Campagne agricole 2020/2021: Le prix du kg de coton est de 200 Fcfa (PDG de la compagnie cotonnière)

Dioila, 15 mai (AMAP) Le président directeur général de la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT), Baba Berthé, a annoncé le prix de base du coton de la campagne agricole 2020/2021 qui est de 200 Fcfa. M. Berthé, en visite à Dioila et Fana, dimanche dernier, pour expliquer aux acteurs la conjoncture économique mondiale qui a influencé le prix du coton, a indiqué que cette baisse de prix est due à la situation mondiale difficile en raison des guerres commerciales et de la pandémie du Coronavirus. « Cette nouvelle situation difficile est, tout simplement, liée aux cours mondiaux du coton, eux-mêmes liés à la maladie du Covid-19 », a-t-il dit. En compagnie de plusieurs membres de son service et certains responsables des producteurs de coton, Baba Berthé a, également, annoncé que l’engrais ne sera plus subventionné. L’État va aider les cotonculteurs à hauteur de dix milliards de Francs cfa. Cette somme, selon M. Berthé, a permis aux responsables de majorer le prix du kilo du coton à 215 Fcfa. Comme moyens de sortir la tête de l’eau, M. Berthé a proposé aux paysans d’augmenter le rendement à l’hectare. Le PDG de la CMDT a invité les cotonculteurs « à garder espoir ». Les cotonculteurs, qui ont promis de continuer la production du coton au Mali, ont sollicité une augmentation de la subvention de dix milliards de l’État. En réponse, le premier responsable de la CMDT a promis de transmettre la requête des cotonculteurs. La rencontre présidée par le premier adjoint au préfet de Dioila, Adama Togola, avait été précédée par une visite de courtoisie aux autorités coutumières de la ville. DF/MD (AMAP)      

