Panier de la ménagère : Les prix des légumes baissent
Par Anne-Marie KÉITA Bamako, 02 fév (AMAP) C’est la période d’abondance de ces produits de consommation. Le niveau élevé de l’offre sur les marchés a pour conséquence une tendance baissière. De quoi réjouir les ménagères, car elles peuvent proposer des mets succulents en déboursant peu d’argent (Lire la suite sur : http://lessor.ml)
Exportation de la gomme arabique : Une activité plombée par la COVID-19
Par Makan SISSOKO Bamako, 27 janv (AMAP) La gomme arabique intervient dans la fabrication des boissons, des cosmétiques, des produits pharmaceutiques Ce produit d’exportation par excellence est peu consommé et pas transformé au Mali. Les acteurs de l’Interprofession souhaitent changer la donne afin de bénéficier de tous les avantages financiers de l’exploitation de la plante. (Lire la suite http://lessor.ml
Production de coton dans la Zone Franc : Le Mali occupera la première place (Département d’Etat Us de l’Agriculture)
Bamako, 21 déc (AMAP) Un rapport du Département américain de l’Agriculture (USDA), en date du 28 septembre 2021, prédit que le Mali sera le plus grand producteur de coton en Afrique pour la campagne 2021/22, suivi du Bénin, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. Cette projection, en attendant la fin des opérations de compilation des derniers chiffres relatifs à la production cotonnière, cette année, « résulte de l’exploitation d’une superficie presque record et des conditions météorologiques favorables à l’établissement et au développement des cultures de juin à début septembre », précise le document dont l’authenticité a été confirmée par la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT). « Le Mali a semé une superficie record de 795.000 hectares (ha), en hausse de 630.000 hectares (382%) par rapport à la récolte boycottée de l’année dernière », argumente le document. Il ajoute que la Côte d’Ivoire a également semé une superficie agricole record de 460.000 ha, tandis que le Bénin et le Burkina Faso ont, chacun sem,é plus de 600.000 hectares cette année. La Zone franc africaine, telle que définie par les estimations de l’offre et de la demande agricole mondiale de l’USDA, comprend dix pays francophones d’Afrique de l’Ouest dont la production totale de coton, au cours des trois dernières années, classe la région au sixième rang mondial des producteurs de coton. Pour la campagne cotonnière 2021/2022, l’USDA prédit pour la Zone franc africaine une production de près de 5,86 millions de balles, en hausse d’un million de balles (21%) par rapport à l’année dernière et en baisse de 59.000 balles (1%) par rapport à la récolte record de la campagne 2019/2020. La superficie récoltée devrait s’établir à 3,1 millions d’hectares, en hausse de 710.000 hectares (29%) par rapport à l’année dernière et à 5.000 hectares par rapport à la zone record pour la campagne 2019/2020. Le rendement prévu de 408 kilos par hectare est presque égal au rendement moyen des 5 dernières années, précise le rapport. Selon les rapports régionaux sur les semis de cultures, l’apparition opportune des pluies en juin a permis à la plupart des pays d’atteindre plus de 90% de leurs objectifs de superficies ensemencées d’ici la fin juillet. Il constate que les périodes de sécheresse en juin et juillet ont retardé les semis au Togo et au Bénin. Les conditions de récolte sont bonnes à excellentes au début du mois de septembre après que la plupart des grandes régions productrices de coton ont reçu des précipitations moyennes à supérieures à la moyenne du 1er juin au 10 septembre. Les pluies supérieures à la moyenne en août ont également stimulé les réserves d’humidité du sol et aidé les cultures ensemencées tardivement à se remettre d’une saison agricole retardée, note le rapport. La région de Sikasso, dans le Sud du Mali, est l’une des plus grandes zones de production de coton de la zone franc africaine. Elle produit environ 65% de la production totale de notre pays. Les précipitations cumulatives dans cette région étaient supérieures à la moyenne de juin à septembre. Les mesures de l’Indice de végétation par différence normalisée (IVDN) des terres cultivées étaient moyennes à supérieures à la moyenne vers la mi-septembre. OS (AMAP)
