Le trafic ferroviaire entre Bamako et Kayes, dans l’Ouest du Mali reprend vendredi prochain (officiel)

Bamako, 07 juin (AMAP) La Société de patrimoine ferroviaire du Mali envisage d’effectuer le premier voyage commercial du train de voyageurs, le vendredi 09 juin 2023, a annoncé le ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembéle Madina Sissoko, citéepar le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 31 mai 2023 Ce démarrage imminent du trafic ferroviaire voyageur est destiné à répondre aux besoins des populations des Rrégions de Kayes, Kita et Koulikoro,dans l’Ouest du Mali, traversées par les rails, «A cet effet, le train prendra le départ à la gare de Kayes à destination de la gare de Bamako», précise le communiqué du Conseil des ministres. Dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’urgence de relance du trafic ferroviaire, une convention d’exploitation du trafic ferroviaire de voyageurs et de marchandises a été approuvée par le Conseil des ministres, le 24 mai 2023. Cette convention confie la gestion du trafic à la Société de patrimoine ferroviaire du Mali pour une durée de trois ans, renouvelable après évaluation. SS/MD (AMAP)

Biodiversité et sécurité alimentaire : Pesticides, une menace pour les abeilles

Par Makan SISSOKO Bamako, 31 mai (AMAP) «Lorsque les abeilles disparaitront de la surface du globe, l’Homme n’aurait plus que quatre années à vivre» a écrit Albert Einstein dont la citation réapparait dès que la question de la surmortalité des abeilles revient dans le débat public. Elle témoigne de l’importance vitale des abeilles dans la vie des êtres humains. Ces insectes jouent un rôle crucial dans la reproduction des fleurs en transportant le pollen d’une fleur à une autre, favorisant ainsi la production de fruits, de légumes et autres cultures. En conséquence, la disparition des abeilles aurait des répercutions drastiques sur la biodiversité, l’agriculture et l’alimentation humaine. Environ un tiers de la production alimentaire mondiale dépend de la pollinisation par les abeilles et d’autres insectes pollinisateurs. C’est pourquoi il est urgent de protéger les abeilles et leur environnement pour préserver notre production alimentaire et la biodiversité de notre planète. Au-delà de leur importance pour la biodiversité, les abeilles sont également exploitées par les humains pour leur potentiel de production de miel et de cire d’abeille. Aliment naturel sucré et nutritif apprécié par les humains depuis des milliers d’années, le miel est aussi utilisé dans de nombreux produits alimentaires et cosmétiques. La cire d’abeille, elle, sert dans la construction des alvéoles de leur ruche. Elle est couramment utilisée dans les produits de soins de la peau, dans la fabrication de bougies, de produits de polissage, de cosmétiques et des médicaments pharmaceutiques. Elle est également utilisée dans la production de produits alimentaires tels que le fromage, le chewing-gum et les bonbons. Abdrahamane Kouyaté possède quatre sites d’exploitation apicoles sur une superficie totale de 85 hectares dans le village de Zantiguila, Commune rurale de Sanankoroba. Avec 400 ruches de miel, sa production trimestrielle est estimée à une tonne de miel. Il explique que l’apiculture est une activité qui est très liée à l’agriculture et à l’élevage. Et de poursuivre que les abeilles se nourrissent des feuilles et des fleurs des plantations. « C’est pourquoi, dit-il, l’agriculture est importante pour la production du miel aussi bien que les abeilles pour l’augmentation de la productivité des cultures. » L’apiculteur souligne que les abeilles contribuent beaucoup à l’équilibre de l’écosystème. «Elles sont des pollinisateurs importants pour de nombreuses plantes. En collectant le nectar des fleurs pour produire du miel, les abeilles transportent le pollen d’une fleur à l’autre, aidant ainsi les plantes à se reproduire et à se propager», explique-t-il. À en croire Kouyaté, l’apiculture est une activité très rentable qui nourrit son homme. RÉDUCTION DE 30 A 33% – « En la matière, l’Association pour le développement de l’apiculture moderne (ADAM) soutient les apiculteurs. Nous achetons des ruches subventionnées avec l’ADAM avec une réduction de 30 à 33%. Ce qui nous permet de bénéficier de l’assistance d’une équipe pour installer des ruches dans nos champs», révèle-t-il. Précisant que quand les abeilles se nourrissent suffisamment à l’aide des plantes à fleurs, comme le melon, la pastèque, la papaye et les légumes, elles parviennent à remplir leurs ruches entre 60 à 90 jours. Cet agriculteur affirme que le miel est la principale source de nourriture des abeilles. Et dans nos sociétés, il est utilisé depuis des milliers d’années comme édulcorant naturel et comme remède pour de nombreux maux. Dans l’apiculture, les producteurs gagnent en miel, en cire et en production agricole. Quant à notre apiculteur, il récolte aussi la cire d’abeille. À l’intérieur du pays, Abdrahamane Kouyaté vend son litre de miel à 3 000 Fcfa contre 6 000 Fcfa à l’extérieur. «La cire d’abeille est aussi un avantage dans la production du miel. Le kilo de cire est vendu entre 1 000 à 15 00 Fcfa. Avec une tonne de miel, je peux avoir environ 500 kilos de cire. Je vends la moitié de ma cire pour garder le reste que je réutilise dans les ruches pour attirer les abeilles avec l’odeur», dit-t-il. Pour récolter la cire, l’apiculteur retire les cadres de rayons de la ruche. Les cadres sont ensuite placés dans un extracteur de cire, qui la sépare des restes de miel et de pollen. La cire est ensuite fondue et filtrée pour éliminer les impuretés. Par ailleurs, l’agro-apiculteur soutient que l’utilisation des pesticides contribue à réduire drastiquement la population des abeilles. «L’utilisation des produits dans les champs sont extrêmement néfastes pour les arbres, les insectes et les humains. Raison pour laquelle, je n’utilise jamais de produits chimiques dans mon champ», révèle le paysan. Abdrahamane Kouyaté invite, à cet effet, les autorités à mettre en place un service dédié à la valorisation des abeilles. CENT TONNES DE MIEL – À notre passage au siège de l’ADAM, dans la Zone industrielle, au quartier Bougouba, ses membres fabriquaient des centaines de ruches de couleur blanche dénommée « Ruche Kenya» (du nom du pays qui les confectionne) et d’autres matériels apicoles au profit des apiculteurs. Créée en 2009, l’Association a organisé de nombreuses formations sur la transformation et l’exploitation du miel. Elle compte aujourd’hui une dizaine de membres répartis sur toute l’étendue du territoire national. Par an, sa production est estimée à plus de 100 tonnes de miel. Son président, Mamadouba Keïta, souligne que la plupart de la production est vendue sur place aux étrangers qui exportent les produits. «Nous souhaitons arrêter cette exportation pour essayer d’ajouter de la valeur à nos produits, créer des emplois et de la richesse dans le pays», souligne-t-il. En ce qui concerne son aspect traditionnel, Mamadouba Keïta soutient que les abeilles contribuent à soigner notamment le paludisme et des maladies respiratoires. Et elles protègent les arbres contre des maladies qui, à leurs tours, contribuent au renforcement du système écologique. Mamadouba Keïta compare l’apiculture à l’élevage des animaux compte tenu de son intérêt vital. Il déplore le fait qu’aujourd’hui, le secteur soit frappé de plein fouet par l’utilisation abusive des pesticides dans l’agriculture. Ce qui réduit la population des abeilles au Mali d’environ 45%. À cela s’ajoute les effets néfastes des changements climatiques. Ces facteurs, selon lui, feront que dans dix ans, les populations des abeilles

