Mopti : Les journalistes sensibilisés sur les reportages en temps de guerre

Mopti, 27  novembre (AMAP) Le séminaire de formation sur la sécurité des journalistes, les reportages sensibles aux conflits, les directives éthiques et les réalités migratoires au profit d’une vingtaine de journalistes, a pris fin, vendredi dernier, à Sévaré, près de Mopti (Centre). Les participants ont échangé sur le contexte sécuritaire du Mali, en lien avec la sécurité des journalistes, exploité des modules sur les techniques de reportage en situation de conflits. Ils ont, aussi, traité des thématiques sur les bonnes pratiques de la communication, en période de crise, le droit des migrants et le respect des règles liées à l’éthique. « A travers les exposés sur l’analyse du contexte sécuritaire de notre pays, les bonnes pratiques du journalisme en période de guerre à savoir : l’exactitude, l’impartialité et la responsabilité, vous avez été outillés pour bien exercer votre métier de manière professionnelle. Pour ces raisons je suis très satisfait et je me permets de dire que le rendez-vous de Sévaré a été une réussite », a déclaré le premier vice-président de la Maison de la presse,Daouda Mariko. « Je suis ici à cet atelier délocalisé à Sévaré pour apporter le message de soutien et de solidarité de l’ensemble des membres du gouvernement, en premier celui du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, à nos populations qui vivent au quotidien dans l’insécurité qui nous est imposée, dont le thème intéresse aujourd’hui la presse sous l’angle de la sécurité du journalisme sensible aux conflits », a indiqué le ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du gouvernement, Yaya Sangaré qui a présidéla cérémonie de clôture. « Ce séminaire est destiné à vous outiller pour le reportage en temps de guerre. Nous sommes en guerre, nous devons donc construire une véritable communication de guerre. Une communication qui rassure les populations, qui renforce le moral de nos troupes partout, où elles se trouvent dans les casernes, au front, à l’extérieur et qui déstabilise l’ennemi », a déclaré le ministre Sangaré. Il a, en outre, appeler les journalistes à construire, à travers leurs articles, reportages et toutes couvertures des questions militaires, « la paix dans l’esprit des hommes et des femmes du Mali », avant de remercier les partenaires : l’UNESCO, la coopération italienne et la MINUSMA « Contribuer au renforcement des connaissances des acteurs des médias venus de toutes les régions et du district de Bamako sur les comportements à adopter dans la collecte des informations sensibles, les techniques de reportage en situation de conflits et les droits des migrants en vue de susciter l’adoption de bonnes pratiques », tel était l’objectif que s’est assigné la Maison de la presse du Mali en organisant ce séminaire de formation à l’intention des acteurs de la presse orale et écrite privée du Mali. Mise en œuvre en collaboration avec le ministère de la Communication, l’initiative a bénéficié de l’appui de l’UNESCO, de l’Agence italienne pour la coopération au développement et de la MINUSMA. La rencontre s’est déroulée en présence du directeur de cabinet du gouverneur, Kantara Diawara, de la cheffe de bureau de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à Mopti, Fatou Dieng Thiam. DC/MD(AMAP)

9è Réunion de la commission tripartite : Mali, Burkina et UNHCR restent mobilisés pour les déplacés

Bamako, 27 novembre (AMAP) La 9è réunion tripartite, de la commission pour une gestion efficiente des déplacés mis en place par le Mali, le Burkina Faso et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), s’est tenue, mardi 26 novembre à Bamako, dans le cadre du dialogue régional de protection et de la recherche des solutions pour le déplacement forcé dans le  Sahel. Les travaux, qui se sont déroulés, conformément à l’accord signé entre les trois parties, en 2015, sur le rapatriement volontaire des réfugiés maliens vivant au Burkina Faso, avaient pour objectif, entre autres la signature des  documents finaux, la réalisation d’un rapport,  l’élaboration d’un plan de travail actualisé et l’adoption d’un communiqué conjoint. La cérémonie officielle était coprésidée par le secrétaire général du ministère de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Salifou Maïga, le chef de la délégation du Burkina Faso, Sinka Seydou, et la représentante de UNHCR, Mme Angèle Djohossou, en présence des représentants des trois parties et ambassadeur du Burkina Faso au Mali, Lougué Kodio. Salifou Maïga a, au nom du gouvernement, salué l’engagement du Burkina Faso et le HNHCR pour la gestion des déplacés. La mise en place des activités tripartite a été renforcée par la signature de l’Accord pour la  paix et la réconciliation au Mali, signé en mai et juin 2015. Depuis, la commission tripartite et le groupe de travail technique poursuivent le processus de mise en ouvre du rapatriement organisé des réfugiés du Mali dans les trois pays d’asile. L’espoir est permis avec la mise en ouvre du Plan de sécurisation intégré des régions du centre (PSIRC) qui consiste à revitaliser l’Administration, le retour des services sociaux de base et le renforcement de la couverture humanitaire. Ce plan de sécurisation intégré pourra compter sur la Force conjointe du G5-Sahel en vue de pacifier la région et favoriser le retour des réfugiés. M. Maiga a souligné que des résultats particulièrement édifiants ont été obtenus. A la date du 30 septembre, 74.402 Maliens ont été rapatriés tandis que 138.402 sont encore réfugiés dans les pays limitrophes dont 25.719 au Burkina Faso, 56.184 en Mauritanie et 56.499 au Niger. Le chef de la délégation burkinabè, Sinka Seydou, a expliqué le contexte actuel de son  pays marqué par des attaques terroristes. « Ces attaques mettent à mal la quiétude des populations, entrainant une situation humanitaire difficile marquée par l’accroissement du nombre de déplacés dont près de 600.000 déplacés internes et 26.000 réfugiés maliens », a-t-il dit. Il a soutenu que son pays continuera son plaidoyer pour la promotion de la paix et de la sécurité, le renforcement des capacités du G5 Sahel. Quant à la représentante du UNHCR, elle a salué l’engagement des trois parties. Cette régularité des réunions, la 9è du genre, témoigne de l’engagement des autorités maliennes et burkinabè dans la recherche de solutions durables à la situation des refugiés maliens accueillis par le Burkina Faso. AS/MD (AMAP)

