Anacardier : Cet arbre rapporte 32,5 milliards de Fcfa par an au Mali

Par N’Famaoro KEITA Bamako, 15 mar (AMAP) Le Mali produit environ 90 000 tonnes d’anacarde, qui rapportent 32,5 milliards de Fcfa ,chaque année et le secteur occupe plus de 200 000 personnes en milieu rural, selon le bilan de la campagne 2019 du Projet d’appui à la filière anacarde au Mali (PAFAM). Bien que marginalisée – moins de 1% de la production est transformée – la transformation des produits de l’anacarde occupe plus de 3 000 personnes dont 80% de femmes. majoritairement en milieu rural. Le document du PAFAM souligne que la filière ne bénéficie pas suffisamment de l’accompagnement de l’État, malgré son importance socioéconomique. Cette insuffisance se traduit par le faible niveau de règlementation de la filière et la faible capacité des services techniques concernés. Les autorités travaillent à améliorer la situation. Déjà, le «document de la stratégie nationale de la filière anacarde avec son plan d’action budgétisé est validé par les services techniques», nous apprend le chef de la section des cultures sèches et cultures irriguées à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Souleymane Bagayogo. Il ajoute que cette stratégie, qui est dans le circuit d’adoption du gouvernement, prend en compte tous les acteurs de la filière, des producteurs aux transformateurs, en passant par les commerçants et les transporteurs. Cultivée en zone tropicale, l’anacardier ou pommier-cajou est une espèce de plante originaire de l’Amérique tropicale. Au Mali, les producteurs ruraux le cultivent à plusieurs fins, telles que la clôture des champs, ses fruits (pomme et noix de cajou), ses écorces et ses feuilles pour leurs vertus thérapeutiques. Cet arbre est bien connu dans le Cercle de Kangaba, dans lOuest du Mali. À Dioulafoundo, dans la Commune de Nouga, la plupart des paysans disposent de centaines de pieds d’anacardiers.   VERTUS THÉRAPEUTIQUES – Madou Keïta a clôturé son jardin avec des anacardiers qui donnent de délicieux fruits, en cette période de l’année. Mais, ce sont surtout les noix qui intéressent le paysan. Il les vend pour faire face aux frais scolaires de ses enfants. Les enfants, aussi, vont dans les champs pour cueillir des pommes de cajou, en extraire les noix et les vendre aux commerçants. L’instrument de mesure utilisé pour cette vente est la boite de pate de tomate dont le plein équivaudrait à deux kilogrammes. Ainsi, une boite remplie est vendue entre 500 et 1 000 Fcfa. Amadou Diarra évolue dans l’agriculture et l’élevage, depuis des années. L’agropasteur soutient que l’anacardier est une plante exceptionnelle, un «don de Dieu à l’Afrique subsaharienne». En effet, cet arbre n’a pas besoin d’humidité et d’entretien particulier pour survivre. Et en seulement deux ans, il commence à donner des fruits. L’anacardier contribue beaucoup à la lutte contre la désertification. A cet égard, sa culture demande à être davantage valorisée. «Il faut développer le secteur agricole pour que les gens puissent s’intéresser à cette culture pour la sauvegarde de l’écosystème», prône Amadou Diarra. Et pour jouer sa partition, notre interlocuteur prépare un «nouveau champ qui sera spécialement réservé aux anacardiers». Au-delà de sa capacité à contrer l’avancée du désert, l’anacardier a des vertus thérapeutiques. Daouda Keïta nous informe que son «écorce peut guérir la toux, les maux de ventre et bien d’autres maladies». En plus, «l’anacardier peut contribuer à la sécurité alimentaire», ajoute Daouda Kéita qui regrette l’absence de «projet dans sa commune pour aider à la transformation des produits de cette plante». Le manque d’infrastructures de conservation et de transformation fait que plusieurs tonnes de pommes de cajou pourrissent dans les champs, quand elles ne sont pas ingurgitées par les animaux. Au même moment, ce fruit se vend cher à Bamako, la capitale malienne. Massaran Keïta vend des pommes de cajou, au quartier du fleuve, à 50 Fcfa, l’unité. Elle peut se faire, « chaque jour, un bénéfice de 5 000 Fcfa », nous a-t-elle dit. NK/MD (AMAP)            

