Le gouvernement malien dénonce des accords de coopération militaire avec la France (Communiqué)
Bamako, 03 mai (AMAP) Les autorités de la Transition au Mali ont dénoncé plusieurs traités de coopération militaire entre Paris et Bamako, pour « des insuffisances graves, ainsi (que des) atteintes flagrantes à la souveraineté nationale du Mali », annonce un communiqué du ministre en charge de l’Administration territoriale, porte-parole du gouvernement, publié lundi 02 mai 2022. Le gouvernement malien indique avoir constaté « avec regret depuis un certain temps, une détérioration profonde de la coopération militaire avec la France, suite à plusieurs incidents », selon le communiqué. Il s’agit notamment de « l’attitude unilatérale du partenaire français qui a décidé les 03 et 07 juin 2021, sans consulter au préalable le Mali, de suspendre les opérations conjointes avec les Forces armées maliennes (FAMa) et de mettre fin à l’opération Barkhane ». En outre, poursuit la même source, le 17 février 2022, la France a annoncé « encore sans aucune consultation de la partie malienne, le retrait des forces Barkhane et Takuba ». À ces griefs s’ajoutent « les multiples violations de l’espace aérien malien opérées par des aéronefs militaires français, malgré l’instauration d’une zone aérienne d’interdiction temporaire par les autorités militaires maliennes », explique le communiqué. Bamako dénonce « la manœuvre dilatoire » consistant pour la France « à demander une réunion d’experts pour la relecture du traité de défense, au lieu d’envoyer ses amendements, et cela plus de deux mois après l’envoi par le Mali de ses amendements en décembre 2021 », souligne le communiqué. Les Accords concernés sont, notamment, le Traité de coopération en matière de défense du 16 juillet 2014 , conformément aux dispositions de son article 26 alinéa 4, selon lequel, « Chaque partie peut dénoncer le présent traité par le biais d’une notification écrite. Cette dénonciation prend effet six mois après réception de la notification par l’autre partie », explique le gouvernement. Il s’agit aussi, avec effet immédiat, de « l’Accord des 7 et 8 mars 2013 déterminant le statut du détachement français, applicable à la Force Barkhane et le Protocole additionnel des 6 et 10 mars 2020 déterminant le statut des détachements non français de la Force Takuba conformément à la Convention de Vienne sur le droit des traités de 1969 dont les articles pertinents prévoient les modalités de dénonciation d’un accord, lorsque celles-ci ne sont pas déterminées expressément (Article 56 ). Ou, en cas de violation manifeste de l’accord par l’une des parties, permettant à l’autre partie de le dénoncer (Article 60) », rappelle le document. Toutefois, le Mali réaffirme à ses partenaires sa disposition à coopérer avec l’ensemble des Etats du monde dans le respect mutuel. Cette décision malienne intervient après l’expulsion de l’ambassadeur de France le 31 janvier dernier, suivie de la sommation faite, le 18 février 2022, à la Force Barkhane de quitter le territoire malien « sans délai »/ AT/MD (AMAP)
Fête du Ramadan : Achat collectif de bœufs, une tradition multi-avantages
Par Makan SISSOKO Bamako, 29 avr (AMAP) Des amis, des voisins ou des collègues de service se mettent ensemble pour que chacun puisse avoir de la bonne viande dans les assiettes le jour de la fête. Nos ancêtres avaient vite compris que l’union, vecteur de cohésion et de prospérité, fait la force d’une communauté ou d’un peuple tout entier. Ainsi, toute la vie sociale, culturelle, politique, religieuse, économique… était bâtie autour de gens ayant soit le même âge, les mêmes visions des choses ou exerçant les mêmes activités socioéconomiques. Les tontines sont nées de cette volonté d’entraide mutuelle visant à unir les efforts pour atteindre un objectif commun : la paix, la cohésion et la prospérité des adhérents. L’achat collectif de bœufs à l’occasion de l’Aïd al-Fitr (fête du Ramadan) entre dans ce cadre. Appelée communément «ton-ton ou tônon», cette tradition fondée sur la cotisation individuelle des