Transport : Les souvenirs de Bocar, chauffeur de taxi depuis les années 80
Par Ahmadou Cissé Bamako, 05 mars (AMAP) La Mercedes 190 s’immobilise, essoufflée par un (trop) long parcours. L’âge, même chez les moteurs, ne pardonne pas ! Sa première mise en circulation date de 1990. Donc 30 ans ! Une respectable dame. Elle est cabossée de toute part. Les séquelles de plusieurs accidents ont fini de la dénaturer. La couleur jaune tend vers le nacré. Un coup de chiffon lui ferait certainement le plus grand bien. Le chauffeur en sort, l’air pressé mais visiblement fatigué. Il a dû se réveiller depuis le premier chant du coq pour ne pas rater les premiers clients lève-tôt. A 64 ans, Bocar garde encore le sourire. Fataliste de l’extrême, sa vie est gouvernée par le destin. Derrière le volant de son taxi, il parcourt jour et nuit artères, rues et ruelles de la capitale. Ce jour-là, après avoir conduit une cliente jusqu’à Kati voisine, il fait un arrêt obligatoire chez le garagiste. Le plissement de son nez de fouine ajoute, d’un coup, douze rides à son front déjà bien pourvu. Il fit inspecter son taxi par le toubib des tacots. Celui-ci diagnostique une anomalie dans l’alimentation du moteur en carburant et préconise d’autres entretiens d’urgence. Sans quoi, le véhicule risque de rendre, définitivement, l’âme dans les jours qui suivent. Bocar n’a guère le choix que d’interroger son porte-monnaie et dépenser ses maigres recettes de la veille pour mettre son taxi en état de (re) marcher. Le mécanicien se mit au travail… Pendant ce temps, le vieux taximan plonge dans ses souvenirs. D’un commerce facile, il fit remarquer à un jeune apprenti du mécanicien qu’il est plus âgé que son père. Peut-être même le grand père du garçon. Natif de Bénougou, dans le Cercle de Kati, il est chauffeur de taxi depuis 1982 à Bamako. Ville qu’il n’a jamais quittée depuis les années 70 quand sévissait la famine dans le Sahel. Les cheveux blancs, dos légèrement courbé sous le poids de son travail de chauffeur de taxi, il n’a connu que ce métier qu’il adore par-dessus le marché. « Adorer, c’est trop dire », corrige le vieux taximan qui précise qu’il n’a pas « trouvé mieux pour entretenir sa famille déjà nombreuse. « C’est le fait de Dieu », se console-t-il, toujours fataliste. LES FRANÇAISES –« Dans les années 80, nous n’étions pas nombreux à pratiquer ce métier. De toutes les façons, il n’y avait pas assez de véhicules à Bamako », se remémore Bocar. Lui-même n’a été chauffeur de taxi attitré qu’en 1982. En cette belle époque, les taxis sont centralisés à la Place du Souvenir, communément appelée par les Bamakois « Location place ». Les Mercedes 190 et 200 qui font l’essentiel des « jaunes » aujourd’hui n’étaient pas encore fabriquées. C’étaient les Renault : R9, R12, R4… Que des françaises !« Nous étions payés en francs maliens. Deux ans plus tard, le Mali bascule dans le CFA » dit-il, nostalgique. Le taxi est entre les mains du mécanicien. Celui-ci est entouré de ses apprentis. Les cliquetis du moteur ne rassurent pas Bocar. Pour lui, cette résonnance du moteur montre que les parois de la chambre de combustion où logent les pistons sont dans un sale état. Le mécanicien, lui, reste imperturbable et continue tranquillement à désosser le tacot de notre vieux taximan auquel il faut, pourtant, donner une nouvelle jeunesse. Bocar enseigne que le métier de « taximan » était noble. Le taxi nourrissait son homme. Les chauffeurs étaient sérieux et bien organisés. Entre les lignes, il fallait lire que ceux d’aujourd’hui ne répondent plus aux critères d’antan. Très indisciplinés dans la circulation routière, ils sont à l’origine de plusieurs accidents, entrainant mort d’homme. La nuit, ils ont la sale réputation de se faire complices ou auteurs de vol et de braquages. Les chauffeurs de taxi cèdent leurs engins aux plus jeunes qui roulent jusqu’à l’aube. Chacun y trouve son compte. Bocar est contre cette tricherie. « Ce n’est pas normal », dit-il. Le véhicule, selon lui, doit avoir un temps de repos. La cité était bien organisée en 1982. Bamako était repartie en zones pour les taxis. Les tarifs sont connus de tous. Pour aller dans la zone 1, il faut débourser 700 Fcfa. Cette