Kidal : La ministre Oumou Sall Seck s’engage pour l’emploi et la formation des jeunes
Bamako, 17 avr (AMAP) La ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, a reçu en audience, mercredi 16 avril 2025, Mohamed Ag Itouss, président de la Délégation spéciale du Conseil régional de Kidal pour des échanges axés sur les défis de l’emploi et de la formation dans cette région dans le Nord du Mali. Mohamed Ag Itouss a exposé les difficultés majeures de Kidal, notamment le manque d’opportunités pour les jeunes. « Cette audience est essentielle, vu le rôle stratégique de votre ministère dans la lutte contre le chômage et la promotion de l’entrepreneuriat », a-t-il déclaré, exprimant sa gratitude à la ministre. Il a plaidé pour le retour des services déconcentrés du ministère dans la région, soulignant que « la formation professionnelle et l’emploi sont des leviers pour maintenir les jeunes, encourager le retour des déplacés et des réfugiés, et assurer leur ancrage durable ». En réponse, Oumou Sall Seck a réaffirmé l’engagement des autorités maliennes envers Kidal. « Cette région est une priorité pour le président de la Transition », a-t-elle assuré, dévoilant les grandes lignes d’un programme national ambitieux, suivi par le Premier ministre, le général de Division, Abdoulaye Maïga, et dédié au développement de la région. Elle a encouragé M. Ag Itouss à poursuivre ses efforts pour le retour des populations et à s’impliquer dans les projets du ministère. D’autres rencontres sont prévues pour renforcer cette collaboration et soutenir le développement local de Kidal. OS/MD (AMAP)
Le Mali dévoile sa Vision « Mali Kura 2063 » et la SNEDD 2024-2033 aux partenaires internationaux
Bamako, 17 avr (AMAP) Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a présidé jeudi au Centre International de Conférences de Bamako (CICB) la présentation de la Vision « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033) aux Partenaires techniques et financiers (PTF). Placée sous le haut patronage du général d’Armée Assimi Goïta, président de la Transition, la rencontre marque une étape clé dans la construction du « Mali nouveau ». « Cette vision trace une voie claire vers le développement à l’horizon 2063, en s’appuyant sur les aspirations exprimées par le peuple malien lors des Assises nationales de la refondation », a affirmé le Premier ministre. Il a ajouté : « Nos choix stratégiques privilégient l’indépendance, la souveraineté et l’émergence économique, en valorisant les potentialités nationales et la résilience face aux crises. » La SNEDD repose sur cinq priorités majeures, à savoir le renforcement de la souveraineté, de la paix et de la sécurité, la refondation de la gouvernance, la transformation économique et la croissance durable, le développement du capital humain et la résilience territoriale, ainsi que la gestion durable de l’environnement et l’adaptation aux changements climatiques. « Le coût global de la SNEDD s’élève à 61 232,1 milliards de FCFA, soit 6 123,3 milliards par an, avec un besoin de financement complémentaire de 1 139 milliards de FCFA », a expliqué le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. La Vision Mali Kura 2063 se décline en onze projets structurants, dont Farafina Jigine pour l’autosuffisance alimentaire, Yelen Kura pour l’accès universel à l’électricité, Industrialiser le Mali pour la relance industrielle, Kankou Moussa Seguina pour la valorisation du patrimoine, et Mali Vert et Bien-être pour l’écologie et la qualité de vie. « Ces initiatives visent à moderniser le pays, à promouvoir l’innovation et à renforcer notre intégration régionale et internationale », a souligné le Premier ministre. Le Coordonnateur résident des Nations Unies au Mali, Khassim Diagne, a salué l’ambition de cette vision. « Nous allons mettre en place un cadre d’échange et de collaboration pour garantir un financement cohérent avec les priorités du Mali », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement des PTF à accompagner le pays. Le Premier ministre a rappelé les principes énoncés par le Président Goïta, inscrits dans la Constitution. « Nos partenariats doivent respecter la souveraineté de l’État, les choix souverains du peuple et la défense de ses intérêts », a-t-il insisté. Il a conclu : « Ces valeurs sont au cœur de notre vision pour bâtir un avenir prospère. » OS/MD (AMAP)