Conseil de cabinet mardi sur la renovation du barrage de Markala
Bamako, 15 déc (AMAP) Le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, a présidé, mardi, à la Primature, un conseil de cabinet restreint avec cinq membres du gouvernement sur la réhabilitation du barrage de Markala, situé dans la Région de Ségou (Centre). A l’issue de la rencontre, le ministre du Développeront rural, Modibo Keïta, a confié que lui et ses collègues concernés par le dossier, en l’occurrence de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel-major Daoud Aly Mohammedine, des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, ont discuté « avec le chef du gouvernement des dispositions à prendre, le plus rapidement possible, pour la réhabilitation du barrage de Markala. Selon le ministre Modibo Keïta, lorsque l’information a été portée à la connaissance du gouvernement, le Premier ministre a aussitôt réuni ce conseil restreint pour que « nous puissions nous entendre sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour sauver le barrage » hautement stratégique pour le développement de la culture du riz et de la canne à sucre dans la zone Office du Niger. À cet effet, les ministres en charge des Finances et de la Sécurité vont prendre les dispositions nécessaires. Ainsi, « les fonds seront mis à disposition par le département des Finances et les travaux de réhabilitation seront effectués par les Ateliers centraux de Markala, afin de réduire les coûts qui tourneraient autour de 3,5 milliards de Fcfa s’ils sont effectués par le secteur privé ». C’est pourquoi, le gouvernement a décidé de faire une dérogation pour que les ateliers de Markala puissent faire ce travail afin d’amoindrir le coût. Le ministre du Développement rural a prévenu qu’au-delà de cette réparation, il faudra complètement rénover le barrage, conformément aux avancées technologiques L’ouvrage a été construit depuis la période coloniale. Interrogé sur la date exacte du démarrage des travaux, le ministre Keïta a souligné que c’est très bientôt, car c’est très urgent. « Le ministre des Finances va déjà mettre les fonds à disposition et dès que le devis sera fait par les Ateliers centraux de Markala, les travaux vont commencer immédiatement », a-t-il assuré. Le barrage hydraulique de Markala est un pont-barrage de dérivation situé dans la ville du même nom, dans l eCentre du Mali. D’une longueur de 816 mètres, le pont est entièrement fait en métal et a été construit en même temps que le barrage, qui a pour but de relever le niveau du fleuve Niger jusqu’à 5,5 m au-dessus de celui de l’étiage. Ce, en vue de permettre l’irrigation gravitaire des zones situées en rive gauche, afin de développer la culture du riz et de la canne à sucre dans le cadre de l’Office du Niger. La construction de l’ouvrage a débuté en 1934 pour s’achever le 30 juin 1947. Sa réalisation a été faite dans le cadre de travaux forcés de milliers de travailleurs provenant de tous les pays de l’Afrique occidentale française (AOF). Un monument situé à l’entrée du pont rend hommage aux personnes décédées pendant sa réalisation. AT/MD (AMAP)
Filière bétail-viande : L’usine des sous-produits d’abattage bientôt opérationnelle
Bamako, 13 déc (AMAP) Le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, a remis samedi dernier dans l’après-midi, les clés de l’usine des sous-produits d’abattage de Sabalibougou-Est à la directrice générale de la société Katura international, Mme Soulakamoussou Konaté, une Malienne établie en France. Cette cérémonie, couplée à l’ouverture du marché à bétail, a eu lieu à Sabalibougou Courani à côté de l’abattoir frigorifique. Elle cérémonie fait suite à la signature entre le gouvernement du Mali et la société Katura international d’un contrat d’affermage de l’atelier de transformation des sous-produits d’abattage de l’abattoir de Sabalibougou pour une durée de dix ans renouvelable. Modibo Keïta a relevé l’importance de la signature de ce contrat avec Katura