Plus de 14 000 entreprises voient le jour au Mali, chaque année (Le Premier ministre)
Bamako, 15 mar (AMAP) Chaque année, plus de 14 000 entreprises voient le jour au Mali où 1 055 marques déposées ont été enregistrées, de 2016 à 2022, a-t-on appris, lundi, de source officielle, à l’ouverture de la Semaine des marques. « Ces chiffres placent le Mali dans le Top 5 des gros déposants de l’Organisation africaine de la propriété industrielle (OAPI) », a souligné le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, qui a présidé cette cérémonie, au Centre international de Conférences de Bamako (CICB). La Semaine des marques, qui se déroulera jusqu’au 19 mars, est organisée par le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI) et son partenaire Spirit, avec comme thème : «Une marque compétitive : un outil de conquête de marchés». La rencontre mettra en compétition les marques nationales protégées, établies et exploitées et celles exerçant une activité économique ou sociale régulière. Les prix en compétition sont, entre autres, «la marque préférée du public», «la meilleure marque de produit», «la meilleure marque de service», «la meilleure marque à l’international», «la meilleure marque féminine», «la meilleure marque du plus jeune entrepreneur». Pour cette grande première, il y aura une série d’activités, notamment des panels qui permettront aux participants et aux visiteurs de mieux appréhender la question de la marque, comprendre son utilité et savoir comment la protéger. Des conférences sur la contrefaçon et ses méfaits et des ateliers de formation à l’intention des jeunes et des femmes entrepreneurs et de la société civile sont, aussi, au menu de cette Semaine des marques. Il y aura également des émissions télévisées comme «Grin de midi», des caravanes sur les deux rives du fleuve Djoliba (Niger) avec les produits et les sponsors de l’événement, une journée porte ouverte au CEMAPI, des animations et des jeux concours. Pour le chef du gouvernement, cette manifestation économique offre l’occasion de célébrer et magnifier le secteur privé malien qui se distingue, aujourd’hui, « par son dynamisme, sa résilience, son sens patriotique et son engagement de tout instant malgré le contexte économique et géopolitique particulièrement difficile ». Choguel Kokalla Maïga a indiqué qu’avec la mondialisation, la concurrence constitue une menace pour les entreprises qui ne sont pas préparées. D’où la nécessité pour elles de faire recours à la propriété industrielle. « En effet, a ajouté le Premier ministre, la propriété industrielle constitue un outil précieux pour le développement économique de notre pays et pour satisfaire aux impératifs du développement ». Il convient, pour ce faire, d’innover et de créer pour permettre d’améliorer constamment la qualité de vie de nos populations à travers la production et la commercialisation de nos biens de services. Selon le chef du gouvernement, derrière ces biens de services de consommation, il y a une identité, une marque qui permet de créer et de renforcer les liens entre les entreprises et les consommateurs. Pour le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, cette Semaine des marques servira donc à donner une meilleure visibilité et à sensibiliser les opérateurs économiques sur l’importance de la marque dans leur stratégie commerciale. Mahmoud Ould Mohamed a précisé que la marque, comme tout autre signe distinctif, est un enjeu incontournable et essentiel en termes de communication d’entreprise. Elle apporte notoriété et confère à l’entreprise une image positive lui permettant de créer un lien fort avec les consommateurs. La marque a une valeur ajoutée et est un véritable capital pour les entreprises. Il s’agit, a poursuivi le ministre de l’Industrie et du Commerce, « de faire valoir la marque malienne qui fait face à une lourde concurrence sous régionale et internationale ». De son côté, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily, a indiqué que la Semaine des marques vise à inciter les opérateurs économiques à prendre conscience de l’importance de leurs marques, « afin de sécuriser leurs investissements ». M. Bathily a invité les opérateurs et les promoteurs de marques à engager, au niveau du CEMAPI, les démarches nécessaires en vue de la protection de leurs marques contre les contrefaçons et la piraterie. AMK/MD (AMAP)
Agro-business : Quelque 2 milliards de Fcfa pour booster l’exportation du fonio aux Etats-Unis
Bamako, 11 mar (AMAP) Deux entreprises maliennes ont reçu une subvention de co-investissement de 1,9 million de dollars (soit environ 2 milliards de Fcfa) de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) West Africa Trade & Investment Hub (Trade Hub) par le biais de Prosper Africa, annonce le service de presse de l’ambassade américaine au Mali. Mali Shi SA et Yolélé, dans un ambitieux projet commun ont pour objectif d’établir un commerce direct du fonio entre les États-Unis et le Mali, précise le communiqué.« Le projet vise à faire des États-Unis le premier marché du fonio et à générer 2 400 tonnes par an de nouvelles exportations d’ici la fin du projet sur deux ans et demi, pour une valeur de plus de 5 millions de dollars. Le projet créera également 13 714 emplois dans le secteur agricole au Mali et 4,5 millions de dollars en ventes collectives aux petits exploitants », poursuit la même source. « Le potentiel du marché du fonio et des produits connexes reste largement inexploité aux États-Unis », a déclaré le chef et auteur de livres de cuisine Pierre Thiam, co-fondateur avec Philip Teverow de Yolélé, une entreprise américaine lancée en 2017 pour partager les ingrédients et les cuisines de l’Afrique avec le monde entier. « Le fonio s’inscrit dans les dernières tendances positives des super aliments, des céréales anciennes/héritées et des produits sans gluten. Au-delà de ses avantages nutritionnels et culinaires, il se cuisine en seulement cinq minutes! Le fonio offre également d’importantes possibilités de générer des emplois et des revenus en Afrique de l’Ouest, chez les femmes en particulier. », a ajoute M. Thiam cité par le communiqué. Le fonio est une céréale de base d’Afrique de l’Ouest qui regorge de nombreux nutriments et avantages pour la santé. Il est naturellement sans gluten, riche en vitamines B et pauvre en cholestérol, en sodium et en graisses. En outre, son faible indice glycémique en fait un glucide approprié pour les personnes atteintes de diabète, une population croissante en Afrique de l’Ouest, selon l’Organisation mondiale de la santé, cité par le communiqué. Néanmoins, le fonio est considéré comme une espèce de culture négligée et sous-utilisée. Le partenariat ainsi que le projet du Trade Hub avec Mali Shi et Yolélé « vise à changer cela en établissant une nouvelle chaîne de valeur mondiale ouest-africaine