Cantines scolaires au Mali : Concilier bienfaits éducatifs et soutenabilité financière
Par Amara Ben Yaya TRAORÉ Bamako, 07 juin (AMAP) Les cantines scolaires offrent bien plus qu’un repas : elles sont un pilier de l’Education et du développement. Elles garantissent l’accès à l’école pour des millions d’élèves, tout en soutenant les communautés vulnérables. Selon Sika Traoré, directrice du Centre national des cantines scolaires (CNCS), la baisse des financements menace ce programme vital, compromettant l’avenir scolaire de milliers d’enfants. Pour des millions d’élèves maliens, l’école ne se limite pas à l’apprentissage : elle répond à des besoins essentiels. « Les cantines scolaires sont un moteur de développement, surtout dans un contexte de crises qui fragilisent nos populations », affirme Sika Traoré. Dans un pays où la faim touche une large part de la population, ce programme agit comme une solution pour attirer à l’école les enfants, parfois contraints de parcourir de longues distances pour se rendre dans les salles de classe. En 2024, les écoles soutenues par le Programme alimentaire mondial (PAM), partenaire clé du CNCS, affichent un taux de rétention scolaire de 98 %, un résultat remarquable malgré les conflits et la précarité. «Un repas à l’école permet aux enfants de se concentrer sur leurs études», explique la directrice. Conçus pour répondre aux besoins nutritionnels, les menus renforcent la santé des élèves, améliorent leurs capacités cognitives et favorisent leur réussite scolaire. Cependant, ce programme essentiel fait face à des obstacles majeurs. La crise économique mondiale réduit les contributions des partenaires internationaux, épuisant les ressources du CNCS. « Les financements, souvent par acteurs extérieurs, sont durement touchés par cette conjoncture », constate Sika Traoré. Des organisations comme le PAM et Catholic relief services (CRS) ont dû réduire le nombre d’élèves pris en charge, forçant l’État malien à compenser avec des moyens limités. À cela, s’ajoutent les conflits dans le Nord du Mali, qui provoquent des déplacements massifs et augmentent le nombre d’enfants dépendant des cantines. « Les besoins ont explosé, mais nos capacités sont débordées », déplore la directrice. Au-delà de la nutrition, les cantines scolaires dynamisent l’économie locale. Avec le soutien du PAM et d’autres partenaires, le CNCS a développé des jardins et champs scolaires dans de nombreux villages. Ces initiatives génèrent des revenus, notamment pour les femmes, tout en produisant des légumes pour les repas. « Une partie des récoltes alimente les cantines, renforçant l’autonomie financière des femmes », explique Sika Traoré. Ces activités favorisent aussi la cohésion sociale : en travaillant ensemble, les femmes tissent des liens de solidarité. Dans certains villages, ces revenus alimentent des systèmes de micro finances communautaires, ouvrant la voie à une autonomisation économique durable. PÉRENNISATION DU FINANCEMENT – Pour assurer la continuité du programme, le PAM finance une partie des cantines et soutient des formations pour renforcer les capacités locales. Mais la pérennité repose sur des ressources importantes. Le CNCS estime le besoin à 17,3 millions de dollars pour maintenir les cantines et préserver leurs acquis. « Nous plaidons pour obtenir ces fonds, et le PAM a promis de nouveaux financements », déclare Sika Traoré, optimiste. L’État malien, qui gère 1 855 cantines de Kayes (Ouest) à Ménaka (Nord), une couverture sans équivalent, assume une part croissante des coûts. Pourtant, le retrait progressif de certains partenaires internationaux accentue la pression sur les finances publiques. Face à ces défis, le CNCS parie sur l’autonomie des cantines, en encourageant les communautés à les gérer via des jardins scolaires. « Nous sensibilisons les populations pour qu’elles s’approprient ce programme, renforçant ainsi la souveraineté nationale », explique la directrice CNCS. Cette approche prometteuse exige, toutefois, une forte mobilisation communautaire et un soutien technique constant, dans un contexte où les ressources humaines et financières restent limitées. « Les cantines maintiennent les enfants en classe et leur offrent une chance de bâtir un avenir meilleur », argumente Sika Traoré. Pourtant, ces progrès restent fragiles. Sans financements suffisants, la faim et l’abandon scolaire risquent de s’aggraver, menaçant les avancées en matière d’éducation des populations les plus fragiles. Face à ces enjeux, la directrice du CNCS lance un appel urgent à l’État afin de mobiliser des ressources pérennes, impliquer les communautés dans les initiatives locales, aux partenaires internationaux à fournir un soutien constant et aux parents et élèves à valoriser l’éducation rendue possible par ces repas. ABT/MD (AMAP)
L’Aid el-kebir : Allons au village !