membres de la «coopérative» se perpétue. Chaque année, elle permet ainsi à des centaines de milliers de Maliens (pauvres comme riches), d’avoir suffisamment de viande pour fêter en toute convivialité en famille. L’initiative est appréciée par Abdoulaye Guindo, jeune fonctionnaire. Lui et cinq autres collègues ont cotisé chacun 50.000 Fcfa. Grâce à la somme totale, ils ont acheté un bœuf à 285.000 Fcfa au marché à bétail de Niamana. «Nous l’avons ensuite transporté au marché à bétail de Sabaliboubou qui est proche de nous. Là-bas, l’animal est confiée à un éleveur avant le jour de l’abattage», explique Abdoulaye Guindo, l’initiateur du «ton-ton». Cet habitant du quartier de Kalaban-coura, Commune V du District de Bamako, trouve le projet plus économique, comparé à l’achat de viande au marché. Il estime que chaque contributeur pourrait rentrer chez lui avec neuf kilos de viande, espérant perpétuer cette union. Yaya Diarra, habitant de Garantiguibougou, est membre d’une tontine depuis près de cinq ans. Ce chef de famille précise qu’ils sont 40 personnes qui cotisent, chacun, 10.000 Fcfa chaque année. «Nous sommes entre amis, frères et collègues de travail. L’année passée, nous avons pu acheter deux bœufs. Chacun a eu un tas de viande de quatre kilos. Pour le moment, nous n’avons pas enregistré de cas de conflits. Le partage se fait dans la convivialité», souligne-t-il. Pour ce faire, précise-t-il, une liste est établie en fonction de laquelle le partage s’effectue. Yaya Diarra juge viable cette initiative des aînés, qui permet à chacun d’avoir le maximum de viande pour la fête mais surtout de renforcer la paix, l’unité et la cohésion sociale. Après la rupture du jeûne, Souleymane Traoré bavarde avec ses amis autour du thé dans un «grin» à Kalaban coura. Sujet central : la cotisation pour l’achat collectif d’un bœuf. Ce jeune homme, un habitué du «ton-ton», propose de recourir cette année à une balance pour peser sur place les tas de viande afin de réduire les frustrations récurrentes constatées lors des précédentes opérations. Le «ton-ton» n’est pas une exigence de la religion musulmane. Abdou Doumbia, un érudit, explique clairement qu’il n’a rien à voir avec la religion. Selon lui, « cette pratique existe au Mali depuis des siècles ». Elle est, selon l’homme de Dieu, une convention entre un groupe de personnes qui s’accordent à acheter un bœuf pour se partager la viande. La pratique a l’avantage de mutualiser les coûts au sein du groupe. « La religion s’intéresse uniquement à la manière d’égorger l’animal. Elle doit être faite par un musulman, sinon il est interdit au musulman de consommer sa viande », conclut l’érudit. MS (AMAP)
Échange de billets de banque usés : Le bon filon
Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 29 avr (AMAP) La ménagère Salimata N’diaye achète 1.000 Fcfa de tomate chez une vendeuse de légumes au marché de Médine à qui elle remet 2.000 Fcfa. La marchande lui rend la monnaie, un billet usé de 1.000 Fcfa. «Je ne prend pas ce billet. Il est trop maculé. Si je le prends personne ne l’acceptera. Changez-le !», adjure Salimata. Visiblement déçue d’avoir échoué à se débarrasser de ce billet encombrant, la négociante tend deux billets de 500 Fcfa à sa cliente. «Je n’ai pas fait attention en prenant cet argent, il sera probablement une charge pour moi», lance-t-elle, le visage ressemblant à celui qui se fait un sang d’encre. Autre lieu, scène similaire. Nous sommes, cette-fois, dans un Sotrama (mini bus de transport en commun) qui se dirige vers Baco Djicoroni Golf, en Commune V du District de Bamako. Juste après la descente du Pont Fahd, une dame tend un billet de 500 Fcfa enduit d’encre à l’apprenti-chauffeur. Celui-ci crie : «Non, je ne prend plus ce genre d’argent. J’en ai un depuis plus de deux mois, tout le monde le refuse. Changez-le ou descendez du véhicule», tranche-t-il, en tapant de la main la carrosserie du véhicule, pour signaler au chauffeur qu’un client doit descendre. L’air choquée, la cliente change de billet et répond : «Et pourtant, c’est dans un Sortent qu’on