pour le fonio, avec le Mali, le huitième plus grand pays d’Afrique, comme épicentre ». Grâce à la subvention Trade Hub, Mali Shi, l’agro-transformateur et entreprise principale du projet, espère obtenir, avec Yolélé, 11,6 millions de dollars (soit plus de 2,2 milliards de Fcfa) supplémentaires de sources privées afin d’organiser une chaîne d’approvisionnement en fonio qui réponde aux meilleures pratiques internationales et établisse des liens directs avec les marchés commerciaux américains pour les produits à base de fonio, y compris Whole Foods Markets. « L’un des impacts les plus positifs de ce projet est de fournir de multiples sources de revenus aux agriculteurs de notre réseau en pleine expansion, qui compte déjà plus de 23 000 collecteurs/éleveurs de karité », a déclaré Simballa Sylla, le Pdg de Mali Shi, le plus grand transformateur de beurre de karité au Mali. Le partenariat de co-investissement de Trade Hub avec Mali Shi et Yolélé constitue son premier au Mali. « Le Mali regorge d’opportunités pour soutenir la croissance économique par le biais de l’investissement privé, créer des emplois à long terme pour les petits exploitants agricoles et augmenter les exportations de produits tels que le fonio vers les États-Unis », a indiqué Frantz Tavares, responsable des partenariats public-privé pour le Trade Hub. Le succès du projet sera déterminant pour que Yolélé réalise un chiffre d’affaires de 10 millions de dollars d’ici la fin du projet, grâce à l’expansion de la distribution de ses collations ainsi que d’autres dérivés du fonio dans les circuits de détail, de services alimentaires et industriels. À la fin du projet, les petits exploitants agricoles partenaires de Mali Shi/Yolélé gagneront un revenu durable grâce à la vente de fonio en complément de leurs autres activités agricoles. MK/MD (AMAP)
La gomme arabique : Un créneau porteur
Par Cheik Amadou DIA Bamako, 19 mar (AMAP) Dans le vaste entrepôt situé en Zone industrielle de Bamako, l’usine de bois de la Société de gestion forestière Abdoulaye Halidou Cissé (SGF-AHC) était autrefois animée par le bruit assourdissant des scies électriques utilisées pour la transformation du bois d’œuvre destiné à l’exportation. Aujourd’hui, dans la cour de cette gigantesque infrastructure, on n’entend plus que le bourdonnement harmonieux de l’activité de tri et de conditionnement de la gomme arabique. De petites mains ingénieuses de femmes et de jeunes filles, une soixantaine à notre passage, assisses sous des hangars, nettoient, trient et tamisent des tas de gomme arabique entassés devant elles. Dans une ambiance de fourmilière. Chaque jour, depuis plus d’un an, ces dames du quartier abritant le site et ses environs, viennent y travailler pour gagner leur pain quotidien. Toutes des ménagères ou mères célibataires démunies. Aminata Traoré est l’une de ces journalières travaillant à l’usine. Elle nous approche avec un grand sourire sur les lèvres. «Quand je commençais le travail ici, je n’arrivais même pas à m’acheter un bonbon», confie-t-elle. Grâce à cette activité, Aminata gagne 2.000 Fcfa par jour, soit un salaire mensuel d’environ 60.000 Fcfa. Mariée, la mère de trois enfants arrive ainsi à aider son conjoint (travailleur journalier) dans l’entretien de sa famille. Coiffé d’une casquette de couleur blanche, un tablier imprimé de l’arbre d’acacia en survêtement, Bakary Sidibé est le chef du volet gomme arabique de la SGF-AHC. Au milieu de ses poulains, ce détenteur d’un Master en agro-économie est enthousiaste quand il nous explique l’organisation du travail au sein de son entreprise. DE TOUT SEXE ET DE TOUT AGE – Si les dernières activités avant le conditionnement du produit se font sur place à l’usine, la chaîne commence à des centaines de kilomètres de Bamako, sur les terres arides de la première Région, Kayes. Nous nous sommes transportés sur les milliers d’hectares qu’exploite la SGF-AHC dans les Communes rurales de Toukoto, Sourasan, Oualéa, Sefeto Ouest (Cercle de Kita). Dans les champs d’acacias (arbre qui produit la gomme arabique) étendus à perte de vue, l’on aperçoit hommes et femmes de tout âge. Ils collectent le précieux produit. «Nous sommes une entreprise à la fois commerciale et solidaire», déclare le coordinateur général de la SGF-AHC. Selon Adama Coulibaly, sa société est résolument engagée dans la lutte contre la pauvreté tout en œuvrant pour la protection de l’environnement. C’est pourquoi, elle privilégie l’emploi local. Tous ceux qui travaillent ici sont de la localité », indique-t-il. « Auparavant, avec l’exploitation du bois d’œuvre, on employait peu de main d’œuvre locale, car ce secteur nécessite une main-d’œuvre qualifiée », souligne le manager. En décidant de sortir du «tout bois», la société constate qu’elle peut utiliser de la main-d’œuvre locale et peu qualifiée. Ainsi, elle forme ses employés aux techniques simples de collecte de la gomme arabique sans grande difficulté. « Cela permet de créer de «l’emploi vert» au niveau local, tout en détournant les populations rurales de la coupe du bois et de la production du charbon de bois qui étaient leurs principales activités de subsistance, estime Adama Coulibaly. Avec la promotion de la filière des produits non ligneux dans ses activités d’exploitation des ressources forestières, la SGF-AHC entend mettre en œuvre une vraie approche de développement préservant durablement nos forêts. Dans cette dynamique, elle travaille avec les coopératives villageoises, les autorités communales des zones d’intervention, les coopératives des exploitants forestiers et les services techniques de l’État, à travers la direction nationale des eaux et forêts. REVENUS – La société a, à ce propos, créé des jardins botaniques de proximité dans les communes concernées par son domaine d’exploitation. Le but étant d’initier les coopératives villageoises à la production de plants en pépinière. Elle a réalisé des parcelles de reboisement et emploie des ressources humaines qualifiées avec le recrutement d’agents de suivi de plan d’aménagement et de gestion. Toute chose qui permettra une meilleure application des technologies de défense et de restauration du périmètre d’exploitation. Tout ceci combiné avec un développement socio-économique au profit des populations riveraines. Ainsi, la société appuie dans ses zones d’intervention, les activités génératrices de revenus (AGR) telles que le maraîchage. Elle participe également à la réalisation des infrastructures de base (centres de santé, écoles, etc.) et leur équipement. De l’usine de bois du Mali, créée en 1968 sous le régime du président Modibo Keïta et, inaugurée en 1969 par le président Moussa Traoré, la SGF-AHC est issue d’un processus de privatisation enclenché en 1990 sous le nom : Entreprise «Faguibine». C’est en 2006 qu’elle prendra le nom de Général industrie de bois (GIB) avant de devenir la SGF en 2014. Leader de la gestion forestière au Mali, elle s’est fixée comme objectifs, la gestion durable des ressources forestières, l’organisation et la planification des travaux de valorisation des ressources forestières dans notre pays. Conformément à la loi n°10-028 du 12 juillet 2010, portant règlementation de l’exploitation des produits dans le domaine forestier national, la société élabore des plans d’aménagements, réalise des travaux de restauration, soutient les services techniques de l’État et anime des campagnes d’informations et de sensibilisation des populations rurales sur les bonnes pratiques de gestion. Un bel exemple qui mérite d’être répliqué par ses pairs, dans un contexte de lutte contre la déforestation. CAD (AMAP)
