Initiative pour relier l’Afrique à l’Asie et à l’Europe : Riyad accueille la conférence des hommes d’affaires arabo-chinois

Riyad, 10 juin (UNA-AMAP) Plus de 150 participants sont attendus à la dixième session de la Conférence des hommes d’affaires arabo-chinois sur le thème « Coopération pour la prospérité » qui s’ouvre, ce dimanche, à Riyad, la capitale saoudienne, annonce l’Union des agences de presse de l’Organisation de la coopération islamique (UNA). De grands experts internationaux et 3 000 décideurs de 23 pays participeront aussi, pendant deux jours, à cette conférence placée sous le haut patronage du Prince héritier et Premier ministre saoudien, Mohammed bin Salman bin Abdulaziz. Y assisteront, également, de hauts fonctionnaires gouvernementaux, un large éventail d’investisseurs, des hommes d’affaires, des spécialistes et des personnes intéressées par les relations sino-arabes pour promouvoir le partenariat stratégique basé sur l’initiative de «La ceinture et la route» qui relie l’Asie à l’Afrique et à l’Europe. La conférence a comme but de consolider la coopération commerciale et économique entre le monde des affaires sino-arabes et explorer les opportunités d’investissement dans divers domaines, notamment la technologie, les énergies renouvelables, l’agriculture, l’immobilier, les minéraux, les chaînes d’approvisionnement et l’innovation. Cette conférence comprendra huit tables rondes, 18 ateliers, des réunions spéciales et des événements parallèles. La première session abordera le thème de « l’investissement et le financement à travers l’initiative de «La ceinture et la route», et sera suivie d’un symposium sur le rôle des mégaprojets dans la conception des villes du futur La deuxième session se focalisera sur les moyens innovants de production de l’énergie propre, les énergies renouvelables et la réduction des émissions de carbone. La troisième session, divisée en deux parties, politique et économique, aborde le rôle du tourisme et des loisirs dans la diversification de l’économie. Les sessions de la première journée se conclueront par une discussion sur les enjeux de la sécurité alimentaire et l’agriculture considérés comme éléments clés pour libérer le potentiel de développement. Le deuxième jour de cette conférence sera marqué par l’organisation de la session sous le thème « L’Industrie, la métallurgie et les minéraux – secteurs clés pour un avenir prospère. » Tandis qu’une session portera sur « le renforcement de la résilience dans le secteur des services logistiques, la chaîne d’approvisionnement et les infrastructures ». Une session discutera des soins de santé, l’industrie pharmaceutique et les préparations pharmaceutiques. Alors que celle qui suivra abordera le thème de « l’économie numérique et l’intelligence artificielle » et les moyens de les exploiter pour améliorer les niveaux de productivité et de croissance ». La conférence se terminera par une session sur « le secteur financier et son rôle dans la promotion de la croissance des affaires arabo-chinoises ». D’autre part, un atelier spécialisé discutera un certain nombre de sujets importants tels que : les chaînes d’approvisionnement pour les secteurs pétrolier et gazier, les partenariats d’innovation et de recherche, les défis et les solutions pour les chaînes d’approvisionnement commerciales mondiales, la métallurgie et  l’industrie alimentaire, avec la participation de nombreux hauts fonctionnaires des secteurs public et privé. Outre le ministre saoudien des Affaires étrangères, l’ouverture de cette conférence verra la participation du secrétaire général de la Ligue des États arabes, Ahmed Aboul Gheit, du vice-président de la Conférence consultative politique du peuple chinois, Hu Chunhua, du ministre saoudien de l’Investissement, l’ingénieur Khalid bin Abdulaziz Al-Falih, et un certain nombre de ministres saoudiens et arabes. MD (AMAP)

J’ai entendu le train siffler à nouveau dans la ville de Kayes, dans l’Ouest du Mali

Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 10 juin (AMAP) Beaucoup de citoyens doutaient de la relance du train voyageur à cause de fausses promesses, de problèmes de gestion des marchés, de l’occupation des domaines ferroviaires et de la crise économique. Grâce à la détermination des associations, des autorités et des populations, le train a sifflé à nouveau, ce 9 juin2023, dans la ville de Kayes, dans l’Ouest du Mali, marquant du coup la reprise des activités ferroviaires à la grande satisfaction des populations de cette ville affectueusement appelée « la Cité des Rails ». Lorsque Kayes est devenue la capitale du Soudan-Français (l’actuel Mali), le colonisateur a également transféré la gare ferroviaire dans cette ville de l’ancien royaume du Khasso. Avant que la Régie des Chemins de Fer du Mali (RCFM) ne tombe en faillite victime de la mauvaise gestion et de la privatisation, beaucoup de gens enviaient les travailleurs de cette société. Dans certaines familles, notamment celles de Kayes-Khasso, Quinzambougou et Diabougou, les parents formulaient fréquemment ce vœu : « Que Dieu fasse de notre enfant un cheminot (Allah ka den kè cheminot ye » lors des baptêmes. Un vœu qui montre à quel point le train compte beaucoup dans la vie du Kayésien. La preuve ? Le train a été salué à son départ de Kayes par une foule enthousiaste constituée d’autorités (administratives, politiques, élus locaux, légitimités traditionnelles, société civile), sans oublier les femmes et les enfants. En plus du gouverneur de la Région de Kayes, le colonel Moussa Soumaré, les populations ont toutes tenu à être les témoins de la reprise du départ du train voyageur pour Bamako, après cinq années d’arrêt. Après avoir entendu le signal à 07:45, les officiels, de même que les accompagnateurs et les autres visiteurs, des vendeurs et manœuvres, ont tous applaudi, en souhaitant « Bon voyage » aux passagers du train tiré par la locomotive CC 2207. Outre des voyageurs ordinaires, la rame avait à son bord un détachement de la Police nationale. « Je voudrais d’abord rectifier que nous sommes venus assister au départ du 1er train voyageur, symbolisant la reprise effective du trafic ferroviaire. Quant à la cérémonie de lancement officiel, ce sera un autre jour, en présence des plus hautes autorités du pays », a déclaré le colonel Moussa Soumaré, peu avant que le train ne s’ébranle. Le gouverneur a salué l’ensemble des travailleurs de la Société du patrimoine ferroviaire du Mali (SOPAFER) pour leur patience et le travail remarquable realisé. « Pendant tout ce temps-là (période d’arrêt du train), ils ne se sont pas découragés. Ils ont continué à travailler, à espérer afin que ce jour-là soit », a-t-il souligné. Le gouverneur Soumaré a aussi a dit merci à l’ensemble des populations riveraines du chemin de fer pour leur « patience, compréhension, sacrifice et esprit de patriotisme. » « Ce n’était pas facile : pendant cinq ans, le trafic ferroviaire était arrêté et les populations en ont beaucoup souffert parce qu’il y a des endroits vraiment enclavés et le seul moyen de déplacement était le train », a dit le gouverneur Moussa Soumaré. Parmi les passagers à bord, nous avons approché une dame qui partait à Bamako pour affaires. Cette dame qui a préféré garder l’anonymat, était très contente d’emprunter le train à nouveau. Même si elle estime que les frais de transport de certaines marchandises sont élevés. D’après cette passagère, une de ses voisines a payé 3 000 FCFA pour le transport de deux bidons de 20 litres d’huile. Certains accompagnateurs étaient en colère lorsque des agents ont refusé l’accès du train à un de leurs proches qui n’avait certainement pas de ticket. Vers 6 heures, des policiers, munis de leurs sacs, sont devant l’entrée de la gare. La veille, la vente des billets a débuté à 14 heures et en moins de 4 heures, le stock était déjà fini, provoquant des frustrations chez certains passagers qui n’ont pas pu s’en procurer. Lors d’une rencontre dans l’après-midi du 8 Juin 2023 avec les travailleurs de ;a société, le directeur général de la SOPAFER, Ibrahima Maïga, a demandé aux populations de bien s’occuper de ces machines et d’éviter certaines pratiques qui peuvent compromettre la bonne marche de l’activité ferroviaire. Selon lui, l’Etat a investi au moins huit milliards de Fcfa pour la relance du train. Le directeur Ibrahim Maïga a assuré les travailleurs, ainsi que les populations, que des dispositions seront prises pour corriger, au fur et à mesure, les défaillances constatées lors de la relance. Les trois syndicats des travailleurs de la SOPAFER ont promis d’œuvrer pour que ce service puisse fonctionner durablement et ont insisté sur le changement de comportement. Des prières et bénédictions ont été formulées pour la pérennisation de l’activité ferroviaire et la réussite de la transition. BMS/MD (AMAP)  

Robotique : Les femmes maliennes s’affirment !