Par Mohamed DIAWARA Bamako, 05 juin (AMAP) Les Ségoviens se sont bâtis une réputation dans ce domaine au point d’être pris en exemple par les ressortissants d’autres localités. La fête, c’est chez soi, à la « maison », que ça passe. Finalement, l’habitude s’est bien ancrée chez les régionaux (on dira provinciaux, ailleurs) et autres villageois : il retourner célébrer auprès des leurs la fête des moutons La formule revient incessamment à l’approche de chaque fête de Tabaski : «segu ka tè feti ke Bamako», prosaïquement le Ségovien ne fête jamais à Bamako. Les ressortissants de la cité des Balanzans, située à un peu plus de 235 km de la capitale, ont établi une règle non écrite, celle de ne jamais fêter à Bamako tant qu’ils le peuvent. Ousseyni Sylla, ressortissant de Ségou retourne au bercail pour célébrer l’Aid el-kébir avec la famille. Même à 78 ans, il continue à perpétuer cette habitude. « À l’époque, on empruntait un type de taxi au niveau de la Grande mosquée de Bamako », se souvient le septuagénaire. Il invite les transporteurs à mieux organiser le départ des voyageurs à l’occasion de la fête. Selon lui, Ségou enregistre un grand nombre de voyageurs parce que, la région est proche de Bamako. Certains font même le trajet à moto. Mamadou Tangara, gérant de la compagnie de transport Air Niono, partage cet avis. Lui aussi pense que la proximité de la région avec Bamako y est pour quelque chose. Mais en plus il y a, selon lui, l’attachement indicible des Ségoviens à leur contrée. Fatoumata Coulibaly part fêter à Ségou depuis 2003. C’est une occasion de rendre visite aux parents et de profiter de la compagnie familiale. Elle affirme être contrainte de rentrer à la maison faute de billet. Elle pointe du doigt la compagnie d’être responsable de cette situation pour le bazar. Beaucoup de ressortissants des régions et des villages qui ont aujourd’hui trouvé gîte et couvert dans la capitale font le voyage dans le sens inverse pour pouvoir célébrer chez eux la fête des moutons. Il suffit pour s’en convaincre de faire le tour des gares routières pour se rendre compte de la forte sollicitation des compagnies de transport par ces voyageurs. Hier, mercredi, à la gare de Sogoniko, la place de la compagnie de transport Air Niono, grouillait de monde. Les voyageurs et accompagnants se marchaient sur les pieds pour se frayer un passage. Un jeune homme, coiffé d’un bonnet, s’exclame. Au même moment, des voyageurs, billets en main, patientent avec leurs bagages. En face d’un bus positionné pour le départ, une voix masculine sonne comme un soulagement pour les voyageurs en destination de Diabali et Niono. Tata Diarra, revenue d’Abidjan pour regagner Chouala Coura ou KO3 dans la Commune rurale de Dogofry s’impatiente en compagnie de trois garçons, dont des jumeaux de moins de trois ans. L’un d’entre eux joue avec une bouteille vide. Tata et les siens sont revenus d’Abidjan la vieille aux environs de 21 heures. Elle se plaint du soleil brûlant. « Mes enfants ont la diarrhée et la fièvre », se lamente-t-elle, avant d’ajouter qu’elle ignore quand est-ce qu’ils embarqueront pour le départ. D’autres voyageurs pour la même destination attendent aussi. Une autre file se forme avec d’autres ressortissants des deux localités pour acquérir le ticket de transport. Diah Coulibaly rejoint la file et n’entend pas rentrer sans obtenir un billet pour Markala. L’étudiant en médecine déplore que de nombreux voyageurs attendent les deux derniers jours pour voyager. Lui serait déjà parti sans les contraintes scolaires. Sur ces entrefaites, un autre voyageur arrive. Il dit être prêt à rester de 9 à 19 heures s’il le faut pour avoir son ticket de transport. Mamadou Tangara a les yeux rivés sur un dispositif avec une caméra de surveillance. Il assure que sa compagnie fait tout pour répondre à la demande. « Hier, nous avons effectué 50 départs de 2 heures à 22 heures. Ce ne sont pas les