Santé et hygiène de la femme : Ces produits qui détruisent

Par Anne-Marie Keita Bamako, 13 novembre (AMAP) Jeune, belle, Fatoumata Diarra est secrétaire dans une entreprise privée et est mariée, depuis il 3 ans. Mais, la joie d’être mère tarde à venir, après plusieurs tentatives. La jeune dame raconte qu’elle a subi toutes sortes de traitement et d’analyses médicaux, ainsi que de radios, notamment l’hystérosalpingographie (un examen qui permet de visualiser l’utérus et les trompes de Fallope), l’hydro-tubation (traitement des pathologies tubaires obstructives). Elle a, aussi, pris, pendant des années, toutes sortes de médicaments fertilisant prescrits par son médecin. Ces traitements n’ont pas été efficaces pour réaliser son désir d’avoir des enfants. C’est pourquoi, sur les conseils d’une vieille dame, elle a commencé un traitement avec des produits à base de plantes, de feuilles et d’écorces. Après deux mois de traitement, miracle ! La voilà enceinte, pour la première fois. Pour elle, le traitement à base de ces produits serait meilleur et efficace contre l’infertilité. Donc, elle le conseille, vivement, aux femmes en désir d’enfants. Quant à Mariétou Diarra, elle souffre de démangeaisons graves qui ont fait des plaies sur ses parties intimes, malgré le traitement prescrit par son docteur. « Je cherche à avoir des enfants, depuis des années. Le docteur m’a même dit que je souffre d’infections qui peuvent être source d’infertilité. Je suis convaincue que ces infections sont à la base de mon infertilité », dit Mariétou. Et sur les conseils d’une amie, elle a eu recours à ces produits ou médicaments et, aujourd’hui, elle se sent guérie de ses démangeaisons. Pour elle, les problèmes de santé des femmes qui les empêchent d’avoir des enfants tels que les fibromes et myomes se traitent mieux avec les produits qu’elle trouve naturels. Et de donner en exemple les feuilles de ‘Djeka’ qui traiteraient beaucoup de maladies de l’appareil génital. Pour cet autre interlocuteur, sous anonymat, rencontré sur le lieu de vente de ces produits, elle les utilise pour le plaisir sexuel et pour soulager les douleurs pendant les moments intimes. DES NOMS EXOTIQUES – Selon une vieille femme nommée Tia Diakité, toutes les jeunes femmes se doivent d’utiliser des astuces et des produits extraits de plantes, feuilles, racines et écorces pour être en bonne santé et pour le bonheur de leur couple. Selon elle, certains produits comme le « babi », « Gaini », « Yiri frarani … » sont bons pour l’hygiène intime des femmes. Ayant eu à jouer plusieurs fois le rôle de « magnamaga », Tia avoue proposer, toujours, aux jeunes mariées, des produits, pendant leurs nuits de noces et après, pour maintenir leur santé reproductive. Ils sont nombreux ces produits qui, dans le langage féminin, ont des noms aussi particuliers qu’exotiques et ont certaines figures en Bamanan, en Français ou dans d’autres langues. Ils se vendent, partout, dans les marchés et, plus particulièrement, devant la Maison des artisans de Bamako. Bourama Coulibaly, est vendeur de ces produits ici. Il cite quelques noms de produits parmi tant d’autres : Les feuilles de « Djeka », « Gongoli », « clou de girofle ou benefouti », « 4 cotés », « feuilles de menthe », « petit cola », « gingembre » « feuilles de laurier ». Sur leurs vertus, Bourama explique que chacun de ces produits se vend bien. Ils sont, tous, sont utilisés par des femmes à des fins différentes. « Soit ils soignent des maladies, soit c’est pour faire plaisir à son conjoint », explique le vendeur qui soutient que les produits, comme les feuilles de « Djeka », « Gongoli » sont, généralement, utilisés pour soigner l’absence de menstrues, éliminer les fibromes et faciliter la conception pour celles qui ont des difficultés d’avoir des enfants. Fatou Ba est aussi vendeuse de ces produits. Elle reçoit de nombreuses clientes qui viennent s’approvisionner pour traiter des Infections sexuellement transmissibles (IST), pour le plaisir sexuel ou pour réaliser un désir d’enfants. Selon la jeune dame, qui dit en prendre, chaque produit a ses fonctions. Ceux faits à base d’écorces, de racine et de feuille ont un emploi spécifique et ce sont les femmes et les jeunes filles qui en sont