Kidal : Les donateurs du Fonds fiduciaire des Nations Unies venus constater des réalisations dans la Région

Kidal, 06 mai (AMAP) Une délégation de pays contributeurs au Fonds fiduciaire des Nations Unies pour la paix et la sécurité au Mali, a effectué pour la toute première fois, une mission de trois jours à Kidal (dans le  Nord du Mali), du 25 au 27 avril 2022. Les représentants de l’Allemagne, du Canada et du Royaume-Uni étaient venus constater la concrétisation de différents projets qu’ils ont financée dans la région à travers ce Fonds. Une visite qui survient en prélude à la Journée internationale des Casques bleus célébrée tous les 29 mai et dont le thème de l’édition 2022 est «Le partenariat, clef du progrès». «C’est la première fois que nous conduisons une mission avec les bailleurs du Fonds fiduciaires à Kidal. Les donateurs ont pu voir les réalisations et échanger directement avec les autorités locales et les bénéficiaires. C’était aussi une excellente occasion pour nous-mêmes et nos partenaires de comprendre les défis et les opportunités sur place», a expliqué Loubna Benhayoune, la Directrice de la section chargée de la stabilisation et du relèvement à la Minusma, qui a coordonné ce «déplacement inédit des donateurs» vers la capitale de l’Adrar des Ifoghas.  «Nos échanges ont porté sur des préoccupations concernant la précarité dans plusieurs domaines et dans cette région en particulier. Il était question du retour des déplacés qui reviennent, partis à cause des conflits, et du retour des services sociaux de base et de la réhabilitation des services techniques pour que les fonctionnaires qui arrivent soient dans de bonnes conditions de travail», a indiqué Colonel Fodé Malick Sissoko, gouverneur de Kidal, après avoir rencontré la délégation. «Parmi les points sensibles pour Kidal cette année, il y a les déplacés qui sont venus de Ménaka et la sécheresse qui frappe la région», a complété Hassane Ag Fagaga, président de l’autorité intérimaire à Kidal. Après avoir échangé avec la coordination de la société civile, les trois bailleurs se sont rendus sur le chantier de la piste d’atterrissage et ont fait l’état des lieux des travaux, tout en rappelant l’importance de ce projet pour le désenclavement de la région. «C’est une bonne opportunité de rencontrer les populations de Kidal, de visiter les projets que nous avons appuyé au travers du Fonds fiduciaire et d’apprécier le travail de la Minusma dans la région. Nous avons eu des échanges fructueux avec les autorités locales. La rencontre avec la société civile était une bonne opportunité pour comprendre comment travailler ensemble», a expliqué Julien Brisson, second secrétaire politique à l’ambassade du Canada au Mali. Les donateurs du Fonds fiduciaire ont également visité le barrage d’Iklahine, (à 15 km au sud-est de la ville). Sur place, représentants de la communauté et l’ONG locale Aford, ont présenté cet ouvrage de 43m de long. « Nous sommes très heureux de cette réalisation qui va alimenter la nappe phréatique et nos puisards. Ce barrage va alléger le fardeau de ces communautés nomades et d’éleveurs qui ne vont plus se déplacer pour chercher de l’eau dans les autres sites», a témoigné Souleymane Ag Ahmed, chef du secteur (subdivision d’un quartier) d’Iklahine.  Avec une capacité de retenue d’environ 22 000 litres d’eau, ce barrage peut alimenter en eau quelque 2 500 personnes et leurs cheptels et ce, jusqu’à six mois après l’hivernage. Une réalisation rendue possible grâce à un financement du Royaume-Uni de plus de 53 millions de Fcfa. « À côté du déploiement de nos militaires au sein de la Minusma, nous finançons des projets à travers le Fonds fiduciaire pour soutenir la stabilisation du Mali. Les représentants de la société civile de Kidal ont évoqué la nécessité de la maitrise de l’eau dans la région. Le gouvernement du Royaume-Uni a pu aider à ce niveau avec la construction de ce barrage souterrain pour que l’eau puisse stagner et bénéficier à la population locale», a expliqué Fraser Campbell, représentant de l’Ambassade du Royaume-Uni au Mali lors de cette première visite à Kidal. Un autre financement du Royaume-Uni a permis d’installer 105 lampadaires solaires dans les 11 quartiers de Kidal dont la remise officielle aux autorités a coïncidé avec la visite de la délégation des bailleurs, le 26 avril. Il s’agit de la seconde étape d’un projet d’installation de 200 lampadaires solaires dans la ville financée par le Royaume-Uni. La première a été réalisée grâce à une contribution du Danemark par le biais du au Fonds de consolidation de la paix. La délégation a aussi visité les trois radiers, points de passage dans les quartiers d’Aliou et de Tazargaf, financés par le Canada. La matinée s’est terminée au camp du 72 Régiment d’infanterie motorisée des FAMa à Kidal. Une rencontre a eu lieu avec les officiers du bataillon, en plus d’une visite guidée des bâtiments rénovés grâce au financement de l’Allemagne. La délégation a également parcouru l’infirmerie construite et équipée grâce à un projet à impact rapide de la Minusma et qui a été complété à travers des ressources du Fonds fiduciaire. Avant leur retour à Bamako, les donateurs ont rencontré les responsables de la Force et de la Police des Nations Unies dans la région, tout comme les équipes civiles de la Mission pour aborder, entre autres, le rôle de la Minusma dans la protection des civils. AMAP avec la MINUSMA 

