Deuil : Bernadette Chirac décédée jeudi à l’âge de 93 ans

Bamako, 7 juin (AMAP) L’épouse de l’ancien président français, Jaques Chirac, Bernadette Chirac est décédée jeudi à l’âge de 93 ans, a appris l’AMAP de source proche de sa famille De sources concordantes, elle a joué u rôle prépondérante dans la gestion du pouvoir, depuis, la cohabitation de son mari défunt avec feu François Mitterrand, avant devenir président e la République en France Pour le moment, il n’y a pas eu de communiqué sur ses Obsèques qui auront lieu les très prochains jours KM (AMAP)
FOPAME : « Les médias africains doivent unir leurs voix pour imposer leur propre narratif », selon Salif Sanogo

Bamako, 7 juin ‘AMAP) Le président de la commission d’organisation du Forum panafricain des médias (FOPAME), Salif Sanogo revient sur les défis liés à la tenue de cette première édition à Bamako, les ambitions du forum en matière de coopération médiatique africaine et les mécanismes envisagés pour assurer le suivi des recommandations. Dans cet entretien accordé à l’Agence Nationale de Presse du Mali, il plaide pour une mise en réseau des médias africains afin de renforcer leur influence et leur autonomie. L’Agence Nationale de Presse du Mali : M. Sanogo, en tant que président de la commission d’organisation, quels ont été les principaux défis logistiques, financiers et diplomatiques rencontrés pour réaliser cette première édition du FOPAME ? Salif Sanogo : Comme on le dit souvent, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Organiser une rencontre réunissant des représentants d’une vingtaine de pays africains et près de 300 participants nationaux exige d’importants moyens financiers. Il fallait trouver les ressources nécessaires dans un contexte marqué par une crise économique et sécuritaire. Heureusement, nous avons bénéficié d’une écoute attentive du gouvernement, qui a accepté de nous accompagner, ainsi que du soutien de plusieurs organisations partenaires. Cela nous a permis de mobiliser l’essentiel du budget. Sur le plan logistique, le défi était également de taille. Il fallait organiser une quinzaine de panels et coordonner l’intervention de nombreux experts. Un comité scientifique a été mis en place pour définir les thématiques, sélectionner les intervenants, les panélistes et les modérateurs. Ce fut un travail considérable. Enfin, il fallait garantir de bonnes conditions d’accueil et de restauration à tous les invités. Ce n’était pas évident, mais nous pouvons dire aujourd’hui que le défi a été relevé. L’Agence Nationale de Presse du Mali : Pourquoi avoir choisi le thème « Unir les voix : renforcer les liens entre les médias d’Afrique » ? Salif Sanogo : Ce thème est assez évocateur. Aujourd’hui, les médias africains doivent se donner la main. Pris individuellement, nous ne pesons pas toujours très lourd face à de grands groupes médiatiques disposant de budgets colossaux. Il est important que les journalistes africains puissent s’appuyer sur un réseau continental. Par exemple, lorsqu’un média malien a besoin d’informations au Burkina Faso ou en Éthiopie, il doit pouvoir compter sur des relais fiables sur place. Les Africains doivent travailler ensemble afin d’imposer leur propre narratif. Si nous sommes unis, nous formons un bloc et nos voix auront davantage d’impact. Les autres seront alors obligés de nous écouter. C’est essentiel. L’Agence Nationale de Presse du Mali : M. Sanogo, en tant que président de la commission d’organisation, quels ont été les principaux défis logistiques, financiers et diplomatiques rencontrés pour réaliser cette première édition du FOPAME ? Salif Sanogo : Comme on le dit souvent, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Organiser une rencontre réunissant des représentants d’une vingtaine de pays africains et près de 300 participants nationaux exige d’importants moyens financiers. Il fallait trouver les ressources nécessaires dans un contexte marqué par une crise économique et sécuritaire. Heureusement, nous avons bénéficié d’une écoute attentive du gouvernement, qui a accepté de nous accompagner, ainsi que du soutien de plusieurs organisations partenaires. Cela nous a permis de mobiliser l’essentiel du budget. Sur le plan logistique, le défi était également de taille. Il fallait organiser une quinzaine de panels et coordonner l’intervention de nombreux experts. Un comité scientifique a été mis en place pour définir les thématiques, sélectionner les intervenants, les panélistes et les modérateurs. Ce fut un travail considérable. Enfin, il