Moussa Ag Acharatoumane : “Nous devons unir nos forces pour faire face au monstre l’État islamique ”

Propos recueillis par Massa SIDIBÉ Bamako, 27 sept (AMAP) La collaboration entre l’Armée et les groupes signataires de l’Accord pour la paix et  la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger dans la lutte contre le terrorisme, la situation humanitaire dans la zone de Ménaka sont, entre autres, sujets sur lesquels s’exprime dans cette interview le secrétaire général du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA). Moussa Ag Acharatoumane livre, également, ses impressions sur l’intervention du Premier ministre par intérim à la tribune des Nations unies.    L’Essor : Que retenez-vous du discours prononcé, samedi dernier, à la tribune de l’ONU, par le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga ?    Moussa Ag Acharatoumane : J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le discours du Premier ministre par intérim à la tribune des Nations unies. Je suis heureux que le gouvernement ait réaffirmé son engagement à mettre en œuvre l’Accord pour la paix et  la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, à rétablir l’ordre constitutionnel et à faire face aux multiples crises auxquelles le pays est confronté. Le Premier ministre par intérim aurait dû soutenir les aspirations du continent africain, exprimées par le président de l’Union africaine (UA), à réformer le Conseil de sécurité en fonction de l’évolution mondiale afin que le continent puisse participer pleinement au progrès du monde. Le Premier ministre par intérim aurait dû, aussi, profiter de cette tribune pour exprimer la compassion du gouvernement aux familles des centaines de morts dans le Nord et au Centre du Mali tués par des extrémistes et solliciter l’accompagnement de la communauté internationale pour faire face à la grave crise humanitaire qui touche nos populations. Enfin, vu la situation de notre pays, nous devons prôner l’apaisement avec nos voisins immédiats car c’est ensemble qu’on va relever le défi sécuritaire qui touche nos espaces communs. L’Essor : Quelles sont les possibilités de conjuguer les efforts entre les FAMa et les groupes signataires de l’Accord pour faire face à l’État islamique ? MAA : Aujourd’hui, vu la situation qui prévaut à Ménaka et Gao, je pense qu’on ne peut pas se dispenser d’amener les forces de défense et de sécurité et les mouvements signataires à conjuguer leurs efforts contre Daech. Daech est une organisation qui combat tout le monde, les Forces armées maliennes (FAMa), les mouvements signataires, les populations locales et même les partenaires internationaux. Donc, aujourd’hui, nous n’avons pas d’autre choix que de nous mettre ensemble pour faire face à ce “monstre”. Parce que Daech, c’est un véritable “monstre”. Ici, malheureusement, les gens n’ont pas pris encore l’ampleur et la gravité de la situation ainsi que de la menace qui est en face. Cette menace est inédite. L’Essor : Quels sont les obstacles à une telle unité d’action et quelle solution pour y arriver ? MAA : Le fait que la mise en œuvre de l’Accord tarde à avancer, je pense que c’est l’un des obstacles malheureusement qui fait qu’il n’y a pas d’unité d’action par rapport aux menaces sécuritaires que le Mali vit. C’est pour cela qu’il est extrêmement important que les autorités de la Transition essayent d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord, notamment suite aux décisions de la dernière réunion décisionnelle tenue à Bamako. Cette réunion prévoit l’intégration de 13.000 éléments issus des mouvements au sein des forces de défense et de sécurité. Compte tenu de la gravité de la situation sécuritaire, les autorités doivent faire en sorte d’avancer sur ce point. Cela va permettre à ce qu’on puisse recréer la confiance entre toutes les parties. C’est la seule solution pour avancer, parce que sans confiance, c’est extrêmement difficile. Ménaka est une exception. Les forces de défense et de sécurité et les mouvements signataires, notamment le MSA, le GATIA et la CMA ont, de 2016 à maintenant, toujours conjugué leurs efforts pour sécuriser la localité. La crise ne peut être résolue par la seule option militaire. Il faut, aussi, que l’administration joue pleinement son rôle, en ramenant les services sociaux de base auprès des populations; que des initiatives soient prises pour aider à réconcilier les communautés en les aidant à surmonter les problèmes inter et intra-communautaires. Ces régions sont dans un sous-développement qui ne peut qu’être bénéfique aux organisations criminelles, car ils ont en face d’eux une jeunesse qui n’a pas beaucoup de perspectives. Nous avons aussi des frontières souvent tracées en divisant des familles, des tribus, des communautés. De ce fait, nos États ne peuvent plus faire l’économie d’une collaboration renforcée pour mieux servir leurs populations des deux côtés de la frontière en tenant compte de ces réalités. L’Essor : Quelle est la situation humanitaire dans la zone de Ménaka?   MAA : Une situation humanitaire très difficile. Je dirai même dramatique. Parce qu’aujourd’hui, sur les six cercles que compte Ménaka, il n’y a plus que la ville de Ménaka, dans laquelle il y a des milliers de populations qui s’entassent. Des femmes, des enfants, des vieillards, des populations qui sont aussi venus les mains vides et n’ont absolument rien. Aujourd’hui, dans la Région de Ménaka, pratiquement toutes les communes, tous les cercles se sont vidés de leurs populations. Les populations se réfugient dans la ville de Ménaka ou vont vers la Région de Kidal, l’Algérie ou le Niger. C’est une situation humanitaire extrêmement difficile. Je lance un appel pressant et urgent aux autorités, à tous les partenaires humanitaires internationaux qui sont présents chez nous pour venir en aide à ces populations en détresse surtout avec la saison des pluies et des maladies qui commencent à apparaitre. Il faut un plan de riposte spécial pour cette Région afin de venir en aide à ces populations sur le plan humanitaire. L’Essor : Y a-t-il actuellement une interaction entre votre Mouvement et les FAMa ? MAA : A Ménaka, oui. Nous travaillons ensemble. Nous coordonnons nos actions, échangeons des informations et sécurisons Ménaka-ville ensemble. Notre souhait, c’est qu’on puisse aller au-delà de Ménaka. Il est important de sécuriser des villes comme Anderamboukane et d’autres cercles dans la Région

Education : L’orientation des admis au DEF 2022 est en cours (Officiel)

