Cultivateurs et revendeuses de maïs frais : La bonne affaire saisonnière

Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 9 sept (AMAP) La pluie du lundi dernier a bien arrosé Kalaban Coura et plusieurs autres quartiers du district de Bamako, la capitale malienne. Un vent matinal rafraichit les usagers de la route menant à l’Aéroport international président Modibo Keita-Sénou. Malgré la fraîcheur, des femmes reviennent des champs de maïs dans la zone aéroportuaire. Du Parc des expositions jusqu’au-delà de la direction de la Météo, il y a des champs de maïs à perte de vue. Certaines, portant sur la tête des sacs de 50 kg contenant des épis de maïs frais, semblaient à bout de souffle. D’autres, avec leur bébé au dos, portaient aussi sur la tête de vieux draps remplis de maïs. Les moins téméraires sont assises sur des sacs de maïs, en attendant l’arrivée des conducteurs de tricycles pour les transporter. Mah Diarra, se décharge de son fardeau, arrivée à quelques mètres de «la porte d’entrée de Bamako», en venant de l’aéroport. «Mon chemin s’arrête ici. Les autres continuent. Certaines viennent de Kalabancoro, de Dialacorobougou, de Diélibougou. D’autres habitent Kalaban Coura. Nous revenons des champs de maïs situés juste derrière. Tu vois les pieds de maïs ? C’est là que nous nous ravitaillons, chaque jour, en maïs pour ensuite les revendre au détail. Je fais des affaires au bord de cette route», explique la vendeuse sur un ton courtois. Sans hésiter, elle se propose de nous conduire au champ de maïs et couvre sa marchandise avec un vieux pagne. Nous empruntons une voie boueuse. Le véhicule patine. Comme pour détendre l’atmosphère et nous mettre à l’aise, Mah explique qu’elle fréquente quotidiennement ce chemin depuis le début de la récolte de maïs. «Très tôt le matin, nous nous regroupons pour aller nous ravitailler», ajoute-t-elle. Le temps passe vite. Nous voilà dans le champ de Abdou Kadr Coulibaly. Le cultivateur émerge d’une touffe de pieds de maïs et nous accueille cordialement. « Il fait partie des propriétaires de champs de maïs les plus heureux en cette période. Son champ ne désemplit pas de clientes », commente un jeune homme. Abdou Kadr Coulibaly confirme. « Je suis cultivateur. Cela fait plus de 10 ans que je cultive le maïs. Les femmes sont mes clientes. Quand le produit arrive à maturité, je les reçois tous les jours », ajoute le paysan. En effet, les revendeuses de maïs viennent ici depuis 7 heures du matin. L’affluence peut continuer jusqu’à 10 heures. Dans l’exploitation de Abdou Kadr Coulibaly, la moisson a débuté une semaine après la fête de Tabaski. « Je laisse aux femmes le soin de récolter le maïs, ensuite nous faisons le décompte», explique l’exploitant. Sur une superficie d’environ un hectare, il peut vendre entre 50.000 et 100. 000 Fcfa par jour jusqu’à la fin de la récolte. Le champ de mais de Zoumana Mariko est voisin de celui de Coulibaly. « Il sera là dans peu de temps. Comme l’état de la route est mauvais, il transporte les sacs de maïs de ses clientes sur sa moto pour les déposer au bord de la route. Ils sont ensuite acheminés à destination à bord des motos tricycles», explique une dame, rencontrée sur les lieux. Quelques minutes plus tard, Mariko revient nous rejoindre. Cette année, il dit avoir cultivé deux hectares qui lui rapportent entre 150.000 et 200.000 Fcfa par jour. Celui qui exerce ce travail depuis sept ans se plaint de problèmes d’équipements agricoles et d’espace cultivable. ÉTUDIANTE VENDEUSE – A peine nous terminons les échanges avec Mariko, Fanta Diallo sort du champ. La frêle dame tire un sac de maïs de 50 kg fraichement cueillis. Etudiante à la Faculté des sciences économiques et de gestion de Bamako, elle vend du maïs au quartier Bacodjicoroni-Golf. Profitant de l’arrêt des cours, il se fait un peu d’argent. «Il faut transpirer pour avoir de l’argent», estime la jeune dame. Pour ce faire, elle se réveille tôt le matin, chaque jour, pour faire ses travaux ménagers, avant de mettre le cap sur les champs de maïs. Grâce au revenu tiré de cette activité, elle complète l’argent de la popote. «En plus, j’arrive à subvenir à mes petits besoins. J’achète entre 6.000 à 7.500 Fcfa de maïs par jour pour un bénéfice journalier variant entre 3.500 et 4.000 Fcfa. En effet, je grille le maïs pour le vendre à 100 Fcfa. Je propose aussi aux clients des maïs frais à 500 Fcfa par tas», ajoute la jeune mère. Après un temps de respiration, elle charge la marchandise sur sa moto. Direction le quartier Golf où l’attendent des clients. Pendant ce temps, Mariam Samaké attache solidement son sac de maïs frais à l’aide d’une corde. Elle vient de récolter une importante quantité pour un montant estimé à 15.000 Fcfa. Mariko a déjà déposé un sac au bord de la route principale. «Je viens de Kalaban coro. Ce commerce m’aide à joindre les deux bouts. Mon mari travaille. J’essaie de l’aider dans ses dépenses, en menant cette activité», explique-t-elle, soulignant qu’elle peut faire un bénéfice journalier de 5.000 Fcfa ou plus. Ainsi qu’elles revendent du maïs frais ou grillé, en cette saison, ces braves dames tirent leur épingle du jeu. Les propriétaires de champs, chez qui elles s’approvisionnent, se frottent, également, les mains PRODUCTION INTERIEURE – Les champs situés sur la route de l’aéroport ne sont pas les seuls fournisseurs de Bamako en maïs frais. A Missala comme à Gouana, plusieurs propriétaires de champs se frottent les mains en cette période. Sur la route appelée «Pont de Moussa Mara», il n’est pas rare de rencontrer des charretiers chargés de maïs frais en direction de Kalaban et autres quartiers de Bamako. Mariam et Fatoumata suivent une charrette en marchant. «Nous revenons de notre champ. Nous vendons la moitié du chargement en cours de route. Les gens aiment le maïs fraichement cueilli », indique Fatoumata. « Ces propriétaires de champs ne peuvent pas servir tout Bamako », analyse Mariama Sidibé, vendeuse de maïs frais à Ouolofobougou. «Bamako est également servi par Bougouni. Chaque matin, des véhicules déchargent