fallait garantir de bonnes conditions d’accueil et de restauration à tous les invités. Ce n’était pas évident, mais nous pouvons dire aujourd’hui que le défi a été relevé. L’Agence Nationale de Presse du Mali : Pourquoi avoir choisi le thème « Unir les voix : renforcer les liens entre les médias d’Afrique » ? Salif Sanogo : Ce thème est assez évocateur. Aujourd’hui, les médias africains doivent se donner la main. Pris individuellement, nous ne pesons pas toujours très lourd face à de grands groupes médiatiques disposant de budgets colossaux. Il est important que les journalistes africains puissent s’appuyer sur un réseau continental. Par exemple, lorsqu’un média malien a besoin d’informations au Burkina Faso ou en Éthiopie, il doit pouvoir compter sur des relais fiables sur place. Les Africains doivent travailler ensemble afin d’imposer leur propre narratif. Si nous sommes unis, nous formons un bloc et nos voix auront davantage d’impact. Les autres seront alors obligés de nous écouter. C’est essentiel. L’Agence Nationale de Presse du Mali : Quelles attentes concrètes aviez -vous en matière de coopération pratique entre les médias du continent ? Salif Sanogo : Mon souhait est que des collaborations concrètes naissent à l’issue de ce forum. C’est déjà en bonne voie puisque la création d’une fédération des radios communautaires est envisagée. Au-delà de cette initiative, j’aimerais voir les médias écrits, les télévisions, les radios et les plateformes numériques se structurer en réseaux. Notre ambition est de mettre en place une banque de données commune où l’on pourrait partager des photos, des sons et des vidéos. Ce serait une sorte d’embryon d’agence africaine de contenus, au service des médias du continent. L’Agence Nationale de Presse du Mali : Quels résultats tangibles espérez-vous à l’issue de ce forum pour que cette rencontre ne reste pas symbolique ? Salif Sanogo : J’espère avant tout que cette première édition ouvrira la voie à une deuxième. Mais avant cela, il faut obtenir des résultats concrets. Lors de la prochaine édition, nous devons être capables de montrer ce qui a été réalisé entre-temps. De nombreux médias étaient représentés à Bamako et j’ai vu beaucoup de participants nouer des contacts. Notre rôle sera de rester une interface pour faciliter ces connexions. L’équipe dirigeante du forum continuera à accompagner les initiatives et à favoriser les partenariats. À terme, nous souhaitons mettre en place une plateforme commune où chacun pourra retrouver des contenus et des opportunités de collaboration. L’Agence Nationale de Presse du Mali : Comment comptez-vous assurer le suivi du forum ? Y aura-t-il des
FOPAME : l’«Appel de Bamako» pour la souveraineté informationnelle et numérique du continent

Bamako, 6 juin (AMAP) Les participants au Forum panafricain des médias (FOPAME 2026), tenu du 3 au 6 juin à Bamako sous le thème «Unir les voix, renforcer les liens entre les médias d’Afrique», ont adopté samedi l’«Appel de Bamako», un document stratégique plaidant pour une souveraineté narrative, informationnelle et numérique africaine, a constaté l’AMAP. Le texte apdoté a été lu lors de la cérémonie de clôture par Salif Sanogo, président du Comité d’organisation du FOPAME 2026, devant plusieurs responsables de médias, journalistes, universitaires, experts du numérique et représentants d’institutions venus de nombreux pays africains. Dans cet appel, les participants estiment que l’Afrique traverse une période marquée par de profondes mutations technologiques, la montée de l’intelligence artificielle, la désinformation et les transformations des modèles économiques des médias. Ils affirment que la souveraineté politique, économique et culturelle des États africains ne saurait être pleinement réalisée sans une véritable souveraineté informationnelle et numérique. L’Appel de Bamako préconise notamment la reprise du contrôle du récit africain par les Africains eux-mêmes, la promotion des langues nationales dans les médias et les plateformes numériques, ainsi qu’une coopération renforcée entre agences de presse, médias publics, médias privés et créateurs de contenus du continent. Les signataires demandent également aux États africains et aux institutions régionales d’investir dans des infrastructures numériques souveraines, notamment des centres de données, des plateformes de diffusion, des systèmes d’archivage et des réseaux africains de distribution de l’information. Le document plaide aussi pour la création de banques africaines