Prorogation du mandat des conseillers communaux : Le colonel Abdoulaye Maïga explique le choix du gouvernement

Bamako, 14 oct (AMAP) Le Premier ministre par intérim, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga, a expliqué, jeudi, à Bamako, les motivations du projet de loi adopté par le Conseil des ministres du mercredi dernier portant prorogation du mandat des conseillers communaux à titre exceptionnel et les mesures en cours pour le retour de l’ancien dispositif des délégations spéciales. Lors d’un point de presse dans les locaux de son département, Abdoulaye Maïga a indiqué que sur ce dossier, le gouvernement avait plusieurs possibilités. La première était de mettre en place des autorités intérimaires dans toutes les communes du Mali, de relire le Code des collectivités territoriales pour y inclure la possibilité d’une troisième prorogation. Selon le conférencier, en application du Code des collectivités en vigueur, le gouvernement ne peut demander que deux fois, une prorogation du mandat des conseillers des collectivités territoriales. Ce qui a déjà été fait. C’est pourquoi, la troisième possibilité était d’adopter une loi pour proroger le mandat des conseillers communaux à titre exceptionnel jusqu’à l’organisation des prochaines élections. Le Premier ministre par intérim a souligné que le choix du gouvernement est motivé par la prudence, la stabilité sociale et la continuité du service public au profit des populations. Il a soutenu qu’il y a, à cet effet, plus de 11.000 conseillers des collectivités territoriales au Mali. Et il y a un danger et un risque liés à un  remplacement systématique de ces conseillers par des autorités intérimaires. Pour le colonel Maïga, le processus est long car il risquerait de prendre deux ans au minimum. La mise en place des autorités intérimaires, à travers l’actuel dispositif, est aussi porteuse de risques dans certaines localités. «Ce que nous voulons faire en lieu et place des autorités intérimaires, c’est de relire le Code des collectivités territoriales. Cette activité est en cours», a expliqué conférencier, qui dira que dans les jours à venir, le gouvernement va soumettre à l’approbation du président de la Transition, le remplacement du dispositif des autorités intérimaires par le celui antérieur des délégations spéciales. Toutefois, le ministre Maïga a précisé que le but n’est pas de remplacer systématiquement les 11.000 conseillers par des délégations spéciales. Mais pour lui, cela ne voudrait pas dire que le gouvernement va rester en spectateur face à des collectivités territoriales qui ne fonctionnent pas. Car celles-ci seront systématiquement remplacées par des délégations spéciales. LES DÉLÉGATIONS SPECIALES – « L’objectif du gouvernement n’est pas de donner un blanc-seing aux collectivités qui ne fonctionnent pas », a-t-il précisé. D’après lui, après l’adoption de cette loi, dans les jours à venir, le gouvernement va proposer une relecture du Code des collectivités pour ramener le dispositif des délégations spéciales. Ainsi, toutes les collectivités qui connaissent des difficultés de fonctionnement seront systématiquement remplacées par les délégations spéciales. Il  s’agit, entre autres, de celles où il y a des tensions entre le maire et ses adjoints et qui jouent sur leur fonctionnement, celles où la mauvaise gouvernance est une réalité. Le ministre Maïga a rappelé que l’Accord pour la paix et la reéonciliation issu du processus d’Alger, lui-même, ne parle pas d’autorités intérimaires. Mais d’autres textes, dans le cadre de sa mise en œuvre, les ont prévues. Il précise que c’était pour des régions bien ciblées. « Comme nous sommes dans une République, on ne peut pas adopter une loi pour des régions particulières et laisser les autres », a-t-il expliqué, ajoutant que c’est la raison pour laquelle, le dispositif des autorités intérimaires a été appliqué à l’ensemble des régions du Mali. Pour lui,  la délégation spéciale a quelques avantages car il y a moins de personnes et dans son fonctionnement, elle est moins coûteuse que les autorités intérimaires. Le chef du gouvernement par intérim a soutenu qu’en agissant ainsi, il n’y a aucune volonté de la part du gouvernement de ne pas appliquer l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. DD/MD (AMAP)

Vote des Maliens déplacés et réfugiés : Les partis politiques font des propositions

Bamako, 14 oct (AMAP) Sur un total de 274 partis politiques, 38 ont fait des propositions, soit un taux de 13,87%, a appris l’AMAP lors d’une rencontre tenue, jeudi, et destinée à recueillir les propositions des acteurs politiques en vue d’apporter des solutions au vote des Maliens déplacés et réfugiés. Cette rencontre, au Centre de formation des collectivités territoriales, entre le Premier ministre par intérim, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga, et les représentants des partis politiques du Cadre de concertation national a porté sur les modalités d’organisation du vote des réfugiés et des déplacés internes. Les principales propositions faites par les formations politiques sont au nombre de cinq : transférer les personnes déplacées internes enrôlées vers les communes d’accueil ; recenser l’ensemble des réfugiés et déplacés en vue de participer aux différents scrutins ; créer des bureaux de vote au niveau des sites des réfugiés et des déplacés. S’y ajoutent l’amélioration de l’expérience de l’élection présidentielle de 2013 sur le vote des réfugiés, en corrigeant les insuffisance relevées et l’application des dispositions de l’article 49 de la loi n°2022-019 du 24 juin 2022 portant loi électorale et les pratiques qui ont prévalu lors des présidentielles de 2013 et 2018. La rencontre rentre dans le cadre de l’inclusivité du processus électoral qui, selon le gouvernement malien, est une préoccupation majeure des autorités de la Transition. Selon un rapport du ministère de la Santé et du Développement social, à la date du 30 avril dernier, le nombre de personnes déplacées internes est estimé à environ 370.548. Malgré les efforts de sécurisation en cours sur toute l’étendue du territoire, «force est de reconnaitre que tous les déplacés et les réfugiés ne pourront regagner leurs localités d’origine avant les élections», a noté, dans son discours d’ouverture, le ministre en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Les déplacés sont présentement sur des sites d’accueil ouverts dans le District de Bamako, la capitale, et les Régions de Mopti, Tombouctou, Gao, Ségou, Ménaka, Kidal…Quant aux réfugiés, ils sont installés majoritairement dans les pays voisins (Burkina Faso, Mauritanie et Niger). Si le vote des Maliens réfugiés trouve une solution dans notre législation, il n’en est pas de même pour celui des personnes déplacées internes. Aucune disposition de la loi électorale ne se penche sur le vote de ces dernières. Le colonel Abdoulaye Maïga a fait savoir que si aucune solution n’est trouvée à cette situation, bon nombre des déplacés et des réfugiés ne pourront accomplir leur devoir citoyen lors des scrutins décisifs à venir. D’où l’initiative de la rencontre d’hier avec les partis politiques. BD/MD (AMAP)

