Mali : Une merveille de la nature qui s’appelle gombo frais

Par Maimouna SOW Bamako, 13 sept (AMAP) Sept femmes maraîchères, sœurs, belles sœurs, filles, belles-filles. Elles sont d’une même famille. Elles n’ont pas que le sang et les liens du mariage en commun. Elles sont unies par un grand amour de la terre. Elles tirent leur subsistance, depuis plus de cinq ans, de la culture du gombo sur une parcelle de 2,5 hectares, à Sirakoro, dans la périphérie de Bamako, la capitale malienne. Ce quartier compte de nombreuses parcelles inoccupées. Le jardin des sept maraîchères est situé à 300m de la route bitumée. En cette période d’hivernage, la culture du gombo  constitue une source de revenus pour ces femmes et d’autres du Mali, dans le cadre de l’agriculture de proximité, une opportunité économique pour des millions de femmes en Afrique. Cet après-midi de mardi, c’est l’heure de la récolte pour nos maraichères. Après de pénibles efforts pendant des semaines de travaux champêtres, le moment de réconfort. Trois grands paniers de gombo frais sont prêts. Ils seront acheminés sur le marché. Cet effort requiert une pause qu’elles observent en compagnie de leurs enfants, sous un grand arbre, au bord du champ. Les bambins jouent à la course poursuite. Les mères plaisantent entre elles. Une jeune maman est couchée à même le sol sur un bout de pagne et allaite son bébé. Tout le monde attend le repas. « En temps normal, ces paniers nous apportent 35.000 Fcfa. Mais le prix a chuté cette année. L’offre dépasse la demande parce que les gombos de Sikasso et de Bougouni et ceux de Bamako sont récoltés en même temps », rapporte Mme Camara Fatoumata Traoré. Les années passées, les grossistes venaient jusqu’à elles pour s’approvisionner. Cette année, ce sont les détaillants qui sont au rendez-vous. Les femmes du quartier sont leurs premières clientes. Elles se procurent du gombo frais auprès d’elles, avant d’aller faire le marché. Après la détente, le travail reprend jusqu’au coucher du soleil pour remplir d’autres paniers. Pour arriver à ce résultat, les productrices, dès la tombée des premières pluies, prennent d’assaut le champ. Elles partagent les 2,5 hectares en 7 parts égales.  Les courageuses maraichères cultivent, en plus du gombo, le haricot, l’arachide et du maïs pour la consommation familiale. Selon Mme Camara, elles ont choisi le gombo parce qu’il s’écoule vite et est rentable. Les tiges se reproduisent après chaque pluie. La récolte a lieu tous les trois jours. Compte tenu de sa courte taille, la culture du gombo ne permet pas de faire le nid des bandits. Les plants ne dépassent pas plus d’un mètre. Au moment où beaucoup de citadines se détournent des travaux champêtres, les sept amies natives de Bamako, expriment leur vocation pour le maraichage. « Nous vivons de la culture de gombo frais», soutient Fatoumata, un large sourire sur les lèvres. Leurs parents faisaient ce travail. Elles ont appris les ficelles du métier auprès d’eux. Aussi loin qu’elles remontent dans leur mémoire, les sept maraîchères ne se souviennent pas avoir acheté des céréales. Aujourd’hui, les terres des parents ont été vendues entraînant leur inactivité. « Notre groupe, ajoute Fatoumata, est reconnaissant envers le propriétaire de ce lot. Nous le connaissons bien. Il a eu confiance en nous. Il nous a confié sa terre sans rien nous demander en échange ». « Depuis cinq ans, nous tirons de ces parcelles de quoi couvrir toutes nos dépenses. Nous avons même une caisse que nous alimentons avec les recettes, pour parer aux situations d’urgences », indique-t-elle Il est fréquent, dans ce secteur, de voir des femmes cultiver le gombo dans une partie de la cour de leur maison. Aminata est l’une d’elles. Alors que les autres se dirigent vers le marché, pour vendre leur produit, elle fait le porte-à-porte pour liquider sa récolte. Muni d’un grand seau de gombo et d’un couteau, elle vend le tas à 50 Fcfa. En réalité, la jeune dame n’a pas de mesure arrêtée, elle les distribue selon ses affinités. Une vieille achète pour 200 Fcfa et se sert elle-même, à volonté, sous le regard amical d’Aminata qui ne l’arrête pas. Amitié oblige. C’est pourquoi, la vendeuse ne sait pas si elle fait des profits ou des pertes « moi, quand on achète, j’augmente selon le lien à la personne. Peu importe si je gagne, l’essentiel c’est de vendre ». Bougounida est une partie du marché de Ouolofobougou où les sacs de gombo sont déchargés en nombre. Il est 8 heures, Awa Sacko, grossiste, est assise entre les paniers de citrons et discute avec ses voisines commerçantes. En fait, elle a déjà fini la principale tâche de la journée. Elle quitte chaque jour sa maison, tôt le matin, pour venir distribuer le sac de gombo frais à ses clients. Elle affirme : « A mon arrivée, je trouve beaucoup de gens ici ». Tous les marchands de Bamako s’y retrouvent, même ceux de Kati. On décharge, les gombos, les goyaves, les citrons, tous les fruits et légumes selon les saisons». Awa explique qu’elle et d’autres commerçants ont des partenariats avec les cultivateurs de la Région de Sikasso (Sud). Les cultivateurs leur envoient leurs récoltes pour être vendues en gros. Notre interlocutrice vend tous les jours des gombos à raison de 10.000 Fcfa, le sac. « Un prix qui varie selon le marché », dit-elle. Elle fait un bénéfice de 500 Fcfa sur chaque sac. « A partir de 7 heures, tous les poids lourds quittent le marché et laissent la place aux détaillants de différents légumes », déclare-t-elle. La sauce au gombo est une sauce très appréciée des Maliens. C’est pourquoi il se trouve dans tous les paniers en ce moment. Fifi vient de faire le marché avec dans son seau à condiment le fameux produit. Elle indique : « Je veux préparer la soupe «kandja» avec de l’huile de palme », avant d’ajouter qu’il y a deux jours, elle en ai fait avec la pâte d’arachide. « Cette sauce est très prisée par les membres de ma famille. La sauce au gombo coûte moins cher, nécessite peu condiment, et on la réussit facilement. ». Au même moment, Oumou, la quarantaine, nous dépasse