Impacts du changement climatique : l’Afrique très exposée, selon le Groupe d’experts intergouvernemental
Par Cheick Amadou DIA Bamako, 09 mar (AMAP) À la veille du sommet sur le climat organisé par les Nations unies, les 1er et 2 mars 2022 à Nairobi (Kenya), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié un rapport de 400 pages sur le changement climatique en lançant un appel sans précédent sur l’évolution climatique. Le Groupe invite, de manière urgente, à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Son rapport attire l’attention sur les conséquences dramatiques du réchauffement climatique en Afrique. D’après l’indice de vulnérabilité au changement climatique de 2015, sept des dix pays les plus menacés par le changement climatique se trouvent en Afrique. Le continent est désormais mis sur la «liste rouge». Les conséquences du réchauffement climatique en Afrique se répercutent sur la santé, les moyens de subsistance, la production alimentaire, la disponibilité et l’approvisionnement en eau, la sécurité globale, l’agriculture et l’alimentation et enfin sur les écosystèmes. Il ne fait pas de doute que le réchauffement climatique entraîne des changements météorologiques. Des vagues de chaleur encore plus fortes sont à craindre, avec des sécheresses intenses. L’Afrique connaissant déjà le taux de mortalité dû aux sécheresses le plus élevé du monde, et des inondations qui sont fréquentes. Les inondations et les sécheresses ont été multipliées par deux au cours des 25 dernières années. Ce sont des milliers de personnes qui sont touchées lorsque le niveau de l’eau diminue. Au Mali, ces effets seront ressentis sur l’agriculture avec une baisse drastique du niveau des cours d’eau. Des vagues de chaleurs précédant une perturbation pluviométrique sont à craindre, selon les prévisions des spécialistes. L’économie du Mali repose essentiellement sur l’exploitation des ressources naturelles. La croissance démographique (3,6 %/an) et les contraintes climatiques entrainent une surexploitation et une dégradation de ces ressources. Les 2/3 du pays sont arides et semi-arides, dominés par des problèmes de désertification. Les risques naturels s’accroissent avec l’intensification des changements climatiques (sècheresses à répétition, inondations, vents forts, feux de brousse, déstabilisation du régime des pluies). L’agriculture qui est la plus touchée représente 45% du Produit national brut (PNB) et occupe environ 80% de la population active. Cette situation est d’autant plus grave que les scénarios climatiques à l’horizon 2100 prévoient, en moyenne, une augmentation des températures de 3°C et une diminution des pluies de 22% sur l’ensemble du pays. Sur le continent, les glaciers du Kilimandjaro sont également touchés et diminuent fortement d’année en année. L’on estime que 82% de la glace qui se trouvait sur la montagne en 1912 ont dorénavant disparu. Le changement climatique provoque de véritables pathologies. Par exemple, la réduction de la qualité de l’air due aux vagues de chaleur et qui peut engendrer des problèmes respiratoires et aggraver les maladies respiratoires, mais amène aussi la malnutrition, un stress thermique et la propagation du paludisme dans les zones où l’on prévoit un accroissement des précipitations et des inondations. Le changement climatique a aussi des répercussions sur le logement. En effet, de nombreux logements ont déjà été détruits à cause des graves inondations et sécheresses. « Des milliers de personnes sont obligées de se déplacer dans d’autres villes et deviennent donc des réfugiés climatiques, sur le continent africain », révèle le GIEC. Les enfants, les femmes et les personnes âgées sont les personnes les plus vulnérables face à ces changements, confrontées à de véritables dangers physiques. Le réchauffement climatique impacte sévèrement les écosystèmes. En effet, les écosystèmes marins et d’eau douce en Afrique de l’Est et australe ont déjà été touchés. Les impacts du réchauffement climatique peuvent aggraver les problèmes de sécurité nationale et accroître le nombre de conflits internationaux comme pour les accès limités aux sources d’eau. VOLONTÉ POLITIQUE – Pour conclure, le continent africain est bien celui qui souffre déjà le plus du réchauffement climatique même s’il est, sûrement le moins responsable de ce changement. Ces effets sont irrémédiables, même dans l’hypothèse d’une limitation de la hausse des températures à 1,5°C, comme fixé dans l’Accord de Paris de 2015. Ils sont, par ailleurs, aggravés par la pauvreté ou l’accès limité à des services. D’ores et déjà, entre 3,3 et 3,6 milliards d’habitants vivent dans des situations très vulnérables au changement climatique. Les experts évoquent les incidences à venir pour les populations avec, en particulier, 1 milliard d’habitants des régions côtières menacés en 2050. Parmi les effets en cascade liés aux catastrophes naturelles de plus en plus rapprochées, le GIEC évoque aussi les conséquences sur la production alimentaire, la hausse du prix des aliments ou encore la malnutrition. Si des efforts ont été réalisés pour réduire les émissions de CO2, les auteurs du rapport dénoncent une inadéquation des moyens mis en œuvre face à la rapidité des changements, signe d’un «manque de volonté politique» avec, pour exemple, le non-respect des engagements de Glasgow 2021 pris lors de la Cop 26 en matière de doublement des budgets pour lutter contre le réchauffement. Un développement résilient au changement climatique est cependant encore possible en consacrant des efforts financiers plus importants dans certains secteurs clés comme la transition énergétique pour réduire les émissions de CO2, une meilleure gestion de l’eau et de l’irrigation mais aussi une meilleure adaptation des cultures aux conditions climatiques via l’agro-écologie et la préservation du milieu naturel (restauration des forêts et des écosystèmes naturels, arrêt de l’urbanisation dans les zones côtières, végétalisation des villes, etc.). Tandis que certaines zones du monde sont déjà dans des situations critiques. Le GIEC met en garde contre des solutions de court terme inadaptées telles que la mise en place de digues sur le littoral, entre autres. « Au rythme de développement actuel, le réchauffement climatique pourrait atteindre 2,7°C à la fin du siècle », alerte le groupe d’experts. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été créé en 1988 en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. Le GIEC ne produit donc pas de nouvelles recherches. Il fait le point sur l’état des connaissances, à partir de l’évaluation critique des éléments
