Attaques du check-point d’Ansongo : Les félicitations du commandant du Poste de Commandement Interarmées de Théâtre-Est de Gao

Bamako, 21 janvier (AMAP) Le commandant du Poste de Commandement Interarmées de Théâtre-Est de Gao (PC-IAT),le général de Brigade Ouahoun Koné, s’est rendu au Check Point d’Ansongo (Nord) pour féliciter les soldats qui ont abattu un assaillant et récupéré un pistolet mitrailleuse (PM) lors d’une attaque terroriste tôt le matin du 20 janvier 2020, a appris l’AMAP de source officielle. Des sources sécuritaire précisent que les assaillants, lourdement, armés sont arrivés, aux environs de 4 heures du matin,à bord de motos et ont attaqué le check point d’Ansongo, vers la sortie de Ménaka. « Les Fores armées maliennes (FAMa) « ont énergiquement réagi et ont abattu un assaillant », ajoutent nos sources. Les FAMa ont, en outre, récupéré un pistolet mitrailleur (PM), son chargeur et des maillons de PKM saisis. « Aucun dégât du côté des Forces de Défense et de Sécurité maliennes », confirme la Direction de l’information et des relations publiques avec de l’armée (DIRPA). Le général Koné a témoigné aux militaires à ce poste tout son soutien et celui des plus hautes autorités (en ce jour de fête anniversaire de notre Armée nationale ». « Il a salué le courage et la bravoure des éléments dudit poste », souligne le site d’information officiel de l’armée. « Le commandant PCIAT DAMBE-Est  a, aussi, salué les éléments pour  leur sens élevé du devoir et du sacrifice’, tout en les invitant à rester sur leur garde  et d’avoir une vigilance accrue. Le chef de poste de commandement d’Ansongo, le lieutenant Abdoulaye Doumbia, s’est dit  satisfait et fier de la promptitude du secours apporté par le général Koné et sa délégation. Le général Koné était accompagné d’une délégation de la Région militaire (RM1)  de Gao. OD/MD (AMAP)  

Niono: Echanges sur le plan de pérennisation des acquis du projet Beceya

Niono, 20 janvier (AMAP) Le projet Amélioration de l’environnement sanitaire pour les mères et les enfants au Mali « Beceya » a tenu  vendredi  à Niono, la dernière réunion de la  5ème année de son cadre de concertation, sous la présidence du 2ème vice président du conseil de cercle,  Moussa Traoré en présence de la coordinatrice du projet, Dr Maimouna Sissoko, a constaté l’AMAP. Il s’agissait de partager avec l’ensemble des partenaires, le plan de pérennisation des acquis du projet, définir les responsabilités de mise en œuvre du plan de pérennisation et échanger sur les responsabilités de mise en œuvre du plan de pérennisation. Les participants ont échangé sur entre autres le processus d’accompagnement, d’appropriation, de pérennisation et la présentation du plan de pérennisation des acquis du projet BECEYA. Le représentant du Conseil de Cercle a saisi l’occasion pour remercier les partenaires du projet pour leur courage et leur détermination avant de les exhorter à se donner la main pour pérenniser les acquis. A l’issue de leurs travaux, les participants ont formulé entre autres recommandations, la tenue régulière des réunions des comités de gestion de déchets biomédicaux, la redynamisation des comités paritaires, l’obtention de récépissés pour les associations de femmes et la bonne tenue du matériel. Financé par Affaires Mondiales Canada pour une durée de 5 ans dans le Cercle de Niono, le projet Beceya  arrive à son terme le 31 mars 2020.  MS/KM (AMAP)