International pour la valorisation des sous-produits d’abattage (sang, os, cornes, sabots, onglons, viandes saisies). « Ils seront transformés en aliments pour volailles et poisson, engrais et biogaz », a précisé le ministre en charge du Développement rural. La production nationale en la matière est évaluée à 27.162 tonnes par an. L’essentiel de ces sous-produits est soit jeté dans la nature, soit stocké pour être ensuite détruit et « constitue de ce fait des sources de nuisances et de pollution pour l’environnement des centres d’abattage », a signalé Modibo Keïta. Parlant des termes de la convention, il a expliqué que l’apport en ressources propres de Katura International s’élève à 632.125.000 de Fcfa. Cette contribution est destinée à la rénovation, à l’expansion et à la mise en exploitation de l’atelier. Ce qui permettra la création de 40 emplois directs et 200 emplois indirects grâce au développement de la sous-filière collecte et transport des sous-produits d’abattage, s’est-t-il. Aussi contribuera-t-elle à la production d’une tonne d’aliment poisson-volaille et de 4,5 tonnes d’engrais par jour, le développement de la production industrielle de biogaz et créera de nouvelles ressources fiscales pour l’état, a ajouté le ministre Modibo Koné. Il a rappelé que l’atelier de transformation des sous-produits d’abattage a été construit en 2017 et équipé en 2018 sur financement du budget national pour un montant total d’environ 3 milliards de Fcfa. Ce joyau technologique, bâti sur une superficie de 2 hectares 16 ares 17 centiares n’a pas été mis en service depuis sa construction. Selon la directrice générale de la société Katura International cette usine de valorisation des sous-produits d’abattage nous permettra de créer des emplois directs et indirects pour le bien-être de la population. Elle a pris l’engagement « de faire prospérer ce joyau et d’en faire un exemple de probité et de professionnalisme en matière de gestion ». C’était en présence du ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l’élevage et de la Pêche, Youba Ba, de son collègue des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Alhamdou Ag Ilyène et du maire de la Commune rurale de Kalaban-coro, Tiékoura Diarra. MS/MD (AMAP)
Fleuve Niger : La grande décharge
Par N’Famoro KÉITA Bamako, 09 déc (AMAP) En parcourant les berges du Djoliba (le tronçon bamakois) de ce cours d’eau majestueux qu’est le Niger, on assiste à un spectacle de désolation. En plus de l’occupation anarchique et illicite de ses berges par les habitations, ce sont des tas d’immondices que l’on voit ça et là, issus des ménages voisins, des cadavres d’animaux, mais aussi des tanneries artisanales qui y sont installées ! Cette activité, très polluante à cause des matières chimiques utilisées dans le tannage de la peau de bêtes, produit des déchets, aussi bien solides que liquides très toxiques, qui sont déversés directement dans le fleuve. Pour se rendre à l’évidence, notre équipe de reportage s’est rendue sur le terrain. Nous sommes à Djicoroni Para, l’un des quartiers populaires de la Commune IV du District de Bamako, qui longe le fleuve Djoliba, du marigot Woyowayanko, jusqu’à la Cité administrative. C’est aussi dans ce quartier, sur la berge du fleuve, que se trouve le dispositif de traitement d’eau de la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP). Toute l’eau, traitée à ce niveau puis distribuée dans le réseau d’adduction d’eau de la ville de Bamako, est puisée dans le fleuve. Ces mêmes berges sont squattées par l’activité de maraîchage qui côtoie les déchets et autres ordures. C’est le cas de Farima Camara. Cette maraîchère et ses collègues cultivent patate, menthe, gombos, aubergine le long des berges du fleuve Niger. Bourama Coulibaly, un autre maraîcher, témoigne que les gens viennent déverser les déchets dans le fleuve pendant la nuit. «Ma porte fait face au fleuve. Je paie un éboueur à 2.000 Fcfa par mois pour évacuer nos déchets», explique le sexagénaire, pour signifier que le fleuve n’est pas un déversoir. Meurtris et impuissants, les pêcheurs sont témoins oculaires des menaces qui