Éditorial: Reconnaissance (De Bréhima Touré)

De Bréhima Touré mardi 3 décembre 2019 Ce genre d’hommage donne un sens profond à l’engagement patriotique, au sacrifice pour sa patrie. La France a montré qu’elle était reconnaissante envers ceux qui s’engagent pour elle et qui sont prêts à aller jusqu’au sacrifice ultime. Le ban et l’arrière-ban de la République française était debout dans le recueillement autour des cercueils des soldats tombés au cours d’une opération anti-terroriste sur notre sol. L’atmosphère dans la cour des Invalides était empreinte de solennité, d’émotion, de recueillement et de gravité. Et le président français a eu les mots justes pour imprimer un sens hautement patriotique à la mort de ces soldats. «La liberté a souvent hélas le goût du sang versé», s’est exclamé Emmanuel Marcon dès l’entame de son intervention. Dans la bouche du chef suprême des armées, l’éloge funèbre avait une toute autre dimension surtout lorsqu’elle a pris l’allure d’une galerie de portraits, s’attardant sur le parcours de chacun des soldats. La marque d’attention était manifeste. De quoi mettre du baume au cœur des familles, invitées d’honneur, et les conforter dans l’idée que le sacrifice de leurs proches n’est pas vain. De quoi consolider l’esprit du sacrifice chez tous les militaires et rappeler la noblesse du métier des armes. La défense se construit par l’exaltation de la culture du sacrifice, de l’abnégation, du don de soi, de l’amour de la patrie. L’exemple doit nous inspirer et nous inciter à montrer davantage à nos soldats que leur engagement a un sens, celui de la défense de la patrie, de la dignité et de la forme laïque de l’État qui accorde à chacun de nous un espace de liberté. Une nation sans défense est une proie facile pour toutes les ambitions hégémoniques. Dans notre cas, l’obscurantisme menace de nous envahir et notre patriotisme prend une fausse route. B. TOURÉ

Interconnexion électrique Guinée-Mali : Un coup d’accélérateur au projet

Bamako, 03 décembre (AMAP) Le Comité de pilotage du Projet d’interconnexion électrique en 225 KV Guinée-Mali a tenu, vendredi et samedi derniers, sa 2e session au cour de laquelle les administrateurs maliens et guinéens ont passé au peigne fin l’état de mise en œuvre du Projet et de mobilisation des ressources nécessaires à cet effet. Durant deux jours, sous la présidence de la directrice nationale de l’Energie au Mali, Mme Théra Aminata Fofana, en présence de la représentante de la BOAD, Mme Lo Fatoumata Diop, les participants ont examiné et validé les programmes de travail et de budget annuels (PTBA) 2020 des Unités de gestion du projet. « L’objectif était de faire le point sur l’état d’avancement du Projet et d’approuver les Plans de travail et du budget annuel 2020 des Unités de gestion du projet (UGP) pour un suivi correct de son exécution », a souligné la directrice nationale de l’énergie, dans son allocution d’ouverture. Cela est d’autant nécessaire si l’on sait que le Mali est confronté à de nombreux défis en matière de développement. En effet, « outre le développement du secteur électrique, nos Etats doivent relever les défis liés à l’accès aux services sociaux de base tels la santé, l’éducation, l’approvisionnement en eau potable, l’autosuffisance alimentaire et le désenclavement », a rappelé Mme Théra. Et d’ajouter : «La modicité des moyens dont nous disposons nous commande à mettre en commun nos efforts en vue de leur optimisation pour créer les conditions favorisant notre développement», comme pour dire que le soutien des partenaires techniques et financiers est nécessaire pour y arriver. Son homologue guinéen, Dr. Cheick N’fall Sissoko, a assuré que tous les financements ont été ratifiés du côté de la Guinée, excepté celui de la Banque européenne des investissements (BEI). Le Projet d’interconnexion électrique en 225 kV Guinée-Mali consiste en la construction d’une ligne électrique de structure à double terne 225 kV en courant alternatif. D’une longueur d’environ 714 km, il est situé entre la ville de Sanankoroba, au Mali, et celle de Nzérékoré en Guinée (en passant par Fomi, en Guinée). Il verra l’implantation des postes de transformation associés dans les localités de Siguiri, Fomi, Kankan, Kérouane, Beyla et N’Zérékoré (en Guinée) puis Sanankoroba (au Mali). Le projet vise à faciliter la gestion d’énergie entre la Guinée et le Mali. La finalité est l’amélioration de la consommation des populations en énergie abordable. Cela, en augmentant la disponibilité de l’énergie électrique aux deux pays et en renforçant l’établissement du marché régional de l’énergie électrique en Afrique de l’Ouest, conformément au Plan directeur adopté, en 2012, par les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ainsi, le projet d’interconnexion électrique Guinée-Mali contribuera au développement socio-économique du Mali et de la Guinée, à travers un accès plus accru des populations à l’électricité de qualité et à moindre coût. Le coût global est estimé à 299,63 millions Unité de compte (UC) soit environ 239,633 milliards de Fcfa HT/HD, dont 52,853 milliards de Fcfa pour le Mali. Il est cofinancé par la Banque africaine de développement (BAD) à travers le Fonds africain de développement (FAD), la Banque ouest africaine de développement (BOAD), la Banque mondiale (BM) et l’Union européenne (UE). Tous les accords de financement ont été signés. Sa durée d’exécution, prévue initialement pour quatre ans (2018-2021), à été prorogée à six ans (2018-2023), suite au retard accusé dans le processus de recrutement de l’ingénieur conseil, en charge de la supervision et du contrôle des travaux de la ligne 225 kV. D’où l’urgence de donner un coup d’accélérateur au projet. AG/MD (AMAP)

