Gossi : Marche contre « l’inaction des autorités » face aux enlèvements

Bamako, 13 janvier (AMAP) La population de Gossi est sortie massivement, lundi, pour marcher contre « l’inaction des autorités » face aux multiples enlèvements de personnes et de troupeaux, selon des sources locales. Les manifestants sont partis du centre-ville aux camps des Forces armées maliennes (FAMa) à 1,5 km et de Barkhane à 2 km. Sur plusieurs pancartes on pouvait lire: « Halte à l’inaction », « Nous voulons que les Famas nous protègent », « Barkhane connait ceux qui nous enlèvent » etc, indiquent les mêmes sources. Pendant que la marche se déroulait, pacifiquement, l’Imam de la Mosquée dite du maire Alhousseiny Ag Ilast a été tué par un homme qui a tiré sur lui à bout portant. Le meurtrier a été arrêté par la population qui hésite à le remettre à la gendarmerie qu’elle accuse d’inertie face à plusieurs crimes qui ont été perpétrés dans la localité et ses environs. A la fin de la marche et suite au meurtre, le marché a été fermé et la population promet de nouvelles manifestations « tant que l’Etat ne prendra pas ses responsabilités ». MD (AMAP)

Bamako : La pénurie fait exploser le prix du gaz butane

Par Ahmadou CISSE Bamako, 13 janvier (AMAP) « C’est 6.000 Fcfa. A prendre ou à laisser ». La décision du vendeur de gaz est des plus radicales. D’une taille moyenne, barbe de bouc, il range une dizaine de bombonnes vides devant sa quincaillerie, à l’entrée du marché de Dibida non loin d’une bâtisse de l’Etat en pleine rénovation. « Ok, je prends malgré le prix extrêmement cher » murmure la cliente qui ne tarda pas à attacher comme un fagot de bois la bonbonne de gaz, avant de grimper sur sa moto et se fondre dans le magma d’engins de la circulation routière. Le gaz est introuvable. Devenue une denrée rare, la bombonne chargée n’est plus livrée aux revendeurs. Aux abois, les opérateurs du gaz multiplient les contacts. Ils déclarent, urbi et orbi, qu’ils risquent de fermer boutique. Le cri de cœur ne semble pas avoir trouvé échos auprès des pouvoirs publics auxquels les opérateurs réclament un cumul d’arriérées s’élevant à près de 7 milliards de Fcfa. Conséquence de ce retard de payement, les cuves sont vides. C’est, du moins, ce que disent les opérateurs qui sont ont arrêté la distribution du gaz, depuis quelques semaines déjà. Dans les unités de remplissage des opérateurs, pas âme qui vive. En dehors des gardiens et vigiles qui veillent sur les bombonnes de gaz vides, les cuves et quelques camionnettes de livraison garées çà et là. Dans la rue, les bombonnes de gaz vides cherchent désespérément preneurs. Habituellement, la bouteille de 6 kg se change à 3.500 Fcfa. Aux 3,000 Fcfa qu’encaisse l’opérateur, il faut ajouter les 500 du livreur. « Hier seulement, j’ai eu de la peine à avoir du gaz. Heureusement, j’en ai eu mais j’ai dû payer très cher : 6,500 Fcfa ! » raconte, avec colère, une ménagère habitant le quartier résidentiel de Faladjè Séma. Elle explique s’être habituée à l’utilisation du gaz à domicile, notamment, pour préparer le petits déjeuner et, surtout, chauffer de l’eau de bain, en ces moments de fraicheur. Les opérateurs gaziers ont expédié, expressément, des correspondances aux autorités pour attirer leur attention sur l’état de leur trésorerie. En face, les arguments avancés par les pouvoirs publics, bien que fondés parce qu’imputables à la