Route du Poisson : Les perspectives sont bonnes
Par Oumar SANKARE Bamako, 02 mar (AMAP) Assis sur une chaise en paillote devant son magasin, Lahabib Téréta, observe les automobilistes et motocyclistes. Les ronronnements et klaxons incessants des engins semblent ne point le perturber. Vêtu d’un boubou en tissu bleu foncé, verre noir sur le nez, une chéchia grise sur la tête, le septuagénaire s’extirpe de son oisiveté pour nous recevoir. Lahabib Téréta est un vendeur de poisson fumé à Ngolonina. Une activité qu’il a apprise de ses parents pêcheurs de l’ethnie bozo depuis sa tendre enfance. Voyant la vente aux étrangers devenir de plus en plus lucrative, ils ont commencé le négoce. «Dans le temps, bien avant les indépendances, les Ghanéens venaient majoritairement s’approvisionner en poissons à Mopti. Ensuite, quelques Nigérians, Togolais et Béninois étaient aperçus sur nos berges», soutient Lahabib Téréta. Ceux-ci venaient acheter du poisson fumé, séché et frais mais aussi des peaux de bœufs et de moutons. C’est de cet itinéraire, très florissant et célèbre, d’où est venu le nom «La Route du Poisson». La Route du Poisson traverse le Mali, du Nord-Ouest au Sud-Ouest depuis Mopti, où arrive le poisson pêché dans le Bani, en direction du Burkina Faso, du Niger, de la Côte d’Ivoire et du Ghana dans un premier temps. Ensuite, le Nigeria, le Togo et le Bénin s’y ajoutent. Au fur et à mesure que les échanges se développèrent, d’autres articles ont emprunté la Route du poisson, dont les produits industriels importés, les légumes (produits dans la zone de Koro et Bankass (Centre du Mali) vers le Burkina Faso et bien d’autres. « « La plupart de ceux qui ont pratiqué le commerce sur la Route du poisson sont soit décédés, soit incapables de témoigner, aujourd’hui, en raison de leur âge avancé », regrette Lahabib Téréta. «Quant la route était en plein essor, c’était mon père et ses pairs qui effectuaient le voyage jusqu’au Ghana bien avant l’indépendance du Mali. Suite à cela, mes frères aînés se sont installés au Ghana, ce qui a entraîné la formation d’une forte communauté malienne au Ghana, surtout à Kumasi», relate-t-il DES FAUVES ET DES FÉLINS – Mohamed Lamine Haïdara, est un opérateur économique malien vivant à Accra depuis 1998. La quarantaine, ce ressortissant de Gao (Nord), opérant dans le domaine des hydrocarbures, fait partie des chefs d’entreprise maliens à succès installés au Ghana. La Route du poisson, de par son essor ,a ouvert la voie vers d’autres commerces. «Mon grand-père et d’autres membres de la famille quittaient Gao pour Kumasi avec leurs troupeaux de bœufs qu’ils vendaient une fois à destination. Les échanges à l’époque se faisaient par troc, C’était dans les années 1900», affirme Mohamed Lamine Haïdara. Le périple était plein de dangers et d’embûches. Les anciens se déplaçaient la nuit grâce aux étoiles, qui leur servaient de boussole, et se reposaient la journée, d’après le récit que lui faisait son père. Le voyage prenait trois mois, en moyenne. De plus, les attaques d’animaux sauvages, comme les lions et les hyènes, étaient fréquentes. Afin d’éviter ces attaques, les voyageurs ont appris à décoder les traces des fauves, surtout celui du lion. Mais aussi, en cas de danger, tout le troupeau s’agitait ce qui leur indiquait le niveau du danger. Plus les traces des fauves étaient fraîches, plus le danger était imminent et il fallait donc changer d’itinéraire et éviter toute confrontation avec le ou les lions. Quant aux autres prédateurs, ils ne craignaient pas la confrontation. «Les attaques de lions étaient fréquentes surtout au niveau de la bande d’Agacher, frontière actuelle Mali-Niger-Burkina Faso selon ce que nos parents nous racontaient», ajoute Mohamed Lamine. Une fois au marché de Kejetia, à Kumasi, un important carrefour commercial à l’époque, les voyageurs pratiquaient leur business. Dès que tout était vendu, certains continuaient sur Lomé, au Togo, pour acheter des marchandises et autres présents pour leur famille, d’autres, par contre, s’approvisionnaient sur place. D’immenses richesses ont été bâties sur la Route du poisson parmi lesquelles on peut citer Asoma Banda, l’une des plus grandes fortunes du Ghana, Asantehene, le Roi des Akan basé à Kumasi et dans la diaspora malienne. Asoma Banda venait à pied dans les années 1955 à Mopti (Centre) se procurer du bétail pour le business familial et le convoyait au Ghana. De ce commerce est né l’une des plus fructueuses entreprises africaines basée à Londres, Antrak Group of Companies, avec plus de 150 représentations dans le monde, plus de 500.000 emplois créés et l’une des premières compagnies aériennes détenues par un Africain, Antrak Air. Aussi, selon Mohamed Lamine Haïdara, il y avait un Libano-Syrien nommé Bijaj qui faisait le commerce du poisson. «Ce dernier a amassé une très grande fortune. Il avait des boutiques, magasins et des camions pour assurer le transport avec des centaines d’employés à Mopti, Koro, Bankass, Bobo-Dioulasso, Ouahigouya et Kumasi», relate-t-il. Bijaj échangeait en grande partie avec les Yorubas du Nigeria. C’était durant le règne de feu Kwame N’Krumah. Quant à la diaspora du Soudan français, beaucoup finiront par se reconvertir dans d’autres négoces. C’est le cas de Ousmane Bocoum, aujourd’hui âgé de 85 ans, résidant à Bamako. Assis dans sa chambre, les pieds croisés sur un tapis de prière, l’octogénaire est entouré de livres en arabe et écoute des notes vocales sur son Smartphone. Dans un coin de la chambre, un boîtier de wifi clignote. «Mon père est originaire de Handjame, dans le Cercle de Niafunké (Nord), C’est lui qui était installé au Ghana où je suis né en 1945. Il était dans le commerce du diamant et le change (avec un bureau de change et les monnaies utilisées étaient le Fcfa et le pound britannique) sur le marché et certains de ses frères et cousins évoluaient dans le commerce de l’or», relate-t-il. Sa famille était aussi propriétaire d’un important cheptel dans le delta du fleuve Niger qu’il vendait. «De ce commerce, j’ai plus tard développé plusieurs autres business dont l’ouverture d’une usine de matelas», ajoute-il. «Comme nous, beaucoup de Maliens ont fait fortune grâce à la Route du poisson
Diéma : L ’herbe, si rare et si cher pour les éleveurs !
