Mali : De fortes décisions pour booster la mise en œuvre de l’Accord d’Alger
Bamako, 06 août (AMAP) Les participants à la 2è réunion de niveau décisionnel des parties maliennes à l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger, ont demandé, vendredi, l’intégration de 26.000 ex-combattants en deux tranches de 13.000 dont la première est repartie selon le quota ayant fait l’objet d’un consensus entre les parties et la seconde sur une période de deux ans, notamment 2023-2024. « Le gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaires pour diligenter les réformes politiques et institutionnelles non liées à la réforme constitutionnelle », indique le communiqué final de la rencontre. Le document ajoute qu’en ce qui concerne les réformes prévues par l’Accord qui sont liées à la révision constitutionnelle, le soin est laissé au gouvernement de « veiller à les soumettre pour être prise en charge dans la rédaction de la nouvelle Constitutionnel, en étroite collaboration avec les Mouvements signataires ». Au terme de cette rencontre, qui a duré cinq jours et portait sur certains aspects de la mise en œuvre de l’accord de paix, les participants ont, également, requis la création et l’opérationnalisation d’une commission ad hoc en charge de conduire les travaux et de formuler des propositions pour la gestion, au cas par cas, des hauts cadres civils et militaires des Mouvements signataires. Cette commission qui sera « mise en place de façon collégiale, dans le meilleur délai, proposera des modalités de prise en charge des hauts cadres militaires des Mouvements signataires à intégrer dans la chaine de commandement ». Par ailleurs, les parties se sont félicité de la tenue de cette rencontre qui marque l’amorce d’une nouvelle dynamique positive dans le processus de la mise en œuvre de l’Accord. « Le gouvernement et les Mouvements réaffirment leur pleine détermination et leur ferme engagement à poursuivre dans le même esprit les échanges et l’ensemble des actions nécessaires pour la stabilisation du Mali, la restauration et la consolidation d’une paix durable au bénéfice de notre peuple et de notre nation », conclut le communiqué. Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a présidé la clôture de la réunion, en présence des membres du gouvernement, du corps diplomatique et de la médiation internationale, ainsi que des représentants des mouvements signataires de l’Accord et de l’inclusivité. BD/MD (AMAP)
Ségou : L’histoire de Biton attire des touristes maliens
Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 05 aout (AMAP) Situé à une dizaine de kilomètres de Ségou (Centre), sur la route de Bamako, Sékoro est aujourd’hui un bourg cosmopolite habité par les Bambara, les Bozos et les Somono, les Peulhs, les Maures, les Dogons et les Sonrhaï. Le village dont l’appellation fait l’objet de plusieurs interprétations, entre Sékôrô, l’ancien pouvoir et Cheick kôrôbakadugu, village du vieux Cheick (marabout qui s’installa sur les lieux en construisant une mosquée), fut la première capitale du royaume bamanan de Ségou fondé par Biton Mamari Coulibaly, entre 1712 et 1755. Jadis appelé «Yirikourounjiè», il serait fondé par Cheick kôrôbaka qui serait venu avec ses talibés, se serait installé au bord du fleuve et fit construire la première mosquée qui prit son nom. De nos jours Sékoro recèle encore un patrimoine culturel important au nombre desquels l’on peut citer la tombe de Biton Mamary Coulibaly, premier roi Bamanan de Ségou, les sept vestibules (Biton Blon) reconstruits à côté de la sépulture de l’illustre homme, la mosquée de Ba Sounou Sacko ou la mosquée de la mère de Biton et la première mosquée construite par Cheick Marouf (Syrien) le fondateur du village. La tombe de Biton Mamary Coulibaly jouxte le «Biton blon». Cet impressionnant bâtiment de style soudano-sahélien servait à accueillir les conseils du trône pour la prise des grandes décisions et les hôtes de marque. Pour accéder au site, le visiteur doit passer par le chef de village qui le fait accompagner d’un guide. Il n’y a pas de prix fixe pour la visite. Selon une source, elle se fait à la tête du client entre 2000 Fcfa, 5000 Fcfa et 10.000 Fcfa. Selon le guide Amadou Traoré, à l’instar des autres sites du village, les visiteurs viennent également visiter la tombe de Biton Coulibaly. «Il y en a qui viennent dans l’intention de visiter les sept vestibules. On les fait visiter également la tombe. Il y en a qui viennent uniquement pour la tombe mais doivent forcément traverser les vestibules avant d’accéder à la tombe» relève-t-il. Comme pour dire que la tombe et le «Biton blon» sont indissociables. PÔLE TOURISTIQUE– D’après lui, des gens viennent sur la tombe pour exprimer leurs