Mopti : 8 individus suspects interpellés par les Fama à Sévaré

Mopti, 5 janvier (AMAP) Huit individus suspects en provenance de Boni (Hombori) pour Bamako, ont été interpellés vendredi à Sévaré par les Forces Armées Maliennes (Fama), a appris l’AMAP de source sécuritaire. Cette source précise que huit individus suspects ne possédant aucune pièce d’identité, à  bord d’un car  de transport SONEF en provenance de Boni pour Bamako, ont été interpellés dans les environs de 17 Heures,  par les Fama au poste de Thy (Sévaré). Les huit suspects ont été conduits à la Brigade Territoriale (BT) de Sevaré pour des enquêtes afin de déterminer leur identité et au besoin leur motivation, selon la même source. KM (AMAP)

Le gouvernement invite les populations à la retenue suite à des manifestations pour le départ de la MINUSMA dans le Cercle de Bandiagara

Le Gouvernement de la République du Mali a suivi avec préoccupation les manifestations qui se déroulent dans le cercle de Bandiagara, visant le départ des troupes de la MINUSMA. Le Gouvernement condamne fermement ces actes qui sont de nature à remettre en cause les efforts déployés par les autorités nationales et les partenaires internationaux pour le retour de la sécurité, de la stabilité et de la paix au Mali. Tout en rappelant que la MINUSMA est présente dans notre pays à la demande des autorités nationales et conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies, dans le but d’assurer le respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale, le Gouvernement appelle les populations à la retenue et les invite à ne pas tomber dans le piège des ennemis de la paix. Le Gouvernement exprime son soutien et sa totale solidarité au Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, au personnel de la MINUSMA et à l’ensemble des pays contributeurs de troupes pour leur engagement pour la paix et la réconciliation.

« Toute personne physique ou morale peut bénéficier du service des aéronefs militaires de transports maliens » (dixit le chef d’état-major de l’Armée de l’Air)

Bamako, 4 janvier (AMAP) Le chef d’état-major de l’armée de l’Air, le général de brigade, Daouda Dembélé, a déclaré vendredi à Bamako, que toute personne physique ou morale peut bénéficier du service des aéronefs militaires de transports maliens, a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite par le Chef d’Etat Major de l’Armée de l’Air, au cours  d’une conférence de presse à la Direction de l’information et des relations publiques de l’Armée (DIRPA). Cette sortie médiatique est consécutive à l’affrètement, il y a quelques jours, d’un avion militaire par la famille Kane pour ses besoins à Nioro du Sahel. Toute chose qui a suscité chez certains internautes des «commentaires, incompréhensions et autres interrogations », sur les réseaux sociaux. «Oui il est normal que les aéronefs de transport militaires soient utilisés par des civils, des associations, des organisations, des institutions en dehors du ministère de la Défense et des Anciens combattants » a précisé  le chef d’état-major de l’armée de l’Air. Le Général Daouda Dembélé a précisé qu’il s’agissait d’affrètement. « L’affrètement n’est ni une location, ni un service gracieux. Il consiste à assurer le service au prix coûtant sans aucun bénéfice pour l’Armée de l’Air », a déclaré Le général Dembelé qui a précisé que dans l’affrètement, le demandeur assure les frais inhérents à la mission, l’Armée de l’Air ne paie rien, elle ne demande pas non plus un quelconque bénéfice. Selon le chef d’état-major de l’armée de l’Air., il s’agit tout simplement d’une assistance militaire en faveur de nos populations et de nos partenaires. AT/KM (AMAP)    