Usine malienne de produits pharmaceutiques : Retour dans le giron de l’Etat

Bamako, 31 mai (AMAP) Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, s’est rendu, lundi, à l’Usine malienne de produits pharmaceutiques (UMPP), située dans la Zone industrielle de Bamako, dans le cadre de la mise en œuvre du plan de relance de cette société et pour constater les conditions de travail du personnel. L’UMPP, qui était une fierté nationale dans les années de cogestion avec les partenaires chinois, vit en ce moment des jours difficiles. L’avenir de cette unité de production tombée dans le giron du ministère de l’Industrie et du Commerce doit être repensé. C’est pourquoi, le gouvernement a approuvé en Conseil des ministres du 18 novembre 2022, un plan de relance tout en décidant de revenir sur l’ouverture de son capital. «J’ai vu une unité industrielle où les travailleurs sont suffisamment engagés au maintien de l’unité en marche. Le gouvernement va continuer à soutenir l’UMPP pour être encore plus moderne en remplissant les attentes des populations maliennes», a assuré le ministre à la fin de sa visite. Le visiteur, guidé par l’ancien directeur général par intérim de l’usine, le Pr Alou Amadou Keïta, s’est rendu à la section sirop où, plusieurs machines de production de médicaments sont à l’arrêt. Même constat au niveau de la section pommade, de la chaîne de comprimés et de la division contrôle laboratoire. Au niveau de la chaîne des pesées, quelques machines tournent à faible régime. L’usine est confrontée à un manque de ressources financières, mais aussi à la vétusté des outils de production et à un énorme passif. Ces difficultés doivent trouver leurs solutions dans le plan de relance. Mahmoud Ould Mohamed a souligné que les dépenses du Mali, en termes d’achats et d’importation de produits pharmaceutiques, sont énormes. D’où l’importance de cette usine qui « apparaît comme un facteur économique de notre souveraineté. » Il a aussi promis que « dans un ou deux ans, cette fabrique de médicaments sera remise à flot et répondra aux standards internationaux. » Des efforts seront aussi accomplis dans ce sens. Aujourd’hui, l’UMPP ne réalise que trois formes pharmaceutiques sur trois lignes de production. Alors qu’elle réalisait sur ses quatre chaînes de production, cinq formes pharmaceutiques pour une gamme de 33 produits présentés en Dénomination commune internationale (DCI). Vingt huit de ces 33 produits figurent sur la liste nationale des médicaments essentiels. L’UMPP a touché le fond quand l’État a autorisé en 1999, dans le cadre de son désengagement du secteur industriel, l’ouverture de son capital. Depuis, il y a eu une diminution de sa capacité de production consécutive à des difficultés. Pour la commission santé du Conseil national de Transition (CNT), ces difficultés sont liées à la non-commercialisation de certaines molécules, au retrait de la chloroquine dans le schéma thérapeutique, à l’insuffisance du personnel (49 agents actuels contre un effectif de 80 agents souhaités). Mais, aussi, des équipements obsolètes et des dettes évaluées au 31 décembre 2020 à 2,19 milliards de Fcfa. S’y ajoute un problème juridique qui remet en cause l’existence de l’UMPP en tant que société de droit malien. La mise en œuvre du plan de relance nécessite pour l’État malien de prendre des mesures législatives et règlementaires visant notamment à faire de l’UMPP, une société d’Etat et à étendre son objet afin qu’elle soit plus compétitive. C’est ainsi que le CNT a adopté, le 18 mai dernier, la loi portant création de la société d’État dénommée «Usine malienne de produits pharmaceutiques». L’UMPP retrouve ainsi son statut initial. Elle était une société d’État à sa création en février 1989, avec un capital de 2,55 milliards de Fcfa et entièrement souscrit par l’Etat. FC/MD (AMAP)

