Mali: Le Bureau du vérificateur général découvre près de 900 millions de FCFA d’irrégularités financières à l’Ageroute

Par Cheick Moctar TRAORE Bamako, 28 Sept (AMAP) Le Bureau du vérificateur général (BVG) a décelé des irrégularités financières d’un montant total de 895.512.029 Fcfa dans l’exécution des Fonds d’entretien routier par l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier (Ageroute). L’audit mené, à cet effet, a concerné les dépenses de fonctionnement et d’entretien routier financé sur budget national au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019 (1er octobre). En effet, l’Ageroute a, durant cette période, signé avec la direction nationale des routes, sur le Fonds d’entretien routier, 16 conventions de maîtrise d’ouvrage déléguée et trois avenants pour un montant total de 93.451.594.614 Fcfa. Les ressources destinées à l’entretien routier sont mises à sa disposition par l’Autorité routière. Les travaux d’entretien routier exécutés par délégation de maîtrise d’ouvrage à l’Ageroute ne sont possibles qu’à travers des conventions signées avec le maître d’ouvrage, le ministre chargé des routes. Au regard de l’importance des sommes mises à disposition, le BVG a, conformément à sa mission, initié une mission pour s’assurer de la bonne utilisation des dépenses exécutées sur le Fonds d’entretien routier par l’Ageroute. Au terme de ces travaux d’audit, les vérificateurs ont décelé des irrégularités financières s’élevant à 895.512.029 Fcfa. Les faits détaillés ont été dénoncés et transmis par le Vérificateur général au président de la section des comptes de la Cour suprême et au procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Commune III chargé du pôle économique et financier. Ils se rapportent à la passation irrégulière de marchés pour un montant de 868.108.970 Fcfa et au paiement d’avantages indus au délégué du contrôle financier pour une somme de 16.300.000 Fcfa. Les anomalies financières constatées ont, également, trait à un contrat de marché irrégulièrement enregistré de 1.948.750 Fcfa et au non reversement au profit de l’Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public (ARMDS) de la redevance de régulation pour un montant de 325.000 Fcfa. Il a, aussi, été constaté la non retenue de l’impôt sur le revenu foncier, de la taxe foncière et de l’impôt sur les bénéfices. Les vérifications ont été menées, conformément au guide d’audit du secteur public approuvé par l’arrêté n°10-1251/MEF-SG du 11 mai 2010 du ministre chargé des Finances et au manuel de vérification financière du BVG, tous deux inspirés des normes Isa (normes internationales d’audit). Pour y arriver, les vérificateurs ont, comme approche méthodologique, privilégié l’analyse des textes législatifs et réglementaires sur la création et les modalités d’organisation et de fonctionnement de l’Ageroute et des entrevues avec des membres du personnel de la structure. Ils ont, aussi, recoupé des informations et examiné des pièces justificatives des dépenses. « Le principe du contradictoire a été observé », assure le BVG. En la matière, les résultats préliminaires des travaux ont été discutés avec les principaux responsables concernés. La séance de restitution a eu lieu le 1er avril 2020 dans les locaux de l’Ageroute. Le BVG dit avoir transmis le rapport provisoire à l’Ageroute par lettre n°Conf 0220/2020/BVG du 28 mai 2020 pour recueillir ses observations. « Les réponses écrites de l’Ageroute sont parvenues le 09 juillet 2020 par lettre n°1039/MIE/Ageroute », ajoute le BVG. La faiblesse des ressources et l’inadaptation des procédures de mise en place des moyens ont été diagnostiquées comme l’un des handicaps majeurs à l’entretien régulier de nos routes. La création de l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier répond à ce besoin. Plus de quinze ans après sa création et malgré des ressources, de plus en plus importantes, investies dans l’entretien routier, l’Ageroute peine à satisfaire les usagers de la route. CMT/MD (AMAP)  

Mali : Relative stabilité des prix des céréales

Bamako, 24 sept (AMAP) Durant la semaine du 14 au 20 septembre, les prix des céréales sont restés stables dans l’ensemble, par rapport à la semaine passée et quelques fluctuations à la baisse ont été, par ailleurs, enregistrées sur les prix des céréales sèches, selon un communiqué de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC). Cette situation s’expliquerait par l’arrivée des cultures de soudure sur les marchés, notamment le maïs frais, l’igname, la patate, le manioc et la baisse du niveau des sorties de céréales vers les pays voisins suite aux sanctions économiques imposées par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). En outre, le prix du riz a subi des variations à la hausse, en raison des travaux champêtres qui ont tiré l’offre du riz vers le bas. Mais, l’état d’approvisionnement des marchés en céréales reste satisfaisant. Le prix au producteur du riz local, dans la zone Office du Niger, est compris entre 300 et 330 Fcfa/kg, comme la semaine passée. Dans les capitales régionales et le District de Bamako, la capitale, les prix des catégories du riz local sont compris entre 300 et 500 Fcfa/kg, comme la semaine passée. Son prix moyen national est de 391 Fcfa/kg. Le riz brisé importé non parfumé est vendu entre 300 et 750 Fcfa/kg. Son prix moyen national a été de 425 Fcfa/kg. Quant au mil, son prix au producteur est compris entre 130 et 195 Fcfa/kg, contre 125 et 195 Fcfa/kg, la semaine passée. Son tarif à la consommation oscille entre 200 et 400 Fcfa/kg, comme la semaine passée. Le sorgho, lui, est cédé par les producteurs entre 100 et 165 Fcfa/kg comme la semaine passée. Sur les marchés de consommation, son prix est compris entre 175 et 400 Fcfa/kg contre 200 et 400 FCFA/kg, la semaine passée. Le maïs est vendu sur les marchés ruraux entre 100 et 135 Fcfa/kg, comme la semaine passée. Le prix à la consommation du maïs est compris entre 140 et 400 Fcfa/kg, comme la semaine passée. CMT/MD (AMAP)