Une campagne agricole très prometteuse à Yélimané (Ouest)

Yélimané, 12 sept (AMAP) Une campagne agricole prolifique est attendue à Yélimané, avec la très bonne pluviométrie de cette année, selon les constats des services techniques de l’agriculture et des agriculteurs. Ils font ressortir des taux de réalisation très satisfaisants de la campagne agricole 2020-202, avec des hauteurs de pluies suffisantes au 11septembre. Les spéculations adoptées cette année sont surtout le mil, le sorgho, le maïs, le riz, le niébé, l’arachide. Le développement de toutes ces spéculations est normal. Les quantités réalisées par hectare sont de 20 pour le mil, 23.929 pour le sorgho, 127 pour le maïs, 5 pour le riz, 6.939 pour le niébé et 7.645 pour l’arachide. Le Cercle Yélimané a enregistré une quantité suffisante de pluies et même exceptionnelle, soit 492,5 mm depuis le début de l’hivernage. Toutefois, 1.087 ha de culture ont été perdus à cause des inondations survenues entre le 16 et le 17 juillet. Selon Siaka Coulibaly, chargé de suivi-évaluation au service local de l’agriculture, « la campagne donne des espoirs surtout si les pluies continent jusqu’en fin septembre ». « L’abondance de pluies a favorisé le bon développement des pâturages ce qui est salutaire pour Yélimané qui est une zone d’agriculture par excellence », selon Mamady Traoré, un agriculteur de Yélimané. AS/MD (AMAP)  

Kadiolo : Le directeur régional de la CMDT en visite de terrain

Kadiolo, 9 sept (AMAP) Le directeur régional de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) de Sikasso, Abdoulaye Diarra, a effectué, mercedi, une visite de terrain dans le secteur cotonnier de Kadiolo pour observer l’état des cultures, recenser les diffrents problèmes rencontrés par les producteurs, a constaté l’AMAP. Accompagné du chef service production agricole et conseil, Kabaou Dolo, le directeur régional a visité des champs dans les villages de Lofiné, Gouéné et Watialy. Partout où il a passé, il s’est dit satisfait de l’état général des cultures. Le secteur de Kadiolo, à l’instar des autres localités, suite au boycott de la culture du cotton, a vu ses superficies de cette speculation, diminuer cette année. En 2019, le Cercle de Kadiolo a cultivé 23.600 hectares contre seulement 17.710 hectares, cette année. Cette baisse de la production du coton va affecter la production de céréales car c’est grâce au coton que le paysan obtient l’engrais subventionné pour les céréales. Depuis près d’une semaine, des pluies diluviennes tombent, quotidiennent, dans le secteur de Kadiolo. Elles risquent d’impacter la production du cotton, dans la mesure où des champs sont déjà à la fruitaison. La chenille légionnaire a fait son apparition dans certains champs. La mise en place de l’engrais subventionné a connu du retard. Le service de l’agriculture a commencé la distribution, il y a moins d’une semaine. Avant de quitter Kadiolo, le directeur régional a demandé aux producteurs de suivre, avec grand intérê,t les conseils de l’encadrement . NIO/MD (AMAP)

L’agence BDM de Banamba rouvre ses portes

Banamba, du 10 sept (AMAP) L’agence de la Banque de développement du Mali (BDM), vandalisée en 2016 par des bandits provoquant sa fermeture, a rouvert ses portes, lundi dernier, avec un dispositif de sécurité renforcé à la grande joie des populations. Le préfet de Banamba, Sékou Touré, a pu le constater, lors d’une visite qu’il a effectuée à la banque. À son arrivée dans les locaux de la banque, le préfet a été accueilli par le directeur de l’agence, Yacouba Konaté. A l’intérieur de la banque, il y avait quelques clients qui ont salué la réouverture de l’agence. Les locaux de l’établissement ont été rénovés et le préfet Sékou Touré s’est réjoui des nouvelles conditions de travail des agents. Le chef de l’agence, Yacouba Konaté a remercié le préfet de cette visite qui, a-t-il dit, « est une marque d’estime et de considération des autorités locales ». Le premier responsable de l’agence a indiqué que la date de la cérémonie officielle de réouverture sera fixée ultérieurement. Mais dores et déjà, les guichets de l’agence sont ouverts et recevront la clientèle tous les jours ouvrables. Depuis lundi, les populations de Banamba n’ont plus besoin d’aller à Koulikoro ou à Bamako pour effectuer leurs opérations. Ils pourront les faire sur place. AMT/MD (AMAP)