Par Amsatou Oumou TRAORÉ Bamako, 9 juin (AMAP) Nous sommes à Yirimadio, en Commune VI du district de Bamako, la capitale malieme. Il est 10 heures au Centre de formation «Ankatronics». Nous nous entretenons avec Aoua Sow dans un atelier de montage de robots et de circuits électriques. Notre interlocutrice est diplômée de la Faculté des sciences et techniques de Bamako (FST). Très concentrée, la technicienne en blouse blanche est au montage d’un Mbot ranger. Ce robot est utilisé dans l’apprentissage de la robotique. Nous sommes impressionnées et séduites par ce spectacle technologique. Aoua nous a expliqué comment elle procède pour arriver à ce résultat impressionnant. Cette passionnée de robotique s’exerce à rassembler les pièces pour le montage d’un robot. Elle nous dit qu’elle doit se concentrer et, surtout, s’appliquer pour avoir un bon résultat. Elle se réfère à un catalogue posé auprès d’elle. « Après cette première étape, dit-elle, suivra la programmation qui consiste à donner des instructions au robot. » «J’écris des tâches que j’injecte à travers une carte dans le robot. Ce sont ces instructions que cette machine exécute», explique la jeune scientifique. Comme Aoua, les femmes optent, de plus en plus, pour les spécialités scientifiques dont la robotique. Par machisme, beaucoup croyaient que ce domaine était réservé uniquement aux hommes. Cette science s’intéresse à la conception et à la fabrication des machines automatiques, autrement dit les robots. Depuis l’enfance, Aoua Sow est fascinée par la mécanique, l’électronique et la programmation informatique. Détentrice d’une licence en électronique et systèmes électriques depuis 2021, Aoua affirme que les femmes sont nombreuses aujourd’hui dans le domaine de la robotique. Grâce à leur courage, elles commencent à se faire remarquer. «Nous avons de plus en plus confiance en nous», dit-elle. Aoua a participé à la première édition du Camp de codage africain, Girls can code initiative (AGCCI) financé par l’ONU-Femmes et ses partenaires. Ce projet comble l’écart numérique entre les sexes. La jeune femme de 24 ans indique que les connaissances acquises lui permettront de faire des réalisations bénéfiques pour elle et pour son pays. La robotique a permis Aoua Sow de se démarquer des autres et de se défaire du statut d’infériorité collé aux femmes dans certains domaines prétendument réservés aux hommes. Selon elle, le Mali offre plusieurs opportunités d’études aux femmes, à travers la création de la filière robotique à la FST et la présence de centres de formations comme RobotsMali et Ankatronics. Aïssata Bocoum, cette autre jeune fille évoluent, aussi, dans le domaine de la robotique. Elle révèle l’utilité des robots. «Le robot peut faire plusieurs activités comme les hommes, s’il est programmé pour ces tâches», déclare cette étudiante en licence 3 à la FST. Comme exemple, elle cite l’intervention des robots dans une opération chirurgicale et dans la cuisine. Notre interlocutrice, parallèlement à ses études à la FST, a suivi une série de formations dans la robotique pour apporter sa contribution au développement du secteur et briser les stéréotypes sur les capacités de la femme. Cette étudiante de 21 ans est persuadée que la robotique sera incontournable dans les années à venir. «Donc, mieux vaut s’y mettre tout de suite», dit-t-elle. L’étudiante n’a pas encore créé son premier robot. Pour le moment, elle s’est familiarisée avec la technique de programmation de la machine qui consiste à donner des instructions à celle-ci. Elle assure qu’elle va confectionner des robots qui vont s’occuper des travaux ménagers pour soulager la femme. Aïssata Bocoum soutient que les femmes se taillent une place importante dans le secteur. Elle a cité, la participation, du 25 avril au 4 mai 2023, de Nana Kadidia Diarra âgée de 14 ans, à la «Vex robotique», un concours de robotique au Texas (États-unis). Auparavant, l’équipe de l’adolescente avait été championne de la Compétition panafricaine de robotique (PARC) tenue à Dakar, en juillet dernier. BRISER LES STÉRÉOTYPES – La coordinatrice du PARC que nous avons jointe par téléphone, est une malienne de 26 ans. Ada Tapily dirige l’organisation du concours de robotique organisé par Senecole. Ce concours met en compétition les jeunes au sein des équipes de robotique des universités et lycées à travers l’Afrique et sa diaspora. La jeune dame a rejoint RobotsMali, le Centre national de formation en robotique en 2017. «J’étais la seule fille sur 24 personnes sélectionnées parmi des centaines de candidats», se souvient celle qui donne des cours de robotique aux enfants. Lors de son passage dans ce centre, Ada Tapily a travaillé sur un système qui aide les déficients visuels à se déplacer et à identifier les obstacles. En 2018, son équipe remporte, au nom du Mali, le concours panafricain de robotique. Selon elle, les équipes maliennes sont souvent dirigées par des filles et sont considérées comme des équipes redoutables lors des compétitions. « Cependant, regrette la coordinatrice du Parc, le Mali fait face à une baisse significative de la participation des filles au niveau universitaire. » « Ce qui affecte, soutient-elle, notre représentation en nombre sur la scène internationale. » Cette diminution peut s’expliquer, en partie, par le manque d’opportunités d’emplois et de formation continue dans les domaines de la robotique et de l’intelligence artificielle. Ada Tapily cite, également, les obstacles socio-culturels et historiques qui limitent la participation des femmes dans le domaine de la robotique. Pour relever les défis et contraintes, elle propose la promotion de modèles féminins dans la robotique, l’élimination des stéréotypes de genre et la création d’environnements inclusifs et équitables qui favorisent la participation des femmes. La coordinatrice de la PARC se réjouit des opportunités que RobotsMali offre aux jeunes passionnés à travers les formations. Elle indique que le Mali compte aussi quelques laboratoires de fabrication (FABLAB) et entreprises qui renforcent les efforts de RobotsMali. Ada Tapily espère que la décision des autorités visant à créer un Centre d’intelligence artificielle et de robotique permettra d’offrir des chances en matière d’emploi. «La création de ce centre est un avantage quant à la promotion de la participation des femmes dans les domaines des sciences, techniques, ingénierie et Maths (STEM) et la mise en avant de

Reprise du train : Une ambiance de fête à Kayes (Ouest)

Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 09 juin (AMAP) Depuis hier (jeudi 8 juin 2023), une ambiance de fête règne à Kayes, dans l’Ouest du Mali (Ouest) où le train fait partie du quotidien de la population. Et assure le transport des centaines de personnes et des tonnes de marchandises par jour. L’euphorie des habitants de la Cité des Rails se justifie. ! Le train voyageur quittera Kayes, ce matin (Ndlr : vendredi) pour rallier Bamako, la capitale traduisant l’engagement des autorités de la Transition de répondre à un vœu cher aux populations riveraines. À l’entrée de la gare ferroviaire, des travailleurs sont en train de badigeonner le bâtiment principal afin de lui donner un nouveau look. Ce bâtiment construit en blocs de pierres est hérité de la colonisation française. Assis devant le magasin où les marchandises et d’autres bagages sont pesés, l’ancien cheminot convoyeur (1980-2018) Hamidou Dabo contemple avec satisfaction les mouvements autour de lui. « Nous devons entretenir ce train, même si on ne nous le dit pas. Le calvaire vécu par les cheminots et leurs familles est révélateur des conséquences de l’arrêt du trafic ferroviaire», dit-il. Dans le hall, notre équipe de reportage a rencontré des agents qui s’affairaient autour d’un wagon. «Nous sommes contents de cette relance qui intervient après 5 ans d’arrêt. Quand le train fonctionne, il y a moins de chômage ici. La sécurité alimentaire est également assurée, car le train contribue beaucoup à l’acheminement des vivres (céréales et autres denrées alimentaires) », s’exprime le cheminot Sadio Kanté. « Toutes les catégories socioprofessionnelles y trouvent leur compte. Je salue (les autorités) de la Transition qui ont accéléré le processus de relance du trafic ferroviaire» dit-il. Pour Rokia Coulibaly, vendeuse de nourriture, le train sera d’un apport pour les Kayésiens . L’élève Doucouré ne s’arrête pas de contempler la rame qui prend la direction de la capitale ce vendredi. Tenant un cahier dans ses bras, il émet le souhait d’emprunter ce moyen de transport. Dans la matinée du jeudi 8 juin, il avait été annoncé aux clients la vente des billets. Cette annonce a été suivie d’une grande manifestation de joie à la gare ferroviaire. BMS/MD (AMAP)

Le Mali débourse près de dix milliards de Fcfa pour la reprise du trafic ferroviaire

Bamako, 09 juin (AMAP) Le gouvernement du Mali a déboursé 9,874 milliards de Fcfa pour mettre en œuvre son plan d’urgence pour remettre les trains sur les rails et permettre, ainsi, au train voyageur de siffler à nouveau entre Kayes (Ouest) et Bamako, la capitale malienne. Le premier train a quitté ce matin (Ndlr : vendredi) la gare ferroviaire de la Cité des rails pour la capitale, marquant ainsi la relance du trafic ferroviaire commercial. Dans le programme de circulation établi, le départ de trains voyageurs de Bamako à Kayes se fera tous les lundis, jeudis et samedis. Et pour Kayes-Bamako, ce sera les mardis, vendredis et dimanches. Les autorités de la Transition ont prêté une oreille attentive aux doléances des populations, particulièrement les cheminots et habitants des localités traversées par les rails. En effet, le transport ferroviaire est vital pour ces localités et essentiel pour l’ensemble du Mali. L’arrêt du trafic et des activités qui y sont liées depuis mai 2018, a drastiquement réduit les revenus des usagers et riverains des rails. Le calvaire a disloqué des ménages, impacté la mobilité des populations et ébranlé les économies locales. «Cette reprise est un ouf de soulagement pour nous. Le moral est au beau fixe pour affronter les activités qui doivent commencer», a confié le secrétaire général du comité syndical chemins de fer de l’ Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), Ibrahima Coulibaly. TRAVAUX – Dix-neuf gares, de Bamako à Kayes, les ateliers centraux de Korofina et le dépôt de Kayes ont été réhabilités. Des équipements mécaniques et outillages ont été acquis pour le traitement des points critiques de la voie entre Bamako et Kayes et la pose des traversées en bois sur les ouvrages d’art de Bamako à Diboli. S’y ajoutent le confortement des ponts (de Galougo, Mahina et Toukoto), l’acquisition de pièces de rechange pour la fiabilisation des locomotives ainsi que des voitures, fourgons et générateurs du transport voyageurs. En outre, il a fallu former 23 commis de gares, 15 aiguilleurs et 24 conducteurs chef de convoi. Une mission d’information a aussi fait le trajet Bamako-Kayes pour sensibiliser les populations riveraines des rails. C’est suite à toutes ces activités qu’il a été élaboré un Plan de transport quinquennal pour le trafic ferroviaire de voyageurs et de marchandises national et international. Son objectif est d’assurer le trafic de manière pérenne, efficace et efficiente entre Bamako et Diboli, de 2023 à 2027. Selon une note d’information, ce Plan vise à assurer trois rotations de trains voyageurs par semaine entre Bamako et Kayes pour la première année d’exploitation, avec un taux de remplissage moyen de 60%. Et sept rotations de train de voyageurs par semaine entre Bamako et Kayes à partir de la deuxième année d’exploitation, avec un taux de remplissage minimal de 70%. « La gestion du trafic ferroviaire par la Société de patrimoine ferroviaire du Mali (SOPAFER-Mali Sa), nécessite l’accompagnement de l’Etat à travers une subvention d’exploitation, pour combler le déficit et un plan d’investissement pour assurer la pérennisation du trafic ferroviaire», a expliqué le directeur général de cette Société, Ibrahim Maïga, Selon lui, la subvention d’exploitation prévisionnelle sur la période de la convention d’exploitation est estimée à 1,43 milliard de Fcfa et le plan d’investissement est évalué à 6,026 milliards de Fcfa dont 4,7 milliards pour la première année et 1,2 milliard pour la deuxième année d’exploitation. «Le plan d’investissement porte essentiellement sur la réhabilitation des locomotives X1 et X2, l’aménagement de la gare marchandises de Diboli, la reconstruction des ponts ferroviaires permettant l’accès à la gare marchandises de Korofina, l’acquisition d’équipements pour les travaux de voie, l’acquisition de matériel informatique et de la logistique pour les services techniques» a-t-il détaillé. Et de rassurer que cette « somme couvrir les besoins pendant la période d’exploitation». OCCUPATIONS DES EMPRISES – La libération des servitudes des rails des occupations illicites des logements d’astreinte et de fonction occupés par les retraités et des déflatés, constitue aujourd’hui un goulot étranglement dans certaines zones. « On ne peut pas attendre la libération totale des emprises, pour la reprise du trafic ferroviaire. La sensibilisation est toujours en cours dans les zones occupées », nous a confié le patron de la SOPAFER-Mali. À cet égard, assure notre interlocuteur, « plusieurs actions ont été menées dont le recensement des occupations illicites du domaine ferroviaire dans le District de Bamako et à la gare ferroviaire de Dio. » Les occupations qui entravent la circulation ferroviaire dans la gare marchandises de Korofina ont, également, été recensées par la Société. Autre action menée : la prise de vue aérienne par drone de la servitude du domaine ferroviaire de Boulkassoumbougou à Samé, en passant par la gare marchandises de Korofina et la gare autonome de Bamako. Par ailleurs, le ministre en charge de l’Administration territoriale a adressé une lettre au gouverneur du District de Bamako pour disposition à prendre en vue de sanctionner les responsables des collectivités territoriales qui ont signé des contrats de bail emphytéotiques dans la gare de Korofina. Concernant le tronçon Bamako-Koulikoro, l’identification des occupations du domaine ferroviaire sera bientôt menée par la mission conjointe des Inspections des domaines et des affaires foncières, de l’équipement et des transports et de l’Intérieur. « Cela, précise Ibrahim Maïga, en rapport avec la SOPAFER-Mali SA. » Le Plan d’urgence de relance du trafic ferroviaire concerne Bamako-Diboli. Toutefois, selon le directeur la Société de patrimoine ferroviaire du Mali, la réhabilitation du chemin de fer Koulikoro-Diboli demeure l’un des projets prioritaires du gouvernement. À cet effet, le ministre des Transports et des Infrastructures a signé avec la Société «STM» de la Russie un mémorandum d’entente qui porte sur la réhabilitation de ce tronçon en double écartement (métrique et standard) et l’acquisition de locomotives neuves pour voie standard. BBC/MD (AMAP)