Campagne agricole 2020-2021 à Tominian : Démarrage difficile

Tominian, 8 sept (AMAP) La campagne agricole 2020-2021, dans le Cercle de Tominian, a connu un démarrage difficile marqué par l’installation tardive de la saison hivernale, la mauvaise répartition et l’irrégularité des pluies conduisant à un début des opérations de semis seulement dans la 2ème décade du mois de juin, selon le chef secteur de l’Agriculture de Tominian, Cheick Oumar Togo. “Compte tenue de l’irrégularité et de la mauvaise répartition des pluies, les objectifs d’emblavure ne sont pas très satisfaisants. Les entretiens des champs sont en cours”, a ajouté M. Togo. Indiquant l’état végétatif des cultures, il a note que “le mil, le riz sont au stade du tallage, le sorgho, le maïs au stade de montaison, le fonio et le niébé au stade de la ramification et l’arachide au stade de la floraison”. La campagne se déroule normalement selon le chef secteur de l’Agriculture, l’état végétatif des cultures est satisfaisant dans l’ensemble, les pluies sont régulières et l’humidité satisfaisante. Les hauteurs de pluies enregistrées au cours de la décade du 21 au 31 août 2020 sont supérieures à la celles enregistrées au cours de la décade du 21 au 31 août 2019, au niveau de tous les postes pluviométriques, exceptés Fangasso et Timissa. L’état de la végétation indique que le tapis herbacé est dominant, l’on constate la régénération de la ligneux fourragère, la forêt est dense et l’état des arbres est satisfaisant. Le secteur de l’Agriculture de Tominian rencontre des difficultés, notamment l’insuffisance numérique du personnel d’encadrement, de moyens logistiques et de fonctionnement. Il faut signaler que c’est seulement maintenant que l’engrais subventionné est disponible et est en train d’être acheminé dans les différents arrondissements. ST/MD (AMAP)

Bankass : Une saison des pluies prometteuse (services techniques)

