Banque africaine de développement : Dr Akinwumi A. Adesina réélu président

Bamako, 28 août (AMAP) Le président sortant, Dr Akinwumi A. Adesina, a été réélu, jeudi, par le Conseil des gouverneurs pour un second mandat de cinq ans à la présidence du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). L’élection a eu lieu au dernier jour des 55è Assemblées annuelles du Groupe de la Banque, tenues par visioconférence, pour la première fois, depuis la création de l’institution en 1964. Economiste du développement de renommée mondiale et lauréat du Prix mondial de l’alimentation et du Prix SunHak pour la paix, Dr Adesina s’est distingué en menant un programme audacieux visant à réformer la BAD et à accélérer le développement de l’Afrique. Il a été élu, pour la première fois, à la présidence de la Banque, le 28 mai 2015. Le résultat de la réélection, qui lui a permis d’obtenir 100% des votes de tous les membres régionaux et non régionaux de la Banque, a été annoncé par la présidente du Conseil des gouverneurs de la Banque, Mme Nialé Kaba, ministre du Plan et du Développement de Côte d’Ivoire. La première institution de financement du développement en Afrique compte 54 pays membres régionaux et 27 pays membres non régionaux. Une unanimité réaffirmée qui n’a pas laissé le nouveau président indifférent. «Je suis profondément reconnaissant pour la confiance collective placée en moi, la confiance et le soutien fermes de nos actionnaires qui m’ont élu pour un second mandat à la présidence de la Banque. Il s’agit là d’un nouvel appel à un service désintéressé pour l’Afrique et la Banque africaine de développement, auquel je me consacrerai avec passion», a déclaré Dr Adesina. Il compte, pour la construction «d’une Afrique plus développée et un Groupe de la Banque africaine de développement beaucoup plus fort et plus résistant, s’appuyer «sur les solides bases du succès enregistré au cours des cinq dernières années, tout en renforçant davantage l’institution, pour une plus grande efficacité et un plus grand impact». Une réussite quinquennale qu’il doit à ses cinq priorités de développement connues sous l’appellation « High 5 » : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des populations africaines. Au cours de son premier mandat, la Banque a obtenu des résultats qui ont amélioré la vie de 335 millions d’Africains. Ainsi 18 millions de personnes ont eu accès à l’électricité, 141 millions de personnes ont bénéficié de technologies agricoles améliorées au titre de la sécurité alimentaire, 15 millions de personnes ont eu accès à des financements provenant d’investissements privés, 101 millions de personnes ont bénéficié de transports améliorés et 60 millions de personnes ont eu accès à l’eau et à l’assainissement. La BAD a également conservé, sous son règne, sa note AAA attribuée par toutes les grandes agences mondiales de notation pendant cinq années consécutives. Le Conseil des gouverneurs du Groupe de la Banque a approuvé une augmentation de 125% du capital général de la Banque. Le faisant passer de 93 milliards de dollars (plus de 51.150 milliards de Fcfa) à 208 milliards de dollars (environ 114.400 milliards de Fcfa), soit l’augmentation la plus importante jamais enregistrée dans l’histoire de la Banque. Sous son leadership, le Fonds africain de développement (FAD) a reçu des annonces de contribution d’un montant de 7,6 milliards de dollars (plus de 4.180 milliards de Fcfa) de la part des donateurs, soit une hausse de 32 %, pour soutenir les pays à faible revenu et les États fragiles. La Banque a été classée quatrième institution la plus transparente au monde par Publiez ce que vous financez. Une certification qui renforce ses solides références en matière de gouvernance, de transparence et de responsabilité. Sous la direction du président Adesina, le Conseil d’administration de la BAD a approuvé une facilité de 10 milliards de dollars (5.500 milliards de Fcfa) pour aider les pays africains à faire face à la pandémie de Covid-19. La Banque a également procédé au lancement sur les marchés mondiaux des capitaux d’un emprunt obligataire social Covid-19 de 3 milliards de dollars (environ 1.650 milliards de Fcfa). Cet emprunt obligataire social libellé en dollars américains et coté à la Bourse de Londres, à la Bourse de Luxembourg et au Nasdaq, est le plus élevé jamais lancé dans le monde. CMT/MD (AMAP)

Embargo de la CEDEAO sur le Mali : Quels impacts sur l’économie ?

