Office du Niger à Niono : Sensibilisation des exploitants agricoles sur le paiement de la redevance eau

Niono 27 mars (AMAP) Les acteurs de l’Office du Niger (ON) de la zone de Niono ont participé, vendredi, dans la salle de conférence du cercle à une rencontre d’information et de sensibilisation. L’objet de la rencontre était de sensibiliser les exploitants agricoles à privilégier le dialogue pour la résolution du problème de paiement de la redevance eau dont le délai est fixé au 31 mars de chaque année. Le non paiement, à cette date, entraîne l’éviction de l’exploitant de sa parcelle. Cette rencontre organisée par la préfecture a réuni les autorités administratives et politiques, les responsables de l’Office du Niger de la zone de Niono, les exploitants agricoles, les représentants des forces de défense et de sécurité, de la société civile. Suite à l’inondation des parcelles, le manque d’intrants agricoles (engrais), et l’insécurité, le Syndicat national des exploitants agricoles du Mali (SYNEXPAM) a sollicité les autorités pour la  prise en charge de la redevance eau de la campagne écoulée.  La non satisfaction, pour le moment, de cette demande a conduit ce syndicat à envisager, dans les jours à venir, une grève et une désobéissance civile dans les zones de production de l’ON. A l’issue des échanges dans la salle et avec le président directeur général de l’ON, le SYNEXPAM a décidé de privilégier le dialogue pour faire aboutir sa requête. Il a invité, également, les exploitants agricoles à s’acquitter de la redevance eau. La 2e adjointe au préfet, Mme Diassana Fatou Daou, a exprimé toute sa satisfaction et a remercié le syndicat pour sa bonne compréhension. MS/MD (AMAP)

Mali : Le maraîchage bio hors sol gagne du terrain

Par Oumar SANKARÉ Bamako, 25 mars (AMAP) Le soleil s’est couché laissant place à un ciel bleu dégagé. Aminata Diallo est sur le toit de sa maison à Faladié, en Commune IV. Une petite daba à la main, elle remue le compost dans un bac. Sous un hangar aménagé, est confortablement assis son mari. Ousmane Oumarou Sidibé profite de la vue prenante sur Bamako, du ronronnement des véhicules qui passent et du gazouillement des oiseaux dans le ciel. Il soutient l’initiative de son épouse visant à consommer bio. Alignées soigneusement, l’un à côté de l’autre, une dizaine de palettes faisant office de bacs à substrat contiennent divers semis. De chaque palette transformée en bac à substrat déborde un tuyau qui permet d’évacuer l’excès d’eau (au-delà de 10 cm) après arrosage. Des pneus de voiture, d’anciens pots de fleur, une vieille baignoire, d’anciennes bassines, brouettes, barriques et seaux, sont réaménagés pour servir de bacs à substrat. Semés dans ces récipients, les légumes ou fruits comme le gombo, la tomate, la menthe, le céleri, le persil, les oignons, les fraises, la goyave, la papaye verdissent sur le toit. Juriste à la retraite, Aminata Diallo s’occupe en faisant du maraîchage hors sol. Depuis bientôt cinq ans. Elle a acquis les rudiments du maraîchage en hauteur lors d’une formation d’une dizaine de jours dispensée par l’entreprise éléphant Vert au Centre Père Michel (un centre de formation professionnelle) en 2013. Cette formation visait à appuyer les associations de femmes péri-urbaines. La lecture et les leçons tirées des échecs lui ont permis de renforcer ses connaissances. «Quand je commençais, je travaillais encore. Je me réveillais à 4h pour arroser les plantes. à 6h, je partais au bureau. Au retour, entre 17h et 18h, j’allais directement dans le jardin, souvent sans me changer» rappelle-t-elle. Pour la sexagénaire, le jardin est un petit mari qui a besoin d’entretien. « La forte chaleur tue certaines variétés comme la tomate, les carottes. Trop d’eau pourrit les racines des persils. Le manque d’eau tue d’autres comme les melons », conseille la passionnée de maraîchage, précisant que la meilleure saison pour réussir cette activité va de septembre à mars. Période durant laquelle elle récolte souvent 50 kg de tomate. Il faut aussi choisir les variétés qui résistent à la chaleur (piment, gombo, persil, salade). La maraîchère soutient que les va-et-vient pour arroser les plantes sont une activité physique et sportive pour elle. Pendant qu’elle arrose son jardin un microclimat doux et frais se développe sur le toit. Comme elle, Aïssata Niaré, biologiste, a aménagé le toit de sa maison où elle pratique le maraîchage hors sol. En activité depuis bientôt 5 ans, l’idée lui est venue après un séjour au Sénégal où plusieurs personnes font le maraîchage en hauteur. «Je le fais pour manger bio afin d’éviter tout ce qui contient les engrais et autres produits chimiques. Tout ce que je récolte, est consommé en famille et partagé entre mes voisins», ajoute-elle. Au-delà du plaisir qu’elle en tire, elle le fait pour son père qui n’aime que les produits bios qu’elle lui envoie. Sa sœur qui dispose d’une surface large fait du maraîchage dans sa cour et sur son toit. PRODUITS BIOS LUCRATIFS – Comme toute activité, le maraîchage hors sol est confronté à certaines contraintes majeures dont l’approvisionnement en eau. Surtout dans un pays où la distribution d’eau dans les canalisations fait défaut. « Souvent, il faut se réveiller entre 1h-2h du matin pour faire des réserves d’eau », déplore Aminata Diallo. « Des insectes attaquent et détruisent, aussi, certaines plantes comme le piment et le gombo. Sans compter les risques d’infiltration d’eau à partir du toit », ajoute-t-elle. Si ces personnes pratiquent le maraîchage hors sol par plaisir, c’est un véritable business pour d’autres. Le maraîchage hors sol est basé sur du bio, sans utilisation d’engrais chimiques. Les produits issus du maraîchage bio hors sol sont très prisés par les consommateurs et rapportent gros. Aujourd’hui, il existe un grand engouement pour les produits bio au Mali, confirme Amadou Sékou Nimaga, un jeune entrepreneur dans le domaine du maraîchage hors sol. Rencontré à la laverie auto-moto d’un de ses amis, ce trentenaire explique avoir abandonné ses études universitaires en deuxième année hôtellerie et tourisme, au Maroc, pour rentrer au pays. «J’étais convaincu que ces études n’allaient rien me rapporter. Je savais que c’est l’agriculture, la terre que j’aime», relate-t-il. Après avoir travaillé dans l’informel pendant deux ans, il formalise son entreprise. Constatant une demande de plus en plus croissante en produits bio de la part de certaines familles et clients, il se lance dans le maraîchage hors sol en 2013. Très vite, le succès est au rendez-vous. Sous l’impulsion de Sandrine, une ressortissante française qui ne nourrissait sa fille qu’avec des fruits et légumes sans engrais, un marché bio est établi à Bacodjicoroni. De cette initiative naîtra quatre autres marchés destinés aux produits bio. Certains adeptes de ces produits évoquent surtout la saveur et le goût, l’accès à un produit exempt de pesticides et d’OGM, le soutient au marché local, l’encouragement des pratiques culturales plus respectueuses de l’environnement. Les produits bios (fruits et légumes) qui se conservent plus longtemps et mieux coûtent, souvent, le double du prix des produits issus de l’agriculture conventionnelle qui utilise les engrais chimiques et les pesticides. Un kilogramme de tomate bio est cédé à 1.000 F cfa, contre 400 Fcfa/kg pour la pomme de terre bio. La même quantité de variété d’orange «Tangelo» est vendue à 800 Fcfa. Pour Amadou Sékou Nimaga, on peut bien vivre du maraîchage bio hors sol. Malgré la cherté des prix, «les gens ont compris qu’ils doivent se nourrir de produits sains pour préserver leur santé. Les commandes ne s’arrêtent pas. Certains font des réservations via nos plateformes numériques. D’autres se rendent à nos domiciles pour s’approvisionner», assure le jeune entrepreneur. « Les jours de marchés, certains clients dépensent en moyenne 30.000 à 40.000 Fcfa en fruits et légumes bios », révèle-t-il. Fort de plusieurs années d’expérience dans le domaine, Amadou Sékou Nimaga est, aujourd’hui, sollicité par d’autres personnes