14è édition de la Rentrée littéraire du Mali : Du beau monde attendu du 10 au 14 mai à Bamako

Bamako, 06 mai (AMAP) La 14è édition de la Rentrée  littéraire du Mali se déroulera du 10 au 14 mai à Bamako, Sikasso (Sud), Djenné (Centre) et Tombouctou (Nord0 sous le thème : «Territoire et imaginaires», ont annoncé, jeudi, le directeur exécutif du Fonds des prix littéraires du Mali, Ibrahima Aya, et le responsable technique de l’événement, Sékou Fofana. Lors d’une conférence de presse, les initiateurs de ce rendez-vous littéraire international ont indiqué vouloir  mettre à contribution les écrivains en vue de répondre à certaines interrogations d’un monde interdépendant.   Il est aussi prévu une participation massive d’écrivaines. En présence des représentants de l’Union européenne (UE), de l’Institut français du Mali (IFM), mais aussi d’autres partenaires financiers et techniques et d’une compagnie de téléphonie, sponsor de l’évènement,  M. Aya  a justifié le thème. «Nous vivons dans un monde d’interdépendance. Rêver, penser, construire … ne peut se faire seul. Les auteurs sont invités à travailler sur cette thématique qui aborde les temps violents que nous vivons.  Ils sont conviés  à  se poser des questions relatives à cette thématique à savoir : Comment habiter ces espaces et être habillés par eux, comment entretenir l’équilibre avec les autres qui y vivent ? Que signifie un territoire pour ceux qui l’habitent et comment imaginer ?», a-t-il. Les auteurs des cinq continents doivent, ainsi, donner des  réponses à ces interrogations et partager leurs expériences avec leurs collègues maliens.  L’écrivain Ibrahima Aya a aussi exprimé sa satisfaction pour la tenue de cette 14è édition qui a connu un report. Il a salué la fidélité et l’accompagnement des partenaires stratégiques pour leur attachement à la littérature et à la promotion des écrivains.  «La Rentrée littéraire a permis de créer un engouement autour du livre mais, aussi, de l’écriture»,  s’est réjouit Ibrahima Aya. Et d’ajouter que d’année en année, le nombre d’écrivains maliens augmente.   Quant à Sékou Fofana, il a souligné que l’édition de cette année, dont la particularité sera la participation considérable d’écrivaines, a été élargie à plusieurs jeunes nouveaux talents.  «Nous travaillons pour atteindre toutes les capitales régionales en vue d’élargir nos programmes», a-t-il souligné. Malgré les difficultés que traverse le secteur du livre, l’événement a permis aux jeunes de s’orienter vers l’écriture selon M. Fofana. Il a aussi annoncé la programmation qui commence à partir du 10 mai prochain.  «Les sites retenus pour cette édition dans le District de Bamako sont l’Institut de formation des maitres (IFM), les lycées partenaires, le Centre international de conférences de Bamako (CICB), les universités maliennes et la gare ferroviaire.  Il est également prévu des hommages à des auteurs dans les universités et centres scolaires. Tout comme une conférence inaugurale qui se déroulera mardi prochain au CICB. Elle sera animée par des experts du domaine. On peut aussi retenir des conférences-débats, ateliers d’éditeurs, de livre numérique, des  rencontres professionnelles, les cafés littéraires et des journées de lecture.  L’un des temps forts de cette édition sera la remise des prix. Cette année, un prix a été institué pour rendre hommage à l’écrivain, chercheur malien Moussa Sow.  Le représentant de l’UE, Ivan Bertoux, a expliqué la pertinence de l’événement dans le développement socio-économique. Il a également exprimé l’engagement de son institution à soutenir l’initiative.  La Rentrée littéraire reste l’un des rares événements d’envergure internationale au Mali qui continue de résister à l’épreuve des crises socio-politique et sanitaire. Après un premier report, les initiateurs avaient tenu à exprimer l’impératif du maintien de ce rendez-vous littéraire pour la promotion du secteur et des écrivains africains. AS/MD (AMAP)

Un guide forestier tué à Diaramana, dans le Cercle de Bla (Centre) 