les principales clientes. QUELLES CONSEQUENCES SUR LA SANTE ? Sans aucune connaissance des effets néfastes sur leur santé et sur l’origine de ces produits, certaines filles ou femmes préfèrent les utiliser, en les mettant en contact avec leurs parties intimes. D’autres préfèrent infuser pour boire ou se purger avec ces mixtures à base de plantes, de feuilles et d’écorces. Mouna Diarra affirme qu’en suppositoire, le produit est plus efficace car ses effets sont, immédiatement, ressentis sur le corps. Cependant, elle met en garde les femmes contre l’excès de l’utilisation de ces produits dont personne ne connaît les effets secondaires. « Je demande aux femmes d’utiliser ces produits, avec modération, de ne pas en abuser, au risque de se créer des problèmes de santé. Mouna se dit consciente que ces produits sont vendus sans aucun contrôle sanitaire, raison de plus pour s’en méfier. « Il est bien de faire plaisir à son homme mais pas au péril de sa vie », conseille Mouna Diarra. Selon le Dr Garba Cissé, en introduisant ces matières dans l’appareil génital féminin, il y a des risques de cancer du col de l’utérus. Il a ajoute que ces produits « peuvent détruire la flore vaginale qui, par la suite, pourra causer des infections vaginales et conduire à une infertilité ». AMK/MD (AMAP)
Le président Keïta défend le multilatéralisme devant la 40ème session de la Conférence générale de l’UNESCO

Par Kader MAIGA Envoyé spécial Paris, 13 novembre (AMAP)Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, coordinateur de l’Union africaine pour la culture, les arts et le patrimoine, a pris part mercredi, à la 40èmesession de la Conférence générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), à son siège à Paris, en marge des travaux du Forum de Paris sur la Paix, a constaté l’AMAP. Dans son allocution, le Chef de l’Etat a salué les relations entre le Mali et l’UNESCO. « Vous avez choisi d’honorer le Mali, mon pays, qui a tissé avec l’UNESCO des liens particulièrement féconds depuis le premier jour de son accession à la souveraineté internationale ; un pays qui a beaucoup reçu de l’UNESCO mais lui a aussi beaucoup donné » a déclaré Keïta. Le Chef de l’Etat a salué, également, l’UNESCO qui l’a choisi parmi ses pairs pour défendre et illustrer les arts, la culture, le patrimoine africain. Ibrahim Boubacar Keïta a affirmé que « si l’UNECO n’existait pas, il fallait la créer ». A ce sujet, le Chef de l’Etat malien a développé trois thèses, à savoir l’importance de la culture, l’existence de l’UNESCO nécessaire, voire indispensable et le multilatéralisme fort et efficient. L’Afrique, selon lui, en tant que jeune continent et sa jeunesse, ont un rôle à jouer dans le multilatéralisme, en tant que dépositaire d’un capital culturel « dont on n’a pas encore pris toute la mesure ». « Je suis venu vous dire que cette marche vers un monde meilleur, vers plus d’humanité, nous voulons la faire avec tous les peuples car la toile dont nous rêvons sera d’autant plus belle qu’elle sera de fils de toutes les couleurs. » a soutenu le Président Keïta. Il a conclu ses propos en disant : « Nous voulons marcher avec tous les peuples du monde car convaincus que si l’on veut aller plus loin, il faut aller ensemble. Le multilatéralisme n’est pas, à cet égard, une option que l’on peut adopter ou rejeter au gré des circonstances mais un impératif que j’aurais qualifié de catégorique si l’épithète ne sonnait trop kantien ». En marge de la 40èmesession de la conférence générale de l’UNESCO, le Président de la malien a reçu en audience l’ambassadeur délégué permanent du Royaume d’Arabie Saoudite auprès de l’UNESCO, le Pr Ibrahim Albalawi, l’ancien ministre français de la Justice, Mme Christiane Taubira, avant d’avoir des entretiens avec la directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, sur plusieurs sujets dont le renforcement de la coopération entre le Mali et l’institution onusienne. KM/MD (AMAP)
Les acteurs du développement de Ténenkou valident le Plan quinquennal de la Commune urbaine