zone renferme le centre-ville (Bagadadji, Bamako Coura, Dravela, Tominkorobougou, Hamdallaye).Quand on veut joindre la zone 2, il faut débourser 1400 Fcfa. Il s’agit des anciens quartiers de Lafiabougou, Quartier Mali, Bankoni, Korofina, Bakarybougou, Sans fil et Zone industrielle. La zone 3, à 2100 Fcfa, couvre Faladje, Niamakoro, Djelibougou et Boulkassoumbougou.Pour aller à Kati où à l’aéroport, le client saigne de 3500 Fcfa. »A cette époque, nous versons une moyenne de 5000 au propriétaire du taxi contre 10000 Fcfa aujourd’hui « . Né d’un père cultivateur et d’une mère ménagère, Bocar Koné promet de finir ses jours dans ce métier dont est fier. Après les réparations, le mécanicien rallume le taxi, après plusieurs tentatives infructueuses. Le moteur est agonisant. La carrosserie ne paye pas de mine. Mais Bocar ne peut se donner le luxe de changer le moteur de son taxi. Il lui faut près du demi-million. Les 15.000 Fcfa de frais de réparation lui donnent déjà du fil à retordre. Alors, un nouveau moteur ? Trois grosses gouttes de sueur coulent sur son front. En fouillant dans ses poches, il rassemble en menues monnaies le montant. Soulagé, il embarque, avant de se fondre dans le magma de voitures qui étouffe la capitale. AC/MD (AMAP)
Finale du Tournoi UFOA Dames: Le Mali joue contre le Sénégal, samedi
Bamako, 5 mars (AMAP) La sélection nationale féminine de football du Mali joue contre le Sénégal samedi à Freetown en Sierra Leone,pour le compte de la finale de la 1ère Édition du Tournoi UFOA Zone A Féminin, suite à sa victoire contre le Cap Vert (4-0), a constaté l’AMAP. Les buts des maliennes ont été marqués par Agueissa Diarra aux 32è et 42è minutes et Zeynabou Sidibé aux 55è et 88è minutes de jeu. «Je félicite les joueuses, je suis content pour elles et pour l’ensemble du peuple malien. Mais le travail n’est pas fini, nous devons jouer contre le Sénégal, un match capital qu’il faut absolument remporter pour être sacré championne», a déclaré le technicien malien, Mohamed Saloum «Houssei». «Comme mes coéquipières, je suis très contente de la victoire. Le début de la rencontre a été difficile. Nous avons pu résister aux assauts des Cap-Verdiennes pour ensuite marquer les premières. Nous nous sommes battues et nous avons gagné au finish», a déclaré la défenseure Fatou Dembélé. En rappel, pour se qualifier à l’épreuve de la finale, le Sénégal a tenu en échec le Libéria par le score de 3 -0. DB/KM (AMAP)
Bientôt une stratégie nationale de police de proximité
Bamako, 05 mars (AMAP) Un atelier de deux jours, destiné à définir une Stratégie nationale de police de proximité, auquel participent 66 acteurs concernés, notamment des magistrats de la Cour suprême et du siège, des juges d’instruction, des greffiers, des avocats, des huissiers, des notaires et des commissaires de justice, a débuté, mercredi, à Bamako. Cette rencontre est organisée par le Commissariat à la réforme du secteur de la Sécurité (C-RSS), avec l’appui de l’Institut des États-Unis pour la paix (USIP), en collaboration avec l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH). Le Commissaire à la réforme du secteur de la sécurité, le général M’Bemba Moussa Keita, a indiqué, dans son discours d’ouverture, qu’à l’instar des autres pays de la sous-région et du monde, le Mali subit les affres du terrorisme, des actes de grand banditisme et de criminalité transfrontalière organisée. « Ces phénomènes et d’autres formes d’activités illégales, a poursuivi le général M’Bemba Moussa Keita, constituent des obstacles de taille à la stabilité nationale et régionale, à la sécurité et à la croissance économique ». Toute chose, selon lui, qui justifie l’importance de la création et l’opérationnalisation de la police de proximité qui devrait contribuer à limiter les risques d’endommagement physique et social des communautés, sur le long terme, et, ainsi, d’éviter l’effondrement total des villes et autres localités. Dans le contexte malien, a-t-il affirmé, la police de proximité s’articule autour d’une mission, confiée à la police et aux autres forces en charge de la sécurité, destinée principalement à contrer la criminalité transfrontalière, le trafic d’êtres humains, la