Koro : Deux soldats maliens tués et sept blessés dans une attaque à Diougani

Koro, 3 décembre (AMAP) Deux  des  six soldats maliens blessés dans une attaque perpétrée lundi par des hommes armés non identifiés à Diougani, dans le Cercle de Koro, ont succombé, a appris l’AMAP de sources locales concordantes. Les mêmes sources précisent que d’importants dégâts matériels ont été occasionnés par l’attaque avant de préciser que les corps et les blessés ont été acheminés à Sévaré. Les terroristes ont par ailleurs, sauté un pont dimanche, entre les villages de Parou et Songobia, sur la route du poisson, entravant la circulation sur l’axe Koro – Bandiagara, selon les mêmes sources. Les mêmes sources indiquent qu’un renfort des Forces Armées Maliennes (Fama)  a été dépêché sur les lieux afin de retrouver d’éventuels assaillants, les traquer et assurer la protection des personnes et de leurs biens. KM (AMAP)

Suspension de l’AMO par les pharmacies : Dure épreuve pour les pharmaciens et les assurés

Par Fatoumata NAPHO Bamako, 03 décembre (AMAP) Le ministère de la Santé et des Affaires sociale s’est engagé à résoudre rapidement le problème. En attendant, c’est le calvaire pour des patients et leurs familles qui souffrent, depuis vendredi, de la suspension du service de l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Les assurés cotisent chaque mois pour bénéficier de ce service mais ils en sont privés à cause des arriérés de paiement qu’exigent les pharmacies signataires de conventions avec la Caisse nationale d’assurance maladie du Mali (CANAM). Au Mali, le taux d’utilisation des services de santé est insuffisant à cause de la pauvreté. Afin de faciliter l’accès aux soins pour le plus grand nombre, l’AMO a été adoptée en 2009. L’objectif est d’améliorer les indicateurs de santé et étendre la couverture des soins de santé. L’AMO est, en effet, fondée sur les principes de solidarité, de contribution, de mutualisation des risques et du tiers payant. L’assuré cotise six mois avant d’accéder à la prestation et tous les mois les prélèvements sont effectués sur son salaire. La décision des pharmaciens de suspendre la fourniture des médicaments aux assurés porte un coup dur à cette politique sociale qui a fait beaucoup de biens aux couches défavorisées. Notre équipe de reportage a fait un tour dans certaines officines pour prendre la température sur le terrain. Il est 15 heures, nous sommes en Commune I, plus précisément à Sotuba. Non loin d’une pharmacie nous avons rencontré un vieil homme parlant seul. Fourbu avec un visage désespéré, Oumar Soumaré, commerçant a appris la nouvelle de l’arrêt des prestations de l’AMO lors d’un achat à la pharmacie. Ne sachant plus comment faire, il nous a confié ses sentiments de frustration et déploré cette mesure. Il rappelle que, chaque mois, on lui prélève de l’argent. « Si j’étais gravement malade et que je n’avais pas d’argent pour me soigner qu’est-ce qui allait m’arriver ?», s’est-il interrogé. Il a déploré le fait qu’il n’a pas été mis au courant de la situation, sinon, il n’allait pas se présenter à la pharmacie. Pour notre interlocuteur, de telles choses ne doivent pas arriver sans que les autorités n’avisent les bénéficiaires qui, malgré les contraintes que cela impose, auraient pu prendre le soin de se préparer en conséquence. Il a lancé un appel aux responsables à mettre fin, immédiatement, à cette situation pour que les patients puissent se soigner convenablement. Toujours en Commune I, Boubacar Koreissi est le gérant d’une