Conseil national du patronat du Mali : La bataille judiciaire a déjà commencé
Par Babba B, COULIBALY Bamako, 18 Oct (AMAP) Diadié dit Amadou Sankaré se déclare nouveau président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM). De son côté, Mamadou Sinsy Coulibaly, candidat à sa propre succession, se dit réélu. La justice va trancher entre les deux camps. Ainsi, le CNPM va, progressivement et sûrement, dans une impasse qui fragilisera davantage nos opérateurs économiques dont les caisses sont mises à rude épreuve par les effets de la Covid-19 et la crise sociopolitique que vit le Mali. En effet, après l’imbroglio illustré par la tenue de deux assemblées générales électives, organisées le 26 septembre dernier par le Comité statutaire, à la demande de la liste dirigée par Diadié dit Amadou Sankaré, et le 8 octobre par le secrétariat général de la structure à la demande du bureau sortant, dirigé par Mamadou Sinsy Coulibaly, et candidat à sa propre succession, le CNPM est déjà au cœur d’une bataille judiciaire. En témoigne la teneur d’un communiqué de presse publié, lundi 12 octobre 2020, par celui qui se présente sur Twitter : «président du CNPM Diadié dit Amadou Sankaré». Cet avis d’information dont nous avons reçu une copie, est on ne peut plus clair : «Suite à une décision de justice, Diadié dit Amadou Sankaré, élu président du Conseil national du patronat du Mali à l’issue de l’assemblée générale ordinaire du samedi 26 septembre 2020, a été installé dans ses fonctions, ce lundi 12 octobre 2020 dans les locaux du patronat sis à l’ACI 2000 pour un mandat de cinq ans à compter de ce jour». Cette ordonnance délivrée par un tribunal aurait, ainsi, validé l’élection de Diadié dit Amadou Sangaré en l’autorisant à occuper les lieux. Et pour y tenir sa cérémonie d’intronisation à la tête du Patronat malien. Cela sous la protection des forces de sécurité. Si cette décision judicaire est fêtée comme une victoire par le bureau dirigé par Diadié dit Amadou Sankaré, elle sonne le début d’une bataille judicaire, entre les deux camps. Contacté, lundi après-midi, un membre influent du nouveau bureau de Mamadou Sinsy Coulibaly avait confirmé que son camp s’emploie pour la levée rapide et irrévocable de cette ordonnance. «La tendance Diadié a amené une ordonnance délivrée par le président du Tribunal de la Commune IV. Nous aussi, nous avons envoyé nos avocats. Nous sommes en train de les attendre. Il faut la levée de cette ordonnance. Et dans ce cas de litige, il y aura un procès», indique notre interlocuteur. Ce dernier confirme que le camp de Diadié occupait les lieux pour le moment, mais pas pour longtemps. «Nous avons commis trois avocats, qui sont à pied d’œuvre pour obtenir la levée de l’ordonnance délivrée à Diadié. Après la levée de l’ordonnance, c’est nous qui allons occuper les lieux en attendant que le procès ait lieu», commentait notre source, visiblement confiante. En attendant, c’est Diadié dit Amadou Sankaré et son bureau qui occupent le siège du CNPM depuis le lundi dernier, jour de son investiture. À l’occasion, il a prononcé une allocution solennelle au ton rassembleur. «Désormais, les élections sont derrière nous. Les élections sont l’expression de l’exercice démocratique au sein d’une organisation, il ne saurait donc y avoir ni gagnant, ni perdant et que le CNPM doit être désormais un», a déclaré Diadié dit Amadou Sankaré. Il n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage «au président sortant Mamadou Sinsy Coulibaly» qui a, selon lui, su maintenir le flambeau au cours des cinq dernières années. Il a appelé ensuite à l’union : «Plus que jamais le secteur privé malien a besoin de s’unir dans toute sa diversité en vue de créer une force commune capable de mieux porter sa voix sur les chantiers clés». La réaction du bureau dirigé par Mamadou Sinsy Coulibaly ne se fera pas, sans doute, attendre. En attendant, l’évidence est que le secteur privé malien est plus que jamais divisé. Et il faudra plus que du temps pour recouvrer l’harmonie qui régnait dans les milieux d’affaires maliens. À titre de rappel, les hostilités entre les deux listes de candidatures ont commencé le samedi 26 septembre 2020. Ce jour-là devrait se tenir l’assemblée générale élective de renouvellement du bureau du Patronat qui comprend 20 membres et du Comité statutaire (7 membres). Élection à laquelle la liste du président sortant Mamadou Sinsy Coulibaly était candidate pour un autre mandat de cinq ans, contre celle du PDG du Groupe SAER Diadié dit Amadou Sankaré. Avant le jour du scrutin, un avis du secrétaire général du Patronat, «notifié par voie d’huissier» aux deux têtes de listes, le report de l’élection prévue pour le samedi 26 septembre dernier. Pourquoi ce report ? «Quand j’ai reçu les deux listes de candidatures déposées le même jour, j’ai constaté des noms qui revenaient sur les deux listes. J’ai adressé une correspondance aux deux têtes de liste pour attirer leur attention sur la situation. J’ai transmis la liste de Coulou à Diadié et vice-versa. Les personnes concernées ont alors commencé à écrire aux têtes de liste de les retirer de leur liste au profit de l’une ou de l’autre. Une personne a demandé à être retirée des deux listes si les candidats n’arrivaient pas à s’entendre. Nous nous sommes retrouvés dans une situation où les deux listes étaient incomplètes (c’est-à-dire aucune liste n’avait obtenu 20 personnes nécessaires pour la composition du bureau», expliquait le secrétaire général, rencontré à son bureau au siège du Patronat. Rappelons que l’article 11 du statut du CNPM stipule : «le bureau est composé de 20 membres. Le bureau comprend un président et les vice-présidents élus par l’assemblée générale…» Face à cette situation, «j’ai fait un avis de report, et convoqué une réunion de bureau pour le mardi 29 septembre», rappelait Modibo Tolo. Qui ajoutait que l’avis de report a été envoyé par voie d’huissier aux deux candidats et aux délégués. Le bureau du CNPM devait statuer ce mardi-là et dicter la conduite à tenir, précisait-il, ajoutant que seul le président du CNPM peut convoquer l’assemblée générale élective. Cependant, la liste de candidatures
