Amateurs de « Soumbala » : Exigez l’épice à base de graines de néré

Par Fatoumata TRAORE Bamako, 5 février (AMAP) Le « soumbala » (pâte de néré) est un condiment très sollicité dans la cuisine africaine, plus précisément au Mali, grâce à sa saveur et ses bienfaits pour la santé. Le Parkia Bligobosa (néré) est une espèce d’arbre de la famille des Mimosaceae, originaire des zones sahéliennes et soudaniennes. Les connaisseurs assurent que le produit fabriqué à partir du néré est de meilleure qualité. L’épice à base de graines de soja est très présente aussi sur les étals et bon marché. Ses graines servent à la fabrication de l’épice, à la fois nutritive et médicale, appelée « soumbala ». Fabriquée à la main, cette épice est connue pour son odeur forte et est présentée sous différentes formes (boule, barre, poudre). Au Mali, le « soumbala » est produit, la plupart du temps, par des femmes rurales, de Ouélessébougou, Koutiala, Dio, entre autres. Celles-ci approvisionnent les grossistes des marchés de la capitale. Il est 9 heures lorsque notre équipe de reportage arrive à « Nionoplaci », au point de vente de la fameuse pâte appartenant à une entreprise. Ici, le « soumbala » se trouve au cœur des activités d’une myriade de grossistes d’épices. Assis devant sa boutique, coiffé d’un bonnet rouge et vêtu d’un uniforme vert et jaune, Aboubacar Touré trône au milieu de sacs et de cartons d’épices. « Les bienfaits du « soumbala » sont énormes, car il vient du néré qui est efficace contre les maladies du ventre et du corps et il est bon pour régulariser la tension artérielle. C’est pourquoi, les personnes âgées l’aiment beaucoup. Ce condiment protège contre certaines maladies néfastes comme le diabète, les douleurs gastriques et les infections », croit-il savoir. Notre interlocuteur est le gérant de cette entreprise qui vend depuis, plus de 30 ans, le « soumbala » du Mali et de la Guinée. Pour ce spécialiste, il y a deux qualités : « le ‘soumbala’ à base de graines de néré et celui à base de graines de soja appelé « soumbalachôw ». « La différence, ajoute-t-il, se situe au niveau de l’odeur et du goût ». Aboubacar Touré a précisé que le « soumbala » à base de graines de néré est plus doux que celui provenant du soja. Si tous les deux types ont leur importance, notre interlocuteur regrette tout de même la mise à l’écart  du « soumbala » à base de néré. Dans sa boutique, deux jeunes employés conditionnent la marchandise pour des clients. Pour M. Touré, les fournisseurs de Dio et de Koutiala produisent beaucoup plus que ceux de Ouélessébougou. Le vendeur explique que le prix en gros dépend de la qualité. Ainsi, le « soumbala » de Ouélessébougou est, généralement, présenté sous forme de bâtonnets et de petites boules. Il coûte 600 Fcfa le kg pour quelqu’un qui achète de 3 à 19 kg, et 550 Fcfa à partir de 20 kg et plus. Le « soumbala » de Koutiala et de Dio coûtent 500 Fcfa le kg. D’après le gérant, le « soumbala » de la Guinée est le plus cher car il est fait à base de graines de néré. « Les fournisseurs de la Guinée, nous cèdent le kilo à 1250 Fcfa le kg. A notre tour, nous revendons en gros à 1400 Fcfa le kg. Au détail, nous vendons le kg à 1500 Fcfa », nous confie-t-il. Aboubacar ne cache pas qu’il gagne bien sa vie dans le commerce du « soumbala ». Mais il déplore le peu d’intérêt des Maliens pour les produits locaux. Il évoque aussi le problème de conservation. « Si le « soumbala » est bien fabriqué, il peut faire 6 à 7 mois sans se détériorer », confie-t-il en bon connaisseur. Un peu plus loin de la boutique de Touré, Mamou Coulibaly propose divers condiments. « Je vends le « soumbala » du Mali uniquement, plus précisément celui de Dio qui a un très bon goût. Beaucoup de mes clients l’achètent mais ne se rendent pas compte que ça vient de Dio. Le « soumbala » de Dio est très riche en graines de néré », soutient-elle. Elle achète le kg à 1500 Fcfa et confectionne des boulettes qu’elle vend à 50 Fcfa l’unité. Grande amatrice du « soumbala », Kadidiatou Diakité ne tarit pas d’éloges au sujet de cette épice. « Le « soumbala est très bon pour la santé et relève le goût de certains de nos mets comme le «soumbalalafiri », la sauce gombo, la sauce d’arachide, la sauce de feuilles de patates « sakasaka », etc. « D’ailleurs, ajoute-t-elle, c’est ce que je m’en vais préparer aujourd’hui, c’est très bon », soutient-elle. Productrice de « soumbala », Awa Diarra habite à Ouélessébougou. Elle explique le procédé de fabrication. « On lave les graines et on les met dans la marmite pour les faire bouillir. Après, on les étale sur des sacs vides avant de les couvrir durant deux jours », explique-t-elle. Après cette étape, les graines sont pilées pour les transformer en pâte qui est conditionnée ensuite. L’épice est ensuite stockée dans des cartons pour être transportée vers les points de vente. La quinquagénaire ajoute que les revenus tirés de cette activité couvrent les dépenses de sa famille. Elle a acquis aujourd’hui son autonomie financière. Non loin de la « gare de la Guinée » à Djicoroni para, il y a des magasins de stockage de « soumbala » en provenance de la Guinée. Les revendeurs y vont en nombre parce que le « soumbala » de la Guinée est de très bonne qualité. Kôh Camara confirme. L’homme possède un grand magasin de « soumbala ». Selon lui, le « soumbala » de la Guinée est de bonne qualité parce qu’il contient uniquement des graines de néré. Et de préciser que c’est ce qui est vendu dans son magasin. Le produit venant de Guinée est mieux présenté et bien emballé dans des cartons. Ce qui le protège contre les impuretés. Voilà pourquoi notre vendeur assure qu’il n’a jamais eu maille à partir avec les agents de la sécurité sanitaire des aliments. FT/MD (AMAP)