Diéma : Heureuse initiative communautaire des jeunes de Fangouné Bambara 

Par Ouka BA Diéma, 17 janvier (AMAP) Chaque année, après les récoltes, pour ne pas rester oisifs, des jeunes de Fangouné-Bambara, à 5 km,  au nord-ouest de la ville de Diéma (Ouest), confectionnent des briques en banco, aidés par les filles qui  transportent l’eau. Quant la mare, qui sert de source d’approvisionnement, tarit, ces braves filles vont sur de longues distances, puiser l’eau dans les puits. Du lever au coucher du soleil, les jeunes du village, regroupés en association, réalisent des centaines de briques en banco qu’ils vendent à dix francs cfa l’unité. Les recettes annuelles de la vente des  briques, avoisinant cinq cents mille francs cfa, permettent de renflouer leur caisse associative. Avec ces fonds, l’association accorde, à ses adhérents, des prêts, pour plusieurs motifs, notamment, mariage, baptême, initiation et autres évènements de la vie sociale. Les emprunts sont sans intérêts. Si quelqu’un refuse de s’acquitter de sa dette, aux dires du président de l’Association des jeunes, Mama Traoré, les différends se règlent toujours à l’amiable.  M. Traoré assure de sa disponibilité, lui et ses compagnons, « à œuvrer pour le bien être de tous ». Il salue l’engagement des filles du village « toujours prêtes à apporter leurs soutiens ». Le quatrième conseiller du chef de village de Fangouné-Bambara, Dakolo Coulibaly, apprécie les rôles des jeunes qui, selon le leader traditionnel, rendent d’énormes services aux populations.  « Ils ont contribué, en apports physiques, poursuit-il, à la construction de la medersa  du village financée par les ressortissants. Si les salaires des maîtres viennent à manquer, avant que les ressortissants n’envoient de l’argent, les jeunes puisent dans leur caisse. Par classes d’âge, les jeunes surveillent, le village, pendant la nuit, pour renforcer la sécurité », explique le chef de village. Si la patrouille de jeunes rencontre une personne suspecte, elle informe le chef de village qui, à son tour, saisit les autorités. Les jeunes participent aux travaux collectifs de diverses natures. Pendant l’hivernage, ils vont travailler dans les champs, moyennant de petites motivations. De l’avis de Boubou, membre de cette association, « si la jeunesse est instrumentalisée par des politiciens, comme c’est le cas souvent, elle devient irresponsable et fainéante par-dessus le marché. Elle ne vise que ses  intérêts personnels ». Cet habitant avoue que le prêt qu’il a contracté auprès de la caisse associative des jeunes, lui a permis de chercher une femme pour son fils rentré de l’exode, « une mesure dissuasive » qui, selon le septuagénaire, pourrait empêcher son garçon de répartir sur les chemins incertains de la migration. Grâce à l’appui de la caisse associative des jeunes, cet homme s’est procuré une certaine quantité d’essence pour sillonner les routes, sur sa moto, à la recherche de son troupeau de moutons égarés et de régler les frais de diffusion du communiqué de la disparition de ses animaux. L’Association des jeunes de Fangouné-Bambara est confrontée à une insuffisance de matériels. Elle ne dispose que d’une seule brouette pour transporter du banco pétri. C’est pourquoi, un don symbolique du Comité local de la Croix Rouge de Diéma, constitué d’une brouette, d’une pelle et d’un râteau, a été bien accueilli. Le président de l’association, Mama Traoré, a invité d’autres personnes de bonne volonté  à emboîter le pas pour permettre à la jeunesse de Fangouné-Bambara et à la localité d’aller de l’avant e progresser. La population de la contrée est composée, majoritairement de Bambara. A leurs côtés, vivent des Peuls et des Maures sédentaires. La paix et l’entente règnent entre les différentes ethnies. L’économie du village repose, principalement, sur l’agriculture et l’élevage. Le maraîchage pratiqué, surtout par les femmes, contribue à alléger les charges familiales. Les ressortissants de Fangouné-Bambara à l’étranger jouent un rôle moteur dans le développement du village. OB/MD (AMAP)  

L’Union européenne fournit au Mali un camp mobile sécurisé pour sécurisation des Régions au Centre