Par Ouka BAH Diéma, 28 fév (AMAP) Dans le cercle de Diéma, (Ouest) l’herbe est devenue si rare et coûte si cher qu’une charretée est vendue à 7 500 voire 10 000 Fcfa, alors que pour un chargement de tricycle, il faut débourser jusqu’à 25 000 Fcfa ! Jamais, de mémoire de doyen, le prix de l’herbe n’a atteint de tels sommets. Une situation difficile, surtout dans une localité de Diéma où l’élevage demeure la deuxième activité économique. Selon les constats, la cherté de l’herbe est surtout liée au déficit pluviométrique enregistré durant cette campagne agricole. Cela a influé négativement sur le couvert végétal. Il faut ajouter, également, l’action destructive des feux de brousse, provoqués souvent de façon volontaire, l’arrivée progressive des transhumants de pays voisins, en quête de pâturages, ainsi que l’exploitation abusive des réserves d’herbe par des transporteurs de Nioro qui viennent incessamment, charger leurs véhicules. Ici, tout le monde s’accorde à dire, sans que cela soit vérifiable, que des personnes malintentionnées ont provoqué des feux commandités par certains marchands de tourteaux, afin que leurs stocks soient vite écoulés et qu’ils puisent en tirer d’importants bénéfices. A propos, Fodé Doumbia, un bricoleur, dit avoir quitté Torodo, récemment. « Sur ce tronçon, tout est calciné, il n’existe aucune surface d’herbacée. Du côté de Kana, en allant vers le Baoulé, de grandes superficies ont été ravagées par le feu », décrit-il. « Certains marchands de tourteaux poussent des individus à mettre le feu aux herbes. Ils se disent que s’il n’y a plus d’herbe, les éleveurs n’auront pas le choix : ils seront obligés de se tourner vers eux », accuse notre interlocuteur. Des mégots de cigarettes jetés, par incivisme aux bords des routes, par certains voyageurs, provoquent des feux de brousse souvent difficile à maîtriser. FEUX CRIMINELS – A Farabougou, selon le directeur technique du Centre de santé communautaire (CSCOM), Bourama Samaké, une charrette d’herbe coûte 2 500 Fcfa. « Je n’ai pas vu de mes yeux, mais beaucoup de personnes rapportent que des marchands de tourteaux paient des gens pour mettre le feu aux herbes. Si cela est vrai, ce n’est pas une bonne chose », dit-il, invitant les auteurs présumés à arrêter ce genre de pratique. L’agent de santé a un travailleur saisonnier pour le stockage de l’herbe sur ses pilotis. Cette année est charnière pour les éleveurs dans le Cercle de Diéma. Déjà, les pâturages ont complètement disparu. Pour avoir de l’herbe, c’est la croix et la bannière. Il faut se lever au premier chant du coq et parcourir des dizaines de kilomètres. Dans le Baoulé, l’herbe foisonne mais, à cause de l’insécurité, rares sont ceux qui osent s’y aventurer. Ainsi, avant l’arrêt des pluies, certains éleveurs, les plus avertis, ont pris le soin de stocker de l’herbe, sur les toits de leurs hangar, pour juguler d’éventuelles crises. Dans de nombreuses maisons, on voit des hangars géants dressés, de la hauteur de monticules. Dramane Boiré est plasticien. Il salue les subventions accordées par le Gouvernement pour rendre plus accessible le tourteau. De 10 000 Fcfa pour le sac de 50 kg, le prix a été ramené à 8 500 F CFA. Dans les jours à venir, poursuit le plasticien, sur un ton monocorde, je sûr que ce montant sera revu à la baisse. C’est une bonne initiative de la part du Gouvernement, car elle permet de soulager bon nombre d’éleveurs qui peinent à entretenir leurs animaux surtout en cette période de crise d’herbe. Moussa Djiré, maraîcher, dispose d’une bonne quantité d’herbe chez lui. Il explique que pour ramasser de l’herbe en brousse, le moyen le plus rapide, à défaut de véhicule, est un attelage avec un cheval. Il a engagé, spécialement, un manœuvre pour le ramassage de l’herbe. EXCEPTION – Mamadou Camara, domicilié à Madina, village à équidistance entre Diéma et Diangounté Camara déclare qu’il n’y a pas de problème d’herbe dans sa localité. « Nos réserves d’herbe sont suffisantes pour couvrir tous nos besoins avant le prochain hivernage », dit avant d’expliquer que chez eux, « on ne connait pas de feux de brousse, du moins pour le moment ». « Nos pâturages sont abondants et le couvert végétal se porte à merveille. Néanmoins, par mesure de prudence, beaucoup d’éleveurs ont commencé à constituer des stocks d’herbe », ajoute-il. Lakami Diaby se frotte les mains. Ce travailleur saisonnier effectue deux transports d’herbe par jour. Il vend une première charretée et garde la seconde sur le hangar de son patron. « Avec mes économies, laisse entendre l’homme, je compte ouvrir une boutique et renoncer au travail des mines ». « Un jour, j’ai suivi un ami qui partait couper de l’herbe. Mais lorsqu’il m’a fait savoir qu’il se rendait dans le Baoulé, j’ai rebroussé chemin pour prendre une autre direction », explique un travailleur saisonnier, en se tordant de rire. Face à cette pénurie de pâturage, les éleveurs du Cercle de Diéma appellent les autorités nationales, pour une solution rapide « avant qu’il ne soit trop tard ». Ils demandent ainsi d’assurer l’approvisionnement correct des éleveurs en tourteaux, faute de quoi, « tout le cheptel risquera d’être décimé cette année ». Selon eux, cette crise affecte dangereusement le monde de l’élevage dans cette bande sahélienne qui souffre, déjà, des séquelles d’une mauvaise pluviométrie. OB/MD (AMAP)
Le Mali teste le corridor avec la Mauritanie pour évacuer son coton
Bamako, 28 fév (AMAP) La Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) a lancé, vendredi dernier, ses opérations d’évacuation de la fibre de coton via le Port autonome de Nouakchott, en Mauritanie, a constaté sur place l’AMAP. «Aujourd’hui, le premier convoi de 53 camions va transporter 1.600 balles de fibre de coton vers Nouakchott. Le Mali doit transformer l’embargo en une opportunité car certains ont voulu nous asphyxier. On va repartir notre fret sur l’ensemble des ports de la Guinée, de la Mauritanie et de l’Algérie», a déclaré le ministre du Développement rural, Modibo Keita. Le départ de 53 camions de coton fibre a été donné à Kati, près de Bamako, lors d’une cérémonie présidée par le ministre du Développement rural, Modibo Keita, accompagné du président directeur général de la CMDT, Dr Nango Dembélé, du président du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), Youssouf Traoré, le maire de Kati, Yoro Ouologuem, les autorités traditionnelles et coutumières de la ville garnison et des syndicats de chauffeurs. Au regard du contexte