Ténenkou, 13 novembre (AMAP) Les acteurs du développement du Cercle de Ténenkou (Centre) ont validé le Plan quinquennal de développement économique social et culturel (PEDSC) de la Commune urbaine de Ténenkou, au cours d’une récente session, dans la salle de conférence de la préfecture. Elus locaux, autorités traditionnelles, représentants des services techniques et des organisations de la société civile ont fait l’état de lieux des différentes réalisations au niveau de la Commune urbaine, avant de plancher sur le programme quinquennal 2020-2024 de la Commune urbaine de Ténenkou qui touche tous les secteurs de la vie économique, sociale et culturelle, à savoir l’agriculture, l’éducation, l’économie, le transport, la communication, le sport et la culture. A la lumière des rapports présentés et qui ont fait l’objet de discussions, plusieurs actions prioritaires ont été notées pour l’exercice 2020. Il s’agit, notamment, dans le domaine de l’agriculture, de l’aménagement d’un périmètre irrigué villageois et d’un périmètre maraîcher d’un ha à Ténenkou, la dotation du comité de gestion du casier rizicole d’un tracteur, la régénération d’1 ha de bourgoutières, la construction d’un magasin de stockage d’une capacité de 40 tonnes pour l’approvisionnement en aliment bétail, la réhabilitation du parc de vaccination et la réalisation d’un étang piscicole. Dans le domaine de l’éducation, la priorité a été donnée à la construction de 3 salles de classe au second cycle A de Ténenkou et la construction de 6 salles de classes, avec direction et magasin, au quartier Komangalou, pour désengorger l’école Tahirou Cissé. S’agissant du désenclavement, il est prévu la construction de la digue de liaison Ténenkou-Penga et Ténenkou-Tougnana longue de 12 km. L’économie n’est pas restée en marge. Il est prévu la construction d’un nouveau marché et la réhabilitation du marché à bétail. Les participants à cette rencontre ont formulé des recommandations pour la mise en œuvre du PEDSC 2020 – 2024, notamment, traduire ce plan en une réalité consistant à changer le visage de la collectivité grâce à la réalisation des actions planifiées, mobiliser les ressources humaines et financières, impliquer la diaspora dans sa mise en œuvre, mettre l’accent sur les actions liées aux changements climatiques et respecter la vision et les orientations de développement de la commune. Le PDSEC 2020-2024 a été élaboré grâce à l’appui financier du Priogramme dea Nations unies pour le développement (PNUD) et avec l’appui technique de l’Agence développement régional (ADR). La session a été présidée par le premier adjoint au préfet du cercle de Ténenkou, Hamadoun Tamboura, qui dans son discours inaugural, a invité l’ensemble des participants à s’investir pleinement pour la réussite de cette rencontre. AS/MD (AMAP)
Niono : Visite du Ministre de l’administration territoriale et de décentralisation
Niono, 13 novembre (AMAP) Le Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah, à la tête d’une importante délégation comprenant les membres de son cabinet, des directeurs centraux de l’administration et des collectivités territoriales, en compagnie du gouverneur de la Région, l’inspecteur général Biramou Sissoko, a séjourné à Niono, vendredi dernier. Lors de cette visite, qui s’inscrit dans le cadre d’une tournée qu’il a entrepris jeudi en 4èmeRégion afin de s’enquérir des préoccupations des populations à la base, le ministre et sa délégation ont rendu une visite de courtoisie aux notabilités et aux chefs religieux et coutumiers de Niono. Il a, ensuite, présidé une conférence des cadres dans au Cercle où une minute de silence a été observée à la mémoire des victimes de différentes et récentes attaques terroristes. Dans son discours de bienvenue, le maire de la Commune urbaine de Niono, Abdramane Touré, s’est réjoui de cette visite, « car, a-t-il dit, elle est la preuve que le ministre accorde une importance particulière à l’amélioration des conditions de travail de l’administration et de sa volonté d’approcher les populations afin de s’imprégner de leurs difficultés ». De son coté le sous préfet central de Niono assurant l’intérim du préfet, Mme Diassana Fatou Daou, a axé son intervention sur lune présentation sommaire du cercle, la description de la situation sécuritaire, les mesures prises, les suggestions et recommandations, le Dialogue national inclusif et la révision annuelle des listes électorales de 