Economie : La bonne affaire du commerce de l’arachide au Mali
Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 06 oct (AMAP) «Venez acheter de l’arachide», «Vous en voulez ?». Des vendeurs d’arachides hèlent, presqu’en chœur, la clientèle au marché de Ouolofobougou, en Commune III du District de Bamako, la capitale du Mali. Aux différentes entrées de cette place firte de négoce, ces hommes exposent des sacs de 100 kg d’arachides. En cette période, ce produit s’écoule très bien à Bamako. Assis sur une chaise, Oumar Sangaré accepte de se confier. Il importe l’arachide de Garalo, une localité située à 55 Km de la ville de Bougouni, dans le Sud du Mali. Le commerçant achète le sac de 100 kg à 15.000 Fcfa. Ses fournisseurs le livrent à Bamako où il revend avec une marge bénéficiaire. Il explique clairement qu’il peut avoir en stockenviron 2 000 sacs. Il relève aussi que ce négoce est avantageux en période d’hivernage, mais comporte aussi des risques. Les cacahouètes peuvent, par exemple, pourrir quand le véhicule de transport tombe en panne. Parfois, on peut aussi avoir des graines non mûres. Mais notre vendeur se préoccupe de la récolte globale de l’arachide cette année. «La saison paraît moins productive que les autres années. Les producteurs ont eu des difficultés pour acheter de l’engrais. Ainsi, certains n’ont pu emblaver les superficies habituelles», dit-il. Et d’ajouter que l’abondance du produit sur le marché profite moins aux vendeurs. La quantité écoulée sur les marchés de Bamako dépasse de loin les besoins. Ce qui justifie les exportations vers un pays voisin, en l’occurrence le Sénégal pour faire des profits. Pour les vendeurs, c’est une alternative pour compenser les pertes dues à la mévente sur nos marchés. Depuis plus de 10 ans, Aguibou Diarra s’est installé dans ce domaine comme rabatteur. Il invite la clientèle à s’approvisionner chez un vendeur qui propose de l’arachide de qualité en provenance du Wassoulou, de Bougouni (Sud) et de Niono (Centre). Celui-ci est fourni par les grands commerçants. «Et nous le vendons au prix du marché», laisse entendre Aguibou Diarra. Il dit réaliser un bénéficie de 1.000 Fcfa sur chaque sac d’arachide vendu. Grâce à son entregent, le vendeur arrive à écouler une cinquantaine de sacs certains jours. Ce qui lui rapporte une somme substantielle souvent. « Quand il y a surabondance d’arachides sur le marché, dit-il, les grossistes demandent aux livreurs de limiter l’approvisionnement pour leur permettre d’écouler les stocks ». Daouda Traoré, étudiant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), qui cumule une expérience de 8 ans dans le commerce d’arachide qu’il pratique pendant les vacances. Assis devant sa marchandise, il échange avec des clients. Il note qu’il y a peu d’arachides sur le marché mais pense que cette situation est liée à la conjoncture économique. Pas avare en commentaires, il apprécie bien la qualité de l’arachide cette année du fait de l’abondance de pluie. « Des Sénégalais et Nigériens viennent acheter notre arachide pour le revendre chez eux », indique-t-il. «Les Sénégalais représentent le plus gros contingent de notre clientèle d’arachide. Ils peuvent acheter entre 50 à 60 sacs». Des femmes aussi s’approvisionnent chez nous. Celles-ci achètent par jour souvent 2 sacs :, poursuit M. Traoré. «Les cacahouètes qui entrent dans la production de la pâte d’arachide sont cédées à 70.000 Fcfa le sac de 100 kg», rappelle le jeune étudiant de 24 ans. Certains importent l’arachide de la Côte d’Ivoire entre novembre et mai. La production nationale inonde le marché entre juin et octobre. « Cette période, renchérit-il, coïncide avec la récolte de l’arachide au Mali qui s’étend de juillet à octobre ». Par jour, l’étudiant peut gagner 15 000 Fcfa de bénéfice. Il s’en réjouit puisqu’il est soutien de famille. Ce gain lui permet de faire face à certaines dépenses. « Cette année, regrette-t-il, le prix de l’arachide a augmenté à cause de la hausse du carburant ». Alima Traoré, foulard noir sur la tête, sépare le bon grain de l’ivraie. La jeune fille de 18 ans quitte Kati (sur les hauteurs de Bamako) pour s’approvisionner en arachide, tous les quatre jours, chez Daouda Traoré, pendant la saison des pluies. Elle achète le grand seau d’arachide à 5.000 Fcfa. La vendeuse d’arachide grillée, depuis 5 ans, précise que le marché est timide cette année par rapport aux années précédentes. Elle cède l’arachide à partir de 50 Fcfa et y trouve son compte. Parce qu’il lui arrive de faire 1 500 à 2 000 Fcfa de bénéfice. Au Marché de Niaréla, Fatoumata Dacko possède plusieurs fours traditionnels pour la grillade d’arachide. A côté d’elle, une dizaine de femmes sont à l’œuvre. Elle explique louer ces fours à ces femmes et travaille dans ce secteur depuis plus de 20 ans. «L’arachide coûte cher cette année. Nous nous approvisionnons à partir des marchés de Ouolofobougou et «Soukounikoura». Aujourd’hui, j’ai acheté le sac de 50Kg à 10 000 Fcfa. On parvient à écouler le produit en trois ou quatre jours», affirme Maman Tangara, parmi le groupe de femmes. Elle dit que ce travail leur permet de subvenir à leurs besoins. «Je peux gagner 3 000 Fcfa à 4 000 Fcfa de bénéfice par sac», indique-t-elle. Niakalé Fadiga est une vendeuse de pâte d’arachide