Zone de Manantali : La campagne agricole promet
Par Makan SISSOKO Bamako, 10 sept (AMAP) Dans la zone agricole de Manantali (Région de Kayes) dans l’Ouest du Mali, les pluies ont été précoces cette année, contrairement dans certaines localités du pays. La campagne agricole a démarré en retard dans la zone de Manantali, mais cela n’a pas eu de conséquences majeures. C’est en tout cas, le constat fait par le chef de zone de l’Agence de développement rural de la vallée du fleuve Sénégal (ADRS) de Manantali, Boubacar Sidiki Daou. Les paysans opérant dans ce vaste secteur agricole se sont, comme à leur habitude, installés tardivement sur les superficies cultivables. Ils sèment généralement à partir du mois de juillet. «Nous avons reçu deux grandes pluies, en mai et juin, mais elles n’ont pas permis aux producteurs de commencer les cultures fluviales. Nous avons les cultures fluviales, semi-fluviales et irriguées», explique Boubacar Sidiki Daou. « En dépit de ces difficultés, la physionomie de la campagne 2020-2021 est bonne », assure le technicien. Au titre des campagnes agricoles de contre saison et de saison 2020 par exemple, « il est attendu une production totale (toutes cultures confondues) évaluée à 11.994 tonnes pour une surface totale de 4.729,5 ha », précise le chef de zone. Les paysans ont déjà exploité 2.427 ha, soit 66,67% des prévisions. Il ajoute que la part des femmes est estimée à 668 ha, soit 18,35% des prévisions et 27,52 % des superficies déjà cultivées. Des micro-barrages ont été réalisés dans les bas-fonds aménagés, notamment à Kobokoto Dibatoumania, Fadaha, Diallan, dont la superficie couvre près de 700 ha. « Les cultures ont été installées dans ces bas-fonds depuis les premières pluies », indique Boubacar Sidiki Daou. Même constat dans le périmètre de Mahina qui couvre une superficie estimée à environ 880 ha, dont 200 en cours d’exploitation. L’eau qui y coule en permanence, occupe une superficie de 530 ha, dont 110 ha de riz. Les 420 ha restants sont réservés à d’autres cultures à des fins de diversification. «Les travaux de repiquage y sont en cours. Ils continuent jusqu’en septembre. Il en est de même à Manantali», nous explique notre interlocuteur. « Certaines cultures sont au niveau des semi germinations. Le riz est, par exemple, au stade du tallage, alors que le maïs, le mil et le sorgho sont à la montaison. L’arachide et le niébé sont en phase de germination, tandis que les cultures émergentes sont au stade de la floraison et de la fructification », détaille le chef de zone. Quant à la situation phytosanitaire, elle est relativement calme, dans l’ensemble. Un cas d’attaque de chenille légionnaire avait été signalé sur une surface de deux hectares de maïs, dans le Périmètre irrigué villageois (PIV) de Kamankolé, mais il a été traité. « Aucun autre cas de maladie n’a été signalé », précise Boubacar Sidiki Daou. « L’espoir est donc permis et la production escomptée sera atteinte, si les pluies continuent jusqu’en octobre », ajoute-t-il. La réussite de la campagne en cours dépendra de la disponibilité d’engrais de qualité et en quantité suffisante. Déjà, des retards sont constatés dans l’approvisionnement de la zone en engrais subventionné. Pour le technicien, la quantité d’engrains mise à disposition est en deçà des besoins des producteurs. Sur un besoin global exprimé à 185 tonnes, seulement 30 tonnes d’engrais subventionnés sont disponibles pour le moment. « N’ayant pas d’autres choix, les producteurs ont acheté l’engrais sur le marché noir à des prix exorbitants », explique Boubacar Sidiki Daou. La zone, qui dispose huit motoculteurs, est aussi confrontée à des obstacles relatifs au labour des champs, à cause de l’insuffisance de machines. «Nous avons octroyé cinq motoculteurs aux producteurs, les trois autres appartiennent à des particuliers», détaille Boubacar Didiki Daou. Comme conséquence, « l’évolution des cultures irriguées dans les deux grands périmètres est relativement lente », constate le technicien. L’acquisition d’équipements du Centre agro-business dans le cadre du Projet de développement rural intégré de Kita et environs (PDRIK) résoudra, en partie, le problème du sous-équipement des producteurs du périmètre G/H de Mahinading. Interrogé, le président de la Coopérative des exploitants agricoles du périmètre G/H de Mahinadi confirme que le déroulement de la campagne agricole est satisfaisant dans l’ensemble. « Cela, malgré les retards constatés dans l’approvisionnement des paysans en engrais », a insisté Founéké Sissoko. Selon lui, la quantité d’engrais fournie ne couvre pas les besoins mais permettra, en grande partie, d’améliorer les cultures. « Le problème d’équipements agricoles est crucial », souligne Founéké Sissoko. «Les paysans ne sont pas en mesure d’acheter les équipements cette année, parce que l’Etat n’a pas de programme de subventions», indique-t-il. Ces insuffisances ont beaucoup affecté les différentes étapes d’évolution des cultures. Conséquences : les producteurs n’évoluent pas au même rythme. Concernant le riz, par exemple, les paysans, qui ont pris de l’avance en labourant leur champ avec les charrues, sont à un niveau évolutif stable. Par contre, ceux qui ont pris du retard sont encore au stade du repiquage. Quant au maïs, il tend vers l’épiaison. « Le Projet de développement rural intégré de Kita et environs, un partenaire de l’ADRS, a apporté des équipements pour la zone dont la qualité reste douteuse », relève M. Sissoko, avant d’expliquer que deux des cinq motoculteurs mis à la disposition des producteurs n’ont pas fonctionné. Créée en 2011, Manantali est l’une des trois zones d’intervention de l’ADRS, après celles de Kayes et Kita. Elle a été restructurée en 2017. La présence de l’ADRS dans la zone de Manantali vise à contribuer au développement socio-économique des populations rurales par la réalisation des aménagements hydro agricoles et la mise en valeur des terres dans sa zone d’intervention. Pour atteindre cet objectif, la zone de Manantali a pour missions de faciliter l’organisation et le fonctionnement efficient des dispositifs d’approvisionnement en intrants des exploitations agricoles. La zone de Manantali, on le rappelle, est située dans la partie sud du Bassin du fleuve Sénégal, dans la zone d’intervention de l’ADRS. Elle couvre les 13 communes de Bafoulabé, Mahina, Bamafélé, Diokéli, Koundian, Oualia, Tomora, Diallan, Diakon, Kontéla, Sidibéla, Gounfan et Niambia. Ces communes regroupent 218 villages et plus de 200 hameaux. L’ADRS encadre, actuellement, plus de
Le marché de l’arachide : Ce n’est pas « peanuts » !
