Douanes maliennes : Des locaux à hauteur d’ambition

Bamako, 20 sept (AMAP) Les douanes maliennes disposent, depuis lundi, un bâtiment flambant neuf, sis à Samanko II, dans la Commune du Mandé, près de Bamako, dont le coût de réalisation est de 5 milliards de Fcfa entièrement financé sur le budget national. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta a procédé à l’inauguration de cette nouvelle direction des douanes, en compagnie du Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga et des membres du gouvernement dont le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. Ce joyau architectural, bâti sur une superficie de 30 hectares, comprend cinq niveaux (R+4), 147 bureaux, deux salles de conférences, deux ascenseurs, une salle multimédia, deux escaliers de secours, une salle d’archives et un réfectoire pour cent convives situé sur la terrasse supérieure. Le nouveau bâtiment abrite outre le siège de la direction générale des douanes, le centre de formation des douanes, les futures infrastructures du Centre d’expertise technique, du Centre de formation militaire des agents des douanes, les logements d’astreintes pour les agents en service et un parking de 300 places. L’immeuble est approvisionné en eau courante par un forage équipé de matériels solaires. L’électricité est fournie par un groupe électrogène de 400 KVA en plus de la connexion au réseau de la société nationale d’électricité (EDM-SA). En termes de symboles, en face de cet imposant édifice, le visiteur s’inclinera devant le monument aux morts et le drapeau national. Accueilli par la fanfare nationale, le président de la Transition a d’abord salué le drapeau, avant de déposer une gerbe de fleurs au monument des morts. Par la même occasion, des agents ont, pour la première fois, reçu des médailles d’honneur, en signe de reconnaissance pour les services rendus aux douanes maliennes. Pour leur dévouement et engagement au travail, ils ont été décorés de la médaille d’honneur des douanes par le président de la Transition. PERFORMANCES – L’inauguration de ce nouveau siège, pensé et dédié à la Direction générale de la Douane, premier dans l’histoire de l’administration, est vécue comme un moment de joie par le directeur général, l’inspecteur général Amadou Konaté, et son équipe. Le directeur général a déclaré que ce bâtiment est un véritable joyau architectural, spacieux et fonctionnel, à la dimension des attentes du pays à l’endroit de son administration. « Ce qui, a-t-il-dit, implique l’engagement de tout le personnel pour l’atteinte des objectifs, malgré les nombreux défis ». Selon le premier responsable des douanes maliennes, cette cérémonie d’inauguration coïncide avec les préparatifs de la commémoration du 22 septembre, mais aussi avec la commémoration des 62 ans de l’existence du service. «En recevant ce joyau, les douanes maliennes, oublient de façon définitive, l’indignation, l’humiliation subies suite à leur expulsion des bâtiments abritant les services centraux de la direction générale, au centre-ville de Bamako», a soutenu l’inspecteur général Amadou Konaté. Qui a rappelé les performances de son service en dépit du contexte difficile marqué par l’insécurité grandissante et la crise de la pandémie de la Covid-19. Les agents sont restés mobilisés jusqu’à minuit en décembre 2021, pour réaliser 657,880 milliards de Fcfa sur une prévision annuelle de 656,250 milliards Fcfa, soit un taux de 100,24%, a-t-il salué. En matière de lutte contre les trafics illicites et la fraude, le patron des douanes a évoqué des saisies spectaculaires en 2021 et 2022. Il s’agit, selon l’inspecteur général Amadou Konaté, de 437 kg d’or, 873.954 dollars, 991.510 euros, 30 millions de Fcfa de faux billets, 2,633 tonnes de chanvre indien, 7.499 munitions de guerre, 30 unités de détonateurs, 6.202 unités d’explosifs, 20 tonnes de produits précurseurs, 3 armes de guerres, 76.759.374 comprimés de faux médicaments et 159,5 kg de cocaïne. Plus de 57 kg de viandes avariées remises au service de zoo de Bamako. UNE PREMIÈRE – Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, c’est la première fois depuis 1960 que l’administration des douanes disposera d’une infrastructure spécialement construite pour abriter les services centraux de la direction générale. M. Sanou a ajouté que c’est également la première fois dans l’histoire du Mali qu’un service central de l’État se trouve logé en dehors des limites territoriales du District de Bamako. Pour lui, la construction de ce joyau démontre la volonté des autorités d’accompagner les douanes maliennes dans l’exercice de leurs missions notamment la mobilisation des ressources, la lutte contre la fraude et la criminalité transfrontalière, la protection des populations. Elle les met dans des conditions optimales de travail dans le but d’améliorer leur performance et d’assurer l’atteinte des objectifs fixés, a souligné le ministre Sanou. Le patron de l’Hôtel des finances a remercié le chef de l’État pour les actes posés dans le cadre de l’amélioration de leur condition de travail. Il a engagé ses agents à redoubler d’efforts et à plus de rigueur dans le travail et à prendre soin des locaux.   AMK/MD (AMAP)

