Salaire des aide-ménagères : Débat houleux entre employeurs et défenseurs de leurs droits
Par Mariam A. TRAORÉ Bamako, 26 mai (AMAP) La gestion des aide-ménagères, ces mains utiles et indispensables dans les foyers de Bamako et des capitales régionales, est, aujourd’hui, un casse-tête pour beaucoup d’employeurs. Ceux-ci craignent une déshumanisation de ce secteur et un risque d’exposer ces pauvres filles au danger du mercantilisme. L’apport de celles qu’on appelle, les «bonnes» à tout faire dans nos foyers, est inestimable. Ces jeunes filles, venues de différentes localités de l’intérieur du Mali, participent à la stabilité de nombreux foyers ici. Elles interviennent, du début à la fin de la chaîne, dans la réalisation des tâches ménagères de la maison. Plusieurs raisons les poussent à venir en villes. Si ce n’est pas pour assurer la survie de leur famille au village avec le fruit de leur trvail qu’elles économisent, c’est gagner de l’argent pour acheter le trousseau de mariage ou même découvrir le monde. C’est toujours un aspect de l’exode rural. Une fois à Bamako, la capitale malienne, elles sont entièrement à la charge de leurs employeurs. Beaucoup de ces jeunes filles innocentes sont victimes de maltraitance et d’abus. Des organisations de défense se sont impliquées dans leur protection et la promotion de leurs droits. Dans cette démarche, ces structures de placement des aide-ménagères ont apporté beaucoup d’amélioration aux conditions de vie des aide-ménagères notamment sur le plan salarial. D’année en année, leur salaire grimpe. En effet, leur rémunération diffère selon que l’on loue leur service par le canal d’une des nombreuses agences de placement de Bamako ou qu’on discute directement avec elles. Leur tuteur ou tutrice sert souvent d’intermédiaire. Mieux, la zone de résidence de la «bonne» influence le montant du salaire. Ainsi, le traitement diffère selon que l’employeur vive sur la Rive droite ou sur la Rive gauche du fleuve Djoliba (Niger) à Bamako. Les employeurs dans la première zone, considérée comme des nantis, paieraient mieux que les habitants de la seconde. Il n’y a pas de prix standard en la matière. Actuellement, les «bonnes» ont des salaires compris entre 12 500 Fcfa et 30 000 Fcfa voire plus, selon que l’employeur soit du secteur informel, pour la plupart le principal employeur, ou formel. Dans les quartiers huppés de Bamako, elles sont payées à la tâche. Mme Mariko Assanatou loue les services de deux aides ménagères. La première, 20 000 Fcfa, est une emme de 23 ans. Elle s’occupe de la restauration et de l’entretien de la maison. Âgée de moins de 16 ans, la petite, qui s’occupe des enfants et des petits travaux domestiques, se console avec 12 500 Fcfa. Leur intermédiaire verse les salaires aux employées, chaque fin de mois, dans l’agence de placement. La gestion salariale de ces filles-là fait débat dans notre pays. C’est un casse-tête pour les employeurs. De nombreuses bonnes réclament plus que le Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) malien. Elles sont aidées et soutenues dans ce combat par les organisations de défense de leurs droits. QUESTION D’EPOQUE – Le débat se déroule sur les réseaux sociaux, dans les marchés et dans les lieux de regroupement des femmes. Chacun y va de son avis, commentaire et stratégie. Il est plus qu’urgent qu’il soit ouvert officiellement afin de trouver une solution. Mme Coulibaly Assan, s’étonne de ce qui se passe autour de la gestion salariale des bonnes. Elle rappelle qu’à leur époque, elle louait les services d’une femme mariée. «J’admets que les choses ont évolué. Avant, on bénéficiait des services d’une dame mariée avec souvent des enfants. Elle venait nous aider dans nos tâches quotidiennes. En retour, on leur donnait un repas. À la fin de chaque mois, la dame recevait entre 2 500 à 3 000 Fcfa», se souvient-elle. Notre vieille dame indique qu’autrefois, c’était plus par solidarité. Elle reconnaît que l’aspect humain a cédé la place, aujourd’hui, à toutes sortes de dérives dans la gestion des aides ménagères à Bamako. Face à la surenchère du salaire des «bonnes», Mme Bouaré Ina demande, aux uns et aux autres, de savoir raison garder. Elle soutient ceux qui veulent que les aide-ménagères soient payées au SMIC. Supposons qu’il en soit ainsi, dans ce schéma, les aide-ménagères ne doivent bénéficier que leur salaire. «Je me dis que si nous devons leur payer au-delà de 20 000 Fcfa, elles ne peuvent plus demander qu’on leur achète des médicaments quand elles tombent malades, des pommades et autres accessoires», dit-elle. Notre interlocutrice raconte qu’elle a deux bonnes payées chacune à 12 500 Fcfa par mois. Elle assure par mois leur coton et pommade hygiénique. Il lui revient de payer des tresses et de leur acheter des chaussures. «Mieux, elles ont toutes les deux un téléphone. Je leur achète, de temps en temps, des crédits pour communiquer avec leurs parents au village. Ce n’est pas tout. Elles sont habillées pendant les fêtes et tous les événements heureux qui se déroulent chez moi», explique-t-elle. Mme Bouaré se fait aussi un devoir de soutenir ces «filles lorsqu’elles décident de rentrer au bercail. «Je peux leur payer 30 000 Fcfa, mais je serai plus exigente si elle venait à casser des trucs à la maison. Si elles doivent se prendre entièrement en charge, il ne leur restera pas grand-chose des 30.000 Fcfa», prévient notre interlocutrice. Mme Djourté Hélène nous raconte son cas. Elle louait les services d’une bonne à 12 500 Fcfa. Elle était satisfaite. «Elle était comme ma première fille. Les étrangers ne faisaient pas de différence entre elle et mes enfants. Par malheur, elle tomba gravement malade. Cela lui a valu une hospitalisation de plus de 20 jours», raconte notre interlocutrice. La jeune fille sera entièrement prise en charge par son employeur. Au moment de rentrer au bercail, la patronne lui donna l’entièreté de son salaire de trois ans avec bonus, des habits, des ustensiles de cuisine. «Ni la jeune fille, ni ses parents n’en revenaient pas. Que ceux ou celles qui s’agitent pour les droits des domestiques pensent à tous ces facteurs. On doit tout faire pour ne pas déshumaniser ce domaine au risque d’exposer