moyens qui manquen t», explique-t-il, avant de préciser que le parc auto de sa compagnie a été renforcé avec l’arrivée de nouveaux bus. Par jour, Air Niono effectue 30 départs destinés à Niono, 15 à Ségou et 3 à destination de Diabali Dogofry. Mamadou Tangara affirme que les tarifs de 6 000 Fcfa pour la ville de Niono, 5 000 pour Markala et 4 000 pour Ségou restent inchangés même en cette période. À la gare routière de Sogoniko, un transporteur surnommé Ivo, portant une serviette sur l’épaule gauche, apostrophe les clients. Il justifie la faible affluence par le fait que la plupart des partants sont déjà arrivés à destination. Selon lui, la gare sera plus calme demain. Ivo reconnaît que les tarifs des billets ont augmenté chez certains transporteurs. Il témoigne avoir vu des voyageurs aller à Ségou à 7 000 au lieu de 3 000 en temps normal. Au niveau de la place de Banimonotié transport, le 6è car de la journée du mercredi vrombit pendant que des voyageurs entrent. Certains voyageurs achètent de petits cadeaux pour leurs enfants. Une dame voilée essaie de faire taire son garçon de trois ans en lui proposant le téléphone. L’astuce ne porte pas fruit face à un môme récalcitrant. Ramata Doumbia, la tante du garçon, explique qu’ils patientent depuis 7 heures. La ressortissante de Bougouni fustige l’augmentation du prix du billet pour sa ville natale de 2 000 à 3 000 Fcfa. Au niveau de la compagnie Somatra, la cour est bondée de visiteurs. Tous les espaces ombragés du site sont occupés. Mais de nombreux voyageurs restent aussi sous le soleil. Certains commencent à revendiquer le respect des horaires de voyages fixés par la compagnie. Un jeune homme, ressortissant de Mopti, sous anonymat, dit qu’il est sur place depuis 5 heures. Mais, il explique qu’on donne la priorité aux voyageurs de Ségou. Alpha Oumar Diakité, chargé d’organiser les départ des voyageurs à Somatra, indique que l’opération se passe bien. Il précise que sa compagnie a acheté des bus VIP pour le confort des clients.
Interdiction des points de vente improvisés : Le temps de l’incertitude pour les vendeurs de moutons
Par Jecolia DAKOUO & Makan SISSOKO Bamako, 05 juin (AMAP) À veille de la Tabaski, les vendeurs ambulants de moutons à Bamako peinent à écouler leurs animaux. Les clients se comptent sur les doigts de la main et l’interdiction de vente en ville tombe sur eux comme une chape de plomb. Jeudi dernier, vers 11 heures, au marché de Bozola communément appelé «Wonida», en Commune III de Bamako, l’ambiance est morose. Assis sur un triangle de béton, Mohamadou Coulibaly garde six moutons en main, deux autres couchés à ses pieds. Son compagnon, un petit bâton à la main, se repose à côté, près d’un poteau. Chaque jour, tous les deux quittent le quartier Sans-Fil en Commune II en espérant « écouler » leurs bêtes. Celui qui engrange plus de 20 ans d’exercice dans ce métier juge particulièrement difficile cette année. «Les clients n’ont pas d’argent, les moutons sont chers, leur alimentation aussi, et la marche nous épuise», se plaint Mohamadou Coulibaly. Vendeur ambulant quinquagénaire, il affirme vendre parfois toutes ses bêtes, mais il lui arrive aussi de rentrer sans rien avoir écoulé. Ses moutons viennent de Ségou à un prix de transport oscillant entre 2.500 et 3.000 Fcfa par tête. Il les revend entre 150.000 et 200.000 Fcfa, pour un bénéfice de 2.500 à 5.000 Fcfa par tête. Les animaux sont nourris avec des feuilles sèches ramassées au sol. Pour Mohamadou, cette activité est vitale. «J’ai entendu qu’on veut interdire la vente ambulante, mais je n’ai pas le choix. C’est ce métier qui fait vivre ma famille. Je me confie à Dieu», se résigne-t-il. Le même jour, Issa Coulibaly traverse le marché avec dix moutons. Il vient du même quartier que Mohamadou en direction de Tomikorobougou. Il confie que la vente en itinérance permet d’écouler plus vite les bêtes, même si elle est plus éprouvante. Vendeur