Opportunités d’affaires : Le Mali intéresse des investisseurs qataris

Envoyé spécial Issa DEMBÉLÉ Doha, 10 mar (AMAP) Des hommes d’affaires qataris se rendront au Mali, après le mois de ramadan, pour y mieux cerner les opportunités d’investissement, a appris l’AMAP à la fun d’une audience accordée, jeudi, par le président du Conseil d’administration de l’Association des hommes d’affaires du Qatar, Faisal Bin Qasim Al-Thani, au Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga. Le chef du gouvernement, qui a pris part à la 5è conférence des Nations unies sur les Pays les moins avancés (PMA5) à Doha, au Qatar. a été reçu par le patron des patrons qataris, en présence de certains de ses collaborateurs et du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. «Nous allons envoyer une équipe d’hommes d’affaires au Mali et chacun va essayer d’identifier le ou les domaines dans lesquels il peut investir», a annoncé Faisal Bin Qasim Al-Thani, à la fin de la rencontre. D’ores et déjà, des investisseurs manifestent de l’intérêt pour les secteurs de l’agriculture, de l’immobilier, du tourisme, des mines… «Durant les échanges avec le chef du gouvernement, nous avons parlé de toutes les opportunités au Mali. Lors de notre visite, nous allons voir ce qu’il faut entreprendre pour soutenir l’économie malienne, créer des emplois», a expliqué le président du conseil d’administration du Patronat qatari. Il s’est dit convaincu que «Qataris et Maliens trouveront des pistes pour pousser les relations économiques entre les deux pays». Le Premier ministre Maiga a ajouté : «Nous sommes convenus que quand les opérateurs économiques du Qatar se rendront au Mali, nous allons discuter pour mettre le focus sur les domaines d’intérêt commun. » C’est la deuxième fois que Faisal Bin Qasim Al-Thani et Choguel Kokalla Maïga s’entretiennent sur les opportunités d’investissement au Mali. Le Premier ministre a encore saisi l’occasion pour rappeler les priorités malienne, dont la sécurité. Une autre préoccupation à laquelle le Mali attend une réponse de la part des hommes d’affaires, c’est la construction de l’université de Tombouctou. Le sujet semble avoir séduit Faisal Bin Qasim Al-Thani. Son organisation est, également, prête à donner des bourses d’étude à des Maliens. Le Mali et la faîtière des hommes d’affaires du Qatar ont signé un mémorandum d’entente, il y a quelques mois. Leur ambition commune est d’instaurer des relations d’ordre stratégique sur le long terme. «Nous avons la terre, le fleuve, la jeunesse… Donc, il nous faut de gros investissements et les Qataris peuvent répondre à ce besoin. C’est donc un mariage de raison que nous voulons et qui va durer», a déclaré le chef du gouvernement malien. Choguel Kokalla Maiga a assuré que le nécessaire sera fait pour éviter que la bureaucratie ne «nous mette pas en retard». ID/MD (AMAP)

Chaîne de la dépenses publiques au Mali : Le ministère de l’Économie et des Finances prêche la nécessaire rationalisation

Bamako, 10 mar (AMAP) Le ministère malien de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou, a souligné, jeudi, a Bamako, la nécessité d’échanger avec les acteurs de la chaîne des dépenses publiques pour mieux coordonner les actions. M. Sanou, qui intervenait au Centre international des conférences de Bamako (CICB), à la 2e édition des échanges entre les principaux acteurs de la chaine des dépenses publiques, a souligne que le contexte actuel du Mali, « la mobilisation des recettes publiques intérieures, comme principale source de financement des politiques publiques, rend, plus que jamais, nécessaire la rationalisation des dépenses publiques. » Cet atelier d’échanges entre les acteurs de la chaîne des dépenses publiques, institué depuis deux ans, constitue un forum d’échange et de dialogue autour des mesures, des règles et des comportements visant l’efficacité et l’efficience des dépenses dans un contexte de rareté des ressources. Les débats ont porté sur quatre thèmes à savoir, les contraintes de la gestion des finances publiques et la moralisation du coût des acquisitions de biens et des prestations de services. S’y ajoutent la cartographie des infractions aux règles d’exécution des dépenses publiques et leur manifestation, la promotion de la production nationale et de l’outil national de production à travers la commande publique. Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Économie et des Finances a rappelé que l’année 2022 a été particulièrement rude pour le Mali en raison de diverses crises, notamment la crise sécuritaire, la Covid-19, la crise russo-ukrainienne et l’embargo économique et financier imposé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Selon Alousseni Sanou, en matière de gestion des finances publiques, ces chocs se sont traduits par la baisse des recettes fiscales, la hausse des dépenses d’intervention pour atténuer les effets de l’inflation induite et l’accès difficile au financement. « Au même moment, a-t-il dit, l’Etat devait continuer à faire face aux indispensables et vitales dépenses de défense et de sécurité. » Pour lui, « ce sont là autant de défis à relever à travers, entre autres, une bonne gestion de nos finances publiques. »   Le ministre a ajouté que « cet objectif nous a conduit à adopter une politique budgétaire très restrictive à travers des mesures de régulation très rudes telles que le gel et l’annulation d’une partie des crédits budgétaires. » A ce propos, le patron de l’hôtel des Finances a remercié les différents acteurs pour leur accompagnement et leur bonne attitude face à ces mesures de régulation budgétaire, toute chose qui, selon lui, « a permis de maîtriser le déficit du budget 2022 à 4,9% contre une prévision de 5,2% du PIB. » Le ministre de l’Economie et des Finances a, par ailleurs, souligné que la conjugaison des crises a imprimé un rythme d’accroissement constant aux dépenses publiques à un moment où l’Aide publique au développement (APD) est arrêtée et où les capacités d’endettement sont de plus en plus limitées. « En effet, depuis août 2020, les appuis budgétaires sont suspendus et l’endettement public érode de plus en plus l’équilibre budgétaire. Dans ce contexte, et plus que jamais, la rationalisation et l’efficacité des dépenses publiques demeurent la seule alternative », a révélé Alousseni Sanou. Il a interpellé les responsables du budget, des marchés publics, du contrôle financier et les directions des finances et matériels pour assurer une bonne rationalisation, une efficience (en termes de délai, de coût et de pertinence) et une moralisation des dépenses publiques. « La bonne gouvernance, a-t-il rappelé, exige de tous et de chacun un comportement responsable au quotidien dans l’application stricte des textes règlementaires face aux biens publics. » AG/MD (AMAP)            

