Vente de ciment au Mali : Prix variés et concurrence déloyale
Par Fadi CISSE Bamako, 28 Oct (AMAP) Le marché du ciment, matériau essentiel dans les bâtiments et les travaux publics, est loin d’être réglementé. Importateurs et revendeurs appliquent les prix comme bon leur semble. Toutes les astuces sont bonnes pour écouler la marchandise et faire le maximum de profits. Le ciment est un produit très prisé au Mali, un pays constamment en chantier. Ce produit est utilisé dans la construction des bâtiments, des briques, des dalles, du béton et dans d’autres travaux. Dans notre pays, le marché du ciment a enregistré une croissance de 5% en 2019, la production atteignant près de trois millions de tonnes. De nos jours, la forte augmentation de la production locale est devenue une réalité. En effet, de 750.000 tonnes en 2018, l’industrie malienne du ciment a injecté sur le marché 1.135.000 tonnes en 2019, soit une croissance de 51%. Face à la croissance de la production locale, les trois cimenteries sénégalaises (Ciments du Sahel, Soccocim et Dangote), principaux fournisseurs du marché de notre pays, ont globalement vu leurs ventes chuter de 13% : de 1.900.000 tonnes en 2018 à 1.660.000 tonnes en 2019. À l’inverse, la production locale a porté sa part de marché à 41% contre seulement 28% en 2018. Trois sociétés de production sont présentes sur le marché. La plus ancienne est Diamond Cement, avec deux sites de production à Gagontéry, dans le cercle de Bafoulabé (région de Kayes) et à Dio, dans le cercle de Kati (région de Koulikoro). À la quincaillerie Zoulka’ada, sise à Sébénicoro en Commune IV du District, le commerçant Ayouba Traoré nous a expliqué que le ciment local est livré au grossiste au prix de 87.000 Fcfa la tonne et contre 90.000 Fcfa pour les détaillants. Le sac coûte 4.500 Fcfa l’unité. Ce chef de famille affirme vendre uniquement du ciment “Made in Mali” (fabriqué au Mali) de qualité CIMAF qui est le plus sollicité sur le marché par les constructeurs. Ce commerçant a ajouté qu’il y a six mois de cela, le prix du ciment en détail était fixé à 125.000 Fcfa la tonne contre 100.000 Fcfa pour la vente en gros dont l’unité était vendue à 5.500 Fcfa. Par ailleurs, interrogé sur la cherté du ciment malien comparé aux marchés des pays voisins, Ayouba Traoré a simplement dit ignorer la raison de cette situation. Notre équipe de reportage s’est rendue à la quincaillerie de Modibo Keita qui s’impose aussi connue comme un spécialiste dans la vente du ciment en provenance du Sénégal et du ciment local. Pour lui, le prix des différentes qualités de ciment varient souvent. « Ce qu’on produit chez nous coûte plus cher mais il arrive aussi des moments où le ciment importé est plus cher. En tant que revendeur, il nous est difficile d’expliquer cela mais, on arrive à vendre les deux qualités. C’est l’essentiel mais, je pense que la cherté du prix se situe au niveau de nos usines », a dit Modibo Keita, le propriétaire de la boutique de ciment. D’après lui, le ciment sénégalais s’écoule souvent plus que le nôtre, pour sa qualité car, certaines personnes disent que le ciment sénégalais contient plus de colle que le nôtre. « Il y a une différence de 2.500 Fcfa entre les deux qualités de ciment. Le prix de la tonne du ciment malien est de 87.500 et 90.000 Fcfa pour le ciment sénégalais. Chez lui, le sac de ciment malien coûte 4.425 Fcfa contre 4.500 Fcfa pour le sac de ciment en provenance du Sénégal. Pour lui, tout dépend de l’efficacité de la stratégie de la vente et les prix ne sont pas standards, chacun vendant ses produits à sa guise. Modibo Diakité, un revendeur de ciment, nous raconte son expérience en ces termes : « Il nous arrive des fois d’acheter le ciment du Sénégal à un prix inférieur à celui du Mali. Pour le Mali, il faut débourser 87.500 pour avoir le ciment CIMAF alors que celui du Sénégal nous revient à 86.000 Fcfa. Si on y ajoute les frais de déchargement du camion qui s’élèvent à 500 Fcfa, nous se retrouverons avec une somme de 86.500 Fcfa. Nous avons du mal à expliquer cette hausse de prix », dira-t-il aussi. Selon Modibo Diakité, souvent le ciment malien baisse jusqu’à hauteur de 85.000 Fcfa si c’est la marque Diamond. Par contre, il assure que pour le ciment sénégalais, le prix varie entre 86.500 et 87.500 Fcfa. Par contre, notre interlocuteur soutient qu’il cède le sac de ciment du Sénégal à 4.750 Fcfa contre 4.500 Fcfa pour celui du Mali, sans pour autant expliquer clairement cette différence. « En temps de crise, s’il y a une rupture de stock, les deux différentes qualités de ciment seront livrées au même prix allant de 95.000 à 100.000 Fcfa. A son avis, il n’y a pas de prix fixe et chaque commerçant évalue sa marchandise en fonction de sa provenance. Les deux qualités de ciments, surtout la qualité CMM provenant de chez nous, sont achetées par les clients maliens pour sa proximité avec celle du ciment sénégalais dont le prix est de 87.500 Fcfa pour la vente en gros. « Je me ravitaille surtout à la quincaillerie Zoulca’ada et Bon prix car, ils vendent moins chers que plusieurs autres fournisseurs », déclare ce père de trois enfants qui explique avoir trois qualités de ciment malien (CIMAF, CMM, DIAMOND) et trois qualités sénégalaises (DIANGOTE, SAHEL, SOCCOCIM). Parmi toutes ces marques, ce commerçant estime que le CIMAF, tout comme le ciment SAHEL, est convoité par les Maliens, même quand le prix de la tonne grimpe. Par contre, chez Lassana Camara, propriétaire de la quincaillerie Bon prix, le prix d’une tonne du ciment malien s’élève à 79.500 Fcfa sans marchandage car, il trouve que chez lui, la marchandise est beaucoup moins chère que pour beaucoup d’autres. Précisons que ce chef de famille, qui exerce ce métier depuis 5 à 6 ans, ne vend que du ciment local. S’agissant du marché, cet opérateur économique estime qu’il ne peut rien dire sur
