Campagne agricole 2020 : La Région de Koulikoro attend impatiemment l’engrais subventionné
Par Amadou MAÏGA Koulikoro, 10 août (AMAP) Dans la Région de Koulikoro, beaucoup de cultures sont à la levée mais le maïs est à la montaison et se trouve à l’état où il besoin de fertilisation. « Cette spéculation a ce besoin, à un moment précis, sinon le paysan le sentira sur son rendement », s’inquiète le chef secteur agriculture, Fouceni Koné. Selon M. Koné, le visage de la campagne agricole 2020 n’est pas différent de celui de 2019 dans le cercle de Koulikoro. « La seule différence entre les deux campagnes, signale le chef de secteur agriculture de Koulikoro, c’est le retard des activités de la fertilisation ». « En 2019, les champs avaient été fertilisés et présentaient un meilleur aspect par rapport à 2020 », soutient le technicien. Certains paysans, interrogés dans la Commune de Dinandougou et dans un village de la Commune de Baguineda, dans le Cercle de Kati, proche de Koulikoro, partagent les mêmes préoccupations. De l’avis de Sidiki Coulibali, du village de Gossi, dans la Commune de Dinandougou, le démarrage des travaux champêtres a été difficile avec l’irrégularité des pluies, mais, à présent, il pleut et nous avons fini avec les semis de maïs et de mil. L’heure est au désherbage. « Notre seule préoccupation demeure la non disponibilité des engrais subventionnés », dit M. Coulibaly. Un souci que partage Daouda Traoré de Baguineda. Pour ce dernier les semis sont en cours dans sa localité et il y a insuffisance de pluies. « Pour augmenter les rendements de maïs, on a créé des associations et coopératives pour encourager les paysans à cultiver cette spéculation grâce à la subvention d’engrais, malheureusement, jusqu’à cette première décade d’août, les engrais subventionnés ne sont pas encore disponibles. Or, les premiers semis de maïs sont à la peine faute d’engrais », regrette Youssouf Diarra, représentant de l’inter profession maïs à Koulikoro. « Si le problème n’est pas résolu à temps, cela risque de compromettre la campagne car les rendements en maïs vont fortement chuter », s’alarme M. Diarra avant de solliciter l’appui urgent de l’Etat pour résoudre rapidement ce problème d’engrais subventionnés. Le visage des campagnes agricoles 2019 et 2020 n’est pas différent de celui de 2019 dans le cercle de Koulikoro et « le niveau des emblavures est semblable à la même période », a expliqué le chef secteur agriculture de la localité. « Mais le constat majeur, c’est le retard dans le démarrage de la campagne agricole, ces dix dernières années, dû en grande partie aux effets des changements climatiques », a-t-il souligné. Selon M. Koné, l’irrégularité des pluies et leur répartition dans l’espace sont des aléas qui retardent la campagne. « Cette situation fait que nous conseillons aux paysans d’utiliser les variétés précoces. Parmi celles-ci, des variétés qu’on sème en juillet réussissent à 99% », assure Fouceni Koné qui fait remarquer que l’évolution des pluies est normale. Ce qui permet d’espérer une bonne campagne. BONNE PLUVIOMETRIE – Les quantités de pluies recueillies du 1er mai au 31 juillet 2020, aux différents postes pluviométriques, sont généralement supérieures à celles de l’année dernière, à la même période. A Koulikoro, par exemple, au 31 juillet 2020, 331,5 mm de pluies ont été enregistrés en 28 jours contre 298,6, en 24 jours, à la même date en 2019, 495 mm en 23 jours à Sirakorola, en 2020, contre 322mm en 19 jours en 2019, à Dinandougou 394 mm en 21 jours contre 306 mm en 17 jours. Cependant, les niveaux ont été inférieurs à Koula avec 201 mm, en 21 jours, en 2020 contre 298 mm en 16 jours en 2019, à Nyamina, 322 mm en 26 jours en 2020 contre 327,5 mm en 22 jours en 2019, à Tienfala 313 mm en 24 jours en 2020 contre 344 mm en 20 jours en 2019. En termes de réalisations d’emblavures, à la date du 31 juillet, 28.854 ha de mil ont été réalisés sur une prévision de 35.000 ha, 29.571 ha de sorgho sur une prévision de 31.187 ha, 18.592 ha de maïs sur une prévision de 24.150 ha, 3019 ha de riz pluvial sur une prévision de 35.000 ha, en riz bas fond 3.447 ha ont été réalisés sur une prévision de 35.000 ha. AM/MD (AMAP)
