Le Vérificateur général décèle un trou de 830,4 millions de Fcfa à l’OPAM
Bamako, 1er oct (AMAP) Une mission d’inspection du Bureau du vérificateur général (BVG) a permis de déceler des irrégularités financières à l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) d’un montant total s’élevant à 830,4 millions de Fcfa. Les documents ont été transmis par le Vérificateur général au président de la Section des Comptes de la Cour suprême et au procureur de la République près le Tribunal de Grande instance de la Commune III du District de Bamako, chargé du Pôle économique et financier. Les investigations ont concerné l’examen des dépenses de fonctionnement, d’investissement et des achats de céréales ainsi que les recettes de location de magasins, de ventes de sacs vides, de ventes de céréales et des dépôts à terme au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019, au 31 août. Les dossiers se rapportent, de façon détaillée, à la non application des procédures de recouvrement des frais de location des magasins pour un montant de 60,9 millions de Fcfa. L’OPAM a livré des sacs non conformes pour un montant de 8,5 millions de Fcfa, selon le rapport d’inspection. Le Vérificateur général a dénoncé, aussi, la non application des pénalités de retard sur des contrats pour un montant de 26,2 millions de Fcfa. Il a attiré l’attention de la justice sur le non reversement des recettes issues de la vente du Stock national de sécurité pour un montant de 734,7 millions de Fcfa. L’OPAM a été créé en 1965 par une loi abrogée et remplacée par une autre du 20 mars 1982. Une dernière loi, du 26 décembre 1988, a aussi modifié l’article 2 de la loi du 20 mars 1982. Ainsi, après ces réformes institutionnelles et organisationnelles, l’OPAM a comme missions principales de : constituer, gérer et conserver un Stock national de sécurité permettant d’intervenir, en cas de besoins, sur toute l’étendue du territoire national ; assurer l’approvisionnement des zones déficitaires sur la base d’un plan national de ravitaillement ; gérer et distribuer les aides alimentaires en céréales dans le cadre des conventions conclues avec les partenaires. Le Mali est confronté, depuis quelques années, à une grave crise sécuritaire qui continue d’affecter les zones de production céréalières, exposant davantage les populations à une insécurité alimentaire, souvent sévère. Selon les résultats de l’Enquête nationale sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (ENSAN) de septembre 2018, quelque 19,1% des ménages sont exposés à l’insécurité alimentaire en 2017 dont 2,6% de cas sévère. L’Etat malien dépense, pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, plus de 154 milliards de Fcfa par an. Ce montant inclut les subventions apportées à la campagne agricole, l’importation de riz, de lait et de poissons, les débours de l’Etat et les contributions financières directes, selon les indicateurs donnés dans la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PNSAN) du Mali. Ainsi, du 1er janvier 2016 au 30 juin 2019, le montant total des dépenses effectuées par l’OPAM s’élève-t-il à 10,362 milliards de Fcfa, contre des recettes réalisées à hauteur de 10,127 milliards de Fcfa. CMT/MD (AMAP)
Bamako : La seconde vie des sachets plastiques
Par Fadi CISSE Bamako, 1er oct (AMAP) Des usines transforment les sachets usagés pour fabriquer des baignoires, des seaux, des cuvettes, des brosses. Tout un business s’est organisé autour de cette activité et sur les dépôts d’ordures (souvent sauvages) qui existent dans plusieurs quartiers de Bamako, rendant la vie difficile pour les riverains. En certains endroits, ces déchets domestiques débordent sur les routes, bloquent la circulation. Dans ces tas d’immondices, une grande partie constitue les sachets plastiques, non biodégradables et nuisibles à l’environnement. Mais ils ont une utilité après avoir servi, la plupart du temps, de récipients pour transporter des aliments ou des condiments. Les sachets plastiques sont très recherchés par les femmes et hommes qui fouillent les ordures à la recherche d’objets à revendre. Ces « chercheurs » passent des journées entières sur les montagnes d’ordures. Elles amassent les sachets plastiques et les revendent à des fabriques qui font du recyclage pour insuffler une seconde vie à ces déchets. En la matière, la concurrence est, souvent, rude entre ces braves dames qui sont loin d’être tirées à quatre épingles. Elles semblent, au contraire, fières de mettre en relief leur apparence «débraillée». Les plus téméraires et les plus assidues d’entre elles semblent tirer leur épingle du jeu. Il suffit, pour s’en convaincre, de parcourir les dépôts de transit d’ordures et autres dépotoirs de Bamako et sa périphérie. Lundi 7 septembre 2020. Le ciel est nuageux, le temps menace. L’horloge affiche 10h 25 mn. Le dépotoir de déchets, qui a poussé entre les collines de Badalabougou, au beau milieu de l’espace universitaire, dégage son odeur fétide, au fur et à mesure que l’on s’approche de l’Université internationale d’excellence (UIE). Aucun moyen de protection ne semble suffire la parade conte l’odeur pestilentielle qui se dégage. Pas même un masque. Visiblement heureuse dans cet univers, des femmes consacrent une bonne partie de leur journée à ramasser les déchets, sans se plaindre des odeurs ambiantes. Fatoumata Doumbia est l’une de ces ramasseuses de déchets plastiques. Cette quinquagénaire, qui dit avoir perdu tous ses enfants, découvre ce travail grâce une amie. «Avant, je vendais des galettes qui s’achetaient à peine. Chaque jour, je quitte Daoudabougou (quartier de la Commune V, de Bamako, la capitale malienne) à pied, à 8 heures du matin, pour arriver ici et je retourne en famille vers 18 heures », confie la dame. A côté d’elle, sont déposés, à même le sol, deux gros sacs remplis «de plastiques ramassés durant une semaine de collecte». Où transportez-vous ces déchets plastiques ? «On ne fait que