Infrastructures au Burkina Faso : Fiches techniques des ponts de Boromo et de la Sirba
Bamako, 25 Oct (AMAP) Le pont de la Sirba a été inauguré le 25 septembre 2018. Plus long pont réalisé au Burkina Faso depuis l’accession du pays à l’indépendance, avec 309 mètres, il a été construit en neuf mois, conformément au délai contractuel. Il soulage les usagers et les riverains de la Route national (RN18) et profite à toute l’Economie de la province de la Gnagna et, plus largement, à la Région de l’Est, qui dispose d’un vaste potentiel touristique, halieutique, cynégétique et agro-pastoral. Il a été réalisé par un groupement d’entreprises pour un montant de 2,040 milliards de Fcfa, sur le budget de l’État. Le 28 septembre 2018, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a inauguré le pont mixte de Boromo sur le fleuve Mouhoun. L’ouvrage est situé sur la Route nationale (RN1) qui relie Ouagadougou à la Côte d’Ivoire, au Mali et à la deuxième ville du pays, Bobo Dioulasso. Long de 106,2 mètres, il est constitué d’un tablier en béton armé reposant sur une charpente métallique de 180 tonnes, ce qui en fait le premier pont mixte acier-béton réalisé au Burkina Faso. Son financement par les Partenaires techniques et financiers (PTF) du Burkian Faso est estimé à 6,5 milliards de Fcfa. MD (AMAP)
Burkina Faso : En dépit des vents contraires
Par Moussa DIARRA Envoyé spécial Bamako, 25 Oct (AMAP) Il n’y a pas que la distance qui rapproche le Burkina Faso et le Mali (moins d’une heure trente minutes par avion), ni la longue frontière de plus de 1000 km qui les séparent ou, plus précisément, réunit leurs populations, de part et d’autre. Il y a, fondamentalement, l’adversité que ces deux pays ont en commun : un défi de développement, plus souvent, contrarié par la nature et, aujourd’hui, fortement chahuté par une crise sécuritaire. Pour ce qui est du Burkina Faso, la résilience, doublée d’une forte volonté, au service du développement, rencontre des bourrasques de vents contraires qui, malgré leur force, ne sont pas parvenues à remettre en cause les actions et leurs résultats Ici, la promotion de la consommation des produits locaux reste une priorité pour le gouvernement. Cette option, mise en œuvre à travers le mot d’ordre du « Consommons burkinabè », se concrétise par la volonté du gouvernement qui a pris des mesures pour susciter la consommation des produits locaux, au sein de l’Administration publique. Une circulaire du 13 janvier 2017 du Chef du gouvernement, a instruit “les structures publiques à consommer, prioritairement, les produits locaux dans le cadre de la commande publique”. Un arrêté du 31 janvier 2017, qui porte achat des produits alimentaires locaux par les structures étatiques, dans le cadre de leur approvisionnement, exige la priorisation des produits locaux dans la commande publique. Il a été révisé le 10 février 2020 pour élargir la liste des produits de 10 à 26. “Nos pays, comme on le sait, sont riches en ressources naturelles et regorgent d’énormes potentialités pour la production agricole. Malheureusement, ces ressources sont peu transformées. Et même transformées, ils sont peu consommés par rapport aux produits exotiques et importés”, constate le ministre burkinabè du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré. “Fort heureusement, nos gouvernements actuels, conscients de cette situation et de ses enjeux, ne tarissent pas d’initiatives. D’où l’institution de ce « mois du consommer local dans l’espace de l’Union monétaire et économique ouest africaine (UEMOA)», s’est réjoui M. Kaboré, s’exprimant lors de la célébration du “consommons local”, dans le cadre du mois dédié à cette initiative, dans l’espace UEMOA, le 15 octobre 2020, à Ouagadougou. Au Burkina Faso, dans le but de disposer, à l’horizon 2023, d’un secteur industriel dynamique, compétitif et durable qui accroît sa contribution à la transformation structurelle de l’économie nationale, le pays s’est dote, en avril 2019, d’une Stratégie nationale d’industrialisation. Dans cette même dynamique, un nouveau Code des investissements a été adopté en octobre 2018, pour promouvoir la transformation des matières premières du pays. De 2017 à 2020, c’est au moins 425.590.783.224 Fcfa qui ont été injectés dans l’achat des produits locaux par les structures publiques burkinabè. Les retombées de ces achats pour les Petites et moyennes entreprises (PME) ne se traduisent pas seulement en chiffres d’affaires, mais ce sont également des emplois qui sont créés. A titre d’exemple, le gouvernement burkinabè, à travers le Plan national de développement économique et gocial (PNDES), s’est donné comme cible, d’atteindre un taux de transformation des produits agricoles de 25%, en 2020. “Toutefois, il sied de reconnaitre que la consommation par nous-mêmes de notre