Bamako, 26 sept (AMAP) Les orientations des élèves admis au Diplôme d’études fondamentales (DEF) session de juin 2022 ont démarré, mercredi dernier, dans toutes les académies du Mali, a annoncé le directeur de la Cellule de planification et des statistiques (CPS) du secteur de l’Education, Dr Diakalia Koné. Au total, 100.374 candidats ont décroché le précieux sésame, soit un taux national d’admission de 47,86%. Parmi, eux, 97.237 élèves réguliers seront orientés. Tous les élèves âgés de 15 ans avec au plus 5 ans de scolarité au second cycle seront orientés au lycée,  ainsi que les filles âgées de 16 ans qui n’ont jamais redoublé au second cycle. En revanche, les garçons et les filles âgés de 16 ans avec 4 à 5 ans de scolarité au second cycle ainsi que tous les admis de 17 et 18 ans seront orientés dans les établissements techniques et professionnels pour le Brevet de techniciens (BT). Enfin, tous les détenteurs du DEF 2022 âgés de 19 à 20 ans seront orientés dans les établissements scolaires techniques et professionnels pour le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP). Tous ces admis seront répartis entre les établissements publics du pays au nombre de 111 dont 85 lycées d’enseignement général, 5 lycées techniques, 21 établissements techniques et professionnels et près de 2000 établissements privés tous types confondus (lycées, établissements techniques, professionnels et agro-pastoraux). Le directeur de la CPS du secteur de l’Education a indiqué que tous les autres admis âgés de plus de 20 ans ne seront pas orientés. « En raison des capacités d’accueil réduites du public, notamment dans les filières techniques et professionnelles, 47% des détenteurs du DEF 2022 seront orientés dans les établissements publics contre 53% pour les structures scolaires privées », a précisé Dr Diakalia Koné. Il a assuré, également, que l’Etat poursuit sa politique d’inversion des tendances, en l’occurrence l’augmentation des effectifs envoyés dans les établissements publics et celle des effectifs inscrits dans les filières techniques professionnelles et agro-pastorales, à travers la construction d’édifices publics. Le directeur de la CPS a fait remarquer que toutes les dispositions seront prises pour que les nouveaux admis puissent reprendre le chemin de l’école dans les meilleurs délais. SYW/MD (AMAP)  

Zones de production de l’Office du Niger : La campagne agricole s’annonce prometteuse

Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 26 sept (AMAP) Une délégation de l’Office du Niger 9ON) a effectué, du 16 au 18 septembre dernier une visite de terrain dans les sept zones de production, à savoir Ké Macina, Kolongo, M’Bewani, Kouroumari, N’Débougou, Molodo et Niono, dans le cadre de la supervision de la campagne agricole 2022-2023 afin d’apprécier la physionomie de la campagne, de s’imprégner de l’état d’approvisionnement des engrais (chimique et organique) et des efforts fournis par les producteurs. Les trois jours de tournée ont permis à l’équipe de supervision, avec à sa tête, le chargé de communication de l’ON, Moulaye Alassane Diarra de s’enquérir de la situation sécuritaire dans les différentes zones de production. Elle s’est assurée du bon déroulement des travaux d’entretien effectués au début de la campagne et de la disponibilité des producteurs. La mission, lors de son passage, a pu constater un grand engouement dans les différents magasins de vente d’intrants après les efforts du gouvernement d’augmenter et d’ouvrir la livraison aux gros fournisseurs traditionnels. Des camions déchargeaient des stocks d’engrais dans les différents magasins à Ké-Macina et Kolongo. La campagne agricole 2022-2023 dans les zones de production de l’ON, d’une manière générale s’annonce prometteuse. La physionomie des champs est satisfaisante dans l’ensemble, comme a pu constater l’équipe de reportage de l’AMAP. Malgré le retard dans la disponibilité de la subvention du gouvernement en intrants et l’insécurité dans certaines zones, les producteurs espèrent une bonne campagne. Mamadou Diarra est un producteur de riz que nous renncontré dans son champ situé dans la zone de production de Ké-macina. «Nous remercions Dieu. Au début, nous avons eu des difficultés liées l’engrais. Le DAP était cédé à 39.000 Fcfa, l’urée 35.000 Fcfa. Pour mes premiers travaux, j’ai dû vendre des stocks de riz pour acheter de l’engrais. Mais, récemment j’ai reçu la subvention de l’Etat à raison de deux sacs par hectare. Cela a été un bol d’air. A l’heure actuelle, mon champ a reçu tout l’engrais dont il a besoin » a-t-il indiqué. Mamadou Diarra, qui espère une grosse production, cette année par rapport à l’année précédente, salue les autorités pour leur engagement dans le cadre de la sécurisation de leur zone et remercie la direction de l’Office du Niger pour avoir réhabilité le canal et le distributeur de Ké-Macina qui a réglé le problème d’eau dans leur zone. Dans la zone de production de Kolongo, Souleymane Coulibaly dit Koblen, un producteur de riz a pu exploiter une superficie de huit ha et demie cette année. Son champ que nous avons visité, présente une bonne physionomie et est rassurant quant à une bonne récolte. Son secret : la fumure organique. « Je n’ai pas eu de difficulté par rapport à la campagne. J’ai commencé mes premiers travaux avec la fumure organique que je prépare moi-même. Appréciez, vous même, le résultat » s’est-il exclamé. Le vieux producteur salue la présence des forces de l’ordre qui font des patrouilles. « La zone s’est beaucoup stabilisée. Cette année je compte sur 100 à 120 sacs à l’ha » a-t-il confié. De vendeuse de son, Maïmouna Coulibaly dite Bou Maï est aujourd’hui productrice de riz. Dans la zone de production de l’Office du Niger à Molodo, elle exploite une superficie de quatre ha. Bou Maï cultive du riz, du maïs, du haricot et fait du maraîchage en contre saison. Pour la campagne en cours,, elle espère un bon rendement : « Les superficies cultivées nous donnent espoir. La difficulté majeure a été l’engrais. Les sacs que j’ai reçus n’ont pas été donnés à temps. Il y a une période pour mettre l’engrais. Passé ce délai, cela peut avoir un impact sur la production ». a-t-elle expliqué. Tout comme Koblen, elle a d’abord utilisé la fumure organique. Bou Maï estime que la sécurité s’est beaucoup améliorée. «J’ai pu travailler sans contrainte aucune grâce à la présence des forces de l’ordre», a-t-elle dit. Gaoussou Traoré, producteur de riz à Dogofry, souhaite plus de sécurité dans sa zone. « La campagne se déroule bien même si on a été confronté à des difficultés liées à la sécurité et à l’engrais. J’ai dû faire des manœuvres pour acheter la quantité nécessaire pour mon champ. Mais il y a trois jours, j’ai bénéficié de la subvention », a-t-il dit. Il a expliqué que là où se trouve son champ à Dogofry, la situation s’est améliorée. « Cependant, a-t-il indiqué, les producteurs à cause de l’insécurité, n’arrivent pas à accéder à leurs champs situés sur la ligne de Farabougou. » EFFORTS CONTINUS – Dans les zones de production de l’Office du Niger, les directeurs ont bon espoir quant à l’atteinte des objectifs. Ils souhaitent que les efforts se poursuivent sur le plan sécuritaire afin que l’espoir ne s’effrite au moment des récoltes. Le directeur de la zone de production de Ké Macina, Daouda Diarra, a précisé que sa zone compte sur un rendement de 6 tonnes à l’hectare, cette année. «Sur une prévision de 10.352 ha en casier, nous avons tout cultivé soit 100%. La sécurité est assurée dans nos trois casiers. Il n’y a pas d’endroit où nos producteurs ne peuvent se rendre. Les travaux d’entretien ont, aussi, été faits à cent pour cent. C’est ce qui nous a permis cet bon résultat», a-t-il expliqué. A Niono, le directeur, qui se veut rassurant,  est convaincu que sa zone fera une campagne exceptionnelle cette année. « La physionomie est satisfaisante. Sur une prévision de 14.346 ha, nous avons pu mettre en valeur 14.145 soit 98,60%. Un taux record cette année », a-t-il indiqué, soulignant que la situation sécuritaire s’est beaucoup améliorée cette année par rapport à l’année dernière. Le directeur de la zone de production de M’bewani, Auguste Drago, espère sur une production de 149.890 tonnes. Dans sa zone, sur une prévision de  23 060 ha en casier, environ 19.500 ha ont été mis en valeur soit un taux de réalisation de 81%. « Les terres aménagées et réceptionnées de l’Union européenne (UE) et de la Banque mondiale, d’une superficie de 3.000 ha n’ont pas été exploitées à cause de l’insécurité. Les préparatifs