Mali : Plus de 150 dossiers au rôle de la session d’assises

Bamako, 20 sept (AMAP) Les travaux de la 1ère session ordinaire de la Cour d’assises ont débuté, lundi, à la Cour d’Appel de Bamako, avec au rôle, plus d’une centaine d’affaires de crimes classiques, d’infractions de criminalité transnationale organisée et de crimes financiers Lors de cette session combinant deux en une seule, il s’agit d’examiner 150 affaires de droit commun pour 310 accusés dont 213 détenus, 20 affaires de trafic illicite de migrants, de traite de personnes et les infractions de terroristes pour 32 accusés. S’y ajoutent 26 affaires de détournement de fonds et d’atteintes aux biens publics pour 60 accusés. Les audiences s’étendront à peu près sur deux mois temps auquel les juges rendront des verdicts permettant de fixer sur leur sort les inculpés. «Face aux défis sécuritaires et à la nécessité de la lutte contre la délinquance économique et financière, il devient impérieux que la réaction sociale incarnée par l’action publique soit à la dimension des comportements répréhensibles et que la Cour d’assises, prolongement naturel et central de cette réaction sociale, rende au cours de cette session, la justice en proportion de la gravité des faits à elle soumis», a clarifié le procureur général par intérim de la Cour d’appel Ladji Sara. Le représentant du bâtonnier, Me Mah Mamadou Koné a donné l’assurance que le barreau restera aux côtés du parquet et du département de tutelle dans la lutte que les hautes autorités ont engagé contre les faussaires de tout ordre. L’avocat n’a pas passé sous silence les difficultés du barreau. Dans la même veine, Me Koné a dénoncé l’insuffisance de ressources humaines, tout en expliquant que c’est un phénomène qui touche la plupart des parquets et qui, de son avis,  constitue une véritable difficulté à laquelle il urge de trouver une solution pérenne pour le bon fonctionnement de l’appareil judiciaire. L’avocat a réitéré les doléances dont la principale constitue l’aide juridictionnelle qui, selon lui, est un moyen nécessaire pour assister un citoyen lorsque celui-ci a besoin des services d’un avocat. Me Mah Mamadou Koné a remercié l’ensemble de la chaine pénale pour le travail abattu dans le cadre de la tenue de cette session. Quant au président de la Cour, Aldjoumagat Dicko, il a très brièvement rappelé le contexte difficile dans lequel se tient la session. Le magistrat est revenu sur les différentes infractions qui ont conduit les accusés devant les juges. Il a rassuré que la Cour ne faillira point, avant d’inviter les assesseurs au strict respect de leur serment durant les travaux. TC/MT/MD (AMAP)

Mopti : lancement de la 18ème édition de la campagne nationale de reboisement

Mopti, 19 septembre (AMAP) Le village artisanal de Mopti a abrité le mercredi 14 septembre dernier la cérémonie de lancement régional de la 18ème édition de la campagne nationale de reboisement placé sous le thème « Une seule terre, agissons ensemble », a constaté l’AMAP. L’événement qui était présidé par le conseiller aux Affaires Administratives et juridiques du gouverneur de la région, Youssouf Niaré a enregistré la présence de plusieurs personnalités dont le premier vice-président du conseil régional, Haibala Ould, le directeur régional des eaux et forêts, Ousmane Samassékou, le représentant du maire de la commune urbaine de Mopti, Idrissa B CISSE, celui de l’ONG NEF, Daouda Cissé et de nombreux invités. Pour cette campagne régionale de reboisement dont l’objectif est d’assurer la gestion durable des ressources forestières par l’amélioration de la couverture végétale et l’atténuation des effets négatif du changement climatique, la région de Mopti entend contribuer à l’atteinte des objectifs de la campagne nationale avec la production de 427 781 plants, le reboisement de 981 ha toutes technologies confondus et l’appui a la régénération naturelle assister dans les exploitations agricoles de 850 ha. Le représentant du maire, Idrissa   B CISSE s’est réjoui du choix de sa collectivité pour abrité cet événement plein de signification pour la prospérité des agglomérations. A sa suite, le directeur du village artisanal, Boubacar Diarra, le coordonnateur de l’association Malienne pour le développement communautaire et la citoyenneté active, Ibrahima Sow, le représentant de l’ONG NEF, Daouda Cissé et celui de la MINUSMA qui accompagnent les initiatives de la direction régionale en matière de reboisement et le représentant de l’exécutif régional, Youssouf Niaré se sont succédés au pupitre pour d’avantage magnifier l’importance de la campagne. Dans son intervention le représentant du directeur pays de l’ONG NEF, Daouda Cissé a expliqué que sa structure intervient dans la région à travers les programmes et projets d’appui à la sécurité alimentaire et la résilience des populations aux crises climatiques et sociales (PASARC/CCC) financé par le Royaume des Pays Bas, le projet des forêts pour un avenir résilient de l’Alliance Globale contre le changement climatique au Mali (AGCC-Mali) une contribution de l’Union Européenne et le programme Agroalimentaire pour la résilience intégrée et le développement économique du Sahel appuyer par le ministère Néerlandais des affaires étrangères. La mise en œuvre de ces projets et programmes qui vise à renforcer la capacité des acteurs des communautés à s’attaquer aux sources des conflits et aux effets néfastes des changements climatiques a permis l’élaboration de 23 plans d’aménagement et de gestion simplifiée et autant de convention locales de gestion des forêts dans les communes de Konna,Korombana, Ouroube Soudé,Kounari, Borondougou, Bassiro, Sio (cercle Mopti), Pondoir, Nema Badenya Karo,  Ôuro Ali, Niansanari (cercle de Djenné) pour une superficie de 3 672 ha a-t-il indiqué. Le renforcement des capacités des comités de gestion, des brigades de surveillance, des élus et les organisations féminines , la plantation de 629,49 ha tout espèces confondu clôturé en grillage ou en haie vive, la réalisation de 51,57 ha de plantation de protection et 91,92 ha de plantation Agro forestière, la mise en défense de 6 massifs forestiers de 743,76 ha délimités, bornés et encadrés, la restauration de 139,44 ha de terres dégradées sont entre autres des actions qui font de l’ONG NEF un partenaire stratégique de la région en matière de reboisement. Le représentant du gouverneur a rappelé l’objectif principal de la campagne qui est d’éveiller les consciences tant au plan national qu’international sur la nécessité de la restauration des terres dégradées, l’embellissement des agglomérations et la conservation de la biodiversité toute chose qui selon lui explique l’importance du thème de cette 28ème édition « Une seule terre, agissons ensemble ». Il a rappelé que dans la région de Mopti, la campagne prévoit la production de 427 781 plants, le reboisement de 981 ha et l’appui à la régénération de de 850 ha. En saluant l’ONG NEF, pour son appui, les associations de jeunes AMADECA et CAPRECIS pour leur implication, Youssouf NIARE a souligné que l’atteinte des objectifs de reboisement de la région requiert sa réplication au niveau des cercles, communes et villages avec l’accompagnement de tous les acteurs. Il a donné le top départ de la campagne en plantant son arbre et par la même veine la réalisation de 500 mètres linaire de plantation d’alignement dans la cour du village artisanal de Mopti.  DC/KM (AMAP)