Bankass, 8 sept (AMAP) La campagne agricole 2020-2021 a démarré dans les conditions caractérisées par une accessibilité et une disponibilité des produits alimentaires sur les marchés locaux , de la main d’œuvre agricole quoique insuffisante, par endroits, compte tenu de la situation sécuritaire », a déclaré le chef secteur d’agriculture, Allaye Guindo. La situation pluviométrique est « assez favorable dans toutes les communes, une situation phytosanitaire relativement calme », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter qu’ « il faudra signaler le retrait des différents projets et programme à cause de l’insécurité, (qui) a laissé un vide, en termes d’appui des intra et de renforcement des capacités des producteurs pour la mise en place de cette campagne ». Selon la même source, un retard a été pris pour la délivrance des autorisations d’achat pour les engrais subventionnés dont le quota est très insuffisant. Malgré l’insécurité, le déplacement des producteurs vers les grandes villes, les superficies emblavées sont 5.750 ha pour le riz, 300 ha pour le maïs, 2.950 ha pour le sorgho, 146.250 ha pour le mil, 2.000 ha pour le fonio, 6.000 ha pour l’arachide et 3.200 ha pour le voandzou. La superficie totale emblavée est de 180.355 ha, toute spéculation comprise pour les cultures sèches et légumineuses. En générale, les conditions hydrométéorologiques sont meilleures à celle de l’année dernière, dans toutes les communes. Pour ce mois de septembre, les cultures sont favorables et en début épiaison. AKG/MD (AMAP)

De fortes pluies attendues du 31 août au 06 septembre (Météo) 

Bamako, 2 sept (AMAP) Des quantités importantes de pluies sont attendues, localement, dans toutes les régions du Mali et ainsi que dans le le District de Bamako, la capitale, durant la semaine du 31 août au 06 septembre 2020, a annoncé la cellule communication du ministère des Transports et de la Mobilité urbaine/Agence Mali-Météo. La répartition des pluies au cours de la semaine se fera comme suite : lundi, il est prévu des pluies dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Ménaka, Kidal, Tombouctou, Taoudenit et le District de Bamako. Mardi : les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Taoudenit, et le District de Bamako. Par contre, des pluies sont prévues mercredi, uniquement, dans les régions de Kayes, Sikasso et Kidal. Les Régions de Koulikoro, Gao, Ménaka, Kidal et le District de Bamako doivent s’attendre à des pluies le jeudi. Quant au vendredi, il est annoncé des pluies dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Ménaka, Kidal, Tombouctou, Taoudenit et le District de Bamako. Les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou et le District de Bamako seront arrosées le samedi. Enfin, il doit pleuvoir, le dimanche, dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Ménaka et le District de Bamako. Selon les mêmes prévisions, la période sera caractérisée par un ciel nuageux à couvert localement et un vent dominant de composante sud-ouest dans toutes les régions du pays. Les températures maximales seront comprises entre 24°c et 45°c avec les maximales dans la Région de Taoudenit. Les minimales seront situées entre 17°c et 34°c avec la plus forte moyenne dans les Régions de Kayes et de Koulikoro. OD/MD (AMAP)