vœux. Car, selon les croyances, les vœux sont généralement exaucés. «Ceux qui ont des difficultés à se marier, à avoir du boulot, les couples qui n’arrivent pas à enfanter, ou ceux qui ont d’autres soucis viennent à la tombe exprimer leurs vœux. En retour, si leurs vœux sont exaucés, ils viennent avec des présents qu’ils déposent soit sur la tombe soit ils les donnent au chef du village», explique-t-il. Les visiteurs maliens sont de plus en plus nombreux à se rendre à Sékoro, pres de Ségou (Centre) pour visiter la tombe et les 7 vestibules de l’illustre fondateur du royaume bambara. Mais les nationaux n’arrivent pas à combler entièrement le vide laissé par les visiteurs étrangers qui se font rares actuellement, à cause de la situation sécuritaire Amadou rappelle que la tombe aussi bien que les autres sites de Sékoro étaient une destination pour de nombreux touristes étrangers et nationaux. Mais avec la situation sécuritaire actuelle, le nombre des visiteurs étrangers a drastiquement baissé. «On était débordé par les visites et on gagnait beaucoup d’argent. Mais cela n’est plus le cas aujourd’hui», confie-t-il. Et de souligner que les nationaux constituent actuellement le gros des visiteurs. «Nous recevons des étudiants, des écoliers. Les missionnaires en transit profitent pour visiter. Certains nationaux quittent expressément Bamako pour visiter les lieux. D’autres profitant de leur séjour à Ségou pour un mariage ou un baptême viennent également visiter nos sites. Des fois, on peut atteindre une soixantaine de personnes par jour. Parfois, on ne dépasse pas 10. Souvent, on n’atteint même pas ce nombre», dit-il, soulignant que quelques rares étrangers viennent de temps à autre. Le directeur régional du tourisme et de l’hôtellerie, Gaoussou Fofana nous confie que la tombe de Biton tout comme les autres sites de Sékoro constitue un pôle touristique. «Sékoro est un site qui contribue à la promotion du patrimoine culturel. Il regorge beaucoup de potentialités en matière de tourisme mais malheureusement on n’arrive pas à les valoriser à hauteur de souhait faute de ressources financières», déplore-t-il. S’exprimant au sujet de la tombe de Biton, il explique que la sépulture fait partie des produits touristiques de Sékoro. Elle immortalise l’illustre roi qui est le fondateur du célèbre royaume bambara. «Des visiteurs viennent pour vénérer la tombe. Certains viennent pour prendre des photos», confie Gaoussou Fofana qui confirme que la crise a fait chuter le nombre des visiteurs étrangers. Cependant, se réjouit-il, elle a permis de changer de fusil d’épaule en matière de politique. «On avait une politique orientée vers les étrangers. La crise nous a permis de changer la politique en nous tournant vers les Maliens. De plus en plus de Maliens s’intéressent à nos produits», se réjouit le professionnel du tourisme. L’année dernière on a reçu des colonies de vacances venant de Sikasso, de Djenné. » Même s’il n’existe pas de statistiques sur le nombre de visites, on peut constater, pour le moment, que les nationaux visitant les sites sont loin d’atteindre le nombre des étrangers que la capitale des Balanzans accueillait. Du coup, des difficultés de mobilisation des ressources financières se font jour et rendent plus difficiles les travaux d’entretien. ADS (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 03 août 2022
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 03 août 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Conseil des Ministres a adopté un projet d’ordonnance portant modification de la Loi n°2018-035 du 27 juin 2018 portant statut des fonctionnaires des Collectivités territoriales. L’âge limite de participation au concours d’entrée dans la Fonction publique de l’Etat a été augmenté de trois ans pour les catégories C, B1, B2 et A par l’Ordonnance n°2021-015/PT- RM du 31 décembre 2021 modifiant la loi portant Statut général des Fonctionnaires. Le présent projet d’ordonnance est adopté pour harmoniser les conditions de participation au concours d’entrée dans les deux Fonctions publiques en relevant à 35 ans l’âge limite de participation au concours d’entrée dans la Fonction Publique des Collectivités territoriales pour la catégorie C, 38 ans pour les catégories B2 et B1 et 43 ans pour la catégorie A. Son adoption participe de la volonté du Gouvernement de rétablir l’équité et de promouvoir l’accès à l’emploi en faveur de la jeunesse. Sur le rapport du ministre de l’Économie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté des projets de décret portant approbation des marchés relatifs aux travaux de construction du barrage de Taoussa et ses ouvrages annexes en deux lots : – lot 1 : génie civil ; – lot 2 : fourniture et installation des équipements hydromécaniques. Les marchés sont conclus entre le Gouvernement de la République du Mali et le groupement OZGUN/OZDEMIR pour un montant total de 100 milliards 891 millions 239 mille 30 francs CFA et un délai d’exécution de quarante-huit mois. La réalisation de ces travaux, qui s’inscrit dans une vision globale de développement rural intégré, permettra entre autres : – de promouvoir les systèmes de production agro-pastorale et de sécuriser les cultures traditionnelles ; – d’arrêter le processus de désertification ; – d’assurer la production d’énergie Hydroélectrique et la continuité du transport fluvial et routier. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le Conseil des Ministres de l’organisation d’un atelier national de validation des avant- projets de loi portant code pénal et code de procédure pénale. Depuis la rectification de la Transition, le Mali s’est engagé dans un vaste processus de refondation de l’Etat. La Justice constitue un des piliers principaux de cette refondation. Pour jouer pleinement ce rôle fondamental, elle a besoin de moyens matériels et humains, mais aussi d’instruments juridiques adaptés à nos réalités socio-économiques et conformes aux engagements pris par notre pays au plan communautaire, régional et international. Dans ce cadre, plusieurs textes sont en cours d’élaboration ou de relecture, dont le code pénal et le code de procédure pénale. Après examen par la Commission législative permanente du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, les deux avant-projets de texte ont été consolidés au cours de plusieurs ateliers thématiques. L’étape prochaine sera l’examen de ces textes dans le cadre d’un atelier national inclusif de validation qui se tiendra du 15 au 20 août 2022 avec la participation de l’ensemble des représentants des forces vives de la nation, des experts et des partenaires techniques et financiers. Les innovations apportées sont relatives entre autres : – à la prise en compte de la responsabilité pénale des personnes morales, des violences basées sur le genre, des pratiques de l’esclavage par ascendance, de la question des mineurs face au terrorisme, de la définition et de la répression de la haute trahison et du financement occulte des partis politiques ; – à l’introduction des techniques spéciales d’enquêtes, du double degré de juridiction en matière criminelle, de la création de chambres criminelles permanentes au sein des tribunaux de Grande Instance. Ces projets de texte vont contribuer à garantir la bonne gouvernance, la stabilité, la paix et à restaurer la confiance des justiciables en la justice. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’État a, cependant, rappelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie. Bamako, le 03 août 2022 Le Secrétaire général du Gouvernement, Mahamadou DAGNO Officier de l’Ordre national
Macina : Le Préfet de cercle à l’écoute de ses administrés de l’arrondissement de Monimpébougou
Macina, 4 Août (AMAP) Le nouveau Préfet de cercle de Macina, Albaraka Ag Amarizag a rencontré mercredi les Forces vives de l’arrondissement de Monimpébougou, dans le cadre de sa prise de contact avec ses administrés, a constaté l’AMAP. Dans son discours de bienvenue le maire de la commune de Monimpébougou, Ali Sirima Coulibaly a remercié tous les participants pour leur participation active compte tenue de la période hivernale avec les travaux champêtres. Les échanges ont porté entre autres sur l’accompagnement des autorités de la Transition, la situation sécuritaire, l’administration au service des usagers et le bon rendement des Chefs de service, la dégradation du tronçon de la route Macina – Monimpébougou. Sur le plan sécuritaire, le Chef de l’exécutif local a lancé un appel pressant à la vigilance avant de demander l’engagement de la population surtout les femmes et les jeunes à s’impliquer fortement dans le cadre du renseignement fiable. Il a rappelé la nécessité d’une franche collaboration avec les Forces de Sécurité pour consolider les acquis en matière de sécurité, notamment la protection des personnes et de leurs biens. Il a par ailleurs souhaité que notre pays retrouve la paix et la cohésion avec l’union des Maliens pour un Mali-nouveau. Le préfet a également invité les communautés à un changement de comportement et de mentalité, gage du succès pour un développement harmonieux Les participants ont exprimé un grand intérêt pour les différentes préoccupations évoquées et ont promis de s’investir pour apporter des réponses adéquates. A l’issue des débats fructueux et teintés d’ouverture d’esprit, et compte tenu des réformes en cours dans le Pays pour un retour à l’ordre constitutionnel, Albaraka Ag Amarizag s’est dit confiant de ce qu’il a vu et entendu et s’est engagé pour soutenir ces populations de cette Zone agro – pastorale par excellence, véritable grenier du cercle et pour le bonheur des populations en cette veille de campagne agricole. Cette rencontre a été possible grâce à l’ONG le Centre pour le Dialogue Humanitaire (HD) qui est une organisation de médiation basée à Genève et intervient dans la résolution des conflits à travers le monde. AOK/KM (AMAP)