Bla, 05 mai (AMAP) Un guide forestier des Eaux et forêts du poste de Diaramana (dans le Cercle de Bla) a été tué par balle, samedi (veille de la fête de Ramadan), par des individus armés non identifiés.  La victime, qui répondait au nom de Mamadou Coulibaly, était âgé de 45 ans, marié et père de quatre enfants. Il ressort des témoignages recueillis auprès d’Oumar Koïta, cultivateur dans la localité, que les assaillants étaient au nombre de trois, tous armés. Selon cette source, l’un d’eux rodait dans les environs avec une arme à la main et les deux autres se terraient dans les bois.  Le chef du poste forestier de Diaramana,  Bréhima Traoré dit Rougeot, explique, aussi, avoir reçu un appel téléphonique d’une connaissance pour dissuader son collègue de se rendre au poste ou à la foire hebdomadaire parce que des «djihadistes opéreraient sur les lieux», notamment entre Tounto et Diaramana.  Après cet appel téléphonique, lui-même  a tenté de joindre, en vain, le défunt. Ses multiples appels sont restés invariablement sans suite. C’est après que le maire de la Commune rurale de Diaramana, Kassoum Sogoba, a été informé, au téléphone, par un témoin oculaire de la barbarie des trois hommes armés.  Avant l’arrivée des éléments des Forces de sécurité de Bla, une équipe de patrouille sectorielle des Forces de défense et de sécurité de Koutiala est vite intervenue pour contrarier la progression de ces individus sans foi ni loi vers les grandes agglomérations de la localité, Cette équipe a retrouvé la victime sans vie, allongée par terre.  Les agresseurs qui ont commis cet acte auraient emporté la moto et l’arme de la victime.  Mamadou Coulibaly était en partance pour la foire hebdomadaire tournante de Tounto, un village de la Commune de Diaramana.  Un second motocycliste présent sur les lieux de l’attaque a aussi reçu des balles. Mais sa vie ne serait pas en danger. Saisis par la mairie de Diaramana, les éléments de la protection civile de Koutiala sont venus enlever le cadavre. Informés de la situation par le chef de cantonnement forestier de Bla, les parents de la victime ont récupéré le corps  et organisé les funérailles, le lendemain, à Dougabougou, arrondissement de Markala, en présence d’une foule nombreuse de parents, amis et collègues de Bla et San (Centre). Aux dernières nouvelles, trois individus armés en motos auraient été aperçus à Ouontosso, un village limitrophe de Diaramana.  MO/MD (AMAP)

Recherche sur le paludisme : Des résultats probants

Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 05 mai (AMAP) Les nombreuses recherches sur le paludisme déjà réalisées ou celles en cours ont permis de donner une nouvelle tonalité à la lutte contre cette maladie très répandue dans les pays africains, y compris le Mali. Certaines de ces recherches ont porté sur les moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée, la pharmacovigilance, sur un nouveau vaccin contre le paludisme et celle sur les moustiques génétiquement modifiés.  Pour partager les résultats de ces études, le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) a initié, vendredi dernier à l’Institut national de santé publique (INSP), une rencontre avec la communauté scientifique du pays.  C’était à la faveur de la traditionnelle Journée scientifique qu’elle organise dans le sillage de la Semaine nationale de lutte contre le paludisme. La cérémonie était présidée par la directrice générale du PNLP, le lieutenant-colonel Aïssata Koné.   En matière de recherches sur le paludisme, le Mali figure parmi les premiers de la classe. Les exploits des éminents chercheurs comme le prestigieux parasitologue, feu  le Pr  Ogobara Doumbo, et le Pr Abdoulaye Djimdé (l’un des plus brillants disciples du grand maître) en attestent.  La directrice générale du PNLP, qui a qualifié la rencontre d’aubaine, a rappelé les exploits réalisés, d’année en année par le Mali. Et de poursuivre que l’implémentation de stratégies efficaces ont inspiré des résultats de recherche sur le paludisme. Ceux-ci ont été « engrangés au prix d’énormes sacrifices consentis par les structures de recherche, regorgeant de chercheurs d’une expertise avérée et qui sont des références en Afrique ». Par ailleurs, le lieutenant-colonel Aïssata Koné a indiqué que cette journée permet une large diffusion des exploits de la recherche. «On ne dira jamais assez le rôle et la place prépondérants de la recherche dans notre croisade commune, en faveur de l’accélération du contrôle voire l’élimination du paludisme», a-t-elle souligné. Et de préciser que la Stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le stipule. La directrice du PNLP a rappelé que la lutte contre le paludisme est l’une des priorités de la politique de santé du ministère de la Santé et du Développement social. La recherche en est un des piliers centraux, car elle est au cœur des interventions majeures du Plan stratégique national de lutte contre le paludisme 2018-2022, révisé et étendu à 2024, a-t-elle indiqué. Pour elle, la recherche est le socle de l’innovation en matière de lutte contre le paludisme. Et d’ajouter qu’elle est en train d’engranger incontestablement des résultats probants sous l’impulsion et l’accompagnement sans faille des partenaires techniques et financiers.  Le lieutenant-colonel Aïssata Koné a, aussi, estimé que les changements intervenus dans les stratégies de lutte ont eu pour socle l’utilisation des résultats de recherche. Fort de cette évidence, le PNLP fonde un grand espoir sur la recherche pour innover la lutte contre le paludisme au Mali, afin de maximiser l’impact sur la morbidité et la mortalité.  «Ainsi, les résultats de vos différentes recherches en cours et à venir seront déterminants pour la prise de décision», a lancé la directrice générale du PNLP à l’endroit des participants. Elle a exprimé sa reconnaissance à l’ensemble des partenaires techniques et financiers pour leur soutien incommensurable dans le domaine de la recherche sur le paludisme au Mali.  Particulièrement à l’endroit de l’ONG  «Muso» et la Société Vestergard pour leurs appuis financiers à l’organisation de cette rencontre scientifique. Rappelons que le thème retenu pour l’édition 2022 de la Journée mondiale/Semaine nationale de lutte contre le paludisme est : «Innover pour réduire la charge du paludisme et sauver des vies». MDD/MD (AMAP)