Par Cheick M. TRAORE Bamako, 25 août (AMAP) La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé, mardi 18 août, de la fermeture de toutes les frontières terrestres, aériennes et maritimes de ses pays membres avec le Mali. L’organisation sous régionale a, également, suspendu toutes les relations économiques, financières et commerciales avec le Mali. Cela, pour exiger la libération immédiate de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta et de son Premier ministre et le retour à l’ordre constitutionnel. En application de cette décision, le gouvernement ivoirien a instruit la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec le Mali, à compter du mardi 18 août, jusqu’à nouvel ordre. Ces décisions des autorités ivoiriennes ne sont pas sans conséquences sur notre économie et nos populations qui souffrent le martyre à cause des crises qui nous accablent. «Si l’embargo de la CEDEAO perdurait, amplifié par d’éventuelles sanctions de la communauté internationale, ce sera dramatique pour un pays enclavé comme le Mali», prévient l’économiste et spécialiste en analyse stratégique, Cheickna Bounajim Cissé. Pour cause, 90% des produits manufacturés qui sont consommés au Mali sont importés, argumente l’économiste. En la matière, le corridor ivoirien est stratégique puisque prépondérant. La Côte d’Ivoire représente près de 40% du PIB de l’UEMOA, ajoute le conseiller du directeur général de la Banque internationale pour le Mali (BIM SA).  ALLEGEMENT DES MESURES –« Les conséquences induites par la suspension des flux financiers pourraient être catastrophiques pour une économie malienne faible et extravertie », analyse l’expert. Pour lui, le système financier local risque de prendre un grand coup qui pourrait lui être «très préjudiciable». Aussi, les transferts des Maliens de l’extérieur vers leur pays pourront ralentir considérablement même si, de façon transitoire, le «marché noir» pourrait prendre le relais avec tous les risques y afférents, selon notre interlocuteur. Pour lui, la question essentielle est de savoir combien de temps notre pays pourrait tenir l’embargo. «Et même après sa levée, les plaies économiques et financières mettront du temps à cicatriser. On a vu après les événements de 2012, l’économie malienne est tombée en récession et huit ans après elle n’avait toujours pas redémarré», rappelle Cheickna Bounajim Cissé. Heureusement, le sommet des chefs d’Etat, par visioconférence, jeudi dernidr, a soustrait du champ de l’embargo les denrées de première nécessité, le carburant, l’électricité, les médicaments. Des produits dont la pénurie impacterait directement la vie des populations. En plaidant pour l’allègement des mesures de sanction pour cause «humanitaire», le président sénégalais, Macky Sall, semble avoir pris la mesure des enjeux socioéconomiques et commerciaux pour son pays et pour les autres Etats membres de la CEDEAO frontaliers du Mali. Surtout dans un contexte marqué par la crise sanitaire qui a déjà plombé nos économies.  45% DES EXPORTATIONS– Le journal sénégalais, ‘Le Soleil’, souligne en effet que le Mali est, de part sa position stratégique, incontournable «dans l’expédition des marchandises sénégalaises au sein de l’espace de l’Uemoa». Les exportations du Sénégal vers l’Union sont estimées à 38,6 milliards de Fcfa au mois de juin 2020, contre 30,9 milliards de Fcfa au mois de mai, soit une hausse de 7,7 milliards, selon la dernière note de conjoncture de la Direction sénégalaise de la prévision et des études économiques. Elles ont représenté 24,7 % de la valeur totale des exportations de marchandises du Sénégal durant le mois de juin 2020. «La part des produits acheminés vers le Mali, principale destination des exportations du Sénégal dans l’Union, est passée de 48,0% à 45,7% sur la période», soulignent nos confrères. Qui ajoutent que le ciment reste le principal produit exporté vers le Mali avec une part évaluée à 28,6% en juin 2020, contre 29,1% le mois précédent. A analyser de très près, l’impact est presque similaire sur la Côte d’Ivoire, également partenaire de premier plan du Mali en matière d’échange économique et commercial. Le port d’Abidjan tente, sans succès, de recouvrer sa place de premier associé des opérateurs économiques. Place qu’il a perdue au profit de celui de Dakar, suite à la crise ivoirienne. Donc, ces mesures gripperont toute la chaîne de fourniture, de commerce et d’industrie du corridor Abidjan-Bamako. En conséquence, le prix du kg de la viande risque de prendre l’ascenseur dans nos pays voisins. Le Mali étant leur principal fournisseur en bétail. Le Syndicat des vendeurs de bétail a demandé à ses militants de respecter scrupuleusement la décision relative à la fermeture des frontières. Les sanctions économiques annoncées par l’organisation intergouvernementale sont donc à double tranchant. Elles affecteront aussi nos voisins avec les liens commerciaux sont très étroits SONNETTE D’ALARME– D’autres analyses estiment que l’impact serait dérisoire pour le Mali. Par contre, en fermant ses frontières, la CEDEAO fait du mal à ses Etats membres qui partagent des frontières avec notre pays, précisent ces experts. Pour ceux-ci, le Mali est déjà immunisé contre les embargos. Cela, grâce de sa situation géographique stratégique et l’adaptation progressive de son économie à ces situations exceptionnelles. Ils citent en exemple le fait que toutes les marchandises qui viennent de la Chine, du Golf, passent par le Mali pour approvisionner ces pays. Les opérateurs économiques maliens ont privilégié, dans leurs relations économiques et commerciales, la Chine, les pays du Golf, l’Inde, le Pakistan, etc. Notre pays peut, à les en croire, se faire facilement ravitailler par ces pays à partir de l’Algérie, frontalière du Maroc, de la Tunisie et de la Libye… Un constat aussi évident que des villages situés le long de la frontière entre le Mali et le Niger ont déjà commencé à tirer la sonnette d’alarme. Pour cause de pénurie de denrées de premières nécessités fournies à eux par le Mali. Qu’à cela ne tiennent ! Les nouvelles autorités qui mesurent certainement la gravité de la situation, prendront sûrement les contacts utiles pour demander à l’organisation intergouvernementale de desserrer rapidement l’étau des sanctions pour le bien de toute la communauté ouest-africaine. Les dernières discussions entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et la mission de la CEDEAO vont dans le bon sens, assurent les deux parties. CMT/MD