depuis six ans, il achète ses moutons entre 100.000 et 300.000 Fcfa. Il s’inquiète lui aussi. «L’interdiction de la vente ambulante tombe mal, c’est bientôt la Tabaski. Il faut que je me batte pour nourrir ma famille». À Djelibougou, en Commune I de Bamako, au bord de la route, Issouf Traoré discute avec un collègue devant ses bêtes. «La mairie vient nous déranger tout le temps. Maintenant, ils nous demandent de quitter les abords de la route et parlent d’interdire la vente en ville», s’alarme celui qui semble ignorer la décision du gouverneur du District de Bamako. Éleveur depuis neuf ans, il achète ses bêtes à Mopti. Ses moutons coûtent entre 80.000 et 500.000 Fcfa. «Ce travail m’a permis d’être indépendant. Mais aujourd’hui, on nous prend pour des bandits», regrette-t-il. La mévente et la fatigue se lisent sur les visages des marchants ambulants. À Sabalibougou en Commune V du District de Bamako, trois jeunes garçons se promènent avec une dizaine de moutons à l’aide de bâtons. L’un d’eux explique que depuis deux jours, ils n’arrivent pas à écouler les animaux. «Les décisions de déguerpissement et l’interdiction de la vente improvisée ont fortement affecté le marché des moutons de cette fête. Et aussi, les gens n’ont pas d’argent pour acheter les moutons à cause de leur prix un peu élevé avec le coût du transport et de l’aliment bétail», déplore-t-il. Ajoutant craindre une possible interpellation par les autorités en se promenant par rapport à l’interdiction de la vente improvisée. Du côté des clients, la situation est tout aussi tendue. Mardi dernier, au petit marché de Nafadji, Ousmane Kanté, père de huit enfants, se dit dépassé. «L’année dernière, on trouvait des têtes à 50.000 Fcfa. Aujourd’hui, elles sont à 75.000 Fcfa et ce sont des petits moutons», explique-ce client. Il évite les points de vente fixes, à cause des intermédiaires qui gonflent les prix. Ouvrier du bâtiment, il espérait acheter au village, mais faute de moyens, il n’a rien pu ramener. «Jusqu’à présent, je n’ai pas acheté de mouton», regrette-t-il. JD/MS/MD (AMAP)
Personnes déplacées internes et réfugiés : Le cœur n’est pas à la fête
Par Siguéta Salimata DEMBÉLÉ Bamako, 05 juin (AMAP) Demain, la communauté musulmane célèbre la fête de l’Aïd El kebir. Mais pour les personnes déplacées internes et les réfugiés, le cœur n’est pas à la fête en raison des difficultés du quotidien. La Tabaski est une des fêtes musulmanes les plus populaires pour la communauté du Prophète Mohamed (PSL). Les préparatifs pour ces ripailles font l’objet de préoccupations pour les chefs de famille qui remuent ciel et terre pour satisfaire les désirs de leurs familles, notamment leurs enfants et épouses. Mais les réalités de la vie ne facilitent pas la satisfaction de ces agapes, ce qui ajoute une couche à la montagne de soucis que drainent les chefs de famille. La situation devient de plus en plus complexe pour les Personnes déplacées internes (PDI) qui se trouvent «arrachées» à leur milieu d’origine du fait de l’insécurité. Notre équipe a fait une immersion dans le monde des PDI et de quelques réfugiés pour voir comment la fête se prépare de leur côté. Si certains n’ont pas voulu se prononcer sur les préparatifs de la fête pour des raisons diverses, à la cité des enfants à Niamakoro par contre, ce n’est pas encore la plus grande joie. Bien que la Tabaski soit un moment d’allégresse, les PDI hébergées sur ce site n’ont pas le cœur à la fête. De plus, leurs esprits vagabondent et n’arrivent pas à trouver de quoi se mettre sous la dent. Contrairement à certaines familles et quartiers où les bêlements des moutons annoncent la fête ; ici, le silence prédominant annonce l’abattement des humeurs. Pas de musiques, ni de rires d’enfants excités pour l’occasion. Mme Diarra Heta Sissoko, déplacée interne depuis quatre ans, vit sur ce site avec ses petits enfants et belles-filles. Ceux-ci expriment une profonde