2019. S’agissant de la situation sécuritaire, le préfet par intérim a dit que le positionnement géographique du Cercle de Niono en fait une zone d’insécurité, depuis la crise multidimensionnelle que le Mali expérimente, depuis 2012. « Cette situation d’insécurité est caractérisée, entre autres, par la présence accrue de groupes armés de tout acabit dans le cercle, des assassinats et enlèvements ciblés, du vol de bétail », a ajouté le préfet intérimaire. Prenant la parole, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah a évoqué ce que représente la Région de Ségou et, particulièrement, le cercle de Niono, en termes de création de richesses et du point de vue de sa position géopolitique. Il a invité les populations à la cohésion, à l’entente afin de faire face aux défis auxquels notre pays est confronté aujourd’hui. « Les attentes sont nombreuses. On ne peut pas résoudre tout et tout de suite. La priorité, pour le moment, est donnée à l’éduction et à la défense », a-t-il dit. Les préoccupations des participants ont porté, entre autres, sur les difficultés de recouvrement des taxes et impôts, l’amélioration du statut des élus, l’opérationnalisation de l’affectation de 30% du budget national aux collectivités, l’accélération du transfert effectif des compétences, l’insuffisance du personnel, la vétusté des locaux des services techniques et le retard de la lettre de nomination des chefs de villages. Le ministre et les directeurs centraux de l’administration et des collectivités territoriales ont fourni des réponses jugées satisfaisantes par les participants. MS/MD (AMAP)
Les agropasteurs de Tominian se forment à l’insémination artificielle

Tominian, 13 novembre (AMAP) Des agropasteurs de Tominian ont reçu une formation en insémination artificielle, au cours d’un atelier organisé, mardi, par le Service local de la production et de l’industrie animale (SLPIA), en collaboration avec le Centre national de l’insémination artificielle animale (CNIA), sous la présidence du 1eradjoint au préfet du cercle de Tominian, Moussa Coulibaly. Selon le chargé de Suivi-évaluation au CNIA, Moussa Traoré, l’objectif de cet atelier est d’apprendre aux agro-éleveurs les notions d’élevage amélioré, d’insémination artificielle, la préparation des animaux destinés à l’insémination, les méthodes d’interventions dans l’insémination artificielle, la conduite des vaches inséminées et des nouveau-nés. Le préfet, avant d’ouvrir les travaux, a rappelé que, pour améliorer les revenus dans le domaine de l’élevage, le Mali a bénéficié, en 2014, de semences animales du Royaume du Maroc et a créé, en 2015, le Centre national de l’insémination artificielle animale (CNIA) pour améliorer la production de lait et de la viande. Mettant, ainsi, cette activité au centre des préoccupations nationales dans le secteur de l’élevage. Selon le Préfet, l’atteinte de l’objectif de l’insémination passe, nécessairement, par la formation de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur lait et viande. Les participants ont planché sur les thématiques des facteurs de réussite de l’Insémination artificielle, comment préparer la vache, les types de vaches à inséminer, l’entretien du veau, l’accès à l’insémination, les difficultés liées à l’insémination et les conseils pratiques. Le Projet de développement durable des exploitations pastorales au Sahel-Mali (PDDEPS-Mali) est un vaste programme sous régional qui concerne le Mali, le Sénégal et le Burkina Faso. Il est aligné sur le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS)financé par la Banque mondiale et complètera ses activités au Mali. Le partenariat avec le PRAPS offrira un fort potentiel de levier pour intensifier les interventions prometteuses. Le Projet s’exécutera à travers ses cinq composantes : le développement des infrastructures pastorales et la gestion des ressources naturelles, le développement des chaines de valeur des bovins et des petits ruminants, l’accès à la finance islamique, l’appui au développement des capacités institutionnelles et organisationnelles, la gestion du projet. Il associera, étroitement, le secteur privé et les structures communautaires dans la mise en œuvre de ces composantes. Au Mali, les actions concerneront les Régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti et Sikasso. Toutes ces régions sont caractérisées par une forte activité de transhumance et se situent, principalement, dans le corridor reliant le Mali aux pays voisins. Les sites du projet abritent, également, les principaux marchés locaux et régionaux du bétail et offrent un potentiel d’amélioration du commerce transfrontalier. Le CNIA, un des maillons de la mise en œuvre de la composante 2 du Projet développement des chaines de valeurs des bovins et des petits ruminants, doit jouer ce rôle important dans ce projet. Il doit permettre la mise à niveau des inséminateurs sur les nouvelles biotechnologies de la reproduction, protocole de synchronisation, utilisation de matériels et équipements récents et former les agro-éleveurs dans la conduite des troupeaux destinés à l’insémination artificielle. ST/MD (AMAP)
« Jowro », gestionnaires des ressources naturelles

Envoyé spécial Ahmadou CISSE Mopti, 13 novembre (AMAP) Hamsala Bocoum, grand connaisseur de la vie dans le Delta central, décortique le mot peulh « Jowro » qui est la contraction de ‘Jom’ (propriétaire ou chef) et de ‘Wuro’ (campement, village). Ce mot composé de « Jowro » désigne l’individu et l’institution coutumière chargés de gérer les ressources naturelles (principalement les pâturages) d’un territoire pastoral ou agropastoral ou d’un simple îlot à ‘bourgou’ que la décrue du fleuve Niger et celle de ces affluents et défluents mettent à nu dans le Delta intérieur du Niger (de Ké-Macina à Youwarou). « Ce système, poursuit-il, a existé bien avant la Dina de Sékou Ahmadou, au sein des premiers royaumes qui avaient la souveraineté sur cette zone géographique ». Ainsi, des relations de pouvoir caractérisaient les rapports entre « Ardos » (chefferies locales) et « Jowro ». Les deuxièmes officiaient sur les terres contrôlées et surveillées par les premiers qui, eux-mêmes, étaient des vassaux d’un suzerain (roi ou empereur). Dans les livres d’histoire, malheureusement peu enseignés dans nos écoles, on apprend que les premières institutions pastorales remontent à l’occupation du Delta par les pasteurs peuls vers le XIVè siècle, période à laquelle les communautés ont établi des conventions sur l’exploitation des ressources naturelles. A partir du XVè siècle, sont apparues les chefferies peules connues sous le nom de “Ardo”. Elles furent structurées en entités pastorales « Jom-Wuro » qui deviendront plus tard les « Jowro ». La première structuration de l’espace du Delta est donc l’œuvre des Ardos, selon les documents historiques. Elle est organisée autour de la notion des Leydi (espace territorial comprenant l’ensemble des ressources naturelles de la zone gérée par les Dioros). Au début du XIXe siècle, l’Etat théocratique peul de Hamdallaye se substitua aux Ardos et réorganisa l’administration et la gestion des ressources naturelles du Delta. Depuis les États généraux de Hamdallaye, à l’an III de la Dina, où les communautés nomades du Delta sont appelées à se sédentariser, le « Jowro » s’est vu confier la gestion des pâturages. « Chaque groupe de pasteurs disposait de droits sur certains pâturages et sur certains points d’eau pendant une période déterminée permettant une complémentarité et une superposition, dans l’espace et dans le temps, des systèmes de production. Cette forme de rotation permettait une utilisation optimale et (sans conflits) de toutes les ressources. La distinction entre les pâturages de saison de pluie (zone exondée) et ceux de la zone sèche (zone inondée) permettait à la végétation de se régénérer normalement », explique Hamsala Bocoum. C’est la responsabilité du « Jowro » de veiller au respect de tous ces grands équilibres. Son rôle est même consigné dans la Charte pastorale du Mali qui accorde une place de choix à la propriété coutumière. Sous la Première République, le régime socialiste, en nationalisant les terres, avait, considérablement, réduit le pouvoir des « Jowro » dont la réhabilitation n’a été amorcée qu’en 1966 par l’organisation de la première conférence locale sur les bourgoutières à Tenenkou. « Depuis les sécheresses des années 70 et 80, les ressources naturelles du Delta se sont amenuisées tandis que