Communes limitrophes de Bamako : Début des enquêtes foncières

Bamako, 14 novembre (AMAP) Le ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, Badra Aliou Berthé, a lancé, mardi, les travaux des enquêtes foncières dans des communes ruraleslimitrophes de la capitale malienne, Bamako, a constaté l’AMAP. La cérémonie, organisée à cet effet, en présence de M. Drissa Coulibaly, chef de village de Baguineda-Camp, à 30 km de Bamako, et de plusieurs élus communaux, consacre le déploiement des enquêteurs sur le terrain dans les Communes de Baguinéda, Mountougoula, Kalaban-coro, Mandé, Dogodouman, Moribabougou, N’Gabakoro-droit et de Sangarébougou (Cercle de Kati). « Ces travaux de six mois s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations des états généraux du foncier tenus en 2008 et 2009 », a précisé le ministre Berthé. L’enquête foncière cadre, selon lui, avec les actions visant la mise en œuvre du Projet de reforme domaniale et foncière au Mali. Initié en 2016 par le département en charge du foncier, ce projet vise, principalement, à refonder les rapports sociaux, à mettre la terre au service du développement et à appuyer la gouvernance de l’Etat. « Cela, conformément à la volonté affichée du président de la République d’asseoir la paix sociale et d’améliorer le développement économique du Mali, grâce à la sécurisation des droits de propriété et la gestion des outils. Et aussi, grâce à une gestion foncière efficace, transparente et apaisée, en vue de reformer le cadre intentionnel, d’améliorer la connaissance du foncier et du territoire national, de mobiliser les ressources intérieures de l’Etat et appuyer la décentralisation », a souligné le ministre Berthé. En la matière, les enquêtes foncières permettront d’obtenir des informations foncières et urbanistiques fiables sur chaque parcelle bâtie, non bâties, y compris les champs. Il s’agit, entre autres, du statut légal, du type d’occupation, de la vocation, de la location, des litiges et des charges, des images de l’occupation et des informations sur les détenteurs. A terme, la réforme domaniale et foncière aboutira à la mise en place du cadastre. Il s’agit-là d’un outil qui dresse l’état de la propriété foncière sur un territoire communal, en dotant chaque parcelle d’un Numéro d’identification national cadastral (Ninacard). Le cadastre est ainsi composé du plan cadastral associé au registre cadastral contenant les informations foncières et fiscales. PLUS DE 600.000 PARCELLES RECENSEES – En effet, la première phase de cette reforme foncière concerne le district de Bamako avec une superficie estimée à 245 km2et le Cercle de Kati dont la superficie est évaluée à 16.897 km2. « La situation est, particulièrement, critique au niveau de ces deux circonscriptions », a justifié le chef du département des Affaires foncières, précisant que l’opération en cours concerne les communes de Baguinéda, Mountougoula, Kalaban-coro, Mandé, Dogodouman, Moribabougou, N’gabakoro-droit et Sangarébougou pour lesquelles les plans cadastraux ont été élaborés. Le secrétaire permanant de la reforme domaniale au Mali, le colonel Checkinè Dieffaga, a, dans son intervention, rappelé que depuis une année, sa structure est engagée dans un vaste chantier de confection du cadastre dans le district de Bamako et dans les 37 communes du Cercle de Kati. Ainsi, après les enquêtes foncières au niveau de la capitale, les travaux concerneront les huit communes limitrophes, a rappelé le colonel Dieffaga. Selon lui, ils visent à identifier les propriétaires ou les détenteurs de chaque parcelle existante sur le plan cadastral communal. « La commune de Baguinéda compte plus de 85.000 parcelles, a précisé l’officier supérieur, avant d’ajouter qu’au total, plus de 400.000 parcelles ont été recensées dans les huit communes limitrophes, en plus des 211.240 répertoriées dans le district de Bamako. « Ce qui fait plus de 600.000 parcelles recensées dans les alentours et au niveau du district de Bamako », a révélé le secrétaire permanant de la reforme domaniale au Mali. Le ministre avait, auparavant, invité l’ensemble des acteurs, notamment les services techniques, les collectivités territoriales et la population des communes rurales concernées, à fournir toutes les informations foncières nécessaires aux enquêteurs qui seront sur le terrain. « Les populations que nous administrons veilleront au bon déroulement de ces enquêtes », a assuré le maire de la Commune de Baguinéda-Camp. Pour Jean-Marie Dakouo, les enquêtes foncières permettront aux communes environnantes du district de Bamako de disposer d’informations fiables pour une bonne gestion foncière. DB/MD (AMAP)