Le Conseil national de Transition adopte la loi pour la relance de la Compagnie malienne des textiles

Par Dieudonné DIAMA Bamako, 31 mai (AMAP) Le projet de loi portant ratification de l’ordonnance du 16 mars 2023 portant création de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX-Sa), après son adoption par le Conseil des ministres, a été approuvé, lundi, dernier par le Conseil national de Transition (CNT). Ce texte porte essentiellement sur le plan de relance de ce qui a été un fleuron de l’économie du Mali. C’est le 30 octobre 1993 que le gouvernement a signé une convention pour ouvrir le capital social de la COMATEX à la société China national overseas engineerig (COVEC). À l’issue de cette convention, la société a été érigée en COMATEX-SA avec 80% des actions appartenant à la COVEC soit 1, 200 milliards de Fcfa et 20% à l’État malien soit 300 millions de Fcfa. L’objectif de cette convention était de déterminer les conditions générales, économiques, administratives, financières, fiscales, douanières et sociales d’exercice des activités de la société. Malgré cette situation, la COMATEX était confrontée à des difficultés financières et économiques qui ont engendré des tensions de trésorerie à cause du vieillissement des équipements, de la non maitrise des charges d’exploitation (eau et électricité), de la concurrence des tissus importés notamment d’Asie. Sa situation financière se caractérise par un passif important d’ordre financier et social et d’un autre lié à l’exploitation. Ses dettes sont évaluées à 8,651 milliards de Fcfa dont 880,654 millions de Fcfa de dettes fiscales. Au regard de cette situation financière critique, le Conseil d’administration et l’Assemblée générale ont demandé en 2018 la liquidation de la société. Par la suite, une procédure judiciaire collective a été introduite soit pour sa liquidation ou son redressement. Afin de préserver les emplois et compte tenu de la position stratégique de la société pour le développement économique du pays en général et de la Région de Ségou en particulier, le gouvernement a opté pour le redressement judiciaire. A cet effet, le ministère de l’Économie et des Finances a, en rapport avec celui de l’Industrie et du Commerce, entrepris des actions prioritaires notamment la soumission d’une communication verbale au Conseil des ministres en novembre 2021 avec un plan de relance pour permettre à la société de faire face aux difficultés. Dans ce sens, il y a eu la signature d’une convention pour la cession des actions de la COVEC au franc symbolique. Ce plan prévoit aussi le paiement des arriérés de salaires des travailleurs. UNIQUE ACTIONNAIRE – Ces efforts fournis par le gouvernement de Transition ont permis de faire homologuer un concordat par le Tribunal du commerce de Bamako en son audience du 11 janvier 2023. Pour la mise en œuvre du plan de relance approuvé par le tribunal, il est apparu nécessaire de prendre une mesure législative pour permettre à l’État d’être l’unique actionnaire de la Compagnie constituée en Société anonyme (SA), d’adapter les statuts à la forme de société anonyme dont le capital est entièrement détenu par l’État, d’étendre son objet en vue de lui permettre d’être plus compétitive. Il s’agit, également, de conformer les nombreuses clauses statutaires aux dispositions impératives de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du Groupement d’intérêt économique (AUSCGIE). Et d’adapter les statuts à certaines innovations du traité relatif à l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) et aux pratiques de bonne gouvernance. Sur le montant des dettes de la Comatex (8,651 milliards de Fcfa au 31 décembre 2019) on compte un passif financier de 2,08 milliards de Fcfa à la COVEC Beijing et 1,35 milliards de Fcfa dû à la Banque de développement du Mali (BDM-Sa). Il inclut un passif d’exploitation de 2,601 milliards de Fcfa à la société Soyatt, 708,134 millions à la CMDT, 97,317 millions de Fcfa à EDM-SA, 13,518 millions de Fcfa à la Sotelma. Le passif social est de 921 millions de Fcfa de droits réclamés par les travailleurs et 880,654 millions de Fcfa de dettes fiscales. Les négociations avec la COVEC ont abouti à la cession de la COMATEX au franc symbolique y compris leur dette soit 2,080 milliards de Fcfa. En déduisant cette somme, le montant réel des dettes de la société sera de 6,571 milliards de Fcfa. APURER LE PASSIF – Au plan de la gouvernance, il sera procédé au remplacement des dirigeants de la société à qui, des missions spécifiques seront assignées notamment la relance des activités, la maitrise des charges, la maintenance des équipements, la bonne gouvernance etc. Au plan de l’équilibre d’exploitation, la société devra retrouver son équilibre en assurant une bonne maitrise des charges d’exploitation. Au plan de la promotion commerciale et de l’engagement politique, le ministère de l’Économie et des Finances discutera avec les structures concernées pour estimer les intentions de commandes publiques auprès de la COMATEX relatives aux évènements (8 mars, rentrée scolaire, fête de l’Armée, 1er mai, panafricaine des femmes, journée des paysans, etc). Le ministère en charge des Finances négociera avec la CMDT les subventions sur les livraisons de coton à la COMATEX et paiera les frais nécessaires à l’entretien et à la relance des machines. Aussi, le ministre de l’Économie et des Finances s’est engagé à apurer le passif de la COMATEX dans une période de 2 ans. Les dépenses urgentes à prendre en charge en plus d’une partie de la dette sociale sont celles relatives à la relance effective de l’usine. Il s’agit de 50 millions de Fcfa pour l’acquisition d’un groupe électrogène de 250 Kva, 50 millions de Fcfa pour les charges de démarrage (entretien des machines), 176 millions de Fcfa pour l’achat de consommables (pièces détachées, colorants…), 166 millions de Fcfa pour l’achat de coton et 80 millions de Fcfa pour l’achat de carburant et le paiement des factures d’électricité. Le montant cumulé nécessaire pour la reprise s’est élevé en 2022 à 722 millions de Fcfa y compris la prise en charge de la 2è tranche de la dette sociale qui fait 200 millions de Fcfa. Pour assurer la pérennité des activités de la COMATEX, le gouvernement s’engage à mettre en œuvre