Banconi-Djalokorodji-Safo : Le tronçon de tous les dangers

Par Oumar SANKARE Bamako, 12 oct (AMAP) Le soleil est déjà haut dans le ciel, en cette matinée. Des ménagères, paniers sur la tête pour certaines, transpirent à grosse goutte, le long de la route reliant Bancononi à Djalakorodji. Aux abords de la voie sont installés de nombreux commerces. Certains marchands portent le cache-nez rendu rouge par la poussière. Même leurs cheveux, leur barbe et leurs sourcils ne sont pas épargnés. La route Nionsombougou-Banconi, en passant par Djalokorodji et Safo, est aujourd’hui en très mauvais état. De gros trous béants sont visibles par endroits. Les eaux de pluies y sont, certainement, pour quelque chose. Les quelques Sotrama (minibus de transport en commun), qui osent s’aventurer sur cette piste de rallye, font vivre le calvaire aux passagers. «Ouille!», «que Le Puissant nous assiste! » «Quelle misère !» répètent en chœur les passagers d’un Sotrama, dandinant dans tous les sens. «Vous n’avez encore rien vu», leur lance un passant. Mohamed Diarra, réparateur de moto, la trentaine révolue, est assis dans son atelier. Il regard fixé sur la route. «Nous en avons assez de cette route. Les canaux d’évacuation d’eau sont bouchés de tous les côtés. En cas de pluie, l’eau inonde les maisons et les boutiques», raconte-t-il. « Des femmes ont fait des fausses couches sur cet axe, long d’environ 10 km », renchérit Bamoye Sow, court de taille, teint noir. Son collègue Alhassane confie : «Un ami a abandonné sa nouvelle maison construite dans le quartier pour retourner dans la grande famille à Médine, avec toute sa famille, à cause de l’état de la route». Comme lui, plusieurs habitants des quartiers desservis par cette voie retournent en location, abandonnant carrément leur habitation. De l’autre côté de la route, se trouve la résidence du chef de quartier. Traverser cette voie, même à pied, est pénible à cause des trous. Taille moyenne, barbe grisonnante, Yacouba Koné, fils du chef de quartier de Layebougou, nous reçoit. Coiffé d’une casquette, un turban blanc au tour du cou, il décrit la souffrance de la population. «En saison sèche, nous sommes envahis par la poussière. En saison pluvieuse, nous pataugeons dans les eaux stagnantes et boueuses. Les véhicules s’embourbent, les motos patinent. Conducteurs et piétons trébuchent. Des personnes âgées se relèvent avec des fractures», témoigne Koné. IMPORTANCE CAPITALE – Abdoulaye Diallo, un habitant de Dialakorodji, fait le même constat. «Quatre années après le début des travaux de construction de la route, le chantier est à l’abandon. On a l’impression de circuler sur une piste rurale drainant sur des familles, toutes les eaux venant des collines», décrit Sahidou. «Sur cette route, plusieurs vies ont été fauchées. Les Sotrama roulent à vive allure soulevant la poussière, obstruant ainsi la visibilité. Et bonjour les dégâts ! Nous sommes fatigués d’enterrer les nôtres », dit le jeune commerçant Seydou Dembélé. Le maire de Dialakorodji rejette toute responsabilité dans cette situation. «La population s’en prend à la mairie à tort. Même dans les Sotrama, on m’insulte», regrette Oumar Guindo, précisant que la construction des routes au Mali relève de la compétence du gouvernement. La construction de la route Nionsombougou-Banconi a été initiée par les autorités en vue de permettre aux gros camions venant du Sénégal ou de la Mauritanie d’entrer à Bamako , la capitale malienne, sans passer par Kati. C’est une voie de contournement pour les poids lourds afin d’accéder au port sec de la Zone industrielle, en Commune I du district de Bamako. «C’est une route CEDEAO qui est d’une importance capitale pour l’économie nationale», indique Ousmane Diabaté, 2e adjoint au maire, chargé des routes, confirmant que les camions en provenance de la Mauritanie et du Sénégal passent par là car le tronçon Samé est accidentogène. Sotigui Niaré, 1er adjoint au maire, rappelle que le lancement des travaux à Safo remonte à novembre 2017. « Le peu qui a été réalisé est déjà dégradé», déplore-t-il. Le ministère des Transports et des Infrastructures rejette, lui aussi, la faute sur les riverains. «Les populations refusent de libérer les emprises de la voie entravant toute progression du travail. L’entreprise burkinabè sur ce chantier a fait faillite car elle louait des engins à coup de millions», révèle Mohamed Ould Mamouni, chargé de communication au ministère des Transports et des Infrastructures. Contacté, le ministère en charge des Domaines n’a pas répondu à nos sollicitations. OS/MD (AMAP)