m’a remis cet argent-là». La sérénité ainsi retrouvée, l’apprenti s’explique : «Avant, j’acceptais les billets usés, mais les passagers eux-mêmes les refusaient. J’ai donc arrêté de les prendre». Les stations-services qui constituaient un recours pour beaucoup d’usagers semblent de plus en plus regardantes sur la qualité des billets qu’elles reçoivent. «Nous acceptions les billets usés sans demander de l’argent en retour. Il suffisait que le numéro soit visible. Mais, nous avons souvent des soucis au niveau de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) quand l’argent est trop abimé», confie un pompiste d’une station Shell de la place. « Malgré cela, assure Moumini Traoré, je me retrouve avec des billets en très mauvais état parce que certains clients introduisent les mauvais billets entre les bons pour les dissimuler ». Ces scènes de vie sont illustratives des difficultés des usagers à faire circuler les billets de banque usés lors des opérations d’achat/vente, etc. Ces billets s’abiment au fil du temps à force de passer de main à main. VOUS AVES DIT BILLET MUTILÉ ? La Foire aux questions de la BCEAO les appelle billet mutilé. Selon cet outil virtuel automatique répondant aux questions des usagers, il s’agit d’un billet incomplet, très fortement abîmé, notamment par l’eau ou par le feu ou qui a subi d’autres formes de détérioration. Il est, généralement, trop endommagé ou friable pour servir de moyen de paiement ou son état est tel que l’on doit recourir à un examen spécial pour en déterminer la valeur. En effet, la BCEAO offre un service d’échange pour de tels billets à ses guichets. Elle rembourse, sous certaines conditions, les billets de l’espèce. Certains échanges peuvent toutefois être différés en fonction de la dégradation du billet présenté. Pour pouvoir bénéficier de ce service, la demande de remboursement ou d’échange s’effectue, obligatoirement, au guichet de la BCEAO en présence du titulaire qui doit être muni d’une pièce d’identité. L’échange est gratuit, sauf dans des cas très particuliers. Certains usagers tel ce vendeur informel d’essence qui a requis l’anonymat, est au courant de ce service. Rencontré devant son kiosque de fortune où il vend du carburant dans des bouteilles, il est en possession d’un billet de 500 Fifa coupé en deux. «C’est un client qui l’a donné la nuit à un de mes apprentis. Je n’ai plus d’autres choix que de le donner aux échangeurs contre 250 Fcfa. C’est mieux que d’aller à la banque pour observer une longue file à cause de 500 Fcfa», explique-t-il. Cette impatience est à l’origine de l’émergence du métier d’échangeur de billets mutilés. Des jeunes en ont fait une source de profit en décidant de changer ces billets abimés moyennant rémunération. Youba Fofana est l’un de ces nombreux échangeurs de billets usagés. Il opère dans les alentours de la BCEAO. Le diplômé de l’École centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration (ECICA) brandit des billets usés, une manière d’attirer l’attention d’éventuels clients. «Je le fais juste pendant les vacances ou lors des grèves à l’école pour gagner un peu de l’argent», explique Fofana. Selon lui, les frais d’échanges pour le client dépendent de l’état du billet. «En principe le billet de 5.000 Fcfa est échangé à 1.000 Fcfa et 2.000 Fcfa pour le billet de 10.000», précise-t-il. DÉCLARÉS «SANS VALEUR» – Pour ce faire, Youba Fofana amasse des billets de banque déchirés ou coupés, il les scotche. «Dès que j’ai assez de billets, je les attache à l’aide d’une barrette pour aller faire la queue devant la Banque, très tôt le matin. L’appel est fait par ordre d’arrivée. On nous remet une fiche sur laquelle chacun enregistre le nombre de ses billets. Après cette étape, tu mentionnes la somme totale en bas de la même fiche», explique celui qui se rend à la BCEAO une fois par mois. Pour être parmi les 20 à 30 premières personnes, il faut y être vers 4h du matin. En face de la Banque de développement du Mali (BDM), opère Salia Camara. Il court derrière une voiture. Il confirme que le métier peut nourrir son