d’images, de vidéos et de données afin de réduire la dépendance du continent vis-à-vis des plateformes étrangères. Sur le plan professionnel, les participants recommandent un renforcement de la formation des journalistes aux nouveaux enjeux du numérique, à la couverture des crises, à l’éducation aux médias ainsi qu’à l’utilisation éthique de l’intelligence artificielle dans les rédactions. L’Appel de Bamako insiste également sur la nécessité de bâtir des modèles économiques viables pour les entreprises de presse africaines, à travers des mécanismes de financement durables, le développement d’abonnements numériques et un soutien accru des investisseurs africains. Les participants ont, en outre, réaffirmé le rôle des médias dans la promotion de la paix et la lutte contre l’extrémisme violent. Ils ont rappelé que les médias ne doivent jamais servir de tribune aux groupes terroristes ou aux idéologies radicales. Dans leur engagement final, les signataires ont exprimé leur volonté commune de construire un espace médiatique africain «libre, fort, innovant, solidaire et souverain», afin que l’Afrique devienne pleinement maîtresse de son récit, de ses technologies et de son avenir informationnel. KD/CMT (AMAP)
Face au poids de la dette : des experts plaident pour une réforme de l’architecture monétaire internationale

Bamako, 6 juin (AMAP)– Des économistes et responsables politiques sénégalais ont récemment appelé à une réforme profonde de l’architecture monétaire et du système de gestion de la dette, lors d’un échange consacré aux enjeux d’endettement et de souveraineté économique, a appris l’AMAP. Selon Ndongo Samba Sylla, le principal défi réside dans l’accumulation de dettes dites «cachées», contractées sans l’aval du Parlement, mais aussi dans une trajectoire globale d’endettement jugée insoutenable. Il estime que la part élevée de la dette en devises étrangères constitue un risque majeur pour l’économie, en raison de sa dépendance aux capacités d’exportation. L’économiste a aussi évoqué l’existence de «dettes pathologiques», liées selon lui à la structure du système financier international. Il a soutenu que certaines réformes monétaires auraient permis, en 2023, de mobiliser jusqu’à 4.500 milliards de FCFA correspondant à un déficit extérieur, soulignant la nécessité de repenser les mécanismes de création et de circulation de la richesse financière. Dans la même dynamique, Marieme Touré, chargée de programmes à IDEAS, a insisté sur la souveraineté monétaire comme condition essentielle à la viabilité des politiques économiques, estimant que les réformes proposées ne peuvent produire d’effets durables sans un changement de l’architecture monétaire. Sur le plan politique, Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef Les Patriotes, a plaidé pour un renforcement du contrôle parlementaire sur la dette publique. Il a notamment proposé des audits plus rigoureux, des commissions d’enquête et une meilleure application du principe de sincérité budgétaire dans les lois de finances. Les intervenants ont également souligné que le service de la dette représente plus de 50% des recettes de l’État sénégalais, limitant fortement les marges budgétaires et alimentant le débat sur les alternatives aux politiques d’austérité. Les discussions s’inscrivent dans un contexte de réflexion plus large sur la souveraineté économique et la soutenabilité de la dette dans les économies africaines. KD/CMT (AMAP)
FOPAME : les médias africains appelés à tirer parti des réseaux sociaux et de l’IA tout en renforçant leur souveraineté informationnelle

Bamako, 6 juin (AMAP) Les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle (IA) offrent d’importantes opportunités aux médias africains, mais soulèvent également des défis liés à la désinformation, à la viabilité économique des organes de presse et à la souveraineté informationnelle du continent, ont estimé samedi plusieurs intervenants lors d’un panel du Forum panafricain des médias (FOPAME) à Bamako, a constaté l’AMAP. Consacrée au thème «Médias, réseaux sociaux et intelligence artificielle», la rencontre a réuni le président de l’Union des radios et télévisions libres du Mali (URTEL), Mamoudou Bocoum, le coordonnateur général de Benbere, Abdoulaye Guindo, la présidente de l’Association des professionnelles de la presse écrite du Mali (APPEM), Dado Camara, ainsi que le directeur général de Vox Africa, Jules Donche. Intervenant sur les rapports entre réseaux sociaux, influenceurs et médias, Mamoudou Bocoum a estimé que les