guettent le fleuve Niger et leurs activités. «Quand nous tendons nos filets, ces ordures les envahissent et les endommagent souvent», explique le pêcheur Sanoussi Touminta. Le quinquagénaire rapporte que l’eau est aujourd’hui imbuvable à cause de la souillure. « Même les poissons se font rares », déplore-t-il. Fousseyni Keïta, enseignant à Djicoroni Para, habite à moins de cinquante mètres du fleuve. «Les jeunes des quartiers riverains doivent mener des actions de veille pour empêcher les gens de venir déverser des ordures dans le fleuve. La mairie et l’État doivent nous aider financièrement et matériellement à mettre fin à ce fléau», plaide l’instituteur. Il demande aux autorités de prendre des mesures visant à désinfecter l’eau des collecteurs avant qu’elles ne se déversent dans le fleuve. Chargé des questions eaux et assainissements à la mairie de la Commune IV du District de Bamako, Bakary Diallo confirme que les déchets qui envahissent le fleuve sont des dépôts anarchiques des riverains. «Nous menons, souvent, des campagnes de sensibilisation. Des partenaires financiers ont aidé la mairie à les évacuer quelques fois. Des plaques avaient été installées en certains endroits pour signaler que c’est interdit de déposer des ordures au bord du fleuve», affirme l’élu local. « Donc, explique M. Diallo, ce sont simplement des actes d’incivisme à condamner ». Au regard de toutes ces réalités, la pollution du fleuve devient une grave menace pour la santé publique et la faune aquatique. Plusieurs mesures législatives et règlementaires existent au plan institutionnel, pour lutter contre cette situation. Pour assurer la mise en œuvre de la Politique nationale de la protection du fleuve Niger et suivre l’application des textes sur la pollution du fleuve, l’État malien a créé en 2002, l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN). Selon l’ordonnance n°02-049-P-RM 29 mars 2002 portant sur sa création, elle a pour missions la sauvegarde du fleuve Niger, de ses affluents et de leurs bassins versants, sur le territoire de la République du Mali et la gestion intégrée de ses ressources. À ce titre, l’Agence est chargée de promouvoir et de veiller à la préservation du fleuve en tant qu’entité vitale pour le pays. Elle a en charge la protection des écosystèmes terrestres et aquatiques, les berges et les versants, contre l’érosion et l’ensablement. Ses autres missions portent sur le renforcement des capacités de gestion des ressources du fleuve, de ses affluents et de leurs bassins versants, la promotion et l’amélioration de la gestion des ressources en eau pour les différents usages, la prévention des risques naturels (inondation, érosion, sècheresse), la lutte contre les pollutions et nuisances et le maintien de la navigation sur le fleuve. Au plan institutionnel, l’Agence doit entretenir des relations de coopération avec les organismes techniques similaires des pays riverains concernés. Elle est, également, tenue de concevoir et gérer un mécanisme financier de perception de redevances auprès des organismes préleveur et pollueur d’eau et d’utilisation de ces redevances. Malgré l’existence de ce dispositif institutionnel, le fleuve Niger se meurt aujourd’hui. Il est et continue d’être victime de toutes sortes d’agressions (occupation illicite et anarchique des berges, érosion et ensablement du lit, pollution, etc.) La faune aquatique, constituée à 80% de poissons, perd peu à peu son habitat. La qualité de l’eau est devenue inqualifiable. À ce rythme, si rien n’est fait, le réveil des populations maliennes sera, un jour, brutal. Car, avec les effets néfastes du changement climatique qui impactent négativement son existence, on ne verra qu’une longue vallée poussiéreuse, qui aura été la mère nourricière de tout une nation. Aujourd’hui à sec, le lac Faguibine en est une parfaite illustration. NK (AMAP)
Le ministre de la Justice ordonne une enquête administrative sur l’acquittement de Bakary Togola (Officiel)