Anacarde : Une filière en friche

Par Makan SISSOKO Bamako, 02 avril (AMAP) L’histoire entre le Mali et l’anacardier a commencé dans les années 60. Epoque pendant laquelle cet arbre fruitier a été placé au cœur d’une campagne de reboisement. Si en ces temps-là on ne semblait s’intéresser qu’à son importance nutritionnelle et commerciale, de nos jours la filière occupe une place de choix dans la lutte contre la pauvreté. Espèce d’arbre de la famille de l’anacardiaceae, originaire d’Amérique du sud tropicale, l’anacardier n’a pas eu, au Mali, de problème particulier d’adaptation. Et pour cause, cet arbre aime bien le soleil et la chaleur de notre pays. Voilà pourquoi l’anacardier est devenu la deuxième culture de rente dans le Sud du Mali, où la chaîne de valeur de la noix de l’anacarde apporte, selon le projet d’appui à la filière, «une forte opportunité d’emplois pour les jeunes ruraux». La même source ajoute qu’en 2017, les revenus nets de la vente de la noix brute étaient estimés à 32,5 milliards de Fcfa, de quoi dessiller les yeux sur l’importance de cette filière. Mais, ses acteurs font face à un problème organisationnel, malgré la création, le 20 décembre 2016, de l’Interprofession de la filière anacarde au Mali (IPROFAM). L’IPROFAM regroupe tous les acteurs (producteurs, transformateurs, commerçants, artisans) de la filière anacarde au Mali. Selon son président, Dr Ibrahim Togola, la production de l’anacarde au Mali est estimée à 100.000 tonnes dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou. Mais, précise-t-il, 99% de cette production est exportée par les intermédiaires des pays voisins et des pays comme l’Inde, la Chine, le Vietnam etc. Pour le Dr Togola, ces pays nous l’achètent entre 40 et 90 Fcfa le kilogramme. «Nos productions sont valorisées par les pays étrangers. Ainsi, les acteurs de la filière anacarde ne tirent pas assez de profit de cette richesse. Les commerçants maliens n’ont pas accès à des lignes de crédit pour acheter les productions. Les transformateurs maliens ne transforment même pas 1% de la production d’anacarde», regrette le président de l’IPROFAM, estimant que la production nationale d’anacarde peut créer 50.000 emplois. S’agissant de la transformation, le Dr Ibrahim Togola a précisé que les transformateurs n’ont pas les capacités de production à l’instar des unités de transformation. Selon lui, la filière anacarde est une richesse extrêmement importante pour le Mali grâce à un climat très favorable. «Nous sollicitons le gouvernement pour développer la transformation, afin de créer des valeurs ajoutées, pour que nous puissions transformer 50% de notre production au niveau national», a-t-il argumenté. DIFFICULTES DE TRANSFORMATION – Pour sa part, le directeur général de la Société de transformation et de commercialisation de produits agricoles (Nyela Nuts) et membre du Groupement des transformateurs d’anacarde du Mali (GTRAM), Hamaré Maïga, a indiqué que la qualité constitue un énorme problème pour les transformateurs. «Pour faire une bonne transformation, il faut d’abord des noix de qualité alors qu’au Mali, il n’est pas facile de les avoir», fait-t-il remarquer. Il conseille aux producteurs de ne pas récolter précocement le cajou. «Si les producteurs voient que la pomme est rouge, ils croient que la noix est arrivée à terme. Alors qu’elle peut devenir rouge sans que la noix ne soit à terme. Tant que la noix n’est pas à terme, ceci constitue un déficit pour les transformateurs». Hamaré Maïga déplore aussi le coût exorbitant des machines de transformation. «C’est la raison pour laquelle la plupart des transformations locales sont faites à la main, comme la pâte et le jus», explique notre interlocuteur. Au Mali, à part Nyela Nuts et Koumantou, il n’y a pas une vraie industrie de transformation. «Il existe quatre types de transformation à base d’anacarde. La transformation à partir de l’amande naturelle pour produire la pâte (cajou dèguè), les noix frites commercialisées dans les supers marchés et les produits de rajout pour l’exportation et enfin la transformation de la pomme pour extraire les jus», détaille-t-il. Pour Maïga, le gouvernement doit augmenter la taxe sur l’exportation de l’anacarde brute, afin d’empêcher les étrangers de s’approvisionner sans payer de taxe à l’Etat. Ces taxes, serviront à refinancer la filière à partir de la base. A raison de 30.000 Fcfa la tonne, la production (100.000 tonnes) peut générer une manne financière de 3 milliards de Fcfa par an, selon Hamaré Maïga. Pour Adama Diarra, président de l’Union des producteurs de l’anacarde de la Région de Sikasso, les locaux souffrent de l’exportation anarchique. «Le Mali est un producteur d’anacarde qui ne bénéficie absolument rien de cette énorme richesse. Et pire, notre pays n’est même pas reconnu sur le plan mondial comme producteur d’anacarde», se navre-t-il. A partir de la noix de cajou, on peut produire de l’huile, du savon, du jus qui sont des produits importants pour la santé humaine. Sans compter le lubrifiant hydraulique utilisé exclusivement pour le freinage des avions qui est également extrait de la noix de cajou. Un tel marché nous procurerait des devises conséquentes et pérennes et aura aussi l’avantage de développer et d’enrichir le tissu industriel du pays et offrirait des opportunités d’emplois à beaucoup de jeunes. MS/MD (AMAP)

Agriculture : Le pari sur l’amélioration des performances

Bamako, 17 mars (AMAP) La 10è session du Comité exécutif national de l’Agriculture présidée par le chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé, tenue lundi, a recommandé d’augmenter le nombre d’exploitations agricoles en activité malgré l’insécurité et d’améliorer la gestion des excédents agricoles. Cette rencontre, un exercice annuel, a permis au Premier ministre et aux spécialistes du développement rural de passer en revue les résultats de la campagne agricole. Ils ont également examiné le programme de production végétale 2020, les projections 2021 et 2022, notamment avec des productions céréalières en hausse, alors que le taux d’accroissement annuel des superficies tourne autour de 2%. Notre pays mise sur l’intensification des filières et la mise en œuvre des mesures de sauvegarde de l’environnement. Les projets de production céréalière 2020, 2021 et 2022 doivent faire l’objet de validation par le président de la République. Mais, en attendant cette validation, on peut respectivement retenir 11.093.093 de tonnes, 11.594.410 et 12.248.172 tonnes de céréales toutes spéculations confondues. Pour le Premier ministre, Boubou Cissé, les résultats obtenus au cours de la campagne agricole 2019/2020 sont encourageants. Il s’agit de la production de 10.544.068 tonnes de céréales, de 704.000 tonnes de coton graine, 84.184 tonnes de viande, entre autres. « Il nous a été recommandé d’améliorer nos performances, la recommandation principale est qu’on doit travailler à atteindre nos objectifs », a déclaré au sortir des travaux, le ministre de l’Agriculture. Moulaye Ahmed Boubacar a regretté le déficit pluviométrique de l’année dernière. Le comité a, également, demandé d’apporter des améliorations à la « gestion des subventions que l’Etat met à la disposition des producteurs en termes d’engrais, d’équipements agricoles », a expliqué le ministre de l’Agriculture qui a promis que ces aspects seront pris en compte. Selon Moulaye Ahmed Boubacar, le chef du gouvernement a estimé que désormais le Mali doit travailler à prendre toute sa place dans la sous-région et en Afrique en ce qui concerne le développement agricole. Il a, ensuite, donné l’assurance que toutes les observations seront prises en compte dans un nouveau document qui sera soumis à l’appréciation du président de la République, lors du Conseil supérieur de l’Agriculture. L’économie du Mali repose, essentiellement, sur le secteur rural qui occupe près de 80% de la population active et contribue à environ 40% du Produit intérieur brut (PIB). Les autorités ont décidé de faire du secteur agricole, le moteur du développement économique du pays. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement alloue, chaque année, au secteur agricole, 15% du budget national et soutient un programme de subvention des engrais et des équipements agricoles. KD/MD (AMAP)