Insémination artificielle animale : Ça peut rapporter gros

Par Mariam F. DIABATE Bamako,16 janvier (AMAP) Au Mali, un grand nombre d’éleveurs a compris que l’amélioration génétique a des avantages pour l’exploitation des étals qui sont destinés à la production et pour la vente de lait, de viande ou d’animaux sur pied. Si certains utilisent la pratique dans le but d’accroître leur production laitière, ceux, en revanche, qui font de l’embouche bovine pour vendre les animaux aux bouchers, exploitent le créneau de l’insémination pour améliorer leur production de viande. Dans les deux cas de figure, l’insémination artificielle, un outil privilégié pour l’amélioration génétique des races animales, permet aux éleveurs de réaliser des profits. « Une bonne initiative ! », Modibo Siby, commerçant de vaches et veaux métis au marché à bétail du quartier « Sans fil » de Bamako « Personnellement, je l’ai introduit dans mon élevage dans le but d’accroître ma production laitière », a-t-il affirmé. Il pratique le métier depuis 7 ans. Assis sous un hangar, au milieu de son parc à bétail, il est indifférent à l’odeur de la bouse et d’urines d’animaux. Il a expliqué que l’insémination artificielle animale a considérablement augmenté sa production laitière. « De 4 litres de lait, je suis à plus de 50 litres par jour », a-t-il souligné, avant d’ajouter que cette production lui rapporte gros. Par ailleurs, M. Siby trouve que le commerce de ces animaux est aussi intéressant. « Le veau métis (d’un an) et sa génitrice (vache locale) peuvent rapporter plus d’1 million de Fcfa. Quant au prix du veau, il varie entre 250.000 et 300.000 Fcfa », a-t-il révélé, ajoutant qu’il cède ses vaches locales inséminées entre 350.000 Fcfa et 425.000 Fcfa. « Actuellement, je dispose de 15 vaches inséminées. Je projette d’inséminer 7 pour ce mois », affirme Mamadou Bah, éleveur à Sikasso. Propriétaire de 36 têtes de bœufs, le quinquagénaire est installé dans une grande cour, près de l’abattoir de Sikasso, sur la route de Bougoula hameau. « Les gens s’approvisionnent ici, depuis que j’ai commencé l’insémination. Je n’ai jamais acheté du lait nulle part ailleurs », dit-il, fier de lui. Il a commencé l’élevage en 2013. Trois ans plus tard, il a introduit la pratique de l’insémination dans son étal. Tout comme le précédent interlocuteur, M. Bah accorde une grande attention à la production laitière. Celle-ci lui permet de gagner de l’argent. « Avec mes races locales, j’avais 30 litres de lait. Aujourd’hui, je collecte une centaine de litres par jour », a-t-il affirmé. Il cède le litre à 500 Fcfa aux détaillants et 400 Fcfa aux grossistes. Egalement, l’éleveur peulh nous confie qu’il a tout récemment vendu 7 vaches métisses à 16 millions de nos francs. « En général, je vends ma vache métissée à 900.000 Fcfa. Quand elle est inséminée son prix varie entre 1.500.000 et 1.700.000 Fcfa. Ma métisse de moins de 3 ans, je la cède à 1.400.000 Fcfa, alors que celle de 9 mois coûte 800.000 Fcfa. Mon taureau métis d’un mois coûte 600.000 Fcfa», a-t-il précisé. Il a ajouté qu’en ce moment, il n’a plus de taureaux car, une fois qu’ils naissent, les clients se précipitent pour les acheter. Ils sont très prisés. « Le prix de nos bœufs de race locale, entre 1 et 3 ans d’âge, ne dépasse pas 250.000 Fcfa. L’insémination artificielle permet d’apporter une plus value, puisqu’on peut vendre un bœuf métis de moins de 2 ans à plus d’1 million de Fcfa », nous a expliqué Souleymane Coulibaly, un autre éleveur de Sikasso, dont la ferme est située à Kaféla, sur la route du Burkina Faso. Le sexagénaire possède 70 têtes de bovins, dont 40 vaches inséminées. « L’argent que je gagne grâce au commerce du lait me satisfait largement. Il couvre toutes mes dépenses (entretiens des animaux, salaires des travailleurs et dépenses personnelles) », a-t-il dit. Souleymane Coulibaly souhaite synchroniser l’insémination de ses vaches afin d’avoir de nombreux veaux métis de même âge le jour des mises bas. L’éleveur de Niono, Diaguely Diakité, reconnaît les avantages de la production laitière de ses vaches inséminées. « Avec mes quatre vaches inséminées, je peux avoir entre 22 et 35 litres de lait par jour », a-t-il confié, ajoutant qu’après la vente, l’argent lui permet de payer ses employés, d’acheter du tourteau et des herbes pour ses animaux et de couvrir ses dépenses familiales. En outre, M. Diakité transforme une bonne partie de son lait en fromage et yaourt. « Cet argent me permet d’économiser », a-t-il dit. TAUX D’INSEMINATIONINTERESSANT – En termes d’avantages de la pratique, le Pr Diakaridia Traoré ne tarit pas d’éloges sur l’insémination. Il est le directeur général du Centre national d’insémination artificielle animale(CNIA).« Avec l’insémination artificielle animale, les métis en âge de production donnent 10 à 15 litres de lait, par jour alors que les races locales font, seulement, de 2 à 3 litres », a-t-il expliqué. Tout en précisant que le coût normal de l’insémination est de 46.000 Fcfa, le coût subventionné par l’Etat est de 10.000 Fcfa pour la chaleur naturelle (période de l’ovulation de la femelle) et 17.000 Fcfa pour la chaleur synchronisée (l’ovulation de plusieurs femelles).   Se prononçant sur les défis de l’insémination artificielle au Mali, le directeur général du CNIA pense qu’il faut un accès à un centre adéquat afin de pouvoir bien travailler. Pour le Pr Traoré, les défis sont pluriels parmi lesquels, il faut compter la difficile condition d’importation de la semence et les moyens de transport des semences vers les régions. L’arrêt de l’approvisionnement des inséminateurs en azote liquide (le liquide qui permet de conserver la semence), la non acquisition des semences montbéliarde fortement demandées par les éleveurs, le redéploiement du fonds alloué à l’insémination à d’autres activités par le gouvernementsont, aussi, des contraintes sur lesquelles il attire l’attention.   Selon certains inséminateurs, la réussite de l’insémination dépend de trois facteurs : la compétence de l’éleveur, celle de l’inséminateur et la bonne santé de la femelle. En cas de défaillance d’un de ces trois facteurs, l’insémination échoue. « Le problème majeur de l’insémination est qu’une grande partie des éleveurs ont la mentalité que la pratique doit, coûte que coûte, réussir. Or, que ce soit les humains ou les

