Le nouveau PDG de l’Office du Niger en visite à Niono
Niono, 13 mars (AMAP) Le nouveau PDG de l’Office du Niger, Abdoul Karim Konaté a effectué, mercredi, une visite à Niono pour rencontrer les producteurs, l’encadrement technique, les syndicats d’exploitants agricoles et s’enquérir des difficultés dans les 04 zones de production (Niono, N’débougou, Molodo, Kouroumari). Pour cette première sortie du nouveau PDG à Niono, depuis sa prise de service, M. Konaté était accompagné d’une forte délégation comprenant ses plus proches collaborateurs, le délégué général des exploitants agricoles, le représentant régional de la Chambre d’agriculture, entre autres. La rencontre, qui s’est déroulée dans la salle de conférence de la zone de Niono, a permis aux directeurs de zone de présenter leur secteur avec les difficultés et les perspectives. Ces difficultés se résument à l’insécurité, la crise d’eau, le manque de matériel agricole, la dégradation des réseaux d’irrigation l’insuffisance des terres aménagées ou réaménagées et la faiblesse du taux de recouvrement de la redevance eau (moins de 40%) à vingt jours du délai de paiement. Intervenant à son tour, Abdoul Karim Konaté a demandé aux exploitants agricoles de l’Office du Niger de l’accompagner dans cette noble mission pour l’atteinte des objectifs, notamment la sécurité alimentaire. il a, aussi, dit que le Président de la République n’a pas lésiné sur les moyens en octroyant 15% du budget national à l’agriculture, la subvention des intrants et du matériel agricole. Le PDG se dit prêt à relever le défi, en se mettant au travail avec comme crédos « la transparence, la collaboration, l’écoute et l’acquittement de la redevance eau avant le 31 mars ». MS/MD (AMAP)
Poisson fumé ou séché : La sécurité sanitaire sujette à caution
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 12 mars (AMAP) Les conditions de transformation et de conservation du poisson fumé ou séché laissent à désirer. L’hygiène est le cadet des soucis de nombre des acteurs de la filière. Pour ne rien arranger, il y a aussi l’utilisation de produits chimiques non homologués.Un tour sur les différents marchés de Bamako a permis de constater les conditions de vente de ce produit alimentaire tant sollicité par nos ménagères. Au Grand marché de condiments de Bamako, le poisson fumé et séché est exposé dans les cartons et à même le sol pour attirer la clientèle. Un peu partout, dans ce marché, les vendeurs installés en rangs dispersés vous propose un produit dont eux-mêmes ne maîtrisent pas la qualité. On note, rapidement, les mauvaises conditions de conservation et de vente du produit. Interrogé sur la conservation, Adama Diallo explique que sa marchandise provient de Mopti, mais, ignore pratiquement les conditions de transport. A ses dires, le poisson fumé arrive déjà infesté d’insectes et dans un état perceptible de dégradation. « Pour ne pas perdre notre bénéfice, nous le vendons tel quel », affirme-t-il. Non loin de ce vendeur, se trouve installé une dame. Elle s’appelle Alima Koné, également vendeuse de poisson fumé. On remarque, à vue d’œil, l’état poussiéreux de son produit avec les larves d’insectes. Fataliste, elle affirme ne rien maîtriser de la transformation et de la conservation du poison fumé et estime que la poussière et les infestations n’ont pas d’effets sur la santé puisque le poisson est d’abord cuit avant sa consommation. Spécialiste du fumage, Ramatou Bagayoko exerce ce métier depuis plus d’une dizaine d’années. Cette dame explique que le fumage et le séchage du poisson passent par plusieurs processus. Selon elle, pour avoir un bon poisson fumé et séché, il faut d’abord disposer de moyens adéquats de transformation tels que des fours, des séchoirs et accessoires. Aussi, il faut que le poisson à fumer soit de bonne qualité et non pas à l’état de putréfaction. Notre interlocutrice regrette que, très généralement, certains pêcheurs ou personnes chargées du fumage choisissent les poissons en état de putréfaction. Et certains utilisent des produits non conformes à la règlementation au plan national. Le poisson de mauvaise qualité, même bien fumé et séché, n’aura pas un goût agréable, ni de valeur nutritive et ne peut pas être conservé plus longtemps. Notre spécialiste affirme avoir reçu une formation dans le domaine. Elle explique que le séchage est une technique qui vise l’élimination de l’eau du poisson par évaporation en vue de réduire le taux d’humidité et baisser les chances de survie des bactéries. Quant au fumage, il consiste à réduire l’humidité du poisson par un feu et l’entretenir dans la fumée pour être séché. Ramatou Bagayoko explique qu’au cours de la transformation et de la conservation ou la mise sur le marché, le poisson peut subir les détériorations majeures de sa qualité nutritive et commerciale. Des infestations par les larves d’insectes, dont les mouches et les coléoptères, peuvent causer des pertes colossales sur la valeur marchande du poisson fumé et séché. Cette thèse est soutenue par notre premier interlocuteur Adama Diallo. La plupart des transformatrices et vendeurs interrogés sur la transformation et la conservation du poisson, ignorent que des produits comme des pesticides sont utilisés sur le poisson fumé et séché. Mais tous ont conscience qu’un pesticide peut avoir des effets préjudiciables sur la santé humaine. Selon une enquête réalisée par l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA), en 2015, sur la conservation du poisson fumé et séché, et dont nous nous sommes procurés une copie, le marché du District est approvisionné à partir des marchés d’autres régions particulièrement celle de Mopti, mais, aussi à partir des marchés de Dakar et de la Mauritanie en ce qui concerne le poisson de mer. Selon le même rapport, pour 20% des enquêtées, la méthode la plus courante de préservation du produit passe par un traitement du stock. 