parler dans le vide, car on ne voit aucun résultat après nos entretiens avec la presse. Je refuse de dire un mot», s’emporte une dame, avant de lancer une poignée de déchets, en guise de plaisanterie, comme pour nous dissuader de l’approcher. LE KG 100 FCFA – Sa camarade, Djénèba Coulibaly, mère de cinq enfants, répond sans hésiter. Ces déchets plastiques sont gardés pour un homme qui passe au dépotoir, tous les samedis, pour les acheter. « Cet acheteur, précise Djénéba, arrive à bord d’un minibus «Sotrama». Il récupère tous les déchets plastiques que nous avons pu collecter. Il paye le kg 100 Fcfa ». Djénéba Coulibaly peut vendre, souvent, entre 10 à 20 kg de déchets plastiques. Grâce à cette somme, elle nourrit ses cinq orphelins et arrive à couvrir d’autres besoins personnels. Mais ce n’est pas sans difficulté. «En cette période d’hivernage, les sachets plastiques sont presque introuvables. Ils sont emportés par les eaux de pluie ou ensevelis dans la boue. Si ilssont trempés, les clients refusent de les acheter. C’est la période des vaches maigres pour nous», se plaint-elle. « Le risque de contracter des maladies, comme les maux de dos, toux, sans oublier les courbatures, est, aussi, très élevé », ajoute-t-elle. « Mais, on n’a rien sans peine », paraphrase Djénéba, philosophe, comme pour se consoler. Molobali Doumbia se présente comme la présidente de toutes les ramasseuses opérant sur les dépôts et décharges de Bamako. Elle opère depuis plus de dix ans au niveau du dépotoir de Badalabougou. Cette femme d’un âge avancé, mère de cinq enfants dont un garçon, aide son mari, en exerçant cet emploi et en contribuant aux petites dépenses familiales. «Depuis 4 heures du matin, je sors de chez moi à Sabalibougou pour rentrer au-delà de 16 heures, sauf si la pluie m’en empêche. Exceptés les vendredis, je viens tous les jours assembler les déchets plastiques et les bidons d’eau vides», explique-t-elle. « Le commerce des bidons est moins rentable, depuis l’avènement de la Covid-19. Les gens ont peur de venir s’en procurer », déplore la ramasseuse. Concernant les déchets plastiques, des clients (une femme et deux hommes) viennent les acheter à raison de 100 Fcfa le kg. Molobali révèle vendre entre 20 et 25 kg par semaine en cette période d’hivernage. En saison sèche, elle peut vendre plus de 40 kg par semaine. « Face à la conjecture actuelle, certaines d’entre nous se reconvertissent en ramasseuse de restes de nourritures. Elles les sèchent avant de les vendre aux marchands d’aliments bétail et aux pêcheurs. Ceux-ci les utilisent comme appâts pour ferrer les poissons. Le soleil se fait rare. Il est difficile de faire sécher les provisions», murmure-t-elle. Chaussée d’une paire de bottes arrivant au niveau des genoux, elle patine au milieu des mouches qui bourdonnent. Comme elle, leurs clients profitent de cette activité. Sofiana est l’un des acheteurs chez Molobali Doumbia. Ce trentenaire confirme qu’il achète les déchets plastiques auprès de ces femmes pour les revendre aux Chinois disposant d’une usine de recyclage à Sotuba, en Commune II du District de Bamako. «Je loue deux Sotrama (minibus), chaque semaine, pour le transport des déchets plastiques. Je les revend à partir de 125 Fcfa voire 300 Fcfa le kg», indique-t-il. Et de préciser que le prix du kg dépend de la qualité de la marchandise. Sofiana monnaye, par semaine, trente à quarante sacs de 100 kg remplis de déchets plastiques achetés auprès de ses clientes des dépotoirs de Badalabougou et de Lafiabougou. «Auparavant, j’avais des soucis même pour payer le
Cours mondiaux de l’or : Les profits pour l’Economie malienne
Par Cheick Moctar TRAORE Bamako, 30 sept (AMAP) Le prix de l’or poursuit sa courbe ascendante, malgré de légères fluctuations. De 1.624,45 dollars l’once, en avril 2020, le cours a atteint une hausse historique, le 27 juillet, avec 1.944,71 dollars l’once. Soit plus de 67.000 euros le kilo. Il a continué sa progression pour atteindre 2030,30 dollars en août. Le lundi 28 septembre, la bourse a ouvert à 1850,950 dollars. La veille, elle avait clôturé à 1870,050 dollars. Troisième producteur d’or en Afrique, le Mali devrait profiter de cette hausse historique du prix du métal jaune. La hausse du prix de l’or sur le marché international entraîne une augmentation des redevances payées à l’Etat. Il permet aussi d’améliorer les performances en termes d’exportation et de renforcer les comptes extérieurs. «Lorsque le prix de l’or augmente, nous payons plus de redevance à l’Etat et faisons plus de bénéfices», confirment plusieurs responsables de sociétés minières, contactés à cet effet. Interrogés, des experts du bureau de la Banque mondiale au Mali abondent dans le même sens. Selon eux, la hausse du prix de l’or profite à l’économie malienne à travers plusieurs canaux de transmission. « En 2018, le produit représentait 75% des exportations du pays, contribuant à hauteur de plus de 25% aux ressources budgétaires de l’État », illustrent-ils. « L’appréciation des cours internationaux de l’or permet, ainsi, au Mali d’améliorer ses performances en termes d’exportation, de renforcer les comptes extérieurs et la situation budgétaire », expliquent des économistes de la Banque mondiale. Selon eux, l’impact se fera sentir, aussi, sur la vie des 11.000 salariés formels travaillant dans le secteur et les millions de personnes qu’il fait vivre, y compris environ 500.000 orpailleurs (données de la Chambre des mines du Mali). L’IMPACT DU FCFA – Toutefois, à en croire certains, une bonne partie de ce que le Mali devrait gagner est diluée par la «mauvaise» appréciation du Franc CFA par rapport au dollar, du fait de son arrimage à une monnaie forte (l’Euro). «Les exportations d’or non monétaire se sont accrues de 212,639 milliards de Fcfa (ou 18,1%), en 2018, en atteignant 1.388,358 milliards de Fcfa, en raison de la forte hausse du volume exporté, atténuée par le léger repli du cours sur le