Festival de la culture traditionnelle : A la découverte du riche patrimoine malien

Bamako, 20 oct (AMAP) C’est dans une ambiance de kermesse que la 4è édition du Festival de la culture traditionnelle du Mali s’est déroulée du 15 au 17 octobre derniers, à la Maison des jeunes de Bamako, sous le thème : «Jeunesse et culture traditionnelle». Peuls, bambaras, bozos, dogons, maures, tamasheks ont répondu présents à ce rendez-vous culturel pour magnifier la diversité culturelle du Mali et exprimer leur engagement à œuvrer pour la promotion de cette culture. Pendant trois jours, la Maison des jeunes de Bamako a été transformée en un véritable creuset culturel où toutes les disciplines artistiques et culturelles ou presque de notre société étaient représentées. Des artistes au talent exceptionnel comme Mariam Bakayoko, Abdramane Maïga mais, aussi, la troupe de Gao (Nord) ont émerveillé le grand public par des prestations haut de gamme. La rencontre se voulait, aussi,  un espace d’échanges, de recréation, de vente de produits de transformation. La particularité de ce festival est son caractère pluridisciplinaire. Le directeur national de la jeunesse, Mahmoud  Baby  Arby, a exprimé, au nom du parrain, le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Mossa Ag Attaher, l’engagement de ce ce département dans la promotion des jeunes à travers la culture. Il a salué cette belle initiative de l’ancien animateur de la radio nationale, promoteur du Festival, Ibrahim Dionkoloni Coulibaly, pour avoir donné l’opportunité à plus de 30 jeunes de travailler au niveau de sa station radio privée. Selon lui, « il est clair que cet événement est un signe  fort de cohésion sociale, car il regroupe l’ensemble de la communauté malienne autour de notre  culture ». Ibrahim Dionkoloni Coulibaly s’est dit satisfait de l’accompagnement des autorités, à travers le ministère de la Jeunesse. « C’est également le lieu de remercier la direction de la Maison des jeunes de Bamako qui a gracieusement offert  son espace pour la tenue de cette rencontre culturelle », a-t-il dit. Ces trois jours ont été rythmés, par des soirées culturelles, conférences-débats, rencontres culturelles, concerts, stands et manifestations folkloriques ou de marionnettes des différentes localités du Mali. Les festivaliers ont  revisité la culture du pays. Pour Amadou Guindo dit « Petit dogon », ce festival est une opportunité pour les vendeurs d’objets culturels. « Nous avons pu écouler nos produit », s’est-il réjoui.  «Je lance un appel aux initiateurs à revoir la durée de ce rendez-vous culturel, mais, aussi, la période de lancement que je trouve trop juste», a-t-il conclu. La boucle a été bouclée par la prestation des troupes musicales de Tombouctou, Kidal (Nord), Bamako, la capitale mais, aussi, de la diva Mariam Bagayoko et sa troupe. Il y avait aussi les marionnettes. Les cérémonies officielles d’ouverture et de clôture étaient dirigées par le directeur national de la jeunesse, Mahmoud  Baby  Arby, représentant le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne Mossa Ag Attaher, parrain de l’événement. C’était en présence du promoteur du Festival, Ibrahim Dionkoloni Coulibaly, et des représentants des communautés venues de différentes régions du Mali. AS/MD (AMAP)