depuis trois ans à Bozola, en Commune II du district de Bamako. Elle achète deux sacs pour en tirer de la pâte d’arachide et revendre dans des seaux de 5Kg à 7 500 Fcfa l’unité, mais aussi de 10 Kg à 15 000 Fcfa l’unité. Selon le chef de la statistique, suivi et évaluation à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Samba Barry, la production d’arachide pour la campagne agricole 2021 était de 367.822 tonnes sur une prévision de 512.785 tonnes, soit 71,73% de réalisation. «Cette production était en baisse de 20,8% par rapport à la campagne 2020 qui était de 464.538 tonnes. Ce qui s’explique en partie par des difficultés pluviométriques », dit M. Barry. Les superficies semées en arachide, pour cette année, sont de 339.764 hectares pour les hommes et 188.299 hectares pour les femmes soit un total de 528.063 hectares. Et ce, sur un objectif de 508.749 hectares
Un crash d’un avion de l’Armée malienne à Gao (Nord) fait deux morts
Bamako, 04 oct (AMAP) Un avion de combat des Forces armées maliennes (FAMa) s’est écrasé, mardi, aux environs de 09h30, dans la zone aéroportuaire de Gao, dans le Nord du Mali, faisant deux morts dont le pilote de nationalité russe, a annoncé un communiqué de l’état-major des armées. L’accident a fait, aussi, dix blessés dont trois civils et d’importants dégâts matériels, ajoute la même source. Les blessés ont été admis à l’hôpital de Gao. Selon le communiqué, l’appareil de type de Sukhoï SU-25, immatriculé TZ-20C, revenait « d’une mission effectuée en appui aux populations civiles. » L’accident serait intervenu au moment où l’avion amorçait sa descente. L’acquisition, ces derniers mois, de plusieurs avions et hélicoptères de combat a permis aux FAMa de renforcer de leur capacité opérationnelle dans la lutte contre le terrorisme. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, avait présidé, le 9 août dernier, la cérémonie officielle de remise aux forces armées d’avions de type SU-25 et L-39 Albatros. « Le Sukhoï SU-25 est un chasseur bombardier spécialisé dans l’attaque au sol, capable de transporter des roquettes, des canons, des bombes et des missiles air sol », avait expliqué, lors de cette cérémonie, le chef d’état-major de l’Armée de l’air, le général de brigade Alou Boï Diarra. MT/MD (AMAP)
Semaine nationale de la réconciliation : Pour que les communautés s’approprient le processus de paix
Par Bembablin DOUMBIA Bamako, 04 oct (AMAP) «C’est une très bonne initiative car, elle peut être un facteur d’appropriation du processus de paix par les communautés», estime Marcelin Guenguere, membre de l’association Gina Dogon. Comme lui, de nombreux compatriotes ont apprécié l’initiative de la célébration de la Semaine nationale de la réconciliation (SENARE), au Mali, du 15 au 21 septembre 2022, dont l’objectif général est de restaurer la paix, de renforcer la cohésion sociale et le vivre ensemble. Cette Semaine se tient à un moment où le Mali, depuis 2012, est confronté à une crise multidimensionnelle qui a sérieusement affecté le tissu social et bouleversé la cohabitation pacifique séculaire. Ainsi, les valeurs cardinales telles que le cousinage, le pardon mutuel et le vivre ensemble, qui étaient des vertus, cèdent devant la méfiance et le mépris. Cependant, face à cette situation de nature à compromettre la cohésion sociale, les pouvoirs publics ont initié de nombreux mécanismes de résolution des crises d’où l’institution de la SENARE, demandée par les Maliens lors de la Conférence d’entente nationale, tenue il y a quelques années. Cette volonté a été traduite par les dispositions de la Loi d’entente nationale à partir de laquelle l’arrêté n°2021-5480/MRPCN-SG du 27 décembre 2021 fixant la période allant du 15 au 21 septembre, de chaque année, comme la SENARE a été pris. Cette Semaine participe d’un esprit de promotion des valeurs fondatrices de notre vie sociale, notamment la solidarité, l’humilité et le pardon. En instituant la SENARE, les autorités de la Transition donnent un écho favorable à une volonté du peuple de trouver des solutions endogènes aux problèmes nationaux. La Semaine constitue ainsi une opportunité pour «chasser les démons de la division et de la terreur afin que germent les perspectives de développement, facteur d’épanouissement collectif», a déclaré le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, lors du lancement de la 1ère édition de la Semaine. Elle offre, également, l’occasion de mobiliser tout le peuple malien, de l’intérieur comme de l’extérieur, autour du vivre ensemble et de la stabilité du pays. Moment de communion, d’échanges, d’évaluation et de prospection, la SENARE pourra, à travers les activités programmées et les thèmes débattus, jouer en outre un rôle d’alerte pour prévenir et atténuer toutes formes de chocs susceptibles de fissurer le tissu social. En promouvant le dialogue sincère, facteur du pardon et de cohésion, «nous ne faisons que revenir aux valeurs fondamentales que nous ont léguées nos aïeux», a poursuivi le colonel Goïta. Cela est d’autant plus important que les différentes initiatives prises par les autorités de la Transition s’inscrivent dans la droite ligne de la préservation des fondements de notre Nation, mise à rude épreuve par les réalités du moment. Face à la flambée de la