Journée minières et pétrolières : Des thématiques d’actualité développées par des experts

Bamako, 14 novembre (AMAP) La 8è édition des Journées minières et pétrolières du Mali (JMP), qui a débuté, mardi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), réunit différents acteurs et experts du secteur autour de thématiques d’actualité liées au développement du secteur minier et du pétrole et développées et disséquées par des experts reconnus et réputés, a constaté l’AMAP. A la fin des discussions de chaque édition, les acteurs doivent proposer des pistes de solutions devant permettre de relever les défis de l’exploitation et de la production de l’or dans notre pays. «Finances et investissements dans le secteur minier du Mali» était le thème d’un panel organisé, mercredi, en marge de cette 8èédition des JMP. Les panélistes étaient Me Mohamed Sidiki Sylla, avocat au barreau de Guinée et avocat d’affaires travaillant sur les questions minières, énergétiques et infrastructurelles, Me Nadia Myriam Biouelé, avocate Associée Senior et Django Mady Coulibaly, secrétaire permanent à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-Mali). Me Sylla a indiqué que les JMP constituent une vitrine pour les opérateurs étrangers intéressés à venir investir au Mali. Selon lui, le secteur minier est financé, principalement, sur endettement. «Toutefois, ceux dont vous utilisez l’argent veulent s’assurer que vous avez tous les moyens, toutes les capacités techniques et financières pour pouvoir assurer le remboursement du service de la dette », a insisté le spécialiste. Pour lui, les miniers s’endettent, en général, auprès d’institutions financières (Banques internationales). « Des centaines de millions de dollars sont, parfois, nécessaires à la réalisation des projets », a précise l’avocat au barreau de Conakry. Ainsi, au regard des risques, les prêteurs exigent des miniers une part de participation dans le financement qui est, en général, estimée à 30% du capital d’investissement. Les emprunteurs, eux, apportent les 70 % restants. Me Nadia Myriam Biouelé a, elle, axé son intervention sur le «développement durable par les mines et le pétrole au Mali : une réalité possible». « Le Mali, a-t-elle affirmé, a été classé 3è producteur d’or en 2018 avec une capacité de production estimée à plus de 68 tonnes ». « Eu égard à ce rang de géant aurifère, il importe d’investir dans le secteur minier malien, a avancé l’avocate.  « C’est un business assez rentable, vu les capacités de notre sous sol. C’est, également, une affaire rentable pour ceux qui exportent lorsque toutes les conditions sont réunies», a-t-elle précise. Pour ce faire, Me Biouelé pense qu’il faudrait, au préalable, réunir les conditions nécessaires pour attirer les financements. « En la matière, les investisseurs sont regardants sur le cadre juridique et fiscal plus attractif et adapté », a insisté la conférencière, ajoutant que ce cadre juridique adapté doit être harmonisé. «Le cadre de la fiscalité minière en ce qui concerne les sociétés minières étrangères doit être respectueux des traités bilatéraux d’investissement que le Mali a ratifiés en termes de protection de l’investisseur et en termes de respect de légalité et de traitement», a précisé Me Nadia Myriam Biouelé. Le secrétaire permanent à ITIE-Mali a, pour sa part, rappelé que le Mali est d’un bon élève de l’ITIE. « Le Conseil d’administration de l’ITIE a admis que le Mali a fait des progrès significatifs avec des améliorations substantielles dans la mise en œuvre du processus ITIE », s’est réjoui Django Mady Coulibaly. «Concernant la loi relative aux ressources fiscales à allouer aux communes, cercles et régions, le Mali a fait plus. L’Etat malien a rétrocédé 15,70 milliards de Fcfa aux collectivités de 2012 à 2016 », a précisé M. Coulibaly, avant d’ajouter que cette loi stipule que 60% des patentes doivent revenir aux communes d’accueil, 25% doivent versés à la collectivité cercle et 15% à la collectivité régionale. En outre, le secrétaire permanent à ITIE-Mali a cité des études qui ont dénoncé des cas de corruption constatés dans les pays dont le sous sol est riche en substance minière. A son avis, « cette corruption est due à l’absence de transparence ». AG/MD (AMAP)