Les douanes du Mali ont saisi près de 6 kg de cocaïne en partance pour Paris

Bamako, 26 mai (AMAP) La Brigade mobile d’intervention (BMI) de Bamako des Douanes maliennes a saisi, le 22 mai 2023, plusieurs paquets de cocaïne d’un poids total de 5,2 kilogrammes dont la valeur marchande est estimée à près de 300 millions de Fcfa, selon des sources douanières. « L’opération s’est déroulée, dans la nuit du mercredi au jeudi dernier, dans un quartier périphérique de la capitale malienne, où les deux valises noires attendaient leur expédition sur l’aéroport international président Modibo Keïta de Sénou », ont expliqué les mêmes sources. C’est alors que la patrouille douanière aux aguets a interpellé les présumés trafiquants et leurs complices qui ont essayé de s’échapper. Les présumés trafiquants ainsi que la marchandise prohibée ont été transportés dans les locaux de la BMI, à Faladiè, (quartier de Bamako) pour une fouille approfondie. « Nous avons trouvé, outre divers articles ordinaires, quatre paquets de cocaïne pure. Les analyses de laboratoire ont confirmé qu’il s’agit d’une drogue de premier choix », a expliqué l’inspecteur des douanes, Oumar Kassambara, précisant que le colis était destiné à la France. « Pour tromper la vigilance des agents, les délinquants ont fait passer la cocaïne pour des pièces de Basin emballées par une matière de couleur bleue pour brouiller le scanner », a-t-il révélé. Selon nos sources, l’efficacité des renseignements douaniers a servi ainsi la vigilance des services de contrôle. Le directeur général des Douanes, l’Inspecteur général Amadou Konaté, a salué le « professionnalisme » des agents qui ont opéré cette importante saisie. Il a réitéré son instruction de « traquer les auteurs du commerce illicite jusque dans leurs derniers retranchements. » L’inspecteur général Konaté a, également, invité « les soldats de l’Economie » à maintenir la pression sur les réseaux mafieux qui contribuent au financement du terrorisme au Mali. AT/MD (AMAP)

Gestion des marchandises en transit : Vers l’interconnexion des systèmes informatiques des douanes du Mali, du Burkina et du Niger