Des vergers au marché : Incontournables revendeuses de fruits à Bamako 

Par Maïmouna SOW Bamako, 03 janvier (AMAP) Ce lundi, 25 novembre, marché des bananes (Namassa Dankan). Comme tous les matins, Ici, la détermination est féminine. Les passages étroits, qui séparent les magasins des grossistes, grouillent de commerçantes au détail. La cohue, sans précipitation, se déplace dans tous les sens. Les revendeuses, arrivées tôt à la bourse des bananes, sont pressées de regagner le centre-ville. Elles sont chargées de régimes de bananes, de melons, d’oranges. Les retardataires sont reconnaissables à leur plateau coincé sous le bras. Elles bousculent tout le monde dans les étroits passages. Elles ont hâte d’arriver au stand de leur fournisseur habituel.  Dans ce souk, il n’est pas aisé de se frayer un chemin. Pour se faire entendre, tout le monde, clients, vendeurs, crie.  « C’est mon tour ! ». « Cédez-moi le passage ! ». « Dans quel sachet je mets tes achats ? ».  « Ne me bouscule pas ! ». Beaucoup de jeunes femmes rurales, venues en exode à Bamako, deviennent des vendeuses ambulantes de fruits de saison. Elles sont propres et bien habillées dans les rues, pour attirer la sympathie de la clientèle. Difficile de convaincre ces femmes de m’accorder deux ou trois minutes d’entretien sur le commerce de la banane. Je guette les allures des clientes. Je m’approche de celles qui affichent une mine sereine. Je me dis que celles-ci sont indulgentes et qu’elles seront gentilles de répondre à deux ou trois questions. Ma tactique se révèle efficace. Deux sœurs ressortissantes de Koro, Ramata et Awa Tolo, acceptent de m’accorder quelques minutes de leur précieux temps.  Toutes les deux sont mariées. Elles se partagent une caisse de banane chaque jour. « Le prix de la caisse de 30 kg oscille entre 4.000 Fcfa et 15.000 Fcfa, selon la taille des bananes », explique l’aînée Ramata. Depuis 5 ans, ce commerce apporte, à chacune, un bénéfice journalier de 2.000 Fcfa. Les deux jeunes femmes dogon sont dynamiques et pleines de vie. Elles affrontent, toute la journée, sourire aux lèvres, les personnes auxquelles elles proposent leur marchandise. Elles ne rentrent jamais à la maison sans avoir écouler leur stock. Il y a une bonne entente entre les deux sœurs. La cadette portait au dos le bébé de sa grande sœur, au moment de notre entretien, en plus du poids de la marchandise sur la tête. La cadette nous confie : « Nous visitons les places publiques et les marchés de quartiers de Bamako pour vendre la marchandise. Ce travail est pénible. Mais nous sommes sympathiques. Nous sommes arrivés à créer une chaîne de clients fidèles. Ils attendent notre passage ». Les deux sœurs participent à la charge du foyer. Elles font, de temps en temps, plaisir aux parents restés au village, en envoyant des cadeaux et de l’argent. La grossiste Aminata Diakité décharge, au cours de la semaine, plusieurs sacs de melons et d’oranges sur le marché de Bamako. Elle achète ses fruits à Ségou, Sirabolola, Banamba. « Les grossistes me cèdent cinq melons à 500 Fcfa. Je revends quatre à 500 Fcfa. Mon bénéfice est