La campagne agricole à Diéma : d’un bon pied
Par Ouka BA Diéma, 09 août (AMAP) La campagne agricole 2020-2021 a bien démarré dans le Cercle de Diéma où, cette année, elle est survenue un peu tôt. Les premières pluies ont été enregistrées vers mi-juin. Ici en terre du Kaarta, l’hivernage commence véritablement à partir du 15 juillet. A la date du 6 août 2020, la quantité de pluie recueillie est de 341,2 mm en 19 jours, contre 196,8 mm en 18 jours, l’année dernière, à la même période. Les pluies sont équitablement réparties dans le temps et dans l’espace. Le stade phénoménologique des cultures se présente comme suit : le mil est en début tallage, début montaison pour le sorgho et le maïs, l’arachide au stade de ramification ou début floraison, le woandzou et le niébé sont au stade ramification. L’évolution des cultures est satisfaisante dans l’ensemble. Toutefois, il faut signaler des dégâts légers constatés sur certaines spéculations, mil, sorgho et maïs, causés par des déprédateurs, oiseaux granivores, sautériaux et chenilles. On assiste au remplissage progressif des cours d’eau et des mares, facilitant ainsi l’abreuvement quotidien des animaux. Les pâturages sont abondants. Les animaux ont retrouvé leur embonpoint. Les mouvements du cheptel sont réguliers, ils s’effectuent du sud vers le nord. Les marchés à bétail sont bien approvisionnés. Après la fête de tabaski, les prix des animaux ont chuté. Ce producteur et planteur de Dioumara-Koussata, en quête de carte d’identité, rapporte que dans plusieurs parties de son champ de mil, qui renferment suffisamment de fumier, les tiges ont follement poussé, et peuvent dépasser la taille d’un chien. Il était obligé de ressemer le mil, car tous ses semis ont été dévorés par une espèce d’oiseaux, à long bec, appelé n’tolé. Il n’a pas voulu cultiver de la pastèque à cause du faible rendement l’année dernière de cette culture de rente. « Aujourd’hui, je devais semer du niébé, explique-t-il, mais j’étais obligé de venir à Diéma pour une commission ». Il dispose d’un hectare et demi de plantation d’eucalyptus et de manguiers, « mais malheureusement, regrette l’homme en pinçant les lèvres, ces derniers sont tous morts à cause des termites blanches qui se sont attaquées à leurs racines ». Il affirme être en rupture d’engrain. Il a partagé avec quelques voisins le seul sac qu’il conservait. Quant à la question de savoir si la campagne réussira, notre interlocuteur demeure optimiste, mais il émet des réserves. « Il faut, déclare-t-il, avec insistance, que les pluies continuent de tomber jusqu’à la fin du mois d’octobre ». « Ainsi, mes frères et moi, nous allions remplir nos greniers », dit-il en démarrant sa moto. Bakary Dia, est notable à Nianka, Commune rurale de Diéoura. L’une des techniques culturales de ce producteur consiste à semer tôt dans la terre sèche, avant même les premières pluies, appelées pluies des manques, qui sont supposées « laver les mangues » avant de les consommer. « Quand on a près de quarante bouches à nourrir, déclare-t-il, on n’a pas le droit de badiner avec la terre. Il faut travailler afin de ne pas vivre au crochet des autres », déclare-t-il. Quand l’hivernage arrive, il abandonne ses activités comme marabout, pour prendre la direction du champ, accompagné de ses enfants. Il apprécie la fertilité des sols constitués, en grande partie, d’argile. Le seul problème de ce genre de terre, c’est que s’il pleut, il faut la laisser assécher un peu, deux à trois jours, avant de semer ou désherber. « Nous, on ne connaît pas d’engrain. Rares sont ceux qui en utilisent dans leur champ, à cause de la bonne qualité des terres’, explique-t-il. Il estime sa production annuelle à plusieurs centaines de ’moudes’ de céréales (un moude est l’équivalent de 3 kg). Ce producteur agricole natif de Diéma a été désigné en 2005, ‘Paysan pilote’. Il a reçu, à l’époque, des mains de l’ex premier Ministre Issoufi Maiga, en visite dans la localité, un tracteur, sur cale actuellement. Mahamadou Koita, marié et père d’une nombreuse famille, dispose d’un champ d’une dimension de 8 hectares. Ses cultures semblent un peu en retard, la taille de son mil pouvant cacher seulement un poulet. Le