Kangaba : Marche pacifique contre la pénurie d’eau et d’électricité
Kangaba, 3 août (AMAP) La population de la ville de Kangaba, sous la conduite des responsables de la jeunesse, des femmes et ceux des associations et organisations de la société civile a participé massivement le 26 juillet dernier, à une marche pacifique pour montrer son mécontentement aux autorités locales face à la pénurie d’eau et d’électricité que la ville connait depuis plus d’un mois, a constaté l’AMAP. Les manifestants ont quitté la place publique au centre-ville direction la préfecture, ou ils ont été entendus par le préfet et ses adjoints.Le porte-parole des marcheursAmady Keïta a brossé la situation que vie Kangaba après plus de 20 nuits passée dans le noir. Il a précisé qu’ à cause des coupures d’électricité, les cas de vol ont augmenté, les boutiques sont pillées, les animaux sont volés. « Pire, au centre de santé de référence, les cas de décès d’enfants ont augmenté parce que le groupe électrogène qui prenait le relai en cas de coupure est en panne’ a t-il soutenu. Il a salué les efforts fournis par les agents de sécurité qui font de leur mieux pour sécuriser les populations et leurs biens. Ces derniers, s’ils sont animés de bonnes volonté sont freinés dans leur élan par le manque d’électricité. Celle qui s’est exprimée au nom des femmes, Mme Keïta Maïmouna Doumbia a déploré le manque d’eau après chaque coupure de courant. Elle a même fait son choix en disant d’éliminer le courant si cela peut diminuer les souffrances des femmes en matière d’eau. Le président du conseil local de la jeunesse, Boua Haïdara a invité les autorités administratives et politiques d’aider les chefs des services locaux de l’énergie et de l’eau à faire remonter les doléances de la population aux plus hautes autorités du pays. En réponse aux marcheurs, le préfet du cercle a dit avoir écouté avec attention les différents discours. M. Allidji BAGNA a donné la certitude d’informer qui de droit afin de trouver des solutions rapides à cette situation qui affecte tout le monde sans exception. Il a salué les organisateurs de la marche du fait que tout s’est passé dans le calme du début à la fin de la manifestation. Après la préfecture, les marcheurs se sont rendus au conseil de cercle ou les mêmes discours ont été tenus devant le président de cette municipalité M. Bakary B. KEITA. Ce dernier a également salué les organisateurs qui n’ont ménagé aucun effort pour le bon déroulement de la marche. Le préfet du cercle de même que le président du conseil de cercle et les marcheurs souhaitent tous le règlement rapide de ces problèmes qui frappent tout le monde sans exception. SD/KM (AMAP)
Accord pour la paix et la réconciliation : 2è réunion de niveau décisionnel des parties maliennes
Bamako, 2 août (AMAP) Les travaux de la 2è réunion de niveau décisionnel des parties maliennes à l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger, se sont ouverts lundi à Bamako avec pour objectif de s’accorder sur les modalités d’intégration des ex-combattants dans les corps constitués de l’Etat, y compris au sein des forces de défense et de sécurité. Dans le cadre d’une dynamique nouvelle, le gouvernement et les groupes signataires de l’Accord se réunissent, en présence des médiateurs, sur certains aspects de la mise en œuvre du document. Cette rencontre de cinq jours, qui vise essentiellement à créer les conditions nécessaires pour entamer le Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) global et à s’accorder sur les réformes politiques et institutionnelles non liées à la révision constitutionnelle. Les échanges porteront, notamment sur la répartition des quotas à l’intégration des ex-combattants dans les corps constitués de l’Etat y compris au sein des forces de défense et de sécurité et le mécanisme de gestion des cadres civils et militaires des mouvements signataires Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, qui a présidé l’ouverture, a précisé que l’opérationnalisation de ces différentes mesures contribue grandement au renforcement de la confiance entre les parties à l’Accord. Dr Choguel Kokalla Maïga a réitéré l’engagement des autorités de la Transition pour la mise en œuvre de l’Accord. « Cet engagement, a-t-il dit, reflète la ferme détermination de l’Etat