tristesse. «Nous n’avons pas grande chose pour fêter cette année. On a ni moutons, ni habits», se désolent-ils à notre interrogation. Notre interlocutrice nous informe qu’habituellement, ce sont leurs parents de la diaspora qui leur viennent en appui pour faire face aux charges de la fête. Cette année particulièrement, déplore cette victime de l’esclavage par ascendance, rien n’a encore été fait. À cette tristesse, s’ajoute la nostalgie de leur village d’origine (Diéma) qui enlève toute envie de fêter. C’est cet état de fait qu’explique Kama Diarra qui se remémore les moments prodigieux de la fête il y a quelques années de cela. « Au village, on célébrait la Tabaski dignement, avec des moutons, de nouveaux habits et de bons plats. Aujourd’hui, par contre, je n’ai plus le goût à cette fête », affirme-t-il d’un air triste. Le même sentiment de désintérêt anime Koura Diarra également déplacée interne. Pour donner plus de joie à sa famille déplacée, elle exerce de petites activités génératrices de revenus (au moment de notre entretien, elle posait le henné sur les pieds et les mains d’une cliente) pour avoir de quoi vêtir et coiffer ses plus jeunes frères et sœurs. «La fête, ce n’est plus ma priorité. Je fais juste de mon mieux pour égayer mes frères et sœurs», précise-t-elle. Pour avoir des précisions sur la situation des familles hébergées au sein de la cité des enfants, nous avons approché le directeur général adjoint de la Cité des enfants. N’ Famara Kéïta explique que la cité des enfants héberge au total 129 PDI qu’elle essaie de mettre dans les conditions optimales depuis 2021 malgré les difficultés. Concernant les préparatifs de la fête de cette année, il assure que des efforts sont en cours pour permettre aux personnes vulnérables de fêter dans la dignité. Déjà, assure-t-il, un partenaire a déjà fait don d’habits pour les enfants. Un geste qu’il salue, mais estime insuffisant au regard des besoins réels. Contrairement aux années précédentes, les contributions en faveur des personnes déplacées internes sont timides. D’où l’appel du représentant de la cité des enfants à la solidarité : «Nous exhortons les bonnes volontés à faire preuve de générosité, pour que ces familles puissent fêter comme les autres.» Du côté des réfugiés, la situation n’est pas non plus reluisante. Venus de divers pays (Burkina Faso, Niger, Centrafrique, RD Congo et du Soudan), ils vivent aussi dans la précarité. Selon M’Paly Sylla, administrateur et superviseur à la Commission nationale chargée des réfugiés (CNCR), les fêtes comme la Tabaski représentent une occasion importante de soutien moral et matériel pour les réfugiés. Pourtant, précise-t-il, pour les occasions du genre, les réfugiés comme les PDI ne disposent pas souvent de ressources ce qui fait qu’ils ne peuvent compter que sur l’élan de solidarité et l’humanisme de leur pays d’accueil. M’Paly Sylla, précise aussi qu’il n’existe pas à ce jour de camps dédiés spécifiquement aux réfugiés, ces derniers cohabitent avec les PDI. Pour cela, il exhorte les bonnes volontés à l’entraide. A ce jour, la CNCR a recensé 135.837 réfugiés, dont 88.000 sont en attente d’enrôlement dans les bases de données. Concernant les personnes déplacées internes victimes d’esclavage par ascendance qui sont hébergées sur le site de la Cité des enfants, le DGA indique qu’un processus de retour dans leurs localités d’origine est en cours, à la suite d’un procès qui leur a été favorable. Une première vague est déjà repartie pour préparer l’arrivée des autres, prévue pendant les vacances scolaires, car de nombreux enfants sont encore en classes. SSD/MD (AMAP)
Amicale des anciens du Second cycle Hamadoun Sankaré de Niafunké : Le cœur dans la main pour des orphelins et enfants démunis