Accord pour la paix et la réconciliation : Maintenir la nouvelle dynamique

Bamako, 12 oct (AMAP) Le président du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger (CSA), Delmi Boudjemaa, a appelé, mardi, à Bamako, les signataires à maintenir la nouvelle dynamique de mise en oeuvre du texte Ouvrant la 46è session ordinaire du s’est tenue, au siège de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour  la stabilisation au Mali (MINUSMA), le diplomate algérien a lancé « un appel fraternel à l’ensemble des parties signataires pour écarter toute suspicion et toute méfiance en vue de travailler de manière solidaire et en totale confiance pour consolider les convergences et promouvoir les compromis nécessaires au parachèvement de la mise en œuvre du document. » Cette rencontre est intervenue après la 6è session de haut niveau du CSA et la réunion décisionnelle de haut niveau sur l’Accord tenues, respectivement, en septembre et août derniers. «Ces deux réunions de haut niveau ont réitéré l’importance cruciale pour le Mali, mais aussi pour toute la Région, d’une mise en œuvre diligente et sincère de l’Accord de Bamako », a noté, dans son discours d’ouverture, le président du CSA. La session arrive, également, dans un contexte marqué par la mise en œuvre de l’Accord et la conduite du processus de transition destiné «à promouvoir une refondation de l’Etat au bénéfice du peuple malien». D’après Delmi Boudjemaa, si ces deux processus «inter-reliés» sont menés de manière concomitante, ils ne manqueront pas de créer les synergies favorables à la promotion des facteurs qui offriraient d’heureuses perspectives pour le peuple malien. Selon l’Envoyé spécial de l’Algérie pour le Sahel, dans le cheminement des efforts déployés par les signataires de l’Accord, de «belles choses» ont été réalisées « dont la plus intéressante est probablement l’adhésion de toutes les parties aux objectifs de réconciliation, de paix et d’unité. » « Cependant, quelques difficultés attendent d’être prises en charge », a indiqué le diplomate algérien. Il a ajouté que pour sa part, « l’Algérie est, comme il a toujours été, aux côtés du peuple frère malien dans toutes ses composantes », ajoutant que cette solidarité de l’Algérie avec le Mali « a été tout récemment réitérée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune . » Les travaux de cette session se sont bien déroulés malgré une suspension. À ce propos, le chef de la délégation de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), Attaye Ag Mohamed, a indiqué que cette situation n’était rien qui puisse compromettre le climats de confiance. «Ce sont des choses qui ont été faites dans l’intérêt supérieur de bien tenir la session», a-t-il déclaré. Il a, par ailleurs, souligné que cette session a été l’occasion de rappeler aux parties qu’il faut faire bouger les lignes. Le représentant de la CMA faisait allusion aux engagements qui ont été pris par rapport au processus de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) global ainsi qu’aux réformes politiques et institutionnelles. LANCEMENT DE PROJETS – De son côté, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, El-Ghassim Wane, a fait noter que cette session est intervenue dans un contexte marqué par une dynamique réelle dans la mise en œuvre de l’Accord. Pour le chef de la MINUSMA, au-delà de la « symbolique », cette rencontre a été l’occasion pour les parties de se mettre d’accord sur certains points, notamment rendre opérationnelle rapidement la commission ad hoc qui avait été convenue lors de la réunion de niveau décisionnel pour traiter, au cas par cas, la situation des cadres au niveau des mouvements. Il y a eu, également, un accord sur la redynamisation de toutes les structures chargées du suivi de la mise en œuvre de l’Accord, notamment le CSA et la nécessité de lancer très rapidement les 16 projets de développement qui ont été convenus depuis quelques temps. « Et pour lesquels des conventions de financement ont déjà été signées », a ajouté El-Ghassim Wane. Le coût de réalisation de ces projets s’élève à environ 38 milliards de Fcfa. Pour sa part, le secrétaire général du ministère en charge de la Réconciliation, Sidy Camara, a affirmé qu’au cours de la rencontre, la communication du gouvernement a porté sur les quatre volets : défense-sécurité, politique-institutionnel, développement-socioéconomique et culturel, justice-questions humanitaires. À ce propos, M. Camara a indiqué qu’il y a eu des avancées. Etayant ses propos, il a signalé que toutes les questions liées à la nouvelle Constitution sont en cours de traitement. L’avant-projet du texte a été remis, mardi, au président de la Transition par la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution. Le secrétaire général du département en charge de la réconciliation a poursuivi que dans sa démarche, cette Commission a rencontré les mouvements pour la prise en compte des aspects liés à l’Accord. Par rapport au volet défense-sécurité, Sidy Camara a souligné qu’ « aujourd’hui, en matière de DDR, tous les sites qui doivent abriter les éléments de ce processus ont été identifiés ». Il a ajouté que dans les jours à venir, on fera une évaluation du niveau de l’aménagement de ces sites afin que ces éléments commencent. Sidy Camara a par ailleurs souligné que le projet de loi portant réparation des préjudices causés aux victimes, depuis 1960, est sur la table du Conseil national de transition (CNT). Il a indiqué, à ce sujet, que le ministre Ismaël Wagué est convié au CNT, très prochainement. Le président du CSA, Delmi Boudjemaa, a dirigé les travaux en présence également du Haut représentant du président de la Transition pour la mise en œuvre de l’Accord, Inhaye Ag Mohamed. L’on notait également la présence des membres de la médiation internationale et des représentants des Mouvements signataires de l’Accord et de l’Inclusivité. BD/MD (AMAP)  