Région de Gao : Ruée vers l’or à In-Tillit, la nouvelle «ville bleue»

Envoyé spécial Mohamed TOURE   Gao, 24 sept (AMAP) Certains lui ont déjà trouvé le surnom de « Ville bleue » à cause des nombreuses tentes en bâches de couleur ciel qui la rendent visible de loin. En plein désert, la Commune rurale d’In-Tillit est nichée au milieu de nulle part. La localité, située à 90 km de la ville Gao, dans le Nord du Mali, était presque dans l’anonymat total, il y a moins d’un an. Mais, avec la récente découverte de son potentiel aurifère, elle attise la convoitise de milliers de candidats à l’orpaillage qui y ont créé leur nouvelle ville. Chaque jour, d’interminables convois de jeunes quittent la ville de Gao pour le site d’orpaillage d’In-Tillit. Les véhicules les plus adaptés pour ce trajet sont les pick-up, à cause de l’état de la route et des capacités en passagers de ces voitures. Elles débordent de voyageurs dont les plus courageux n’hésitent pas à s’installer sur le toit du véhicule. Au risque d’être éjecté, en cours de route, à la suite d’une brusque accélération dont sont coutumiers les conducteurs. Sur les pistes buissonneuses et semi-désertiques, il n’y a pas de panneaux de signalisation. «Chaque pick-up peut prendre au moins une vingtaine de personnes en plus de leurs bagages. Le coût du transport est de 5.000 Fcfa par personne. Donc, nous pouvons gagner entre 90.000 et 100.000 Fcfa par voyage», confie Ag Mossa, un conducteur de pick-up, la moitié du visage caché derrière un turban. Ils sont nombreux, les transporteurs, comme lui, à tirer leur épingle du jeu, à travers cette nouvelle activité. Une véritable économie s’est créée autour du business de l’orpaillage. Le métal précieux brille pour beaucoup de personnes dans la chaîne de cette économie. Pour comprendre quelques paramètres du système, nous empruntons le chemin du site. Les groupes armés font partie des principaux acteurs de cette mini-industrie. Sur la route, entre Gao et In-Tillit, les check points anarchiques de ces derniers sont légion. Il n’est pas rare de voir des groupes d’hommes, qui, souvent, ne sont même pas armés, demander aux conducteurs de véhicules de payer entre 2.000 et 2.500 Fcfa. A la sortie de Gao, nous dépassons un groupe de jeunes nigériens en partance pour In-Tillit. Une dizaine, baluchons sur la tête, ils sont décidés à faire le trajet de 90 km séparant Gao du site d’orpaillage à pieds. « Faute de pouvoir payer le transport », se justifient-ils. MAITRES DES LIEUX – L’entrée du site est sécurisée par un groupe de jeunes, armes aux poings. Presque camouflés, ils sont installés sous un arbre.  Après le contrôle des pièces d’identité, la règle est simple : payer 2.000 Fcfa, pour les Maliens et 5.000 Fcfa pour les étrangers. C’est le prix du ticket d’entrée et de séjour délivré par une commission mixte, formée par des éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), ex-rébellion touarèque et de la Plateforme. La même opération est de rigueur pour sortir du site. Une fois dépassé ce comité d’accueil, on aperçoit enfin le site. A première vue, elle donne l’impression d’une nouvelle ville bâtie autour de l’exploitation de l’or. Le nombre de personnes sur le lieu saute directement à l’œil. «Impossible de déterminer le nombre d’ouvriers sur le site. Mais, je pense qu’il y a plusieurs milliers de personnes qui travaillent ici, dont la grande majorité ne sont pas des Maliens», explique Ibrahim, un orpailleur malien rencontré sur le site. La quarantaine révolue, cet ancien expatrié en Europe, dit faire partir des tous premiers à avoir débarqué à In-Tillit, aux premiers mois de la ruée vers l’or sur le site. Dans la multitude de nationalités présentes sur le site, les plus nombreux sont les Nigériens, les Burkinabè, les Tchadiens et les Soudanais. Plusieurs activités animent l’économie de cette petite bourgade. Si les étrangers sont plus nombreux dans l’exploitation des mines, beaucoup de jeunes viennent de Gao pour faire du commerce. «La ville bleue» dispose même d’un quartier des affaires, dénommé «Sardjila», où se mène le business.  «Tout s’achète ici, à condition d’y mettre le prix», lâche un boucher, installé dans ce quartier et occupé à charcuter un gigot. Les commerces sont multiples au «Sardjila», de la restauration à la vente de médicaments. Un peu plus loin après la boucherie, on peut apercevoir un salon de coiffure à côté d’un cabinet de guérisseur traditionnel. «Bienvenue chez nous. Vous connaissez la particularité de cette ville? Ici quand on n’a pas d’argent, on ne mange pas !», prévient notre ami boucher, avec un trait d’humour. De derrière sa table, il s’empresse d’argumenter, en expliquant que les prix normaux des produits sont systématiquement doublés sur le site. «Le sac de charbon coûte 10.000 Fcfa, la plaquette de paracétamol 300F cfa, le kilo de viande 5.000 Fcfa…», énumère-t-il. La spéculation n’épargne même pas l’eau, dont le bidon de 25 litres se négocie entre 750 Fcfa et 1.000 Fcfa. Le liquide précieux est transporté par citernes, depuis Gao. L’autre singularité de ce site d’orpaillage est, certainement, qu’il n’y aucun visage de femmes perceptibles à la ronde. A la question : où sont les femmes ? « Elles ne se sont pas tolérées par les groupes armés », répond-t-on. A la grande détresse de certains jeunes orpailleurs qui ne seraient pas contre un peu de compagnie féminine. «Il n’y a pas de femmes ici. Au début certaines ont essayé de venir, mais les groupes armés les ont sommées de partir et de ne plus revenir», relate un jeune vendeur de boissons. Le respect de la discipline est strict. «Ici, même la vente d’alcool est strictement prohibée. Celui qui se ferait prendre à mener cette activité aurait de sérieux soucis», poursuit le même vendeur. DE L’OR A TOUT PRIX – L’activité principale sur le site demeure bien l’orpaillage. Et le travail n’est pas de tout repos. Les conditions de vie des orpailleurs sont dignes de vrais survivants du Far West. La plupart s’abritent sous des tentes de fortune en bâches qui sont attachées à des piquets. C’est le décor presque partout. A défaut de tente, un abri de survie sous un arbre fait l’affaire de certains. «Le travail est dur ici. Nous montons dans les mines à 7 heures et nous revenons en