69% pensent que le poisson fumé est la catégorie la plus attaquée par les parasites. 76% des réponses fournies mettent en évidence la méconnaissance des produits chimiques utilisés dans la conservation du poison transformé. Cette méconnaissance des effets nocifs de l’utilisation des pesticides dans cette filière est source de danger pour le consommateur. La pratique des techniques traditionnelles de transformation du poisson frais en poisson fumé et séché s’explique, selon le directeur national adjoint de la pêche, Alhousséyni Sarro, par la nature périssable du produit, l’absence d’une chaîne de froid (glace, chambre froide), la lenteur des moyens de déplacement, l’enclavement des zones de production et le manque de moyens de conservation. « Ce sont là, autant de facteurs qui obligent le pêcheur à recourir à la transformation par le séchage et le fumage », a-t-il ajouté. La transformation est une alternative de premier choix pour remédier au problème de conservation du poisson frais. « Le poisson qu’on arrive pas à vendre frais, on le transforme rapidement en poisson fumé et séché pour pouvoir le vendre », a expliqué M. Sarro. Pour lui, la problématique du poisson transformé vient du fait que les producteurs ne respectent pas certaines normes d’hygiène. C’est à cause de cela que les avaries sont plus fréquentes. A ces difficultés, s’ajoutent le manque de formation des acteurs à mieux transformer et le manque d’équipements. Le directeur national adjoint de la pêche, pense que pour avoir une bonne qualité de poisson fumé et séché conservable, il faut d’abord former les acteurs de la chaîne de transformation, fournir des moyens adéquats de transformation et de conservation (fours et séchoirs adaptés). Pour la conservation de longue durée, Alhousséyni Sarro, ingénieur vétérinaire d’élevage, a souligné qu’il existe des produits homologués, par le ministère de la Santé et celui de l’Elevage et de la Pêche, pour que le poisson ne soit pas infesté par les insectes. La structure d’encadrement appelée « Opération pêche » s’occupait de ce processus. Ces produits pour le traitement du poisson fumé et séché autorisés par l’arrêté interministériel n°89-2459/MEE/MSPAS sont le K-Othrine 25 mg, et l’Actellic 50 mg. M. Sarro indique
Agriculture : Le FIDA prépare son nouveau programme au Mali
Bamako, 11 mars (AMAP) La formulation nouveau Programme d’option stratégique (COSOP) du Fonds international de développement agricole (FIDA-Mali), a été lancée, mardi, lors d’un atelier qui va aussi identifier les axes stratégiques sur lesquels le FIDA concentrera son appui au Mali. Cette rencontre visait à présenter les résultats préliminaires des études et analyses, notamment l’analyse des politiques sectorielles de développement et l’analyse de la pauvreté et vulnérabilité. Il s’agissait, également, pour les participants d’identifier les domaines prioritaires d’intervention du FIDA au Mali pour la période 2020-2024, tout en assurant leur alignement sur les priorités nationales conformément au Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable au Mali (CREDD) ainsi qu’aux autres politiques nationales. Le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar, qui a présidé l’ouverture de la rencontre, a indiqué que le FIDA a commencé ses opérations au Mali en 1982. Il a mis en œuvre 16 projets et programmes dont 12 ont été clôturés, 1 en phase de démarrage et 3 en cours d’exécution. Le coût du financement de ces projets s’élève à environ 348 milliards de Fcfa, dont 114 milliards de Fcfa sous forme de prêts et de dons à des conditions particulièrement favorables. La contribution de l’Etat malien correspond à environ 43 milliards de Fcfa, soit 13%, celle des cofinancements internationaux à environ 123 milliards de Fcfa, soit 38% et celles des cofinancements nationaux (bénéficiaires) à 17 milliards de Fcfa, soit 5%. Moulaye Ahmed Boubacar a insisté sur un nouveau projet qui permettra de donner du travail aux jeunes. Pour lui, le secteur agricole contribue pour 40% au Produit intérieur brut (PIB) et occupe près de 80% de la population, en majorité des exploitations familiales avec moins de 5 hectares et peu équipées. « Les potentialités du secteur sont importantes mais restent insuffisamment valorisées », a-t-il dit. Pour sa part, la représentante spéciale des Nations unies, M’baranga Gasarabwe, a rappelé les principes du nouveau projet qui sont, entre autres, l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes, la durabilité et la résilience, ainsi que la responsabilité et la redevabilité. «Le nouveau COSOP devra définir les domaines d’intervention stratégique du Mali et identifier les opportunités majeures d’investissement du FIDA pour les cinq prochaines années. Ce, pour un impact significatif sur la réduction de la pauvreté et la transformation du monde rural», a indiqué Mbaranga Gasarabwe. De son côté, le représentant du FIDA, Pascal Kaboré, a détaillé les caractéristiques du nouveau programme parmi lesquelles on peut citer l’examen de la pertinence de l’intervention du FIDA en lien avec son mandat, l’identification, les demandes de complémentarité avec les partenaires techniques et financiers et le renforcement de la responsabilité. Le ministre de l’Agriculture avait à ses côtés, ses collègues de l’Emploi et de la formation professionnelle, Me Jean Claude Sidibé et de la Promotion de l’Investissement privé, des Petites et moyennes entreprises et de l’Entreprenariat national, Safia Boly MFD/MD (AMAP)