seul conseil que retient cet homme, qui ambitionne d’apporter sa « modeste contribution au développement du secteur rural », c’est de suivre correctement le calendrier agricole. BONS PRESAGES – Sékou Sissako, notable à Diéma, se fie aux signes précurseurs pour se décider. Cette année, en début d’hivernage, un vent poussiéreux et opaque réduisant la visibilité, a soufflé du sud, du côté de Kita (Ouest). « Indiscutablement, poursuit l’homme, la campagne sera excellente, mais s’il (Ndlr, le vent) était venu du nord, vers Nioro, ce serait catastrophique : la disette allait s’installer. L’un des signes sur lequel il fait ses calculs, pour dire que l’hivernage sera propice, est un groupuscule d’étoiles entassées dans le ciel, qui apparait à l’est, à partir du 7ème mois. On les appelle ‘Gnougougnougou’. Il existe d’autres bons présages. Par exemple, si au cours du 6ème mois, la première pluie tombe, les propriétaires de maisons en banco, commencent la réparation de leurs abris, en utilisant parfois les flaques d’eau. Daouda Sacko, un jeune originaire de Tinkaré, situé à 5 km de Diéma, soutient que la campagne a réussi. Mais il craint surtout l’apparition des déprédateurs qui causent d’importants dégâts aux cultures. Le petit champ d’arachide de Diatou, situé sur le versant de l’affluent d’une mare, est immergé en ce moment. La dame attend le retrait des eaux pour pouvoir faire l’entretien de sa superficie. Salifou fait partie des personnes qui ne croient pas à la réussite de la campagne cette année. « Avec l’apparition précoce des cantharides, soutient-il, l’hivernage tire vers sa fin. Généralement, ses insectes sortent quand le maïs entre dans sa maturation », analyse-t-il. Une femme d’ajouter que cette période de ‘tiotiokalo’ (période de pertes averses), signale la fin des pluies. MESURES DE SECURITE – Pour des raisons de sécurité, le maire de la Commune rurale de Diéma, Abdoulaye Sissako, a pris des mesures drastiques pour interdire la pratique des hautes cultures telles que le mil, le sorgho et le maïs, dans les concessions et aux alentours. On
Campagne agricole normale à Yélimané, dans l’Ouest du Mali
Yélimané, 22 juillet (AMAP) La campagne agricole 2020 à Yélimané, dans l’Ouest du Mali, évolue normalement et les activités en cours sont les labours et les semis tandis que certaines superficies sont en début de germination, indiquent les services techniques de l’Agriculture. A la date du 19 juillet, les quantités de pluies reçues sont suffisantes, avec une bonne répartition dans le temps et dans l’espace. En comparaison avec l’année précédente l’hivernage est en avance, selon Chacka dit Gana Traoré, technicien au service local de l’agriculture de Yélimané. Le seul bémol est le problème des inondations en cours qui peuvent endommager les cultures hivernales quoique favorables aux cultures de contre saison. La spéculation la plus adoptée est le maïs plus résistant à l’agression des oiseaux granivores. « Cela est également conforme aux recommandations de la politique agricole de l’État malien qui encourage la culture de maïs par rapport à la durée de plus en plus courte de l’hivernage », ajoute la même source. D’ailleurs, les réalisations de la campagne précédente ont dépassé les prévisions des services techniques, ce qui est favorable à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire, selon M. Traoré, Technicien. Pour le moment, la réalisation de superficie sur l’ensemble du cercle est de 8368,5 ha, toutes spéculations comprises (sorgho, maïs, niébé, riz, arachide). AS/MD (AMAP)
Hivernage à Bankass (Centre) : Espoirs et incertitudes
Bankass, 11 juillet (AMAP) L’hivernage a bien débuté dans la première décade du mois de juin avec 47,9 millimètres enregistrés en cinq jours dans la ville de Bankass, au Centre du Mali , ont indiqué à l’AMAP les services techniques. Selon le chef secteur d’agriculture de la ville, Allaye Guindo, « l’hivernage a débuté avec beaucoup espoir. En cinq jours, la ville a enregistré 47,9 millimètres dans la 1ère décade du mois de juin, ce qui a permis aux paysans de commencer les semis ». Dans le même mois de juin, dans sa 2è décade, on a enregistré 52,9 millimètres en une journée et les semis en mil ont été effectifs. Dans la 3è décade du mois de juin, on a enregistré 17 millimètres de pluie en une journée et les semis du sorgho ont commencé. Certains ont semé l’arachide même sur si c’est sur des superficie négligeables. Dans la 1ère décade du mois de juillet, on n’a enregistré aucune quantité de pluie, Ce qui a suscité des inquiétudes dans la population. Malgré tout, les premiers sarclages ont commencé. AKG/MD (AMAP)