homme. «Nous avons toujours et régulièrement des clients. Cela est dû au fait que les gens gardent mal l’argent. Certaines personnes plient les billets n’importe comment», explique Camara. Qui précise que la BCEAO fait les échanges chaque jeudi et mardi. Salia Camara s’y rend, généralement, avec 200.000 à 300.000 Fcfa de billets abimés. Habillé d’un pantalon Jean et d’un tee-shirt de couleur jaune, Drissa Keita tournait ce jour dans une rue à Djicoroni Para. Coiffé d’un bonnet noir, il hèle les passants en les invitant à venir échanger leurs billets usagés. Interrogé, celui qui dit travailler tous les jours sauf
Bankass (Centre) : La route Nationale RN 15 momentanément bloquée
Bankass, 28 avr (AMAP) Des manifestants ont momentanément bloqué, très tôt jeudi, à Bankass (Centre), la Route nationale (RN15) pour réclamer que l’Etat sécurise l’axe Bandiagara-Bankass. Selon un chef dozo (chasseur traditionnel), l’axe Bankass Bandiagara « a causé trop de pertes en vies humaines surtout entre Parou et Songobia ». « Personne n’est épargnée par les terroristes, des femmes enceintes aux enfants. Des engins explosifs tuent beaucoup de personnes», s’est-il indigné. «Nous demandons aux autorités de l’Etat de prendre des dispositions pour que tout le monde puisse circuler librement. Nous bloquons la RN15 jusqu’à la satisfaction totale de nos doléances », a-t-il dit. Aux environs de 13 heures, la voie a été libérée, après une interventions des autorités administratives locales AMAP
Mali-France : La justice ouvre une enquête sur le charnier de Gossi (Nord)
Bamako, 26 avr (AMAP) Le procureur de la République, près le Tribunal militaire de Bamako, sur instruction du ministre de la Défense et des Anciens combattants, a ouvert une enquête après la découverte d’un charnier à Gossi, dans le cercle de Gourma-Rharous, dans la Région de Tombouctou (Nord), selon un communiqué publié mardi. Des dépouilles en état de putréfaction avancée ont été découvertes dans un charnier, non loin du camp anciennement occupé par la force Barkhane à Gossi, a annoncé, vendredi, l’état-major général des Armées maliennes. Samedi dernier, indique la même source, le procureur « conformément à ses prérogatives de police judiciaire s’est rendu à Gossi pour faire toute la lumière sur ces faits ». D’après le communiqué, il était accompagné d’un médecin légiste, d’une équipe de Police technique et scientifique (PTS) et des enquêteurs du Service d’investigations judiciaires (SIJ) de la Gendarmerie nationale. « Les premiers éléments d’enquête feront l’objet d’un procès-verbal d’enquête préliminaire transmis à qui de droit pour toutes fins utiles », indique le texte. Selon le Procureur, l’opinion sera tenue régulièrement informée de l’évolution de l’enquête dont les résultats seront rendus publics. Selon l’Armée malienne, à la suite de la cérémonie officielle de rétrocession au Mali de l’ancien camp de la force Barkhane, mardi 19 avril 2022, un détachement des Forces maliennes maliennes (FAMa) a vite été déployé avant l’arrivée d’une unité en renfort le mercredi 20 avril 2022. Dès la nuit, cette force a immédiatement essuyé des tirs indirects sur l’emprise, précise le document. « Une patrouille a ainsi été dépêchée pour reconnaître l’environnement immédiat du camp. C’est au cours de cette sortie que ladite patrouille a découvert ce charnier», détaille le communiqué avant de préciser que l’état-major général des Armées a saisi le ministère de la Défense et des Anciens combattants pour l’ouverture d’une enquête en vue d’établir toute la lumière sur ce charnier. D’ores et déjà, poursuit la même source, le vendredi 22 avril 2022, une mission, avec à sa tête le commandant du secteur n°1 accompagné du conseiller juridique, du commandant de régiment et de la prévôté, a été conduite dans la localité pour confirmer les faits. Aussi, l’état-major général des Armées déplore « le fait que les FAMa fassent malicieusement l’objet de communications visant à fourvoyer leur montée en puissance et à altérer leur image ainsi que celle de notre cher pays, le Mali ». « En attendant les résultats de l’enquête qui détermineront les circonstances de ces faits tragiques, il est important de noter que l’état de putréfaction avancée des corps indique que ce charnier existait bien avant la rétrocession », assure l’état-major général des Armées. SS/MD (AMAP)