Bamako, 07 déc (AMAP) Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué, a ordonné une enquête administrative consécutive à la décision d’acquittement prononcée dans l’affaire « ministère public contre Bakary Togola et autres », a appris l’AMAP de source officielle Dans un communiqué publié, mardi, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, rappelle que la Cour d’assises, en session spéciale sur les affaires économiques et financières, a rendu le lundi 29 novembre 2021, un arrêt d’acquittement dans le dossier « ministère public contre Bakary Togola et autres », accusés d’atteinte aux biens publics et complicité, faux et usage de faux. « Des informations concernant le comportement de certains membres de la Cour et les connivences qui auraient entouré la gestion de cette procédure », selon la même source, il résulterait « un faisceau d’indices graves incitant une enquête afin de faire toute la lumière sur cette affaire, notamment des manquements susceptibles de recevoir une qualification pénale ». « Dans ces conditions, je vous instruis de faire procéder aux investigations nécessaires et me tenir informé des résultats desdites investigations », écrit le ministre Kassogué. Bakary Togola, ancien président de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali (APCAM) et 12 autres co-accusés, jugés pour le détournement de plus 9 milliards et demi de Fcfa, ont été reconnus « non coupables », le lundi 29 Novembre 2021, par la Cour d’assises de Bamako. L’affaire remonte à septembre 2019. Bakary Togola, alors président de l’APCAM et de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton (CSCPC), à la fois, avait été placé sous mandat de dépôt à la Maison centrale d’arrêt de Bamako. Deux ans après, M. Togola est déclaré « non coupable » et se verra aussitôt rembourser 4 000 000 000 de Fcfa, correspondant à la caution qu’il avait versée pour obtenir une « liberté provisoire ». SS (AMAP)
Mali : Eclairages sur les subventions aux produits de grande consommation
Par Cheick Moctar TRAORÉ Bamako, 25 nov (AMAP) «Je ne connais pas grand-chose aux droits de douane, mais je sais une chose, c’est que lorsque nous achetons des biens manufacturés à l’extérieur, nous avons les biens et les étrangers ont l’argent. Mais lorsque nous achetons des biens chez nous, nous avons à la fois les biens et l’argent». Cette vérité primaire avait été dite par l’ancien président américain, Abraham Lincoln. Plus que d’actualité, elle interroge aujourd’hui sur la pertinence, dans la durée, des politiques de subventions à l’importation de certains produits de grande consommation. L’État maliens, à travers un mécanisme à but purement social, mobilise des milliards par an pour permettre aux populations d’accéder à des produits à moindre coût. Malgré tout, certains produits subventionnés semblent hors de portée des consommateurs moyens. Quelle analyse fait-on de cette situation au Mali ? Certaines subventions sont-elles plus utiles que d’autres comme celles du gaz, du carburant, de l’électricité… ? Faut-il continuer à subventionner le riz, le lait, l’huile alimentaire, le sucre, la viande et autres denrées de base, vu les énormes potentialités dont regorge le pays ? La solution peut-elle passer par un soutien massif aux producteurs locaux pour booster la production ou pour un appui aux initiatives locales de transformation de ces produits ? Deux économistes, Cheickna Bounajim Cissé, auteur du livre «Le Sursaut» et Modibo Mao Macalou, ancien conseiller économique à la Présidence de la République, ont donné leurs éclairages sur la problématique. Parlant de la pertinence de ces exonérations, M. Macalou explique que suite à la baisse du pouvoir d’achat et à l’augmentation générale des prix des biens de consommation (inflation), l’État, en tant que puissance publique, mène des politiques de subventions (soutiens) de certains produits de base en vue de soulager les couches sociales les plus fragiles et les plus démunies. Le mécanisme, selon lui, consiste en un transfert de ressources au niveau de la politique fiscale ou à un renoncement à des taxes douanières ou à des impôts. « L’objectif recherché par les autorités, ajoute l’ancien conseiller économique à la Présidence de la République, consiste à rendre certains produits de grande consommation accessibles pour les populations les plus vulnérables afin d’apaiser le climat social et empêcher l’augmentation de l’extrême pauvreté ». 