Gao : Les fruits et légumes frais sont rares et chers suite à l’embargo de la CEDEAO
Abdourhamane TOURE AMAP-Gao Gao, 3 sept (AMAP) La fermeture de la frontière entre le Mali-Niger, suite à l’embargo de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur notre pays, après le coup d’Etat du 18 août 2020, a affecté la ville de Gao dans son approvisionnement en fruits et légumes frais. Ces produits sont devenus rares ou coûtent très chers dans la Cité des Askia. Mme Traoré Ami est vendeuse des fruit et légumes frais au marché Damien Boiteux de Gao. Selon elle, l’embargo porte préjudice aux vendeuses de condiments. « Avec la fermeture de la frontière du Niger, nous manquons de produits. C’est à partir du Niger que nous (vendeuses de condiments) ravitaillons la ville de Gao en fruits et en légumes (oranges, banane, pomme de terre, igname et oignons) et même les œufs », dit Mme Traoré. « L’acheminement des marchandises du Niger vers Gao prend une journée. Tandis que les marchandises qui viennent de Sikasso (dans le Sud du Mali) et de Bamako, la capitale, peuvent faire une semaine voire deux, à cause de l’état de la route. Même si nos bénéfices sur les produits du Niger sont peu, nous les préférons à ceux de chez nous parce que leur acheminement est rapide », analyse Ami. Mme Traoré Bintou Maiga est, aussi, vendeuse de fruits et légumes que nous avons retrouvée devant son étal sans produits. Elle précise que depuis l’annonce de l’embargo, les marchandises en provenance du Niger n’arrivent plus, ajoutant qu’elle est restée sans activité, au point d’entamer ses économies. La présidente de l’Association des femmes vendeuses de fruits et légumes au marché Damien Boiteux de Gao, Mme Maiga Aminatou Samba, témoigne : « le premier jour de l’embargo a coïncidé avec l’embarquement de nos marchandises composées de fruits et de légumes, au Niger, en direction de Gao. Les marchandises sont restées longtemps à la frontière nigérienne dans les camions avant d’être transférées par pinasses à la frontière malienne ». Tous les produits ont pourri à cause du temps d’attente des camions à la frontière du Niger. Résultats ? Les clients ne trouvent plus de fruits ou de légumes frais de leur choix. Selon notre interlocutrice, un premier embargo handicapait déjà Gao : l’état désastreux des routes de ravitaillement par la Région de Sikasso auquel vient s’ajouter l’embargo de la CEDEAO. « Ce deuxième embargo imposé au Mali ne fragilise pas que notre pays. Il touche aussi les autres pays de la sous région et même l’Occident, parce que des commerçants maliens font la navette entre notre pays et les autres continents », dit Mme Maiga. Le technicien en industrie et mines à la retraite, Mahamane Maiga, pense, pour sa part, que l’embargo de l’organisation sous régionale a enfoncé notre pays sur tous les plans, en particulier sur celui du développement. Issoufa Maiga est chef de la voirie à la municipalité de Gao. Il soutient que la Région de Gao sent l’embargo parce que, selon lui, le prix du carburant a connu une augmentation, en même que le prix des denrées alimentaires et, aussi, à travers la réduction de la circulation des personnes vers le Niger. Le chauffeur Alassane Touré estime que la CEDEAO veut punir la population malienne et non les meneurs du coup d’Etat. Mme Touré Alfadilatou Maiga, agent du gouvernorat de Gao, précise que la ville de Gao ne consomme que des produits en provenance du Niger. Il s’agit de la volaille, de la patate douce, des légumes et des fruits. « Hier, je suis partie au marché à la recherche de poulets de chair. A ma grande surprise, aucun produit en provenance du Niger ne se trouve sur le marché de Gao. Et même si on en trouve, c’est cher. Par exemple, la pomme de terre de Niamey que j’ai l’habitude d’acheter à 500 Fcfa le kilogramme, coûte 1.250 Fcfa et le kilogramme d’oignons, qui se vendait à 200 Fcfa, est cédé à 900 Fcfa pour la même quantité », se plaint Mme Touré. Pour l’agent d’assurance, Harouna, tous les problèmes de la ville de Gao ont pour cause la fermeture de la frontière du Mali avec l’Algérie et le manque de routes avec le Sud du pays. « Sinon, on s’en moque de l’embargo de la CEDEAO ! » lance-t-il, par dépit. Selon lui, la Région de Sikasso peut ravitailler Gao en céréales, fruits, légumes, en grande quantité. L’Algérie peut en faire autant. « Si l’Etat malien règle le problème de la fermeture de la frontière algérienne, les populations de Gao et du Mali auront tous les produits moins chers », pense notre interlocuteur. Le 2ème adjoint au maire de la Commune urbaine de Gao pense que « l’embargo va faire très mal à la population de Gao parce que la ville ne vit que des produits qui viennent de l’extérieur et du Sud de notre pays » « Il n’y a pas de routes qui relient la Région de Gao au Sud. Donc, nos seuls points de ravitaillement en produits de première nécessité restent le Niger et l’Algérie », soutient-il. Pour lui, le Mali ne peut pas échapper aux sanctions de la CEDEAO parce que le Mali fait partie de cette organisation sous régionale, tout comme il est membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ou encore de l’Union africaine (UA) dont il a signé les Chartes qui condamnent les coups d’Etat. « Pour soulager les souffrances de nos populations, il faut écourter la transition’, tranche-t-il. AT/MD (AMAP)
Marché du poisson : Les temps sont durs pour les vendeurs