cybercriminalité, la radicalisation et le terrorisme. « Il s’agit, aussi, d’apaiser les relations entre la population et la police, de créer un climat de confiance mutuelle dans un environnement sécurisé », a conclue le général Keita. Pour sa part, le directeur général adjoint de l’Institut national de formation judicaire (INFJ), Aliou Badra Coulibaly, représentant le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, a souligné qu’il s’agira, au cours de la rencontre, de mettre en place une stratégie nationale de police de proximité qui participera à asseoir une vision commune et partagée par l’ensemble des acteurs étatiques et non étatiques de la sécurité. « Cela, a ajouté Aliou Badra Coulibaly, en vue de capitaliser davantage les solutions embryonnaires et d’en déceler les lacunes pour y apporter les solutions les mieux appropriées ». Le directeur général adjoint de l’INFJ, a rappelé qu’en ce qui concerne, spécifiquement, le secteur de la justice, une loi d’orientation et de programmation a été adoptée en décembre dernier. « Cette loi permettra, a-t-il expliqué, de 2020 à 2024 de doter la justice de moyens pour répondre aux attentes de nos concitoyens ». L’ambassadeur des États-Unis au Mali, Dennis B. Hankins, a insisté sur l’importance de la justice et de la sécurité dans le rétablissement du contrat social entre la classe politique et la population. Et le diplomate américain d’espérer que pendant cet atelier les participants trouveront les meilleures approches pour rassurer les populations que les forces de sécurité sont mieux en termes de qualité que les autres groupes armés (terroristes, criminels et milices) qui circulent au Mali. Pour le gouvernement, a exhorté Dennis B. Hankins, il faut que les juges et les magistrats donnent une justice qui soit égale pour tout le monde. « Il faut créer ces lignes de communication avec les populations qui seront des forces multiplicatrices d’efficacité des efforts du gouvernement », a insisté Dennis B. Hankins. AT/MD (AMAP)
Sous-produits d’abattage : Un business rentable
Reportage : Marian F. DIABATE Bamako, 05 mars (AMAP) Sur un grand espace longeant la Route nationale (RN7), à quelques kilomètres du grand virage de Sirakoro Méguetana, Moussa Sow, 35 ans, semble s’accommoder parfaitement de l’odeur infecte des restes d’abattage et des essaims de mouches qui pullulent. Après tout, c’est son lieu de travail. Ici, des queues de vaches suspendues à des structures en bois surplombent des monticules de cornes qui jonchent le sol. Sa journée de travail commence par un geste simple : dévoiler les «collines de cornes» recouvertes de bâches. Si le décor est fait d’une hygiène répugnante, à cause de l’odeur nauséabonde et les nuées de mouches, l’activité, elle, d’un point de vue «économique» est assez rentable. Ce n’est certainement pas Sow qui soutiendra le contraire. Depuis deux décennies, il exploite les cornes, poils de queues, mâchoires… Un business qui lui permet de relever le défi du chômage. « C’est dans le commerce de cornes que je suis connu. Il n’y a pas de sot métier», affirme-t-il, occupé à vérifier l’état d’un amas de cornes se distinguant des autres par sa couleur blanche. Le commerce de sous-produits d’abattage pour ce trentenaire est une activité à laquelle il était prédestiné, lui qui est fils de boucher. «Un beau jour, nous raconte-t-il, sur son lieu de travail, un ami qui m’a emmené des étrangers qui avaient besoin de cornes en quantité ». « Je suis fils de boucher, c’est la seule raison pour laquelle, on m’avait présenté ces Blancs», ironise-t-il. Mais à l’époque, notre interlocuteur n’avait aucune idée de ce qu’on pouvait gagner dans le commerce de cornes. C’était il y a 20 ans. «Je suis allé à l’abattoir de Sabalibougou-Courani. A l’époque, les cornes ne se vendaient pas, mais, dès que j’ai parlé de mon projet, ils m’ont vendu un tas à 50.000 Fcfa. Sa revente m’a rapporté un gros bénéfice. C’est après cela que, j’ai pris goût à l’activité», nous explique-t-il. Depuis ce jour, Moussa, natif de Mopti s’approvisionne en cornes à l’abattoir de Sabalibougou où il achète les deux types de cornes : les fraîches qui datent de peu de temps et les pourries. «On me cède la