violence sur fond d’actions malsaines orchestrées par des aventuriers décidés à compromettre, par la discorde, la stabilité de notre pays, il est nécessaire d’envisager des solutions innovantes, à même d’obtenir l’adhésion des communautés, le plus souvent «instrumentalisées» dans des conflits, dont elles ignorent les vraies raisons. Mais aussi à poursuivre avec abnégation les actions prévues dans la Stratégie nationale de la réconciliation et son schéma directeur, a préconisé le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta. AMÉLIORER L’EXERCICE – Toutefois, Marcelin Guenguere pense que l’initiative de la Semaine doit être améliorée. Appuyant ses propos, l’ancien député pointe du doigt le «manque d’implication des communautés à la base». «Il y a eu plus de communication au niveau national que local», regrette-t-il. Toutefois, dit le responsable de Gina Dogon, il est clair que «si la Semaine est bien organisée, la paix et la réconciliation seront une réalité». De son côté, le président de l’association Tabital Pulaaku, Abou Sow, il se réjouit de l’initiative des autorités. D’après M. Sow, aujourd’hui, le Mali a besoin de la réconciliation des esprits, des cœurs et de tous les Maliens. Selon lui, « le Mali est une nation : un pays dont les habitants forment une seule entité sociale. » « De chaque coin du pays à l’autre, les populations se connaissent et ont entre elles des liens historiques et socio-culturels », ajoute le premier responsable de Tabital Pulaaku, estimant que « quelle que soit la gravité de la crise, ces liens finissent par prédominer ». Dans le prolongement de la 1ère édition de la Semaine, Abou Sow a dit que son association organisera, le 23 octobre prochain, un meeting dont l’objectif est la réconciliation, la refondation et la stabilisation de notre pays. «Quand il y a crise, il faut d’abord se parler. Le fait d’avoir organisé cette Semaine a été un déclic. Les gens se parlent et vont continuer à le faire. Du coup, le syndrome de méfiance va être progressivement entamé au point de disparaitre. Et, finalement, nous allons parvenir aux résultats escomptés, à savoir la réconciliation», se félicite Abou Sow. Pour lui, la réconciliation est un ensemble de comportements : « il faut s’abstenir de tenir des propos diffamatoires et inflammatoires, de poser certains actes et savoir pardonner et oublier. » Pour sa part, le président de la Commission d’organisation, par ailleurs secrétaire général du département en charge de la Réconciliation, Sidy Camara, affirme que la 1ère édition de la SENARE s’est bien déroulée. « Même s’il y a des choses à parfaire pour les prochaines rencontres », il soutient, néanmoins, que dans l’essentiel, cette édition a été une réussite. D’après lui, sur les 24 activités prévues, ce sont seulement deux qui n’ont pu être réalisées, soit un taux de réalisation de plus de 90%. Ces activités sont, notamment celles sportives et les actions de solidarité (don de sang, don de céréales et de kits aux déplacés internes). S’y ajoutent les activités religieuses. «Nous avons été impressionnés par la force des messages que les religieux ont passés auprès de l’opinion pour prouver que le Mali n’est qu’un et qu’on n’a pas d’autres intérêts que la paix », a dit Sidy Camara. « Ils (Ndrl, les religieux) ont également fait savoir que notre ennemi est la fissure du tissu social», a ajouté le président de la Commission d’organisation. Il a annoncé qu’à la
L’Armée malienne a mis hors de combat une soixantaine de terroristes en septembre (DIRPA)
Bamako, 04 oct (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé une soixantaine de terroristes, au cours du mois de septembre dernier, sur le théâtre Centre de l’opération Maliko, a annoncé, lundi, le directeur de l’information et des relations publiques des armées, le colonel Souleymane Dembélé Le col Dembélé qui animait la traditionnelle conférence de presse mensuelle de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) a indiqué que, drant ces multiples affrontements, l’Armée qui déplore la mort de 12 soldats et 17 blessés, a interpelé plus de 150 terroristes et récupéré une importante quantité de matériel militaire et roulant dont 60 motos détruites. Dans les locaux de la structure et en présence de plusieurs responsables militaires, le chef de la DIRPA a précisé que la situation sécuritaire de septembre 2022 a été marquée par une diminution drastique des attaques directes ou indirectes contre les FAMa en statique ou en mouvement. Ainsi, elle se résume « par des actes de banditisme, d’enlèvements et d’assassinats contre les populations civiles sur plusieurs localités du Mali ». Dans leur rôle prioritaire de protections des personnes et de leurs biens, les FAMa ont répliqué « à toutes ces forfaitures perpétrées par les groupes terroristes ». Ces performances, selon e colonel Souleymane Dembélé, sont le résultat tangible de plusieurs actions militaires menées à travers plus de 200 opérations aériennes dont 91 vols d’appui feu, 75 vols de transports (dont 13 d’évacuations sanitaires et 10 de prisonniers) et 41 vols de reconnaissance. Le colonel Dembélé a, aussi, indiqué qu’au cours du mois écoulé, les FAMa sont arrivées à réduire considérablement les capacités de nuisance des Groupes armés terroristes (GAT) en