Mali-Institutions de Bretton Woods: Reprise effective de la coopération
Bamako, 16 Oct (AMAP) Le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, s’est entretenu avec les responsables du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, mardi, dans l’après-midi, sur les modalités de la reprise effective de la coopération entre le Mali et les institutions de Bretton Woods, qui a connu un ralentissement suite aux évènements du 18 aout 2020, indique un communiqué du département publié vendredi. Le ministre a d’abord échangé, par visioconférence, avec la Directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Mme Soukeyna Kane, et l’équipe Mali de la Banque mondiale à Washington. Il a, ensuite, reçu en audience, le Représentant résident du FMI au Mali, M. René Tapsoba. Le Ministre malien de l’Economie et des Finances a rassuré les responsables du FMI et du Groupe de la Banque mondiale sur « la détermination des plus hautes autorités à poursuivre les programmes en cours et à respecter les engagements convenus » auparavant avec ces deux institutions. Enfin, le M. Sanou a affirmé toute sa disponibilité pour une meilleure qualité de la coopération entre le Mali et ses partenaires technique et financiers en vue de l’amélioration des conditions de vie des populations. MD (AMAP)
Le citron sur les marchés de Bamako : Une niche
Par Bayo TRAORE Bamako, 9 Oct (AMAP) La campagne bat son plein. La vente du citron est une opportunité pour certaines vendeuses de se frotter les mains. Ce commerce est, désormais, une activité phare, source de gros revenus pour les vendeuses. Septembre est le début de la campagne de cet agrume sur les marchés « Dabanani », « Médina Coura », « Ouolofobougou » de Bamako. Une armée de détaillantes s’active dans le créneau de la vente du citron. Ce produit restera très courtisé par les ménagères jusqu’à la fin de la saison des pluies. Les vendeuses sont installées dans tous les coins des aires de vente. Certaines sont à même le sol proposant des paniers remplis de citrons. D’autres étalent leurs produits sur des nattes. Elles forment une longue file au bord de l’avenue qui mène au « Wonida » de Bozola. Plusieurs femmes déambulent, des plateaux remplis de marchandises en équilibre sur la tête. Elles font le tour du marché, en quête d’éventuels clients. Le citron est très prisé par la population et les marchandes trouvent leurs comptes. La vieille mère, Sitan Koné, est vendeuse au marché Dabanani de Bamako, depuis plusieurs années. Mme Koné nous confie : « La campagne du citron bat son plein en ce moment dans notre pays. Le sac se vend à 7.000 ou 8.000 Fcfa. D’ici 2 à 3 mois, le produit sera rare sur les marchés de la capitale. Le sac de 50 kg coûtera 20.000 Fcfa ». Après avoir écoulé une partie de sa marchandise chez les grossistes au marché de Medina Coura, Sitan retourne à Bozola. Elle revend au détail le reste de sa marchandise à bon prix. Elle révèle que les vendeuses de jus raflent les gros citrons cédés à bas prix. La méthode est simple. La vendeuse casse ses prix pour les gros citrons. « Je vends entre trois et quatre sacs par jour. Je rends grâce à Dieu », confie-t-elle, sans donner trop de détails sur son chiffre d’affaires. Une cliente, Mme Véronique Sanou, est venue s’approvisionner en citron. Elle utilise le citron dans les infusions de citronnelle servies à sa famille, après le déjeuner. Elle en consomme, tous les jours, en cette période où le prix est abordable. On en trouve partout dans la capitale. « Ce fruit est efficace pour faciliter la digestion. Il est très bon pour la santé », explique Mme Sanou. Kadiatou vend du jus de citron au quartier de Kalaban Coura. Elle est venue faire ses provisions au marché Dabadani. Elle gagne de l’argent dans cette activité. « Je viens d’acheter un sac de 50kg de citrons pour préparer du jus mixte de citron et de gingembre. C’est cher dans le marché de son quartier. Elle se déplace jusqu’au « Wonida » pour faire des économies. L’approvisionnement du marché cache l’épineux problème de la conservation à longue durée du produit. Souvent le fruit se décompose très vite. Binta Konaté, grossiste, vend du citron au marché de Médina Coura, depuis plus de 35 ans. Elle a beaucoup de clientes. Mais elle déplore le fait que le citron pourrit vite. Ce grand problème de conservation persiste, car notre vendeuse ne possède aucun moyen de conservation de longue durée. Si les citrons dépassent 2 à 3 jours sans être vendus, ils se décomposent. Cette situation provoque d’énormes pertes. Une élégante dame, Rokiatou, est venue acheter du citron pour préparer son produit cosmétique. « J’utilise le citron sur tout mon corps. Cela fait disparaitre les taches sur ma peau et élimine les mauvaises odeurs », a-t-elle dit. Le Dr Alou Keita, dermatologue dans un cabinet médical à Médina coura, déconseille l’utilisation du citron à l’état brut sur la peau. Cela peut provoquer des problèmes dermiques graves. Il ne faut pas se fier aux produits