Par Makan SISSOKO Bamako, 2 sept (AMAP) Le marché des poissons au Mali a pris un coup dur depuis le début des crises sociale, économique et sanitaire qui secouent le pays. Cette morosité du marché est due en grande partie à la crise sanitaire qui affecte directement le panier de la ménagère. La montée des eaux de nos fleuves (Niger et Sénégal), due à la saison des pluies, ne semble rien arranger à la situation, car les poisons locaux se font désirer. Comme conséquence, les poissons importés des pays voisins comme le Sénégal, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire ont la côte sur nos marchés. Leurs prix restent stables (600 à 900 Fcfa le kilo). En dépit de cette disponibilité en quantité suffisante, les clients ne semblent pas se bousculer devant les étals, magasins et boutiques de vente en gros et de détail comme le confirment de nombreux vendeurs et revendeurs de poissons. Rencontrés dans différents marchés de la capitale, ils s’accordent tous à dire que cette mévente est liée à la situation économique difficile que traverse le pays. Le marché de Médina-coura, communément appelé «Sougouni coura», est l’un des plus fréquentés par les Bamakois. Ils viennent généralement s’approvisionner en légumes, fruits et surtout en poissons frais. Ces produits proviennent de l’intérieur du pays. Ils sont aussi importés des pays voisins comme le Sénégal, la Mauritanie, la Côte d’Ivoire, le Maroc et la Chine. Korotoumou Dienta est grossiste dans ce marché. Assise devant un conteneur rempli de poissons prêts pour la vente, la quadragénaire se plaint de la rareté des clients. Le marché des poissons n’est plus florissant depuis l’avènement de la Covid-19, argumente la commerçante. Pour qui, cette pandémie a freiné l’activité des vendeurs de poissons, mettant plusieurs d’entre eux en chômage technique. Les poissons pêchés dans nos fleuves sont de plus en plus rares sur le marché à cause de l’hivernage. Car, en cette période, explique la vendeuse Korotoumou, «nous assistons à la montée du niveau d’eau dans le fleuve grâce aux eaux de pluies». « Par contre, dit-elle, les poissons importés dominent le marché et les prix n’ont pas flambé cette année ». « Toutefois, les clients se plaignent de la conjoncture économique actuelle du pays », déplore Korotoumou Dienta. D’où la mévente. «Les revendeurs détaillants de poissons, qui viennent s’approvisionner auprès de nous, n’arrivent plus à écouler rapidement leur marchandise. Souvent, nous conservons les poissons dans les frigos pendant longtemps et cela est une énorme perte», explique Korotoumou. En ce qui concerne la faible affluence de la clientèle, la crise sanitaire a plombé les affaires, selon notre interlocutrice. « Le panier de la ménagère pèse de moins en moins lourd », ajoute-t-elle, tout en précisant que la bourse des ménages s’est effondrée. «Les autorités doivent penser à nous soutenir financièrement pour pouvoir relancer nos activités et sortir de cette impasse », plaide Korotoumou. En la matière, les statistiques suffisent pour constater la baisse drastique des recettes quotidiennes des vendeurs de poissons. «Je vends les poissons du fleuve et ceux de la mer. Autrefois, ma recette était entre 75.000 à 100.000 Fcfa par jour. Aujourd’hui, je ne dépasse pas 22.000 Fcfa par jour. Parfois, je ne gagne absolument rien», regrette Korotoumou Dienta. LONGUE CONSERVATION – Le marché du poisson est également menacé par l’insécurité permanente dans le pays, fait savoir la vendeuse. Elle se rappelle, à cet effet, de l’attaque d’un camion-remorque chargé de poissons, en provenance de Gao. Les poissons pêchés localement viennent notamment des régions du Nord et du Centre du Mali, en direction de la capitale pour y être écoulés à des prix exorbitants. « Des assaillants se sont emparés du véhicule et de son contenu. Ils restent encore introuvables », explique Korotoumou. Au marché aux poissons «Les Halles de Bamako» à Faladié en Commune VI du District de Bamako, Rokia Dao est marchande de poissons de mer. Elle confirme que le prix du poisson n’a pas augmenté, mais que le marché est morose. «Nos clients qui venaient acheter des poissons en gros, se plaignent actuellement de la pauvreté. Beaucoup d’entre eux confient être en chômage technique à cause de la crise sanitaire. Nous sommes obligés de conserver les poissons dans les congélateurs pendant plus de dix jours», détaille Rokia Dao, comme pour dire que les conséquences auraient pu être catastrophiques sans cette possibilité. Le marché aux poissons « était florissant avant l’apparition, en mars dernier, de la maladie à coronavirus dans notre pays », se rappelle Rokia. A l’en croire, la fermeture des frontières, imposée à cet effet par les états de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), suite au changement de régime, a entraîné une hausse du prix à l’importation des poissons. Les prix appliqués aux consommateurs varient entre 600 à 900 Fcfa le kilo pour les poissons de mer importés et 1.300 à 1.400 Fcfa pour les poissons d’eau douce. Rencontrée au marché de Kalaban coura, en Commune V, la ménagère Fatoumata Keïta informe que le prix du kilo du poisson importé a connu une légère hausse de 100 Fcfa en cette période de l’année. « Elle aime préparer les plats avec le poisson qui, argumente-t-elle, donne une saveur particulière à la sauce, surtout les poissons importés du Sénégal ». MS/MD (AMAP)
Marché de la cola : Des soucis d’approvisionnement
Par Amadou GUÉGUÉRÉ & Babba B. COULIBALY Bamako, 01 sept (AMAP) Depuis quelques jours, le prix de la noix de cola a grimpé dans un contexte marqué par l’embargo imposé au Mali par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), suite à la démission de l’ancien président Ibrahim Boubacar Kéita. A ce propos, les avis et analyses des vendeurs de ce fruit aux vertus multiples, rencontrés lundi, à Bamako, divergent selon les différents espaces de vente. A «Worokourou» (marche de colas), au Grand marché, le président des vendeurs de cola estime que la pénurie, ces derniers temps, s’explique par deux raisons. «La première raison est la faible production au niveau des pays d’approvisionnement. La seconde s’explique par l’embargo. Ils ont dit que les frontières sont fermées, les fournisseurs ont eu peur d’envoyer la marchandise. Après, ils ont appris que les produits alimentaires ne font pas partie des produits soumis à la sanction», détaille Mamadou Traoré qui ajoute que cette difficulté a eu peu d’impact sur le prix de la noix cola. Les tarifs varient en fonction de la qualité et de la disponibilité. «Nous avons beaucoup de types de cola. Aujourd’hui, le prix du panier varie entre 52.500 et 55.750 Fcfa, selon la qualité. Souvent cédée à 42.500 Fcfa, la même quantité peut valoir 