Crise du coton : L’inquiétude monte à Koutiala (Sud)

Enquête de Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 24 sept (AMAP) Dans la capitale de l’or blanc, Koutiala, dans le Sud du Mali, où les populations vivent essentiellement d’agriculture, producteurs et industriels craignent une crise économique, sociale et alimentaire à cause du refus des paysans de cultiver le coton. Le coton constitue est l’un des leviers de l’Economie du Mali. Il est la deuxième source de nos recettes d’exportation après l’or. A ce titre, la contribution du secteur coton au Produit intérieur brut (PIB) est estimée à 15% au Mali. Il y est cultivé, surtout, dans la partie sud du pays (Sikasso, Bougouni, Koutiala, Yorosso), dans le Centre (Ségou et San) dans l’Ouest (Kayes), dans les Régions de Koulikoro, Dioïla, près de Bamako. Et occupe plus de 200.000 exploitations agricoles familiales. En la matière, Koutiala, troisième ville la plus peuplée du Mali, après Bamako et Sikasso, est considérée comme une zone de culture du coton par excellence. D’où l’appellation de «Capitale de l’or blanc». Si la production de coton est grippée dans cette partie de notre pays, l’Economie nationale éternue. Scénario catastrophe auquel il faudrait malheureusement s’attendre cette année. En effet, comme dans plusieurs zones au Mali, les producteurs à Koutiala ont boudé la culture du coton. La baisse initialement annoncée du prix du coton et la hausse de celui de l’engrais, ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, suscitant ainsi la colère et l’inquiétude chez les paysans. La grande majorité des paysans ont alors décidé de surseoir à sa culture, au cours cette campagne, jugeant excessif le coût du coton et de l’engrais. La décision de rétablissement de la subvention et de revalorisation du prix du kg de coton a été prise tardivement, selon plusieurs paysans que nous avons pu rencontrer. «Dans les champs réservés au coton, des agriculteurs ont semé l’arachide et le sésame en lieu et place du coton», répond Seydou Coulibaly, le président du mouvement «Uyeco» (Donnons-nous la main en langue locale «Minianka»). Ce regroupement de producteurs de coton des Cercles de Yorosso et de Koutiala (Sud) avait, rappelons-le, décidé de boycotter la campagne 2020-2021. « Sur 100 coopératives, 95 sont membres de «Uyeco», précise Seydou Coulibaly qui estime à seulement 3% les adhérents de son mouvement qui ont cultivé le coton, cette année. Une révélation qui recoupe les données du Pr Mamy Soumaré. Dans une contribution publiée dans « L’Essor », ce chercheur à l’Institut d’économie rurale (IER) souligne, qu’à la date du 20 juin 2020, seulement 26.000 hectares sont semés en coton sur une prévision de 810.000 hectares, soit un taux de réalisation de 3,2%. Il prédit que les surfaces cultivées en coton n’atteindront pas le tiers des objectifs attendus au sortir de la campagne 2020-2021. Parmi les rares personnes à cultiver le coton à Koutiala, figure El hadj Mohamed Daouda Diarra dit Dioro Madou. Selon des témoins, il avait invité beaucoup de gens à cultiver alors que les discussions étaient en cours sur le prix du coton. «Certains ont entendu mon conseil, mais beaucoup ne m’ont pas écouté. Au moment où ils se sont rétractés, il était déjà trop tard. Car, il y a une période pour la culture, la pluie n’attend personne. C’est à nous de nous préparer pour l’attendre», confirme le producteur qui nous a fait visiter son champ de coton situé à 12 km de la ville. Les cotonniers s’étendent sur les sept hectares. Pour lui, la culture du coton est vitale. «Je suis né et j’ai grandi dans le coton. J’ai eu tout ce que je possède aujourd’hui grâce à ce produit. Je connais les avantages liés à sa culture. Donc, je ne pouvais pas ne pas le cultiver», insiste celui qui est propriétaire de deux unités de production de tourteaux et d’huile. CULTURES VIVRIÈRES AFFECTÉES– Le refus de la majorité des paysans de cultiver le coton aura un impact sur tout le Mali, notamment les propriétaires d’unités de fabrique de tourteaux et d’huile. «Toutes ces industries ont pour matière première les graines de coton. Il faudra alors aller les chercher au Togo, en Côte d’Ivoire, au Bénin ou en Guinée. La production ne dépassera pas 40% cette année», s’inquiète l’industriel, avant d’inviter les politiques à laisser l’agriculture en dehors de leurs querelles. Comme Dioro Madou, plusieurs Koutialais s’accordent à dire que cette situation affectera l’économie de leur localité. En témoigne le cri du cœur du maire de la Commune urbaine de Koutiala, Oumar Dembélé. «Quand tu dis Koutiala, il faut dire Capitale de l’or blanc. Le coton occupe toutes les places : sociale, économique et culturelle. Le fait que le coton n’ait pas été cultivé à hauteur de souhaits cette année, ce n’est pas seulement Koutiala, mais le Mali qui ressentira l’effet de cette crise de coton», estime M. Dembélé. Selon lui, beaucoup de paysans ont semé d’autres céréales à la place du coton. Concernant particulièrement Koutiala, son développement économique repose sur le coton, insiste l’édile de la ville. Donc, tous les secteurs de l’économie locale seront touchés l’année prochaine : l’élevage, le commerce, le transport, l’emploi, etc. «L’ensemble de la population ressentira l’impact. Toutes les usines ne vont pas pouvoir tourner. Les petites unités, n’en parlons pas. Elles utilisent également les graines de coton. Beaucoup vont fermer leurs portes. Et énormément de personnes iront en chômage», prédit le producteur. Pour sa part, le président de la Fédération des huileries du Mali, Fanta Mady Keïta, ne mâche pas ses mots. Pour lui, les conséquences de la baisse de la production cotonnière seront catastrophiques pour tout le Mali. «La culture du coton est un système qui profite à nombre de Maliens de façon directe ou indirecte. Il existe 96 huileries au Mali, dont 32 sont basées à Koutiala. Ces huileries ont créé plus de 100.000 emplois directs, indirects et saisonniers. Quand le coton éternue, ces industries tremblent. Car, elles ont pour matière première le coton», argumente le manufacturier. Le propriétaire de cette unité industrielle, qui dit employer 154 personnes, tire la sonnette d’alarme. «Nous les industriels, nous sommes vraiment inquiets. Nous, industriels, population, Compagnie