le prix de la vente d’un melon sur cinq. Pour gagner dans ce commerce, il faut être rapide et très compétitive dans l’écoulement des produits. Car ils sont périssables. Et si c’est le cas, on perd beaucoup d’argent », affirme-t-elle. Cette mère de deux enfants, d’une trentaine d’années, est consciente de son rôle éminent dans son foyer. Tous les jours, elle participe aux dépenses pour faire bouillir la marmite. Elle s’assume et, pour elle, cette contribution est un acte responsable pour la stabilité de son foyer. Le plus grand souhait de Bono Coulibaly  est de se faire une place au soleil à Bamako, grâce à la vente ambulante de fruits. Elle est âgée d’une cinquantaine d’années. Elle porte tous les jours, sur la tête 30 kg de fruits de saison depuis ses 12 ans. Ce matin, comme des dizaines de femmes, elle attend devant un camion de 10 tonnes pour être servie.   L’infatigable Bono avoue que, pendant sa jeunesse, elle n’ambitionnait pas de se faire une place sur le marché. C’était la rapidité d’écouler la marchandise qui comptait.  Mais elle n’est plus jeune. La mère de sept enfants qu’elle est devenue, a confiance en ses capacités de procurer le pain quotidien à sa progéniture. La mère poule a déjà prévenu ses enfants de son envie de « prendre sa retraite ». Elle encourage ses garçons adolescents de persévérer dans l’apprentissage du métier d’électricien et de chauffeur qu’ils ont librement choisi. Ils seront adultes dans deux ans et pourront prendre la relève. « Je n’arrive plus à écouler tout mon stock. Ce commerce de détail alterne les bons et les mauvais jours. La perte est énorme par ce que les fruits pourrissent vite. Nous ne connaissons aucune technique de conservation que nous pouvons acheter avec nos faibles revenus», a déploré Bono Coulibaly. Le tenace grossiste Abdoulaye Diarra est dans cette activité depuis 16 ans. Tous les jours, il gère au mieux de leurs intérêts une clientèle toujours pressée, et ses trente employés. Il écoule vingt tonnes (20) de fruits de saison, chaque semaine. Ces marchandises lui viennent du Burkina Faso, de la Côte Ivoire  et  du Mali.  Il juge que la quantité de fruits maliens est insuffisante dans son stock. «  Je vends des bananes, ananas, oranges. En ce moment nous vivons la saison  de la papaye solo’, dit-il. La difficulté dans ce business se situe au niveau du dédouanement. Avant, on acquittait le droit de passage. Maintenant, les cargaisons de fruits importés sont dédouanées. Et c’est cher. Plusieurs taxes sont payées sur le trajet Zégoua-Bamako. A  l’entrée de la capitale, le camion est bloqué pendant près de 22 heures.  Cette longue attente détériore une grande quantité de fruits. Plusieurs  millions de Francs Cfa partent en fumée. Les autorités douanières sont insensibles à nos doléances jusqu’à présent», s’indigne-t-il. Le président du Syndicat  des vendeurs de fruits, Bourama Diarra, et son vice-président, Bourama Kaba Diakité, sont, tous les deux, à la tête d’une entreprise familiale. Ils ont succédé à leurs pères qui avaient, eux aussi, succédé à leurs pères. Les récoltes maliennes ne suffisent pas pour