Office du Niger : Évaluation de la campagne agricole

Par Mamadou SY AMAP-Ségou  Ségou, 31 août (AMAP) Les objectifs de la campagne 2020-2021, issus du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, sont de 896.935 tonnes de riz paddy, 392.423 tonnes de produits maraîchers et 81.796 tonnes de produits de diversification, a appris l’AMAP, lors de la 3è session ordinaire du Comité de suivi du contrat-plan, tenue, vendredi, à Ségou (Centre) Au cours de cette session, les membres du comité de suivi du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, ont examiné et adopté le procès-verbal de la 2è session, fait le point d’exécution des recommandations issues de la précédente session et les réalisations faites par les parties durant le 1er semestre 2020, à travers l’examen du rapport de suivi de l’exécution des engagements du contrat-plan 2019-2020. A l’ouverture des travaux, le président directeur général de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, a rappelé que la campagne agricole 2019-2020 s’est déroulée dans des conditions satisfaisantes quant à la fourniture de l’eau aux exploitants agricoles, pendant la saison d’hivernage. « Cependant, a-t-il poursuivi, force est de noter que certaines difficultés majeures ont été rencontrées dans le déroulement normal de ladite campagne ». Abdel Karim Konaté a, entre autres, cité l’insécurité persistante dans les zones d’intervention occasionnant l’arrêt momentané des chantiers, la non mise à disposition des engrais subventionnés, le sous-équipement et l’insuffisance de la main d’œuvre engendrant un léger retard dans la mise en valeur, l’envahissement de certains réseaux par les végétaux flottants et les actes de vandalisme sur les réseaux d’irrigation par certains exploitants. « Malgré toutes ces difficultés, la production végétale de cette campagne affiche des résultats positifs », a assuré le PDG de l’Office du Niger. « En riziculture, a-t-il indiqué, sur une prévision de 873.773, 73 tonnes de riz paddy, 808.102, 49 tonnes ont été obtenues, soit une réalisation de 92, 48% des prévisions de la campagne ». En maraîchage, pour toutes spéculations confondues, 325.386 tonnes ont été produites et 72.854 tonnes en diversification de cultures, pour toutes spéculations confondues. S’exprimant sur la campagne agricole 2020-2021, M. Konaté a indiqué qu’elle a démarré dans un contexte marqué par une intensification des travaux d’entretien permettant ainsi une fourniture correcte de l’eau d’irrigation aux exploitants agricoles. Il a souligné la pertinence de la mise en œuvre de ce contrat-plan quinquennal qui va permettre de renforcer la contribution de l’Office du Niger à l’atteinte de la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté par une croissance économique accrue. Le PDG de l’Office du Niger a, également, précisé que l’atteinte des différents objectifs assignés dans le contrat-plan 2019-2023 dépendra de l’engagement des différents parties signataires dans sa mise en œuvre, la réalisation des aménagements et les réhabilitations prévues, la facilité d’accès aux exploitants agricoles aux moyens de production. S’y ajoutent le respect du calendrier agricole et l’application des techniques améliorées de production. Pour le président du comité de suivi du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, , Joël Togo, conseiller technique au ministère de l’Économie et des Finances, les sessions constituent des moments privilégiés d’échanges entre les parties pour évaluer le niveau de mise en œuvre des engagements pris en faveur du développement de la zone Office du Niger. «A la lecture du dossier soumis à notre appréciation, nous avons noté que le semestre évalué a été essentiellement marqué par les faits suivants : la mobilisation de la dotation budgétaire de l’État a été de 1, 976 milliard de Fcfa sur un montant de 4,750 milliards de Fcfa, soit un taux de 41, 60%. Au 30 juin 2020, le montant recouvré était de 6.441.597.876 de Fcfa, soit un taux de 92,19%. En prenant les paiements des sociétés sucrières, le montant global recouvré a été de 6.672.585.876 Fcfa», a détaillé M. Joël Togo. Pour ce qui est de la réhabilitation, il a indiqué que les procédures de passation du marché des travaux sont en cours, Ce qui conduira à la réhabilitation de 700 ha dans la zone de Kolongo. Le conseiller technique du ministère de l’Economie et des Finances a souligné que les travaux de cadastrage des parcelles aménagées sont en cours sur 3.900 ha de Molodo Nord. «Pour l’immatriculation des terres, le processus est en cours pour le choix d’un prestataire pour la réalisation des travaux d’immatriculation de 18.907 ha dans le système du Macina, 21.000 ha dans le système du Kareri et 6.438 ha dans le système du Kala supérieur soit un total de 46.345 ha», a annoncé le président du comité, avant d’adresser ses vifs remerciements à tous les acteurs qui œuvrent pour le développement harmonieux de la zone Office du Niger. MS/MD (AMAP)

Embargo de la CEDEAO sur le Mali : Quels impacts sur l’économie ?