100.000 Fcfa», explique le patron des vendeurs de cola de «Worokuru». «Hamdallaye Worokuru», est l’un des plus grands marchés de vente de noix de cola à Bamako. Ici, les marchands de cola, comme ceux des autres marchés, s’approvisionnent à partir de la Côte d’Ivoire et de la Guinée. Président des vendeurs de cola au niveau de ce marché, Bourama Sangaré reconnaît que le marché de cola est peu attrayant depuis quelques mois, précisant que les prix n’ont pas changé. « La noix de cola est accessible s’il est abondant sur le marché, surtout en période de récolte. Passée cette période, les prix grimpent à cause de la réduction de la production », estime le vendeur. «Actuellement, l’importation de la cola se fait comme d’habitude. L’embargo n’a apporté aucun changement négatif sur le marché de cola», insiste le septuagénaire. Qui estime que nos dirigeants doivent faciliter le dédouanement. Surtout au niveau de Zégoua où les marchandises trainent, selon lui, à cause du scanning. Pour Massiri Keita, vendeur de cola au même marché, le fruit est disponible en abondance. «Nous avons accueilli deux véhicules chargés de noix de colas, il y a deux à trois jours. Quand le produit manque, les prix augmentent. Mais la différence de tarif excède rarement 2.500 Fcfa. Depuis l’arrivée des commandes, les prix sont revenus à la normale et commencent à partir de 50.000 Fcfa le panier», précise-t-il. Pénurie ou pas, la noix de cola est utilisée en bien de circonstances au Mali. Toutefois, traditionnalistes et religieux sont unanimes que son usage en ces occasions n’est pas obligatoire. «La cola a toujours existé dans tous ce que nos parents font : démarches de mariage, baptêmes et décès, etc», rappelle le vice-président du Réseau des communicateurs traditionnels du Mali (RECOTRAD). Pour Amadou Dagamaïssa, la rareté et la cherté ces dernières années de ce produit symbolique a amené les gens à utiliser les dattes et les bonbons lors des cérémonies de mariages, baptême ou de décès. «S’il y a une crise de cola, on peut utiliser les dattes. Pour la bonne compréhension, il appartient aux communicateurs traditionnels (les intermédiaires) d’expliquer que ce changement est dû à l’embargo que le pays subit ou autre», propose le griot. Qui précise que la noix de cola est symbolique, mais pas obligatoire dans la célébration de mariage ou de baptême. Selon l’imam Seydi Malick Diallo de la mosquée de Garantiguibougou 300 logements, la noix de cola fait partie de nos traditions non interdite par la religion musulmane. En cas de rupture, on peut utiliser des dattes ou des bonbons, comme cela est, d’ailleurs, de plus en plus fréquent lors de nos cérémonies de mariage et de baptême, estime le religieux. AG/BC/MD (AMAP)
Office du Niger : Évaluation de la campagne agricole
Par Mamadou SY AMAP-Ségou Ségou, 31 août (AMAP) Les objectifs de la campagne 2020-2021, issus du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, sont de 896.935 tonnes de riz paddy, 392.423 tonnes de produits maraîchers et 81.796 tonnes de produits de diversification, a appris l’AMAP, lors de la 3è session ordinaire du Comité de suivi du contrat-plan, tenue, vendredi, à Ségou (Centre) Au cours de cette session, les membres du comité de suivi du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, ont examiné et adopté le procès-verbal de la 2è session, fait le point d’exécution des recommandations issues de la précédente session et les réalisations faites par les parties durant le 1er semestre 2020, à travers l’examen du rapport de suivi de l’exécution des engagements du contrat-plan 2019-2020. A l’ouverture des travaux, le président directeur général de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, a rappelé que la campagne agricole 2019-2020 s’est déroulée dans des conditions satisfaisantes quant à la fourniture de l’eau aux exploitants agricoles, pendant la saison d’hivernage. « Cependant, a-t-il poursuivi, force est de noter que certaines difficultés majeures ont été rencontrées dans le déroulement normal de ladite campagne ». Abdel Karim Konaté a, entre autres, cité l’insécurité persistante dans les zones d’intervention occasionnant l’arrêt momentané des chantiers, la non mise à disposition des engrais subventionnés, le sous-équipement et l’insuffisance de la main d’œuvre engendrant un léger retard dans la mise en valeur, l’envahissement de certains réseaux par les végétaux flottants et les actes de vandalisme sur les réseaux d’irrigation par certains exploitants. « Malgré toutes ces difficultés, la production végétale de cette campagne affiche des résultats positifs », a assuré le PDG de l’Office du Niger. « En riziculture, a-t-il indiqué, sur une prévision de 873.773, 73 tonnes de riz paddy, 808.102, 49 tonnes ont été obtenues, soit une réalisation de 92, 48% des prévisions de la campagne ». En maraîchage, pour toutes spéculations confondues, 325.386 tonnes ont été produites et 72.854 tonnes en diversification de cultures, pour toutes spéculations confondues. S’exprimant sur la campagne agricole 2020-2021, M. Konaté a indiqué qu’elle a démarré dans un contexte marqué par une intensification des travaux d’entretien permettant ainsi une fourniture correcte de l’eau d’irrigation aux exploitants agricoles. Il a souligné la pertinence de la mise en œuvre de ce contrat-plan quinquennal qui va permettre de renforcer la contribution de l’Office du Niger à l’atteinte de la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté par une croissance économique accrue. Le PDG de l’Office du Niger a, également, précisé que l’atteinte des différents objectifs assignés dans le contrat-plan 2019-2023 dépendra de l’engagement des différents parties signataires dans sa mise en œuvre, la réalisation des aménagements et les réhabilitations prévues, la facilité d’accès aux exploitants agricoles aux moyens de production. S’y ajoutent le respect du calendrier agricole et l’application des techniques améliorées de production. Pour le président du comité de suivi du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, , Joël