Le chef d’Etat Major de l’Armée de Terre est arrivé à Niono ce vendredi, après l’attaque de la Maison d’arrêt

Niono, 3 janvier (AMAP) Le Chef d’Etat Major de l’Armée de Terre, le Général Kéba Sangaré est arrivé à Niono ce vendredi, au lendemain de l’attaque perpétrée par des hommes armés non identifiés à la Maison d’arrêt, qui a fait un mort du côté des assaillants et des blessés parmi les forces loyalistes jeudi dans l’après midi, a appris l’AMAP de source sécuritaire. La même source précise que le Général Kéba Sangaré a visité la Maison d’arrêt et des check points pour s’enquérir de la situation et remonter le moral des troupes sur le terrain. Le Chef d’Etat Major de l’Armée de Terre était accompagné du Commandant de la  2ème zone militaire, Djédjé Dembélé et de plusieurs officiers, selon la même source qui précise qu’auparavant,  le Gouverneur de région, Général Biramou Sissoko, des administrateurs, des élus et des responsables de la société civile s’étaient rendus sur les lieux pour apporter le message de soutien des plus hautes autorités à nos forces de défense. MS/KM (AMAP)

La courge : Un légume aux multiples bienfaits

Par Fatoumata TRAORE Bamako, 03 janvier (AMAP) La courge, « djé » en bambara, est utilisée dans la préparation de multiples recettes culinaires. Elle est également utilisée, comme médicament, dans la pharmacopée traditionnelle africaine. Comme chaque jeudi, j’arrive vers 10 heures à la bourse des légumes frais du marché Wonida de Bozola. Je viens acheter mon stock de condiments pour trois ou quatre jours. A peine ai-je franchi le seuil de l’aire de vente, qu’une voix forte m’interpelle, sur ma gauche : « Hé ! Mon amie et ma cliente fidèle à la robe rouge, approchez. Admirez ces courges. C’est de la qualité ! ». « Venez acheter de la courge ! ». La mère Bakiatou Traoré, exerce ce métier, depuis plus de deux ans. Je m’arrête devant son étal et fais mes choix parmi de gros légumes jaunâtres. Après avoir payé le prix de la marchandise, je lui demande de satisfaire ma curiosité. Elle accepte volontiers. Elle me révèle que la saison de vente de la courge s’étend de la fin de l’harmattan au milieu de la saison des pluies printemps. L’avenante et joviale Bakiatou Traoré précise qu’elle s’approvisionne en gros dans les villages du Bèlèdougou, de Bankoumana et du Manikala. Le chargement d’un pousse-pousse coûte 25.000 ou 30.000 Fcfa. «Je vends l’unité à 1.250 Fcfa ou plus ». Elle ajoute que la courge est utilisée dans la préparation de plusieurs mets dont « le tô » de courge. Les tranches du succulent fruit comblent l’absence de la viande dans la sauce d’arachide et dans le riz au gras. La courge relève le goût de la sauce d’oignon. Une bonne cuisinière peut en faire l’ingrédient principal de ses beignets et gâteaux. Le point de vente de Fatoumata Coulibaly jouxte celui de Bakiatou. La voisine vend, également, de la courge en gros et au détail. Parce que son petit garçon, sur ses genoux, tète, elle est assise, laissant les clientes choisir dans le tas. Mme Coulibaly profite de ce moment pour découper, avec délicatesse, sa courge. «Les prix de l’unité varient de 500 à 1.500 Fcfa. Les morceaux sont écoulés entre 25 et 50 Fcfa ». Elle a affirmé que la courge est réputée pour ses nombreux bienfaits. Ce fruit protège  contre les troubles de vision nocturne, la constipation, et facilite l’accouchement de la femme, a-t-elle confié. La sexagénaire, Awa Diarra, cite une longue série d’avantages du légume. Le bout de la courge, selon elle, soigne le hoquet et guérit la fontanelle des bébés. Elle ajoute que la chair de la courge soigne la prostate. Sur le plan diététique, les recherches ont montré que la courge est riche en caroténoïdes. Elle diminue le risque de cancer. Ce légume dodu et charnu contient différentes molécules bénéfiques pour la santé : alcaloïdes, flavonoïdes, acides linoléiques, oléiques, palmitiques. Ses graines riches en protéines contiennent des quantités intéressantes d’acides gras essentiels (acide linoléique) et de vitamine E, connue pour ses propriétés anti oxydantes. La courge est riche en carotènes, vitamines et en minéraux. FT/MD (AMAP)

Bla : Le CLOSAD tient sa dernière session de l’année 2019

Bla, 3 janvier (AMAP) Les travaux de la 3ème session ordinaire du Comité local d’orientation, de coordination et de suivi des actions de développement (CLOSAD) ont pris fin le 27 décembre dernier à Bla, sous la présidence de l’adjoint du préfet de Cercle, Mamadou N’Diawar Diarra, a constaté l’AMAP. L’objectif visé  par cette session était d’améliorer la coordination et la collaboration entre les services transférés et les collectivités territoriales, avec l’appui de l’US-AID, à travers MALI SNGP. Le représentant du Chef de l’exécutif local a remercié Mali-SNGP et son partenaire  TETRA Tech  pour leur belle initiative avant d’exhorter les participants à s’approprier des principes qui régissent la collaboration entre les collectivités et les services transférés. La représentante du SNGP Madame Coulibaly Mariam Traoré, a remercié le conseil de cercle et la commission  de décentralisation pour les efforts fournis dans les préparatifs du présent CLOCSAD Madame Coulibaly Mariam Traoré a déclaré que le programme Mali SNGP, contribue à la consolidation du processus décentralisation au Mali,  par l’amélioration du système de gestion des finances publiques aux niveaux, national et régional. Mali SNGP en partenariat avec l’ADR, assure la prise en charge des demandes d’appui des collectivités  dans différents domaines de développement. La cérémonie s’est déroulée en présence du président du Conseil de Cercle,  Idrissa Coulibaly, des élus locaux, de plus de 70 participants représentant les collectivités et les services techniques déconcentrés et les membres de la société civile. BK/KM (AMAP)