Diéma : Alpha « fléfiéla », une vie de flûtiste
Diéma, 25 avr (AMAP) A Diéma, dans l’Ouest du Mali, vit un flutiste renommé dans la contrée, qui exerce avec amour et passion son métier, lui permettant de nourrir et d’entretenir dignement sa nombreuse famille. Cet homme courtois et taquin, qui met en avant le cousinage à plaisanterie, dans toutes ses relations sociales, Alpha Diombana, est le président de la Rencontre des communicateurs traditionnels pour le développement (RECOTRADE). On l’appelle affectueusement Alpha « fléfiéla », (Alpha le flûtiste). Il est forgeron, âgé de 71 ans, marié à quatre femmes. «Parce que l’islam interdit de prendre plus de quatre épouses, je m’en tiens à ce petit nombre», dit-il avec humour. Alpha Diombana a appris à « s’amuser », d’après lui, avec la flûte depuis l’âge de dix ans. Au départ, il confectionnait ses flûtes à partir de tiges de mil qu’il choisissait minutieusement dans les champs, après les récoltes. La longueur de la flute ne dépasse pas normalement une coudée, l’équivalent de quarante à cinquante centimètres. Sur la tige, il perce à l’aide d’un fer rougi au feu, le nombre de trous qui convient. La flûte d’Alpha Diombana est son compagnon. « Je ne m’en sépare jamais, sauf, dit-il, en cas de force majeure ». Diombana a abandonné « l’école des Blancs » en classe de 6ème année, parce qu’il ne pouvait « plus tenir, tellement (il) était attiré par sa flute ». Son père ne s’est jamais opposé à sa décision de quitter les bancs de l’école. Intarissable, il raconte : « Lorsque je partais à l’école, j’apportais ma flûte, en la mettant sous mon boubou pour la cacher du maître. Mais un jour, patatra ! « Pendant la récréation, lorsque j’étais emporté sur ma flute, gonflant et dégonflant mes deux joues, en faiasnt le beau entouré de filles, qui entonnaient de jolies chansons, notre maître se dirigea furtivement vers moi et saisit l’instrument pour le détruire », raconte Diombana. « Il m’a mis en garde de ne plus jouer la flûte à l’école si je ne veux pas être radié. A la descente, je me suis procuré une autre flûte plus attrayante et au son plus beau. Alors, commençait pour moi, une série de randonnées. Partout où je voyais un groupe de deux à trois personnes, je me mettais à souffler dans mon instrument à trous, passionnément », poursuit-il. Ainsi, chaque nuit, après le dîner, il se rendait, de famille en famille, pour animer les veillées des vieilles femmes filant le coton, à la lumière vacillante des lampes à huile, assistées de jeunes filles qui chantent et claquent des doigts, emportées par la musique. C’est ainsi que j’ai appris à adapter mes notes aux chansons du terroir ou, parfois, modernes ». Alpha a participé à des Semaines locales, régionales et meme des Biennales. Il a arrêté d’y prendre part en 2003. « A l’époque, l’organisation de la Biennale, affirme l’artiste, a connu de sérieuses perturbations conduisant, en un moment donné, à l’arrêt de cette activité qui, pourtant, avait un grand rôle dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale, à travers le brassages des populations, les échanges d’idées et d’expériences. Alpha Diombana dit rendre grâce à Dieu parce qu’il ne vit pas au crochet de quelqu’un, malgré ses maigres moyens. « Si on m’invite à une cérémonie, les personnes généreuses, qui ne manque jamais, même si leur nombre a considérablement diminué, offrent des cadeaux», dit-il. Jure de la flûte n’est pas sa seule source de revenus. Dans sa maison, il y a une forge. Ses frères et lui, aidés par leurs enfants, travaillent quotidiennement le fer. Sur sollicitation de certains amis, il fabrique souvent des haches, des houes, des couteaux, etc. Pendant l’hivernage, ses enfants cultivent le champs familial. En dehors de ces occupations, il prend son bâton de pèlerin