crise sécuritaire, ne font manifestement pas l’affaire des opérateurs privés. Ils veulent du « cash » pour payer les produits. Le Mali étant en guerre, l’attente risque de durer un peu plus longtemps. C’est justement cette situation préoccupante que craignent Oudiari Diawara et ses collègues qui ont animé, jeudi, une conférence de presse, pour, disent-ils, démentir la rumeur selon laquelle les opérateurs gaziers font plutôt de la rétention. « Nous ne sommes pas en grève. Pire, nous risquons de mettre la clé sous le paillasson si rien n’est fait pour payer les factures en souffrance » s’écrie le président des professionnels du gaz qui montre du doigt sa cour vide. « Constatez vous-même, les travailleurs ne sont pas à leur poste habituel. Dire que nous refusons de vendre le gaz est une aberration dans la mesure où nous sommes privés de nos ressources pour acheter et importer du gaz », indique le conférencier, dans la salle de réunion de son entreprise à Banankabougou, « Depuis octobre 2018, nous n’avons pas été payé », soutient-il. FACTURES CUMULEES –La facture est en effet salée pour un pays en pleine crise sécuritaire. Hammadoun Touré de l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale(AMADER) comprend la colère des créanciers de l’Etat. Il invite, cependant, à la retenue compte tenu de la situation du pays et, surtout, des efforts en cours pour régler la note. « Nos fournisseurs savent dans quelle situation nous sommes ici au Mali. C’est justement pourquoi, ils nous exigent de la liquidité pour donner leur gaz. Sans argent, nous sommes obligés d’ajuster nos opérations pour nous éviter le dépôt de bilan » rétorque l’opérateur. Le Mali consomme une moyenne de 6 millions de tonnes de bois chaque année. C’est trop. Nos forêts se rétrécissent comme peau de chagrin et le désert, lui, gagne du terrain. La subvention du gaz butane répond à cette préoccupation des pouvoirs publics à limiter l’utilisation du bois de chauffe et du charbon de bois. Peine perdue si le gaz venait à disparaître. La semaine dernière, à défaut de se procurer du gaz sur le marché, un grand restaurant libanais de la capitale a fait décharger une dizaine de sacs de charbon pour ses cuisines. Le prix du sac de charbon de bois oscille entre 6000 à 7500 Fcfa. Le prix du gaz butane est fixé par les structures techniques de l’Etat. En décembre 2019, le kilogramme est fixé à 1004 Fcfa. Donc, la bombonne de 6 Kgs revient à 6025 Fcfa. Le budget d’Etat supporte 2525 Fcfa pour ramener le prix d’achat à 3500 Fcfa. Le nombre de bouteilles vendues sera alors multiplié par 2525 Fcfa pour avoir la somme à verser aux sociétés de vente de gaz. Ce différentiel de prix est codifié, dans le jargon budgétaire, sous le nom de subvention. Pour les opérateurs, il s’agit tout simplement d’un différentiel de prix à payer sans délai. La difficulté réside dans la mauvaise évaluation de la consommation du gaz au Mali, selon l’analyse du conférencier. Généralement, le budget alloué au secteur est d’environ 5 milliards de Fcfa. Montant insuffisant pour solder les factures des trois premiers trimestres de chaque année. Le glissement d’arriérées de 2018 sur le budget de l’année 2019 conduit, inévitablement, à une incapacité du budget à supporter les factures cumulées. En attendant l’opérationnalisation du Fonds gaz, les ruptures sur le marché ne seront pas des évènements rares. AC/MD (AMAP)