production locale reste un défi à relever. Pourtant, la dynamique de la transformation structurelle et le contexte d’instabilité du marché international nous invitent à faire de la consommation de cette production locale une priorité”, a plaidé M. Kaboré. En fait, les actions de développement au Burkina Faso sont suivies par le bien-nommé Bureau de suivi du programme présidentielle (BSPP), comme un aiguillon de l’Administration publique, « le moteur de l’action de développement, tout comme le capital humain qui sont autant de facteurs de développement de l’Economie pour créer des emplois », ainsi que le résume le directeur du BSPP, Dr Mathias Somé. Comme pour, encore une fois, tester la résilience du pays, les tout débuts du mandat du président actuel, Roch Marc Christian Kaboré, ont été mis à rude épreuve par l’irruption inattendue du terrorisme, avec une première attaque d’envergure sur la capitale, Ouagadougou. Au début des cinq dernières années, il faut aussi noter, outre l’insécurité, l’équilibre instable d’un budget plombe par les « engagements du gouvernement de transition » et dont a hérité le pouvoir démocratiquement élu, relève Dr Somé du BSPP. Si on ajoute au cocktail quasi-explosif le réveil du front social avec les revendications syndicales devenues plus impatientes et pressentes, avec l’insurrection qui a mis fin au pouvoir ancien, les couleurs des difficultés étaient annoncées. Cinq ans après, Dr Somé énumère les résultats : un accès plus large aux soins de sante avec la gratuité des soins aux femmes en grossesse et aux enfants de moins de cinq ans, l’assurance maladie, des infrastructures, moins de classes sous paillotes et plus de salles en dur. « En somme, 85% de réussite dans tous les domaines », assure-t-il. Si on note que le BSPP avait tablé sur 626 engagements dont il a fallu tirer 147 engagements traceurs qui ont conduit aux réalisations à impacts, dans une approche de « delivery », il est aisé de comprendre que les 6 domaines (Santé, Eau, Energie, Agriculture, Nutrition, Infrastructures) soit retenus comme ayant le plus atteint les populations, dans la vraie vie, au quotidien. Il s’est agi, pour le BSPP, dans sa vision, de faire face à l’insécurité, qui a causé le déplacement de près du million de personnes et la fermeture des services sociaux de base, en œuvrant pour le retour des populations et de l’Administration, la cohésion sociale en péril, la réconciliation nationale, avec en toile de fonds la création des conditions du développement national. « Ce qui ne va pas sans le renforcement de l’Etat et de l’Administration publique, à travers une réforme constitutionnelle, pour plus d’accessibilité des populations aux services publics et sociaux de base », selon Dr Mathias Somé. Le but ultime est, ainsi, un changement des mentalités afin de sortir « d’une Administration de procédures pour celle de résultats ». Le très politique Simon Compaoré, Président du non moins parti présidentiel, Mouvement du peuple pour
Conseil national du patronat du Mali : La bataille judiciaire a déjà commencé
Par Babba B, COULIBALY Bamako, 18 Oct (AMAP) Diadié dit Amadou Sankaré se déclare nouveau président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM). De son côté, Mamadou Sinsy Coulibaly, candidat à sa propre succession, se dit réélu. La justice va trancher entre les deux camps. Ainsi, le CNPM va, progressivement et sûrement, dans une impasse qui fragilisera davantage nos opérateurs économiques dont les caisses sont mises à rude épreuve par les effets de la Covid-19 et la crise sociopolitique que vit le Mali. En effet, après l’imbroglio illustré par la tenue de deux assemblées générales électives, organisées le 26 septembre dernier par le Comité statutaire, à la demande de la liste dirigée par Diadié dit Amadou Sankaré, et le 8 octobre par le secrétariat général de la structure à la demande du bureau sortant, dirigé par Mamadou Sinsy Coulibaly, et candidat à sa propre succession, le CNPM est déjà au cœur d’une bataille judiciaire. En témoigne la teneur d’un communiqué de presse publié, lundi 12 octobre 2020, par celui qui se présente sur Twitter : «président du CNPM Diadié dit Amadou Sankaré». Cet avis d’information dont nous avons reçu une copie, est on ne peut plus clair : «Suite à une décision de justice, Diadié dit Amadou Sankaré, élu président du Conseil national du patronat du Mali à l’issue de l’assemblée générale ordinaire du samedi 26 septembre 2020, a été installé dans ses fonctions, ce lundi 12 octobre 2020 dans les locaux du patronat sis à l’ACI 2000 pour un mandat de cinq ans à compter de ce jour». Cette ordonnance délivrée par un tribunal aurait, ainsi, validé l’élection de Diadié dit Amadou Sangaré en l’autorisant à occuper les lieux. Et pour y tenir sa cérémonie d’intronisation à la tête du Patronat malien. Cela sous la protection des forces de sécurité. Si cette décision judicaire est fêtée comme une victoire par le bureau dirigé par Diadié dit Amadou Sankaré, elle sonne le début d’une bataille judicaire, entre les deux camps. Contacté, lundi après-midi, un membre influent du nouveau bureau de Mamadou Sinsy Coulibaly avait confirmé que son camp s’emploie pour la levée rapide et irrévocable de cette ordonnance. «La tendance Diadié a amené une ordonnance délivrée par le président du Tribunal de la Commune IV. Nous