paire de cornes fraîches à 175 Fcfa», confie-t-il, ajoutant qu’il revend la même paire à 400 Fcfa, alors que celle en décomposition est cédée entre 200 et 250 Fcfa. Aux grossistes, il écoule le chargement de moto tricycle à 20.000 Fcfa, alors qu’un chargement de minibus-sotrama coûte 75.000 Fcfa. Si Sow est un fin connaisseur des cornes fraîches, il n’en sait pas autant sur les «décomposées» auxquelles il s’est intéressé, il y a seulement trois ans. Il affirme être un peu novice en ce qui concerne les «décomposées». «Je ne les achète pas au même prix que les cornes fraîches. Je préfère, d’ailleurs, les acheter à l’état frais. J’assure la décomposition, en les arrosant, matin et soir, pendant 15 jours durant la saison sèche, mais, pendant l’hivernage, deux pluies suffisent pour les décomposer», explique-t-il Qui sont les clients et à quoi servent ces produits, dont peu de personnes connaissent l’importance ? Pour Moussa, ce sont des Maliens. «Ils s’en servent comme engrais dans les champs et les vergers. Mes clients soutiennent que les cornes procurent un goût spécial aux fruits. En marge du commerce des cornes, notre trentenaire s’intéresse également au business des testicules de bœufs qu’il appelle «kôti-kôti» (animelles ou rognon blanc), aux queues de bœufs et d’autres abats, qu’il achète à l’abattoir de Sabalibougou-Courani. Pour le «kôti-kôti», l’unité coûte 150 Fcfa. Cet abat est prisé, selon lui, par les restaurants togolais, béninois, nigérians, camerounais et même maliens. Sow leur cède l’unité entre 200 et 350 Fcfa. «J’achète, également, la queue de bœuf à 600 Fcfa. J’enlève la viande et fais sécher les poils que je revendrai entre 125 et 200 Fcfa le kilo», nous explique-t-il. Ajoutant que la queue est utilisée comme un instrument traditionnel de nettoyage dans les boutiques. Quant aux autres os comme les mâchoires, le contenu des cornes et bien d’autres, le commerçant de sous-produits d’abattage affirme qu’il les brûle avant de les vendre. «Réduits en poudre, ils servent d’ingrédients pour la fabrication d’aliment bétail et de craie», indique-t-il. Il vend le sac de 100 kg à 1000 Fcfa. Pour Moussa Sow, l’un des défis de ce métier est le manque de fonds surtout au démarrage de l’activité. «J’ai souffert le martyr à cause des difficultés liées au processus de décomposition des cornes. Cela nécessite qu’on achète des équipements, des produits qui sont chers. Il vaut mieux y être préparé avant de se lancer», conseille-t-il. Moussa Sow nous confie qu’il vit de ce métier. «C’est grâce à cela que je me suis marié, que je nourris ma famille. Et j’ai pu acheter une terrain et construire ma propre maison», témoigne-t-il, en rendant gloire à Dieu. Dans l’avenir, notre interlocuteur ambitionne de créer son entreprise. Il souhaite embaucher les jeunes sans emploi, afin de relever le défi du chômage au Mali. Pour Moussa Fané, un de ses employés, ce métier est sa seule passion. Il est infatigable. C’est la motivation de son patron qui l’a incité à faire ce travail. MFD/MD (AMAP)
La manifestation des partisans de l’imam Mahmoud Dicko, annoncée pour le vendredi prochain, n’aura pas lieu
Compte rendu de Issa Dembélé Bamako, 5 mars (AMAP) La manifestation des partisans de l’imam Mahmoud Dicko, annoncée pour le vendredi prochain, n’aura pas lieu. Le leader religieux a décidé d’y surseoir après avoir reçu, mercredi, un émissaire du chérif de Nioro, Bouyé Haïdara. «Je ne peux rien refuser au chérif dont la demande est un ordre et toute personne qui se dit être son partisan doit suivre sa volonté», a confié en langue nationale bambara Mahmoud Dicko, tout en tenant à préciser qu’il n’a reçu «aucune pression politique» pour prendre cette décision. Une autre source indique que c’est le ministre Tiébilé Dramé, très proche du chérif de Nioro, qui a joué le facilitateur pour le dénouement heureux de cette affaire. Le porte-parole de l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali a précisé, dans une adresse à la presse, que l’annulation de la manifestation du vendredi s’explique par la crainte des troubles qu’elle pourrait engendrer. «Toute chose qui, selon Mahmoud Dicko, n’est pas l’objectif recherché», a souligné Issa Kaou Djim