Hospitalisation au Mali : A flux tendu

Par Bréhima DOUMBIA  Bamako, 05 mai (AMAP) La situation des hôpitaux maliens, en terme de capacités d’accueil est, parfois, à l’origine de frustration chez les malades et leurs accompagnants. Ce qui vaut au personnel soignant, très souvent à tort ou à raison, des récriminations et des critiques d’inhumanité. Être amené à consulter dans les établissements hospitaliers et autres structures de soins en situation d’urgence est source d’angoisse au Mali. Être accompagnant de malade n’est pas non plus enviable. Il faut bien se frotter les yeux pour croire qu’on ne rêve pas à la vue du spectacle «dramatique», souvent, dans nos établissements de soins. «Il n’y a pas de place. Il faut l’amener dans un autre établissement». C’est «la formule inlassable et absolument fautive» qui est, très souvent, servie aux accompagnants de malades, sans la moindre dose d’humanité lorsque ceux-ci se présentent avec leurs malades. Le décès d’une femme récemment rapporté sur les réseaux sociaux a fait enfler la polémique.  Cette dame aurait été référée de la maternité d’Hamdallaye (quartier de Bamako) vers un établissement hospitalier de la capitale d’où elle aurait été aussi «renvoyée» vers une autre structure située sur les hauteurs de la ville, avant de rendre l’âme, sans être prise en charge. Son décès aurait été constaté à l’arrivée.  Sans condamner à l’extrême, cette pratique de référence d’un malade qui vient en urgence vers un autre établissement du fait de la problématique de places d’hospitalisation n’est pas anecdotique.  Elle une navrante réalité qui fait grincer des dents. Elle est, surtout, à l’origine de récriminations et de critiques  à l’encontre des soignants.  Pourtant, il ne faut pas mettre en cause les médecins dans tous les cas. Parce que ceux-ci s’emploient, parfois, dans des conditions difficiles à soulager les malades. Ce fut le cas, cette veille de fête d’Aïd el-Fitr au service de gynécologie/obstétrique du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré.  Dans cette unité de consultations et de soins, les 46 lits d’hospitalisation sont tous occupés par des patientes. D’autres moins heureuses sont couchées sur des nattes voire des pagnes étalés à même le sol parce que la capacité d’accueil du service a été dépassée. C’est une réalité qui asphyxie le service de gynécologie/obstétrique de Gabriel Touré et requiert un effort de l’administration hospitalière voire de la tutelle (le ministère de la Santé et du Développement social) pour au moins améliorer la situation. À MÊME LE SOL – Dans ce service, notre reporter a pu poser un regard de profane sur la problématique. Dans une salle d’hospitalisation de 10 lits, les médecins ont été contraints d’admettre deux patientes en surplus. Chacune d’elle était couchée sur une natte à même le sol. Le même constat peut être dressé dans une autre salle d’hospitalisation de 12 lits. Cette fois-ci, la pléthore peut choquer surtout à la vue d’un accouchement gémellaire. La parturiente est avec ses jumeaux sur un pagne qui leur sert de couchette.  On sent la résignation chez elle à passer des moments d’observation, après la délivrance, dans ces difficiles conditions avec un regard inquisiteur sur tout visiteur qui rentre dans la salle. Idem dans une autre salle de 12 lits où des femmes admises en hospitalisation sont également couchées sur des nattes. Une patiente abandonne son lit brinquebalant pour se coucher par terre.  Les salles d’hospitalisation du rez-de-chaussée ou salles RDC (trois salles de deux lits et deux salles de trois lits), offrent un peu plus de confort. Mais toutes ces pièces aussi repoussent les limites de leurs capacités. Mais dans toutes les salles d’hospitalisation de ce service, les médecins essaient de soulager les patientes. Ils apportent toute l’attention requise aux patientes, administrent des soins. Le chef du département de gynécologie obstétrique, le Pr Niani Mounkoro, explique que son équipe et lui travaillent à sauver des vies. «Il faut toujours un accompagnement pour améliorer les conditions d’accueil», défend-il. La problématique de places d’hospitalisation est une réalité qui va demeurer tant qu’on ne verra pas grand dans la réalisation de nos établissements de santé.  En attendant, le personnel soignant doit faire montre de chaleur humaine dans les cas de référence pour au moins apaiser malades et accompagnants. BD (AMAP)