Icône de l’intégrité 2019 de Accountibility Lab : Mme Coulibaly Aminata Goita à l’honneur

Bamako, 27 novembre (AMAP) Le médecin chef au district sanitaire de Sikasso, Mme Coulibaly Aminata Goita, a été distinguée la fonctionnaire la plus intègre du Mali en 2019 et présentée au public, samedi, lors du Gala annuel du programme Integrity Icon Mali 2019 de Accountibility Lab, tenu à cet effet. L’intronisation à laquelle ont participé les ministres de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Logement social, Hama Ould Sidi Mohamed Arbi, des Réformes institutionnelles et des Relations avec la Société civile, Amadou Thiam, et de la Justice et de Droits de l’Homme, Me Malick Coulibaly, a été marquée par la présence des ambassadeurs des Pays-Bas, Jolke Folkert Oppewal, du Canada au Mali, Louis Verret, et de plusieurs autres invités. Accountibility Lab est une Organisation non gouvernementale œuvrant dans le domaine de la transparence, la gouvernance, la lutte contre la corruption etc. A travers le Programme Integrity Icon Mali, elle identifie et célèbre, chaque année, les fonctionnaires intègres de l’Administration publique. Pour ce faire, les populations de toutes les régions du Mali votent par message ou en ligne, en plus du vote du jury. Pour cette édition, le public a dû départager quatre nominés finalistes. Issa Traoré, directeur du centre de l’Energie du Mali (EDM) du cercle de Dire (régions de Tombouctou) ; Mariam Bamba, conseillère pédagogique à Dioila (Région de Koulikoro), Abdoulaye Diakité, agent forestier à Koro dans la Région de Mopti et Mme Coulibaly Aminata Goita, médecin chef au district sanitaire de Sikasso qui a recueilli le plus grand nombre de votes. Intervenant après la réception de son prix, la lauréate a invité les Maliens « au travail bien fait et exécuté dans les règles de l’art ». Car, a dit Mme Coulibaly Aminata Goita, « c’est l’intégrité, la loyauté dans le service fourni aux usagers qui feront décoller notre pays vers le développement. « Je ferai tout pour que d’autres personnes intègres soient aussi célébrées », s’est-elle engagée. Avant de promettre qu’elle ne cessera jamais de bien faire son travail pour l’exécution duquel « je suis payée par le contribuable malien ». Pour sa part, le directeur de Accountability Lab Mali, Moussa Kondo, a rappelé que célébrer ces hommes et femmes est un devoir. Car, pour lui, il s’agit de promouvoir la bonne gestion de la chose publique. « Ces hommes et femmes, qui travaillent au quotidien dans des faibles conditions pour que les usagers de l’administration puissent avoir accès aux besoins les plus élémentaires tels que aller à l’école, être soigné ou protégé etc. , méritent une reconnaissance », a insisté Moussa Kondo. Pour y arriver, l’ambassadeur des Pays-Bas, Jolke Folkert Oppewal, a réitéré l’accompagnement de son pays au programme. Qui, selon lui, cadre bien avec la stratégie de développement de l’Ambassade des Pays-Bas au Mali. « La corruption, le manque d’intégrité et l’absence d’un Etat de droit, sont des défis majeurs auxquels le Mali est confronté », a noté le diplomate. Le ministre Me Malick Coulibaly a salué les efforts du lauréat 2018 en matière de promotion de la bonne gouvernance. L’ambassadeur du Canada, Louis Verret, a rappelé que l’intégrité est l’une des valeurs fondamentales de la fonction publique. Selon lui, le fonctionnaire doit réunir et renforcer la confiance publique en lui. « Cela avec intégrité et impartialité », a invité l’ambassadeur canadien au Mali qui a salué les efforts enclenchés par le Mali dans la lutte contre la corruption et la mal gouvernance. Précisons que chacun des quatre finalistes a reçu la somme symbolique de 200.000 Fcfa. ABM/MD (AMAP)

Relance du processus de paix : La médiation internationale à l’écoute du gouvernement