d’opposer un leadership et une forte volonté politique en vue de pérenniser la stabilité ainsi que l’équilibre social, politique et économique à travers la mise en œuvre des dispositions de l’Accord ». EX-COMBATTANTS – « C’est ainsi que la Primature a instruit le Commissariat à la réforme du secteur de la sécurité de tenir des réunions interministérielles pour dégager le quota à octroyer aux mouvements signataires, tout en tenant compte de la soutenabilité de l’opération et des capacités d’absorption des services concernés par l’intégration», a indiqué le chef du gouvernement. Aussi, le Premier ministre a-t-il rappelé que le gouvernement avait annoncé, lors de la 45è session du Comité de suivi de l’Accord (CSA), l’intégration d’une première tranche de 13.000 ex-combattants issus des groupes signataires pour l’année en cours. Il a ajouté qu’une deuxième tranche de 13.000 sera échelonnée sur les deux ou trois prochaines années. « Pour la mise en œuvre de ce paquet de mesures, a poursuivi Dr Choguel Kokalla Maïga, le gouvernement a organisé cette rencontre qui s’inscrit en droite ligne de la dynamique enclenchée lors de la première réunion de niveau décisionnel, tenue en février 2021 ». Le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, a, quant à lui, invité les participants à saisir cette opportunité pour contribuer au maximum à la qualité des échanges en vue d’aboutir à des conclusions satisfaisantes. Pour le chef de file de la médiation et ambassadeur d’Algérie, Boualem Chébihi, il est urgent de parvenir à une accélération du processus de mise en œuvre de l’Accord qui reste la « pierre angulaire pour le retour de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans le respect de l’intégrité territoriale, de l’unité nationale et de la souveraineté du Mali ». Boualem Chébihi a réaffirmé l’accompagnement de la médiation internationale dans ce sens. Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Mali, El-Ghassim Wane, a souligné que la Transition offre une opportunité unique pour parachever la mise en œuvre de l’Accord, qui participe de l’entreprise en cours de refondation de l’Etat. «Tout doit être fait pour conforter cette dynamique», a exhorté M. Wane. De leur côté, les représentants des mouvements signataires de l’Accord et ceux de l’inclusivité ont salué la tenue de cette rencontre. Ils ont réitéré leur soutien aux autorités dans le sens de la mise en œuvre de l’Accord et du retour d’une paix définitive dans notre pays. C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement et des membres du corps diplomatique et des représentants des mouvements signataires de l’Accord et de l’inclusivité. BD/MD (AMAP)
Mali : Une cinquantaine de terroristes neutralisés après des attaques à Sevaré, Nara et Diabaly (état-major)
Bamako, 28 juil (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé une cinquantaine de terroristes en ripostant, mercredi, à des attaques menées contre des positions de l’Armée à Sevaré, de Sokolo dans la Région de Ségou (Centre) et à Kalumba, dans la Région de Nara (Ouest), indique une source militaire. « La riposte menée avec énergie et professionnalisme a permis de mettre en déroute les assaillants et de les poursuivre dans leur fuite », précise un communiqué de l’état-major général des Armées publié mercredi soir. Les groupes terroristes ont mené des « tentatives d’infiltration » contre « l’un des check-points du camp Hamadoun Bocary Barry dit Balobo et la cité de l’Armée de l’Air à Sevaré. aux environs de 01h00 », a annoncé l’armée dans son communiqué. Dans la foulée de la tentative d’infiltration déjouée à Sevaré, d’autres « attaques simultanées » ont visé, tôt mercredi matin, des postes FAMa de Kalumba et de Sokolo. « Combinant manœuvres terrestres, frappes aériennes et opérations aéroportées, la réaction prompte, courageuse et dynamique des FAMa a mis en lumière la vanité des actions désespérées des terroristes qui visent manifestement à faire des coups médiatiques pour masquer les pertes considérables qu’ils subissent depuis plusieurs mois », détaille le communiqué de l’état-major. Dans l’attaque de Sevaré, les FAMa ne déplorent aucune perte en vie humaine ni en matériels, informe l’Armée, notant également qu’aux environs de 02h00, les militaires du poste de contrôle de Barigodaga, commune urbaine de Mopti, ont repoussé des mouvements suspects en direction de Tongorogo, commune rurale de Sokoura, cercle de Mopti en adoptant une posture dissuasive et en effectuant des tirs d’arrêt À Sokolo, la réplique coordonnée des FAMa a mis les assaillants en débandade, selon l’Armée qui donne un bilan provisoire de 48 terroristes morts, 03 Pick-up détruits aux abords de l’emprise avec occupants et équipements et beaucoup