’institutionnalisation de cette conférence suivant une périodicité définie, chaque année, avec beaucoup plus de participants, de pays et que « les recommandations soient mises en œuvre de manière à contribuer réellement et efficacement à la lutte contre la corruption au Mali, dans le Sahel, en Afrique et dans le monde entier. » Pour sa part, le président de l’Association des autorités anticorruption d’Afrique (AAACA), Dr Khaled Mohamed Saïd Hassan, il a confié : «Nous avons été impressionnés par la place que le Mali accorde aux valeurs sociétales dans la lutte contre la corruption et la lutte contre l’enrichissement illicite», ajoutant que « l’Afrique regorge d’esprits capables de développer des indicateurs plus précis que ce qui existe actuellement. » Des indicateurs, selon lui, « qui supportent les politiques nationales de lutte contre la corruption plutôt que d’être un facteur de frustration des responsables de cette lutte dans nos pays. » AG/MD (AMAP)
L’Association des autorités anti-corruption d’Afrique en conclave à Bamako
Bamako, 24 fév (AMAP) La 11è réunion du comité exécutif de l’Association des autorités anti-corruption d’Afrique (AAACA) a démarré jeudi, à Bamako, avec des participants, venus de plusieurs pays, pour examiner, durant deux jours, d’importants outils de gestion de l’Association, notamment le plan stratégique et opérationnel pluriannuel, et les documents relatifs au règlement du financier. C’est la première réunion de ce comité nouvellement mis en place en juin 2022 à Bujumbura (Burundi) et dont le Mali assure la vice-présidence à travers l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI). « Il est démontré que la corruption est un vice fondamental, pernicieux qui perturbe et fait échec à toutes les initiatives de développement en Afrique », a souligné le président de l’OCLEI, Dr Moumouni Guindo, dans son intervention. «Notre association s’assure la mission d’être un outil de fédération de développement de la collaboration, de coopération et de déroulement d’actions structurantes, d’élaboration d’outils opérationnels en faveur des structures nationales de lutte contre la corruption», a-t-il déclaré. Pour sa part, le président de l’AAACA, Dr Khaled Mohamed Saïd Hassan, a indiqué que la mise en œuvre des recommandations de la Conférence permettra aux pays africains de faire face à la corruption. Quant au ministre malien de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de la rencontre, il a souligné que le Mali est en refondation, donc à la recherche d’une nouvelle voie de développement durable. «Nous sommes fortement conscients que le phénomène de la corruption représente justement un goulot d’étranglement de cette volonté de développer notre nation. C’est pour cela nous murissons des attentes fortes à l’issue des travaux au niveau décisionnel de votre organisation», a-t-il déclaré. Parlant de la Conférence de haut niveau sur la corruption, le ministre a relevé le consensus sur la nécessité de « nous inspirer de nos valeurs sociétales pour imprimer une nouvelle dynamique dans nos politiques de lutte contre la corruption». AG/MD (AMAP)
Environnement : Des espèces végétales qu’il faut protéger à tout prix
Par Makan SISSOKO Bamako, 24 fév (AMAP) À Kalaban Coura, Karim Traoré produit des arbres et des fleurs au bord de la route menant à l’Aéroport international président Modibo Kéita-Senou. Samedi dernier, vers 16 heures, nous avons rencontré l’arboriste. Il venait de finir d’arroser ses plantes. Karim aime les espèces sauvages, singulièrement celles menacées de disparition dont le Karité, le Néré, le Tamarin, le Zaban et le Baobab. «Nous produisons plusieurs types de plantations sauvages. On cherche dans la forêt, les bonnes qualités de noix ou de graine pour ensuite les faire pousser dans des pots remplis de terre avec de l’engrais organique. Nous pratiquons également le système de greffage des arbres», explique-t-il. Le métier est pénible et moins lucratif. Mais l’arboriculteur, qui évolue dans le domaine depuis 1985, est porté par son engagement de contribuer à la restauration de la nature. Il a pris conscience des enjeux liés à la déforestation à