Le Premier ministre au port de pêche de Konna, dans le Centre du Mali

Bamako, 20 mars(AMAP) Le Chef du Gouvernement, Moctar Ouane, a visité, samedi, le port de pêche de Konna, dans le Centre du Mali, après sa réhabilitation, informent les services de communication de la Primature. Bâtie en remblai sur 2,85 ha et financé à hauteur de 1,304 milliards de francs par la Banque Mondiale, l’infrastructure comprend notamment un canal d’accostage curé sur une longueur de 3,5 km avec une largeur au plafond de 10 m, un hangar équipé de douze fours destiné aux activités de (re) fumage du poisson, deux hangars (188 m2, chacun) destinés à abriter les activités de commerce du poisson frais (marché de poissons). Dans son discours, toujours selon la même source, le Premier ministre a rappelé que le Gouvernement est « engagé et déterminé à poursuivre le programme de relance économique» de cette localité. En 2013, l’infrastructure avait fait les frais de l’attaque terroriste dans la ville qui avait été le terrain d’une confrontation entre les forces françaises, appuyant celles du Mali, pour stopper l’avancée des djihadistes. La bataille de Konna se déroule du 9 au 17 janvier 2013. Elle marque le début de l’intervention de l’armée française au Mali avec le lancement de l’Opération Serval. La bataille débute le 9 janvier par une offensive des djihadistes qui aboutit le 10 à la prise de la ville de Konna. AC/MD (AMAP)  

Plan de campagne agricole : La sécurité alimentaire et nutritionnelle passé au crible

Bamako, 18 mars (AMAP) La 2è session du cadre harmonisé d’analyse de la campagne agricole 2020-2021, s’est tenue, mardi, à Bamako, pour finaliser l’évaluation de la situation alimentaire et nutritionnelle et le plan national de réponses aux difficultés alimentaires pour 2020, dans la perspective du Conseil national de sécurité alimentaire. « Les résultats attendus au cours de cette deuxième session devront permettre de finaliser le rapport d’évaluation définitive de la situation alimentaire et nutritionnelle et le plan national de réponses aux difficultés alimentaires pour 2020 en vue de la tenue très prochaine du Conseil national de sécurité alimentaire », a expliqué le ministre commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali. Redouwane Ag Mohamed Ali, qui a présidé l’ouverture de la rencontre, en présence de la représentante résidente du Programme alimentaire mondial (PAM) Mali, chef de file des Partenaires techniques et financiers (PTF), Sally Haydock, a invité les experts à faire un examen attentif et lucide de la situation alimentaire et nutritionnelle de l’ensemble des populations, relativement à la diversité des moyens d’existence des communautés. Par ailleurs, le ministre commissaire a souligné que cet exercice est d’une importance capitale pour notre système de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le cadre harmonisé en tant qu’outil consensuel et fédérateur est devenu le cadre de référence de toutes les actions de sécurité alimentaire et nutritionnelle conjoncturelle. « Déjà, a-t-il rappelé, les résultats issus de la session de novembre 2020 ont permis au gouvernement et à ses Partenaires d’entamer l’élaboration d’un plan national de réponses aux difficultés alimentaires, qui, au besoin, sera mis à jour ». Ag Mohamed Ali a signalé qu’après la validation des résultats de la session du cadre harmonisé de novembre 2020, des inondations dues à la forte crue ont lieu dans le Delta central affectant la production rizicole. Il y a une « persistance de l’impact de la Covid-19 et une recrudescence de l’insécurité dans le Nord, au Centre, voire son extension vers le Sud qui fragilise les efforts de normalisation entrepris par le gouvernement et ses partenaires ». C’est pourquoi, il a exhorté à privilégier, dans les propositions de réponses, les actions de renforcement des capacités de résilience des populations, notamment celles des plus vulnérables. Sally Haydock a souligné que les résultats des analyses réalisées par les PTF dans le cadre de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le contexte de la Covid-19 « ont révélé certains dysfonctionnements sur les marchés de certaines localités ». « Les disponibilités alimentaires restent suffisantes sur tous les marchés, en dépit des perturbations sécuritaires et des restrictions liées à la Covid-19 qui réduisent les flux sur certains marchés », a-t-elle ajouté. Sally Haydock a, également, souligné que des défis importants restent à relever pour que le cadre harmonisé soit rentable pour nos populations vulnérables, de façon durable. Cette session de mars 2021 fait suite aux travaux d’expertise du Système d’alerte précoce (SAP), de ceux de l’analyse de l’économie des ménages (HEA) et de l’Enquête nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (ENSAN), dont les résultats, avec d’autres sources d’informations, devront contribuer à implémenter ce cadre harmonisé d’analyse de la vulnérabilité. A DS/MD (AMAP)  