menant des raids et des frappes aériennes sur les points de regroupements, les plots et les circuits de ravitaillement. Selon lui, grâce à ces efforts déployés par nos soldats, la campagne agricole, en général dans les zones d’opérations et en particulier dans la zone Office du Niger, est très prometteuse. En outre, l’officier suoerier a relevé que durant la période de référence, sur la Route nationale (RN16), de Douentza à Gossi, la fréquence des mouvements des GAT a considérablement chuté et la population se déplace paisiblement. «Nous pouvons aisément affirmer que ce qui a été fait de décembre 2021 à nos jours, ne l’a pas été durant les neuf années précédentes», s’est-il réjoui. Cependant, le patron de la DIRPA s’est voulu mesuré en affirmant que cela ne doit pas amener les forces nationales à « dormir sur leurs lauriers » et oublier que « la lutte contre le terrorisme est une épreuve de longue haleine qui demande beaucoup d’engagements et de perspicacité mais aussi la participation de tous ». AT/MD (AMAP)
Rentrée scolaire 2022-2023 au Mali : Démarrage effectif des cours
Par Sidi Y. WAGUÉ Bamako, 03 oct (AMAP) Plus de 3,5 millions élèves des écoles fondamentales publiques (niveau 1 et 2), repartis dans 20.131 établissements scolaires ont repris le chemin de l’école, lundi, au Mali, pour la rentrée scolaire 2022-2023, après trois mois de vacances, selon des statistiques fournies par le directeur national de l’enseignement fondamental, Issoufi Arbert Touré. À Bamako, le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, accompagné des membres du gouvernement, dont la ministre de l’Éducation nationale, Mme Sidibé Dédéou Ousmane, a donné le coup d’envoi de la reprise des cours au Groupe scolaire «Mamadou Konaté», Le thème cette année est «la lutte contre le changement climatique : un élève, un arbre» pour le fondamental et «la paix et la réconciliation nationale» pour les autres niveaux d’enseignement. Le chef du gouvernement par intérim a assisté, dans une classe de 9è année, à une leçon modèle sur le thème de la rentrée scolaire 2022-2023 au niveau fondamental, «le changement climatique, un élève, un arbre», avant de planter un arbre dans la cour de l’établissement. Le colonel Maiga s’est également rendu au jardin d’enfants «Kassé Keïta» puis au lycée «Notre Dame du Niger», où il a suivi la leçon modèle sur le thème : «la paix et la réconciliation nationale». Dans une interview qu’il a accordée à la presse, le colonel Abdoulaye Maïga a indiqué que le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a une vision claire du Mali de demain, donc du Mali kura (nouveau Mali). Il a soutenu que l’épine dorsale du Mali Kura reste l’Education et l’avenir de nos enfants. Selon lui, les acquis de l’école seront préservés et pérennisés dans le temps grâce à l’éducation que nos enfants recevront. Le colonel Maïga s’est, aussi, réjoui de voir des enseignants engagés et enthousiastes et des élèves heureux de retrouver l’école. Il compte sur l’accompagnement des partenaires de l’école, notamment de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et le bureau de coordination de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) qui doivent s’investir pour sécuriser l’espace scolaire. Par ailleurs, le chef du gouvernement par intérim a salué le geste des Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 pour avoir suspendu leur mot d’ordre de grève de l’année dernière afin de faire l’union sacrée autour du gouvernement. « Les doléances des enseignants sont en train d’être examinées », a assuré le Premier ministre par intérim, tout en annonçant qu’une conférence sociale sera « une solution pour traiter, de manière globale, toutes les revendications des enseignants ». Se réjouissant d’une année scolaire apaisée et réussie en 2021, il en a appelé à l’engagement et au patriotisme des enseignants pour que une année 2022-2023 soit apaisée et pacifique. Et d’ajouter que les réponses apportées par le gouvernement commencent à produire des effets. « Mais, il est important, a-t-il dit, de continuer sur cette lancée ». Quant à la ministre de l’Education nationale, elle a procédé à la remise officielle de kits scolaires aux élèves du lycée Ba Aminata Diallo (LBAD) et de l’École centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration (ECICA). La ministre a, également, révélé que l’État investit 1,3 milliard de Fcfa pour l’alimentation scolaire, plus de 2,4 milliards de Fcfa pour les fournitures scolaires dans les lycées publics et écoles techniques et professionnelles et 57 milliards de Fcfa dans les écoles privées (au titre de bourses et frais scolaires des élèves). «Globalement, chaque année, l’État débloque plus de 60 milliards de Fcfa pour l’éducation de nos enfants», a déclaré Mme Sidibé Dédéou Ousmane. Notre équipe de reportage s’est rendue aux groupes scolaires «Sega Diallo» de Bozola et «OPAM» à Quinzambougou pour constater l’effectivité de la rentrée scolaire. Dans le premier établissement, tous les élèves étaient en classe. Les enseignants, aussi. Les cours se déroulaient normalement à la satisfaction du directeur-coordinateur du Groupe scolaire Aly Sidèye Touré. Deux agents du Centre d’animation pédagogique (CAP) de Bozola étaient sur les lieux pour s‘assurer de la reprise