Togo, conseiller technique au ministère de l’Économie et des Finances, les sessions constituent des moments privilégiés d’échanges entre les parties pour évaluer le niveau de mise en œuvre des engagements pris en faveur du développement de la zone Office du Niger. «A la lecture du dossier soumis à notre appréciation, nous avons noté que le semestre évalué a été essentiellement marqué par les faits suivants : la mobilisation de la dotation budgétaire de l’État a été de 1, 976 milliard de Fcfa sur un montant de 4,750 milliards de Fcfa, soit un taux de 41, 60%. Au 30 juin 2020, le montant recouvré était de 6.441.597.876 de Fcfa, soit un taux de 92,19%. En prenant les paiements des sociétés sucrières, le montant global recouvré a été de 6.672.585.876 Fcfa», a détaillé M. Joël Togo. Pour ce qui est de la réhabilitation, il a indiqué que les procédures de passation du marché des travaux sont en cours, Ce qui conduira à la réhabilitation de 700 ha dans la zone de Kolongo. Le conseiller technique du ministère de l’Economie et des Finances a souligné que les travaux de cadastrage des parcelles aménagées sont en cours sur 3.900 ha de Molodo Nord. «Pour l’immatriculation des terres, le processus est en cours pour le choix d’un prestataire pour la réalisation des travaux d’immatriculation de 18.907 ha dans le système du Macina, 21.000 ha dans le système du Kareri et 6.438 ha dans le système du Kala supérieur soit un total de 46.345 ha», a annoncé le président du comité, avant d’adresser ses vifs remerciements à tous les acteurs qui œuvrent pour le développement harmonieux de la zone Office du Niger. MS/MD (AMAP)
Banque africaine de développement : Dr Akinwumi A. Adesina réélu président
Bamako, 28 août (AMAP) Le président sortant, Dr Akinwumi A. Adesina, a été réélu, jeudi, par le Conseil des gouverneurs pour un second mandat de cinq ans à la présidence du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). L’élection a eu lieu au dernier jour des 55è Assemblées annuelles du Groupe de la Banque, tenues par visioconférence, pour la première fois, depuis la création de l’institution en 1964. Economiste du développement de renommée mondiale et lauréat du Prix mondial de l’alimentation et du Prix SunHak pour la paix, Dr Adesina s’est distingué en menant un programme audacieux visant à réformer la BAD et à accélérer le développement de l’Afrique. Il a été élu, pour la première fois, à la présidence de la Banque, le 28 mai 2015. Le résultat de la réélection, qui lui a permis d’obtenir 100% des votes de tous les membres régionaux et non régionaux de la Banque, a été annoncé par la présidente du Conseil des gouverneurs de la Banque, Mme Nialé Kaba, ministre du Plan et du Développement de Côte d’Ivoire. La première institution de financement du développement en Afrique compte 54 pays membres régionaux et 27 pays membres non régionaux. Une unanimité réaffirmée qui n’a pas laissé le nouveau président indifférent. «Je suis profondément reconnaissant pour la confiance collective placée en moi, la confiance et le soutien fermes de nos actionnaires qui m’ont élu pour un second mandat à la présidence de la Banque. Il s’agit là d’un nouvel appel à un service désintéressé pour l’Afrique et la Banque africaine de développement, auquel je me consacrerai avec passion», a déclaré Dr Adesina. Il compte, pour la construction «d’une Afrique plus développée et un Groupe de la Banque africaine de développement beaucoup plus fort et plus résistant, s’appuyer «sur les solides bases du succès enregistré au cours des cinq dernières années, tout en renforçant davantage l’institution, pour une plus grande efficacité et un plus grand impact». Une réussite quinquennale qu’il doit à ses cinq priorités de développement connues sous l’appellation « High 5 » : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des populations africaines. Au cours de son premier mandat, la Banque a obtenu des résultats qui ont amélioré la vie de 335 millions d’Africains. Ainsi 18 millions de personnes ont eu accès à l’électricité, 141 millions de personnes ont bénéficié de technologies agricoles améliorées au titre de la sécurité alimentaire, 15 millions de personnes ont eu accès à des financements provenant d’investissements privés, 101 millions de personnes ont bénéficié de transports améliorés et 60 millions de personnes ont eu accès à l’eau et à l’assainissement. La BAD a également conservé, sous son règne, sa note AAA attribuée par toutes les grandes agences mondiales de notation pendant cinq années consécutives. Le Conseil des gouverneurs du Groupe de la Banque a approuvé une augmentation de 125% du capital général de la Banque. Le faisant passer de 93 milliards de dollars (plus de 51.150 milliards de Fcfa) à 208 milliards de dollars (environ 114.400 milliards de Fcfa), soit l’augmentation la plus importante jamais enregistrée dans l’histoire de la Banque. Sous son leadership, le Fonds africain de développement (FAD) a reçu des annonces de contribution d’un montant de 7,6 milliards de dollars (plus de 4.180 milliards de Fcfa) de la part des donateurs, soit une hausse de 32 %, pour soutenir les pays à faible revenu et les États fragiles. La Banque a été classée quatrième institution la plus transparente au monde par Publiez ce que vous financez. Une certification qui renforce ses solides références en matière de gouvernance, de transparence et de responsabilité. Sous la direction du président Adesina, le Conseil d’administration de la BAD a approuvé une facilité de 10 milliards de dollars (5.500 milliards de Fcfa) pour aider les pays africains à faire face à la pandémie de Covid-19. La Banque a également procédé au lancement sur les marchés mondiaux des capitaux d’un emprunt obligataire social Covid-19 de 3 milliards de dollars (environ 1.650 milliards de Fcfa). Cet emprunt obligataire social libellé en dollars américains et coté à la Bourse de Londres, à la Bourse de Luxembourg et au Nasdaq, est le plus élevé jamais lancé dans le monde. CMT/MD (AMAP)
Embargo de la CEDEAO sur le Mali : Quels impacts sur l’économie ?