Gao : Effervescence au marché des couvertures en période de froid

Par Abdourhamane TOURE AMAP-Gao Gao, 13 janvier (AMAP) Le marché de la ville de Gao est innondé de diverses marchandises qui proviennent des pays frontaliers (Mauritanie, Algérie, Libye et Niger). En cette période de fraicheur, ces articles, les plus très prisés sont les couvertures de 2, 4, 6 et 8 kg. Ces couvertures viennent de la Mauritanie, l’Algérie (Kouria) et de la Libye. Certains commerçants arabes, d’origine mauritanienne ou algérienne et même malienne, viennent vendre ces produits aux commerçants de Gao. Ceux-ci les revendent, à leur tour, aux clients nomades, sédentaires et même à certains commerçants de Sikasso ou de Bamako. Au Mali, le mois de janvier est considéré comme la période du froid dont le degré varie selon les zones. Actuellement, dans le Nord, il fait excessivement froid, d’où la forte demande de couvertures dans ces régions septentrionales. C’est le cas à Gao ou le correspondant régional de l’AMAP a fait le tour du marché de la ville pour en faire le constat. Albekaye Kounta est un commerçant très connu à Gao dans la vente de couvertures et d’autres marchandises. « Ça fait 50 ans que j’exerce la profession  de commerçant. Je l’ai héritée de mes parents et c’est la seule activité que je  connais », dit. Le vieux Kounta vend les couvertures, les tapis, les salons marocains, les matelas, les congélateurs…. Selon lui, à Gao, le commerce général c’est-à-dire qu’ici, un commerçant vend un peu de tout. Il estime que le prix des couvertures varie selon leurs poids. « Généralement, mes clients sont des militaires maliens mais eux n’achètent que des couvertures de 12.000 ou de 20.000 Fcfa. Ceux des Nations unies achètent les couvertures de 50.000 Fcfa mais c’est lent », confie Kounta. « En plus, notre bénéfice sur les couvertures est médiocre », ajoute le commerçant. Quant a son collègue, Albouhari Maiga, installé non loin du commissariat de police de Gao, il dit exercer ce métier, depuis sa tendre enfance. «Moi, je cède la couverture de 8kg à 22.500 Fcfa. Avant la crise, au mois de janvier où il fait froid, je pouvais vendre un ballot qui peut contenir 20 à 30 couvertures. Maintenant, par jour, je peux vendre 3 à 4 couvertures de 2 à 4 kg. Parce que la crise a affecté tout le commerce’, explique-t-il. « Avant, mes clients étaient des femmes commerçantes qui venaient acheter des couvertures et d’autres marchandises pour les revendre à Sikasso, Bamako et même ailleurs. Aujourd’hui, avec l’état de la route et l’insécurité, toutes ces commerçantes ont abandonné le secteur du commerce par peur d’être attaquée par des bandits sur la route et cela a beaucoup impacter le commerce des grossistes de Gao », a détaillé le commerçant Albouhari. Mme Baby Bintou Dicko que nous avons approchée vient d’acheter une couverture de 2kg à 12.500 uniquement pour le froid. Selon elle, en temps normal,  elle pouvait l’avoir à 11.500Fcfa. Hama Maiga s’apprête aller à Niamey par la route. Il est venu au marché pour acheter une couverture. Il tenait en main une couverture de 2kg qu’il a négocié à 7.000 Fcfa dans la boutique de Hamed Ben Sidi. Hamed Ben Sidi est un commerçant qui tient boutique à côté de l’agence d’une banque à Gao. Chez lui, on trouve des couvertures de 2kg jusqu’à 8kg. Selon lui, c’est en période de froid que les couvertures sont très sollicitées. Les couvertures qui  viennent de la Mauritanie sont de la bonne qualité. Il vend aussi des tapis algériens et turcs ainsi que des salons marocains. Le commerçant Ben Sidi cède les tapis de 2/3 à 12.500 Fcfa, les 4/3 à 50.000 Fcfa et les 5/3 à 65.000 Fcfa. Les salons marocains entre 150.000 de 180000 Fcfa. « Depuis que la crise 2012 a éclaté, nous (commerçants de Gao) sommes confrontés à la rareté de la clientèle parce que nos clients potentiels, qui viennent de Bamako, ne peuvent plus transporter leurs marchandises par la route de Gao-Sévaré, parce qu’une fois qu’ils arrivent à Sévaré, les douaniers demandent les papiers de dédouanement alors qu’à Gao rien n’est encore mis sur pied en ce qui concerne le dédouanement », a déclaré Hamed Ben Sidi. A l’en croire, certains de ses clients lui ont dit que même pour deux tapis, la douane de cette zone exige le dédouanement. « Tous mes clients ont, ainsi, abandonné le secteur des produits importés des pays voisins », se désole le commerçant qui ajoute, en souriant, que « le fonctionnement des services de la douane à Gao ou ailleurs n’arrange aucun commerçant ». La ville de Gao est alimentée par des produits importés d’Algérie, de Mauritanie, de Libye, de Turquie et du Niger. Sans ces produits exportés et comte tenu de l’état de la route de Gao-Sévaré, que deviendront les habitants de la Cité des Askia ? AT/MD (AMAP)      