aussi, nous avons envoyé nos avocats. Nous sommes en train de les attendre. Il faut la levée de cette ordonnance. Et dans ce cas de litige, il y aura un procès», indique notre interlocuteur. Ce dernier confirme que le camp de Diadié occupait les lieux pour le moment, mais pas pour longtemps. «Nous avons commis trois avocats, qui sont à pied d’œuvre pour obtenir la levée de l’ordonnance délivrée à Diadié. Après la levée de l’ordonnance, c’est nous qui allons occuper les lieux en attendant que le procès ait lieu», commentait notre source, visiblement confiante. En attendant, c’est Diadié dit Amadou Sankaré et son bureau qui occupent le siège du CNPM depuis le lundi dernier, jour de son investiture. À l’occasion, il a prononcé une allocution solennelle au ton rassembleur. «Désormais, les élections sont derrière nous. Les élections sont l’expression de l’exercice démocratique au sein d’une organisation, il ne saurait donc y avoir ni gagnant, ni perdant et que le CNPM doit être désormais un», a déclaré Diadié dit Amadou Sankaré. Il n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage «au président sortant Mamadou Sinsy Coulibaly» qui a, selon lui, su maintenir le flambeau au cours des cinq dernières années. Il a appelé ensuite à l’union : «Plus que jamais le secteur privé malien a besoin de s’unir dans toute sa diversité en vue de créer une force commune capable de mieux porter sa voix sur les chantiers clés». La réaction du bureau dirigé par Mamadou Sinsy Coulibaly ne se fera pas, sans doute, attendre. En attendant, l’évidence est que le secteur privé malien est plus que jamais divisé. Et il faudra plus que du temps pour recouvrer l’harmonie qui régnait dans les milieux d’affaires maliens. À titre de rappel, les hostilités entre les deux listes de candidatures ont commencé le samedi 26 septembre 2020. Ce jour-là devrait se tenir l’assemblée générale élective de renouvellement du bureau du Patronat qui comprend 20 membres et du Comité statutaire (7 membres). Élection à laquelle la liste du président sortant Mamadou Sinsy Coulibaly était candidate pour un autre mandat de cinq ans, contre celle du PDG du Groupe SAER Diadié dit Amadou Sankaré. Avant le jour du scrutin, un avis du secrétaire général du Patronat, «notifié par voie d’huissier» aux deux têtes de listes, le report de l’élection prévue pour le samedi 26 septembre dernier. Pourquoi ce report ? «Quand j’ai reçu les deux listes de candidatures déposées le même jour, j’ai constaté des noms qui revenaient sur les deux listes. J’ai adressé une correspondance aux deux têtes de liste pour attirer leur attention sur la situation. J’ai transmis la liste de Coulou à Diadié et vice-versa. Les personnes concernées ont alors commencé à écrire aux têtes de liste de les retirer de leur liste au profit de l’une ou de l’autre. Une personne a demandé à être retirée des deux listes si les candidats n’arrivaient pas à s’entendre. Nous nous sommes retrouvés dans une situation où les deux listes étaient incomplètes (c’est-à-dire aucune liste n’avait obtenu 20 personnes nécessaires pour la composition du bureau», expliquait le secrétaire général, rencontré à son bureau au siège du Patronat. Rappelons que l’article 11 du statut du CNPM stipule : «le bureau est composé de 20 membres. Le bureau comprend un président et les vice-présidents élus par l’assemblée générale…» Face à cette situation, «j’ai fait un avis de report, et convoqué une réunion de bureau pour le mardi 29 septembre», rappelait Modibo Tolo. Qui ajoutait que l’avis de report a été envoyé par voie d’huissier aux deux candidats et aux délégués. Le bureau du CNPM devait statuer ce mardi-là et dicter la conduite à tenir, précisait-il, ajoutant que seul le président du CNPM peut convoquer l’assemblée générale élective. Cependant, la liste de candidatures
Mali-Institutions de Bretton Woods: Reprise effective de la coopération
Bamako, 16 Oct (AMAP) Le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, s’est entretenu avec les responsables du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, mardi, dans l’après-midi, sur les modalités de la reprise effective de la coopération entre le Mali et les institutions de Bretton Woods, qui a connu un ralentissement suite aux évènements du 18 aout 2020, indique un communiqué du département publié vendredi. Le ministre a d’abord échangé, par visioconférence, avec la Directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Mme Soukeyna Kane, et l’équipe Mali de la Banque mondiale à Washington. Il a, ensuite, reçu en audience, le Représentant résident du FMI au Mali, M. René Tapsoba. Le Ministre malien de l’Economie et des Finances a rassuré les responsables du FMI et du Groupe de la Banque mondiale sur « la détermination des plus hautes autorités à poursuivre les programmes en cours et à respecter les engagements convenus » auparavant avec ces deux institutions. Enfin, le M. Sanou a affirmé toute sa disponibilité pour une meilleure qualité de la coopération entre le Mali et ses partenaires technique et financiers en vue de l’amélioration des conditions de vie des populations. MD (AMAP)
Le citron sur les marchés de Bamako : Une niche
