Lutte contre la corruption : l’OCLEI et la BOAD s’engagent pour une gouvernance transparente
Bamako, 9 mai (AMAP) Le président de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), Dr Moumouni Guindo, a signé jeudi, à Bamako, avec le vice-président de la Banque ouest africain de développement (BOAD), Braima Luis Soares Cassama, un protocole de partenariat pour promouvoir une gouvernance croissante et transparente. LCette collaboration s’articulera autour d’axes concrets, que sont le partage d’informations pertinentes, la sensibilisation des acteurs, le renforcement des capacités techniques et l’évaluation rigoureuse des risques de corruption. La démarche ayant conduit à cet engagement remonte à 2020, lorsque la BOAD a exprimé le souhait d’explorer avec l’OCLEI les voies d’une collaboration stratégique. « Ce dialogue, nourri par une volonté partagée de promouvoir la bonne gouvernance, trouve aujourd’hui son aboutissement dans un partenariat structurant », s’est réjoui Dr Guindo. Selon lui, cet acte marque une étape décisive dans la volonté commune de promouvoir une gouvernance vertueuse, fondée sur la transparence et l’intégrité, à travers la lutte contre le fléau de la corruption et de l’enrichissement illicite. C’est aussi une promesse d’actions concrètes visant à préserver les maigres ressources du pays. Le président de l’OCLEI a souligné que la BOAD, en tant qu’institution de développement majeure dans la sous-région, incarne les valeurs de solidarité et de progrès économique. Elle joue un rôle crucial dans le financement des projets structurants et dans la transformation économique des États membres. Et l’OCLEI s’emploie, au quotidien, à prévenir, détecter et contribuer à la répression des faits d’enrichissement illicite, phénomène qui a gravement contribué à la déliquescence de notre pays. Il anime et coordonne, au besoin, les moyens d’investigation dont disposent les administrations et services publics, au niveau national qu’international. En unissant les efforts, a estimé Dr Moumouni Guindo, les deux structures renforcent ainsi leur capacité commune à identifier, prévenir et combattre toutes les formes de délinquance financière. Pour sa part, le vice-président de la BOAD a reconnu le rôle déterminant que joue l’OCLEI dans sa mission stratégique de prévention, de lutte contre la corruption. Selon Braima Luis Soares Cassama, la lutte contre ce fléau, qui mine les économies et freine le développement, est un défi collectif. « Seule l’action conjointe peut porter des résultats durables », a-t-il déclaré, précisant que cette pratique néfaste se manifeste par l’offre, la réception ou la sollicitation d’avantages en vue d’influencer des décisions. Le vice-président de la BOAD a rappelé que son établissement, depuis sa création en 1973, s’engage pour un développement équilibré de ses États membres. Au Mali, il a financé des projets pour un montant de 929,8 milliards Fcfa en faveur du développement économique durable. Braima Luis Soares Cassama a aussi souligné que sa Banque a mis en place des outils comme une politique de prévention et de lutte contre la corruption et la fraude, et une politique de protection des lanceurs d’alerte, avec un système d’alerte sécurisé. Pour lui, la signature de cette convention illustre la volonté de la BOAD de tisser des liens solides et durables avec les Institutions des pays membres de l’UEMOA engagées dans la lutte contre la fraude et la corruption. L’OCLEI devient la septième institution régionale avec laquelle la Banque signe un tel accord. NK/MD (AMAP)
Entrevue entre le Premier ministre et l’ambassadeur du Japon : La participation du Mali à l’Expo 2025 Osaka Kansai au cœur des échanges
Bamako, 9 mai (AMAP) Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a reçu en audience, jeudi 8 mai à la Primature, l’ambassadeur du Japon au Mali, Yukuo Murata, qui a échangé avec le Pren chef du gouvernement malien sur l’exposition universelle (Expo 2025) prévue du 13 avril au 13 octobre 2025, à Osaka Kansai au Japon. À sa sortie d’audience, le diplomate japonais a confié avoir L’ambassadeur Murata a indiqué avoir discuté avec le Chef du gouvernement des contours de la participation du Mali à cette exposition au cours de laquelle sera organisée la journée du Mali le 2 août prochain. « Nous attendons également la participation éventuelle du Premier ministre à cette occasion », a-t-il annoncé. Le diplomate japonais a saisi l’occasion pour saluer le dynamisme de la coopération entre les deux pays. Une vitalité qui se traduit par plusieurs actions concrètes dont la remise de matériaux à des écoles de formation