Le nouveau PDG de l’Office du Niger en visite à Niono

Niono, 13 mars (AMAP) Le nouveau PDG de l’Office du Niger, Abdoul Karim Konaté a effectué, mercredi, une visite à Niono pour rencontrer les producteurs, l’encadrement technique, les syndicats d’exploitants agricoles et s’enquérir des difficultés dans les 04 zones de production (Niono, N’débougou, Molodo, Kouroumari). Pour cette première sortie du nouveau PDG à Niono, depuis sa prise de service, M. Konaté était accompagné d’une forte délégation comprenant ses plus proches collaborateurs, le délégué général des exploitants agricoles, le représentant régional de la Chambre d’agriculture, entre autres. La rencontre, qui s’est déroulée dans la salle de conférence de la zone de Niono, a permis aux directeurs de zone de présenter leur secteur avec les difficultés et les perspectives. Ces difficultés se résument à l’insécurité, la crise d’eau, le manque de matériel agricole, la dégradation des réseaux d’irrigation l’insuffisance des terres aménagées ou réaménagées et la faiblesse du taux de recouvrement de la redevance eau (moins de 40%) à vingt jours du délai de paiement. Intervenant à son tour, Abdoul Karim Konaté a demandé aux exploitants agricoles de l’Office du Niger de l’accompagner dans cette noble mission pour l’atteinte des objectifs, notamment la sécurité alimentaire. il a, aussi, dit que le Président de la République n’a pas lésiné sur les moyens en octroyant 15% du budget national à l’agriculture, la subvention des intrants et du matériel agricole. Le PDG se dit prêt à relever le défi, en se mettant au travail avec comme crédos « la transparence, la collaboration, l’écoute et l’acquittement de la redevance eau avant le 31 mars ». MS/MD (AMAP)