actuel, marqué par la fermeture des frontières des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ces deux ports constituent, d’une part, un véritable moyen de désengorgement des usines d’égrenage de la CMDT et, d’autre part, une assurance pour le respect strict des clauses relatives aux délais des contrats signés avec les clients. « C’est une alternative crédible parce que le corridor mauritanien n’est pas méconnu des transporteurs maliens », a assuré le président du CMTR, Youssouf Traoré. Il a rappelé que les initiatives de dialogue commencées, il y a déjà quelques années. n’avaient pas abouti. «Dorénavant, on ne va plus mettre nos œufs dans le même panier. Nous allons diversifier nos partenaires et renforcer nos collaborations», a-t-il insisté, à la satisfaction des chauffeurs. Daouda Traoré est un l’un des routiers qui se rendent aujourd’hui (vendredi) en Mauritanie. Il procède à une dernière inspection de son camion. «Nous connaissons très bien la route Mali-Mauritanie. Bien qu’elle soit plus petite et plus longue que les autres voies, elle est praticable», soutient le cinquantenaire. Quant à Inza Traoré, la trentaine, il est à son premier voyage sur cet axe. «Il ressort des échanges avec nos aînés qu’ils font face à des tracasseries routières de la part de certains agents de sécurité mauritanienne», confesse-t-il. Leurs responsables ont assuré avoir discuté de cette question avec les autorités mauritaniennes. C’est dans la perspective de la diversification de ses ports de sortie et à cause de l’augmentation importante de sa production que la CMDT a dépêché une mission conjointe CMDT/CMTR de prospection aux ports de Conakry et de Nouakchott. L’objectif de cette mision était d’évaluer les potentialités et opportunités de es sites pour le transit du coton fibre malien. Il est ressorti des conclusions de la mission la possibilité d’exporter via ces deux ports 60.000 tonnes de fibre de la production 2021/2022. OS/MD (AMAP)
Forum Invest in Mali : Pleins feux sur les opportunités d’investissement dans notre pays
Envoyé spécial Dieudonné DIAMA Dubai, 25 fév (AMAP) Le Premier ministre malien et des membres du gouvernement au cours de la rencontre Forum Invest in Mali, jeudi, à Dubaï, ont exhorté les investisseurs à explorer les possibilités qu’offre la puissance agro-industrielle en Afrique de l’Ouest. Les échanges ont eu lieu dans le cadre de l’Exposition universelle 2020. Cette exposition, initialement prévue du 20 octobre 2020 au 10 avril 2021, a été reportée du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022 à cause de la crise de la Covid-19. Avant cette édition, le Mali a participé aux quatre dernières expositions universelles qui ont eu lieu en 2000 à Hanovre en Allemagne, en 2005 à Aichi au Japon, en 2010 à Shanghai en Chine et en 2015 à Milan en Italie. Le thème du forum est « le Mali, une puissance agro-industrielle en Afrique de l’Ouest ». Après les mots de bienvenue du Dr Mohammad Al Kindi, ministre de l’Environnement et de l’Eau des Émirats arabes unis, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Youssouf Bathily, a remercié les autorités émirats pour l’appui et les facilités accordées à notre pays pour sa participation à cette exposition. M. Bathily a attiré l’attention des investisseurs émiratis sur le fait que le Mali regorge d’énormes ressources au niveau de son sous-sol et bien d’autres richesses dont le coton qui n’attendent que les investisseurs pour leur transformation. C’est pourquoi, il a invité ces investisseurs à prospecter toutes les richesses dont dispose le Mali. Mieux, il a demandé au chef du gouvernement de les inviter pour un séjour au Mali afin de prospecter les nombreuses potentialités de notre pays. Dans son intervention, le Premier ministre a souligné que ce forum est une session d’information sur les opportunités économiques que regorge le Mali. Dr Choguel Kokalla Maïga s’est réjoui de la présence massive des investisseurs à ce forum. Avant de transmettre aux autorités émiraties, les salutations fraternelles et la profonde reconnaissance des plus hautes autorités du pays. Pour lui, la participation du Mali à l’exposition universelle Dubaï 2020 vise à faire connaître notre pays, son présent et son histoire. « En venant à ce rendez-vous universel, nous avons fait le choix de mettre en lumière la contribution substantielle de la nation malienne au progrès de l’humanité à travers le concept de diatiguiya », a indiqué le chef du gouvernement. Selon Dr Choguel Kokalla Maïga, la dénomination du Pavillon du Mali « ben so diatiguiya » tire ses origines de notre civilisation millénaire. Il a rappelé que notre pays a fait le choix de bâtir une économie libérale. Et le gouvernement fait du secteur privé, le moteur de la croissance économique et du développement. « L’État s’est progressivement retiré du système de production et de commercialisation pour se recentrer sur son rôle d’orientation et de régulation de l’activité économique », a-t-il souligné. Avant d’ajouter qu’à ce titre, plusieurs réformes institutionnelles et du cadre législatif et réglementaire ont été entreprises faisant du Mali une destination et un pays plus attractif. PLUS DE 10 MILLIONS D’HECTARES – Le chef du gouvernement a fait savoir que le panorama du Pavillon du Mali à l’Expo Dubaï 2020 illustre l’énorme potentiel hydro-agricole et sylvo-pastoral de notre pays. À cet effet, Dr Choguel Kokalla Maïga a rappelé que le Mali est arrosé par deux fleuves lui offrant la plus grande surface de terre arable et cultivable avec plus de 10 millions d’hectares. Il a ajouté que le Mali produit 800.000 tonnes de coton en moyenne par an dont 2% sont transformées sur place. Le chef du gouvernement a, aussi, dit que le cheptel malien est le deuxième plus important en Afrique, après celui du Nigeria et continue à exporter le bétail vivant. Dans le domaine des mines, il a précisé que le Mali exporte 64 tonnes d’or en moyenne par an. Le Premier ministre a souligné les avancées réalisées par notre pays dans le classement Doing business. Avant de soutenir que le Mali est une bonne destination pour les investisseurs. C’est pourquoi, il a invité les nombreux investisseurs présents au forum à y faire un tour et à faire le pari du Mali qui est un pays d’opportunités. Il les a invités pour un voyage au Mali. Au cours de ce forum, il y a eu un thème sur les secteurs d’opportunités au Mali avec des présentations sur le cadre législatif et réglementaire des investissements au Mali, les textes législatifs et réglementaires sur le cadre de partenariat public-privé au Mali, sur les filières porteuses au Mali tirées de la stratégie nationale de développement des exportations par le ministre du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed. S’en est suivi un autre panel sur le thème « un pays unique, des possibilités infinies ». Au niveau de ce panel, les présentations ont concerné les secteurs prioritaires dans les domaines de l’énergie, notamment les énergies renouvelables par le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré. Une autre présentation a été faite par la ministre des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko sur les secteurs prioritaires dans les domaines des infrastructures et des transports. À l’issue des présentations suivies de débats, le Premier ministre et sa délégation ont invité les investisseurs émiratis à venir prospecter les immenses potentialités économiques que regorge le Mali. DD (AMAP)