professionnelle à Bamako en début d’année. Plus récemment, l’ambassade du Japon a annoncé le financement, dans le cadre du renforcement de la résilience et du développement durable au Mali, de plusieurs projets à mettre en œuvre par certaines agences du système des Nations-unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans le cadre du budget supplémentaire du Japon pour l’année 2024-2025. L’ambassadeur Yukuo Murata, qui a pris fonction, en novembre 2024, après la présentation de sa lettre de créance au Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a réitéré l’engagement de son pays à soutenir les initiatives des autorités maliennes. L’Expo 2025 Osaka Kansai offre une opportunité de six mois d’échanges et de dialogues internationaux centrés sur le thème :« concevoir la société du futur, imaginer notre vie de demain». AT/MD (AMAP)
Tourela : Vies précaires et dangereuses de chercheurs d’or
Bamako, 8 mai (AMAP) À la mine artisanale de Tourela, un village de la Commune de Sanankoroba, à une cinquantaine de km de Bamako, sur la route vers Bougouni (Sud), des hommes et des femmes traquent sans répit le filon d’or. Ils grattent la roche dans l’espoir de trouver ce métal jaune qui mérite à leurs yeux des conditions impossibles. Au prix de dur labeur, les plus chanceux parviennent à extraire quelques grammes de poussière d’or. Mais la réalité, c’est un quotidien précaire et dangereux. Des tentes de fortune servent d’abris. Et à quelques mètres de ces « maisons », des trous abandonnés après exploitation sont visibles, et certains sont encore occupés par des assoiffés d’or qui suffoquent dans l’obscurité de tunnels pouvant atteindre 50 mètres de profondeur. « J’ai passé deux jours dans ce trou. Tant qu’il y a de la nourriture et de l’air, je suis prêt à y rester pour obtenir ce que je veux», affirme un homme tirant une corde pour faire remonter à la surface un seau rempli de terre. Plus loin, le spectacle est saisissant. Femmes, jeunes et enfants exécutent de lourds travaux sous le soleil ardent. Tandis que certains creusent, d’autres transportent, à l’aide de tricycles appelés « Katakatani », le minerai extrait du placer jusqu’au fleuve pour le lavage. «La remontée du minerai consiste à le tirer vers la surface à l’aide d’une poulie munie d’un sac ou d’un seau. Ceux qui effectuent cette tâche sont payés en fonction du nombre de sacs remontés. Le lavage est une tâche principalement féminine», explique Madou Cissé, assis sous l’ombre, en sueur. L’or, une fois récupéré au bout d’un processus complexe, est vendu à des acheteurs qui viennent de la capitale. Pour s’établir à Tourela et avoir un accès continu à la mine, il faut payer 15 000 Fcfa à des responsables appelés «Tomboloma». Ici, on rencontre aussi bien des Maliens que des étrangers. Des paysans qui ont abandonné leurs champs aux élèves qui ont arrêté leurs études, en passant par des jeunes filles qui ont décidé de ne plus aller travailler à Bamako comme servantes, tous espèrent trouver le filon qui mettra fin à leur misère. «1g d’or fait 40 000 Fcfa, ce qui représente plusieurs mois de salaire pour une servante à Bamako. C’est pourquoi, malgré les difficultés et les préjugés, je reste ici. L’étiquette de prostituée est un préjugé qu’on colle à toutes les filles qui viennent chercher l’argent sur les sites d’orpaillage», confie Batoma Cissé. Et Boubacar Diallo, qui a abandonné l’école, affirme, le sourire aux lèves : « C’est quand on est riche qu’on étudie. Moi, grâce à ce que je gagne, j’aide mon père. Récemment, j’ai eu des millions. Donc, ça vaut le coup». L’extraction de l’or dans les placers nécessite une grande quantité d’eau. Sur le site de Tourela, qui se trouve à 3 km du fleuve Niger (et dont les rares rivières sont temporaires), l’eau devient une ressource précieuse obtenue par des forages profonds, alimentés par des motopompes. Chaque individu se débrouille seul. Sur ce site, il existe deux méthodes de lavage du minerai, à savoir le lavage à la calebasse et celui avec la rampe. Le lavage se fait soit près des rivières, soit dans un bassin alimenté par de l’eau achetée à des livreurs. «La récupération de l’or se fait après le lavage du minerai. Les métaux lourds restent au fond de la calebasse et sont récupérés par les mineurs pour l’amalgamation. Ce procédé consiste à mélanger le minerai avec du mercure pour former une boule d’or concentrée. Le produit amalgamé est ensuite chauffé dans une sorte de poêle à ciel ouvert. Sous l’effet de la chaleur, le mercure s’évapore, laissant la boule d’or. «Le mercure est fourni par des Bamakois, et son prix varie entre 10 