Le Mali et la Banque mondiale renforcent leur coopération lors de la visite de Wencai Zhang à la Primature
Bamako, 17 avr (AMAP) Le Directeur général et chef de l’Administration du Groupe de la Banque mondiale, Wencai Zhang, a rendu, jeudi une visite de courtoisie au Premier ministre malien, le général de Division Abdoulaye Maïga, pour des discussions renforcer les liens de coopération entre le Mali et cette institution internationale de développement La visite a permis d’échanger sur la vision des autorités maliennes en matière de coopération au développement et de discuter des stratégies pour maximiser l’impact de l’appui de la Banque sur la résilience et le développement socio-économique du pays. « Nous saluons la qualité de notre collaboration avec le Mali et réaffirmons notre engagement à accompagner la Vision Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ainsi que la SNEDD 2024-2033 », a déclaré M. Zhang. Il a également proposé un accompagnement technico-politique pour soutenir les efforts du gouvernement de la Transition. DEMANDE D’APPUI BUDGETAIRE ET DES PROJETS STRATEGIQUES – Le Premier ministre, général de Division Abdoulaye Maïga, a sollicité la reprise de l’Appui budgétaire général (ABG) de la Banque mondiale pour soutenir le déficit budgétaire du Mali. « Nous comptons sur la Banque mondiale pour nous accompagner dans la réalisation de nos priorités nationales », a-t-il affirmé. Il a également évoqué la reprogrammation du projet de réhabilitation de la route Sévaré-Gao, précisant que ce chantier sera conduit par le Génie militaire dès que les conditions sécuritaires le permettront, notamment dans les zones affectées par l’insécurité. Le Chef du gouvernement a rappelé les trois principes fondamentaux définis par Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition. « Toute coopération doit respecter la souveraineté du Mali, les choix stratégiques et de partenaires opérés par notre pays, ainsi que la défense des intérêts vitaux de nos populations », a-t-il insisté. Il a salué l’alignement de la Banque mondiale sur les priorités exprimées dans la Vision Mali Kura 2063 et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033. UN PORTEFEUILLE ACTIF DE 19 PROJETS – Les échanges ont également porté sur la prochaine reconstitution des ressources de l’IDA21, en cours de préparation. À la date du 31 mars 2025, le portefeuille actif de la Banque mondiale au Mali comprend dix-neuf projets, dont onze à caractère national et huit à caractère régional, pour un montant total approuvé de 1 796 millions de dollars US, soit environ 1 077,6 milliards de FCFA. « Ces projets reflètent notre engagement à soutenir le développement durable du Mali », a ajouté M. Zhang. La rencontre, qui s’est déroulée en présence du ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a permis de poser les bases d’une collaboration renforcée, alignée sur les ambitions du Mali pour un avenir souverain et prospère. OS/MD (AMAP)
Le FMI débloque 129 millions de dollars pour soutenir le Mali face aux inondations de 2024
Bamako, 17 avr (AMAP) Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, mercredi 16 avril 2025, un décaissement de 129 millions de dollars (environ 74 milliards de FCFA) au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR) pour aider le Mali à répondre aux besoins urgents causés par les inondations dévastatrices de 2024, annonce un communiqué du FMI. Ce financement d’urgence, assorti d’un programme de référence de 11 mois, vise à renforcer la stabilité macroéconomique et à protéger les populations vulnérables dans un contexte de crises multiples. « Le Mali a subi des chocs économiques majeurs en 2024. Après une vague de chaleur sans précédent en avril, des inondations extrêmes, d’une ampleur d’une sur cinquante ans, ont frappé le pays au second semestre », a déclaré M. Kenji Okamura, directeur général adjoint du FMI et président du conseil d’administration. Il a ajouté que « l’aggravation des risques sécuritaires, la baisse