Poisson fumé ou séché : La sécurité sanitaire sujette à caution

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 12 mars (AMAP) Les conditions de transformation et de conservation du poisson fumé ou séché laissent à désirer. L’hygiène est le cadet des soucis de nombre des acteurs de la filière. Pour ne rien arranger, il y a aussi l’utilisation de produits chimiques non homologués.Un tour sur les différents marchés de Bamako a permis de constater les conditions de vente de ce produit alimentaire tant sollicité par nos ménagères. Au Grand marché de condiments de Bamako, le poisson fumé et séché est exposé dans les cartons et à même le sol pour attirer la clientèle. Un peu partout, dans ce marché, les vendeurs installés en rangs dispersés vous propose un produit dont eux-mêmes ne maîtrisent pas la qualité. On note, rapidement, les mauvaises conditions de conservation et de vente du produit. Interrogé sur la conservation, Adama Diallo explique que sa marchandise provient de Mopti, mais, ignore pratiquement les conditions de transport. A ses dires, le poisson fumé arrive déjà infesté d’insectes et dans un état perceptible de dégradation. « Pour ne pas perdre notre bénéfice, nous le vendons tel quel », affirme-t-il. Non loin de ce vendeur, se trouve installé une dame. Elle s’appelle Alima Koné, également vendeuse de poisson fumé. On remarque, à vue d’œil, l’état poussiéreux de son produit avec les larves d’insectes. Fataliste, elle affirme ne rien maîtriser de la transformation et de la conservation du poison fumé et estime que la poussière et les infestations n’ont pas d’effets sur la santé puisque le poisson est d’abord cuit avant sa consommation. Spécialiste du fumage, Ramatou Bagayoko exerce ce métier depuis plus d’une dizaine d’années. Cette dame explique que le fumage et le séchage du poisson passent par plusieurs processus. Selon elle, pour avoir un bon poisson fumé et séché, il faut d’abord disposer de moyens adéquats de transformation tels que des fours, des séchoirs et accessoires. Aussi, il faut que le poisson à fumer soit de bonne qualité et non pas à l’état de putréfaction. Notre interlocutrice regrette que, très généralement, certains pêcheurs ou personnes chargées du fumage choisissent les poissons en état de putréfaction. Et certains utilisent des produits non conformes à la règlementation au plan national. Le poisson de mauvaise qualité, même bien fumé et séché, n’aura pas un goût agréable, ni de valeur nutritive et ne peut pas être conservé plus longtemps. Notre spécialiste affirme avoir reçu une formation dans le domaine. Elle explique que le séchage est une technique qui vise l’élimination de l’eau du poisson par évaporation en vue de réduire le taux d’humidité et baisser les chances de survie des bactéries. Quant au fumage, il consiste à réduire l’humidité du poisson par un feu et l’entretenir dans la fumée pour être séché. Ramatou Bagayoko explique qu’au cours de la transformation et de la conservation ou la mise sur le marché, le poisson peut subir les détériorations majeures de sa qualité nutritive et commerciale. Des infestations par les larves d’insectes, dont les mouches et les coléoptères, peuvent causer des pertes colossales sur la valeur marchande du poisson fumé et séché. Cette thèse est soutenue par notre premier interlocuteur Adama Diallo. La plupart des transformatrices et vendeurs interrogés sur la transformation et la conservation du poisson, ignorent que des produits comme des pesticides sont utilisés sur le poisson fumé et séché. Mais tous ont conscience qu’un pesticide peut avoir des effets préjudiciables sur la santé humaine. Selon une enquête réalisée par l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA), en 2015, sur la conservation du poisson fumé et séché, et dont nous nous sommes procurés une copie, le marché du District est approvisionné à partir des marchés d’autres régions particulièrement celle de Mopti, mais, aussi à partir des marchés de Dakar et de la Mauritanie en ce qui concerne le poisson de mer. Selon le même rapport, pour 20% des enquêtées, la méthode la plus courante de préservation du produit passe par un traitement du stock. 69% pensent que le poisson fumé est la catégorie la plus attaquée par les parasites. 76% des réponses fournies mettent en évidence la méconnaissance des produits chimiques utilisés dans la conservation du poison transformé. Cette méconnaissance des effets nocifs de l’utilisation des pesticides dans cette filière est source de danger pour le consommateur. La pratique des techniques traditionnelles de transformation du poisson frais en poisson fumé et séché s’explique, selon le directeur national adjoint de la pêche, Alhousséyni Sarro, par la nature périssable du produit, l’absence d’une chaîne de froid (glace, chambre froide), la lenteur des moyens de déplacement, l’enclavement des zones de production et le manque de moyens de conservation. « Ce sont là, autant de facteurs qui obligent le pêcheur à recourir à la transformation par le séchage et le fumage », a-t-il ajouté. La transformation est une alternative de premier choix pour remédier au problème de conservation du poisson frais. « Le poisson qu’on arrive pas à vendre frais, on le transforme rapidement en poisson fumé et séché pour pouvoir le vendre », a expliqué M. Sarro. Pour lui, la problématique du poisson transformé vient du fait que les producteurs ne respectent pas certaines normes d’hygiène. C’est à cause de cela que les avaries sont plus fréquentes. A ces difficultés, s’ajoutent le manque de formation des acteurs à mieux transformer et le manque d’équipements. Le directeur national adjoint de la pêche, pense que pour avoir une bonne qualité de poisson fumé et séché conservable, il faut d’abord former les acteurs de la chaîne de transformation, fournir des moyens adéquats de transformation et de conservation (fours et séchoirs adaptés). Pour la conservation de longue durée, Alhousséyni Sarro, ingénieur vétérinaire d’élevage, a souligné qu’il existe des produits homologués, par le ministère de la Santé et celui de l’Elevage et de la Pêche, pour que le poisson ne soit pas infesté par les insectes. La structure d’encadrement appelée « Opération pêche » s’occupait de ce processus. Ces produits pour le traitement du poisson fumé et séché autorisés par l’arrêté interministériel n°89-2459/MEE/MSPAS sont le K-Othrine 25 mg, et l’Actellic 50 mg. M. Sarro indique

