Bamako, 4 septembre (AMAP) Il est encore trop tôt pour considérer l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) comme maîtrisée, malgré une stabilisation du nombre de cas ces dernières semaines, a indiqué jeudi le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).
« Nous sommes encore trop tôt pour dire que nous contrôlons l’ensemble de l’épidémie », a déclaré Wessam Mankoula, responsable à l’Africa CDC, lors d’une conférence de presse en ligne, soulignant que la situation « évolue encore ».
Selon le dernier bilan des autorités congolaises, 6.250 cas confirmés et 3.039 décès avaient été enregistrés au 1er septembre, soit un taux de létalité de 48,6 %. Quelque 1.439 patients ont par ailleurs été déclarés guéris.
L’épidémie touche 60 zones de santé dans six provinces. La transmission a été interrompue dans quatre zones n’ayant enregistré aucun nouveau cas depuis plus de 42 jours, tandis que cinq autres sont en « phase de contrôle ». Elle reste toutefois active dans 51 zones de santé.
M. Mankoula a indiqué qu’une baisse du nombre de cas était observée depuis deux semaines, avec une situation proche d’un plateau. Il a cependant appelé à la prudence, rappelant qu’un phénomène similaire avait été observé en juin avant une nouvelle hausse des contaminations.
L’épidémie, déclarée en mai, est devenue la plus importante et la plus meurtrière enregistrée en RDC et la deuxième plus importante au niveau mondial après celle d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016.
L’Africa CDC souligne également le risque de propagation transfrontalière, notamment dans les provinces orientales de la RDC frontalières de l’Ouganda, où la transmission reste active malgré la fin récente de l’épidémie dans ce pays.
Sur le plan de la riposte, la vaccination des personnels de santé et des populations à risque a débuté le 27 août dans le cadre d’un usage compassionnel. Au 1er septembre, 1.124 travailleurs de santé et personnels de première ligne avaient été vaccinés.
Le vaccin Ervebo, homologué contre le virus Ebola Zaïre, fait actuellement l’objet d’une étude visant à évaluer son éventuelle protection contre le virus Ebola Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle. Son efficacité contre cette souche n’a toutefois pas encore été démontrée.
Le directeur général de l’Africa CDC, Jean Kaseya, a jugé mercredi la situation « extrêmement grave », estimant que les efforts engagés n’avaient pas encore permis d’atteindre le niveau nécessaire pour maîtriser la propagation.
OS/KM(AMAP)