Une voleuse d’enfant démasquée

Bamako, 13 janvier (AMAP) Voulant coûte que coûte faire plaisir à sa belle famille, la jeune dame B.T a volé l’enfant d’autrui, le 06 janvier dernier, dans le secteur de Kalabancoura, chez une tradithérapeute,avant d’être rattrapée, a appris l’AMAP de source policière. Le dossier de la présumée voleuse d’enfant a été transféré chez le procureur du tribunal de grande instance de la Commune V pour qu’elle réponde de son acte. La jeune dame, d’une vingtaine d’année, que nous désignerons par ses initiales B.T s’est rendue au domicile d’une tradithérapeute, dans le secteur de Kalabancoura, pour une prétendue consultation. Elle a saisi l’occasion pour disparaître avec un nourrisson. K.C, la future victime de la voleuse est sortie de chez elle, son nourrisson de sexe masculin sur les bras. Accompagnée de son aide ménagère, elle s’est rendue, également, chez la même tradithérapeute de Kalabancoura, pour une consultation de son nouveau-né. Chez la praticienne, elle a trouvé une longue file d’attente, majoritairement composée de mères de nouveaux-nés. Ce qui l’a obligée, selon nos sources, a confié son bébé à sa domestique. Et s’éviter, ainsi, le désagrément d’une longue attente dans le rang, avant d’être reçue par la guérisseuse. Ensuite, elle s’est éloignée. C’est alors que B.T, la voleuse (apparemment enceinte) s’est approchée de l’aide-ménagère pour mettre son plan en marche. Après avoir engagé une conversation avec l’aide-ménagère et gagné sa confiance, B.T lui remet un billet de 1.000 Fcfa pour aller faire la monnaie. La voleuse pris le bébé des mains de la « bonne ». B.T, habillée en « hidjab » de couleur noire, disparaît avec le nourrisson dans le brouhaha ambiant des lieux. Comme par intuition, la mère de l’enfant jeta un coup d’œil à l’endroit où la femme en « hidjab noire » était arrêtée avec son enfant. Elle constata qu’elle n’y était plus. Aussitôt, des personnes sur place ont engagé les recherches dans les environs immédiats. La promptitude avec laquelle ces recherches ont été engagées a porté fruit. La foule a rattrapé la femme en « hidjab noire » au moment où elle s’engouffrait dans un taxi avec le bébé volé. Le véhicule a été assailli par la foule en colère, voulant en découdre avec cette voleuse d’enfant en plein jour. Des curieux sont parvenus à démasquer sa fausse grossesse. C’est alors que les policiers du 11è arrondissement sont intervenus pour interpeller B.T. Leurs enquêtes ont même établi qu’elle faisait croire à sa belle famille qu’elle était enceinte. TC/OD/MD (AMAP)