qui a soutenu par ailleurs que les propos tenus samedi dernier par son leader et pour lesquels il avait été convoqué par la justice sont «sortis de leur contexte pour faire croire que nous allons taper, le vendredi, sur le pays». L’audition du parrain de la CMAS (Coordination des mouvements, associations et sympathisants) par le procureur du tribunal de la Commune V est-elle définitivement annulée ? Difficile d’y répondre. Hier, le magistrat nous a reçu dans son bureau mais sans faire de déclaration. Il a tout simplement indiqué qu’un communiqué en rapport avec cette affaire était en cours de rédaction. Nous avons tout de même constaté que le tribunal avait retrouvé son ambiance habituelle. Les travailleurs tout comme les usagers vaquaient normalement à leurs occupations. Les propos tenus par l’imam Dicko lors de son meeting du samedi ont motivé une déclaration des présidents des institutions de la République. Dans un communiqué dont nous avons reçu copie, ceux-ci dénoncent la «diffusion sur les médias et les réseaux sociaux des propos insurrectionnels, subversifs et séditieux tenus par l’imam Mahmoud Dicko et la coordination se réclamant de ses idéaux contre les autorités légitimement établies par le peuple malien». Aussi, les présidents des institutions de la République condamnent ces agissements et engagent le gouvernement à mettre « fin à l’impunité par une application rigoureuse des dispositions pénales, pour la préservation de l’ordre public et de l’état de droit». Bon nombre de nos compatriotes ont poussé un ouf de soulagement en apprenant l’annulation de ce projet de manifestation qui était de nature à ajouter la crise à la crise. ID (AMAP)
Macina échange sur les préparatifs des élections législatives
Macina, 5 mars (AMAP) Le préfet de Cercle, Karimou Coulibaly a présidé mercredi à Macina, la réunion du 2ème Cadre local de concertation sur les préparatifs des élections législatives prévues pour le 29 mars prochain, a constaté l’AMAP. La rencontre a regroupé outre le préfet, les Sous- Préfets de Cercle, les maires, les présidents des partis politiques, les mandataires des candidats, les représentants des jeunes, des femmes, et de la Société civile. Le chef de l’exécutif local s’est beaucoup appesantit sur la situation sécuritaire en invitant les acteurs à être vigilants pour un vote utile, transparent et crédible dans tout le Cercle. Karimou Coulibal a fait le point de la situation des cartes d’électeurs biométriques qui sont disponibles avant d’inviter les partis politiques à participer activement au niveau des Commissions de distribution à partir du 7 mars 2020, un acte administratif incontournable pour pouvoir voter. Le Cercle de Macina qui compte 110.799 électeurs dont 55444 masculins et 55.355 féminins pour 360 bureaux, a enregistré 24 candidats en lice (6 partis politiques, 5 groupements de partis politiques et d’une candidature indépendante) pour 2 sièges à pourvoir. AOK/KM (AMAP)
Mopti : Rencontre du comité régional du cadre politique de gestion de la crise du centre
Mopti, 4 mars (AMAP) Le Conseiller aux affaires administratives et juridiques du Gouverneur de région, Lassana Sékou Camara a présidé mardi à Mopti, l’ouverture des travaux du comité régional du cadre politique de gestion de la crise du centre, a constaté l’AMAP. Il s’agissait d’échanger et de convenir des modalités pratiques de fonctionnement du comité régional, d’identifier et de planifier les actions pouvant être menées par le comité politique régional et de convenir sur les orientations à prendre face aux défis actuels. Par ailleurs, une autre rencontre est prévue jeudi avec les préfets des cercles sur le fonctionnement des cadres locaux et de la liste des leaders communautaires à intégrer dans ces cadres par cercle. Ces rencontres sont organisées avec l’appui technique et financier du centre pour le Dialogue Humanitaire (HD) dans le cadre d’un partenariat avec le secrétariat permanent du cadre politique de gestion de la crise du centre et le Gouvernorat de Mopti. Le centre HD entend mettre son expertise de médiation et de dialogue à la disposition des cadres au niveau régional et local pour les soutenir techniquement dans la conduite de leur mission. KM (AMAP)