Mali: Tendance haussière des prix des produits céréaliers

Par Fadi CISSE Bamako, 17 mars (AMAP) Labass Coulibaly est commerçant au Grand marché de Bamako. Devant son magasin situé à proximité de la Grande mosquée, des femmes tamisent différentes variétés de céréales. Visiblement insensibles à ce brouhaha qui meuble leur quotidien, certaines remplissent des sacs de graines de céréales criblées. Des vendeurs en gros et en détail, et des acheteurs négocient les prix de ces denrées. Le marchandage semble durer. Le négociant essaie, tant bien que mal, de convaincre son client d’intégrer la hausse des prix de la presque totalité des céréales. En effet, informe Labass Coulibaly, le kilo du riz local Gambiaka qui était cédé à 340 Fcfa se vend à 360 Fcfa, soit une hausse de 10 Fcfa. Rétrocédé contre paiement de 16.500 Fcfa, il y a deux semaines, le sac de 50 kg est monnayé à 18.000 Fcfa, explique le jovial cinquantenaire, père de cinq enfants. «Vendu à 36.000 Fcfa, le prix du sac de 100 kg est stable depuis trois mois. C’est à prendre ou à laisser», insiste le commerçant. S’adressant au client Hassane Traoré, venu sonder les prix, le magasinier Labass Coulibaly précise : «Le sac de 100 kg du super Gambiaka (tamisé), jadis cédé à 37.500 Fcfa (375 Fcfa/kg), est vendu à 40.000 Fcfa (400 Fcfa le kilo).» L’air étonné et mécontent, notre acheteur lie cette hausse brusque à la cupidité des commerçants, habitués, selon lui, à augmenter les prix à l’approche du mois de ramadan, période de grande consommation. Comme lui, une ménagère, vendeuse de jus à base de farine de mil se dit inquiète face à cette flambée des prix. «Avant, j’achetais le sac de 100 kg à 15.000 Fcfa. Maintenant, il vaut 17.000 Fcfa», regrette notre interlocutrice âgée d’une quarantaine d’années. Préférant garder l’anonymat, elle achète deux sacs de 100 kilos de mil à raison de 17.000 Fcfa l’unité. Le maïs ne semble pas résister à cette tendance haussière des prix. Son kilo qui était cédé à 300 Fcfa, est vendu à 375 Fcfa. Le sac de 100 kg est passé de 30.000 Fcfa à 37.500 Fcfa, indique le commerçant Souleymane Camara. VARIATIONS DE 10 À 25 FCFA LE KILO – Ces tendances haussières constatées à Bamako, confirment la tendance générale des prix des céréales à travers tout le pays. Durant la semaine allant du 25 février au 3 mars, l’Observatoire du marché agricole a constaté des fluctuations de prix, majoritairement des hausses, aussi bien sur les marchés de production que sur ceux de consommation. «Sur les marchés de production, les prix collectés cette semaine ont baissé pour seulement 22% et des hausses pour 78%. Il en est de même sur les marchés de détail, où les prix enregistrés sont des baisses pour 18% et des hausses pour 81%. Les amplitudes, les plus fréquemment observées pour les variations de prix cette semaine sont de 10 Fcfa le kilo sur les marchés de production et de 25 Fcfa le kilo sur les marchés de détail», précise l’Oma, dans un communiqué déposé à L’Essor. Ainsi, illustre la note, les prix à la consommation, restés presque stables dans le District de Bamako comparé à la semaine dernière, ont été de 200 Fcfa le kilo pour le mil, le sorgho et le maïs, 250 pour les mil/sorgho/maïs pilés, 375 pour le riz importé brisé, les riz importés RM40 thaïlandais et vietnamien et pour le riz local Gambiaka, 450 pour le niébé et 500 Fcfa le kilo pour le fonio. Le sac de 100 kilos a coûté 14.500 Fcfa pour le sorgho, entre 16.000 et 16.500 pour le mil, 17.000 pour le maïs, entre 32.500 et 33.000 pour le riz RM40 importé, 33.000 pour le riz BB importé thaïlandais et 35.000 Fcfa pour le riz local Gambiaka (tout venant). Dans les capitales régionales, ajoute la note, les tarifs pratiqués par les détaillants ont été à Kayes Centre de 250 Fcfa le kilo pour le mil, le sorgho et pour le maïs, 300 pour les sorgho/maïs pilés, 350 pour le riz brisé importé et pour le mil pilé, 500 pour le niébé et 600 Fcfa le kilo pour le fonio. Dans cette même Cité des rails, le sac de 100 kilos a valu 17.000 Fcfa pour le sorgho, 18.500 pour le mil et pour le maïs et 29.000 Fcfa pour le riz BB importé non parfumé. MOYEN À BON – À Koulikoro Ba, le kilo de mil, sorgho et maïs a valu 200 Fcfa, contre 275 pour les sorgho/mais pilés et 300 Fcfa pour le mil pilé. Le kilo du riz importés brisé et RM40 local Gambiaka ont valu 375. à Sikasso Centre, le kilo de sorgho et de maïs ont coûté 175 Fcfa, 200 pour le mil, 225 pour le maïs pilé, 300 pour le riz étuvé blanc et pour le mil pilé. Les riz importés brisés et RM40 et local Gambiaka ont coûté 375 Fcfa, contre 450 le kilo de niébé et 600 Fcfa celui du fonio. Au centre de la mythique Cité des Balanzan, les mil, sorgho et maïs ont gagné 175 Fcfa le kilo. Les kilos de mil/sorgho/maïs pilés ont coûté 250 Fcfa, contre 375 pour le riz local Gambiaka, 400 pour le niébé et 500 Fcfa pour le fonio. Les mêmes prix ont été pratiqués à Mopti Digue, à l’exception des mil et maïs (200 Fcfa), mil pilé (275) et le riz local Gambiaka (350 Fcfa). Le kilo du paddy a mérité 153 Fcfa à Tombouctou, contre 245 pour le maïs, 260 pour le sorgho et 275 Fcfa pour le mil. à Gao, le kilo du riz BG et du niébé a gagné 130 Fcfa (comparé à Tombouctou) en s’établissant à 450 Fcfa, contre 425 pour le riz local Gambiaka. Les prix y ont été de 225 Fcfa le kilo pour le maïs, 250 pour le sorgho et le maïs pilé, 275 pour le mil, 300 pour les mil/sorgho pilés et 700 Fcfa le kilo pour le fonio. Cette propension haussière des prix s’explique par plusieurs facteurs, analyse l’Oma. En la