pour faire la médiation, en cas de conflits. L’ancien président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, lui a offert, en 2014, une moto, rappelle-t-il, exprimant sa reconnaissance à son bienfaiteur. A travers son art, il a tissé, à travers tout le Mali, de très bonnes relations. A l’endroit de celles-ci, Alpha, dit son désir de remplacer l’ancienne moto déjà amortie. Il réclame, des autorités, « au moins une médaille du mérite » avant « ma mort et pas n’importe laquelle, celle avec effigie abeille », précise l’homme avec un malin sourire. Le flûtiste regrette que parmi ses enfants, aucun ne s’est intéressé à la flute. « Ils détestent tous ce métier, parce que proscrit pas l’Islam qui interdirait la musique tout comme les loisirs, l’ivresse ». « Le jour où je ne serais plus de ce monde, déclare-t-il, il n’y aura pas de relève dans ma famille. Chaque fois que j’y pense, je suis désappointé », lâche Alpha. « Si j’ai un second regret, c’est qu’avec l’évolution, les gens ont tendance à se détourner de la flûte, à la dévaloriser si je peux m’exprimer ainsi. Lors des cérémonies de mariage, de baptême, etc. on fait appel généralement aux joueurs de balani show, aux DJ, aux rappeurs, pour l’animation », se désole Alpha. L’artiste appelle les jeunes à s’intéresser davantage à nos valeurs morales et sociétales. « Qu’ils s’en approprient, sans quoi, laisse-t-il entendre, sous peu, toutes nos identités culturelles risquent de partir en fumée ». Dans cette bande sahélienne où vit notre flutiste, les récoltes sont aléatoires à cause, très souvent, de la mauvaise pluviométrie, comme un peu partout au Mali. « Mais, pour m’en sortir, je n’ai que ma flûte… », déclare Alpha Diombana, en sortant sa tabatière pour chiper. OB/MD (AMAP)
Kéniéba : Sept personnes ont trouvé la mort dans l’effondrement d’une mine
Kéniéba, 20 avril (AMAP) Sept personnes ont trouvé la mort dimanche dans l’effondrement d’une mine artisanale dans un placer situé entre les villages de Keniety et Koffing, à près de 60 km de Kénièba, au sud-ouest du pays, a appris l’AMAP de source locale. Notre source précise que le dimanche 17 avril 2022, vers 11H une mine artisanale communément appelée « Daman » s’est effondrée dans un placer situé entre les villages de Keniety et Koffing, à près de 60 km de Kéniéba. Alertés, les spécialistes en la matière se sont mis à l’œuvre pour tenter de sauver les orpailleurs piégés dans les décombres. Après d’intenses recherches menées dans la nuit du dimanche à lundi, ils ont pu malheureusement extraire des décombres sept corps sans vie. Ces victimes sont âgées selon les estimations entre 35 et 40 ans. Le placer où s’est produit cet incident malheureux, a fait l’objet d’un litige, il y a six ans, entre le village de Keniety situé dans la Commune de Dialafara et celui de Koffing se trouvant dans la Commune de Sitakily. Chaque village se disait propriétaire du placer en question. Après les pourparlers, les autorités communales et coutumières ont décidé d’exploiter les lieux sous la surveillance d’un conseiller de chaque commune. MFS/KM (AMAP)
Bankass : Un mort, des habitations incendiées et du bétail emporté par des hommes armés non identifiés à Sagabala
Bankass, 14 avril (AMAP) Des hommes non identifiés lourdement armés ont attaqué mercredi Sagabala, un village situé à 6 km de la commune de Dimbal, dans le cercle de Bankass, a appris l’AMAP de source locale. Notre source précise que des hommes lourdement armés sur des engins à deux roues sont arrivés dans les environs de 22heures, ouvrant le feu en tuant un villageois, avant d’incendier les habitations et emporter tout le bétail du village. Selon notre source, les chasseurs traditionnels qui ont été alertés sont allés en renfort mais ont trouvé que les assaillants ont pris la clé des champs. Par ailleurs notre source ne précise pas l’identité des assaillants encore moins la direction qu’ils ont prise après leur forfait. Enfin notre source déclare que les habitants de toute la commune de Dimbal vivent dans une peur bleue avec la menace permanente des terroristes qui font régulièrement des irruptions dans les villages. AKG/KM (AMAP)