cosmétiques industriels et pharmaceutiques. Le spécialiste a expliqué que « les propriétaires de marques des produits cosmétiques et pharmaceutiques synthétisent le citron avant utilisation ». « La matière première subit des transformations grâce à des matériels spécifiques. Tout ce qui nuit, par l’utilisation du produit sur à la peau, est détruit», précise-t-il. BON POUR LA SANTE – Le Dr Djénéba Coulibaly, médecin nutritionniste à l’Institut national de la Santé publique (INSP) livre un avis d’expert sur la composition du citron. Ce fruit est efficace pour la santé. Sa teneur est faible en calories (30 cal. /100 g). C’est un concentré de vitamine C. Il en contient entre 30 et 40 mg. Un quart de tasse de son jus couvre le tiers de nos besoins quotidiens. Le citron apporte, également, des vitamines du groupe B, des minéraux et oligo-éléments (fer, calcium, potassium, phosphore, magnésium, cuivre). Il contient des protéines et des fibres solubles. Le citron renferme divers composants (flavonoïdes, les limonades et la nobiletine) qui peuvent avoir un effet favorable sur la santé et sur la prévention de plusieurs maladies. Ces constituants lui confèrent un pouvoir antioxydant. Le Dr Coulibaly soutient que « la consommation quotidienne du citron est excellente pour la santé, le citron favorise la digestion et aide le travail des différents organes digestifs. C’est une puissante plante médicinale (antiseptique, antibactérien, antiviral). La vitamine C, qui en est le principal composant, protège le fœtus de nombreux troubles pendant la grossesse. Elle protège des maladies cardiovasculaires, des maladies des yeux. Elle est bonne pour la peau et aide notre système immunitaire ». Les composés antioxydants du citron permettent de neutraliser les radicaux libres du corps et de prévenir l’apparition des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et d’autres maladies chroniques. Le jus de citron renforce l’immunité et aide à renouveler les cellules. Consommé pendant le repas, il stimule l’appétit, facilite la digestion et joue le rôle de dépuratif et de nettoyage. Cependant, la consommation abusive peut provoquer des brûlures d’estomac, des symptômes de reflux gastro-œsophagiens tels que les nausées, et les douleurs abdominales. L’acidité du citron peut attaquer l’émail des dents et les rendre plus sensibles au froid et au chaud. Des irritations de la muqueuse buccale peuvent survenir et il est constaté la formation d’aphtes. Tout le monde peut consommer le citron, mais les personnes souffrant de reflux gastro-œsophagien, d’œsophagite (maladie de l’estomac en jargon) doivent consommer avec précaution ou même éviter d’en consommer,
Mali : Levée des sanctions de la CEDEAO
Bamako, 6 Oct (AMAP) Les sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre le Mali sont levées, indique une déclaration de l’Organisation sous régionale faite, lundi, à Accra, au Ghana, dont le chef de l’Etat, Nana Akufo Addo, assure la présidence tournante de l’organisation commune aux 15 pays ouest-africains. Dans cette déclaration, publiée mardi, la CEDEAO, dont la décision intervient au lendemain de la formation du gouvernement de la Transition malienne demandée par l’organisation sous régionale, indique avoir pris en compte les avancées notables vers la normalisation constitutionnelle au Mali. Elle appelle, ainsi, les partenaires bilatéraux et multilatéraux à soutenir Bamako. Cependant, l’organisation ouest-africaine insiste sur la libération des officiels civils et militaires arrêtés, le 18 août, lors du coup d’Etat et détenus, dans la caserne de Kati d’où était parti les évènements qui ont conduit au coup de force. La dissolution du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) est une autre demande de l’organisation sous régionale. Selon les statistiques douanières, la fermeture des frontières par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’espace communautaire fait une dizaine de milliards de manque à gagner sur les recettes fiscales de porte. Pour arriver à cette levée de l’embargo, les nouvelles autorités maliennes se sont pliées aux exigences de la CEDEAO. Celle-ci avait, à toutes les occasions, clairement indiqué que les dirigeants militaires doivent, encore, satisfaire à d’autres demandes concernant, notamment les prérogatives du vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Et l’assurance que le vice-président ne puisse, en aucun cas, remplacer le président de la Transition, Bah N’Daw, en cas d’empêchement. Mais sur ce sujet particulièrement sensible aux yeux de la CEDEAO, elle indique que rien d’officiel n’est communiqué. Toutefois, ces zones d’ombre ont été éclaircies dans la Charte de la Transition publiée au Journal officiel qui mentionne que le vice-président est chargé des questions de défense et de sécurité AC/MD (AMAP)
Poisson de mer : Les prix prennent l’ascenseur