pharmacie à Banconi. Ce dernier a expliqué que depuis plusieurs années, il se plaignait de ce problème. Il a même confessé qu’il refusait de rendre ce service, car, il sentait sa perte. A Mopti, où il gère une autre pharmacie, il a révélé que depuis le 18 février dernier, aucune de ces factures n’a été soldée. Le problème pénalise son entreprise, car, il n’arrive pas à fournir les autres clients qui veulent payer en espèces. Pire, il n’arrive plus à payer les fournisseurs de médicaments. Il ne fonde pas trop d’espoir sur la résolution du problème. Pour lui, c’est un service qui a été mal ficelé depuis le début. Dramane Coulibaly vient d’être papa. Mais ce statut de papa lui a coûté une fortune à cause de la suspension du service AMO. Sa femme ayant accouché dans une clinique, le nouveau père a dû payer rubis sur ongle. En plus des 75.000 Fcfa pour la chambre, Dramane Coulibaly a aussi beaucoup dépensé pour les ordonnances et autres. Selon les vendeurs de la pharmacie Hatime de Banankoro, ce sont les factures impayées de la Caisse malienne de la solidarité sociale (CMSS) et de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) qui sont à la base de cette suspension. « Certaines de nos factures de 300.000 et 500.000 Fcfa peuvent traîner 5 à 6 mois sans être payées », ont-ils dénoncé, ajoutant que leur chef leur a quand même ordonné de vendre les médicaments sur AMO. « Nous n’avons pas eu d’ordonnances AMO, sinon on allait les accepter », car les syndicats ne nous ont pas donné de mot d’ordre dans ce sens. Le client Samba Diallo, qui n’était pas au courant de la situation, était très surpris. Lui qui n’a pas encore adhéré au service AMO, souhaite la reprise des prestations. « L’AMO aide énormément les chefs de famille », reconnaît-il. Selon Mahamadou Traoré, superviseur d’une pharmacie à Niamakoro, son officine a sur les bras 20 millions de Fcfa d’impayés. Ses fournisseurs de médicaments refusent de lui livrer des médicaments. « Nous sommes tous concernés par cette situation. Nous faisons cette grève pour le bien être de la population. Nous sommes dans un pays pauvre, donc s’il faut que la population paye la totalité des ordonnances, ça sera un problème. Alors, j’invite les autorités à redoubler d’efforts, de faire le minimum pour que ce problème ne se répète plus », a indiqué M. Traoré. Dr Diarra Mariam Daou, promotrice de pharmacie au Marché de Daoudabougou, dira qu’elle approuve, carrément, l’arrêt du partenariat avec l’AMO. Elle a souligné que les pharmacies ont signé une convention de partenariat qui stipule que les paiements doivent se faire dans un bref délai de 15 jours. Les pharmaciens ont envoyé leurs syndicalistes qui ont eu des entretiens avec la direction de l’AMO et le ministère en charge de la Santé. Ces échanges n’ont donné aucun résultat. Or, les pharmaciens doivent payer les grossistes qui les ravitaillent en médicaments. Les paiements avec ces partenaires sont effectués par semaine et quinzaine, selon les cas. La situation est telle que les pharmacies n’arrivent plus à honorer leurs engagements vis-à-vis des grossistes, d’où le refus de servir les ordonnances de l’AMO. « Aujourd’hui, nous avons plusieurs mois d’impayés sans compter la perte de clients (fournisseurs essentiellement). Depuis jeudi dernier, le ministère de la Santé et des Affaires sociales a publié un communiqué dans lequel il indique qu’il «reste résolument engagé à poursuivre les efforts en cours pour trouver, dans les meilleurs délais, une issue favorable à cette situation». MD (AMAP)