Biennale artistique et culturelle : La Commission nationale d’organisation à pied d’oeuvre
Bamako, 26 mai (AMAP) La Commission nationale d’organisation de la Biennale artistique et culturelle du Mali travaille d’arrache-pied pour la réussite de cet important rendez-vous culturel dans notre pays qui enregistrera la participation des 19 régions et du District de Bamako. Après une interruption de plus de sept ans, les artistes maliens se retrouveront, bientôt, dans la Venise malienne, Mopti (Centre) pour montrer leur savoir-faire. Ce sera un grand moment de communion avec l’ensemble des créateurs des 19 régions et du District de Bamako. Cette édition enregistre une participation record avec l’arrivée de nouvelles régions. En effet, si le Mali a compté six régions administratives de 1960 à 1978, puis sept régions et un District à partir de 1979, elle en a neuf en 1991. Ainsi à l’issue du lancement, le tirage a donné un ordre de passage suivant devant le jury : Sikasso, Ménaka, Bandiagara, Koutiala, Nioro, Tombouctou, Koulikoro Dioïla, Kidal, Ségou Mopti, Bamako, Sans Gao, Nara, Kayes Douentza, Kital Bougouni et enfin Taoudénit. Pour ce faire, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a créé une Commission nationale d’organisation (CNO) qui est à pied d’œuvre depuis plus d’un mois. Une autre commission locale a été mise en place à Mopti sous l’égide du gouverneur de cette région qui accueillera l’évènement. Après les phases locales organisées par chacune des régions dans le but de sélectionner les meilleurs numéros ou créations artistiques et les artistes et instrumentistes. « Chacune d’entre elles a déjà constitué sa troupe et les répétitions battent leur plein », a dit le directeur national de l’action culturelle, Alamouta Dagnoko. La Biennale artistique et culturelle 2023 se tiendra sous le thème : «Le Mali : une histoire commune, une seule nation, un même destin». Les troupes doivent concourir dans les disciplines suivantes : Ensemble instrumental, solo de chant, pièce de théâtre, musique d’orchestre, danse traditionnelle, chœur et ballet à thème. Au menu de la Biennale artistique, cette année, il y aura, aussi, des innovations dans l’exposition d’objets d’art, des conférences-débats, des colloques et un symposium. L’audio visuel et multimédia, les jeux concours, les marionnettes et contes, l’exposition artisanale, la cuisine des communautés et les visites guidées sont, aussi, des nouveautés. L’objectif de ces innovations est de maximiser l’apport de ces nouvelles disciplines à la promotion et à l’enrichissement du patrimoine culturel. Une mission de la CNO s’est rendue, le week-end dernier, à Mopti, sous la conduite de son président et secrétaire général du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Hamane Demba Cissé. Cette délégation a rencontré la commission régionale, en présence du directeur de cabinet du gouverneur de Mopti, Kantara Diawara. La séance de travail a essentiellement porté sur comment réussir ensemble le challenge. À la suite de débats, la joie se lisait «sur presque tous les visages » et Le sentiment d’avoir compris l’orientation de Bamako était réel, a assuré le haut fonctionnaire de défense et président de la sous-commission défense et sécurité, le colonel Sibiri Konaté. Le lendemain samedi, sous un soleil de plomb, la délégation a visité les dix sites d’hébergement proposés par la commission régionale. Il s’agit de mettre les troupes dans les conditions idoines de compétition. Toutes les commodités requises, en termes d’approvisionnement en eau, d’alimentation en électricité et de ventilation des sites d’hébergement, ont été scrutées à la loupe. Les dix sites à retenir seront repartis, à parts égales, entre Mopti et Sévaré. Il ressort des explications des organisateurs qu’à l’issue du débriefing, il a été retenu que la CNO siégera pour le choix des sites, une proposition qui n’a fait l’objet d’aucune objection au niveau régional. YD/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 24 mai 2023
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 24 mai 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Reformes politiques et institutionnelles, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret déterminant les modalités du vote par anticipation des membres des Forces de Défense et de Sécurité à l’occasion du référendum constitutionnel de 2023. La loi électorale dispose que le scrutin a lieu un dimanche. Toutefois, en cas de nécessité et hormis le cas de l’élection du Président de la République, le scrutin peut se tenir tout autre jour de la semaine. Elle prévoit aussi qu’en cas de nécessité, les membres des Forces de Défense et de Sécurité peuvent exercer leurs droits de vote par anticipation le dimanche précédent le scrutin général. Dans ce cas, le dépouillement des bulletins a lieu en même temps que celui du scrutin général et dans les mêmes conditions. Le Décret n°2023-0276/PT-RM du 05 mai 2023 portant convocation du collège électoral, ouverture et clôture de la campagne électorale, à l’occasion du référendum constitutionnel prévoit le déroulement du scrutin référendaire le dimanche 18 juin 2023 et le vote par anticipation des membres des Forces de Défense et de Sécurité le dimanche précédent, soit le 11 juin 2023. Le projet de décret est adopté en application des dispositions de la loi électorale. Il définit les modalités du vote par anticipation des membres des Forces de Défense et de Sécurité. Sur le rapport du ministre des Transports et des Infrastructures, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant le cadre organique de la Cellule des Travaux routiers d’Urgence. La Cellule des Travaux routiers d’Urgence est créée par la Loi n°03-029 du 21 juillet 2003, modifiée, avec pour mission : – l’exécution des travaux d’aménagement et d’entretien routiers nécessités par l’urgence ; – la réparation des dommages causés aux routes et aux ouvrages de franchissement par les intempéries et les calamités ; – l’exécution des travaux d’entretien routier dans toutes les zones géographiques où l’entretien du réseau routier n’est pas assuré par les entreprises privées. Le Décret n°2023-0006/PT-RM du 12 janvier 2023 a été adopté pour adapter l’organisation et le fonctionnement de la Cellule à l’évolution de l’environnement à travers, notamment la création de nouvelles antennes régionales. Le projet de décret adopté intègre cette nouvelle organisation dans le cadre organique et dote, pour les cinq (05) prochaines années, la Cellule en personnel nécessaire pour l’exécution de ses missions. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGERES ET DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE – Ambassadeur du Mali à Moscou : Colonel-major Seydou KAMISSOKO. – Consul Général à Douala : Madame Mariam SEYE, Journaliste. – Attaché de Défense de l’Ambassade du Mali à Ankara : Colonel Zakaria CAMARA. AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE – Directeur Général de l’Usine Malienne des Produits Pharmaceutiques : Colonel Kaya Issa CISSE. AU TITRE DU CABINET DU MINISTRE DÉLÉGUÉ, AUPRÉS DU PREMIER MINISTRE, CHARGÉ DES RÉFORMES POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES – Chargé de mission : Monsieur Diakaria DIALLO, Linguiste. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Sur le rapport du ministre des Transports et des Infrastructures, le Conseil des Ministres a pris acte d’une Communication relative aux modalités d’exploitation du trafic ferroviaire de voyageurs et de marchandises par la Société de Patrimoine Ferroviaire du Mali. Le transport ferroviaire est vital pour les régions traversées par les rails et essentiel pour le Mali tout entier. Il joue un rôle important dans le cadre de la complémentarité des modes de transport. L’arrêt du trafic ferroviaire et des activités qui y sont liées, depuis mai 2018, a réduit les revenus des usagers et riverains des rails, atteint le moral des ménages, impacté la mobilité des populations et ébranlé l’économie tant dans les régions traversées qu’à l’échelle nationale. Dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’urgence de relance du trafic ferroviaire, adopté le 02 octobre 2019, le Ministère des Transports et des Infrastructures a réalisé, à travers la Société de Patrimoine Ferroviaire du Mali, plusieurs activités parmi lesquelles on peut citer entre autres : – la réhabilitation de dix-neuf gares, de Bamako à Kayes ; – la réhabilitation des ateliers centraux de Korofina et le dépôt de Kayes ; – l’acquisition des équipements mécaniques et outillages pour les travaux de voie ; – le traitement des points critiques de la voie entre Bamako et Kayes ; – la pose des traverses en bois sur les ouvrages d’art de Bamako à Diboli ; – le confortement des ponts de Galougo, Mahina et Toukoto ; – la réparation des locomotives CC2205 et CC2207 ; – la réparation des voitures, fourgons et générateurs de la rame voyageurs ; – l’acquisition des pièces de rechange pour la fiabilisation des locomotives CC2205 et CC2207 ; – la formation de 23 commis des gares, 15 aiguilleurs et 24 conducteurs chefs de convoi ; – l’essai blanc du train voyageurs sur la relation Bamako-Kayes-Bamako ; – l’information et la sensibilisation des autorités et populations riveraines des rails de Bamako et Kayes ; – l’élaboration d’un plan de transport quinquennal pour le trafic ferroviaire de voyageurs et de marchandises national et international. Après la réalisation de ces activités, la relance du trafic ferroviaire de voyageurs et de marchandises est subordonnée à la définition du cadre de gestion du trafic. La présente communication vise à faire assurer par la Société de Patrimoine ferroviaire, à travers une convention sur la période 2023-2027, l’exploitation du service ferroviaire de voyageurs et de marchandises entre Bamako et Diboli, en conformité avec la réglementation
Opérations de l’Armée malienne : Plus de 160 terroristes neutralisés (Etat-major)
Bamako, 22 mai (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé du 8 avril au 20 mai 2023, 167 terroristes et interpellé 32 autres, dans le cadre du plan Maliko et de l’opération Kélétigui, a annoncé l’état-major général des Armées dans un communiqué. Selon la hiérarchie militaire, les FAMa ont, aussi, détruit plusieurs équipements et matériels au cours de différentes interventions sur l’ensemble du territoire qui ont prioritairement porté « sur la surveillance et la consolidation des renseignements sur la localisation des groupuscules terroristes très mobiles, leurs réseaux et leurs complices tant dans les zones urbaines que dans les forêts. » Il faut, également, noter la prompte réaction des FAMa contre des groupes terroristes sur la route de Kita-Diéma, Mourdiah-Nara (Ouest), les engins explosifs improvisés (EEI), l’attaque contre les cibles molles dans la Région de Sikasso (Sud), Nara et Ségou (Centre). Sur le théâtre Est de l’opération, l’Armée signale que les priorités ont porté sur la consolidation de la reprise de l’initiative tant sur le plan aérien que terrestre. «Les vols de surveillance, réassurance des populations et de contrôle du territoire dans la Région de Kidal, Gao et Ménaka (Nord) de même que les reconnaissances offensives terrestres majoritairement dans la Région de Ménaka et Gao ainsi des escortes et des actions civilo militaires de distribution de vivres ont été menées avec succès», indique le communiqué. Sur le théâtre Centre de l’opération Maliko, selon la même source, l’action majeure a été « la réaction professionnelle des FAMa pendant l’attaque déjouée contre l’aéroport de Sévaré, la destruction de multiples plots logistiques par des frappes aériennes, des reconnaissances offensives, des opérations aéroportées et de saisies d’importantes logistiques terroristes et l’appui aux populations. » L’Armée déplore, de son côté, 