Sikasso (Sud) : Grand dénuement des déplacés internes

Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 20 oct (AMAP Chassés de leurs terroirs par les terroristes, de nombreux compatriotes ont trouvé refuge dans la Région de Sikasso (Sud). Des familles entières vivent aujourd’hui des moments difficiles. A l’image de Bintou Konaté, ressortissante de Wankoro, pres de Bandiagara, dans le Centre du Mali. « Les rebelles ont attaqué mon village. Ils ont kidnappé certains membres de ma famille. Ils ont emporté tous nos animaux, il y a de cela trois ans. Suite à ces désastres, ma famille a fui le village pour s’installer à Sikasso», dit-elle. Comme elle, de nombreuses personnes ont été contraintes d’abandonner leurs résidences habituelles pour  sauver leur vie. Beaucoup d’entre vivent à Sikasso. Ils ne savent plus à quel saint se vouer. Tant leurs conditions de vie sont difficiles. Ils occupent des bâtiments en chantier. Les déplacés sont installés aussi dans le marché à bétail de Médine et dans les quartiers de Sirakoro, Médine, Attbougou, Lamine bambala, Hamdalaye, Ziembougou et Babembabougou. Certains se sont installés dans le Cercle de Kadiolo. Bintou Konaté, la ressortissante de Wankoro,  fait partie des déplacés du quartier de Médine. La dame au teint noir révèle qu’elle vit ici avec ses 9 enfants. Elle ajoute qu’à cause de la cherté de vie, son mari « est retourné dans notre village pour faire de l’agriculture ». « Ici, je me débrouille pour subvenir aux besoins de mes enfants en vendant des galettes. Cela ne marche plus. Même aujourd’hui j’ai un plateau remplie de galettes non écoulées. Ce marché n’est plus rentable», ajoute-t-elle. Le regard dans le vide, elle poursuit : « Depuis six mois, je n’ai pas payé mon loyer, faute de moyens ». A présent, elle craint que le propriétaire ne l’expulse avec sa famille. C’est le sort qui attend la plupart des familles déplacées. «Mon souhait le plus ardent est de trouver un métier pour mes enfants. Cela permettra de réduire mes charges. Nous vivons ici  depuis deux ans. Nos conditions de vie sont vraiment déplorables», témoigne-t-elle. Son père travaillait comme ouvrier sur le chantier deconstruction de la route 2X2 voies de Sikasso. « C’est suite à cela qu’il est tombé gravement malade. Après sa guérison, mon père a décidé de rentrer et, depuis son départ, il a disparu. Je crois qu’il a été soit kidnappé ou bien tué par les rebelles», pense-t-elle. Alidjouma Karambé vient de Bandiagara. Il habite à Sirakoro dans un bâtiment en chantier avec ses deux frères. L’homme au teint noir, la taille moyenne, a une famille de trente personnes. «La situation n’est pas facile. Nos enfants ne sont pas habitués au climat de Sikasso. Ce qui fait qu’ils sont toujours malades. Mes revenus sont tellement maigres qu’ils me procurent à peine mon pain quotidien», révèle qui travaille comme bûcheron. Karambé demande à l’Etat de mettre en place un régime d’assurance maladie pour les déplacés et leurs enfants. BONNES VOLONTÉS – La veuve Mme Konaté Mala Korobara est la présidente de la Coordination des associations des victimes de Sikasso, Loloni, Kadiolo et Zégoua. C’est également elle qui s’occupe de l’accueil de la plupart des déplacés de la région. Depuis près de quatre ans, elle reçoit et accompagne ces déplacés avec la collaboration des autorités régionales. Elle se rappelle qu’en 2019, elle a reçu 85 déplacés de Bankass et de Wankoro (Bandiagara). «Beaucoup d’entre eux ne possédaient que les habits qu’ils portaient. Des enfants à moitié nus. C’était vraiment difficile», témoigne-t-elle. Lorsqu’elle a informé les autorités régionales, une grande délégation composée du gouverneur, du directeur régional du développement social, du maire de la Commune urbaine, du préfet du Cercle de Sikasso et des ONG sont venus leurs apporter des dons. De nos jours, la présidente de la coordination des associations des victimes de Sikasso, Loloni, Kadiolo et Zégoua s’occupe de plus de 200 déplacés à Sikasso. « Chaque fois que les autorités ou encore les bonnes volontés veulent leur offrir des dons, je les rassemble chez moi et on leur partage les dons. Je fais de mon mieux pour eux. A présent, ils sont comme ma famille », souligne Mme Konaté. S’exprimant sur les difficultés des déplacés, Mala Korobara a mis l’accent sur l’accès au logement, à la nourriture, à l’habillement, à la santé et, surtout, à l’éducation pour les enfants. « Même ce matin, j’ai conduit 12 enfants déplacés à l’école de Médine pour les y inscrire », indique-t-elle. Par ailleurs, la veuve a évoqué le cas du vieux Djombo Traoré qui habitait à Sirakoro. Ce dernier a décédé de maladie. «Malgré mes démarches pour qu’il recouvre sa santé, on n’a pas trouvé de soutien. Finalement, il est décédé », explique notre interlocutrice qui ajoute que certains déplacés deviennent fous et disparaissent. Mme Konaté Mala Korobara demande que chacun considère les déplacés « comme ses propres frères et sœurs, d’autant plus qu’ils ont été obligés de quitter leurs localités à cause de l’insécurité ». « Chacun peut se trouver dans cette situation», dit Mala Korobara qui invite les autorités régionales à accélérer le processus d’acquisition du récépissé de sa coordination. Elle appelle les autorités à offrir de l’emploi aux chefs de familles des déplacés afin qu’ils puissent subvenir à leurs besoins. Le directeur régional du développement social de Sikasso, Mamoudou dit Mama Dioni, affirme que l’Etat et les ONG font de leur mieux pour ces déplacés. En ce qui concerne la mise en place du régime d’assurance maladie pour les déplacés et leurs enfants, Mama Dioni a révélé que les déplacés internes sont affiliés au Régime d’assistance médicale (RAMED). Ce régime constitue un dispositif public de protection social non contributif qui assure la prise en charge médicale des indigents, des personnes sans domicile, des prisonniers, des militaires et civils blessés au cours ou à l’occasion de conflits armés et de catastrophes. Par ailleurs, le directeur régional du développement social de Sikasso a dit que très bientôt un nouveau projet sera mis en place à Sikasso. Ce dispositif prendra en charge, en grande partie, les difficultés des déplacés internes de la région. MFD/MD (AMAP)  