Ténenkou célèbre la 10ème journée internationale de la fille

Ténenkou, 12 octobre (AMAP) La journée internationale de la fille a été célébrée mardi à Ténenkou, sous la présidence de l’adjoint du maire, Abdourahamane Sow en présence du chef service local de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, de la présidente de la CAFO et de plusieurs autres invités, a constaté l’AMAP. Le thème retenu cette année pour la journée est « la participation des filles dans la promotion de leurs droits ». L’objectif de cette journée organisée en partenariat avec l’ONG IRC est de promouvoir l’autonomisation des filles à travers leur participation au respect et à la protection de leurs droits contre toutes les formes d’inégalités de genre. Le maire de la commune urbaine de Ténenkou a saisi l’occasion pour rappeler l’importance qu’occupe la jeune fille dans la société en tant que future mère donc future éducatrice. Le chef du service de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille s’est, pour sa part, réjoui de l’organisation de cette journée tout en rappelant la disponibilité de sa structure à accompagner toutes les actions qui concourent à la promotion des droits de la fille dans le cercle de Ténenkou. La présidente de la CAFO, Mme Safiatou Touré, pour ce la concerne, a saisi l’occasion pour insister sur l’implication des jeunes filles dans la promotion de leurs droits pour leur plein épanouissement. Durant près d’une heure, le chef du service de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille a présenté les conventions relatives aux droits des enfants. Cette 10e édition a été mise à profit pour sensibiliser l’opinion publique sur les inégalités dont les filles souffrent et la nécessité de respecter leurs droits afin de susciter leur implication dans les prises de décisions les concernant. Un sketch portant sur les droits de la fille a permis d’édifier les participants sur les droits des filles notamment à la vie, à l’éducation, à la santé et aux loisirs. AS/KM (AMAP)

Bafoulabé : Deux vieux bacs de plus de 20 ans assurent la traversée du fleuve

Par Boubacar MACALOU Bafoulabé, 11 oct (AMAP) A Bafoulabé,  dans l;Ouest du Mali, il n’y a pas de pont sur le fleuve Sénégal et les populations riveraines font recours au bac et aux piroguiers pour se rendre d’une rive à l’autre. En cas de panne, comme, c’était le cas en août 2022, bonjour le calvaire pour les transporteurs, passagers et habitants. Le bac fluvial est pour Bafoulabé ce qu’était le train pour Kayes (Ouest), son chef-lieu de Région. En effet, il est impossible au voyageur, qui vient de Kayes et de Diamou, de fouler le sol de la Cité de Mali Sadio sans prendre le bac, à partir de Tintila. Il en va ainsi pour celui qui emprunte l’axe Kita-Toukoto. Ce dernier doit transiter forcément par Babaroto pour arriver à Bafoulabé ou à Tintila. S’agissant des passagers en provenance de Tambaga et de Manantali, ils doivent faire la traversée par le bac pour l’autre côté du fleuve. La traversée du fleuve Sénégal par le Bac est le passage obligé pour tous ceux qui n’aiment pas voyager par pirogue par peur des noyade et autres chavirements, surtout en cas d’orages et de tornades. Le Cercle de Bafoulabé possède deux bacs fluviaux qui assurent la continuité des routes (Kayes-Kita, en passant par Babaroto, Kayes-Tambaga, en passant par Manantali). « Cependant, ces engins sont vieillissants. Ils ont été mis en circulation, depuis plus de 20 ans. Alors, avec de tels bacs, les problèmes ne finissent pas », a déploré le préfet du Cercle de Bafoulabé, Amadou Soumaré, lors d’une rencontre avec la société civile. Selon lui, Il y a longtemps qu’un bac est à l’arrêt, suite à un problème de moteurs dont les pièces sont récupérées pour faire marcher le second engin. « Pour l’instant, c’est un seul bac qui assure la traversée des véhicules avec ses multiples problèmes (moteurs, propulseurs). Un seul de ses moteurs fonctionne. Ce qui explique aussi sa lenteur au cours du trajet », précise le préfet, également président du Comité de gestion des bacs fluviaux (CGBF) . Le préfet a rappelé que les Industries navales et constructions métalliques (INACOM) qui sont basées à Koulikoro, sont les seules habilitées à réparer les bacs fluviaux, un travail qui se fait à coût de millions. Il faut souligner que les populations ne sont pas restées indifférentes à cette situation. Bien avant le calvaire provoqué par l’arrêt de cet indispensable moyen de transport fluvial, la société civile,  avec en tête, sa présidente Salama Sakiliba, le président du Conseil local des jeunes, Boubacar Macalou, les présidents des Conseils communaux de la jeunesse de Bafoulabé, Karamagan Diallo, et de Mahina. Harouna Diop, avaient entrepris des démarches auprès du préfet pour l’organisation d’une rencontre. Celle-ci a permis à l’ensemble des acteurs d’échanger sur des questions liées aux bacs afin que la situation ne tourne au pire. Au cours de cette rencontre, la présidente de la société civile assure avoir suggéré des pistes au préfet. Mais, cette tentative de sauvetage n’a pas été un succès, puisque le 26 août 2022, à 08:16mn, le second moteur du bac a lâché pour de bon. D’où ces exclamations des usagers : « Plus de bac ! Plus de traversée de véhicules » ! Ainsi, a commencé le calvaire pour le personnel naviguant et pour l’ensemble des usagers de ce moyen de transport fluvial. Sans oublier les populations riveraines du fleuve Sénégal formé par le Bafing et le Bakoye dont la rencontre a donné à la ville de Bafoulabé son nom (littéralement, la rencontre des deux fleuves). La problématique a largement animé les débats sur les réseaux sociaux, dans les « grins ».  Partout, ici, on ne parle que du problème de bac. Si cette panne a plongé le personnel et le comité de gestion du bac dans le désarroi, elle a bien profité aux piroguiers qui se sont frotté les mains. Car, comme le dit cet adage populaire : « A quelque chose, malheur est bon ». En effet, ces deux semaines d’arrêt du bac leur ont permis de gagner beaucoup d’argent, étant donné que les pirogues étaient les seuls moyens de transport fluvial. Avec comme conséquence : tous les prix, y compris ceux des produits alimentaires, qui ont doublé, rendant ainsi la vie très chère. RECOURS AUX PIROGUES – On faisait traverser une personne à 200 Fcfa le jour et à 500 Fcfa la nuit. Le transport d’une tonne de ciment, d’une rive à l’autre, coûte 3 000 Fcfa. D’où le ras-le-bol des habitants qui ont manifesté dans les rues contre l’arrêt du bac et la cherté de la vie. Et ils ont enfoncé le clou, en accusant le Comité de gestion des bacs fluviaux d’avoir mal géré les recettes générées par ce moyen de transport. Pour tirer leur épingle du jeu, les transporteurs et les passagers n’avaient qu’une option. Celle de se rabattre sur les piroguiers pour l’acheminement de leurs marchandises et autres bagages jusqu’à l’autre rive où sont stationnés des véhicules prêts à prendre le relais. Pourtant le gérant du bac, Mamadou Diakité, a, dès le début de la panne technique, indiqué qu’il avait informé immédiatement le préfet de la situation. D’après lui, cette situation constituait un coup dur, notamment pour le personnel du bac. « C’est le bac qui nous donne le sourire. Et ce travail nous plait. Bref, le bac est notre vie. Si ce moyen tombe en panne, c’est la galère pour nous tous », affirme-il. Selon certains conducteurs de véhicules, c’était la résignation pour ceux qui ne pouvaient pas traverser le fleuve. D’autres étaient contraints de rebrousser chemin et de rester sur les bords, tout en sympathisant avec les habitants au bord du fleuve, afin d’améliorer leurs conditions de vie, faute de moyens. La nouvelle du bac ayant pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux et lors des causeries de « grins », le préfet a convoqué une réunion d’urgence dans son bureau le 5 septembre 2022 à laquelle a pris part la société civile. Un seul point à l’ordre du jour : « Réfléchir ensemble pour trouver une solution au problème du Bac ». Cette rencontre a débouché sur des propositions concrètes. Certaines

