Biennale artistique et culturelle Tombouctou : Comment intégrer le marché de l’art
Tombouctou, 25 déc (AMAP) Le Consortium Fonds africain pour la culture (ACF) / Fonds Maaya a organisé, mercredi, une table ronde au village artisanal de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, en marge de l’évènement, qui a réuni plusieurs acteurs culturels autour de la problématique de l’accès au marché pour les industries culturelles et créatives. La cérémonie officielle était présidée par le Chef de cabinet du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Dr Salia Malé. À ses côtés figuraient le président du Réseau Kya, Djibril Guissé, la responsable de la communication du Consortium, Mme Gabdo Ouattara, ainsi que Salah Touré, Conseiller national de Transition. Plusieurs acteurs culturels ont également pris part à la rencontre. Les travaux ont été coanimés par le critique d’art Chab Touré, le président de la Fédération du Mali, Adama Traoré, et le directeur général de l’Agence de promotion des entreprises et industries culturelles du Niger, Maki Garba. Les échanges ont porté sur les enjeux de la professionnalisation du secteur culturel, en lien avec les normes nationales et internationales. La formation des artistes a été identifiée comme un facteur déterminant pour l’accès au marché de l’art et le développement durable des industries culturelles. À l’issue des discussions, quatre piliers majeurs pour la promotion du secteur ont été dégagés : la structuration, le financement, la diffusion et la promotion, ainsi que la création et la découverte d’espaces culturels. Il a également été relevé que l’accès au marché repose sur la qualité des productions et le respect des exigences du secteur. Les débats ont permis de formuler plusieurs recommandations, notamment la structuration du secteur culturel, le renforcement des capacités des acteurs, la mise en place d’une structure unique et la création d’un fonds d’urgence au profit des artistes. La question du droit d’auteur a également été abordée au cours des échanges. AC/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Ménaka et Kidal défendent la paix et la réconciliation
Envoyés spéciaux Amadou SOW Oumar DIOP Tombouctou, le 25 déc (AMAP) « Dans une atmosphère de fête, les troupes de Ménaka et Kidal ont présenté mardi dernier leurs disciplines devant le jury », rapportent nos envoyés spéciaux. Les disciplines en compétition étaient l’ensemble instrumental, le solo de chant, la pièce de théâtre et la danse traditionnelle. Auparavant, les orchestres régionaux de Tombouctou et Douentza avaient déjà concouru dans la salle Ali Farka Touré. Quelques heures plus tard, les festivaliers se sont retrouvés au terrain municipal de Tombouctou pour assister aux prestations des deux régions. C’est Ménaka, la dixième région administrative du Mali, qui a ouvert la soirée avec son ensemble instrumental intitulé « La cohésion sociale et le vivre-ensemble ». Cette composition lance un appel vibrant pour que la paix reprenne sa place dans chaque région, afin de restaurer la cohésion sociale et le vivre-ensemble qui ont toujours caractérisé le Mali. Elle a été suivie de la pièce de théâtre « Le silence des cimetières », qui dénonce la mauvaise gouvernance et les conditions de vie difficiles des enseignants. Elle évoque également le rôle des politiques et de l’Armée dans la reconstruction du pays.La danse traditionnelle « Ekanzam » a ensuite traité la culture comme facteur de paix et de cohésion sociale. À travers les pas de danse, les artistes expliquent que la paix et la cohésion sociale tirent leurs racines de la valorisation et de la préservation du patrimoine culturel. Le passage de Ménaka s’est achevé avec le solo de chant « La refondation du Mali en relation avec l’Alliance des États du Sahel ». Cette chanson met en lumière les sacrifices consentis par les Forces armées maliennes dans la refondation de l’État et plaide pour la paix et la réconciliation au sein des pays de l’AES. La troupe de Kidal a ensuite pris le relais. Elle a débuté