marché international (en Fcfa). En effet, l’appréciation du Fcfa par rapport au dollar a conduit à une baisse du prix moyen de vente obtenu par le secteur, qui est ressorti à 21.037,8 Fcfa/g, en 2018, après 21.485,5 Fcfa/g pour les sociétés industrielles, soit 2,1% de diminution par rapport à 2017», constatent les «Comptes publics» publiés sur le site de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Contacté, l’économiste Cheickna Bounadjim Cissé explique : «1 $ = 600 Fcfa à la date N ; 1 $ = 550 Fcfa à la date N+1. Entre ces dates, le franc CFA s’est apprécié. Ainsi, à chaque fois que le Mali vend à l’étranger pour 1 dollar, il perd l’équivalent de 50 Fcfa de valeur de produit». « C’est pour cette raison que le régime de change fixe (la situation actuelle) pénalise nos exportations et favorise nos importations. En effet, la moto Djakarta qui coûte 1.000 $ à l’achat avait une contrevaleur (c/v) de 600.000 Fcfa à la date N, contre 550.000 Fcfa à N+1 », explique l’économiste. Oumar Bouaré est un ancien fonctionnaire international à la retraite. «Tu prends ton or et le donne à quelqu’un qui fait du business avec. Tu ne peux pas en profiter», schématise le directeur générale du Centre de recherche en sciences économiques et sociales. « A cause des accords monétaires avec la France, nos réserves d’or et de devises sont déposées au Trésor français, depuis les années 1945 », rappelle M. Bouaré. Il ajoute que la France profite de ces ressources, en les injectant sur le marché financier international. « Opération grâce à laquelle, l’Hexagone perçoit des intérêts. Ces intérêts que perçoit le gouvernement français pourraient aider au développement de notre pays », estime l’économiste. Un autre obstacle a trait au mécanisme de vente de l’or malien. Selon les techniciens de la Banque mondiale, le Mali est tributaire de la fluctuation du prix de l’or sur les marchés internationaux et est, ainsi, à la merci d’une éventuelle chute des prix. D’où l’avantage, selon eux, des contrats de vente à terme (vendre à l’avance à un prix fixe) dont l’objectif est de se protéger des fluctuations des prix. «Elle permet, ainsi, de s’assurer contre des mouvements de prix défavorables», expliquent-ils. Le problème avec la vente à terme est qu’on ne gagne pas à tous les coups. «Aujourd’hui, tous ceux ce qui ont vendu à termes perdent les bénéfices du prix actuel », notent des responsables de sociétés minières. Par exemple, quelqu’un qui vend à terme sa production de 2020 à 1.500 dollars, alors que le prix réel du marché est de 1.900 dollars aujourd’hui. Il aura un manque à gagner de prêt de 400 dollars. L’effet contraire pourrait également se produire», illustrent-ils, précisant que la vente à terme n’est plus courante au Mali. Selon eux, les mines vendent au taux du jour de l’expédition sur la bourse financière. Néanmoins, des réformes sont nécessaires pour améliorer l’impact de la production de l’or sur l’Economie du Mali. Tel est l’objectif du Projet de gouvernance du secteur minier, un financement de la Banque mondiale. Il est axé entre autres, sur la création d’un environnement (juridique, fiscal, financier et technique) propice à l’investissement en vue de l’expansion des opérations actuelles, en attirant de nouveaux Investissements directs étrangers (IDE) dans l’exploration et l‘exploitation. Ce projet vise, aussi, la mise en place d’un incubateur pour accroitre la part des PME/PMI locales dans le tissu minier malien. Il prévoit, également, l’accroissement de la transparence globale dans la gestion du secteur minier au Mali, à travers la mise en place d’un mécanisme de contrôle citoyen au niveau national et local. CMT/MD (AMAP)
Mali: Le Bureau du vérificateur général découvre près de 900 millions de FCFA d’irrégularités financières à l’Ageroute
Par Cheick Moctar TRAORE Bamako, 28 Sept (AMAP) Le Bureau du vérificateur général (BVG) a décelé des irrégularités financières d’un montant total de 895.512.029 Fcfa dans l’exécution des Fonds d’entretien routier par l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier (Ageroute). L’audit mené, à cet effet, a concerné les dépenses de fonctionnement et d’entretien routier financé sur budget national au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019 (1er octobre). En effet, l’Ageroute a, durant cette période, signé avec la direction nationale des routes, sur le Fonds d’entretien routier, 16 conventions de maîtrise d’ouvrage déléguée et trois avenants pour un montant total de 93.451.594.614 Fcfa. Les ressources destinées à l’entretien routier sont mises à sa disposition par l’Autorité routière. Les travaux d’entretien routier exécutés par délégation de maîtrise d’ouvrage à l’Ageroute ne sont possibles qu’à travers des conventions signées avec le maître d’ouvrage, le ministre chargé des routes. Au regard de l’importance des sommes mises à disposition, le BVG a, conformément à sa mission, initié une mission pour s’assurer de la bonne utilisation des dépenses exécutées sur le Fonds d’entretien routier par l’Ageroute. Au terme de ces travaux d’audit, les vérificateurs ont décelé des irrégularités financières s’élevant à 895.512.029 Fcfa. Les faits détaillés ont été dénoncés et transmis par le Vérificateur général au président de la section des comptes de la Cour suprême et au procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Commune III chargé du pôle économique et financier. Ils se rapportent à la passation irrégulière de marchés pour un montant de 868.108.970 Fcfa et au paiement d’avantages indus au délégué du contrôle financier pour une somme de 16.300.000 Fcfa. Les anomalies financières constatées ont, également, trait à un contrat de marché irrégulièrement enregistré de 1.948.750 Fcfa et au non reversement au profit de l’Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public (ARMDS) de la redevance de régulation pour un montant de 325.000 Fcfa. Il a, aussi, été constaté la non retenue de