Kita : La 2e édition du Festival sur le coton prévue du 26 au 29 novembre 2020
Kita, 09 juillet (AMAP) La 2e édition du Festival sur le coton est prévue du 26 au 29 novembre 2020 à Kita (Ouest), a annoncé, le week-end dernier, l’Association des jeunes pour la valorisation du coton (AJVC), initiatrice de l’évènement. Le thème de cette édition est : « l’enjeu de la transformation locale du coton, source de création d’emplois et de réduction de l’immigration irrégulière ». L’AJVC prévoit des innovations pour ce prochain festival: une foire/exposition, une caravane de sensibilisation contre l’orpaillage et l’immigration irrégulière, des visites de sites touristiques, des concours, de vernissages, une formation sur l’entreprenariat agricole, une soirée culturelle et un défilé de mode. Les organisateurs envisagent d’instaurer, en faveur du développement durable pour la culture biologique du coton, des prix dont l’un sera décerné au propriétaire du plus grand champ de coton biologique. Il est, aussi, prévu un prix pour le développement durable de l’agriculture en général. L’AJVC prévoit la mise en place d’une unité de transformation textile artisanale. Il s’y ajoute la promotion de 30 artisans locaux (femmes et jeunes) sur le volet foire et exposition. Le président de l’AJVC, Abdel Rahamane Sy, a indiqué que l’objectif est de faire de la ville de Kita une destination d’éco-tourisme, en mettant en valeurs ses différents sites touristiques attrayants. « Il y aura une présentation de produits innovants pour l’augmentation de la production à travers le volet foire agricole des intrants », a-t-il annoncé. Selon lui, la vision à long terme est de faire de la ville un carrefour panafricain de jeunes cadres, entrepreneurs, investisseurs dans le secteur du coton. « C’est aussi, a-t-il souligné, une opportunité de promotion pour des jeunes talents en coupe et couture et stylistes de la Région de Kayes, évoluant dans l’artisanat textile et des mannequins locaux ». Le 2è adjoint au préfet, Boubacar O. Traoré, apprécié la bonne vision des organisateurs. Il a rappelé, à cet effet, que Kita est, aujourd’hui, l’un des leaders en termes de production du coton, en quantité et en qualité. « Je souhaite que ce festival soit un point de départ pour plus d’usines d’égrenage de la CMDT à Kita afin que nous puissions atteindre, véritablement, nos objectifs pour la création d’emplois pour les jeunes mais, également, réduire les problèmes liés à l’immigration clandestine et à l’orpaillage traditionnel », a lancé le 2ème adjoint au préfet avant d’exprimer l’espoir de compter sur les potentiels appuis sur place pour aider à la réussite de ce programme des jeunes. Plusieurs membres de la société civile, du Conseil local des jeunes ont, tour à tour, apprécié le programme du festival avant de promettre de s’investir pour sa réussite. JMF/OD/MD (AMAP)
Dioila: Réunion sur la gestion de la subvention des intrants pour la campagne agricole 2020-2021
Dioila, 08 juillet (AMAP) Une rencontre entre agriculteurs et techniciens, sur la gestion de la subvention des intrants alloués à la Région de Dioila, pour la campagne agricole 2020-2021, s’est tenue, mercredi, dans les locaux du service d’agriculture de la ville. Le directeur régional de l’Agriculture, Niamakolo Diabaté, a indiqué que les 2.865 tonnes d’intrants alloués à Dioila étant insuffisantes par rapport aux besoins, il revient aux agriculteurs d’être compréhensifs et tenir en compte que les moyens de l’État sont limités. Quant au directeur national adjoint de l’Agriculture, Amady Cheick Traoré, il a insisté sur la bonne gestion du quota mis à la disposition de la Région de Dioila. Et a appelé à une gestion rationnelle. Le premier adjoint au préfet, Adama Togola, qui a présidé