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 10 septembre (AMAP) Les acteurs qui ont investi le créneau de l’arachide ne le regrettent point. La légumineuse s’écoule comme des petits pains, au grand bonheur des consommateurs et les vendeurs. Cette légumineuse, qui inonde aujourd’hui Bamako, est très prisée des habitants de la capitale malienne. Portant sur la tête des paniers ou de grandes assiettes remplies d’arachides, des vendeuses sont visibles, un peu partout, à travers la Ville des trois caïmans (Emblème de Bamako). Elles vont d’un marché à un autre, d’un quartier à un autre, de services en services, en quête de leur pain quotidien. Certaines tiennent au coin de la rue de petits étals de vente d’arachides fraîches, bouillies, grillées. Attia Dembélé est vendeuse ambulante. Elle fait de bonnes affaires avec une recette journalière estimée à 5.000 Fcfa. La marchande à la sauvette achète, généralement, le sac de 50 kg, entre 6.000 et 6.500 Fcfa, au marché de Ouolofobougou. Souvent, elle achète le sac de 100 kg dont le coût varie entre 10.000 et 12.500 Fcfa pour le revendre en détail. «Je ne me plains pas, car j’arrive à subvenir à mes besoins quotidiens grâce à cette activité commerciale», se réjouit Attia Dembélé. Egalement vendeuse au détail d’arachide, Djénéba Coulibaly dit se frotter les mains. Malgré l’abondance de la marchandise sur le marché de Bamako, elle peut vendre un sac d’arachide, par jour, pour un bénéfice net estimé à 4.000 voire 5.000 Fcfa. Pour elle, il y en a pour toutes les bourses à partir de 50 Fcfa. Comme elle, plusieurs vendeurs ou revendeurs d’arachide s’approvisionnent au marché de Ouolofobougou ou à la gare de Bougouni, communément appelé «Bougouni place». Ces marchés sont par excellence les principaux lieux de ravitaillement des revendeurs. Les ressortissants des pays voisins tels que les Sénégalais viennent s’y approvisionner également. Rencontrée à «Bougouni place», Aminata Coulibaly vient de se ravitailler. Elle spécule : «Cette année, il n’y aura pas de rupture d’arachide, vu le nombre de sacs qui descendent sur le marché, chaque jour, depuis plus d’un mois.» Pour elle, les prix sont raisonnables, le sac de 50 kg est cédé entre 6.000 et 6.500 Fcfa, contre 10.000 à 12.500 Fcfa pour celui de 100 kg. Producteur venu de Sikasso pour vendre une partie de sa production, Adama Koné abonde dans le même sens. Il estime que les Maliens ne peuvent pas consommer la quantité d’arachide que se trouve actuellement sur nos marchés. D’où la nécessité, selon lui, d’exporter une partie du produit pour éviter des pertes. « Surtout que c’est plus bénéfique de vendre aux étrangers », ajoute-t-il, précisant que sa productivité est meilleure cette année comparée à l’année passée. Malgré l’abondance de l’offre, chacun trouve son compte. «J’arrive à vendre plus de 50 sacs d’arachides. « Il y a des sacs de 100 et de 50 kg, vendus respectivement à 15.000 et 7.000 Fcfa», révèle le grossiste Bourama Niambélé, précisant qu’il préfère vendre uniquement aux Sénégalais qui mettent, selon lui, le prix. La transformatrice Assétou Koné profite de cet excès pour faire le plein. «C’est le moment propice pour constituer nos provision», reconnaît-elle. « Car, passé cette opportunité, les prix grimpent », soutient-elle. Les techniques de conservation à long terme utilisées en la matière pour éviter la putréfaction sont le séchage, le grillage, etc. L’arachide est une plante de la famille des légumineuses. Son fruit s’appelle cacahuète ou cacahouète, pois de terre, etc. Cultivée dans certaines zones notamment à Kita, Kayes et Sikasso, l’arachide contribue à la lutte contre l’insécurité alimentaire, participe à l’autonomisation des femmes. Elle rentre dans la consommation alimentaire. A ce titre, de petites unités la transforment en pâte destinée à la préparation de sauce (sauce d’arachides par exemple). La vente de la paille ou des fanes, comme fourrage génère des revenus importants pour les exploitants. «Je peux vendre 20 sacs de 50 kg et 10 sacs de 100 kg d’arachide par jour», confirme Mamadou Diakité, commerçant grossiste. On rappelle que les objectifs de production d’arachide pour la campagne agricole 2019 étaient, selon la 9e session du Conseil supérieur de l’agriculture (CSA), estimés à 548.966 tonnes, contre 516.204 tonnes en 2018 soit une hausse de 6 %. Il était prévu d’emblaver une superficie de 552.481 ha pour atteindre cet objectif. AMK/MD (AMAP)
Campagne agricole 2020-2021 à Gao : En attendant la promesse des récoltes