Niono : Un assaillant tué dans l’attaque de la Maison d’arrêt

Niono, 3 janvier (AMAP)Un assaillant a été tué dans une attaque perpétrée jeudi, par des hommes armés non identifiés à la Maison d’arrêt de Niono, localité située à une centaine de Km de la ville Ségou, a appris l’AMAP de sources concordantes. Les mêmes sources précisent que des hommes armés non identifiés sur 7 motos ont attaqué la Maison d’arrêt dans les environs de 17 heures dans le but de libérer leurs camarades détenus en ce lieu. La riposte des forces de défense a mis en déroute les assaillants, tuant un d’entre eux, selon les mêmes sources qui ne précisent pas s’il y a eu des blessés ou des prisonniers parmi les terroristes encore moins la direction  prise par les assaillants après l’échec de leur tentative. Les mêmes sources précisent qu’aucune victime ni blessés n’ont été enregistrés du côté  de nos forces de défense qui poursuivent le ratissage dans la zone afin de retrouver et de traquer d’éventuels assaillants  ou leurs complices. MS/KM (AMAP)  

Appareils sans fil et cancer : De cause à effet

Par Maïmouna SOW Bamako, 02 janvier (AMAP) Les ondes émises par les téléphones portables, les tablettes, les wifi, les ordinateurs, les antennes de télévision et de radio sont susceptibles de provoquer des tumeurs. Les spécialistes mettent en garde contre leur usage abusif et l’implantation des antennes sans respecter les distances réglementaires Assis sur les genoux de sa mère, Ali, 5 ans, joue avec un pistolet factice, en attendant son tour pour la séance de radiothérapie qui doit durer 35 jours. Il y a un an, il a subi une ablation de son œil gauche atteint d’une tumeur. Le garçonnet ne semble intéressé que par son jouet. Pourtant, sa maman vit dans l’angoisse. Elle affirme être veuve avec cinq enfants et Ali est le tout dernier. « J’ai remarqué un furoncle à l’œil gauche de mon fils. On a été à l’Institut d’ophtalmologie tropicale de l’Afrique (IOTA). Malgré tout, l’infection s’aggravait. C’est alors qu’une infirmière m’a guidée vers un médecin au Point G qui nous a dit que c’est une tumeur et qu’il fallait enlever l’œil atteint», confie la maman. Veuve sans travail ni assurance santé, elle, qui peine à nourrir ses enfants, devrait faire face aux frais des ordonnances, des analyses médicales et aux factures d’hôpitaux. Après l’ablation de l’œil tumoral, la dame cherche de quoi acheter une prothèse oculaire pour son petit garçon. TUMEUR – Le cancer est un mal répandu dans notre société. La maladie touche toutes les couches sociales. F.D. 42 ans, témoigne. Touché par un cancer, une tumeur à l’oreille interne, les spécialistes qui l’ont suivi confirment que sa maladie est liée aux ondes du téléphone portable. « J’ai fait tout ce qu’il ne fallait pas faire : dormir avec le téléphone portable à coté de ma tête pendant des années. Et téléphoner dans la voiture les vitres fermées », confie l’entrepreneur. Depuis la découverte de sa maladie, il se rend, régulièrement, en France pour les soins. Issu d’une famille visiblement aisée, F.D ne présente aucun signe de dépression. Selon lui, les médecins l’ont assuré qu’une guérison était possible, à condition qu’il suive, régulièrement, le traitement. Sa chance est que la maladie a été diagnostiquée au stade 1. Les médecins lui ont conseillé d’éteindre le téléphone portable ou le laisser à l’extérieur de la chambre à coucher. Le cas de ce chef d’entreprise est une illustration parfaite du danger de l’utilisation abusive du téléphone portable. Les ondes émises par le téléphone portable, la tablette, le wifi, l’ordinateur, les antennes de