Par Cheick M. TRAORE Bamako, 25 août (AMAP) La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé, mardi 18 août, de la fermeture de toutes les frontières terrestres, aériennes et maritimes de ses pays membres avec le Mali. L’organisation sous régionale a, également, suspendu toutes les relations économiques, financières et commerciales avec le Mali. Cela, pour exiger la libération immédiate de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta et de son Premier ministre et le retour à l’ordre constitutionnel. En application de cette décision, le gouvernement ivoirien a instruit la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec le Mali, à compter du mardi 18 août, jusqu’à nouvel ordre. Ces décisions des autorités ivoiriennes ne sont pas sans conséquences sur notre économie et nos populations qui souffrent le martyre à cause des crises qui nous accablent. «Si l’embargo de la CEDEAO perdurait, amplifié par d’éventuelles sanctions de la communauté internationale, ce sera dramatique pour un pays enclavé comme le Mali», prévient l’économiste et spécialiste en analyse stratégique, Cheickna Bounajim Cissé. Pour cause, 90% des produits manufacturés qui sont consommés au Mali sont importés, argumente l’économiste. En la matière, le corridor ivoirien est stratégique puisque prépondérant. La Côte d’Ivoire représente près de 40% du PIB de l’UEMOA, ajoute le conseiller du directeur général de la Banque internationale pour le Mali (BIM SA). ALLEGEMENT DES MESURES –« Les conséquences induites par la suspension des flux financiers pourraient être catastrophiques pour une économie malienne faible et extravertie », analyse l’expert. Pour lui, le système financier local risque de prendre un grand coup qui pourrait lui être «très préjudiciable». Aussi, les transferts des Maliens de l’extérieur vers leur pays pourront ralentir considérablement même si, de façon transitoire, le «marché noir» pourrait prendre le relais avec tous les risques y afférents, selon notre interlocuteur. Pour lui, la question essentielle est de savoir combien de temps notre pays pourrait tenir l’embargo. «Et même après sa levée, les plaies économiques et financières mettront du temps à cicatriser. On a vu après les événements de 2012, l’économie malienne est tombée en récession et huit ans après elle n’avait toujours pas redémarré», rappelle Cheickna Bounajim Cissé. Heureusement, le sommet des chefs d’Etat, par visioconférence, jeudi dernidr, a soustrait du champ de l’embargo les denrées de première nécessité, le carburant, l’électricité, les médicaments. Des produits dont la pénurie impacterait directement la vie des populations. En plaidant pour l’allègement des mesures de sanction pour cause «humanitaire», le président sénégalais, Macky Sall, semble avoir pris la mesure des enjeux socioéconomiques et commerciaux pour son pays et pour les autres Etats membres de la CEDEAO frontaliers du Mali. Surtout dans un contexte marqué par la crise sanitaire qui a déjà plombé nos économies. 45% DES EXPORTATIONS– Le journal sénégalais, ‘Le Soleil’, souligne en effet que le Mali est, de part sa position stratégique, incontournable «dans l’expédition des marchandises sénégalaises au sein de l’espace de l’Uemoa». Les exportations du Sénégal vers l’Union sont estimées à 38,6 milliards de Fcfa au mois de juin 2020, contre 30,9 milliards de Fcfa au mois de mai, soit une hausse de 7,7 milliards, selon la dernière note de conjoncture de la Direction sénégalaise de la prévision et des études économiques. Elles ont représenté 24,7 % de la valeur totale des exportations de marchandises du Sénégal durant le mois de juin 2020. «La part des produits acheminés vers le Mali, principale destination des exportations du Sénégal dans l’Union, est passée de 48,0% à 45,7% sur la période», soulignent nos confrères. Qui ajoutent que le ciment reste le principal produit exporté vers le Mali avec une part évaluée à 28,6% en juin 2020, contre 29,1% le mois précédent. A analyser de très près, l’impact est presque similaire sur la Côte d’Ivoire, également partenaire de premier plan du Mali en matière d’échange économique et commercial. Le port d’Abidjan tente, sans succès, de recouvrer sa place de premier associé des opérateurs économiques. Place qu’il a perdue au profit de celui de Dakar, suite à la crise ivoirienne. Donc, ces mesures gripperont toute la chaîne de fourniture, de commerce et d’industrie du corridor Abidjan-Bamako. En conséquence, le prix du kg de la viande risque de prendre l’ascenseur dans nos pays voisins. Le Mali étant leur principal fournisseur en bétail. Le Syndicat des vendeurs de bétail a demandé à ses militants de respecter scrupuleusement la décision relative à la fermeture des frontières. Les sanctions économiques annoncées par l’organisation intergouvernementale sont donc à double tranchant. Elles affecteront aussi nos voisins avec les liens commerciaux sont très étroits SONNETTE D’ALARME– D’autres analyses estiment que l’impact serait dérisoire pour le Mali. Par contre, en fermant ses frontières, la CEDEAO fait du mal à ses Etats membres qui partagent des frontières avec notre pays, précisent ces experts. Pour ceux-ci, le Mali est déjà immunisé contre les embargos. Cela, grâce de sa situation géographique stratégique et l’adaptation progressive de son économie à ces situations exceptionnelles. Ils citent en exemple le fait que toutes les marchandises qui viennent de la Chine, du Golf, passent par le