Regain d’intérêt pour le maraîchage  à Diéma, dans l’Ouest du Mali 

Par Ouka BA Diéma 13 mars (AMAP) Depuis quelques années, les activités de maraîchage se développent dans le Cercle de Diéma. Cette activité  de contre saison, contribue aujourd’hui, à l’autosuffisance alimentaire dans cette bande sahélienne où la réussite de la campagne est tributaire des aléas climatiques. Le maraîchage est surtout pratiqué par des femmes et des jeunes. Dès que les pluies s’arrêtent, à partir du mois d’octobre, ils  s’adonnent, à cœur joie, au maraîchage. De grands périmètres, les alentours des habitations,  jusqu’aux  recoins des maisons, sont aménagés pour la pratique du maraîchage dont les bénéfices touchent directement de nombreux foyers. Du fumier organique issue des parcs d’animaux est utilisé pour accroitre les rendements. Les puits, les forages, les mares servent de sources d’eau pour le maraîchage.  L’activité permet à de nombreuses femmes de s’épanouir. Les légumes  qu’elles récoltent, quotidiennement, leur permettent d’enrichir leurs rations alimentaires et, du coup, de prendre en charge une bonne partie des frais  de condiments. Surtout, si l’on sait que dans certains milieux soninkés, c’est la femme qui « se débrouille », le plus souvent, pour avoir des ingrédients et faire sa cuisine. L’essentiel, pour le mari, c’est de puiser dans le grenier, chaque matin, la mesure de mil, de sel et de poudre de feuilles de baobab qu’il faut pour préparer le repas. Les plus généreux associent à ces produits, quelques cubes alimentaires pour relever la sauce. C’est une question de dignité, même s’il lui faut aller quémander, la femme prépare pour les membres de la famille dont certains ne manquent pas de mots pour l’apprécier ou la déprécier selon la qualité de ses mets. Mais, toutes les productions maraîchères des femmes n’entrent pas dans la marmite. Dès fois, elles en utilisent pour régler leurs petits besoins ou assurer l’entretien de leur progéniture. PLUVIOMETRIE FAVORABLE – Interrogé,  le chef du secteur de l’Agriculture de Diéma, Aguibou Bah,  explique que le cumul des pluies au cours de la campagne 2020 a été excédentaire. La quantité de pluie enregistrée au niveau du secteur de l’agriculture de la localité s’élève à 797, 5 mm en 49 jours, en 2020, contre 506,45 mm en 48 jours, en 2019. La campagne de contre saison 2020 a démarré avec un léger retard, à cause des récoltes. Le niveau des cours d’eau est bon dans l’ensemble. Les nappes phréatiques ont été bien alimentées, « compte tenu de la bonne pluviométrie avec une bonne répartition dans le temps et dans l’espace ». La situation phytosanitaire est relativement calme. Toutefois, des cas d’attaques de chenilles, pucerons, acariens ou araignées rouges, mouches blanches et autres nuisibles ont été constatées sur des légumes, des feuilles et des fruits.  « Aucun dégât majeur n’est à déplorer pour le moment », assure le technicien. Grâce aux semences et équipements  fournis à certains maraichers par des projets et programmes, les activités de production évoluent normalement. L’aspect végétatif des cultures est satisfaisant, que ce soit au niveau des périmètres collectifs ou individuels. Ainsi, cette année, la production de la pomme de terre, a connu une augmentation d’environ 20%, selon des chiffres provisoires. Sur une prévision de 120 tonnes, la production en cours a en atteint 125. Avant de conclure, comme il se plait à le dire, le chef du secteur de l’Agriculture, Aguibou Bah, a insisté sur  la réalisation de points d’eau permanents, équipés d’un système d’irrigation adéquat en vue de donner un nouveau souffle au maraîchage dans le cercle de Diéma. « Des techniques innovantes doivent être à tout moment enseignées aux producteurs pour mieux renforcer leurs capacités », conseille-t-il. GROS PRODUCTEURS – Le président, fraîchement élu à la tête de la Délégation locale de la chambre d’agriculture (DLCA), Boubou Traoré, indique que la culture  de la pomme de terre dans le Cercle de Diéma, est en pleine expansion. Le kilogramme de pomme de terre, vendu à 600 Fcfa, a été ramené à 400 Fcfa. Avant, la pomme de terre était importée de Sikasso (Sud) et de Kati (près de Bamako). Actuellement, le cercle de Diéma en produit une quantité importante.  M. Traoré compte, en début de mandat, s’attaquer au problème crucial de l’eau pour faciliter les activités des producteurs maraîchers. La dotation des maraîchers en intrants, ainsi que le renforcement de  leurs capacités, figurent dans les objectifs du nouveau président, qui tire lui-même du maraîchage des bénéfices. Massiga Diawara, maraîcher, réside à Lattakaf, dans la Commune rurale de Lakamané. Il est marié et père de dix-huit enfants. Il exerce cette activité depuis plusieurs décennies. Il exploite un périmètre de deux hectares et demi. Il est parvenu à acheter trois motopompes, dont une solaire, une à moteur diésel et une à l’essence, pour plus de trois millions de Francs Cfa afin de faciliter l’arrosage des ses parcelles par ses femmes et enfants. M. Diawara produit divers légumes, notamment l’aubergine, la tomate, la laitue, l’échalote, le chou, le gombo, la carotte, la pomme de terre. Il fait, également, de la riziculture et de l’arboriculture. Sa production en pomme de terre, cette année, avoisine les 30 tonnes. Il se rend dans les différentes foires hebdomadaires de Lakamané, Diéoura, Sansankidé, Diangounté Camara, etc. pour écouler ses fruits et ses légumes. Il vend le kilogramme de  pomme de terre à 400 Fcfa. Il a besoin de quatre employés pour l’aider à entretenir son vaste périmètre mais, « le genre  de manœuvres que je cherche, n’existe pas sur le marché… », se désole l’homme. Le président de l’Association des producteurs d’oignons, à Fangouné Kagoro, Tiéssama Fofana, a mis en terre le contenu de plusieurs caisses de pommes de terre importées  de Sikasso (Sud). « Dès leur arrivée, les jours de foire de Diéma, les clients raflent les paniers de pomme de terre des femmes de notre village. La culture de la pomme de terre commence à se vulgariser dans le Cercle de Diéma », raconte l’homme. « Dans quelques années, on ne fera, certainement, plus recours à Sikasso ou Kati. Nos propres productions pourront nous nourrir.  C’est un projet qui nous aide dans la culture de la pomme de terre », déclare-t-il. Après sa retraite, Mamadou Diallo, conseiller pédagogique, s’est consacré au maraîchage. Son verger, d’un hectare, est au Sud-Est de la ville, non loin du barrage. Un puits à grand diamètre doté d’une pompe