la population et les surfaces cultivées ont doublé. L’agriculture a phagocyté les espaces, traditionnellement, réservés à l’élevage. Sur le même espace, plusieurs usagers différents se côtoient où se superposent, chacun cherchant sa survie, selon ses propres règles, selon son activité ou son statut social », rappelle Hamsala Bocoum. Les « Jowro » continuent à exercer leur droit à la préséance, chaque fois que les troupeaux descendent, à la recherche du « bourgou », une herbe juteuse et sucrée, qui pousse, à perte de vue, dans le lit du lac. Sur les traces d’ « Amkoullel, l’enfant peul, Amadou Hampâté Ba met en garde : « Quiconque ne tient pas compte de ce qu’il était hier, demain ne sera rien, absolument rien ». AMC/MD (AMAP)
Delta intérieur du Niger : Les équilibres sociaux à l’épreuve de la crise

Envoyé spécial Ahmadou CISSE Mopti, 13 novembre (AMAP) Jadis, dans ce vaste espace riche en ressources naturelles, pêcheurs, éleveurs et agriculteurs avaient mis en place des mécanismes de partage des ressources naturelles. Ce qui permettait de réguler le vivre ensemble. Mais les remous consécutifs à la situation conflictuelle en cours ont mis à mal les anciennes méthodes de gestion de la cohabitation, exacerbant les frictions entre communautés, plongeant la zone dans une certaine désolation. Le lac Débo ou « Dhébo » pour les riverains, est situé dans le Delta central du Niger, juste après Mopti, à environ 80 km. C’est le plus grand lac du Mali. Sa superficie dépend, étroitement, des crues de deux des trois grands fleuves qui arrosent généreusement la contrée (le Niger et le Bani). Qui mieux que l’écrivain et ethnologue Amadou Hampâté Ba pour décrire cette vaste étendue d’eau ? Dans « Amkoulel, l’enfant peul », le disciple de Tierno Bocar écrit : « Ce grand lac situé dans le delta de la boucle du Niger, un peu avant Niafunké, était réputé non seulement pour ses poissons, mais aussi pour ses innombrables oiseaux de différentes espèces qui, une fois l’an, venaient du monde entier pour s’y réunir et y caqueter à plaisir, en une sorte de grand Unesco volatile… ». Le philosophe, au sens noble, a écrit vrai. C’est, en effet, une zone naturelle de vie et d’abondance. Ce lac est, sans doute, le plus grand cadeau que Dieu a fait à la Région de Mopti. Il n’y a guère longtemps, les populations vivaient, paisiblement, de leurs activités d’exploitation des richesses naturelles. L’éleveur peulh y nourrissait ses troupeaux. Le pêcheur vivait des ressources de la pêche. L’agriculteur sonrhaï exploitait les terres arables et fertiles au bord du cours d’eau. Entre ces groupes, une activité commerciale complexe s’est instaurée. Les uns comblant les manques des autres. La cohabitation entre les différents groupes n’étaient pas sans frictions. Mais, rarement, elles dégénéraient en conflit ouvert. Aujourd’hui, l’insécurité a tout fait basculer dans le Delta central. Les équilibres sociaux sont menacés. Les mécanismes rodés de gestion des conflits sont mis à mal. Depuis 2012, année de fortes turbulences sécuritaires, politiques et même communautaires, les choses ont, profondément, changé. Les agents de l’administration ont quitté la zone. Des hommes armés, cachés sous le manteau de la religion musulmane, y sèment la terreur. Le contexte d’insécurité a poussé les groupes sociaux à prendre les armes pour se défendre, notamment contre les vols de bétail et les exactions des terroristes. Ainsi, on ne fait plus recours à la justice de la République et aux mécanismes de gestion de conflit mis en place par les anciens. PERSONNAGE INFLUENT – « L’essentiel des litiges ici tourne autour du foncier », remarque un ancien homme de droit qui confie que la mauvaise distribution de la justice est la cause profonde de la crise sociale actuelle. « Ce n’est pas faux », réagit Abdoulaye Waïgalo, 73 ans, établi à Mopti depuis plus d’un demi-siècle. Abdoulaye vit, actuellement, du retour de ses investissements dans la terre. Propriétaire d’une bourgoutière et de nombreuses têtes de bétail, il craint le pire, si rien n’est fait. Il regrette les temps anciens où les populations vivaient en parfaite symbiose. On rencontrait ici des ressortissants de toutes les contrées du Mali. «Tout était réglé à l’amiable. Il