Mali/Agriculture : Des nuisibles dans les champs inquiètent les  producteurs

Par Makan SISSOKO Bamako, 20 oct (AMAP) La campagne agricole est prometteuse dans plusieurs zones de productions agricoles du Mali. Le maïs, le riz sont arrivés à maturité. Le mil et le sorgho sont en épiaison, le coton est en fructification. Cependant, des paysans craignent les conséquences des invasions de nuisibles, ennemis des cultures. Issa Koné est cultivateur de coton dans le secteur de Garalo, Région de Bougouni (Sud). En plus du coton, il cultive du gombo, de l’arachide et du maïs. Depuis juin dernier, des nuisibles envahissent ses champs. «L’évolution des cultures était bonne et normale. L’apparition précoce des nuisibles a changé la tendance», regrette le paysan, contacté au téléphone. Deux des sept hectares qu’il possède ont été infestés par les ravageurs. Ils mangent les feuilles des plantes jusqu’à la sève, entraînant l’arrêt de leur croissance. «Tous les trois jours, je traite mon champ, mais les nuisibles résistent aux produits. J’ai investi plus de 250 000 Fcfa dans l’achat de pesticides. Depuis la campagne agricole de 2007, les attaques de nuisibles n’ont pas été aussi précoces et féroces», se rappelle M. Koné. Son collègue Yaya Ballo est cotonculture dans la zone de Konséguela, Région de Koutiala (Sud). Il déplore l’inefficacité des solutions apportées jusqu’ici. «Nous avons appelé les agents de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) qui, après des passages, peinent à nous trouver des solutions. Ils soutiennent que ces infestations sont causées par des nuisibles », dit Ballo. « Nous connaissons ces insectes qui apparaissent chaque année. Nous pensons que cette maladie est simplement liée à la pluviométrie», soutient le paysan dont les 34 hectares de coton sont affectés. Il implore les techniciens agricoles de trouver des solutions à ce fléau et sollicite le soutien des autorités du Mali. L’Office de protection des végétaux (OPV) est spécialisé en la matière. « Des nuisibles ont fait récemment irruption dans certaines zones de production de coton et d’autres cultures vivrières notamment, le gombo, le da, le riz, le maïs, etc. dans plusieurs bassins de productions », confirme le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV, Adama Mallé. « Les céréales ne sont pas touchées pour le moment », rassure le technicien. Les spécialistes en protection des végétaux de l’OPV aident les producteurs à lutter contre ces ravageurs qui impactent fortement le rendement.   SPECIFICITÉ – Au Mali, il existe plusieurs types de ravageurs des cultures : les criquets sont fréquents dans la bande sahélienne, les chenilles sur les cultures dont les tomates les concombres et les melons. Sans oublier les mouches de fruits, les coléoptères, les acariens blanches, termites et les maladies végétales. Il existe des nuisibles et maladies spécifiques à chaque zone de culture. À l’Office du Niger (ON) par exemple, « il y a eu des problèmes de rongeurs sur les cultures. Les rats, les souris et les oiseaux granivores font des dégâts sur le mil, le riz, le sorgho et les cultures maraîchères », explique le spécialiste. « La situation des nuisibles, poursuit le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV, est moins préoccupante cette année malgré quelques menaces ». «De façon générale, nous disons que la situation des nuisibles est relativement calme. Nous n’avons pas enregistré de cas d’infestations majeurs», rassure-t-il. Adama Mallé précise qu’il a été constaté, au niveau des champs de coton, l’arrivée précoce d’un ravageur sur le cotonnier : Jassides, piqueurs suceurs. Ce ravageur a affecté beaucoup de zones de production de coton et d’autres cultures maraîchères. Selon lui, ce ravageur qui existe sur place n’est pas nouveau. « Sa forte pullulation a surpris beaucoup de producteurs et même l’encadrement », ajoute-t-il, soulignant que des cas d’infestations ont été signalés sur des cotonniers à Kadiolo et dans plusieurs localités du Mali.   JASSIDES – Concernant ce ravageur, le technicien révèle qu’il s’agit des Jassides appelés Jacobiella facialis. «Avec les responsables de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), nous avons mené une mission d’inspection dans les filiales de Kadiolo, Bougouni et de Sikasso. Dans ces zones-là, nous avons vu le ravageur sur le cotonnier et il a fait aussi des dégâts. Nous sommes en train d’analyser les facteurs qui ont entrainé cela», explique M. Mallé. En attendant, le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV encourage les producteurs de continuer à intensifier le traitement des champs pour pouvoir venir à bout du destructeur. La nature du ravageur étant connu, il demande aux paysans de ne pas céder à la paniquer. « À l’instar des piqueurs suceurs (pucerons, jassides, acariens, etc.), d’autres ravageurs notamment, la chenille légionnaire d’automne se signalent », indique Adama Mallé. Introduite en Afrique en 2016, à partir du Nigeria, cette chenille originaire des États Unis d’Amérique apparaît au Mali en 2017, en s’attaquant au maïs de contre saison. Comparé aux années précédentes, certes, elle a été moins vorace sur le maïs cette année. «Mais, elle existe toujours. Nous sommes en train de la gérer de façon efficace et efficiente», explique Adama Mallé. Selon lui, la situation est relativement calme dans l’ensemble. Le technicien ajoute que la campagne agricole est même prometteuse dans plusieurs zones de productions agricoles du pays, grâce à la bonne pluviométrie enregistrée. Pour prévenir l’expansion des ravageurs, le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV invite les producteurs à mettre l’accent sur le traitement des champs. Il leur demande de signaler rapidement à son service toute présence de nuisibles. «Nous disposons d’un stock important de bio pesticides, depuis 2019. Les producteurs ne viennent pas souvent s’en approprier. Ces produits sont subventionnés par l’État et donnés gratuitement aux paysans pour le traitement de leur champ en cas d’infestations», explique Adama Mallé. En attendant, le paysan Issa Koné, lui, redoute une chute de son rendement. Et se demande comment il va faire pour rembourser les prêts qu’il a contractés chez les fournisseurs publics et privés. MS/MD (AMP)

Patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara  : première réunion du Comité de pilotage du Projet «Reconstruction et réhabilitation

Bamako, 19 oct (AMAP) La première réunion du Comité de pilotage du Projet «Reconstruction et réhabilitation du patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara (Pays-dogon)» s’est déroulée, mardi, au ministère en charge de la Culture. Ce programme vise à accélérer la reconstruction et la réhabilitation du patrimoine détruit par des terroristes, la resocialisation et la bonne conservation des objets cultuels. Mais, aussi, la reprise des pratiques et traditions culturelles intra et intercommunautaires. C’est en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), sur financement de l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (ALIPH). Le secrétaire général du département, Demba Hamane Cissé, qui a présidé la réunion, en présence du chef du bureau de l’UNESCO au Mali, Edmond Moukala, a exprimé la satisfaction du ministère pour la tenue de cette première réunion qui regroupe tous les acteurs de la chaîne. Demba Hamane Cissé a salué l’engagement constant de l’UNESCO auprès du Mali, ainsi que les autres partenaires techniques et financiers, particulièrement Aliph, pour son soutien financier. « Sous les assauts abrupts des terroristes, notre pays a vu son patrimoine culturel, richesse inestimable, détruit avec fureur au nom d’une guerre aux contours toujours contestables», a-t-il dit. Le secrétaire général du ministère en charge de la Culture a évoqué le site de Bandiagara (Centre) qui a été durement frappé par les tensions et conflits dont les conséquences ont été la destruction de maisons, de greniers à céréales, ainsi que des enlèvements de bétail, des pertes en vie humaine et la destruction des biens culturels, etc. C’est dans ce contexte difficile que le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, à travers la direction nationale du patrimoine culturel, a initié le Projet «Reconstruction et réhabilitation du patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara (Pays-dogon)». Le Projet cible quatre villages, à savoir Ogossagou, Sobane da, Djombolo et Tégourou. Il a pour objectif d’y reconstruire ou réhabiliter le patrimoine bâti détruit, pour renforcer le tissu social, la cohésion sociale et la paix. Quand à Edmond Moukala, il a salué la résilience des communautés à Bandiagara qui a permis à l’équipe de se rendre dans les différents villages. «Malgré les résultats encourageants, les défis pour ce projet restent importants et complexes à cause de la situation sécuritaire et de la forte attente de la population», a-t-il souligné. Edmond Moukala a salué ALIPH pour son appui financier et réitéré l’engagement de l’UNESCO pour la restauration de la paix et la construction du patrimoine culturel. Auparavant, les représentants de l’UNESCO et ALIPH étaient intervenus par visioconférence. Tous deux ont  exprimé leur volonté de soutenir le Mali dans la restauration de son patrimoine culturel. Un film documentaire sur les 4 villages concernés par le projet a eté projeté . On notait la présence des représentants de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), d’ALIPH, ainsi que des communautés. La réunion était également suivie en visioconférence par l’UNESCO à Paris et ALIPH. AS/MD (AMAP)            