Vieux Farka Touré : L’album du retour aux sources

Par Moussa BOLLY Bamako, 16 sept (AMAP) Après avoir exploré plusieurs pistes et expérimenté des genres musicaux afin de se faire une identité musicale propre, Vieux Farka Touré semble désormais décidé à suivre les traces de son illustre père en s’abreuvant aux racines du blues. Et cela avec un album bien nommé : «Les Racines». Une œuvre de dix titres produite sous le label World Circuit et qui est disponible sur toutes les plateformes depuis le 10 juin 2022. «Revenir aux racines de cette musique est un nouveau départ pour moi et je n’ai jamais passé autant de temps ou travaillé aussi dur sur un album. Je savais que ça devait être profond, durable et puissant. J’ai donc pris beaucoup de temps pour réfléchir à comment le faire et le mettre ensemble». C’est la confession faite par Vieux Farka (de son vrai nom Bouréima Touré) à la presse, à la veille de la sortie de son nouvel opus, «Les Racines». Même si son talent est incontestable, le jeu de guitare et les arrangements des œuvres de Vieux Farka Touré s’apparentaient, jusque-là, à un bruyant rock ‘n’ roll (Rock and Roll) qu’aux envoûtantes mélodies des monstres sacrés du blues, comme son père, feu Ali Farka Touré. Au début de sa carrière, l’ambition du jeune artiste était sans doute de s’affranchir de la notoriété de son charismatique et légendaire papa, en s’ouvrant sa propre voie vers la célébrité. Et, il y est parvenu avec plus ou moins de succès avec ses différents albums. Il s’agit notamment de «Vieux Farka Touré» (Modiba/World Village ; 2006), «Fondo» (Six Degrees Records, 2009), «The Secret» (Six Degrees Records, 2011), «Mon Pays» (Six Degrees Records ; 2013) et «Samba» (Six Degrees Records, 2017). Des œuvres qui lui ont  quand même ouvert les portes du showbiz mondial. Et cela à travers un genre atypique défini par certains critiques comme «un syncrétisme musical à base de blues, funk et reggae, agrémenté de tradition malienne». Et cela avec des sources majeures d’influence comme Jimmy Hendrix, James Brown, Michael Jackson, Bob Marley… Ce qui fait que les fanatiques du blues l’écoutaient beaucoup plus par reconnaissance que par admiration. Aujourd’hui, le jeune virtuose de la guitare semble avoir pris conscience de toute sa responsabilité en tant qu’héritier, en tant que fils d’un terroir qui s’est toujours ouvert au brassage, sans jamais y laisser son âme. «Quoi que tu fasses, quel que soit l’endroit où tu pars, quel que soit le domaine où tu évolues, à un moment, tu dois retourner chez toi… Il faut savoir regarder en arrière, vers nos ancêtres», déclare Vieux pour justifier son retour aux sources. SUR LES TRACES DU PERE – Selon des critiques, les dix titres de «Les Racines» dégagent l’exquis parfum d’un «desert blues» pur et accrocheur. «Ça, c’est vraiment la musique que je dois faire. C’est la musique de chez moi, de là où je suis né, de là où j’ai grandi», a-t-il reconnu devant des confrères de la presse internationale. Ce nouvel album marque certainement un tournant décisif dans la carrière de ce talent jovial et taquin. Il propulse sa carrière dans une autre dimension avec des titres captivant comme «Gabou Ni Tie». En plus de le ramener aux racines du blues, reconnaissent des critiques, «ce titre propulse aussi Vieux Farka dans la dynamique de l’engagement artistique» de son regretté père. «Dans mon pays, le Mali, l’éducation traditionnelle est très importante pour remplir par la suite ses fonctions d’adultes. Il s’agit ici d’une jeune fille qui ne veut pas suivre cette éducation ancestrale. Elle passe tout son temps à vagabonder, elle n’écoute pas les conseils de ses parents et ne fait que des mauvaises fréquentations. Là, on lui demande de revenir dans le rang parce qu’on a des valeurs coutumières à respecter. Tu dois respecter tes parents et toute la communauté pour la conservation de nos valeurs traditionnelles», raconte le fils d’Ali Farka à propos de ce titre dans lequel il doit, sans doute, se reconnaître en partie. Quant au titre «Les Racines», il le réconcilie  avec la musique songhaï que des critiques qualifient de «desert blues». Un genre atypique rendu célèbre par le regretté Ali Farka Touré. Une légende qui a su brillamment relever le défi de prouver que les racines du blues sont Afrique, notamment sur les berges du Djoliba (fleuve Niger). Et pour ce virage dans sa carrière, Vieux ne pouvait mieux trouver que «World circuit», une maison de production qui a été le tremplin du rayonnement mondial de son défunt et illustre père. Une première ! «C’est compliqué de travailler avec Nick Gold parce que ce n’est pas n’importe qui : c’est un père pour moi», confesse Vieux. Et d’ajouter, «il a voulu attendre que je fasse d’autres projets avant de collaborer. Pour ce disque, c’est comme si Ali était avec moi, donc c’était une très grosse pression pour moi de travailler avec lui. Nick est très exigeant… Le jour où j’ai enfin soufflé, c’est quand il m’a appelé pour me féliciter pour l’album. C’était comme si Ali Farka venait me dire : mon fils, tu as bien travaillé» ! Un soulagement d’autant plus que, reconnaît le jeune artiste, «quand tu viens d’un monde musical de rock et de pédales… et, soudain, revenir à la tradition, à ce monde de savoir, ce n’est pas facile, surtout quand tu sais que Nick Gold est le producteur. C’était vraiment marcher dans les pas de mon père, sans aucun artifice». Le guitariste virtuose suit également les traces de son père en collaborant sur cet album avec des stars comme Amadou Bagayoko (Gabou Ni Tie) et Madou Sidiki Diabaté (Les Racines). QUETE D’UNE SONORITE ATYPIQUE – Absent des bacs depuis 2017 (l’album Samba), Vieux Farka Touré, a profité du coup d’arrêt imposé par la pandémie du Coronavirus pour faire le point de sa carrière et penser à l’avenir. «J’avais envie de faire un album plus traditionnel depuis très, très longtemps. C’est important pour moi et pour le peuple malien de rester connecté à nos racines et à notre histoire», reconnaît-il. «C’est toute une réflexion qui me travaille depuis très