Kadiolo : Plus de 27.000 kg de sésame produits en 2019
Kadiolo, 09 mars (AMAP) En 2019, quelques 21 villages membres de la coopérative de producteurs de sésame ont produit 27.945 kg sur une superficie totale de 192,7 hectares, vendus à 12.295.800 Fcfa, en raison de 550 Fcfa le kg, a appris l’AMAP lors de l’atelier bilan de la coopérative Gnibangnon, mot sénoufo signifiant : « L’avenir est prometteur”, tenu à la préfecture. Cet atelier bilan, présidé par le sous-préfet central, Alousséni Touré, a été l’occasion pour les sésameculteurs de faire l’état des difficultés rencontrées cette campagne : insuffisance des pluies, manque d’entretien des parcelles, apport tardif d’engrais etc. En dépit de ces difficultés, la cooperative projette, pour la nouvelle saison 2020, d’augmenter le nombre d’adhérents (300 nouveaux adhérents par an), de sensibiliser ses membres pour une production de qualité, d’initier aux techniques de compostage, l’achat de 400 sacs de complexes céréales etc. A l’unanimité, l’Assemblée générale a remembré le bureau de la coopérative qui passe désormais de cinq à 10 membres. Le coordinateur local ADAC de Kadiolo, Bakary Berthé, a réitéré toute la volonté de son ONG à soutenir la coopérative dans ses activités. D’ailleurs, l’ADAC prévoit un appui de 4 millions de francs CFA pour renforcer ses capacités. Et Gnibangnon dispose dans son compte de 5.829.748 Fcfa. Les membres de la coopérative estiment que le défi est, certes, grand mais ils sont convaincus qu’avec une ferme détermination, ils gagneront le pari. Créée en 2017 avec l’appui de l’ONG ADAC, elle regroupe, aujourd’hui, plus de 441 adhérents repartis dans cinq Communes (Kadiolo, Misséni, Fourou, Dioumaténé et Zégoua). Son adhésion est libre et volontaire, elle regroupe 319 hommes et 122 femmes qui ont pour vocation la production de sésame. En plus de la sensibilisation sur les IST et le VIH/Sida, l’ADAC s’investit, aussi, dans la promotion de l’agriculture durable, pour aider les communautés à mieux produire pour atteindre l’auto-suffisance alimentaire et améliorer leurs revenus. Le sésame est une plante annuelle dont la culture est très facile et rentable pour le paysan. L’hectare ne demande que 2 kg de semences et un sac de complexe céréale. Il n’a pas besoin de produits chimiques, pour le traitement phyto sanitaire mais de décoctions de plantes (neem) ou de la poudre de piment diluée dans l’eau. Si le champ est bien suivi (désherbage, apport d’engrais les 15 premiers jours après sémis), la production peut dépasser 400 kg à l’hectare. NIO/MD (AMAP)
Agriculture : «Il n’est plus question que les intrants servent à un moyen d’enrichissement » (ministre Moulaye Ahmed Boubacar)
Bamako, 18 février (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar a déclaré lundi à Bamako, qu’il n’est plus question que les intrants servent à un moyen d’enrichissement avant d’ajouter : « ceci n’est plus tolérable, il faut que les mauvaises pratiques cessent», a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite par le Chef du département de l’Agriculture, à l’ouverture des travaux des concertations nationales sur la gestion de la subvention des intrants agricoles, au Mémorial Modibo Keïta. Le ministre a déploré des insuffisances liées à la gestion de ces intrants subventionnés notamment l’insuffisance de couverture des besoins en engrais pour tous les producteurs de certaines cultures subventionnées dans certains bassins céréaliers (riz, maïs, mil, sorgho), la faible appropriation de la distribution électronique des engrais (E-voucher) et la faible prise en compte de l’orientation de la subvention suite aux différentes réflexions et études réalisées. Les participants aux concertations sur «le mécanisme de gestion de la subvention des intrants agricoles», composés des représentants des organisations paysannes, de la société civile, des partenaires, vont dégager, à l’issue de leurs travaux, une solution durable, inclusive et appropriée pour la gestion des intrants. Ils vont également échanger sur les modes de distribution pour faciliter l’accès des producteurs à ces intrants afin de booster la productivité agricole et contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire dans notre pays. Le ministre Moulaye Ahmed Boubacar a enfin assuré que les décisions issues de ces concertations seront mises à la disposition de tous les acteurs pour une application stricte. Le gouvernement a initié la subvention des engrais organiques et chimiques, ainsi que les semences hybrides du maïs, du riz, du blé, du sorgho, du mil et du coton, dans le but d’aider les producteurs à améliorer leur rendement. La subvention de 50% des équipements comme les tracteurs, les motoculteurs, les mini-rizeries, les batteuses, les décortiqueuses et les groupes motopompes, s’ajoute à ces mesures. AMK/KM (AMAP)