000 et 40 000 Fcfa le litre», explique un autre orpailleur, préférant rester anonyme. IMPACTS NEGATIFS – Les dégâts causés par cette activité sont nombreux. «L’agriculture ne se pratique que pendant lasaison des pluies», souligne Moussa Diarra, étudiant. L’élevage est désormais impossible en raison de la destruction de l’environnement. « Nos animaux ingèrent du cyanure ou du mercure. On ne peut pas non plus les garder, car ils tombent dans les trous des orpailleurs», dit-il. Aussi, les orpailleurs laissent derrière eux des milliers de trous et de galeries non rebouchés, ce qui expose le sol à l’érosion. L’utilisation du mercure, dont les effets sont documentés par l’Organisation mondiale de la Santé, représente une menace pour la biodiversité. En effet, lorsqu’il est libéré dans l’environnement, il se transforme en méthylmercure, qui peut affecter la faune aquatique et perturber toute la chaîne alimentaire. Le mercure utilisé pour le traitement de l’or est potentiellement polluant pour l’air, les eaux de surface et les nappes phréatiques. «Nous réalisons l’impact de ces produits qui polluent l’air, mais c’est le prix à payer pour sortir de notre misère», avoue Seydou Cissé. Ces impacts négatifs sur l’environnement ont des répercussions directes sur la population. De plus en plus, il est difficile de se procurer du bois de chauffe pour les besoins domestiques. « Même pour construire des maisons et des hangars, il nous faut du bois. Or, aujourd’hui, il n’y en a plus. Nous sommes obligés de nous approvisionner dans d’autres villages», affirme un revendeur d’or. En dépit de la présence d’autres, l’orpaillage reste l’activité principale de ce village, malgré les menaces qui y sont associées, notamment les effondrements. « Nous avons assisté à des effondrements. J’en ai assisté à deux et il y a eu des pertes en vies humaines. Mais c’est le prix à payer», se dit philosophiquement Madou Touré. La vie sur le site d’orpaillage de Tourela est loin d’être attrayante. En plus des difficultés d’accès aux soins sanitaires et de l’impraticabilité des routes, les populations vivent dans une pauvreté extrême. AD/MD (AMAP) Par Aminata DJIBO
Tombouctou : Lancement de trois projets pour l’emploi des jeunes et des femmes par la Ministre Oumou Sall Seck
Bamako, 6 mai 2025 (AMAP) La ministre de l’Entrepreneuriat National, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Oumou Sall Seck, a lancé mardi trois projets structurants visant à promouvoir l’emploi des jeunes et des femmes dans la région de Tombouctou, annonce son département. Organisée en marge du festival culturel « Toumboutou Lassal Terey », la cérémonie s’est tenue à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, en présence de nombreuses personnalités, dont le ministre de la Réconciliation, le général Ismaël Wagué, et le gouverneur de la région, Bakhoun Kanté. Ces initiatives, qui devraient générer 250 emplois directs et 350 indirects, comprennent : un projet de formation-insertion dans les métiers agricoles pour 100 bénéficiaires (femmes rurales, primo-demandeurs d’emploi et victimes des inondations), une formation en techniques de maraîchage et gestion de redevance pour 50 agriculteurs, et l’opération « Permis de conduire » pour 30 apprentis chauffeurs. Un chèque symbolique de 50 millions de Fcfa a été remis aux cinq cercles de la région – Goundam, Diré, Niafunké, Gourma-Rharous et Tombouctou – pour appuyer ces projets. Dans son discours, la ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement de Transition en faveur de l’emploi, priorité nationale. « Ces actions s’inscrivent dans la Feuille de R=route du gouvernement, notamment l’axe 2, point 1, visant à restaurer l’autorité et l’utilité sociale de l’État à travers la fourniture de services sociaux de base », a-t-elle déclaré. Elle a également exprimé la solidarité du président de la Transition, le général Assimi Goïta, et du Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, envers les populations de Tombouctou. Mme Sall Seck a souligné la gravité de la situation économique dans la région, citant l’Afrobaromètre 2024 : « À Tombouctou, 57 % des habitants ont perdu leur emploi ou vu leurs activités interrompues, un taux alarmant qui exige des réponses concrètes. » Elle a détaillé les efforts de son ministère, notamment à travers des formations de six mois dans les métiers agricoles et le soutien aux apprenants chauffeurs, pour offrir des alternatives durables aux jeunes et aux femmes. Le représentant de la Chambre régionale d’Agriculture a salué ces initiatives, qui renforcent les capacités des collectivités territoriales dans leurs programmes sectoriels. Les partenaires, dont l’UNICEF et le projet « Filles et Éducation Résilientes », ont félicité le leadership de la Ministre et l’engagement du gouvernement pour l’autonomisation des jeunes. La cérémonie s’est conclue par la remise d’attestations et de kits d’insertion dans des domaines variés, tels que la transformation agroalimentaire, la coiffure esthétique et l’embouche, marquant un pas concret vers l’insertion professionnelle des bénéficiaires. OS/MD (AMAP)