Par Cheick M. TRAORE Bamako, 25 août (AMAP) La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé, mardi 18 août, de la fermeture de toutes les frontières terrestres, aériennes et maritimes de ses pays membres avec le Mali. L’organisation sous régionale a, également, suspendu toutes les relations économiques, financières et commerciales avec le Mali. Cela, pour exiger la libération immédiate de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta et de son Premier ministre et le retour à l’ordre constitutionnel. En application de cette décision, le gouvernement ivoirien a instruit la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec le Mali, à compter du mardi 18 août, jusqu’à nouvel ordre. Ces décisions des autorités ivoiriennes ne sont pas sans conséquences sur notre économie et nos populations qui souffrent le martyre à cause des crises qui nous accablent. «Si l’embargo de la CEDEAO perdurait, amplifié par d’éventuelles sanctions de la communauté internationale, ce sera dramatique pour un pays enclavé comme le Mali», prévient l’économiste et spécialiste en analyse stratégique, Cheickna Bounajim Cissé. Pour cause, 90% des produits manufacturés qui sont consommés au Mali sont importés, argumente l’économiste. En la matière, le corridor ivoirien est stratégique puisque prépondérant. La Côte d’Ivoire représente près de 40% du PIB de l’UEMOA, ajoute le conseiller du directeur général de la Banque internationale pour le Mali (BIM SA).  ALLEGEMENT DES MESURES –« Les conséquences induites par la suspension des flux financiers pourraient être catastrophiques pour une économie malienne faible et extravertie », analyse l’expert. Pour lui, le système financier local risque de prendre un grand coup qui pourrait lui être «très préjudiciable». Aussi, les transferts des Maliens de l’extérieur vers leur pays pourront ralentir considérablement même si, de façon transitoire, le «marché noir» pourrait prendre le relais avec tous les risques y afférents, selon notre interlocuteur. Pour lui, la question essentielle est de savoir combien de temps notre pays pourrait tenir l’embargo. «Et même après sa levée, les plaies économiques et financières mettront du temps à cicatriser. On a vu après les événements de 2012, l’économie malienne est tombée en récession et huit ans après elle n’avait toujours pas redémarré», rappelle Cheickna Bounajim Cissé. Heureusement, le sommet des chefs d’Etat, par visioconférence, jeudi dernidr, a soustrait du champ de l’embargo les denrées de première nécessité, le carburant, l’électricité, les médicaments. Des produits dont la pénurie impacterait directement la vie des populations. En plaidant pour l’allègement des mesures de sanction pour cause «humanitaire», le président sénégalais, Macky Sall, semble avoir pris la mesure des enjeux socioéconomiques et commerciaux pour son pays et pour les autres Etats membres de la CEDEAO frontaliers du Mali. Surtout dans un contexte marqué par la crise sanitaire qui a déjà plombé nos économies.  45% DES EXPORTATIONS– Le journal sénégalais, ‘Le Soleil’, souligne en effet que le Mali est, de part sa position stratégique, incontournable «dans l’expédition des marchandises sénégalaises au sein de l’espace de l’Uemoa». Les exportations du Sénégal vers l’Union sont estimées à 38,6 milliards de Fcfa au mois de juin 2020, contre 30,9 milliards de Fcfa au mois de mai, soit une hausse de 7,7 milliards, selon la dernière note de conjoncture de la Direction sénégalaise de la prévision et des études économiques. Elles ont représenté 24,7 % de la valeur totale des exportations de marchandises du Sénégal durant le mois de juin 2020. «La part des produits acheminés vers le Mali, principale destination des exportations du Sénégal dans l’Union, est passée de 48,0% à 45,7% sur la période», soulignent nos confrères. Qui ajoutent que le ciment reste le principal produit exporté vers le Mali avec une part évaluée à 28,6% en juin 2020, contre 29,1% le mois précédent. A analyser de très près, l’impact est presque similaire sur la Côte d’Ivoire, également partenaire de premier plan du Mali en matière d’échange économique et commercial. Le port d’Abidjan tente, sans succès, de recouvrer sa place de premier associé des opérateurs économiques. Place qu’il a perdue au profit de celui de Dakar, suite à la crise ivoirienne. Donc, ces mesures gripperont toute la chaîne de fourniture, de commerce et d’industrie du corridor Abidjan-Bamako. En conséquence, le prix du kg de la viande risque de prendre l’ascenseur dans nos pays voisins. Le Mali étant leur principal fournisseur en bétail. Le Syndicat des vendeurs de bétail a demandé à ses militants de respecter scrupuleusement la décision relative à la fermeture des frontières. Les sanctions économiques annoncées par l’organisation intergouvernementale sont donc à double tranchant. Elles affecteront aussi nos voisins avec les liens commerciaux sont très étroits SONNETTE D’ALARME– D’autres analyses estiment que l’impact serait dérisoire pour le Mali. Par contre, en fermant ses frontières, la CEDEAO fait du mal à ses Etats membres qui partagent des frontières avec notre pays, précisent ces experts. Pour ceux-ci, le Mali est déjà immunisé contre les embargos. Cela, grâce de sa situation géographique stratégique et l’adaptation progressive de son économie à ces situations exceptionnelles. Ils citent en exemple le fait que toutes les marchandises qui viennent de la Chine, du Golf, passent par le Mali pour approvisionner ces pays. Les opérateurs économiques maliens ont privilégié, dans leurs relations économiques et commerciales, la Chine, les pays du Golf, l’Inde, le Pakistan, etc. Notre pays peut, à les en croire, se faire facilement ravitailler par ces pays à partir de l’Algérie, frontalière du Maroc, de la Tunisie et de la Libye… Un constat aussi évident que des villages situés le long de la frontière entre le Mali et le Niger ont déjà commencé à tirer la sonnette d’alarme. Pour cause de pénurie de denrées de premières nécessités fournies à eux par le Mali. Qu’à cela ne tiennent ! Les nouvelles autorités qui mesurent certainement la gravité de la situation, prendront sûrement les contacts utiles pour demander à l’organisation intergouvernementale de desserrer rapidement l’étau des sanctions pour le bien de toute la communauté ouest-africaine. Les dernières discussions entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et la mission de la CEDEAO vont dans le bon sens, assurent les deux parties. CMT/MD

Sikasso : Une campagne agricole prometteuse pour 2020 (Les techniciens)