Agriculture : Le FIDA prépare son nouveau programme au Mali

Bamako, 11 mars (AMAP) La formulation nouveau Programme d’option stratégique (COSOP) du Fonds international de développement agricole (FIDA-Mali), a été lancée, mardi, lors d’un atelier qui va aussi identifier les axes stratégiques sur lesquels le FIDA concentrera son appui au Mali. Cette rencontre visait à présenter les résultats préliminaires des études et analyses, notamment l’analyse des politiques sectorielles de développement et l’analyse de la pauvreté et vulnérabilité. Il s’agissait, également, pour les participants d’identifier les domaines prioritaires d’intervention du FIDA au Mali pour la période 2020-2024, tout en assurant leur alignement sur les priorités nationales conformément au Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable au Mali (CREDD) ainsi qu’aux autres politiques nationales. Le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar, qui a présidé l’ouverture de la rencontre, a indiqué que le FIDA a commencé ses opérations au Mali en 1982. Il a mis en œuvre 16 projets et programmes dont 12 ont été clôturés, 1 en phase de démarrage et 3 en cours d’exécution. Le coût du financement de ces projets s’élève à environ 348 milliards de Fcfa, dont  114 milliards de Fcfa sous forme de prêts et de dons à des conditions particulièrement favorables. La contribution de l’Etat malien correspond à environ 43 milliards de Fcfa, soit 13%, celle des cofinancements internationaux à environ 123 milliards de Fcfa, soit 38% et celles des cofinancements nationaux (bénéficiaires) à 17 milliards de Fcfa, soit 5%. Moulaye Ahmed Boubacar a insisté sur un nouveau projet qui permettra de donner du travail aux jeunes. Pour lui, le secteur agricole contribue pour 40% au Produit intérieur brut (PIB) et occupe près de 80% de la population, en majorité des exploitations familiales avec moins de 5 hectares et peu équipées. « Les potentialités du secteur sont importantes mais restent insuffisamment valorisées », a-t-il dit. Pour sa part, la représentante spéciale des Nations unies, M’baranga Gasarabwe, a rappelé les principes du nouveau projet qui sont, entre autres, l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes, la durabilité et la résilience, ainsi que la responsabilité et la redevabilité. «Le nouveau COSOP devra définir les domaines d’intervention stratégique du Mali et identifier les opportunités majeures d’investissement du FIDA pour les cinq prochaines années. Ce, pour un impact significatif sur la réduction de la pauvreté et la transformation du monde rural», a indiqué Mbaranga Gasarabwe. De son côté, le représentant du FIDA, Pascal Kaboré, a détaillé les caractéristiques du nouveau programme parmi lesquelles on peut citer l’examen de la pertinence de l’intervention du FIDA en lien avec son mandat, l’identification, les demandes de complémentarité avec les partenaires techniques et financiers et le renforcement de la responsabilité. Le ministre de l’Agriculture avait à ses côtés, ses collègues de l’Emploi et de la formation professionnelle, Me Jean Claude Sidibé et de la Promotion de l’Investissement privé, des Petites et moyennes entreprises et de l’Entreprenariat national, Safia Boly MFD/MD (AMAP)  