de la production d’or, les coupures d’électricité fréquentes et un rééquilibrage budgétaire plus marqué que prévu ont pesé sur la croissance ». Les inondations de 2024 ont causé des dégâts considérables aux infrastructures publiques, à l’agriculture et aux moyens de subsistance, exacerbant l’insécurité alimentaire et les déplacements internes. « Ce financement d’urgence aidera à répondre aux besoins urgents de la balance des paiements, notamment pour financer l’importation de produits essentiels et la réhabilitation des infrastructures critiques », a précisé M. Okamura. Dans le cadre du programme de référence de 11 mois, les autorités maliennes se sont engagées à renforcer la gouvernance budgétaire et la transparence dans l’utilisation des fonds. « Ces mesures visent à garantir une utilisation efficiente des ressources et à rétablir la crédibilité auprès des partenaires au développement », a souligné le responsable du FMI. Les réformes incluent l’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement de l’administration des douanes et une meilleure surveillance des entreprises publiques, notamment Énergie du Mali (EDM). Le Mali fait face à des défis persistants, incluant une crise sécuritaire, une insécurité alimentaire généralisée et des restrictions financières aggravées par les récentes annonces de réduction de l’aide publique au développement. Le programme prévoit également un plan transparent pour apurer les arriérés intérieurs et extérieurs, tout en protégeant les ménages vulnérables via un renforcement des filets de protection sociale. « Malgré un risque de surendettement modéré, les autorités doivent maintenir la discipline budgétaire et améliorer la rentabilité des entreprises publiques pour assurer la stabilité macroéconomique et stimuler la croissance à moyen terme », a conclu M. Okamura. Ce décaissement, salué par les autorités maliennes, marque une étape cruciale pour atténuer les impacts des chocs exogènes et poser les bases d’une résilience économique accrue. OS/MD (AMAP)
Mali : Suspension des puces non identifiées par Orange Mali, Moov Malitel et Telecel, les usagers en colère
Bamako, 17 avr (AMAP) Les sociétés de téléphonie mobile au Mali ont suspendu, depuis le 15 avril 2025, les numéros non identifiés conformément aux exigences de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications (AMRTP), provoquant une vague de mécontentement parmi les usagers, a constaté l’AMAP à Bamako. De longues files d’attente se forment dans les agences Orange, Moov et Télécel dans la capitale malienne , notamment à Hamdallaye ACI, Lafiabougou, Daoudabougou et Tokorobougou, où les clients expriment leur frustration face à la désactivation de leurs puces. Dans un communiqué, Orange Mali précise que les numéros suspendus peuvent être réactivés gratuitement via ses agences, l’application Max it, ou le site identification.orangemali.com, en présentant une carte d’identité nationale, un passeport, une carte NINA ou une carte de résident pour les étrangers. « L’identification est gratuite, rapide et obligatoire », indique le communiqué. Cependant, sur le terrain, la colère domine. « Depuis ce matin, nous sommes là pour les puces. On n’a rien compris », déplore une cliente à Hamdallaye ACI. Une autre usagère, brandissant sa carte biométrique, s’indigne : « Je suis venue personnellement faire l’identification de la puce dans cette même agence. Qu’ils nous disent pourquoi c’est bloqué ! » Un autre ajoute : « L’identification est une bonne chose, mais ils ont bloqué nos puces. C’est incroyable. » Aicha Koumaré, cheffe d’agence Orange Mali, explique que cette mesure vise à sécuriser les services de télécommunications. « Plusieurs personnes ont des puces enregistrées au nom d’autres personnes. Il faut l’identifier à votre nom. Pour d’autres, leur photo est dégradée sur leur carte d’identité, et la machine rejette ces identifications », précise-t-elle. Certains usagers signalent également des perturbations du réseau ralentissant le processus de réactivation. Moussa Diaby, chef d’agence Moov Malitel regrette la situation : « Nous sommes débordés. C’est dommage que les gens attendent la date limite pour effectuer leur identification » L’AMRTP avait initialement fixé un délai au 15 décembre 2024 pour l’identification des puces, avant de le repousser au 15 avril 2025. Malgré les alertes répétées, de nombreux clients semblent avoir été pris au dépourvu par la suspension. Orange Mali appelle ses clients à régulariser leur situation rapidement et réaffirme son engagement à garantir des services de qualité. Les usagers, eux, espèrent une résolution rapide des perturbations pour retrouver l’accès à leurs lignes. OS/MD (AMAP)