Bamako, 17 janvier (AMAP) L’Union européenne (UE), dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’appui au renforcement de la sécurité dans la Région de Mopti et à la gestion des zones frontalières (PARSEC), a remis, jeudi, à la Gendarmerie nationale, un camp mobile sécurité réalisé pour plus de 600 millions de Fcfa. La cérémonie de remise officielle s’est déroulée à l’école de la Gendarmerie nationale à Faladiè. Un camp mobile sécurité est une installation à déploiement rapide constitué de structures modulaires métallo-textiles. L’objectif d’un tel équipement, dont le principal bénéficiaire est le peloton de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie de Mopti (PSIG), est d’offrir un déploiement rapide (entre 24 à 48 heures) à une unité qui veut se projeter dans des zones en crise où il n’y a pas toutes les infrastructures nécessaires. L’avantage d’une telleinfrastructure, c’est le temps de montage et de démontage ainsi que sa réutilisation. Appelé base vie, l’équipement comporte deux tentes sécurisées pour l’hébergement (16 pièces par tente) avec des lits, armoires et des espaces de rangement, une tente qui sert de poste de commandement avec des mobiliers de bureau, un réfectoire avec des tables et des chaises pour la restauration. A cela, s’ajoutent un poste de garde et deux tentes destinées aux sanitaires (toilettes). Qui plus est, l’option sécuritaire spécifique à ce camp à déploiement rapide consiste à une double protection contre les agressions extérieures de tout type. Dans son discours, le chef de la Délégation de l’UE au Mali, Bart Ouvry, a rappelé que depuis 2012, son organisation a intensifié son engagement pour le développement du Mali. “La réalisation de ce camp, a indiqué M. Ouvry, trouve son origine dans une demande claire du gouvernement malien, de stratégie de gestion de crise et de sécurisation des populations là où il y a le besoin », particulièrement dans les régions du Centre du Mali. «C’est une demande de la direction générale de la Gendarmerie nationale, et cela permet de mieux faire fonctionner les forces de sécurité », a souligné le diplomate européen. Il a ensuite estimé que c’est la première fois qu’un tel camp est présenté au Mali, souhaitant que cet équipement puisse contribuer à la paix et la sécurité pour tous les Maliens. Pour sa part, le ministre de la Sécurité et de Protection civile, le général Salif Traoré, a indiqué que cette acquisition entre dans le cadre de l’accompagnement du gouvernement du Mali dans sa stratégie de sécurisation des Régions du centre, à travers le PARSEC. En outre, Salif Traoré a rappelé que dans le cadre de projet, beaucoup d’infrastructures ont été réalisées dont la réception de bateaux à Koulikoro il n’y a pas longtemps. «Dans les semaines à venir, nous devrons recevoir d’autres équipements au niveau de Sévaré», a-t-il annoncé. Par ailleurs, le général Traoré a expliqué que ce camp mobile est constitué de structures complètes qui permettront aux éléments d’être déployés, au plus près, là où on a besoin d’avoir, tout de suite, des hommes de façon sécurisée, pour offrir une certaine protection à ceux qui sont à l’intérieur. La visite des équipements et une série de démonstrations avec des tirs à balles réelles en vue de tester l’efficacité des tentes ont marqué la cérémonie. Celle-ci s’est déroulée en présence de l’ambassadeur de la France, Joël Meyer et plusieurs autres invités AT/MD (AMAP)

Actions conjointes contre les groupes armés terroristes dans le Liptako et le Gourma

Bamako, 17 janvier (AMAP)  La force Barkhane, aux côtés des forces armées maliennes, burkinabè et nigériennes et de la force conjointe G5 Sahel ont mis hors de combat une quinzaine de terroristes, saisi ou détruit trois pick-up, sept motos, une vingtaine d’armes dont 3 PKM, 10 Ak47, plus de 4500 munitions et divers matériels, annonce un communiqué de la Cellule communication de l’Opération Barkhane. Un drapeau de l’Etat islamique a, également, été saisi. « Ces opérations, comme les précédentes, contribuent à assécher les ressources des groupes armés terroristes et à désorganiser leur logistique, affaiblissant ainsi l’ensemble de leur organisation », ajoute la même source. Plus de 1000 soldats, dont la moitié issue des forces partenaires, ont participé à ces opérations conjointes menées, depuis le 2 janvier, contre les groupes armés terroristes et leur organisation logistique, dans le Liptako et le Gourma plus de 1000 soldats, dont la moitié issue des forces partenaires. La force Barkhane, en coordination avec les forces partenaires, avait pour mission de contrôler le secteur de Tessit (Nord du Mali) et, plus largement, une grande partie de l’est du Gourma, tandis que la force conjointe G5 Sahel, opérant dans son propre secteur, avait pour mission d’en reconnaître et contrôler le sud. La coordination et l’attribution d’un secteur pour chaque force ont permis de couvrir une large zone, « déstabilisant ainsi plus largement les réseaux des groupes armés terroristes et bloquant leurs flux logistiques », poursuit le communiqué. En parallèle, la force Barkhane et les forces armées maliennes ont contrôlé le secteur d’In Delimane, dans le Liptako. Cette intervention a été marquée par une vaste opération héliportée de près de 150 soldats français qui a permis de ratisser, sur plusieurs jours, une vaste zone à proximité de la frontière burkinabè. Pendant toute la durée de l’opération, la force conjointe G5 Sahel a maintenu un dispositif face à la frontière bloquant tout terroriste cherchant à s’exfiltrer en franchissant les frontières. Conduite par les armées françaises, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, l’opération Barkhane a été lancée le 1er août 2014. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la Bande sahélo-saharienne (BSS) : Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, et Tchad. Elle regroupe environ 4 500 militaires dont la mission consiste à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace. MD (AMAP)