Mopti organise un atelier d’appropriation de l’accord pour la paix issu du processus d’Alger

Mopti, 19 septembre (AMAP) Les responsables de l’équipe régionale d’appui à la réconciliation (ERAR) de Mopti et de la société civile étaient à l’école d’appropriation les 13,14 et 15 Octobre derniers de l’accord pour la paix issu du processus d’Alger, a constaté l’AMAP. Ont pris part à cette session outre les membres de l’équipe régionale d’appui à la réconciliation (ÉRAR), les représentants des organisations de la société civile, les responsables des associations culturelles Guina Dogon, Tapital Pulaku, les associations Ir ganda, les chasseurs, les hommes de médias, les autorités traditionnelles et coutumières et les religieux. Initié par le ministère de la réconciliation avec l’appui financier de la coopération Suisse, cet atelier de trois jours avait pour objectif de permettre à l’équipe régionale d’appui à la réconciliation et à certains acteurs potentiels de la société civile de se familiariser avec l’accord et avoir une compréhension harmonisée de son contenu pour mieux véhiculer le texte. Sous la direction du facilitateur Abdoul Majid Maïga, l’atelier a fait une étude approfondie du document de l’accord pour la paix et la réconciliation dont le but est de trouver une solution globale et définitive à la crise multidimensionnelle de 2012. A l’entame des travaux, les participants ont d’abord été briffé sur les différents accords que le Mali à la recherche de solutions pérennes aux révoltes récurrentes notamment l’accord de Tamanrasset le 6 janvier 1992 ; le pacte national du 22 avril 1992 ; l’accord d’Alger du 4 juillet 2006 ; celui de Ouagadougou le 18 juin 2013 et successivement Alger 2014 – 2015 ; Bamako mai et juin 2015. Ils ont ensuite planché sur l’accord de son architecture à sa mise en œuvre avec les avancées et les difficultés rencontrées en passant par les principes et engagements généraux, les questions de défense et de sécurité, les questions de développement socioéconomique et culturel et les questions de réconciliation, justice et actions humanitaires. En plus des présentations de l’expert les réponses aux préoccupations posées par l’assistance en lien avec le contrôle de certaines parties du pays par les groupes armés, la nation de police territoriale, le problème de bonne foi et d’engagement ferme au niveau de certaines parties, le processus de désarmement et démobilisation ( DDR), l’insuffisance des ressources mobilisées en faveur de la mise en œuvre de l’accord ont suffisamment édifié l’assistance sur l’importance de l’accord dans la recherche de la stabilisation de notre pays. La cérémonie de clôture de cet atelier présidée par le chef de cabinet du ministère de la réconciliation, Mahamadou Djouara a été marquée par deux interventions. Pour le chef de l’équipe régionale d’appui à la réconciliation, Ali Kampo il est heureux de constater que l’accord est en mouvement malgré les vicissitudes et la multiplicité des acteurs. M. Kampo s’est réjoui de la délocalisation de cette session à Mopti en proie à l’insécurité qui a permis à nombres d’acteurs de la région de comprendre les défis et les enjeux de l’accord. Dans son mot de clôture, le chef de cabinet a, au nom des plus hautes autorités du pays remercié la Coopération Suisse pour son accompagnement et félicité les participants pour l’intérêt porté à l’accord pour la paix et la réconciliation issue du processus d’Alger. « Le Mali est à la croisée des chemins, toutes les puissances sont en guerre et ont l’appétit tourné vers nous. Nous ne devons permettre à personne de transporter sa guerre chez nous. Pour ce faire transcendons nos divergences pour nous unir pour amener notre bien commun à bon port » a conclu M. Djouara.  DC/KM (AMAP)

Diéma : Des jeunes ont posé des barricades pour réclamer de l’eau et de l’électricité