Relance imminente du trafic ferroviaire au Mali (Ministère des Transports et des Infrastructures)

Bamako, 09 mar (AMAP) Une mission d’information et de sensibilisation est parti, jeudi, de la gare ferroviaire de Bamako pour Kayes, pour informer et sensibiliser les populations et autorités des localités riveraines sur la relance imminente du trafic ferroviaire national, annonce la cellule de communication du département des Transports et des Infrastructures. « La délégation, à bord de la locomotive CC 2207, fera le trajet Bamako-Kayes. Il est prévu une escale dans toutes les gares le long de la voie ferrée », ajoute la source indiquant que la mission a été mise en route sur instruction du ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko. Toutes les activités de reprise du trafic ferroviaire sont financées par le budget national. À cet égard, au cours d’un voyage test, le 13 juillet 2022, Mme Sissoko a salué « l’engagement du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, pour cette relance du trafic ferroviaire. » Selon elle,  « c’est grâce à l’engagement des autorités que les techniciens maliens ont réparé entièrement deux locomotives et les voitures voyageurs. » Un communiqué publié par la même source, le mercredi 01 février 2023, a annoncé le ministre des Transports et des Infrastructures a réceptionné « symboliquement » des pièces de rechange destinées aux locomotives maliennes (CC 2205 et CC 2207) en provenance de Dakar (Sénégal). Au cours de cette cérémonie, Madame Dembélé Madina Sissoko a indiqué que des « actions doivent être engagées diligemment pour la libération du domaine ferroviaire des occupations irrégulières et la finalisation du cadre institutionnel de gestion du trafic ferroviaire. » La ministre en charge des Transports a, ainsi, appelé le personnel ferroviaire « à l’esprit d’initiative, au sens de responsabilité, au courage et à la persévérance. » « Cela afin que la marche du train soit irréversible et que le trafic ferroviaire national ne s’arrête plus jamais. » SS/MD (AMAP)

Programme «Lab innova agrobusiness au Sahel» : Trente-huit entrepreneurs en formation virtuelle