Par Fousseyni DIABATE Sikasso, 13 août (AMAP)Dans la région de Sikasso (Sud), la campagne agricole 2020 s’est installée, progressivement, à la faveur des activités pluviaux-orageuses sur l’étendue de la 3e Région, même si elle a connu des perturbations ayant occasionné des semis tardifs du mil, sorgho, des tubercules, de l’arachide, du gingembre, du sésame et de certaines cultures maraîchères. Le directeur régional de l’Agriculture de Sikasso, Mory Sylla, et son personnel, estiment que la campagne agricole 2020 démarre dans des conditions climatiques assez favorables avec l’installation régulière des pluies de fin mai à la première décade du mois d’août. « Si cette condition pluviométrique se poursuit normalement », les techniciens de Sikasso sont optimistes quant à la réussite de la campagne agricole 2020. Les opérations d’entretien en cours sont entre autres la fertilisation minérale, le désherbage manuel et chimique et le contrôle des déprédateurs sur les cultures. « Concernant les activités pluvieuses pendant la décade du 1er au 10 août, nous confie Mr Moussa Dembélé, le chef de bureau statistique suivi et évaluation de la direction régionale de l’agriculture, il a été constaté qu’à cette date, les pluviométries cumulées dans certains chefs-lieux de Cercles de la Région sont supérieures à celles de la campagne écoulée ». Ainsi à Sikasso avec 636,7 mm contre 422,6 mm d’eau et Yorosso avec 460 mm contre 340 mm l’année dernière. Par contre les pluviométries cumulées sont inférieures à celle de la campagne écoulée à Kadiolo, avec 577 mm contre 618 mm et à Koutiala 430 mm contre 452 mm. Concernant l’évolution des emblavures en céréales sèches, les réalisations sont inférieures à celles de l’année dernière, à la même période, soient 1.003.682 ha contre 1.323.872 ha pendant la campagne écoulée. Les réalisations de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) en céréales sèches, à la date du 31 juillet, sont de 512.766 ha. Selon les responsables de la direction de l’agriculture, l’augmentation des réalisations de fonio a été constatée mais se justifie par l’appui de certains partenaires sur cette filière. L’évolution des emblavures en riz est satisfaisante selon les techniciens. Les réalisations en riz, en cette période, sont supérieures à celles de la campagne écoulée, soient 99.352 ha contre 59 154 ha à cause de la régularité et l’abondance des pluies, en début juin, sur l’étendue de la région. Quant à l’évolution des emblavures de coton, elles sont nettement inférieures à celles de l’année dernière avec un taux de réalisation de 28,65 % contre 99,09 % pendant la campagne écoulée. Le recensement des producteurs devant bénéficier par structures et par culture d’engrais subventionnés est terminé. Mais les activités de délivrance des bons pour les intrants agricoles subventionnés de cette campagne ont démarré avec un grand retard dû à la réticence des fournisseurs dans la livraison des engrais. « Ils exigent que le passif soit épongé », selon le responsable du suivi évaluation. Les cultures sont au stade de levée-montaison pour le mil, sorgho et maïs ; tallage-montaison pour le riz pluvial et le riz de bas-fond ainsi que le riz de submersion contrôlée. L’arachide et le niébé sont au stade de ramification- floraison. Selon le service de la protection des végétaux, la situation phytosanitaire est faiblement dominée par les infestations des cultures de maïs par la Chenille légionnaire d’automne (CLA). Au total 655 ha ont été prospectés par les services techniques sur lesquels les infestations ont concernés 266 ha et 96 ha ont été traités avec les méthodes alternatives de lutte et aux pesticides RAPAX. FD/MD (AMAP)