Par Maimouna SOW Bamako, 2 Oct (AMAP) Si l’hivernage nous livre les aliments frais de la nature, il nous prive de certains condiments essentiels pour une sauce délicieuse. Qui peut préparer sans viande, ni poisson, encore moins l’oignon et l’ail ? Les prix de ces produits, indispensables au panier de la ménagère, ont pris l’ascenseur. Les vendeuses prétextent la crise politique et l’hivernage pour justifier l’augmentation, les ménagères dénoncent la hausse des prix et l’amour du gain ainsi qu’une pratique qui tue le marché. Le poisson de mer voit son prix grimper en flèche, depuis le début de la saison pluvieuse. Importé de plusieurs pays voisins, il permet aux familles, plus ou moins aisées, de profiter, elles aussi, des bienfaits du vertébré aquatique (riche en protéine). Le poisson de mer a comblé le fossé entre les couches de la société. Autrement dit, les riches ne sont pas les seuls à l’avoir dans l’assiette. Les moins nantis, eux aussi, grâce au prix abordable, peuvent se le procurer. Du moins. C’est ce qu’a cru Mme Sylla, jusqu’à ce que la réalité la rattrape, ce matin du 15 septembre. Avec peu d’argent, elle repartait, habituellement, avec assez de poissons. Mais cette année, les prix sont vertigineux et l’étonnement est à son comble chez la ménagère. Le mets du jour de la dame risque de décevoir plus d’un. Au marché « Soukouni-Coura » qu’elle connait sur le bout des doigts, quel ne fut son étonnement ! La vendeuse de poissons lui annonce les nouveaux prix. Elle reste interloquée ! Momentanément incapable de placer un mot. Sa surprise était palpable. Finalement, Mme Sylla marmonne, inconsciemment, les prix « 700, 750 Fcfa pour les petits poissons, 900 et 1.250 Fcfa pour les grands ». Ayant, pour ainsi dire, retrouvé la lucidité, elle rétorque, non sans énervement, à la vendeuse. « Mais c’est trop cher ! C’est loin du prix habituel, pourquoi cette augmentation ?», interroge-t-elle. La réponse de la mareyeuse ne se fait pas attendre. «Je ne suis qu’une revendeuse, vous savez, tous, ce qui se passe dans ce pays». La discussion prend des allures de polémique. «C’est pas une raison ! Vous n’êtes que des sangsues (Ndlr, un ver à anneaux aquatique qui se nourrit de sang), vous sucez notre sang ! » réagit violemment la ménagère. Elle a saisi l’opportunité de déverser sa bile à propos de l’augmentation du prix du poisson. « C’est vrai que nos frontières sont fermées, mais les denrées de première nécessité sont exemptes des sanctions de la CEDEAO (Ndlr, Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Il ne doit donc pas y avoir une telle différence», ajoute-elle. La différence constatée sur le kg du poisson varie entre 200 à 250 Fcfa. L’écart est assez grand, en tout cas suffisant pour mettre en colère les ménagères qui n’apprécient guère la situation. Prise de court par la réaction de la clientèle, la mareyeuse reste sans réaction, jusqu’à ce que sa voisine, une autre commerçante, vole à son secours. « Vous savez Mesdames, en cette période d’hivernage tout devient cher, la mer prend du volume et les poissons sont difficiles à pêcher. Idem pour les poissons d’eau douce, plus le fleuve est rempli, plus les poissons vont au fond de l’eau et nos pêcheurs ne trouvent que des petites espèces », plaide-t-elle. « En outre, dans peu de temps, ces petits poissons vont inonder le marché. Mais une chose est sûre, le prix du poisson a toujours été instable », soutient la dame, avant de préciser que le prix peut varier, au moins, deux fois dans la journée. Pour elle, certains cartons de 20 kg ont augmenté jusqu’à 5.000 Fcfa, ce qui influe forcément sur la vente. Au marché « Soukouni Coura », appelé aussi marché du poisson, la machine commerciale est grippée en ce moment et le prix y est pour quelque chose. Selon les avis de diverses vendeuses, elles ne cherchent que 50 Fcfa de bénéfice sur le kg. Qui croire, entre vendeuses et clientes ? Pour tirer son épingle du jeu, Mlle Haidara a fait le choix d’un marketing agressif pour écouler beaucoup de marchandises. Grâce à son sourire et sa bonne humeur, difficile pour la clientèle de s’échapper de ses griffes. « Venez voir, je vous offre le meilleur prix de la place. Je ne cherche pas à faire du surprofit. Tout le monde gagne avec. C’est du poisson sain». Sans doute, accueillant toujours les clientes avec bonhomie, elle semble s’en sortir mieux que les autres. Dans ce marché idéal pour faire la provision du mois, on trouve à moindre coût, presque tous les aliments, surtout ceux qui sont importés. Poisson, « attiéké », « aloco (banane plantain », pomme de terre, avocat, oignon, ail etc. Mme Sylla fait ses achats mensuels. C’est avantageux de procéder ainsi, car il y a toujours une différence entre le prix d’ici et ceux des autres marchés. « Le poisson que j’achète ici à 700 Fcfa le kg est cédé, dans mon quartier, à 1000 Fcfa et ceux d’eau douce que l’on a ici à 1.250 le kg sont vendus, chez nous, à 2000 Fcfa». Selon cette femme au foyer, il faut juste admettre que les gens n’ont pas d’argent. Elle qui fait sa provision mensuelle, habituellement, se contente, cette fois-ci, d’achats pour une semaine. Pour Mme Diallo Balki Traoré, le prix de certains produits grimpe en flèche. L’ail, le persil, l’oignon, tout est hors de portée. En « plus du poisson, je viens d’acheter un kg d’oignon à 500 Fcfa, c’est trop cher pour le citoyen lambda. Pire, ça peut culminer jusqu’à 750 Fcfa», s’indigne-t-elle. A l’en croire, l’idée de faire le marché, en ce moment, effraie plus d’une ménagère, car on peut dépenser tout l’argent de la popote pour peu d’aliments. Pendant la grande chaleur, le poisson importé est abondant et le prix est bas. Maqueron shasha, tilapia, milieu, tiopa zébré sont, entre autres, variétés qui inondent nos marchés. « Elles sont importées du Sénégal, du Maroc, de la Mauritanie, de la Chine, de la Côte d’Ivoire », nous confie Koura Traore, âgée d’une trentaine d’années. Cet après midi, sous un temps orageux, Coura, couchée sur un
Kadiolo : Affrontements sanglants à Bananso pour un site d’orpaillage (Sources locales)