par son ensemble instrumental consacré à la réconciliation, fondée sur nos valeurs culturelles et démocratiques. À travers cette création, Kidal lance un appel à tous les frères et sœurs à se donner la main pour retrouver le vivre-ensemble dans une paix durable. Le solo de chant, intitulé « Alhafiat » (qui signifie « la paix »), désigne un état de calme et de tranquillité, l’absence de troubles. Il célèbre la paix comme un idéal social et politique. La pièce de théâtre « Le chant du Tendé » se déroule dans une région récemment sortie d’un conflit armé. Elle retrace le parcours d’un village meurtri par la guerre et montre qu’à travers l’art, la musique et la danse, il est possible de guérir les blessures et d’avancer vers la réconciliation. Le Tendé est un instrument fédérateur utilisé chez les Touaregs et par la communauté Songhoy. La soirée s’est clôturée avec la danse traditionnelle « Cehim », une danse du terroir exécutée par les femmes à l’occasion des fêtes religieuses (Ramadan, Tabaski, Maouloud), des mariages et des baptêmes. Enfin, les troupes de Taoudéni et Koulikoro sont programmées ce mercredi 24 décembre au stade municipal de Tombouctou. AS/OS/MD
Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Les troupes de Nara et Sikasso séduisent le public
Envoyés speciaux Amadou SOW Oumar DIOP Tombouctou, 22 déc (AMAP Les Régions de Nara et Sikasso ont respecté la tradition en présentant, chacune, quatre disciplines devant le jury. C’était devant le gouverneur de Nara, le Général de brigade Amara Doumbia et de celui de Sikasso, Mme Kanté Marie claire Dembélé ainsi que plusieurs autres chefs exécutifs régionaux. A 19 heures déjà, le terrain était pris en asseau par la population malgré le froid. Le premier passage a été marqué par la troupe de Nara a débuté avec son ensemble instrumental. Intitulé : « Dow ka di ma mi na ». C’est une composition musicale qui parle de l’ingratitude et de malhonnête des individus qui se servent des citoyens pour se hisser au sommet. Il s’agit également d’attirer l’attention sur le comportement indigne de certaines autorités administratives et des légitimités traditionnelles, à l’égard des citoyens. Il a été suivi de la pièce de théâtre qui parle d’un conflit de génération. C’est l’histoire d’une jeune dame, versée dans la prostitution après avoir refusée plusieurs demandes de mariage au profit de la recherche d’un emploi à la fonction publique. La pièce dénonce le népotisme et la corruption au niveau de la fonction publique et réclame justice. Dans le dernier tableau, c’est une sollicitation des autorités pour réserver une carrière publique ou prive à des excellents. Contrairement aux autres régions, Nara a monté plusieurs tableaux qui peut attirer l’attention du jury. Ensuite vient le solo de chant en Soninké, titré, donnons-nous les mains. A travers son solo, la troupe lancé un appel de rassemblement, de cohésion et d’une paix durable entre les maliens et les peuples des pays de l’Alliance des États du sahel. Ainsi, la danse traditionnelle s’installe avec son titre ‘’Jidin mu’’, une cérémonie organisée lors du mariage des jeunes filles. C’est la danse des mères, lorsque les mariées sont d’une même famille, la cérémonie se déroule en un premier temps dans la cour familiale, puis se termine sur une place publique en présence des membres de la famille. Si elles sont des familles différentes, après leur honneur, elles se retrouvent sur la place publique pour célébrer le mariage. La région de Sikasso monte sur scène après pour présenter ses disciplines. « La grande retrouvaille Culturelle », est le titre de son solo de chant. C’est une chanson incitatrice lors de lla fête traditionnelle. Elle permet aux communautés des différentes contrées de se retrouver, de communier, de sympathiser et partager autour de ce qui les unis à savoir notre la Culture dans sa diversité. C’est aussi un message d’avertissement à tous ceux qui ambitionnent de s’en prendre au patrimoine culturel. Et d’inviter la communauté à sauvegarder et défendre nos valeurs. La