Expo 2020 de Dubaï : Le Mali fait étalage de ses immenses potentialités
Envoyé spécial Dieudonné DIAMA Dubai, 24 fév (AMAP) Le chef du gouvernement, Choguel Kokalla Maiga, a pris part, mercredi, à la Journée du Mali, à l’Exposition universelle Dubaï 2020 placée sous le thème «Connecter les esprits, construire le futur». Le Mali a choisi la thématique «opportunité» arrimée au thème général de l’exposition. La cérémonie, qui était l’activité phare de la journée, a débuté par la montée des couleurs des drapeaux du Mali et des émirats arabes unis suivie de l’exécution des hymnes nationaux des deux pays. A ce grand rendez-vous, le stand de notre pays invite le visiteur à un voyage enrichissant. Occasion de faire la découverte de notre histoire millénaire, de nos empires médiévaux, de nos villes légendaires comme Tombouctou et Djenné, de notre riche culture, de notre musique, des richesses de notre sous-sol… Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a présidé la cérémonie en présence du représentant du gouvernement des Emirats arabes unis. Le représentant du gouvernement, membre de la famille royale a, dans son discours, remercié les autorités maliennes pour la participation de notre pays à ce rendez-vous mondial. Selon lui, le panorama du Pavillon du Mali dégage des valeurs de paix, de tolérance et une volonté de coopération avec les autres. Pour lui, le Mali est un pays de culture et de tradition qui offre au monde ses aspirations de paix. à travers ce pavillon, dit-il, on peut découvrir les valeurs traditionnelles et culturelles du pays. Dans son discours, le Premier ministre a souligné que le Mali se devait d’être présent à ce rendez-vous en raison de ses excellentes relations d’amitié et de coopération avec les émirats arabes unis qui, au demeurant, n’ont ménagé aucun effort pour encourager et faciliter sa participation à ce rendez-vous mondial. Dr Choguel Kokalla Maïga dira qu’en répondant favorablement à l’invitation à participer à cette exposition, le Mali a voulu partager avec le monde entier sa vision prospective centrée sur l’homme et son bien-être dans un monde de défis et d’opportunités. Pour le chef du gouvernement, le Pavillon du Mali est un voyage le long du fleuve Niger pour découvrir les immenses richesses culturelles, touristiques mais surtout, les potentialités économiques des villes au bord du fleuve. Le Premier ministre, qui est revenu sur les valeurs historiques caractérisant le Mali, a souligné que le pays est confronté aujourd’hui à une grave crise sécuritaire liée au terrorisme. Toutefois, selon lui, il reste admirablement résilient face aux défis émergents qui se posent à l’humanité. Pour lui, la visite du Pavillon du Mali à l’Expo 2020 fait voyager à travers ce vieux et grand pays d’Afrique, une terre de savoirs et de mémoire, qui a établi dès le Moyen âge, des relations commerciales et diplomatiques avec les nations du Maghreb, du Sud de l’Europe et d’Orient. «Si le Mali est célèbre pour son histoire millénaire, ses empires médiévaux, ses villes légendaires comme Tombouctou, Djenné, le pays dogon, il est aussi riche de son présent, de sa culture, de sa musique, des immenses richesses de son sous-sol, de ses paysages, de ses terroirs, de ses écosystèmes, de son cheptel et de ses nombreux cours d’eau», a développé le chef du gouvernement. 3è PRODUCTEUR D’OR – En participant à l’Exposition universelle 2020, souligne-t-il, le Mali espère transformer les immenses atouts offerts par ses cours d’eau, dont le fleuve Niger et les gisements miniers et énergétiques en opportunités pour booster son développement et lutter contre la pauvreté. «Avec un fort potentiel irrigable, le Mali dispose de ressources nécessaires pour devenir l’un des piliers agricoles de l’Afrique de l’Ouest. Cela passe nécessairement par une diversification des bases de la production en vue d’atteindre une croissance accélérée, durable, créatrice d’emplois et d’activités génératrices de revenus», a soutenu le Premier ministre, ajoutant que cette croissance sera soutenue par le secteur minier. à cet effet, il a rappelé que le Mali, troisième producteur d’or en Afrique, dispose d’importantes ressources notamment en or, fer et bauxite. Mieux, il dira que les perspectives offertes par les récentes découvertes notamment celles du lithium ou de l’hydrogène permettront d’élargir la base et le spectre de la production minérale au Mali. En plus de ces richesses minières, le chef du gouvernement a cité le coton, l’arachide où la production a encouragé l’implantation d’unités industrielles. Il a cité aussi le secteur de l’élevage et fait cas du potentiel qui existe dans le développement de l’industrie des matériaux de construction dans notre pays. Il rappellera ensuite que notre pays occupe la 148è place sur 190 pays avec une facilité à faire des affaires à 52,9 sur 100. Enfin, Choguel Kokalla Maïga a souhaité que cette journée raffermisse davantage les relations d’amitié et de coopération existant entre les deux pays. La cérémonie a pris fin par une prestation musicale groupée des artistes, entre autres, Bassékou Kouyaté, Oumou Sangaré, Safi Diabaté, Ami Sako, Vieux Farka. S’en est suivie la visite du Pavillon du Mali et celle des émirats arabes unis par le Premier ministre et le représentant du gouvernement des émirats arabes unis. La fête s’est poursuivie dans la soirée par un dîner offert au chef du gouvernement et par une soirée culturelle dédiée au Mali avec la prestation de nombreux artistes maliens qui ont tenu les nombreux visiteurs en haleine. En plus de plusieurs membres du gouvernement, de nombreux opérateurs économiques et nos compatriotes établis aux émirats arabes unis ont massivement pris part à cette journée. DD (AMAP)