Thierno Hady Thiam : « La croyance islamique ne repose pas sur une langue »

Propos recueillis par Massa SIDIBE                                        Dans cette interview, le 2è vice-président du Haut conseil islamique du Mali (HCI) rappelle ce que disent les textes coraniques sur l’enseignement. Il partage également ses réflexions pour juguler le phénomène du terrorisme et l’intégration des arabisants dans la conduite du pays   L’Essor : Les terroristes prétendent qu’ils agissent au nom de l’islam et s’en prennent aux écoles en disant qu’ils combattent l’enseignement en français. Que disent les textes coraniques en matière d’enseignement ?   Thierno Hady Thiam :Vous savez, la religion musulmane est basée sur la connaissance, l’apprentissage, le savoir lire et écrire. La première des choses que le bon Dieu a demandée à son prophète Mohamed (PSL) de nous communiquer, c’est de savoir lire. Le prophète lui-même dit que la recherche de la connaissance est une obligation pour tous les musulmans et toutes les musulmanes. L’islam est une religion qui est universelle, n’appartenant pas à une ethnie, à une nation. Donc, la langue arabe n’est qu’un moyen de communication et de compréhension, ce n’est pas un but. De ce fait, on ne doit pas fermer les écoles, parce que l’enseignement est en français. Le président Modibo Kéïta en 1963, avec son ministre de l’Education Abdoulaye Singaré, a voulu nationaliser les écoles médersas en introduisant la langue française comme deuxième langue et la langue arabe comme première langue. Mais il a échoué, car n’ayant pas été suivi par les promoteurs des écoles médersas en ce temps. Donc, dire qu’on va arabiser les musulmans du monde, c’est une colonisation, chacun est fier de sa langue. La croyance ne connaît pas la langue, la croyance c’est une question de foi. L’islam s’adapte à tous les milieux et à tous les temps. Mais ceux qui sont en train de semer la zizanie maintenant ou poser des faux problèmes, comme si tous les musulmans doivent parler arabe, posent un problème de nos jours. Certains pays comme l’Indonésie, la Malaisie, l’Iran et la Turquie ne sont pas des Etats arabes, ils parlent leurs langues et pourtant ce sont les plus grands pays islamiques aujourd’hui. Rien que l’Indonésie seulement fait plus de 350 millions d’habitants musulmans.   L’Essor : Les arabisants se sentent marginalisés dans la gestion des affaires publiques. Quelle solution faut-il pour les intégrer dans la conduite du pays ?   Thierno Hady Thiam: La marginalisation des écoles médersas et des arabophones a commencé depuis longtemps, avec de nombreuses conséquences aujourd’hui. D’abord, les arabisants ne se sentaient plus Maliens, parce qu’il n’y a pas d’égalité entre un élève qui va à l’école publique et l’autre en médersa. De même, il ressort des études que j’ai faites que tous les enfants qui sont dans les écoles médersas viennent des milieux défavorisés et pauvres. Une autre conséquence de cette marginalisation que nous sommes en train de vivre présentement est la radicalisation elle-même entretenue par la pauvreté et l’abandon. Si l’homme malien qui a des droits ne trouve pas des oreilles attentives à ses revendications, il y a des risques pour qu’il se laisse entrainer par les terroristes qui ne sont que des brigands. Quelles sont les propositions concrètes qu’on peut faire pour sortir de cette situation ?  