Mali : Grève nationale de 72 heures du Syndicat des banques dès ce jeudi 17 avril
Bamako, 16 avr (AMAP) Le Syndicat bational des banques, assurances, établissements financiers, microfinances et commerces du Mali (SYNABEF) a annoncé, mercredi dans la soirée, une grève de 72 heures à parti de ce jeudi 17 avril 2025, à 00H00, sur l’ensemble du territoire national Dans un communiqué, le SYNABEF, qui signale « l’échec des négociations sur son préavis de grève du 2 avril 2025 », ajoute que le mouvement « se prolongera jusqu’au samedi 19 avril 2025 à minuit. » « Cette grève sera reconductible pour une durée de 120 heures, du mardi 22 avril 2025 à 00H00 au samedi 26 avril 2025 à minuit », précise le Syndicat qui poursuit : « Nous avons le regret de constater que les discussions n’ont pas abouti ». Le Bureau exécutif du SYNABEF appelle les travailleurs à respecter « strictement » le mot d’ordre. « Aucun service minimum ne sera observé », souligne le communiqué du Syndicat qui insiste « sur la mobilisation collective pour faire aboutir ses revendications. » OS/MD (AMAP)
Approvisionnement des Régions du Nord : Le ministre de l’Industrie rencontre des opérateurs des hydrocarbures pour une stratégie nationale
Bamako, 16 avril (AMAP) Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Alassane Moussa Diallo, a rencontré les opérateurs du secteur des hydrocarbures, mercredi après-midi, pour l’élaboration d’une stratégie nationale d’approvisionnement régulier de toutes les Régions dans le Nord du Mali. Après la rencontre avec des opérateurs économiques, commerciales et transporteurs le lundi dernier, cette démarche du ministre Diallo intervient à la suite de la fermeture de la frontière entre l’Algérie et le Mali. « Nous avons l’obligation et la responsabilité d’anticiper, sur le plan commercial, l’approvisionnement correct des régions du Nord pendant cette crise diplomatique. Nous suivons l’évolution de la situation de ces régions depuis quelques jours et nous veillons aussi sur la flambée des prix que nous constatons sur le marché », a précisé le chef du département en charge du Commerce. Il a reconnu qu’il y a des difficultés d’approvisionnement dues, notamment, à certains facteurs et paramètres et fait appel au sens du patriotisme de l’ensemble des opérateurs économiques. « Ce n’est pas parce que le Mali a des difficultés, qu’il faut en rajouter. Il faut que les gens fassent preuve de patriotisme pour ne pas augmenter les prix de façon délibérée en cette période », a également plaidé Alassane Moussa Diallo. Selon lui, cette la rencontre du jour permettra d’échanger sur un chemin opérationnel, qui s’inscrit dans la durée en approvisionnement des hydrocarbures des régions du Nord de notre pays, notamment Gao, Tombouctou, Kidal. Pour le secrétaire général permanent du Groupement professionnel du pétrole, Ibrahim Touré, depuis un bon moment, « il y a pénurie des hydrocarbures dans les Régions du Nord, surtout, l’essence et le gasoil, au point que le prix du litre d’essence atteint 2 000 Fcfa. » « Le ministre a jugé nécessaire de faire appel aux deux regroupements professionnels de pétrole au Mali (le Groupement malien de pétrole qui est composé par les pétroliers maliens et le Groupement des professionnels du pétrole composé par les multinationales), pour voir comment approvisionner les régions du Nord du Mali… », a-t-il dit. « Nous lui avons répondu que nous sommes prêts pour l’approvisionnement en hydrocarbures des régions du Nord. Mais, le seul problème qu’on peut avoir, c’est la sécurité et la rentabilité », a souligné M. Touré. Il a poursuivi, en insistant sur la sécurisation du matériel des opérateurs, de Bamako jusqu’aux