Mopti : Ouverture du forum pour la réconciliation et de la 2ème session de la conférence nationale des Oulémas

Mopti, 17 janvier (AMAP) Le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah  a présidé jeudi à Mopti, la cérémonie d’ouverture du  forum pour la réconciliation et la 2ème session de la conférence des Oulémas du Mali, a constaté l’AMAP. C’était en présence du président de la Haute cour de justice, Abdrahamane Niang, des ministres chargé des affaires religieuses et du culte, Thierno Hass Diallo, et du dialogue social, du travail et de la fonction publique, Oumar Dicko, du gouverneur de région, le général Abdoulaye Cissé,  du maire de la commune urbaine, Issa Kansaye, du chef de bureau de la MINUSMA de Mopti, Fatou Djieng Thiam, et de  l’imam de la grande mosquée de Bamako, Kokè Kalé. Cette importante rencontre se veut une contribution des musulmans de notre pays dans la recherche de solution pour la paix et la cohésion entre maliens afin de sauver le pays. Les participants vont échanger durant trois jours, sur entre autres, la situation sécuritaire dans la région de Mopti,  la réconciliation nationale, la cohabitation pacifique avant de dégager les pistes de sortie de crise que vit le pays. Le forum qui regroupe 400 participants venus de l’ensemble du pays, prendra fin  samedi, par un grand meeting au stade Baréma Bocoum. DC/KM (AMAP)

Douentza : 15 morts et plusieurs blessés dans une attaque à Sinda

Douentza, 17 janvier (AMAP) Quinze personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans une attaque perpétrée dans la nuit du mercredi au jeudi, par des hommes armées non identifiés à Sinda, localité située à 12 km de la ville de Douentza, région de Mopti, a appris  l’AMAP de sources concordantes. Selon nos sources, les assaillants sont arrivés entre minuit et 3H du matin ouvrant le feu et brûlant les habitations avant de disparaître dans la nature, tuant 15 personnes et blessant plusieurs autres. Les mêmes sources qui déclarent que les victimes ont été inhumées dans leur localité, ne précisent pas les moyens empruntés par les assaillants encore moins la direction qu’ils ont prises après leur forfait ou leur motivation. Nos sources ne précisent pas l’envoi d’un renfort envoyé sur les lieux par les forces de défense afin de retrouver et de traquer d’éventuels assaillants ou leurs complices. KM (AMAP)