l’impôt sur le revenu foncier, de la taxe foncière et de l’impôt sur les bénéfices. Les vérifications ont été menées, conformément au guide d’audit du secteur public approuvé par l’arrêté n°10-1251/MEF-SG du 11 mai 2010 du ministre chargé des Finances et au manuel de vérification financière du BVG, tous deux inspirés des normes Isa (normes internationales d’audit). Pour y arriver, les vérificateurs ont, comme approche méthodologique, privilégié l’analyse des textes législatifs et réglementaires sur la création et les modalités d’organisation et de fonctionnement de l’Ageroute et des entrevues avec des membres du personnel de la structure. Ils ont, aussi, recoupé des informations et examiné des pièces justificatives des dépenses. « Le principe du contradictoire a été observé », assure le BVG. En la matière, les résultats préliminaires des travaux ont été discutés avec les principaux responsables concernés. La séance de restitution a eu lieu le 1er avril 2020 dans les locaux de l’Ageroute. Le BVG dit avoir transmis le rapport provisoire à l’Ageroute par lettre n°Conf 0220/2020/BVG du 28 mai 2020 pour recueillir ses observations. « Les réponses écrites de l’Ageroute sont parvenues le 09 juillet 2020 par lettre n°1039/MIE/Ageroute », ajoute le BVG. La faiblesse des ressources et l’inadaptation des procédures de mise en place des moyens ont été diagnostiquées comme l’un des handicaps majeurs à l’entretien régulier de nos routes. La création de l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier répond à ce besoin. Plus de quinze ans après sa création et malgré des ressources, de plus en plus importantes, investies dans l’entretien routier, l’Ageroute peine à satisfaire les usagers de la route. CMT/MD (AMAP)
Mali : Relative stabilité des prix des céréales
Bamako, 24 sept (AMAP) Durant la semaine du 14 au 20 septembre, les prix des céréales sont restés stables dans l’ensemble, par rapport à la semaine passée et quelques fluctuations à la baisse ont été, par ailleurs, enregistrées sur les prix des céréales sèches, selon un communiqué de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC). Cette situation s’expliquerait par l’arrivée des cultures de soudure sur les marchés, notamment le maïs frais, l’igname, la patate, le manioc et la baisse du niveau des sorties de céréales vers les pays voisins suite aux sanctions économiques imposées par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). En outre, le prix du riz a subi des variations à la hausse, en raison des travaux champêtres qui ont tiré l’offre du riz vers le bas. Mais, l’état d’approvisionnement des marchés en céréales reste satisfaisant. Le prix au producteur du riz local, dans la zone Office du Niger, est compris entre 300 et 330 Fcfa/kg, comme la semaine passée. Dans les capitales régionales et le District de Bamako, la capitale, les prix des catégories du riz local sont compris entre 300 et 500 Fcfa/kg, comme la semaine passée. Son prix moyen national est de 391 Fcfa/kg. Le riz brisé importé non parfumé est vendu entre 300 et 750 Fcfa/kg. Son prix moyen national a été de 425 Fcfa/kg. Quant au mil, son prix au producteur est compris entre 130 et 195 Fcfa/kg, contre 125 et 195 Fcfa/kg, la semaine passée. Son tarif à la consommation oscille entre 200 et 400 Fcfa/kg, comme la semaine passée. Le sorgho, lui, est cédé par les producteurs entre 100 et 165 Fcfa/kg comme la semaine passée. Sur les marchés de consommation, son prix est compris entre 175 et 400 Fcfa/kg contre 200 et 400 FCFA/kg, la semaine passée. Le maïs est vendu sur les marchés ruraux entre 100 et 135 Fcfa/kg, comme la semaine passée. Le prix à la consommation du maïs est compris entre 140 et 400 Fcfa/kg, comme la semaine passée. CMT/MD (AMAP)
Région de Gao : Ruée vers l’or à In-Tillit, la nouvelle «ville bleue»
Envoyé spécial Mohamed TOURE Gao, 24 sept (AMAP) Certains lui ont déjà trouvé le surnom de « Ville bleue » à cause des nombreuses tentes en bâches de couleur ciel qui la rendent visible de loin. En plein désert, la Commune rurale d’In-Tillit est nichée au milieu de nulle part. La localité, située à 90 km de la ville Gao, dans le Nord du Mali, était presque dans l’anonymat total, il y a moins d’un an. Mais, avec la récente découverte de son potentiel aurifère, elle attise la convoitise de milliers de candidats à l’orpaillage qui y ont créé leur nouvelle ville. Chaque jour, d’interminables convois de jeunes quittent la ville de Gao pour le site d’orpaillage d’In-Tillit. Les véhicules les plus adaptés pour ce trajet sont les pick-up, à cause de l’état de la route et des capacités en passagers de ces voitures. Elles débordent de voyageurs dont les plus courageux n’hésitent pas à s’installer sur le toit du véhicule. Au risque d’être éjecté, en cours de route, à la suite d’une brusque accélération dont sont coutumiers les conducteurs. Sur les pistes buissonneuses et semi-désertiques, il n’y a pas de panneaux de signalisation. «Chaque pick-up peut prendre au moins une vingtaine de personnes en plus de leurs bagages. Le coût du transport est de 5.000 Fcfa par personne. Donc, nous pouvons gagner entre 90.000 et 100.000 Fcfa par voyage», confie Ag Mossa, un conducteur de pick-up, la moitié du visage caché derrière un turban. Ils sont nombreux, les transporteurs, comme lui, à tirer leur épingle du jeu, à travers cette nouvelle activité. Une véritable économie s’est créée autour du business de l’orpaillage. Le métal précieux brille pour beaucoup de personnes dans la chaîne de cette économie. Pour comprendre quelques paramètres du système, nous empruntons le chemin du site. Les groupes armés font partie des principaux acteurs de cette mini-industrie. Sur la route, entre Gao et In-Tillit, les check points anarchiques de ces derniers sont légion. Il n’est pas rare de voir des groupes d’hommes, qui, souvent, ne sont même pas armés, demander aux conducteurs de véhicules de payer entre 2.000 et 2.500 Fcfa. A la sortie