Kati Sirakoro Niaré : Bientôt un centre d’intelligence artificielle et de robotique au Mali

Bamako, 08 juin (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, qui a posé, mercredi, la première pierre du Centre d’intelligence artificielle et de robotique du Mali (CIAR-Mali), à Kati Sirakoro Niaré, près de Bamako, s’est dit convaincu que la recherche dans le domaine scientifique et technologique demeure un pas vers la souveraineté scientifique et industrielle. du Mali. Financé par le budget national pour un montant total de 3,3 milliards de Fcfa, ce centre d’intelligence artificielle et de robotique sera construit à sur une superficie de 50 hectares. Il comportera six blocs au total. Dans une interview accordée à la presse, le président de la Transition a, tout d’abord, rendu un hommage mérité aux génies maliens qui, depuis 2017, ont valablement représenté le Mali dans les compétitions internationales de robotique. «Ces génies sont l’une des raisons de la construction de ce centre», a souligné le colonel Assimi Goïta, ajoutant que notre pays se doit d’être présent au rendez-vous des bouleversements technologiques et de la révolution industrielle. «Également, nous prônons notre souveraineté retrouvée qui doit refléter dans tous les domaines y compris celui scientifique et industriel. Je suis convaincu que la recherche dans le domaine scientifique et technologique est un pas vers notre souveraineté scientifique et industrielle. Car, ces résultats probants vont impacter très positivement tous les domaines de développement tel que la santé, l’agriculture, l’environnement, la gestion des mines et l’énergie, surtout la défense et la sécurité», a relevé le président Goïta. FIERTÉ NATIONALE – Dans son intervention, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr Amadou Kéita a annoncé que le CIAR va contribuer significativement à l’émergence d’un environnement et un écosystème de la formation et de la recherche dans ses domaines de prédilection. Il calque ses objectifs sur la vision présidentielle de doter le Mali de capacités autonomes et de solutions nouvelles dans la santé, la sécurité, la défense, l’industrie, l’environnement, les technologies. Véritable laboratoire, le Centre aura pour mission d’initier, de former, de chercher et d’inventer avant de mettre à la disposition du secteur productif, comme les industries, les résultats de la recherche. Selon Pr Amadou Kéita, la composition du CIAR lui permettra d’aller au-delà de la recherche pour donner des applications pratiques à l’intelligence artificielle et à la robotique. Le ministre de l’Enseignement supérieur de la Recherche scientifique a déclaré que le CIAR, entièrement financé par le budget, sera une fierté nationale. Le colonel Assimi Goïta, dans son discours à la Nation du 22 septembre 2022, a annoncé la création d’un Pôle d’excellence technologique, donnant ainsi le départ de la première expérience d’un centre robotique au Mali. OD/MD (AMAP)    