Gao : Incendie d’un dépôt de carburant

Gao, 16 janvier (AMAP) Un dépôt anarchique de carburant, situé au 4è quartier de Gao, non loin du cimetière d’Aljanabandja, a pris feu, jeudi, aux environs de 10 heures, causant des dégâts matériels considérables mais pas de perte en vie humaine, a constaté sur place l’AMAP. Sur quatre camions de 25 tonnes contenant chacun 140 fûts d’essence, un seulement a été calciné, en plus de 30 fûts de gasoil. Le propriétaire du dépôt de carburant, Baba Ould Moctar, a estimé les dégâts à 83 millions de Fcfa. Selon le propriétaire des lieux, Abdallah Ould Ahmed, le feu a été causé par le frottement d’une clé plate qui permet d’ouvrir les fûts contenant l’essence. Le feu s’est propagé à une montagne de charbon de bois. Ce stock est adossé au mur d’enceinte du site d’où est parti le feu. Le propriétaire de cet autre lieu était sous le choc de la catastrophe qui était en train de consumer son stock de combustible. Pris de panique et déterminé à sauver coûte que coûte son bien, le vendeur de charbon a voulu se jeter dans le feu. Il a fallu la promptitude des voisins pour lui épargner une souffrance physique plus grande que ce que son instinct de survie lui a dicté. Le commandant de compagnie de la Protection civile, Mamadou Kéita, a indiqué que le lieutenant Fadouga Sissoko a été le premier à arriver sur les lieux du sinistre. Mais, vu l’ampleur du feu d’hydrocarbure, il a fait appel au directeur régional de la protection civile de Gao, le lieutenant colonel Abdoul Karim Coulibaly. Ce dernier a, aussitôt, ordonné le bouclage du périmètre de l’incendie en vue de sécuriser la vie des riverains. Les pompiers, qui n’ont pas tout le dispositif et l’équipement nécessaires pour l’extinction de ce genre de feu ont fait appel aux éléments de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation (MINUSMA) pour les aider à maîtriser l’incendie. Interrogé, le lieutenant colonel Abdoul Karim Coulibaly a déploré ces dépôts anarchiques d’hydrocarbures dans la ville de Gao où les opérateurs persistent dans cette pratique très dangereuse et porteuse de périls. « L’incendie d’aujourd’hui en est une des conséquences, parce que pour éteindre un feu d’hydrocarbure, il faut beaucoup d’hydrant », a-t-il dit. « Outre la distance à parcourir entre la caserne des sapeurs pompiers et le lieu du sinistre, nous ne disposons pas de toutes les matières nécessaires pour éteindre un incendie d’hydrocarbure », a déploré, de son côté, le commandant de compagnie Mamadou Kéita. AT/MD (AMAP)

Grand froid et vent glacial à Niafunké, dans le Nord du Mali

Par Fadi CISSE Niafunké, 16 janvier (AMAP)  A Niafunké, localité située dans la Région de Tombouctou, le froid bat son plein actuellement, comme un partout au Mali. Ce vendredi matin, il est 8 heures à Djoulabougou, un des quartiers les plus peuplés de la ville. Les rues et ruelles sont vides. Or, en période de chaleur, elles sont grouillantes de monde dès 6 heures du matin. Un grand froid accompagné de vent glacial et poussiéreux balaie la ville, depuis quelques jours. Obligeant ainsi les familles à trouver des astuces pour s’en prévenir. Dans la famille Maiga, le petit garçon Abdoulaye Maiga vient de se réveiller. Il a à ses côtés unebouilloirecontenant de l’eau pour se laver le visage. Mais, par ces temps (frais) qui courent, il semble manquer de courage pour faire le geste. « J’ai peur de la fraîcheur de l’eau. Si je pouvais, je ne me laverais