Kadiolo, 2 Oct (AMAP) Des affrontements entre populations, samedi dernier, ont fait quatre blessés dont deux cas graves et des dégâts matériels, dans le village de Bananso, à 67 km de Kadiolo, précisément dans la Commune de Fourou, dans le Sud du Mali, a appris l’AMAP. Pour la propriété d’un site d’orpaillage, les jeunes du même village se sont affrontés, à coups de machettes, de fusils, de bâtons et autres objets tranchants. Il n’y a pas eu de perte en vies humaines, selon le bilan fourni par des sources sur place. Les blessés ont été évacués au centre de santé de Kadiolo et à l’hôpital de Sikasso. Chacune des parties réclame la paternité de ce site d’orpaillage que la communauté villageoise exploitait, illégalement. Aujourd’hui, un quartier exige le droit exclusif de propriété du site. En réalité, la zone litigieuse est une propriété de la Société des mines d’or de Syama (SOMISSY SA). Donc son exploitation par quiconque est illégale. Les services de sécurité de Kadiolo se contentent de rappeler que l’exploitation du site contesté a été suspendue par les pouvoirs publics. Avec l’arrivée de l’hivernage, le préfet a pris une décision pour la fermeture de tous les sites d’orpaillage du Cercle de Kadiolo. Mais, les orpailleurs du village ont ignoré cette interdiction pour prendre le contrôle de la gestion du placer. Les jeunes des quartiers de Watola et de Karamogola seraient à l’origine des tragiques événements du samedi dernier, Le groupe de jeunes Watola se serait rendu sur la partie du site qu’exploitent des jeunes de Karamogola, dans le but de les empêcher d’extraire le métal jaune. Ils auraient éteint, d’abord, la motopompe. Ce geste aurait donné le départ des accrochages entre les deux camps. Aux dernières nouvelles, le calme est revenu sur le site. Et la gendarmerie de Kadiolo dépêchée sur les lieux est en train d’enquêter pour élucider la situation. Le village de Banansso est considéré, aujourd’hui, comme un eldorado. De très nombreux habitants ont bâti fortune grâce au métal jaune. Les maisons en banco ont cédé la place à de luxueuses villas et des maisons à étages. De grosses motos et des voitures y circulent partout. Toute cette richesse provient du sous sol du village gorgé d’or. Depuis, une farouche rivalité s’est installée entre les villageois et les quartiers, chacun réclamant le droit de propriété sur le site orifère. Dans un premier temps, l’exploitation se faisait par rotation des quartiers et les familles se partageaient les recettes. NIO/MD (AMAP)
Office riz Mopti : Malgré les inondations, l’espoir est permis
Mopti, 1er oct (AMAP) Dans la Région de Mopti (Centre) et, particulièrement, en zone Office Riz (ORM), la campagne agricole a, comme par le passé, connu un démarrage difficile à cause d’un déficit pluviométrique. Cette période a été suivie de fortes pluies auxquelles se sont associées les eaux collinaires provoquant une inondation précoce des champs à plusieurs niveaux. Malgré ces situations, les travaux champêtres battent leur plein en zone Office riz Mopti. Le repiquage en maîtrise totale, le désherbage et l’apport d’engrais minéraux se poursuivent activement. L’état des cultures est satisfaisant. C’est le constat qu’a établi le directeur général de l’Office riz Mopti, Yaya Amadou Téssougué. La zone Office riz Mopti, située dans le Delta intérieur du Niger et le Bassin du fleuve Bani, fait de la 5ème circonscription administrative du Mali, une zone de production par excellence de riz. Elle couvre les Cercles de Djenné, Mopti et Ténenkou, à travers 4 sous secteurs que sont ceux de Sofara, Mopti nord et Mopti sud et la Ténenkou. Pour la campagne agricole 2020-2021, la zone ambitionne d’atteindre les objectifs de production céréalière de 184.690 tonnes, dont 140.352 tonnes de riz paddy, soit 76% des céréales, 43 475,8 tonnes de mil/sorgho, 702 tonnes de maïs et 159 tonnes de fonio. Les prévisions d’emblavures, pour la riziculture, étaient de 49.376 hectares et les producteurs ont atteint une réalisation de 39.754 hectares, soit 80,5% des prévisions. Ces efforts des producteurs sont accompagnés par des mesures envisagées par l’Etat. « Parmi celles-ci, on peut citer la mise en œuvre du programme de travaux d’urgence, la poursuite de la subvention des intrants pour renforcer la résilience des paysans, la mise en œuvre de bonnes pratiques agricoles à travers le Système de riziculture intensive (SRI) et le Placement profond de l’urée (PPU) ainsi que la diffusion, à grande échelle, des thèmes techniques d’intensification », a expliqué Yaya Amadou Téssougué. Dans le cadre de l’accompagnement de l’Etat, les producteurs de la zone ORM ont bénéficié de 2.697 tonnes d’engrais subventionnés (NPK, DAP, Urée), 70 tonnes de semences au compte du Commissariat à la sécurité alimentaire, 6 tonnes de semences de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et 21 tonnes de l’ORM. Toujours dans la dynamique de renforcer la productivité, les paysans bénéficient d’un encadrement rapproché des services techniques. Les organisations paysannes des différentes zones ont été formées en matière de gestion des fonds issus de la redevance eau. Plus de 400 producteurs, dont 1/3 de productrices, ont reçu des formations sur les nouvelles technologies agricoles, notamment la pratique SRI avec l’appui de l’ONG CIV-GIZ. La campagne agricole 2020-2021 ne se passe pas sans difficulté pour cet hivernage annoncé comme très pluvieux. Les premières fortes pluies ont mis en exergue le sous équipement des producteurs, l’insuffisance du matériel de culture attelée avec la faiblesse des animaux de trait, toute chose qui ne permet pas aux paysans d’aller plus vite. « A ce tableau, s’ajoute la dégradation avancée des infrastructures d’irrigation (faible niveau d’aménagement) », a expliqué le