Pénurie de gaz butane : Le charbon fait feu de tout bois

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 08 janvier (AMAP) Depuis plusieurs semaines, à Bamako, le gaz butane joue la star. Il faut débourser le double, voire le triple du prix subventionné (3.500 Fcfa) pour s’offrir la bouteille de 6 kg. Les usagers se tournent vers le charbon de bois, dont les prix prennent aussi l’ascenseur. Mais les vendeurs réfutent toute relation de cause à effet. Nous sommes en pleine pénurie de gaz butane. Ce combustible non pollueur est devenu au fil du temps un compagnon indispensable des ménages de la capitale malienne. Il se substitue même, souvent, au charbon de bois, de moins en moins, utilisé par une classe moyenne. Cette rupture suivie d’une augmentation du prix d’un tel produit a poussé les ménages à se tourner vers le charbon de bois, On peut en imaginer dont les dommages sur l’environnement qui restent à évaluer. Aux points de vente du charbon de bois, à travers la ville de Bamako, la situation est à la surenchère. N’Golo Diarra est vendeur grossiste de charbon depuis près de 25 ans au marché de Lafiabougou. Habits et visage colorés noircis au contact du charbon, il est catégorique : « Le manque de gaz butane n’a pas eu d’impact sur le prix du charbon ». Pour lui, la flambée, ces derniers temps, du prix du charbon est périodique. « En ce sens, argumente-t-il, que l’accès aux sites de production du charbon est très difficile pour les véhicules pendant la saison des pluies ». S’y ajoute le froid qui empêche les producteurs de couper suffisamment d’arbres. Créant, ainsi, une situation où l’offre est inférieure à la demande. « C’est ce qui a entraîné l’augmentation du prix du charbon », tente de convaincre N’Golo Diarra dont le dépôt était pris d’assaut par des clients. A l’en croire, les prix pourraient baisser après la saison froide. Car, la production du charbon est moins onéreuse et moins pénible en saison sèche. « C’est pourquoi nous cassons les prix pendant la saison de sèche », explique celui qui cède le sac de charbon à 5.000 Fcfa, précisant que le prix varie d’un point de vente à un autre et en fonction des localités de provenance. La Région de Sikasso apparaît comme un centre de production par excellence du charbon de bois. En témoigne la disparition accélérée et inquiétante des forêts qui ceinturent la région frontalière de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. A preuve, toutes les deux semaines, Madou Sonta décharge des centaines de sacs de charbon transportés par des véhicules en provenance de Sikasso. Ce fournisseur, âgé d’une cinquantaine, est installé au marché de Ouolofobougou. Par jour, Madou Sonta peut écouler plus d’une cinquantaine de sacs de charbon. « Le manque de gaz butane, renchérit-il, n’a pas provoqué une augmentation de prix du sac de charbon. Il a, par contre, entraîné un soudain afflux de la clientèle », reconnaît M. Sonta. « Bien avant la crise du gaz, on vendait le sac aux détaillants à 4.500 Fcfa », rappelle-t-il, ajoutant que le charbon qu’il vend provient de Kolondièba. Si les marchands de charbon réfutent tout lien entre la hausse du prix et la pénurie de gaz butane, ils confirment tous que cette crise a gonflé leur clientèle. « La crise du gaz, nous arrange en quelque sorte car, par jour, je vends plus de 50 sacs. Et les sacs que vous voyez seront écoulés avant la fin de la journée », sourit Madou Sonta, en pointant le stock du doigt. Contrairement à son voisin Madou Sonta, Salif Doumbia a, lui, cassé ses prix. « Le prix dépend de la provenance. Je cède le sac à 3.500 Fcfa voire 3.750 Fcf », assuré M. Doumbia, qui venait de vendre une dizaine de sacs à Mme Diarra. Le charbon dont il fait commerce provient de Siby, localité située à quelques dizaines de kilomètres de la capitale. La pénurie de gaz semble être une aubaine pour des livreurs de charbon. Saisissant l’opportunité, ils se sont transformés en revendeurs ambulants de charbon de bois. Tel est le cas du jeune Boua Théra. Rencontré au niveau du marché de Fassambougou, en Commune II, il explique : « Maintenant, le commerce de charbon est très florissant. Comme la plupart de mes camarades, j’ai choisi cette option, c’est plus rentable que la livraison que je faisais. Sur chaque sac, je fais un profit de 500 Fcfa ». Conséquence ?  Les ménagères, elles, se plaignent de la hausse du prix de combustible. « Le sac de charbon est intouchable. Le gaz butane est introuvable. C’est vraiment difficile pour nous », peste Aïssata Diallo. La bonne dame venait d’acheter quelques sachets de charbon. BBC/MD (AMAP)