Bamako, 26 mai (AMAP) Trois pays ouest africains, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, ont signé, mercredi, à Bamako, une convention sur l’interconnexion des systèmes informatiques des douanes des trois pays, dans le cadre du projet Système interconnecté de gestions des marchandises en transit (SIGMAT) afin de mutualiser les efforts et surmonter les difficultés liées au transit. La cérémonie s’est tenue au ministère de l’Économie et des Finances, sous la présidence chef du département, Alousséni Sanou, en présence des directeurs généraux des douanes du Mali, Amadou Konaté, du Burkina Faso, Mathias Kadiogo, et leur homologue du Niger, Barkay Molimi La signature de convention avait été précédée d’une réunion des experts chargés de l’élaboration des instruments du SIGMAT et de mise en œuvre des interconnexions des systèmes informatiques des douanes des trois pays. Du 22 au 23 mai derniers, à la direction générale des douanes du Mali, les experts ont examiné les textes réglementaires encadrant la mise en œuvre de cet ambitieux projet. Les actions retenues par les experts ont ensuite été soumises à l’approbation des directeurs généraux des douanes. «Au cours de la réunion des directeurs généraux, les experts ont soumis à leur appréciation et validation, un protocole d’accord et une instruction relative à l’interconnexion des systèmes informatiques de l’administration des douanes des trois pays», a annoncé le directeur général des douanes du Mali. Selon Amadou Konaté, les directeurs se sont engagés à veiller au respect strict du chronogramme de déploiement du projet SIGMAT et à la mise en œuvre des recommandations. Il s’agit notamment du démarrage de la phase pilote de l’interconnexion le 10 juillet 2023, la tenue de la réunion d’évaluation le 10 octobre 2023 à Ouagadougou (Burkina Faso) et le port de la tenue douanière règlementaire lors des prochaines rencontres. Quant au directeur général des douanes du Niger, il a précisé que ce protocole est très important dans le cadre de la facilitation du commerce entre les trois Etats. «Il permet aux Etats de faire des arbitrages en ce qui concerne les marchandises et d’avoir une démarche concertée en matière de gestion de tous les flux du marchandise», a fait noter Barkay Molimi. Et d’ajouter que cela crée une grande traçabilité. Pour lui, grâce à cette interconnexion, les procédures seront facilitées et les pays auront des informations suffisantes sur les marchandises qui leur sont destinées. «La partie malienne a relevé la persistance des impositions et des restrictions observées sur les marchandises en transit par le Niger en destination du Mali et a demandé à la partie nigérienne d’intercéder auprès des autorités pour la levée de ces impositions, conformément aux dispositions communautaires en la matière», a-t-il souligné. Barkay Molimi a, également, dit avoir pris bonne note de la préoccupation exprimée par le Mali, avant de rassurer sur les dispositions prises pour la présence effective des douanes maliennes sur les frontières nigéro-maliennes. «La partie nigérienne va soumettre à la hiérarchie les avancées relevées en vue d’un retour rapide à la normale en levant les impositions et les restrictions observées sur les marchandises en transit en destination du Mali», s’est-il engagé. Clôturant la cérémonie, le ministre malien de l’Economie et des Finances a expliqué que cette signature est l’engagement d’échanges automatiques de données électroniques sur les marchandises en transit d’une frontière à l’autre. Il s’agira, donc, pour les douaniers « de mutualiser les efforts afin de surmonter les difficultés liées au transit et de satisfaire les besoins des opérateurs économiques et des usagers. «Le projet SIGMAT est le résultat d’un long processus qui a impliqué plusieurs parties prenantes sans oublier le soutien des partenaires techniques et financiers. Sa mise en œuvre nécessite une collaboration soutenue afin de réduire les risques de déperdition des marchandises et le contrôle des recettes importantes pour le trésor public», a rappelé Alousséni Sanou. Enfin, il a souligné que « cette étape symbolique est une opportunité à saisir pour améliorer la mobilisation et la sécurisation des recettes douanières, lutter efficacement contre la fraude et faciliter les échanges. » FMS/MD (AMAP)