Cercle de Kadiolo : Point de la situation de l’hivernage et des cultures

Par Nabilaye Issa OUATTARA Kadiolo, 11 août (AMAP) La saison hivernale s’est installée, depuis le mois de mai, dans le cercle de Kadiolo qui se situe à l’extrémité Sud du Mali, dans la zone climatique soudanienne (climat tropical humide), a constaté l’AMAP. Cette année, la pluviométrie enregistrée de mai à nos jours (476 mm en 26 jours), est supérieure à la moyenne inter annuelle (341,2 mm). L’année dernière, à la même période, il est tombé 485 mm en 25 jours. Cette année, c’est donc une légère baisse pour la même période. Le Cercle de Kadiolo est une zone qui produit beaucoup de céréales, de tubercules. Quant au coton, la principale culture de spéculation de la zone, il a été largement impacté par la crise de la subvention de l’engrais. Lors de la campagne agricole passée (2019), le Cercle de Kadiolo a semé 23.600 ha de coton. Mais avec la crise, cette année il n’y a que 17.710 ha plantés, soit un manque de 5.890 ha. Dans plusieurs villages, les champs de coton sont à la fruitaison, les deuxièmes traitements insecticide sont terminés. La production de coton fibre attendue va largement diminuer, cette année, dans le Cercle de Kadiolo. L’engrais constitue aujourd’hui le problème majeur auquel les producteurs de Kadiolo sont confrontés en ce moment. Le système de distribution des engrais par voie électronique s’est introduit cette année. Au niveau du cercle de Kadiolo, le recensement a eu lieu en juillet passé. Pour le moment, il n’y a pas de mise en place. L’opération n’a pas débuté. Ce faisant, les producteurs ont été contraints de se rabattre sur les marchés locaux où le prix du sac varie actuellement de 15.000 à 16000 Fcfa . Suite à la contrebande, les marchés sont inondés d’engrais venant de pays voisins. L’achat d’engrais à un prix non subventionné empêchera de nombreux producteurs de bien enrichir les champs, notamment de maïs qui sont, aujourd’hui, à différents stades de croissance. Tandis que certains sont en phase d’épiaison, d’autres attendent encore le complexe. La chenille légionnaire est apparue dans certaines localités faisant courir des risques à la production céréalière. Malgré l’augmentation des surfaces emblavées en céréales, le cercle de Kadiolo ne sera pas à l’abri d’une pénurie alimentaire l’année prochaine. Les producteurs pourront être contraints de brader le peu de récoltes dont ils disposeront pour faire face à leurs besoins financiers. Le boycott du coton a poussé beaucoup à la culture des céréales. La crise cotonnière a poussé de nombreux paysans de Kadiolo à semer l’arachide et le Niébé qui ne demandent pas d’engrais mais ont un prix rémunérateur sur le marché (plus de 500 Fcfa le kilo). Malheureusement, les champs n’ont pas bénéficié de l’engrais nécessaire. De nombreux paysans sont en colère contre les autorités qui, “tous les ans, traînent les pieds pour mettre en place l’engrais subventionné au moment opportune”. L’engrais subventionné arrivera à un moment où le paysan n’est plus dans le besoin et les commerçants vont enlever tout le stock auprès d’agents de l’État.   “Voici la triste réalité qui blesse et doit interpeller la conscience de tous les décideurs. Pourquoi attendre août pour mettre en place de l’engrais ?”, s’interroge un paysan qui se dit écoeuré. Pour lui, en refusant de subventionner l’engrais, “l’État malien se verra contraint de subventionner les céréales, s’il veut éviter une pénurie alimentaire pour tout le pays”. NIO/MD (AMAP)    

Nioro du Sahel : Une campagne agricole prometteuse à l’horizon

Par Moussa DIAKITE Nioro, 10 août (AMAP) La campagne agricole 2019-2020 se présente sous de très bons hospices a Nioro dui Sahel (Ouest, contrairement aux dix dernières années. Chose rare au Sahel, les pluies ont commencé à tomber depuis mi-juin et continuent à être toujours au rendez vous. Elles se sont aussi bien reparties dans le temps. Les paysans, à l’exception de ceux qui ont longtemps hésité, se sont vite rendus dans les champs pour les semis. Dans le Cercle, on cultive du sorgho, du petit mil, de l’arachide, du niébé et du mais par endroit. Dans les Communes de l’Est (Trougoumbé, Diarrah, Yéréré, Gogui, Diabigué, Baniré et Koréra), le sorgho est à l’état de montaison, l’arachide et le haricot (niébé) à l’état de fleuraison dans l’ensemble. Concernant les Communes du nord (Nioro, Tougouné et Gogui), les cultures ont accusé un léger retard mais se trouvent dans un état plus satisfaisant que l’année derrière, à la même période. A Youri, Gavinané et Diaye Coura, situées à l’Ouest du Cercle, le constat est le même. Les cultures sont dans un état satisfaisant nettement supérieur aux dernières années, à la même période. L’état des cultures est très satisfaisant dans les Communes du Sud (Simby et Sandaré) considérées comme les grandes zones de culture du Cercle de Nioro. Dans ces deux communes dénommées greniers du Cercle de Nioro, il pleut abondamment et les populations pratiquent à 90% l’agriculture. On y cultive du sorgho, du petit mil, du haricot, du mais, de l’arachide, de la pastèque, de la pomme de terre et, surtout, des cultures potagères comme l’oignon dont les grandes productrices sont les femmes. Ce dernier fait de Sandaré une zone stratégique qui ravitaille le Cercle de Nioro et toute la Région de Kayes, pendant un bon moment de l’année. Cette année, en ce début du mois d’août, dans le Cercle de Nioro, on peut dire que l’état des cultures est très satisfaisant dans l’ensemble, assurent les techniciens. Les pluies sont au rendez vous. La campagne agricole s’annonce prometteuse. L’état des pâturages est aussi bon. Il y a des herbes et des flaques d’eau partout. Les animaux donnent l’impression d’être dans un paradis. Pour le spécialiste Moussa Dembélé, chef de service de l’Agriculture, il n’y a, pour le moment, aucune menace d’insectes nuisibles sur les plantes. Selon lui, si les pluies continuent jusqu’en fin août et si les oiseaux granivores ne rendent pas la campagne difficile, le Cercle de Nioro battrait son record de production, cette année, et les récoltes pourront tripler « car, dit-il, le sol sahélien est très riche et rapide ». MD/MD (AMAP)