485 MILLIARDS DE FCFA DE SUBVENTIONS – Pauvreté croissante qui contraste avec l’immense potentiel dont dispose notre pays au niveau des secteurs primaires (agriculture, élevage, pêche, sylviculture….). En la matière, le Mali fait face à des difficultés structurelles liées au manque de productivité et de compétitivité de son économie. Les facteurs de production étant insuffisants au niveau des ressources humaines, des infrastructures de base et des financements à moindre coût et, à terme, pour financer l’agro-industrie. En témoigne la forte dépendance du pays aux importations. Cette situation est consécutive au fait que notre économie transforme moins de 2% de ses produits agricoles et pastoraux. «Dans un tel contexte, il est nécessaire de subventionner, pour le moment, les produits de grande consommation afin d’éviter les pénuries sur les marchés et, en même temps, limiter les hausses de prix des denrées de première nécessité», analyse Modibo Mao Macalou. Notre interlocuteur rappelle que dans la loi rectificative de finances pour 2020, les transferts (filets sociaux ou soutiens financiers directs aux couches défavorisées) et les subventions s’élevaient à 485 milliards de Fcfa, dont 43 milliards de Fcfa de subventions pour les intrants agricoles et 30 milliards de Fcfa pour la société Énergie du Mali (EDM). « Leur part est de 385 milliards de Fcfa dans la Loi de finances de cette année, dont 21 milliards de Fcfa pour les intrants agricoles et 30 milliards de Fcfa pour l’EDM-SA », précise l’expert. Il estime à des dizaines de milliards de Fcfa, par an, le manque à gagner (exonérations accordées aux importateurs de produits de base) pour l’État au niveau des cordons douaniers. « À cet effet, insiste l’économiste, un soutien aux producteurs est certes nécessaire mais doit faire partie de la mise en œuvre d’une politique industrielle pour améliorer la diversification et la transformation des produits agro-pastoraux ». Ce qui permettrait, selon lui, d’augmenter les emplois et les revenus pour les populations rurales qui constituent la majorité de la population. DOUBLE PEINE – Ce changement de paradigme s’impose, car rien ne pourrait justifier, à en croire Cheickna Bounajim Cissé, le maintien d’un système d’exonération et de subvention très coûteux pour les finances publiques pour, semble-t-il, « soulager le panier de la ménagère alors que leur efficacité économique et sociale reste très discutable ». « Si l’on sait surtout que la consommation est la conclusion d’un cycle économique et non son début », argumente l’économiste. «La bien-pensance, sincère ou fourbe, a conscience que dans l’absolu, toute importation qui n’a pas un sous-jacent de création interne de richesse ne peut qu’appauvrir le pays importateur», tranche l’auteur du livre «Le Sursaut». En la matière, explique le banquier, notre économie est victime de la «colonialité économique», pour reprendre, selon lui, l’expression de l’économiste camerounais Martial Ze Belinga. « Pour la raison simple qu’elle est pensée et taillée, non pour le marché intérieur, mais pour les besoins de l’extérieur », déplore l’essayiste. Il cite l’économiste togolais Kako Nubukpo pour qui un tel modèle est «une subvention pour les importations et une taxe sur les exportations». « Dans ces conditions, le développement n’est pas seulement un rêve, c’est une véritable utopie », prévient M. Cissé, qui demande de traquer les causes et non les symptômes. « Prenons un exemple simple pour aérer la compréhension. Il est vrai que si on allège le panier de la ménagère (subvention du prix des produits de première nécessité (riz, sucre, farine, eau et électricité, essence, etc.), on améliore, a priori, le pouvoir d’achat des populations adressées et donc on diminue la pauvreté », dit-il. « En théorie seulement, cela est vrai, concède l’économiste. «Mais dans le contexte malien, où l’essentiel des produits manufacturés consommés sont achetés à l’étranger, c’est encourager l’importation et, donc, la sortie de devises, avec tous les effets en cascade sur la balance commerciale et la balance des paiements. Or, si les fonds étaient