Par Bayo TRAORE Bamako, 9 Oct (AMAP) La campagne bat son plein. La vente du citron est une opportunité pour certaines vendeuses de se frotter les mains. Ce commerce est, désormais, une activité phare, source de gros revenus pour les vendeuses. Septembre est le début de la campagne de cet agrume sur les marchés « Dabanani », « Médina Coura », « Ouolofobougou » de Bamako. Une armée de détaillantes s’active dans le créneau de la vente du citron. Ce produit restera très courtisé par les ménagères jusqu’à la fin de la saison des pluies. Les vendeuses sont installées dans tous les coins des aires de vente. Certaines sont à même le sol proposant des paniers remplis de citrons. D’autres étalent leurs produits sur des nattes. Elles forment une longue file au bord de l’avenue qui mène au « Wonida » de Bozola. Plusieurs femmes déambulent, des plateaux remplis de marchandises en équilibre sur la tête. Elles font le tour du marché, en quête d’éventuels clients. Le citron est très prisé par la population et les marchandes trouvent leurs comptes. La vieille mère, Sitan Koné, est vendeuse au marché Dabanani de Bamako, depuis plusieurs années. Mme Koné nous confie : « La campagne du citron bat son plein en ce moment dans notre pays. Le sac se vend à 7.000 ou 8.000 Fcfa. D’ici 2 à 3 mois, le produit sera rare sur les marchés de la capitale. Le sac de 50 kg coûtera 20.000 Fcfa ». Après avoir écoulé une partie de sa marchandise chez les grossistes au marché de Medina Coura, Sitan retourne à Bozola. Elle revend au détail le reste de sa marchandise à bon prix. Elle révèle que les vendeuses de jus raflent les gros citrons cédés à bas prix. La méthode est simple. La vendeuse casse ses prix pour les gros citrons. « Je vends entre trois et quatre sacs par jour. Je rends grâce à Dieu », confie-t-elle, sans donner trop de détails sur son chiffre d’affaires. Une cliente, Mme Véronique Sanou, est venue s’approvisionner en citron. Elle utilise le citron dans les infusions de citronnelle servies à sa famille, après le déjeuner. Elle en consomme, tous les jours, en cette période où le prix est abordable. On en trouve partout dans la capitale. « Ce fruit est efficace pour faciliter la digestion. Il est très bon pour la santé », explique Mme Sanou. Kadiatou vend du jus de citron au quartier de Kalaban Coura. Elle est venue faire ses provisions au marché Dabadani. Elle gagne de l’argent dans cette activité. « Je viens d’acheter un sac de 50kg de citrons pour préparer du jus mixte de citron et de gingembre. C’est cher dans le marché de son quartier. Elle se déplace jusqu’au « Wonida » pour faire des économies. L’approvisionnement du marché cache l’épineux problème de la conservation à longue durée du produit. Souvent le fruit se décompose très vite. Binta Konaté, grossiste, vend du citron au marché de Médina Coura, depuis plus de 35 ans. Elle a beaucoup de clientes. Mais elle déplore le fait que le citron pourrit vite. Ce grand problème de conservation persiste, car notre vendeuse ne possède aucun moyen de conservation de longue durée. Si les citrons dépassent 2 à 3 jours sans être vendus, ils se décomposent. Cette situation provoque d’énormes pertes. Une élégante dame, Rokiatou, est venue acheter du citron pour préparer son produit cosmétique. « J’utilise le citron sur tout mon corps. Cela fait disparaitre les taches sur ma peau et élimine les mauvaises odeurs », a-t-elle dit. Le Dr Alou Keita, dermatologue dans un cabinet médical à Médina coura, déconseille l’utilisation du citron à l’état brut sur la peau. Cela peut provoquer des problèmes dermiques graves. Il ne faut pas se fier aux produits cosmétiques industriels et pharmaceutiques. Le spécialiste a expliqué que « les propriétaires de marques des produits cosmétiques et pharmaceutiques synthétisent le citron avant utilisation ». « La matière première subit des transformations grâce à des matériels spécifiques. Tout ce qui nuit, par l’utilisation du produit sur à la peau, est détruit», précise-t-il. BON POUR LA SANTE – Le Dr Djénéba Coulibaly, médecin nutritionniste à l’Institut national de la Santé publique (INSP) livre un avis d’expert sur la composition du citron. Ce fruit est efficace pour la santé. Sa teneur est faible en calories (30 cal. /100 g). C’est un concentré de vitamine C. Il en contient entre 30 et 40 mg. Un quart de tasse de son jus couvre le tiers de nos besoins quotidiens. Le citron apporte, également, des vitamines du groupe B, des minéraux et oligo-éléments (fer, calcium, potassium, phosphore, magnésium, cuivre). Il contient des protéines et des fibres solubles. Le citron renferme divers composants (flavonoïdes, les limonades et la nobiletine) qui peuvent avoir un effet favorable sur la santé et sur la prévention de plusieurs maladies. Ces constituants lui confèrent un pouvoir antioxydant. Le Dr Coulibaly soutient que « la consommation quotidienne du citron est excellente pour la santé, le citron favorise la digestion et aide le travail des différents organes digestifs. C’est une puissante plante médicinale (antiseptique, antibactérien, antiviral). La vitamine C, qui en est le principal composant, protège le fœtus de nombreux troubles pendant la grossesse. Elle protège des maladies cardiovasculaires, des maladies des yeux. Elle est bonne pour la peau et aide notre système immunitaire ». Les composés antioxydants du citron permettent de neutraliser les radicaux libres du corps et de prévenir l’apparition des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et d’autres maladies chroniques. Le jus de citron renforce l’immunité et aide à renouveler les cellules. Consommé pendant le repas, il stimule l’appétit, facilite la digestion et joue le rôle de dépuratif et de nettoyage. Cependant, la consommation abusive peut provoquer des brûlures d’estomac, des symptômes de reflux gastro-œsophagiens tels que les nausées, et les douleurs abdominales. L’acidité du citron peut attaquer l’émail des dents et les rendre plus sensibles au froid et au chaud. Des irritations de la muqueuse buccale peuvent survenir et il est constaté la formation d’aphtes. Tout le monde peut consommer le citron, mais les personnes souffrant de reflux gastro-œsophagien, d’œsophagite (maladie de l’estomac en jargon) doivent consommer avec précaution ou même éviter d’en consommer,