Région de Ségou : L’accalmie s’installe peu à peu
Reportage : Envoyé spécial Cheick Amadou DIA Ségou, 23 fév (AMAP) Cultures brûlées, matériels agricoles détruits, bétails emportés : Ces actes de banditisme rythmaient le quotidien des habitants de dizaines de villages, dans le Cercle de Niono (Centre), en zone Office du Niger. En seulement deux mois d’opération des Forces armées et de sécurité, plus de 60% de la zone ont été récupérés par nos soldats. Les femmes sont, de plus en plus, visibles dans les champs et sur les espaces maraîchers. Le commandement compte en finir définitivement avec l’ennemi en débandade, dans les jours à venir Située à environ 70 kilomètres de la capitale régionale, la circonscription administrative de Niono abrite la majeure partie des surfaces rizicoles du Mali. Au-delà des cultures céréalières, on y produit des légumes comme la pomme de terre et l’oignon. En 2021, la campagne agricole a été affectée par l’arrivée des terroristes qui s’en prenaient aux habitants de dizaines de villages et leurs champs. De Farabougou à Songo, en passant par Dogofri, Fabacoro et Diabaly, ces villages étaient devenus les symboles de l’occupation et de la présence des terroristes. Des villages entiers ont été vidés de leurs populations. Ceux qui ont accepté de se rallier à leur cause ont été épargnés des affres de l’obscurantisme. Le témoignage de Bourama Coulibaly, chef du village de Songo, dans la Commune rurale de Mariko, fait froid dans le dos. Chassés par les assaillants depuis plus de quatre mois, les habitants ont trouvé refuge dans le village de Kimbiri-wèrè, dans la même commune. Leurs champs qui demeurent leur seule source de revenus et de subsistance, ont été confisqués et le bétail emporté. À en croire le chef coutumier, ses congénères vivent dans le dénuement total, en proie à la famine. Idem pour les habitants du tristement célèbre village de Farabougou. Si l’armée y est présente depuis quelques mois, « les habitants restent confinés sur place. Les activités économiques sont toujours à l’arrêt », confie Abdoul Karim Coulibaly, conseiller du chef de village. Ne pouvant pas se rendre à la foire de Dogofri, village voisin à quelques encablures, les plus de 3.000 âmes vivent grâce à l’assistance. Il y a quelques jours, les Forcesramees maliennes (FAMa) y ont convoyé 65 tonnes de vivres. Ce qui a permis de soulager une population durement affectée par la faim et la peur. « Plus de 5.000 hectares de culture ont été détruits par les agresseurs », signale le conseiller coutumier. L’accès au village est toujours difficile à cause des pistes minées. Cinq ponts ont été dynamités. « Des travaux sont en cours pour le déminage des voies d’accès et la réparation des infrastructures par l’Armée malienne et ses partenaires », a dit le commandant de la 2è Région militaire, le colonel Didier Dembélé. Le déclenchement de l’opération Mali-Ko, arrivé en janvier dernier dans ces localités, « a permis aujourd’hui d’installer de façon progressive, une accalmie », confirme le maire de la Commune urbaine de Niono, Abdrahmane Touré. Son collègue de la Commune rurale de Mariko juge que cette accalmie est quelque peu relative. Dans sa circonscription, qui compte 25 villages et une trentaine de hameaux, « deux villages sont toujours assiégés. 15 autres sont entre les mains des ‘’gens de la brousse’’ » (désignant les terroristes) », indique Brahima Diaby. RETOUR À LA STABILITÉ – « Cette situation est exacerbée par les agissements peu orthodoxes des groupes d’autodéfense constitués de chasseurs «donzos» », s’indigne le responsable communal. Ces individus qui sont censés protéger leurs villages contre les agresseurs, sont en effet devenus eux-mêmes leurs bourreaux. Armes en main, ils harcèlent des habitants déjà dépourvus de tout, en les obligeant à leur verser des sommes d’argent contre la garantie de leur sécurité. Ils enlèvent leurs animaux pour les vendre sur le marché local et s’accaparent de leurs biens. Tientienbougou, un village de la commune, est pris en otage par les « donzos » depuis plusieurs mois. Ses habitants sont soumis à toutes sortes de violences. Ils ne peuvent ni se rendre dans leurs champs, ni participer aux foires pour subvenir à leurs besoins. Ce qui complique davantage la situation sécuritaire dans la zone. Ce banditisme d’un genre nouveau est devenu récurrent dans la zone. D’où l’inquiétude des autorités communales qui demandent leur désarmement et leur démobilisation par les FAMa. « Ce travail sera fait », assurent les responsables militaires sur place. « Il faut juste en finir avec la première menace qui est celle des terroristes », affirment-ils. Rappelons que la crise sécuritaire dans la région a sérieusement affecté la campagne agricole 2021-2022 dans la zone de l’Office du Niger. « Sur les 120.000 hectares à mettre en valeur, près de 12.000 hectares, soit 10% de la superficie cultivable n’ont pu être exploitées à cause de l’insécurité », indique Salif Ouédraogo, directeur de zone à l’Office du Niger. C’est pourquoi, pour soulager la souffrance des populations déjà affectées, « la direction générale de l’Office du Niger a renoncé à la redevance eau, taxe destinée à l’entretien des canaux, pour un montant de 780 millions de Fcfa, au titre de la campagne 2021-2022 », rappelle le directeur de l’appui au monde rural à l’ON, Bamoye Keïta. « D’autres mesures d’accompagnement des sinistrés seront proposées aux autorités, promet M. Keïta. Pour combler ce déficit, la structure mise sur la culture de contre-saison qui bat son plein sur les parcelles dédiées à cet effet. En bras de chemise, pantalon retroussé jusqu’au genou, debout au milieu de son champ de riz, Bassaro Traoré nous reçoit. Cet habitant de la ville de Niono n’avait pas pu travailler en début de campagne à cause de l’insécurité. Avec l’arrivée des FAMa, il est aujourd’hui rassuré et peut s’occuper de son champ en toute sécurité. À l’image de ce paysan, ils sont plusieurs à pratiquer la culture de contre-saison. Les femmes sont de plus en plus visibles dans les champs et sur les périmètres maraîchers. Ce qui est un signe annonciateur du retour à la stabilité et à la reprise des activités économiques dans le cercle, espère l’élu communal de Niono. En seulement deux mois d’opération, plus de 60% de la zone ont été