Le froid dope le marché de la friperie 

Par Fatoumata T. DIAWARA Bamako, 13 janvier (AMAP) En ce moment, les vendeurs de friperie (yougou-yougou) ont  le sourire. Pour cause, le marché de ces vêtements usagés est, actuellement, très prospère en raison de la période de froid. Quand la température baisse, le commerce des vêtements usagés connaît une hausse. Beaucoup de gens y trouvent des habits chauds à moindre coût pour se protéger contre la fraîcheur. Les clients se bousculent devant les étals et les vendeurs réalisent des ventes record. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour au marché de Médine qui demeure un site de gros importateurs de friperie au Mali. C’est le marché de prédilection pour les jeunes bamakois férus de fringues et qui n’ont pas forcément de grands moyens. Ce jour, de début janvier, il est 10h30mn. Le marché grouille de monde. Les vendeurs spéculent sur leurs marchandises, très souvent, en provenance de pays européens ou des Etats-Unis et les clients proposent des prix inférieurs aux propositions des premiers. Dans ce tohu-bohu indescriptible, le marchandage est un sport favori. Tout le monde veut faire la bonne affaire, qui pour renouveler sa garde-robe avec des costumes, vestes et chemises, qui pour se procurer des pullovers, des T-shirts et autres survêtements. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les prix. Les grossistes disent s’approvisionner à partir de pays européens, d’Amérique et d’Asie. Leurs marchandises sont acheminées à Bamako par voie aérienne ou maritime. Ils cèdent ensuite des ballots de friperie à d’autres intermédiaires (des demi-grossistes et des détaillants) qui s’assurent de faire le tri et de repartir en lots de premier, deuxième et troisième choix. A titre d’exemples, les ballots sont ensuite vendus à 100.000 Fcfa pour le premier choix, 80.000 Fcfa pour le deuxième choix et 60.000 Fcfa pour le troisième et dernier choix. Ensuite, les détaillants de vêtements usagés vendent à l’unité. Une veste est négociée à partir de 20.000 Fcfa. Les pantalons sont cédés entre 1.000 et 4.000 Fcfa.  Le prix des chemises oscille entre 750 Fcfa et 2000 Fcfa. Les pull-overs sont à 1.250 Fcfa l’unité et les jupes à 800 Fcfa la pièce.  Les T-shirts sont cédés à 700 Fcfa et d’autres habits sont accessibles à moindre coût. Mohamed Traoré évolue dans le négoce de la friperie au marché de Médine. Il reconnaît que ses affaires marchent en ce moment. C’est une niche, il en profite. « Je vends des bonnets, des chaussettes, des pullovers et des pantalons », nous confie-t-il, en continuant la transaction avec un client. Il fait de bonnes affaires, actuellement, parce que les pullovers, les chaussettes et les gants s’écoulent comme de petits pains Pour lui, il est clair que la friperie est plus prisée que certains prêts-à-porter, notamment en termes de qualité, de diversité et de coût.. Moussa Coulibaly est lui, aussi, vendeur de friperie dans la cour de l’ancienne Régie des chemins de fer ou « woro courou ». Il apprécie le comportement du marché. Il reconnaît que les prix ont pris l’ascenseur parce que maintenant les habits sont vendus entre 500 et 3.500 Fcfa l’unité. Modibo Dembélé, vendeur de friperie sur le même site confesse que, depuis décembre, il ne vend exclusivement que des pullovers. « C’est un marché rentable, ce qui justifie mon choix », explique-t-il. Notre équipe de reportage a pu constater l’affluence autour de lui. Cheickna Ousmane Diakité se présente comme un client fidèle de la friperie. Il est venu acheter un pullover pour se protéger du froid, donc contre certaines maladies. Aminata Touré est, aussi, férue de fringue. Pour elle, peu importe la période, pourvu qu’elle arrive à faire ses emplettes parce qu’elle estime que c’est une exigence pour une femme d’être toujours bien mise. « Je fais le tour  des marchés de friperie, à la recherche de pullovers de qualité pour ma famille, notamment ma progéniture. Mes  enfants ne partent pas à l’école, en cette période de fraicheur, sans pullovers », dit-elle. « Tout le monde doit porter des habits chauds maintenant. Si on ne se couvre pas bien, on risque d’attraper certaines maladies. Or acheter un pull à 2,000 Fcfa ou plus vaut mieux qu’attraper des maladies et acheter des médicaments ensuite », estime-t-elle. « Les ballots sont trop chers en ce moment. On y trouve pas forcément la qualité », juge Mme Traoré Khady Coulibaly. Cette mère de trois enfants quitte, chaque jour, l’Hippodrome II où elle est domiciliée, pour se rendre au marché de Médine. Elle y vend de la friperie. Contrairement à d’autres, elle peine à trouver de la clientèle. Mariam est, aussi, vendeuse et connaît la même mévente. Pour elle, les prix connaissent une hausse. Mais c’est une situation liée au coût élevé du dédouanement. « J’achète les ballots dans un grand magasin, au marché de Médine. C’est de la friperie qui vient de la France, du Canada, de l’Italie et d’Amérique », explique-t-elle. Si le besoin de porter des vêtements chauds conduit beaucoup de gens à se tourner vers la friperie et les vendeurs profitent de cet engouement, l’embellie est passagère pour ne pas dire saisonnière. FT/MD (AMAP)

Le Président Keïta en France pour le Sommet de Pau sur la lutte contre le terrorisme au Sahel

Bamako, 13 janvier (AMAP) Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta est arrivé en France où il prendra part ce lundi, aux travaux du Sommet de Pau entre le Président de la République Française, Emmanuel Macron et les dirigeants du G5 sur la lutte contre le Terrorisme au Sahel, a appris l’AMAP de source officielle. Les dirigeants présents à la rencontre vont saisir l’occasion pour redéfinir les objectifs militaires, politiques et de développement de la lutte commune contre le terrorisme afin d’adapter leurs stratégies aux méthodes de l’ennemi qui continue de répandre la terreur au sein des populations civiles et des forces de défense et de sécurité. La rencontre de Pau va redéfinir et recadrer l’intervention française au Sahel suite aux multiples attaques terroristes qui ont fait de nombreuses victimes ainsi que d’importants dégâts matériels causé aux forces étrangères (Barkhane et MINUSMA) au Mali, au Niger et au Burkina Faso, particulièrement éprouvés par la dégradation de la situation sécuritaire dans l’espace sahélien. Le sommet de Pau est consécutif à de nombreuses manifestations « antifrançaises » dans plusieurs pays du Sahel, qui agacent Paris qui, dès lors, a estimé « indispensable que les peuples du Sahel et leurs dirigeants rappellent leur souhait, leur volonté et leur détermination» à accueillir l’aide de la France. La rencontre de Pau sera élargie au Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, à la Commission de l’Union Européenne et au président de la Commission de l’Union africaine. En rappel, le G5 est composé du Burkina Faso, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie et du Mali. ID/KM (AMAP)