des cours et recenser les difficultés énumérées. L’OPAM compte 4 écoles fondamentales (OPAM 1, 2, 3 et 4). Les enseignants dispensaient les cours. La rentrée des classes s’est, aussi, bien déroulée dans cet établissement scolaire qui accueille 1.100 élèves, repartis dans 24 salles de classe pour 47 enseignants. L’établissement continue d’enregistrer des cas de transfert d’élèves. Le coordinateur-directeur de l’établissement, Boubacar Coulibaly, a déploré la persistance de certaines difficultés qui pourraient empêcher les élèves de suivre normalement les cours. Il s’agit du non-paiement des salaires des enseignants pour le mois de septembre 2022, de l’insuffisance de livres de lecture, de mathématique, de sciences naturelles pour les classes de 7è, 8è et 9è années. L’insuffisance de ressources humaines, tables-bancs et des toilettes dégradées sont aussi des soucis. La cour de l’ECICA grouillait d’élèves. Certains consultaient le tableau d’affichage pour retrouver leurs noms et d’autres récupéraient leurs fournitures scolaires à la direction. SYW/MD (AMAP)
Le président sierra-léonais a effectué à Bamako une visite d’amitié et de solidarité
Bamako, 03 oct (AMAP) Le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, en visite d’amitié et de solidarité à Bamako, a affirmé, vendredi, qu’en tant que militaire, il a traversé la même situation en Sierra Leone, à savoir «une transition militaire-civile», comme au Mali aujourd’hui. «Je suis ici pour voir avec mon homologue malien, échanger avec lui sur comment nous avons vécu cette expérience en Sierra Leone afin d’avoir le même résultat au Mali», a insisté le président sierra-léonais. Selon lui, cette phase a conduit à un processus de stabilisation, de paix définitive dans le pays. Julius Maada Bio a inscrit son séjour dans le cadre d’une solidarité à l’endroit du peuple malien. Il a indiqué que les quelques heures passées dans la capitale malienne, lui ont permis de partager son expérience dans la conduite de la Transition. Il a confié avoir, également, évoqué avec le chef de l’État la situation des 46 militaires ivoiriens détenus à Bamako. «Nous avons échangé là-dessus et avons regardé de quelle manière nous pouvons résoudre cette question-là très rapidement pour nous permettre de continuer avec les tâches de développement», a dit Julius Maada Bio. S’adressant de façon particulière aux Maliens, le président sierra-léonais a fait savoir que le monde traverse une période difficile et qu’il faut qu’on travaille ensemble pour résoudre les problèmes de l’heure. «Je souhaite qu’il y ait un processus de Transition qui se passe dans la paix et que l’issue de cette Transition nous amène vers une élection transparente et un régime civil», a conclu le président Maada Bio. Accompagné de ses ministres des Affaires étrangères, David A. Francis, de l’Energie, Alhaji Kanja Sesay et de son Porte-parole, Yusuf Keketomu Sandi, le président Maada Bio, a été accueilli, vendredi, à l’aéroport international président Modibo Keita Sénou, par le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, pour une visite d’amitié et de travail de 24 heures. Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, le président du Conseil national de Transition, (CNT) le colonel Malick Diaw, des membres du gouvernement et du corps diplomatique étaient présent à l’accueil. Après le cérémonial protocolaire les deux chefs d’État ont eu un tête-à-tête dans le salon d’honneur de l’aéroport. Le président de la Transition et son hôte ont eu, ensuite, un deuxième tête-à-tête au palais de Koulouba, avant de présider la séance de travail élargie aux membres des deux délégations. À la fin de la rencontre, le président de la Sierra Leone a déclaré à la presse être venu rendre visite à «un ami et un frère». «J’étais là avant le changement de régime. Maintenant, je me dois de venir avec le changement échanger sur les questions d’intérêt général et d’intérêt commun à nos deux pays. Et aussi de partager mon expérience et mon vécu avec lui», a-t-il dit. BD/NK/MD (AMAP)
Mali : Le business lucratif des analyses et examens médicaux
Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 03 oct (AMAP) Ils sont éminemment utiles à la communauté, notamment dans la prise en charge des maladies. Ils ont pris l’engagement (Serment d’Hippocrate) d’être fidèles à l’éthique et la déontologie dans l’exercice de leur profession qui, soit dit en passant, est un sacerdoce. Il s’agit des médecins, parmi lesquels certains qui envoient systématiquement les patients vers des structures privées même lorsque les analyses peuvent être effectuées dans les établissements publics. Esprit mercantile ou non-respect du serment d’Hippocrate ? Malheureusement certains des praticiens ont des comportements a contre-courant de cet engagement. Ceux-ci, par amour du gain, semblent se faire une spécialité d’envoyer les malades et autres usagers des établissements publics de soins (hôpitaux et centres de santé de référence) vers les structures privées pour des analyses biomédicales ou de radiographie. La formule consacrée est : «Les résultats des analyses ou des radios de telle structure sont plus fiables que ceux des établissements publics». Qu’est-ce qui explique ce phénomène ? Pourquoi ces pratiques continuent-elles de