Banamba : Une cinquantaine de maisons effondrées suite à des pluies diluviennes à Bamarobougou

Banamba, 11 octobre (AMAP) Une cinquantaine de maisons, des greniers, des latrines se sont effondrés et d’énormes dégâts matériels sans perte en vie humaine, suite à des inondations causées par des pluies diluviennes au mois de septembre à Barmarobougou, localité située à 17 km de la ville de Banamba, a appris l’AMAP se source locale. Elles ont lancé un appel à des bonnes volontés pour venir davantage en aide aux sinistrés. Face à cette situation, les autorités communales, avec le concours de leurs partenaires, ont volé au secours des sinistrés en leur apportant des vivres. Cette donation comprend 20 sacs de riz de 50 kg et 16 bidons d’huile de cinq litres. La remise officielle de l’appui s’est déroulée au village de Bamarobougou en présence des autorités administratives, politiques et des responsables des structures techniques et des bénéficiaires. Les responsables ont présenté au nom de la hiérarchie leurs compassions les plus émues aux victimes de l’inondation. Quant à la représentante du développement social, Mme Koné Bintou Doumbia, elle a dans son intervention signalée à la chefferie que son service a informé qui de droit par rapport à la catastrophe qui a sévèrement frappé le village et qu’il faut attendre la suite. En retour, le représentant du chef de village de Bamarobougou, Massala Simpara a remercié et félicité l’élan de solidarité manifesté qui consiste à soulager les cœurs et les esprits des victimes de l’inondation. Il a prié le Tout Puissant afin qu’il épargne le village de telle catastrophe à l’avenir. La visite des sites de dégât a mis fin à la visite des autorités communales. AT/KM (AMAP)

L’Armée malienne a capturé un lieutenant d’Amadou Kouffa (Etat-major général)