Bamako, 27 novembre (AMAP) La médiation internationale dans la crise malienne et le gouvernement, ont tenu, lundi, dans la salle de réunion du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, une importante rencontre sur la levée des blocages à la tenue régulière des réunions du Comité de suivi de l’Accord (CSA) pour la paix et la réconciliation. A l’ouverture de la réunion à huis clos, le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), Mahamat Saleh Annadif, a dit que la médiation internationale a sollicitée du gouvernement cette rencontre, après une autre, pour analyser la situation. Selon lui, ils ont trouvé que la mise en œuvre de l’Accord est dans une certaine impasse « car depuis sa signature, c’est la première fois que la réunion du CSA n’est pas tenue depuis trois mois ». Mais avant de rencontrer les autres signataires de l’Accord, ils ont jugé important de rencontrer, d’abord, le gouvernement. L’objectif étant de l’écouter et, ensuite, apporter la contribution de la médiation pour faire bouger les choses. Dans son discours introductif, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiebilé Dramé,  indiqué que la médiation internationale a souhaité que la rencontre aborde une question spécifique, sans être fermée aux autres, à savoir comment accélérer le déploiement de la nouvelle Armée reconstituée dans la Région de Kidal. Selon le chef de la diplomatie malienne, c’est une question extrêmement importante qui détermine tout le reste du processus. « Le gouvernement s’est réuni pour se préparer sur cette question parce qu’elle est prioritaire pour le président de la République », a-t-il déclaré, soulignant que chacun sait ce que cette question représente, en termes d’impératifs de souveraineté nationale et politique. Pour lui, l’autre question porte sur les réformes politiques et institutionnelles. en particulier, la révision de la Constitution. Mais, il estime qu’elles sont intimement liées au déploiement des Forces de défense et de sécurité reconstituées dans la Région de Kidal. KIDAL – Parlant de la non-tenue de la réunion du CSA, depuis la tentative avortée à Kidal, M.Draméa révélé que, depuis cette période, des efforts sont en cours pour maintenir un canal de communication avec les leaders des mouvements signataires de l’Accord. Il a fait savoir que d’importants responsables des mouvements du Nord sont présents à Bamako et des rencontres ont eu lieu avec eux. Et les échanges se poursuivent, non seulement, avec le président de la République mais, également, avec le gouvernement et les représentants de la communauté internationale. « Ce qui, selon lui, voudrait dire qu’il y a une nouvelle ambiance à Bamako ». Le ministre Dramé a ajouté que la phase finale du Dialogue national inclusif est en vue. Il a souhaité que les leaders des mouvements signataires annoncent leur participation à ce débat national. Mais aussi que des mesures importantes soient prises pour le déploiement des Forces armées maliennes dans la Région de Kidal. Pour le chef de la diplomatie, le retour de l’Armée symbolisera plus que tout autre, la reconnaissance de l’intégrité territoriale du Mali. Il a exprimé l’empressement du Mali à passer à cette nouvelle étape, en déployant les premières unités sorties depuis le mois de septembre. LEVEE DES BLOCAGES – A l’issue de cette rencontre, qui a duré près de deux heures, le chef de la MINUSMA a fait remarquer que, depuis la signature de l’Accord, c’est la première fois que les sessions du CSA ne se sont pas tenues, régulièrement. C’est pourquoi, la médiation internationale, essaie de faire avancer les choses. Le premier pas dans ce sens a été de rencontrer le gouvernement. Ensuite, elle va rencontrer les responsables des mouvements pour obtenir leur adhésion. « Lors de la présente réunion, toutes les questions importantes et qui vont constituer des avancées dans la mise en œuvre de l’accord ont été abordées », a-t-il précisé. Enfin, Mahamat Saleh Annadif a dit que des démarches sont en cours pour que la réunion du CSA puisse se tenir « dans les plus brefs délais avec à l’ordre du jour, des points substantiels pour faire avancer la mise en œuvre de l’Accord ». Pour  sa part, Tiebilé Dramé a souligné que cette réunion visait à relancer le processus. Selon lui, il n’y a pas eu de réunion du CSA à Kidal, en septembre, mais jamais, le dialogue inter-Maliens n’a été aussi intense que pendant cette période. « A cet effet, des canaux de communication ont été établis entre la partie gouvernementale, les leaders de la CMA et de la Plateforme a-t-il dit. Pour le ministre Dramé, « il y a, aujourd’hui, une compréhension commune et les divergences se réduisent ». A noter que la rencontre s’est déroulée en présence du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah, des ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité, des représentants de l’Union européenne9UE), de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union africaine(UA), de l’Algérie, chef de file de la médiation internationale, du Nigeria, du Niger, du Burkina Faso et de la Mauritanie qui sont les vice-présidents de cette médiation. DD/MD (AMAP)