Le théâtre pour enseigner la citoyenneté dans la Commune de Massigui

Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 16 sept (AMAP) Le théâtre de sensibilisation ou théâtre utile a de beaux jours devant lui, surtout dans un pays frappé par une crise multidimensionnelle comme le Mali. Deux pièces de théâtre pour sensibiliser la jeunesse et les populations à la citoyenneté de dix villages de la Commune rurale de Massigui, dans la Région de Dioïla, pas loin de Bamako, la capitale malienne. Voilà la dédicace du comédien Seydou Doumbia. «Jeunesse et cohésion sociale» et «San bèna k’a ko to ngomi yé» ou « Après la pluie, c’est la rosée» des œuvres écrites et mises en scène par un duo bien connu dans le théâtre malien, Aguibou Dembélé et Issa Coulibaly. La pièce «Jeunesse et cohésion sociale» est jouée par onze personnages. Ce sont deux groupes de jeunes issues de mouvements politiques différents, les jeunes du même bord que les autorités communales convient à une réunion avec le camp adverse, initiée par le secrétaire général de la jeunesse communale, pour parler de travaux d’utilité publique qui rentrent dans le cadre de la citoyenneté. Au départ, il y avait la réticence du camp adverse qui pensait que toute personne qui ne milite pas dans le même parti que les autorités ne doit pas contribuer au développement communautaire. Par finir, l’entente revient au sein de la jeunesse, pour le bonheur de la commune. Quant à la deuxième pièce, elle regroupe six personnages et parle d’une incompréhension entre la jeunesse et les personnes âgées aux commandes des affaires communales. Les jeunes pensent que les ainés ne veulent pas aller à la retraite pour céder la place. Chaque partie a des arguments à avancer mais. à travers une initiative prise par les jeunes pour le développement communautaire, les ainés finissent par faire confiance aux jeunes pour préparer la relève. C’est à travers une tournée populaire très suivie que les 17 jeunes, de la Commune qui venaient d’être initiés à l’art dramatique par Seydou Doumbia, lui-même,  ont, non seulement, égayé les populations mais, également les ont sensibilisées sur les enjeux de la citoyenneté. Une tournée qui a eu lieu du 13 au 30 août dernier. En effet, dans le cadre du projet de sensibilisation avec pour thème : « Jeunesse et participation citoyenne au développement communautaire de Massigui », financé par l’ambassade royale du Danemark à travers le Famoc, la troupe a eu des représentations dans dix localités : Massigui, Ndjissembougou, Sérimanbougou, Falla Massara, Toukoro, Sanankoro, Séribala, Togo et Baba. La troupe Sigida est composée  de Oumar Thiero dans le rôle de Barou, Monzon Dembélé dit Jean, Nah Doumbia, Djénébou Coulibaly, Nana Konaté, Boubacar Diossé Doumbia, Maimouna Thiero, Karia Koné, Bintou Sangaré, Mahawa Coulibaly, Drissa Dramé, Konimba Coulibaly, Bakary Coulibaly, Moustapha Doumbia et Drissa Coulibaly. Malgré la saison des pluies qui bat son plein, les populations ont tenu à montrer leur enthousiasme par rapport à un tel évènement. L’initiateur, originaire de Massigui, en était le premier surpris. « A chaque étape, le public est sorti massivement pour envahir les différentes places publiques qui recevaient les représentations. Les enfants, les femmes, les adultes, malgré la fatigue des travaux champêtres de la journée tenaient à venir se faire plaisir à travers les deux pièces de théâtre que nous leur avons proposées, témoigne notre interlocuteur. Le spectacle a eu un tel succès que les 43 autres localités de la Commune de Massigui nous ont sollicité. Malheureusement, le projet ne permettait pas de couvrir ces derniers. » Le projet a pour but de renforcer le degré d’implication et de participation des jeunes à leur propre développement au niveau local. Il consiste à amener la jeunesse à devenir les vrais acteurs du développement de la commune de Massigui. Il doit permettre de renforcer l’engagement de la jeunesse dans l’exercice du leadership et de la citoyenneté. Au cours de la formation, qui a regroupé 90 jeunes, l’accent a été mis sur le leadership des jeunes. Ils doivent être les acteurs du développement local et du bien-être social. Vingt jeunes dont dix filles, y compris les personnes marginalisées, ont suvi la formation dramatique. YD/MD (AMAP)