Carnet de voyage : Au fil du fleuve Niger

Par Ahmadou CISSE  Envoyé Spécial Bamako, 22 sept (AMAP) Soudain, au détour d’un faubourg, le voyageur aperçoit Mopti, otage des eaux. Pour arriver jusqu’ici, il a fallu avaler 640 km, depuis Bamako par une route en très mauvais état. La Venise du Mali « est construite sur trois îles reliées entre elles par des digues, confluent du Bani et du Niger », décrivent les brochures. Cette presqu’île a été fondée au XIXe siècle par des Bozos. Elle porte alors le nom de Sangha qui signifie « lieu de rassemblement ». Carrefour fluvial et commercial, Mopti est surtout un point de départ pour la découverte de l’arrière-pays, le Septentrion du Mali, hélas en mal de paix. Nous sommes au tout début de la saison des montées des eaux. Le mois d’août est surtout connu pour la soudure. C’est aussi le temps des grands bateaux qui assurent la liaison entre Koulikoro (60 Km de Bamako), Tombouctou et Gao, dans le Nord. La route est dégradée et dangereuse. Le manque d’entretien et l’insécurité font peur aux voyageurs. Les voies les plus sécurisées restent les airs et le fleuve. L’avion coûte cher. Alors, avec un soupçon de bon sens, le choix du bateau s’impose. Sur le quai de Mopti, le bain de foule est inévitable. En ce moment de psychose de Covid-19, autant être fataliste. Ici, le coronavirus semble lui-même résigné à se placer en quarantaine. Toutes les ethnies de notre pays semblent s’y donner rendez-vous pour faire du commerce ou en transit pour d’autres horizons. Entre ces deux, se trouve le débrouillard du coin : il est porteur de bagages, gargotier, artisan, mendiant ou même petit voleur à la tire. Tout ce beau monde a le même dénominateur : la recherche de la pitance quotidienne. L’HEURE, C’EST L’HEURE – Le bateau s’apprête à prendre le large, en début de nuit. Destination Gao. « Le voyage prendra environ cinq jours », alerte le commissaire du bateau qui supervise le chargement de son navire. Et Tombouctou alors ? « Dans deux jours », dit-il avec un brin de doute. Cette précaution est de bon aloi pour qui connaît les conditions de la traversée avec un bateau de vieil âge. Coïncidence heureuse ? « Tombouctou », c’est également le nom du bateau de la Compagnie malienne de navigation (COMANAV) qui dispose d’une flotte de trois navires du même genre (les bateaux Kankou Moussa, Général Soumaré et Tombouctou). Dans l’ensemble, le bateau tient la route ou plutôt le fleuve. Malgré son âge avancé (des années 80), la ferraille se bat au mieux de ses forces pour relier le Sud au Nord. Des années et des années de bons et loyaux services. Le réseau électrique est peut-être en mauvais état mais il fonctionne. Donc, tout va bien. Un coup de balai ne fera aucun mal aux cabines. Ce n’est pas le plus important. Les deux grosses machines de propulsion ont pris quelques rides et, par conséquent, sont devenues très gourmandes en carburant avec une consommation de 15.000 à 16.000 litres de gasoil, entre Koulikoro et Gao. Comparés aux passagers du pont, les occupants des cabines (chambres de bateau) font figure de privilégiés, au regard de leurs conditions de voyage. Les premiers ont dû construire des abris de fortune avec des draps multicolores contre les intempéries sur le pont.  La pluie peut perturber leur quiétude à tout moment. Le départ du bateau est annoncé pour 20 h (ou 8 h du soir). Un quart d’heure avant, trois sifflets retentissent sur la berge. Les retardataires s’empressent pour embarquer. Les derniers porteurs de bagages quittent le navire à grandes enjambées. Certains enfants, de mauvaise réputation, n’ont pas échappé au plongeon nocturne après le départ du bateau. Après tout, c’est le moindre mal. L’heure, c’est l’heure. Une fois n’est pas coutume. Le bateau démarre à 20 h pile. Tant pis pour les incorrigibles traînards. Un passager, superstitieux à outrance, jette une pastèque par-dessus bord : une offrande aux génies de l’eau pour une traversée sans embûches. DECOUVERTE DU BATEAU – Le « Tombouctou » est commandé par le commissaire Amadou Tidiani Samaké, assisté d’un sous commissaire. Le premier s’occupe des aspects administratifs, commerciaux et financiers en plus des passagers VIP. Le second, lui, s’occupe du fret et des passagers de la 3è classe.  La partie mécanique est logée dans la cabine des machines. Trois gros moteurs propulsent le bateau à une vitesse moyenne de 10 km par heure. Au gouvernail, il y a trois pilotes. Assistés de matelots, ils se relaient toutes les 6 heures. Leur cabine est contiguë au restaurant-bar géré par un prestataire privé. Tous les passagers de luxe, 1ère, 2e et 3e sont logés et nourris. Le bateau a une capacité de 130 tonnes sous cale et de 344 passagers. Premier jour de voyage, premier accostage d’urgence. Aux portes  du lac Débo, un orage accompagné d’un vent violent soulève de hautes vagues. Le bateau est en difficulté en eau profonde. Le navire tangue. Panique à bord. Les matelots décident de tenter un accostage d’urgence au milieu de nulle part, le temps de la tempête. Les passagers se mettent à l’abri de la pluie qui tombe sur le lac. Le commissaire du bateau a rapidement ordonné un accostage d’urgence au milieu d’une bourgoutière. Quelques heures plus tard, l’orage cesse. Le bateau met à nouveau le turbo. COVID EN QUARANTAINE – En termes de lutte contre la Covid-19, aucune mesure sanitaire n’est exigée à bord. Le virus est comme prié de se mettre en quarantaine. Le seul flacon de gel hydro alcoolisé se cachait des voyageurs au fond du bar principal. Pas un seul passager ne porte de masque de protection. Ni même le personnel naviguant qui s’est contenté de placer un dispositif de lavage des mains posé à droite sur le pont supérieur, juste avant l’accès au restaurant. Là encore, il semble être ignoré des passagers qui ne s’en servent qu’après un repas. A la décharge de la compagnie, l’observation des gestes barrières contre la pandémie est d’abord une question de conscience individuelle. Pour la sécurité