Accès à Internet : les resquilleurs de wifi

Par Fadi Cissé Bamako, 27 novembre (AMAP) Ce sont des jeunes filles et garçons qui squattent les réseaux sans fil des services publics et des particuliers. Ils n’hésitent pas à utiliser des méthodes de hacker pour percer les codes de connexion. Selon Wikipédia, le WI-FI est un ensemble de protocoles de communication sans fil qui permet de relier par ondes radio plusieurs appareils informatiques (ordinateurs, routeurs, smartphones, modems Internet, etc.) au sein d’un réseau informatique afin de permettre la transmission de données entre eux. Ainsi, la portée peut atteindre plusieurs dizaines de mètres (généralement entre une vingtaine et une cinquantaine de mètres) s’il n’y a aucun obstacle gênant (mur en béton par exemple) entre l’émetteur et l’utilisateur. Des fournisseurs d’accès à Internet peuvent aussi établir un réseau Wi-Fi connecté à Internet dans une zone à forte concentration d’utilisateurs (gare, aéroport, hôtel, train, etc.). Selon Wikipédia, ces zones ou points d’accès sont appelés bornes ou points d’accès Wi-Fi ou « hot spots ». Ces points d’accès sont, de plus en plus, recherchés par les jeunes pour se connecter à Internet. Et très souvent sans en avoir l’autorisation. Pour ce faire, ces jeunes filles et garçons passent beaucoup de temps à roder dans les alentours des maisons et services dotés de Wi-Fi. Un samedi matin du mois d’octobre, notre équipe de reportage a fait le constat derrière les murs de l’hôtel Sheraton, non loin de l’ACI 2000. Tout autour, de jeunes gens garent leurs engins à deux roues. Certains se faufilent entre les fleurs et arbres qui embellissent les lieux. Débout, le nez dans l’écran de leurs Smartphones, les uns et les autres se connectent aux multiples Wifi que le centre met à la disposition des clients et autres visiteurs. Comme eux, d’autres personnes sont assises de l’autre côté de la route, à moins de 10 m de la clôture de l’édifice. Têtes baissées, les regards rivés sur les écrans de leurs téléphones portables, ces jeunes gens semblent manquer de temps pour s’échanger quelques mots avec des personnes physiques. Ces individus, tous comme les cambistes, qui opèrent autour de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP), utilisent toute sorte d’astuces pour disposer le code Wifi de cet établissement public. Pour pouvoir se brancher sur le réseau de l’AMAP, ils n’hésitent pas à nouer des relations avec des travailleurs du service. Un comportement nouveau qui étonne un vieux boutiquier, installé non loin de l’hôtel Sheraton. D’après le témoignage de ce vieil homme, qui n’a pas voulu être cité, ces jeunes sont accros à leurs appareils, du matin jusqu’au soir. Pour lui, chacun d’entre eux, tenant son téléphone en main, vient uniquement pour télécharger des choses sans importance ou envoyer des vocales sur WhatsApp. « Rares sont ceux qui viennent pour faire des recherches dans le cadre des études ou de l’éducation. Certains, plus malicieux et très futés, creusent souvent des petits trous dans le mur de clôture pour, disent-ils, accéder rapidement à la connexion Wifi », révèle-t-il. 2000 FCFA – Comment font-ils pour ce connecter à un Wifi dont ils n’ont pas le code d’accès ou mot de passe ? En réponse à cette question, un membre du groupe pointe du doigt un autre, qui semble être le cerveau du groupe. Interrogé, ce dernier rétorque sans hésitation : « Il faut débourser 2000 Fcfa pour avoir accès au code ». Car, ajoutera le jeune homme, il est indispensable de disposer d’une certaine connaissance informatique pour déchiffrer le code d’un réseau de connexion. Il poursuivit son récit en soutenant qu’avec les 2000 Fcfa, l’intéressé peut se connecter à souhait pendant une semaine. Passé ce délai, le client peut se connecter à nouveau en payant le même montant. « Grâce à ces petites sommes, que je gagne par jour, je peux subvenir à certaines de mes dépenses : paiement de crédits pour le téléphone, achat de nourriture et de carburant pour mes déplacements etc. », explique le jeune de 22 ans. Des pratiques similaires sont, de plus en plus, légion dans plusieurs quartiers. Quand vous voyez des groupuscules de jeunes installés calmement derrière une famille dotée d’internet, ne cherchez pas loin. En les approchant, vous les surprendrez en train de télécharger des vidéos ou de chatter avec leurs correspondants en utilisant le Wifi le plus proche. Un tour à Djicoroni-Para suffit pour en avoir le cœur net. Devant une concession, dans ce quartier périphérique de Bamako, des jeunes forment un « Grin ». Ce groupe de causerie entre amis, généralement autour du thé, semble, ici, prendre son sens. Connectés au Wifi à proximité, certains d’entre eux envoient des messages vocaux, via WhatsApp, à des amis. Tandis que d’autres, les têtes baissées, pianotent sur les claviers de leur Smartphone pour écrire et envoyer des messages. Le même scénario se répète de l’autre côté, en dépit des odeurs nauséabondes que dégagent les caniveaux, rendant ainsi difficile la respiration. Ahmed Mangara, propriétaire du Wifi, affirme qu’il change de code, régulièrement, mais les jeunes resquilleurs arrivent toujours à pirater son réseau. Pour lui, les jeunes manipulent la technologie avec dextérité. « Ils découvrent, chaque jour, de nouvelles choses sur les sciences que nous, les vieux, nous ne savons pas. Je change de code, presque chaque jour, mais ils arrivent à me contourner en trouvant un moyen de le détecter. Je ne sais plus que faire », déplore-t-il, l’air déçu. Pour Ibrahim Cissé, ingénieur réseau responsable informatique, pour trouver les mots de passe Wifi, les jeunes utilisent de nos jours plusieurs méthodes, à savoir le recours à des applications comme Wifi password, Wifi hacker… Ceux-ci peuvent facilement découvrir certains mots de passe Wifi. « Il y a certains, notamment, les plus malins qui vont essayer d’avoir un des équipements connectés à votre Wifi, par exemple un ordinateur qui est déjà connecté ou votre propre téléphone », révèle-t-il. Par ailleurs, il existe des artifices pour sécuriser son code Wifi. A ce propos, l’ingénieur Cissé conseille de solidifier les mots de passe, en utilisant des caractères spéciaux comme : ? / @ – + etc. qui sont plus difficiles à déchiffrer par les applications mobiles. FC/MD (AMAP)  

Camp de cantonnement de Soufroulaye : 352 ex-combattants terminent la première phase du DDR spécial