Diéma, 19 oct (AMAP) Hier mardi a été un jour noir à Diéma. Depuis 8 heures, les jeunes, pour protester contre le manque d’eau et d’électricité, ont barricadé tous les axes routiers de la ville, empêchant les véhicules de passer, sauf les ambulances, les véhicules militaires,  la protection civile.  Les routes internationales Diéma-Bamako, Diéma-Kayes, Diéma-Nioro-Nouakchott, sont carrément coupées si bien qu’il est difficile même à un piéton de se frayer un passage. Adama Sidibé, convoyeur dans une compagnie de transport adhère à la marche. Mais il affirme que cette situation pourrait avoir des conséquences dramatiques. Dans un bus, par exemple, il peut y avoir une personne malade grabataire. Si elle n’est pas acheminée à temps, elle peut mourir. Le cas des femmes et des enfants aussi est à prendre en compte. Mme Mariam Samaké, en partance pour Kayes,  qui précise ne pas être ressortissante de Diéma, souhaite que cette marche continue, afin que les populations de Diéma soient desservies correctement en eau et en électricité. Pour Modibo Tamboura, vendeur ambulant de boisson, « c’est l’ affaire de à nous tous ». « Depuis que cette coupure d’électricité a débuté, moi je suis obligé de commander de la glace jusqu’à Nioro », fulmine l’homme. Salif Bathily est passager d’un bus. Il s’indigne et dit : « On nous a mis en retard. Ils ne devraient pas s’en prendre aux routes, qui n’ont rien à avoir avec leurs problèmes d’eau et d’ électricité. » Inoussa Cissé, vendeur de viande grillée au quartier Razel, prend son mal en patience. S’il n’y a pas de courant, c’est une grande perte pour lui. Les  délégués des marcheurs ont été reçus par le premier adjoint au préfet, Djigui Keita. Leur porte-parole Nakounté Diakité, a transmis aux autorités les messages de ses concitoyens. « Trop, c’est trop ! Les populations de Diéma sont fatiguées de vivre ce calvaire », clamait- il. Les jeunes se sont dit décidés « à aller jusqu’ au bout, jusqu’à l’arrivée du nouveau groupe électrogène tant de fois promis à Diéma. En réponse aux doléances des manifestants, le président du Conseil de Cercle, Makan Koma, a exprimé aux jeunes son soutient, ajoutant que leur lutte est noble. Mais il n’a pas cautionné le blocage des routes. Selon lui, cela pourrait aggraver davantage l’insécurité dans la ville, sans compter d’autres problèmes inhérents. Il a rappelé tous les efforts entrepris pour stabiliser le courant et l’ eau dans la ville de Diéma. En direction des marcheurs, il a prôné d’ apaisement, « pour un meilleur dénouement ». Abondant dans le même sens, le premier adjoint au préfet, Djigui Keita, a demandé « humblement aux marcheurs de lever les barricades pour ne pas entrainer d’autres crises pour les paisibles populations qui ne les méritent pas. » Il a réitéré l’engagement des autorités locales à apporter des solutions idoines, « dans la mesure de leurs compétences »,  à l’absence d’eau et d’électricité qui perdure dans la ville de Diéma depuis plusieurs mois. Selon les  dernières informations, toutes les barricades ont été levées. OB/MD (AMAP)

Lait et viande de dromadaire : Que de vertus et de vitamines !