9 morts au combat et quelques matériels de guerre endommagés. Par contre, les terroristes ont enregistré de lourdes pertes : «Destruction de 13 plots logistiques terroristes, 167 terroristes neutralisés, 32 terroristes interpellés, 9 véhicules et 148 motos détruits et d’autres récupérés», précise le communiqué. Les FAMa ont détruit ou récupéré, aussi, d’importantes quantités de matériels de fabrication d’EEI et de munitions de toutes calibres récupérés, 27 EEI détruits. Ainsi que 850 motos, 05 camions, 01 porte char, 05 chargeurs et d’importantes quantités de vivres et de couvertures saisies, 09 terroristes repentis et 15 en attente d’être recueillis. L’état-major général des Armées « salue le soutien, l’engagement, la collaboration et le courage des populations auprès des FAMa » et assure que les FAMa continueront la recherche et la destruction des terroristes dans le respect strict du Droit humanitaire et Droit international humanitaire. SS/MD (AMAP)
Réorganisation administrative et territoriale du Mali : Les nouvelles cartes disponibles
Par Bembablin DOUMBIA Bamako, 22 mai (AMAP) Le Mali dispose, désormais, d’une nouvelle carte administrative et des cartes des 19 régions et du district de Bamako. La cérémonie de remise solennelle de la première carte administrative au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a eu lieu, vendredi dernier dans la salle des banquets du palais de Koulouba. Cette remise, en présence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, des présidents des institutions de la République ainsi que des membres du gouvernement, intervient à la suite de la promulgation, le 13 mars dernier, des textes de la réorganisation administrative et territoriale, après leur adoption par le CNT. Ainsi, notre pays compte désormais un district, 19 régions, 159 cercles, 474 arrondissements, 815 communes, 12. 641 villages, fractions et quartiers. Dans son intervention, le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, est revenu sur les critères qui ont prévalu au choix des différentes circonscriptions administratives et des collectivités territoriales. Il s’agit des critères de populations et de superficie, prenant en compte, au plan local, les spécificités de la démographie et de l’étendue des espaces territoriaux à couvrir, des critères sociologiques et ceux liés à la viabilité économique. S’y ajoutent les critères de distance/accessibilité, permettant au maximum de rapprocher les populations de l’administration, ceux relatifs au maillage du territoire et à la compensation. Selon le colonel Maïga, la combinaison des critères a permis de rendre le processus plus objectif en ayant comme seule motivation de doter le Mali d’une architecture organisationnelle réaliste et adaptée aux besoins des populations. DÉLIMITATION – Le parachèvement de la réorganisation territoriale est un objectif du gouvernement qui figure dans son Plan d’action et une recommandation des Assises nationales de la refondation (ANR). D’où la matérialisation de ce «gigantesque travail par la conception et la production de la carte administrative du Mali, très attendue par le peuple malien et l’ensemble des utilisateurs publics et privés», a dit le ministre en charge de l’Administration territoriale. Notre pays, dans sa continentalité, dispose d’atouts importants de par sa diversité et ses richesses culturelles, géographiques, historiques, pédologiques et naturelles. De même, il est de notoriété que les Maliens sont très attachés à leur terroir. « C’est pourquoi, a dit le colonel Abdoulaye Maïga, cette réorganisation du territoire favorisera davantage le rapprochement de l’administration des administrés. » Les services techniques du département de l’Administration territoriale, en rapport avec l’Institut géographique du Mali (IGM), ont travaillé en synergie avec l’accompagnement des partenaires pour aboutir à la carte officielle du Mali et à celles des 19 régions administratives et du district de Bamako. Le colonel Abdoulaye Maïga a promis que cette dynamique se poursuivra avec la production et la dotation de l’ensemble des cercles et communes de notre pays en cartes administratives (dotation initiale) par son département. En plus de la délimitation des circonscriptions administratives et des Collectivités territoriales pour les besoins de définitions des espaces de vies, notamment les habitats, les champs de cultures, les zones de pâturages, celles économiques et commerciales, la carte administrative participe de la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. De ce fait, elle favorise la délimitation des frontières terrestres du Mali avec sept pays. Des frontières qui sont, également, des espaces de vie, de cohésion et d’intégration africaine. Le ministre Maiga a, par ailleurs, évoqué quelques conséquences négatives du non-parachèvement de la réorganisation territoriale. À ce propos, il a indiqué que sur le plan juridique, toute nomination doit intégrer quatre types de compétences à savoir l’identité de la personne, ses attributions, la période à partir de laquelle la personne nommée commence à exécuter ses attributions et le champ géographique dans lequel s’exercent ses attributions. «Dans le cas d’espèce, nous comprenons que les gouverneurs et les ressortissants des régions dites non opérationnelles étaient dans un inconfort absolu», a regretté le ministre en charge de l’Administration territoriale. OUTIL DE DÉVELOPPEMENT – Le président de la Transition a soutenu que face à la situation de crise multiforme et pluridimensionnelle que le Mali traverse, depuis quelques années, cette nouvelle carte administrative « contribuera, sûrement, à la refondation de l’État pour une gouvernance forte et efficace. » Selon le colonel Assimi Goïta, « l’activité de réorganisation administrative du territoire contribue à la prise en compte des préoccupations formulées dans le sens d’une impulsion du processus de décentralisation en capitalisant les réussites et les difficultés enregistrées par des acteurs