Mali pour approvisionner ces pays. Les opérateurs économiques maliens ont privilégié, dans leurs relations économiques et commerciales, la Chine, les pays du Golf, l’Inde, le Pakistan, etc. Notre pays peut, à les en croire, se faire facilement ravitailler par ces pays à partir de l’Algérie, frontalière du Maroc, de la Tunisie et de la Libye… Un constat aussi évident que des villages situés le long de la frontière entre le Mali et le Niger ont déjà commencé à tirer la sonnette d’alarme. Pour cause de pénurie de denrées de premières nécessités fournies à eux par le Mali. Qu’à cela ne tiennent ! Les nouvelles autorités qui mesurent certainement la gravité de la situation, prendront sûrement les contacts utiles pour demander à l’organisation intergouvernementale de desserrer rapidement l’étau des sanctions pour le bien de toute la communauté ouest-africaine. Les dernières discussions entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et la mission de la CEDEAO vont dans le bon sens, assurent les deux parties. CMT/MD
Embargo de la Cedeao sur le Mali : Quels impacts sur l’économie ?
Par Cheick M. TRAORE Bamako, 21 août (AMAP) La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a décidé, mardi 18 août, de la fermeture de toutes les frontières terrestres, aériennes et maritimes de ses pays membres avec le Mali. L’organisation sous régionale a, également, suspendu toutes les relations économiques, financières et commerciales avec notre pays. Cela, pour exiger la libération immédiate et le rétablissement de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta arrêté, avec son Premier ministre, Dr Boubou Cissé, et le retour à un ordre constitutionnel. En application de cette décision, le gouvernement ivoirien a instruit la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec le Mali, à compter du mardi 18 août, jusqu’à nouvel ordre. Le ministre ivoirien de l’Économie et des Finances a, dans un communiqué diffusé sur le site internet de son département, instruit : «toutes les administrations financières publiques sur le territoire national ; toutes les banques et tous les établissements financiers sur le territoire national ; toutes les sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) et les sociétés de gestion d’organisme de placement collectif en valeur mobilière (SGO) sur le territoire national, de suspendre toute relation économique et financière, tout flux financier, en direction du territoire malien jusqu’à nouvel ordre». Ces décisions prises par les autorités ivoiriennes ne sont pas sans conséquences sur notre économie et nos populations qui souffrent le martyre à cause des crises qui nous accablent. «Si l’embargo de la Cedeao perdurait, amplifié par d’éventuelles sanctions de la communauté internationale, ce sera dramatique pour un pays enclavé comme le Mali», prévient l’économiste et spécialiste en analyse stratégique, Cheickna Bounajim Cissé. Pour cause, 90% des produits manufacturés qui sont consommés au Mali sont importés, argumente-t-il. En la matière, le corridor ivoirien est stratégique puisque prépondérant. La Côte d’Ivoire représente près de 40% du PIB de l’Uemoa, ajoute le conseiller du directeur général de la Banque internationale pour le Mali (BIM SA). Les conséquences induites par la suspension des flux financiers pourraient être catastrophiques pour une économie malienne faible et extravertie, analyse l’expert. Pour lui, le système financier local risque d’en prendre un grand coup qui pourrait lui être «très préjudiciable». « Aussi, les transferts des Maliens de l’extérieur vers leur pays d’origine pourront ralentir considérablement même si, de façon transitoire, le «marché noir» pourrait prendre le relais avec tous les risques y afférents », poursuit notre interlocuteur. Pour lui, la question essentielle est de savoir combien de temps notre pays pourrait tenir l’embargo. «Et même après sa levée, les plaies économiques et financières mettront du temps à cicatriser. On a vu qu’après les événements de 2012, l’économie malienne est tombée en récession et « huit ans après, elle n’avait toujours pas redémarré», rappelle Cheickna Bounajim Cissé. Notre interlocuteur ajoute que le citoyen malien va ressentir les premiers effets de l’embargo à partir d’un produit stratégique : le carburant. Cela pour deux raisons simples. La première est que nos capacités de stockage sont très limitées voire insignifiantes et le réseau de distribution des stations a été touché par les dernières manifestations, argumente l’économiste. La deuxième raison est, selon lui, liée à la fourniture de l’électricité aux entreprises et aux ménages. Les nouvelles autorités qui mesurent certainement la gravité de la situation, prendront sûrement les contacts utiles pour demander à l’organisation intergouvernementale de desserrer l’étau des sanctions. CMT/MD (AMAP)
La Cedeao met la pression sur le Mali