régions concernées. « En tant que Maliens et citoyens qui sont soucieux de nos concitoyens, nous sommes prêts à faire tout le sacrifice qu’il faut pour que ces régions soient approvisionnées. » Il faut, aussi, débloquer l’axe Gao-Niger pour qu’on puisse approvisionner ces régions en produits d’hydrocarbures », a-t-il posé comme condition. Le directeur général de Oryx-Mali, Jean-Bruce R. Koua, a salué l’initiative du ministre. « Cette démarche va nous permettre de livrer tout le Mali. Parce qu’actuellement, nous livrons seulement Bamako. Avec la mise en place des actions sécuritaires, toutes les régions du Mali pourront avoir du carburant », a-t-il expliqué. Avant de préciser qu’il faut parvenir à se mettre d’accord sur les conditions et les moyens. La rencontre va reprendre demain, jeudi. ST/MD (AMAP)
Filière mangue : les acteurs misent sur la qualité et la quantité
Par Makan SISSOKO Bamako, 16 av (AMAP) La saison des mangues a débuté au Mali avec les premiers fruits arrivés à maturité dans plusieurs bassins de production. Officiellement, la campagne 2025 a débuté le 10 mars pour prendre fin en juillet prochain. La production attendue, selon les prévisions, est estimée entre 75 000 et 80 000 tonnes, avec une prévision d’exportation de 30 000 à 50 000 tonnes. À ce stade, les acteurs conviennent que les perspectives sont prometteuses pour l’or vert au regard du potentiel productif du pays. La mangue, deuxième produit d’exportation agricole au Mali après le coton, pèse environ 10 milliards de Fcfa par an dans l’économie nationale. Avec une production qui augmente chaque année et des variétés de plus en plus recherchées, ce fruit est devenu un atout stratégique pour le pays. « Cette année, les récoltes seront bonnes contrairement à l’année dernière, car la pluviométrie a été bonne et les mangues ont bien fleuri », commente le président des producteurs de mangues du Mali et producteur de mangues dans la Région de Sikasso (Sud), Cheick dit Kélétigui Berthé. Il possède une trentaine d’hectares de vergers dans le village de Sirakoro, situé à environ 7 kilomètres de la ville de Sikasso. Dans son verger, Cheick dit Kélétigui Berthé cultive plusieurs variétés, notamment la Kent dont le nom vernaculaire est «Kogninèkou», la Keitt «Laban ou Faradjalan», et l’Ameli «Griféba». Les conditions climatiques ont été favorables dans sa localité. « En plus d’une bonne répartition des pluies, certains producteurs de la région ont pu irriguer leurs vergers grâce aux installations d’irrigation mises en place par les Ong partenaires pour pouvoir augmenter la production de la mangue sur des petites superficies », dit-il. Seul bémol : la présence de mouches des fruits sur les vergers. Ces ravageurs, redoute le producteur, menacent la production dans la Région de Sikasso, considérée comme l’un des plus vastes bassins de production de mangue du pays. Plus globalement, le président des producteurs de mangues du Mali déplore un certain nombre de situations qui plombent la filière, notamment la dégradation des pistes donnant accès aux zones de production, l’urbanisation galopante qui est en train de grignoter les vergers, le manque de lignes de crédits de financement pour les producteurs… « Pour augmenter la production, il faut qu’on arrive à financer les producteurs pour mettre en place des vergers commerciaux. Avec la pression qui augmente sur la production de la mangue, les vergers vieillissants doivent être renouvelés », plaide Cheick qui sait de quoi il parle. Derrière le fruit brut se cache un autre secteur dynamique qu’est la transformation. En la matière, les opportunités sont énormes, car le marché existe et la demande est forte. Aujourd’hui, de grandes usines font la transformation de la mangue sur place en plusieurs autres produits comme la mangue séchée, les confitures, jus, chips et même des produits cosmétiques. De plus en plus de jeunes entrepreneurs maliens s’intéressent à la fabrication de produits dérivés de la mangue. Promotrice de l’Unité de transformation de fruits et légumes (USTAKO), Mme Camara Tako Sylla, voit dans la filière mangue une véritable porte d’entrée sur les marchés internationaux. « Le potentiel est