Kadiolo : Plus de 27.000 kg de sésame produits en 2019

Kadiolo, 09 mars (AMAP) En 2019, quelques 21 villages membres de la coopérative de producteurs de sésame ont produit 27.945 kg sur une superficie totale de 192,7 hectares, vendus à 12.295.800 Fcfa, en raison de 550 Fcfa le kg, a appris l’AMAP lors de l’atelier bilan de la coopérative Gnibangnon, mot sénoufo signifiant : « L’avenir est prometteur”, tenu à la préfecture. Cet atelier bilan, présidé par le sous-préfet central, Alousséni Touré, a été l’occasion pour les sésameculteurs de faire l’état des difficultés rencontrées cette campagne : insuffisance des pluies, manque d’entretien des parcelles, apport tardif d’engrais etc. En dépit de ces difficultés, la cooperative projette, pour la nouvelle saison 2020, d’augmenter le nombre d’adhérents (300 nouveaux adhérents par an), de sensibiliser ses membres pour une production de qualité, d’initier aux techniques de compostage, l’achat de 400 sacs de complexes céréales etc. A l’unanimité, l’Assemblée générale a remembré le bureau de la coopérative qui passe désormais de cinq à 10 membres. Le coordinateur local ADAC de Kadiolo, Bakary Berthé, a réitéré toute la volonté de son ONG à soutenir la coopérative dans ses activités. D’ailleurs, l’ADAC prévoit un appui de 4 millions de francs CFA pour renforcer ses capacités. Et Gnibangnon dispose dans son compte de 5.829.748 Fcfa. Les membres de la coopérative estiment que le défi est, certes, grand mais ils sont convaincus qu’avec une ferme détermination, ils gagneront le pari. Créée en 2017 avec l’appui de l’ONG ADAC, elle regroupe, aujourd’hui, plus de 441 adhérents repartis dans cinq Communes (Kadiolo, Misséni, Fourou, Dioumaténé et Zégoua). Son adhésion est libre et volontaire, elle regroupe 319 hommes et 122 femmes qui ont pour vocation la production de sésame. En plus de la sensibilisation sur les IST et le VIH/Sida, l’ADAC s’investit, aussi, dans la promotion de l’agriculture durable, pour aider les communautés à mieux produire pour atteindre l’auto-suffisance alimentaire et améliorer leurs revenus. Le sésame est une plante annuelle dont la culture est très facile et rentable pour le paysan. L’hectare ne demande que 2 kg de semences et un sac de complexe céréale. Il n’a pas besoin de produits chimiques, pour le traitement phyto sanitaire mais de décoctions de plantes (neem) ou de la poudre de piment diluée dans l’eau. Si le champ est bien suivi (désherbage, apport d’engrais les 15 premiers jours après sémis), la production peut dépasser 400 kg à l’hectare. NIO/MD (AMAP)

Agriculture : «Il n’est plus question que les intrants servent à un moyen d’enrichissement » (ministre Moulaye Ahmed Boubacar)

Bamako, 18 février (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar a déclaré lundi à Bamako, qu’il n’est plus question que les intrants servent à un moyen d’enrichissement avant d’ajouter : « ceci n’est plus tolérable, il faut que les mauvaises pratiques cessent», a appris  l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite par le Chef du département de l’Agriculture, à l’ouverture des travaux des concertations nationales sur la gestion de la subvention des intrants agricoles, au Mémorial Modibo Keïta. Le ministre a déploré des insuffisances liées à la gestion de ces intrants subventionnés notamment l’insuffisance de couverture des besoins en engrais pour tous les producteurs de certaines cultures subventionnées dans certains bassins céréaliers (riz, maïs, mil, sorgho), la faible appropriation de la distribution électronique des engrais (E-voucher) et la faible prise en compte de l’orientation de la subvention suite aux différentes réflexions et études réalisées. Les participants aux  concertations sur «le mécanisme de gestion de la subvention des intrants agricoles», composés des représentants des organisations paysannes, de la société civile, des partenaires, vont dégager, à l’issue de leurs travaux,  une solution durable, inclusive et appropriée pour la gestion des intrants. Ils vont également échanger sur les modes de distribution pour faciliter l’accès des producteurs à ces intrants afin de booster la productivité agricole et contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire dans notre pays. Le ministre Moulaye Ahmed Boubacar a enfin assuré que les décisions issues de ces concertations seront mises à la disposition de tous les acteurs pour une application stricte. Le gouvernement a initié la subvention des engrais organiques et chimiques, ainsi que les semences hybrides du maïs, du riz, du blé, du sorgho, du mil et du coton, dans le but d’aider les producteurs  à améliorer leur rendement. La subvention de 50% des équipements comme les tracteurs, les motoculteurs, les mini-rizeries, les batteuses, les décortiqueuses et les groupes motopompes, s’ajoute à ces mesures. AMK/KM (AMAP)

Ibrahim Boubacar Keïta à Rome : Pour constater l’excellence d’une coopération multiforme 