Bamako, 20 août (AMAP) La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), a décidé, jeudi, en plus des sanctions économiques contre le Mali, de mettre en œuvre des mesures contre les auteurs du putsch intervenu, mardi, à Bamako, ainsi que leurs partenaires et collaborateurs. Lors d’un sommet extraordinaire, par visioconférence, des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation sous régionale sur la situation politique au Mali, le président nigérien, président en exercice de la Cedeao, Issoufou Mahamadou, a déclaré que ce sommet se tenait, de toute urgence, sur le Mali qui vient de connaître un nouveau développement avec la prise du pouvoir, mardi, par une junte militaire. « Cette situation intervient dans un contexte sécuritaire difficile pour la région, et surtout en dépit des efforts diplomatiques intenses déployés par la Cedeao en vue de surmonter la crise politique que traverse actuellement le Mali », a poursuivi le chef de l’Etat du Niger, dans son discours d’ouverture. A ce propos, il a rappelé les différentes missions de médiation dans la crise malienne, menées par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan. Tout comme le sommet extraordinaire du 27 juillet à l’issue de laquelle les chefs d’Etat ont adopté des mesures de sortie de crise comme la recomposition de la Cour constitutionnelle, la démission des 31 députés contestés, la reprise partielle des élections législatives et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Pour Issoufou Mahamadou, le renversement du président Keïta par les militaires n’est pas sans conséquences pour la sous région. «Nous avons devant nous une situation grave dont les conséquences sécuritaires sur notre région et sur le Mali sont évidentes. Cette situation nous interpelle. Elle nous montre le chemin qui reste à parcourir pour la mise en place d’institutions démocratiques fortes dans notre espace», a-t-il relevé, tout en rappelant que le coup d’Etat de 2012 contre le président Amadou Toumani Touré avait permis aux organisations terroristes et criminelles d’occuper, pendant plusieurs semaines, les 2/3 du territoire malien. Le président du Niger a rappelé que la Cedeao a condamné avec la plus grande fermeté le renversement par des militaires putschistes du président Keïta et exigé sa libération immédiate et celle de tous les officiels arrêtés. Il a, aussi, rappelé que le Mali est suspendu de tous les organes de décision de la Cedeao avec effet immédiat, conformément au protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance et ce, jusqu’au rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel. Tout comme, la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les pays membres de la Cedeao et le Mali. La Cedeao a également invité tous les partenaires à faire de même. Le sommet a engagé la Commission de la Cedeao à mettre en œuvre « immédiatement » un ensemble de sanctions contre les auteurs du putsch et leurs partenaires et collaborateurs. Par ailleurs, Issoufou Mahamadou a annoncé qu’une délégation de haut niveau sera dépêchée dans notre pays pour assurer le retour immédiat de l’ordre constitutionnel. Quant au Président Macky Sall, cité par la page Facebook de la République du Sénégal, il a condamné le coup d’état au Mali. Plaidant ela cause du Mali, il a appelé la Cedeao « à réapprécier les sanctions annoncées pour tenir compte des impératifs humanitaires ». Dans cette perspective, les denrées de première nécessité, les produits pétroliers et les produits pharmaceutiques ne devraient pas être concernés par l’embargo, selon la même source. Cet amendement a été accepté pour être intégré dans la déclaration finale. Intervenant au sommet extraordinaire en visioconférence, le chef de l’état sénégalais a, également, prôné la même lucidité concernant le recours à la force qui nécessiterait un mandat de l’ONU. « Accompagner le Mali par le dialogue pour un retour à l’ordre constitutionnel », telle est la position du Président Macky Sall. Le sommet extraordinaire a examiné ces différentes mesures dans la perspective d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel, conformément au protocole additionnel sur la bonne gouvernance et la démocratie dans l’espace Cedeao. MK/MD (AMAP)
Sikasso : Une campagne agricole prometteuse pour 2020 (Les techniciens)
Par Fousseyni DIABATE Sikasso, 13 août (AMAP)Dans la région de Sikasso (Sud), la campagne agricole 2020 s’est installée, progressivement, à la faveur des activités pluviaux-orageuses sur l’étendue de la 3e Région, même si elle a connu des perturbations ayant occasionné des semis tardifs du mil, sorgho, des tubercules, de l’arachide, du gingembre, du sésame et de certaines cultures maraîchères. Le directeur régional de l’Agriculture de Sikasso, Mory Sylla, et son personnel, estiment que la campagne agricole 2020 démarre dans des conditions climatiques assez favorables avec l’installation régulière des pluies de fin mai à la première décade du mois d’août. « Si cette condition pluviométrique se poursuit normalement », les techniciens de Sikasso sont optimistes quant à la réussite de la campagne agricole 2020. Les opérations d’entretien en cours sont entre autres la fertilisation minérale, le désherbage manuel et chimique et le contrôle des déprédateurs sur les cultures. « Concernant les activités pluvieuses pendant la décade du 1er au 10 août, nous confie Mr Moussa Dembélé, le chef de bureau statistique suivi et évaluation de la direction régionale de l’agriculture, il a été constaté qu’à cette date, les pluviométries cumulées dans certains chefs-lieux de Cercles de la Région sont supérieures à celles de la campagne écoulée ». Ainsi à Sikasso avec 636,7 mm contre 422,6 mm d’eau et Yorosso avec 460 mm contre 340 mm l’année dernière. Par contre les pluviométries cumulées sont inférieures à celle de la campagne écoulée à Kadiolo, avec 577 mm contre 618 mm et à Koutiala 430 mm contre 452 mm. Concernant l’évolution des emblavures en céréales sèches, les réalisations sont inférieures à celles de l’année dernière, à