Abdourhamane TOURE AMAP-Gao Gao, 10 sept (AMAP) « La campagne agricole 2020-2021 démarre bien avec une pluviométrie satisfaisante dans tous les Cercles et Communes de la Région de Gao mais avec un retard accusé dans l’approvisionnement des intra agricoles subventionnés par l’Etat », a dit le directeur régional de l’Agriculture de Gao, Aliou Dicko. Pour lui, cette année, de façon générale, la pluviométrie dans la région de Gao a été plus satisfaisante que l’année passée. « Mais, cette pluviométrie varie d’une zone à une autre à cause de la répartition, qui, dans le temps et l’espace, n’est pas totalement bonne. Certaines zones ont été abondamment arrosées comme le Cercle de Gao qui a reçu 390 mm en 20 jours de pluies et même les deux Cercles de la région (Ansongo et Bourem) ont reçu de fortes précipitations », a révélé M. Dicko. « Dans le cercle de Gao, des plaines de submersion à Tacharane ont été inondées à cause de fortes orages accompagnées des eaux de ruissellements venue de loin. Dans les villages de Hamakouladji et Forgho (dans la Commune de Sonni Aliber) où se trouvent de grandes plaines de submersion contrôlée de 500 ha, les 400 ha ont été inondés par les fortes pluies », a ajouté le technicien. Les champs de riz des Cercles de Gao et Ansongo ont, également, été touchés par les inondations. De façon globale, la campagne agricole de l’année 2020-2021 se porte bien parce que dans la riziculture, tout système confondu, les pertes n’atteignent pas les 5 % », rassure le directeur régional de l’agriculture de Gao. L’état des cultures est variable pour la maitrise totale, certains sont à l’épiaison d’autres à l’étalage. Il y a deux types de submersions (contrôlée et libre) qui, cette année, évoluent ensemble « parce que certains paysans, qui cultivent sur des franges basses ou moyennes, sont à l’étalage et commencent le désherbage et ceux des hautes franges continuent à labourer », explique M. Dicko Dans tout le pays, l’Etat subventionne les intra agricoles mais avec les difficultés liées à l’état de la route et l’insécurité, l’approvisionnement a pris du retard dans la Région de Gao. Cette année, la Région a reçu 70 tonnes de l’urée qui a été utilisée par certains agriculteurs. Avant la dotation subventionnée de l’Etat, des partenaires (le Comité international de la Croix Rouge, Save the Children, la FAO et le DDRG) ont appuyé les agriculteurs « Cette année, nous craignons la forte crue qui a été constatée ces dernières années, surtout que certains continuent à labourer. Mais si les cultivateurs pratiquent le système d’irrigation d’appoint, les cultures pourront échapper à la crue’, dit notre interlocuteur. Même constat chez les cultivateurs. Abdramane Wazadi, la soixantaine, désherbe son champ d’un hectare et demi à Bagoundié (Darijoundié). Il dit que cette année, le cercle de Gao a reçu une quantité suffisante de pluies voire exceptionnelle. Aussi loin qu’il remonte dans sa mémoire, il n’a pas souvenance d’une telle pluviométrie dans le cercle de Gao. « Cette année, l’état des cultures nous donne l’espoir que les récoltes seront bonnes parce que nous craignons aussi les poissons et la forte crue », dit-il. Il estime qu’avec une bonne récolte, sur un hectare et demi il obtenir 200 sacs de riz paddy. Son voisin, à une trentaine de minutes de marche, Mohomoudou Tchiébouri dont l’exploitation champ couvre deux hectares, à Bagoundié II, est aussi en train de désherber. « Cette année, le Cercle de Gao a enregistré une pluviométrie abondante qui se répétait et moi, du haut de mes 68 années, je peux dire qu’il y a 18 ans que Gao n’a pas reçu d’aussi fortes pluies », dit-il. « Les autres années, sur les deux hectares, je peux avoir dix à vingt sacs de riz paddy. Mais avec la pluviométrie de cette année, j’ai l’espoir de gagner plus », a ajouté le vétéran. Mme Maiga Mariam Maiga, une veuve, que nous avons rencontrée, est dans le champ que ses enfants ont hérité de leur père et qui trouve vers l’ancienne route de Gao. Elle désherbe la parcelle champ, l’eau jusqu’à la hanche. « Ce travail, elle s’y connaît’, dit-elle. Elle désherbe les champs de ses enfants et d’autres cultivateurs et. à la fin des récoltes, elle gagne un sac de paddy jugée comme le prix de l’effort d’une personne. AT/MD (AMAP)
Cultivateurs et revendeuses de maïs frais : La bonne affaire saisonnière
Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 9 sept (AMAP) La pluie du lundi dernier a bien arrosé Kalaban Coura et plusieurs autres quartiers du district de Bamako, la capitale malienne. Un vent matinal rafraichit les usagers de la route menant à l’Aéroport international président Modibo Keita-Sénou. Malgré la fraîcheur, des femmes reviennent des champs de maïs dans la zone aéroportuaire. Du Parc des expositions jusqu’au-delà de la direction de la Météo, il y a des champs de maïs à perte de vue. Certaines, portant sur la tête des sacs de 50 kg contenant des épis de maïs frais, semblaient à bout de souffle. D’autres, avec leur bébé au dos, portaient aussi sur la tête de vieux draps remplis de maïs. Les moins téméraires sont assises sur des sacs de maïs, en attendant l’arrivée des conducteurs de tricycles pour les transporter. Mah Diarra, se décharge de son fardeau, arrivée à quelques mètres de «la porte d’entrée de Bamako», en venant de l’aéroport. «Mon chemin s’arrête ici. Les autres continuent. Certaines viennent de Kalabancoro, de Dialacorobougou, de Diélibougou. D’autres habitent Kalaban Coura. Nous revenons des champs de maïs situés juste