énorme. Mais il y a encore beaucoup à faire. Nous rencontrons des difficultés liées aux différentes certifications exigées par le marché international. Le manque d’infrastructures adaptées et la difficulté d’accès au financement constituent des obstacles majeurs pour la transformation », fait-elle savoir. COMMERCIALISATION – La plupart des petites entreprises (production et transformation) n’ont pas les moyens d’installer des équipements modernes ni de suivre des processus de certification indispensables pour accéder aux marchés internationaux. En effet, les normes d’exportation exigent une traçabilité rigoureuse, un respect strict des standards de qualité et des certifications qui sont souvent difficiles à obtenir. L’incapacité des petits producteurs à satisfaire ces exigences fait qu’une bonne partie de la production nationale reste au pays. Et de cette réalité résulte le défi de la gestion des pertes post-récolte. Selon des statistiques, près de 40% des mangues récoltées sont perdues chaque année à cause de la mauvaise gestion, du manque de techniques de conservation et du faible taux de transformation. Des initiatives telles que la certification de la mangue du Mali, « Mali mangoro » ou l’introduction de nouvelles techniques de conservation et de transformation sont en cours pour faire face à ces défis. Néanmoins, le Mali demeure l’un des principaux exportateurs de mangues vers l’Europe, l’Asie et les pays du Maghreb. Même si des pays comme le Sénégal, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, également producteurs de mangues de qualité, n’hésitent pas à grignoter nos parts de marché. Le président de l’interprofession de la filière mangue du Mali, Moctar Fofana, affirme qu’il exporte la mangue du Mali sur divers marchés en Afrique, Europe, Asie et Moyen Orient, etc. Selon lui, il existe au Mali plusieurs variétés de mangues, notamment des variétés locales (Nounkourouni et Noundjani, consommées par nous-mêmes) et d’autres variétés précoces exportées vers le marché international. « Nous avons déjà commencé l’exportation de la mangue surtout les variétés précoces, notamment Ameli, Valencia, Smith, Irwin. Ces mangues sont aimées sur le marché international », confie-t-il. Avant d’ajouter que tous les acteurs de la filière sont à pied d’œuvre pour la réussite de la campagne. « Cette année, nous avons constaté une augmentation au niveau de la production. Sauf cas de force majeur, comme dans la Région de Sikasso qui a enregistré récemment une forte quantité de pluie faisant tomber beaucoup de mangues. Bien que la mangue ait bien fleuri et bien donné, il y a encore des risques indépendants de notre volonté. Des dispositions ont été prises pour la réussite de la campagne afin de pouvoir effacer toutes les dettes du passé », assure le président de l’interprofession. Moctar Fofana explique que la saison de la mangue arrive à une période de soudure où l’argent circule difficilement partout dans le monde. « La mangue essaie de combler pour appuyer financièrement les producteurs et aussi financer d’autres activités sociales et
Barrick Gold, sous le coup d’une fermeture de ses bureaux au Mali, dénonce l’escalade des tensions (Communiqué)
Bamako, 16 avr (AMAP) Barrick Gold Corporation, opérateur de la mine de Loulo-Gounkoto au Mali dont les bureaux à Bamako ont été fermés par le gouvernement malien, a appelé, mardi, ce dernier à un « leadership responsable » face à l’aggravation de la situation dans le pays, marquée par l’arrestation de ses employés, la suspension de ses exportations d’or et cette récente fermeture de ses bureaux dans la capitale. Dans un communiqué publié le 15 avril, la société minière canadienne exhorte les autorités maliennes à signer un protocole d’accord négocié en février 2025 pour résoudre les litiges en cours. Barrick affirme avoir agi « de bonne foi, s’engageant dès octobre 2024 dans un cadre visant à régler tous les différends avec le gouvernement.» « Nous avons versé 85 millions de dollars américains dans le cadre des négociations en cours et signé le protocole d’accord comme demandé en février », indique le communiqué. Cependant, la signature du gouvernement reste en suspens, entravée, selon