directeur général. A en croire notre interlocuteur, la difficulté majeure de cette campagne est que les zones de l’Office ont connu, pour la première fois de leur histoire, une abondance des pluies. Les eaux collinaires, qui sont venues s’ajouter à cela, ont entrainé une perte de plus 3.013 hectares, soit 1.500 hectares de semis submergés avant la phase de germination des plantes et 1513 hectares engorgés d’eau. Malgré ces contraintes, Yaya Amadou Téssougué garde espoir pour l’atteinte des objectifs de production. Selon lui, si les paysans suivent les itinéraires techniques afin de mieux profiter des campagnes de contre saison dans les périmètres en maîtrise totale et si la situation phytosanitaire reste calme, les pertes causées par les inondations seront comblées. Au regard des difficultés structurelles rencontrées, le directeur général de l’Office riz Mopti sollicite l’appui de l’Etat pour transformer, de façon progressive, les casiers de submersion contrôlée en périmètres irrigués avec maîtrise totale de l’eau, la poursuite du renforcement des capacités des producteurs (approvisionnement en équipements et intrants agricoles). DC/MD (AMAP)
Le Vérificateur général décèle un trou de 830,4 millions de Fcfa à l’OPAM
Bamako, 1er oct (AMAP) Une mission d’inspection du Bureau du vérificateur général (BVG) a permis de déceler des irrégularités financières à l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) d’un montant total s’élevant à 830,4 millions de Fcfa. Les documents ont été transmis par le Vérificateur général au président de la Section des Comptes de la Cour suprême et au procureur de la République près le Tribunal de Grande instance de la Commune III du District de Bamako, chargé du Pôle économique et financier. Les investigations ont concerné l’examen des dépenses de fonctionnement, d’investissement et des achats de céréales ainsi que les recettes de location de magasins, de ventes de sacs vides, de ventes de céréales et des dépôts à terme au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019, au 31 août. Les dossiers se rapportent, de façon détaillée, à la non application des procédures de recouvrement des frais de location des magasins pour un montant de 60,9 millions de Fcfa. L’OPAM a livré des sacs non conformes pour un montant de 8,5 millions de Fcfa, selon le rapport d’inspection. Le Vérificateur général a dénoncé, aussi, la non application des pénalités de retard sur des contrats pour un montant de 26,2 millions de Fcfa. Il a attiré l’attention de la justice sur le non reversement des recettes issues de la vente du Stock national de sécurité pour un montant de 734,7 millions de Fcfa. L’OPAM a été créé en 1965 par une loi abrogée et remplacée par une autre du 20 mars 1982. Une dernière loi, du 26 décembre 1988, a aussi modifié l’article 2 de la loi du 20 mars 1982. Ainsi, après ces réformes institutionnelles et organisationnelles, l’OPAM a comme missions principales de : constituer, gérer et conserver un Stock national de sécurité permettant d’intervenir, en cas de besoins, sur toute l’étendue du territoire national ; assurer l’approvisionnement des zones déficitaires sur la base d’un plan national de ravitaillement ; gérer et distribuer les aides alimentaires en céréales dans le cadre des conventions conclues avec les partenaires. Le Mali est confronté, depuis quelques années, à une grave crise sécuritaire qui continue d’affecter les zones de production céréalières, exposant davantage les populations à une insécurité alimentaire, souvent sévère. Selon les résultats de l’Enquête nationale sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (ENSAN) de septembre 2018, quelque 19,1% des ménages sont exposés à l’insécurité alimentaire en 2017 dont 2,6% de cas sévère. L’Etat malien dépense, pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, plus de 154 milliards de Fcfa par an. Ce montant inclut les subventions apportées à la campagne agricole, l’importation de riz, de lait et de poissons, les débours de l’Etat et les contributions financières directes, selon les indicateurs donnés dans la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PNSAN) du Mali. Ainsi, du 1er janvier 2016 au 30 juin 2019, le montant total des dépenses effectuées par l’OPAM s’élève-t-il à 10,362 milliards de Fcfa, contre des recettes réalisées à hauteur de 10,127 milliards de Fcfa. CMT/MD (AMAP)
Bamako : La seconde vie des sachets plastiques
Par Fadi CISSE Bamako, 1er oct (AMAP) Des usines transforment les sachets usagés pour fabriquer des baignoires, des seaux, des cuvettes, des brosses. Tout un business s’est organisé autour de cette activité et sur les dépôts d’ordures (souvent sauvages) qui existent dans plusieurs quartiers de Bamako, rendant la vie difficile pour les riverains. En certains endroits, ces déchets domestiques débordent sur les routes, bloquent la circulation. Dans ces tas d’immondices, une grande partie constitue les sachets plastiques, non biodégradables et nuisibles à l’environnement. Mais ils ont une utilité après avoir servi, la plupart du temps, de récipients pour transporter des aliments ou des condiments. Les sachets plastiques sont très recherchés par les femmes et hommes qui fouillent les ordures à la recherche d’objets à revendre. Ces « chercheurs » passent des journées entières sur les montagnes d’ordures. Elles amassent les sachets plastiques et les revendent à des fabriques qui font du recyclage pour insuffler une seconde vie à ces déchets. En la matière, la concurrence est, souvent, rude entre ces braves dames qui sont loin d’être tirées