Mali : Levée des sanctions de la CEDEAO
Bamako, 6 Oct (AMAP) Les sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre le Mali sont levées, indique une déclaration de l’Organisation sous régionale faite, lundi, à Accra, au Ghana, dont le chef de l’Etat, Nana Akufo Addo, assure la présidence tournante de l’organisation commune aux 15 pays ouest-africains. Dans cette déclaration, publiée mardi, la CEDEAO, dont la décision intervient au lendemain de la formation du gouvernement de la Transition malienne demandée par l’organisation sous régionale, indique avoir pris en compte les avancées notables vers la normalisation constitutionnelle au Mali. Elle appelle, ainsi, les partenaires bilatéraux et multilatéraux à soutenir Bamako. Cependant, l’organisation ouest-africaine insiste sur la libération des officiels civils et militaires arrêtés, le 18 août, lors du coup d’Etat et détenus, dans la caserne de Kati d’où était parti les évènements qui ont conduit au coup de force. La dissolution du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) est une autre demande de l’organisation sous régionale. Selon les statistiques douanières, la fermeture des frontières par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’espace communautaire fait une dizaine de milliards de manque à gagner sur les recettes fiscales de porte. Pour arriver à cette levée de l’embargo, les nouvelles autorités maliennes se sont pliées aux exigences de la CEDEAO. Celle-ci avait, à toutes les occasions, clairement indiqué que les dirigeants militaires doivent, encore, satisfaire à d’autres demandes concernant, notamment les prérogatives du vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Et l’assurance que le vice-président ne puisse, en aucun cas, remplacer le président de la Transition, Bah N’Daw, en cas d’empêchement. Mais sur ce sujet particulièrement sensible aux yeux de la CEDEAO, elle indique que rien d’officiel n’est communiqué. Toutefois, ces zones d’ombre ont été éclaircies dans la Charte de la Transition publiée au Journal officiel qui mentionne que le vice-président est chargé des questions de défense et de sécurité AC/MD (AMAP)
Poisson de mer : Les prix prennent l’ascenseur
Par Maimouna SOW Bamako, 2 Oct (AMAP) Si l’hivernage nous livre les aliments frais de la nature, il nous prive de certains condiments essentiels pour une sauce délicieuse. Qui peut préparer sans viande, ni poisson, encore moins l’oignon et l’ail ? Les prix de ces produits, indispensables au panier de la ménagère, ont pris l’ascenseur. Les vendeuses prétextent la crise politique et l’hivernage pour justifier l’augmentation, les ménagères dénoncent la hausse des prix et l’amour du gain ainsi qu’une pratique qui tue le marché. Le poisson de mer voit son prix grimper en flèche, depuis le début de la saison pluvieuse. Importé de plusieurs pays voisins, il permet aux familles, plus ou moins aisées, de profiter, elles aussi, des bienfaits du vertébré aquatique (riche en protéine). Le poisson de mer a comblé le fossé entre les couches de la société. Autrement dit, les riches ne sont pas les seuls à l’avoir dans l’assiette. Les moins nantis, eux aussi, grâce au prix abordable, peuvent se le procurer. Du moins. C’est ce qu’a cru Mme Sylla, jusqu’à ce que la réalité la rattrape, ce matin du 15 septembre. Avec peu d’argent, elle repartait, habituellement, avec assez de poissons. Mais cette année, les prix sont vertigineux et l’étonnement est à son comble chez la ménagère. Le mets du jour de la dame risque de décevoir plus d’un. Au marché « Soukouni-Coura » qu’elle connait sur le bout des doigts, quel ne fut son étonnement ! La vendeuse de poissons lui annonce les nouveaux prix. Elle reste interloquée ! Momentanément incapable de placer un mot. Sa surprise était palpable. Finalement, Mme Sylla marmonne, inconsciemment, les prix « 700, 750 Fcfa pour les petits poissons, 900 et 1.250 Fcfa pour les grands ». Ayant, pour ainsi dire, retrouvé la lucidité, elle rétorque, non sans énervement, à la vendeuse. « Mais c’est trop cher ! C’est loin du prix habituel, pourquoi cette augmentation ?», interroge-t-elle. La réponse de la mareyeuse ne se fait pas attendre. «Je ne suis qu’une revendeuse, vous savez, tous, ce qui se passe dans ce pays». La discussion prend des allures de polémique. «C’est pas une raison ! Vous n’êtes que des sangsues (Ndlr, un ver à anneaux aquatique qui se nourrit de sang), vous sucez notre sang ! » réagit violemment la ménagère. Elle a saisi l’opportunité de déverser sa bile à propos de l’augmentation