derrière. Tu vois les pieds de maïs ? C’est là que nous nous ravitaillons, chaque jour, en maïs pour ensuite les revendre au détail. Je fais des affaires au bord de cette route», explique la vendeuse sur un ton courtois. Sans hésiter, elle se propose de nous conduire au champ de maïs et couvre sa marchandise avec un vieux pagne. Nous empruntons une voie boueuse. Le véhicule patine. Comme pour détendre l’atmosphère et nous mettre à l’aise, Mah explique qu’elle fréquente quotidiennement ce chemin depuis le début de la récolte de maïs. «Très tôt le matin, nous nous regroupons pour aller nous ravitailler», ajoute-t-elle. Le temps passe vite. Nous voilà dans le champ de Abdou Kadr Coulibaly. Le cultivateur émerge d’une touffe de pieds de maïs et nous accueille cordialement. « Il fait partie des propriétaires de champs de maïs les plus heureux en cette période. Son champ ne désemplit pas de clientes », commente un jeune homme. Abdou Kadr Coulibaly confirme. « Je suis cultivateur. Cela fait plus de 10 ans que je cultive le maïs. Les femmes sont mes clientes. Quand le produit arrive à maturité, je les reçois tous les jours », ajoute le paysan. En effet, les revendeuses de maïs viennent ici depuis 7 heures du matin. L’affluence peut continuer jusqu’à 10 heures. Dans l’exploitation de Abdou Kadr Coulibaly, la moisson a débuté une semaine après la fête de Tabaski. « Je laisse aux femmes le soin de récolter le maïs, ensuite nous faisons le décompte», explique l’exploitant. Sur une superficie d’environ un hectare, il peut vendre entre 50.000 et 100. 000 Fcfa par jour jusqu’à la fin de la récolte. Le champ de mais de Zoumana Mariko est voisin de celui de Coulibaly. « Il sera là dans peu de temps. Comme l’état de la route est mauvais, il transporte les sacs de maïs de ses clientes sur sa moto pour les déposer au bord de la route. Ils sont ensuite acheminés à destination à bord des motos tricycles», explique une dame, rencontrée sur les lieux. Quelques minutes plus tard, Mariko revient nous rejoindre. Cette année, il dit avoir cultivé deux hectares qui lui rapportent entre 150.000 et 200.000 Fcfa par jour. Celui qui exerce ce travail depuis sept ans se plaint de problèmes d’équipements agricoles et d’espace cultivable. ÉTUDIANTE VENDEUSE – A peine nous terminons les échanges avec Mariko, Fanta Diallo sort du champ. La frêle dame tire un sac de maïs de 50 kg fraichement cueillis. Etudiante à la Faculté des sciences économiques et de gestion de Bamako, elle vend du maïs au quartier Bacodjicoroni-Golf. Profitant de l’arrêt des cours, il se fait un peu d’argent. «Il faut transpirer pour avoir de l’argent», estime la jeune dame. Pour ce faire, elle se réveille tôt le matin, chaque jour, pour faire ses travaux ménagers, avant de mettre le cap sur les champs de maïs. Grâce au revenu tiré de cette activité, elle complète l’argent de la popote. «En plus, j’arrive à subvenir à mes petits besoins. J’achète entre 6.000 à 7.500 Fcfa de maïs par jour pour un bénéfice journalier variant entre 3.500 et 4.000 Fcfa. En effet, je grille le maïs pour le vendre à 100 Fcfa. Je propose aussi aux clients des maïs frais à 500 Fcfa par tas», ajoute la jeune mère. Après un temps de respiration, elle charge la marchandise sur sa moto. Direction le quartier Golf où l’attendent des clients. Pendant ce temps, Mariam Samaké attache solidement son sac de maïs frais à l’aide d’une corde. Elle vient de récolter une importante quantité pour un montant estimé à 15.000 Fcfa. Mariko a déjà déposé un sac au bord de la route principale. «Je viens de Kalaban coro. Ce commerce m’aide à joindre les deux bouts. Mon mari travaille. J’essaie de l’aider dans ses dépenses, en menant cette activité», explique-t-elle, soulignant qu’elle peut faire un bénéfice journalier de 5.000 Fcfa ou plus. Ainsi qu’elles revendent du maïs frais ou grillé, en cette saison, ces braves dames tirent leur épingle du jeu. Les propriétaires de champs, chez qui elles s’approvisionnent, se frottent, également, les mains PRODUCTION INTERIEURE – Les champs situés sur la route de l’aéroport ne sont pas les seuls fournisseurs de Bamako en maïs frais. A Missala comme à Gouana, plusieurs propriétaires de champs se frottent les mains en cette période. Sur la route appelée «Pont de Moussa Mara», il n’est pas rare de rencontrer des charretiers chargés de maïs frais en direction de Kalaban et autres quartiers de Bamako. Mariam et Fatoumata suivent une charrette en marchant. «Nous revenons de notre champ. Nous vendons la moitié du chargement en cours de route. Les gens aiment le maïs fraichement cueilli », indique Fatoumata. « Ces propriétaires de champs ne peuvent pas servir tout Bamako », analyse Mariama Sidibé, vendeuse de maïs frais à Ouolofobougou. «Bamako est également servi par Bougouni. Chaque matin, des véhicules déchargent
Campagne agricole 2020-2021 à Tominian : Démarrage difficile