La police démantèle un réseau de braqueurs à Sirakoro Mégétana, à Bamako

Bamako, 21 sept (AMAP) Le commissariat de Sirakoro Meguetana, Cercle de Kati, a mis fin aux agissements de cinq bandits de grand chemin spécialisés dans le braquage et le vol à main armée et qui sévissaient aussi bien à Sirakoro qu’un peu partout à travers Bamako et ses environs, ont annoncé des sources policières. Ces individus sont membres d’un réseau qui, depuis quelques temps, commettait, dans la capitale malienne, des vols à main armée par braquage, selon les policiers. Ils ont été identifiés sous les initiales de DC, AC, DT, SE et  KC. Ce dernier a été présenté par les limiers comme le cerveau de la bande. Selon les informations, la bande ciblait les boutiques et points de vente en tout genre. Les tenanciers de magasins de vente ou de réparation de téléphones portables faisaient, également, partie de leurs victimes. C’est une bande bien organisée et particulièrement violente qui n’hésitait pas à faire usage d’arme à feu pour déposséder les victimes de leurs biens, selon nos sources. Les policiers ont expliqué que le groupe doit sa particularité à l’audace membres qui n’hésitaient pas à opérer en plein jour, pendant le week-end, sur des motos. Leur mode opératoire consistait à repérer d’abord les commerces dans les quartiers, tout en s’informant sur les mesures sécuritaires des lieux. Ils passaient, ensuite, à l’acte munis d’armes à feu. Après avoir longtemps coupé le sommeil aux commerçants et vendeurs de la place, ils sont tombés dans les mailles du filet des hommes du divisionnaire Fantiémé Coulibaly. C’était dans la nuit du dimanche à lundi dernier, à la suite d’une opération menée contre des échoppes à la cité BMS de Sirakoro. De sources policières, les enquêtes ont permis aux policiers d’interpeller, sur renseignement, l’un des malfrats, quelques heures, après leur coup, du nom de KC, non moins cerveau de l’attaque. Ce dernier, bien connu de la police, a été confondu lors des auditions. Il s’est mis à table et a dénoncé ses complices. Ces derniers seront tous pris, à leur tour, par les policiers. Ceux-ci ont trouvé, en leur possession, un pistolet mitrailleur (PM) garni de 49 minutions, plus un pistolet automatique (PA) de fabrication artisanale améliorée, avec une balle. Les limiers ont, également, mis la main sur quatre engins à deux roues dont deux Djakarta, une moto TVS et Apsonic. La bande de cinq bandits aguerris est derrière les barreaux, le temps de comparaitre devant un juge. TC/MD (AMAP)

Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé,  directeur général de la CANAM : “De l’AMO, nous nous acheminons vers le RAMU”