télévision et de radio sont susceptibles de provoquer des tumeurs. Ces rayonnements ou radiations sont une sorte d’énergie sous forme de chaleur, de lumière visible ou invisible à l’œil nu. Les plus dangereux pour l’homme, ce sont les radiations non ionisantes. Le cancer peut atteindre tous les organes de corps humain : le cerveau, les poumons, le cou, les seins, la peau, les yeux, etc. « La mortalité est très élevée mais elle ne peut être estimée car il n’y a eu aucune étude sur les cas au Mali », révèle la spécialiste, Dr Bagayoko Aphou Salé Koné, cheffe du service de radiothérapie de l’Hôpital du Mali. Laradiothérapie, c’est le traitement du cancer par le rayonnement ionisant avec des appareils qui produisent le rayon X. Le rayon X a la capacité de détruire les cellules cancéreuses. D’après elle, aujourd’hui, on compte plus de 8000 personnes atteintes de cancer au Mali. Le constat est alarmant car l’espoir de recouvrer la santé est mince. Cela est dû au fait que les malades n’ont pas toujours accès aux soins appropriés. « En moyenne, nous recevons 300 à 400 malades par an. Nous n’avons qu’une seule machine pour tout le Mali », explique Dr Aphou Salé Koné. Voilà pourquoi les malades attendent de 3 à 6 mois. Pendant ce temps, le cancer progresse. Maladie compliquée, le cancer apparaît très souvent grâce à des facteurs favorisants. Ce sont des cellules malignes qui ont la capacité de se reproduire, de façon indéfinie, et vont détruire les organes dans lesquels ils se développent et se propagent à travers le sang ou la lymphe (le liquide dans le corps humain). COURBATURE – En plus de l’utilisation abusive du téléphone portable, l’implantation des antennes de la téléphonie mobile sur les bâtiments constitue aussi un facteur favorisant. Il y a le risque de développer la tumeur dans un rayon de 100 m, prévient le directeur général de l’Agence malienne de radioprotection (AMARAP), Dr Koné Nagatié. Le spécialiste indique que les rayonnements cassent les cellules du corps humain. Parfois, ces cellules peuvent se reconstituer d’elles-mêmes ou à la suite de thérapie. Mais, dans le cas où les cellules se déforment, sans pouvoir se reconstituer, elles conduisent à la formation d’une tumeur. « Quand vous êtes victime de radiation, vous sentez la fatigue, la courbature, qui peuvent être passagères ou persistantes. Ça peut aussi provoquer des vomissements, des brulures intérieuresou extérieuresdu corps humain », développe le directeur général de l’AMARAP. Le spécialiste ajoute que si l’on est exposé à la radiation à un certain niveau, cela peut provoquer le cancer. Dr Koné Nagatié explique que les antennes de téléphonie mobile doivent obéir à des normes. En effet, la distance réglementaire d’une antenne et de fréquence d’émission doit être de 4 m du toit dubâtiment où elle est implantée. Si elle est implantée au sol, elle doit être éloignée des habitations de 100 m au moins, énonce Dr Koné. Il souligne que sans le respect de ces normes, les effets de la radiation peuvent  automatiquement faire monter la température du corps humain. BUSINESS – Au Mali, l’implantation des antennes de téléphonie mobile est devenue un business, un moyen pour les propriétaires de maison de se faire de l’argent. Mais peu de gens se soucient des risques que cela représente pour la santé. Depuis dix ans, K.A. habite dans un immeuble surmonté d’une antenne de téléphonie mobile à Djikoroni para. « J’ai un ami scientifique qui a attiré mon attention sur le danger que j’encours. Mais depuis 2009, j’avoue ne rien remarquerd’anormal. J’envisage de déménager une fois que je fonderai une famille