La canicule met à rude les appareils de climatisation ou de ventilation

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 24 mai (AMAP) En ces temps de hausse du mercure, les réparateurs de ces appareils électroménagers de Bamako, la capitale malienne, sont très sollicités. Et les rapports avec les clients sont, souvent, très tendus pour diverses raisons. Lassana Camara, technicien en climatisation, est à la tâche, dans son atelier, à Kalaban-coro. Il remet en place, avec dextérité, les pièces d’un humidificateur qu’il a dû démonter pour situer et corriger le problème l’empêchant de fonctionner correctement. Le propriétaire de l’appareil suit avec attention les gestes du technicien, espérant avoir rencontré, cette fois-ci, le bon. « Il y a une semaine, j’avais apporté ce même refroidisseur chez un soi-disant réparateur qui m’a fait dépenser pour rien. Enervé, j’ai tenu à son endroit des propos discourtois et on a failli en venir aux mains», raconte-t-il. Devant l’atelier de Camara, des dizaines d’autres humidificateurs attendent d’être réparés. Il doit, en plus, se déplacer fréquemment pour des réglages, dépannages ou maintenance de climatiseur aux domiciles de ses clients. Comme lui, de nombreux réparateurs d’appareils de climatisation sont débordés en cette période où la chaleur est maitresse des lieux à Bamako. Impossible, en effet, de rester entre quatre murs, sans avoir de quoi atténuer la forte température. Les ventilateurs, climatiseurs, humidificateurs et autres appareils du genre sont, ainsi, d’un grand secours. Sauf que leur usage réserve parfois des surprises désagréables. Et le stress thermique aidant, les échanges entre les techniciens spécialisés dans la réparation de ce matériel et leurs clients peuvent, facilement, tourner en propos véhéments. Les seconds pointent du doigt le manque de professionnalisme des premiers. «Beaucoup d’entre eux font du tâtonnement. Et ceux qui se débrouillent bien respectent rarement les délais», lance Amadou Traoré, instituteur. TATONNEMENT – Fadima Cissé s’est fait gruger, plusieurs fois, par des «techniciens incompétents». Récemment, cette habitante d’un quartier de la Rive droite de Bamako a sollicité, en l’espace de dix jours, deux réparateurs de système de climatisation. On lui avait particulièrement vanté les «qualités du premier». Mais à l’épreuve, échec ! «Il m’a dit que le problème était lié à la destruction de la carte et de l’interrupteur du climatiseur. Il a changé ces pièces, mais le même problème est réapparu une semaine après», confie notre interlocutrice qui était alors obligée de contacter un autre électricien. Celui-ci a lavé les filtres et mis du gaz pour un montant de 12 500 Fcfa. «Attendons de voir pendant combien de jours, la machine va tenir», soupire-t-elle. Selon Fadima Cissé, tous les réparateurs ne maitrisent pas leur métier. Ainsi, elle est obligée de recourir, à chaque dysfonctionnement de son appareil, à deux voire trois réparateurs pour trouver une solution. Et pour chaque réparation, surtout en cette période, il faut débourser une petite fortune. Awa Soumaoro, résidente de Sébénikoro, un quartier de la Commune IV dans l aciptal ;e malienne, utilise un humidificateur depuis trois ans. Elle est fréquemment chez les réparateurs pendant la canicule. Il y a deux semaines, elle a sollicité les services d’une entreprise spécialisée pour redonner à son humidificateur un rythme normal de fonctionnement. «Un technicien a changé certaines pièces. La réparation m’a coûté 7 500 Fcfa. Heureusement, l’appareil a marché», affirme-t-elle. Ce que la sexagénaire trouve surtout utile chez cette entreprise, c’est que le «client peut l’interpeller s’il n’est pas satisfait de la prestation». La compagnie prodigue, aussi, toujours des conseils utiles pour la bonne tenue des appareils. Hamidou Traoré, technicien en froid et climatisation, concède le déficit de réparateurs qualifiés. Mais se presse de charger les utilisateurs qui «disent souvent que les réparateurs ne connaissent rien alors que ce sont eux-mêmes qui ne savent pas manipuler leurs appareils». Ce diplômé de l’Institut supérieur de technique de gestion (ISTG) raconte : «Je viens de régler un climatiseur que j’avais réparé il y a une semaine. Le propriétaire était sur les nerfs quand il m’informait de ce qu’il croyait être une nouvelle panne. Or, que le problème était dû à la mauvaise manipulation de la commande par les enfants. Après mon intervention, j’ai véhémentement exprimé mon mécontentement». Hamidou Traoré a subi «injustement», pour la énième fois, le courroux d’un client. Sans compter la perte de temps que cette intervention à domicile lui a causée. «En cette période, le temps est précieux pour nous», dit-il, révélant qu’il répare quatre à cinq appareils, quotidiennement. En moyenne, il gagne 15 000 Fcfa le jour. Le technicien conseille au client d’acheter un humidificateur en fonction de la dimension de la pièce où il doit être installé et de ne surtout pas le laisser à la merci des enfants. Contrairement à Hamidou, Seydou Konaré a appris le métier sur le tas. Démontant un ventilateur dans son atelier à Bamako-Coura, il nous explique comment il est devenu réparateur : «Pendant les vacances, je partais dans des ateliers pour gagner de l’argent. J’ai fini par aimer ce travail passionnant. Cela fait quinze ans maintenant que j’évolue dans ce domaine.» Et d’affirmer qu’il n’a jamais eu de problème avec les clients, même durant les périodes de canicule où le volume du travail devient très important. « Nous pouvons réparer plus de quatre machines humidificateurs par jours. Le marché est vraiment rentable en ce moment», se réjoui-t-il. COUPURES D’ÉLECTRICITÉ – De son côté, Beydi Diallo, diplômé en électricité et en froid, évoque la rareté de pièces de recharge de bonne qualité sur le marché. Et, avec la crise économique qui n’épargne aucun pays, les prix des pièces de qualité (mèches, pompes, multimètres, filtres déshydrateur…) qu’on trouve au marché Dabanani ou dans les quincailleries ont connu une augmentation de 500 à 1 000 Fcfa. C’est pourquoi, les réparateurs utilisent, très souvent à la demande des clients, des pièces moins chères, donc peu résistantes. Beydi quitte rarement son atelier, situé à Bolibana où il répare des ventilateurs, des groupes électrogènes, des frigos, fours et repasseurs. «De mars à mai, je reçois plus de clients», dit-il, ajoutant que ceux-ci sont, généralement, satisfaits de ses prestations. «Mais dans tous les métiers, il peut avoir des erreurs. Les clients sont libres de rapporter