1. L’assurance maladie est une réelle avancée en matière de protection sociale au Mali. Quelles sont les réformes majeures que vous y avez effectuées ? Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé : Dès notre arrivée, nous nous sommes attelés à la mise en place d’un certain nombre de stratégies afin de conforter au mieux les assurés. La fermeture des droits des assurés était une préoccupation essentielle pour de nombreux assurés qui avaient de la peine à accéder aux soins. Nos services ont procédé à une ouverture massive des droits des assurés, ainsi que leurs ayants-droits, notamment les fonctionnaires civils, les fonctionnaires des collectivités, des forces armées et de sécurité, les contractuels de l’Etat, les pensionnés des secteurs publics et privés. La CANAM a déployé à l’époque environ 150 bornes de mise à jour des cartes biométriques à Bamako, dans les régions et les cercles du pays. Des mesures fortes ont été prises pour la distribution des cartes. Il y avait également des difficultés liées à la prise d’empreinte, notamment pour les personnes âgées et les enfants de 0 à 10 ans. Pour conforter davantage ces deux catégories d’assurés, nous avons mis à leur disposition des cartes sans empreintes.  2. La nouvelle carte biométrique est entrée en service. Pourquoi avez-vous opté pour ce choix ? Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé : La lutte contre la fraude est impérative pour nous. Il y va de la survie de la CANAM. Si nous n’y mettons pas un frein, l’Organisme va mettre la clé sous le paillasson dans un avenir très proche. Tous les rapports d’audits y compris ceux de la CIPRES (Conférence Interafricaine de Prévoyance Sociale) l’ont relevé.  Avant, nos assurés utilisaient les cartes récépissés sans photos. Cela a conduit à des abus. La carte d’une seule personne pouvait servir à la prise en charge d’un nombre indéterminé des membres de sa famille. Nos feuilles de soins étaient devenues un fonds de commerce pour certains. Nous ne pouvions pas continuer avec ce système.  Il nous fallait des cartes biométriques pour juguler toute cette fraude massive.  3. Nous constatons une nouvelle liste de médicaments. Quelles sont les raisons ? Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé :  Effectivement, la CANAM a procédé à la révision de la liste des médicaments pratiquée depuis 2014 dans les pharmacies d’officines privées. Ce processus a abouti à l’élaboration et à l’approbation de la liste par l’arrêté N°2018-0230/MSAH/MSPH –SG du 09 février 2018 fixant la liste des médicaments et des dispositifs médicaux admis à la prise en charge du Régime de l’AMO. Après deux années de mise en œuvre et à la suite de la mise sur le marché de nouveaux produits génériques de marques efficaces, innovants et peu coûteux, une révision de la liste des médicaments s’avérait nécessaire. Une étude actuarielle réalisée en décembre 2014 par la CANAM a recommandé « d’éliminer plusieurs produits pharmaceutiques et non pharmaceutiques afin d’alléger la liste exorbitante des produits pharmaceutiques AMO ». C’est dans ce cadre que la Direction Générale de la CANAM a mis en place une Commission Technique chargée de la mise à jour de ladite liste. Dans le souci de rendre plus inclusive la liste, la CANAM a organisé un atelier de validation de la liste des médicaments avec la participation de tous les acteurs impliqués à savoir les sociétés savantes, les ordres professionnels et les syndicats de la santé, les autorités de régulation pharmaceutique et les organismes gestionnaires délégués. Les travaux de groupes ont porté sur 3966 items de la nomenclature des médicaments et dispositifs médicaux à usage humain autorisés au Mali à jour par les quatre groupes. Les exclusions ont porté sur 441 items soit 11,12% selon les critères d’exclusions des médicaments de la prise en charge par le Régime d’Assurance Maladie Obligatoire définis par la Commission. Cependant, 2844 nouveaux items ont été intégrés à la liste, soit 71,7% des items. Au total 3858 items de médicaments et de dispositifs médicaux ont été retenus dont : 571 items pour les médicaments de spécialités, 2540 Items pour les médicaments génériques de marque, 461 Items pour les médicaments génériques Dénomination Commune Internationale, 286 consommables et dispositifs médicaux. Au total 441 médicaments retirés et 2879 médicaments ont été rajoutés. 4. Le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU) est en vue. A quand son opérationnalisation effective ? Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé : Le RAMU, faut-il le rappeler, est une volonté des plus hautes autorités de notre pays qui, en son temps, ont instruit d’engager, en 2015, un processus permettant de mettre en place, à partir de 2018, un système de protection sociale contre le risque maladie au profit de l’ensemble de la population malienne. C’est un dispositif de tiers payant mis en place par l’Etat, qui regroupe tous les mécanismes de prise en charge sociale de la maladie au Mali (AMO, RAMED, Mutualité, gratuités), qui existaient sans lien fonctionnel, dans le but d’optimiser le système de l’assurance maladie sociale par la mise en commun des ressources et des moyens, pour couvrir tous les risques liés à la maladie.  La mise en place du RAMU au Mali se justifie par la volonté des plus hautes autorités d’améliorer l’accessibilité géographique et financière de la population dans sa globalité aux services de santé de qualité. L’Etat, à travers ce régime, entend améliorer le taux d’utilisation des services de santé par les populations, mais aussi mettre en place un système pérenne de financement du système de santé. L’institution du RAMU vise à défragmenter les dispositifs de couverture du risque maladie existants (AMO, RAMED, Mutualité et gratuités), pour une offre de services de santé de qualité et attractifs aux assurés. Plusieurs textes ont déjà été adoptés, d’autres sont en cours de finalisation.  Le RAMU garantira, à terme, la protection sociale pour tous les citoyens, en introduisant la couverture maladie dans les branches de la sécurité sociale qui existaient et en l’élargissant à toute la population. Il va fortement améliorer le taux d’utilisation des services de santé au Mali qui était de moins d’un contact par personne et par an au Mali vers les