Il s’agit dans un premier temps de revaloriser toutes les médersas et les écoles coraniques, car la langue arabe c’est comme la langue française on ne doit pas marginaliser les élèves à cause de la langue ou à cause de leur religion. Il faudra aussi faire des passerelles entre les écoles coraniques, les médersas et l’école publique. Aussi, il est temps de créer des écoles normales pour former les enseignants des établissements franco-arabes parce qu’il faut la formation des formateurs pour que le niveau soit rehaussé. Il y a tellement d’élèves dans les écoles medersas, qu’on ne peut pas laisser tout le monde aller vers les universités. Donc dans ce cas, on va ouvrir une école normale pour la formation des formateurs, un institut pour la formation des prêcheurs et des imams. Et ceux-ci vont s’occuper de la religion, mais étant bien formés. On va ouvrir des écoles d’apprentissage des métiers (mécanique, électricité etc) mais seulement au niveau DEF. On peut aussi créer des écoles de traduction et d’interprétariat, français et arabe. Et les sortants de ces écoles pourront travailler dans l’administration surtout aux ministères des Affaires étrangères, des Affaires religieuses et autres ainsi que dans les ambassades comme des interprètes ou des traducteurs.   L’Essor : Quel commentaire faites-vous de l’idée de vouloir islamiser une terre où l’islam est pratiqué depuis des siècles ?   Thierno Hady Thiam: Quand il y a eu l’attaque à Tombouctou en 2013 avec la destruction des mausolées, les envahisseurs ont voulu appliquer la charia dans un État laïc, les ulémas sont sortis avec des recommandations pour dire qu’il n’y a pas de jihad contre les musulmans. Le jihad qui veut dire fournir des efforts permet aux musulmans de se défendre contre les ennemis et mécréants qui voudraient les attaquer. Donc, on ne peut pas appliquer la charia islamique dans un État laïc, même si la grande majorité de la population est musulmane.  Qui plus est, nous vivons dans un pays démocratique, républicain, laïc. C’est à la population de décider si on veut que l’arabe soit la langue officielle au Mali ou le français. Un groupe ne peut pas s’organiser, venir tuer les gens, piller les biens, fermer les écoles, couper les mains au nom de la charia ou de l’islam alors que personne ne leur a donné cette autorisation au Mali ici et ni ailleurs. L’islam est organisé, c’est une religion divine ; il n’est pas la fabrication des gens. Ce n’est pas à un groupe de prendre la décision, de venir appliquer la charia. En conclusion, le monde entier vit aujourd’hui un bouleversement planétaire. Le nouveau système mondial que certains veulent instaurer crée beaucoup de problèmes dans nos pays pauvres. Pour atteindre leur objectif, ils utilisent beaucoup de gens qui sont souvent innocents. Curieusement c’est dans les 56 États islamiques qui font 1 milliard cinq cent millions de musulmans