Embargo de la Cedeao sur le Mali : Quels impacts sur l’économie ?

Par Cheick M. TRAORE Bamako, 21 août (AMAP) La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a décidé, mardi 18 août, de la fermeture de toutes les frontières terrestres, aériennes et maritimes de ses pays membres avec le Mali. L’organisation sous régionale a, également, suspendu toutes les relations économiques, financières et commerciales avec notre pays. Cela, pour exiger la libération immédiate et le rétablissement de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta arrêté, avec son Premier ministre, Dr Boubou Cissé, et le retour à un ordre constitutionnel. En application de cette décision, le gouvernement ivoirien a instruit la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec le Mali, à compter du mardi 18 août, jusqu’à nouvel ordre. Le ministre ivoirien de l’Économie et des Finances a, dans un communiqué diffusé sur le site internet de son département, instruit : «toutes les administrations financières publiques sur le territoire national ; toutes les banques et tous les établissements financiers sur le territoire national ; toutes les sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) et les sociétés de gestion d’organisme de placement collectif en valeur mobilière (SGO) sur le territoire national, de suspendre toute relation économique et financière, tout flux financier, en direction du territoire malien jusqu’à nouvel ordre». Ces décisions prises par les autorités ivoiriennes ne sont pas sans conséquences sur notre économie et nos populations qui souffrent le martyre à cause des crises qui nous accablent. «Si l’embargo de la Cedeao perdurait, amplifié par d’éventuelles sanctions de la communauté internationale, ce sera dramatique pour un pays enclavé comme le Mali», prévient l’économiste et spécialiste en analyse stratégique, Cheickna Bounajim Cissé. Pour cause, 90% des produits manufacturés qui sont consommés au Mali sont importés, argumente-t-il. En la matière, le corridor ivoirien est stratégique puisque prépondérant. La Côte d’Ivoire représente près de 40% du PIB de l’Uemoa, ajoute le conseiller du directeur général de la Banque internationale pour le Mali (BIM SA). Les conséquences induites par la suspension des flux financiers pourraient être catastrophiques pour une économie malienne faible et extravertie, analyse l’expert. Pour lui, le système financier local risque d’en prendre un grand coup qui pourrait lui être «très préjudiciable». « Aussi, les transferts des Maliens de l’extérieur vers leur pays d’origine pourront ralentir considérablement même si, de façon transitoire, le «marché noir» pourrait prendre le relais avec tous les risques y afférents », poursuit notre interlocuteur. Pour lui, la question essentielle est de savoir combien de temps notre pays pourrait tenir l’embargo. «Et même après sa levée, les plaies économiques et financières mettront du temps à cicatriser. On a vu qu’après les événements de 2012, l’économie malienne est tombée en récession et « huit ans après, elle n’avait toujours pas redémarré», rappelle Cheickna Bounajim Cissé. Notre interlocuteur ajoute que le citoyen malien va ressentir les premiers effets de l’embargo à partir d’un produit stratégique : le carburant. Cela pour deux raisons simples. La première est que nos capacités de stockage sont très limitées voire insignifiantes et le réseau de distribution des stations a été touché par les dernières manifestations, argumente l’économiste. La deuxième raison est, selon lui, liée à la fourniture de l’électricité aux entreprises et aux ménages. Les nouvelles autorités qui mesurent certainement la gravité de la situation, prendront sûrement les contacts utiles pour demander à l’organisation intergouvernementale de desserrer l’étau des sanctions. CMT/MD (AMAP)