Zone de Manantali : La campagne agricole promet

Par Makan SISSOKO Bamako, 10 sept (AMAP) Dans la zone agricole de Manantali (Région de Kayes) dans l’Ouest du Mali, les pluies ont été précoces cette année, contrairement dans certaines localités du pays. La campagne agricole a démarré en retard dans la zone de Manantali, mais cela n’a pas eu de conséquences majeures. C’est en tout cas, le constat fait par le chef de zone de l’Agence de développement rural de la vallée du fleuve Sénégal (ADRS) de Manantali, Boubacar Sidiki Daou. Les paysans opérant dans ce vaste secteur agricole se sont, comme à leur habitude, installés tardivement sur les superficies cultivables. Ils sèment généralement à partir du mois de juillet. «Nous avons reçu deux grandes pluies, en mai et juin, mais elles n’ont pas permis aux producteurs de commencer les cultures fluviales. Nous avons les cultures fluviales, semi-fluviales et irriguées», explique Boubacar Sidiki Daou. « En dépit de ces difficultés, la physionomie de la campagne 2020-2021 est bonne », assure le technicien. Au titre des campagnes agricoles de contre saison et de saison 2020 par exemple, « il est attendu une production totale (toutes cultures confondues) évaluée à 11.994 tonnes pour une surface totale de 4.729,5 ha », précise le chef de zone. Les paysans ont déjà exploité 2.427 ha, soit 66,67% des prévisions. Il ajoute que la part des femmes est estimée à 668 ha, soit 18,35% des prévisions et 27,52 % des superficies déjà cultivées. Des micro-barrages ont été réalisés dans les bas-fonds aménagés, notamment à Kobokoto Dibatoumania, Fadaha, Diallan, dont la superficie couvre près de 700 ha. « Les cultures ont été installées dans ces bas-fonds depuis les premières pluies », indique Boubacar Sidiki Daou. Même constat dans le périmètre de Mahina qui couvre une superficie estimée à environ 880 ha, dont 200 en cours d’exploitation. L’eau qui y coule en permanence, occupe une superficie de 530 ha, dont 110 ha de riz. Les 420 ha restants sont réservés à d’autres cultures à des fins de diversification. «Les travaux de repiquage y sont en cours. Ils continuent jusqu’en septembre. Il en est de même à Manantali», nous explique notre interlocuteur. « Certaines cultures sont au niveau des semi germinations. Le riz est, par exemple, au stade du tallage, alors que le maïs, le mil et le sorgho sont à la montaison. L’arachide et le niébé sont en phase de germination, tandis que les cultures émergentes sont au stade de la floraison et de la fructification », détaille le chef de zone. Quant à la situation phytosanitaire, elle est relativement calme, dans l’ensemble. Un cas d’attaque de chenille légionnaire avait été signalé sur une surface de deux hectares de maïs, dans le Périmètre irrigué villageois (PIV) de Kamankolé, mais il a été traité. « Aucun autre cas de maladie n’a été signalé », précise Boubacar Sidiki Daou. « L’espoir est donc permis et la production escomptée sera atteinte, si les pluies continuent jusqu’en octobre », ajoute-t-il. La réussite de la campagne en cours dépendra de la disponibilité d’engrais de qualité et en quantité suffisante. Déjà, des retards sont constatés dans l’approvisionnement de la zone en engrais subventionné. Pour le technicien, la quantité d’engrains mise à disposition est en deçà des besoins des producteurs. Sur un besoin global exprimé à 185 tonnes, seulement 30 tonnes d’engrais subventionnés sont disponibles pour le moment. « N’ayant pas d’autres choix, les producteurs ont acheté l’engrais sur le marché noir à des prix exorbitants », explique Boubacar Sidiki Daou. La zone, qui dispose huit motoculteurs, est aussi confrontée à des obstacles relatifs au labour des champs, à cause de l’insuffisance de machines. «Nous avons octroyé cinq motoculteurs aux producteurs, les trois autres appartiennent à des particuliers», détaille Boubacar Didiki Daou. Comme conséquence, « l’évolution des cultures irriguées dans les deux grands périmètres est relativement lente », constate le technicien. L’acquisition d’équipements du Centre agro-business dans le cadre du Projet de développement rural intégré de Kita et environs (PDRIK) résoudra, en partie, le problème du sous-équipement des producteurs du périmètre G/H de Mahinading. Interrogé, le président de la Coopérative des exploitants agricoles du périmètre G/H de Mahinadi confirme que le déroulement de la campagne agricole est satisfaisant dans l’ensemble. « Cela, malgré les retards constatés dans l’approvisionnement des paysans en engrais », a insisté Founéké Sissoko. Selon lui, la quantité d’engrais fournie ne couvre pas les besoins mais permettra, en grande partie, d’améliorer les cultures. « Le problème d’équipements agricoles est crucial », souligne Founéké Sissoko. «Les paysans ne sont pas en mesure d’acheter les équipements cette année, parce que l’Etat n’a pas de programme de subventions», indique-t-il. Ces insuffisances ont beaucoup affecté les différentes étapes d’évolution des cultures. Conséquences : les producteurs n’évoluent pas au même rythme. Concernant le riz, par exemple, les paysans, qui ont pris de l’avance en labourant leur champ avec les charrues, sont à un niveau évolutif stable. Par contre, ceux qui ont pris du retard sont encore au stade du repiquage. Quant au maïs, il tend vers l’épiaison. « Le Projet de développement rural intégré de Kita et environs, un partenaire de l’ADRS, a apporté des équipements pour la zone dont la qualité reste douteuse », relève M. Sissoko, avant d’expliquer que deux des cinq motoculteurs mis à la disposition des producteurs n’ont pas fonctionné. Créée en 2011, Manantali est l’une des trois zones d’intervention de l’ADRS, après celles de Kayes et Kita. Elle a été restructurée en 2017. La présence de l’ADRS dans la zone de Manantali vise à contribuer au développement socio-économique des populations rurales par la réalisation des aménagements hydro agricoles et la mise en valeur des terres dans sa zone d’intervention. Pour atteindre cet objectif, la zone de Manantali a pour missions de faciliter l’organisation et le fonctionnement efficient des dispositifs d’approvisionnement en intrants des exploitations agricoles. La zone de Manantali, on le rappelle, est située dans la partie sud du Bassin du fleuve Sénégal, dans la zone d’intervention de l’ADRS. Elle couvre les 13 communes de Bafoulabé, Mahina, Bamafélé, Diokéli, Koundian, Oualia, Tomora, Diallan, Diakon, Kontéla, Sidibéla, Gounfan et Niambia. Ces communes regroupent 218 villages et plus de 200 hameaux. L’ADRS encadre, actuellement, plus de