Horticulture en milieu urbain : Un trésor végétal en friche

Par Mohamed TOURE Bamako, 08 janvier (AMAP) « Construire une maison sans plantes, c’est comme habiller une jeune femme sans bijoux. » Cette phrase ne sort pas d’un recueil de poèmes. Elle est de Daouda Sangaré qui nous décrit toute l’importance que revêt, à ses yeux, son métier d’horticulteur. Une blouse verte sur les épaules, cet amoureux des plantes passe beaucoup de temps dans son jardin. Un endroit idyllique, superbement décoré de fleurs multicolores, dont le parfum est une bonne bouffée d’oxygène en ces moments de pollution de plus en plus importante à Bamako. Ce matin de janvier, une brise provenant des berges du fleuve Niger balaie l’endroit, tel un havre de paix. Le courant d’air fait balancer les branches d’arbustes qui ornent le lieu. Sur l’écriteau de la devanture on peut lire « Inter Flora ». Le maître des lieux est vite reconnaissable à son activité et à ses échanges avec les clients. «J’exerce ce métier depuis 1974. A l’époque, j’étais gamin et était aux côtés de mon père », confie-t-il. Pour Daouda Sangaré, sa profession est d’une grande importance dans le contexte actuel de changement climatique. Des signes avant-coureurs de l’avancée du désert vers la zone soudanienne du Mali sont là. Plusieurs espèces de végétaux sont proposées aux clients : plantes d’intérieur (plantes fleuries, plantes vertes), d’extérieur (arbustes d’ornement, arbres fruitiers) et des accessoires de jardinerie, notamment des pots. En fait, plus d’un millier d’espèces végétales exotiques y sont exposées. Elles proviennent des quatre coins du monde : Europe, Asie, Amérique du Sud ou des pays du continent africain, comme Madagascar, Congo, etc. C’est une kyrielle de variétés, des arbres fruitiers (manguiers, citronnier, cocotier, cacaoyer, caféier), des espèces décoratives le plus souvent exotiques (les rosiers, les palmiers, les sapins). La collection de cactus est la plus impressionnante. Il possède plus d’une quarantaine de variétés de cet arbre d’origine américaine. L’horticulteur explique que plusieurs espèces d’arbres florales, telles que « le Chapeau de Napoléon », les « Belles de nuit », « les belles de jour », ont été introduites au Mali à l’époque coloniale. PASSIONNÉS DE BOTANIQUE – De nos jours, la demande en espèces étrangères est de plus en plus importante. Notre interlocuteur affirme être toujours en train de chercher de nouvelles plantes. Dans cette tâche, il est souvent aidé par des particuliers passionnés de botanique. « Je trouve, souvent, de nouvelles espèces chez certains clients qui ont la passion des arbres. Lors de leurs déplacements sur d’autres continents, ils nous apportent de nouvelles espèces ou même des graines qu’ils nous demandent de développer », explique Daouda Sangaré, tout en nous montrant sa toute dernière trouvaille : un Aglaonéma, une espèce d’arbre floral asiatique avec de belles formes de feuillage, allongées et aux couleurs panachées. « J’ai commencé à le développer, il y a six mois. D’un seul pied, j’en suis déjà à huit maintenant. Pour ne pas le vendre, je dis souvent aux clients qu’il coûte 50.000 Fcfa », plaisante-t-il, sourire aux lèvres. Plusieurs espèces de plantes arrivent au Mali,  à travers certains pays voisins tels que la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Gambie. Ces pays étant fournis par les navires venant d’autres continents, principalement d’Amérique du Sud. Les prix des plants varient entre 50 Fcfa, 100 Fcfa et 250 Fcfa, selon différentes catégories et leur disponibilité sur le marché. Les espèces les plus prisées sur le marché sont les rosiers, « les épines du Christ » ou encore le « Lantana camara », des arbres décoratifs très demandés. Certaines variétés, parmi les plus rares sur le marché, peuvent valoir jusqu’à 100.000 ou 150.000 Fcfa. La « palme d’or », dans cette catégorie, est remportée par le « Cycas géant » qui coûte la bagatelle de 250.000 Fcfa. Cet arbre, utilisé pour la décoration, a la particularité d’être doté d’un tronc court et d’un beau feuillage brillant. Cette prolifération des espèces végétales a entrainé la multiplication des pépinières qui poussent comme des champignons en plusieurs endroits de Bamako. Les horticulteurs et les pépiniéristes sont estimés, actuellement, à près de 300 producteurs dans notre capitale, selon Lassina Diarra, le président pour la Commune III de l’Union régionale des sociétés coopératives des horticulteurs et pépiniéristes de Bamako. Sékou Coulibaly et Salif Dembélé sont aussi membres de cette association. En 2000, ils ont fondé la pépinière « Ba Djoliba ». Les deux hommes emploient plusieurs jeunes apprentis, qui sont affairés à remplir les sachets en plastique usés de terre, pour contenir les plantes. Ici, en plus des arbres exotiques adaptés au climat du Mali, on propose aussi des espèces aux vertus médicinales. En effet, certaines variétés, telles que les « Aloe vera », les « feuilles glacées », le « Moringa » sont très prisées pour soigner ou prévenir certaines maladies. Cependant, les ventes de plants d’espèces fruitières représentent le gros du chiffre d’affaire des producteurs. Ce marché est, particulièrement, boosté pendant l’hivernage. « A cette période de l’année, certaines personnes peuvent nous acheter un millier de plants de citronniers ou de manguiers, d’un trait, pour leur plantation », confie Sékou Coulibaly. A l’analyse des chiffres avancés, on se rend compte que ce secteur peut être extrêmement porteur pour le Mali. « Nous étions à une prévision 80.000 plants, en 2019, pour la filière mangue au compte des producteurs de Bamako », relève Lassina Diarra. Il souligne que compte tenu de ce potentiel, notre pays exporte, chaque année, une grande quantité de plants de mangues vers d’autres pays comme le Sénégal, le Mozambique, le Gabon, etc. INSTALLATION PRECAIRE – Malgré ce fort potentiel de productivité, les horticulteurs déplorent certaines difficultés majeures qui minent leur domaine d’activité. Notamment, la disparition de certaines espèces d’arbres, pourtant très présentes, il y a quelques années, du fait du changement climatique ou de la non qualification des jardiniers pour les entretenir. Il s’agit, entre autres, selon Daouda Sangaré, des espèces comme les « Acalyphas », les « Chapeaux de Napoléon » ou les « Queues de singe ». Le manque de valorisation et le caractère précaire et informel du métier sont aussi décriés par les horticulteurs. Et Salif Dembélé de déplorer la vision de certaines personnes qui pensent que « la vente de plants d’arbres est un métier encore peu valorisé ». « Souvent, elles nous prennent pour