Réunion du Comité technique mixte du Projet d’aménagement routier et de facilitation du transport sur le corridor Bamako-Zantiebougou-Boundiali-San Pedro
Bamako, 06 mai (AMAP) La capitale malienne abrite depuis mardi matin la première réunion de l’année 2025 du Comité technique mixte (CTM) du Projet d’aménagement routier et de facilitation du transport sur le corridor Bamako-Zantiebougou-Boundiali-San Pedro, indique communiqué de la Cellule de communication du Ministère des Transports et des infrastructures (MTI). La rencontre de Bamako s’inscrit dans le cadre du suivi-évaluation de l’état de mise en œuvre de ce projet routier structurant, qui constitue une réponse aux besoins de mobilité croissant des populations dans la zone du projet. Les travaux, qui s’étalent sur 4 jours, porteront sur plusieurs l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations de la réunion du CTM tenue à Korhogo du 29 mai au 03 juin 2023 ; l’évaluation des travaux routiers et des travaux connexes au Mali et en Côte d’Ivoire ; les modalités et le calendrier de mise en œuvre des activités restantes de la composante facilitation de transport et travaux connexes au Mali et en Côte d’Ivoire. La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le Secrétaire général du MTI, en présence du Représentant résident de la Commission de l’Union économique et monétaire oueat-africaine (UEMOA) au Mali. Dans son propos d’ouverture solennelle des travaux, Mama Djenepo, Secrétaire général du ministère des Transports et des Infrastructures, a d’abord rappelé que « le processus de réalisation du projet routier a connu des difficultés d’ordre technique et sanitaire, qui explique que le taux d’exécution global est limité à 80 % pendant que la clôture du projet est prévue pour le 31 décembre 2025. » Djenepo ajoute qu’à ce jour, les travaux routiers, qui constituent l’activité principale du projet, sont terminés pour les deux pays. « Ces routes nouvellement construites font l’objet déjà de dégradations précoces essentiellement dues à la densité du trafic dominé par les véhicules gros porteurs surchargés dotés de gabarits hors normes », a-t-il souligné Il a réitéré l’interpellation adressée à l’ensemble des acteurs du secteur des Transports pour le respect des normes et des textes communautaires et nationaux qui participent de la préservation de nos réseaux routiers et de la sécurité routière. Sur ce point, il faut signaler que, depuis le 1er avril 2025, le Mali met en œuvre la mesure d’interdiction de circulation des véhicules hors normes et hors gabarit sur le réseau routier national. OS/MD (AMAP)
Bamako accueille la 10e session de la Conférence des Ordres des Architectes de l’UEMOA*
Bamako, 6 mai (AMAP) La capitale malienne, Bamako, abrite, du 6 au 8 mai 2025, la 10e session ordinaire de la Conférence des ordres des architectes de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (COA-UEMOA), organisée par la Commission de l’UEMOA, en collaboration avec l’Ordre des architectes du Mali et le ministère malien en charge de l’Urbanisme, a constaté l’AMAP. « La COA-UEMOA constitue un cadre précieux de dialogue, de concertation et de coordination entre les Ordres des architectes de notre espace communautaire », a déclaré Amadou Maïga, secrétaire général du ministère de l’Urbanisme. Il a salué l’engagement de l’UEMOA dans la dynamisation des professions libérales et souligné l’importance de la libre circulation des architectes, un objectif clé de cette conférence. « Assurer la mobilité des architectes, c’est mutualiser les compétences et enrichir les pratiques », a-t-il ajouté. Le représentant-résident de la Commission de l’UEMOA, Roberto Alexandre Vieira, a mis en avant les progrès réalisés depuis la création de la Conférence en 2015. « Des résultats importants ont été obtenus, comme la mise en place de commissions techniques actives, la mobilisation pour la sauvegarde des intérêts de la profession ou encore la transposition avancée de la Directive N°01/2013/CM/UEMOA dans plusieurs pays comme le Mali et le Burkina Faso », a-t-il affirmé. Cette session permettra d’évaluer l’état de