Bamako, 08 mar (AMAP) Des chefs d’entreprises de l’agro-alimentaire du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont débuté, lundi, à Bamako, une formation en ligne dans le cadre du Programme intitulé «Lab innova agrobusiness au Sahel», a constaté l’AMAP. «Notre institut national de commerce, pour la première fois au Mali, lance ce projet qui vise la formation professionnelle, surtout dans le domaine de l’agriculture intensive qui peut créer des milieux de poste de travail pour les Maliens», a expliqué Stefano A. Dejak, l’ambassadeur d’Italie au Mali. Les entreprises qui achèveront la formation avec succès participeront à la Foire internationale Macfrut (partenaire du projet), en mai prochain, pour, approfondir leur connaissance du marché et des entreprises italiennes. Faisant partie du Projet «Lab innova for Africa», ce programme intégré d’assistance et de formation est promu par l’Agence italienne du commerce (ITA), pour le secteur agro-alimentaire, notamment les filières mangue et tomate. L’objectif recherché est de renforcer les techniques et capacités managériales afin de consolider la compétitivité sur les marchés européens, de promouvoir l’innovation et le transfert de technologie en s’inspirant du modèle agro-industriel italien. Au total, 10 Burkinabé, 11 Maliens et 17 Nigériens prennent part aux six cessions qui durent du 6 au 17 mars 2023. Les ambassadeurs italiens dans les trois pays concernés ont pris part à l’ouverture de cette rencontre virtuelle. Le Programme «Lab innova agrobusiness au Sahel» vise à favoriser les partenariats et échanges commerciaux gagnant-gagnant avec les entreprises italiennes et à booster les exportations et l’industrie locale. La formation en cours est dispensée par des experts d’ITA dans un cadre dynamique enrichi par des mises en situation des partages d’expériences et des jeux de rôle. «Il s’agit d’un projet très important pour l’Italie étant donné qu’on a ouvert notre ambassade au Mali à l’été 2021. Maintenant, on a travaillé pendant un an pour bâtir des relations commerciales ». a dit le diplomate italien. Il a ajouté que ce projet de formation professionnelle est développé avec la grande foire des fruits et épices, «Macfrut», à laquelle quinze entreprises maliennes ont pris part l’année dernière. Il a signalé que son pays est le plus grand exportateur de fruits et épices de l’Union européenne (UE) et vise 450 millions de consommateurs assez riches. Stefano A. Dejak a assuré que c’est un marché avec un potentiel pour les producteurs maliens, ajoutant que c’est, cependant, « un marché ouvert uniquement aux agriculteurs qui font une production organisée pour l’exportation avec des standards à un niveau assez élevé.» « Au Mali, nous avons des fruits comme la mangue et le gingembre de bonne qualité qui offrent une meilleure demande sur le marché. C’est une marge de profit qui est énorme», a relevé Stefano A. Dejak. Il s’agit, selon lui, de mettre l’accent sur la vulgarisation, surtout, sur les produits qui ont des potentiels énormes sur les marchés européens. Pour ce faire, les producteurs doivent être formés à produire, à organiser chaque cycle de production, en visant les marchés européens. « Lab innova est initié dans ce sens », a-t-il précisé. Selon une note d’information, les entreprises retenues pour la foire internationale Macfrut, bénéficieront d’un voyage d’études de cinq jours, organisé conjointement avec Macfrut, à Rimini (Région de l’Emilie-Romagne). Au programme, des visites guidées de l’exposition et des entreprises, des rencontres B2B, des ateliers de formation en matière de Business plan et d’accès au financement et une session de coaching dispensée par les experts d’ITA pour tisser des relations avec de potentiels partenaires italiens. BBC/MD (AMAP)  

Office riz Ségou : Plus de 200 000 tonnes de céréales attendues

Ségou, 08 mar (AMAP) L’Office riz Ségou (ORS) table sur une production de plus de 203 532 tonnes, toutes céréales confondues, dont 115 721 tonnes de riz paddy, pour la campagne agricole 2023-2024, a annonce, mardi, le secrétaire général du ministère du Développement rural, Daniel Siméon Kelema, lors de la 31è session du Conseil d’administration de l’ORS. Selon m. Kelema, « l’atteinte de cet objectif de production dépendra largement de meilleures conditions pluviométriques, hydrologiques, sécuritaires et phytosanitaires. » Le secrétaire général du ministère du Développement rural a rappelé que la session se tient à une période où, le Mali traverse des moments difficiles, mais non insurmontables grâce aux efforts consentis par les autorités du pays. « Les conséquences de la guerre en Ukraine et de la Covid-19 continuent, a-t-il poursuivi, d’impacter négativement le secteur agricole, en affectant la disponibilité des intrants agricoles, particulièrement l’engrais minéral dont le prix est en hausse sur le marché. » S’y ajoute l’insécurité qui sévit encore dans toute la zone d’intervention de l’Office riz Ségou dans le Centre du Mali. À l’ordre du jour de cette session portait, notamment, sur l’adoption du procès-verbal de la 30è session, l’état d’exécution des recommandations issues de la précédente session, la présentation du rapport annuel de performance 2022 et du projet annuel de performance 2023. Le budget prévisionnel 2023 de l’ORS se chiffre à un peu plus de 2,6 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,2 milliards Fcfa en 2022, soit une diminution de 18,56%. Cette régression s’explique par la fin annoncée du Projet de développement intégré et de résilience climatique dans les plaines du delta 2 (Pdir-PD2) en avril 2023 et du Projet d’appui au développement rural de Soké 1 (Pader-S1). «Conformément à la vision du département, les actions de l’ORS se focalisent sur la promotion d’une agriculture durable, moderne et compétitive en vue de contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle du pays et améliorer les revenus des exploitants et exploitantes agricoles », a rappelé Daniel Siméon Kelema. « Pour y parvenir, la stratégie qui sous-tend cette vision s’appuie sur deux piliers à savoir la promotion des exploitations familiales pratiquant principalement une agriculture de subsistance et les entreprises agricoles connectées aux marchés», a-t-il ajouté. Par ailleurs, il a révélé que l’accompagnement du secteur agricole par l’État a permis aux acteurs du monde rural de bénéficier de plus de 2 386,7 tonnes d’engrais subventionnés au cours de la campagne agricole 2022 sur un besoin exprimé de 7.451 tonnes. « L’un des défis majeurs, aujourd’hui, est d’arriver à produire en quantité et en qualité tout en réduisant le coût de production ; a analysé M. Kelema qui a évoqué la nécessité, pour l’ORS, de rechercher des financements pour l’aménagement de 21 000 ha dans l’inter-fleuve, 4 650 ha de Soké II et Dioro I, la réhabilitation du réseau hydraulique de tous les complexes et des études de reconversion de 1 350 ha de Famana et d’aménagement de 2 000 ha de Mallé. La réunion s’est tenue dans les locaux de la structure, en présence du directeur de cabinet du gouverneur de la Région de Ségou, Afel B. Yattara, du directeur général de l’ORS, Salif Sangaré et des administrateurs. MS/MD (AMAP)