Des vergers au marché : Incontournables revendeuses de fruits à Bamako 

Par Maïmouna SOW Bamako, 03 janvier (AMAP) Ce lundi, 25 novembre, marché des bananes (Namassa Dankan). Comme tous les matins, Ici, la détermination est féminine. Les passages étroits, qui séparent les magasins des grossistes, grouillent de commerçantes au détail. La cohue, sans précipitation, se déplace dans tous les sens. Les revendeuses, arrivées tôt à la bourse des bananes, sont pressées de regagner le centre-ville. Elles sont chargées de régimes de bananes, de melons, d’oranges. Les retardataires sont reconnaissables à leur plateau coincé sous le bras. Elles bousculent tout le monde dans les étroits passages. Elles ont hâte d’arriver au stand de leur fournisseur habituel.  Dans ce souk, il n’est pas aisé de se frayer un chemin. Pour se faire entendre, tout le monde, clients, vendeurs, crie.  « C’est mon tour ! ». « Cédez-moi le passage ! ». « Dans quel sachet je mets tes achats ? ».  « Ne me bouscule pas ! ». Beaucoup de jeunes femmes rurales, venues en exode à Bamako, deviennent des vendeuses ambulantes de fruits de saison. Elles sont propres et bien habillées dans les rues, pour attirer la sympathie de la clientèle. Difficile de convaincre ces femmes de m’accorder deux ou trois minutes d’entretien sur le commerce de la banane. Je guette les allures des clientes. Je m’approche de celles qui affichent une mine sereine. Je me dis que celles-ci sont indulgentes et qu’elles seront gentilles de répondre à deux ou trois questions. Ma tactique se révèle efficace. Deux sœurs ressortissantes de Koro, Ramata et Awa Tolo, acceptent de m’accorder quelques minutes de leur précieux temps.  Toutes les deux sont mariées. Elles se partagent une caisse de banane chaque jour. « Le prix de la caisse de 30 kg oscille entre 4.000 Fcfa et 15.000 Fcfa, selon la taille des bananes », explique l’aînée Ramata. Depuis 5 ans, ce commerce apporte, à chacune, un bénéfice journalier de 2.000 Fcfa. Les deux jeunes femmes dogon sont dynamiques et pleines de vie. Elles affrontent, toute la journée, sourire aux lèvres, les personnes auxquelles elles proposent leur marchandise. Elles ne rentrent jamais à la maison sans avoir écouler leur stock. Il y a une bonne entente entre les deux sœurs. La cadette portait au dos le bébé de sa grande sœur, au moment de notre entretien, en plus du poids de la marchandise sur la tête. La cadette nous confie : « Nous visitons les places publiques et les marchés de quartiers de Bamako pour vendre la marchandise. Ce travail est pénible. Mais nous sommes sympathiques. Nous sommes arrivés à créer une chaîne de clients fidèles. Ils attendent notre passage ». Les deux sœurs participent à la charge du foyer. Elles font, de temps en temps, plaisir aux parents restés au village, en envoyant des cadeaux et de l’argent. La grossiste Aminata Diakité décharge, au cours de la semaine, plusieurs sacs de melons et d’oranges sur le marché de Bamako. Elle achète ses fruits à Ségou, Sirabolola, Banamba. « Les grossistes me cèdent cinq melons à 500 Fcfa. Je revends quatre à 500 Fcfa. Mon bénéfice est le prix de la vente d’un melon sur cinq. Pour gagner dans ce commerce, il faut être rapide et très compétitive dans l’écoulement des produits. Car ils sont périssables. Et si c’est le cas, on perd beaucoup d’argent », affirme-t-elle. Cette mère de deux enfants, d’une trentaine d’années, est consciente de son rôle éminent dans son foyer. Tous les jours, elle participe aux dépenses pour faire bouillir la marmite. Elle s’assume et, pour elle, cette contribution est un acte responsable pour la stabilité de son foyer. Le plus grand souhait de Bono Coulibaly  est de se faire une place au soleil à Bamako, grâce à la vente ambulante de fruits. Elle est âgée d’une cinquantaine d’années. Elle porte tous les jours, sur la tête 30 kg de fruits de saison depuis ses 12 ans. Ce matin, comme des dizaines de femmes, elle attend devant un camion de 10 tonnes pour être servie.   L’infatigable Bono avoue que, pendant sa jeunesse, elle n’ambitionnait pas de se faire une place sur le marché. C’était la rapidité d’écouler la marchandise qui comptait.  Mais elle n’est plus jeune. La mère de sept enfants qu’elle est devenue, a confiance en ses capacités de procurer le pain quotidien à sa progéniture. La mère poule a déjà prévenu ses enfants de son envie de « prendre sa retraite ». Elle encourage ses garçons adolescents de persévérer dans l’apprentissage du métier d’électricien et de chauffeur qu’ils ont librement choisi. Ils seront adultes dans deux ans et pourront prendre la relève. « Je n’arrive plus à écouler tout mon stock. Ce commerce de détail alterne les bons et les mauvais jours. La perte est énorme par ce que les fruits pourrissent vite. Nous ne connaissons aucune technique de conservation que nous pouvons acheter avec nos faibles revenus», a déploré Bono Coulibaly. Le tenace grossiste Abdoulaye Diarra est dans cette activité depuis 16 ans. Tous les jours, il gère au mieux de leurs intérêts une clientèle toujours pressée, et ses trente employés. Il écoule vingt tonnes (20) de fruits de saison, chaque semaine. Ces marchandises lui viennent du Burkina Faso, de la Côte Ivoire  et  du Mali.  Il juge que la quantité de fruits maliens est insuffisante dans son stock. «  Je vends des bananes, ananas, oranges. En ce moment nous vivons la saison  de la papaye solo’, dit-il. La difficulté dans ce business se situe au niveau du dédouanement. Avant, on acquittait le droit de passage. Maintenant, les cargaisons de fruits importés sont dédouanées. Et c’est cher. Plusieurs taxes sont payées sur le trajet Zégoua-Bamako. A  l’entrée de la capitale, le camion est bloqué pendant près de 22 heures.  Cette longue attente détériore une grande quantité de fruits. Plusieurs  millions de Francs Cfa partent en fumée. Les autorités douanières sont insensibles à nos doléances jusqu’à présent», s’indigne-t-il. Le président du Syndicat  des vendeurs de fruits, Bourama Diarra, et son vice-président, Bourama Kaba Diakité, sont, tous les deux, à la tête d’une entreprise familiale. Ils ont succédé à leurs pères qui avaient, eux aussi, succédé à leurs pères. Les récoltes maliennes ne suffisent pas pour