Mali : Vaste opération de récupération des logements administratifs occupés illégalement

Par Baba B. COULIBALY Bamako, 05 mai (AMAP) Le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population a initié une vaste opération visant la «rationalisation de la gestion des logements administratifs» sur l’ensemble du territoire national. Les enquêtes menées à Bamako la capitale, ont concerné 142 logements administratifs. Au nombre desquels 36 sont occupés de façon illégale. Un délai de six mois a été donné aux occupants irréguliers pour libérer les lieux sous peine d’être expulsés.  Le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, Bréhima Kaména a, par lettre n° 690/MUHDATP-SG du 02 novembre 2021, instruit la Direction générale de l’administration des biens de l’État (DGABE) de lui faire le point actualisé de l’occupation des logements administratifs dans le District de Bamako, première phase de l’opération.  Initiée à cet effet, la mission a porté sur 142 logements administratifs : logements du reliquat et ceux d’astreinte situés en dehors des cours des services.  Le ministre Kaména précise que les occupants en avaient été informés à travers un communiqué diffusé le 2 décembre 2021.  Ainsi, les données recueillies par la DGABE font état de 36 logements occupés par des personnes ne disposant pas de décisions d’affectation ou dont les décisions sont expirées. Parmi elles, figurent deux anciens ministres, neuf retraités et un ancien chargé de mission (non fonctionnaire).  Ils continuent tous d’occuper leurs logements de fonction. Par exemple, sans titre ni droit, une dame occupe une maison administrative. En outre, les familles de huit occupants décédés utilisent encore les résidences affectées à leurs défunts parents, constate la note d’explication que L’Essor a pu consulter.  Toujours au titre des logements illégalement occupés, deux villas du domaine universitaire, sis sur la colline de Badalabougou, ont été affectées au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique suivant la décision n° 217-/MLAFU-SG du 01 août 2003. Elles sont occupées par des professeurs à la retraite. Quatre autres logements sont occupés par d’autres personnes sous le couvert des bénéficiaires. S’y ajoutent « neuf occupants dont les décisions sont arrivées à expiration au terme des cinq ans réglementaires », relève le chef du département en charge des Logements.  La DGABE a, par contre, « recensé 52 logements dont les situations sont jugées légales », explique le ministre Kaména. À ce niveau, 33 logements sont occupés par des fonctionnaires dont les décisions sont conformes à la réglementation, 7 logements sont libres (appartements des immeubles Marabout et Bloc des fonctionnaires), 12 sont affectés au Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté (CAMM/BFK), dans le cadre de la coopération Mali-Cuba. Cela au profit des professeurs cubains qui sont rentrés depuis l’éclatement de la crise de 2012.   ULTIMATUM – Selon le ministre en charge de l’Habitat et des Domaines, les investigations sont en cours auprès des occupants concernant 54 logements. Parmi ces habitations, 3 logements à Badalabougou Sema sont affectés à la mairie du District de Bamako pour servir de bureaux. Ils sont utilisés comme logements dont un en location.  Deux autres logements sont occupés par des personnes liées à l’Office malien de l’habitat (OMH) par des contrats. Cependant, 49 occupants ont été incapables de fournir l’ensemble des documents demandés par la mission, en général le personnel de défense et de sécurité.  Certains de ces logements ont fait l’objet d’immatriculation propre de l’armée (Code : EMGA), précise le ministre Kaména. La lettre confidentielle n° 0126/MUHDATP-SG du 14 avril 2022 a été adressée à son collègue de la Défense et des Anciens combattants et à celui de la Sécurité et de la Protection civile pour clarifier la situation des personnes concernées.  «Mon département a entrepris l’élaboration de trois projets d’arrêtés», révèle le ministre en charge de l’Habitat. « Ces arrêtés sont prévus par le décret fixant les modalités d’attribution et d’occupation des logements administratifs », précise-t-il. Leur élaboration contribuera, selon lui, à la rationalisation de la gestion des bâtiments publics de l’État.  Pour ce faire, insiste le ministre Caméra, les actions envisagées consisteront à notifier, par voie d’huissier, aux occupants irréguliers un délai de six mois pour libérer les logements administratifs au-delà duquel les contrevenants seront expulsés.  «La réalisation de ces actions va permettre de rationaliser la gestion des logements administratifs», assure le ministre de l’Habitat, qui précise que l’investigation entamée par la Direction générale de l’administration des biens de l’État s’étendra à toutes les régions administratives du Mali. BC (AMAP) 