Bamako, 27 novembre (AMAP) La première phase du processus de Démobilisation-Désarmement-Réinsertion (DDR), qui concerne 352 ex-combattants, volontairement désarmés, parmi lesquels figurent 17 femmes, issus des groupes armés, a pris fin, mardi matin, à Soufroulaye, près de Mopti (Centre), par une cérémonie sous la présidence du chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé, indique un texte de la Primature. Dans son discours, en présence du gouverneur de la Région, le général Abdoulaye Cissé, du président de la Commission nationale DDR, Zahabi Ould Sidi Mohamed, et de la représentante adjointe du Secrétaire général des Nations Unis au Mali, Mme Mbaranga Gasarabwe, le Premier ministre a rappelé qu’il y a, seulement quelques semaines, il avait procédé à Soufouroulaye même, au lancement du programme de démobilisation des combattants à l’effet de réduire la violence communautaire. «J’avais promis de revenir, rapidement, pour constater l’évolution du processus, des progrès réalisés et m’enquérir des défis», a-t-il indiqué. Dr Boubou Cissé a, aussi, indiqué qu’à travers sa présence à cette cérémonie, « le gouvernement tient à réaffirmer l’ordre des priorités politiques élevées que le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, accorde à la conduite du processus du DDR ». «Je repars d’ici réconforté par l’engagement et l’adhésion des populations à s’inscrire dans ce processus politique dont la finalité est de rendre leur environnement plus sûr en les débarrassant des instruments de violence que constitue la circulation des armes», a affirmé Dr Boubou Cissé, tout en félicitant les communautés de la Région de Mopti pour leur adhésion et en les encourageant à poursuivre leur engagement pour garantir la réussite du processus. Pour le chef du gouvernement, au-delà du processus de désarmement, le programme a permis de créer une dynamique nouvelle, un climat fédérateur et de confiance impliquant toutes les communautés de la région. «Le président de la République m’a chargé de dire aux populations de Mopti que ce programme est le leur, et que sa réussite dépendra de leur adhésion massive et de leur mobilisation continue ». En outre, le Premier ministre a déclaré venu dire « aux populations et à tous les acteurs engagés dans ce processus que le président de la République a donné des orientations stratégiques que le gouvernement a consignées dans le document de stratégie du Centre, dans le cadre de la gestion de la crise que connait cette partie de notre pays ». Selon lui, la mise en œuvre de cette stratégie est en cours pour adresser de manière globale les défis qui se posent à cette région. Elle concerne les réponses de court terme et ceux du long terme, à savoir la réponse humanitaire d’urgence, le désarmement, la réconciliation nationale, le développement économique. Confiant, le Premier ministre a remercié tous les acteurs impliqués dans le processus de DDR et a lancé un appel à l’ensemble des forces vives pour un retour définitif de la paix et de la sécurité. Après avoir entonné l’hymne national du Mali avec les 352 ex-combattants, le chef du gouvernement a visité le dépôt d’armes et minutions rendus par les ex-combattants, lors de leur enregistrement au programme. Il a, également, visité les ateliers d’apprentissage de métiers destinés à ceux qui bénéficieront d’un programme de réinsertion socio-économique (formation et financement d’activités génératrices de revenus) lors de la seconde phase du DDR. L’enrôlement au sein des Forces armées maliennes (FAMa), pour ceux qui le souhaiteront, se fera sur la base d’un processus tel que défini dans le décret fixant les modalités d’intégrations pour les ex-combattants. MD (AMAP)

La sécurité des journalistes, les reportages sensibles aux conflits, les directives éthiques et les réalités migratoires au centre d’un atelier

Bamako, 27 novembre (AMAP) La cérémonie de clôture de l’atelier sur la sécurité des journalistes, les reportages sensibles aux conflits, les directives éthiques et les réalités migratoires, a été présidée le 22 novembre dernier, par le Ministre de la communication, Yaya Sangaré à Sévaré, a constaté l’AMAP. Initiée par l’UNESCO Mali, cette formation s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre du projet « autonomiser les jeunes en Afrique à travers les médias et la communication », financé par la coopération italienne à travers l’UNESCO en partenariat avec le département de la communication et la maison de la presse. « Nous devons  construire une véritable communication de guerre, une communication qui rassure les populations, qui renforce le moral de nos troupes, partout où elles se trouvent (casernes, front, à l’extérieur), qui déstabilise l’ennemi », a déclaré le ministre Sangaré. Yaya Sangaré  a soutenu que le moral des troupes ne doit pas être sapé en cette période de guerre contre les forces terroristes. «  J’ai lancé cet appel aux hommes et femmes de médias par rapport à ce que traverse notre pays en ce moment. Évitons de saper le moral de notre armée par nos articles qui ne doivent que les réconforter en ces temps de guerre, qui tranchent avec toute déontologie et qui font le jeu de nos ennemis. Nous sommes en guerre. » a conclu le ministre de la communication. La cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur de région, le Général Abdoulaye Cissé, des représentants de l’UNESCO, de la Maison de la Presse et de plusieurs journalistes venus du District de Bamako, de Mopti et de nombreuses localités du pays. KM (AMAP)    