Vente promotionnelle de bovins : 3 200 têtes sur le marché

Par Makan SISSOKO Bamako, 17 avril (AMAP) La désormais traditionnelle vente promotionnelle de bovins au Mali, dans le cadre de la fête de l’Aïd el-Fitr, met 3 200 têtes sur le marché, pour la 15èédition qui se déroulera, du 12 au 21 avril 2023, à Bamako et dans les capitales régionales.  Fidèle à la tradition, le ministère du Développement rural à travers la direction nationale des productions et des industries animales (DNPIA), organise cette édition officiellement lancée, samedi dernier, sur le terrain Chaba de Lafiabougou, par le ministre Modibo Keïta. Les 3 200 têtes sont reparties entre le District de Bamako (1 770), Kayes (470), Sikasso (270), Ségou (220) et Mopti (260). À Bamako, les fourchettes de prix varient entre 200 000 et 350 000 Fcfa. Cette opération, de portée économique et sociale pour les communautés rurales et urbaines, est fondée sur la solidarité et l’entraide. Son objectif essentiel, selon le ministre du Développement rural, « est de permettre aux Maliens de pouvoir s’offrir à un prix abordable une portion de viande, le jour de la fête. » Modibo Keïta a ajouté que l’opération vise, aussi, à faciliter l’écoulement du bétail des éleveurs et agro-éleveurs et leur garantir ainsi des revenus. L’organisation des ventes promotionnelles d’animaux de boucherie traduit, également, l’engagement du gouvernement à fédérer les ressources et les synergies afin de promouvoir les filières de productions animales et répondre aux besoins de consommation des populations en produits animaux de qualité. Pour, le ministre du Développement rural a remercié les groupements et organisations d’éleveurs et agro éleveurs qui, encore cette année, ont sacrifié à la tradition, en accompagnant son département dans cette opération, malgré le contexte socioéconomique particulièrement difficile. «De Kayes à Mopti, en passant par Bamako, Sikasso et Ségou, les marchés à bétail seront animés pendant tout le reste du mois de Ramadan par les vendeurs et acheteurs d’animaux venus de toutes les contrées de notre pays, traduisant la valeur de notre patrimoine pastoral et la richesse de notre élevage», a dit le ministre Keïta. Il a rappelé que le sous-secteur de l’élevage contribue à hauteur de 19% au Produit intérieur brut (PIB) et au moins 30% de la population en tirent essentiellement ses revenus. Le sous-secteur est le 3èpourvoyeur de recettes d’exportation, après l’or et le coton. PRODUCTIVITÉ – Cependant, a regretté le ministre Modibo Keïta, « la productivité des troupeaux et la plus-value du sous-secteur restent faibles. » Ainsi, l’une des priorités de son département est d’améliorer et accroître la productivité de l’élevage au Mali en agissant sur la génétique, la santé animale et l’alimentation du bétail. « C’est pourquoi, a-t-il expliqué, l’État déploie plusieurs actions dont l’insémination artificielle pour améliorer la race locale et la campagne de vaccination du cheptel, la culture des fourrages à très hauts rendements et la disponibilité de l’aliment bétail produit par nos unités d’huilerie. » Le président de la Transition au Mali, soucieux des questions d’alimentation du bétail, s’est personnellement impliqué en décidant lors du Conseil supérieur de l’agriculture (CSA) en avril 2022, de mettre à la disposition des éleveurs et producteurs de coton, 10% de la graine de coton de la campagne agricole 2022 de la Compagnie malienne pour le développement des textiles(CMDT), pour en faire de l’aliment bétail. Le ministre du Développement rural a demandé aux organisateurs de l’opération de réfléchir pour que la vente en ligne puisse être prévue pour la prochaine édition. « Cela permettra, a-t-il justifié, à certains de nos compatriotes de la diaspora de satisfaire leurs parents vivant dans les villes d’organisation des ventes promotionnelles. » Au nom des producteurs, Moustapha Traoré a salué l’initiative de la vente promotionnelle des bovins et le soutien des autorités aux producteurs. Il a rendu hommage aux forces armées maliennes pour les efforts de sécurisation des trajets, ce qui a facilité l’acheminement des animaux sur la capitale. Évoquant les difficultés, M. Traoré a insisté sur la cherté de l’aliment bétail et le manque d’eau pour les bovins. « Pour cette opération, a-t-il assuré, les producteurs entendent approvisionner le marché avec plus de 2 000 têtes de bovins. » La cérémonie a pris fin par la visite guidée des parcs à bétail installés sur le site, en présence du ministre délégué en charge de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, et des membres des organisations professionnelles de la filière bétail/viande. MS/MD (AMAP)

Campagne agricole 2023-2024 : le Mali encourage l’importation de pesticides (Officiel)