Par Abdourhamane TOURE Gao, 18 oct (AMAP) « Le dromadaire est très utile. Son utilité ne se limite pas seulement au transport des bagages. Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que le lait et la viande du dromadaire ont des vertus et sont très riches vitamines A et C», révèle le directeur du Centre régional de recherche agronomique (CRRA) et représentant de l’Institut d’économie rurale (IER) à Gao, le Dr Mohomodou Moussa. Selon le directeur du CRRA, qui a soutenu sa thèse de doctorat sur l’évaluation de la production et de la productivité du dromadaire en zone subhumide et sahélienne, assure que le lait du dromadaire contient du cholestérol digestif qui n’a pas d’inconvénient sur la santé. « Le lait du dromadaire est très digestif, il contient beaucoup d’insulines et peut aider à traiter le diabète. Un litre de lait du dromadaire peut contenir jusqu’à 5,8 unités d’insulines », indique-t-il. Ce n’est pas tout, notre interlocuteur ajoute que le lait du dromadaire « est également très efficace dans le traitement des maladies métaboliques notamment l’hypertension artérielle et peut être utilisé dans le traitement  de l’arthrose. » Selon Dr Mohomodou Moussa qu’il n’existe pas de chameaux au Mali, mais plutôt des dromadaires dont le nom scientifique est «camelus dromaderus». Le dromadaire a seulement une bosse. Le Mali compte environ 1,2 million de têtes de dromadaire, grand mammifère domestique du genre camelus, selon les statistiques de 2015 de la Direction nationale des productions et industries animales (DNPIA). «En fonction des localités, notre pays possède plusieurs espèces de dromadaires : le dromadaire de Tamasna, de Dossahak , du Sahel, de Berebiche, de l’Adrar des Ifogas et le dromadaire de Timitrine de Gao», précise-t-il. VERTUS THERAPEUTIQUES – Selon Dr Mohomodou Moussa, la direction du CRRA a déjà lancé des projets de recherche pour la production de fromages et de yaourts à base de lait de dromadaire mélangé avec de la papaye. La structure a également initié l’élevage des dromadaires au centre, à l’IER de Bamako et Niono. Le président de la Coopérative des éleveurs de dromadaires du Sahel de Gao, Mohamed Ag Hamati, indique que le regroupement est constitué de 80 éleveurs. Elle compte des hommes et des femmes et dispose d’un point de vente de lait qui peut collecter 20 litres de lait par jour. La vente du lait de dromadaire est lente, parce que les populations de Gao ne sont pas friandes de ce lait. Ce sont surtout les nomades qui consomment le lait de cet animal. Ils achètent un à trois litres chaque semaine à raison de 1 500 Fcfa le litre. « Le problème principal de la coopérative, explique Mohamed Ag Hamati, c’est le manque de vétérinaires et le fait que l’animal ne peut pas être élevé en ville ». Le directeur général de l’hôpital de Gao, Dr Youssouf Touré, se souvient que que durant son enfance, ses parents lui donnaient à boire le lait de dromadaire pour étancher sa soif. A cette époque-là, les puits n’étaient pas nombreux dans la brousse. «A cause de la rareté de l’eau, souvent nous constations sur le passage des ossements de bergers ou de voyageurs  morts de  soif. » CINQ TÊTES PAR JOUR – Dr Touré ne cite pas de documents scientifiques sur le dromadaire au Mali, mais il se souvient que ses parents utilisaient l’urine, l’estomac et les bouses du dromadaire pour traiter des maladies comme le paludisme, l’ulcère, le hoquet etc. La viande du dromadaire a les mêmes vertus que le lait de l’animal. L’estomac du dromadaire est utilisé dans le traitement traditionnel de l’hémorroïde, de l’ulcère gastrique et de l’asthme. Certaines personnes traitent le rhumatisme avec les os de l’animal. Médecin nutritionniste à la Direction régionale de la santé de Gao, Dr Isaac Kodio affirme que la viande de dromadaire diffère de la viande bovine. Boucher de son état, Hado vend la viande de dromadaire au marché de Gao depuis près d’une trentaine d’années. «Avant la crise (Ndlr, sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA), je pouvais abattre cinq têtes par jour. Sur le marché de Wabaari, le prix d’achat d’un dromadaire varie entre de 600.000 à 650.000 Fcfa. Un kilo de viande du dromadaire sans os coûte 3 000 Fcfa contre 2 500 Fcfa pour la viande avec os ». « La viande du dromadaire est meilleure que celle de la vache», tranche le boucher qui ajouter «La viande du dromadaire, la peau, l’estomac et même les sabots de l’animal sont utilisés dans le traitement de plusieurs maladies. Quant à son urine, elle sert pour le traitement du paludisme». Harber Maiga est routier entre Gao et le Ghana. Lui aussi connaît bien la viande de dromadaire et ne tarit pas d’éloges sur l’animal. Selon lui, la plupart des médecins traditionnels conseillent la viande de l’animal aux personnes du troisième âge à la place du boeuf, du mouton ou de la chèvre. Harber Maiga assure que la consommation de la viande du dromadaire peut guérir de nombreuses maladies. « Quand on y goûte une fois, on ne peut plus s’en passer », affirme-t-il. AT/MD (AMAP)

Trois casques bleus tués dans une explosion à Tessalit, dans le Nord du Mali (MINUSMA)

Bamako, 17 oct (AMAP) Trois casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) ont été tués, lundi, dans une explosion à Tessalit, dans la Région de Kidal (Nord-est), a annoncé la mission onusienne sur son compte twitter. La MINUSMA précise que les trois casques bleus ont été tués lorsque leur véhicule a percuté un Engin explosif improvisé (EEI) lors d’une patrouille de recherche et de détection de mines à Tessalit. « Cet incident a également fait 4 blessés graves parmi les casques bleus », indique le communiqué, avant de rappeler que depuis l’installation de la Mission en 2013, les engins explosifs improvisés ont arraché la vie à 74 soldats de la paix. Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de la MINUSMA, El-Ghassim Wane, a exprimé dans un tweet ses « pensées aux casques bleus déployés au Mali ». « Pensées émues à nos casques bleus : les morts et les blessés à Tessalit, dans le nord du Mali, suite à l’explosion d’une mine », a écrit M. Wane. Le chef de la mission onusienne a souligné que les EEI  sont l’une des plus graves menaces à laquelle font face les casques bleus, en saluant à nouveau leur « courage et le sens du devoir.» SS/MD (AMAP)