La courge : Un légume aux multiples bienfaits

Par Fatoumata TRAORE Bamako, 03 janvier (AMAP) La courge, « djé » en bambara, est utilisée dans la préparation de multiples recettes culinaires. Elle est également utilisée, comme médicament, dans la pharmacopée traditionnelle africaine. Comme chaque jeudi, j’arrive vers 10 heures à la bourse des légumes frais du marché Wonida de Bozola. Je viens acheter mon stock de condiments pour trois ou quatre jours. A peine ai-je franchi le seuil de l’aire de vente, qu’une voix forte m’interpelle, sur ma gauche : « Hé ! Mon amie et ma cliente fidèle à la robe rouge, approchez. Admirez ces courges. C’est de la qualité ! ». « Venez acheter de la courge ! ». La mère Bakiatou Traoré, exerce ce métier, depuis plus de deux ans. Je m’arrête devant son étal et fais mes choix parmi de gros légumes jaunâtres. Après avoir payé le prix de la marchandise, je lui demande de satisfaire ma curiosité. Elle accepte volontiers. Elle me révèle que la saison de vente de la courge s’étend de la fin de l’harmattan au milieu de la saison des pluies printemps. L’avenante et joviale Bakiatou Traoré précise qu’elle s’approvisionne en gros dans les villages du Bèlèdougou, de Bankoumana et du Manikala. Le chargement d’un pousse-pousse coûte 25.000 ou 30.000 Fcfa. «Je vends l’unité à 1.250 Fcfa ou plus ». Elle ajoute que la courge est utilisée dans la préparation de plusieurs mets dont « le tô » de courge. Les tranches du succulent fruit comblent l’absence de la viande dans la sauce d’arachide et dans le riz au gras. La courge relève le goût de la sauce d’oignon. Une bonne cuisinière peut en faire l’ingrédient principal de ses beignets et gâteaux. Le point de vente de Fatoumata Coulibaly jouxte celui de Bakiatou. La voisine vend, également, de la courge en gros et au détail. Parce que son petit garçon, sur ses genoux, tète, elle est assise, laissant les clientes choisir dans le tas. Mme Coulibaly profite de ce moment pour découper, avec délicatesse, sa courge. «Les prix de l’unité varient de 500 à 1.500 Fcfa. Les morceaux sont écoulés entre 25 et 50 Fcfa ». Elle a affirmé que la courge est réputée pour ses nombreux bienfaits. Ce fruit protège  contre les troubles de vision nocturne, la constipation, et facilite l’accouchement de la femme, a-t-elle confié. La sexagénaire, Awa Diarra, cite une longue série d’avantages du légume. Le bout de la courge, selon elle, soigne le hoquet et guérit la fontanelle des bébés. Elle ajoute que la chair de la courge soigne la prostate. Sur le plan diététique, les recherches ont montré que la courge est riche en caroténoïdes. Elle diminue le risque de cancer. Ce légume dodu et charnu contient différentes molécules bénéfiques pour la santé : alcaloïdes, flavonoïdes, acides linoléiques, oléiques, palmitiques. Ses graines riches en protéines contiennent des quantités intéressantes d’acides gras essentiels (acide linoléique) et de vitamine E, connue pour ses propriétés anti oxydantes. La courge est riche en carotènes, vitamines et en minéraux. FT/MD (AMAP)

282 milliards FCFA pour le Programme gouvernemental d’aménagement de 70.000 hectares sur la période 2019-2023 (dixit secrétaire d’Etat à l’Agriculture)

Bamako, 30 décembre (AMAP)  Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, chargé de l’Aménagement et de l’Équipement rural, Adama Sangaré a déclaré vendredi à Bamako, qu’un Programme gouvernemental d’aménagement (PGA) de 70.000 hectares est en train d’être mis en œuvre sur la période 2019-2023 pour un investissement de 282 milliards de francs CFA, a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite vendredi au cours de la 55è session ordinaire de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), tenue dans les locaux l’institution consulaire en présence de son président, Mohamed Ag Mohamed El Moctar. Le ministre Sangaré a précisé que cet investissement permettra, entre autres, une production additionnelle annuelle estimée à 420.000 tonnes de céréales et 32.000 tonnes de produits maraîchers. Le président de l’APCAM a, pour sa part,  souligné que l’année 2020 sera marquée, entre autres, par des événements majeurs notamment la bourse nationale aux céréales que l’APCAM organise chaque année à Ségou,  la participation au Salon international de l’Agriculture de Paris, l’organisation de la 8è édition du Salon international de l’Agriculture du Mali (SIAGRI), l’organisation de la Journée du paysan et la participation des éleveurs au Salon international des ressources animales de Rennes (France). S’ajoutent à ces événements, d’autres non moins importantes comme l’organisation de la Journée mondiale du lait, l’organisation de la Journée de la femme rurale et enfin la campagne nationale de vaccination du cheptel, selon Mohamed Ag Mohamed El Moctar. Les participants  à la 55ème session de l’APCAM ont également échangé sur  le nouveau projet d’appui à la transition agro-écologique (AgrEco) financé par l’Agence française de développement (AFD), qui va appuyer la productivité de la filière coton au Mali BC/KM (AMAP)