pas le visage jusqu’à la fin du froid. Ainsi, je n’aurai plus à avoir peur du froid et de l’eau fraîche et ma maman ne me gronderait plus pour que je me lave le visage tous les jours », pleurniche le petit garçon. Non loin de chez les Maïga, dans la famille Dicko, la doyenne Ténin est accroupie dans la cuisine près d’un foyer amélioré. La veille femme de près 90 ans donne l’impression de surveiller une grosse marmite remplie d’eau posée sur le feu. « Comme je n’ai rien à faire, j’aide mes belles-filles à chauffer de l’eau dont se serviront mes enfants et petits enfants pour faire leur bain matinal, en cette période de grand froid », explique la nonagénaire. Selon elle, il est des jours où la marmite reste poser sur le feu jusqu’au petit soir. L’eau chaude est utilisée, non seulement, par les membres de la famille Maïga mais, aussi, par des voisins qui ont la paresse de chauffer de l’eau. A peine la conversation terminée, son fils ainé, tenant une bouilloire et une brosse à dents, se dirige vers la cuisine. Visiblement assailli par le froid, il remplit son récipient d’eau chaude pour faire son entretien du matin. Pendant ce temps, les élèves, portant des tenues lourdes et bien chaudes contre le froid, prennent le chemin de l’école. En route, filles et garçons grelottent de froid, malgré leurs habits chauds et lourds. Certains portent même des chapeaux ou des écharpes pour se protéger la tête et le cou. D’autres, par contre, préfèrent sécher les cours, en restant à la maison. La petite Aïssata est l’une d’elles. Un fouet à la main, sa mère la menace au motif qu’elle refuse de sortir du lit, le matin, pour se rendre à l’école. La nuit, la température baisse encore plus. Au niveau du quartier Haousankorè, il est 20 heures. Les rues sont désertes. Quelques rares boutiquiers ont ouvert leurs portes. Les jeunes, eux, préfèrent former maintenant les « grins » dans un coin de leur chambre, autour du feu et du thé. « Mes amis et moi, nous remplissons chaque soir un petit foyer de feu pour nous chauffer et lutter contre ce froid perçant», explique Garba Touré. « Une autre astuce, ajoute-t-il, est de se remplir le ventre de nourritures consistantes et chaudes, avant s’enturbanner le visage pour le protéger du vent ». En la matière, le Dr Daouda Touma Koné, directeur technique du Centre de santé communautaire (CSCOM) central de Niafunké, explique qu’on a froid lorsque la température ambiante est plus basse que la température corporelle qui est estimée entre 36/1 et 37/5. Pour le médecin généraliste, le froid peut engendrer des maladies telles que le rhume, le desséchement de la peau, des problèmes oculaires dus à la poussière provoquées par le vent sec, l’épitaxie (le saignement du nez), les angines de gorge… Pour éviter ces problèmes de santé, conseille-t-il, il faut se protéger en portant des habits épais. Dr Koné suggère aussi de boire constamment d’eau même quand on n’a pas soif, de se laver régulièrement avec de l’eau tiède et non fraiche, de réduire l’exposition à la poussière, de se couvrir le nez ainsi que les yeux et la bouche. « Il faut s’appliquer les émollientstel que le beurre de karité, boire des boissons chaudes comme le thé, le lait et faire des activités physiques légères et régulières », préconise la praticien qui invite les parents à prendre suffisamment soin des enfants, en leur faisant porter des habits chauds et en mettant du beurre de karité dans leur nez. FC/MD (AMAP)