Tominian, 8 sept (AMAP) La campagne agricole 2020-2021, dans le Cercle de Tominian, a connu un démarrage difficile marqué par l’installation tardive de la saison hivernale, la mauvaise répartition et l’irrégularité des pluies conduisant à un début des opérations de semis seulement dans la 2ème décade du mois de juin, selon le chef secteur de l’Agriculture de Tominian, Cheick Oumar Togo. “Compte tenue de l’irrégularité et de la mauvaise répartition des pluies, les objectifs d’emblavure ne sont pas très satisfaisants. Les entretiens des champs sont en cours”, a ajouté M. Togo. Indiquant l’état végétatif des cultures, il a note que “le mil, le riz sont au stade du tallage, le sorgho, le maïs au stade de montaison, le fonio et le niébé au stade de la ramification et l’arachide au stade de la floraison”. La campagne se déroule normalement selon le chef secteur de l’Agriculture, l’état végétatif des cultures est satisfaisant dans l’ensemble, les pluies sont régulières et l’humidité satisfaisante. Les hauteurs de pluies enregistrées au cours de la décade du 21 au 31 août 2020 sont supérieures à la celles enregistrées au cours de la décade du 21 au 31 août 2019, au niveau de tous les postes pluviométriques, exceptés Fangasso et Timissa. L’état de la végétation indique que le tapis herbacé est dominant, l’on constate la régénération de la ligneux fourragère, la forêt est dense et l’état des arbres est satisfaisant. Le secteur de l’Agriculture de Tominian rencontre des difficultés, notamment l’insuffisance numérique du personnel d’encadrement, de moyens logistiques et de fonctionnement. Il faut signaler que c’est seulement maintenant que l’engrais subventionné est disponible et est en train d’être acheminé dans les différents arrondissements. ST/MD (AMAP)
Bankass : Une saison des pluies prometteuse (services techniques)
Bankass, 8 sept (AMAP) La campagne agricole 2020-2021 a démarré dans les conditions caractérisées par une accessibilité et une disponibilité des produits alimentaires sur les marchés locaux , de la main d’œuvre agricole quoique insuffisante, par endroits, compte tenu de la situation sécuritaire », a déclaré le chef secteur d’agriculture, Allaye Guindo. La situation pluviométrique est « assez favorable dans toutes les communes, une situation phytosanitaire relativement calme », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter qu’ « il faudra signaler le retrait des différents projets et programme à cause de l’insécurité, (qui) a laissé un vide, en termes d’appui des intra et de renforcement des capacités des producteurs pour la mise en place de cette campagne ». Selon la même source, un retard a été pris pour la délivrance des autorisations d’achat pour les engrais subventionnés dont le quota est très insuffisant. Malgré l’insécurité, le déplacement des producteurs vers les grandes villes, les superficies emblavées sont 5.750 ha pour le riz, 300 ha pour le maïs, 2.950 ha pour le sorgho, 146.250 ha pour le mil, 2.000 ha pour le fonio, 6.000 ha pour l’arachide et 3.200 ha pour le voandzou. La superficie totale emblavée est de 180.355 ha, toute spéculation comprise pour les cultures sèches et légumineuses. En générale, les conditions hydrométéorologiques sont meilleures à celle de l’année dernière, dans toutes les communes. Pour ce mois de septembre, les cultures sont favorables et en début épiaison. AKG/MD (AMAP)
De fortes pluies attendues du 31 août au 06 septembre (Météo)
Bamako, 2 sept (AMAP) Des quantités importantes de pluies sont attendues, localement, dans toutes les régions du Mali et ainsi que dans le le District de Bamako, la capitale, durant la semaine du 31 août au 06 septembre 2020, a annoncé la cellule communication du ministère des Transports et de la Mobilité urbaine/Agence Mali-Météo. La répartition des pluies au cours de la semaine se fera comme suite : lundi, il est prévu des pluies dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Ménaka, Kidal, Tombouctou, Taoudenit et le District de Bamako. Mardi : les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Taoudenit, et le District de Bamako. Par contre, des pluies sont prévues mercredi, uniquement, dans les régions de Kayes, Sikasso et Kidal. Les Régions de Koulikoro, Gao, Ménaka, Kidal et le District de Bamako doivent s’attendre à des pluies le jeudi. Quant au vendredi, il est annoncé des pluies dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Ménaka, Kidal, Tombouctou, Taoudenit et le District de Bamako. Les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou et le District de Bamako seront arrosées le samedi. Enfin, il doit pleuvoir, le dimanche, dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Ménaka et le District de Bamako. Selon les mêmes prévisions, la période sera caractérisée par un ciel nuageux à couvert localement et un vent dominant de composante sud-ouest dans toutes les régions du pays. Les températures maximales seront comprises entre 24°c et 45°c avec les maximales dans la Région de Taoudenit. Les minimales seront situées entre 17°c et 34°c avec la plus forte moyenne dans les Régions de Kayes et de Koulikoro. OD/MD (AMAP)