Niafunké, 04 juin (AMAP) Le jour de fête est censé être celui de la joie et du bonheur pour tous, surtout les enfants. Pourtant, pas mal d’enfants orphelins, déplacés ou dont les parents n’ont pas de moyens, vivent ces moments différemment, tristement. Le Cercle de Niafunké (Nord), coupé en deux depuis plusieurs années et aujourd’hui á cause de la présence djihadiste dans le Gourma, a vu se multiplier les cas d’enfants orphelins, déplacés et certains dont les parents ont tout perdu, á cause de la situation. Dans cette ville, autrefois très festive, surtout lors de la célébration de la Tabaski ou du Ramadan, les avant-fêtes stressent plus d’un mais mobilisent certains qui ont le cœur dans la main. L’Amicale des élèves du Second cycle Hamadoun Sankaré, entre 1996 et 1999, appelée Génération 96-99 a offert á plus de 100 enfants des habits de fête et des attestations aux meilleurs élèves de l’établissement. Cela fait la 3ème fois que ces fils et filles du terroir, qui ont étudié ensemble au dans ce Groupe scolaire de Niafunké, viennent redonnent la joie à ces enfants et encourage les meilleurs élèves de l’établissement. Nul n’ignore que depuis la crise sécuritaire de 2012, le Nord du Mali a vu beaucoup de ses bras valides s’en aller. Certains ont rejoint leur dernière demeure et ne reviendront plus et d’autres ont, tout simplement, quitté leur famille, laissant derrière eux des épouses et des enfants sans aucune ressource. Beaucoup de ces orphelins et enfants de parents démunis pleurent le jour de la fête en voyant leurs camarades bien habillés et bien chaussés, lors des moments de Sambè Sambè. Ils n’ont rien fait pour mériter ce sort et ne demandent qu’un peu d’attention, de générosité de voisins, amis et parents de la cité. L’Amicale de la génération 96-99, avec sagesse, a constaté la tristesse de ces enfants et a fait cotiser ses membres, en 2023, pour la première fois, pour offrir à ces enfants des habits et des chaussures. Depuis cette première, chaque année, la tradition est perpétuée. Cette année, plus de 100 enfants ont reçu du basins Getzner et des frais de couture. A cela, il faut ajouter des attestations et des tee-short, des effets scolaires aux meilleurs élèves de l’établissement, le Second cycle Hamadoun Sankaré. Les trois meilleurs des deux 7èmes, , ceux des deux 8ème et des deux 9ème soit au total neuf élèves, qui ont des moyennes variant entre 14 et 16, ont été salués, encouragés et primés devant toutes les autorités de la ville de Niafunké, ce 28 mai 2925 dans l’enceinte du Groupe scolaire. Ce fut une véritable fête avant la tabaski et l’examen du Diplôme d’études fondamentales (DEF ». En plus de la joie que l’on pouvait lire sur le visage des meilleurs élèves primés, l’on pouvait aussi aisément lire l’émotion sur les visages de certains parents et tuteurs des enfants orphelins souriants, en recevant leurs habits de fête. Selon le chef de village de Niafunké Baba Aly Gatta, présent à la cérémonie, « ce geste est un exemple á suivre pour encore recoudre le tissu social effiloché depuis un certain temps et revenir á nos valeurs ancestrales d’entraide qui ont toujours prévalues dans notre société. » Le 2ème adjoint au préfet Zakaridja Samaké, qui a présidé la cérémonie, ému, a salué le geste « mais surtout la manière » avant d’encourager les autres élèves de l’établissement à redoubler d’efforts pour être parmi les primés de cette année scolaire, bientôt close, tout en souhaitant bonne chance aux candidats au DEF. Quant au président de l’Amicale, Ousmane Ky, il a d’abord, dans son intervention, fait observer une minute de silence en la mémoire de leur camarade, enseignant, Ousmane Daou qui était de la cérémonie de 2024, malheureusement assassiné, la même année, à Arabébé M, Ky a dit merci aux membres et lancé un appel à la solidarité envers « tous ceux dans le besoin dans le Cercle. » Selon lui, le Groupe scolaire Hamadon Sankaré leur « a tout donné », à eux « aujourd’hui, de lui rendre la monnaie pour que de meilleurs cadres du pays puissent en sortir. » SAM/MD (AMAP)