opportunités offertes par les plateformes numériques sont plus importantes que les menaces qu’elles représentent pour les médias traditionnels. Selon lui, les réseaux sociaux élargissent considérablement l’audience des radios, télévisions et journaux, en permettant à des publics éloignés d’accéder à l’information produite localement. Ils favorisent également le développement du journalisme citoyen, réduisent certains coûts de production et renforcent la participation des citoyens aux débats publics. «Je vois plus d’avantages que de menaces, à condition de travailler de façon professionnelle», a-t-il déclaré, tout en mettant en garde contre les risques liés à la diffusion rapide d’informations non vérifiées et à la perte éventuelle de crédibilité des médias. Le président de l’URTEL a également souligné les conséquences économiques de la montée en puissance des plateformes numériques, évoquant une baisse des revenus publicitaires des médias traditionnels. Abordant l’impact de l’intelligence artificielle sur le journalisme africain, Abdoulaye Guindo a indiqué que cette technologie ne remplacerait pas les journalistes mais transformerait les méthodes de production et de diffusion de l’information. Il a expliqué que l’IA permet notamment la transcription automatique d’interviews, l’analyse rapide de documents volumineux, la traduction de contenus, la génération d’illustrations ou encore l’assistance à la rédaction. Selon lui, ces outils peuvent contribuer à réduire les coûts de fonctionnement des médias dans un contexte marqué par des ressources limitées. «L’intelligence artificielle ne va pas tuer le journalisme. Elle va juste changer la façon de produire et de diffuser l’information», a-t-il affirmé. Le responsable de Benbere a toutefois relevé plusieurs défis, notamment les risques d’erreurs et de désinformation générés par certains outils d’IA, ainsi que le retard de l’Afrique dans le développement de ses propres solutions technologiques et de ses contenus numériques. Pour sa part, Jules Donche a insisté sur la nécessité pour les médias africains de construire un narratif propre au continent. Il a salué l’organisation du FOPAME comme un signe de prise de conscience collective sur cette question. Le directeur général de Vox Africa a plaidé pour un «assainissement» de l’espace médiatique africain, estimant que les médias du continent doivent bénéficier d’un environnement plus favorable face à la concurrence des groupes internationaux. Il a également appelé à renforcer la maîtrise des canaux de diffusion et à développer davantage de coopération entre professionnels africains afin de réduire leur dépendance vis-à-vis des agences et réseaux d’information étrangers. Selon lui, la distribution des contenus constitue un enjeu stratégique majeur. «Si nous ne contrôlons pas la distribution, tout ce que nous faisons ici sera vain», a-t-il déclaré. Les échanges ont également porté sur la désinformation genrée en contexte de conflit. À l’issue du panel, les intervenants ont notamment souligné la nécessité de mieux encadrer juridiquement certaines pratiques numériques qui portent atteinte à la vie privée des femmes. Cette session s’inscrivait dans le cadre de la 1ère édition du Forum panafricain des médias, organisée à Bamako autour des enjeux de souveraineté informationnelle, de coopération médiatique et de construction d’un narratif africain. OS/CMT (AMAP)
Crise sécuritaire au Mali : le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko appelle les acteurs régionaux à faire preuve de responsabilité

Bamako, 6 juin (AMAP) Le maire de Saint-Denis et Pierrefitte sur Sein, Bally Bagayoko, élu français d’origine malienne, a réaffirmé récemment sa condamnation des actes terroristes qui frappent le Mali. Tout en appelant à une mobilisation accrue contre l’insécurité et à l’approfondissement des liens historiques entre pays africains, il a dénoncé les jeux troubles de certains pays européens qui continuent de manœuvrer pour diviser les Africains, a appris l’AMAP. Dans une récente déclaration publique relayée sur les réseaux sociaux, l’édile a invité à une lecture nuancée des relations africaines notamment entre le Mali et l’Algérie. Il a souligné l’existence de liens historiques et humains profonds entre les deux pays, tout en appelant les acteurs régionaux à faire preuve de responsabilité. «… Il existe depuis de nombreuses années des relations étroites entre l’Algérie et le Mali qui méritent d’être prises en compte», a-t-il plaidé. Ici, Bally Bagayoko veut attirer