Les acteurs du développement de Ténenkou valident le Plan quinquennal de la Commune urbaine

Ténenkou, 13 novembre (AMAP) Les acteurs du développement du Cercle de Ténenkou (Centre) ont validé le Plan quinquennal de développement économique social et culturel (PEDSC) de la Commune urbaine de Ténenkou, au cours d’une récente session, dans la salle de conférence de la préfecture. Elus locaux, autorités traditionnelles, représentants des services techniques et des organisations de la société civile ont fait l’état de lieux des différentes réalisations au niveau de la Commune urbaine, avant de plancher sur le programme quinquennal 2020-2024 de la Commune urbaine de Ténenkou qui touche tous les secteurs de la vie économique, sociale et culturelle, à savoir l’agriculture, l’éducation, l’économie, le transport, la communication, le sport et la culture. A la lumière des rapports présentés et qui ont fait l’objet de discussions, plusieurs actions prioritaires ont été notées pour l’exercice 2020. Il s’agit, notamment, dans le domaine de l’agriculture, de l’aménagement d’un périmètre irrigué villageois et d’un périmètre maraîcher d’un ha à Ténenkou, la dotation du comité de gestion du casier rizicole d’un tracteur, la régénération d’1 ha de bourgoutières, la construction d’un magasin de stockage d’une capacité de 40 tonnes pour l’approvisionnement en aliment bétail, la réhabilitation du parc de vaccination et la réalisation d’un étang piscicole. Dans le domaine de l’éducation, la priorité a été donnée à la construction de 3 salles de classe au second cycle A de Ténenkou et la construction de 6 salles de classes, avec direction et magasin, au quartier Komangalou, pour désengorger l’école Tahirou Cissé. S’agissant du désenclavement, il est prévu la construction de la digue de liaison Ténenkou-Penga et Ténenkou-Tougnana  longue de 12 km. L’économie n’est pas restée en marge. Il est prévu la construction d’un nouveau marché et la réhabilitation du marché à bétail. Les participants à cette rencontre ont formulé des recommandations pour la mise en œuvre du PEDSC 2020 – 2024, notamment, traduire ce plan en une réalité consistant à changer le visage de la collectivité grâce à la réalisation des actions planifiées, mobiliser les ressources humaines et financières, impliquer la diaspora dans sa mise en œuvre, mettre l’accent sur les actions liées aux changements climatiques et respecter la vision et les orientations de développement de la commune. Le PDSEC 2020-2024 a été élaboré grâce à l’appui financier du Priogramme dea Nations unies pour le développement (PNUD) et avec l’appui technique de l’Agence développement régional (ADR). La session a  été présidée par le premier adjoint au préfet du cercle de Ténenkou, Hamadoun Tamboura, qui dans son discours inaugural, a invité l’ensemble des participants à s’investir pleinement pour la réussite de cette rencontre. AS/MD (AMAP)

Niono : Visite du Ministre de l’administration territoriale et de décentralisation