du prix du poisson. « C’est vrai que nos frontières sont fermées, mais les denrées de première nécessité sont exemptes des sanctions de la CEDEAO (Ndlr, Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Il ne doit donc pas y avoir une telle différence», ajoute-elle. La différence constatée sur le kg du poisson varie entre 200 à 250 Fcfa. L’écart est assez grand, en tout cas suffisant pour mettre en colère les ménagères qui n’apprécient guère la situation. Prise de court par la réaction de la clientèle, la mareyeuse reste sans réaction, jusqu’à ce que sa voisine, une autre commerçante, vole à son secours. « Vous savez Mesdames, en cette période d’hivernage tout devient cher, la mer prend du volume et les poissons sont difficiles à pêcher. Idem pour les poissons d’eau douce, plus le fleuve est rempli, plus les poissons vont au fond de l’eau et nos pêcheurs ne trouvent que des petites espèces », plaide-t-elle. « En outre, dans peu de temps, ces petits poissons vont inonder le marché. Mais une chose est sûre, le prix du poisson a toujours été instable », soutient la dame, avant de préciser que le prix peut varier, au moins, deux fois dans la journée. Pour elle, certains cartons de 20 kg ont augmenté jusqu’à 5.000 Fcfa, ce qui influe forcément sur la vente. Au marché « Soukouni Coura », appelé aussi marché du poisson, la machine commerciale est grippée en ce moment et le prix y est pour quelque chose. Selon les avis de diverses vendeuses, elles ne cherchent que 50 Fcfa de bénéfice sur le kg. Qui croire, entre vendeuses et clientes ? Pour tirer son épingle du jeu, Mlle Haidara a fait le choix d’un marketing agressif pour écouler beaucoup de marchandises. Grâce à son sourire et sa bonne humeur, difficile pour la clientèle de s’échapper de ses griffes. « Venez voir, je vous offre le meilleur prix de la place. Je ne cherche pas à faire du surprofit. Tout le monde gagne avec. C’est du poisson sain». Sans doute, accueillant toujours les clientes avec bonhomie, elle semble s’en sortir mieux que les autres. Dans ce marché idéal pour faire la provision du mois, on trouve à moindre coût, presque tous les aliments, surtout ceux qui sont importés. Poisson, « attiéké », « aloco (banane plantain », pomme de terre, avocat, oignon, ail etc. Mme Sylla fait ses achats mensuels. C’est avantageux de procéder ainsi, car il y a toujours une différence entre le prix d’ici et ceux des autres marchés. « Le poisson que j’achète ici à 700 Fcfa le kg est cédé, dans mon quartier, à 1000 Fcfa et ceux d’eau douce que l’on a ici à 1.250 le kg sont vendus, chez nous, à 2000 Fcfa». Selon cette femme au foyer, il faut juste admettre que les gens n’ont pas d’argent. Elle qui fait sa provision mensuelle, habituellement, se contente, cette fois-ci, d’achats pour une semaine. Pour Mme Diallo Balki Traoré, le prix de certains produits grimpe en flèche. L’ail, le persil, l’oignon, tout est hors de portée. En « plus du poisson, je viens d’acheter un kg d’oignon à 500 Fcfa, c’est trop cher pour le citoyen lambda. Pire, ça peut culminer jusqu’à 750 Fcfa», s’indigne-t-elle. A l’en croire, l’idée de faire le marché, en ce moment, effraie plus d’une ménagère, car on peut dépenser tout l’argent de la popote pour peu d’aliments. Pendant la grande chaleur, le poisson importé est abondant et le prix est bas. Maqueron shasha, tilapia, milieu, tiopa zébré sont, entre autres, variétés qui inondent nos marchés. « Elles sont importées du Sénégal, du Maroc, de la Mauritanie, de la Chine, de la Côte d’Ivoire », nous confie Koura Traore, âgée d’une trentaine d’années. Cet après midi, sous un temps orageux, Coura, couchée sur un
Kadiolo : Affrontements sanglants à Bananso pour un site d’orpaillage (Sources locales)
Kadiolo, 2 Oct (AMAP) Des affrontements entre populations, samedi dernier, ont fait quatre blessés dont deux cas graves et des dégâts matériels, dans le village de Bananso, à 67 km de Kadiolo, précisément dans la Commune de Fourou, dans le Sud du Mali, a appris l’AMAP. Pour la propriété d’un site d’orpaillage, les jeunes du même village se sont affrontés, à coups de machettes, de fusils, de bâtons et autres objets tranchants. Il n’y a pas eu de perte en vies humaines, selon le bilan fourni par des sources sur place. Les blessés ont été évacués au centre de santé de Kadiolo et à l’hôpital de Sikasso. Chacune des parties réclame la paternité de ce site d’orpaillage que la communauté villageoise exploitait, illégalement. Aujourd’hui, un quartier exige le droit exclusif de propriété du site. En réalité, la zone litigieuse est une propriété de la Société des mines d’or de Syama (SOMISSY SA). Donc son exploitation par quiconque est illégale. Les services de sécurité de Kadiolo se contentent de rappeler que l’exploitation du site contesté a été suspendue par les pouvoirs publics. Avec l’arrivée de l’hivernage, le préfet a pris une décision pour la fermeture de tous les sites d’orpaillage du Cercle de Kadiolo. Mais, les orpailleurs du village ont ignoré cette interdiction pour prendre le contrôle de la gestion du placer. Les jeunes des quartiers de Watola et de Karamogola seraient à l’origine des tragiques événements du samedi dernier, Le groupe de jeunes Watola se serait rendu sur la partie du site qu’exploitent des jeunes de Karamogola, dans le but de les empêcher d’extraire le métal