danse Traditionnelle appelée le Kôri, est une danse de Ganadougou. Elle a une valeur protectrice du village à travers l’accomplissement des rituels. Elle exhorte la jeunesse à embrasser la bravoure, la résilience, l’endurance et le courage, face à toutes les épreuves qui jalonnent leur chemin. C’est un mouvement qui a la valeur d’une école, l’initiation se fait entre 10 et 15 ans, durant une période de 3 mois dans les bois sacrés. Les cérémonies d’initiation se font chaque sept (7) ans. La Pièce de théâtre intitulé « le Kokélé », une présentation qui parle de la paix et la réconciliation autour des valeurs endogènes et du respect des symboles de l’État. La pièce acclame le retour aux valeurs traditionnelles et sociétales. L’accent est mis sur le Djeliba, artisan infatigable de la paix et de la cohésion sociale au niveau de la société. Des relations comme « Sinakunya, Balimaya, Nimogoninya, Siguiniogonya », sont aussi évoquées dans la pièce comme facteur de paix et d’insister sur la sécurisation du pays. L’Ensemble Instrumental, titré les germes de l’espoir, invite à la résilience. C’est une chanson qui fait référence aux racines d’un arbre abattu et qui continue de résister à travers ses racines. Cette pièce s’inspire de nos valeurs pour consolider l’union sacrée et une lueur d’espoir pour la communauté. L’après-midi avait été meublé par les orchestres de Nioro et Gao dans la salle Ali Farka Touré. Les troupes de Ménaka et Kidal sont attendues ce mardi dans la soirée pour leurs prestations. AS/OD/MD (AMAP)
Ouélessébougou : Réunion d’information et de sensibilisation sur la loi domaniale et foncière
Ouélessébougou, 22 déc (AMAP) Une rencontre d’information, de sensibilisation et d’échange sur la loi domaniale et foncière, qui s’inscrit dans le cadre de la transition entre l’ancien texte et le nouveau, s’est tenue, lundi, dans la salle de réunion du Centre féminin de formation et d’appui au développement rural (CFADR) de Ouélessébougou. L’objectif est d’informer et de sensibiliser l’ensemble des parties prenantes, en particulier les autorités locales en charge de l’application des textes et les citoyens, sur les dispositions, les changements et les implications pratiques de la nouvelle loi domaniale et foncière. L’événement a réuni les représentants de la Direction nationale de l’urbanisme et l’habitat, les autorités administratives, judiciaires et communales, ainsi que les acteurs locaux concernés par les questions foncières . Le préfet Moussa A. Sagara, après son mot de bienvenue, a dit que cette réunion est une initiative des autorités nationales, à travers le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population, pour vulgariser le contenu des nouveaux textes qui régissent, désormais, le monde foncier sur toute l’étendue du territoire national. Il a invité l’assistance à plus d’assiduité, compte tenu du l’importance de l’ordre du jour. Pour Charles Diarra, Chargé du contentieux à la Direction nationale de l’Urbanisme et l’habitat, « la question foncière, de nos jours, est transversale et occupe un pourcentage important dans les affaires pendantes devant les tribunaux. » « Une situation qui demande l’implication commune de tous les acteurs locaux », a-t-il déclaré. Selon lui, il s’agit de garantir une compréhension commune et uniforme du nouveau cadre juridique pour en faciliter la mise en œuvre effective sur le terrain. Dans son exposé, il a noté quelques facteurs qui expliquent des litiges fonciers, notamment, la croissance démographique, le non-respect des textes en vigueur, les facteurs liés aux comportements des personnes. Il a expliqué les innovations, présenté les nouvelles règles, procédures et concepts introduits par la réforme en vigueur depuis l’année 2021, en clarifiant les ruptures et les continuités avec l’ancien système. S’agissant des documents de propriété foncière, M. Diarra a insisté sur le titre foncier comme étant le seul document autorisant, la propriété d’une terre ou habitation, reconnu par la nouvelle loi domaniale. En réactions aux dispositions de la nouvelle loi, plusieurs intervenants ont demandé les procédures du changement des anciens documents en conformité avec le nouveau texte. La présence des représentants de la Direction nationale de l’Urbanisme et l’Habitat, des autorités administratives, judiciaires et des autorités communales a donné à cette réunion un caractère opérationnel et d’aborder les questions techniques, légales et de gouvernance locale, assurant ainsi une approche coordonnée pour une transition réussie. AC/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Kayes et Bougouni à l’épreuve