à quatre épingles. Elles semblent, au contraire, fières de mettre en relief leur apparence «débraillée». Les plus téméraires et les plus assidues d’entre elles semblent tirer leur épingle du jeu. Il suffit, pour s’en convaincre, de parcourir les dépôts de transit d’ordures et autres dépotoirs de Bamako et sa périphérie. Lundi 7 septembre 2020. Le ciel est nuageux, le temps menace. L’horloge affiche 10h 25 mn. Le dépotoir de déchets, qui a poussé entre les collines de Badalabougou, au beau milieu de l’espace universitaire, dégage son odeur fétide, au fur et à mesure que l’on s’approche de l’Université internationale d’excellence (UIE). Aucun moyen de protection ne semble suffire la parade conte l’odeur pestilentielle qui se dégage. Pas même un masque. Visiblement heureuse dans cet univers, des femmes consacrent une bonne partie de leur journée à ramasser les déchets, sans se plaindre des odeurs ambiantes. Fatoumata Doumbia est l’une de ces ramasseuses de déchets plastiques. Cette quinquagénaire, qui dit avoir perdu tous ses enfants, découvre ce travail grâce une amie. «Avant, je vendais des galettes qui s’achetaient à peine. Chaque jour, je quitte Daoudabougou (quartier de la Commune V, de Bamako, la capitale malienne) à pied, à 8 heures du matin, pour arriver ici et je retourne en famille vers 18 heures », confie la dame. A côté d’elle, sont déposés, à même le sol, deux gros sacs remplis «de plastiques ramassés durant une semaine de collecte». Où transportez-vous ces déchets plastiques ? «On ne fait que parler dans le vide, car on ne voit aucun résultat après nos entretiens avec la presse. Je refuse de dire un mot», s’emporte une dame, avant de lancer une poignée de déchets, en guise de plaisanterie, comme pour nous dissuader de l’approcher. LE KG 100 FCFA – Sa camarade, Djénèba Coulibaly, mère de cinq enfants, répond sans hésiter. Ces déchets plastiques sont gardés pour un homme qui passe au dépotoir, tous les samedis, pour les acheter. « Cet acheteur, précise Djénéba, arrive à bord d’un minibus «Sotrama». Il récupère tous les déchets plastiques que nous avons pu collecter. Il paye le kg 100 Fcfa ». Djénéba Coulibaly peut vendre, souvent, entre 10 à 20 kg de déchets plastiques. Grâce à cette somme, elle nourrit ses cinq orphelins et arrive à couvrir d’autres besoins personnels. Mais ce n’est pas sans difficulté. «En cette période d’hivernage, les sachets plastiques sont presque introuvables. Ils sont emportés par les eaux de pluie ou ensevelis dans la boue. Si ilssont trempés, les clients refusent de les acheter. C’est la période des vaches maigres pour nous», se plaint-elle. « Le risque de contracter des maladies, comme les maux de dos, toux, sans oublier les courbatures, est, aussi, très élevé », ajoute-t-elle. « Mais, on n’a rien sans peine », paraphrase Djénéba, philosophe, comme pour se consoler. Molobali Doumbia se présente comme la présidente de toutes les ramasseuses opérant sur les dépôts et décharges de Bamako. Elle opère depuis plus de dix ans au niveau du dépotoir de Badalabougou. Cette femme d’un âge avancé, mère de cinq enfants dont un garçon, aide son mari, en exerçant cet emploi et en contribuant aux petites dépenses familiales. «Depuis 4 heures du matin, je sors de chez moi à Sabalibougou pour rentrer au-delà de 16 heures, sauf si la pluie m’en empêche. Exceptés les vendredis, je viens tous les jours assembler les déchets plastiques et les bidons d’eau vides», explique-t-elle. « Le commerce des bidons est moins rentable, depuis l’avènement de la Covid-19. Les gens ont peur de venir s’en procurer », déplore la ramasseuse. Concernant les déchets plastiques, des clients (une femme et deux hommes) viennent les acheter à raison de 100 Fcfa le kg. Molobali révèle vendre entre 20 et 25 kg par semaine en cette période d’hivernage. En saison sèche, elle peut vendre plus de 40 kg par semaine. « Face à la conjecture actuelle, certaines d’entre nous se reconvertissent en ramasseuse de restes de nourritures. Elles les sèchent avant de les vendre aux marchands d’aliments bétail et aux pêcheurs. Ceux-ci les utilisent comme appâts pour ferrer les poissons. Le soleil se fait rare. Il est difficile de faire sécher les provisions», murmure-t-elle. Chaussée d’une paire de bottes arrivant au niveau des genoux, elle patine au milieu des mouches qui bourdonnent. Comme elle, leurs clients profitent de cette activité. Sofiana est l’un des acheteurs chez Molobali Doumbia. Ce trentenaire confirme qu’il achète les déchets plastiques auprès de ces femmes pour les revendre aux Chinois disposant d’une usine de recyclage à Sotuba, en Commune II du District de Bamako. «Je loue deux Sotrama (minibus), chaque semaine, pour le transport des déchets plastiques. Je les revend à partir de 125 Fcfa voire 300 Fcfa le kg», indique-t-il. Et de préciser que le prix du kg dépend de la qualité de la marchandise. Sofiana monnaye, par semaine, trente à quarante sacs de 100 kg remplis de déchets plastiques achetés auprès de ses clientes des dépotoirs de Badalabougou et de Lafiabougou. «Auparavant, j’avais des soucis même pour payer le
Cours mondiaux de l’or : Les profits pour l’Economie malienne