La CMDT prévoit 38 milliards pour la construction de nouvelles usines en 2020

Bamako, 27 décembre (AMAP) La Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), a prévu 38 milliards pour la construction de nouvelles usines, en 2020, a appris l’AMAP lors de la 88è session du Conseil d’administration de la compagnie tenue, jeudi, à Bamako. Le budget 2020, soumis à l’examen de cette session, s’élève à 633 milliards de Fcfa, répartis en produits pour 297,300 milliards de Fcfa, en charges pour 298,935 milliards de Fcfa, et 38,292 milliards de Fcfa seront destinés à la construction de nouvelles usines d’égrenage. Ce qui fait un résultat net négatif de -1,635 milliard de Fcfa. « Ce résultat est dégagé sur la base d’une estimation assez prudente des prix de ventes de la fibre », a indiqué le président directeur général, Pr Baba Berthé, avant de poursuivre qu’il pourrait évoluer, de façon significative, en fonction des fluctuations des cours du coton sur le marché mondial. Le Conseil d’administration a, notamment, adopté les procès-verbaux des 86è et 87è sessions et le fait point d’exécution des recommandations de la 87è session. La session, dirigée par Pr Baba Berthé, s’est, aussi, penchée sur l’examen et l’approbation du budget 2020, du plan de passation de marchés, le financement de la campagne 2019-2020 et la situation de la campagne de commercialisation. En outre, le Pdg de la CMDT a précisé que ce projet de budget s’appuie sur des éléments factuels de la campagne 2019/2020, dont la production de coton graine est d’environ 691.300 tonnes. « Le budget tient aussi compte, a-t-il souligné, des cours mondiaux de la fibre de coton qui ont enregistré une baisse avec une moyenne de 903 Fcfa/kg pour l’indice A de Cotlook, alors que cette moyenne était de 1072 Fcfa/kg pour la campagne 2018/2019 et 1018Fcfa/kg pour celle 2017/2018, à la même époque ». M. Berthé a, par ailleurs, attiré l’attention des administrateurs sur l’augmentation du prix d’achat de base du coton graine, passé de 255 Fcfa/kg à 275 Fcfa/kg, soit une augmentation de 20 Fcfa/kg. « Ce point majeur a, fondamentalement, joué sur le niveau des charges qui sont constitués à plus de 67% par les achats », a-t-il soutenu. Selon lui, cette augmentation, très significative, découle de la volonté des acteurs de la filière de stimuler à partir d’un prix de base plus incitatif. Cette session du Conseil d’administration de la CMDT, a aussi, enregistré la présence du représentant du ministère en charge de l’Economie et des finances, de celui en charge des Investissements et de l’ensemble des administrateurs. Et, particulièrement, celle du représentant de la société Géocoton, Ibrahima Diack, venu partager son expérience, comme la relever le Pr Baba Berthé, à l’ouverture des travaux. MT/MD (AMAP)

Koutiala : Les femmes transformatrices de N’togonasso plaident pour la chaîne de valeur du soja  

Koutiala, 26 décembre (AMAP) La Société coopérative simplifiée ‘Kotognongontala’ des femmes transformatrices de produits agroalimentaires du village de N’togonasso (SCOOPS–K), dans le Cercle de Koutiala, a organisé, la semaine dernière, à Koutiala, une rencontre publique de plaidoyer/lobbying en faveur du soutien au développement de la chaîne de valeur du soja. Avec l’appui financier d’Oxfam-Mali, à travers le Projet intitulé « Pouvoir citoyen contre l’injustice et pour des alternatives crédibles de développement durable », cette rencontre avait pour but de bénéficier de l’appui politique des autorités communales pour la valorisation de la chaîne de valeur agroalimentaire Soja à travers des actes concrets. Au cours de cette rencontre publique de plaidoyer/lobbying auprès des mairies de Gouadji-Kao, M’pessoba, Koutiala, Sincina et le Conseil de cercle, le président du Conseil de cercle de Koutiala, Zoumana Mallé, s’est engagé, au nom des élus, à appuyer « ces vaillantes dames » dans le développement de leurs activités. « C’est un cri de cœur qu’elles ont lancé. Nous allons nous mettre ensemble et voir les activités que ces femmes mènent pour pouvoir les accompagner », a dit M. Mallé. « Ce que j’ai vu au cours de cette journée de plaidoyer/lobbying est vraiment convaincant», a-t-il expliqué. « Koutiala a toujours eu des problèmes avec la malnutrition. Koutiala produit beaucoup mais consomme peu, parce que cela fait partie de notre culture. Il est temps qu’on divorce d’avec cette mauvaise culture-là. Nous, élus, allons accompagner ces innovations nutritionnelles de la Coopérative ‘Kotognongontala’ des femmes transformatrices de N’togonasso, pour gagner le pari de la bonne nutrition à Koutiala », a conclu le président du Conseil de cercle. La SCOOPS-Kest une organisation de base à majorité féminine. Elle dispose de compétences avérées dans le domaine de la transformation et la commercialisation. Selon son coordinateur, Abdoulaye Coulibaly, la SCOOPS-K produit du ‘soumbala’, du couscous, de la farine nutritive, du lait, des brochettes, des crêpes et du ‘faro’, tous, à base de soja. Du 19 au 20 décembre 2019, la SCOOPS-K et son partenaire Oxfam-Mali ont, également, organisé au Stade El hadj Sidiki Ouattara de Koutiala, un forum sur « la valorisation des produits agricoles, le développement de l’esprit d’entreprise et l’autonomisation des jeunes, femmes et hommes ruraux à travers les filières porteuses » dans le Cercle de Koutiala. Ce forum a regroupé une quarantaine d’organisations mixtes de jeunes et de femmes productrices et transformatrices de produits agricoles. Ce forum a permis aux participants de réfléchir sur des opportunités dans la chaîne de valeur agricole : sécurité alimentaire et nutritionnelle, emploi des jeunes et des femmes pour une autonomisation économique. La cérémonie était présidée par le 1eradjoint au préfet de Koutiala, Souleymane Tembely, entouré des autorités politiques, coutumières, religieuses, etc. La tenue de ce forum, couplée à la foire d’exposition des produits agroalimentaires, a été saluée par Oxfam-Mali, à travers le coordinateur de son Programme DGD, Moctar Coulibaly, qui a reconnu les efforts de « ces braves femmes dans le cadre de leurs activités ». ID/MD (AMAP)  