Ibrahim Boubacar Keïta à Rome : Pour constater l’excellence d’une coopération multiforme
Par Moussa Diarra Envoyé spécial Rome, 17 février (AMAP) Le président Ibrahim Boubacar Keïta, qui a été reçu en audience, mardi après midi, à Rome, par son homologue italien, Sergio Mattarella, a qualifié la coopération entre le Mali et l’Italie, de « merveilleuse ». « La coopération entre le Mali et l’Italie se porte à merveille », a poursuivi le président malien, au sortir de son entretien, et qui s’est dit ébloui par la connaissance que son hôte a du Mali, de son histoire et singulièrement de Tombouctou. La coopération, politique et économique également, a été passé en revue. « L’Italie a toujours été aux côtés du Mali, tout au long de notre histoire récente et durant toute la crise que nous avons traversée », a encore dit Ibrahim Boubacar Keïta. Le président Mattarella a rassuré son homologue malien « quant a la poursuite de ce qui est actuellement en cours entre (les) deux pays et sur de nouvelles initiatives qu’il entend prendre pour renforcer davantage cette coopération ». Sergio Mattarella a encouragé « que nous fassions des efforts pour le confort interne au plan institutionnel et que nous poursuivions, aussi, nos efforts en matière de dialogue interne ». Il a, tout aussi, souhaité que le Mali recouvre rapidement l’intégralité de son territoire national « si tant qu’il l’ait perdue mais simplement que l’Etat malien se redéploye à souhait sur l’ensemble du territoire national ». « Ils, (les partenaires italiens) savent les problèmes que cela peut poser au plan économique, au plan sécuritaire « Tout cela, également, sera accompagné par son pays, au plan bilatéral et au plan communautaire ». « C’est donc une audience absolument à hauteur de souhait à laquelle nous avons, aujourd’hui, participé’, s’est réjoui le chef de l’Etat malien qui dit : « merci au président italien, à l’Italie avec laquelle les perspectives de coopération sont excellentes ». Ibrahima Boubacar Keïta avait enchainé, successivement, trois audiences dans la matinée dont celle avec le Président du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), Gilbert F, Hougbon. Au terme de cette audience, le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar, a annoncé une enveloppe de 20 millions de dollars (environ 10 milliards de Fcfa) du FIDA pour aider à la résilience dans les régions Nord du Mali. « Avec ce fonds, essentiellement orienté vers le développement agricole, nous pensons, déjà, à la résilience des femmes, à les épauler, à les accompagner, surtout dans leurs organisations et associations intervenant dans le maraichage, dans le Nord et, en partie, dans le Centre du Mali », a expliqué le ministre. Le ministre, qui n’a pas donné d’autres détails, a, cependant, indiqué que les couches les plus touchées et les plus vulnérables seront concernées par ce fonds. « Au FIDA, nous travaillons énormément avec le gouvernement malien. Nous sommes résolus à apporter notre pierre, aussi petite soit-elle, à cette construction nationale que nous inspire le Mali », a dit, pour sa part M. Houngbo, confirmant ainsi la bonne santé de la la coopération du Mali avec le FIDA. Remerciant le chef de l’Etat malien pour avoir honoré de sa présence la 43esession du conseil des gouverneurs du FIDA, il a dit, avoir bénéficié de l’analyse du président Keïta sur la situation au Sahel, le G5 Sahel, les actions de développement auxquelles le FIDA est associé. Et le président malien d’écrire dans l’album des visiteurs du FIDA : « Votre organisation, en aidant la qualification de nos populations rurales, nous assure un futur radieux et nous l’espérons avec des jeunes, des femmes, avec un revenu assuré et donc, concrètement, nous aidant à lutter et à faire reculer la pauvreté et la tentation de partir et, d’éventuellement, s’offrir à des recrutements douteux et dangereux pour notre liberté. Merci au FIDA pour cette œuvre de paix et d’appui pertinent au développement ». Quant au directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, il a assuré de la disponibilité du programme onusien « à supporter le Mali, à continuer d’apporter autant de financements que possible. Il a réitéré son engagement à rencontrer des partenaires et des autorités pour « apporter supports et financement à la question du Sahel « parce que le Mali est à une période critique au cours de laquelle on a besoin de tous les appuis possibles ». Enfin, le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Qu Dongyu, a, lui aussi, exprimé son engagement entier à appuyer le Mali « à transformer son système agricole et développer les zones rurales avec des facilités et équipements agricoles, des services d’assistance, des politiques de concertations, l’assistance technique, le développement régional et le renforcement des capacités. « Nous sommes au front main dans la main pour aider le peuple malien et son président », a-t-il dit. MD (AMAP)
Les bonnes affaires des vendeuses de henné