Niono, 13 novembre (AMAP) Le Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah, à la tête d’une importante délégation comprenant les membres de son cabinet, des directeurs centraux de l’administration et des collectivités territoriales, en compagnie du gouverneur de la Région, l’inspecteur général Biramou Sissoko, a séjourné à Niono, vendredi dernier. Lors de cette visite, qui s’inscrit dans le cadre d’une tournée qu’il a entrepris jeudi en 4èmeRégion afin de s’enquérir des préoccupations des populations à la base, le ministre et sa délégation ont rendu une visite de courtoisie aux notabilités et aux chefs religieux et coutumiers de Niono. Il a, ensuite, présidé une conférence des cadres dans au Cercle où une minute de silence a été observée à la mémoire des victimes de différentes et récentes attaques terroristes. Dans son discours de bienvenue, le maire de la Commune urbaine de Niono, Abdramane Touré, s’est réjoui de cette visite, « car, a-t-il dit, elle est la preuve que le ministre accorde une importance particulière à l’amélioration des conditions de travail de l’administration et de sa volonté d’approcher les populations afin de s’imprégner de leurs difficultés ». De son coté le sous préfet central de Niono assurant l’intérim du préfet, Mme Diassana Fatou Daou, a axé son intervention sur lune présentation sommaire du cercle, la description de la situation sécuritaire, les mesures prises, les suggestions et recommandations, le Dialogue national inclusif  et la révision annuelle des listes électorales de 2019. S’agissant de la situation sécuritaire, le préfet par intérim a dit que le positionnement géographique du Cercle de Niono en fait une zone d’insécurité, depuis la crise multidimensionnelle que le Mali expérimente, depuis 2012. « Cette situation d’insécurité est caractérisée, entre autres, par la présence accrue de groupes armés de tout acabit dans le cercle, des assassinats et enlèvements ciblés, du vol de bétail », a ajouté le préfet intérimaire. Prenant la parole, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah a évoqué ce que représente la Région de Ségou et, particulièrement, le cercle de Niono, en termes  de création de richesses et du point de vue de sa position géopolitique. Il a invité les populations à la cohésion, à l’entente afin de faire face aux défis auxquels notre pays est confronté aujourd’hui. « Les attentes sont nombreuses. On ne peut pas résoudre tout et tout de suite. La priorité, pour le moment, est donnée à l’éduction et à la défense », a-t-il dit. Les préoccupations des participants ont porté, entre autres, sur les difficultés de recouvrement des taxes et impôts, l’amélioration du statut des élus, l’opérationnalisation de l’affectation de 30% du budget national aux collectivités, l’accélération du transfert effectif des compétences, l’insuffisance du personnel, la vétusté des locaux des services techniques et le retard de la lettre de nomination des chefs de villages. Le ministre et les directeurs centraux de l’administration et des collectivités territoriales ont fourni des réponses jugées satisfaisantes par les participants. MS/MD (AMAP)