de matériels militaires récupérés. Les FAMa déplorent 06 morts et 25 blessés dont 05 graves, déjà évacués sur un centre de prise en charge. « L’appui aérien prompt et les actions héliportées ont permis de neutraliser 03 pick-up terroristes, à 15 km de Sokolo avec des occupants estimés à une quinzaine de combattants et leurs équipements », explique le communiqué. On y apprend aussi que les actions des FAMa ont conduit à la récupération de 02 autres pick-up dont 01 équipé d’une mitrailleuse 14,5 mono-tubes, environ 04 km à l’Ouest de Sokolo, plusieurs motos de même que beaucoup de matériels militaires, des munitions, des armes y compris 03 PKM , 02 mortiers de 60mm. Quant à l’attaque de Kalumba, elle a été également contenue et vigoureusement repoussée, selon l’Armée qui relève un bilan côté ami est de « 12 morts dont 03 civils d’une entreprise de construction de route ». Selon la source militaire, le ratissage et l’évaluation de cette attaque sont en cours. Mais l’état-major annonce que la « poursuite aérienne a permis d’attaquer des bases logistiques terroristes sous couvert végétale dans les environs , réduisant ainsi le potentiel ennemi ». Par ailleurs, la hiérarchie militaire assure que les attaques de ces derniers jours matérialisent l’agonie des groupes armés terroristes. Selon le communiqué, de nombreux renseignements ont été récupérés sur les assaillants pour mieux identifier leur origine et leurs soutiens. « Un certificat de résidence portant le numéro 1179 / PU – 2 Man en date du 23 novembre 2018, prouvant l’établissement de l’un des assaillants dans un pays voisin, a retenu l’attention des services compétents », souligne le communiqué, avant de préciser que ces « renseignements seront minutieusement examinés par les services spécialisés afin de déterminer les connexions et les éventuelles complicités ». MT/MD (AMAP)
Macina : Les travaux du port de pêche au menu
Macina, 28 Juillet(AMAP) Le préfet de cercle, Albaraka AG Amarizag a présidé mercredi à Macina la 2ème réunion des travaux du port du pèche de Ke-Macina, a constaté l’AMAP. Les échanges ont porté sur entre autres, l’état d’avancement des travaux, les observations, les recommandations et les prévisions mensuelles de l’entreprise Il s’agissait au cours de cette rencontre de permettre aux participants de s’enquérir de l’évolution et de la qualité des travaux Les participants ont constaté que l’état d’avancement des travaux est de 3,14%contre, un délai consommé de 125 jours sur 360 jours soit 35,28% Les membres du Comité de suivi ont fait beaucoup d’observations tout en soulignant leurs inquiétudes vue la montée de l’eau dans le fleuve Niger en cette période hivernale. Par ailleurs, le représentant de l’Entreprise Groupement SENO BTP/EAS sarl de s’engager pour résorber le retard accusé. Rappelons que ce Projet d’Appui a la Filière Halieutique au Mali (PAFHa+/ENABEL à comme maitre d’œuvre SAFIEXCO sarl et financé par l’Union Européenne et l’Agence Française de Développement A l’issue de la rencontre Monsieur le chef de l’’exécutif local Cercle a invité les participants à un suivi correct des travaux de réalisation de ce port de pêche véritable espoir de populations riveraines du Delta Intérieur du Niger. La prochaine réunion mensuelle est prévue pour le 24 Août 2022. AOK/KM (AMAP)
Dr Aly Tounkara, directeur du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S) : «La présence de Barkhane au Niger n’est qu’un redimensionnement de sa visibilité »
Par Dieudonné DIAMA Bamako, 26 juil (AMAP) L’Armée française a redéployé ses soldats engagés au Sahel sur le territoire nigérien, après avoir quitté le Mali. Pourquoi le choix de notre grand voisin de l’Est? Pourquoi un changement de paradigme dans la coopération militaire avec ce pays? Qu’est-ce qui pousse la France à se maintenir au Sahel malgré le sentiment anti-présence exprimé dans plusieurs pays de la région? Autant de questions auxquelles a répondu Dr Aly Tounkara, directeur du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S) dans un entretien avec l’AMAP. Pour le spécialiste de sécurité au Sahel, le choix du Niger pour le redéploiement de la Force Barkhane permet à la France de rester le plus près possible du dossier malien. Et, en même temps, d’avoir un regard vigilant sur ce qui se passe en termes de sécurité dans le Liptako Gourma, cette zone frontalière entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Dr Tounkara estime que le contrôle de cette partie dite zone des «trois frontières» est un des enjeux importants pour l’Hexagone. Une autre raison, et pas la moindre, selon le directeur du CE3S, est la préservation des intérêts des compagnies françaises comme Areva, Total, Bouygues, etc. Dr Tounkara livre également son