y avait des codes et des repères. Aujourd’hui, nos enfants sont armés. Ils n’ont plus de respect pour les parents», regrette notre interlocuteur. Abdoulaye Waïgalo se souvient, avec nostalgie, de l’époque où les conflits étaient gérés par des personnages influents dans les communautés. Il s’agit des « Jowro », gestionnaires des ressources naturelles. La fonction est en perte de vitesse aujourd’hui. Ces « Jowro » étaient au centre d’un système unique en son genre pour gérer les ressources naturelles à la satisfaction des éleveurs, des agriculteurs et des pêcheurs. Hamsala Bocoum, est sans doute l’un des plus grands connaisseurs du pastoralisme dans le Delta central. Originaire de Dialloubé, localité située à quelques encablures de Mopti, derrière le fleuve, il est lui-même propriétaire de plusieurs centaines de bovins. Cet homme âgé défend l’idée que les crises nées dans le monde pastoral sont à la base des bouleversements sociaux que nous connaissons. « Dans le Delta, trois droits se superposent : celui des pêcheurs, celui des cultivateurs et celui des éleveurs. La coexistence de ces différents éléments a toujours créé de l’insécurité. C’est pourquoi, la fonction du « Jowro » est instituée pour réguler cet ensemble. Il a résisté au temps, preuve de son utilité », analyse le spécialiste qui ajoute que le colonisateur a essayé, par tous les moyens, d’affaiblir le système des « Jowro » sans succès. DES REGLES ET DES CODES – « Grâce aux ressources naturelles, les communautés peulh se sont sédentarisées. Celles-ci ont, depuis les temps anciens, réglementé l’accès et l’exploitation de ces ressources. Elles ont institutionnalisé des règles coutumières et mis en place des structures en vue d’une gestion durable. Conscientes de leur importance, elles ont usé de règles et de codes coutumiers, en vue de la gestion harmonieuse de ces ressources », développe, en grand connaisseur, notre interlocuteur. La législation moderne introduite, vers les années 1930, a eu peu d’incidence sur les habitudes de ces populations qui, à cause de leur analphabétisme, n’ont pas réellement accès au contenu du droit positif. Pour Hamsala Bocoum, le droit coutumier permettait une exploitation alternée de l’espace par les exploitants des trois secteurs économiques (agriculture, élevage, pêche) d’une manière optimale et harmonieuse. « Cet équilibre est actuellement rompu », fait-il remarquer. Notre interlocuteur, à la retraite, qui a passé les plus belles années de sa carrière dans le milieu judiciaire, rappelle les causes qu’il voit dans la croissance de la population et du cheptel, la réduction des espaces pastoraux et la perturbation de l’organisation traditionnelle des éleveurs par des facteurs externes (sécheresse, faiblesse des crues, développement des moyens de production, coût de la vie). AC/MD (AMAP)
Communiqué du gouvernement suite à l’offensive des Fama contre les bases terroristes dans les régions du centre du pays

Le Gouvernement de la République du Mali apporte un démenti formel à des rumeurs véhiculées sur les réseaux sociaux, faisant état de la prise de blindés des FAMa par des terroristes. Le Gouvernement appelle la population à plus de vigilance face à ces campagnes d’intoxication et de manipulation de l’opinion, à travers la diffusion d’informations erronées qui n’ont d’autre but que de saper le moral de nos vaillants soldats. Par contre, le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion publique nationale et internationale que les Forces de Défense et de Sécurité du Mali ont engagé, conformément aux instructions du chef suprême des Armées, une offensive de grande envergure contre les bases terroristes, dans certaines localités de la région de Mopti. Le bilan des opérations, fait état de plusieurs terroristes neutralisés, d’importants dégâts matériels dont des véhicules et motos détruits. Les fouilles ont permis également de retrouver sur les lieux, des cartes d’identité de plusieurs nationalités et des effets militaires. Le Gouvernement de la République du Mali informe que ces opérations ont été conjointement menées par les hommes de la 6ème Région militaire de Sevaré et l’Armée de l’Air du Mali. Le Gouvernement du Mali félicite les FAMa pour cette nouvelle