travers les multiples conseils des agents des eaux et forêts. Et depuis, Karim Traoré «fait de son mieux dans l’entretien des plantations avec ses maigres moyens». Une façon pour lui d’accomplir un devoir civique, celui de protéger les arbres. Son courage lui vaut aujourd’hui l’estime des services des eaux et forêts. «En cas d’insuffisance de la quantité d’arbres dont ils disposent pour les campagnes de plantation, ils viennent très souvent chercher avec les producteurs des arbres sauvages», révèle Karim Traoré. Les arboriculteurs contribuent, ainsi, à la sauvegarde de la faune sauvage. A ce titre, plaide Ba Fanta, « ils doivent être encouragés, soutenus». Au marché de Kalaban Koro, cette septuagénaire est l’une des nombreuses vendeuses de plantes ayant des propriétés médicinales. Il y a quelques années, elle n’avait pas besoin de faire des kilomètres pour s’approvisionner en feuilles de Zaban et de Karité. Elle en trouvait en quantité dans les villages voisins comme Kabala et Kouralé. Le Karité était disséminé entre les zones cultivées. « Mais l’urbanisation a carrément changé la donne », déplore Ba Fanta. Ces arbres ont plusieurs vertus, souligne-t-elle, en donnant en exemple le beurre du Karité qui entre dans la composition des pommades traditionnelles pour soigner de multiples maux. PLUSIEURS HECTARES PERDUS PAR AN – Le Karité est constamment agressé par l’homme alors que sa reproduction est très lente. Jadis, le Mali disposait du plus important parc de Karité de l’Afrique occidentale. Pays sahélien, le pays possède des forêts assez denses. Mais, de plus en plus, l’écosystème perd se perd du fait des pressions anthropiques. Plusieurs espèces forestières ligneuses sont en effet menacées de disparition, comme le vitellaria paradoxa (karité), le parkia bigglobosa (néré), l’acacia albida (balanzan), zaban et le baobab. Cette richesse naturelle, qui fournit aux femmes rurales prix de condiments et argent liquide, est fortement menacée par des pratiques néfastes de l’homme. Tout comme le Néré dont les amendes sont transformées en «soumballa» (bouillon traditionnelle). « Il constitue une importante source de revenus pour les populations. D’où l’intérêt de sensibiliser sur la problématique », selon Adama Sylla qui apprécie les journées dédiées à la protection des forêts. Selon l’écologiste, les «arbres, de façon globale, sont extrêmement importants pour l’existence». Dans certaines localités du Mali, les populations, ayant compris les enjeux, se sont organisées pour protéger ces espèces et, plus généralement, la flore. Cependant, en plusieurs endroits du Mali, la situation globale préoccupe les forestiers. Selon Ali Poudiougo, point focal national biodiversité à la Direction nationale des eaux et forêts, les formations ligneuses ne couvrent plus que 17,4 millions d’hectares alors qu’elles occupaient environ 32 millions d’hectares en 1985. En cause : la surexploitation des forêts à des fins énergétiques, l’expansion agricole, l’activité minière et les feux de brousse, le changement climatique. Les pressions anthropiques sur les ressources forestières entrainent une perte de forêts estimée entre 100.000 et 500.000 hectares par an. «Le caractère saisonnier des revenus en milieu rural est crucial pour l’évolution des forêts. Lorsque la campagne agricole échoue, le commerce de bois et de charbon devient pour les populations rurales la source facile de revenus. A côté des marchés ruraux de bois officiellement créés, prolifèrent des circuits informels de commerce de bois et de charbon, signes de la surexploitation des formations forestières», fait savoir M. Poudiougo. Selon les Nations unies, des milliards de personnes, dans les pays développés et en développement, utilisent quotidiennement des espèces sauvages pour l’alimentation, l’énergie, les matériaux, la médecine et de nombreux autres usages vitaux au bien-être humain. L’accélération de la crise mondiale de la biodiversité, avec un million d’espèces de plantes et d’animaux en voie d’extinction, menace ces utilisations par aux populations. A ce titre, la Journée mondiale de la vie sauvage, célébrée le 3 mars, est l’occasion de mettre la lumière sur les nombreuses formes magnifiques et variées de la faune et de la flore sauvages. Mais, aussi. de sensibiliser aux nombreux avantages que leur conservation procure aux populations. «Des partenariats pour la conservation des espèces sauvages», est le thème retenu cette année. MS/MD (AMAP)