Spécial 22 septembre 2022-Trafic ferroviaire : Le train se remet sur les rails

Par Oumar SANKARE Le ministère en charge des Transports a organisé en juillet dernier un essai à blanc devant préparer la reprise du trafic entre la capitale et Kayes. Les préparatifs vont bon train. Cheminots et populations riveraines des rails retrouvent le sourire avec l’espoir que le train recommencera à siffler dans la durée Ce mercredi 13 juillet 2022, le soleil se lève sur la gare ferroviaire de Bamako. C’est le grand jour pour les cheminots et l’ensemble des travailleurs du chemin de fer. Les préparatifs de la reprise du trafic ferroviaire arrivent enfin à une phase cruciale. La Société de patrimoine ferroviaire du Mali (Sopafer) procède à «l’essai blanc» du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes. Le rêve est en passe de devenir réalité pour les travailleurs du chemin de fer privés d’activité depuis belle lurette pour cause de l’arrêt du trafic ferroviaire. L’événement ne passe pas inaperçu dans la capitale. Curieux, automobilistes et piétons sont alertés par le train qui se met à siffler. Il faut dire que les Bamakois avaient perdu l’habitude d’entendre le sifflement des trains. Alors que la foule de curieux grossit, les cheminots s’affairent pour le lancement de «l’essai blanc» du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes. Pour l’occasion, du beau monde est réuni à la gare ferroviaire de Bamako. Ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, directeur général de la Société de patrimoine ferroviaire du Mali (Sopafer), Ibrahim Maïga et autres responsables des chemins de fer, sont là. Tous visiblement enthousiastes et inquiets en mêmes temps. Makan Sissoko est électricien à bord du train. Sourire aux lèvres, il discute des derniers réglages avec d’autres agents, mécaniciens, maintenanciers, tous vêtus d’un uniforme (chemise et pantalon) de couleur bleu. «Le train est à l’arrêt depuis 2018 et c’est avec un grand plaisir que nous reprenons le boulot aujourd’hui», souffle-t-il. L’air excité, Makan Sissoko ajoute : «Ce sont des emplois qui sont créés avec le redémarrage du train, en plus des recrutements et des formations à venir.»  L’attente est également forte du côté des syndicalistes, qui saluent ce bond en avant et les efforts faits pour soulager les travailleurs. Coordinateur des syndicats et associations des cheminots, Moussa Keita Yao se dit satisfait des démarches entreprises par les autorités. «Après tant de détresses, nous sommes rentrés en possession de tous nos arriérés de salaire et un convoi de locomotive est mise en ligne même si c’est une phase d’essai», se réjouit-il. TROIS NOUVELLES LOCOMOTIVES – Une phase d’essai qui fait suite à plusieurs activités déjà réalisées pour la mise en marche du train. Il s’agit de la réhabilitation de 19 gares de Bamako à Kayes, des ateliers centraux de Korofina et de Kayes, de l’acquisition partielle des équipements mécaniques et outillages pour les travaux de la voie. S’y ajoutent les travaux de traitement des points critiques de la voie entre Bamako et Kayes, la pose des traverses en bois sur l’ouvrage d’art de Bamako à Diboli et les travaux de confortement des ponts de Galougo, Mahina et Toukoto. Ces infrastructures réhabilitées sont-elles opérationnelles ? «Les essais à blanc que nous allons réaliser les semaines à venir avec les deux locomotives CC2205 et CC2207, réhabilitées par les techniciens maliens, permettront de relever, entre autres, les anomalies sur le matériel roulant et sur la voie ferrée», explique la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko. Après la relance du trafic voyageur, suivra l’exploitation commerciale avec des sources de financement déjà identifiées. En la matière, assure Mme Dembélé Madina Sissoko, «en plus d’une voie métrique, nous disposerons d’une voie standard, entre Bamako et Kayes ainsi que l’acquisition de trois locomotives avec la société russe STM». C’est avec cette société que le gouvernement a signé un mémorandum d’entente pour réhabiliter d’autres locomotives se trouvant dans les ateliers centraux de Korofina. Attendus à Bamako dans les jours à venir, les partenaires russes vont aider à réaliser l’étude de migration de la voie métrique vers la voie standard. Tout cela mis en ensemble devra permettre de redonner espoir à des milliers de Maliens qui vivent de l’activité ferroviaire. «Ce sont des villes entières qui revivront grâce au train. Le Mali étant un pays enclavé, ceci est une aubaine dans le transport des marchandises», relève-t-elle, en parlant de l’impact financier des chemins de fer. Aspect très important de la reprise du trafic ferroviaire : toutes les activités sont financées par le budget national. A cet égard, la ministre Mme Dembélé Madina Sissoko n’a pas manqué de saluer l’engagement du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta pour la réalisation de cette relance du trafic ferroviaire. Elle a indiqué que c’est grâce à l’engagement des plus hautes autorités que les techniciens maliens ont réparé entièrement deux locomotives et les voitures voyageurs. Deux mois après l’«essai blanc» du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes, la gare centrale est toujours vide. Nous rencontrons Moussa Keita Yao, coordinateur des syndicats et associations des cheminots. Assi avec d’autres cheminots face au rail, ils savourent le thé, chacun la cinquantaine révolue. Nous le suivons dans ses bureaux pour l’entretien. Nous rentrons dans une grande salle vide au mur blanc qui d’ordinaire, toujours animé, abrite 280 agents. Le bureau du cheminot, depuis bientôt 40 ans, est sommairement meublé sans ordinateur. «Nous avons une impression positive de la relance du trafic ferroviaire. On attend incessamment la reprise des activités», espère-t-il. RENTABILITÉ – Cet «essai blanc» a permis de déceler les imperfections sur le plan technique : ouvrages d’art, locomotive, rails, assure-t-il. Mais aussi, tout ce qu’il y a à revoir concernant les ressources humaines. Plusieurs agents sont été admis à faire valoir leur droit à la retraite ou sont déflatés (restructuration par la Banque mondiale). Ils sont donc à remplacer. En la matière, des rapports techniques ont déjà été écris, assure Moussa Kéita. C’est donc à partir de ces rapports que l’on saura où se situer, dit-il.  En attendant, certains d’entre eux prêtent main forte à ceux qui sont encore en

Spécial 22 septembre 2022-Filière coton : Plus que jamais essentielle au tissu économique