Salon des prospecteurs et entrepreneurs canadiens : Le Mali  est un « eldorado » pour les investisseurs miniers, dit le ministre en charge des Mines 

Bamako, 08 mar (AMAP) « Le Mali reste une destination sûre pour les investisseurs et les autorités mettent tout en œuvre pour la préservation des investissements », a déclaré le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, mardi, à Toronto, au Canada, selon une source officielle malienne. Le ministre en charge des Mines, en marge du 91è salon de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (PDAC 2023), qui se tiennent depuis dimanche dans la ville canadienne, a présenté les potentialités du Mali devant un public composé essentiellement d’investisseurs et d’hommes d’affaires, rapporte le service de communication du département des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Dans son exposé, en présence de l’ambassadeur du Mali à Ottawa, Mme Fatouma Meité, indique la même source, le ministre Traoré a rappelé que « le Mali est une vieille nation démocratique où est née la première Charte des droits de l’Homme la plus connue qu’est la charte de Kourankanfouga. » Il a, aussi, évoqué la situation actuelle du pays « qui se caractérise par la volonté des autorités de mener des réformes indispensables au retour définitif de la stabilité et à l’amélioration des conditions de vie des populations. » Parlant des ressources minières, outre l’or, Lamine Seydou Traoré a relevé que le Mali regorge de plusieurs autres en grande quantité. Il s’agit du lithium, un minerai critique, très recherché aujourd’hui pour la confection des batteries pour l’énergie solaire. À cet effet, le ministre Traoré a annoncé que son pays « dispose de l’une des plus grandes mines de lithium en cours d’installation » dans la localité de Bougouni, dans le Sud du Mali et « dont la production va commencer très bientôt. » « La vision de nos autorités, qui ont engagé des réformes dans le secteur, est de faire en sorte que l’État, les populations et les entreprises profitent de l’exploitation minière », a dit le ministre malien. « Le code minier met un accent sur le contenu local afin de faire bénéficier davantage l’État et les populations des ressources minérales du pays »,a-t-il poursuivi. « Déjà, l’or contribue beaucoup à l’économie de notre pays avec plus de 25% d’apport au budget national, 75% des recettes d’exportation et 10% du PIB », a signalé le ministre des Mines, de l’Energie et l’Eau. En 2022, la production d’or a été de 72,2 tonnes dont 6 tonnes pour l’orpaillage artisanale. Cette tendance en augmentation devrait continuer en 2023, comme l’a témoigné la société B2GOLD dans sa présentation, au cours de l’événement. Selon le ministre Seydou Lamine Traoré, « le Mali est et reste une terre d’accueil pour les investisseurs. » Il a ajouté que toutes les réformes menées ou en cours dans le secteur minier « ont pour objectif ultime de concilier les intérêts des bénéficiaires que sont l’État, les populations et les entreprises. » Le ministre Traoré a, également, rappelé les efforts en cours et résultats obtenus dans le cadre de la sécurisation de l’ensemble du territoire. « Cela en mettant l’accent sur les zones minières qui restent non affectées par l’insécurité, contrairement à l’image que certains médias véhiculent. », a dit M. Traoré. SS/MD (AMAP)

Le Mali participe au 91è salon de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (Ministère en charge des Mines)