Tribunal de la Commune V : L’audition de l’imam Dicko reportée
Compte rendu de Dieudonné Diama Bamako, 4 mars (AMAP) Des éléments des forces de l’ordre massivement mobilisés, des partisans de l’imam Mahmoud Dicko scandant des messages de soutien à leur champion, de simples justiciables cherchant à se frayer un chemin pour éviter d’être pris dans les débordements…, telle était l’ambiance qui régnait, hier à la mi-journée, au Tribunal de grande instance de la Commune V où l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali était convoqué pour être entendu par le procureur de la République, Ladji Sara, pour «affaire le concernant». L’audition a été finalement reportée. Les partisans du parrain de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS) se sont rapidement massés devant le tribunal parce que la nouvelle de la convocation de leur leader s’est propagée dans la capitale comme une traînée de poudre à travers les réseaux sociaux. La grosse mobilisation des partisans du leader religieux a amené le magistrat à reporter l’audition. Après la dispersion de la foule, nous avons rencontré le procureur Ladji Sara à son bureau. Visiblement serein et confiant, le magistrat a confirmé que Mahmoud Dicko avait été convoqué par ses soins pour être entendu. Il a tenu à préciser que pour des raisons pratiques, l’audition a été différée à ce mercredi aux environs de midi. Le procureur de la République a expliqué que ce report est dû au fait que la justice ne s’accommode pas du tumulte. Il est vrai que la sérénité ne régnait pas hier devant le Tribunal de la Commune V, du fait de la mobilisation des soutiens du leader religieux. Même si l’audition n’a pu avoir lieu, les partisans de l’imam Mahmoud Dicko ont continué à se mobiliser. Après avoir quitté le tribunal, ils se sont retrouvés à la mosquée de Badalabougou où officie l’imam Dicko. Ensuite, la foule s’est transportée au Palais de la culture pour improviser un meeting. Devant la presse, le porte-parole de l’imam Dicko, Issa Kaou Djim, a confié que cette convocation faisait suite au récent discours de son leader lors d’un meeting tenu samedi dernier au Palais de la culture. Issa Kaou Djim a rappelé que Mahmoud Dicko a dénoncé au cours de cette rencontre «la corruption, l’affaire des avions cloués au sol, celle des blindés en carton, la mauvaise gouvernance». Le leader religieux a aussi appelé le peuple malien à «se soulever contre l’injustice et la mauvaise gouvernance», le vendredi prochain. Le porte-parole s’est dit convaincu que c’est la raison pour laquelle l’imam Dicko a été convoqué par la justice. Issa Kaou Djim a tenu à préciser que le meeting du vendredi est maintenu. DD (AMAP)
Préparatifs des législatives : Début, samedi, du retrait des cartes d’électeurs à Bamako (Officiel)
Bamako, 04 mars (AMAP) La distribution des cartes d’électeurs biométriques débutera, samedi prochain, dans toutes les communes de Bamako, a annoncé, mardi, le gouverneur de la ville, Babahamane Maïga, lors d’un atelier d’échanges, d’information et de sensibilisation des acteurs du processus électoral de la capitale. « Une commission et des sous commissions de remise, composées des représentants de l’Administration et des partis politiques, ont été créées, à cet effet », a ajouté le gouverneur au cours de cette session, dans le cadre d’une série de rencontres du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah, destinées à faire le point des préparatifs des législatives. Ces discussions ont permis au ministre de connaitre les préoccupations des différentes localités qui tournent, essentiellement autour du problème sécuritaire. Lors de celle de Bamako, en présence des représentants des partis politiques, de la société et des légitimités traditionnelles, au gouvernorat du District, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a répondu aux inquiétudes soulevées. « Dimanche dernier, à l’invitation de mon collègue de la Sécurité, nous avons réuni tous les gouverneurs pour faire le point sur les diverses mesures prises sur l’ensemble du territoire national afin que cette élection des députés à l’Assemblée nationale se déroule dans les meilleures conditions possibles. » a-t-il