locaux ». En ce qui concerne l’organisation administrative du territoire, il est institué une codification numérique en vue de faciliter l’identification des circonscriptions administratives, des Collectivités territoriales, ainsi que des villages, fractions et quartiers. Par ailleurs, le chef de l’État a exhorté le gouvernement à faire de la nouvelle carte administrative et des cartes des régions des outils de planification du développement économique et social de nos territoires. «En tant qu’outil de développement, de planification, d’orientation et de suivi des actions au profit des populations, la carte administrative est et demeure un véritable outil de base», a insisté le colonel Assimi Goïta, espérant que cette carte administrative servira de référentiel pour l’amélioration d’autres cartes, notamment les cartes géographique, historique, pédologique, démographique, sanitaire, éducative, militaire et de télécommunication. Le chef de l’État a, aussi, exhorté le gouvernement à œuvrer au quotidien avec l’ensemble de ses collaborateurs pour davantage rapprocher l’État des citoyens, dans le cadre du processus de refondation en cours dans notre pays. «Pour cela, vous devez rester à l’écoute permanente des populations et leur rendre des services de qualité», a conseillé le président Goïta. BD/MD (AMAP)
Moussa Diallo : « La culture a beaucoup à donner pour freiner la déshumanisation du monde ! »
Propos recueillis par Moussa BOLLY Le talentueux musicien et entrepreneur culturel, mais aussi initiateur du Festival Spot on Mali Music parle avec le recul de son initiative. Il s’agit de permettre à des talents d’éclore grâce à des promoteurs ! Celui qui vit depuis de longues années à Copenhague (Danemark) sert de trait d’union entre la musique malienne et le showbiz mondial à travers le festival de musique «Spot on Mali Music» dont la 9è édition a vécu du 13 au 14 janvier 2023 à la Maison des Jeunes de Bamako AMAP : Les rideaux sont tombés sur la 9è édition du «Spot On Mali Music» organisée du 13 au 14 janvier 2023. Que retenez-vous de cette édition ? Moussa Diallo : Ce fut une superbe édition avec de belles découvertes d’artistes que je ne connaissais pas bien et qui nous ont émerveillés. C’est un bonheur à chaque fois de finaliser les éditions de «Spot On Mali Music» et de voir tant de talents qui sont plus ou moins connus même des Maliens. C’est tout un bonheur ! AMAP : Comment jugez-vous l’événement de cette année par rapport à la précédente édition ? MD : Pour nous, chaque édition de «Spot On Mali Music» est toujours une réalisation innovante. On ne gagne rien les mains croisées et chaque édition a été pour nous un challenge. Pouvoir déjà réaliser chaque année une nouvelle édition, c’est vraiment gagner du terrain dans la pérennisation du projet. Toutes les éditions ont été de belles expériences pour nous et je pense aussi pour les artistes. AMAP : Qu’est-ce qui vous a motivé à initier ce festival ? MD : Étant donné que je suis moi-même musicien, depuis fin 1990 je viens régulièrement au Mali et je fais des tournées au Danemark avec des musiciens maliens comme Bassékou Kouyaté et son épouse Amy Sacko ; Zoumana Téréta (paix à son âme), Amy Tounkara que je fais tourner dans les écoles et pour qui j’organise aussi des concerts en Scandinavie, et tant d’autres musiciens. Chaque fois que je suis au Mali, je vois vraiment des multitudes d’artistes qui galèrent et qui me demandent comment est-ce que je peux les aider d’une manière ou d’une autre. Quand l’ambassade du Danemark a été ouverte au Mali, j’ai contacté les acteurs culturels danois pour voir ce qui était possible de faire. Ma première démarche était d’aider l’Institut national des arts (INA) et le Conservatoire Balla Fasseké Kouyaté. Et cela a pu se réaliser. Une collaboration a été établie entre le Conservatoire Balla Fasseké Kouyaté et un conservatoire très connu au Danemark, le conservatoire de musique à Aarhus. Et de là, nous avons eu un budget et j’ai initié un festival pour aider les artistes qui ne sont pas nécessairement au Conservatoire Balla Fasseké Kouyaté pour donner un peu plus d’envergure à notre projet. AMAP : Quel est aujourd’hui votre regard sur la musique malienne ? MD: La musique malienne est belle comme toujours. Je découvre de nouveaux talents. J’adore la musique malienne et je ne suis pas le seul, car là où je vis, il y a aussi beaucoup de personnes qui adorent la musique malienne. Ils sont nombreux les artistes d’autres horizons qui sont toujours émerveillés de collaborer avec les artistes maliens. AMAP : Où en êtes-vous avec votre propre carrière musicale ? MD : Je suis un peu moins engagé à faire des tournées et des concerts classiques. Je fais maintenant beaucoup de choses pour les enfants. J’écris ainsi des livres pour les enfants. Tout cela est devenu aujourd’hui ma passion. Je sors quelques disques de temps en temps, mais le show business a beaucoup changé. Sans compter que je suis aussi à un âge où je me focalise un peu sur d’autres activités d’appui comme «Spot On Mali Music». Cela me permet de partager un peu mon expérience. N’empêche que je joue toujours de temps en temps vigoureusement sur scène. AMAP : Quel est l’impact de ce festival sur la musique malienne à ce jour ? MD : Je ne peux pas dire exactement jusqu’à quel point cette initiative impacte la musique malienne. Mais je sais que pour les artistes, c’est une plateforme qui leur a permis de briller avec du matériel très performant. Elle leur a aussi donné la possibilité de rencontrer des promoteurs qui, éventuellement, pourraient les aider à ouvrir les portes du showbiz. On les met sur nos réseaux sociaux et il y a une bonne petite poignée qui a eu l’opportunité d’avoir des tournées à l’extérieur à travers «Spot On Mali Music». Je sais que Thierno Sam a fait des tournées grâce au festival. Tout comme Cheickna Sissoko a eu aussi des opportunités à l’extérieur. Et Mariam Koné, qui était du côté du Conservatoire, a fait aussi des tournées au Danemark. AMAP : Quelles