Tenenkou organise une course de pirogues pour renforcer la cohésion sociale

Tenenkou, 17 octobre (AMAP) Une course de pirogues, organisée par les jeunes rhimaïbé s’est déroulée dimanche à Tenenkou, sous la présidence de l’adjoint du maire, soumaïla B Coulibaly, a constaté l’AMAP. C’était en présence du chef du détachement des Fama, le capitaine Ouedrago, du président du conseil local de la jeunesse et des centaines de personnes qui ont fait le déplacement pour assister à cette course épique qui a tenu en haleine tous les spectateurs présents. Son objectif était de renforcer les liens de fraternité, de cohésion et de solidarité qui existent entre ces communautés mais aussi de perpétuer la tradition. Une demoiselle d’honneur a été désignée pour être le porte-drapeau. Ce choix d’une jeune fille est le symbole de la place de choix qu’occupe la femme en générale dans cette communauté caractérisée par la liberté. Deux pirogues étaient au départ de la course, celle des aînés et celle des jeunes frères. La course qui a été par les aînés qui l’a emporté, a suscité passion et effervescence a été rondement menée par les deux pirogues. Pour les compétiteurs, c’est la gloire pour l’éternité qui était mis en avant. Une soirée de flûte a été également organisée à l’honneur du vainqueur pour conclure cette journée de très belle communion et de très belle facture. Cette course de pirogues vient nous rappeler les grandes heures du longaal Tenema. Le longaal Tenema, c’est une course de pirogues à laquelle participaient plusieurs pirogues du Massina. Elle a été instituée par le chef de village de tout le Massina, il y’a plus d’un siècle.Elle était avec la traversée des animaux à Diafarabé, les principales attractions culturelles du cercle de Ténenkou. Mais, depuis le début de la crise sécuritaire qui touche le cercle de Ténenkou, ces événements ont disparu du calendrier culturel passant désormais dans la liste des oubliettes. Après cette course, un défilé de la pirogue victorieuse a été organisé dans l’après-midi pour remercier la demoiselle d’honneur mais aussi magnifier cet évènement à travers des parades. AS/KM (AMAP) 

Macina : Conférence sur la citoyenneté et sur la Taxe de développement régional et local

Macina, 16 oct (AMAP) Quelque 30 acteurs locaux ont participé, dimanche, à une conférence sur la citoyenneté et sur la Taxe de développement régional et local (TDRL) dans la salle de délibération de la mairie de Macina (Centre). Ce Forum de Macina a regroupé des représentants du Conseil communal de la jeunesse, des Femmes leaders, de la Société civile, des Forces de défense et de sécurité et des chefs de services techniques pour un renforcement des économies rurales et la connaissance des actions réalisables pour permettre la réconciliation dans le Centre et le Sud du Mali. Il s’agissait, dans le détail, de renforcer la capacité des participants sur la citoyenneté et la gestion des actions et politiques communales, de renforcer le processus démocratique et le dialogue civique à travers l’implication des acteurs ciblés et les autres membres de la Société Civile jusqu’à la base. La rencontre était destinée, également, à faciliter une vision du développement des communes en corrélation avec la gestion des affaires publiques (renforcement de la cohésion sociale). Et aussi de clarifier les rôles et responsabilités des acteurs communaux plus spécifiquement (Définir la bonne gouvernance, approfondir la notion de citoyenneté et insister sur la participation citoyenne ). Cette activité est un micro-projet de l’Organisation non gouvernementale « Alerte-International », présente au  Mali depuis 2013 et qui intervient dans le Cercle de Macina depuis 2015. Elle revendique plus de 30 ans d’expérience en analyse pour trouver des solutions durables à la crise sociale qu’a connue le Mali à partir de 2012. Au terme de  la rencontre, les participants se sont dit « bien outillés sur (leurs) droits et devoirs pour un développement harmonieux de la localité ». A la fin des travaux, le 2ème adjoint au préfet, Oumar Dembélé, qui a présidé les travaux, a invité les participants à s’approprier la feuille de route issue du forum. AOK/MD (AMAP)