Par Moussa Diarra Envoyé spécial Rome, 17 février (AMAP) Le président Ibrahim Boubacar Keïta, qui a été reçu en audience, mardi après midi, à Rome, par son homologue italien, Sergio Mattarella, a qualifié la coopération entre le Mali et l’Italie, de « merveilleuse ». « La coopération entre le Mali et l’Italie se porte à merveille », a poursuivi le président malien, au sortir de son entretien, et qui s’est dit ébloui par la connaissance que son hôte a du Mali, de son histoire et singulièrement de Tombouctou. La coopération, politique et économique également, a été passé en revue. « L’Italie a toujours été aux côtés du Mali, tout au long de notre histoire récente et durant toute la crise que nous avons traversée », a encore dit Ibrahim Boubacar Keïta. Le président Mattarella a rassuré son homologue malien « quant a la poursuite de ce qui est actuellement en cours entre (les) deux pays et sur de nouvelles initiatives qu’il entend prendre pour renforcer davantage cette coopération ». Sergio Mattarella a encouragé « que nous fassions des efforts pour le confort interne au plan institutionnel et que nous poursuivions, aussi, nos efforts en matière de dialogue interne ». Il a, tout aussi, souhaité que le Mali recouvre rapidement l’intégralité de son territoire national « si tant qu’il l’ait perdue mais simplement que l’Etat malien se redéploye à souhait sur l’ensemble du territoire national ». « Ils, (les partenaires italiens) savent les problèmes que cela peut poser au plan économique, au plan sécuritaire « Tout cela, également, sera accompagné par son pays, au plan bilatéral et au plan communautaire ». « C’est donc une audience absolument à hauteur de souhait à laquelle nous avons, aujourd’hui, participé’, s’est réjoui le chef de l’Etat  malien qui dit : « merci au président italien, à l’Italie avec laquelle les perspectives de coopération sont excellentes ». Ibrahima Boubacar Keïta avait enchainé, successivement, trois audiences dans la matinée dont celle avec le Président du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), Gilbert F, Hougbon. Au terme de cette audience, le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar, a annoncé une enveloppe de 20 millions de dollars (environ 10 milliards de Fcfa) du FIDA pour aider à la résilience dans les régions Nord du Mali. « Avec ce fonds, essentiellement orienté vers le développement agricole, nous pensons, déjà, à la résilience des femmes, à les épauler, à les accompagner, surtout dans leurs organisations et associations intervenant dans le maraichage, dans le Nord et, en partie, dans le Centre du Mali », a expliqué le ministre. Le ministre, qui n’a pas donné d’autres détails, a, cependant, indiqué que les couches les plus touchées et les plus vulnérables seront concernées par ce fonds. « Au FIDA, nous travaillons énormément avec le gouvernement malien. Nous sommes résolus à apporter notre pierre, aussi petite soit-elle, à cette construction nationale que nous inspire le Mali »,  a dit, pour sa part M. Houngbo, confirmant ainsi la bonne santé de la la coopération du Mali avec le FIDA. Remerciant le chef de l’Etat malien pour avoir honoré de sa présence la 43esession du conseil des gouverneurs du FIDA, il a dit, avoir bénéficié de l’analyse du président Keïta sur la situation au Sahel, le G5 Sahel, les actions de développement auxquelles le FIDA est associé. Et le président malien d’écrire dans l’album des visiteurs du FIDA : « Votre organisation, en aidant la qualification de nos populations rurales, nous assure un futur radieux et nous l’espérons avec des jeunes, des femmes, avec un revenu assuré et donc, concrètement, nous aidant à lutter et à faire reculer la pauvreté et la tentation de partir et, d’éventuellement, s’offrir à des recrutements douteux et dangereux pour notre liberté. Merci au FIDA pour cette œuvre de paix et d’appui pertinent au développement ». Quant au directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, il a assuré de la disponibilité du programme onusien « à supporter le Mali, à continuer d’apporter autant de financements que possible. Il a réitéré son engagement à rencontrer des partenaires et des autorités pour « apporter supports et financement à la question du Sahel « parce que le Mali est à une période critique au cours de laquelle on a besoin de tous les appuis possibles ». Enfin, le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Qu Dongyu, a, lui aussi, exprimé son engagement entier à appuyer le Mali « à transformer son système agricole et développer les zones rurales avec des facilités et équipements agricoles, des services d’assistance, des politiques de concertations, l’assistance technique, le développement régional et le renforcement des capacités. « Nous sommes au front main dans la main pour aider le peuple malien et son président », a-t-il dit. MD (AMAP)