Envoyés spéciaux Amadou SOW Youssouf DOUMBIA Oumar DIOP (Photos) Tombouctou, 22 déc (AMAP) Après deux nuits de compétitions, les troupes de Kayes et Bougouni étaient devant le jury, dimanche, au terrain municipal de Tombouctou. C’est la troupe de Kayes qui a ouvert la soirée avec son Ensemble instrumental sur le thème de la paix. C’est un appel pour un Mali reconcilié et uni autour d’un intérêt commun. Elle est suivie de la pièce de théâtre, intitulée, « La recherche de la pitance. » A travers cette présentation, la Région de Kayes dénonce l’incivisme, l’arrêt du train et la malhonnêteté de certaines personnes. C’est le récit d’une société en perte de références au profit de la recherche du pain quotidien. La pièce alerte sur le non-paiement des taxes et les pratiques frauduleuses comme la vente des armes et des matériels volés. Son solo, chanté en langue Khassonké est un « Hommage aux pupilles de la Nation. » C’est l’histoire d’une jeune femme mariée, qui a perdu son mari, à peine quelques années de leur union au cours d’une violente bataille contre les terroristes. Cette composition musicale évoque le devenir d’un petit garçon du jeune couple. Ainsi, la perte brutale de l’époux a déstabilisé la femme qui a reçu le choc, très dur à supporter. Elle sera conseillée par une autre femme, sage. Et, enfin, la chanson rend hommage aux autorités nationales pour leur soutien aux pupilles de la Nation et salue les efforts des mères des pupilles pour leur rôle après la disparation de leurs époux. Ainsi, plusieurs spectateurs estiment que le solo de chant Kayes peut bien influencer le jury et se classer parmi les meilleurs de la Biennale de Tombouctou. Il a été suivi de la danse traditionnelle, intitulée « le Worso », une danse traditionnelle du milieu soninké composée de trois rythmes à savoir le Worso, le Tinguinta et le « Lemunu Légué »] Le « Worso » est une danse traditionnelle populaire qui met en scène quelques hommes de castes. Le « Tinguinta » est populaire et exécuté par tout le monde y compris les nobles et les hommes de castes. Le « Lemunu Légué » est une danse des jeunes. Ce rythme est populaire et ouvert à tout le monde (jeunes, adultes, nobles, hommes de caste, captifs). La deuxième prestation de la soirée a été la troupe de Bougouni qui a débuté avec son solo de chant intitulé : « Le cri de l’oiseau orphelin. » Ce Solo de chant chanté en douceur rappelle la mort et pourquoi faut-il en avoir peur ? Il rend hommage aux présidents indépendantistes des pays de la Confédération des États du Sahel et les invite à s’unir davantage pour bâtir un Sahel fort et uni. La danse traditionnelle monte en deuxième position, titrée ;« Fiileni » ou la calebasse. C ’est une danse originaire du Wassoulou et execuée exclusivement par les jeunes filles, caractérisée par le maniement de la calebasse comme instrument de rythme et de grâce. C’est également une forme d’expression culturelle qui affirme l’identité culturelle de la jeune fille du Wassoulou. Elle symbolise la maturité et la solidarité féminine, et tient une place particulière dans le patrimoine culturel de Wassoulou. La pièce du théâtre intitulée « Socle de la vie de notre village », met en évidence les bases d’une société, notamment les éléments indispensables pour la survie d’un village. Elle a été suivie de l’ensemble instrumental qui porte sur la paix et la cohésion sociale. Avant cette soirée, les orchestres de Dioila et Mopti ont presté devant le jury dans la salle Ali Farka Touré. Le programme de lundi prévoit le passage des Régions de Nara et Sikasso. AS/YD/MD (AMAP)