 La Cedeao met la pression sur le Mali

Bamako, 20 août (AMAP) La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), a décidé, jeudi, en plus des sanctions économiques contre le Mali, de mettre en œuvre des mesures contre les auteurs du putsch intervenu, mardi, à Bamako, ainsi que leurs partenaires et collaborateurs. Lors d’un sommet extraordinaire, par visioconférence, des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation sous régionale sur la situation politique au Mali, le président nigérien, président en exercice de la Cedeao, Issoufou Mahamadou, a déclaré que ce sommet se tenait, de toute urgence, sur le Mali qui vient de connaître un nouveau développement avec la prise du pouvoir, mardi, par une junte militaire. « Cette situation intervient dans un contexte sécuritaire difficile pour la région, et surtout en dépit  des efforts diplomatiques intenses déployés par la Cedeao en vue de surmonter la crise politique que traverse actuellement le Mali », a poursuivi le chef de l’Etat du Niger, dans son discours d’ouverture. A ce propos, il a rappelé les différentes missions de médiation dans la crise malienne, menées par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan. Tout comme le sommet extraordinaire du 27 juillet à l’issue de laquelle les chefs d’Etat ont adopté des mesures de sortie de crise comme la recomposition de la Cour constitutionnelle, la démission des 31 députés contestés, la reprise partielle des élections législatives et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Pour Issoufou Mahamadou, le renversement du président Keïta par les militaires n’est pas sans conséquences pour la sous région. «Nous avons devant nous une situation grave dont les conséquences sécuritaires sur notre région et sur le Mali sont évidentes. Cette situation nous interpelle. Elle nous montre le chemin qui reste à parcourir pour la mise en place d’institutions démocratiques fortes dans notre espace», a-t-il relevé, tout en rappelant que le coup d’Etat de 2012 contre le président Amadou Toumani Touré avait permis aux organisations terroristes et criminelles d’occuper, pendant plusieurs semaines, les 2/3  du territoire malien. Le président du Niger a rappelé que la Cedeao a condamné avec la plus grande fermeté le renversement par des militaires putschistes du président Keïta et exigé sa libération immédiate et celle de tous les officiels arrêtés. Il a, aussi, rappelé que le Mali est suspendu de tous les organes de décision de la Cedeao avec effet immédiat, conformément au protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance et ce, jusqu’au rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel. Tout comme, la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les pays membres de la Cedeao et le Mali. La Cedeao a également invité tous les partenaires à faire de même. Le sommet a engagé la Commission de la Cedeao à mettre en œuvre « immédiatement » un ensemble de sanctions contre les auteurs du putsch et leurs partenaires et collaborateurs. Par ailleurs, Issoufou Mahamadou a annoncé qu’une délégation de haut niveau sera dépêchée dans notre pays pour assurer le retour immédiat de l’ordre constitutionnel. Quant au Président Macky Sall, cité par la page Facebook de la République du Sénégal, il a condamné le coup d’état au Mali. Plaidant  ela cause du Mali, il a appelé la Cedeao « à réapprécier les sanctions annoncées pour tenir compte des impératifs humanitaires ». Dans cette perspective, les denrées de première nécessité, les produits pétroliers et les produits pharmaceutiques ne devraient pas être concernés par l’embargo, selon la même source. Cet amendement a été accepté pour être intégré dans la déclaration finale. Intervenant au sommet extraordinaire en visioconférence, le chef de l’état sénégalais a, également, prôné la même lucidité concernant le recours à la force qui nécessiterait un mandat de l’ONU. « Accompagner le Mali par le dialogue pour un retour à l’ordre constitutionnel », telle est la position du Président Macky Sall. Le sommet extraordinaire a examiné ces différentes mesures dans la perspective d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel, conformément  au protocole additionnel sur la bonne gouvernance et la démocratie dans l’espace Cedeao. MK/MD (AMAP)    