la rencontre, a remercié les participants avant de d’insister sur la place qu’occupe l’agriculture dans l’économie malienne. Au terme de la rencontre, les participants (chefs des sous secteurs d’agriculture, président de la Chambre d’agriculture, représentante des femmes rurales, représentants des fournisseurs d’intrants, encadrement technique et représentant de la jeunesse) se sont dits satisfaits des informations données et ont promis de faire une gestion judicieuse des intrants. Les élus présents à la rencontre et les paysans ont, à plusieurs reprises, dénoncé les tracasseries policières lors du transport de ces intrants. En réponse à ces plaintes, le représentant du préfet a rappelé que les forces de défense et de sécurité ont e u pour mission de contrôler la vente des intrants subventionnés par l’État. Adama Togola, a demandé aux transporteurs de le saisir en cas de tracasserie des forces se sécurité et de défense, sur les routes. DF/MD (AMAP)
Production de mangues au Mali : La transformation reste le défi
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 02 juillet (AMAP) «Des clients se plaignent, chaque jour, de la qualité de mes mangues. Pourtant, c’est grâce à cette activité que j’arrive à tirer mon épingle du jeu, notamment en cette période très difficile financièrement ». Fatoumata Kéita, vendeuse de mangues à Kati, depuis cinq ans, se plaint ainsi de la mévente actuelle de ce fruit très prisé. « J’ai des difficultés à trouver des mangues de qualité. Pour m’approvisionner, actuellement, en mangues, je fais le tour de trois à quatre vergers. Après ce périple, je me retrouve avec des mangues que personne n’achète. C’est la mévente», enchaîne-t-elle, découragée. Comme elles, la plupart des vendeuses, qui ont fait du commerce de mangue leur activité génératrice de revenu de premier ordre, sont confrontées à cette situation. Cela, chaque année, vers la fin de la saison des mangues. Parmi elles, Awa Diarra. Elle, aussi, se plaint de ne plus pouvoir écouler ses fruits vedettes. En cause l’anthracnose. Cette maladie fongique dont est atteinte la mangue, généralement, pendant la floraison et tout au long de la formation, entraîne souvent une décomposition rapide du fruit. C’est une maladie favorisée par les piqûres d’insectes comme les mouches qui offrent une porte d’entrée idéale pour l’installation du champignon dans la culture. Cette situation pose la problématique de la transformation de la mangue, visiblement chère à Awa Diarra. Elle dit que grâce aux technologies innovantes, la mangue peut être transformée en produit séché, en confiture, en jus et même en purée pour permettre sa conservation et sa commercialisation à long terme. «En la transformant en mangues séchées, elle peut être conservée plus longtemps et même être commercialisée hors de notre pays», soutient la vendeuse de mangues à Kati. Qui déplore le manque de formation et de moyens financiers pour lancer son business de transformation de la manque. « Ces pertes qui constituent un manque à gagner énorme pour notre économie, peuvent être évitées s’il existe un créneau de valorisation de ce fruit », ajoute Alidou Kéita. Pour ce propriétaire de verger, le potentiel disponible est immense mais reste sous-exploité à cause du faible moyen technique, financier et en termes de formation adéquate. Il cite en exemple les grandes zones de production comme Sikasso où, faute de moyens, des quantités importantes de mangues pourrissent, chaque année, dans les plantations. Selon une étude du Programme compétitivité et diversification agricole (PCDA) réalisée en 2009, le Mali a un potentiel de production estimé à 575.000 tonnes de mangues, par an, toutes variétés confondues. Mais Seulement 8.673 tonnes sont transformées. Au regard de cette potentialité, l’accès aux moyens de transformation par séchage, en jus et autres, offre des perspectives de revenus intéressants pour nos familles rurales. Ainsi, pour valoriser la filière, le gouvernement et ses partenaires au développement ont installé des unités de transformation dans certaines régions. Le but étant la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie des acteurs du secteur. Le Projet d’appui à la