Quinté+ du jeudi 28 novembre 2019 à Deauville, 5eme course, Prix Lyphard

14-partants-L. – 52.000 € – 1.900 mètres – Piste en sable fibré – Corde à droite – Terrain (PSF) – Lice 0 mètre pour chevaux entiers, hongres et juments de 3 ans et au-dessus, n’ayant pas, cette année, gagné. Liste des partants 14 partants seront en piste ce jeudi à l’ occasion du prix lyphard qui sera disputé sur le parcours particulier de 1900 m de la piste de Deauville.Un handicap ouvert avec les meilleurs sprinters d’Europe. Des surprises en vue malgré le faible nombre de partants. 1-ROLANDO IRE                  C’est un cheval qui dans l’ensemble se montre plutôt régulier. C’est également un très grand voyageur. Il vient de terminer cinquième en Allemagne le 20 octobre et va essayer ici de prendre le plus gros chèque possible. Ce genre de distance devrait lui convenir. Bon outsider. 2-FOLAMOUR GB Celui-là, il n’est véritablement pas très fatigué. Il n’a couru que trois fois cette année. Ici, c’est une course de rentrée mais une chose est certaine, avec cet entraîneur rien n’a été laissé au hasard. Il est donc logique de le penser capable de pouvoir frapper un très grand coup d’entrée de jeu. 3-CENTURY DREAM IRE Voilà encore un cheval qui a très peu couru cette année, ne parvenant pas à passer le poteau en tête. Il reste sur une deuxième place acquise sur une piste anglaise et va tenter ici de bien s’en sortir. Nous noterons cependant au passage que cette distance n’est pas ce qu’il préfère. 4-PUMP PUMP PALACE Cette année, il a quand même passé le poteau en tête en trois occasions. Il reste sur une excellente tentative sur la piste de Lyon où il n’a échoué que d’un rien pour le succès. Au départ de cette épreuve, il semble être très largement capable de jouer un rôle très important. 5-DALGARNO Voilà encore un cheval qui s’économise. Il compte trois tentatives en 2017, aucune en 2018 et seulement trois cette année. Il vient tout juste d’effectuer sa course de rentrée et bien entendu, nous partons totalement dans l’inconnu avec lui. Nous allons donc tout simplement le regarder faire. 6-REPLENISH Il s’est pas mal dépensé tout au long de la saison, parvenant à s’imposer sur la piste de Deauville le 3 juillet. Depuis, il a connu des fortunes diverses. Ici, il va tenter de bien s’en sortir même s’il semble se heurter à une très forte opposition. Ce ne sera donc qu’un outsider. 7-ROC ANGEL Il fait preuve d’une incroyable régularité depuis pas mal de temps. Cette saison, il a connu les joies de la victoire en deux occasions mais a disparu de la circulation depuis sa belle tentative du Grand prix de Deauville. La fraîcheur peut cependant lui être ici profitable. 8-CARLTON CHOICE IRE C’est peut-être lui qui a le plus donné de sa personne tout au long de la saison. Il vient de terminer quatrième dans une épreuve d’un assez bon niveau ce qui lui donne ici le droit d’avoir quelques ambitions au niveau des accessits. Il est donc logique de lui accorder un certain crédit. 9-WONNEMOND GER Voilà encore un visiteur qui va tenter de venir nous piquer nos sous. Il a cependant été véritablement misérable le 26 octobre dans une épreuve d’un meilleur niveau. Ici, il va essayer de mieux s’en sortir. Rien ne dit que cela sera le cas. Ce n’est donc pour nous qu’un outsider. 10-STELLAR MASS IRE En fin de saison, nous assistons souvent à du très grand n’importe quoi. Celui-ci en est le genre évident. Il vient d’échouer sur 2800 mètres et dans la foulée, aborde ce type de distance beaucoup plus courte. Autant le dire tout de suite, cela va être sportif pour lui. 11-CHASSELAY Il a réalisé une saison pleine et entière. Il est toujours en très belle condition physique ce qui incite son mentor à tenter sa chance à ce niveau de compétition. Le 22 octobre dernier, il a joué copieusement de malchance avant de terminer dans une drôle d’action. Méfiance donc. 12-AIR DANCE C’est un jeunot qui aura les dents longues au départ de cette épreuve. Il n’a débuté que cette saison, montrant très vite d’indéniables moyens. Il vient de se promener lors de sa plus récente tentative sur la piste de Lyon et n’est peut-être pas incapable de grimper de catégorie avec bonheur. 13-FICELLE DU HOULEY Elle est actuellement en très grande condition physique. Elle a renoué avec la victoire de belle manière le 24 août sur la piste de Deauville et doit pouvoir encore une fois très bien s’en sortir en semblable compagnie. En effet, ce type de parcours ne peut que l’avantager. 14-NKOSIKAZI GB Il est véritablement difficile de pouvoir évaluer ses chances en pareille compagnie. Nous remarquerons cependant que son mentor n’est pas un comique et quand il se déplace ce n’est jamais pour visiter la région. C’est pour cette raison qu’ici nous allons nous en méfier. PROPOSITIONS    14  NKOSIKAZI GB  12  AIR DANCE  1    ROLANDO IRE  4    PUMP PUMP PALACE      6    REPLENISH  8    CARLTON CHOICE IRE      5    ALGARNO     7   ROC ANGEL  INCONOURNABLES  12-7-4-1-2-8-14-13 MEFIANCE                               AOUTSTYPES                    LES COTES DE ID 11-5-10                                                3 -6- 9                                  12-14-13-1-4-6   TICKETS SECRETS 14-2-12-4-1                                                                        14-2-12-4-14 14-2-12-4-3                                                                        14-2-12-4-13 14-2-12-4-5                                                                        14-2-12-4-10 14-2-12-4-6                                                                        14-2-12-4- 8 14-2-12-4-7                                                                        14-2-12-4- 9