Le marché de l’arachide : Ce n’est pas « peanuts » !

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 10 septembre (AMAP) Les acteurs qui ont investi le créneau de l’arachide ne le regrettent point. La légumineuse s’écoule comme des petits pains, au grand bonheur des consommateurs et les vendeurs. Cette légumineuse, qui inonde aujourd’hui Bamako, est très prisée des habitants de la capitale malienne. Portant sur la tête des paniers ou de grandes assiettes remplies d’arachides, des vendeuses sont visibles, un peu partout, à travers la Ville des trois caïmans (Emblème de Bamako). Elles vont d’un marché à un autre, d’un quartier à un autre, de services en services, en quête de leur pain quotidien. Certaines tiennent au coin de la rue de petits étals de vente d’arachides fraîches, bouillies, grillées. Attia Dembélé est vendeuse ambulante. Elle fait de bonnes affaires avec une recette journalière estimée à 5.000 Fcfa. La marchande à la sauvette achète, généralement, le sac de 50 kg, entre 6.000 et 6.500 Fcfa, au marché de Ouolofobougou. Souvent, elle achète le sac de 100 kg dont le coût varie entre 10.000 et 12.500 Fcfa pour le revendre en détail. «Je ne me plains pas, car j’arrive à subvenir à mes besoins quotidiens grâce à cette activité commerciale», se réjouit Attia Dembélé. Egalement vendeuse au détail d’arachide, Djénéba Coulibaly dit se frotter les mains. Malgré l’abondance de la marchandise sur le marché de Bamako, elle peut vendre un sac d’arachide, par jour, pour un bénéfice net estimé à 4.000 voire 5.000 Fcfa. Pour elle, il y en a pour toutes les bourses à partir de 50 Fcfa. Comme elle, plusieurs vendeurs ou revendeurs d’arachide s’approvisionnent au marché de Ouolofobougou ou à la gare de Bougouni, communément appelé «Bougouni place». Ces marchés sont par excellence les principaux lieux de ravitaillement des revendeurs. Les ressortissants des pays voisins tels que les Sénégalais viennent s’y approvisionner également. Rencontrée à «Bougouni place», Aminata Coulibaly vient de se ravitailler. Elle spécule : «Cette année, il n’y aura pas de rupture d’arachide, vu le nombre de sacs qui descendent sur le marché, chaque jour, depuis plus d’un mois.» Pour elle, les prix sont raisonnables, le sac de 50 kg est cédé entre 6.000 et 6.500 Fcfa, contre 10.000 à 12.500 Fcfa pour celui de 100 kg. Producteur venu de Sikasso pour vendre une partie de sa production, Adama Koné abonde dans le même sens. Il estime que les Maliens ne peuvent pas consommer la quantité d’arachide que se trouve actuellement sur nos marchés. D’où la nécessité, selon lui, d’exporter une partie du produit pour éviter des pertes. « Surtout que c’est plus bénéfique de vendre aux étrangers », ajoute-t-il, précisant que sa productivité est meilleure cette année comparée à l’année passée. Malgré l’abondance de l’offre, chacun trouve son compte. «J’arrive à vendre plus de 50 sacs d’arachides. « Il y a des sacs de 100 et de 50 kg, vendus respectivement à 15.000 et 7.000 Fcfa», révèle le grossiste Bourama Niambélé, précisant qu’il préfère vendre uniquement aux Sénégalais qui mettent, selon lui, le prix. La transformatrice Assétou Koné profite de cet excès pour faire le plein. «C’est le moment propice pour constituer nos provision», reconnaît-elle. « Car, passé cette opportunité, les prix grimpent », soutient-elle. Les techniques de conservation à long terme utilisées en la matière pour éviter la putréfaction sont le séchage, le grillage, etc. L’arachide est une plante de la famille des légumineuses. Son fruit s’appelle cacahuète ou cacahouète, pois de terre, etc. Cultivée dans certaines zones notamment à Kita, Kayes et Sikasso, l’arachide contribue à la lutte contre l’insécurité alimentaire, participe à l’autonomisation des femmes. Elle rentre dans la consommation alimentaire. A ce titre, de petites unités la transforment en pâte destinée à la préparation de sauce (sauce d’arachides par exemple). La vente de la paille ou des fanes, comme fourrage génère des revenus importants pour les exploitants. «Je peux vendre 20 sacs de 50 kg et 10 sacs de 100 kg d’arachide par jour», confirme Mamadou Diakité, commerçant grossiste. On rappelle que les objectifs de production d’arachide pour la campagne agricole 2019 étaient, selon la 9e session du Conseil supérieur de l’agriculture (CSA), estimés à 548.966 tonnes, contre 516.204 tonnes en 2018 soit une hausse de 6 %. Il était prévu d’emblaver une superficie de 552.481 ha pour atteindre cet objectif. AMK/MD (AMAP)