Mali – France : Étape cruciale de la rupture

Par Issa DEMBELE Bamako, 05 mai (AMAP) Les relations entre le Mali et la France ne cessent de se détériorer depuis un an. La dénonciation par les autorités maliennes des accords de défense est un épisode décisif d’un processus de divorce à rebondissements Ce n’est peut-être qu’un épisode de la crise diplomatique entretenue par l’Hexagone pour affaiblir les autorités de la Transition, mais la décision de celles-ci de dénoncer les accords de défense avec la France et ses partenaires européens constitue une étape importante. Elle consacre une rupture quasi-totale, l’apogée d’une situation conflictuelle qui dure depuis mai 2021. Il faut encore attendre six mois pour constater l’effectivité de la fin du traité de coopération en matière de défense du 16 juillet 2014. Par contre, c’est avec effet immédiat qu’ont été dénoncés le Sofa (Accord de statut des forces) de mars 2013, encadrant l’engagement de Barkhane et le protocole additionnel de mars 2020 qui s’applique à Tacuba. Bamako avait-elle d’autre choix que d’agir ainsi ? Il reste constant que Paris n’a jamais daigné accorder la moindre considération aux récriminations des dirigeants actuels du Mali. Nul besoin de revenir sur les plaintes du gouvernement malien à l’annonce unilatérale de la suspension des opérations conjointes en juin, puis de celle du retrait de Barkhane et de Tacuba en février. Se croyant en zone conquise, les troupes françaises ne se sont jamais encombrées de règles édictées par les autorités maliennes. Leurs aéronefs ont plusieurs fois été repérés dans la zone aérienne faisant objet d’interdiction temporaire. Ils atterrissaient sans autorisation préalable dans des localités hors aérodromes. Au total, près de 50 violations de notre espace aérien ont été identifiées. « Les derniers évènements étaient pratiquement de l’espionnage de l’armée régulière du Mali sur son propre territoire», s’indigne le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale dans une interview accordée mardi soir à la télévision nationale. Et signe patent du mépris à l’égard des autorités maliennes : l’absence de réponse aux demandes de révision du traité de coopération de défense. Au lieu d’envoyer ses amendements, comme le Mali l’a fait en décembre 2021, la France a opté pour le dilatoire en demandant une réunion d’experts pour la relecture dudit traité. FRANCHIR LE RUBICON – Tous les ingrédients donc étaient réunis pour ce clash final dont les conséquences opérationnelles ne sont pas négligeables. D’abord, sur les forces Barkhane et Takuba  qui perdent ainsi la liberté de circulation sur le territoire malien, de même que l’exonération douanière accordée dans le cadre desdits accords. Il n’y aurait également plus d’immunité militaire sur les possibles bavures qu’occasionnerait la suite du retrait des hommes et du matériel de ces forces. Pour avoir osé «franchir le Rubicon », nos autorités s’exposent à la fureur vengeresse de l’Hexagone. Sans doute, elle va tenter d’isoler notre pays sur la scène internationale. «Cela pourrait se concrétiser dans la mise à l’écart du Mali lors des exercices militaires sous régionaux, le refus d’accorder le visa aux officiels militaires maliens quel que soit le motif du séjour évoqué par ces derniers », commente Dr Aly Tounkara, expert au Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S). En outre, cette dénonciation des accords pourrait aboutir à l’arrêt définitif d’une coopération militaire effective et réelle entre le Mali et ses voisins, en l’occurrence le Burkina Faso et le Niger où la France est très engagée et sert d’interface entre les armées de ces deux pays et les Forces rames maliennes (FAMa). «En conséquence, la coopération transfrontalière, dans le cadre de la lutte contre les groupes radicaux violents avec le référentiel musulman, reste très hypothéquée», analyse l’expert qui ajoute que la dynamique du retrait des forces européennes pourrait se poursuivre avec plus de « tensions, de suspicions et de menaces de part et d’autre ». Mais la récente visite d’une délégation militaire burkinabé à Bamako est un signe que la coopération entre nos deux armées a de beaux jours devant elle. Les militaires des deux pays ont sans doute compris qu’il leur faudra désormais voler de leurs propres ailes pour faire face à la menace terroriste. ÉCHANGES VIFS – D’ores et déjà, la France semble ne pas être dans la posture d’obtempérer aux injonctions du Mali. Mardi, elle a protesté contre cette dénonciation qu’elle qualifiée d’«injustifiée» et a écarté toute répercussion sur le calendrier du retrait en cours de Barkhane, annoncé en février et censé s’échelonner sur six mois. Pour le ministre malien en charge des Affaires étrangères, le « gouvernement malien veillera à ce que les choses se fassent en bon ordre et dans le temps adéquat». Une partie de l’affaire a été portée devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Mardi, elle a tenu, à la demande de la Russie, une réunion informelle à huis clos pour évoquer la plainte du Mali face aux violations de son espace aérien par la France. Selon plusieurs sources, les échanges ont été plutôt vifs. Clairement, l’ambassadeur adjoint russe a pointé une « désinformation française», arguant de la nécessité de respecter la souveraineté du Mali. De l’avis de plusieurs experts, cette rupture officielle des accords de défense avec Paris devrait davantage renforcer l’axe de coopération avec la Russie qui a déjà livré des armes et du matériel militaire à l’Armée malienne. Mais Dr Aly Tounkara met un bémol : «Le futur de la Région de Liptako-Grouma serait émaillé par une compétition sans précédent entre les puissances militaires occidentales, en particulier française et russe, tout en instrumentalisant la menace terroriste et infantilisant ainsi les militaires sahéliens afin de légitimer leur prétendue présence en qualité de sauveurs et de s’adonner à une compétition sans précèdent au tour du sous-sol sahélien». IS (AMAP)