Sikasso : Une campagne agricole prometteuse pour 2020 (Les techniciens)

Par Fousseyni DIABATE Sikasso, 13 août (AMAP)Dans la région de Sikasso (Sud), la campagne agricole 2020 s’est installée, progressivement, à la faveur des activités pluviaux-orageuses sur l’étendue de la 3e Région, même si elle a connu des perturbations ayant occasionné des semis tardifs du mil, sorgho, des tubercules, de l’arachide, du gingembre, du sésame et de certaines cultures maraîchères. Le directeur régional de l’Agriculture de Sikasso, Mory Sylla, et son personnel, estiment que la campagne agricole 2020 démarre dans des conditions climatiques assez favorables avec l’installation régulière des pluies de fin mai à la première décade du mois d’août. « Si cette condition pluviométrique se poursuit normalement », les techniciens de Sikasso sont optimistes quant à la réussite de la campagne agricole 2020. Les opérations d’entretien en cours sont entre autres la fertilisation minérale, le désherbage manuel et chimique et le contrôle des déprédateurs sur les cultures. « Concernant les activités pluvieuses pendant la décade du 1er au 10 août, nous confie Mr Moussa Dembélé, le chef de bureau statistique suivi et évaluation de la direction régionale de l’agriculture, il a été constaté qu’à cette date, les pluviométries cumulées dans certains chefs-lieux de Cercles de la Région sont supérieures à celles de la campagne écoulée ». Ainsi à Sikasso avec 636,7 mm contre 422,6 mm d’eau et Yorosso avec 460 mm contre 340 mm l’année dernière. Par contre les pluviométries cumulées sont inférieures à celle de la campagne écoulée à Kadiolo, avec 577 mm contre 618 mm et à Koutiala 430 mm contre 452 mm. Concernant l’évolution des emblavures en céréales sèches, les réalisations sont inférieures à celles de l’année dernière, à la même période, soient 1.003.682 ha contre 1.323.872 ha pendant la campagne écoulée. Les réalisations de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) en céréales sèches, à la date du 31 juillet, sont de 512.766 ha. Selon les responsables de la direction de l’agriculture, l’augmentation des réalisations de fonio a été constatée mais se justifie par l’appui de certains partenaires sur cette filière. L’évolution des emblavures en riz est satisfaisante selon les techniciens. Les réalisations en riz, en cette période, sont supérieures à celles de la campagne écoulée, soient 99.352 ha contre 59 154 ha à cause de la régularité et l’abondance des pluies, en début juin, sur l’étendue de la région. Quant à l’évolution des emblavures de coton, elles sont nettement inférieures à celles de l’année dernière avec un taux de réalisation de 28,65 % contre 99,09 % pendant la campagne écoulée. Le recensement des producteurs devant bénéficier par structures et par culture d’engrais subventionnés est terminé. Mais les activités de délivrance des bons pour les intrants agricoles subventionnés de cette campagne ont démarré avec un grand retard dû à la réticence des fournisseurs dans la livraison des engrais. « Ils exigent que le passif soit épongé », selon le responsable du suivi évaluation. Les cultures sont au stade de levée-montaison pour le mil, sorgho et maïs ; tallage-montaison pour le riz pluvial et le riz de bas-fond ainsi que le riz de submersion contrôlée. L’arachide et le niébé sont au stade de ramification- floraison. Selon le service de la protection des végétaux, la situation phytosanitaire est faiblement dominée par les infestations des cultures de maïs par la Chenille légionnaire d’automne (CLA). Au total 655 ha ont été prospectés par les services techniques sur lesquels les infestations ont concernés 266 ha et 96 ha ont été traités avec les méthodes alternatives de lutte et aux pesticides RAPAX. FD/MD (AMAP)