Réveillon : Au rythme de la conjoncture

Par Ahmadou CISSÉ Bamako, 02 janvier (AMAP) Le 31 décembre rime avec fête. En période faste, des groupes de jeunes (pas qu’eux !) s’organisent, en cotisant, pour mettre un mouton au four. D’autres optent pour la volaille. Le premier menu semble plus raisonnable, parce que le second est plus compliqué à réaliser. La demande est généralement supérieure à l’offre. Contrairement à l’année dernière, les affaires n’ont pas été bonnes pour Abdou. Lui, boucher connu au Badialan, bénéficie d’une bonne réputation pour la qualité de sa grillade. Sur une servitude des rails, il a installé un hangar en tôles sous lequel quelques vieilles tables et des bancs usés servent à recevoir les clients. Les inconditionnels ont même pris l’habitude de consommer les généreux morceaux de viande qu’il sert dans une assiette plastique, au bord de la route pendant que son assistant prépare le thé infusé. Au lendemain du réveillon, le tenancier de la dibiterie n’est pas au meilleur de sa forme. Quelques côtelettes d’agneau côtoient sur le grill deux ou trois gros morceaux de viande fumante.  Le thé est déjà sur le feu même si le moral est au talon. Rien à voir ! Qu’il vente ou qu’il pleuve par ici, le thé est obligatoire. C’est presqu’un rituel. Une assiette déformée, trois tasses en verre et deux théières de différents volumes, plus un fourneau rempli de braises ardentes. Le tour est joué. Abdou, le patron est assisté de deux jeunes cousins. L’un s’occupe de la viande et l’autre des clients. « Vraiment, je n’ai rien compris à ce qui s’est passé ce 31 là. D’habitude, nous refusons les commandes de boutons rôtis. Cette année, pas une seule commande », regrette Abdou, maniant son couteau entre les côtelettes qu’il doit servir à un client. « On ne peut s’en prendre à personne. Cette situation est consécutive à l’état du pays », ajoute-t-il, philosophe. Les promoteurs de pressing, eux, n’ont pas chômé. La plupart d’entre eux ont refusé de parler de leurs chiffres d’affaire. Raphaël, un réfugié congolais, n’a aucune objection à dire qu’il a encaissé plus de 300.000 Fcfa au compte de son entreprise de nettoyage linge, à l’ACI 2000, non loin d’un grand l’hôtel de la capitale. Les boutiques de prêt-à-porter se sont, également, frottées les mains. « Dieu merci. Nous avons vendu mais sans atteindre le niveau des années antérieures », dit sobrement un commerçant de vestes cousues en Turquie et en Chine. Abdou se console du simple fait que les plus réputés des vendeurs de viande grillée comme « One Cluze » et ‘’Apolo » n’ont pas connu le succès habituel. « Il paraît qu’eux, aussi, n’ont pas fait de bonnes affaires », ajoute Abdou. L’argument de la pauvreté qu’il met en avant vaut, également, pour les transporteurs. Un chauffeur de taxi croisé au sens giratoire du Babemba est d’avis que l’argent se fait rare à Bamako. Est ce parce que tous les salaires ne sont pas virés à temps dans les comptes bancaires ? Un fonctionnaire de l’État le confirme, sans la moindre réserve. Il a pensé retrouver son compte bancaire alimenté lorsqu’il s’est empressé de se rendre au guichet automatique de sa banque. La machine lui fit savoir, sans ménagement, que son solde est insuffisant pour le montant demandé. A travers la capitale, la circulation était plus fluide que lors des réveillons passés. Les services de sécurité, eux, ont fait mieux qu’avant. Ils n’ont pas oublié que notre pays est en guerre. En nombre, les policiers ont investi les grandes artères et les points chauds de la ville. Les proximités des établissements de loisirs sont placées sous haute surveillance. Les patrouilles ont sillonné, jusqu’au petit matin, après que les derniers fêtards ont rejoint leur dortoir. AC/MD (AMAP)