Circulation routière : «Le pont des martyrs ne représente aucun danger pour les usagers», selon le ministère des Infrastructures et de l’Equipement

Bamako, 03 décembre (AMAP) Le ministère des Infrastructures et de l’Equipement a indiqué, lundi, que le post sur les réseaux sociaux insinuant que le pont des Martyrs, sur le fleuve Djoliba à Bamako, ne tient plus est un «fakenews». Dans un communiqué, le ministère précise que «le pont des Martyrs est âgé, maisil n’y a aucun risque de son utilisation tant que la mesure conservatoire prise, à savoir l’interdiction des gros porteurs, est appliquée». La direction nationale des routes rassure donc la population que le pont des Martyrs ne représente aucun danger pour les usagers. Depuis plusieurs jours, la rumeur circulait que ce pont, inauguré en 1957, tremblait sur ses fondations, créant un début d’inquiétude chez les habitants de la capitale. MD (AMAP)

Développement et dette soutenable en Afrique : Les dirigeants de l’UEMOA à la recherche du juste équilibre

Envoyé Spécial Cheick M. TRAORE Dakar, 02 décembre (AMAP) La réunion de haut niveau sur la dette et le développements’est tenue, lundi, à Dakar, en présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dont le Premier ministre Dr Boubou Cissé.   La rencontre avait pour objectif à faire comprendre aux partenaires les difficultés financières auxquelles nos pays sont confrontés face au défi sécuritaire, à la dette, à la lutte contre le terrorisme. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union ont, à cet effet, invité à un changement de stratégie de la part des partenaires techniques et financiers, toute chose qui est nécessaire pour un développement harmonieux de nos pays. Le Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, Dr Boubou Cissé, intervenant lors de la session inaugurale de la Conférence internationale sur le thème : «Développement et dette soutenable : trouver le juste milieu», a réitéré auprès des partenaires techniques et financiers sa demande visant à extraire les dépenses sécuritaires et militaires du calcul du déficit budgétaire, fixé à 3% du Produit intérieur brut (PIB). Dr Boubou Cissé, qui représentait le président Ibrahim Boubacar Keïta à cette réunion de haut niveau, a plaidé pour la possibilité de garantir, par exemple, la dette contractée sur le marché financier régional, afin de ramener le taux d’intérêt estimé à 7 ou 8% à 6% voire 3%. L’objectif est de permettre aux pays du Sahel, notamment le Mali, de dégager des marges nécessaires aux investissements dans les infrastructures et autres secteurs sociaux porteurs de croissance et de développement. « Ce plaidoyer est, a soutenu le chef du gouvernement, légitime et justifié ». « Un pays, comme le Mali, consacre aujourd’hui 4% de sa richesse nationale, soit 24% du budget national, aux dépenses de sécurité et de défense », a rappelé Dr Boubou Cissé, ajoutant que ces dépenses ont augmenté de 20% les quatre dernières années. « Nous sommes dans une situation où, à cause du respect des critères de convergence et des critères que nous avons acceptés de signer avec des PTF, nous finançons ces dépenses-là au détriment des investissements sociaux : santé, éducation», a-t-il argumenté.  