Ségou : Les vendeuses de pastèques se frottent les mains

Par Abdoulaye TALL AMAP-Ségou  Ségou, 22 sept (AMAP) A la faveur de l’hivernage, période propice aux fruits et légumes, la pastèque, depuis quelques mois, inonde les étals, trottoirs et marchés de Ségou, la capitale des Balanzans. De forme sphérique, comme un ballon de rugby, et de couleur verte, elle s’invite à l’entrée des repas comme au dessert. La pastèque a longtemps conquis les papilles des plus gourmands. Bien appréciée, elle s’est taillée une place au soleil, en raison de ses multiples vertus. Chaque jour, une poignée de femmes arpentent la ville de Ségou, à bord de charrettes tirées par des ânes, incroyablement chargées de pastèques destinées au marché. Certaines vendeuses de fruits prennent d’assaut les trottoirs qui constituent des endroits stratégiques pour mieux vendre leurs produits et en tirer des bénéfices. Ces braves femmes, qui vendent ce précieux fruit, ne se plaignent pas. Elles parviennent à nourrir leur famille, avec le revenu tiré de la vente de pastèques. Leur commerce attire, au quotidien, de fidèles clients qui viennent de divers horizons. Tous les matins, dès l’apparition des premiers rayons de soleil, Fatoumata Traoré étale ses pastèques en bordure de route, à proximité de l’espace culturel Meru Ba. Assise sur une chaise, à l’ombre d’un grand parasol, la jeune vendeuse excelle dans le commerce de fruits depuis 15 ans. Grace à sa force de persuasion, Fatoumata Traoré s’est bâtie une bonne notoriété. Elle a, aussi, su fidéliser sa clientèle. Elle ravitaille constamment certains vendeurs ambulants et commerçants de Ségou qui prennent, en moyenne, une trentaine de pastèques à crédit. Fatoumata Traoré affirme que grâce à ce commerce, elle arrive à subvenir à ses besoins et ceux de sa famille. Comme contrainte, elle souligne que souvent, il lui arrive de se retrouver avec des pastèques pourries sur les bras. Certaines sont endommagées à cause du mauvais état de routes et d’autres finissent leur parcours dans les décharges publiques, avant d’être englouties par les ruminants. Plus loin, nous avons rencontré Oumou Diallo. Cette vendeuse avait les yeux rivés sur ses pastèques, soigneusement alignées les unes à côté des autres. Ses gros fruits sucrés et juteux viennent pour la plupart de Niono, de Pogo, de Monimpé et de Tona. A en croire cette commerçante, le marché est florissant et tout le monde en raffole. Le rouge éclatant de la pastèque et son goût exquis laisse rarement indifférents les consommateurs. «Le prix oscille entre 500 Fcfa et 2.000 Fcfa. Nous recevons chaque jour des clients qui aiment bien nos pastèques», déclare Oumou Diallo, qui arrive à générer un bénéfice de 4.000 voire 14.000 Fcfa, par jour. Atou évolue, également, dans le commerce de fruits depuis 6 ans. Elle gagne sa vie « dignement ». Ses pastèques se vendent comme des petits pains. Malgré le nombre important de vendeuses installées sur le bord de la route, Atou parvient à tirer son épingle du jeu dans la vente de ce fruit saisonnier. Ses fournisseurs viennent, pour la plupart, de Niono. Comme nos précédentes interlocutrices, elle se frotte, également, les mains en cette période. «Par jour, je peux vendre une dizaine de pastèques. Grace à la vente de ce fruit, je participe aux dépenses de la famille», confie la vendeuse, sourire aux lèvres. Aussi appelée melon d’eau, la pastèque est une véritable fontaine de vitamines A, B6 et C. Selon les spécialistes, ce n’est pas tout, ce fruit savoureux favorise la bonne santé des dents, aide à prévenir les dommages cellulaires et permet de prévenir la déshydratation. La pastèque permettrait d’améliorer la capacité des cellules de la peau, tout en la mettant à l’abri des rayons ultraviolets. Sa pulpe rouge rafraîchit et purifie l’organisme. En outre, elle serait une alliée précieuse contre les monstrueuses courbatures et crampes musculaires.   AT/MD (AMAP)