compétitivité agro-industrielle au Mali (PACAM), initié à cet effet par le ministère de l’Agriculture, entre dans le cadre d’une stratégie gouvernementale visant la valorisation de l’agriculture commerciale. Ses composantes 1 et 2 s’intéressent à l’augmentation, la transformation, l’exportation de mangues et à la consolidation de l’accès aux zones de productions de mangues. Financé par la Banque mondiale et le gouvernement, il appuie techniquement et financièrement les acteurs de la filière en matière de transformation. Grace à ces appuis, la quantité de mangues transformées est estimée à 8.673 tonnes, au sortir de la campagne 2019, selon le spécialiste des filières et alliances productives du PACAM. « Cette quantité est repartie en mangues séchées (75.369 tonnes), transformée en purée (6.910 tonnes), en concentrée (1.681 tonnes), en confiture (2,7 tonnes), en nectar (3,56 tonnes) et en sirop (1,3 tonnes) », détaille Aliou Kassogué. Le projet est, selon lui, très regardant sur la qualité de la mangue transformée. En la matière, la priorité est donnée à la préservation de la santé des consommateurs. «Les mesures d’hygiène et sanitaires sont respectées par les unités de transformation membres de l’interprofession et qui sont officiellement enregistrées au niveau de cette structure faitière», assure-t-il. « Chaque unité de transformation rédige un diagramme de fabrication comprenant les opérations unitaires de fabrication, selon leur succession dans la confection du produit », ajoute l’expert, précisant que les industries ayant déposé des demandes au PACAM et évaluées par le projet sont estimées à une trentaine. « A chaque étape, poursuit notre interlocuteur, tous les intrants nécessaires sont spécifiés, les quantités à utiliser détaillées ». En dépit de ces efforts, ces unités installées, qui sont insuffisantes en nombre et en capacités installées, ne transforment qu’une infime quantité de mangues fournies par ces grandes zones de production. Ce qui interpelle les acteurs de la filière. Un paradoxe, si l’on sait que ces industriels sont souvent confrontés, eux aussi, à la mévente des produits finis qu’ils mettent sur le marché national. AMK/MD (AMAP)
Remise de motopompes aux producteurs de périmètres irrigués de Mopti et Tombouctou
Mopti, 30 juin (AMAP) Le Projet irrigation de proximité et de renforcement de l’agriculture irriguée (IPRODI- Programme Mali Nord) a remis, lundi, aux producteurs des nouveaux périmètres irrigués de Tombouctou et Mopti, 55 motopompes et accessoires pour montant total de 583 490 150 Fcfa hors taxes. Il s’agit de 45 motopompes de trois cylindres avec un débit de 540 m3/heure pour une capacité d’irrigation de 50 hectares destiné à la riziculture en maîtrise totale. Le second lot est constitué de 10 motopompes d’un cylindre avec un débit de 72 m3/heure pour les périmètres maraîchers. Le représentant du ministre, le directeur national du Génie Rural, Aghatam Ag Alhassane, a symboliquement remis la clef d’une motopompe à Ousmane Traoré, président du comité de gestion du périmètre irrigué villageois de Gnimitongon, Cercle de Mopti. Mme Aïssata Guindo du comité du périmètre maraîcher des femmes de Korientzé a reçu son équipement des mains du représentant du gouverneur de la région de Mopti. Cette action du projet et son partenaire stratégique, la coopération allemande, intervient un mois après la remise d’intrants agricoles (semences, engrais urée, phosphate et carburant) aux producteurs de sa zone d’intervention Le coordinateur Mohamed Ibrahim Cissé a expliqué les conditions d’amortissements des moyens d’exhaure. Il a indiqué que les intrants (gaz-oil, engrais, semences), pour la première année culturale, sont financés par IPRODI/PMN. Quant aux motopompes et accessoires dont le coût unitaire s’élève à environ 11,5 millions de Fcfa pour chaque PIV et 5,1 millions par périmètre maraîcher, le projet prend les 70% et les 30% autres sont à la charge des exploitants. Il a exhorté les bénéficiaires à faire bon usage des équipements pour contribuer à l’atteinte des objectifs du projet à savoir : accroître la production et la productivité pour améliorer la sécurité alimentaire, la création de richesse, d’emplois