la même période, soient 1.003.682 ha contre 1.323.872 ha pendant la campagne écoulée. Les réalisations de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) en céréales sèches, à la date du 31 juillet, sont de 512.766 ha. Selon les responsables de la direction de l’agriculture, l’augmentation des réalisations de fonio a été constatée mais se justifie par l’appui de certains partenaires sur cette filière. L’évolution des emblavures en riz est satisfaisante selon les techniciens. Les réalisations en riz, en cette période, sont supérieures à celles de la campagne écoulée, soient 99.352 ha contre 59 154 ha à cause de la régularité et l’abondance des pluies, en début juin, sur l’étendue de la région. Quant à l’évolution des emblavures de coton, elles sont nettement inférieures à celles de l’année dernière avec un taux de réalisation de 28,65 % contre 99,09 % pendant la campagne écoulée. Le recensement des producteurs devant bénéficier par structures et par culture d’engrais subventionnés est terminé. Mais les activités de délivrance des bons pour les intrants agricoles subventionnés de cette campagne ont démarré avec un grand retard dû à la réticence des fournisseurs dans la livraison des engrais. « Ils exigent que le passif soit épongé », selon le responsable du suivi évaluation. Les cultures sont au stade de levée-montaison pour le mil, sorgho et maïs ; tallage-montaison pour le riz pluvial et le riz de bas-fond ainsi que le riz de submersion contrôlée. L’arachide et le niébé sont au stade de ramification- floraison. Selon le service de la protection des végétaux, la situation phytosanitaire est faiblement dominée par les infestations des cultures de maïs par la Chenille légionnaire d’automne (CLA). Au total 655 ha ont été prospectés par les services techniques sur lesquels les infestations ont concernés 266 ha et 96 ha ont été traités avec les méthodes alternatives de lutte et aux pesticides RAPAX. FD/MD (AMAP)
Cercle de Kadiolo : Point de la situation de l’hivernage et des cultures
Par Nabilaye Issa OUATTARA Kadiolo, 11 août (AMAP) La saison hivernale s’est installée, depuis le mois de mai, dans le cercle de Kadiolo qui se situe à l’extrémité Sud du Mali, dans la zone climatique soudanienne (climat tropical humide), a constaté l’AMAP. Cette année, la pluviométrie enregistrée de mai à nos jours (476 mm en 26 jours), est supérieure à la moyenne inter annuelle (341,2 mm). L’année dernière, à la même période, il est tombé 485 mm en 25 jours. Cette année, c’est donc une légère baisse pour la même période. Le Cercle de Kadiolo est une zone qui produit beaucoup de céréales, de tubercules. Quant au coton, la principale culture de spéculation de la zone, il a été largement impacté par la crise de la subvention de l’engrais. Lors de la campagne agricole passée (2019), le Cercle de Kadiolo a semé 23.600 ha de coton. Mais avec la crise, cette année il n’y a que 17.710 ha plantés, soit un manque de 5.890 ha. Dans plusieurs villages, les champs de coton sont à la fruitaison, les deuxièmes traitements insecticide sont terminés. La production de coton fibre attendue va largement diminuer, cette année, dans le Cercle de Kadiolo. L’engrais constitue aujourd’hui le problème majeur auquel les producteurs de Kadiolo sont confrontés en ce moment. Le système de distribution des engrais par voie électronique s’est introduit cette année. Au niveau du cercle de Kadiolo, le recensement a eu lieu en juillet passé. Pour le moment, il n’y a pas de mise en place. L’opération n’a pas débuté. Ce faisant, les producteurs ont été contraints de se rabattre sur les marchés locaux où le prix du sac varie actuellement de 15.000 à 16000 Fcfa . Suite à la contrebande, les marchés sont inondés d’engrais venant de pays voisins. L’achat d’engrais à un prix non subventionné empêchera de nombreux producteurs de bien enrichir les champs, notamment de maïs qui sont, aujourd’hui, à différents stades de croissance. Tandis que certains sont en phase d’épiaison, d’autres attendent encore le complexe. La chenille légionnaire est apparue dans certaines localités faisant courir des risques à la production céréalière. Malgré l’augmentation des surfaces emblavées en céréales, le cercle de Kadiolo ne sera pas à l’abri d’une pénurie alimentaire l’année prochaine. Les producteurs pourront être contraints de brader le peu de récoltes dont ils disposeront pour faire face à leurs besoins financiers. Le boycott du coton a poussé beaucoup à la culture des céréales. La crise cotonnière a poussé de nombreux paysans de Kadiolo à semer l’arachide et le Niébé qui ne demandent pas d’engrais mais ont un prix rémunérateur sur le marché (plus de 500 Fcfa le kilo). Malheureusement, les champs n’ont pas bénéficié de l’engrais nécessaire. De nombreux paysans sont en colère contre les autorités qui, “tous les ans, traînent les pieds pour mettre en place l’engrais subventionné au moment opportune”. L’engrais subventionné arrivera à un moment où le paysan n’est plus dans le besoin et les commerçants vont enlever tout le stock auprès d’agents de l’État. “Voici la triste réalité qui blesse et doit interpeller la conscience de tous les décideurs. Pourquoi attendre août pour mettre en place de l’engrais ?”, s’interroge un paysan qui se dit écoeuré. Pour lui, en refusant de subventionner l’engrais, “l’État malien se verra contraint de subventionner les céréales, s’il veut éviter une pénurie alimentaire pour tout le pays”. NIO/MD (AMAP)