Par Moriba COULIBALY L’or blanc se positionne comme la culture de rente leader et stratégique représentant 15% du Produit intérieur brut et 25% des recettes d’exportation. Il génère par an un chiffre d’affaires de 250 à 300 milliards de Fcfa en favorisant beaucoup d’activités qui font tourner l’économie à l’échelle locale, régionale et nationale L’économie malienne tient sur deux piliers essentiels et incontournables que sont la production agricole (agriculture, élevage, pêche) et la production aurifère. Pour la production agricole qui nous intéresse ici, le coton se positionne comme la culture de rente leader et stratégique qui occupe une place de choix dans les recettes d’exportation. En effet, la filière coton représente 15% du Produit intérieur brut (PIB) et 25% des recettes d’exportation. En moyenne, le coton représente un chiffre d’affaires de 250 à 300 milliards de Fcfa par an, ce qui justifie bien la place qu’occupe le Mali dans le peloton de tête des producteurs africains. L’importance de la filière coton se mesure également au nombre d’activités qu’elle génère et fait tourner l’économie à l’échelle locale, régionale et nationale. Par un effet d’entrainement, la production cotonnière implique outre les producteurs et plusieurs autres segments de l’économie comme les transporteurs, les transitaires, les douanes, les fournisseurs de pièces d’usine, de lubrifiants, d’engrais. Par ailleurs, les unités de production d’aliments bétail, d’huile alimentaire extraite de la graine de coton, les entreprises de travaux publics, les banques etc. sont autant d’activités en lien avec la production de coton. Au-delà de ses effets d’entrainement très bénéfiques pour l’économie nationale, la filière coton étend ses activités en dehors des frontières de notre pays. À ce titre, la Côte d’Ivoire représente une destination historique pour l’évacuation de la fibre vers le marché international, a révélé Cheick Tidiane O. Doucouré, directeur général adjoint de la Holding Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT). Le port autonome d’Abidjan est secondé par celui de San Pedro, ajoute notre interlocuteur. Ainsi, la Côte d’Ivoire représente près de la moitié des évacuations du coton vers le marché international (49%), le reste de la production est répartie entre les autres ports de Dakar (Sénégal, 2è position), Lomé (Togo)  tout récemment Conakry (Guinée Conakry) et Nouakchott (Mauritanie) qui sont venus s’ajouter depuis l’instauration de l’embargo de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) en janvier dernier. Ces deux dernières destinations ont représenté la bouée de sauvetage offerte par la Guinée Conakry et la Mauritanie en vue de desserrer l’étau que constituait l’application de l’embargo contre notre pays. 5 À 7 MILLIARDS DE FCFA – La Côte d’Ivoire représente une part non négligeable dans l’expédition du coton malien vers l’extérieur, confirme avec fierté Cheick Tidiane O. Doucouré. Ainsi au cours de la campagne agricole 2017/2018 ce sont 147.300 tonnes de fibres qui ont été évacuées vers ce pays voisin. La campagne suivante ce sont 136.500 tonnes et en 2019/2020, ce sont 129.000 tonnes, soit 44% de la production de coton qui ont été évacués sur la Côte d’Ivoire.  Pour la présente campagne d’exportation, la CMDT est à un peu plus de 50.000 tonnes de fibres évacuées par la Côte d’Ivoire. Et les opérations d’exportation se poursuivent normalement aussi bien sur la destination ivoirienne que sur les autres corridors comme Dakar, Conakry et Nouakchott, révèle le directeur général adjoint. Il précise ensuite que les évacuations de la fibre de coton représentent un chiffre d’affaires de l’ordre de 5 à 7 milliards de Fcfa qui sont versés pour assurer les frais d’assurance, de douane, de transit et de transport. Au retour, les transporteurs chargent du fret constitué généralement d’engrais minéraux qui sont commandés par la CMDT pour la prochaine campagne agricole. Cheick Tidiane O. Doucouré révèle aussi que la CMDT utilise les ports de la Côte d’Ivoire pour d’autres opérations. Il expliquera à ce propos que les commandes de pièces d’usine, les engrais minéraux (300.000 tonnes en moyenne par an), les produits pétroliers (gaz-oil et pétrole pour les unités d’égrenage et les véhicules), les emballages en polypropylène dans lesquelles est emballée la fibre de coton, arrivent généralement par les ports de ce pays voisin. Ces opérations génèrent des ressources et contribuent à renforcer l’économie ivoirienne. La valeur marchande de ces différentes opérations de transactions tourne autour de 193 milliards de Fcfa. Ainsi les produits pétroliers qui représentent plus de 13 millions de litres par an par la CMDT sont raffinés sur place et ensuite transportés vers le Mali. Il en est de même pour les engrais qui, arrivés en vrac par bateaux en Côte d’Ivoire, sont ensachés sur place avant d’être expédiés vers le Mali.  Signe de l’importance du transit par la Côte d’Ivoire : le géant du coton prévoit de construire un entrepôt à San Pedro pour un investissement de près de 4 milliards de Fcfa. C’est fort de la qualité des opérations dans les différents ports ivoiriens que la CMDT maintient sa coopération avec ce pays voisin. Toutefois, elle se réjouit de l’ouverture vers d’autres ports comme cela a été le cas pendant l’embargo. Cette bouée de sauvetage offert par les voisins guinéens et mauritaniens permet au géant du coton de ne pas mettre tous ses œufs dans un même panier et lui offre l’opportunité de trouver d’autres solutions de rechange si par malheur la situation de blocage de l’économie devrait se répéter. MC (AMAP) Encadré : Diversification Comme le dit l’adage, «l’appétit vient en mangeant» avec ces nouveaux débouchés trouvés, la CMDT élargit la voilure. Elle envisage d’augmenter progressivement sa production et d’agrandir en conséquence son parc industriel. Pour cela dans le cadre de son plan stratégique de développement de la filière, elle envisage d’améliorer la productivité du coton à travers la recherche agronomique et de s’ouvrir à d’autres filières agricoles rentables et prometteuses comme la culture du soja et du maïs. Le soja a pour particularité de fixer l’azote dans le sol dont les plantes ont besoin. De ce fait, l’introduction à grande échelle de cette plante va contribuer à

Spécial 22 septembre 2022-Sécurité alimentaire et nutritionnelle :  Plus de 34.000 tonnes à la disposition des couches vulnérables