agricoles et la fixation des bras valides dans leurs terroirs, afin de stopper la migration. M. Cissé a remercié la coopération Allemande pour deux décennies d’engagement sans relâche en vue de la promotion de l’agriculture irriguée au Mali et, particulièrement, dans le Delta intérieur. « IPRODI est un projet de stabilisation crée dans l’urgence. Au fil du temps, il est vite devenu un projet de développement fédérateur, de cohésion et d’insertion professionnelle des jeunes » a souligné le représentant du ministre. « C’est dans les moments difficiles que le génie des grands hommes se manifeste. Nous devons développer notre résilience, notre aptitude de travailler dans l’insécurité comme on l’a fait pendant les grandes sécheresses cycliques », a martelé Aghatam Ag Alhassane. Il a demandé aux services techniques d’apporter l’appui conseil aux populations pour assurer la durabilité des investissements. Il a, aussi, exhorté les bénéficiaires à suivre les consignes d’entretien nécessaire pour la longévité des engins. Il a réitéré les remerciements du gouvernement malien à la Coopération Allemande qui, depuis plus deux décennies, sont résolument engagsé pour booster la production et la productivité agricole dans notre pays. DC/MD (AMAP)
Nioro du Sahel : L’hivernage s’installe précocement, l’espoir aussi
Par Moussa DIAKITE Nioro, 25 juin (AMAP) Trois grosses pluies, au mois de juin et la direction du vent depuis plusieurs semaines ! Des signes annonciateurs d’une bonne saison des pluies, dans le Cercle de Nioro du Sahel, selon les grands connaisseurs du temps qui prédisent un hivernage « vraiment très prometteuse ». Tous les anciens, ici, savent que les premières pluies commencent à tomber à partir de mi-juillet. Ce qui fait d’ailleurs que les populations ont fixé le 14 juillet, comme le début de l’hivernage. Depuis plusieurs décennies, le premier signe annonciateur de la bonne saison des pluies est un vent de sable, dans l’après midi, obscurcissant tout et se caractérisant, le plus souvent, par de la poussière partout. Ce grand vent de sable, pour les spécialistes de la localité, est accompagné de pluie pour les années de grande pluviométrie. C’est à partir de cette date et, généralement, pendant le mois de juillet, que beaucoup commencent à penser aux champs pour commencer les travaux. Nioro est une localité située au centre du Sahel. Toute pluie atteignant les cinquante millimètres provoque potentiellement une inondation. Ces trois dernières années, les quantités de pluies tombées n’ont pas été suffisantes. L’hivernage s’est installé en retard et les pluies se sont vite arrêtées. Ce qui a naturellement joué sur les cultures qui n’ont pas donné de bonnes récoltes. Cette année, avec déjà deux grands vents de sable et trois grosses pluies, au mois de juin, l’espoir est vraiment permis. Cependant, chacune des pluies tombées était accompagnée de grands vents causant des dégâts par endroits : des branches d’arbres cassées, des hangars détruits, des toitures de maisons arrachées et même des feuilles de tôles emportées. Il faut aussi signaler l’abondance des éclairs et des bruits assourdissants de tonnerre. Qui font peur aux populations. De Diaye-Coura à Koréra Koré, en passant par Nioro-ville, les paysans ont commencé les labours. Certains n’ont même pas hésité à commencer les semences, généralement du mil, du niébé et de l’arachide (des variétés hâtives). Les transhumances internes et transfrontalières pour la recherche de pâturage battent leur plein. Le long de la bande frontalière entre le Mali et la Mauritanie, des animaux sont présents de part et d’autres mais l’herbe n’a pas totalement poussé. Les pâturages contiennent, jusqu’à présent, de l’herbe sèche. Des points d’abreuvement ont, partout, de l’eau. En tout cas l’espoir est là, chez les paysans qui projettent, déjà, de faire bonne récolte si les pluies continuaient ainsi et si leur répartition était bien faite dans le temps. Ici, il n’y a ni fleuve, ni rivière mais des marigots temporaires et des rigoles. Pendant les périodes de grandes précipitations, ces réservoirs se remplissent d’eau et se déversent sur les routes et même dans les familles voisines, provoquant souvent