perdurer ? Abdoul Karim Sangaré, chauffeur de son état, a du mal à comprendre les raisons qui poussent des médecins à orienter systématiquement les patients vers les structures privées qui utilisent très souvent les mêmes compétences que les établissements publics. Il explique avoir vécu, au moins deux fois, cette situation au Centre de santé de référence (CSRéf) de Kalabancoro. Et de s’interroger sur la pertinence de cette pratique dans la prise en charge d’une pathologie. Elle impose des surcoûts aux malades et leurs familles. Or, il est généralement admis que pour faire face au coût du traitement de certaines maladies au Mali, le patient moyen est contraint, très souvent de battre, le rappel des parents. PROPENSION – Comme Abdoul Karim Sangaré, d’autres aussi s’interrogent et veulent comprendre pourquoi pour même un simple examen d’échographie dans un CSRéf), certains praticiens ont la propension d’envoyer les patients dans les structures privées. Un doctorant, sous le couvert de l’anonymat, explique que la pratique jure d’avec l’éthique et la déontologie de la médecine. Il condamne la pratique, mais tente d’en trouver une explication. Pour lui, « c’est généralement une pratique du personnel qui n’est pas recruté, autrement des bénévoles qui officient dans les structures de soins. Beaucoup de malades et usagers des établissements publics ne sont pas d’accord avec ce point de vue et estiment c’est bien «une problématique réelle et généralisée». Pour eux, le médecin qui s’adonne à cette pratique le fait simplement par « appât du gain ». Aujourd’hui, les malades se bousculent aux portillons de certaines structures privées sur recommandation des médecins. Ces médecins trompent les malades et autres usagers sur la qualité de l’arsenal de diagnostic des établissements publics. Malheureusement les pannes récurrentes de certains équipements de pointe dans les structures publiques comme le scanner ou l’Imagerie par résonance magnétique (IRM), y contribuent aussi. Notre doctorant reconnaît que dans certains cas, le médecin requiert un examen comparatif entre les résultats de deux structures pour s’orienter dans son protocole thérapeutique. A l’en croire, certains examens médicaux ne sont pas faisables dans les services publics. Il parle aussi de l’insuffisance de compétences dans certains domaines. RISTOURNES – Un spécialiste en cardiologie, qui consulte dans une clinique privée à Kalabancoro, explique clairement que son établissement accorde des ristournes aux médecins qui lui envoient des malades pour faire leurs examens. Ils qualifient ces médecins de collaborateurs. Et de dire que ceux-ci bénéficient parfois d’autres avantages en nature à l’occasion des fêtes, par exemple. Il soutient que les médecins des structures publiques méritent plus en matière de rémunération. Pour gagner plus, certains s’engagent dans la collaboration avec les établissements privés. Vêtu de bleue, la barbe touffue, le médecin chef du district sanitaire de la Commune IV de Bamako, Dr Abdoul Razak Dicko, ne passe pas par quatre chemins pour dénoncer la pratique. Il reconnait que le secteur de la santé compte « des brebis galeuse ». Il fustige le phénomène qui nuit « gravement à notre système de santé ». Il rappelle que le système de santé a été conçu pour rendre plus accessibles les services de soins aux populations. Ce spécialiste en santé publique estime que la pratique engendre une baisse de recettes au niveau des structures publiques et crée des difficultés de fonctionnement. Elle contribue, aussi, à la paupérisation des usagers. Le chef du district sanitaire de la Commune IV est convaincu que les agents de santé, qui orientent les patients vers les établissements privés, reçoivent des ristournes au prorata des malades envoyés. Il explique avoir déjà sanctionné un agent qui s’était rendu coupable d’une telle pratique. Notre interlocuteur explique que les médecins peuvent demander aux patients d’aller faire les analyses ou les examens dans le privé lorsqu’un appareil de l’établissement connaît une panne technique ou si la structure n’est pas en mesure de fournir le service, faute d’équipements ou de compétences. Dr Dicko invite le personnel de santé au respect du serment d’Hippocrate, en intégrant la notion de sacerdoce de la médecine. Il conseille aux malades et autres usagers de dénoncer ces actes. Pour sa part, le médecin chef du district sanitaire du Cercle de Kati, Dr Issa Guindo, explique que ces pratiques peu orthodoxes se passent à l’insu des gestionnaires des établissements publics. Il assure que chaque fois qu’il a été informé d’une pareille situation, il a pris des sanctions disciplinaires. Ceux qui s’adonnent à cette pratique « ne pensent pas aux malades mais plutôt à l’argent », déplore le médecin. Notre interlocuteur souligne que le 8 septembre dernier, les responsables des administrations hospitalières ont signé avec le ministère de la Santé et du Développement social des contrats de performance. Ces contrats ont été initiés pour améliorer le fonctionnement des hôpitaux publics de 2è et 3è références et renforcer la qualité des soins de santé au bénéfice des populations. MDD/MD (AMAP)
Mali: Le convoi du gouverneur de Nara (Nord-Ouest) attaqué dans le Gringalé