analyse sur le changement de paradigme que l’Armée française entend opérer avec son redimensionnement au Niger. D’après lui, le sentiment anti-français (anti-politique française, plus précisément), exprimé un peu partout dans les pays du Sahel, témoigne de la nécessité pour Paris, à défaut de se remettre en cause, de questionner clairement sa manière d’agir dans la région, notamment le fait d’être perçu comme le premier acteur dans la lutte contre les groupes radicaux violents. Se référant à ce qui s’est passé au Mali, l’analyste soutient que c’est quelque chose qui pourrait s’apparenter à une sorte d’empiètement sur la souveraineté des États. Face à cette situation, selon Dr Aly Tounkara, la France s’efforcerait, aujourd’hui, à jouer un rôle accessoire, tout en restant aux côtés des forces partenaires nigériennes sans se substituer à elles. Il précise que c’est ce qu’elle faisait, jusqu’à une période récente, qui a provoqué ces différents soulèvements et la manifestation du sentiment anti-français çà et là. Malgré cela, le chercheur soutient que la présence de la France au Niger n’est autre qu’un redimensionnement de sa visibilité. « Car les finalités recherchées par cette présence demeurent la préservation des intérêts des compagnies françaises dans le Sahel », estime-t-il. En plus, de faire en sorte que la France reste influente sur le plan international à travers le Conseil de sécurité des Nations unies par sa présence dans le Sahel. Le directeur du CE3S estime, également, que cette présence lui permet de s’intéresser aux routes clandestines empruntées par les candidats à la migration irrégulière qui passent par les zones méditerranéennes pour regagner l’Occident. Pour lui, « les finalités de cette présence ne vont pas connaître de mutations mais ce sont les manières d’agir qui vont s’accommoder au gré des sentiments anti-français en matière politique et militaire exprimés çà et là ». PRÉSENCE DISCRÈTE – Pour Dr Tounkara, au Niger, on peut parler d’une présence discrète symboliquement. Mais au fond, quand on interroge certains officiers supérieurs de l’Armée nigérienne, des personnalités non des moindres parmi les populations, on se rend compte que ce redimensionnement de la Force Barkhane au Niger serait une affaire entre Paris et le président Mohamed Bazoum et certains de ses lieutenants. « Même si cette présence est légale car approuvée par l’Assemblée nationale, elle est loin d’être une volonté populaire affichée par les Nigériens », dit le chercheur. À propos de l’argument d’opérations ou patrouilles conjointes mis en avant avec ce redéploiement de la Force Barkhane, Dr Tounkara explique que c’est un concept qui voudrait dire que « dorénavant, les militaires français vont évoluer sous le commandement de l’Armée nigérienne ». Il estime que « c’est un beau discours » mais qu’il serait difficile pour la France de rompre avec les habitudes anciennes caractérisant sa présence militaire au Sahel. «Ça m’étonnerait fort que l’état-major nigérien planifie ou prenne des décisions et des initiatives, en associant l’Armée française comme un élément accessoire et que ces décisions soient exécutées», estime Aly Tounkara. D’après lui, « si la France venait à évoluer militairement sous la coupole de l’état-major nigérien, en termes d’opérations conjointes à mener, d’initiatives sécuritaires à réfléchir et à expérimenter, ce serait une aubaine pour l’Armée nigérienne ». Cependant, prévient le chercheur, il ne faut pas crier victoire car, «il serait naïf de penser que. du jour au lendemain, la France fasse fi de pratiques qui remontent à des siècles au nom d’une coopération d’égal à égal». Il pense plutôt qu’il faut concevoir une telle volonté de l’État français comme une quête de légitimation ou de légitimité de la part des éléments réticents au sein de l’Armée nigérienne à cette présence. Dr Tounkara rappelle que « ce qui a été reproché à la France au Mali et au Burkina Faso, à certains égards, c’est cette volonté de voir les Armées partenaires comme des accessoires et échappatoires ». «Cette image a beaucoup joué en défaveur de la France. Aujourd’hui, elle chercherait à changer cette image dont elle a été étiquetée dans le dossier malien», analyse Aly Tounkara qui soutient que ce sont des stratégies de positionnement sur le plan militaire, d’acceptabilité qu’orchestrerait, aujourd’hui, l’Armée française au Niger, en vue de plus de légitimité et, même, d’efficacité en termes de partenariat entre les deux pays. REDORER SON BLASON – Pour le directeur du CE3S, si le changement de paradigme venait à être opéré par l’Armée française, cela va, forcément, demander des efforts importants à consentir d’abord par l’élite politique française au pouvoir. Il s’agit, pour cette élite, de s’abstenir de s’ingérer dans les affaires éminemment internes des pays telles que les questions d’intégrité territoriale, de révision constitutionnelle, de choix politiques, entre autres. Le spécialiste estime, aussi, que la France aurait aujourd’hui tout à gagner en acceptant de sortir progressivement de son regard condescendant vis-à-vis des Armées partenaires. «Cela va beaucoup l’aider à redorer son blason. Une fois