Office du Niger : Évaluation de la campagne agricole
Par Mamadou SY AMAP-Ségou Ségou, 31 août (AMAP) Les objectifs de la campagne 2020-2021, issus du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, sont de 896.935 tonnes de riz paddy, 392.423 tonnes de produits maraîchers et 81.796 tonnes de produits de diversification, a appris l’AMAP, lors de la 3è session ordinaire du Comité de suivi du contrat-plan, tenue, vendredi, à Ségou (Centre) Au cours de cette session, les membres du comité de suivi du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, ont examiné et adopté le procès-verbal de la 2è session, fait le point d’exécution des recommandations issues de la précédente session et les réalisations faites par les parties durant le 1er semestre 2020, à travers l’examen du rapport de suivi de l’exécution des engagements du contrat-plan 2019-2020. A l’ouverture des travaux, le président directeur général de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, a rappelé que la campagne agricole 2019-2020 s’est déroulée dans des conditions satisfaisantes quant à la fourniture de l’eau aux exploitants agricoles, pendant la saison d’hivernage. « Cependant, a-t-il poursuivi, force est de noter que certaines difficultés majeures ont été rencontrées dans le déroulement normal de ladite campagne ». Abdel Karim Konaté a, entre autres, cité l’insécurité persistante dans les zones d’intervention occasionnant l’arrêt momentané des chantiers, la non mise à disposition des engrais subventionnés, le sous-équipement et l’insuffisance de la main d’œuvre engendrant un léger retard dans la mise en valeur, l’envahissement de certains réseaux par les végétaux flottants et les actes de vandalisme sur les réseaux d’irrigation par certains exploitants. « Malgré toutes ces difficultés, la production végétale de cette campagne affiche des résultats positifs », a assuré le PDG de l’Office du Niger. « En riziculture, a-t-il indiqué, sur une prévision de 873.773, 73 tonnes de riz paddy, 808.102, 49 tonnes ont été obtenues, soit une réalisation de 92, 48% des prévisions de la campagne ». En maraîchage, pour toutes spéculations confondues, 325.386 tonnes ont été produites et 72.854 tonnes en diversification de cultures, pour toutes spéculations confondues. S’exprimant sur la campagne agricole 2020-2021, M. Konaté a indiqué qu’elle a démarré dans un contexte marqué par une intensification des travaux d’entretien permettant ainsi une fourniture correcte de l’eau d’irrigation aux exploitants agricoles. Il a souligné la pertinence de la mise en œuvre de ce contrat-plan quinquennal qui va permettre de renforcer la contribution de l’Office du Niger à l’atteinte de la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté par une croissance économique accrue. Le PDG de l’Office du Niger a, également, précisé que l’atteinte des différents objectifs assignés dans le contrat-plan 2019-2023 dépendra de l’engagement des différents parties signataires dans sa mise en œuvre, la réalisation des aménagements et les réhabilitations prévues, la facilité d’accès aux exploitants agricoles aux moyens de production. S’y ajoutent le respect du calendrier agricole et l’application des techniques améliorées de production. Pour le président du comité de suivi du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, , Joël Togo, conseiller technique au ministère de l’Économie et des Finances, les sessions constituent des moments privilégiés d’échanges entre les parties pour évaluer le niveau de mise en œuvre des engagements pris en faveur du développement de la zone Office du Niger. «A la lecture du dossier soumis à notre appréciation, nous avons noté que le semestre évalué a été essentiellement marqué par les faits suivants : la mobilisation de la dotation budgétaire de l’État a été de 1, 976 milliard de Fcfa sur un montant de 4,750 milliards de Fcfa, soit un taux de 41, 60%. Au 30 juin 2020, le montant recouvré était de 6.441.597.876 de Fcfa, soit un taux de 92,19%. En prenant les paiements des sociétés sucrières, le montant global recouvré a été de 6.672.585.876 Fcfa», a détaillé M. Joël Togo. Pour ce qui est de la réhabilitation, il a indiqué que les procédures de passation du marché des travaux sont en cours, Ce qui conduira à la réhabilitation de 700 ha dans la zone de Kolongo. Le conseiller technique du ministère de l’Economie et des Finances a souligné que les travaux de cadastrage des parcelles aménagées sont en cours sur 3.900 ha de Molodo Nord. «Pour l’immatriculation des terres, le processus est en cours pour le choix d’un prestataire pour la réalisation des travaux d’immatriculation de 18.907 ha dans le système du Macina, 21.000 ha dans le système du Kareri et 6.438 ha dans le système du Kala supérieur soit un total de 46.345 ha», a annoncé le président du comité, avant d’adresser ses vifs remerciements à tous les acteurs qui œuvrent pour le développement harmonieux de la zone Office du Niger. MS/MD (AMAP)
Embargo de la CEDEAO sur le Mali : Quels impacts sur l’économie ?