transposition de la Directive de 2013 qui vise à harmoniser les règles de la profession d’architecte dans l’UEMOA. Les participants examineront, également, la valise pédagogique pour la formation en architecture, un outil destiné à uniformiser les standards éducatifs. « Cet outil est un pas décisif vers une professionnalisation harmonisée », a insisté M. Maïga, soulignant l’urgence de répondre aux défis climatiques par des constructions durables et adaptées. Abdramane Filifing Sidibé, le président de la COA-UEMOA, a appelé à une architecture respectueuse des identités et des patrimoines. « Cette session est une opportunité de renforcer l’intégration de nos peuples à travers la culture bâtie et l’aménagement harmonieux de nos territoires », a-t-il déclaré, souhaitant des travaux « riches et porteurs d’initiatives concrètes ». Les architectes sont en première ligne pour répondre aux enjeux du changement climatique, des inondations urbaines et de l’habitat social. « L’architecture doit conjuguer innovation et sobriété, mémoire et modernité », a plaidé M. Maïga, appelant à revisiter les matériaux locaux et à intégrer les énergies renouvelables. Vieira a, quant à lui, salué le dynamisme de la Conférence, citant des initiatives comme le colloque sur l’architecture ouest-africaine et la participation aux salons internationaux. La session se penchera, aussi, sur le bilan du bureau sortant et adoptera le programme du nouveau bureau. Le gouvernement malien, par la voix de M. Maïga, s’est engagé à accompagner les initiatives issues de cette rencontre pour promouvoir une architecture de qualité au service des populations. OS/MD (AMAP)
Production agricole : Des acteurs dégagent des pistes de promotion de la riziculture intensive
Bamako, 05 mai (AMAP) Le Forum régional sur la transformation vers des systèmes agricoles durables, de partage d’expériences de mise à échelle, de financement et institutionnalisation du Système de riziculture intensif (SRI) en Afrique de l’Ouest se tient à Bamako depuis lundi. Organisé par le ministère de l’Agriculture à travers l’Institut d’économie rural (IER), ce forum de trois jours, qui regroupe des participants venus de 13 pays ouest-africains, vise à créer un cadre d’échanges entre les acteurs des chaînes de valeur riz. Il donne l’occasion aux participants de partager les expériences et de dégager des pistes communes pour la promotion et le développement du SRI dans notre sous-région. En Afrique de l’Ouest, le riz constitue une denrée de base et occupe une place prépondérante dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nos populations. Selon le chef du gouvernement malien, le général de division Abdoulaye Maïga, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, chaque année, 20 millions de tonnes de riz sont consommées au Mali avec une moyenne de 45 à 55 kilogrammes par habitant. Toutefois, la demande en riz est en perpétuelle progression à cause de la croissance démographique et de l’accroissement de la consommation qui dépasse désormais la production. « Cette demande croissante entraîne une augmentation constante des importations de riz. Il s’agit là d’une situation qui pèse lourdement sur les budgets publics et expose les pays africains à la volatilité du prix mondial d’achat du riz », a dit le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga. Il a fait noter qu’en plus des variabilités climatiques, la production de riz est assurée en grande partie par de petits exploitants agricoles dont les moyens de subsistance et les revenus demeurent très limités. En réponse à ces défis, le Premier ministre a rappelé qu’en 2013, une initiative régionale dénommée « Offensive Riz » a été lancée dans le but d’atteindre l’autosuffisance en riz à l’horizon 2025, en utilisant une approche de production résiliente au climat. « Les objectifs de cette initiative n’ont pas été atteints. C’est pourquoi, il est nécessaire de proposer des actions à court et moyen termes pour soutenir les producteurs vulnérables », a dit Abdoulaye Maïga. Avant de souligner que le secteur agricole a besoin d’un appui technique et surtout financier, à travers une véritable stratégie de relance axée sur l’intensification de la production agricole et la création d’un marché plus compétitif pour tous les acteurs de la filière riz. « Pour atteindre cet objectif, a-t-il estimé, le SRI s’avère être l’une des solutions fiables ». En effet, ce Système permet d’augmenter la production, tout en protégeant l’environnement grâce à une utilisation plus efficace des ressources et une réduction considérable de l’utilisation des produits chimiques. L’ouverture du forum a eu lieu en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, et de la Communication, de l’Economie numérique et de la Modernisation de l’administration, Alhamdou Ag Ilyène. On notait également la présence du directeur général de l’IER, Dr Kalifa Traoré, du président de l’Interprofession de la filière riz (IFRIZ) au Mali, Faliry Boly et le chef de coopération à l’Ambassade de la République fédérale d’Allemagne au Mali, Dr. Paul Bornkamm. MS/MD (AMAP)