Le Mali, 2è producteur mondial de karité (Forum économique Mali-Canada)
Bamako, 23 fév (AMAP) Le Mali, qui a produit respectivement 19 855 000 tonnes en 2018, 20 883 000 tonnes en 2019 et 5 515 000 tonnes en 2020 est le 2ème producteur mondial de karité, après le Nigéria, indique le Forum économique Mali-Canada sur son site du Salon virtuel des produits et services du Mali (SVPSM). « La potentialité en amandes est de 250.000 tonnes dont 60 883 et 22 908 ont été exportées respectivement en 2019 et 2020. Celle du beurre est de 135 000 tonnes dont 97 000 réellement exploitées, 265 tonnes et 311 tonnes ont été exportées sur la même période », selon le Forum Ce qui prouve qu’en plus des quantités réellement exportées, le Mali est à mesure de fournir aux importateurs beaucoup plus de beurre, d’amandes et de produits à base de karité, eu égard au potentiel existant. Le karité est disponible dans tous les bassins de production qui sont situés à Kayes (Ouest), Koulikoro, Sikasso (Sud), Ségou et Mopti (Centre). Le Mali occupe une place de choix dans la production et l’exportation des amandes, du beurre et des produits dérivés du karité, selon la même source. « Une vingtaine d’exportateurs avérés, professionnels et expérimentés œuvrent dans le domaine de l’exportation de karité depuis plus d’une quarantaine d’années vers l’Asie, l’Amérique, l’Europe et les marchés sous régionaux. Les exportations maliennes de karité sont en croissance, puisque la demande internationale des produits de karité augmente de plus en plus », ajoute-t-elle. Pour améliorer l’accessibilité du marché mondial et rendre encore plus compétitifs les produits du karité malien, les autorités maliennes et leurs partenaires ont mis un accent particulier sur la promotion de la filière Karité et, surtout, sur la participation des femmes maliennes qui en tirent des revenus et comme source d’autonomisation pour elles. Le karité est produit dans 7 500 localités villageoises. Ce sont 500 000 concessions familiales et trois millions de femmes maliennes (environ 25%) de la population du Mali qui sont directement impliquées dans le secteur, de la collecte des noix, à la transformation en beurre et d’autres produits dérivés. Les acteurs sont regroupés en Fédération nationale de karité (FNK), constituée de coopératives, d’unions de coopératives de producteurs/trices, de pisteurs, de commerçants et d’exportateurs. Ils détiennent une expertise avérée et héréditaire dans la production des produits, à base de karité. « Les exportateurs sont expérimentés et dévoués et, surtout disposés à faire une prestation répondant à l’option d’affaires, pour fidéliser et consolider le partenariat commercial avec les clients afin de leur permettre d’atteindre l’objectif de leurs investissements dans le domaine de l’industrie cosmétique, pharmaceutiques et alimentaires (chocolat, margarine). Leur plaisir est également la satisfaction des besoins des acheteurs », selon le Forum économique Mali-Canada Le karité malien est naturellement biologique, puisqu’il pousse à l’état sauvage. Néanmoins, les coopératives, les unions des producteurs et des exportateurs de la filière karité optent, de plus en plus, pour le principe de la certification, afin d’être en phase avec les règles et les normes du commerce international et d’assurer le maintien du développement durable de leurs activités. Pour ce faire, ils adhèrent aux organisations de certification (FLO-CERT, ECOCERT) et d’accréditation comme bio partenaire (bio équitable, bio solidaire), Mouvement biologique malien pour la certification des produits (MOBIOM). Par ailleurs, des initiatives d’amélioration du parc, par le reboisement et la reforestation sont prises pour une meilleure protection des peuplements dans le but d’augmenter fondamentalement l’offre exportable et de satisfaire la demande des clients. MD (AMAP)