Sikasso : L’abondance de pomme de terre fait chuter les prix

Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 5 mars (AMAP) A Sikasso, dans le Sud du Mali, le premier trimestre de chaque année est consacré au commerce de la pomme de terre. Cette année, l’accès à une quantité suffisante de semences a créé une surproduction de ce tubercule. Cette situation pousse plusieurs producteurs à brader leurs productions. Tout compte fait, les acteurs du domaine se frottent les mains. Un tour dans le marché des fruits et tubercules de Médine, à Sikasso nous a permis d’éclairer davantage nos lanternes. Actuellement, il est très difficile de passer une journée sans rencontrer les vendeurs de pomme de terre à Sikasso. Même si on ne descend pas en ville, les vendeuses ambulantes n’épargnent aucune maison et ce, chaque matin et soir. Dans la proximité des petits marchés, c’est la pomme de terre qui ravit la vedette à tous les autres produits agricoles et se vend le plus. Les commerçants ambulants cèdent, souvent, le kilo à moins de 150 Fcfa. C’est tout simplement à cause de la surabondance. Ce samedi matin, il est 10 heures au marché de Médine, plus connu sous le nom de «Sougounicoura» pour les natifs de la région, Ça et là des caisses en plafond et en plastique noir sont disposées, de gros paniers, des sacs de 50, 80 et 100 kg, des tricycles… tous remplis de pommes de terre. Dans certains coins, des coffres de voiture sont entr’ouverts, en attendant l’arrivée des sacs de pomme de terre. L’animation atteint son point culminant dans un concert de bruits et de voix. Les conversations portent sur le négoce. Les causeries sur la pomme de terre. On voit aussi de l’argent. Les commerçants de pomme de terre ne cessent de compter les billets. «Ayé na pomme terre san », «kilo ye bissaba ni dourouye», «fou fou fana bala», en langue française «Venez acheter de la pomme de terre, le kilo fait 175 Fcfa. Je vous en donnerai gratuitement aussi», s’écrie. à l’endroit des passants, Rokia Ba, de forte corpulence. Elle qui fréquente ce marché depuis des années trouve le marché pas assez intéressant. Elle s’approvisionne chez les grossistes du marché de Médine et y écoule également ses marchandises. «Cette année, il y a trop de pommes de terre, C’est pourquoi les prix ont chuté», affirme-t-elle. Elle précise qu’elle achète le kilo à 160 Fcfa et le cède à 175 Fcfa, donc un bénéfice de 15 Fcfa par kilogramme. Le point de vente de Madou se trouve au beau milieu du marché. Il est grossiste et détaillant à la fois. Notre interlocuteur s’approvisionne chez des grossistes à Ziansso, Zankaradougou, Bamadougou, Bokotieri et Doumanaba. Les grossistes lui vendent le kilogramme de gros tubercules de pomme de terre à 175 Fcfa et 125 Fcfa pour les moyens. A son tour, Madou cède le kilo des gros tubercules à 200 Fcfa et les moyens à 175 Fcfa. Notre interlocuteur estime que le marché est florissant. « Les samedis, je peux écouler 150 sacs de 80 kg de pomme de terre. Je cède le sac à 18.000 Fcfa », explique-t-il, ajoutant qu’il vend aussi au détail. La plupart des clients de notre interlocuteur viennent de Bamako, Gao, Mopti et Ségou. En termes de défis, tout comme la précédente interlocutrice, Madou évoque également la grande quantité et variétés des semences de pomme de terre. Ce qui a créé une surproduction du tubercule. « Présentement, nous n’avons même pas fini d’écouler le tiers des pommes de terre des champs », révèle-t-il, soulignant que c’est le même facteur qui crée la concurrence entre eux et leurs grossistes. « Ils nous vendent, non seulement, la pomme de terre mais, aussi, ils viennent encore nous concurrencer au marché pour écouler leurs produits. Le comble, c’est qu’ils vendent moins cher que nous, parce qu’ils sont producteurs et commerçants », explique-t-il. Egalement, des dames s’approvisionnent chez les grossistes du marché et revendent sur place. Oumou Sangaré fait partie de ce lot. « Ici, les grossisses me vendent le kilo à 160 Fcfa et je revends à 175 Fcfa. Compte tenu de la surproduction du tubercule, je ne me plains pas de mon bénéfice de 15 Fcfa», souligne-t-elle. La cliente Mariam Kané ne cesse de regarder les différents paniers (remplis de pomme de terre) des commerçantes. « Je cherche la bonne qualité car je dois les envoyer à mes parents à Kayes », lance-t-elle, ajoutant qu’elle adore les pommes de terre. En cette période, les propriétaires d’instruments de pesées et les tricycles tirent aussi leur épingle du jeu. Oumar Diarra gère bien son affaire. Le teint noir, le masque sur le nez, assis derrière sa machine, M. Diarra n’a presque même pas le temps de répondre à nos questions. Chaque client veut que son sac soit pesé. « De l’aube jusqu’au petit soir, je suis là. Je peux peser près d’une centaine de sacs de 50, 80 et 100 kg de tubercule les samedis », indique-t-il, précisant qu’il pèse la tonne à 500 Fcfa et le sac à 50 Fcfa. Quant aux conducteurs de tricycles, le jeu en vaut la chandelle. Adama Koné est conducteur, il soutient qu’il transporte les sacs dans les gares routières pour Bamako, San, Mopti etc. «Je transporte le sac de 50 kg à 50 Fcfa et celui du 100 kg à 75 Fcfa», explique-t-il. \Dans les auto gares, il y a beaucoup de sacs de pomme de terre. De nombreux natifs de la région profitent de cette campagne pour envoyer ces tubercules à d’autres parents à l’intérieur du pays. Sur ce point, certains transporteurs sont stricts. Ils transportent le sac à condition que le propriétaire soit un passager car, ils craignent la surcharge. Les frais de transport varient d’une compagnie à une autre. Ils se situent entre 1.000 et 2000 Fcfa par sac. MD (AMAP)