Nara, 01 sept (AMAP) Le convoi du gouverneur de Nara (Nord-Ouest), le colonel-major Amara Doumbia a fait l’objet, vendredi, aux environs de 10h30, d’une attaque complexe entre Kaloumba et Mourdiah, dans la forêt du Gringalet, dans le Nord-Ouest du Mali, proche de la frontière avec la Mauritanie. Des groupes armés terroristes ont fait exploser un Engin explosif Improvisé (EEI) au passage de la colonne de véhicules, puis s’en est suivi des tirs nourris. L’explosion n’a pas fait de victimes humaines mais des dégâts matériels mineurs dont une citerne légèrement touchée , L’ennemi a été mis en déroute, grâce à « une riposte vigoureuse » de l’escorte des Forces armées maliennes (FAMa) qui ont neutralisé plusieurs terroristes. Le gouverneur et sa délégation sains et saufs ont continué sur leur route. Les attaques à l’EEI sont de plus en plus fréquentes sur laxe Nara-Kwala. C’est la deuxième embuscade en un mois. La précédente a occasionné la mort de deux éléments des FAMA, près de Madina Kagôro, à 100 km de Nara BC/MD (AMAP)
Loi électorale : Explication de texte
Bamako, 27 sept (AMAP) Un atelier de restitution des séances de vulgarisation et d’appropriation de la nouvelle Loi électorale, qui se sont déroulée, du 12 juillet au 20 septembre derniers, à Bamako et dans les capitales régionales, s’est tenu mardi dernier dans un hôtel de la capitale. Le président du Conseil d’administration du Centre malien pour le dialogue inter-partis et la démocratie (CMDID), Boubacar Sandinan Camara a espéré que « les réflexions et les échanges des participants permettront de faire des propositions pour améliorer ce texte ». Il attend, aussi, que les contributions et conduiront « à une meilleure compréhension du nouveau cadre législatif des élections » au Mali. Mais, aussi, « à l’organisation d’élections crédibles et transparentes conformément au chronogramme établi par les autorités. » De son côté, le représentant du Conseil national de Transition (CNT), Nouhoum Sarr, a indiqué que le retour à l’ordre constitutionnel est, aujourd’hui, la priorité principale des autorités de la Transition. M. Sarr qui a présidé l’ouverture des travaux, a remercié les partenaires, qui malgré les difficultés du moment et quelques fois les «hostilités», « se tiennent aux côtés des organes de la Transition ». « Ce, afin que le processus électoral, qui est déterminant pour le retour à l’ordre constitutionnel, soit inclusif, acceptable et transparent pour l’ensemble des acteurs ». Cet atelier avait pour objectif d’échanger avec les populations sur les enjeux de la réforme électorale, les innovations contenues dans la nouvelle Loi électorale ainsi que leur implication dans l’organisation et la gestion des opérations électorales et référendaires dans notre pays. Il offrait, également, la possibilité aux participants d’échanger avec la Commission des lois du CNT sur les indispensables réformes de cette loi qui devront intervenir avec l’adoption de la nouvelle Constitution. Organisée par Idea international en partenariat avec la Commission des lois du CNT, le Pnud, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) , la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES) et le CMDID, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui aux réformes et aux élections au Mali (PAREM). Au Mali, le processus électoral constitue une préoccupation majeure. Le Dialogue national inclusif (DNI), les Assises nationales de la refondation (ANR) et d’autres fora ont fait d’importantes recommandations relatives aux questions électorales et aux insuffisances des anciennes lois électorales dans leur application. D’où une relecture pour y apporter des améliorations. Et ce, en vue de la tenue d’élections libres, justes, crédibles, transparentes et apaisées au terme de la Transition qui marquera le retour à l’ordre constitutionnel dans notre pays. Pour ce faire, l’adoption par le CNT de la loi électorale n°2022-019 du 24 juin 2022 donne l’opportunité d’approfondir la réflexion sur cette réforme. Le représentant de l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (Idea international), Maurice Engueleguele, ainsi que des représentants de partis politiques et de la société civile étaient également présents. BD/MD (AMAP)
Moussa Ag Acharatoumane : “Nous devons unir nos forces pour faire face au monstre l’État islamique ”
Propos recueillis par Massa SIDIBÉ Bamako, 27 sept (AMAP) La collaboration entre l’Armée et les groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger dans la lutte contre le terrorisme, la situation humanitaire dans la zone de Ménaka sont, entre autres, sujets sur lesquels s’exprime dans cette interview le secrétaire général du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA). Moussa Ag Acharatoumane livre, également, ses impressions sur l’intervention du Premier ministre par intérim à la tribune des Nations unies. L’Essor : Que retenez-vous du discours prononcé, samedi dernier, à la tribune de l’ONU, par le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga ? Moussa Ag Acharatoumane : J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le discours du Premier ministre par intérim à la tribune des Nations unies. Je suis heureux que le gouvernement ait réaffirmé son engagement à mettre en œuvre l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, à