Sommet de Pau : Un tournant dans la guerre contre le terrorisme au Sahel

Envoyé spécial Issa DEMBELE Pau, 13 janvier (AMAP) Les chefs d’Etat du G5 Sahel et leur homologue françaisse réuniront, cet après-midi, à Pau, dans le sud-ouest de la France, pour fixer des modalités plus précises de la lutte commune contre le terrorisme, en clarifiant la définition, y compris territoriale et politique, de l’ennemi. Ils élaboreront une feuille de route sécuritaire à même d’inverser le rapport de force sur le terrain etredéfiniront les objectifs militaires, politiques et de développement de la lutte commune contre le terrorisme, notamment dans la zone dite des trois frontières, là où se rejoignent les limites administratives du Niger, du Mali et du Burkina Faso. Il s’agit d’adapter les stratégies aux méthodes de l’ennemi qui continue de faire de nombreuses victimes, aussi bien, au sein des populations civiles que des forces de défense et de sécurité. Notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso qui sont particulièrement éprouvés par la dégradation de la situation sécuritaire dans l’espace sahélien. Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, est arrivé, dimanche,  à Pau. Ses homologues Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Mahamadou Issoufou du Niger, Idriss Déby Itno du Tchad et Mohamed Ould Cheikh Al-Ghazouani de la Mauritanie aussi. Pendant quelques heures, ils seront autour de la table, au Château de Pau, pour un exercice de « clarification » et de « recadrage ». Emmanuel Macron en a ébauché les enjeux, lors de son déplacement au Niger, en décembre dernier, pour exprimer sa solidarité au peuple nigérien, suite à l’attaque contre le camp d’Inatès. En effet, il s’agira, de prime abord, dedéfinir le cadre politique dans lequel la France intervient au Sahel. Aspect d’autant plus important que les forces françaises sont, de plus en plus, critiquées dans les pays du G5 Sahel. Les nombreuses manifestations « antifrançaises » ont fini par agacer Paris qui, dès lors, a estimé « indispensable queles peuples du Sahel et leurs dirigeants rappellent leur souhait, leur volonté et leur détermination» à accueillir l’aide de la France. Déjà, les pays du G5 Sahel ont décidé, à Niamey, en décembre dernier, de mobiliser davantage de forces dans cette zone où ces derniers mois ont été particulièrement meurtriers. STATUT DE KIDAL – La semaine dernière, une base de l’armée nigérienne a été attaquée et le bilan est de 85 morts parmi les soldats. On rappelle que les terroristes ont réussi à faire ajourner la rencontre de Pau, en décembre 2019, en attaquant durement l’armée nigérienne à Inates. A Pau, Emmanuel Macron et ses homologues vont repenser la coordination entre les forces sur le terrain et faire appel à l’aide des forces spéciales européennes, dont le soutien pourrait s’avérer décisif. Autres ambitions de ce sommet : l’identification des objectifs prioritaires en matière de développement et la détermination des actions politiques qui sont à conduire par chacun des chefs d’Etat pour soutenir l’action militaire. Le statut de Kidal ne sera pas en marge des échanges, avait annoncé l’envoyé spécial de la France pour le Sahel lorsqu’il était venu remettre l’invitation d’Emmanuel Macron au président Keïta. L’émissaire français avait insisté sur l’urgence de « faire en sorte que le Mali soit pleinement souverain sur l’ensemble de son territoire et puisse exercer son autorité à Kidal». Au terme de leur rencontre, les chefs d’Etat animeront, en début de soirée, une conférence de presse. Et le sommet se clôturera par un dîner de travail au Parlement de Navarre. Le choix de Pau pour abriter cette rencontre est symbolique. C’est dans cette ville qu’est basé le 5è régiment d’hélicoptères de combat (RHC), dont plusieurs éléments interviennent au Sahel. Sept d’entre eux sont morts, récemment, en opération au Mali. Les chefs d’Etat se rendront sur la base de ce régiment pour un hommage en la mémoire de ces soldats tombés pour la paix. IS/MD (AMAP)