Pois sucré : De petites graines qui font le bonheur des amateurs de jus frais  

Par Mariam F. DIABATE  Sikasso, 19 décembre (AMAP)  Depuis la nuit des temps, Sikasso ou encore le Kénédougou est connu pour la culture du pois sucré. A un mois de la période propice du pois sucré, les commerçants arrivent, tout de même, à tirer leur épingle du jeu. Il est 10 heures à la foire hebdomadaire de Sikasso. Ce dimanche, jour de regroupement des ressortissants des villages environnants, le grand marché de Sikasso est rempli comme un œuf. Cris pour attirer les clients, négoces, causeries, désordre… Certains passants regardent des cyclistes et motocyclistes ainsi que les charretiers forcent le passage et en ajoutent à l’encombrement de la circulation, créent des bousculades. Tout cela participe de l’animation du marché. En certains endroits, l’odeur des condiments et, surtout, celle des poissons (frais et fumés) inondent l’atmosphère et agressent les odorats les plus délicats. Non loin des immeubles, communément appelés « trois étages », juste en face du Conseil de cercle de Sikasso, se sont installés les vendeurs du pois sucré. “ Tiokon timiman bèye “, “ Ka kilo dioli dima?”, en Français : « Il y a du pois sucré », « vous en voulez combien de kilos? », s’écrie un vendeur de la place. Aboubacar Ouattara, ainsi qu’il se nomme, pratique le métier depuis plus de 15 ans. Le quadragénaire affirme qu’il s’approvisionne à Sokourani-Missirikoro. « Chaque dimanche, je prends 11 sacs de pois sucré chez les producteurs. Ils me cèdent le kilo entre 400 et 450 Fcfa », confie-t-il, ajoutant qu’il vend le kilo à 500 Fcfa. M. Ouattara précise qu’il s’en sort pas mal. « Ce commerce m’a permis d’acheter un terrain et de construire une maison. En plus, j’ai pu acheter une moto et me marier », témoigne-t-il, un grand sourire sur le visage. Par ailleurs, le commerçant de Sikasso attend avec impatience la période propice du pois sucré (le mois de janvier) afin de se faire le maximum de bénéfice et se frotter les mains. Fatoumata et Binta Niangadou, foulards noirs enroulés autour de la tête, habilles de longues robes noires, avancent, en causant vers les sacs d’Aboubacar Ouattara. Les sœurs Niangadou sont là pour acheter du pois sucré pour en faire du jus qu’elles vont vendre. « Chaque dimanche, nous achetons 10 kg. Cela couvre la production de jus de la semaine », précise la plus grande (Binta), qui révèle que ce business leur procure un revenu appréciable. Sa sœur Fatoumata ajoute que ce jus délicieux est apprécié des clients qui en raffolent. « Ils en redemandent, toujours, ce qui contribue à améliorer nos revenus », dit Fatoumata qui explique que le jus extrait est mis en bouteille et/ou dans des sachets plastiques et mis au frais pour la vente. Debout derrière six sacs de pois sucré, certains frais et d’autres secs, Daouda Sogodogo n’a presque pas le temps de s’asseoir. à cause de l’affluence du marché. Tout comme Aboubacar, chaque semaine, Daouda achète quatre sacs de 100 kilos de pois sucré avec ses producteurs de Kapala, Niagasso, Kafana, Missirikoro et Tamba. Selon lui, le prix du sac dépend de celui du kilo. Actuellement, le prix du sac varie entre 30.000 et 45 000 Fcfa. « Je vends le kilo entre 300 et 500 Fcfa et détaille également à partir de 25 Fcfa », ajoute-t-il. Se prononçant sur le marché, Daouda Sogodogo soutient que c’est assez intéressant. « Si j’arrive à écouler mes quatre sacs de 100 kilos dans la semaine, je peux gagner 10.000 Fcfa par sac », révèle-t-il gaiement. « Donne-moi la quantité habituelle, 2 kg de pois sucré », ainsi s’adresse le client Mamadou Diarra à Daouda Sogodogo. Il affirme que depuis un an, il achète le pois sucré chez M. Sogodogo. « Il y a certains pois sucrés qui sont pourris ou pas assez sucrés, mais ceux de Sogodogo sont vraiment de qualité », dit-il. Le pois sucré est cultivé, précisément, dans les Cercles de Sikasso et Kadiolo. La culture, selon les spécialistes, occuperait la troisième place, après le coton et la pomme de terre, en terme de sources de revenus pour les producteurs de cette zone. La production moyenne annuelle avoisine les 10.000 tonnes. Elle rapporte aux producteurs plus 500 millions Fcfa par an. Les producteurs sollicitent la création d’une usine de transformation du pois sucré et le partenariat avec des projets et programmes évoluant dans le secteur, afin d’absorber la surproduction et éviter, ainsi, bradage du produit. MFD/MD (AMAP)