Producton agricole : Pour que l’oignon de Diré ne pourrisse pas
Par Mohamedoun ALMOUSTAPHA Diré, 02 mai (AMAP) L’oignon est une culture de contre saison froide dans le Cercle de Diré, (dans le Nord du Mali). Elle est très sollicitée dans la cuisine malienne voir africaine. Depuis le recul de la culture du blé dans la zone de Diré, considérée comme la capitale du blé au Mali, la culture de l’oignon a pris sa place. La surface exploitée en oignon dépasse les 200 ha, avec une production estimée à plus de 30 000 t par campagne, nous a affirmé le chef de secteur de l’agriculture, Mohamed Aldoumaty. La production est de 20 t à l’hectare alors qu’il y a une surproduction de 10%. D’après le président de la Chambre locale d’agriculture, 0umar Ag Alher, le grand désespoir des producteurs est le manque de moyens de conservation qui cause une grande perte de leurs productions. Ce qui, en raison de la surproduction, joue sur leur revenu monétaire vu les prix dérisoires de l’oignon sur le marché car, chacun a son prix. La plus grande difficulté est l’enclavement de la zone et l’insécurité. D’après le chef des producteurs, Mahmoud Cissé, la culture du blé est vraiment importante et bénéfique mais la conservation n’est pas facile, Elle est même difficile. Pendant le transport vers le Sud du Mali, très souvent, les chargements pourrissent, sans compter avec l’insécurité « car souvent, des gens armés interceptent nos productions. » Sidi Amar, de la Commune rurale de Bourem que nous avons rencontré et l’un des grands producteurs, Amadou Maiga, nous ont dit, en chœur, produire de l’oignon, en quantité mais « en réalité, le transport et la conservation nous posent des problèmes. » « Nous ne cessons jamais de solliciter l’assistance des autorités car, nous ne vivons que de nos productions. Nous necessons jamais, aussi, de remercier nos techniciens qui nous assistent tout le temp », disent-ils. « Notre plus grande préoccupation dont la solution nous soulagera vraiment est de disposer d’une grande unité de conservation et de transformation. Car, réellement nos productions sont perdues avant la commercialisation et pendant le transport. C’est un cri du coeur en direction de toutes les autorités : nous sommes toujours disponibles pour la production d’oignon et approvisionner tout le Mali, si possible », plaident les producteurs. Quant au préfet de Diré, le lieutenant-colonel Abdoulaye Traoré, il a assuré toujours accompagner les producteurs, par le biais du chef secteur et des techniciens, et les encourage. Il a déclaré qu’il ne se lassera jamais de faire le plaidoyer pour les producteurs tant qu’ils ne recevront pas des moyens de conservation et de transformation. Il a promis de continuer à démarcher tous les partenaires pour une réponse heureuse à la très ancienne requête des producteurs de son Cercle. MA/MD (AMAP)
Fête de Tabaski : Les ministres malien et sénégalais chargés de l’Elevage préparent l’approvisionnement du Sénégal, estimé à 250 000 moutons
Bamako, 02 mai (AMAP) Le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, a eu une séance de travail, vendredi matin, 02 mai 2025, avec le ministre secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan du Sénégal, Alpha Ba, pour préparer l’approvisionnement du Sénégal, globalement estimé à 250 000, à l’occasion de la fête de Tabaski et dont le Mali fournira la moitié. Cette visite « témoigne de la volonté du gouvernement sénégalais de satisfaire les besoins alimentaires de sa population, notamment, en moutons de Tabaski. J’assure de l’entière disponibilité du Mali à vous offrir des parts importantes du bétail malien dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant, basé sur les trois principes fondamentaux qui guident désormais l’action publique au Mali, à savoir le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix souverains du Mali et le respect des intérêts vitaux du peuple malien », a déclaré Youba Ba. « La réussite de l’opération Tabaski Mali-Sénégal nous tient particulièrement à cœur, car c’est le même peuple, la même culture et nous partageons le même espace géographique et les mêmes défis », a également