DIFFICULTÉS DE REMBOURSEMENT – « Pour éviter le scénario catastrophe et trouver le juste milieu entre développement et dette soutenable, il urge d’extraire les dépenses sécuritaires et militaires du calcul du déficit budgétaire », a proposé le Premier ministre, interviewé à la fin de cette session inaugurale. « Si nous y arrivons, cela dégagera une marge de manœuvre que nous pourrons consacrer à l’investissement public, à la formation du capital humain, des questions d’éducation et de santé. Des facteurs contributifs à la croissance », a dit Dr Boubou Cissé. Une autre solution, selon lui, est l’endettement. En la matière, la dette du Mali est estimée à 35% du PIB, loin des pays à risque. La dette intérieure (l’émission de bon du trésor) représente 47% de cette dette. Or, leur maturité est très courte (trois à cinq ans), contre des taux d’intérêt élevés estimés à 7 ou 8%. A ce rythme, nos pays seront confrontés à des difficultés de remboursement de cette dette, dans les années à venir. « Nos partenaires techniques et financiers doivent accepter d’utiliser des instruments dont ils disposent, permettant de garantir les prêts contractés sur le marché régional à travers la dette intérieure. Cela permettra d’avoir accès à des dettes à durée un peu longue (plus de dix ans) et à faible taux d’intérêt (3 à  4%) », a plaidé le ministre de l’Économie et des Finances. Introduisant les débats, le président sénégalais a rappelé : « il n’y a ni État, ni démocratie, ni liberté… sans sécurité». « Au regard de la situation au Sahel, le réflexe de tout pays est de se défendre. C’est pourquoi, l’investissement dans les forces de défense devient un impératif de survie », a déclaré Macky Sall. Pour lui, il convient alors de trouver les mécanismes pour prendre en compte la situation exceptionnelle de certains pays dont les fonds devant être alloués au développement sont injectés dans « l’effort de guerre ». Aussi, conviendrait-il de déconstruire les clichés de pays à risque que certains s’évertuent à coller aux pays africains, surtout au sud du Sahara, a plaidé le chef de l’Etat sénégalais, défendant la cause du Sahel, notamment du Mali. Macky Sall a invité, aussi, à « défaire les chaines qui nous empêchent de décoller économiquement ». Présents à cette rencontre, les présidents du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Niger et du Togo ont tous reconnu la nécessité de repenser le mécanisme de la dette et des critères de convergence qui ne semblent pas adapter aux réalités et aux ambitions de nos pays. Ils ont, également, invité les PTF à éviter de commettre l’erreur d’administrer les mêmes remèdes pour tous les problèmes. GESTION TRANSPARENTE– Intervenant à ce propos, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a, tout en reconnaissant que l’endettement est nécessaire pour espérer atteindre les Objectifs de développement durable, souligné que les pays ne peuvent pas agir selon leur bon vouloir. Kristalina Georgieva a, par ailleurs, rassuré : «Notre institution sera à vos côtés, à condition que la gestion de la dette soit transparence et efficiente». Cette rencontre-débat s’est tenue à l’initiative du président Macky Sall. Il a été soutenu par le FMI, l’Organisation des Nations unies (ONU) et le Cercle des économistes, une association visant à nourrir le débat économique créée en 1992. Construite autour de six tables rondes thématiques, le Forum entend couvrir un large spectre de réflexion et d’actions collectives à envisager visant à répondre aux problématiques de soutenabilité de la dette africaine vis-à-vis du développement du continent. Pour ce faire, le Cercle des économistes a identifié six secteurs vitaux : l’eau, l’énergie, l’agriculture, la formation, le numérique et la mobilité, sur lesquels doivent reposer le développement à long terme de l’Afrique. Domaines prioritaires prometteurs et porteurs de croissance qui, selon ces experts, peinent à obtenir les fonds nécessaires à cet effet. Seulement plus de 50 milliards de dollars (environ 27.500 milliards de Fcfa) sont accordés à ces secteurs pour toute l’Afrique subsaharienne. CMT/Md (AMAP)