assuré. Selon le chef du département en charge de l’Administration territoriale, chaque gouverneur a élaboré un cadre d’ordres qui a été examiné par la Commission nationale de sécurité. « En principe, a-t-il poursuivi, tous les derniers détails devaient être réglés ce mardi afin que la Commission nationale de sécurité puisse affiner ces cadres d’ordres et donner les instructions nécessaires aux forces de l’ordre pour que des citoyens puissent accomplir leur devoir civique ». Par ailleurs, Boubacar Alpha Bah a déploré la faible participation des Bamakois aux élections par le passé. Selon lui, les dernières municipales indiquent que seulement 22 à 23% des électeurs se présentent régulièrement aux urnes. « Il est de la responsabilité de la classe politique, de la société civile et de l’ensemble des citoyens de faire en sorte que ce taux soit amélioré cette fois-ci », a souligné M. Bah. Le ministre s’est également prononcé sur le cas des circonscriptions électorales qui n’ont pas été opérationnalisées, notamment certains cercles de Taoudéni et de Ménaka. A ce sujet, il a indiqué que des dispositions sont en train d’être prises pour que leur opérationnalisation commence et que d’ici la fin de l’année, après relecture de la loi électorale, des élections partielles puissent se dérouler dans ces localités. Au cours de la rencontre, les participants ont évoqué des préoccupations, essentiellement liées à la désignation des assesseurs dans chaque bureau de vote par la majorité et l’opposition, quand on sait que les deux bords ont scellé des alliances dans certaines localités. En réponse, le ministre Bah a fait savoir que c’est une question d’intelligence politique. Avant d’ajouter que le gouvernement va, de toute façon, désigner ses deux assesseurs qui seront complétés à quatre par ceux de la majorité et de l’opposition, dans chaque bureau de vote, pour que les élections se passent dans les meilleures conditions de transparence. Répondant à une question liée au retrait des cartes d’électeurs, Boubacar Alpha Bah a assuré que celles non enlevées seront dans les bureaux de vote le jour de l’élection. « Mais seulement, cette fois-ci, ce sont de nouvelles cartes. Donc, il faut venir avec une pièce d’identité pour pouvoir récupérer sa carte », a-t-il précisé. Ce sont 1 265 484 électeurs repartis entre 2 598 bureaux de vote, qui sont appelés à élire quatorze députés à Bamako pour les six circonscriptions électorales. Quelques 156 listes de candidature sur 159 ont été validées par la Cour constitutionnelle. BD/MD (AMAP)
La CEDEAO à la recherche d’une énergie durable et abordable pour la Région
Bamako 04 mars (AMAP) Les ministres en charge de l’Energie et des Finances de six Etats membres de la Communauté économique des Etat de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont tenu, mardi, à Bamako, une réunion sur la sécurisation des échanges transfrontaliers d’énergie électrique dans le cadre du marché régional de l’électricité avec pour l’objectif principal d’échanger sur les nouveaux outils proposés et adoptés par les ministres sectoriels. «Ces instruments visent à assurer la solvabilité financière des sociétés d’électricité importatrices et exportatrices et à améliorer les échanges transfrontaliers avec pour effet de réduire les prix des tarifs. Les ministres des Finances devront tout particulièrement nous apporter l’éclairage nécessaire pour l’opérationnalisation de ces instruments dans les meilleurs délais», a expliqué le commissaire chargé de l’Energie et des Mines de la CEDEAO, Sediko Douka. Il a ajouté que l’organisation régionaleattend beaucoup de ces assises afin de renforcer le marché régional de l’énergie en Afrique de l’Ouest et faciliter l’accès des populations à une énergie durable, disponible et bon prix. Le commissaire chargé de l’Energie et des Mines de laCEDEAOa, ensuite, rappelé que l’un des handicaps majeurs au développement socio-économique dans l’espace commun aux 15 Etats, demeure l’insuffisance de l’offre d’électricité et le faible accès à cette ressource vitale. Malgré l’énorme potentiel énergétique de la région, le taux régional d’accès à l’électricité est de seulement 45% et des tarifs élevés. PRIORITÉS DE LA RÉGION – Les échanges transfrontaliers d’énergie électrique ne représentent que 8%.