Route Goma-coura/Tombouctou : Les travaux de construction ont repris

Bamako, 26 novembre (AMAP) Le Premier ministre Boubou Cissé a lancé, lundi, à Goma Coura, dans la Commune rurale de Dogofry, Région de Ségou (Centre), la reprise des travaux de la route Niono-Goma Coura-Tombouctou, longue de 484 km et financée sur les ressources du 10è Fonds européen de développement (FED), annoncent les services de la primature. C’est dans une atmosphère de joie que les habitants de Goma-coura ont accueilli le chef du gouvernement et sa délégation, pour cette cérémonie en présence du chef de la délégation de l’Union européenne (UE) au Mali, Bart Ouvry, des gouverneurs de Ségou, Biramou Sissoko, et de Tombouctou, Koina Ag Ahmadou. Après la minute de silence observée en hommage à toutes les victimes du terrorisme, le maire de Dogofry, Modibo Kimbiri, a transmis les salutations des populations au chef du gouvernement et exprimé tout l’enthousiasme suscité par la reprise des travaux de la route Niono/Goma-coura/Tombouctou appelée «route du Sahel». Pour l’édile, cette route va développer les activités économiques de la zone « puisqu’elle nous permettra de, facilement, écouler nos productions agricoles ». « Nous avons, déjà,  perçu les avantages du  tronçon Niono/Goma-coura. Nous sommes persuadés que celui de Goma-coura/Tombouctou apportera la prospérité pour les habitants dans nos communes», a-t-il ajouté. Le maire de Dogofry a remercié le gouvernement pour ses efforts et sa promptitude qui ont permis le redémarrage des travaux. L’objectif de la construction d’une route bitumée entre Niono et Tombouctou est le désenclavement de la 6è Région, en vue de son intégration efficiente à l’économie nationale. Elle permet d’assurer. Egalement, une liaison entièrement bitumée entre la capitale et cette vaste zone enclavée qui n’est desservie que par le bateau, en période de hautes eaux du fleuve Niger. Lee chef de la délégation de l’UE, qui a indiqué que « ce projet est l’un des plus importants de l’Europe au Mali’, a salué «l’action du gouvernement et celle du Premier ministre qui ont permis de finaliser cette route. Bart Ouvry, a réaffirmé le soutien de l’UE à accompagner les efforts du gouvernement afin «d’améliorer les secteurs des transports et la mobilité des personnes et des biens». «Ma présence, ce matin, à Goma-coura traduit l’attachement du gouvernement au respect de ses engagements et mon profond attachement à la parole donnée. Engagements pris par le gouvernement envers les populations de Tombouctou et de toute la 6è Région», a déclaré le Premier ministre. Boubou Cissé a insisté, ensuite, sur l’importance de la construction de cette route et salué, par la même occasion, « l’accompagnement de l’UE dans la réalisation de ce projet phare qui contribuera, sans nul doute, au développement socio-économique de notre pays ». Le tronçon Goma-coura/Tombouctou est financé sur les ressources du 10è FED. Il est reparti en trois lots : lot 1 (Goma-coura/Léré, 165 km), lot 2 (Léré-Niafunké, 121 km) et lot 3 (Niafunké-Tombouctou, 198 km). En 2014, les travaux de l’axe Niafunké-Tombouctou et Diré-Goundam ont redémarré. Après plusieurs suspensions et arrêts, ils ont été achevés en janvier 2017. Commencés en 2016, les travaux du tronçon Goma-coura/Léré avaient atteint un taux d’exécution de 39,80% (50 km de terrassements sur lesquels 36 km étaient déjà bitumés) quand ils ont été interrompus le 15 décembre 2017. Les travaux de construction de la section Léré-Niafunké ont été, aussi, suspendus le 25 octobre 2017 suite à une attaque terroriste à Soumpi. Depuis cette date, il a été convenu qu’une reprise des travaux ne pouvait se faire qu’à la suite d’une amélioration de la situation sécuritaire dans la zone du projet afin de ne pas exposer les intervenants sur le chantier. Dans le cadre de la reprise des travaux, il a été retenu le principe de réalisation en chaînette (section après section) et d’adapter les moyens humains et matériels à cette stratégie afin de permettre une sécurisation optimisée et de réduire, quasiment, à néant toute future réclamation de l’entreprise liée à l’immobilisation des équipements. L’entreprise Sogea Satom, chargée des travaux, a entrepris des démarches pour sortir les équipements restants et les installations en vue de leur transfert de Niafunké vers Goma-coura. A cet effet, une mission du ministère des Infrastructures et de l’Equipement a séjourné sur le terrain, le 3 octobre 2019. Au cours de cette missiom, les populations de Niafunké ont été informées des nouvelles dispositions de reprise des travaux à partir de Goma-coura. A la date d’aujourd’hui, le premier convoi de transfert des équipements de Sogea Satom qui a quitté Niafunké est arrivé à Ségou. En ce qui concerne le dispositif sécuritaire, après plusieurs séances de travail avec l’état-major général des Armées, un dimensionnement des troupes à mettre en place a été établi sur la base de quatre compagnies dont deux étaient déjà sur place à Goma-coura. Des dispositions sont en cours en vue de la mobilisation des deux compagnies complémentaires. La stratégie initiée jusqu’à ce jour est de faire en sorte que le personnel d’encadrement de l’entreprise Sogea Satom soit uniquement des Africains. A la date d’aujourd’hui, les travaux de la route Goma-coura/Tombouctou, démarrés en 2010, sont réalisés à 50%. Ces travaux ont été, fréquemment,  suspendus à cause de la dégradation de la situation sécuritaire, toute chose ayant engendré des couts supplémentaires exorbitants. MD (AMAP)

Moussa Boubacar Bah : « L’universalité du message de l’islam s’oppose à la stigmatisation d’une langue donnée»