Mali : Mesures du gouvernement contre la flambée des prix
Bamako, 19 nov (AMAP) Le ministère malien de l’Industrie et du Commerce a fixé les prix indicatifs plafonds de vente, en gros et au détail, du riz brisure non parfumé importé, de l’huile alimentaire importée, du sucre importé et du pain, applicables sur l’ensemble du territoire et quel que soit le stade de distribution de ces produits. Cette mesure, suivant l’arrêt n°2021 4712/MIC-SG du 15 novembre dernier, sera certainement détaillée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, lors de sa conférence de presse d’aujourd’hui, vendredi. Ainsi, au regard de ces prix, le commerçant grossiste doit céder le sac de 50 kg du riz brisure non parfumé importé à un prix ne dépassant pas 15.000 Fcfa. Le détaillant lui est tenu de revendre le kg à un tarif inférieur ou égal à 350 Fcfa. Le prix de gros du bidon d’huile alimentaire importée de 20 litres ne doit pas excéder 17.000 Fcfa, contre 1.000 Fcfa le litre pour le prix au détail. Le prix indicatif plafond du sac de 50 kg du sucre importé est fixé à 22.500 Fcfa au gros, contre 500 Fcfa le kg au détail. Le grossiste donnera la miche de pain de 300 g à 200 Fcfa au détaillant qui la revendra à 250 Fcfa. La baguette de 150 g sera monnayée à 100 Fcfa au prix de gros, contre 125 Fcfa au détail. Il est utile de préciser que le prix indicatif plafond est la moyenne des prix sur l’ensemble du territoire national. En conséquence, les prix en vigueur dans certaines zones du pays peuvent, en fonction des zones d’approvisionnement ou de l’abondance du produit, être inférieurs à ceux fixés par le ministère en charge du Commerce. Mais, en aucun cas et pour quels que motifs que ce soit, les prix en vigueur, dans nos marchés et autres lieux de vente, ne peuvent excéder ces prix indicatifs plafonds concernant ces denrées subventionnées. À cet égard, «toute violation des dispositions du présent arrêté est punie conformément à la règlementation en vigueur», prévient le département en charge de l’Industrie et du Commerce. Les directeurs généraux du commerce, de la consommation et de la concurrence, de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale « sont chargés, chacun en ce qui les concerne, de l’exécution du présent arrêté qui sera publié partout où besoin sera », précise l’arrêté. Cette décision est une réponse de l’engagement des autorités de Transition, notamment le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, qui a chargé «le gouvernement de prendre toutes les mesures et dispositions nécessaires, dans la mesure du possible, pour soulager les Maliens du fardeau de la cherté des prix des produits de première nécessité». Cela, malgré la flambée des prix sur le marché international de l’offre et de la demande, et les projections peu rassurantes qui n’écartent pas d’éventuelles hausses des prix. L’instruction du président Goïta a été traduite dans les faits lors du Conseil des ministres du mercredi 10 novembre dernier. Le gouvernement a, en effet, décidé de subventionner certains produits de grande consommation tels que le riz, le sucre et l’huile alimentaire. Cette subvention se traduira par la réduction de la base taxable de 50% sur l’importation de 300 mille tonnes de riz, 60 mille tonnes de sucre, 30 mille tonnes d’huile alimentaire. Des quantités de produits dont l’importation avait été subordonnée, entre autres, « à la signature avec les importateurs d’un cahier de charges portant notamment sur le prix au détail et la disponibilité des produits concernés sur l’ensemble du territoire national », a précisé le gouvernement dans son communiqué. Il a insisté, également, sur le «respect des quantités autorisées pour cette opération, la mise en place d’un mécanisme de suivi à travers des brigades de contrôle pour garantir l’efficacité de cette opération». L’objectif ultime étant d’atténuer les effets de la flambée des prix des produits de première nécessité. Un souhait aujourd’hui matérialisé à travers la fixation de ces prix indicatifs plafonds pour soulager les populations. CMT/MD (AMAP)