l’attention des dirigeants de nos pays sur le besoin d’éviter de tomber dans le piège de certaines puissances héritières de la période coloniale qui chercheraient parfois à alimenter les tensions entre États de la région. Selon lui, les peuples malien et algérien partagent une histoire, des échanges et des liens de voisinage qui doivent être préservés malgré les divergences diplomatiques ou les défis sécuritaires. «Ces peuples ont toujours vécu ensemble ; il faut préserver cette relation de fraternité qui unit les peuples de la région», a-t-il conclu. Abordant les dimensions géopolitiques de la crise, il a également évoqué le rôle des partenaires internationaux et régionaux. Selon lui, certaines puissances extérieures continuent d’exercer une influence sur les dynamiques politiques et sécuritaires de la région. »Nous avons également alerté sur le rôle parfois ambigu de l’Europe et sur la place de la Russie dans ce dossier. Nous avons appelé à la responsabilité des acteurs régionaux, en particulier de l’Algérie et de son État », a-t-il indiqué. Jugeant les récents événements «extrêmement grave» qui doivent appeler à la responsabilité de tous les acteurs concernés, le maire de Saint-Denis a rappelé que le peuple malien demeure souverain dans le choix de son mode de gouvernance et d’administration. KD/CMT (AMAP)
FOPAME : les intervenantes plaident pour une plus grande influence des femmes dans les médias africains

Bamako, 6 juin (AMAP) Les participantes au panel consacré aux « Médias et leadership féminin », organisé samedi dans le cadre du Forum panafricain des médias (FOPAME), ont appelé à un renforcement de la présence des femmes dans les espaces de décision médiatiques, tout en soulignant la nécessité de développer leurs compétences dans les domaines stratégiques du journalisme de demain. Réunissant des professionnelles des médias du Mali, du Sénégal et du Cameroun, la rencontre a permis de mettre en lumière les parcours de résilience des femmes journalistes, mais aussi les obstacles qui continuent de freiner leur accès aux postes de responsabilité. Intervenant sur le thème « Récits de résilience aux leviers d’impact national », la journaliste et romancière malienne Kada Tandina a rappelé le rôle historique des femmes dans la transmission des savoirs et des récits en Afrique. Selon elle, les femmes ont toujours été au cœur de la communication, depuis les communicatrices traditionnelles jusqu’aux journalistes et créatrices de contenus contemporaines. « Les récits ne changent pas seulement la manière dont les nations se perçoivent. Ils influencent aussi ce qu’elles deviennent », a-t-elle déclaré, estimant que les femmes des médias contribuent à donner une voix aux communautés marginalisées, à documenter les réalités du terrain et à promouvoir des récits favorisant la paix, l’éducation, l’innovation et le leadership féminin. La présidente de la West Africa Journalists Association (WAJA), Mme Ndeye Tapha Touré, a, pour sa part, retracé l’évolution de la place des femmes dans les médias ouest-africains au cours des trois dernières décennies. Elle a salué les pionnières qui ont ouvert la voie à une nouvelle génération de femmes dirigeantes dans les médias. Selon elle, les défis actuels dépassent désormais la simple question de l’accès aux postes de responsabilité. Ils concernent également la maîtrise des nouveaux outils technologiques, notamment le journalisme de données, l’investigation sur les ressources naturelles, la couverture des enjeux climatiques et l’intelligence artificielle. « Nous devons passer de la femme journaliste à la femme stratège de l’information », a-t-elle affirmé, plaidant pour des programmes de formation avancée, le renforcement des mécanismes de protection des femmes journalistes et une meilleure intégration des compétences numériques dans les cursus de formation. Abordant la question de la représentation des femmes dans les médias, la journaliste camerounaise Yolande Bodiong a estimé que le leadership ne devrait pas être qualifié de féminin ou de masculin. « Il n’y a pas de leadership féminin ou masculin. Il y a juste le leadership », a-t-elle soutenu, dénonçant la faible visibilité des femmes dans les débats médiatiques et leur sous-représentation dans les sphères décisionnelles. Elle a également appelé les femmes à davantage de confiance en elles-mêmes et à s’imposer dans les espaces de responsabilité. Selon elle, la compétence, le mentorat et le développement personnel constituent des leviers essentiels pour améliorer