Dialyse à Ségou : La gratuité des soins se heurte aux limites budgétaires
Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 22 déc (AMAP) La santé, dit-on, est la couronne du bien-portant que seuls les malades peuvent voir. Les patients sous dialyse ont fait leur ce proverbe qui, dès lors, prend tout son sens à l’Unité de dialyse de l’hôpital Nianankoro Fomba de Ségou (Centre). Reliés aux machines dans la salle exigüe de l’unité dialyse, certains dorment à point, d’autres observent silencieusement leur environnement. Leur santé, désormais fragile, ils ressentent combien elle reste le bien le plus précieux. F.N, allongée sur son lit de dialyse observe avec patience la machine qui filtre son sang. Elle n’a plus le choix : sans la dialyse, ses reins ne fonctionnent plus. L’adolescente de 16 ans et sa sœur cadette, 14 ans, viennent de Macina pour suivre les soins. Elles sont contraintes de faire cet exercice vital deux fois par semaine. « C’est l’année dernière après la fête de Tabaski, que je suis tombée malade. Cela a trouvé que ma sœur cadette était déjà sous dialyse. Bien avant la maladie, j’avais abandonné l’école mais ma sœur, elle, a dû abandonner l’école à cause de la maladie », confie F.N, innocente. Non loin d’elle, A. Koné relié à la machine par des tubulures garde une main immobilisée entourée de fils qui assurent la circulation du sang vers l’appareil. « La dialyse est indispensable pour nous maintenant. Sans quoi, on ne peut survivre en aucun cas », confie-t-il. L’enseignant semble avoir le moral. L’épreuve de la maladie n’a, en rien, altéré la clarté de sa voix, son dynamisme ni son éloquence pédagogique. « Je fais la navette entre Koutiala et Ségou, deux fois dans la semaine, pour suivre mes séances de dialyse. C’est en avril 2023 que je les ai débutées à l’hôpital du point G, avant de faire le transfert vers Ségou », nous explique-t-il. Koné, stoïque, assure que la séance de quatre heure, ne lui cause aucun désagrément. La joie, pour lui, est d’en bénéficier. Cependant, il déplore la disponibilité continu de kits. « Quand j’ai été transféré ici, l’ unité fonctionnait bien. Mais, au fil du temps, il y a eu des ruptures de kits. Nous avons dû payer certaines séances nous-mêmes », déplore-t-il. Il ajoute que tout récemment, les dialysés ont bénéficié de trois séances gratuites. Toutefois ces kits sont désormais épuisés. « On attend une autre occasion. Sans cela nous serons obligés de quémander auprès des parents ou de bonne volonté. On n’a pas d’autres solutions. La dialyse, ce sont des charges lourdes », indique-t-il, en lançant un cri de cœur aux hautes autorités nationales pour leur prise en charge. A côté de lui, M. Barry un résident de Fobogo ne va pas par le dos de la cuillère : « Sans la dialyse, c’est le calvaire. », dit-il. « C’est en décembre 2024 que j’ai été placé sous dialyse. Je ne pouvais marcher ni travailler. Sans les séances, je perds l’appétit, je suis incapable de boire, ou d’uriner. Je passe des nuits noires. Mes pieds et mes chevilles gonflent », a-t-il expliqué. Joignant sa voix à celle de Koné, il plaide pour une aide de l’Etat et des bonnes volontés. « La plupart d’entre nous ne travaille plus à cause de la maladie. C’est compliqué pour nous maintenant ». lance-t-il. Outre les problèmes d’approvisionnement en kits, les patients sous dialyse de la Région de Ségou font face à de nombreuses difficultés : absence d’accompagnants, problème de logement, déplacements compliqués, achat de nourriture de la rue, manque de donneur de sang pour certains. La majorité souffre d’anémie chronique et peine à réaliser les bilans de routine, faute de moyen. Les patients nécessitant une fistule artério-veineuse (FAV) doivent être référés à Bamako pour bénéficier de cet acte médical, faute de chirurgien vasculaire sur place. La dialyse est un traitement artificiel qui remplace la fonction des reins lorsqu’ils ne filtrent plus correctement