Pastèque : le défi de la conservation
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 18 nov (AMAP) Le long de la Route nationale (RN6), des montagnes de pastèques jonchent les abords du bitume en attendant d’être transportées à Bamako et autres centres urbains du pays. Dans la capitale malienne, on en trouve et on en voit un peu partout. Exposée à même le sol, aux coins de certaines rues, au bord des grandes artères goudronnées et dans les marchés. Dans les rues des quartiers, on rencontre également des pousse-pousse chargés de pastèques que dirigent des revendeurs à longueur de journée pour proposer leurs services aux amateurs. En cette période de l’année (octobre-novembre), la pastèque est, sans doute, la star des marchés maliens notamment Bamako. Fruit frais local bien apprécié des consommateurs pour son goût sucré et ses vertus pour la santé humaine, la pastèque provient des Régions de Kayes 9Ouest), Ségou (Centre) et de Koulikoro (près de Bamako). Il s’agit précisément des zones de Konobougou, Dioïla, Markacoungo, etc. Les abords du Stade du 26 mars, le rond-point de Banankabougou et d’autres sites de la capitale sont les principaux lieux d’approvisionnement des commerçants et revendeurs de ce fruit. Des dizaines de camions, en provenance des zones de production- viennent décharger quotidiennement leurs cargaisons en ces lieux. « Cette année semble être marquée par le volume important des arrivages, » informe Bamoussa Coulibaly, vendeur en gros de pastèque, au marché de Médine communément appelée «Sougouni-koura». « Le commerce de fruit frais est très florissant », selon Moussa Koné. Ce revendeur de pastèque, qui utilise un pousse-pousse pour écouler sa marchandise, dit faire un bénéfice net journalier estimé à 5.000 Fcfa. Profit qui n’est certainement pas étranger à l’affluence et l’enthousiasme constatés sur le terrain. « La vente de pastèque est très bénéfique et attire beaucoup de commerçants et revendeurs », explique Tiékoura Sanogo, grossiste à Kati. «En moins d’une journée, je peux vendre le contenu de tout un camion», se réjouit-il. « Au regard des quantités qui affluent vers Bamako et autres zones du pays, ce produit aurait pu profiter davantage aux Maliens s’il était possible de l’exporter dans certains pays voisins comme la Mauritanie et le Sénégal, visiblement gros consommateurs de ce fruit frais », estime M. Sanogo. Soulignant que le circuit d’exportation de ce produit est encore très peu développé au Mali, Sanogo déplore les tracasseries routières auxquelles sont confrontés les exportateurs. Notre interlocuteur regrette de constater que la filière pastèque, tant importante, par sa contribution, pour les revenus des populations, ne reçoit aucune ou très peu d’attention des autorités, notamment en termes de subvention et d’encadrement pouvant permettre aux acteurs de développer l’activité. Afin, selon lui, d’éviter certains défis qui menacent la survie du secteur. À ce problème, s’ajoutent les difficultés de conservation et de transformation. Les fruits pourrissent parfois dans les champs et au bord de la route, faute de trouver preneurs. Cette situation profite peu aux producteurs. La surabondance de ce produit saisonnier sur le marché fait chuter les prix et entraîne la perte d’une partie des récoltes à cause de la mévente, expliquent des producteurs. Ainsi, ne possédant pas d’unités de conservation et de transformation, ils se voient obligés de céder leur production à vil prix. Makan Diakité est producteur dans la zone de Konobougou. Joint au téléphone, il déplore cette situation. « Les cultivateurs produisent généralement et font rarement des bénéfices », dit-il. Cette situation, à l’en croire, aurait pour cause l’absence de moyens de conservation et d’unités de transformation pour ajouter de la valeur et prolonger la durée de vie des produits.«C’est le handicap majeur pour les producteurs de pastèques», murmure M. Diakité. Il invite les autorités à trouver des solutions à cette situation. AMK (AMAP)