Cercle de Kadiolo : Point de la situation de l’hivernage et des cultures

Par Nabilaye Issa OUATTARA Kadiolo, 11 août (AMAP) La saison hivernale s’est installée, depuis le mois de mai, dans le cercle de Kadiolo qui se situe à l’extrémité Sud du Mali, dans la zone climatique soudanienne (climat tropical humide), a constaté l’AMAP. Cette année, la pluviométrie enregistrée de mai à nos jours (476 mm en 26 jours), est supérieure à la moyenne inter annuelle (341,2 mm). L’année dernière, à la même période, il est tombé 485 mm en 25 jours. Cette année, c’est donc une légère baisse pour la même période. Le Cercle de Kadiolo est une zone qui produit beaucoup de céréales, de tubercules. Quant au coton, la principale culture de spéculation de la zone, il a été largement impacté par la crise de la subvention de l’engrais. Lors de la campagne agricole passée (2019), le Cercle de Kadiolo a semé 23.600 ha de coton. Mais avec la crise, cette année il n’y a que 17.710 ha plantés, soit un manque de 5.890 ha. Dans plusieurs villages, les champs de coton sont à la fruitaison, les deuxièmes traitements insecticide sont terminés. La production de coton fibre attendue va largement diminuer, cette année, dans le Cercle de Kadiolo. L’engrais constitue aujourd’hui le problème majeur auquel les producteurs de Kadiolo sont confrontés en ce moment. Le système de distribution des engrais par voie électronique s’est introduit cette année. Au niveau du cercle de Kadiolo, le recensement a eu lieu en juillet passé. Pour le moment, il n’y a pas de mise en place. L’opération n’a pas débuté. Ce faisant, les producteurs ont été contraints de se rabattre sur les marchés locaux où le prix du sac varie actuellement de 15.000 à 16000 Fcfa . Suite à la contrebande, les marchés sont inondés d’engrais venant de pays voisins. L’achat d’engrais à un prix non subventionné empêchera de nombreux producteurs de bien enrichir les champs, notamment de maïs qui sont, aujourd’hui, à différents stades de croissance. Tandis que certains sont en phase d’épiaison, d’autres attendent encore le complexe. La chenille légionnaire est apparue dans certaines localités faisant courir des risques à la production céréalière. Malgré l’augmentation des surfaces emblavées en céréales, le cercle de Kadiolo ne sera pas à l’abri d’une pénurie alimentaire l’année prochaine. Les producteurs pourront être contraints de brader le peu de récoltes dont ils disposeront pour faire face à leurs besoins financiers. Le boycott du coton a poussé beaucoup à la culture des céréales. La crise cotonnière a poussé de nombreux paysans de Kadiolo à semer l’arachide et le Niébé qui ne demandent pas d’engrais mais ont un prix rémunérateur sur le marché (plus de 500 Fcfa le kilo). Malheureusement, les champs n’ont pas bénéficié de l’engrais nécessaire. De nombreux paysans sont en colère contre les autorités qui, “tous les ans, traînent les pieds pour mettre en place l’engrais subventionné au moment opportune”. L’engrais subventionné arrivera à un moment où le paysan n’est plus dans le besoin et les commerçants vont enlever tout le stock auprès d’agents de l’État.   “Voici la triste réalité qui blesse et doit interpeller la conscience de tous les décideurs. Pourquoi attendre août pour mettre en place de l’engrais ?”, s’interroge un paysan qui se dit écoeuré. Pour lui, en refusant de subventionner l’engrais, “l’État malien se verra contraint de subventionner les céréales, s’il veut éviter une pénurie alimentaire pour tout le pays”. NIO/MD (AMAP)    

Transport aérien au Mali : La compagnie aérienne SkyMali officiellement lancée 

Bamako, 11 aout (AMAP) Les activités de la nouvelle compagnie aérienne nationale, SkyMali, ont été lancées, lundi, après-midi au cours d’une cérémonie présidée par le Secrétaire général du ministère des Transports et de la Mobilité urbaine, en présence de plusieurs personnalités dont le ministre sortant et l’ambassadeur du Mali aux Émirats Arabe Unis. Pour le Secrétaire général du ministère des Transports et de la Mobilité urbaine, Marc Dabou, les activités de la nouvelle compagnie aérienne vont, non seulement, contribuer à franchir un pas important dans le désenclavement intérieur et extérieur, mais elles vont, également, offrir une opportunité d’emplois pour nos concitoyens. Il a réitéré sa disponibilité à accompagner toute initiative allant dans le sens du désenchantement du pays. D’autres allocutions ont meublé la cérémonie de lancement dont celles du Directeur général de la compagnie aérienne SkyMali, du président du Conseil d’administration de la compagnie. AC/MD (AMAP)