Campagne agricole 2020-2021 à Gao : En attendant la promesse des récoltes

Abdourhamane TOURE AMAP-Gao Gao, 10 sept (AMAP) « La campagne agricole 2020-2021 démarre bien avec une pluviométrie satisfaisante dans tous les Cercles et Communes de la Région de Gao mais avec un retard accusé dans l’approvisionnement des intra agricoles subventionnés par l’Etat », a dit le directeur régional de l’Agriculture de Gao, Aliou Dicko. Pour lui, cette année, de façon générale, la pluviométrie dans la région de Gao a été plus satisfaisante que l’année passée. « Mais, cette pluviométrie varie d’une zone à une autre à cause de la répartition, qui, dans le temps et l’espace, n’est pas totalement bonne. Certaines zones ont été abondamment arrosées comme le Cercle de Gao qui a reçu 390 mm en 20 jours de pluies et même les deux Cercles de la région (Ansongo et Bourem) ont reçu de fortes précipitations », a révélé M. Dicko. « Dans le cercle de Gao, des plaines de submersion à Tacharane ont été inondées à cause de fortes orages accompagnées des eaux de ruissellements venue de loin. Dans les villages de Hamakouladji et Forgho (dans la Commune de Sonni Aliber) où se trouvent de grandes plaines de submersion contrôlée de 500 ha, les 400 ha ont été inondés par les fortes pluies », a ajouté le technicien. Les champs de riz des Cercles de Gao et Ansongo ont, également, été touchés par les inondations. De façon globale, la campagne agricole de l’année 2020-2021 se porte bien parce que dans la riziculture, tout système confondu, les pertes n’atteignent pas les 5 % », rassure le directeur régional de l’agriculture de Gao. L’état des cultures est variable pour la maitrise totale, certains sont à l’épiaison d’autres à l’étalage. Il y a deux types de submersions (contrôlée et libre) qui, cette année, évoluent ensemble « parce que certains paysans, qui cultivent sur des franges basses ou moyennes, sont à l’étalage et commencent le désherbage et ceux des hautes franges continuent à labourer », explique M. Dicko Dans tout le pays, l’Etat subventionne les intra agricoles mais avec les difficultés liées à l’état de la route et l’insécurité, l’approvisionnement a pris du retard dans la Région de Gao. Cette année, la Région a reçu 70 tonnes de l’urée qui a été utilisée par certains agriculteurs. Avant la dotation subventionnée de l’Etat, des partenaires (le Comité international de la Croix Rouge, Save the Children, la FAO et le DDRG) ont appuyé les agriculteurs « Cette année, nous craignons la forte crue qui a été constatée ces dernières années, surtout que certains continuent à labourer. Mais si les cultivateurs pratiquent le système d’irrigation d’appoint, les cultures pourront échapper à la crue’, dit notre interlocuteur. Même constat chez les cultivateurs. Abdramane Wazadi, la soixantaine, désherbe son champ d’un hectare et demi à Bagoundié (Darijoundié). Il dit que cette année, le cercle de Gao a reçu une quantité suffisante de pluies voire exceptionnelle. Aussi loin qu’il remonte dans sa mémoire, il n’a pas souvenance d’une telle pluviométrie dans le cercle de Gao. « Cette année, l’état des cultures nous donne l’espoir que les récoltes seront bonnes parce que nous craignons aussi les poissons et la forte crue », dit-il. Il estime qu’avec une bonne récolte, sur un hectare et demi il obtenir 200 sacs de riz paddy. Son voisin, à une trentaine de minutes de marche, Mohomoudou Tchiébouri dont l’exploitation champ couvre deux hectares, à Bagoundié II, est aussi en train de désherber. « Cette année, le Cercle de Gao a enregistré une pluviométrie abondante qui se répétait et moi, du haut de mes 68 années, je peux dire qu’il y a 18 ans que Gao n’a pas reçu d’aussi fortes pluies », dit-il. « Les autres années, sur les deux hectares, je peux avoir dix à vingt sacs de riz paddy. Mais avec la pluviométrie de cette année, j’ai l’espoir de gagner plus », a ajouté le vétéran. Mme Maiga Mariam Maiga, une veuve, que nous avons rencontrée, est dans le champ que ses enfants ont hérité de leur père et qui trouve vers l’ancienne route de Gao. Elle désherbe la parcelle champ, l’eau jusqu’à la hanche. « Ce travail, elle s’y connaît’, dit-elle. Elle désherbe les champs de ses enfants et d’autres cultivateurs et. à la fin des récoltes, elle gagne un sac de paddy jugée comme le prix de l’effort d’une personne. AT/MD (AMAP)