le sang. Elle élimine les déchets et l’excès de liquide du corps. Conscient de son importance vitale, l’Etat, à travers le ministère de la Santé et du Développement social, consent, depuis quelques années, d’énormes efforts pour assurer la prise en charge. Dans cette dynamique l’Unité de dialyse de l’hôpital Nianankoro Fomba de Ségou a été inaugurée en décembre 2019, avec 5 générateurs, afin de rapprocher ces soins des patients de la région. Les séances de dialyse ont débuté à Ségou avec 9 patients transférés de Bamako suivis de 3 nouveaux dialysés de Ségou soit un total de 12 patients dialysés en 2019. Du 1er janvier au 17 décembre 2025, 132 nouveaux dialysés ont été enregistrés dans la région. Leur prise en charge est assurée par deux médecins néphrologues, un infirmier spécialisé en néphrologie et un nombre insuffisant d’infirmiers. Présentement, sur les dix générateurs de dialyse fournis par le ministère de la Santé et du Développement social, avec l’appui de la Société du Pari mutuel urbain (PMU), huit sont fonctionnels. Cependant, nous confie un agent, « cette unité n’a pas été construite à cet effet ». Exiguë, elle occupe l’ancien bloc opératoire contigu aux urgences et ne dispose pas de service d’hospitalisation pour les malades. Ce qui limite le confort des patients et du personnel. Les problèmes d’approvisionnement en kits de dialyse, le nombre limité de personnel de bureaux, l’insuffisance de la subvention de l’État, le manque de formation continue du personnel restent les principaux défis. Malgré ces difficultés, le chef de Service néphrologie et hémodialyse de l’hôpital Nianankoro Fomba de Ségou, Jacques Coulibaly, confie que l’unité poursuit son activité et offre un accès vital à la dialyse pour les patients de la région. Cependant, il sollicite la construction d’un centre de néphrologie et de dialyse avec hospitalisation « pour une meilleure prise en charge des patients ». « Le nombre de malade augmente de facon graduelle. Nous avons, en moyenne, 65 patients qui viennent de façon régulière. L’unité actuelle n’est pas adaptée pour les accueillir. La salle est restreinte », explique-t-il. Pour prévenir l’insuffisance rénale, le néphrologue insiste sur l’importance de la sensibilisation et du dépistage précoce des maladies comme l’hypertension artérielle et le diabète, principales causes de cette pathologie. Pour le travail de terrain,
Biennale artistique et culturelle Tombouctou : Comment intégrer le marché de l’art
Tombouctou, 25 déc (AMAP) En marge de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le Consortium Fonds africain pour la culture (ACF) / Fonds Maaya a organisé, hier, une table ronde au village artisanal de la Biennale. La rencontre a réuni plusieurs acteurs culturels autour de la problématique de l’accès au marché pour les industries culturelles et créatives. La cérémonie officielle était présidée par le Chef de cabinet du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Dr Salia Malé. À ses côtés figuraient le président du Réseau Kya, Djibril Guissé, la responsable de la communication du Consortium, Mme Gabdo Ouattara, ainsi que Salah Touré, Conseiller national de Transition. Plusieurs acteurs culturels ont également pris part à la rencontre. Les travaux ont été coanimés par le critique d’art Chab Touré, le président de la Fédération du Mali, Adama Traoré, et le directeur général de l’Agence de promotion des entreprises et industries culturelles du Niger, Maki Garba. Les échanges ont porté sur les enjeux de la professionnalisation du secteur culturel, en lien avec les normes nationales et internationales. La formation des artistes a été identifiée comme un facteur déterminant pour l’accès au marché de l’art et le développement durable des industries culturelles. À l’issue des discussions, quatre piliers majeurs pour la promotion du secteur ont été dégagés : la structuration, le financement, la diffusion et la promotion, ainsi que la création et la découverte d’espaces culturels. Il a également été relevé que l’accès au marché repose sur la qualité des productions et le respect des exigences du secteur. Les débats ont permis de formuler plusieurs recommandations, notamment la structuration du secteur culturel, le renforcement des capacités des acteurs, la mise en place d’une structure unique et la création d’un fonds d’urgence au profit des artistes. La question du droit d’auteur a également été abordée au cours des échanges. AC/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Dioïla et Mopti brillent sur scène