de Gao, nous dépassons un groupe de jeunes nigériens en partance pour In-Tillit. Une dizaine, baluchons sur la tête, ils sont décidés à faire le trajet de 90 km séparant Gao du site d’orpaillage à pieds. « Faute de pouvoir payer le transport », se justifient-ils. MAITRES DES LIEUX – L’entrée du site est sécurisée par un groupe de jeunes, armes aux poings. Presque camouflés, ils sont installés sous un arbre. Après le contrôle des pièces d’identité, la règle est simple : payer 2.000 Fcfa, pour les Maliens et 5.000 Fcfa pour les étrangers. C’est le prix du ticket d’entrée et de séjour délivré par une commission mixte, formée par des éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), ex-rébellion touarèque et de la Plateforme. La même opération est de rigueur pour sortir du site. Une fois dépassé ce comité d’accueil, on aperçoit enfin le site. A première vue, elle donne l’impression d’une nouvelle ville bâtie autour de l’exploitation de l’or. Le nombre de personnes sur le lieu saute directement à l’œil. «Impossible de déterminer le nombre d’ouvriers sur le site. Mais, je pense qu’il y a plusieurs milliers de personnes qui travaillent ici, dont la grande majorité ne sont pas des Maliens», explique Ibrahim, un orpailleur malien rencontré sur le site. La quarantaine révolue, cet ancien expatrié en Europe, dit faire partir des tous premiers à avoir débarqué à In-Tillit, aux premiers mois de la ruée vers l’or sur le site. Dans la multitude de nationalités présentes sur le site, les plus nombreux sont les Nigériens, les Burkinabè, les Tchadiens et les Soudanais. Plusieurs activités animent l’économie de cette petite bourgade. Si les étrangers sont plus nombreux dans l’exploitation des mines, beaucoup de jeunes viennent de Gao pour faire du commerce. «La ville bleue» dispose même d’un quartier des affaires, dénommé «Sardjila», où se mène le business. «Tout s’achète ici, à condition d’y mettre le prix», lâche un boucher, installé dans ce quartier et occupé à charcuter un gigot. Les commerces sont multiples au «Sardjila», de la restauration à la vente de médicaments. Un peu plus loin après la boucherie, on peut apercevoir un salon de coiffure à côté d’un cabinet de guérisseur traditionnel. «Bienvenue chez nous. Vous connaissez la particularité de cette ville? Ici quand on n’a pas d’argent, on ne mange pas !», prévient notre ami boucher, avec un trait d’humour. De derrière sa table, il s’empresse d’argumenter, en expliquant que les prix normaux des produits sont systématiquement doublés sur le site. «Le sac de charbon coûte 10.000 Fcfa, la plaquette de paracétamol 300F cfa, le kilo de viande 5.000 Fcfa…», énumère-t-il. La spéculation n’épargne même pas l’eau, dont le bidon de 25 litres se négocie entre 750 Fcfa et 1.000 Fcfa. Le liquide précieux est transporté par citernes, depuis Gao. L’autre singularité de ce site d’orpaillage est, certainement, qu’il n’y aucun visage de femmes perceptibles à la ronde. A la question : où sont les femmes ? « Elles ne se sont pas tolérées par les groupes armés », répond-t-on. A la grande détresse de certains jeunes orpailleurs qui ne seraient pas contre un peu de compagnie féminine. «Il n’y a pas de femmes ici. Au début certaines ont essayé de venir, mais les groupes armés les ont sommées de partir et de ne plus revenir», relate un jeune vendeur de boissons. Le respect de la discipline est strict. «Ici, même la vente d’alcool est strictement prohibée. Celui qui se ferait prendre à mener cette activité aurait de sérieux soucis», poursuit le même vendeur. DE L’OR A TOUT PRIX – L’activité principale sur le site demeure bien l’orpaillage. Et le travail n’est pas de tout repos. Les conditions de vie des orpailleurs sont dignes de vrais survivants du Far West. La plupart s’abritent sous des tentes de fortune en bâches qui sont attachées à des piquets. C’est le décor presque partout. A défaut de tente, un abri de survie sous un arbre fait l’affaire de certains. «Le travail est dur ici. Nous montons dans les mines à 7 heures et nous revenons en
Crise du coton : L’inquiétude monte à Koutiala (Sud)
Enquête de Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 24 sept (AMAP) Dans la capitale de l’or blanc, Koutiala, dans le Sud du Mali, où les populations vivent essentiellement d’agriculture, producteurs et industriels craignent une crise économique, sociale et alimentaire à cause du refus des paysans de cultiver le coton. Le coton constitue est l’un des leviers de l’Economie du Mali. Il est la deuxième source de nos recettes d’exportation après l’or. A ce titre, la contribution du secteur coton au Produit intérieur brut (PIB) est estimée à 15% au Mali. Il y est cultivé, surtout, dans la partie sud du pays (Sikasso, Bougouni, Koutiala, Yorosso), dans le Centre (Ségou et San) dans l’Ouest (Kayes), dans les Régions de Koulikoro, Dioïla, près de Bamako. Et occupe plus de 200.000 exploitations agricoles familiales. En la matière, Koutiala, troisième ville la plus peuplée du Mali, après Bamako et Sikasso, est considérée comme une zone de culture du coton par excellence. D’où l’appellation de «Capitale de l’or blanc». Si la production de coton est grippée dans cette partie de notre pays, l’Economie nationale éternue. Scénario catastrophe auquel il faudrait malheureusement s’attendre cette année. En effet, comme dans plusieurs zones au Mali, les producteurs à Koutiala ont boudé la culture du coton. La baisse initialement annoncée du prix du coton et la hausse de celui de l’engrais, ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, suscitant ainsi la colère et l’inquiétude chez les paysans. La grande majorité des paysans ont alors décidé de surseoir à sa culture, au cours cette campagne, jugeant excessif le coût du coton et de l’engrais. La décision de rétablissement de la subvention et de revalorisation du prix du kg de coton a été prise tardivement, selon plusieurs paysans que nous avons pu rencontrer. «Dans les