sont les grandes révélations des huit premières éditions ? MD : La liste est longue (rires…) ! Mais vous pourrez toujours aller sur la page web de Spot On Mali Music (www.spotonmalimusic.org) pour avoir une idée de tous les artistes qui ont joué à notre festival comme les rappeurs Mylmo, Tal B, Ben Zabo, Cheickna Sissoko, Sadio Sidibé, M’Bouillé Koité… ; Faratuben, un groupe atypique né de la rencontre entre musiciens du Mali et du Danemark ? Son nom est un mélange de deux mots bamanan : Farafin (Noir) et Toubabou (blanc). Ils jouent de la musique bwa très dansante et traditionnellement jouée uniquement sur du balafon et des tamans. AMAP : Bénéficiez-vous de l’accompagnement de l’État malien dans cette entreprise ? MD : C’est un peu triste à dire. Mais le ministère en charge de la Culture n’a fait aucun effort, même par courtoisie pour l’ambassade de Danemark, pour venir ou envoyer quelqu’un aux différentes éditions de notre festival. C’est déplorable d’avoir un ministère de la Culture qui ne fait aucun clin d’œil aux artistes maliens et ne reconnaît même pas ou n’apprécie pas les aides qui sont apportées à des acteurs culturels pour aider la culture
Vie de couple : Les secrets d’une relation amoureuse à distance
Par Mariam A. TRAORE Bamako, 19 mai (AMAP) La vie de couple n’est pas un long fleuve tranquille. Une vie à deux fait la synthese de plusieurs options. Et plusieurs stratégies entrent en jeu. Il s’agit de la communication, la concession, le respect mutuel et, surtout, l’art d’entretenir la flamme. Ce dernier point devient difficile quand le couple vie séparément. La distance est une épreuve difficile pour beaucoup de couples qui ont expérimentés la vie dans la proximité. Actuellement, au Mali, de nombreux couples vivent séparément pour des raisons professionnelles ou autres. Il leur revient de se réorganiser, tout en créant de nouvelles habitudes pour entretenir la flamme de l’amour. Il est conseillé aux couples, qui vivent séparément, de privilégier la communication, notammnet de rester connecté grâce aux messages et appels vidéos. Il est nécessaire de créer un moment intime, à travers le téléphone. Ainsi, vous pouvez prendre soin l’un de l’autre. Le couple doit être imaginatif pour ne pas donner de la place à la routine et à la solitude. Heureusement, la technologie offre plusieurs canaux pour rester en contact et permettre au conjoint de surmonter la distance. Pierre Teilhard Chardin dit vrai : «Ce n’est pas d’un tête à tête, ni d’un corps à corps, c’est d’un cœur à cœur dont nous avons besoin». Autrement dit, nous pouvons bien vivre loin l’un de l’autre et rester amoureux. La distance permet à certains couples de surmonter leurs difficultés pour enfin être complices. Plusieurs couples ont finalement compris qu’en plus de la proximité géographique, plusieurs valeurs sont nécessaires dans une relation amoureuse. Plusieurs moyens existent pour rester ensemble malgré la distance. Il faut juste communiquer et se rassurer que le message passe bien. Attention !!! Il ne s’agit pas de harcéler l’autre, mais de donner des signes de vie. Pour Mme Diakité Néné, la vie à distance a permis à son couple de se stabiliser. Comment la distance a-t-elle sauvé leur couple ? Le mari travaille dans une zone dite dangereuse au Mali. Le couple a opté de vivre à distance pour la sécurité de la famille. Ainsi, Néné et leurs deux enfants sont restés à Bamako. «Nos échanges journaliers ont ravivé la flamme qui s’éteignait entre nous», dit-elle. Ce couple qui, selon les témoignages, ne pouvait terminer une conversation sans disputes, communique maintenant passionnément. Elle indique qu’elle a vite créé leur mode de communication. «Je me faisais un devoir de lui envoyer chaque soir un message de bonne nuit en lui indiquant qu’il me manquait. Au réveil, il a un message de moi avec ma photo et celles des enfants pour lui souhaiter bonne journée et lui dire que nous allons bien”, dit Mme Diakité. “J’ai aussi pris l’habitude, à travers des messages, de lui raconter mes aventures quotidiennes», nous confie Néné. Au début, son époux ne réagissait pas à tous ses messages. Au fil du temps, il a fini par céder. «On se dit tout au téléphone. Mon homme avait de la peine à me dire -je t’aime-. Aujourd’hui, il le fait et nos conversations sont de plus en plus intimes et coquines», indique-t-elle. avec un large sourire. LA FEMME PLUS CREATIVE – Autre cas, autre histoire. L’ingénieur Bouba travaille dans une mine dans la Région de Kayes (Ouest). La distance a permis à son couple de rester amoureux et soudé. «Ce sont nos retrouvailles que j’aime beaucoup. J’ai l’impression, chaque fois, que je commence une nouvelle relation. Quand je suis à Bamako, ma femme se surpasse pour me séduire. Elle est aux petits soins», dit-il. Ce n’est pas tout. La distance a permis à sa femme de vaincre sa timidité. Il est heureux en nous confiant son secret : «J’adore nos moments de détente quand je ne suis pas sur place. Elle arrive à me surprendre. Elle m’étonne avec l’usage de certains mots. Ce mode d’échange a permis à mon épouse d’être beaucoup plus ouverte et de mieux s’exprimer». Pour cet autre couple, la distance leur a épargné le divorce. Fifi, un nom d’emprunt, raconte qu’après dix ans de vie de couple, la routine a fini par s’installer. Tout était sujet de disputes. «Plus rien n’allait dans notre couple. Il arriva un moment où j’ai sérieusement pensé au divorce», se souvient Fifi. Dieu fait bien les choses : son mari, qui est médecin, obtient une bourse de spécialisation hors du Mali. «J’étais soulagée qu’il parte pour que je sois enfin tranquille. Au bout d’un mois, il a commencé à me manquer. J’ai décidé d’établir une discussion saine entre nous. On se disait tout et rien. Mon mari a réussi à me séduire. Nos retrouvailles étaient chaleureuses et conviviales», assure Fifi. Ce jeune couple nouvellement marié profite bien de la vie à deux. La distance ne les empêche plus de vivre ensemble, même si c’est de façon virtuelle. «Grâce aux nouvelles