Mali : L’orpaillage suspendu du 15 juin au 30 septembre 2025 (Ministre des Mines)
Bamako, 2 juin (AMAP) Le ministre des Mines, Amadou Keïta, a annoncé, jeudi 29 mai 2025, la suspension des activités d’orpaillage sur l’ensemble du territoire malien, du 15 juin au 30 septembre 2025, conformément à l’Arrêté interministériel du 1er juillet 2015. Dans un communiqué officiel, rendu public le 3 juin 2025 sur la page Facebook du ministère, M. Keita a appelé les autorités administratives des districts miniers, les chefferies coutumières, les organisations de presse et les exploitants des localités concernées « à collaborer pour assurer le respect strict de cette disposition pendant la période indiquée. » OS/MD (AMAP)
Kangaba : le préfet du cercle sensibilise contre les risques d’accident à la veille de Tabaski
Kangaba, 03 juin (AMAP) Le préfet du Cercle de Kangaba, Abou Dao, a convoqué, mardi, une rencontre pour réfléchir sur des solutions immédiates afin de réduire et minimiser les risques d’accident de la circulation au maximum, en cette veille de fête qui est généralement une situation alarmante marquée par des drames. Les statistiques de secours, de mai 2025, fournies aux autorités administratives et politiques de Kangaba par le lieutenant sapeur-pompier, Djibril Coulibaly, chef de poste de secours routier, font état de 15 sorties avec un bilan de 47 victimes dont 30 blessés et 01 décès. Les solutions préconisées par les uns et les autres ont porté essentiellement sur la sensibilisation et la répression. A cet effet, le préfet a publié un communiqué officiel dans lequel il rappelle aux populations du Cercle de Kangaba que « les veilles de fête sont marquées par des accidents de la circulation entraînant souvent des pertes en vies humaines. » Pour prévenir ces accidents, les populations doivent obligatoirement respecter les mesures sécuritaires suivantes : « interdiction des excès de vitesse, de l’usage du téléphone au volant, de la surcharge des véhicules, des supports à trois sur les motos, de hausse des tarifs des transports. » La rencontre a pris fin par une mini caravane de sensibilisation qui a conduit les participants aux sièges des syndicats et au poste de sécurité, à la sortie de la ville, pour faire passer les messages du communiqué. La copie du communiqué a été envoyée à la radio locale pour une large diffusion. Ont pris part à la rencontre, les maires des communes du Minidian, du Kaniogo et du Nouga qui longent la Route nationale (RN) 24, les responsables des services de sécurité, les syndicats de transporteurs routiers et leurs collègues de tricycles et motos taxi. SD/MD (AMAP)
Ségou : Instauration de trente (30) jours de couvre-feu à partir de ce mercredi (officiel)
Ségou, 03 juin (AMAP) Un couvre-feu d’une durée de trente jours, renouvelables, en vigueur chaque nuit, de 21 heures à 6 heures du matin, est instauré sur l’ensemble du territoire de la Région de Ségou (Centre), à partir du mercredi 4 juin 2025, annonce un communiqué signé par le Directeur de cabinet du Gouverneur de la région et rendu public mardi. Pendant « toute la période concernée, la liberté de circulation des personnes ainsi que celle de tous les engins de transport est strictement restreinte, selon la décision. » Elle précise, toutefois, que les véhicules et autres engins des forces de défense et de sécurité, ainsi que les ambulances munies d’un ordre de mission, ne sont pas concernés par cette mesure. « Le Commandant de la Zone de Défense n°2, le Commandant de la Région n°4 de la Gendarmerie nationale, le Commandant de la 4ᵉ Région de la Garde nationale, ainsi que les Directeurs régionaux de la Police nationale et de la Protection civile sont, chacun, chargés, en ce qui les concerne, de l’application de la présente décision », indique le communiqué officiel. Selon Boureima Ongoïba, directeur de Cabinet du Gouverneur, cette mesure fait suite à une demande des autorités militaires. « Elle intervient