Par Aminata Anawodi Barry Bamako, 7 février (AMAP) Il est 9 heures et demi à la Maison des artisans, à la limite du Grand marché de Bamako. Le sol d’une grande partie de la cour est couvert de poudre de henné. Déjà, de nombreux récipients remplis du produit fétiche sont prêts pour être acheminés sur les aires de vente dans les quartiers. Plusieurs vendeuses couvertes de poudre de henné appellent les clients. Elles sont convaincantes dans leur méthode d’approche pour ferrer le client. « Vous voulez du henné ? » ; « Ma chérie, viens acheter du henné. Je te ferai des remises ». « Ne me dépassez pas ! », nous lance la vendeuse Aye Sow, sans chercher à connaitre le but de notre présence sur les lieux. Cette dame, au teint clair, la quarantaine dynamique, vend le henné depuis plus de trois ans. Les habits totalement couverts du produit, elle affirme acheter le sac de 50 kilos à 31.500 Fcfa. Elle cède le kilo à 900 Fcfa. Elle vend de petits paquets au détail à 100 Fcfa. Elle trouve le marché assez florissant car elle peut gagner 6.000 Fcfa par jour. Les Ivoiriens, les Burkinabè et les Nigériens constituent ses clients grossistes. « Les Maliens se contentent d’acheter au détail », précise-t-elle, sereine. Une cliente, Djènèba Sangaré, exprime son attachement au henné. « J’utilise le henné uniquement lors des fêtesou quand mon mari rentre de l’étranger», affirme-t-elle, en souriant. Elle s’approvisionne toujours chez Aye Sowa dont le henné est dit de très bonne qualité. La vendeuse Aissata Mariko a abandonné l’école pour se consacrer au commerce de henné. Ses fournisseurs arrivent du village de Sirakola. Elle gagne entre 3,000 et 3500 Fcfa, par jour, dans le commerce de détail et de gros ». Selon Aïssata, le marché est rentable, pendant toute l’année, particulièrement pendant les saisons des vagues de mariages. Sa voisine, Mariam Traoré, est également commerçante de henné. Elle exerce le métier depuis huit ans, en face de l’Institut national des Arts (INA). « Nous nous approvisionnons à Banamba. Un sac de 50 kg de henné coûte 32.500 Fcfa, la boite est à 1.000 Fcfa. Je détaille à 100 Fcfa », explique-t-elle. Ses bénéfices atteignent environ 5000 Fcfa par jour. Le henné est cultivé dans les localités de Banamba, Boro et Sirakola, dans la région de Ségou. « Je suis vendeuse de henné depuis une quinzaine d’années. Il ya de l’affluence sur le marché, surtout à l’approche des mariages », explique Badjèneba Dembélé. Elle cède le kilo à 900 Fcfa et le vend au détail à partir de 100f. Awa Tounkara, elle, exerce depuis une dizaine d’années au Marché rose de Bamako. « Je peux avoir une trentaine de clientes ou plus par semaine. Je vends au détail le sachet à 100 Fcfa et la boîte à 1.000 Fcfa», précise-t-elle. Une explication religieuse à l’utilisation du henné révèle le pouvoir magique de la poudre de henné. La religieuse Kadiatou Siby (Malimatou) affirme qu’ « une jeune mariée doit toujours avoir du henné sur ses mains et ses pieds. Cela renforce son charisme et diminue les petites querelles ». Ainsi, le henné favoriserait-il la bonne entente entre époux et la paix dans l’entourage. Kadiatou Siby soutient que les vœux d’une femme qui applique, fréquemment, le henné seront rapidement exaucés. Dans les familles musulmanes, le henné est appliqué sur les mains et les pieds des défuntes avant de les porter en terre. Pour les musulmans, le henné est une plante du paradis. Originaire du sud de l’Iran et de la Mésopotamie, le henné est un arbuste épineux.Il est, certainement, la plus emblématique des plantes tinctoriales, la plus connue. Il est utilisé depuis près de 5.000 ans. Il rentre dans la composition de presque toutes les colorations végétales et constitue un signe de bénédictions. Il symbolise la fécondité pour les mariés. Il constitue une sorte de rite de passage entre le statut de célibataire à celui de l’épouse. C’est un rituel pour la mariée. Le henné est très important dans notre tradition ou dans la religion musulmane. Il représente la fête, le bonheur et la joie. Il fait partie de l’arsenal d’élégance des femmes maliennes, lors des cérémonies sociales. Pour leur bonheur. Il renferme d’autres vertus pour le corps et les cheveux. Les feuilles de cet arbuste, réduites en poudre, contiennent une molécule particulière.Elles produisent desteintes rouges, jaunes, orangées rose. Son application est symbole de bonheur et de joie. Au Mali, les femmes l’utilisent pour embellir leurs pieds et mains lors des cérémonies de mariage et baptêmes. C’est pourquoi, de nos jours, de nombreuses commerçantes de henné se frottent pas mal les mains. AAB/MD (AMAP)
Amateurs de « Soumbala » : Exigez l’épice à base de graines de néré