Propos recueillis par Issa Dembélé Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale, chargé de la Promotion et de l’Intégration de l’Enseignement bilingue bat en brèche des arguments des obscurantistes qui ferment les écoles au nom de la religion musulmane. Il revient sur les efforts de son département en vue de renforcer les medersas dans leurs missions éducatives et de prendre en charge les écoles coraniques dans le cadre d’un enseignement bilingue franco–arabe. L’Essor : Les terroristes prétendent qu’ils agissent au nom de l’islam et s’en prennent aux écoles en disant qu’ils combattent l’enseignement en français. Que disent les textes coraniques en matière d’enseignement ? Moussa Boubacar Bah : L’islam est, avant tout, une religion de savoir. La recherche du savoir a été la première instruction donnée par Allah, Exalté soit-Il, au Prophète de l’islam, Béni soit-Il, dans le premier verset du livre sacré de l’islam, le Saint Coran. Aucune langue spécifique n’a été imposée aux êtres humains pour mener ce combat contre l’ignorance, toute langue ayant été créée par l’Eternel peut servir de vecteur de quête et de transmission de la connaissance. L’universalité du message de l’islam, structurée autour des cinq finalités, la préservation de la foi, la préservation de la vie, la préservation de la dignité, de la raison et du patrimoine requiert le recours aux différentes langues utilisées par les diverses nations du monde. L’universalité du message de l’islam s’oppose donc à la stigmatisation d’une langue donnée. De nos jours, un bon nombre de pays musulmans utilisent le français, à travers le monde, à des degrés différents, dans le processus d’enseignement et d’apprentissage.  A l’instar de ces pays, le Mali, conscient de sa réalité et attaché à ses valeurs, a décidé d’utiliser plusieurs langues dans son combat contre l’ignorance et l’obscurantisme, notamment le français, l’arabe, l’anglais et les langues nationales. Sans être un leader religieux, j’ai du mal à comprendre comment on peut s’en prendre à l’enseignement des valeurs dans une langue donnée au nom de l’islam qui est une religion de savoir et qui se veut universelle.   L’Essor : Il y a comme deux systèmes d’éducation dans notre pays. Le système d’inspiration française et les medersas qui sont d’inspiration arabo-musulmane. Votre département peut contribuer à trouver une solution à cette dichotomie par la promotion d’un système intégré. Quelle est la stratégie pour y parvenir ?   Moussa Boubacar Bah : Pour nous, il n’y a qu’un seul système éducatif  au Mali consacré par la Loi d’orientation sur l’éducation avec une seule finalité : «former un citoyen patriote et bâtisseur d’une société démocratique, un acteur du développement profondément ancré dans sa culture et ouvert à la civilisation universelle, maîtrisant les savoir-faire populaires et apte à intégrer les connaissances et compétences liées aux progrès scientifiques, techniques et à la technologie moderne ». Peuvent donc concourir à la réalisation de cette finalité, plusieurs types d’enseignement, plusieurs langues d’apprentissages et d’enseignement et plusieurs programmes. Il est vrai que l’enseignement public est laïc et fondamentalement dispensé en français. Il est aussi vrai que l’enseignement dans les medersas et les écoles coraniques est en arabe avec une place de choix à la religion musulmane, mais le mixage entre ces types d’enseignement a commencé au Mali depuis 1985 avec le rattachement des medersas au système éducatif malien, bien que la réforme de 1962 ait déjà posé les jalons en créant quelques écoles franco–arabes à travers le pays. Cependant, les médersas sont, en l’état, des établissements privés d’enseignement où le medium principal d’enseignement et d’apprentissage est l’arabe, le français y est enseigné obligatoirement, mais comme discipline donc comme une seule matière. Ils sont statutairement reconnus comme établissements d’enseignement. Quant aux écoles coraniques, elles constituent des structures éducatives de fait. Elles échappent aux contrôles pédagogiques et techniques de l’État puisqu’elles ne sont pas rattachées au ministère en charge de l’Éduction. Par conséquent, elles ne sont pas considérées, du point de vue juridique, comme des établissements d’enseignement.  De nos jours, elles ne bénéficient pas de l’enseignement des matières académiques ou additionnelles (modernes), notamment le français. C’est dans ce contexte que les plus hautes autorités du Mali ont décidé de créer le Secrétariat d’État en vue de renforcer davantage les medersas dans leurs missions éducatives et de prendre en charge les écoles coraniques, dans le cadre d’un enseignement bilingue franco–arabe. Cet enseignement bilingue va concilier les besoins fondamentaux des communautés en matière d’éducation avec la finalité du système éducatif national. La stratégie consistera à échanger avec les communautés partout où elles sont, à travers les fora locaux, régionaux et nationaux, afin de recenser leurs préoccupations. Et à les sensibiliser sur les avantages de l’enseignement bilingue, en termes de renforcement de l’enseignement arabo-islamique, de la promotion de l’emploi, de la consolidation de la paix, de la participation active au développement du pays. Cependant, concrètement pour les medersas, il s’agira d’accompagner le développement de leur curriculum, en cours d’exécution au sein du Projet d’appui à l’éducation bilingue de base, de soutenir la formation des formateurs, la formation des enseignants et de mobiliser les partenaires techniques et financiers, à l’intérieur et à l’extérieur du Mali, autour du financement de l’enseignement bilingue. Quant aux écoles coraniques au Mali, qu’elles soient traditionnelles ou modernes, il faut d’abord les rattacher au système éducatif malien, tel que demandé par le forum national sur les écoles et centres coraniques et les associations des maitres coraniques. Ce rattachement permettra à l’État de contrôler la création, la gestion, les approches pédagogiques et la certification des apprentissages qui sont, jusque-là, laissées à l’appréciation de l’école ou du maître coranique, selon les cas. Il faudra, ensuite, adapter les programmes des écoles coraniques au système éducatif national. Cette adaptation se fera à travers le développement d’un curriculum harmonisé préservant l’essence de ces écoles, à savoir « apprentissage du Coran et sciences connexes » et s’ouvrant sur des contenus additionnels, conformément à la finalité du système éducatif malien reflétée dans la Loi d’orientation sur l’éducation.   L’Essor : Quelles sont les actions déjà entreprises dans le cadre de la promotion et l’intégration de l’enseignement bilingue ?