Mali : Tenue de la 12è session du Conseil supérieur de l’agriculture, mardi à Koulouba
Bamako, 13 avril (AMAP) La 12 édition du Conseil supérieur de l’Agriculture s’est déroulée mardi à Koulouba, sous la présidence du président de la Transition, Colonel Assimi Goïta, a constaté l’AMAP. C’était en présence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, des membres du gouvernement, notamment Modibo Keïta, ministre du Développement rural, du président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam), Sanoussi Bouya Sylla. Le président de la Transition qui a validé le plan triennal de campagne agricole (2022, 2023 et 2024), présenté par le ministre Modibo Keïta, a demandé au gouvernement de doter le secteur d’une Loi de programmation des investissements, conformément à l’article 195 de la Loi d’orientation agricole. Cela permettra de réaliser davantage des investissements importants pour faire face aux aléas du changement climatique. Le colonel Assimi Goïta a demandé aussi la mise en place d’un programme spécial de promotion de certaines productions céréalières et maraîchères de très grande consommation Le chef de l’Etat a saisi l’occasion pour annoncer que la quote-part du producteur dans le prix du sac de 50 kg de l’engrais minéral est fixé à 12.500 Fcfa et que l’Etat achètera le kg de coton graine (1er choix) à 285 Fcfa. Dans le but d’encourager le monde rural dans ce contexte de flambée du prix des engrais sur le marché mondial, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta a, désormais, fixé la quote-part du producteur dans le prix du sac de 50 kg de l’engrais minéral à 12.500 Fcfa. Le chef de l’état a également arrêté la quote-part pour l’engrais organique à 2.500 Fcfa le sac de 50 kg. Il a, en outre, fixé le prix d’achat du kilogramme de coton graine (1er choix) au producteur à 285 Fcfa. Le colonel Assimi Goïta a, de plus, sollicité la poursuite du programme de pluies provoquées, notamment au début et à la fin de l’hivernage pour permettre aux semis de pousser et aux cultures de boucler leur cycle végétatif. Mais également de fournir du fourrage et de procéder au remplissage des points d’eau dans les zones de pâturage. Le chef de l’état a également demandé de mettre en place un programme spécial de promotion de certaines productions céréalières et maraîchères de très grande consommation, notamment le riz, le maïs, le blé et la pomme de terre pour réduire notre dépendance de l’importation en ce qui concerne ces produits. Il a également demandé d’accroître l’utilisation des intrants locaux tels que les engrais organiques. Ceci contribuera à faire fléchir la facture d’achat des engrais minéraux, mais également, de limiter la dégradation des terres et préserver l’écosystème pour une agriculture durable et saine. Amorcer le lancement du système de géolocalisation pour l’identification des producteurs et la traçabilité des actions avec le monde rural a été retenu. S’y ajoute la réservation de 10% de graine de coton aux huileries agréées ayant signé un contrat avec le ministère du Développement rural pour l’alimentation du bétail et bœufs de labour à titre expérimental. Le colonel Assimi Goïta a, en outre, attiré l’attention sur la surveillance des maladies animales pour la préservation de la santé animale et humaine. Mener un suivi rapproché des populations déplacées qui regagnent leurs lieux d’origine pour les accompagner dans la reprise de leurs activités agricoles ; mettre en place le système national du conseil agricole pour un meilleur encadrement des producteurs avec un recrutement de 300 encadreurs ruraux font également partie des recommandations présidentielles. «Au regard de tous les sacrifices consentis par l’état en faveur du secteur du développement rural, je veillerai particulièrement à ce que toutes les ressources investies dans ce domaine parviennent effectivement aux bénéficiaires que sont les productrices et les producteurs», a-t-il promis. Concernant la production de coton, il ressort du bilan