Par Fatoumata TRAORE Bamako, 5 février (AMAP) Le « soumbala » (pâte de néré) est un condiment très sollicité dans la cuisine africaine, plus précisément au Mali, grâce à sa saveur et ses bienfaits pour la santé. Le Parkia Bligobosa (néré) est une espèce d’arbre de la famille des Mimosaceae, originaire des zones sahéliennes et soudaniennes. Les connaisseurs assurent que le produit fabriqué à partir du néré est de meilleure qualité. L’épice à base de graines de soja est très présente aussi sur les étals et bon marché. Ses graines servent à la fabrication de l’épice, à la fois nutritive et médicale, appelée « soumbala ». Fabriquée à la main, cette épice est connue pour son odeur forte et est présentée sous différentes formes (boule, barre, poudre). Au Mali, le « soumbala » est produit, la plupart du temps, par des femmes rurales, de Ouélessébougou, Koutiala, Dio, entre autres. Celles-ci approvisionnent les grossistes des marchés de la capitale. Il est 9 heures lorsque notre équipe de reportage arrive à « Nionoplaci », au point de vente de la fameuse pâte appartenant à une entreprise. Ici, le « soumbala » se trouve au cœur des activités d’une myriade de grossistes d’épices. Assis devant sa boutique, coiffé d’un bonnet rouge et vêtu d’un uniforme vert et jaune, Aboubacar Touré trône au milieu de sacs et de cartons d’épices. « Les bienfaits du « soumbala » sont énormes, car il vient du néré qui est efficace contre les maladies du ventre et du corps et il est bon pour régulariser la tension artérielle. C’est pourquoi, les personnes âgées l’aiment beaucoup. Ce condiment protège contre certaines maladies néfastes comme le diabète, les douleurs gastriques et les infections », croit-il savoir. Notre interlocuteur est le gérant de cette entreprise qui vend depuis, plus de 30 ans, le « soumbala » du Mali et de la Guinée. Pour ce spécialiste, il y a deux qualités : « le ‘soumbala’ à base de graines de néré et celui à base de graines de soja appelé « soumbalachôw ». « La différence, ajoute-t-il, se situe au niveau de l’odeur et du goût ». Aboubacar Touré a précisé que le « soumbala » à base de graines de néré est plus doux que celui provenant du soja. Si tous les deux types ont leur importance, notre interlocuteur regrette tout de même la mise à l’écart du « soumbala » à base de néré. Dans sa boutique, deux jeunes employés conditionnent la marchandise pour des clients. Pour M. Touré, les fournisseurs de Dio et de Koutiala produisent beaucoup plus que ceux de Ouélessébougou. Le vendeur explique que le prix en gros dépend de la qualité. Ainsi, le « soumbala » de Ouélessébougou est, généralement, présenté sous forme de bâtonnets et de petites boules. Il coûte 600 Fcfa le kg pour quelqu’un qui achète de 3 à 19 kg, et 550 Fcfa à partir de 20 kg et plus. Le « soumbala » de Koutiala et de Dio coûtent 500 Fcfa le kg. D’après le gérant, le « soumbala » de la Guinée est le plus cher car il est fait à base de graines de néré. « Les fournisseurs de la Guinée, nous cèdent le kilo à 1250 Fcfa le kg. A notre tour, nous revendons en gros à 1400 Fcfa le kg. Au détail, nous vendons le kg à 1500 Fcfa », nous confie-t-il. Aboubacar ne cache pas qu’il gagne bien sa vie dans le commerce du « soumbala ». Mais il déplore le peu d’intérêt des Maliens pour les produits locaux. Il évoque aussi le problème de conservation. « Si le « soumbala » est bien fabriqué, il peut faire 6 à 7 mois sans se détériorer », confie-t-il en bon connaisseur. Un peu plus loin de la boutique de Touré, Mamou Coulibaly propose divers condiments. « Je vends le « soumbala » du Mali uniquement, plus précisément celui de Dio qui a un très bon goût. Beaucoup de mes clients l’achètent mais ne se rendent pas compte que ça vient de Dio. Le « soumbala » de Dio est très riche en graines de néré », soutient-elle. Elle achète le kg à 1500 Fcfa et confectionne des boulettes qu’elle vend à 50 Fcfa l’unité. Grande amatrice du « soumbala », Kadidiatou Diakité ne tarit pas d’éloges au sujet de cette épice. « Le « soumbala est très bon pour la santé et relève le goût de certains de nos mets comme le «soumbalalafiri », la sauce gombo, la sauce d’arachide, la sauce de feuilles de patates « sakasaka », etc. « D’ailleurs, ajoute-t-elle, c’est ce que je m’en vais préparer aujourd’hui, c’est très bon », soutient-elle. Productrice de « soumbala », Awa Diarra habite à Ouélessébougou. Elle explique le procédé de fabrication. « On lave les graines et on les met dans la marmite pour les faire bouillir. Après, on les étale sur des sacs vides avant de les couvrir durant deux jours », explique-t-elle. Après cette étape, les graines sont pilées pour les transformer en pâte qui est conditionnée ensuite. L’épice est ensuite stockée dans des cartons pour être transportée vers les points de vente. La quinquagénaire ajoute que les revenus tirés de cette activité couvrent les dépenses de sa famille. Elle a acquis aujourd’hui son autonomie financière. Non loin de la « gare de la Guinée » à Djicoroni para, il y a des magasins de stockage de « soumbala » en provenance de la Guinée. Les revendeurs y vont en nombre parce que le « soumbala » de la Guinée est de très bonne qualité. Kôh Camara confirme. L’homme possède un grand magasin de « soumbala ». Selon lui, le « soumbala » de la Guinée est de bonne qualité parce qu’il contient uniquement des graines de néré. Et de préciser que c’est ce qui est vendu dans son magasin. Le produit venant de Guinée est mieux présenté et bien emballé dans des cartons. Ce qui le protège contre les impuretés. Voilà pourquoi notre vendeur assure qu’il n’a jamais eu maille à partir avec les agents de la sécurité sanitaire des aliments. FT/MD (AMAP)
Insémination artificielle animale : Ça peut rapporter gros