Bamako, 09 oct (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMA) ont interpelé 05 suspects terroristes à la foire de Sofara, Région de Mopti (Centre) parmi lesquels Alhadji Diakité, connu sous le nom d’Abou Anass, indique le communiqué hebdomadaire de l’état-major général des armées, publié le 7 octobre. Le communiqué, qui fait le point sur le terrain, révèle l’interpellation, le 27 septembre dernier, du suspect présenté comme « un responsable de la Katiba Macina commandant les secteurs de Sofara et Bandiagara. » Il a été appréhendé avec un autre suspect, Amadou Diakité, « responsable de la Katiba Macina, commandant les secteurs de Quenkoro et Mafouné », selon l’armée. Le 29 septembre 2022, une action aéroportée dans le secteur de Ganguel , cercle de Djenné, Région de Mopti (Centre) a fait un « bilan de 01 blessé léger FAMa, 02 terroristes neutralisés, 04 motos, 01 pirogue et 01 hameau détruits, 02 motos, plusieurs armes, des chargeurs de PM, des talkies walkies, des commandes à distance et des objets divers récupérés. » Du 03 au 05 octobre 2022, des patrouilles d’opportunité menées et appuyées par des frappes aériennes dans le secteur de Tiemaba et Bamada, Cercle de Niono (Centre) « à la recherche d’un groupe terroriste en mouvement et auteur de harcèlement contre les populations civiles ont fait un bilan de 31 terroristes neutralisés, 02 bases et plots logistiques détruits, de même que tous les matériels lourds », indique le communiqué de l’armée. L’état-major souligne, également, que le 03 octobre 2022, des frappes aériennes ont ciblé une position terroriste dans le secteur de Saré Dina, situé à 12km au Nord-Est de Kouakourou. « Le lendemain, à Sofara, une fouille de la localité a permis d’interpeler 33 présumés terroristes. Les enquêtes en cours ont pu identifier formellement 15 terroristes recherchés et fichés dans les bases de données », précise la source militaire. « La recherche de suspects terroristes étrangers en recrutement de locaux dans le secteur de Diabaly (Centre) s’est poursuivie, le 05 octobre 2022, avec la localisation d’objectifs ciblés par des tirs d’artillerie », nous apprend l’état-major. Une mission de reconnaissance offensive FAMa a interpelé 04 suspects terroristes, le 6 octobre, dans le secteur de Konna, région de Mopti (Centre). Le même jour, plusieurs suspects ont été interpellés, des véhicules et des minutions, des batteries et divers objets de fabrication d’engins explosif improvisés saisis dans la localité de Diengueni – Foulbé et Gouni – Foulbé située à 32 km au Nord-Est de Sofara contre une base de la Katiba Macina. En ce qui concerne les Régions de Gao (Nord) et Ménaka (Nord-Est),  la priorité opérationnelle a porté sur la collecte de renseignements sur les terroristes responsables d’exactions contre les populations. Ainsi, l’état-major des Armées  annonce la récupération de 03 tricycles et 05 motos de même que plusieurs pièces diverses de rechange, le 26 septembre 2022, suite à un raid FAMa aux alentours de la mare de Tessit (Nord). Des frappes sur 02 plots logistiques terroristes dans la forêt refuge de Fitilli, au Sud de Tessit, avec un bilan de 08 terroristes neutralisés, plusieurs blessés et la destruction d’importants matériels ont été menées le 27 septembre. Une mission d’escorte de 160 véhicules civils a été prise à partie par des hommes armés, le 1er octobre, dans les environs de Fafa, Région de Gao, avec un bilan de 06 blessés et 04 camions endommagés. Du 03 au 06 octobre 2022, les FAMa ont mené des patrouilles de réassurance des populations suivie d’actions civilo-miliaires dans le secteur de Djebock, région de Gao. Mais, également, à 20 km au Nord et au Nord-Est de Ménaka.Les FAMa ont consolidé, le 05 octobre 2022, la plateforme aéroportuaire de Gao, suite au crash du Sukhoi-25 en vol d’entrainement et de réassurance des populations. « La précision de renseignements a permis l’interpellation, le 07 octobre 2022, d’un suspect terroriste d’origine étrangère », indique le communiqué. Dans le secteur de Koutiala, le 04 octobre 2022, les FAMa ont procédé « à l’interpellation d’un grand terroriste logisticien recherché ». Une patrouille de réassurance des populations a été conduite, le 6 octobre, dans le village de Toumanibougou, Cercle de Kati (près de Bamako). Deux engins explosifs improvisés (EEI) ont été découverts et détruits, le 7 octobre, à environ 700 m du village de Guiré, Région de Nara, pas loin de la frontière mauritanienne. Une recherche de renseignements a été opérée sur les secteurs de Mourdiah et Kaloumba, « en vue de retrouver des terroristes auteurs de la pose d’EEI contre un convoi logistique sur l’axe Nara-Kwala, le 02 octobre 2022. » L’état-major général des armées « appelle, une fois de plus, à la vigilance et à la retenue contre ces velléités propagandistes, d’intox et de désinformation de certains médias dont le seul but est de semer le chaos, la haine, la division et la désolation au Mali. » « Des enquêtes de gendarmerie ont été ouvertes pour confirmer ou infirmer les informations faisant état d’un présumé assassinat de 53 civils dans le village Gouni-Habé, dans le secteur de Bandiagara, région de Mopti », conclut le communiqué. MT/MD (AMAP)

Mossa Ag Attaher : « La rencontre des chefferies traditionnelles doit contribuer a la paix et la sécurité »