Bamako, 15 avr (AMAP)Le Conseil des ministres a adopté un projet de décret relatif à l’importation et à l’utilisation des pesticides à titre exceptionnel pour la campagne agricole 2023-2024,  annonce le communiqué de la séance du vendredi 14 avril 2023. Pour les producteurs de coton, c’est bonne nouvelle dans la lutte contre les jassides. La campagne cotonnière 2022-2023 a été marquée par une invasion massive d’insectes nuisibles appelés jassides dans les champs. Ce sinistre a concerné de toutes les filiales cotonnières des zones de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) et de l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN) où des dégâts importants ont été enregistrés, principalement sur le coton. Dans une interview accordée à l’Essor, à l’issue de la 97è session du Conseil d’administration de la CMDT, tenue le mercredi 1er février 2023, son Président directeur général (PDG), Dr Nango Dembélé a signalé qu’en plus des ravages des jassides, les inondations ont fait perdre au Mali plus de 150 000 hectares de cultures. Les traitements phytosanitaires de cette nouvelle espèce n’étaient disponibles ni au Mali ni dans les autres pays de la sous-région. « Tous les traitements traditionnels que nous connaissons n’ont pas eu d’effet sur cet insecte au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, au Togo et au Bénin », a-t-il fait remarquer. Depuis lors, lutter contre cette espèce est devenu une priorité de la direction de la CMDT et des dispositions ont été prises pour résoudre définitivement la problématique des intrants agricoles avant la campagne prochaine. Les 16 et 18 mars derniers, une mission de la Holding-CMDT a même sillonné les zones de Koutiala (Sud) et Kita (Ouest) pour donner des conseils aux producteurs de coton leur permettant de réussir la prochaine campagne agricole. Ainsi que les  informer sur l’utilité du flonicamide dans la lutte contre les jassides. « Au Mali, nous avons la solution aux jassides et tout le monde peut faire son plan de campagne à hauteur de souhait. La problématique des jassides est derrière nous », a annoncé le directeur des producteurs agricoles de la CMDT, Moro Diakité. Au cours de la même mission, Moro Diakité a recommandé le semis précoce, qui constitue une solution aux jassides. « Les producteurs doivent respecter l’itinéraire technique qui rend le coton vigoureux contre les jassides », a-t-il conseillé. Selon le gouvernement de la Transition, l’analyse des échantillons de jassides collectés a montré la présence de plusieurs espèces nuisibles aux cultures. Pour lutter contre ces espèces nuisibles, les autorités ont annoncé que les chercheurs du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique ont proposé de nouvelles matières actives. Et de préciser que le projet de décret est adopté en vue de permettre, à titre exceptionnel, l’importation et l’utilisation de ces matières pour la campagne agricole 2023- 2024. SS/MD (AMAP)

Ramadan : Les vertus sanitaires et religieuses de la datte

Par Oury Diallo DICKO Bamako, 14 avr (AMAP) Pendant le ramadan, mois béni des musulmans, la datte, un incontournable, est l’un des fruits les plus consommés, en raison de ses vertus sanitaires et religieuses. Outre les dattes locales qui proviennent des régions dans le Nord du Mali, on trouve sur les marchés, plusieurs variétés importées du Maghreb (Maroc, Algérie,  Tunisie) et du Moyen Orient. De nombreux consommateurs préfèrent les dattes importées pour leur qualité. C’est le cas de Mme Awa Sacko. «Personnellement, j’aime les dattes importées qui sont un peu moelleuses et fondantes. Mon mari et mes enfants les adorent également. Mais, les commerçants ont juste augmenté leurs prix», dit notre interlocutrice. En cette période de Ramadan, certains jeunes se frottent les mains avec la vente de dattes dans la circulation. Depuis le début de ce mois, Baba Touré vend des dattes entre les files de voitures, surtout au niveau des feux-tricolores. «Chaque jour, à partir 15 heures, je viens vendre des dattes afin de subvenir à mes petits besoins et ceux de ma famille», dit-il. « Les dattes moelleuses dont celles qui proviennent du Maroc sont les plus sollicitées par les consommateurs », précise notre interlocuteur. Chez les grossistes, la concurrence fait rage.Ousmane Dicko, un grossiste qui vend une autre variété de dattes, explique son quotidien. « Je suis dans ce commerce depuis huit ans que. Mes dattes viennent d’Algérie. Le prix du sac de datte varie entre 75 000 et 76 000 Fcfa. Et le kg est cédé entre 700, 900 et 1000 Fcfa…», explique Ousmane. D’après lui, de nos jours, le marché tourne au ralenti à cause des difficultés que traverse le pays. Nous avons rencontré une vendeuse de dattes installée au bord de la route. «Je prends mes dattes au marché Dabanani. Je vends le kg à 1 000 Fcfa. Les dattes les plus demandées par les clients sont celles en carton», explique notre interlocutrice qui a requis l’anonymat. Elle a confié que pendant le mois de ramadan, elle vend trois qualités de dattes : les dattes sèches, moelleuses et peu moelleuses. UN FRUIT BÉNI – La consommation des dattes est-elle bénéfique pour la santé ? Le Pr Ousmane Diabaté, médecin-nutritionniste, répond par l’affirmative. «Tout d’abord, la datte est riche en protéine et en fibres solubles et insolubles. Dans 100 g de dattes, on retrouve 8 g de fibres. Les fibres jouent un rôle important dans le transit intestinal. Elles permettent d’augmenter la sensation de satiété, tout en favorisant un bon transit. Les personnes diabétiques peuvent consommer jusqu’à deux dattes par jour», explique le spécialiste. Ses vertus sont également mises en avant au niveau de la religion musulmane. L’exposé du guide spirituel, l’imam Namory Sissoko, sur le sujet est assez édifiant. «La datte est un fruit béni. Malgré la diversité de ses créatures, Dieu n’a cité que peu de plantes et d’aliments dans son livre saint parmi lesquels la datte», rappelle le religieux. Pour lui, ce choix peut s’expliquer par le contexte culturel dans lequel le Coran a été révélé. Le guide religieux a signalé que de nombreuses narrations soulignent le caractère béni de cet arbre. D’après lui, les saintes écritures rapportent que le Messager d’Allah, Mohamed (PSL), rompait le jeûne avec quelques dattes fraîches avant d’accomplir la prière. « Et, s’il n’y en avait pas de fraiches, il prenait des sèches. » ODD/MD (AMAP)