Par Cheick M. TRAORE Bamako, 25 août (AMAP) La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé, mardi 18 août, de la fermeture de toutes les frontières terrestres, aériennes et maritimes de ses pays membres avec le Mali. L’organisation sous régionale a, également, suspendu toutes les relations économiques, financières et commerciales avec le Mali. Cela, pour exiger la libération immédiate de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta et de son Premier ministre et le retour à l’ordre constitutionnel. En application de cette décision, le gouvernement ivoirien a instruit la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec le Mali, à compter du mardi 18 août, jusqu’à nouvel ordre. Ces décisions des autorités ivoiriennes ne sont pas sans conséquences sur notre économie et nos populations qui souffrent le martyre à cause des crises qui nous accablent. «Si l’embargo de la CEDEAO perdurait, amplifié par d’éventuelles sanctions de la communauté internationale, ce sera dramatique pour un pays enclavé comme le Mali», prévient l’économiste et spécialiste en analyse stratégique, Cheickna Bounajim Cissé. Pour cause, 90% des produits manufacturés qui sont consommés au Mali sont importés, argumente l’économiste. En la matière, le corridor ivoirien est stratégique puisque prépondérant. La Côte d’Ivoire représente près de 40% du PIB de l’UEMOA, ajoute le conseiller du directeur général de la Banque internationale pour le Mali (BIM SA). ALLEGEMENT DES MESURES –« Les conséquences induites par la suspension des flux financiers pourraient être catastrophiques pour une économie malienne faible et extravertie », analyse l’expert. Pour lui, le système financier local risque de prendre un grand coup qui pourrait lui être «très préjudiciable». Aussi, les transferts des Maliens de l’extérieur vers leur pays pourront ralentir considérablement même si, de façon transitoire, le «marché noir» pourrait prendre le relais avec tous les risques y afférents, selon notre interlocuteur. Pour lui, la question essentielle est de savoir combien de temps notre pays pourrait tenir l’embargo. «Et même après sa levée, les plaies économiques et financières mettront du temps à cicatriser. On a vu après les événements de 2012, l’économie malienne est tombée en récession et huit ans après elle n’avait toujours pas redémarré», rappelle Cheickna Bounajim Cissé. Heureusement, le sommet des chefs d’Etat, par visioconférence, jeudi dernidr, a soustrait du champ de l’embargo les denrées de première nécessité, le carburant, l’électricité, les médicaments. Des produits dont la pénurie impacterait directement la vie des populations. En plaidant pour l’allègement des mesures de sanction pour cause «humanitaire», le président sénégalais, Macky Sall, semble avoir pris la mesure des enjeux socioéconomiques et commerciaux pour son pays et pour les autres Etats membres de la CEDEAO frontaliers du Mali. Surtout dans un contexte marqué par la crise sanitaire qui a déjà plombé nos économies. 45% DES EXPORTATIONS– Le journal sénégalais, ‘Le Soleil’, souligne en effet que le Mali est, de part sa position stratégique, incontournable «dans l’expédition des marchandises sénégalaises au sein de l’espace de l’Uemoa». Les exportations du Sénégal vers l’Union sont estimées à 38,6 milliards de Fcfa au mois de juin 2020, contre 30,9 milliards de Fcfa au mois de mai, soit une hausse de 7,7 milliards, selon la dernière note de conjoncture de la Direction sénégalaise de la prévision et des études économiques. Elles ont représenté 24,7 % de la valeur totale des exportations de marchandises du Sénégal durant le mois de juin 2020. «La part des produits acheminés vers le Mali, principale destination des exportations du Sénégal dans l’Union, est passée de 48,0% à 45,7% sur la période», soulignent nos confrères. Qui ajoutent que le ciment reste le principal produit exporté vers le Mali avec une part évaluée à 28,6% en juin 2020, contre 29,1% le mois précédent. A analyser de très près, l’impact est presque similaire sur la Côte d’Ivoire, également partenaire de premier plan du Mali en matière d’échange économique et commercial. Le port d’Abidjan tente, sans succès, de recouvrer sa place de premier associé des opérateurs économiques. Place qu’il a perdue au profit de celui de Dakar, suite à la crise ivoirienne. Donc, ces mesures gripperont toute la chaîne de fourniture, de commerce et d’industrie du corridor Abidjan-Bamako. En conséquence, le prix du kg de la viande risque de prendre l’ascenseur dans nos pays voisins. Le Mali étant leur principal fournisseur en bétail. Le Syndicat des vendeurs de bétail a demandé à ses militants de respecter scrupuleusement la décision relative à la fermeture des frontières. Les sanctions économiques annoncées par l’organisation intergouvernementale sont donc à double tranchant. Elles affecteront aussi nos voisins avec les liens commerciaux sont très étroits SONNETTE D’ALARME– D’autres analyses estiment que l’impact serait dérisoire pour le Mali. Par contre, en fermant ses frontières, la CEDEAO fait du mal à ses Etats membres qui partagent des frontières avec