Commerce de chou pomme : Au bonheur de braves vendeuses

Par Yacouba TRAORÉ Bamako, 4 mars (AMAP) Samedi 20 février au marché «Sougounicoura» de Médina Coura (Commune II). Le ciel brumeux réduit la visibilité. Des commerçantes sont installées de part et d’autre de la voie principale qui traverse le marché. Le marchandage et les discussions sont nourris entre commerçantes et clientes. Trois minibus de transport en commun, ‘Sotrama’, tous chargés de sacs de choux, d’aubergines et de paniers de tomates, stationnent là. Les cris et brouhaha des femmes font l’ambiance du marché. Les marchandises sont étalées à même le sol, en pleine chaussée et devant des boutiques qui n’ont pas encore ouvert leurs portes. Des sacs de 50 kg contenant des légumes sont superposés sur des planchers posés sur des caniveaux et servant de passage. Entre les paniers remplis d’aubergines, de tomates, de salades et de sacs de chou, déambulent des dizaines de vendeuses de choux au détail. Celles-ci séparent les bons légumes des mauvais. Parmi tous les légumes proposés à ces braves commerçantes, le chou a la cote. Les marchandes s’arrachent les sacs de ce légume qui entre dans les préparations culinaires des ménages. «La campagne du chou pomme bat son plein au Mali. Elle s’étend de septembre à fin mars», lance la quinquagénaire Djénéba Traoré, vendeuse de laitues et de légumes au marché de Médina Coura. La vente de cette plante potagère de la famille des crucifères génère des revenus importants pour de nombreuses femmes comme elle. Le marché de Médina Coura est considéré comme le lieu principal d’approvisionnement pour de nombreuses vendeuses. Il est approvisionné par les producteurs des villages environnants de Bamako. Et en cette période, le prix du chou pomme est abordable. Le sac de 50 kg est cédé entre 3.500 Fcfa et 4.000 Fcfa, confirme Mme Coulibaly Aminata Kamaté, commerçante au marché de Médina Coura. AVANT L’AUBE – Pour satisfaire la clientèle, les vendeuses de gros se lèvent très tôt, le matin. Elles sont déjà présentes au marché avant l’aube (4 h 30). L’activité exige cette contrainte afin que les clientes (les détaillantes) qui viennent des différents marchés de proximité puissent être approvisionnées avant le lever du soleil. Rencontrée sur place, Fatoumata Sidibé est l’une de ces commerçantes détaillantes. Celle qui vend des légumes au marché de Lafiabougou-Kôda (Commune IV) achète sept sacs de choux à raison de 4.000 Fcfa le sac. Pendant ce temps, sa collègue Mme Diakité Oumou Cissé, engage un marchandage serré avec les grossistes. Ayant échoué à convaincre son fournisseur de baisser de quelques francs le prix du sac, elle achète finalement cinq sacs. La transaction conclue, Fatoumata Sidibé et Mme Diakité Oumou Cissé regardent tout autour d’elles en quête de moyens de transport pour acheminer la marchandise au marché de Lafiabougou-Kôda. L’une d’elle aperçoit des tricycles trainer dans le coin. D’un pas alerte, elle se précipite pour apostropher le propriétaire de l’engin. D’autres commerçantes, qui ont déjà fini leurs achats, ont pu négocier des porteurs de bagages et des chauffeurs de taxis pour transporter leurs colis. Le marchandage fini, le conducteur du tricycle charge les marchandises des deux braves dames à l’arrière de son engin. Elles prennent place à côté du conducteur. Direction : le marché de Lafiabougou. Où elles revendent le tas de trois choux pommes à 500 Fcfa, soit 150 Fcfa ou 200 Fcfa l’unité (selon la taille). Comme ces détaillantes, « les grossistes se frottent, également, les mains », corrobore Nabitou Konaté, commerçante au marché de Médina Coura. Mère de trois enfants, elle exerce cette activité depuis plus de 20 ans. «Notre activité a beaucoup prospéré ces derniers mois grâce à la vente de choux pommes. Je vends entre cinq et sept sacs par jour. Je fournis des détaillantes. Grâce à cette activité, j’assure toutes les dépenses de la famille à avec les bénéfices que je réalise après chaque vente», se réjouit la grossiste. VERTUS – Mariam Kassé, elle, fait également de bonnes affaires. A la différence de Nabintou Konaté, elle est obligée de héler les usagers qui passent devant elle pour attirer leur attention sur sa marchandise. «Venez ! Venez ! Venez voir ! Il y a de très bons et beaux choux verts à moindre prix», s’écrie-t-elle, le visage couvert de grosses gouttes de sueur. Interrogée, Mariam Kassé pense que c’est le seul moyen d’attirer la clientèle pour espérer gagner sa vie. «Dès fois, je peux gagner 6.000 Fcfa par jour», révèle la vendeuse. Si les commerçantes de ce produit trouvent leur compte, les consommateurs, eux, renforcent les capacités protectionnistes de leurs cellules. « Le chou assure une protection de notre organisme par l’action des fibres alimentaires qui sont des antioxydants, protègent nos organes digestifs contre les cancers et accélèrent le transit intestinal (donc il nous épargne la constipation) et des troubles du transit comme les colopathies fonctionnelles », selon le nutritionniste Dr Mamadou Zié Traoré. Il ajoute que la présence de la vitamine K dans le chou renforce les facteurs de coagulation du sang donc il est très bénéfique pour les personnes souffrant de problèmes de saignement intermittent. « Aussi le chou contribue-t-il beaucoup à la formation et au renforcement des os », explique le praticien. Ce légume participe, également, selon lui, à l’entretien du système nerveux périphérique (entretien des nerfs), à la santé des cartilages, des dents et des gencives. A titre d’exemple, 100 grammes de chou pomme contiennent, principalement, des glucides (4,6 g), fibres alimentaires (3,5 g), calcium (59 mg), iode (moins de 20 micros grammes), les vitamines B1, B2, B5, B6, B9, C, K1 en proportion variable selon la nature et l’espèce de choux. «Il existe les choux blancs, verts et rouges», précise-t-il. Toutefois, le chou est un légume modérément calorique, c’est-à-dire peu énergétique (36,5 Cal/100 g) de par la présence des glucides. Pour le nutritionniste, 100 grammes de chou pomme apportent à l’organisme 36,5 calories à l’homme. « Il faut pourtant 2.000 à 2.500 kilos de calories par jour à un adulte pour assurer son fonctionnement normal », fait remarquer Dr Mamadou Zié Traoré. YT (AMAP)  