Mali : dur, dur pour les tisserands de Ségou

Par Mamadou SY AMAP-Ségou Ségou, 9 sept (AMAP) Les tissus importés et la friperie ont ravi la vedette à l’étoffe tissée. La fermeture de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX) et des frontières avec le Burkina Faso ont achevé de plomber l’activité de ces valeureux tisserands qui perpétuent une tradition millénaire. Quatrième région administrative du Mali, Ségou peut se targuer d’être une plaque tournante de la production du textile. Avec ses multiples organisations et centres qui promeuvent le tissu traditionnel, la Cité des Balanzans séduit et émerveille encore bon nombre de visiteurs et férus de produits «Made in Mali». Le Village artisanal de Ségou est un joyau architectural et un centre dédié à la filature, la teinture, la coupe, la couture… Dans ce temple de la créativité, les tisserands perpétuent un savoir-faire millénaire. Ici, des hommes et des femmes accomplissent un travail d’orfèvre. Ils tissent des fils pour en faire des étoffes de qualité destinées à l’habillement, mais aussi des couvertures, des rideaux, des serviettes, de splendides boubous « niaga » et « saran », du pagne rayé « koba » et des supports bogolan. Par un matin un peu frisquet, nous rencontrons Yacouba Diarra, au Village artisanal de Ségou. Marié et père de 5 enfants, ce tisserand a fait ses premières armes au Burkina Faso avant de retourner au bercail. Depuis que la COMATEX a mis la clé sous la porte, le 3 août, la pénurie de fils à tisser est devenue une préoccupation majeure pour Yacouba Diarra et l’ensemble des tisserands de Ségou. La voix de notre interlocuteur trahit une certaine forme de morosité. «Nous n’avons pas de fils à tisser. L’activité est presque à l’arrêt à cause du manque de cette matière première», explique le tisserand. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil à l’atelier de tissage. Ici, des métiers à tisser qui, pour la plupart tournaient à plein régime et produisaient des crissements stridents, ont cédé rapidement la place à un silence de cathédrale. Selon Yacouba Diarra, l’embargo de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) a sonné le glas du secteur. En effet, la cargaison contenant des fils à tisser en provenance du Burkina Faso, n’a pas pu être acheminée à Ségou, à cause du blocus imposé à notre pays. Pour les acteurs du secteur, c’était l’unique planche de salut pour reprendre le travail. Aujourd’hui, le quotidien des tisserands s’avère moins rassurant. L’heure est à la déprime et l’activité est plombée par l’atmosphère ambiante. « Mais, fait remarquer notre interlocuteur, les difficultés rencontrées par les artisans ne datent pas d’aujourd’hui ». Yacouba Diarra déplore l’attrait de nos concitoyens pour les produits importés au détriment des produits locaux. Il est nécessaire, selon lui, que les autorités donnent l’exemple. Pour cela, elles doivent être animées de cette fibre patriotique en adoptant une approche globale de promotion de nos étoffes locales. Le tisserand rappelle qu’en 2005, le président de l’Assemblée régionale de Ségou avait exigé que tous les maires de la région s’habillent en pagne tissé. «En ce temps-là, le marché était florissant», se souvient-il. A quelques encablures de là, dans une autre salle, installé sur la banquette du métier à tisser, Ibrahim Konaté ainsi que deux autres tisserands reproduisent les gestes anciens de nos ancêtres. Les cliquetis de la navette jouent une musique qui tranche d’avec l’atmosphère des lieux. Ces cliquetis ne semblent pas déranger Oumou Diallo et Mariam Diarra. Assises à califourchon, les deux femmes enroulaient des fils de chaîne sur plusieurs bobines avec beaucoup d’entrain. Ibrahim Konaté confesse que ce travail lui procure une grande satisfaction et lui permet de subvenir à ses besoins. La barbe grisonnante et une casquette sur la tête, le formateur en tissage, Séga Diallo déplore la cherté du fil à tisser vendu à l’usine COMATEX. Il fait remarquer qu’un paquet de fils à tisser de 900 g, à l’état naturel, coûte 3.000 Fcfa. «Pour faire une chemise, il faut débourser, au moins, 2.000 Fcfa pour l’achat de fils. Sans compter la main d’œuvre du tisserand dont le travail titanesque met le corps à rude épreuve. C’est ce qui explique le coût élevé du tissu traditionnel», précise Séga Diallo. « Des années 90 à nos jours, renchérit-il, le tissu « niaga » a toujours été prisé par la clientèle pour ses motifs d’ondulation. «Généralement, on le met dans le trousseau de mariage. La mère de la mariée achète ce grand boubou vendu à 13.500 Fcfa pour l’offrir à son gendre. Le prix minimum du pagne tissé mesurant 2m de longueur et 1m20 de largeur est de 3.500 Fcfa, selon le motif», fait-il savoir. De nombreux jeunes ont tendance à bouder le métier de tisserand. Le formateur en tissage précise que cette frange de la population, en dernier ressort, préfère se tourner vers les métiers de la métallurgie et de la mécanique. Le tissu traditionnel est destiné aux fervents admirateurs de produits locaux. Selon Soumaïla Sanogo, président de la Conférence régionale des chambres de métiers de Ségou, cette clientèle se fait un peu plus rare. Aujourd’hui, le pagne tissé subit une concurrence féroce. Les pagnes importés et le prêt-à-porter ont colonisé les rayons des magasins et étals de nos marchés. On assiste, aussi, à une arrivée massive de la friperie. Pour Soumaïla Sanogo, cette dernière constitue un handicap au développement de l’artisanat du textile. D’abord, elle détourne les consommateurs des tissus produits par nos valeureux artisans. Ensuite, les carnets de commandes de nos tailleurs s’amenuisent, étant donné que ces vieux habits ne nécessitent aucune réparation. «On ne cesse de le décrier, mais nous ne parvenons pas à résoudre cette problématique», déplore Soumaïla Sanogo. Il est clair que la consommation des produits locaux contribue au développement de l’économie nationale. Or, sur ce point essentiel, le Mali enregistre un retard coupable. Pour que le Mali puisse boxer dans la catégorie des géants du textile, le président de la Conférence régionale des chambres de métiers de Ségou suggère l’augmentation de la capacité de transformation du coton et l’instauration du port du tissu traditionnel dans l’administration. Une forte volonté politique