Embargo de la CEDEAO sur le Mali : Des stocks rassurants de produits de consommation (Direction du Commerce)

Bamako, 18 sept (AMAP) «Les stocks de produits de première nécessité déclarés au niveau de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) par les importateurs réguliers et ceux détenus par les commerçants détaillants sont supérieurs au seuil d’alerte et couvrent les besoins de consommation du moment», a révélé, mercredi, à Bamako, le directeur général, Boucadary Doumbia. L’Etat d’approvisionnement du marché national en produits de base est, donc, rassurant, un mois, après l’embargo, imposé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) au Mali, selon les services du Commerce. « Cette situation est due à l’exclusion des produits de première nécessité du champ de l’embargo. Ces produits sont importés sans trop de difficulté», se réjouit pour rassurer les consommateurs maliens », M. Doumbia. En conséquence, « les prix à la consommation des produits sont, par rapport à la semaine passée, restés stables à l’exception de ceux des produits saisonniers (oignons, fruits et légumes, tubercules) généralement importés », a précisé Boucadary Doumbia. Cette hausse sensible du prix de ces denrées n’est pas, selon lui, liée uniquement aux effets de l’embargo mais au caractère cyclique de leur commercialisation. Toutefois, il urge, au regard de la structure de notre commerce et de la situation géographique du Mali, de prendre les décisions nécessaires devant aboutir à la levée, au plus vite, de l’embargo. Cela, afin d’éviter une perturbation, à long terme, du circuit d’approvisionnement du Mali. « En la matière, on note déjà une baisse du volume des importations de la sous-région de l’ordre de 202 milliards de Fcfa par rapport au mois passé », a révélé le directeur général. Ce qui correspond à 57% de la valeur moyenne des importations maliennes venant de cette zone. Les produits les plus importés, durant le mois d’août, sont les combustibles minéraux et les huiles minérales : hydrocarbures (49%), les machines et les appareils (10%), les produits alimentaires (14%), les produits pharmaceutiques (5%). Les principaux pays d’importation au cours de la période sont le Sénégal (17%), la France (13%), la Côte d’Ivoire (11%), la Chine (9%), la Suisse (7%), les Emirats Arabes Unis (5%), Singapour (5%), le Royaume-Uni (5%). S’agissant de la sous-région, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Niger constituent les plus grandes sources d’approvisionnement. Ceci s’explique, à en croire Boucadary Doumbia, dans une large mesure, par les produits pétroliers qui couvrent 32% du total des importations. La CEDEAO, rappelle-t-on, est une Union douanière – un accord commercial régional dont les États membres ont adopté une politique commerciale commune vis-à-vis des États tiers – avec un Tarif extérieur commun (TEC). Le TEC, entré en vigueur le 1er janvier 2015, désigne un droit de douane commun aux membres d’un groupe de pays qui sont souvent liés par un accord de libre-échange. Outre le manque à gagner pour le commerce, les effets néfastes de l’embargo sur notre pays sont, également, d’ordre économique et social. Il s’agit de la perte de recettes fiscales et douanières, l’augmentation du coût des importations en raison de l’acheminement des marchandises à partir des plateformes portuaires plus distantes (Mauritanie, Algérie, Maroc). S’y ajoutent la restriction de la concurrence avec des conséquences sur les prix et les pertes d’emplois dans les secteurs orientés vers l’import-export. CMT/MD (AMAP)  