Propos recueillis par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 07 oct (AMAP) Du 8 au 9 octobre 2022, l’ensemble des chefferies traditionnelles du Mali se retrouvent à Bamako, la capitale, pour parler de sécurité, de paix et de développement. L’évènement est parrainé par le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Mossa Ag Attaher, qui a bien voulu nous accorder, jeudi, un entretien pour évoquer les enjeux de cette rencontre et le rôle que jouent les chefferies dans la pacification du Mali L’Essor : En tant que parrain, quelle signification donnez-vous à cette rencontre ? Mossa Ag Attaher: La tribu Kel Ansar regroupe l’ensemble des Kel Ansar du Mali, particulièrement dans la Région de Tombouctou (Nord). C’est une grande tribu dont le chef est engagé, depuis des années, pour le retour de la paix, pour la cohésion sociale et la réconciliation entre les Maliens. La tribu organise cette grande rencontre qui va réunir, du 8 au 9 octobre 2022, à Bamako, toutes les chefferies traditionnelles et coutumières de toutes les régions et du District de Bamako. Les chefferies d’autres pays, notamment la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Niger et la Libye y sont invitées. L’objectif principal de cette grande rencontre est d’impliquer ces chefferies transitionnelles et coutumières pour une contribution positive à la construction de la paix. Il s’agit de leur demander des contributions afin d’accompagner tout le processus de paix, toutes les initiatives que le Mali mène pour la paix. C’est pourquoi, j’ai accepté, à la demande du chef de la tribu Kel Ansar, de parrainer cet évènement qui est placé sous la haute présidence du chef de l’État. L’initiative cadre parfaitement avec la vision du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et vient renforcer les actes qu’il a posés pour la reconnaissance des chefferies. Il n’y a pas longtemps, il a fait remettre à tous les chefs de tribu, de village, de fraction… l’emblème de l’Etat et des certificats. Nous avons le devoir d’accompagner cela et c’est pourquoi nous avons décidé de parrainer cet évènement. En le faisant, nous apportons notre soutien moral mais également notre contribution. L’Essor : Le thème retenu est : « la sécurité, la paix et le développement ». Quelle corrélation entre ces trois concepts ? MAA : Ces trois concepts sont exactement ceux le Mali a le plus besoin aujourd’hui. Nous avons besoin de paix, mais nous savons qu’il n’y a pas de paix sans sécurité et il n’y a pas de sécurité sans développement. Donc, la corrélation entre ces trois concepts est naturelle. Ouvrir le débat sur les problématiques de paix et interroger nos chefferies traditionnelles sur leurs propositions pour renforcer la paix, je pense que c’est très bien réfléchi. Interroger les mêmes entités sur les questions de sécurité est aussi pertinent. Parce que l’insécurité dont nous souffrons aujourd’hui, ne relève pas seulement du Mali. Nous vivons une insécurité partagée avec tous les pays voisins et même au-delà. Tous ceux qui viendront à Bamako, souffrent d’une manière ou d’une autre du manque de sécurité et des enjeux de la paix que nous vivons ici au Mali. Quant au développement, je pense que c’est l’aspiration profonde de toutes nos populations. Donc, poser le débat, l’ouvrir en ces termes en mettant le curseur sur les aspects les plus importants aux yeux de nos populations, c’est-à-dire retrouver la paix, la sécurité et être engagé profondément dans les actions de développement. Je pense qu’on ne pouvait pas avoir meilleur thème pour cette grande rencontre. L’Essor : Cette rencontre n’est-elle pas une opportunité pour définir un mécanisme clair permettant aux chefferies traditionnelles de participer pleinement à la pacification du Mali, plus globalement, à l’édification du Mali nouveau ? MAA : Les chefferies traditionnelles ont un rôle très important à jouer dans au Mali. Elles sont d’abord le prolongement de l’Etat et, très souvent, les représentants indirects de l’Etat là où celui-ci est absent. Elles ont, également, un rôle auprès de la population, parce qu’une communauté bien organisée est une communauté qui écoute son chef, le suit et l’accompagne. Et un bon chef de tribu ou de village, c’est celui qui prend en compte les préoccupations des communautés au nom desquelles il est choisi ou il est élu. Je pense que les chefferies traditionnelles sont déjà d’un grand apport pour l’État dans la gouvernance, dans les questions de sécurité et de développement. Nous allons saisir cette opportunité pour leur demander de s’engager davantage. Ces chefferies font déjà beaucoup. Par exemple, il y a beaucoup de zones dans les régions du Nord ou du Centre où il n’y a pas l’Etat. Mais il n’y a pas une zone où il n’y a pas un chef de village. Il s’agit pour nous de demander à l’ensemble de ces chefferies de s’impliquer là où il n’y a pas l’Etat et d’accroître leur implication là où l’Etat existe pour qu’une complémentarité constructive se fasse entre les actions de l’Etat et l’engagement des communautés à la base. À cet égard, je tiens à remercier les chefferies pour le travail qu’elles font tous les jours pour soutenir l’Etat dans ses actions de recherche de sécurité, de paix et de développement. Une zone sécurisée, c’est une zone où il y a une collaboration directe et étroite entre les services de défense et de sécurité et les populations. Et pour mieux coordonner cette coopération entre les services de sécurité et les populations, faudrait-il qu’il y ait des chefs traditionnels qui organisent cela en amont et qui facilitent la collaboration et la complémentarité. L’Essor : L’évènement est annoncé comme celui de tous les espoirs d’un Mali réconcilié. À quoi peut-on s’attendre au sortir de cette rencontre ? MAA : Le premier acquis de cette rencontre, avant même qu’elle ne se tienne, c’est le fait de réunir à Bamako toutes les chefferies traditionnelles et coutumières du Mali. C’est un grand pas pour la paix qu’elles se rencontrent déjà, se connaissent, discutent ensemble des problématiques communes et se donnent la main pour la recherche