leur représentativité au sein des rédactions. De son côté, la rédactrice en chef adjointe de Studio Tamani, Mariam MH Maïga, a dressé un état des lieux de la présence féminine dans les médias maliens. Elle a souligné le contraste entre le nombre important de femmes dans les écoles de journalisme et leur faible représentation dans les postes de direction des organes de presse. Mme Maïga a relevé plusieurs facteurs limitant leur progression professionnelle, notamment les contraintes sociales et familiales ainsi que les difficultés à maintenir durablement les femmes dans les métiers de l’information, particulièrement dans les médias communautaires de l’intérieur du pays. Les intervenantes ont convenu que l’enjeu principal réside désormais dans le passage d’une simple présence des femmes dans les médias à une participation effective aux espaces de décision, d’influence et de gouvernance éditoriale. Ce panel s’inscrivait dans les travaux de la quatrième journée du FOPAME, qui réunit à Bamako des professionnels des médias africains autour des défis de la transformation du secteur et de la construction de nouveaux récits pour le continent. OS/KM (AMAP)
Economie : Biotex Mali Hand lance le projet de formation sur l’Indigo Sukumo

Bamako, 6 juin (AMAP) Le Secrétaire général du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mahamadou Diarra dit Koumbouna a présidé, jeudi, au centre international de conférence de Bamako (CICB) le lancement officiel du projet de formation sur l’Indigo Sukumo, a constaté l’AMAP. Ce projet consiste à renforcer les compétences des artisans spécialisés en teinture Indigo et de relever le défi de l’exportation du made in Mali. C’est un projet qui va se dérouler en deux phases : la formation de 50 formateurs par des partenaires japonais dans un premier temps et la formation continue de 3. 000 artisans et artisanes engagés dans un deuxième temps, a constaté l’AMAP. Selon le directeur général de Biotex Mali Hand, Moussa Bagayoko ce projet est une volonté commune de son organisation et les autorités du de notre pays avec la collaboration des partenaires internationaux, notamment, l’ambassade du Japon et le programme des nations unies pour le développement (PNUD). L’ambassadeur du Japon au Mali, Yukuo Murata a rappelé que « le Mali est reconnu pour ses riches traditions culturelles et artisanales, qui possède un héritage textile riche et diversifié, forgé au fil des siècles par des artisans et créateurs talentueux, qui ont su développer des techniques uniques de filature, de tissage, de teinture et de broderie ». Le Japon a financé ce projet qui vise à transformer le secteur textile malien en améliorant la chaîne de valeur du coton, de la culture à la transformation et au développement des produits, en promouvant des pratiques durables et en encourageant l’innovation et la collaboration. De plus, il permettra aux producteurs maliens de se conformer aux normes internationales et stimuler une croissance durable, contribuera à une croissance inclusive, favorisera l’innovation et encouragera la collaboration sur des plateformes internationales telles que la TICAD », a évoqué l’ambassadeur du Japon. « Le micro-projet porté par Biotex Mali Hand est centré sur la valorisation de la teinture traditionnelle à l’indigo à travers l’introduction de la technique japonaise du Sukumo par la formation de 50 formateurs par des partenaires japonais dans un premier temps et la formation continue de 3000 artisans et artisanes engagés dans un deuxième temps », a précisé Yukuo Murata. Qui a expliqué que « ce projet offre une opportunité unique de valoriser le coton malien en créant des textiles écologiques, artistiques et compétitifs sur les marchés internationaux. Ainsi, au-delà de créer une passerelle entre deux cultures, deux patrimoines et deux visions du savoir-faire textile, l’initiative contribue au renforcement des compétences locales et au développement du secteur textile ». Pour sa part, Le Secrétaire général, Mahamadou Diarra dit Koumbouna a souligné « qu’en introduisant la technique japonaise de l’Indigo Sukumo, ce projet crée une passerelle exemplaire entre l’innovation internationale et les traditions artisanales africaines ». « L’Indigo Sukumo est bien plus qu’une technique de teinture. Il représente une philosophie de production fondée sur la qualité, la durabilité, le respect de la nature et la valorisation du patrimoine culturel », a expliqué le secrétaire général. Il a félicité le promoteur du projet, Moussa Bagayoko et son équipe ainsi qu’à l’ensemble des partenaires qui ont accepté d’accompagner cette noble initiative. Et, a de réaffirmé l’engagement constant du gouvernement à soutenir toutes les initiatives visant la promotion de l’artisanat, la création d’emplois, la valorisation du coton malien et le renforcement de notre souveraineté économique. ST/KM (AMAP)