Portrait : Moussa Doumbia, l’homme qui veut révolutionner l’agriculture au Mali

Bamako, 08 juin (AMAP) Il voit grand en projetant de valoriser toutes les superficies cultivables du Mali à travers l’utilisation des drones agricoles dans le traitement phytosanitaire, l’inventaire du rendement des cultures mais aussi la cartographie des sols en vue d’un usage efficient des intrants agricoles Une bonne productivité agricole est le gage de la sécurité alimentaire. Le Mali est un pays sahélien aux 2/3 désertiques dont près de 80% de la population pratiquent l’agriculture comme activité économique principale. Dans les pays comme les États-Unis d’Amérique qui ont bâti leurs richesses et leur développement sur l’agriculture, la mise en valeur de grandes superficies agricoles était une nécessité. Pour ce faire, des moyens aériens étaient indispensables pour l’épandage, le traitement phytosanitaire et la cartographie des sols. D’où l’utilisation à l’époque de petits avions. Ceci engendrait des coûts souvent insupportables pour les usagers peu fortunés. Avec l’avènement des drones (petit appareil électrique volant piloté à partir du sol), les donnes ont changé. C’est ce qu’il faut aujourd’hui pour notre «Révolution verte», prône Moussa Doumbia. Ce natif de Bamako est un ingénieur diplômé des grandes Universités allemandes en énergies renouvelables et d’un master en Sciences de l’environnement avec plus de 17 ans d’expériences professionnelles consécutives en Allemagne et dans les pays en développement. Directeur général de l’entreprise Smart energising farming, Moussa Doumbia a passé plus de 10 ans à vivre et à travailler dans plus de huit 8 pays africains et dans un grand nombre de communautés rurales à travers le continent. Il a établi et géré des projets de la coopération et des sociétés privées en tant que conseiller technique et chef de projet au Mali, Togo, Madagascar, Niger, RDC Congo, Sénégal et au Burkina Faso. Moussa Doumbia est un expert des drones professionnels agricoles en tant que pilote en agriculture de précision. EXPERTISE – Avec cette expertise, il espère aider les décideurs politiques nationaux à répondre aux exigences du secteur privé sur le marché des drones agricoles. Son expérience à la tête de Smart Energising Farming a permis à la société d’avoir une compréhension détaillée des problématiques du développement rural, spécifiquement de l’énergie et de l´agriculture, affirme l’ingénieur. En tirant des leçons, il développe des méthodologies, des outils et des procédures avec des démonstrations sur le terrain. Visionnaire, Moussa Doumbia projette de promouvoir l’usage des drones dans le traitement phytosanitaire des cultures et la cartographie des sols, en boostant l’agriculture intensive, seule gage de la sécurité alimentaire. Pionnière dans le domaine des drones professionnels civils, la société Smart-Energising-Farming Sarl dispose d’expertise sans égale au Mali, dans la cartographie aérienne et relevées topographiques par drone, la formation des jeunes pilotes de drone agricole en agriculture de précision, le diagnostic phytosanitaire des champs agricole par drone, la pulvérisation. Et l’épandage aérien par drone qui aide à la résilience des forêts face aux changements climatiques. Installée au Mali depuis 2020, Smart-Energising-Farming enregistre plusieurs clients surtout parmi les particuliers qui disposent de grandes superficies cultivables. À cet effet, il ambitionne de contribuer à l’amélioration de la production agricole à travers la formation massive des jeunes dans l’utilisation des drones agricoles. Cela sous-entend l’accompagnement des pouvoirs publics par la création d’opportunités pour les jeunes, la multiplication des partenariats avec les structures aussi bien étatiques que privées et la vulgarisation de la technologie en milieu rural qui abrite plus de la moitié de la population malienne. CAD/MD (AMAP)  

Le Mali et la Banque mondiale signent deux projets de plus de 131 milliards de F CFA