Envoyés spéciaux Amadou SOW Oumar Diop (photos) Tombouctou, 23 déc (AMAP) « La population de Tombouctou était encore au rendez-vous à 19 heures, mercredi dernier, au terrain municipal de la ville, pour suivre le passage des troupes de Dioïla et Mopti », rapportent ls envoyés spéciaux de l’AMAP. C’est la Région de Dioïla qui a ouvert la compétition. Elle a présenté son ensemble instrumental intitulé « Mali Kura avancé », une composition évoquant les dynamiques déclenchées par les autorités du pays. Cette prestation a été suivie de la pièce de théâtre « La Patrie avant tout ». Ce récit met en scène un jeune chômeur qui décide de rejoindre les terroristes pour subvenir à ses besoins. Après une rencontre émouvante avec sa compagne, qui lui rappelle leurs souvenirs d’amour et le sens du patriotisme, il choisit d’abandonner sa révolte. Il est alors tué par ses compagnons terroristes, qui le qualifient de traître. Le solo de chant, intitulé « La croyance », incarne la dignité, le patriotisme, la paix, le sens du devoir, la souveraineté et l’attachement à nos valeurs culturelles. Il invite la jeunesse à adopter un comportement responsable pour l’avènement d’un « Maliden Kura ». Enfin, la danse traditionnelle « Initiation au Korês » a clôturé le passage de Dioïla. Au-delà du divertissement, elle prépare l’homme à affronter la vie et symbolise la paix, le vivre-ensemble, l’entente et la cohésion sociale. La région de Mopti a ensuite pris le relais. Son ensemble instrumental a ouvert avec « Nangonndiral juude », évoquant l’entente et la cohésion face aux défis de développement de la Confédération des États du Sahel (AES). Cette chanson appelle les populations à s’unir, à regarder dans la même direction pour soutenir les efforts des dirigeants en matière de paix et de développement.Le solo de chant « Inè bè kôrôpa » (Retournons aux sources), interprété en langue bozo, est un appel vibrant au retour aux valeurs ancestrales. À travers cette composition, Mopti invite les populations déplacées et les Maliens de la diaspora à s’unir. Le passage s’est achevé avec la danse traditionnelle « Tawangal », une danse peulh originaire de la zone du Guimbala, située entre les régions de Mopti et Douentza. Traditionnellement exécutée au clair de lune pour célébrer le retour des jeunes bergers de la transhumance, elle est aussi l’occasion pour la plus belle jeune fille du village – marraine de la saison – de choisir le chef de la génération. À noter que les orchestres modernes de Nara et Koulikoro ont animé l’après-midi dans la salle Ali Farka Touré. AS/OS/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Koutiala, Kita et San en piste
Envoyés spéciaux Amadou SOW, Youssouf DOUMBIA Oumar DIOP (Photos) Tombouctou, 21 dec (AMAP) Les Régions de Koutiala (Sud), Kita (Ouest) et San (Centre) sont passées samedi nuit devant le jury. Elles ont toutes présenté quatre numéros au lieu de cinq, contrairement à la première journée. Désormais, les orchestres vont compétir dans la salle. Après une première nuit de compétitions, marquée par une baisse drastique de la température, obligeant les organisateurs à renforcer le dispositif de protection contre le froid, les troupes de Koutiala, Kita et San ont présenté chacune quatre disciplines devant le jury. Et tout cela dans un dispositif sécuritaire impressionnant où rien n’était négligé par les forces de l’ordre. C’est dans cette atmosphère de sécurité que la Région de Koutiala a débuté la soirée avec son Ensemble instrumental qui a chanté son morceau en bamanan. Il parle de l’union