technologies, on peut faire beaucoup de choses sans être pour autant ensemble. Nous regardons des films ensemble et faisons des jeux», explique Amadou est assis dans un restaurant de la place à côté de son épouse. Avec l’aide de sa femme, ils se sont fixés des règles de base. Il s’agit de ne jamais interrompre la communication même si l’un d’eux est fâché. Les incompréhensions doivent vite être aplanies pour ne pas laisser la place au doute et à la morosité. «Jusque-là, notre recette marche à merveille, à tel point que nous ne ressentons plus la distance. La complicité nous approche davantage et fortifie notre vie de couple», se réjouit l’épouse d’Amadou, en fixant du regard son mari comme pour confirmer. Un large sourire de son époux, qui n’arrêtait pas de taquiner sa femme, vaut toutes les confimations. Si par le passé, la relation à distance des couples était compliquée et pouvait être une menace pour la vie de couple, tel ne semble plus être le cas. Cependant, le virus dans une relation à distance est l’infidélité. La recette de l’amour éternel est la confiance. Il ne sert à rien de s’agiter ou d’avoir des pensées
Processus de Transition : Le corps diplomatique s’informe à bonne source
Bamako, 19 mai (AMAP) Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a rencontré, jeudi, dans son département, les chefs de missions diplomatiques et consulaires ainsi que les responsables d’organisations internationales accréditées dans notre pays. Les échanges ont porté sur les avancées réalisées dans le cadre du processus de Transition, la situation sécuritaire et son impact sur la situation des droits de l’Homme, le processus de paix et les perspectives pour la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Parlant du processus de Transition, le ministre Diop a assuré que toutes les mesures relatives au processus politique sont conçues et réalisées dans une démarche consensuelle et inclusive. Conformément aux attentes largement exprimées par la population malienne lors des Assises nationales de refondation (ANR), les autorités ont pris des mesures fortes et irréversibles pour le retour à un ordre constitutionnel sécurisé et apaisé. « La convocation du collège électoral pour le référendum constitutionnel, le 18 juin 2023 s’inscrit dans cette dynamique », a soutenu Abdoulaye Diop. Il a assuré que le léger glissement de calendrier pour la tenue du scrutin référendaire n’aura aucune incidence sur le respect du chronogramme de la Transition. L’installation de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige), la mise en place en cours de finalisation de ses coordinations ainsi que le nouveau découpage territorial sont d’autres avancées évoquées par le ministre Diop. S’agissant de la situation sécuritaire, le chef de la diplomatie malienne a soutenu que les Forces armées maliennes (FAMa) « poursuivent leurs offensives contre les organisations terroristes et remportent des succès tangibles sur le terrain. » Des succès qui ont été rendus possibles grâce au renforcement de l’outil militaire. Le ministre Diop a développé la question des droits de l’Homme, soulignant que le gouvernement regrette « la campagne hostile de certains États et organisations internationales contre le Mali, en instrumentalisant » ce sujet. « Les opérations de lutte contre le terrorisme sont menées dans le strict respect des droits de l’Homme, d’autant plus qu’il s’agit de nos propres populations, a-t-il insisté. RAPPORT FANTAISISTE – «L’affirmation du rapport, sans aucun fondement, de 500 victimes, sur une population évaluée à 4 000 personnes, est fantaisiste. Car, cela équivaudrait à 12,5% de la population de Moura, qui aurait été tuée, mais cette affirmation est surtout dangereuse car elle jette l’opprobre sur l’institution militaire et étatique, sans aucune précaution d’usage en matière d’enquête », a protesté le ministre des Affaires étrangères. Parlant des partenariats, le ministre Diop dira que « notre pays inscrit désormais son action extérieure sur le respect de principes clés, à savoir le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et de partenaires opérés par le Mali et la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises. » Sur la relance du processus de paix, Abdoulaye Diop a indiqué que malgré les difficultés rencontrées, le gouvernement reste attaché à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Pour les perspectives à propos de la MINUSMA, notre pays ne fait pas mystère de sa forte réserve sur les trois options proposées par le secrétaire général de l’ONU concernant la configuration de la MINUSMA. «Car aucune ne répond aux attentes du Mali, au besoin de sécurité des Maliennes et des Maliens», a déploré le chef de la diplomatie malienne », précisant qu’il s’agit, pour la MINUSMA, de revoir sa posture, comment elle peut mieux aider les Forces armées maliennes (FAMa) à sécuriser les populations. S’exprimant au nom de l’ensemble des chefs de missions diplomatiques et consulaires ainsi que les responsables d’organisations internationales accrédités dans notre pays, l’ambassadeur de l’État de la Palestine au Mali, Hadi Shebli, s’est réjoui en disant que ces rencontres permettent d’éviter des spéculations sur les réseaux sociaux. Il a apprécié les avancées dans le processus de Transition avant de déclarer d’être convaincu que l’agenda des élections sera respecté. «Il est dans l’intérêt de tous que les efforts soient conjugués afin de surmonter les difficultés et de relever le défis liés à la sécurité et le terrorisme», a reconnu Hadi Shebli. Il ajoutera que «personne ne peut nier aujourd’hui que la situation sécuritaire au Mali s’est améliorée». OD/MD (AMAP)
Cercle de Bafoulabé : Vingt villages reçoivent leur certificat de fin de défection à l’air libre