de la campagne agricole 2021 que les prévisions de 731.000 tonnes ont été réalisées. Cette production record depuis la création de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) a permis à notre pays de se positionner, aujourd’hui, comme premier producteur en Afrique au sud du Sahara, selon un rapport du département américain de l’agriculture. S’agissant des productions céréalières, sur une prévision de 11.300.776 tonnes, 9.266.073 ont été réalisées (soit 82% de réalisation). Dans le Stock national de sécurité, sur une prévision de 43.000 tonnes, 33.072 ont été réalisées (soit 76,9 % de réalisation). Au cours des travaux, les participants ont été informés de la réalisation de 9.266.073 tonnes de céréales sur une prévision de 11.300.776 tonnes (soit un taux de 82% de réalisation) lors de la dernière campagne. Les difficultés rencontrées au cours de la campagne 2021 sont liées, notamment à l’insuffisance de l’offre et l’accès difficile aux intrants. S’y ajoutent la mauvaise pluviométrie, la crise sécuritaire, le faible niveau d’organisation de certaines filières, le faible niveau d’équipements des producteurs. L’accès difficile des producteurs aux crédits et l’insuffisance de ressources humaines en font également partie. Pour sa part, le président de l’Apcam a demandé de diligenter la mise en place des intrants agricoles dans toutes les zones de production. Sanoussi Bouya Sylla a saisi l’occasion pour déclarer que la refondation du Mali passera forcément par celle du monde agricole, qui représente 80% de la population active. BD/KM (AMAP)
Tominian : L’ONG World Vision organise un concours entre les centres de lecture
Tominian, 8 avril (AMAP) La salle de délibération de la mairie de la commune rurale de Koula a abrité le 2 avril 2022, un concours de lecture entre les centres de lecture du programme de Duwa de World Vision dans le cercle de Tominian, a constaté l’AMAP. Le présent concours avait comme critères la présence physique, la fluidité de la lecture, les questions de compréhension et le temps. Selon le représentant de l’ONG World Vision, le cluster de San, Daniel GUINDO, cette activité de lecture appuis le travail de l’enseignant à l’école. Il y’a beaucoup à faire, car en classe de 2ème, 3ème, beaucoup d’enfants ne devraient pas pouvoir lire. Redoubler d’efforts pour la réussite des enfants. C’est Moutian Coulibaly du centre de Somadougou qui a été le meilleur lecteur avec 6,94/10, le 2ème Michel Diarra du centre de Bambara avec 5,57/10. Ils sont au total 15 centres de lecture, avec 45 volontaires pour l’encadrement desdits centres. Selon le spécialiste en Éducation de World Vision pour le cluster de San M. Daniel GUINDO, les objectifs des centres de lecture sont entre autres : Amener les enfants à identifier les lettres, a connaître les sons des lettres, lire avec aisance, enrichir son vocabulaire et enfin lire avec compréhension et cela avec le soutien de la communauté. Les clubs de lecture contribuent à favoriser la lecture et l’apprentissage en offrant aux enfants la possibilité d’intégrer avec la lecture en dehors de l’école, d’une manière amusante. Ceci est particulièrement important pour les enfants qui viennent de ménages non lettrés. Les clubs de lecture sont conçus pour encourager les enfants à voir la lecture comme une activité amusante et engageante utile dans toutes les situations, pas seulement pour l’école. Les participants à travers des séries de témoignages, ont prouvé que les centres améliorent le niveau de lecture de leurs enfants. Parmi les difficultés des centres, l’on peut citer : le problème de lecture de certains volontaires, le démarrage timide des centres de lecture, la démotivation de plusieurs volontaires pour manque de gain, entre autres. Les récipiendaires et leurs encadreurs ont chacun reçu un cadeau symbolique. Le Directeur du Centre d’Animation Pédagogique de Tominian Niamory Keita a remis le 1er prix et avant de déclarer clos cet atelier, il a invité les volontaires des centres à plus de courage pour la réussite desdits centres de lecture. ST/KM (AMAP)