Bamako, 06 mar (AMAP) Le ministre malien des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, à la tête d’une forte délégation malienne, prend part au 91è salon de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (PDAC 2023), ouvert, dimanche, à Toronto, au Canada, selon une source officielle, M. Traoré participe à cette rencontre ainsi qu’une dizaine de sociétés et entreprises maliennes « pour présenter les potentialités du Mali et attirer les investisseurs vers notre pays », indique la cellule de communication du ministère en charge des Mines. Lamine Seydou Traoré cité par la source, a rappelé « l’importance que notre pays accorde à cette rencontre qui permettra de promouvoir la destination Mali et rassurer les investisseurs, tout en expliquant les nouvelles orientations du secteur minier basées sur le développement du contenu local. » Il s’agît de faire en sorte que « le Mali et les communautés profitent de l’exploitation minière sans porter préjudice à l’investissement des entreprises conformément à l’esprit du Code minier. » Le PDAC, qui est « devenu international et surtout incontournable pour les décideurs et professionnels du secteur minier » réunit, cette année, « plus de 30.000 participants venant de 130 pays qui se retrouvent autour des questions portant sur le développement des opportunités commerciales et le développement communautaire dans le secteur minier», ajoute la même source. Cet évènement est le plus grand rendez-vous international des décideurs et professionnels de l’exploration minière. Au cours de la rencontre, annonce la même source, des distinctions seront décernées à des auteurs de l’industrie minière dans le monde pour leur apport au développement minier ou communautaire. SS/MD (AMAP)