Les bonnes affaires des vendeuses de henné

Par Aminata Anawodi Barry Bamako, 7 février (AMAP) Il est 9 heures et demi à la Maison des artisans, à la limite du Grand marché de Bamako. Le sol d’une grande partie de la cour est couvert de poudre de henné. Déjà, de nombreux récipients remplis du produit fétiche sont prêts pour être acheminés sur les aires de vente dans les quartiers. Plusieurs vendeuses couvertes de poudre de henné appellent les clients. Elles sont convaincantes dans leur méthode d’approche pour ferrer le client. « Vous voulez du henné ? » ; « Ma chérie, viens acheter du henné. Je te ferai des remises ». « Ne me dépassez pas ! », nous lance la vendeuse Aye Sow, sans chercher à connaitre le but de notre présence sur les lieux. Cette dame, au teint clair, la quarantaine dynamique, vend le henné depuis plus de trois ans. Les habits totalement couverts du produit, elle affirme acheter le sac de 50 kilos à 31.500 Fcfa. Elle cède le kilo à 900 Fcfa. Elle vend de petits paquets au détail à 100 Fcfa. Elle trouve le marché assez florissant car elle peut gagner 6.000 Fcfa par jour. Les Ivoiriens, les Burkinabè et les Nigériens constituent ses clients grossistes. « Les Maliens se contentent d’acheter au détail », précise-t-elle, sereine. Une cliente, Djènèba Sangaré, exprime son attachement au henné. « J’utilise le henné uniquement lors des fêtesou quand mon mari rentre de l’étranger», affirme-t-elle, en souriant. Elle s’approvisionne toujours chez Aye Sowa dont le henné est dit de très bonne qualité. La vendeuse Aissata Mariko a abandonné l’école pour se consacrer au commerce de henné. Ses fournisseurs arrivent du village de Sirakola. Elle gagne entre 3,000 et 3500 Fcfa, par jour, dans le commerce de détail et de gros ». Selon Aïssata, le marché est rentable, pendant toute l’année, particulièrement pendant les saisons des vagues de mariages. Sa voisine, Mariam Traoré, est également commerçante de henné. Elle exerce le métier depuis huit ans, en face de l’Institut national des Arts (INA). « Nous nous approvisionnons à Banamba. Un sac de 50 kg de henné coûte 32.500 Fcfa, la boite est à 1.000 Fcfa. Je détaille à 100 Fcfa », explique-t-elle. Ses bénéfices  atteignent environ 5000 Fcfa par jour. Le henné est cultivé dans les localités de Banamba, Boro et Sirakola, dans la région de Ségou. « Je suis vendeuse de henné depuis une quinzaine d’années. Il ya de l’affluence sur le marché, surtout à l’approche des mariages », explique Badjèneba Dembélé. Elle cède le kilo à 900 Fcfa et le vend au détail à partir de 100f. Awa Tounkara, elle, exerce depuis une dizaine d’années au Marché rose de Bamako. « Je peux avoir une trentaine de clientes ou plus par semaine. Je vends au détail le sachet à 100 Fcfa et la boîte à 1.000 Fcfa», précise-t-elle. Une explication religieuse à l’utilisation du henné révèle le pouvoir magique de la poudre de henné. La religieuse Kadiatou Siby (Malimatou) affirme qu’ « une jeune mariée doit toujours avoir du henné sur ses mains et ses pieds. Cela renforce son charisme et diminue les petites querelles ». Ainsi, le henné favoriserait-il la bonne entente entre époux et la paix dans l’entourage. Kadiatou Siby soutient que les vœux d’une femme qui applique, fréquemment, le henné seront rapidement exaucés. Dans les familles musulmanes, le henné est appliqué sur les mains et les pieds des défuntes avant de les porter en terre. Pour les musulmans, le henné est une plante du paradis. Originaire du sud de l’Iran et de la Mésopotamie, le henné est un arbuste épineux.Il est, certainement, la plus emblématique des plantes tinctoriales, la plus connue. Il est utilisé depuis près de 5.000 ans. Il rentre dans la composition de presque toutes les colorations végétales et constitue un signe de bénédictions. Il symbolise la fécondité pour les mariés. Il constitue une sorte de rite de passage entre le statut de célibataire à celui de l’épouse. C’est un rituel pour la mariée. Le henné est très important dans notre tradition ou dans la religion musulmane. Il représente la fête, le bonheur et la joie. Il fait partie de l’arsenal d’élégance des femmes maliennes, lors des cérémonies sociales. Pour leur bonheur. Il renferme d’autres vertus pour le corps et les cheveux. Les feuilles de cet arbuste, réduites en poudre, contiennent une molécule particulière.Elles produisent desteintes rouges, jaunes, orangées rose. Son application est symbole de bonheur et de joie. Au Mali, les femmes l’utilisent pour embellir leurs pieds et mains lors des cérémonies de mariage et baptêmes. C’est pourquoi, de nos jours, de nombreuses commerçantes de henné se frottent pas mal les mains. AAB/MD (AMAP)