COMATEX : Marche des travailleurs pour la réouverture de l’usine

Ségou, 17 sept (AMAP) Plusieurs travailleurs de la société Compagnie malienne des textiles (COMATEX-SA) ont marché, mardi, sous une chaleur écrasante, à l’appel de l’Union régionale des travailleurs de Ségou (URTS), pour réclamer la réouverture de l’usine, a constaté l’AMAP. Les 1.300 salariés de la première usine textile du Mali, inaugurée en 1968, sont en chômage technique depuis le 03 août et ne perçoivent pas de salaires. La direction de la COMATEX justifie la fermeture du site par l’insuffisance de matières premières, des problèmes de trésorerie, l’absence d’exonération et l’électricité. Après d’âpres négociations, l’usine n’a toujours pas ouvert. Ce qui a suscité la colère des travailleurs. Tôt le matin, ils se sont d’abord massés à la place de l’Indépendance avant de se diriger vers le Gouvernorat de Ségou. Les marcheurs brandissaient des pancartes où on pouvait lire : «Nous, travailleurs de la COMATEX-SA demandons la reprise des activités sans délai». Avançant en rangs serrés, après plusieurs minutes de marche, les manifestants ont été reçus au gouvernorat par le directeur de cabinet, Siné Dembélé. Le secrétaire général de URTS, Issa Touré, a présenté le mémorandum. De façon générale, les revendications de l’URTS s’articulent autour du redémarrage, « sans délai », des activités d’usinage à la COMATEX-SA, le paiement « de manière rétroactive » des salaires de l’ensemble des travailleurs, la signature du nouvel accord d’établissement de l’Usine de sucre SUKALA-SA, sa mise en application « sans délai » par les entreprises parapubliques et sociétés anonymes implantées dans la Région. Les travailleurs réclament, également, les avantages salariaux obtenus, de 2014 à 2019, par l’Union national des travailleurs du Mali (UNTM), l’une des centrales syndicales du Mali, le respect de la liberté syndicale et, enfin, la réduction des taxes imposées sur les transporteurs par les mairies. « Si, toutefois, les revendications ne sont pas satisfaites », l’URTS observera un débrayage de 72 heures, allant du 23 au 25 septembre prochain, avec sit-in dans tous les lieux publics de la Région, afin de soutenir les travailleurs de la COMATEX-SA. En réponse, le directeur de cabinet du gouverneur de Ségou a rassuré les marcheurs que tout sera mis en œuvre afin de répondre à leurs préoccupations. Issa Touré a espéré que la direction de l’usine répondra positivement à la demande des travailleurs.   MS/MD (AMAP)