Rencontre président de la Transition-gouverneurs : Au menu, retour de l’Administration et rétablissement des services sociaux de base
Bamako, 26 juil (AMAP) Le chef de l’Etat malien, le colonel Assimi Goita, a réuni, lundi, l’ensemble des gouverneurs de régions pour une rencontre inédite dont les échanges ont porté sur le bon fonctionnement des services de l’administration locale et régionale, ainsi que l’amélioration des services sociaux de base au profit des populations, Les travaux ont démarré dans la salle des banquets du palais de Koulouba, sous la présidence du chef de l’État. Prennent part à cette rencontre le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, plusieurs membres du gouvernement et les gouverneurs des régions et du District de Bamako. La rencontre de deux jours va se dérouler en deux phases. Dans un premier temps, chacun des gouverneurs procède à une présentation de la situation politique, économique, sécuritaire et sociale dans sa région. Et de faire le point des besoins propres de l’administration régionale et ceux des populations en termes de services sociaux de base (santé, éducation, routes, etc). Secundo, les membres du gouvernement apporteront des éléments de réponse aux doléances et préoccupations soulevées par les gouverneurs. Dans son discours d’ouverture, le président de la Transition a précisé que cette importante rencontre intervient dans un contexte marqué par des avancées notables dans la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR). À ce propos, il a cité la fixation de la durée de la Transition, l’adoption et la promulgation de la nouvelle loi électorale qui consacre la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE), la publication du chronogramme des réformes politiques et institutionnelles majeures ainsi que celui du référendum et des élections. D’autres avancées remarquables s’articulent autour de la création et l’installation de la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution, la création et l’installation du Comité indépendant de suivi évaluation de la mise en œuvre des recommandations des ARN. CONDAMNÉS À RÉUSSIR – Ces résultats, selon le chef de l’Etat, s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route de la Transition dont les axes portent sur le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, la promotion de la bonne gouvernance, la réforme du système éducatif, les réformes politiques et institutionnelles ainsi que l’adoption d’un pacte de stabilité sociale et l’organisation des élections générales. Ces axes, qui répondent aux principaux défis du Mali, demandent l’engagement des gouverneurs pour la réussite de ces missions. « En dépit du contexte difficile que notre pays traverse depuis 2012, le gouvernement ne ménage aucun effort pour mobiliser les ressources nécessaires à la réussite des missions de la Transition. Il ne saurait en être autrement, car nous sommes collectivement condamnés à réussir cette phase transitoire. Cela requiert, de nous tous, un engagement et une mobilisation sans réserve », a indiqué le chef de l’État. En outre, le président de la Transition a mis un accent particulier sur les missions attribuées aux gouverneurs. Il s’agit, entre autres, de préserver les intérêts nationaux, de veiller au respect des lois, règlements et décisions de l’état. «Vous devez également assurer l’information permanente du gouvernement sur la vie politique, économique, sociale et culturelle de la circonscription administrative», a déclaré le colonel Assimi Goïta. Ainsi, pour le chef de l’État, il est donc évident que les gouverneurs sont responsables de la réalisation des objectifs nationaux de développement assigné aux services déconcentrés de l’état dans les circonscriptions administratives. «Soyez à cet égard rassurés, car le gouvernement sera toujours à votre écoute et veillera à la mise à disposition de ressources nécessaires pour mener à bien vos missions», a assuré le colonel Assimi Goïta. Et de préciser que le retour et le renforcement de l’autorité de l’état demeurent une priorité du gouvernement malgré la persistance des menaces. Les travaux de la rencontre prennent fin aujourd’hui. Après la cérémonie de clôture, chaque gouverneur sera reçu en audience par le président de la Transition. OD/MD (AMAP)