Par Yacouba TRAORE Le nombre de personnes en insécurité alimentaire est en croissance constante dans notre pays.  De 2016 à 2022, il est passé de 500.000 à un peu moins de 2 millions (8,48% de la population). L’État a mobilisé des moyens pour une réponse adéquate Depuis quelques décennies, le Mali fait face à des défis majeurs en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle à savoir, le changement climatique, la sécheresse et la mauvaise répartition de la pluviométrie qui ont engendré une insécurité alimentaire et nutritionnelle devenue récurrente.  Il y a près d’une décennie bientôt, dans les régions du nord et du centre, notamment Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Ménaka, les terroristes harcèlent les producteurs agricoles en les empêchant d’accéder à leurs champs. Les rares producteurs qui arrivent à cultiver les champs, assistent à la destruction de leurs récoltes. C’est le cas dans la Région de Mopti et une partie de celle de Ségou. Le Sahel occidental à savoir les Cercles de Kayes, Nioro, Diéma, Yélimané et Nara sont devenus des poches endémiques d’insécurité alimentaire et nutritionnelle aiguë à cause des insuffisances pluviométriques et des attaques des terroristes.  Par ailleurs, les zones agricoles du Delta central du fleuve Niger de Macina à Ténenkou en passant par Diré, Goundam, Niafunké jusqu’à Tombouctou, connaissent d’importantes inondations suite aux constantes crues. En outre, depuis le début de la crise ukrainienne, les marchés internationaux subissent de plein fouet une inflation, avec une répercussion sur les prix de certaines denrées alimentaires, notamment le blé, le riz, le sucre, l’huile, et cela a impacté toutes les mesures d’anticipation prises. À cela s’ajoute la pandémie de la Covid-19 et les conséquences de l’embargo imposé à notre pays par les institutions régionales et sous régionales.   Le ministre commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali, explique que son Service est l’instrument fondamental du gouvernement pour évaluer et analyser chaque année après la campagne agricole la situation alimentaire et nutritionnelle du pays, et  développer un plan de réponses, assorti d’une évaluation des besoins. La mission dévolue à cette structure, est d’assurer à tout moment, à l’ensemble des populations, la disponibilité d’une alimentation équilibrée, suffisante et saine afin de contribuer à la réduction de la pauvreté, à la consolidation de la paix sociale et à la réalisation d’un développement durable. Pour atteindre cet objectif majeur, précise Redouwane Ag Mohamed Ali, notre pays s’est doté d’une politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle qui constitue désormais le cadre fédérateur des problématiques.  INVASIONS ACRIDIENNES – Ce processus commence par le Système d’alerte précoce (SAP) qui est au début et à la fin du processus de sécurité alimentaire au Mali. Le SAP est au cœur des mesures qui permettent de limiter la perte de vies et de moyens de subsistance due aux aléas et aux catastrophes. Pour le coordinateur du SAP, Moussa Goïta, les aléas en l’occurrence sont ceux qui surviennent à la suite d’un événement avec peu ou pas de signes précurseurs, tels que les inondations, les invasions acridiennes, etc. Dans les deux cas, la capacité de faire face aux facteurs qui font qu’un aléa devient une catastrophe, peut aider à sauver les vies mais également les moyens de subsistance des populations à risque. Les données du SAP sont utilisées pour atténuer la perte en vies humaine et de moyens de subsistance due aux aléas et aux catastrophes. Ils sont constitués d’une série de mécanismes de surveillance organisée ou d’actions qui collectent des informations sur les aléas potentiels dans un lieu donné afin de déclencher en temps opportun des interventions coordonnées.  En effet, l’Observatoire des marchés agricoles (OMA) intervient pour nous renseigner sur les prix des produits de première nécessité sur les marchés agricoles mais aussi leur disponibilité. Et enfin, l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) est mobilisé pour procéder aux achats des stocks qui seront distribués gratuitement aux personnes en situation de vulnérabilité.  L’insécurité alimentaire dans notre pays connait une croissance constante de 2016 à 2022. C’est pourquoi dans le cadre du Plan national de réponse (PNR), certaines zones touchées bénéficieront d’une réponse adéquate. Le PNR 2022 couvrira les 1.2 million de personnes. L’État mettra à la disposition des couches vulnérables 34.147 tonnes qui seront distribuées sur l’ensemble des communes du Mali. Le coup d’envoi de l’opération de distribution de vivres a été donné en juillet dernier par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. La majeure partie des populations en urgence se trouve dans les Cercles d’Ansongo, Bourem, Gao, Ménaka, Nioro, Bandiagara, Bankass, Djenné, Douentza, Koro, Niono et Gourma Rharous. La situation des personnes déplacées internes des Régions de Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Ménaka et Bamako a été analysée par le cadre harmonisé et est évaluée à 140.401 personnes. Les zones de production en précarité recevront également de l’aliment bétail, de l’aliment pour les poissons mais aussi des appuis pécuniaires destinés aux ménages vulnérables. Le PNR comprend également des actions de soutien, d’appui aux maraîchers, en termes de semences, d’aménagement, d’accès à l’eau et d’outils agricoles. Pour atteindre les résultats escomptés, le gouvernement a mobilisé cette année sur le budget national, plus de 8 milliards de Fcfa en plus des 7,5 milliards mobilisés dans le cadre de l’indemnisation de l’assurance African Risk Capacity (ARC).  YT (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Œuvres sociales du président de la Transition : Le geste du cœur