Les Douanes saisissent à Bougouni des timbres fiscaux frauduleux d’une valeur de 200 millions de Fcfa

Bamako, 10 août (AMAP) La Brigade mobile d’intervention (BMI) des douanes de ont découvert, mercredi dernier, à Bougouni (Sud) dans les soutes d’un bus de transport en commun, des paquets de timbres fiscaux, frauduleusement imprimés à l’étranger, d’une valeur de plus de 200 000 000 de Fcfa. Vers 19 heures, les agents des douanes en poste au PK7 de Bougouni ont reçu un car d’une compagnie de transport de la ligne Sikasso-Bamako. Le conducteur s’est présenté au poste pour les formalités de passage. Il a déclaré aux agents qu’il ne transporte à bord que des effets personnels et des passagers. Les agents des douanes ont douté de la déclaration du chauffeur. Ils ont, alors, décidé de fouiller les soutes à bagages ainsi que tous les endroits susceptibles de servir de cache aménagé du véhicule. Au bout de quelques minutes de fouille, un agent des douanes a découvert des colis bien emballés et soigneusement dissimulés au fond d’une soute. Le carton solidement scotché contenait des paquets de timbres fiscaux contrefaits. Après cette découverte, les agents des douanes ont constaté l’infraction en présence du chauffeur malgré les actes de provocation de certains témoins. Les agents des douanes qui n’ont pas répondu à ces agressions verbales sur instruction de la hiérarchie douanière se sont attelés à la sécurisation des produits saisis. Informé par le chef de la BMI, le directeur régional des Douanes a instruit de procéder au décompte des faux timbres fiscaux. Au total, il a été dénombré 83.200 unités de 2.500 Fcfa. Les enquêtes complémentaires sont en cours pour remonter le réseau mafieux à la base de ce trafic. Le directeur général des Douanes a félicité les agents pour leur vigilance et appelé les populations à une franche collaboration avec les services douaniers dans l’exercice de leur mission. AC/MD (AMAP)  

Nioro du Sahel : Une campagne agricole prometteuse à l’horizon

Par Moussa DIAKITE Nioro, 10 août (AMAP) La campagne agricole 2019-2020 se présente sous de très bons hospices a Nioro dui Sahel (Ouest, contrairement aux dix dernières années. Chose rare au Sahel, les pluies ont commencé à tomber depuis mi-juin et continuent à être toujours au rendez vous. Elles se sont aussi bien reparties dans le temps. Les paysans, à l’exception de ceux qui ont longtemps hésité, se sont vite rendus dans les champs pour les semis. Dans le Cercle, on cultive du sorgho, du petit mil, de l’arachide, du niébé et du mais par endroit. Dans les Communes de l’Est (Trougoumbé, Diarrah, Yéréré, Gogui, Diabigué, Baniré et Koréra), le sorgho est à l’état de montaison, l’arachide et le haricot (niébé) à l’état de fleuraison dans l’ensemble. Concernant les Communes du nord (Nioro, Tougouné et Gogui), les cultures ont accusé un léger retard mais se trouvent dans un état plus satisfaisant que l’année derrière, à la même période. A Youri, Gavinané et Diaye Coura, situées à l’Ouest du Cercle, le constat est le même. Les cultures sont dans un état satisfaisant nettement supérieur aux dernières années, à la même période. L’état des cultures est très satisfaisant dans les Communes du Sud (Simby et Sandaré) considérées comme les grandes zones de culture du Cercle de Nioro. Dans ces deux communes dénommées greniers du Cercle de Nioro, il pleut abondamment et les populations pratiquent à 90% l’agriculture. On y cultive du sorgho, du petit mil, du haricot, du mais, de l’arachide, de la pastèque, de la pomme de terre et, surtout, des cultures potagères comme l’oignon dont les grandes productrices sont les femmes. Ce dernier fait de Sandaré une zone stratégique qui ravitaille le Cercle de Nioro et toute la Région de Kayes, pendant un bon moment de l’année. Cette année, en ce début du mois d’août, dans le Cercle de Nioro, on peut dire que l’état des cultures est très satisfaisant dans l’ensemble, assurent les techniciens. Les pluies sont au rendez vous. La campagne agricole s’annonce prometteuse. L’état des pâturages est aussi bon. Il y a des herbes et des flaques d’eau partout. Les animaux donnent l’impression d’être dans un paradis. Pour le spécialiste Moussa Dembélé, chef de service de l’Agriculture, il n’y a, pour le moment, aucune menace d’insectes nuisibles sur les plantes. Selon lui, si les pluies continuent jusqu’en fin août et si les oiseaux granivores ne rendent pas la campagne difficile, le Cercle de Nioro battrait son record de production, cette année, et les récoltes pourront tripler « car, dit-il, le sol sahélien est très riche et rapide ». MD/MD (AMAP)