Insémination artificielle animale : Ça peut rapporter gros

Par Mariam F. DIABATE Bamako,16 janvier (AMAP) Au Mali, un grand nombre d’éleveurs a compris que l’amélioration génétique a des avantages pour l’exploitation des étals qui sont destinés à la production et pour la vente de lait, de viande ou d’animaux sur pied. Si certains utilisent la pratique dans le but d’accroître leur production laitière, ceux, en revanche, qui font de l’embouche bovine pour vendre les animaux aux bouchers, exploitent le créneau de l’insémination pour améliorer leur production de viande. Dans les deux cas de figure, l’insémination artificielle, un outil privilégié pour l’amélioration génétique des races animales, permet aux éleveurs de réaliser des profits. « Une bonne initiative ! », Modibo Siby, commerçant de vaches et veaux métis au marché à bétail du quartier « Sans fil » de Bamako « Personnellement, je l’ai introduit dans mon élevage dans le but d’accroître ma production laitière », a-t-il affirmé. Il pratique le métier depuis 7 ans. Assis sous un hangar, au milieu de son parc à bétail, il est indifférent à l’odeur de la bouse et d’urines d’animaux. Il a expliqué que l’insémination artificielle animale a considérablement augmenté sa production laitière. « De 4 litres de lait, je suis à plus de 50 litres par jour », a-t-il souligné, avant d’ajouter que cette production lui rapporte gros. Par ailleurs, M. Siby trouve que le commerce de ces animaux est aussi intéressant. « Le veau métis (d’un an) et sa génitrice (vache locale) peuvent rapporter plus d’1 million de Fcfa. Quant au prix du veau, il varie entre 250.000 et 300.000 Fcfa », a-t-il révélé, ajoutant qu’il cède ses vaches locales inséminées entre 350.000 Fcfa et 425.000 Fcfa. « Actuellement, je dispose de 15 vaches inséminées. Je projette d’inséminer 7 pour ce mois », affirme Mamadou Bah, éleveur à Sikasso. Propriétaire de 36 têtes de bœufs, le quinquagénaire est installé dans une grande cour, près de l’abattoir de Sikasso, sur la route de Bougoula hameau. « Les gens s’approvisionnent ici, depuis que j’ai commencé l’insémination. Je n’ai jamais acheté du lait nulle part ailleurs », dit-il, fier de lui. Il a commencé l’élevage en 2013. Trois ans plus tard, il a introduit la pratique de l’insémination dans son étal. Tout comme le précédent interlocuteur, M. Bah accorde une grande attention à la production laitière. Celle-ci lui permet de gagner de l’argent. « Avec mes races locales, j’avais 30 litres de lait. Aujourd’hui, je collecte une centaine de litres par jour », a-t-il affirmé. Il cède le litre à 500 Fcfa aux détaillants et 400 Fcfa aux grossistes. Egalement, l’éleveur peulh nous confie qu’il a tout récemment vendu 7 vaches métisses à 16 millions de nos francs. « En général, je vends ma vache métissée à 900.000 Fcfa. Quand elle est inséminée son prix varie entre 1.500.000 et 1.700.000 Fcfa. Ma métisse de moins de 3 ans, je la cède à 1.400.000 Fcfa, alors que celle de 9 mois coûte 800.000 Fcfa. Mon taureau métis d’un mois coûte 600.000 Fcfa», a-t-il précisé. Il a ajouté qu’en ce moment, il n’a plus de taureaux car, une fois qu’ils naissent, les clients se précipitent pour les acheter. Ils sont très prisés. « Le prix de nos bœufs de race locale, entre 1 et 3 ans d’âge, ne dépasse pas 250.000 Fcfa. L’insémination artificielle permet d’apporter une plus value, puisqu’on peut vendre un bœuf métis de moins de 2 ans à plus d’1 million de Fcfa », nous a expliqué Souleymane Coulibaly, un autre éleveur de Sikasso, dont la ferme est située à Kaféla, sur la route du Burkina Faso. Le sexagénaire possède 70 têtes de bovins, dont 40 vaches inséminées. « L’argent que je gagne grâce au commerce du lait me satisfait largement. Il couvre toutes mes dépenses (entretiens des animaux, salaires des travailleurs et dépenses personnelles) », a-t-il dit. Souleymane Coulibaly souhaite synchroniser l’insémination de ses vaches afin d’avoir de nombreux veaux métis de même âge le jour des mises bas. L’éleveur de Niono, Diaguely Diakité, reconnaît les avantages de la production laitière de ses vaches inséminées. « Avec mes quatre vaches inséminées, je peux avoir entre 22 et 35 litres de lait par jour », a-t-il confié, ajoutant qu’après la vente, l’argent lui permet de payer ses employés, d’acheter du tourteau et des herbes pour ses animaux et de couvrir ses dépenses familiales. En outre, M. Diakité transforme une bonne partie de son lait en fromage et yaourt. « Cet argent me permet d’économiser », a-t-il dit. TAUX D’INSEMINATIONINTERESSANT – En termes d’avantages de la pratique, le Pr Diakaridia Traoré ne tarit pas d’éloges sur l’insémination. Il est le directeur général du Centre national d’insémination artificielle animale(CNIA).« Avec l’insémination artificielle animale, les métis en âge de production donnent 10 à 15 litres de lait, par jour alors que les races locales font, seulement, de 2 à 3 litres », a-t-il expliqué. Tout en précisant que le coût normal de l’insémination est de 46.000 Fcfa, le coût subventionné par l’Etat est de 10.000 Fcfa pour la chaleur naturelle (période de l’ovulation de la femelle) et 17.000 Fcfa pour la chaleur synchronisée (l’ovulation de plusieurs femelles).   Se prononçant sur les défis de l’insémination artificielle au Mali, le directeur général du CNIA pense qu’il faut un accès à un centre adéquat afin de pouvoir bien travailler. Pour le Pr Traoré, les défis sont pluriels parmi lesquels, il faut compter la difficile condition d’importation de la semence et les moyens de transport des semences vers les régions. L’arrêt de l’approvisionnement des inséminateurs en azote liquide (le liquide qui permet de conserver la semence), la non acquisition des semences montbéliarde fortement demandées par les éleveurs, le redéploiement du fonds alloué à l’insémination à d’autres activités par le gouvernementsont, aussi, des contraintes sur lesquelles il attire l’attention.   Selon certains inséminateurs, la réussite de l’insémination dépend de trois facteurs : la compétence de l’éleveur, celle de l’inséminateur et la bonne santé de la femelle. En cas de défaillance d’un de ces trois facteurs, l’insémination échoue. « Le problème majeur de l’insémination est qu’une grande partie des éleveurs ont la mentalité que la pratique doit, coûte que coûte, réussir. Or, que ce soit les humains ou les