Par Cheick Moctar TRAORE Le chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta, a pris la décision inédite dans nos annales politiques de consacrer une partie de ses fonds de souveraineté à des actions de solidarité. Plus de 200 forages d’adduction d’eau potable ont déjà été inaugurés. Sans compter des appuis à des organisations de personnes défavorisées Mardi 7 juin 2022, à Bagadadji, en commune II du district de Bamako. L’ambiance est festive à l’école Place de la République. Là-bas le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, inaugure le 200è forage dans le cadre de ses œuvres sociales. Cela pour célébrer le premier anniversaire de son investiture comme président de la Transition.  Le chef de l’État a prêté serment le lundi 7 juin 2021. Intronisation solennelle lors de laquelle, le chef suprême des armées s’est engagé à consacrer une partie de ses fonds de souveraineté à la réalisation d’œuvres sociales et humanitaires envers les populations notamment défavorisées.   En la matière, le choix du Groupe scolaire : Place de la République est loin d’être fortuit. La symbolique est d’ailleurs jugée très forte. Située entre l’Assemblée nationale, la Grande mosquée de Bamako et la Maison des artisans (espace appelé Place de la République), cet établissement est «l’École élémentaire garçon» créée en 1905. Certaines grandes figures du Mali telles que le premier président Modibo Keita, l’écrivain Seydou Badian Kouyaté… l’ont fréquentée. Elle compte aujourd’hui plus de 1.200 élèves dont 700 filles, repartis entre 18 classes (premier et second cycles confondus).  Cet établissement mythique a, à l’occasion, également servi de cadre pour la remise de cinq véhicules dont deux véhicules à la Fédération nationale des associations de personnes handicapées (Femaph), deux à l’Office national des pupilles en République du Mali (Onapuma) et un à l’Association malienne des aveugles. Le Centre hospitalier universitaire de Kati, le Centre de santé de référence de la Commune IV et l’Institut national de santé publique reçoivent chacun un groupe électrogène.  Depuis, les actions sociales se poursuivaient dans d’autres domaines. Les travaux de réalisation de forages continuaient également. Finis ces activités, les campagnes de remise ont repris. C’est ainsi que le vendredi 29 juillet dernier, la conseillère spéciale du président de la Transition, le colonel Assa Badiallo Touré, a inauguré 13 nouveaux forages. Tous offerts à des établissements d’enseignement supérieur.  Cette série d’inaugurations commence au campus de l’École de médecine du Point-G. Au profit de ces futurs médecins, la conseillère spéciale inaugure le 201è forage. Cette adduction d’eau potable soulagera les étudiants en médecine. Après le campus de l’École de médecine du Point-G, le colonel Assa Badiallo Touré a mis le cap sur l’École nationale d’ingénieurs (ENI). Dans la cour de cet établissement de formation des ingénieurs maliens et africains, elle met en service deux forages, le 202ᵉ et le 203ᵉ. Elle n’a pas manqué d’inviter à une prise en charge optimale de ces joyaux offerts par le chef de l’État afin de réduire le stresse hydrique auquel les étudiants sont confrontés.  Quelques heures plus tard, la délégation s’est rendue à l’Institut polytechnique rural de formation et de recherche appliquée (IPR/IFRA) de Katibougou. Elle y inaugure huit forages au profit de ce centre universitaire. Les 204ᵉ, 205ᵉ, 206ᵉ, 207ᵉ, 208ᵉ, 209ᵉ, 210ᵉ et 211ᵉ forages ont été implantés respectivement dans les secteurs : élevage, verger, potager, à la Cité, à l’Internat du Centre des œuvres universitaires (CENOU) et à l’arboretum de l’IPR/IFRA de Katibougou.  Après c’était le tour des étudiants de la Faculté des sciences techniques (Fast) et de l’Institut universitaire de gestion (IUG), de recevoir leurs ouvrages d’adduction d’eau potable. C’était les 212ᵉ et 213ᵉ forages. Des actions qui témoignent de la considération du président de la Transition à l’égard de ces futurs dirigeants du Mali. «Les étudiants, qui constituent les futurs cadres du pays, méritent d’être mis dans les conditions d’études. Ces infrastructures hydrauliques contribueront à l’amélioration de leur cadre de vie et d’étude », explique sa conseillère spéciale. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a rappelé les raisons qui l’ont amené à initier ces actions sociales et humanitaires. «Nous avons été inspirés par cette initiative lorsque nous étions sur le théâtre des opérations. Lors des patrouilles, nous avons vu des villages abandonnés à eux-mêmes, souvent sans soins ni assistance au plan alimentaire. C’est au regard de toutes ces expériences que nous (le président de l’Assemblée nationale ici présent et moi-même) avons décidé d’apporter notre contribution à nos populations. Et nous assurons les Maliens que les œuvres sociales vont continuer jusqu’à la fin de la Transition». Le chef de l’État a fait cette révélation lors de l’inauguration du 200è forage la au Groupe scolaire: Place de la République.  CMT (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Barrage de Markala : Grand corps malade

Par Cheick Amadou DIA Le barrage de Markala est la pièce maîtresse du système d’irrigation de l’Office du Niger. Sa construction a commencé en 1934 pour s’achever en 1947. Il est construit en deux parties, un barrage mobile et un barrage fixe constitué de digues en terre.  La partie mobile est un barrage à hausses basculantes et de type AUBERT. Elle comporte une structure en béton constituée d’un radier sur lequel sont installées les hausses mobiles. Construit avec la technologie des années 1930, l’ouvrage vieux de 90 ans, présente des signes d’usure structurelle. Il connaît des pannes récurrentes, en particulier sur les chariots de manœuvre des hausses et sur le système électrique depuis 2016.  L’étude d’inspection technique et d’auscultation du barrage et des ouvrages connexes réalisée en 2017 a relevé des avaries multiples, causées par les pannes mécaniques et électriques. L’usure de la structure métallique est due à la corrosion. Il y a aussi l’état précaire des chariots de manœuvre des hausses, l’état défectueux des cabines de commande, des équipements mécaniques et électriques des chariots.  Le système électrique et mécanique dégradé et vieillissant, manque de pièces de rechange qui ne sont plus disponibles sur le marché. Ce qui conduit à un écoulement anormal des puits de drainage et le bouchage des piézomètres.  Le système hydromécanique et les ouvrages connexes sur le barrage sont défectueux. On constate des fuites d’eau au niveau du bajoyer de l’écluse de Thio. Des problèmes électriques et mécaniques sont enregistrés sur tous les ouvrages annexes. Devant l’urgence des travaux de réparation, la direction de l’Office du Niger a informé son département de tutelle en vue de prendre des dispositions pour réaliser les travaux de sauvegarde du barrage et de ses ouvrages annexes, pour un budget de 3,5 milliards de Fcfa. Une convention de partenariat a été signée avec les Ateliers militaires centraux de Markala (AMC) pour la réalisation des travaux de réparation.  Lors d’un conseil de cabinet restreint tenu à la Primature, le 14 décembre 2021, le gouvernement a décidé de prélever sur les fonds du département du Développement rural. Le montant est réparti entre le Fonds national d’appui à l’agriculture (1 milliard Fcfa), le Contrat-plan État/Office du Niger/exploitants agricoles 2019-2023 (1 milliard Fcfa) et le Programme de subvention des équipements agricoles (1,5 milliards Fcfa).  Après la signature de convention, des dispositions devaient être prises par les ministères de l’Économie et des Finances et du Développement rural pour procéder au paiement. à ce jour, les ressources financières n’ont pas été mises à la disposition des AMC, constate-t-on au niveau de l’Office du Niger. Malgré ce retard dans le paiement, les AMC sont à pied d’œuvre pour la réalisation des travaux. CAD  (AMAP)