champs réservés au coton, des agriculteurs ont semé l’arachide et le sésame en lieu et place du coton», répond Seydou Coulibaly, le président du mouvement «Uyeco» (Donnons-nous la main en langue locale «Minianka»). Ce regroupement de producteurs de coton des Cercles de Yorosso et de Koutiala (Sud) avait, rappelons-le, décidé de boycotter la campagne 2020-2021. « Sur 100 coopératives, 95 sont membres de «Uyeco», précise Seydou Coulibaly qui estime à seulement 3% les adhérents de son mouvement qui ont cultivé le coton, cette année. Une révélation qui recoupe les données du Pr Mamy Soumaré. Dans une contribution publiée dans « L’Essor », ce chercheur à l’Institut d’économie rurale (IER) souligne, qu’à la date du 20 juin 2020, seulement 26.000 hectares sont semés en coton sur une prévision de 810.000 hectares, soit un taux de réalisation de 3,2%. Il prédit que les surfaces cultivées en coton n’atteindront pas le tiers des objectifs attendus au sortir de la campagne 2020-2021. Parmi les rares personnes à cultiver le coton à Koutiala, figure El hadj Mohamed Daouda Diarra dit Dioro Madou. Selon des témoins, il avait invité beaucoup de gens à cultiver alors que les discussions étaient en cours sur le prix du coton. «Certains ont entendu mon conseil, mais beaucoup ne m’ont pas écouté. Au moment où ils se sont rétractés, il était déjà trop tard. Car, il y a une période pour la culture, la pluie n’attend personne. C’est à nous de nous préparer pour l’attendre», confirme le producteur qui nous a fait visiter son champ de coton situé à 12 km de la ville. Les cotonniers s’étendent sur les sept hectares. Pour lui, la culture du coton est vitale. «Je suis né et j’ai grandi dans le coton. J’ai eu tout ce que je possède aujourd’hui grâce à ce produit. Je connais les avantages liés à sa culture. Donc, je ne pouvais pas ne pas le cultiver», insiste celui qui est propriétaire de deux unités de production de tourteaux et d’huile. CULTURES VIVRIÈRES AFFECTÉES– Le refus de la majorité des paysans de cultiver le coton aura un impact sur tout le Mali, notamment les propriétaires d’unités de fabrique de tourteaux et d’huile. «Toutes ces industries ont pour matière première les graines de coton. Il faudra alors aller les chercher au Togo, en Côte d’Ivoire, au Bénin ou en Guinée. La production ne dépassera pas 40% cette année», s’inquiète l’industriel, avant d’inviter les politiques à laisser l’agriculture en dehors de leurs querelles. Comme Dioro Madou, plusieurs Koutialais s’accordent à dire que cette situation affectera l’économie de leur localité. En témoigne le cri du cœur du maire de la Commune urbaine de Koutiala, Oumar Dembélé. «Quand tu dis Koutiala, il faut dire Capitale de l’or blanc. Le coton occupe toutes les places : sociale, économique et culturelle. Le fait que le coton n’ait pas été cultivé à hauteur de souhaits cette année, ce n’est pas seulement Koutiala, mais le Mali qui ressentira l’effet de cette crise de coton», estime M. Dembélé. Selon lui, beaucoup de paysans ont semé d’autres céréales à la place du coton. Concernant particulièrement Koutiala, son développement économique repose sur le coton, insiste l’édile de la ville. Donc, tous les secteurs de l’économie locale seront touchés l’année prochaine : l’élevage, le commerce, le transport, l’emploi, etc. «L’ensemble de la population ressentira l’impact. Toutes les usines ne vont pas pouvoir tourner. Les petites unités, n’en parlons pas. Elles utilisent également les graines de coton. Beaucoup vont fermer leurs portes. Et énormément de personnes iront en chômage», prédit le producteur. Pour sa part, le président de la Fédération des huileries du Mali, Fanta Mady Keïta, ne mâche pas ses mots. Pour lui, les conséquences de la baisse de la production cotonnière seront catastrophiques pour tout le Mali. «La culture du coton est un système qui profite à nombre de Maliens de façon directe ou indirecte. Il existe 96 huileries au Mali, dont 32 sont basées à Koutiala. Ces huileries ont créé plus de 100.000 emplois directs, indirects et saisonniers. Quand le coton éternue, ces industries tremblent. Car, elles ont pour matière première le coton», argumente le manufacturier. Le propriétaire de cette unité industrielle, qui dit employer 154 personnes, tire la sonnette d’alarme. «Nous les industriels, nous sommes vraiment inquiets. Nous, industriels, population, Compagnie
Carnet de voyage : Au fil du fleuve Niger
Par Ahmadou CISSE Envoyé Spécial Bamako, 22 sept (AMAP) Soudain, au détour d’un faubourg, le voyageur aperçoit Mopti, otage des eaux. Pour arriver jusqu’ici, il a fallu avaler 640 km, depuis Bamako par une route en très mauvais état. La Venise du Mali « est construite sur trois îles reliées entre elles par des digues, confluent du Bani et du Niger », décrivent les brochures. Cette presqu’île a été fondée au XIXe siècle par des Bozos. Elle porte alors le nom de Sangha qui signifie « lieu de rassemblement ». Carrefour fluvial et commercial, Mopti est surtout un point de départ pour la découverte de l’arrière-pays, le Septentrion du Mali, hélas en mal de paix. Nous sommes au tout début de la saison des montées des eaux. Le mois d’août est surtout connu pour la soudure. C’est aussi le temps des grands bateaux qui assurent la liaison entre Koulikoro (60 Km de Bamako), Tombouctou et Gao, dans le Nord. La route est dégradée et dangereuse. Le manque d’entretien et l’insécurité font peur aux voyageurs. Les voies les plus sécurisées restent les airs et le fleuve. L’avion coûte cher. Alors, avec un soupçon de bon sens, le choix du bateau s’impose. Sur le quai de Mopti, le bain de foule est inévitable. En ce moment de psychose de Covid-19, autant être fataliste. Ici, le coronavirus semble lui-même résigné à se placer en quarantaine. Toutes les ethnies de notre pays semblent s’y donner rendez-vous pour faire du commerce ou en transit pour d’autres horizons. Entre ces deux, se trouve le débrouillard du coin : il est porteur de bagages, gargotier, artisan, mendiant ou même petit voleur à la tire. Tout ce beau monde a le même dénominateur : la recherche de la pitance quotidienne. L’HEURE, C’EST L’HEURE – Le bateau s’apprête à prendre le large, en début de nuit. Destination Gao. « Le voyage prendra environ cinq jours », alerte le commissaire du bateau qui supervise le chargement de son navire. Et Tombouctou alors ? « Dans deux jours », dit-il avec un brin de doute. Cette précaution est de bon aloi pour qui connaît les conditions de la traversée avec un bateau de vieil âge. Coïncidence heureuse ? « Tombouctou », c’est également le nom du bateau de la Compagnie malienne de navigation (COMANAV) qui dispose d’une flotte de trois navires du même genre (les bateaux Kankou Moussa, Général Soumaré et Tombouctou). Dans l’ensemble, le bateau tient la route ou plutôt le fleuve. Malgré son âge avancé (des années 80), la ferraille se bat au mieux de ses forces pour relier le Sud au Nord. Des années et des années de bons et loyaux services. Le réseau électrique est peut-être en mauvais état mais il fonctionne. Donc, tout va bien. Un coup de balai ne fera aucun mal aux cabines. Ce n’est pas le plus important. Les deux grosses machines de propulsion ont pris quelques rides et, par conséquent, sont devenues très gourmandes en carburant avec une consommation de 15.000 à 16.000 litres de gasoil, entre Koulikoro et Gao. Comparés aux passagers du pont, les occupants des cabines (chambres de bateau) font figure de privilégiés, au regard de leurs conditions de voyage. Les premiers ont dû construire des abris de fortune avec des draps multicolores contre les intempéries sur le pont. La pluie peut perturber leur quiétude à tout moment. Le départ du bateau est annoncé pour 20 h (ou 8 h du soir). Un quart d’heure avant, trois sifflets retentissent sur la berge. Les retardataires s’empressent pour embarquer. Les derniers porteurs de bagages quittent le navire à grandes enjambées. Certains enfants, de mauvaise réputation, n’ont pas échappé au plongeon nocturne après le départ du bateau. Après tout, c’est le moindre mal. L’heure, c’est l’heure. Une fois n’est pas coutume. Le bateau démarre à 20 h pile. Tant pis pour les incorrigibles traînards. Un passager, superstitieux à outrance, jette une pastèque par-dessus bord : une offrande aux génies de l’eau pour une traversée sans embûches. DECOUVERTE DU BATEAU – Le « Tombouctou » est commandé par le commissaire Amadou Tidiani Samaké, assisté d’un sous commissaire. Le premier s’occupe des aspects administratifs, commerciaux et financiers en plus des passagers VIP. Le second, lui, s’occupe du fret et des passagers de la 3è classe. La partie mécanique est logée dans la cabine des machines. Trois gros moteurs propulsent le bateau à une vitesse moyenne de 10 km par heure. Au gouvernail, il y a trois pilotes. Assistés de matelots, ils se relaient toutes les 6 heures. Leur cabine est contiguë au restaurant-bar géré par un prestataire privé. Tous les passagers de luxe, 1ère, 2e et 3e sont logés et nourris. Le bateau a une capacité de 130 tonnes sous cale et de 344 passagers. Premier jour de voyage, premier accostage d’urgence. Aux portes du lac Débo, un orage accompagné d’un vent violent soulève de hautes vagues. Le bateau est en difficulté en eau profonde. Le navire tangue. Panique à bord. Les matelots décident de tenter un accostage d’urgence au milieu de nulle part, le temps de la tempête. Les passagers se mettent à l’abri de la pluie qui tombe sur le lac. Le commissaire du bateau a rapidement ordonné un accostage d’urgence au milieu d’une bourgoutière. Quelques heures plus tard, l’orage cesse. Le bateau met à nouveau le turbo. COVID EN QUARANTAINE – En termes de lutte contre la Covid-19, aucune mesure sanitaire n’est exigée à bord. Le virus est comme prié de se mettre en quarantaine. Le seul flacon de gel hydro alcoolisé se cachait des voyageurs au fond du bar principal. Pas un seul passager ne porte de masque de protection. Ni même le personnel naviguant qui s’est contenté de placer un dispositif de lavage des mains posé à droite sur le pont supérieur, juste avant l’accès au restaurant. Là encore, il semble être ignoré des passagers qui ne s’en servent qu’après un repas. A la décharge de la compagnie, l’observation des gestes barrières contre la pandémie est d’abord une question de conscience individuelle. Pour la sécurité
Ségou : Les vendeuses de pastèques se frottent les mains
Par Abdoulaye TALL AMAP-Ségou Ségou, 22 sept (AMAP) A la faveur de l’hivernage, période propice aux fruits et légumes, la pastèque, depuis quelques mois, inonde les étals, trottoirs et marchés de Ségou, la capitale des Balanzans. De forme sphérique, comme un ballon de rugby, et de couleur verte, elle s’invite à l’entrée des repas comme au dessert. La pastèque a longtemps conquis les papilles des plus gourmands. Bien appréciée, elle s’est taillée une place au soleil, en raison de ses multiples vertus. Chaque jour, une poignée de femmes arpentent la ville de Ségou, à bord de charrettes tirées par des ânes, incroyablement chargées de pastèques destinées au marché. Certaines vendeuses de fruits prennent d’assaut les trottoirs qui constituent des endroits stratégiques pour mieux vendre leurs produits et en tirer des bénéfices. Ces braves femmes, qui vendent ce précieux fruit, ne se plaignent pas. Elles parviennent à nourrir leur famille, avec le revenu tiré de la vente de pastèques. Leur commerce attire, au quotidien, de fidèles clients qui viennent de divers horizons. Tous les matins, dès l’apparition des premiers rayons de soleil, Fatoumata Traoré étale ses pastèques en bordure de route, à proximité de l’espace culturel Meru Ba. Assise sur une chaise, à l’ombre d’un grand parasol, la jeune vendeuse excelle dans le commerce de fruits depuis 15 ans. Grace à sa force de persuasion, Fatoumata Traoré s’est bâtie une bonne notoriété. Elle a, aussi, su fidéliser