Une unité de transformation du lait de chamelle  à Tombouctou, dans le Nord du Mali

Envoyée spéciale Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 3 mars (AMAP) Tombouctou, dans le Nord du Mali, dispose, aujourd’hui, de sa première unité de transformation de lait de chamelle. Installée au Quartier Sans fil, sur la route de l’aéroport, cette usine s’inscrit dans le cadre du Projet de pasteurisation et de conditionnement du lait de chamelle dans la ville de Tombouctou. Face à une demande de plus en croissante, la valorisation du lait de chamelle pourrait en faire un levier de croissance économique dans la zone. Des fils de la ville sainte ont, alors, décidé de se lancer dans la transformation du produit. L’initiative est portée par l’Association pour la promotion de l’élevage et la mise en valeur du lait de chamelle (APVLC). Objectif : relancer le développement économique régional. Une première dans la Région, cette unité est un exemple de Partenariat public-privé (PPP). Il est cofinancé par le Conseil régional et l’APVLC. «C’est dans le cadre de l’exécution de son budget 2017 que le Conseil régional de Tombouctou a appuyé la réalisation du Projet de pasteurisation et de conditionnement du lait de chamelle dans la ville de Tombouctou. Cela, pour l’amélioration des revenus et la création de richesses», explique le président de l’Autorité intérimaire de la Région de Tombouctou, Boubacar Ould Hamadi. Pour le président de l’APVLC, Housseine Ghanami, la création de cette unité vise la mise en place d’une filière qui valorisera le lait de chamelle et assurera l’autosuffisance en lait et en produits laitiers. Il s’agit, selon lui, d’approvisionner la population de la Région en lait de qualité et renforcer, par la même occasion, la contribution de la filière lait à l’économie locale. «Les unités industrielles sont presque inexistantes dans la Région de Tombouctou, à part les boulangeries et les mini sociétés d’eau potable. C’est en cela que cette initiative d’unité de transformation du lait à tout son sens. La symbolique est non seulement forte mais, surtout, la distribution du lait pasteurisé qui est un besoin réel des communautés et même des visiteurs», explique-t-il. A l’usine, le traitement du lait de chamelle est effectué par un pasteurisateur d’une capacité de 1.500 litres par jour, un Tank refroidisseur pouvant contenir 500 litres, toutes les deux heures, et une machine de conditionnement d’une capacité de 1.000 paquets emballés par heure. «La capacité d’approvisionnement actuelle est en moyenne de 100 litres par jour. A moyen terme, la laiterie sera approvisionnée par plusieurs éleveurs dans un rayon de 60 km maximum, tout autour de la ville de Tombouctou, avec une capacité de collecte prévue de 700 à 1.000 litre par jour. Un système de collecte pratique et simple sera mis en place afin de faciliter la livraison à temps et dans les meilleures conditions de l’unité», précise Housseine Ghanami. D’après notre interlocuteur, la production se limite actuellement au lait de chamelle pasteurisé. Mais, dans un futur proche, avec l’acquisition de moyens de collecte tout autour de la ville, comme prévu, d’autres gammes seront proposées, notamment le lait fermenté, le ghee et les fromages. Il est, aussi, prévu l’achat de 100 chamelles, dix chameaux et l’aménagement de 20 hectares pour la culture fourragère. La mise en œuvre de cette initiative devrait permettre de solutionner certaines difficultés auxquelles l’unité est confrontée. Il s’agit, notamment, de l’insuffisance de lait de chamelle, faute de système approprié de collecte, du manque de formation en gestion de l’unité de transformation, l’insécurité grandissante entravant la mobilité des collecteurs et le problème crucial d’alimentation des laitières (insuffisance d’espaces pastoraux aménagés). «L’unité reçoit une faible quantité de lait. Présentement, toute la matière première est approvisionnée par la ferme de chamelles située à moins de 5 km de la ville appartenant à l’Association (14 femelles et trois mâles). L’association est en train de négocier avec d’autres éleveurs de chamelles pour collecter dans un rayon de 60 km le lait chamelle», explique-t-il. Et de souligner que l’unité compte, dans les jours à venir, améliorer la production laitière à travers la sélection de chamelles, l’adoption de cultures fourragères pour parer à l’insuffisance alimentaire des laitières, surtout en période de soudure, et l’élargissement du champ d’action (au-delà de la région) en termes de commercialisation. L’Afrique est le premier éleveur mondial de chameaux (terme générique incluant aussi bien le chameau à deux bosses que le dromadaire) avec plus de 14 millions de têtes sur un total de 19 millions à l’échelle mondiale, comptabilise le site du Réseau de recherches et d’échanges sur les politiques laitières (REPOL). Cet animal emblématique des zones sèches est, depuis des millénaires, utilisé par les peuples nomades pour sa capacité d’adaptation et de résistance exceptionnelle aux conditions climatiques dans les zones désertiques, comme les régions dans le Nord du Mali. Où il n’est pas rare de voir des caravanes de chameaux chargés de marchandises ou transportant des forains. Outre ce rôle commercial multiséculaire narré à travers les contes et les récits des explorateurs, le lait de chamelle (la femelle) fait partie du régime alimentaire préféré des bergers et autres tribus nomades, comme ceux de Tombouctou. Dans cette localité dans le Nord du Mali, le lait de chamelle est traditionnellement consommé par la population. Des témoins rapportent que les bergers nomades peuvent survivre jusqu’à un mois, uniquement, avec ce breuvage lorsqu’ils parcourent de longues distances dans le désert avec leurs troupeaux. Ce qui fait de ce liquide un aliment consistant. Des experts estiment qu’il est dix fois plus riche en fer et trois fois plus riche en vitamine C par rapport au lait de vache. «Grâce à sa teneur en potassium, magnésium et vitamine B, le lait de chamelle favoriserait le développement des os, renforcerait la croissance des cheveux et préviendrait leur chute, en plus d’assurer une dentition saine!», soutiennent des spécialistes. D’autres estiment qu’il contient un fort pourcentage de protéine à potentiel anti-microbien élevé, protéine absente du lait de vache ou ne s’y trouvant qu’en quantité infime. Il est alors très prisé par les habitants de la Cité des 333 Saints et autres régions frontalières. ADS/MD (AMAP)