Lutte contre la fièvre Ebola : Lancement prochain d’n plan d’urgence de six mois, doté d’un budget de 518 millions de dollars

Bamako, 6 juin (AMAP) Face à la progression de l’épidémie d’Ebola provoquée par la souche Bundibugyo, les autorités sanitaires africaines et les Nations unies accélèrent la mobilisation. Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont annoncé le lancement d’un plan d’urgence de six mois, doté d’un budget de 518 millions de dollars. Ce programme qui est prévu de juin à novembre 2026, vise à renforcer les capacités de prévention, de détection et de réponse dans les pays africains les plus exposés, alors que la République démocratique du Congo demeure le principal foyer de l’épidémie. Les deux organisations entendent coordonner leurs efforts autour d’une stratégie commune baptisée « Une seule réponse », afin d’éviter la dispersion des moyens et d’améliorer l’efficacité des interventions sur le terrain. Le financement recherché doit permettre de soutenir la surveillance épidémiologique, les capacités de laboratoire, la prise en charge des patients, la logistique ainsi que les mécanismes d’alerte rapide. En visite récemment dans la province de l’Ituri, épicentre de la flambée actuelle, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a reconnu que la situation évoluait rapidement. Selon lui, la maîtrise de l’épidémie dépendra autant des moyens financiers que de la confiance des populations et de leur adhésion aux mesures sanitaires. L’OMS insiste notamment sur le rôle central des communautés locales. L’identification des cas contacts, l’isolement des personnes contaminées et l’accès aux soins restent étroitement liés à l’acceptation des dispositifs sanitaires par les populations concernées. Le plan prévoit déjà un renforcement des dispositifs de préparation dans dix pays considérés comme prioritaires. L’objectif est de permettre une détection précoce des cas et une intervention immédiate en cas d’apparition de nouveaux foyers. Les autorités sanitaires redoutent par ailleurs que cette nouvelle crise ne fragilise davantage des systèmes de santé déjà confrontés à plusieurs épidémies simultanées, notamment le mpox, le choléra ou encore la rougeole. KM (AMAP)
FOPAME : « Construire un espace médiatique africain intégré est devenu une nécessité stratégique » dixit EKPE Komla Dodzi, Directeur de la Maison de la Presse du Togo

Bamako, 6 juin (AMAP) Les travaux de la 1ère édition du Forum Panafricain des Médias (FOPAM), le directeur de la Maison de la Presse du Togo, EKPE Komla Dodzi, que l’Agence Nationale de Presse du Mali a rencontré, plaide pour un renforcement de la coopération entre les médias africains. Mutualisation des ressources, formations communes, innovation numérique, production collaborative de contenus et plaidoyer collectif face aux grandes plateformes : il détaille les pistes susceptibles de consolider la résilience et la souveraineté des médias du continent. L’Agence Nationale de Presse du Mali: La Maison de la Presse du Togo joue un rôle central dans l’organisation et l’accompagnement des médias. Comment cette expérience peut-elle contribuer au développement d’une coopération plus structurée entre les médias africains ? EKPE Komla Dodzi: L’expérience de la Maison de la Presse du Togo démontre qu’un cadre institutionnel de concertation et de renforcement des capacités constitue un levier essentiel pour le développement du secteur médiatique. Depuis sa création, elle favorise le dialogue entre les professionnels des médias, la formation continue des journalistes et le partage des bonnes pratiques. Cette expérience pourrait inspirer la mise en place d’un réseau africain des maisons de presse et centres de ressources médiatiques, capable de coordonner des initiatives communes de formation, de recherche, de production de contenus et de plaidoyer. Une telle dynamique permettrait de renforcer les synergies entre les médias africains, de promouvoir une vision commune des enjeux du continent et de développer des mécanismes permanents de coopération professionnelle. Au-delà des frontières nationales, il s’agit de construire un espace médiatique africain plus intégré, fondé sur l’échange