sa clientèle. Elle ravitaille constamment certains vendeurs ambulants et commerçants de Ségou qui prennent, en moyenne, une trentaine de pastèques à crédit. Fatoumata Traoré affirme que grâce à ce commerce, elle arrive à subvenir à ses besoins et ceux de sa famille. Comme contrainte, elle souligne que souvent, il lui arrive de se retrouver avec des pastèques pourries sur les bras. Certaines sont endommagées à cause du mauvais état de routes et d’autres finissent leur parcours dans les décharges publiques, avant d’être englouties par les ruminants. Plus loin, nous avons rencontré Oumou Diallo. Cette vendeuse avait les yeux rivés sur ses pastèques, soigneusement alignées les unes à côté des autres. Ses gros fruits sucrés et juteux viennent pour la plupart de Niono, de Pogo, de Monimpé et de Tona. A en croire cette commerçante, le marché est florissant et tout le monde en raffole. Le rouge éclatant de la pastèque et son goût exquis laisse rarement indifférents les consommateurs. «Le prix oscille entre 500 Fcfa et 2.000 Fcfa. Nous recevons chaque jour des clients qui aiment bien nos pastèques», déclare Oumou Diallo, qui arrive à générer un bénéfice de 4.000 voire 14.000 Fcfa, par jour. Atou évolue, également, dans le commerce de fruits depuis 6 ans. Elle gagne sa vie « dignement ». Ses pastèques se vendent comme des petits pains. Malgré le nombre important de vendeuses installées sur le bord de la route, Atou parvient à tirer son épingle du jeu dans la vente de ce fruit saisonnier. Ses fournisseurs viennent, pour la plupart, de Niono. Comme nos précédentes interlocutrices, elle se frotte, également, les mains en cette période. «Par jour, je peux vendre une dizaine de pastèques. Grace à la vente de ce fruit, je participe aux dépenses de la famille», confie la vendeuse, sourire aux lèvres. Aussi appelée melon d’eau, la pastèque est une véritable fontaine de vitamines A, B6 et C. Selon les spécialistes, ce n’est pas tout, ce fruit savoureux favorise la bonne santé des dents, aide à prévenir les dommages cellulaires et permet de prévenir la déshydratation. La pastèque permettrait d’améliorer la capacité des cellules de la peau, tout en la mettant à l’abri des rayons ultraviolets. Sa pulpe rouge rafraîchit et purifie l’organisme. En outre, elle serait une alliée précieuse contre les monstrueuses courbatures et crampes musculaires. AT/MD (AMAP)
Embargo de la CEDEAO sur le Mali : Des stocks rassurants de produits de consommation (Direction du Commerce)
Bamako, 18 sept (AMAP) «Les stocks de produits de première nécessité déclarés au niveau de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) par les importateurs réguliers et ceux détenus par les commerçants détaillants sont supérieurs au seuil d’alerte et couvrent les besoins de consommation du moment», a révélé, mercredi, à Bamako, le directeur général, Boucadary Doumbia. L’Etat d’approvisionnement du marché national en produits de base est, donc, rassurant, un mois, après l’embargo, imposé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) au Mali, selon les services du Commerce. « Cette situation est due à l’exclusion des produits de première nécessité du champ de l’embargo. Ces produits sont importés sans trop de difficulté», se réjouit pour rassurer les consommateurs maliens », M. Doumbia. En conséquence, « les prix à la consommation des produits sont, par rapport à la semaine passée, restés stables à l’exception de ceux des produits saisonniers (oignons, fruits et légumes, tubercules) généralement importés », a précisé Boucadary Doumbia. Cette hausse sensible du prix de ces denrées n’est pas, selon lui, liée uniquement aux effets de l’embargo mais au caractère cyclique de leur commercialisation. Toutefois, il urge, au regard de la structure de notre commerce et de la situation géographique du Mali, de prendre les décisions nécessaires devant aboutir à la levée, au plus vite, de l’embargo. Cela, afin d’éviter une perturbation, à long terme, du circuit d’approvisionnement du Mali. « En la matière, on note déjà une baisse du volume des importations de la sous-région de l’ordre de 202 milliards de Fcfa par rapport au mois passé », a révélé le directeur général. Ce qui correspond à 57% de la valeur moyenne des importations maliennes venant de cette zone. Les produits les plus importés, durant le mois d’août, sont les combustibles minéraux et les huiles minérales : hydrocarbures (49%), les machines et les appareils (10%), les produits alimentaires (14%), les produits pharmaceutiques (5%). Les principaux pays d’importation au cours de la période sont le Sénégal (17%), la France (13%), la Côte d’Ivoire (11%), la Chine (9%), la Suisse (7%), les Emirats Arabes Unis (5%), Singapour (5%), le Royaume-Uni (5%). S’agissant de la sous-région, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Niger constituent les plus grandes sources d’approvisionnement. Ceci s’explique, à en croire Boucadary Doumbia, dans une large mesure, par les produits pétroliers qui couvrent 32% du total des importations. La CEDEAO, rappelle-t-on, est une Union douanière – un accord commercial régional dont les États membres ont adopté une politique commerciale commune vis-à-vis des États tiers – avec un Tarif extérieur commun (TEC). Le TEC, entré en vigueur le 1er janvier 2015, désigne un droit de douane commun aux membres d’un groupe de pays qui sont souvent liés par un accord de libre-échange. Outre le manque à gagner pour le commerce, les effets néfastes de l’embargo sur notre pays sont, également, d’ordre économique et social. Il s’agit de la perte de recettes fiscales et douanières, l’augmentation du coût des importations en raison de l’acheminement des marchandises à partir des plateformes portuaires plus distantes (Mauritanie, Algérie, Maroc). S’y ajoutent la restriction de la concurrence avec des conséquences sur les prix et les pertes d’emplois dans les secteurs orientés vers l’import-export. CMT/MD (AMAP)