Affaire des 49 militaires ivoiriens : Le Mali met en garde contre la transformation d’un dossier judiciaire en une crise diplomatique

Bamako, 16 sept (AMAP) Le gouvernement malien, par la voix du Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a exprimé, jeudi, sa « très grande préoccupation et une profonde stupéfaction » après un Communiqué du Conseil National de Sécurité de la Côte d’Ivoire, tenu le mercredi 14 septembre 2022, au sujet des 49 soldats ivoirien », Dans un communiqué et une nouvelle mise au point suite à cette réunion des autorités ivoiriennes, sur la question des soldats ivoiriens interpellés, le 10 juillet dernier, l’aéroport de Bamako, le gouvernement du Mali précise que « c’est exclusivement en sa qualité » de président du Conseil supérieur de la magistrature que le colonel Assimi Goïta, a indiqué à la partie ivoirienne, « la nécessité de considérer la situation de certains Maliens, objet de mandats d’arrêts internationaux. » A la télévision nationale, le Premier ministre malien par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a  ajouté que le gouvernement regrettée que « cette attitude responsable » du président de la Transition au Mali a été « malheureusement perçue par les autorités ivoiriennes comme une prise d’otages. » Ainsi, à la décision du gouvernement ivoirien de transformer un dossier judiciaire en une crise diplomatique en saisissant la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le chef du gouvernement par intérim a martelé que Bamako n’est « nullement concerné par cette procédure devant l’instance communautaire.». Selon le communiqué le gouvernement, qui indique à l’organisation sous régionale «que l’affaire des 49 mercenaires ivoiriens est purement judiciaire et bilatérale, met en garde contre toute instrumentalisation de la CEDEAO par les autorités ivoiriennes pour se soustraire de leur responsabilité, vis-à-vis du Mali. » Dans la même foulée, les autorités maliennes réitèrent leur « attachement à la paix, à la sécurité et aux relations séculaires de bon voisinage », tout en précisant que « pour le respect de sa souveraineté, sa sécurité nationale et aux intérêts vitaux de son peuple, il ne cédera à aucun chantage ou intimidation. » Le Premier ministre par intérim a rappelé que la justice malienne a ouvert une procédure d’information judiciaire pour des faits graves touchant entre autres, à la sécurité nationale et à la sureté extérieure de l’État au sujet des militaires interpellés. Le communiqué revient sur les « conditions illégales » dans lesquelles les militaires ivoiriens été interpellés à l’aéroport de Bamako.  Ces forces spéciales « sont arrivées au Mali en possession d’armes et de minutions de guerre, sans ordre de mission, ni autorisation, tout en dissimulant les identités et leurs professions réelles de militaires ainsi que l’objet précis de leur présence sur le sol malien », détaille le communiqué. Le gouvernement a également souligné que ni la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) ni le ministère des Affaires étrangères allemand, saisis officiellement, n’ont reconnu des liens avec les soldats ivoiriens. « Par conséquent, aucune base légale ne saurait, à présent, justifier, ni leur présence, encore moins leur mission au Mali », précise le communiqué. Selon la même source, le gouvernement ivoirien « vient de se dédire en l’espace de 11 jours. D’abord, en reconnaissant, le 3 septembre, par la voix du directeur de cabinet du président ivoirien,  Fidèle Sarassoro, que « la Côte d’Ivoire déplore que des manquements et des incompréhensions aient été à l’origine de cet évènement fortement regrettable. » « Un tel revirement grave de la part d’autorités étatiques ne visent qu’à manipuler et à entraver la manifestation de la vérité », pointe le gouvernement. Bamako ajoute que « le Gouvernement ivoirien accuse le Mali d’avoir pris en otages les Militaires ivoiriens, en faisant fi des conditions obscures et des manquements ayant entraîné l’inculpation par la justice malienne des 49 mercenaires ivoiriens. » MT/MD (AMAP)

Semaine nationale de la réconciliation au Mali : Mettre la diversité nationale au service de la cohésion sociale