Par Mariam F. DIABATE Bamako,16 janvier (AMAP) Au Mali, un grand nombre d’éleveurs a compris que l’amélioration génétique a des avantages pour l’exploitation des étals qui sont destinés à la production et pour la vente de lait, de viande ou d’animaux sur pied. Si certains utilisent la pratique dans le but d’accroître leur production laitière, ceux, en revanche, qui font de l’embouche bovine pour vendre les animaux aux bouchers, exploitent le créneau de l’insémination pour améliorer leur production de viande. Dans les deux cas de figure, l’insémination artificielle, un outil privilégié pour l’amélioration génétique des races animales, permet aux éleveurs de réaliser des profits. « Une bonne initiative ! », Modibo Siby, commerçant de vaches et veaux métis au marché à bétail du quartier « Sans fil » de Bamako « Personnellement, je l’ai introduit dans mon élevage dans le but d’accroître ma production laitière », a-t-il affirmé. Il pratique le métier depuis 7 ans. Assis sous un hangar, au milieu de son parc à bétail, il est indifférent à l’odeur de la bouse et d’urines d’animaux. Il a expliqué que l’insémination artificielle animale a considérablement augmenté sa production laitière. « De 4 litres de lait, je suis à plus de 50 litres par jour », a-t-il souligné, avant d’ajouter que cette production lui rapporte gros. Par ailleurs, M. Siby trouve que le commerce de ces animaux est aussi intéressant. « Le veau métis (d’un an) et sa génitrice (vache locale) peuvent rapporter plus d’1 million de Fcfa. Quant au prix du veau, il varie entre 250.000 et 300.000 Fcfa », a-t-il révélé, ajoutant qu’il cède ses vaches locales inséminées entre 350.000 Fcfa et 425.000 Fcfa. « Actuellement, je dispose de 15 vaches inséminées. Je projette d’inséminer 7 pour ce mois », affirme Mamadou Bah, éleveur à Sikasso. Propriétaire de 36 têtes de bœufs, le quinquagénaire est installé dans une grande cour, près de l’abattoir de Sikasso, sur la route de Bougoula hameau. « Les gens s’approvisionnent ici, depuis que j’ai commencé l’insémination. Je n’ai jamais acheté du lait nulle part ailleurs », dit-il, fier de lui. Il a commencé l’élevage en 2013. Trois ans plus tard, il a introduit la pratique de l’insémination dans son étal. Tout comme le précédent interlocuteur, M. Bah accorde une grande attention à la production laitière. Celle-ci lui permet de gagner de l’argent. « Avec mes races locales, j’avais 30 litres de lait. Aujourd’hui, je collecte une centaine de litres par jour », a-t-il affirmé. Il cède le litre à 500 Fcfa aux détaillants et 400 Fcfa aux grossistes. Egalement, l’éleveur peulh nous confie qu’il a tout récemment vendu 7 vaches métisses à 16 millions de nos francs. « En général, je vends ma vache métissée à 900.000 Fcfa. Quand elle est inséminée son prix varie entre 1.500.000 et 1.700.000 Fcfa. Ma métisse de moins de 3 ans, je la cède à 1.400.000 Fcfa, alors que celle de 9 mois coûte 800.000 Fcfa. Mon taureau métis d’un mois coûte 600.000 Fcfa», a-t-il précisé. Il a ajouté qu’en ce moment, il n’a plus de taureaux car, une fois qu’ils naissent, les clients se précipitent pour les acheter. Ils sont très prisés. « Le prix de nos bœufs de race locale, entre 1 et 3 ans d’âge, ne dépasse pas 250.000 Fcfa. L’insémination artificielle permet d’apporter une plus value, puisqu’on peut vendre un bœuf métis de moins de 2 ans à plus d’1 million de Fcfa », nous a expliqué Souleymane Coulibaly, un autre éleveur de Sikasso, dont la ferme est située à Kaféla, sur la route du Burkina Faso. Le sexagénaire possède 70 têtes de bovins, dont 40 vaches inséminées. « L’argent que je gagne grâce au commerce du lait me satisfait largement. Il couvre toutes mes dépenses (entretiens des animaux, salaires des travailleurs et dépenses personnelles) », a-t-il dit. Souleymane Coulibaly souhaite synchroniser l’insémination de ses vaches afin d’avoir de nombreux veaux métis de même âge le jour des mises bas. L’éleveur de Niono, Diaguely Diakité, reconnaît les avantages de la production laitière de ses vaches inséminées. « Avec mes quatre vaches inséminées, je peux avoir entre 22 et 35 litres de lait par jour », a-t-il confié, ajoutant qu’après la vente, l’argent lui permet de payer ses employés, d’acheter du tourteau et des herbes pour ses animaux et de couvrir ses dépenses familiales. En outre, M. Diakité transforme une bonne partie de son lait en fromage et yaourt. « Cet argent me permet d’économiser », a-t-il dit. TAUX D’INSEMINATIONINTERESSANT – En termes d’avantages de la pratique, le Pr Diakaridia Traoré ne tarit pas d’éloges sur l’insémination. Il est le directeur général du Centre national d’insémination artificielle animale(CNIA).« Avec l’insémination artificielle animale, les métis en âge de production donnent 10 à 15 litres de lait, par jour alors que les races locales font, seulement, de 2 à 3 litres », a-t-il expliqué. Tout en précisant que le coût normal de l’insémination est de 46.000 Fcfa, le coût subventionné par l’Etat est de 10.000 Fcfa pour la chaleur naturelle (période de l’ovulation de la femelle) et 17.000 Fcfa pour la chaleur synchronisée (l’ovulation de plusieurs femelles). Se prononçant sur les défis de l’insémination artificielle au Mali, le directeur général du CNIA pense qu’il faut un accès à un centre adéquat afin de pouvoir bien travailler. Pour le Pr Traoré, les défis sont pluriels parmi lesquels, il faut compter la difficile condition d’importation de la semence et les moyens de transport des semences vers les régions. L’arrêt de l’approvisionnement des inséminateurs en azote liquide (le liquide qui permet de conserver la semence), la non acquisition des semences montbéliarde fortement demandées par les éleveurs, le redéploiement du fonds alloué à l’insémination à d’autres activités par le gouvernementsont, aussi, des contraintes sur lesquelles il attire l’attention. Selon certains inséminateurs, la réussite de l’insémination dépend de trois facteurs : la compétence de l’éleveur, celle de l’inséminateur et la bonne santé de la femelle. En cas de défaillance d’un de ces trois facteurs, l’insémination échoue. « Le problème majeur de l’insémination est qu’une grande partie des éleveurs ont la mentalité que la pratique doit, coûte que coûte, réussir. Or, que ce soit les humains ou les