Hommage aux militaires français morts au Mali : Solennité, émotion et recueillement

Envoyé spécial Brehima DOUMBIA Paris, 02 décembre (AMAP) La France a rendu, lundi, un hommage national à treize de ses militaires morts au combat au Mali, le 25 novembre dernier lors d’une cérémonie à l’hôtel des Invalides, à Paris, en présence du président Ibrahim Boubacar Keïta qui manifeste, ainsi, la compassion et la solidarité du peuple malien au peuple français. Les corps des valeureux soldats qui ont péri au champ d’honneur pour l’idéal de paix et de liberté ont été rapatriés et exposés dans la cour de l’Hôtel national des Invalides pour un dernier hommage de la nation. Le président français, Emanuel Macron, a présidé la cérémonie d’hommage en présence de ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande, des compagnons d’armes et des parents des défunts célébrés par la France pour être morts en mission. Le président Keïta était accompagné du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé, du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général de division, Ibrahima Dahirou Dembélé. La délégation présidentielle comprenait, aussi, plusieurs leaders religieux : le cardinal Jean Zerbo, l’imam de la grande mosquée de Bamako, Mamadou Koké Kallé, le pasteur Nouh Ag Infa Yattara de l’église protestante, Thierno Hady Thiam du Haut conseil islamique du Mali (HCIM) et l’imam Aboubacar Doucouré, de la Plateforme des jeunes musulmans et patriotes du Mali. VALEURS D’HUMANISME– Le  président malien s’est fait accompagner par ces hommes de foi pour apporter la compassion du Mali au peuple français en ces circonstances douloureuses et montrer que notre pays garde toujours ses valeurs d’humanisme. Pour la cérémonie, le président Macron a été accueilli à son arrivée par le président Ibrahim Boubacar Keïta, le Premier français Edouard Philippe et des membres du gouvernement français. Il a ensuite passé en revue des troupes du régiment de chasseurs, des régiments d’hélicoptères de combat et de transmission, entre autres. Le chef de l’Etat français a expliqué les circonstances du drame avant de louer les qualités individuelles des militaires morts pour la France en opération extérieure. Il a apporté aussi une réponse claire quant à la détermination de son pays à poursuivre la lutte contre les terroristes. A ce propos, il a salué l’engagement des militaires français pour une idée de la France qui vaut d’être servie. Pour lui, la France a perdu treize de ses plus valeureux soldats, treize de ses enfants. Ils sont morts pour la France, pour la protection des peuples du Sahel et pour la liberté du monde. « Au nom de la République, je m’incline devant les familles, les parents qui pleurent un fils, les épouses et compagnes qui perdent un être aimé, les enfants que ce drame a rendu orphelins et devant les enfants à naître que cette guerre aura volé les pères », a dit Emmanuel Macron. « La nation s’unit dans la diversité des opinions et des croyances, des horizons et des différences autour de l’armée », avant de souligner : « nous ferons bloc pour cette vie de peuple libre conquise grâce à l’armée ». Le chef de l’Etat français a promu les soldats défunts au grade supérieur avant de les décorer de la médaille de chevalier de la Légion d’honneur. Après une sonnerie aux morts, Emmanuel Macron s’est recueilli un instant sur les cercueils qui ont été ensuite rendus á leurs familles et compagnons d’armes pour le recueillement en toute intimité. La mort de ces 13 soldats représente la plus grande perte de l’armée française sur les théâtres d’opération depuis l’attentat meurtrier de 1983 contre son QG à Drakkar, à Beyrouth, au Liban, qui avait fait 58 victimes. Cette récente perte de militaires français a été lourdement ressentie par l’opinion publique française, remettant sur le tapis des questionnements légitimes sur le maintien de la Force Barkhane. L’opération militaire au Sahel coûterait plus de 700 millions d’euros (plus de 458 milliards de Fcfa) par an à la France. BD/MD (AMAP)

Bourem : Une mine explose, sans perte en vie humaine ni de dégâts matériels

Bourem, 02 décembre (AMAP) Une mine a sauté, lundi aux environs de 8 heures du matin, au poste des Forces armées maliennes (FAMa) de la 7èmeRégion militaire à Bourem mais n’a fait ni perte en vie humaine, ni de dégâts matériels.. Selon des sources sécuritaires, la mine, posée par un individu non identifié, s’est déclenchée  sur la route reliant la ville de Bourem à Moudek. La détonation, qui a fait un grand bruit, a causé la psychose au sein de la population de la ville. AT/MD (AMAP)

Lutte contre le terrorisme : Le président Keïta à Paris pour rendre hommage aux militaires français morts dans le Liptako Gourma

Envoyé spécial Bréhima DOUMBIA Paris, 02 décembre (AMAP) Le président Ibrahim Boubacar Keïta est arrivé à Paris où il a pris part, lundi, à l’hommage national de la France aux treize militaires de la Force Barkhane qui ont perdu la vie dans un crash d’hélicoptères au Mali. Les victimes sont six officiers (les capitaines Romain Chomel De Jarnieu, Bejamin  Gireu, Nicolas Mégard, Clément Frisonroche et les lieutenants Alex Morisse et Pierre Bockel), autant de sous-officiers (les maréchaux des logis-chefs, Jeremy Leusie, et Alexandre Protin, les maréchaux des logis, Valentin Dival, et Antoine Serre, le sergent-chef,  Andreï Jouk, et l’adjudant-chef, Julien Carette) et un brigadier-chef, Romain Salles de Saint Paul. Selon l’état-major français des armées, les deux appareils de combat, un Tigre et un Cougar, sont entrés en collision, lundi dernier, au cours d’une opération contre des groupes djihadistes dans le Liptako Gourma. Aux héros morts dans cet accident, la France a rendu, lundi, un ultime hommage aux Invalides, en présence du président Emmanuel Macron et de son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keïta, pour qui «ces militaires sont morts pour la France, pour le Mali, pour le Sahel, pour la Liberté… ». BD/MD (AMAP)