Par Cheick Moctar TRAORE Bamako, 30 sept (AMAP) Le prix de l’or poursuit sa courbe ascendante, malgré de légères fluctuations. De 1.624,45 dollars l’once, en avril 2020, le cours a atteint une hausse historique, le 27 juillet, avec 1.944,71 dollars l’once. Soit plus de 67.000 euros le kilo. Il a continué sa progression pour atteindre 2030,30 dollars en août. Le lundi 28 septembre, la bourse a ouvert à 1850,950 dollars. La veille, elle avait clôturé à 1870,050 dollars. Troisième producteur d’or en Afrique, le Mali devrait profiter de cette hausse historique du prix du métal jaune. La hausse du prix de l’or sur le marché international entraîne une augmentation des redevances payées à l’Etat. Il permet aussi d’améliorer les performances en termes d’exportation et de renforcer les comptes extérieurs. «Lorsque le prix de l’or augmente, nous payons plus de redevance à l’Etat et faisons plus de bénéfices», confirment plusieurs responsables de sociétés minières, contactés à cet effet. Interrogés, des experts du bureau de la Banque mondiale au Mali abondent dans le même sens. Selon eux, la hausse du prix de l’or profite à l’économie malienne à travers plusieurs canaux de transmission. « En 2018, le produit représentait 75% des exportations du pays, contribuant à hauteur de plus de 25% aux ressources budgétaires de l’État », illustrent-ils. « L’appréciation des cours internationaux de l’or permet, ainsi, au Mali d’améliorer ses performances en termes d’exportation, de renforcer les comptes extérieurs et la situation budgétaire », expliquent des économistes de la Banque mondiale. Selon eux, l’impact se fera sentir, aussi, sur la vie des 11.000 salariés formels travaillant dans le secteur et les millions de personnes qu’il fait vivre, y compris environ 500.000 orpailleurs (données de la Chambre des mines du Mali). L’IMPACT DU FCFA – Toutefois, à en croire certains, une bonne partie de ce que le Mali devrait gagner est diluée par la «mauvaise» appréciation du Franc CFA par rapport au dollar, du fait de son arrimage à une monnaie forte (l’Euro). «Les exportations d’or non monétaire se sont accrues de 212,639 milliards de Fcfa (ou 18,1%), en 2018, en atteignant 1.388,358 milliards de Fcfa, en raison de la forte hausse du volume exporté, atténuée par le léger repli du cours sur le marché international (en Fcfa). En effet, l’appréciation du Fcfa par rapport au dollar a conduit à une baisse du prix moyen de vente obtenu par le secteur, qui est ressorti à 21.037,8 Fcfa/g, en 2018, après 21.485,5 Fcfa/g pour les sociétés industrielles, soit 2,1% de diminution par rapport à 2017», constatent les «Comptes publics» publiés sur le site de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Contacté, l’économiste Cheickna Bounadjim Cissé explique : «1 $ = 600 Fcfa à la date N ; 1 $ = 550 Fcfa à la date N+1. Entre ces dates, le franc CFA s’est apprécié. Ainsi, à chaque fois que le Mali vend à l’étranger pour 1 dollar, il perd l’équivalent de 50 Fcfa de valeur de produit». « C’est pour cette raison que le régime de change fixe (la situation actuelle) pénalise nos exportations et favorise nos importations. En effet, la moto Djakarta qui coûte 1.000 $ à l’achat avait une contrevaleur (c/v) de 600.000 Fcfa à la date N, contre 550.000 Fcfa à N+1 », explique l’économiste. Oumar Bouaré est un ancien fonctionnaire international à la retraite. «Tu prends ton or et le donne à quelqu’un qui fait du business avec. Tu ne peux pas en profiter», schématise le directeur générale du Centre de recherche en sciences économiques et sociales. « A cause des accords monétaires avec la France, nos réserves d’or et de devises sont déposées au Trésor français, depuis les années 1945 », rappelle M. Bouaré. Il ajoute que la France profite de ces ressources, en les injectant sur le marché financier international. « Opération grâce à laquelle, l’Hexagone perçoit des intérêts. Ces intérêts que perçoit le gouvernement français pourraient aider au développement de notre pays », estime l’économiste. Un autre obstacle a trait au mécanisme de vente de l’or malien. Selon les techniciens de la Banque mondiale, le Mali est tributaire de la fluctuation du prix de l’or sur les marchés internationaux et est, ainsi, à la merci d’une éventuelle chute des prix. D’où l’avantage, selon eux, des contrats de vente à terme (vendre à l’avance à un prix fixe) dont l’objectif est de se protéger des fluctuations des prix. «Elle permet, ainsi, de s’assurer contre des mouvements de prix défavorables», expliquent-ils. Le problème avec la vente à terme est qu’on ne gagne pas à tous les coups. «Aujourd’hui, tous ceux ce qui ont vendu à termes perdent les bénéfices du prix actuel », notent des responsables de sociétés minières. Par exemple, quelqu’un qui vend à terme sa production de 2020 à 1.500 dollars, alors que le prix réel du marché est de 1.900 dollars aujourd’hui. Il aura un manque à gagner de prêt de 400 dollars. L’effet contraire pourrait également se produire», illustrent-ils, précisant que la vente à terme n’est plus courante au Mali. Selon eux, les mines vendent au taux du jour de l’expédition sur la bourse financière. Néanmoins, des réformes sont nécessaires pour améliorer l’impact de la production de l’or sur l’Economie du Mali. Tel est l’objectif du Projet de gouvernance du secteur minier, un financement de la Banque mondiale. Il est axé entre autres, sur la création d’un environnement (juridique, fiscal, financier et technique) propice à l’investissement en vue de l’expansion des opérations actuelles, en attirant de nouveaux Investissements directs étrangers (IDE) dans l’exploration et l‘exploitation. Ce projet vise, aussi, la mise en place d’un incubateur pour accroitre la part des PME/PMI locales dans le tissu minier malien. Il prévoit, également, l’accroissement de la transparence globale dans la gestion du secteur minier au Mali, à travers la mise en place d’un mécanisme de contrôle citoyen au niveau national et local. CMT/MD (AMAP)