Les agropasteurs de Tominian se forment à l’insémination artificielle

Tominian, 13 novembre (AMAP) Des agropasteurs de Tominian ont reçu une formation en insémination artificielle, au cours d’un atelier organisé, mardi, par le Service local de la production et de l’industrie animale (SLPIA), en collaboration avec le Centre national de l’insémination artificielle animale (CNIA), sous la présidence du 1eradjoint au préfet du cercle de Tominian, Moussa Coulibaly. Selon le chargé de Suivi-évaluation au CNIA, Moussa Traoré, l’objectif de cet atelier est d’apprendre aux agro-éleveurs les notions d’élevage amélioré, d’insémination artificielle, la préparation des animaux destinés à l’insémination, les méthodes d’interventions dans l’insémination artificielle, la conduite des vaches inséminées et des nouveau-nés. Le préfet, avant d’ouvrir les travaux, a rappelé que, pour améliorer les revenus dans le domaine de l’élevage, le Mali a bénéficié, en 2014, de semences animales du Royaume du Maroc et a créé, en 2015, le Centre national de l’insémination artificielle animale (CNIA) pour améliorer la production de lait et de la viande. Mettant, ainsi, cette activité au centre des préoccupations nationales dans le secteur de l’élevage. Selon le Préfet, l’atteinte de l’objectif de l’insémination passe, nécessairement, par la formation de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur lait et viande. Les participants ont planché sur les thématiques des facteurs de réussite de l’Insémination artificielle, comment préparer la vache, les types de vaches à inséminer, l’entretien du veau, l’accès à l’insémination, les difficultés liées à l’insémination et les conseils pratiques. Le Projet de développement durable des exploitations pastorales au Sahel-Mali (PDDEPS-Mali) est un vaste programme sous régional qui concerne le Mali, le Sénégal et le Burkina Faso. Il est aligné sur le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS)financé par la Banque mondiale et complètera ses activités au Mali. Le partenariat avec le PRAPS offrira un fort potentiel de levier pour intensifier les interventions prometteuses. Le Projet s’exécutera à travers ses cinq composantes : le développement des infrastructures pastorales et la gestion des ressources naturelles, le développement des chaines de valeur des bovins et des petits ruminants, l’accès à la finance islamique, l’appui au développement des capacités institutionnelles et organisationnelles, la gestion du projet. Il associera, étroitement, le secteur privé et les structures communautaires dans la mise en œuvre de ces composantes. Au Mali, les actions concerneront les Régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti et Sikasso. Toutes ces régions sont caractérisées par une forte activité de transhumance et se situent, principalement, dans le corridor reliant le Mali aux pays voisins. Les sites du projet abritent, également, les principaux marchés locaux et régionaux du bétail et offrent un potentiel d’amélioration du commerce transfrontalier. Le CNIA, un des maillons de la mise en œuvre de la composante 2 du Projet développement des chaines de valeurs des bovins et des petits ruminants, doit jouer ce rôle important dans ce projet. Il doit permettre la mise à niveau des inséminateurs sur les nouvelles biotechnologies de la reproduction, protocole de synchronisation, utilisation de matériels et équipements récents et former les agro-éleveurs dans la conduite des troupeaux destinés à l’insémination artificielle. ST/MD (AMAP)