Barrage de Taoussa : Le gouvernement mobilise 5 milliards pour relancer les travaux

Bamako, 2 mars (AMAP) Le gouvernement malien a mobilisé plus de 5 milliards de Fcfa pour l’équipement et le déploiement des Forces armées et de sécurité, la protection des bases vie, des biens et des personnes du projet d’aménagement de Taoussa, a appris l’AMAP, lundi, de source officielle. « En termes d’efforts, l’État malien a mobilisé plus de 5 milliards de Fcfa pour l’équipement et le déploiement des Forces armées maliennes et de sécurité ainsi que la prise en charge des prestations de la société de sûreté (ADES), et la mise en œuvre des mesures de sûreté issues du plan d’action », a annoncé le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. Le ministre, qui s’exprimait au cours d’une table ronde virtuelle des Partenaires techniques et financiers du Projet d’aménagement de Taoussa, à l’hôtel des Finances, a précisé : « Ces mesures concernent la protection des bases vie et l’organisation nécessaire pour la protection des biens et des personnes ». Cette rencontre intervient 11 ans et 23 jours, après la pose de la première pierre du barrage par les autorités du Mali, le 6 février 2010, à Taoussa (site du barrage). En initiant cette table ronde, les autorités entendent faire le point de l’état d’avancement de l’exécution de la feuille de route issue d’une autre rencontre tenue en 2018. Aussi les participants échangent-ils sur les stratégies de redémarrage des travaux du barrage, avant d’explorer les voies et moyens permettant le recrutement d’une nouvelle entreprise capable de travailler dans les conditions actuelles de la zone. Cela pour réaliser les travaux de la route d’accès Gao-Bourem-Taoussa. La rencontre a examina, également, la question du recrutement des experts de l’Unité d’exécution du projet (UEP). On rappelle que le financement du Projet d’aménagement de Taoussa est l’expression d’un effort financier conjoint : État malien-partenaires techniques et financiers. Le coût de sa réalisation s’élève à 167,930 milliards de Fcfa. Le gouvernement malien intervient pour plus de 41 milliards de Fcfa dont plus de 8 milliards déjà mobilisés. Dans la perspective du démarrage des travaux du Projet, le ministre de l’Économie et des Finances a assuré les Partenaires techniques et financiers concernés de la détermination du gouvernement à travailler ardemment à l’amélioration des conditions sécuritaires dans la zone d’intervention du Projet. Concernant le volet construction de la route Gao-Bourem-Taoussa, le ministre Sanou a rappelé que le marché relatif aux travaux attribués à l’entreprise Covec-Mali a été résilié. Le financement du marché était assuré par le Fonds saoudien de développement, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le Budget national. Le taux d’avancement global (pour tout le Projet) était estimé à 13,90% pour un délai consommé de 169%, avant l’arrêt des travaux, a-t-il ajouté. Selon le ministre, il urge alors de presser le pas afin de booster le développement des zones concernées par le Projet. Surtout que le bassin du fleuve Niger, avec ses potentialités, constitue un enjeu majeur de développement socio-économique de la sous-région en général, et du Mali en particulier, notamment la partie nord de notre pays. « Il est impérieux d’y engager d’importants programmes d’aménagement pour inverser les tendances actuelles de dégradation, justifiant du coup la pertinence et la nécessité du Projet d’aménagement de Taoussa dont les impacts positifs attendus feront des régions du nord un véritable pôle de développement », a plaidé Alousséni Sanou. Il a ajouté que la réalisation de l’ouvrage et celle de ses travaux connexes se traduiront, selon les estimations, « par l’absorption de la quasi-totalité de la main d’œuvre de la zone, l’assurance de l’autosuffisance alimentaire dans la zone et l’augmentation des revenus monétaires annuels des populations, une croissance de près de 3% du cheptel, la production de 7.800 tonnes de poissons par an et de 118 GWh/an pour couvrir une partie des besoins en énergie de la zone ». À cet égard, le ministre de l’Économie et des Finances a indiqué que la réalisation de cet important projet est un facteur de paix et de cohésion sociale dans le Nord du Mali, socle de tout développement durable. Insufflant, ainsi, « une nouvelle dynamique qui fera du Sahel un havre de paix où les communautés vont retrouver le bonheur du vivre ensemble mais surtout la transformation des régions du Nord du Mali en un véritable pôle de développement », a-t-il prédit. Pour sa part, le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, a insisté sur l’espoir que les populations, notamment celles des régions du Nord et du Centre de notre pays et bien au-delà des frontières, placent en la réalisation de ce projet. « C’est pourquoi, il figure parmi les projets prioritaires du gouvernement et a été présenté aux acteurs signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger comme la contribution majeure du gouvernement à la stratégie de développement des régions du Nord du Mali », a relevé Lamine Seydou Traoré. L’ouverture des travaux a eu lieu en présence, également, des ministres de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara. Il y avait aussi le directeur général de l’Autorité pour l’aménagement de Taoussa, Chirfi Moulaye Haïdara. AG/MD (AMAP)