stratégie d’attaque qui illustre, à suffisance, leur grande détermination à redonner confiance à notre peuple ; à faire honneur au serment sacré du Soldat et à la mémoire des frères d’armes tombés sur le champ de l’honneur pour la Patrie. Le Gouvernement de la République du Mali invite l’ensemble du Peuple malien à soutenir, à accompagner et à encourager nos FAMa, dans ce combat sacré contre les forces obscurantistes qui œuvrent à mettre en mal notre vivre ensemble et la libre circulation des personnes et de leurs biens dans notre pays. Bamako, le 11 novembre 2019 Le Ministre de la Communication, Chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement, Yaya SANGARÉ
Ouverture d’un colloque international sur la problématique du financement du cinéma, mardi à Bamako

Bamako, 13 novembre (AMAP) La cérémonie d’ouverture du colloque international sur la problématique du financement du cinéma, a été présidée mardi à Bamako, le ministre de la Communication, Chargé des relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement, Yaya Sangaré, assurant l’intérim de son homologue de la culture en mission, a constaté l’AMAP. Les hommes et les femmes du 7ème Art du Mali, du Burkina Faso, de la Côte-d’Ivoire, de la Guinée, du Maroc et du Sénégal présents à Bamako pour l’occasion, vont partager leurs expériences sur les questions du financement du cinéma. A l’issue de leurs travaux, les participants vont formuler des recommandations permettant de mobiliser des ressources pour « réveiller davantage les écrans » dans leur pays respectif. KM (AMAP)
Koro : Visite du gouverneur de la Région de Mopti

Koro, 13 novembre (AMAP) Le gouverneur de la Région de Mopti, le général de Brigade, Abdoulaye Cissé, accompagné du chef d’état major de l’Armée de terre, le général Keba Sangaré, du chef de la Légion de la gendarmerie de Mopti, du directeur régional des Douanes et du président du Conseil régional, est arrivé, mardi, à Koro, dans le cadre d’une visite de terrain, a constaté l’AMAP. La délégation s’est, d’abord, rendue dans le village de Bih, à la frontière avec le Burkina Faso, pour constater les dégâts causés au pont dynamité par des terroristes, avant de tenir une conférence de cadres avec les chefs de services techniques et les forces vives de Koro. Le gouverneur a informé les populations, après les avoir remercié pour leur accueil, que toutes les dispositions seront prises pour réparer le pont détruit, afin de reprendre, au plus vite, le trafic routier sur ce tronçon. Il a indiqué que l’entreprise chargée de l’exécution des travaux traine encore le pied et n’est pas encore arrivée sur le site, alors que l’endroit est sécurisé par les Forces armées maliennes (FAMa), depuis plus d’une semaine. Il a instruit à l’entrepreneur d’être sur le terrain « dans 48 heures, au risque de perdre le marché au profit d’un autre ». Selon lui ce corridor rapporte beaucoup sur le plan économique à la région, il n’y a pas de raison que les travaux trainent. Sur le plan sécuritaire, il a invité les populations à collaborer avec les FAMa, en donnant des informations fiables. Il a, surtout, déploré que, parfois, au lieu que des informations relatives aux attaques viennent des villages pour le niveau régional, c’est Bamako qui appelle pour signaler que tel village est attaqué ou tel autre est sous menace. Il a demandé aux populations de donner les informations aux autorités administratives locales qui se chargeront de remonter au niveau régional, après vérification. Quant au général Kéba Sangaré, il est, également, revenu sur la nécessité de fournir des informations fiables à l’Armée. Il a dit que dans de nombreux cas signalés, quand les hommes arrivent sur le terrain, ils trouvent que l’information sur l’attaque des villages n’est pas fondée. « Cela fatigue beaucoup les hommes. L’Armée est présente auprès des populations et continuera à être présente auprès d’elles pour assurer la sécurité des personnes et de leurs. Mais elle a, surtout, besoin de la collaboration de cette population pour mener à bien ses différentes missions » a-t-il conclu. La délégation a quitté Koro pour l’étape de Bankass où elle tiendra, aussi, une rencontre de cadres sur les questions liées à la sécurité. MN/MD (AMAP)