Bamako, 08 juin (AMAP) Le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, et la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Clara Da Sousa, ont signé mercredi, à Bamako, des accords de financement relatifs à deux projets pour un montant total de 200,9 millions d’euros soit environ 131,781 milliards de Fcfa. La cérémonie de signature du Projet de restauration des terres dégradées au Mali et du Projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (PHASAOC), s’est déroulée à l’hôtel des Finances, en présence du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Modibo Koné. Le premier accord de financement du Projet de restauration des terres dégradées au Mali porte sur un montant de 144,300 millions d’euros, soit plus de 94 milliards de Fcfa. Approuvé le 25 mai dernier par le Conseil d’administration de la Banque mondiale, ce Projet permettra le renforcement des capacités dans la promotion des pratiques de restauration des terres dégradées sous l’influence du changement climatique et le renforcement des opportunités d’accès aux marchés. Il couvrira 87 communes des Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro, Ségou et Mopti (Centre) et atteindra plus de 2 millions de bénéficiaires. Le second accord concerne le financement du PHASAOC, pour un montant de 56,600 millions d’euros, soit un peu plus de 37 milliards de Fcfa. Ce projet à vocation régionale couvre les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Il vise à améliorer, dans ces pays, l’indice de performance statistique, la comparabilité des statistiques de base et la modernisation des structures en charge des statistiques. Selon la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Clara Da Sousa, ces deux projets vont enrichir le portefeuille de son institution au Mali déjà en pleine expansion. Selon Mme Da Sousa, le Projet de restauration des terres déradées « améliorera la vie des populations avec des opportunités d’emplois et un renforcement des capacités dans les domaines de gestion des ressources naturelles. » «L’approche du projet, a-t-elle indiqué, est basée sur le nexus entre la dégradation des ressources naturelles, les impacts du changement climatique et les conflits sociaux tout en cherchant à restaurer le capital social, naturel et culturel. » Il renforcera les capacités nationales pour la mise en œuvre de la Contributions déterminées au niveau national (CDN) et d’une stratégie de prévention des conflits dans sa zone d’intervention. Selon la directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Mali, « la disponibilité, en temps opportun, de statistiques fiables est un défi majeur pour la plupart des pays africains. » En ce sens, Clara Da Sousa a affirmé que le nouveau projet statistique pour le Mali permettra de consolider les acquis du Projet d’amélioration du système statistique national du Mali (PASSNM), en s’inscrivant dans une dynamique régionale où la coordination entre les instituts nationaux de la statistique rendra possible la production de données harmonisées. La réalisation d’enquêtes harmonisées sur les conditions de vie des ménages, le recensement agricole, les enquêtes agricoles, les réformes institutionnelles, le renforcement du capital humain et l’accès aux données sont, entre autres, les actions attendues du projet. «Notre ambition est non seulement d’atteindre les objectifs de cet ambitieux Projet et, peut-être, surtout, de contribuer à façonner des politiques de développement plus intégrées qui puissent répondre aux nouveaux défis stratégiques auxquels le Mali est confronté», a-t-elle confié, avant de réitérer l’engagement de sa structure à accompagner notre pays dans ce processus. Pour sa part, le ministre de l’Économie et des Finances a indiqué que le projet permettra d’améliorer les systèmes statistiques au bénéfice des politiques publiques. Il s’est réjoui de l’amélioration des relations de coopération entre le gouvernement du Mali et le Groupe de la Banque mondiale, « à travers la diversité et l’importance des financements récents. Par ailleurs, le ministre en charge des Finances a engagé les unités de gestion à assurer une bonne exécution des projets pour atteindre les résultats escomptés. AG/MD (AMAP)

Chambre de commerce et d’industrie du Mali : Le nouveau président prend officiellement fonction

Bamako, 07 juin (AMAP) Le nouveau président de la Chambre du commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Mandiou Simpara, a officiellement pris fonction, mercredi, lors d’une cérémonie dans les locaux de la Chambre consulaire, sous la supervision du contrôleur des services publics, Aliou Sissoko. En présence du secrétaire général de la CCIM, Mahamadou Sanogo et de la quasi-totalité des membres du nouveau bureau mis en place le 21 mai dernier pour achever la mandature 2021-2025, la cérémonie a commencé par la remise des documents de passation de service au nouveau président de la CCIM par le contrôleur des services publics, Aliou Sissoko, Ce dernier a expliqué que la supervision de la passation du service ressort de leurs missions régaliennes visant à assurer la bonne gouvernance et la continuité du service public au niveau de tous les établissements publics. «On fait la passation en suivant un canevas issu d’une instruction du Premier ministre en la matière», a-t-il précisé. Et d’ajouter qu’il est présent à cette cérémonie pour s’assurer que ce canevas a été respecté afin d’éviter des problèmes à la personne qui prend fonction. Selon M. Sissoko, ce canevas porte sur la présence de quatre points dans le procès verbal de passation. «Il s’agit d’un aperçu du service de l’entité, la situation du personnel, la situation financière de la structure et les dossiers en instance», a-t-il énuméré. Le secrétaire général de la CCIM a, au nom du personnel, félicité le nouveau président et son bureau et rassuré de la disponibilité du personnel. «De notre côté, nous n’allons pas faillir. Vous pouvez compter sur nous tout comme nous comptons énormément sur vous», a déclaré Mahamadou Sanogo. Et d’indiquer que le personnel mène une mission publique dont l’objectif est d’améliorer la qualité du service en évitant la corruption et la lourdeur. «Nous sommes là pour coordonner les missions que vous avez décidées et qui sont dans votre programme d’activités conformément aux procédures publiques», a dit Mahamadou Sanogo à l’endroit du nouveau président. «Je m’efforcerai d’être à la hauteur de la mission qui m’a été confiée. Nous avons commencé les activités prioritaires de notre mandat qui consistent à mener des réflexions pour l’industrialisation du pays», a expliqué Mandiou Simpara, avant de préciser que le Forum de Ségou était inscrit dans ce cadre. AG/MD (AMAP)              