Bamako, 16 sept (AMAP) La 1ère édition de la Semaine nationale de la réconciliation (SENARE) s’est ouverte, jeudi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB), sur le thème : «Faisons de la diversité un atout pour la cohésion sociale au Mali» Du 15 au 21 septembre prochain, les participants, dans leur diversité socio-culturelle, ethnique et religieuse, discuteront des moyens de mobiliser les fils du Mali, de l’intérieur comme de l’extérieur, autour des idéaux de paix, de tolérance, de cohésion, de pardon, de vivre ensemble, de réconciliation et de devoir d’assistance mutuelle pour la stabilité de la Nation. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, qui a ouvert la cérémonie, le colonel Assimi Goïta, a, dans son discours, exhorté l’ensemble des Maliens à « se focaliser sur ce qui nous rapproche plutôt que sur ce qui nous éloigne les uns des autres ». Il a, aussi, appelé à panser les plaies, malheureusement causées par l’incompréhension et prévenir d’autres blessures. En présence du Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, des membres du gouvernement et du corps diplomatique, le président de la Transition s’est dit convaincu que « les fils du pays mettront à profit cette opportunité pour panser les plaies, malheureusement causées par l’incompréhension et prévenir d’autres blessures ». Le colonel Assimi Goïta a, alors,  invité l’ensemble du peuple malien « à développer l’esprit de pardon et de réconciliation en se focalisant sur ce qui nous rapproche plutôt que sur ce qui nous éloigne les uns des autres ». Par les temps qui courent, le Mali a fortement besoin de cela. Cette volonté a été traduite par les dispositions de la Loi d’entente nationale à partir de laquelle l’arrêté n°2021-5480/MRPCN-SG du 27 décembre 2021 fixant la période allant du 15 au 21 septembre de chaque année comme SENARE a été pris. SOLUTIONS ENDOGÈNES – Pour le président Goïta, en promouvant le dialogue sincère, facteur de pardon et de cohésion, « nous ne faisons que revenir aux valeurs fondamentales que nous ont léguées nos aïeux ». Cela est d’autant plus important que les différentes initiatives prises par les autorités de la Transition s’inscrivent dans la droite ligne de la préservation des fondements de notre Nation, mise à rude épreuve par les réalités du moment. En organisant cette Semaine, les autorités de la Transition donnent un écho favorable à une volonté du peuple malien dont la finalité est de trouver des solutions endogènes aux problèmes nationaux. « Face à la flambée de la violence sur fond d’actions malsaines orchestrées par des aventuriers décidés à compromettre, par la discorde, la stabilité de notre pays », le chef de l’Etat a exhorté le département en charge de la Réconciliation à envisager des solutions innovantes, à même d’obtenir l’adhésion des communautés, le plus souvent «instrumentalisées» dans des conflits dont elles ignorent les vraies raisons. En effet, cette Semaine « est une aubaine pour chasser les démons de la division et de la terreur afin que germent les perspectives de développement, facteur d’épanouissement collectif ». ARMÉE REFONDÉE – Le colonel Assimi Goïta a, en outre, encouragé le département à poursuivre avec abnégation les actions prévues dans la Stratégie nationale de la réconciliation et son schéma directeur. «Je suis sûr que la dynamique engagée depuis le début de cette Transition viendra à bout des forces du mal…», a dit le président de la Transition. Il a, ensuite, appelé solennellement les mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation  en déclarant : « Le temps est venu de passer à l’union sacrée pour une Nation et une armée refondée et bâtie sur la volonté commune de ses fils… » Le chef de l’Etat a ajouté qu’il est également temps de faire le sacrifice des considérations subsidiaires au bénéfice de l’intérêt supérieur de nos populations et de notre patrie commune. Toutefois, il a affirmé ne pas douter « de leur volonté d’apporter leurs contributions à l’édification de la Nation, résolument engagée dans une dynamique de refondation ». De son côté, le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, a indiqué que la préservation de la paix doit être notre quotidien. «De même, le dialogue et la concertation doivent être notre mot d’ordre afin que nos différends puissent se régler par la voie pacifique», a exhorté le colonel Wagué. « D’où le lancement de cette rencontre », a-t-il précisé, avant d’inviter l’ensemble des Maliens à une mobilisation et une forte implication pour la promotion du pardon, de la tolérance et de la paix entre Maliens. BD/MD (AMAP)    

Diéma : Attaque contre le convoi du gouverneur de Kayes en partance pour Bamako (Officiel)

Diéma, 15 sept (AMAP) Une attaque d’hommes armés non identifiés, contre le convoi du gouverneur de la Région de Kayes (Ouest), mercredi, aux environs de 15 heures, a fait un mort et deux blessés, ont indiqué des sources officielles. L’attaque contre le cortège, en route pour la capitale malienne, a eu lieu à 100 km, entre Diéma et Gomitradougou, sur l’axe Kayes-Bamako. Les deux blessés ont été évacués sur le Centre de santé de référence (CSRéf) de Diéma pour y recevoir des soins. Selon une source médicale, leur vie  ne serait pas en danger. Après leur forfait, les assaillants se sont fondu dans la nature, laissant sur les lieux un véhicule piégé. Les autorités sécuritaires appellent à la prudence. OB/MD (AMAP)

Tiandougou-coura : Un sorgho à double usage, fruit de la recherche agronomique du Mali  