dit le ministre malien. Il a salué la mise en œuvre efficace de l’accord zoo-sanitaire et l’accord règlementant la transhumance entre son pays et le Sénégal. Il a ajouté que « les cadres de concertation créés à cet effet ont beaucoup contribué au maintien d’un climat serein et paisible de la transhumance entre nos États. » Avant de souligner qu’au regard de l’engagement des éleveurs maliens à fournir des moutons de qualité aux populations sénégalaises pour la fête de Tabaski, il « ne doute point des dispositions idoines que les autorités sénégalaises feront prendre pour mettre leurs frères maliens dans les meilleures conditions de vente des animaux. » « Comme à l’accoutumée, le Mali fournit ,chaque année, à différents pays des moutons pour la fête de Tabaski, notamment, le Sénégal, la Guinée Conakry, la Côte d’Ivoire en grande partie. Cette année, comme en 2024, le gouvernement sénégalais a dépêché une délégation ministérielle pour demander l’approvisionnement du marché sénégalais en moutons pour la fête de Tabaski », a rappelé le président de l’Inter-profession de la filière bétail-viande au Mali, Mamoudou Abdoulaye Diallo. « Cette année, le besoin s’élève à 250 000 têtes de moutons. Sachant que nous sommes parmi les premiers producteurs de la sous-région et le Mali est disposé à fournir le Sénégal 50% de leur besoin, c’est-à-dire environ 125 000 têtes de moutons », a-t-il précisé. Il a exprimé des préoccupations liées à la sécurité, l’approvisionnement en eau et en nourriture pour les animaux et, surtout, les conditions d’hébergement des acteurs. Si celles-ci ont été prises dans la capitale sénégalaise, l’année dernière, par les autorités sénégalaises, il y a quelques soucis que les marchands en bétails éprouvent dans les régions. M. Diallo a souligné à la délégation sénégalaise ces difficultés et d’autres, notamment « de rapatriement du bétail invendu qui constitue souvent un manque à gagner pour les marchands maliens. » A l’issue des échanges, le ministre secrétaire d’État sénégalais aux coopératives et à l’encadrement paysan a donné l’assurance d’« une solution idoine aux difficultés » soulevées par la partie malienne. Il a précisé que l’objet de sa visite est « de partager avec le Mali l’ensemble des dispositions prises par les autorités (de son pays) pour une bonne préparation de l’approvisionnement de la population sénégalaise en moutons de Tabaski. » Il a rappelé que pour la tabaski 2024, le besoin du marché au Sénégal était estimé à 81 000 têtes et les importations à partir du Mali ont contribué à couvrir cette demande. Il a indiqué que pour la Tabaski de cette année, les besoins d’importations du Sénégal sont estimés à 804 000 têtes dont 260 000 pour la capitale Dakar. Il a fait savoir que le chef du gouvernement du Sénégal a instruit l’ensemble des ministères concernés pour assurer de bonnes conditions d’accueil aux opérateurs maliens. ST/MD (AMAP)
Transformation de peaux d’animaux : D’énormes défis à relever sur le chemin de la qualité
Par Aminata DJIBO Bamako, 28 avr (AMAP) Au bord du fleuve Niger, à Baco-djicoroni, la fraîcheur matinale cadre bien avec l’animation et l’ambiance. Panier en main, des femmes se dirigent vers l’eau boueuse comme une escouade en mission. Elles ont des peaux d’animaux (chèvre et mouton) dans des récipients qu’elles tremperont dans un mélange de produits liquides aux odeurs fortes et désagréables. C’est un travail ardu et minutieux pour ces braves dames dont les murmures et gestes se mêlent aux brouhahas des enfants qui s’amusent à épiler les peaux. « Nous faisons ce travail depuis des années. Nous sommes approvisionnées chaque matin par des bouchers. Après le nettoyage, nous revendons les peaux à partir de 500 Fcfa à des acheteurs qui les convoient, pour la transformation, à l’Artisanat », affirme Oumou Traoré, triant les peaux prêtes à être lavées. Parlant du processus de traitement, l’une des femmes explique qu’elles commencent par tremper les peaux dans une solution de potasse pendant une nuit. Elles sont, ensuite, lavées dans les eaux du fleuve et mises dans des fientes de poules pour un dernier nettoyage, puis replongées dans une solution de nep nep (fruit de l’acacia nilotica). Une fois cette étape terminée, les peaux sont exposées aux rayons du soleil le temps d’être bien asséchées. Ces peaux sont utilisées dans la fabrication des produits de maroquinerie (sac, ceinture et chaussure). Sadio Korkoss, un vieux travailleur du cuir au Grand marché de Bamako dans le secteur dénommé «Artisanat», y évolue depuis plusieurs années. «Quand nous achetons la peau sèche, nous appliquons des