rétablir l’ordre constitutionnel et à faire face aux multiples crises auxquelles le pays est confronté. Le Premier ministre par intérim aurait dû soutenir les aspirations du continent africain, exprimées par le président de l’Union africaine (UA), à réformer le Conseil de sécurité en fonction de l’évolution mondiale afin que le continent puisse participer pleinement au progrès du monde. Le Premier ministre par intérim aurait dû, aussi, profiter de cette tribune pour exprimer la compassion du gouvernement aux familles des centaines de morts dans le Nord et au Centre du Mali tués par des extrémistes et solliciter l’accompagnement de la communauté internationale pour faire face à la grave crise humanitaire qui touche nos populations. Enfin, vu la situation de notre pays, nous devons prôner l’apaisement avec nos voisins immédiats car c’est ensemble qu’on va relever le défi sécuritaire qui touche nos espaces communs. L’Essor : Quelles sont les possibilités de conjuguer les efforts entre les FAMa et les groupes signataires de l’Accord pour faire face à l’État islamique ? MAA : Aujourd’hui, vu la situation qui prévaut à Ménaka et Gao, je pense qu’on ne peut pas se dispenser d’amener les forces de défense et de sécurité et les mouvements signataires à conjuguer leurs efforts contre Daech. Daech est une organisation qui combat tout le monde, les Forces armées maliennes (FAMa), les mouvements signataires, les populations locales et même les partenaires internationaux. Donc, aujourd’hui, nous n’avons pas d’autre choix que de nous mettre ensemble pour faire face à ce “monstre”. Parce que Daech, c’est un véritable “monstre”. Ici, malheureusement, les gens n’ont pas pris encore l’ampleur et la gravité de la situation ainsi que de la menace qui est en face. Cette menace est inédite. L’Essor : Quels sont les obstacles à une telle unité d’action et quelle solution pour y arriver ? MAA : Le fait que la mise en œuvre de l’Accord tarde à avancer, je pense que c’est l’un des obstacles malheureusement qui fait qu’il n’y a pas d’unité d’action par rapport aux menaces sécuritaires que le Mali vit. C’est pour cela qu’il est extrêmement important que les autorités de la Transition essayent d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord, notamment suite aux décisions de la dernière réunion décisionnelle tenue à Bamako. Cette réunion prévoit l’intégration de 13.000 éléments issus des mouvements au sein des forces de défense et de sécurité. Compte tenu de la gravité de la situation sécuritaire, les autorités doivent faire en sorte d’avancer sur ce point. Cela va permettre à ce qu’on puisse recréer la confiance entre toutes les parties. C’est la seule solution pour avancer, parce que sans confiance, c’est extrêmement difficile. Ménaka est une exception. Les forces de défense et de sécurité et les mouvements signataires, notamment le MSA, le GATIA et la CMA ont, de 2016 à maintenant, toujours conjugué leurs efforts pour sécuriser la localité. La crise ne peut être résolue par la seule option militaire. Il faut, aussi, que l’administration joue pleinement son rôle, en ramenant les services sociaux de base auprès des populations; que des initiatives soient prises pour aider à réconcilier les communautés en les aidant à surmonter les problèmes inter et intra-communautaires. Ces régions sont dans un sous-développement qui ne peut qu’être bénéfique aux organisations criminelles, car ils ont en face d’eux une jeunesse qui n’a pas beaucoup de perspectives. Nous avons aussi des frontières souvent tracées en divisant des familles, des tribus, des communautés. De ce fait, nos États ne peuvent plus faire l’économie d’une collaboration renforcée pour mieux servir leurs populations des deux côtés de la frontière en tenant compte de ces réalités. L’Essor : Quelle est la situation humanitaire dans la zone de Ménaka? MAA : Une situation humanitaire très difficile. Je dirai même dramatique. Parce qu’aujourd’hui, sur les six cercles que compte Ménaka, il n’y a plus que la ville de Ménaka, dans laquelle il y a des milliers de populations qui s’entassent. Des femmes, des enfants, des vieillards, des populations qui sont aussi venus les mains vides et n’ont absolument rien. Aujourd’hui, dans la Région de Ménaka, pratiquement toutes les communes, tous les cercles se sont vidés de leurs populations. Les populations se réfugient dans la ville de Ménaka ou vont vers la Région de Kidal, l’Algérie ou le Niger. C’est une situation humanitaire extrêmement difficile. Je lance un appel pressant et urgent aux autorités, à tous les partenaires humanitaires internationaux qui sont présents chez nous pour venir en aide à ces populations en détresse surtout avec la saison des pluies et des maladies qui commencent à apparaitre. Il faut un plan de riposte spécial pour cette Région afin de venir en aide à ces populations sur le plan humanitaire. L’Essor : Y a-t-il actuellement une interaction entre votre Mouvement et les FAMa ? MAA : A Ménaka, oui. Nous travaillons ensemble. Nous coordonnons nos actions, échangeons des informations et sécurisons Ménaka-ville ensemble. Notre souhait, c’est qu’on puisse aller au-delà de Ménaka. Il est important de sécuriser des villes comme Anderamboukane et d’autres cercles dans la Région