notre pays, précisent ces experts. Pour ceux-ci, le Mali est déjà immunisé contre les embargos. Cela, grâce de sa situation géographique stratégique et l’adaptation progressive de son économie à ces situations exceptionnelles. Ils citent en exemple le fait que toutes les marchandises qui viennent de la Chine, du Golf, passent par le Mali pour approvisionner ces pays. Les opérateurs économiques maliens ont privilégié, dans leurs relations économiques et commerciales, la Chine, les pays du Golf, l’Inde, le Pakistan, etc. Notre pays peut, à les en croire, se faire facilement ravitailler par ces pays à partir de l’Algérie, frontalière du Maroc, de la Tunisie et de la Libye… Un constat aussi évident que des villages situés le long de la frontière entre le Mali et le Niger ont déjà commencé à tirer la sonnette d’alarme. Pour cause de pénurie de denrées de premières nécessités fournies à eux par le Mali. Qu’à cela ne tiennent ! Les nouvelles autorités qui mesurent certainement la gravité de la situation, prendront sûrement les contacts utiles pour demander à l’organisation intergouvernementale de desserrer rapidement l’étau des sanctions pour le bien de toute la communauté ouest-africaine. Les dernières discussions entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et la mission de la CEDEAO vont dans le bon sens, assurent les deux parties. CMT/MD
Sikasso : Une campagne agricole prometteuse pour 2020 (Les techniciens)
Par Fousseyni DIABATE Sikasso, 13 août (AMAP)Dans la région de Sikasso (Sud), la campagne agricole 2020 s’est installée, progressivement, à la faveur des activités pluviaux-orageuses sur l’étendue de la 3e Région, même si elle a connu des perturbations ayant occasionné des semis tardifs du mil, sorgho, des tubercules, de l’arachide, du gingembre, du sésame et de certaines cultures maraîchères. Le directeur régional de l’Agriculture de Sikasso, Mory Sylla, et son personnel, estiment que la campagne agricole 2020 démarre dans des conditions climatiques assez favorables avec l’installation régulière des pluies de fin mai à la première décade du mois d’août. « Si cette condition pluviométrique se poursuit normalement », les techniciens de Sikasso sont optimistes quant à la réussite de la campagne agricole 2020. Les opérations d’entretien en cours sont entre autres la fertilisation minérale, le désherbage manuel et chimique et le contrôle des déprédateurs sur les cultures. « Concernant les activités pluvieuses pendant la décade du 1er au 10 août, nous confie Mr Moussa Dembélé, le chef de bureau statistique suivi et évaluation de la direction régionale de l’agriculture, il a été constaté qu’à cette date, les pluviométries cumulées dans certains chefs-lieux de Cercles de la Région sont supérieures à celles de la campagne écoulée ». Ainsi à Sikasso avec 636,7 mm contre 422,6 mm d’eau et Yorosso avec 460 mm contre 340 mm l’année dernière. Par contre les pluviométries cumulées sont inférieures à celle de la campagne écoulée à Kadiolo, avec 577 mm contre 618 mm et à Koutiala 430 mm contre 452 mm. Concernant l’évolution des emblavures en céréales sèches, les réalisations sont inférieures à celles de l’année dernière, à la même période, soient 1.003.682 ha contre 1.323.872 ha pendant la campagne écoulée. Les réalisations de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) en céréales sèches, à la date du 31 juillet, sont de 512.766 ha. Selon les responsables de la direction de l’agriculture, l’augmentation des réalisations de fonio a été constatée mais se justifie par l’appui de certains partenaires sur cette filière. L’évolution des emblavures en riz est satisfaisante selon les techniciens. Les réalisations en riz, en cette période, sont supérieures à celles de la campagne écoulée, soient 99.352 ha contre 59 154 ha à cause de la régularité et l’abondance des pluies, en début juin, sur l’étendue de la région. Quant à l’évolution des emblavures de coton, elles sont nettement inférieures à celles de l’année dernière avec un taux de réalisation de 28,65 % contre 99,09 % pendant la campagne écoulée. Le recensement des producteurs devant bénéficier par structures et par culture d’engrais subventionnés est terminé. Mais les activités de délivrance des bons pour les intrants agricoles subventionnés de cette campagne ont démarré avec un grand retard dû à la réticence des fournisseurs dans la livraison des engrais. « Ils exigent que le passif soit épongé », selon le responsable du suivi évaluation. Les cultures sont au stade de levée-montaison pour le mil, sorgho et maïs ; tallage-montaison pour le riz pluvial et le riz de bas-fond ainsi que le riz de submersion contrôlée. L’arachide et le niébé sont au stade de ramification- floraison. Selon le service de la protection des végétaux, la situation phytosanitaire est faiblement dominée par les infestations des cultures de maïs par la Chenille légionnaire d’automne (CLA). Au total 655 ha ont été prospectés par les services techniques sur lesquels les infestations ont concernés 266 ha et 96 ha ont été traités avec les méthodes alternatives de lutte et aux pesticides RAPAX. FD/MD (AMAP)