Pénurie de gaz butane : Le charbon fait feu de tout bois
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 08 janvier (AMAP) Depuis plusieurs semaines, à Bamako, le gaz butane joue la star. Il faut débourser le double, voire le triple du prix subventionné (3.500 Fcfa) pour s’offrir la bouteille de 6 kg. Les usagers se tournent vers le charbon de bois, dont les prix prennent aussi l’ascenseur. Mais les vendeurs réfutent toute relation de cause à effet. Nous sommes en pleine pénurie de gaz butane. Ce combustible non pollueur est devenu au fil du temps un compagnon indispensable des ménages de la capitale malienne. Il se substitue même, souvent, au charbon de bois, de moins en moins, utilisé par une classe moyenne. Cette rupture suivie d’une augmentation du prix d’un tel produit a poussé les ménages à se tourner vers le charbon de bois, On peut en imaginer dont les dommages sur l’environnement qui restent à évaluer. Aux points de vente du charbon de bois, à travers la ville de Bamako, la situation est à la surenchère. N’Golo Diarra est vendeur grossiste de charbon depuis près de 25 ans au marché de Lafiabougou. Habits et visage colorés noircis au contact du charbon, il est catégorique : « Le manque de gaz butane n’a pas eu d’impact sur le prix du charbon ». Pour lui, la flambée, ces derniers temps, du prix du charbon est périodique. « En ce sens, argumente-t-il, que l’accès aux sites de production du charbon est très difficile pour les véhicules pendant la saison des pluies ». S’y ajoute le froid qui empêche les producteurs de couper suffisamment d’arbres. Créant, ainsi, une situation où l’offre est inférieure à la demande. « C’est ce qui a entraîné l’augmentation du prix du charbon », tente de convaincre N’Golo Diarra dont le dépôt était pris d’assaut par des clients. A l’en croire, les prix pourraient baisser après la saison froide. Car, la production du charbon est moins onéreuse et moins pénible en saison sèche. « C’est pourquoi nous cassons les prix pendant la saison de sèche », explique celui qui cède le sac de charbon à 5.000 Fcfa, précisant que le prix varie d’un point de vente à un autre et en fonction des localités de provenance. La Région de Sikasso apparaît comme un centre de production par excellence du charbon de bois. En témoigne la disparition accélérée et inquiétante des forêts qui ceinturent la région frontalière de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. A preuve, toutes les deux semaines, Madou Sonta décharge des centaines de sacs de charbon transportés par des véhicules en provenance de Sikasso. Ce fournisseur, âgé d’une cinquantaine, est installé au marché de Ouolofobougou. Par jour, Madou Sonta peut écouler plus d’une cinquantaine de sacs de charbon. « Le manque de gaz butane, renchérit-il, n’a pas provoqué une augmentation de prix du sac de charbon. Il a, par contre, entraîné un soudain afflux de la clientèle », reconnaît M. Sonta. « Bien avant la crise du gaz, on vendait le sac aux détaillants à 4.500 Fcfa », rappelle-t-il, ajoutant que le charbon qu’il vend provient de Kolondièba. Si les marchands de charbon réfutent tout lien entre la hausse du prix et la pénurie de gaz butane, ils confirment tous que cette crise a gonflé leur clientèle. « La crise du gaz, nous arrange en quelque sorte car, par jour, je vends plus de 50 sacs. Et les sacs que vous voyez seront écoulés avant la fin de la journée », sourit Madou Sonta, en pointant le stock du doigt. Contrairement à son voisin Madou Sonta, Salif Doumbia a, lui, cassé ses prix. « Le prix dépend de la provenance. Je cède le sac à 3.500 Fcfa voire 3.750 Fcf », assuré M. Doumbia, qui venait de vendre une dizaine de sacs à Mme Diarra. Le charbon dont il fait commerce provient de Siby, localité située à quelques dizaines de kilomètres de la capitale. La pénurie de gaz semble être une aubaine pour des livreurs de charbon. Saisissant l’opportunité, ils se sont transformés en revendeurs ambulants de charbon de bois. Tel est le cas du jeune Boua Théra. Rencontré au niveau du marché de Fassambougou, en Commune II, il explique : « Maintenant, le commerce de charbon est très florissant. Comme la plupart de mes camarades, j’ai choisi cette option, c’est plus rentable que la livraison que je faisais. Sur chaque sac, je fais un profit de 500 Fcfa ». Conséquence ? Les ménagères, elles, se plaignent de la hausse du prix de combustible. « Le sac de charbon est intouchable. Le gaz butane est introuvable. C’est vraiment difficile pour nous », peste Aïssata Diallo. La bonne dame venait d’acheter quelques sachets de charbon. BBC/MD (AMAP)