de compétences, la solidarité professionnelle et la défense des intérêts communs de la presse africaine. L’Agence Nationale de Presse du Mali : Quels sont les principaux avantages que les médias africains pourraient tirer de la mutualisation des ressources, notamment en matière de formation, de production de contenus et d’innovation numérique ? EKPE Komla Dodzi : La mutualisation des ressources représente aujourd’hui une nécessité stratégique pour les médias africains confrontés à des contraintes économiques croissantes et à l’évolution rapide des technologies. En matière de formation, elle permettrait de réduire les coûts tout en offrant aux journalistes un accès élargi à des experts, à des modules spécialisés et à des programmes de perfectionnement de haut niveau. Dans le domaine de la production de contenus, la coopération favoriserait le traitement collectif des grands enjeux africains tels que le changement climatique, la gouvernance, la santé publique, la sécurité, l’intégration régionale ou encore les migrations. Elle contribuerait également à renforcer la visibilité des réalités africaines à travers des contenus produits par les Africains eux-mêmes. Sur le plan numérique, la mutualisation faciliterait l’accès à des outils technologiques innovants, aux plateformes de diffusion, aux solutions d’intelligence artificielle et aux infrastructures numériques souvent coûteuses pour les médias pris individuellement. En définitive, cette approche permettrait d’améliorer la compétitivité, la qualité et la durabilité économique des médias africains. L’Agence Nationale de Presse du Mali : Comment les organisations professionnelles de presse peuvent-elles favoriser les échanges d’expériences et les partenariats entre les rédactions de différents pays africains ? EKPE Komla Dodzi : Les organisations professionnelles de presse ont un rôle déterminant à jouer dans la création de passerelles entre les rédactions africaines. Elles peuvent notamment organiser des forums régionaux, des conférences professionnelles, des programmes d’échanges de journalistes, des formations conjointes et des plateformes numériques de partage d’expériences. Elles peuvent également faciliter la mise en œuvre de projets éditoriaux collaboratifs permettant à plusieurs médias de différents pays de travailler ensemble sur des sujets d’intérêt commun. Par ailleurs, la création de réseaux thématiques spécialisés dans des domaines tels que l’investigation, les données, l’environnement, les droits humains ou l’économie favoriserait l’émergence de communautés professionnelles capables d’échanger régulièrement leurs connaissances et leurs expertises. Ces mécanismes contribueraient à renforcer les capacités des rédactions tout en développant un sentiment d’appartenance à une communauté médiatique africaine plus solidaire et plus dynamique. L’Agence Nationale de Presse du Mali : Quelles initiatives concrètes recommanderiez-vous pour renforcer la solidarité entre médias africains face aux défis économiques et à la concurrence des plateformes numériques internationales ? EKPE Komla Dodzi : Face aux mutations profondes du secteur, plusieurs initiatives méritent d’être envisagées. La première consiste à mettre en place un fonds africain de soutien à l’innovation médiatique destiné à accompagner la transformation numérique des entreprises de presse et le développement de nouveaux modèles économiques. La deuxième serait la création d’une plateforme africaine commune de diffusion et de partage de contenus permettant aux médias du continent de valoriser davantage leurs productions et d’accroître leur visibilité. La troisième initiative pourrait porter sur le développement de programmes communs de formation aux métiers émergents du numérique, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, du journalisme de données, de la cybersécurité et de la monétisation des contenus. Enfin, il apparaît indispensable de renforcer les mécanismes de plaidoyer collectif afin que les médias africains puissent défendre ensemble leurs intérêts face aux grandes plateformes numériques internationales, notamment en matière de rémunération des contenus, de régulation de l’information et de souveraineté numérique. La solidarité entre les médias africains ne doit plus être perçue comme une simple option de coopération, mais comme une condition essentielle de leur résilience, de leur indépendance et de leur capacité à remplir durablement leur mission d’information au service des citoyens. Propos recueillis par OS/KM