Cultivateurs et revendeuses de maïs frais : La bonne affaire saisonnière

Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 9 sept (AMAP) La pluie du lundi dernier a bien arrosé Kalaban Coura et plusieurs autres quartiers du district de Bamako, la capitale malienne. Un vent matinal rafraichit les usagers de la route menant à l’Aéroport international président Modibo Keita-Sénou. Malgré la fraîcheur, des femmes reviennent des champs de maïs dans la zone aéroportuaire. Du Parc des expositions jusqu’au-delà de la direction de la Météo, il y a des champs de maïs à perte de vue. Certaines, portant sur la tête des sacs de 50 kg contenant des épis de maïs frais, semblaient à bout de souffle. D’autres, avec leur bébé au dos, portaient aussi sur la tête de vieux draps remplis de maïs. Les moins téméraires sont assises sur des sacs de maïs, en attendant l’arrivée des conducteurs de tricycles pour les transporter. Mah Diarra, se décharge de son fardeau, arrivée à quelques mètres de «la porte d’entrée de Bamako», en venant de l’aéroport. «Mon chemin s’arrête ici. Les autres continuent. Certaines viennent de Kalabancoro, de Dialacorobougou, de Diélibougou. D’autres habitent Kalaban Coura. Nous revenons des champs de maïs situés juste derrière. Tu vois les pieds de maïs ? C’est là que nous nous ravitaillons, chaque jour, en maïs pour ensuite les revendre au détail. Je fais des affaires au bord de cette route», explique la vendeuse sur un ton courtois. Sans hésiter, elle se propose de nous conduire au champ de maïs et couvre sa marchandise avec un vieux pagne. Nous empruntons une voie boueuse. Le véhicule patine. Comme pour détendre l’atmosphère et nous mettre à l’aise, Mah explique qu’elle fréquente quotidiennement ce chemin depuis le début de la récolte de maïs. «Très tôt le matin, nous nous regroupons pour aller nous ravitailler», ajoute-t-elle. Le temps passe vite. Nous voilà dans le champ de Abdou Kadr Coulibaly. Le cultivateur émerge d’une touffe de pieds de maïs et nous accueille cordialement. « Il fait partie des propriétaires de champs de maïs les plus heureux en cette période. Son champ ne désemplit pas de clientes », commente un jeune homme. Abdou Kadr Coulibaly confirme. « Je suis cultivateur. Cela fait plus de 10 ans que je cultive le maïs. Les femmes sont mes clientes. Quand le produit arrive à maturité, je les reçois tous les jours », ajoute le paysan. En effet, les revendeuses de maïs viennent ici depuis 7 heures du matin. L’affluence peut continuer jusqu’à 10 heures. Dans l’exploitation de Abdou Kadr Coulibaly, la moisson a débuté une semaine après la fête de Tabaski. « Je laisse aux femmes le soin de récolter le maïs, ensuite nous faisons le décompte», explique l’exploitant. Sur une superficie d’environ un hectare, il peut vendre entre 50.000 et 100. 000 Fcfa par jour jusqu’à la fin de la récolte. Le champ de mais de Zoumana Mariko est voisin de celui de Coulibaly. « Il sera là dans peu de temps. Comme l’état de la route est mauvais, il transporte les sacs de maïs de ses clientes sur sa moto pour les déposer au bord de la route. Ils sont ensuite acheminés à destination à bord des motos tricycles», explique une dame, rencontrée sur les lieux. Quelques minutes plus tard, Mariko revient nous rejoindre. Cette année, il dit avoir cultivé deux hectares qui lui rapportent entre 150.000 et 200.000 Fcfa par jour. Celui qui exerce ce travail depuis sept ans se plaint de problèmes d’équipements agricoles et d’espace cultivable. ÉTUDIANTE VENDEUSE – A peine nous terminons les échanges avec Mariko, Fanta Diallo sort du champ. La frêle dame tire un sac de maïs de 50 kg fraichement cueillis. Etudiante à la Faculté des sciences économiques et de gestion de Bamako, elle vend du maïs au quartier Bacodjicoroni-Golf. Profitant de l’arrêt des cours, il se fait un peu d’argent. «Il faut transpirer pour avoir de l’argent», estime la jeune dame. Pour ce faire, elle se réveille tôt le matin, chaque jour, pour faire ses travaux ménagers, avant de mettre le cap sur les champs de maïs. Grâce au revenu tiré de cette activité, elle complète l’argent de la popote. «En plus, j’arrive à subvenir à mes petits besoins. J’achète entre 6.000 à 7.500 Fcfa de maïs par jour pour un bénéfice journalier variant entre 3.500 et 4.000 Fcfa. En effet, je grille le maïs pour le vendre à 100 Fcfa. Je propose aussi aux clients des maïs frais à 500 Fcfa par tas», ajoute la jeune mère. Après un temps de respiration, elle charge la marchandise sur sa moto. Direction le quartier Golf où l’attendent des clients. Pendant ce temps, Mariam Samaké attache solidement son sac de maïs frais à l’aide d’une corde. Elle vient de récolter une importante quantité pour un montant estimé à 15.000 Fcfa. Mariko a déjà déposé un sac au bord de la route principale. «Je viens de Kalaban coro. Ce commerce m’aide à joindre les deux bouts. Mon mari travaille. J’essaie de l’aider dans ses dépenses, en menant cette activité», explique-t-elle, soulignant qu’elle peut faire un bénéfice journalier de 5.000 Fcfa ou plus. Ainsi qu’elles revendent du maïs frais ou grillé, en cette saison, ces braves dames tirent leur épingle du jeu. Les propriétaires de champs, chez qui elles s’approvisionnent, se frottent, également, les mains PRODUCTION INTERIEURE – Les champs situés sur la route de l’aéroport ne sont pas les seuls fournisseurs de Bamako en maïs frais. A Missala comme à Gouana, plusieurs propriétaires de champs se frottent les mains en cette période. Sur la route appelée «Pont de Moussa Mara», il n’est pas rare de rencontrer des charretiers chargés de maïs frais en direction de Kalaban et autres quartiers de Bamako. Mariam et Fatoumata suivent une charrette en marchant. «Nous revenons de notre champ. Nous vendons la moitié du chargement en cours de route. Les gens aiment le maïs fraichement cueilli », indique Fatoumata. « Ces propriétaires de champs ne peuvent pas servir tout Bamako », analyse Mariama Sidibé, vendeuse de maïs frais à Ouolofobougou. «Bamako est également servi par Bougouni. Chaque matin, des véhicules déchargent