« Jowro », gestionnaires des ressources naturelles

Envoyé spécial Ahmadou CISSE Mopti, 13 novembre (AMAP) Hamsala Bocoum, grand connaisseur de la vie dans le Delta central, décortique le mot peulh « Jowro » qui est la contraction de ‘Jom’ (propriétaire ou chef) et de ‘Wuro’ (campement, village). Ce mot composé de « Jowro » désigne l’individu et l’institution coutumière chargés de gérer les ressources naturelles (principalement les pâturages) d’un territoire pastoral ou agropastoral ou d’un simple îlot à ‘bourgou’ que la décrue du fleuve Niger et celle de ces affluents et défluents mettent à nu dans le Delta intérieur du Niger (de Ké-Macina à Youwarou). « Ce système, poursuit-il, a existé bien avant la Dina de Sékou Ahmadou, au sein des premiers royaumes qui avaient la souveraineté sur cette zone géographique ».   Ainsi, des relations de pouvoir caractérisaient les rapports entre « Ardos » (chefferies locales) et « Jowro ». Les deuxièmes officiaient sur les terres contrôlées et surveillées par les premiers qui, eux-mêmes, étaient des vassaux d’un suzerain (roi ou empereur).   Dans les livres d’histoire, malheureusement peu enseignés dans nos écoles, on apprend que les premières institutions pastorales remontent à l’occupation du Delta par les pasteurs peuls vers le XIVè siècle, période à laquelle les communautés ont établi des conventions sur l’exploitation des ressources naturelles.   A partir du XVè siècle, sont apparues les chefferies peules connues sous le nom de “Ardo”. Elles furent structurées en entités pastorales « Jom-Wuro » qui deviendront plus tard les « Jowro ». La première structuration de l’espace du Delta est donc l’œuvre des Ardos, selon les documents historiques. Elle est organisée autour de la notion des Leydi (espace territorial comprenant l’ensemble des ressources naturelles de la zone gérée par les Dioros).   Au début du XIXe siècle, l’Etat théocratique peul de Hamdallaye se substitua aux Ardos et réorganisa l’administration et la gestion des ressources naturelles du Delta. Depuis les États généraux de Hamdallaye, à l’an III de la Dina, où les communautés nomades du Delta sont appelées à se sédentariser, le « Jowro » s’est vu confier la gestion des pâturages.   « Chaque groupe de pasteurs disposait de droits sur certains pâturages et sur certains points d’eau pendant une période déterminée permettant une complémentarité et une superposition, dans l’espace et dans le temps, des systèmes de production. Cette forme de rotation permettait une utilisation optimale et (sans conflits) de toutes les ressources. La distinction entre les pâturages de saison de pluie (zone exondée) et ceux de la zone sèche (zone inondée) permettait à la végétation de se régénérer normalement », explique Hamsala Bocoum.   C’est la responsabilité du « Jowro » de veiller au respect de tous ces grands équilibres. Son rôle est même consigné dans la Charte pastorale du Mali qui accorde une place de choix à la propriété coutumière.   Sous la Première République, le régime socialiste, en nationalisant les terres, avait, considérablement, réduit le pouvoir des « Jowro » dont la réhabilitation n’a été amorcée qu’en 1966 par l’organisation de la première conférence locale sur les bourgoutières à Tenenkou.   « Depuis les sécheresses des années 70 et 80, les ressources naturelles du Delta se sont amenuisées tandis que la population et les surfaces cultivées ont doublé. L’agriculture a phagocyté les espaces, traditionnellement, réservés à l’élevage. Sur le même espace, plusieurs usagers différents se côtoient où se superposent, chacun cherchant sa survie, selon ses propres règles, selon son activité ou son statut social », rappelle Hamsala Bocoum.   Les « Jowro » continuent à exercer leur droit à la préséance, chaque fois que les troupeaux descendent, à la recherche du « bourgou », une herbe juteuse et sucrée, qui pousse, à perte de vue, dans le lit du lac. Sur les traces d’ « Amkoullel, l’enfant peul, Amadou Hampâté Ba met en garde : « Quiconque ne tient pas compte de ce qu’il était hier, demain ne sera rien, absolument rien ». AMC/MD (AMAP)

Koro : Visite du gouverneur de la Région de Mopti

Koro, 13 novembre (AMAP) Le gouverneur de la Région de Mopti, le général de Brigade, Abdoulaye Cissé, accompagné du chef d’état major de l’Armée de terre, le général Keba Sangaré, du chef de la Légion de la gendarmerie de Mopti, du directeur régional des Douanes et du président du Conseil régional, est arrivé, mardi, à Koro, dans le cadre d’une visite de terrain, a constaté l’AMAP. La délégation s’est, d’abord, rendue dans le village de Bih, à la frontière avec le Burkina Faso, pour constater les dégâts causés au pont dynamité par des terroristes, avant de tenir une conférence de cadres avec les chefs de services techniques et les forces vives de Koro. Le gouverneur a informé les populations, après les avoir remercié pour leur accueil, que toutes les dispositions seront prises pour réparer le pont détruit, afin de reprendre, au plus vite, le trafic routier sur ce tronçon. Il a indiqué que l’entreprise chargée de l’exécution des travaux traine encore le pied et n’est pas encore arrivée sur le site, alors que l’endroit est sécurisé par les Forces armées maliennes (FAMa), depuis plus d’une semaine. Il a instruit à l’entrepreneur d’être sur le terrain « dans 48 heures, au risque de perdre le marché au profit d’un autre ». Selon lui ce corridor rapporte beaucoup sur le plan économique à la région, il n’y a pas de raison que les travaux trainent. Sur le plan sécuritaire, il a invité les populations à collaborer avec les FAMa, en donnant des informations fiables. Il a, surtout, déploré que, parfois, au lieu que des informations relatives aux attaques viennent des villages pour le niveau régional, c’est Bamako qui appelle pour signaler que tel village est attaqué ou tel autre est sous menace. Il a demandé aux populations de donner les informations aux autorités administratives locales qui se chargeront de remonter au niveau régional, après vérification. Quant au général Kéba Sangaré, il est, également, revenu sur la nécessité de fournir des informations fiables à l’Armée. Il a dit que dans de nombreux cas signalés, quand les hommes arrivent sur le terrain, ils trouvent que l’information sur l’attaque des villages n’est pas fondée. « Cela fatigue beaucoup les hommes. L’Armée est présente auprès des populations et continuera à être présente auprès d’elles pour assurer la sécurité des personnes et de leurs. Mais elle a, surtout, besoin de la collaboration de cette population pour mener à bien ses différentes missions » a-t-il conclu. La délégation a quitté Koro pour l’étape de Bankass où elle tiendra, aussi, une rencontre de cadres sur les questions liées à la sécurité. MN/MD (AMAP)