Par N’Famoro KEITA Bamako, 15 sept (AMAP) L’agriculture, nourrir tous les Maliens, doit relever un double défi : accroître la production et la productivité et l’intégrer à l’élevage. Les chercheurs du Mali, notamment ceux du programme sorgho au Centre régional de recherche agronomique (CRRA) de l’Institut d’économie rurale (IER) de Sotuba travaillent sur ces questions. Fruit de leur recherche : Tiandougou-coura, une variété hybride, est un sorgho à double usage : ses grains sont utilisés pour la consommation humaine et les pailles (tiges, feuilles) qui sont jugées riches en fer, zinc, calcium et protéine, servent d’aliment pour le bétail. Le but visé est de réussir l’intégration de l’agriculture et de l’élevage. Cela à travers la mise au point de variétés de sorgho combinant le haut potentiel de rendement grain, la qualité de grain et une bonne qualité de paille plus digestible pour les animaux. Mardi 30 août dernier. Un soleil doux berce la cour de l’IER à Sotuba, en Commune I de la capitale, Bamako. D’une superficie de 264 hectares, cette quasi-forêt classée embaume les lieux de son odeur. Son climat doux et humide attire des oiseaux qui gazouillent sans discontinuer. Chercheur et chef au programme sorgho de l’IER, Dr Abdoulaye Diallo, et son équipe se dirigent vers les parcelles destinées aux différents types de sorgho à double usage. Sous un ombrage dense, s’entrecoupent plusieurs pistes parsemées de flaques d’eaux. Elles mènent chacune à une parcelle de culture. Ces variétés de sorgho à double usage ont été améliorées par les chercheurs de l’IER. Leur état végétatif est impressionnant, à tout point de vue. Parmi elles, le Tiandougou-coura est le plus convoité par les cultivateurs. Le chercheur basé au CRRA de Sotuba explique le centre détient actuellement 4 hectares de semences de base de Tiandougou-coura, une variété photosensible de taille réduite (2,5 m) par rapport aux variétés locales (4 à 5 m). « Ce qui, précise Dr Abdoulaye Diallo, lui confère une résistance à l’averse contrairement aux variétés de haute taille ». « Sa paille renferme plus de protéines brutes et moins de cellulose que les variétés locales. Donc plus digestible par les animaux que les variétés locales », ajoute-t-il. DES TONNES DE PAILLES PAR HECTARE – Selon lui, son rendement est, tout aussi, intéressant. Tiandougou-coura produit 2,5 tonnes de graines et 15 tonnes de paille par hectare. « Elle n’est cultivée que dans les conditions pluviales entre les isohyètes (lignes de même pluviosité) 800 et 1000 mm », explique Dr Abdoulaye Diallo. Il précise la floraison de cette espèce a lieu entre fin septembre et début octobre quelle que soit la date de semis. «La variété résiste à la sècheresse post florale», assure le chercheur en agro-pastoralisme. « C’est pourquoi elle continue de gagner du terrain depuis son homologation en 2012 », sourit le chercheur. « Les agriculteurs l’apprécient également grâc, notamment, à sa qualité culinaire, sa résistance à la sécheresse, au striga et à sa qualité fourragère», renchérit-il. Les paysans sont unanimes que la consommation de ses grains est bénéfique pour les femmes allaitantes et les personnes atteintes de diabète. Tiandougou-coura est une variété caractérisée par son trait «stay green» c’est-à-dire la majorité de ses feuilles restent vertes jusqu’à la maturité physiologique lui conférant ainsi le caractère de double usage. « Pour conserver son fourrage, conseille-t-il, les pailles (tige et feuilles) récoltées sont séchées soit à l’ombre ou étuvées puis stockées dans un endroit sec ». «Pour alléger la charge des producteurs contre la flambée des prix de l’engrais, on améliore un système de 45 kg d’engrais par hectare, ce qui fait 2 grammes par poquet», explique le chercheur. « Pour éviter les petits problèmes, ajoute-t-il, il est demandé aux paysans d’avoir un ou un voire trois pieds de plants par poquet ». Le sarclage est fait trois fois, tous les 15 jours. « Après la récolte, indique notre interlocuteur, ses grains doivent être séchés au soleil avant de les garder dans un endroit propre ».   RICHES EN NUTRIMENTS – « Plusieurs recettes, développées en collaboration avec le Laboratoire de technologie alimentaire de Sotuba sont faites à base Tiandougou-coura », s’émerveille Diallo. Il cite la brisure de sorgho aux légumes, du couscous de sorgho malté, Soral instant (sorgho-arachide-lait), le pain de sorgho aux légumes et la bouillie de sorgho aux arachides. Le chercheur sexagénaire estime que ces recettes qui sont riches en nutriments, peuvent constituer une source de revenus pour les femmes. Autant d’atouts qui lui valent l’appréciation des producteurs. Djanko Coulibaly cultive Tiandougou-coura à Kéniéroba, Commune de Boudofo, Région de Kita. Joint au téléphone, il confirme avoir cultivé 1,5 hectare de sorgho à double usage. Pour l’entretien de son champ, il recourt au service d’ouvriers qu’il paie à 1 500 voire 2 000 Fcfa par jour. Le travail dure de 8 à 16 heures. «Il pousse robustement sur notre sol. Ma production est de 2 à 4 tonnes par hectare selon la façon d’aménager le lopin de terre», indique-t-il, attestant que son fourrage est très nutritif pour le bétail. Et depuis deux ans, Djanko Coulibaly nourrit ses ovins avec du fourrage de Tiandougou-coura, avant de les vendre à la veille de la fête de Tabaski. « Grâce à l’utilisation de l’engrais organique, se réjouit-il, la parcelle donne un bon rendement ». «Je peux, souvent, décharger 400 charretées dans le champ», explique le sexagénaire. Il invite les cultivateurs à suivre les conseils utiles des spécialistes et à choisir la variété céréalière améliorée. Depuis une trentaine d’année, Djanko Coulibaly collabore avec l’IER qu’il a connu grâce à son père. Conseiller d’agriculteur et vendeur de semences à Dioïla, près de Bamako, Yalali Traoré, nous confirme au téléphone que de nombreux producteurs achètent la semence de Tiandougou-coura dans sa localité. Il ajoute que « ces agriculteurs font de bonnes productions et arrivent à assurer leur approvisionnement en aliment bétail ». Outre Tiandougou-coura, les chercheurs de l’IER ont amélioré d’autres variétés mais peu connues du grand public : Sassilon, le Double usage 17 (U-17) et le Soubatami, etc. NK/MD (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 14 septembre 2022