Une délégation ministérielle malienne au Togo pour solliciter l’appui de Lomé 

Bamako, 05 mai (AMAP) Une délégation ministérielle malienne, conduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, porteur d’un message du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, au chef de l’État togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a effectué, mercredi, une visite de travail au Togo. La délégation comprenait, aussi, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou et sa collègue des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko Au cours de cette visite qui illustre l’excellente qualité des relations d’amitié et de coopération entre le Mali et le Togo, le ministre Diop et sa délégation ont été reçus par le chef de l’État togolais.  Selon le communiqué conjoint publié à la fin de cette mission, les deux parties ont eu des échanges de vue approfondis sur des questions d’intérêt commun. Ainsi, la délégation malienne a saisi l’occasion pour réitérer les remerciements du gouvernement malien au Togo pour son élan de solidarité active et son soutien constructif depuis le début de la Transition. Le ministre Diop a demandé au Togo de soutenir l’effort de dialogue du gouvernement malien avec l’ensemble de la communauté internationale et de prendre des initiatives de facilitation et/ou missions de bons offices pour mobiliser à nouveau les acteurs régionaux et internationaux autour de la Transition dont la visée essentielle demeure l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles et le retour à l’ordre constitutionnel. Pour sa part, le ministre en charge des Affaires étrangères du Togo, Robert Dussey, a réaffirmé la constante disponibilité du gouvernement togolais à accompagner le Mali aux plans politique et sécuritaire en vue de la restauration de l’ordre constitutionnel, de la paix, de la stabilité et de l’intégrité de son territoire.  «Pour le Togo, seul le dialogue permanent et constructif avec les autorités de la Transition malienne créera les conditions d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel et d’efficacité de lutte contre le terrorisme», a-t-il déclaré.  Au plan économique, les deux parties ont souligné les liens d’interdépendance entre leurs économies respectives dans un contexte économique mondial difficile et relevé la nécessité d’œuvrer à la construction d’un consensus avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) devant conduire à la levée des sanctions économiques qui affectent les populations maliennes. MK/MD (AMAP)

Ségou : Les inter-professions informées sur leur rôle et responsabilité

Ségou, 04 mai (AMAP) Le ministère du Développement rural, avec l’appui financier de la Banque mondiale, a organisé du 28 au 29 avril dernier, dans la salle de conférence de l’Office riz de Ségou (Centre), un atelier national de concertation et d’échanges avec les inter-professions agricoles. Le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, a présidé l’ouverture de cet atelier qui répond aux multiples sollicitations des acteurs de la profession agricole, La rencontre de deux jours a regroupé les membres du cabinet du ministère en charge du Développement rural, les représentants des directions centrales de la profession agricole, des inter-professions agréées et les partenaires stratégiques. Elle s’est attachée à  informer les inter-professions sur leur rôle, leur responsabilité et sur le cadre législatif les régissant pour assurer une promotion durable des filières agricoles.  De façon spécifique, la rencontre avait comme objectifs d’échanger sur la nature et le fonctionnement des inter-professions, d’informer sur le rôle et la responsabilité des acteurs (leaders) des inter-professions, mais aussi de partager les grandes orientations et champs d’intervention des interprofessionnels. Il s’agissait, également, d’expliquer les obligations de l’Etat et des inter-professions dans la mise en œuvre d’un accord cadre soutenant la valorisation durable des chaînes de valeur.  Les participants ont analysé le rôle et la responsabilité des inter-professions, proposé un modèle cadre pour toutes les inter-professions et élaboré une feuille de route  pour le suivi de leurs activités, en collaboration avec les services techniques compétents de la tutelle. Le ministre Keïta a rappelé que la Loi d’orientation agricole (LOA) du Mali, promulguée le 5 septembre 2006, « est l’expression de l’engagement politique du gouvernement à faire de notre pays une puissance agricole dans la sous-région ouest-africaine ». Il a aussi expliqué que l’atteinte de cet objectif passe par une meilleure organisation des filières agricoles par les acteurs intervenants dans la production, la conservation, l’approvisionnement, la fourniture des services à la production, la transformation, le conditionnement et la commercialisation.  Le chef du département du Développement rural a souligné que les acteurs des différentes filières regroupées en  inter-professions ont besoin d’être renforcés dans leurs obligations à travers un accord cadre avec l’Etat. Ceci pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans l’amélioration durable des chaînes de valeur. Il a remercié la Banque mondiale à travers le Projet de développement  et de diversification de la production en zones arides et semi arides au Mali dont l’appui a permis  la tenue de cet atelier. Quant au président des cadres de concertation des inter-professions, Bakary Doumbia, il a souligné l’importance de leur organisation qui réunit une dizaine d’inter-professions. Il a salué l’initiative. «La filière la mieux soutenue est la filière coton, si on arrive à organiser, on peut mieux développer le Mali, la sous-région», a-t-il dit.  Il a également précisé la nécessité d’échanger avec l’état, de faire des propositions pour que les inter-professions ne dépendent pas de l’état et puissent se prendre charge, avant d’expliquer succinctement que cela va régler le problème d’engrais. Mais aussi aider à trouver une solution aux difficultés. La cérémonie d’ouverture a enregistre la présence  du gouverneur de la Région de Ségou, le contrôleur général de police Alassane Traoré et du maire de la Commune urbaine de Ségou, Nouhoun Diarra. Ainsi que du 1er vice-président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), El hadj Kola Diallo, et des leaders des interprofessions. ADS/MD (AMAP