Hôtel de l’Amitié : Sit-in contre le licenciement de 76 employés

Bamako, 3 sept (AMAP) Une partie du personnel du Sofitel Hôtel de l’Amitié a tenu, mardi, un sit-in devant l’établissement hôtelier, pour protester contre le licenciement de 76 employés pour motif économique par la société tunisienne «Granada» gérante de la structure. Les employés ont, à cet effet, bloqué les différentes entrées et sorties de l’hôtel à l’aide de barricades et de leurs motos. Ils estiment n’avoir pas été avisés, et espéraient reprendre le service après des mois de chômage technique dus à la Covid-19. Contre toute attente, ils ont été invités à signer un acte de résiliation de contrat. A l’entrée, deux listes étaient soumises aux employés qui devraient signer. La première liste concernait les employés autorisés à prendre le travail et l’autre était destinée à ceux qui doivent être remerciés. «Au début, 76 employés de l’hôtel étaient sur la liste de licenciement. Nous constatons autre chose ce matin. Ils nous ont présenté deux listes : celle de ceux qui peuvent entrer pour travailler et la liste de licenciement que les intéressés doivent signer. Les agents n’ont pas été avisés», a déploré le secrétaire général adjoint du Comité syndical de l’hôtel de l’Amitié, Dr Aboubacar Diarra. Pour celui qui se présente comme membre du Bureau exécutif de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), certains travailleurs qui étaient sur l’ancienne fiche de congédiement ont été autorisés à reprendre le travail. D’autres n’y figuraient pas mais ont été surpris de constater qu’ils doivent être limogés. «Ces licenciements ne sont pas du tout fondés, parce que nous constatons que l’hôtel marche », explique le syndicaliste. L’administration de l’hôtel n’a souhaité répondre. Toutefois, un agent de police du Commissariat du 3è arrondissement faisait office d’intermédiaire entre le personnel et la direction générale. Le policier est ressorti avec une lettre de licenciement dument validée par la Direction régionale du travail du District de Bamako. Le tourisme fait partie des secteurs d’activités les plus touchés par la maladie à coronavirus, à cause notamment de la fermeture des frontières. Pour y faire, la direction générale de l’hôtel de l’Amitié a mis, au début du mois d’avril, 102 de ses employés en chômage technique. Pour montrer leur indignation face au non respect de la procédure utilisée en cette occasion, le Comité syndical de l’hôtel avait organisé un sit-in. En réponse à cette situation, la Direction régionale du travail du district de Bamako (DRT-DB) avait adressé une lettre au directeur général de l’hôtel de l’Amitié, en date du 30 mars 2020. La lettre précisait que cette décision de mise en chômage technique intervient en raison de l’annulation de l’ensemble de la réservation et de l’arrêt partiel du travail de l’hôtel de l’Amitié suite à la pandémie de Covid-19. Pour minimiser l’impact de la crise sanitaire sur les entreprises et éviter les licenciements massifs de travailleurs dans les secteurs affectés par cette crise, le gouvernement d’alors avait pris des mesures fiscales comme l’exonération de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les consommations sur les facteurs d’eau et d’électricité effectuées au cours des mois d’avril et mai 2020. Il y a eu aussi des remises d’impôts, au cas par cas, et secteur par secteur, entre autres, la renonciation à la perception du produit de la Contribution forfaitaire à la charge des employeurs (CFE) et de la Taxe-logement (TL) auprès des entreprises du secteur privé pour les mois d’avril 2020 à décembre 2020 inclus. BBC/MD (AMAP)