Barrick, par « un petit groupe d’individus qui placent leurs intérêts personnels ou politiques au-dessus des intérêts à long terme du Mali et de son peuple ». La situation s’est aggravée avec des mesures gouvernementales jugées hostiles par l’entreprise, notamment l’arrestation de ses employés, toujours « injustement détenus », et la menace de placer la mine de Loulo-Gounkoto sous administration provisoire si la production ne reprend pas. Barrick considère qu’ «Il est regrettable que le gouvernement continue d’entraver les exportations d’or tout en exigeant le paiement d’impôts sur des revenus qu’il a activement empêché de générer. » L’entreprise souligne les conséquences économiques et humaines de cette impasse. La mine de Loulo-Gounkoto, un « contributeur clé à l’économie nationale », génère des impôts et redevances essentiels au budget malien. Une inaction prolongée menace sa viabilité à long terme et prive le pays de revenus substantiels, selon l’opérateur minier Par ailleurs, « quatre citoyens maliens innocents continuent d’être privés de leur liberté, sans justification », déplore Barrick, qui malgré les tensions, se dit prête à honorer l’accord négocié, ce qui permettrait de relancer la production, de libérer les employés détenus et d’abandonner les poursuites pénales. L’entreprise, présente depuis longtemps au Mali, insiste sur son engagement en faveur du développement local, ayant maintenu le paiement des salaires et le soutien à la chaîne d’approvisionnement malgré la crise. « Cette situation n’est pas viable sur le long terme », avertit, toutefois, le communiqué. En l’absence de solution, Barrick se réserve le droit de recourir à l’arbitrage international et à d’autres voies légales contre le gouvernement de Bamako, et « les acteurs agissant de mauvaise foi. » La société appelle les autorités maliennes à conclure l’accord « dans l’intérêt du peuple et de l’économie nationale ». OS/MD (AMAP)
Kangaba : Le préfet exige l’arrêt immédiat des activités illégales d’orpaillage sur le permis de Bagama Mining
Kangaba, 15 avr (AMAP) « Les travaux d’orpaillage sur le permis de Bagama Mining sont illégaux et incontrôlés. Les populations et la société minière doivent arrêter immédiatement les travaux pour se conformer à la loi », a déclaré, mardi, le préfet du Cercle de Kangaba, Abou Dao Abou Dao, qui à la tête d’une mission de contrôle, avait constaté, la veille, le non-respect de l’interdiction d’orpaillage sur le permis de Bagama Mining, a présidé une rencontre d’information ce mardi 15 avril 2025 dans la salle de conférence du cercle. L’objectif de la réunion était d’informer les participants « des violations répétées » de la décision d’interdisant toute activité aurifère sur le site de Kokoyo, où un éboulement a causé 12 décès, ainsi que de la lettre confidentielle ordonnant le retrait immédiat des engins lourds (pelleteuses, bulldozers, Caterpillar) pour protéger les vies humaines, l’environnement et éviter les conflits d’intérêts. En présence du Secrétaire général de la mairie de Nouga, les responsables des sociétés minières, les légitimités traditionnelles, les « Tombolomas », la jeunesse et la société civile de la Commune rurale de Nouga, le préfet a rappelé que « le nouveau Code minier précise les conditions d’ouverture d’un couloir d’orpaillage sur un permis, invitant tous les acteurs à agir dans la légalité. » Les participants ont accueilli favorablement ces directives. « Nous avons compris le message. Nous nous engageons à rompre avec les anciennes pratiques pour un développement harmonieux en accord avec les sociétés minières », a déclaré un représentant de la société civile. Les communautés promettent de restituer ces informations dans leurs villages respectifs. De leur côté, les responsables des sociétés minières ont prôné l’entente et le dialogue. « Nous sommes prêts à respecter le cahier des charges par tous les moyens », a affirmé l’un d’eux, soulignant leur engagement à collaborer pour un progrès commun. Le préfet a conclu en exhortant à une mobilisation collective pour préserver la sécurité et l’environnement, tout en garantissant un développement durable de la commune. SD/MD (AMAP)