Rharous : Dur, dur le quotidien

 Par Mohamed GAKOU Rharous 04 mai (AMAP) Il y a seulement deux ans, la situation alimentaire et nutritionnelle des habitants de Rharous, dans le Nord du Mali,  était acceptable voire un peu conforme aux normes requises dans ces domaines. La Covid-19 et l’embargo ont changé la donne Au marché hebdomadaire de la ville, qui se tient le jeudi, il n’est pas rare d’entendre, au détour d’un hangar, ce type de conversation qui se fait sur un ton badin, mais qui exprime réellement le vécu quotidien : «Au rythme où le prix du lait grimpe, ne serait-il pas préférable de commencer à élever des chèvres ?». Le lait de chèvre est réputé, pour ses valeurs nutritives. Ces conversations et d’autres, du même registre, illustrent parfaitement le contenu du panier de la ménagère et du quotidien de la vie de l’habitant, en général. Les prix des denrées de consommation courante ont grimpé depuis l’éclatement de la pandémie de la maladie à coronavirus, à laquelle sont venus se greffer, plus tard, les effets contraignants de l’embargo dont est victime le Mali.  Il faut préciser que l’ordinaire ici, est constitué principalement de produits provenant du Maghreb et, essentiellement, de l’Algérie et de la Mauritanie. Du sucre au thé, en passant par l’huile de cuisine, le lait en poudre, les pâtes alimentaires, les dates et autres aliments conditionnés. Seuls le riz, le mil, les épices et d’autres céréales sèches viennent du Sud du pays et d’autres localités de la région, notamment, le Cercle de Diré, dont le riz est apprécié ici, pour sa qualité et son coût. Depuis deux ans, le prix du paquet de lait d’un kilogramme est passé de 1.250 Fcfa à trois 3.000 Fcfa. Le bidon d’huile alimentaire de cinq litres, qui coûtait à la ménagère, 2.500 Fcfa est arraché, aujourd’hui, au prix d’or de 7.000 Fcfa.   Le sachet familial de cinq kilos de sucre qui était vendu, dans la fourchette de 1.750 à 2.000 Fcfa est cédé à 3.000 Fcfa, aujourd’hui. Le riz, l’élément principal de l’alimentation journalière, connaît aussi une hausse exponentielle. Auprès des commerçants grossistes, le sac de cinquante kilos de riz coûte 22.500 Fcfa, soit le double de son prix, il y a deux ans.  Au cours de la campagne agricole 2021-2022, le riz paddy local était vendu au «moudé» (mesure traditionnelle de deux kilos cinq cents) à 400 Fcfa. Aujourd’hui, il est cédé à son double. Même les prix de la viande et du poisson, dont la localité est grande productrice, connaissent une hausse considérable. Le prix du kilogramme de viande est passé au double. Il en va de même pour celui du poisson. Globalement, le prix de toutes les denrées alimentaires a doublé, en deux ans. La cherté de la vie, en sus d’être accentuée à Rharous par les effets négatifs de la Covid-19 et de l’embargo, est aussi liée à des facteurs antérieurs comme l’ensablement progressif du fleuve Niger, véritable cordon ombilical commercial, entre les régions du Sud du Mali et celles du Nord, et qui se rétrécit comme une peau de chagrin, chaque année.  Ce phénomène contre lequel l’état a mis en œuvre plusieurs programmes de sauvegarde et de sauvetage, demeure encore un véritable casse-tête environnemental et, surtout, de survie pour les populations riveraines, en termes de navigation commerciale et d’exploitation agricole. Chef-lieu de cercle, le plus enclavé du Mali et, paradoxe, un des plus anciens, Rharous en particulier et tout le Cercle en général, risquent une insécurité alimentaire et nutritionnelle cette année, si des dispositions idoines ne sont pas prises par les autorités compétentes. MG (AMAP)