Maraîchage dans le Cercle de Diéma (Ouest) : Un tremplin pour les femmes

Diéma, 02 mar (AMAP) Le maraîchage est une culture de rente. Ces dernières années, il connaît de plus en plus un engouement dans le Cercle de Diéma. Il est surtout pratiqué par les femmes. Selon les estimations, plus de 60% des femmes pratiquent cette activité lucrative qui contribue à renforcer l’autosuffisance alimentaire dans cette bande sahélienne où la réussite de la campagne agricole est souvent tributaire des aléas climatiques. Après la période d’hivernage, ces braves femmes ne restent pas oisives, elles pratiquent le maraîchage. Avec les recettes générées, elles assurent leurs petits besoins et les charges de leurs enfants. D’autres encore constituent le trousseau de mariage de leurs filles. Celles qui participent aux tontines parviennent à honorer leurs engagements. Une partie de la production de légumes des femmes est aussi destinée à la préparation du repas familial, allégeant ainsi les frais. Dans la plupart des cas, chaque femme dispose de son petit lopin de jardin localisé dans la cour de sa maison, avec une source d’approvisionnement en eau. Parallèlement, nombreuses d’elles sont membres d’associations ou groupements de femmes et de jeunes qui exploitent des périmètres collectifs. Peu d’espaces familiaux sont décongestionnées, au point d’y trouver un espace libre pour pratiquer le maraîchage. Les parcelles, qui disposent de grands espaces, situées généralement au quartier Bamanaking, à l’Est de la ville, où le problème d’eau ne se pose pas, sont les plus verdoyantes. En cette période de l’année, les marchés sont fournis. On y trouve des légumes de tout genre : laitue, choux, carotte, échalote, tomate, betterave, pomme de terre, céleri, etc. À entendre les populations de Diéma, aujourd’hui, elles n’envient pas les produits maraîchers provenant d’ailleurs. Dans le Cercle de Diéma, les aides, en termes de renforcement de capacités, d’équipements, de semences, etc. émanant de l’État et de certaines ONG, n’atteignent pas toutes les femmes maraîchères. Certaines d’entre elles sont laissées pour compte. Plusieurs difficultés assaillent le secteur du maraîchage dans le Cercle de Diéma. La plus contraignante demeure le manque ou l’insuffisance d’eau. Les quelques mares qui existent sont complètement asséchées et les puits ne fournissent plus la quantité d’eau nécessaire. D’ailleurs, ils commencent déjà à tarir. Pour ne rien arranger, les bornes fontaines qui fonctionnent à l’électricité subissent le régime des délestages, à cause du mauvais état du seul groupe électrogène de seconde main qui alimente cette ville carrefour. Mme Assitan Diallo est maraîchère. Avec son puits à petit diamètre profond de quelques mètres, ses planches de légumes reçoivent quotidiennement de l’eau, par l’entremise d’un travailleur saisonnier qu’elle a engagé. Le céleri produit par Goundo Camara est très prisé par les consommatrices. Elle arrive, à cause de cet engouement pour sa production, à réaliser entre 5 000 et 7 500 Fcfa de recette par jour. En bonne épouse, Mme Maïmouna Samaké utilise régulièrement les légumes de son jardin pour sa propre consommation. Elle ambitionne, avec ses maigres économies, de se procurer une pompe solaire pour assurer l’approvisionnement en eau de ses planches. moyens – À Kasse-Kara, dans la Commune rurale de Groumera, une dame, qui a préféré garder l’anonymat, rapporte que le grillage qui clôturait le périmètre collectif des femmes, ne tient plus. Il a été fortement endommagé par la rouille, exposant ainsi le périmètre à la divagation des animaux. « Par méconnaissance, on a enfoncé le pourtour du grillage dans la terre. Le contact direct avec la terre a provoqué, au fil des ans, la rouille. Actuellement, chaque femme entretient sa petite parcelle », , poursuit la femme. Notre interlocutrice cultive surtout du gombo, une plante qui, selon elle, résiste mieux à la chaleur et n’a pas besoin d’assez d’eau pour croître. Depuis que son mari a refusé de lui acheter une motopompe, en représailles, elle a décidé de ne plus utiliser ses légumes dans la préparation des repas de la famille. Elle estime, pour expliquer sa grogne, que son mari ne manque pas de moyens pour lui acheter cet équipement agricole. Dans le jardin collectif d’un hectare et demi de l’association Benkady de Dioumara, dont Daly Cissé est la secrétaire administrative, sur les quatre puits existants, deux sont hors d’usage. Avec les recettes qu’elles engrangent avec la vente de légumes, ces femmes comptent refaire leurs puits et acheter du grillage pour réaménager la clôture de leur périmètre maraicher. Un conseiller communal de Gomitradougou, Kantara Magassa, se réjoui des réalisations de sa sœur qui fait du maraîchage dans sa maison, aidée par ses enfants. Comme plusieurs femmes, elle achemine ses produits à la foire hebdomadaire de Sébabougou, à 10 km. Ici, en milieu bambara, la culture du tabac est l’une des activités principales des femmes en cette période. Le premier adjoint au maire de la Commune, Modibo Sissoko, a regretté le manque de moyens de la collectivité qui ne peut pas aider les femmes maraîchères. L’État et ses partenaires ont consenti de nombreux efforts pour soutenir les femmes et les jeunes dans leurs projets mais, les résultats restent mitigés. Pour lutter efficacement contre la pauvreté et réduire le flux migratoire dans le Cercle de Diéma, il faut, selon le président de la Chambre locale d’agriculture, accroître davantage les soutiens aux femmes et aux jeunes, en finançant leur projet de développement. Boubou Traoré propose d’organiser les femmes maraîchères en coopératives, afin qu’elles puissent bénéficier de plus d’avantages. Il a invité les femmes à persévérer dans l’effort pour leur plein épanouissement. Les femmes maraîchères du Cercle de Diéma égrènent un chapelet de doléances. Elles ont besoin de forages, .’équipements, de semences et, surtout, de formation, pour plus de production, Pour cela, elles font appel à l’État, aux ONG, aux personnes de bonne volonté pour les aider à surmonter les difficultés auxquelles elles sont confrontées depuis belle lurette. OB/MD (AMAP)  

Culture de la pomme de terre à Sikasso (Sud) : La semence et l’engrais chers douchent les espoirs des producteurs