Douentza : Début normal de la campagne agricole 2020

Par Awoi DICKO Douentza, 10 août (AMAP) Contrairement à la campagne agricole 2019, celle de 2020 dans le Cercle de Douentza a débuté au mois de juillet pendant lequel, le Cercle a enregistré ses premières pluies. Les paysans avertis n’ont pas attendu le début des pluies pour commencer les semis. Depuis fin mai et début juin, certains ont déjà commencé les semis à sec. Par ailleurs, d’autres paysans ont attendu la tombée des pluies pour commencer les semis. Sur l’ensemble du Cercle de Douentza, les semis sont faits. Les champs ont bien poussé à cause de la bonne répartition des pluies, bien qu’elles ne soient pas très régulières dans le temps et l’espace. Les sols restent très humides. On s’attend, pour le moment, à un bon début d’hivernage dans le cercle de Douentza. « Les ré-semis sont d’actualité », nous confie le gérant de la Coopérative des producteurs de la semence de mil Tabi, Hamidou Boureïma. Le mil de Tabi, une variété précoce qui a un cycle de deux mois dont la teneur en fer est élevée et adaptée au conditions et au changement climatique. Selon lui, « chaque jour, il reçoit des paysans qui achètent la variété pour les semis et ré-semis ». La majorité des paysans sont dans le premier labour mais dans certaines zones qui pratiquent les semis à sec, les paysans ont déjà commencé le deuxième labour. Sur l’ensemble du Cercle, toutes les spéculations semées ont quasiment bien poussé et ne souffrent pas de manque de pluie. Ce qui maintient les plants en forme et en bonne santé. Les pluies ont suffisamment arrosé les champs, alimenté les cours d’eaux (mares et rivières), les producteurs du riz pluvial sont à pied d’œuvre, les champs de riz sont au stade de tallage et montaison. Les producteurs du riz à Douentza font face, cette année, à un niveau élevé d’eau dans les champs et au défi du désherbage. C’est pourquoi, la plupart d’entre eux font recourt aux herbicides pour désherber les champs. Dans le Cercle de Douentza, les spéculations semées par les paysans sont, entre autres, le petit mil pour la majorité, le riz, le niébé, l’arachide, le fonio. Ce début de campagne agricole, dans le Cercle de Douentza, a été également marqué par des inondations par endroit. Le 10 juillet 2020, suite à une pluie qui a fait déborder le canal, communément appelé Gorel, une inondation a fait des milliers de victimes et d’importants dégâts matériels qui se chiffre à des millions dans les quartiers de Fatoré et une partie du l’ancien quartier Saré, dans la Commune urbaine de Douentza. Le seul problème auquel les paysans de Douentza sont réellement confrontés et qui constitue un obstacle à leurs activités agricoles est l’insécurité qui règne dans tout le Cercle. En ce début d’hivernage, la ville de Douentza a enregistré des déplacés du village de Koira-Bréri, un village réputé agricole dans la zone et qui compte plus de 3000 âmes. Dans le village de Petaka, à une vingtaine de kilomètre de Douentza, plusieurs fois, des paysans ont été attaqués dans leur champ par des individus non identifiés, faisant plusieurs victimes du côté des paysans et des assaillants. Il est fréquent de rencontrer, à tout moment, les paysans qui reviennent des champs plutôt que prévu, à cause des tirs entendus en brousse ou après avoir eu écho d’attaque contre les paysans. Du fait de l’insécurité et de peur de perdre leur vie, certains paysans du Cercle de Douentza ont dû renoncer à la culture de certains de leurs champs. D’autres ont même abandonné les travaux champêtres pour choisir l’aventure, afin de subvenir aux besoins quotidiens de leur famille. AD/MD (AMAP)