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 14 septembre 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : –  adopté des projets de texte ; –  procédé à des nominations ; –  et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de l’Agence de Gestion des Biens gelés, saisis ou confisqués. Le Gouvernement a adopté la Loi n°2021-051 du 29 septembre 2021 portant modification du Code de procédure pénale pour renforcer le cadre institutionnel en matière de lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière. Cette modification a permis d’instituer le Pôle national économique et financier et de corriger les insuffisances du Code de procédure pénale en matière de saisie. Cependant, la conservation et la gestion des biens saisis dans le cadre de la procédure pénale, actuellement assurées par le Greffe sont confrontées à de sérieuses difficultés au niveau des juridictions en ce qui concerne entre autres : –  l’état de la conservation des objets saisis, leur gestion et les responsabilités liées à cette gestion avant la détermination de leur sort à la fin de la procédure ; –  l’insuffisance de moyens pour assurer la conservation et l’entretien des biens saisis en attendant la fin de la procédure. Il est apparu nécessaire de résoudre ces difficultés conformément aux dispositions pertinentes des instruments juridiques internationaux de lutte contre la corruption et les infractions assimilées pour éviter de compromettre le désintéressement des victimes. Les projets de texte sont adoptés dans ce cadre. Ils créent sous la forme d’établissement public à caractère administratif l’Agence de Gestion des Biens gelés, saisis ou confisqués. La création de cette Agence contribue à l’amélioration de la gouvernance dans le domaine de la gestion des avoirs dans le cadre de la procédure pénale. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du marché relatif au contrôle et à la surveillance des travaux de réhabilitation de la route Sévaré-Douentza-Gao, section : Sévaré-Boré (111 km). Le marché est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le groupement de bureaux d’études GIC MALI/NOVEC MALI-SA pour un montant de 962 millions 500 mille francs CFA hors taxes et un délai d’exécution de vingt-six (26) mois. La réhabilitation de la route Sévaré-Douentza-Gao, section Sévaré-Boré contribuera, notamment à améliorer les conditions de transport des personnes et de leurs biens et à promouvoir l’économie nationale. Sur le rapport du ministre du Développement rural, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant les modalités d’application de la Loi n°2012-004 du 23 janvier 2012, régissant la production, la diffusion, l’importation, l’exportation, la commercialisation, le contrôle et la certification des semences, ovules, embryons d’origine animale et des reproducteurs. L’élevage et la pêche sont des sous-secteurs clés de l’économie nationale. Ils contribuent au produit intérieur brut respectivement à hauteur de 15% et 2,4%. En dépit de son potentiel important, les sous-secteurs de l’élevage et de la pêche sont confrontés à des contraintes parmi lesquelles la faible productivité des différents systèmes de production, les faibles niveaux d’organisation des acteurs des filières animales et aquacoles et de financement. Pour faire face à la faible productivité des races locales, le Gouvernement s’est engagé, depuis 2010, dans une politique de diffusion de l’insémination artificielle en favorisant la création de centres privés agréés à cet effet. La Loi n°2012-004 du 23 janvier 2012 régissant la production, la diffusion, l’importation, l’exportation, la commercialisation, le contrôle et la certification des semences, ovules, embryons d’origine animale et des reproducteurs a été adoptée pour mieux encadrer la diffusion de l’insémination artificielle. Le présent projet de décret est adopté dans le cadre de la mise en œuvre de la loi du 23 janvier 2012. Il prend en compte : –  la définition des rôles et devoirs des centres privés agréés de production et de diffusion des semences, d’ovules, d’embryons d’origine animale ainsi que de reproducteurs ; –  l’encadrement des activités du Centre d’Insémination artificielle animale en vue de l’accroissement des productions animales par l’utilisation des techniques de l’insémination artificielle ; –  l’utilisation de l’ovule et de l’embryon dans les programmes d’amélioration génétique des animaux avec l’application de la biotechnologie ; –  le développement de l’aquaculture avec l’émergence du sous-secteur de la pêche dans l’économie nationale. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DU DEVELOPPEMENT SOCIAL –  Inspecteur en Chef à l’Inspection de la Santé : Monsieur Seydou SOGODOGO, Médecin épidémiologiste. –  Inspecteur en Chef Adjoint à l’Inspection de la Santé : Monsieur Abdoulaye KONE, Professeur de l’Enseignement supérieur. AU TITRE DU MINISTERE DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS, CHARGE DE L’INSTRUCTION CIVIQUE ET DE LA CONSTRUCTION CITOYENNE – Conseiller technique : Monsieur Djibril DANSOKO, Conseiller des Affaires étrangères. AU TITRE DU CABINET DU MINISTRE DELEGUE AUPRES DU PREMIER MINISTRE, CHARGE DES REFORMES POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES – Chargé de mission : Madame Nakani dite Mah Belco BADA, Spécialiste en Finances Management. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions a informé le Conseil des Ministres de l’état d’avancement de la mise en œuvre du Cadre stratégique de la Refondation de l’Etat. En vue de la mise en œuvre du Cadre stratégique de la Refondation de l’Etat, un cadre institutionnel de pilotage a été fixé par le Décret n°2022-0516/PM-RM du 1er septembre 2022. Les activités ci-après sont envisagées : –  des rencontres de présentation et d’appropriation du Cadre stratégique de la Refondation de l’Etat avec les représentants de la haute Administration, des