jaune. Ils auraient éteint, d’abord, la motopompe. Ce geste aurait donné le départ des accrochages entre les deux camps. Aux dernières nouvelles, le calme est revenu sur le site. Et la gendarmerie de Kadiolo dépêchée sur les lieux est en train d’enquêter pour élucider la situation. Le village de Banansso est considéré, aujourd’hui, comme un eldorado. De très nombreux habitants ont bâti fortune grâce au métal jaune. Les maisons en banco ont cédé la place à de luxueuses villas et des maisons à étages. De grosses motos et des voitures y circulent partout. Toute cette richesse provient du sous sol du village gorgé d’or. Depuis, une farouche rivalité s’est installée entre les villageois et les quartiers, chacun réclamant le droit de propriété sur le site orifère. Dans un premier temps, l’exploitation se faisait par rotation des quartiers et les familles se partageaient les recettes. NIO/MD (AMAP)
Office riz Mopti : Malgré les inondations, l’espoir est permis
Mopti, 1er oct (AMAP) Dans la Région de Mopti (Centre) et, particulièrement, en zone Office Riz (ORM), la campagne agricole a, comme par le passé, connu un démarrage difficile à cause d’un déficit pluviométrique. Cette période a été suivie de fortes pluies auxquelles se sont associées les eaux collinaires provoquant une inondation précoce des champs à plusieurs niveaux. Malgré ces situations, les travaux champêtres battent leur plein en zone Office riz Mopti. Le repiquage en maîtrise totale, le désherbage et l’apport d’engrais minéraux se poursuivent activement. L’état des cultures est satisfaisant. C’est le constat qu’a établi le directeur général de l’Office riz Mopti, Yaya Amadou Téssougué. La zone Office riz Mopti, située dans le Delta intérieur du Niger et le Bassin du fleuve Bani, fait de la 5ème circonscription administrative du Mali, une zone de production par excellence de riz. Elle couvre les Cercles de Djenné, Mopti et Ténenkou, à travers 4 sous secteurs que sont ceux de Sofara, Mopti nord et Mopti sud et la Ténenkou. Pour la campagne agricole 2020-2021, la zone ambitionne d’atteindre les objectifs de production céréalière de 184.690 tonnes, dont 140.352 tonnes de riz paddy, soit 76% des céréales, 43 475,8 tonnes de mil/sorgho, 702 tonnes de maïs et 159 tonnes de fonio. Les prévisions d’emblavures, pour la riziculture, étaient de 49.376 hectares et les producteurs ont atteint une réalisation de 39.754 hectares, soit 80,5% des prévisions. Ces efforts des producteurs sont accompagnés par des mesures envisagées par l’Etat. « Parmi celles-ci, on peut citer la mise en œuvre du programme de travaux d’urgence, la poursuite de la subvention des intrants pour renforcer la résilience des paysans, la mise en œuvre de bonnes pratiques agricoles à travers le Système de riziculture intensive (SRI) et le Placement profond de l’urée (PPU) ainsi que la diffusion, à grande échelle, des thèmes techniques d’intensification », a expliqué Yaya Amadou Téssougué. Dans le cadre de l’accompagnement de l’Etat, les producteurs de la zone ORM ont bénéficié de 2.697 tonnes d’engrais subventionnés (NPK, DAP, Urée), 70 tonnes de semences au compte du Commissariat à la sécurité alimentaire, 6 tonnes de semences de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et 21 tonnes de l’ORM. Toujours dans la dynamique de renforcer la productivité, les paysans bénéficient d’un encadrement rapproché des services techniques. Les organisations paysannes des différentes zones ont été formées en matière de gestion des fonds issus de la redevance eau. Plus de 400 producteurs, dont 1/3 de productrices, ont reçu des formations sur les nouvelles technologies agricoles, notamment la pratique SRI avec l’appui de l’ONG CIV-GIZ. La campagne agricole 2020-2021 ne se passe pas sans difficulté pour cet hivernage annoncé comme très pluvieux. Les premières fortes pluies ont mis en exergue le sous équipement des producteurs, l’insuffisance du matériel de culture attelée avec la faiblesse des animaux de trait, toute chose qui ne permet pas aux paysans d’aller plus vite. « A ce tableau, s’ajoute la dégradation avancée des infrastructures d’irrigation (faible niveau d’aménagement) », a expliqué le directeur général. A en croire notre interlocuteur, la difficulté majeure de cette campagne est que les zones de l’Office ont connu, pour la première fois de leur histoire, une abondance des pluies. Les eaux collinaires, qui sont venues s’ajouter à cela, ont entrainé une perte de plus 3.013 hectares, soit 1.500 hectares de semis submergés avant la phase de germination des plantes et 1513 hectares engorgés d’eau. Malgré ces contraintes, Yaya Amadou Téssougué garde espoir pour l’atteinte des objectifs de production. Selon lui, si les paysans suivent les itinéraires techniques afin de mieux profiter des campagnes de contre saison dans les périmètres en maîtrise totale et si la situation phytosanitaire reste calme, les pertes causées par les inondations seront comblées. Au regard des difficultés structurelles rencontrées, le directeur général de l’Office riz Mopti sollicite l’appui de l’Etat pour transformer, de façon progressive, les casiers de submersion contrôlée en périmètres irrigués avec maîtrise totale de l’eau, la poursuite du renforcement des capacités des producteurs (approvisionnement en équipements et intrants agricoles). DC/MD (AMAP)