et invite à la cohésion sociale. Le solo de chant évoque les problèmes courants de notre société particulièrement la déperdition de l’éducation. A travers cette discipline, la troupe plaide pour le retour à nos valeurs fondamentales. Elle sera suivie de la pièce de théâtre intitulée : « La colère de Djiné Massa ». Le génie protecteur du village exprime sa colère contre la destruction massive des forêts, l’abatage des arbres, les feux de brousse. Et enfin, la danse traditionnelle appelée le « Kounpé ». C’est une danse sacrée, originaire de Kouri (Région de Koutiala). « Il a fallu beaucoup de sacrifices pour permettre à la troupe de venir danser », selon le directeur de la Troupe, Benoit Herve Diarra. La deuxième prestation de la soirée était celle la troupe de Kita. Elle a commencé avec l’ensemble instrumental. Le titre est « Yeredon », un morceau qui plonge au cœur de connaissance de soi et de la mémoire collective malienne. Ce titre se veut un hommage aux fondements culturels qui ont façonné notre identité au fil des siècles. Il a été suivi du solo de chant titré : « Le Maliba », une œuvre d’interpellation et de prise de conscience collective. À travers une voix engagée et vibrante, il invite les Maliens à renouer avec la bravoure, la dignité et les valeurs fondamentales héritées de nos ancêtres. Il s’agit d’inciter les Maliens et maliennes à connaitre et aimer sa patrie. La pièce de théâtre intitulé « Soyons nous-mêmes », invite les populations à garder les traits qui caractérisent notre société. C’est une pièce de sensibilisation contre la perte de notre identité culturelle. Quant à la danse traditionnelle intitulée : « Namanikoudon», elle est issue des terroirs culturels du Briko (Kita). Elle constitue une expression artistique forte, ancrée dans les valeurs de bravoure, de solidarité et de cohésion communautaire. Elle est portée par de jeunes cultivateurs dans la force de l’âge, en pleine possession de leur santé et conscients de leur rôle de leaders au sein du village. Après une journée de travail collectif au champ, ces jeunes se retrouvent sur la place du village, accompagnés de jeunes filles, pour célébrer l’effort commun à travers la danse. La dernière prestation est revenue à la troupe de San qui a présenté une danse traditionnelle très originale et ovationnée par le public. Elle rend hommage à un griot décédé dans la localité de Tominian. Auparavant, la troupe avait présenté la pièce de théâtre sur le patriotisme, suivie de l’ensemble instrumental sur le thème : « Prendre soin de son patrimoine culturel ». La mélodie propose une réflexion profonde sur la fragilisation du patrimoine culturel national, aujourd’hui confronté à une dynamique de dévalorisation accélérée. « Redonner vigueur à notre culture » est le thème du solo de chant. Il parle de la revitalisation de la culture et invite l’ensemble des Maliens de l’intérieur comme de la diaspora, sans distinction d’âge ni de genre à réinvestir pleinement notre héritage culturel, en défendant l’idée selon laquelle, la culture constitue non seulement un lien identitaire fondamental mais, également, un levier de cohésion nationale et de résilience collective. AS/YD/MD (AMAP)
Les FAMa neutralisent un groupe armé terroriste dans la Région de Nioro (Ouest) :
Bamako, 21 déc (AMAP) « Le 19 décembre 2025, une unité de reconnaissance offensive des FAMa a neutralisé un groupe armé terroriste aux abords de Secoundé, localité située non loin de Nioro », a annoncé, ce samedi 20 décembre, l’état-major général des Forces armées maliennes (FAMa). Dans un communiqué parvenu à l’AMAP, l’état-major précise « qu’une quantité importante de matériels de guerre, plus d’une trentaine de motos, du matériel de communication, de vidéo et des dispositifs d’engins explosifs (ont été) récupérés. » La même source indique que l’état-major général des Armées a félicité les FAMa pour la réussite de « cette opération qui vient d’affliger un autre coup dur aux groupes armés terroristes qui perturbent la quiétude des populations. » MMD/MD (AMAP)