Licenciement à l’hôtel de l’Amitié : La direction donne sa version

Bamako, 17 sept (AMAP) Les responsables de l’hôtel Laïco Amitié et l’avocat de l’établissement, Me Aliou Abdoulaye Touré, ont rencontré la presse, mercredi, pour donner la «vraie version» des faits relatifs au licenciement d’une partie du personnel par la direction de l’établissement de tourisme. Pour rappel, ce congédiement pour motif économique opéré par l’hôtel concerne 66 employés sur les 157 travailleurs que comptait l’entreprise. Tous étaient sous Contrat à durée indéterminée (CDI). Prenant la parole en premier, le directeur général de la société tunisienne «Granada», qui gère l’hôtel de l’Amitié, Karim Debbeche, a rappelé les conditions dans lesquelles son groupe a pris les commandes de l’entreprise. «Nous avons commencé officiellement nos activités au mois de mars 2020. Malheureusement, au bout de quelques semaines, est survenue la crise sanitaire de la Covid-19. Nous étions obligés d’y faire face. Il fallait envoyer certains employés en chômage technique. Et nous étions le dernier hôtel de la place à avoir procédé à la mise en chômage technique d’agents», a expliqué M. Debbeche. L’administrateur général a ajouté que cette décision imposée par la conjoncture a été prise « à contrecœur pour sauver l’entreprise et des emplois ». « Malheureusement, les représentants des travailleurs auprès de la direction n’ont pas collaboré », a-t-il regretté. «Nous avons adressé une liste de personnes licenciées aux délégués du personnel, avec des critères de licenciement tels que mentionné par l’article L48 du Code du travail, mais les délégués ont boycotté les réunions», a déploré le patron du groupe «Granada». « Lorsque la situation financière s’améliorera, le personnel licencié sera prioritaire lors du recrutement, cela conformément à la loi », a-t-il promis. Abondant le même sens, l’avocat de l’établissement hôtelier, Me Aliou Abdoulaye Touré, a insisté sur le fait que «le secteur de l’hôtellerie a été touché par la crise sanitaire ». « Malgré ce contexte difficile, l’hôtel Laïco Amitié a fait l’effort, en tentant de sauver ce qui peut l’être. Et c’est conformément à la réglementation en vigueur au Mali qu’il a été amené à faire de telle sorte que des employés soient mis en chômage temporaire», a défendu Me Touré. Selon lui, l’article 35 du Code du travail au Mali prévoit « la possibilité donnée à l’employeur, lorsqu’il traverse des moments difficiles, de procéder à la mise en chômage temporaire ». « A un moment donné de la crise, on était obligé de dépasser le stade du chômage technique pour aller véritablement au licenciement pour motif économique», a-t-il argumenté, ajoutant que son client a, scrupuleusement, respecté les procédures tout au long des deux procédures. Me Touré a déploré le comportement du personnel licencié qu’il accuse de proférer «des injures», sur des pancartes et des banderoles, à l’encontre de la direction de l’hôtel et à l’endroit des travailleurs dont les emplois ont été préservés. Tout en rappelant que l’hôtel est ouvert au dialogue, il a ajouté que « ces actes ne peuvent pas restés impunis dans un Etat de droit ». La conférence de presse a enregistré la présence du Président directeur général (PDG) de l’hôtel Laïco Amitié, Aldbea Imhamed. Babba B. COULIBALY

Filière anacarde : Les acteurs en conclave pour valider la Stratégie nationale de développement

Bamako, 16 sept (AMAP) Le ministère de l’Agriculture, à travers le Projet d’appui à la filière anacarde au Mali (PAFAM), a organisé, mardi, au Palais de la culture Amadou Hampâté Ba un atelier de validation de la Stratégie nationale de développement de la filière anacarde au Mali. La rencontre était présidée par le conseiller technique du ministère de l’Agriculture, Yacouba Koné, en présence de la coordinatrice nationale du projet PAFAM, Mme Baba Kongo, du président de l’Interprofession de la filière anacarde au Mali (IPROFAM), Dr Ibrahim Togola, des partenaires techniques et financiers et de nombreux acteurs de la filière anacarde. Cet atelier de deux jours, vise à consolider et valider les travaux réalisés dans le cadre de l’élaboration du document de la Stratégie nationale de développement de la filière anacarde, ainsi que le plan d’action pour sa mise en œuvre avec la contribution de tous les acteurs impliqués. Mme Baba Kongo a souligné que cet atelier est d’une importance capitale pour la filière, car il réunit « tous les intervenants de la filière pour faire le diagnostic et donner des axes stratégiques pour assurer le développement de la filière avec un plan d’action sur 5 ans ». Selon elle, le point fort est l’organisation des acteurs de la filière pour assurer la production et la productivité de l’anacarde afin d’apporter de la valeur ajoutée. Le PAFAM cofinancé par l’Union européenne (UE) et par l’Agence espagnole de coopération internationale au développement (AECID) à travers le «Fonds fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique» a pour mission de valoriser la filière cajou au niveau national. L’objectif principal du projet est de contribuer à la lutte contre la pauvreté, au développement durable et à la réduction de l’émigration au Mali par la mise en valeur de la filière anacarde. La filière anacarde est, aujourd’hui, parmi les plus porteuses au Mali. Les bassins de productions sont situés dans les Régions de Sikasso, Kayes, Koulikoro, Ségou. L’anacarde constitue une source importante de revenu pour une bonne partie de la population de ces zones de production et demeure l’une des principales cultures de rente au Mali. Introduite au Mali depuis les années 60, la culture de l’anacarde connait un essor de développement sans précédent grâce aux appuis des partenaires techniques et la politique de développement sectorielle du gouvernement pour diversifier les produits d’exportation, afin d’équilibrer la balance commerciale. Selon Yacouba Koné, le Mali produisait environ 50.000 tonnes de noix brutes et plus du triple en pomme, et cette production a évolué pour atteindre 87.455 tonnes de nos jours. Elle emploie une frange importante de main d’œuvre surtout en milieu rural et occupe une place importante dans les produits d’exportation. Nonobstant cette place de choix des produits de cajou dans le tissu économique du Mali, la filière reste confrontée à des difficultés telles que, le faible niveau d’opérationnalisation et de coordination entre les maillons de production, de transformation et de commercialisation, l’insuffisance des infrastructures et technologies de transformation à grande échelle. Depuis 2007, un processus de structuration de la filière anacarde au Mali a été engagé. Dans cette dynamique, le PAFAM a commandité, une étude pour l’élaboration de la stratégie nationale de développement de la filière anacarde au Mali. Cette étude a pour but de corriger les insuffisances, disposer d’une vision globale de promotion de la filière, définir les principes d’intervention clairs, fixer les objectifs stratégiques et déterminer les axes de travail et actions concrètes en vue de booster la filière anacarde au Mali. MS/MD (AMAP)