dans un contexte de dégradation de la situation sécuritaire, marqué par une menace persistante et des informations faisant état de l’infiltration d’individus armés. L’objectif est de permettre à l’armée de manœuvrer librement, d’effectuer des patrouilles et de prendre toutes les dispositions nécessaires à la sécurisation des personnes et de leurs biens », a-t-il expliqué. Il a, également, précisé qu’il s’agit là de mesures préventives. « Loin de restreindre les libertés des citoyens, il est question de garantir la sécurité de tous, en permettant aux forces de défense d’agir avec efficacité et sans risque de victimes collatérales », a-t-il souligné. Le directeur de Cabinet du Gouverneur a lancé un appel pressant à l’endroit de la population, l’invitant « à observer scrupuleusement les dispositions du couvre-feu, qui n’a d’autre finalité que (leur) protection et celle de leurs biens ». À noter que dans la matinée de ce mercredi, des détonations ont été entendues dans la ville. Selon nos sources, des individus s’apprêtaient à lancer des engins explosifs. ADS/MD (AMAP)
Mali Météo : Une semaine du 2 au 8 juin 2025 marquées par la chaleur et des pluies isolées
Bamako, 2 juin (AMAP) L’ Agence Mali Météo, sous l’égide du ministère des Transports et des Infrastructures, a publié, lundi 2 juin 2025, à Bamako ,ses prévisions météorologiques pour la semaine du 2 au 8 juin, annonçant une hausse des températures et des pluies isolées à travers le Mali. « Nous anticipons des conditions météorologiques variées, nécessitant vigilance et suivi des mises à jour », rapporte un communiqué du ministère des Transports et des Infrastructures. La semaine débutera avec un ciel peu nuageux, évoluant vers un ciel nuageux à localement couvert en fin de semaine. Les vents de mousson domineront, sauf dans la région de Taoudéni (Nord), où des conditions plus sèches persisteront. « Ces vents de mousson favoriseront des épisodes pluvieux, particulièrement en fin de semaine », précise Mali Météo. HAUSSE DES TEMPERATURES – Les températures connaîtront une augmentation significative. Les maximales varieront entre 36°C et 45°C, tandis que les minimales se situeront entre 21°C et 32°C. Cette chaleur intense touchera particulièrement les régions du Nord et du Centre, où des précautions seront nécessaires. La poussière en suspension réduira la visibilité dans les régions du Nord et du Centre. « Les habitants doivent prendre des mesures pour leurs déplacements et leur santé respiratoire face à ce phénomène », recommande l’agence. Des activités pluvio-orageuses isolées sont attendues, principalement en fin de semaine, dans la plupart des régions. Ces précipitations pourraient impacter les activités agricoles et extérieures, bien qu’elles restent localisées. Mali Météo exhorte la population à rester prudente et à consulter les bulletins météorologiques sur les plateformes du ministère des Transports et des Infrastructures. « Des actualisations seront effectuées si nécessaire pour garantir la sécurité de tous », assure l’agence. Face à ces prévisions, les Maliens sont invités à s’adapter aux conditions changeantes, combinant chaleur intense, poussière, et risques de pluies, tout en restant attentifs aux mises à jour officielles. OS/MD (AMAP)
Tombouctou : Le couvre-feu étendu de 21 heures à 06 heures du matin
Tombouctou, 05 juin (AMAP) Le gouverneur de la Région de Tombouctou (Nord) a annoncé, lundi, un allongement du couvre-feu désormais fixé de 21h00 à 06h00, « jusqu’à nouvel ordre », a appris l’AMAP de source officielle. « Le couvre-feu est désormais fixé de 21h00 à 06h00, et ce, jusqu’à nouvel ordre », par une décision du 2 juin 2025, selon un communiqué « à toutes les autorités compétentes » Cette modification de l’horaire du couvre-feu, initialement instauré par une décision du 9 octobre 2023, abroge la décision précédente du 29 février 2024, La mesure prend effet immédiatement. OS/MD