« Or, a souligné M. Douka, aucun développement économique durable ne peut se faire sans une énergie abondante, disponible, durable et abordable ». La Commission de la CEDEAO, en vue d’apporter une réponse durable à ce défi, a très tôt placé l’accès à l’énergie et la réduction du prix du kwh au rang des priorités de la Région. Dans cette optique, l’organisation régionale a axé sa stratégie sur la création d’un marché de l’électricité ouvert et compétitif, le développement des interconnexions et des échanges d’énergie électrique entre les États membres, la valorisation du gaz naturel pour accroitre l’offre de production d’électricité et la promotion des énergies renouvelables. Concernant le commerce de l’énergie au sein de la Région, le commissaire Energie et Mines a indiqué quedes actions concrètes ont été entreprises. Au rang desquelles, le lancement, en juin 2018, du marché régional de l’électricité et l’adoption, la même année, des textes communautaires notamment la Directive sur la sécurisation des échanges transfrontaliers d’énergie électrique du marché régional de l’électricité. Il a, aussi, souligné que la mise en œuvre de cette Directive est plus que nécessaire dans cette phase ultime de préparation du marché régional de l’électricité. Il a espéré ensuite que l’utilisation de l’aide budgétaire dans les Etats membres consacrera une part substantielle au secteur de l’énergie. Ce qui est d’ailleurs une des recommandations et souhaits exprimés par les ministres de l’Energie lors de la rencontre d’Abidjan. De son côté, la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Soukeyna Kane,s’est réjouie des améliorations notables accomplies en matière d’accès à l’énergie en Afrique de l’Ouest, avec environ 50% de la population qui a accès à l’électricité. « Cependant, a-t-elle déploré, les taux d’accès restent encore trop faibles, particulièrement, dans les pays du Sahel ». Pour Soukeyna Kane, les défis du secteur restent nombreux, avec notamment une demande en forte augmentation, de 8 à 10% annuelle, une dépendance encore forte aux combustibles fossiles, coûteux pour la production d’électricité et volatile. Elle a réitéré l’engagement de la Banque mondiale à accompagner les acteurs du secteur de l’énergie au Sahel et dans la sous-région, pour répondre aux défis du secteur et accompagner les réformes entreprises par les différents pays. APPUI BUDGÉTAIRE – Dans ce cadre, l’institution financière prévoit d’accorder un appui budgétaire régional pour six pays : le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, dans un échéancier assez court, pour supporter les reformes visant à sécuriser le commerce d’électricité inspirées de la Directive de la CEDEAO. Aussi, la Banque mondiale envisage la création d’un Fonds renouvelable de soutien aux liquidités (LERF), qui permettrait aux exportateurs d’électricité d’avoir accès à des liquidités en cas de non-respect des dispositions contractuelles des importateurs d’électricité et vice-versa. Pour sa part, le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, a indiqué que la tenue de cette réunion est un témoignage supplémentaire de l’engagement de la CEDEAO à apporter des réponses concrètes aux problèmes posés pour l’amélioration des conditions de vie de nos populations. Dr Boubou Cissé a, par ailleurs, souligné que la lutte contre la pauvreté, la quête du bien-être quotidien pour les populations et la prospérité économique des Etats ne pourraient aboutir sans que des jalons importants ne soient posés dans des secteurs cruciaux comme celui de l’énergie. Le chef du gouvernement s’est réjoui que la Cedeao ait porté le secteur de l’Energie au centre des priorités de la Communauté et compris la nécessité d’accroitre la coopération régionale dans ce secteur, à travers la mise en commun des ressources énergétiques et la commercialisation de l’électricité. Dr Boubou Cissé ajoutera qu’il compte sur l’extrême diligence des ministres pour éviter tout retard qui sera préjudiciable au processus en cours et qui pourrait mettre en péril l’accès à une électricité fiable et à moindre coût. ADS/MD (AMAP)