Grève de 72h au Lycée public de Yélimané

Yélimané, 13 novembre (AMAP) Les professeurs du Lycée public de Yélimané ont observé une grève de 72h, à partir de lundi, suite à un préavis  que le comité local du Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire des collectivités (SYPESCO) a déposé au Conseil de cercle, le 24 octobre dernier. Les professeurs demandent, entre autres, la construction de toilettes à la salle des professeurs et d’un hangar ou parking pour leurs engins. La rencontre du syndicat avec le Conseil de cercle n’a pas permis d’éviter la grève. Le syndicat compte reconduire son mouvement s’il n’obtient pas satisfaction sur ses revendications. AS/MD (AMAP)

Chimio prévention du paludisme saisonnier à Barouéli : Plus d’efforts requis pour améliorer les résultats

Barouéli, 12 novembre (AMAP) L’atelier de restitution des résultats de la campagne de Chimio prévention du paludisme saisonnier (CPS), à Barouéli, tenu récemment, a appelé à plus d’efforts pour améliorer les performances de l’opération, a constaté l’AMAP. Le but visé par la rencontre est daméliorer la performance des équipes de santé lors des prochaines campagnes de la CPS dans le District sanitaire de Barouéli. Présidé par le sous préfet central, Ibrahima Ongoiba et organisé par le Centre de santé de référence (CSRéf) de Barouéli, sur financement de PSI-Mali, à travers Impact Malaria, l’atelier a vu la participation de tous les acteurs impliqués dans la prise en charge du paludisme, à savoir les maires, les services techniques, les présidents des Associations de santé communautaire (ASACO), les directeurs techniques de centre de santé et la Société civile. Après quatre mois de mise en œuvre, il fallait  apprécier les efforts dans le cadre de la prévention du Paludisme chez les enfants de 3 à 59 mois, non seulement de la part du partenaire, mais aussi des acteurs directs. Bien que la valeur cible (90% des enfants ayant reçu les médicaments, lors des quatre passages) ne soit pas atteinte, les résultats sont, nettement, meilleurs à ceux de la campagne précédente avec 88,66% contre 71%. En procédant à une analyse des quatre passages, on note une baisse progressive du taux de couverture du District sanitaire de Barouéli qui passe, progressivement, de 101,6% au premier passage, 101,45% au deuxième, 99,45% au troisième et 98,39% au quatrième passage. Cette baisse s’explique par la progression de l’hivernage, avec son corrolaire du nombre de cas de paludisme qui monte en flèche.Lesdifférents résultats traduisent des difficultés d’exécution des différents passagesde la campagne. Il s’agit de la réduction du nombre d’équipes, le paiement a posteriori des frais de carburants, la non prise en charge de réparation des motos utilisées et l’insuffisance de la communication inter personnelle. Cette dernière difficulté a fait l’objet d’échanges, car elle constitue la pierre angulaire de la réussite de la campagne. Elle permet la diffusion de la bonne information via les radios de proximité et les agents distributeurs des médicamentsde la campagne pour un changement de comportement. Malheureusement, les médicaments qui devaient contribuer à la réduction du taux d’enfants souffrant de paludisme et soulager, par là même, les dépenses des parents, ne bénéficient pas réellement de l’accompagnement des populationseu égard aux incompréhensions ou intoxications entretenues. JC/MD (AMAP)