des inondations. Cela se solde par une peur des populations riveraines. Ce qui constitue une véritable menace pour les enfants et les animaux. Le fond de ces cours d’eau est couvert uniquement de sable. L’eau y coule à une vitesse tellement incroyable qu’elle peut emporter une personne sur son passage. Chaque année, des cas de noyade sont signalés partout dans le cercle. En 2007, l’eau sur le pont séparant Maguiraga-Counda de Koulouba a emporté un véhicule avec trois personnes à bord. Deux passagers ont été sauvés mais le troisième, Isaac Sow, après les recherches, a été retrouvé mort enfoui dans du sable, trois jours après, à une quinzaine de kilomètres, en aval. En 2012, deux gardes ont trouvé la mort, entre Nioro et Yéréré, de retour d’un recouvrement d’impôts, quand leur véhicule a tenté de traverser un marigot sur la route. On a eu vent de cas de motocyclistes morts par noyade, partout à travers le Cercle. Des noyades d’enfants sont monnaie courante presque chaque année (des bergers, baigneurs ou des enfants venant des champs, après les pluies). L’explication est simple : il n’y a que du sable au fond. L’eau circule à une vitesse si forte que le courant fait bouger le sable sous les pieds, ce qui fait tomber l’engin ou la personne qui est aussitôt entrainé par le courant. La ville de Nioro, comme beaucoup d’autres localités du cercle, est traversée par des marigots qui, après les pluies débordent et inondent les habitations voisines. A chaque début d’hivernage, les autorités communales organisent des opérations de curage des caniveaux pour faciliter le ruissellement des eaux. Si l’opération tarde, cette année, les pluies pourront surprendre et les familles voisines du poste de police jusqu’au périmètre maraîcher des femmes ne sont pas à l’abris d’inondation. Les quartiers Diaka, Tichitt, Maguiraga Counda ainsi que le centre commercial, qui sont dans un creux, par rapport aux autres (véritables déversoirs des eaux) sont déjà menacés. A chaque hivernage, la mare Babala Goumba (une mare en plein cœur de la ville, au quartier Tichitt) et le marigot de Malicounda débordent. Cette mare a toujours été une menace pour les populations des quartiers Diaka et Tichitt. Les risques de noyade et de maladie s’amplifient car des enfants s’amusent dans l’eau sale infestée de toutes sortes de déchets. Les mouches et les moustiques y pullulent donnent, dans un concert de coassements continus de grenouilles et de crapauds en fête. Le lycée Fodié Maguiraga, l’Ecole fondamentale Mabendi Guissé et les écoles du quartier Malicounda sont tous situés soit à coté ou soit derrière des cours d’eaux. Le pont radier, qui sépare l’Ecole Tiébilé Dramé de la ville, est une véritable menace pour les élèves. Sur ce pont, les eaux peuvent monter jusqu’à plus d’un mettre. Les enfants ont toutes les peines du monde à traverser. Le courant de l’eau est si fort qu’il peut même emporter un véhicule chargé. Avec la prolongation de l’année scolaire jusqu’au mois d’août, période des hautes eaux, l’inquiétude devient grande chez les parents qui espèrent que des mesures d’urgences seront prises. MD/MD (AMAP)
Macina : Installation tardive de la campagne agricole 2020-2021
Macina, 16 juin (AMAP) La campagne agricole 2020-2021 tarde à s’implanter à Macina suscitant une certaine inquiétude chez les paysans, en ce début d’hivernage, puisqu’on constate, sur le plan agro-hydraulique et pluviométrique, un retard notable par rapport à l’année dernière, selon les services techniques. La situation phytosanitaire est calme, dans l’ensemble, et les conditions d’abreuvement des animaux sont passables. Sur le plan de la flore, il est à remarquer que le Cercle de Macina est le plus déboisé de la Région de Ségou (Centre), due à la mutilation des forêts classées et protégées par certains charbonniers. Selon les techniciens Les conditions de reproduction du poisson sont moyennes, disent les techniciens et l’on constate une innovation avec l’introduction de la pisciculture en cages flottantes et des fermes piscicoles modernes à Macina et Siranikoro. Les paysans de l’Office du Niger sont au stade de l’installation des pépinières de riz pour la saison pluvieuse. AOK/MD (AMAP)