Douentza : Début normal de la campagne agricole 2020

Par Awoi DICKO Douentza, 10 août (AMAP) Contrairement à la campagne agricole 2019, celle de 2020 dans le Cercle de Douentza a débuté au mois de juillet pendant lequel, le Cercle a enregistré ses premières pluies. Les paysans avertis n’ont pas attendu le début des pluies pour commencer les semis. Depuis fin mai et début juin, certains ont déjà commencé les semis à sec. Par ailleurs, d’autres paysans ont attendu la tombée des pluies pour commencer les semis. Sur l’ensemble du Cercle de Douentza, les semis sont faits. Les champs ont bien poussé à cause de la bonne répartition des pluies, bien qu’elles ne soient pas très régulières dans le temps et l’espace. Les sols restent très humides. On s’attend, pour le moment, à un bon début d’hivernage dans le cercle de Douentza. « Les ré-semis sont d’actualité », nous confie le gérant de la Coopérative des producteurs de la semence de mil Tabi, Hamidou Boureïma. Le mil de Tabi, une variété précoce qui a un cycle de deux mois dont la teneur en fer est élevée et adaptée au conditions et au changement climatique. Selon lui, « chaque jour, il reçoit des paysans qui achètent la variété pour les semis et ré-semis ». La majorité des paysans sont dans le premier labour mais dans certaines zones qui pratiquent les semis à sec, les paysans ont déjà commencé le deuxième labour. Sur l’ensemble du Cercle, toutes les spéculations semées ont quasiment bien poussé et ne souffrent pas de manque de pluie. Ce qui maintient les plants en forme et en bonne santé. Les pluies ont suffisamment arrosé les champs, alimenté les cours d’eaux (mares et rivières), les producteurs du riz pluvial sont à pied d’œuvre, les champs de riz sont au stade de tallage et montaison. Les producteurs du riz à Douentza font face, cette année, à un niveau élevé d’eau dans les champs et au défi du désherbage. C’est pourquoi, la plupart d’entre eux font recourt aux herbicides pour désherber les champs. Dans le Cercle de Douentza, les spéculations semées par les paysans sont, entre autres, le petit mil pour la majorité, le riz, le niébé, l’arachide, le fonio. Ce début de campagne agricole, dans le Cercle de Douentza, a été également marqué par des inondations par endroit. Le 10 juillet 2020, suite à une pluie qui a fait déborder le canal, communément appelé Gorel, une inondation a fait des milliers de victimes et d’importants dégâts matériels qui se chiffre à des millions dans les quartiers de Fatoré et une partie du l’ancien quartier Saré, dans la Commune urbaine de Douentza. Le seul problème auquel les paysans de Douentza sont réellement confrontés et qui constitue un obstacle à leurs activités agricoles est l’insécurité qui règne dans tout le Cercle. En ce début d’hivernage, la ville de Douentza a enregistré des déplacés du village de Koira-Bréri, un village réputé agricole dans la zone et qui compte plus de 3000 âmes. Dans le village de Petaka, à une vingtaine de kilomètre de Douentza, plusieurs fois, des paysans ont été attaqués dans leur champ par des individus non identifiés, faisant plusieurs victimes du côté des paysans et des assaillants. Il est fréquent de rencontrer, à tout moment, les paysans qui reviennent des champs plutôt que prévu, à cause des tirs entendus en brousse ou après avoir eu écho d’attaque contre les paysans. Du fait de l’insécurité et de peur de perdre leur vie, certains paysans du Cercle de Douentza ont dû renoncer à la culture de certains de leurs champs. D’autres ont même abandonné les travaux champêtres pour choisir l’aventure, afin de subvenir aux besoins quotidiens de leur famille. AD/MD (AMAP)