colorants, principalement du jaune et du marron», dit-il, tout en insistant sur la nécessité de choisir la bonne peau dès le départ. Evoquant la chaîne complexe de valeur ajoutée du métier, l’artisan explique qu’un mouton nourrit jusqu’à cinq personnes, de celle qui l’élève à celle qui vend la peau, en passant par les artisans qui la transforment en produit fini. Cependant, malgré cette valeur ajoutée, la chaîne de production fait face à une kyrielle de défis. EXPORTATION DE PEAUX – Par le passé, une peau de mouton se vendait à 2 000 Fcfa et celle de vache à 10 000 Fcfa. La donne a changé, selon Sadio Korkoss. «Il est rare de voir des peaux de vaches à Bamako, car la majorité est exportée vers le Ghana, la Thaïlande et le Brésil. La peau de chèvre est principalement destinée aux concepteurs de tambour», précise-t-il. Cette tendance est due au manque d’infrastructures modernes de transformation au Mali où l’industrie du cuir, en particulier celle de la fabrication de chaussures, a connu son âge d’or. « L’Industrie malienne des tanneries (IMAT) peut traiter jusqu’à 30 000 peaux par jour », selon son chef du personnel, Almoubachar Haïdara. Mais faute de clients réguliers, « seulement quelques conteneurs sont envoyés à l’exportation chaque mois, et encore moins si la qualité ne répond pas aux attentes du marché international. » Malgré cette capacité de production, l’industrie malienne peine à s’imposer face à la concurrence internationale parce que la transformation des peaux au Mali reste partielle. La plupart des produits sont envoyés à l’étranger sous forme de produit semi-fini, souvent pour être traités dans des pays où les standards de fabrication sont plus élevés. « En raison du manque de technologies et d’une infrastructure fragile, l’objectif de produire des articles finis sur place est encore un rêve lointain », avoue notre interlocuteur. Oumar Koné, vendeur d’articles à l’Artisanat, renchérit : « Le marché des produits artisanaux n’est plus aussi florissant et la qualité des peaux locales se détériore. Cette situation est due essentiellement à la rareté des activités touristiques. » Malgré un marché morose et des tonnes d’invendus, l’IMAT tient. Selon le chef de personnel, l’entreprise se tourne vers la modération de ses produits. « Nous traitons des peaux provenant de divers pays, comme le Sénégal et nous avons une usine qui traite des peaux de chèvres et de moutons. Le processus est complexe. Au Mali, l’absence d’abattoirs frigorifiques pour les peaux pose également un problème», dit-il. QUALITÉ EN CAUSE – L’une des étapes cruciales de la transformation est la conservation des peaux, souvent en utilisant du sel. Cette méthode permet de prolonger leur durée de vie avant de commencer le traitement. Selon Almoubachar Haïdara, la production industrielle de cuir au Mali suit un long processus de transformations chimiques. La peau est soumise à un premier traitement où des produits chimiques sont utilisés pour éviter la putréfaction. Elle est ensuite plongée dans des solutions, notamment une solution de bleu neige, un produit à base de chrome qui permet de la teindre, donnant ainsi une couleur uniforme. Ce traitement se poursuit jusqu’à ce que la peau soit prête pour la coupe et la fabrication de produits finis. La qualité des peaux d’animaux au Mali est souvent mise en cause. Certains spécialistes expliquent que cette situation est liée à beaucoup de facteurs, notamment le climat sahélien qui fait que nos animaux sont moins gras, donc leurs peaux sont moins adaptées à la transformation. « En raison du climat sahélien, les animaux au Mali ne sont pas aussi gras que dans d’autres régions, ce qui rend certaines peaux moins adaptées à la transformation. Nous devons toujours travailler avec des peaux de qualité inférieure et souvent, nous avons des défauts visibles après le traitement », regrette Almoubachar Haïdara Autre handicap du secteur est que les produits fabriqués localement, notamment les sacs, les ceintures ou chaussures, peinent à séduire le marché local. Nous avons fait un tour à l’Artisanat de Bamako, où chacun a une tâche, qu’elle soit simple ou délicate. Certains mettent de la peinture sur les peaux sèches et d’autres utilisent des machines à coudre pour confectionner divers articles. La diversité des produits, accrochés aux murs, en dit long sur le savoir-faire des artisans maliens. Mais leur travail n’est pas toujours apprécié à sa juste valeur. « Nous souffrons ici pour faire de meilleurs produits, mais quand on dit nos prix, les clients fuient. Pourtant, si c’est importé d’autres pays ils les achètent », déplore