Economie : La bonne affaire du commerce de l’arachide au Mali

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 06 oct (AMAP) «Venez acheter de l’arachide», «Vous en voulez ?». Des vendeurs d’arachides hèlent, presqu’en chœur, la clientèle au marché de Ouolofobougou, en Commune III du District de Bamako, la capitale du Mali. Aux différentes entrées de cette place firte de négoce, ces hommes exposent des sacs de 100 kg d’arachides. En cette période, ce produit s’écoule très bien à Bamako. Assis sur une chaise, Oumar Sangaré accepte de se confier. Il importe l’arachide de Garalo, une localité située à 55 Km de la ville de Bougouni, dans le Sud du Mali. Le commerçant achète le sac de 100 kg à 15.000 Fcfa. Ses fournisseurs le livrent à Bamako où il revend avec une marge bénéficiaire. Il explique clairement qu’il peut avoir en stockenviron 2 000 sacs. Il relève aussi que ce négoce est avantageux en période d’hivernage, mais comporte aussi des risques. Les cacahouètes peuvent, par exemple, pourrir quand le véhicule de transport tombe en panne. Parfois, on peut aussi avoir des graines non mûres. Mais notre vendeur se préoccupe de la récolte globale de l’arachide cette année. «La saison paraît moins productive que les autres années. Les producteurs ont eu des difficultés pour acheter de l’engrais. Ainsi, certains n’ont pu emblaver les superficies habituelles», dit-il. Et d’ajouter que l’abondance du produit sur le marché profite moins aux vendeurs. La quantité écoulée sur les marchés de Bamako dépasse de loin les besoins. Ce qui justifie les exportations vers un pays voisin, en l’occurrence le Sénégal pour faire des profits. Pour les vendeurs, c’est une alternative pour compenser les pertes dues à la mévente sur nos marchés. Depuis plus de 10 ans, Aguibou Diarra s’est installé dans ce domaine comme rabatteur. Il invite la clientèle à s’approvisionner chez un vendeur qui propose de l’arachide de qualité en provenance du Wassoulou, de Bougouni (Sud) et de Niono (Centre). Celui-ci est fourni par les grands commerçants. «Et nous le vendons au prix du marché», laisse entendre Aguibou Diarra. Il dit réaliser un bénéficie de 1.000 Fcfa sur chaque sac d’arachide vendu. Grâce à son entregent, le vendeur arrive à écouler une cinquantaine de sacs certains jours. Ce qui lui rapporte une somme substantielle souvent. « Quand il y a surabondance d’arachides sur le marché, dit-il, les grossistes demandent aux livreurs de limiter l’approvisionnement pour leur permettre d’écouler les stocks ». Daouda Traoré, étudiant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), qui cumule une expérience de 8 ans dans le commerce d’arachide qu’il pratique pendant les vacances. Assis devant sa marchandise, il échange avec des clients. Il note qu’il y a peu d’arachides sur le marché mais pense que cette situation est liée à la conjoncture économique. Pas avare en commentaires, il apprécie bien la qualité de l’arachide cette année du fait de l’abondance de pluie. « Des Sénégalais et Nigériens viennent acheter notre arachide pour le revendre chez eux », indique-t-il. «Les Sénégalais représentent le plus gros contingent de notre clientèle d’arachide. Ils peuvent acheter entre 50 à 60 sacs». Des femmes aussi s’approvisionnent chez nous. Celles-ci achètent par jour souvent 2 sacs :, poursuit M. Traoré. «Les cacahouètes qui entrent dans la production de la pâte d’arachide sont cédées à 70.000 Fcfa le sac de 100 kg», rappelle le jeune étudiant de 24 ans. Certains importent l’arachide de la Côte d’Ivoire entre novembre et mai. La production nationale inonde le marché entre juin et octobre. « Cette période, renchérit-il, coïncide avec la récolte de l’arachide au Mali qui s’étend de juillet à octobre ». Par jour, l’étudiant peut gagner 15 000 Fcfa de bénéfice. Il s’en réjouit puisqu’il est soutien de famille. Ce gain lui permet de faire face à certaines dépenses. « Cette année, regrette-t-il, le prix de l’arachide a augmenté à cause de la hausse du carburant ». Alima Traoré, foulard noir sur la tête, sépare le bon grain de l’ivraie. La jeune fille de 18 ans quitte Kati (sur les hauteurs de Bamako) pour s’approvisionner en arachide, tous les quatre jours, chez Daouda Traoré, pendant la saison des pluies. Elle achète le grand seau d’arachide à 5.000 Fcfa. La vendeuse d’arachide grillée, depuis 5 ans, précise que le marché est timide cette année par rapport aux années précédentes. Elle cède l’arachide à partir de 50 Fcfa et y trouve son compte. Parce qu’il lui arrive de faire 1 500 à 2 000 Fcfa de bénéfice. Au Marché de Niaréla, Fatoumata Dacko possède plusieurs fours traditionnels pour la grillade d’arachide. A côté d’elle, une dizaine de femmes sont à l’œuvre. Elle explique louer ces fours à ces femmes et travaille dans ce secteur depuis plus de 20 ans. «L’arachide coûte cher cette année. Nous nous approvisionnons à partir des marchés de Ouolofobougou et «Soukounikoura». Aujourd’hui, j’ai acheté le sac de 50Kg à 10 000 Fcfa. On parvient à écouler le produit en trois ou quatre jours», affirme Maman Tangara, parmi le groupe de femmes. Elle dit que ce travail leur permet de subvenir à leurs besoins. «Je peux gagner 3 000 Fcfa à 4 000 Fcfa de bénéfice par sac», indique-t-elle. Niakalé Fadiga est une vendeuse de pâte d’arachide depuis trois ans à Bozola, en Commune II du district de Bamako. Elle achète deux sacs pour en tirer de la pâte d’arachide et revendre dans des seaux de 5Kg à 7 500 Fcfa l’unité, mais aussi de 10 Kg à 15 000 Fcfa l’unité. Selon le chef de la statistique, suivi et évaluation à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Samba Barry, la production d’arachide pour la campagne agricole 2021 était de 367.822 tonnes sur une prévision de 512.785 tonnes, soit 71,73% de réalisation. «Cette production était en baisse de 20,8% par rapport à la campagne 2020 qui était de 464.538 tonnes. Ce qui s’explique en partie par des difficultés pluviométriques », dit M. Barry. Les superficies semées en arachide, pour cette année, sont de 339.764 hectares pour les hommes et 188.299 hectares pour les femmes soit un total de 528.063 hectares. Et ce, sur un objectif de 508.749 hectares