Panier de la ménagère : Le prix de la viande atteint des sommets à Bamako

Par Anne -Marie KEITA Bamako, 07 juin (AMAP) Aujourd’hui, à Bamako, la capitale malienne, le prix du kilogramme de la viande avec os varie entre 3 000 et 3 500 Fcfa, contre 3 500 et 4 000 Fcfa pour la viande sans os. Cette tendance a commencé en 2021 quand le prix du kg de la viande avec os était passé de 2 000 à 2 400 Fcfa, voire 2 500 Fcfa dans certains marchés. En termes d’effectif du cheptel, le Mali occupe la première place dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Il est 2è dans l’espace de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). En 2022, notre pays disposait de 13 234 158 têtes de bovins. L’élevage, qui représente le 3è produit d’exportation après l’or et le coton, emploi 80% de la population rurale dont 30% y tire l’essentiel de leurs revenus. Malgré cette richesse, le panier de la ménagère souffre depuis un certain temps de la hausse du prix de la viande. Cette denrée de grande consommation et nécessaire pour une bonne alimentation est devenue un luxe pour le consommateur à faible revenu. Aujourd’hui, le prix du kilogramme de viande avec os varie entre 3 000 et 3 500 Fcfa et la viande sans os est cédée entre 3.500 et 4.000 Fcfa. Rappelons qu’en 2021, le prix du kg de la viande avec os était passé de 2 000 à 2 400 Fcfa, voire 2 500 Fcfa dans certains marchés. Et pour le kg de viande sans os, le prix avait augmenté de 500 Fcfa (de 2 500 à 3 000 Fcfa). De cette date jusqu’à nos jours, les prix ne cessent de grimper. Plusieurs facteurs sont mis en avant par les acteurs de la filière pour justifie cette situation. «La hausse du prix de la viande n’est qu’une conséquence de notre politique de l’élevage et de ce qu’on n’investit dans le bétail», soutient le président de la Fédération nationale des professionnels de la filière bétail viande du Mali (FEBEVIM), Boubacar Bah. « Aujourd’hui, fait-il savoir, le consommateur est en train de subir les conséquences d’une mauvaise politique installée depuis un certain temps. » Bah souligne la complexité de la question du sous-secteur élevage, en ce qui concerne notamment la mobilité du bétail, l’insuffisance de pistes pastorales et la mauvaise alimentation des animaux. «35% de notre cheptel se trouve en Côte d’Ivoire. Et la viande consommée aujourd’hui dans notre pays, vient de ce pays voisin qui a su mettre en place une réelle politique de l’élevage en faisant des aménagements pastoraux tout au long de sa frontière avec le Mali. Toute chose qui a attiré le cheptel malien car il y a l’eau et l’herbe», affirme le président de la FEBEVIM. Pour Boubacar Bah, le bétail, étant une richesse mobile, notre pays se doit de faire des réelles prévisions en cherchant à connaître le nombre de têtes de bétail et les difficultés auxquelles les acteurs sont confrontés. TRACASSERIES ET INSÉCURITÉ – Selon Boubacar Bah, d’autres difficultés notamment les tracasseries et l’insécurité dans le transport des animaux, seraient à l’origine de la cherté de la viande. En effet, pour lui, les zones d’élevage sont devenues des zones difficiles d’accès à cause de l’insécurité et il est difficile pour les animaux de migrer. «Lorsque vous chargez les animaux par camion, le transport devient difficile à cause des tracasseries routières», regrette le président de la FEBEVIM. Il ajoute qu’à cause de ces tracasseries au niveau des postes de douanes, les animaux peuvent passer une journée dans les camions et certains meurent. Ces difficultés font que les transporteurs de bétail n’ont souvent pas le courage d’amener les animaux dans les villes. Le directeur national de l’élevage justifie cette hausse par le fait que chaque année, à une période donnée, notamment pendant la période de soudure, l’alimentation des animaux devient chère. Cette cherté, selon Khalifa Dembélé, est due à une récurrente diminution des quantités d’aliments disponibles. En plus, l’offre est inferieure à la demande. «Quand l’offre est inferieure à la demande, les prix augmentent. Toute chose qui a une répercussion directe sur le prix de la viande», développe-t-il. Le président adjoint du syndicat des bouchers du marché Dibida reconnait, lui aussi, que le marché de viande connaît en ce moment une hausse. Une augmentation qui, selon Kantra Traoré, n’est pas la faute des bouchers mais plutôt des éleveurs. «Quand l’éleveur cède le bœuf très cher, le boucher est obligé de revendre la viande chère pour faire des bénéfices. La hausse des prix n’est pas de notre faute. Nous ne sommes que des revendeurs», argumente le boucher. Pour Kantra Traoré, la hausse du prix de la viande est liée à la rareté du bétail. Ce qui fait qu’aujourd’hui, un bœuf est cédé aux bouchers entre 300.000 et 500.000 Fcfa. Foutamata Keita Diarra, gargotière, explique que la hausse du prix de la viande a eu un impact sur les ventes dans le marché. Elle accuse les autorités de ne pas accorder assez d’importance au sous-secteur de l’élevage. Face à cette tendance haussière des prix, le président de la FEBEVIM appelle à une mutualisation des efforts. Aussi, préconise-t-il l’aménagement des espaces pastoraux et la création par l’État des titres fonciers sur les pistes pastorales. «Pour cela, il faut une journée de réflexion pour poser le diagnostique et trouver des solutions durables. Sans cela, notre pays ne peut avoir la viande à bas prix», pense-t-il. Déjà, dans l’optique de trouver des solutions aux problèmes de l’élevage, la Febevim a fait des conventions avec les promoteurs d’usines d’aliments bétail. Elle a aussi signé avec l’Office du Niger une convention de mise à disposition de 75 000 hectares extensibles à 150 000 ha et est à la recherche de partenaires pour faire des aménagements pastoraux. Ces aménagements permettront d’éviter des conflits entre éleveurs et agriculteurs, d’avoir l’eau et l’herbe en suffisance et d’empêcher le déplacement de notre bétail vers les pays voisins. Il y a environ 40 périmètres pastoraux à travers le Mali et le plus