Par Boubacar MACALOU Bafoulabé, 18 mai (AMAP) Grâce à une ONG locale et son partenaire, l’Unicef, des villages des Communes rurales de Bafoulabé, Sidibéla et Mahina, dans l’Ouest du Mali, sont dotées de latrines. Des dispositions sont prises pour limiter la prolifération des mouches à partir des fosses septiques dans ces zones exposées aux maladies diarrhéiques et au paludisme. Ces trois communes rurales ont foit des progrès dans la lutte contre la défection à l’air libre sous l’égide de l’ONG. Dix villages de la Commune de Sidibéla, huit de Bafoulabé et deux de Mahina ont d’obtenu leur certificat de fin de défécation à l’air libre, lors d’une cérémonie, le 12 mai 2023, à Sitacounadi, situé à 18 km au Nord-Est du chef-lieu de Commune rurale (Bafoulabé), en présence des autorités régionales, locales et communales. On y notait aussi la présence des partenaires de l’ONG, de l’UNICEF et des services techniques locaux. L’organisation de cette cérémonie de certification à Sitacounadi est le couronnement des efforts déployés par ce village qui a tenu tous ses engagements. C’est pourquoi Sitacounady a ravi la vedette aux sept autres villages, en se classant 1er. Les communautés de ces différents villages se sont engagées à mettre fin à la défécation à l’air libre, après la réalisation d’ouvrages d’assainissement. L’idéal pour les populations rurales, c’est d’œuvrer pour que chaque famille soit dotée d’une latrine et de dispositif de protection (savon, cendre) pour limiter la prolifération des mouches à partir des fosses. Dans le cadre de la lutte contre les maladies hydriques et le paludisme, en vue de la promotion de la santé en milieu rural, l’ONG intervient dans trois communes du Cercle de Bafoulabé, dans la Région de Kayes (Ouest), depuis octobre 2022. Dans ces zones, les communautés rurales sont souvent très distantes des structures de santé. Pourtant, elles sont exposées à des maladies liées aux mauvaises conditions d’hygiène et au problème d’assainissement. L’objectif de l’ONG est d’aider ces populations à lutter efficacement contre les maladies et d’augmenter leur production économique. « Une population en bonne santé peut vaquer librement à ses occupations : faire paître ou élever ses animaux, les travaux champêtres ou encore la pêche. Des enfants en bonne santé peuvent aller à l’école facilement « , a dit le directeur de l’ONG, Mamoudou Diallo. « Quand vous avez un environnement assaini, vous réduisez les cas de maladies de l’ordre de 75%. Les maladies diarrhéiques et le paludisme sont les plus dévastatrices et les plus courantes dans ce cercle. Elles causent des dégâts, notamment chez les couches les plus vulnérables (enfants et femmes)”, a expliqué M. Diallo Il s’est dit “très satisfait” et s’est réjoui de l’accompagnement de l’UNICEF et de son partenaire, l’IMADEL, ainsi que de l’implication des services techniques. “Cette bonne collaboration prouve que tout ce que l’Etat a prévu comme politique d’orientation a été pris en compte », a commenté Chaka Souleymane Sanogo, préfet du Cercle de Bafoulabé. Il a, aussi, encouragé les communes bénéficiaires à prendre des actions rigoureuses pour aller vers l’assainissement total. « C’est ambitieux mais pas impossible », a estimé le préfet. « J’ai le sentiment d’une mission accomplie. Notre mission était d’amener ce village à cet état. Aujourd’hui, il a atteint tout ce que nous avons visé comme objectif : une famille, une latrine. Il y a même des familles où il y a deux latrines et où toutes les mesures d’hygiène sont respectées”, a-t-il poursuivi. “Mes impressions sont bonnes. Si le village persévère dans cette dynamique, nous allons réduire de façon significative les maladies liées au manque d’hygiène et à l’assainissement », a, pour sa part, laissé entendre Mamoudou Diallo BM/MD (AMAP)
Khasso Damba : SOS pour une fillette souffrant d’une hernie ombilicale
Par Boubacar MACALO Bafoulabé, 18 mai (AMAP) Au village de Khasso Damba, dans le Cercle de Bafoulabé, Makan Fanguédou et sa famille souffrent le martyre depuis 2022. Avec Fily Sangaré, son épouse, Fanguedou cherche, désespérément, la somme de 250 000 Fcfa pour la prise en charge de leur enfant, Hawa, qui attend une intervention chirurgicale à l’Hôpital régional Fousseyni Daou de Kayes, dans l’Ouest du Mali. Leur fillette est atteinte d’une Hernie ombilicale (HO) et les parents lancent un « SOS » pour la sauver. Selon certaines sources médicales locales, la petite Hawa doit subir une intervention avant l’âge de cinq ans pour éviter des complications. “Mon mari et moi avions conduit notre fille à l’Hôpital régional de Kayes en mars 2022 pour une intervention chirurgicale. Mais, la somme de 250 000 que le médecin traitant a demandée était au-dessus de nos moyens. Nous ne savons pas comment la réunir et notre fille souffre souvent de douleurs”, explique Mme Fanguédou, “Pire, quand elle pleure, la partie affectée devient volumineux, à tel enseigne que ses frères et sœurs la prennent pour un ballon, ajoute Mme Fanguédou, qui lache, philosophiquement : “Le pauvre à tort.” “Pour l’instant, nous n’avons entrepris aucune démarche auprès des autorités, car nous vivons dans un milieu rural, loin des autorités”, a laissé entendre M.Sangaré. Il y a trois ans, le couple Fanguédou a donné naissance à des triplés dont un garçon, au Centre de santé de référence (CSRéf) de Bafoulabé. Hawa, l’une des filles, “souffre d’une hernie par défaut de fermeture du canal ombilical”. Depuis lors, les soucis ont commencé pour cette famille qui vit dans la pauvreté. Le père, Makan n’arrive pas à assurer les trois repas réguliers, faute de ressources financières, a fortiori, prendre en charge la fille malade. Khasso-Damba est un petit village de la Commune rurale de Bafoulabé à 10 km à l’Est. Dans cette localité, la vie est difficile. Beaucoup de ses habitants vivent dans la précarité. “Nous vivions de l’agriculture. Aujourd’hui, les terres ne sont plus fertiles. À cela, s’ajoutent les effets néfastes du changement climatique. Rares sont les familles dont les champs peuvent produire 10 sacs de céréales lors des récoltes. Le hic ? Certaines sont obligées de vendre quelques sacs de céréales pour nourrir les membres de leur famille”, dit le père de la fille. BM/MD (AMAP)