Par Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 02 mar (AMAP) Sikasso, la Cité verte du Kénédougou, dans le Sud du Mali, a bâti sa réputation autour de la culture de la pomme de terre, devenant ainsi un des plus importants bassins de production de ce tubercule très prisé par les consommateurs. De plus en plus de producteurs de la Région de Sikasso s’intéressent à cette culture qui leur procure un revenu assez conséquent. Cependant, cet engouement est douché par les difficultés que connaissent plusieurs producteurs. Ils se plaignent de la cherté du prix du sac de semence et d’engrais. «Cette année, tout est cher. Le prix du sac d’engrais minéral et de celui de semence a considérablement augmenté. De 23 000 Fcfa les années précédentes, le sac de semence est vendu à 25 000 Fcfa et celui d’engrais minéral NPK est passé de 15 000 Fcfa à 35 000 Fcfa», déplore Hamidou Ballo, producteur de pomme de terre. Il possède un champ de pomme de terre de trois hectares à Bamadougou et deux hectares à Zoumayéré (dans les faubourgs de Sikasso). Hamidou Ballo vend ses tubercules au marché de Médine, les samedis. «En plus de Sikasso et de Bamako, mes clients viennent du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. Je cède le sac de 25 kg à 6 250 Fcfa, celui de 50 kg à 12.500 Fcfa et le kilo à 250 Fcfa», précise-t-il. Abondant dans le même sens, Madou Berthé, producteur à Zangaradougou, estime que la production de pomme de terre devient moins lucrative. «Faire face en même temps aux nombreuses dépenses engendrées par l’achat de l’engrais et de la semence et tirer le maximum de profit de sa production n’est pas du tout facile. On se contente du peu qu’on gagne», confie, désespéré, ce propriétaire de trois hectares de pomme de terre à Zianso. Il écoule ses tubercules au grand marché de Sikasso aux mêmes prix que Hamidou pendant les jours de foire (dimanche). CHAOTIQUE – « La campagne de cette année a été chaotique pour moi. À cause du coût trop élevé de l’engrais minéral, je me suis approvisionné en engrais mélangé localement. J’ignorais que ce n’était pas de la bonne qualité. Ma production a chuté», explique un producteur de N’Gorodougou, Oumar Diamouténé. Il entend changer de stratégie l’année prochaine afin d’éviter l’erreur de cette année. « Malgré la conjoncture actuelle, je sollicite de l’État qu’il prenne des mesures pour réduire les prix de l’engrais et de la semence pomme de terre afin de nous permettre d’exercer notre métier », souhaite Diamouténé. Un autre producteur signale son cas d’échec et de perte de récoltes dans la localité de Kafouziéla. Il aurait utilisé de l’engrais destiné à la culture de céréales en lieu et place du NPK conseillé pour la pomme de terre. Devant l’ampleur de la catastrophe, il dit avoir saisi la Direction régionale de l’agriculture (DRA) qui a prélevé des échantillons envoyés en laboratoire à Bamako pour analyses. Le résultat a révélé que l’engrais est de bonne qualité mais qu’il est inapproprié pour le tubercule. La pomme de terre a besoin, pour son cycle végétatif, de l’engrais NPK, alors que l’engrais destiné aux céréales contenait seulement de l’Azote (N), substance minérale qui ne convient pas aux tubercules. Pour éviter ces déconvenues, le chef du bureau statistique, suivi-évaluation et communication à la DRA, Moussa Dembélé, invite les producteurs à s’informer auprès des agents en charge du contrôle phytosanitaire ou d’encadrement avant de prendre des décisions aux conséquences fâcheuses. M. Dembélé exhorte les producteurs à privilégier l’utilisation de la fumure organique parce que l’engrais minéral détériore la terre, même s’il permet d’obtenir de très gros tubercules, mais qui se conservent mal. HAUSSE DES PRIX – De leur côté, les commerçants d’engrais minéraux (notamment le NPK) et de semences de pomme de terre soutiennent que la hausse des prix est due à la conjoncture actuelle et surtout à la crise ukrainienne. Ils affirment que cette flambée est survenue en 2021. «Auparavant, je cédais le sac de 50 kg du NPK à 25 000 Fcfa. Cette année, j’ai été obligé de le vendre entre 30 000 et 40 000 Fcfa pour pouvoir tirer mon épingle du jeu», se justifie Dramane Berthé, commerçant d’engrais au grand marché de Sikasso. Pour sa part, Youssouf Sanogo, commerçant de semences de pomme de terre, précise que de 24 000 Fcfa en 2021, le sac de 25 kg est actuellement cédé aux producteurs entre 27 500 Fcfa et 40 000 Fcfa voire 50 000 Fcfa. Pour cette année, les responsables de la DRA estime la production annuelle de la Région de Sikasso à plus de 135 000 tonnes. «Cette année, il est trop tôt de fournir des statistiques précises, car les récoltes sont en cours. Toutefois, les superficies réalisées sont de 6 823 hectares pour un objectif de 6 905 hectares, ce qui représente 98% de réalisations», révèle Moussa Dembélé. Le président de la filière pomme de terre, Abdoul Karim Sanogo, soutient que le tubercule est d’une importance capitale car il contribue à l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle du pays. Toutefois, M. Sanogo, déplore la faible capacité de stockage de la chambre froide qui est de 3 000 tonnes contre une production annuelle de 300 000 tonnes. La pomme de terre de Sikasso est vendue dans la sous-région, notamment en Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Togo, Ghana, Guinée, Niger, Mauritanie et Sénégal. Après les récoltes, les coopératives, les unions, les fédérations qui composent l’interprofession gardent de la pomme de terre dans la chambre froide afin de pouvoir l’écouler après la campagne. Les quantités produites dépassent de loin les capacités de stockage de la chambre froide. Pour le développement de la filière, Abdoul Karim Sanogo sollicite l’accompagnement de l’État et des partenaires techniques et financiers pour la construction d’autres chambres froides et la subvention de l’engrais et des semences destinés à la pomme de terre. MFD (AMAP)