Route de N’gana : Le début de la fin du calvaire

Bamako, 12 novembre (AMAP) Une partie de la piste, qui traverse la bourgade de N’gana et qui va de l’entrée au marché, a été refaite en latérite et inauguré, jeudi dernier, au cours d’une cérémonie présidée par le maire de Kalabancoro, Tiècoura Hamadoun Diarra, en présence de notabilités, d’élus et de nombreuses populations, a constaté l’AMAP. Ce tronçon, désormais carrossable, a été réalisé dans le cadre de la première tranche des travaux engagés par la mairie de la Commune rurale de Kalabancoro dont relève N’gana, Longue de 2,5 km, cette route en latérite, a couté environ 21 millions de Fcfa, hors taxe. « La mairie avait déjà acheté des engins lourds pour l’exécution des travaux de terrassement’, a révélé l’édile de Kalabancoro. « Ce qui a contribué à la réduction du coût des travaux », a précise l’officier d’état-civil. La construction de la route est intervenue à la demande de l’Association des jeunes Niètaa de N’gana (AJGG) dont Tiècoura Hamadoun Diarra a salué le courage et la persévérance. « C’était un vrai parcours du combattant pour les populations de cette localité », a-t-il reconnu. « C’est consciente de la souffrance des populations que la mairie a répondu à l’appel de la jeunesse de N’gana », a soutenu le maire, avant de promettre que tout sera fait pour commencer, dans les meilleurs, délais la deuxième tranche qui va du marché de N’gana au nouveau pont de la localité. Intervenant à son tour, le représentant de l’Association des jeunes, Mamadou Timota, a remercié l’édile pour avoir répondu à leur demande. M. Timota a réaffirmé l’engagement total de la jeunesse à soutenir et à accompagner toutes les actions et initiatives de développement au profit de la commune. En guise de reconnaissance, l’AJGG a remis un trophée « Ciwara » et une attestation de mérite au maire pour service rendu à la commune rurale de Kalabancoro. Pour sa part, le sous-préfet de Kalanbancoro, Daha Keïta, a félicité le maire pour ses actions citoyennes en faveur de la commune. M. Keïta a fait un plaidoyer pour le bitumage de cette route. Afin, selon lui, « d’épargner aux usagers la poussière rougeâtre qui enveloppe tout le trajet, surtout les matins et les soirs ». Comme projet, le maire Tiècoura Hamadoun Diarra a annoncé qu’il souhaite construire des salles de classe dans certaines écoles fondamentales, avant la fin de l’année. La construction de cette route est une souffrance de moins pour les populations de N’gana et des localités environnantes. C’était une véritable épreuve pour rallier ces localités, en passant  par Kalabancoura, en Commune V de Bamako. La piste qui traverse la bourgade de N’gana, située en plein cœur de la zone aéroportuaire, était sinueuse et très accidentée. En période d’hivernage, piétons, cyclistes, motocyclistes et automobilistes sont obligés de patauger dans les eaux de ruissellement et dans des marigots, sur plusieurs kilomètres, pour rejoindre leur domiciles ou leur lieux de travail. Un calvaire qui pourrait, désormais, faire partie du passé. La mairie de la Commune rurale de Kalabancoro dont relève N’gana, a initié, sur fonds propres, vers la fin de l’hivernage, de grands travaux sur cet axe routier,. FYK/MD (AMAP)