Bandiagara : 5 morts et 3 blessés dans une attaque à Kassa

Bandiagara, 13 janvier (AMAP) Cinq personnes ont été tuées et trois autres blessés dans une attaque perpétrée samedi, par des hommes armés non identifiés à Kassa, localité située à 8 km de la ville de Bandiagara, dans la Commune de Doucoumbo, a appris l’AMAP de sources concordantes. Les mêmes sources précisent que des hommes lourdement armés qui sont arrivés à pied à Kassa, dans les environs de 16 heures, ont tiré sur les éléments d’auto défense, faisant 5 morts, 3 blessés, un porté disparu et d’importants dégâts matériels. La riposte des éléments d’autodéfense a fait une dizaine de morts du côté des assaillants, selon nos sources qui ne précisent pas la direction prise par les terroristes après leur forfait encore moins leur motivation. Les blessés ont été acheminés par les chasseurs dans le village de Docoumbo, déclarent les mêmes sources qui ne précisent pas le déploiement d’un renfort du côté des Forces de défense. OG/KM (AMAP)

L’oraison funèbre lue aux obsèques du ministre de l’éducation nationale, Dr Témoré Tioulenta (Bamako, le 12 janvier 2020)

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, • Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, • Madame et Messieurs les Présidents des Institutions de la République, • Chers Collègues ministres membres du Gouvernement, • Madame et Messieurs les anciens Premiers ministres, • Mesdames et Messieurs les anciens ministres de l’Éducation nationale, • Messieurs les leaders religieux, légitimités coutumières et traditionnelles, • Camarade Président du parti Adema-PASJ, • Monsieur le Président de l’Alliance « Ensemble Pour le Mali », • Mesdames, Messieurs les Présidents de tous les Partis Politiques, toutes obédiences confondues, ici présents, • Messieurs les Présidents des associations faitières dans lesquelles militait activement le défunt : Tabital Pulaaku, COREN, et CAREMB, • Mesdames et Messieurs, les Membres du Cabinet du Ministère de l’Éducation Nationale, • Chers Enseignants, collègues du défunt, professeurs et éducateurs du Mali, • Madame TIOULENTA GNOUMA SOURA, BOCAR et TCHINÈ TIOULENTA, • Mesdames et Messieurs, des plus illustres aux plus anonymes ici présents, C’est un redoutable honneur et un devoir bien pénible que celui auquel je suis appelé à m’acquitter ce jour, celui de prononcer une oraison funèbre, ici devant la République et la Nation rassemblées, qui perdent l’un des grands commis de l’État, devant une famille endeuillée qui pleure son soutien, devant un parti qui voit partir un camarade engagé, devant des amis qui ne reverront plus un compagnon, devant un Cabinet qui ne verra plus son ministre et devant des enseignants qui regretteront à jamais un collègue, sinon un espoir. La charge pour moi est donc grande et l’émotion aussi, de prononcer devant vous, l’oraison funèbre de Dr Témoré TIOULENTA, un collègue du Gouvernement et un camarade du Parti, l’Adema-PASJ au parcours et aux qualités appréciés de tous. Fidèle à lui-même, TIOULENTA, s’en n’est donc allé, comme il a vécu, humblement, toujours avec cette rage de vaincre les adversités, qui le caractérisait si bien. On le savait souffrant depuis quelque moment, mais, tirant sa force dans sa pudeur habituelle, jamais il ne s’était plaint de sa maladie. Bien au contraire, il aura tenu jusqu’au bout. Je me rappelle encore de son visage, lors de l’Espace d’Interpellation Démocratique du 10 décembre 2019 et pendant les assises nationales du Dialogue National Inclusif tenues le même mois, auxquels il avait participé activement. La perte pour le pays est donc immense et notre douleur infinie, parce qu’avec Dr Témoré TIOULENTA, c’est de mémoire, la troisième fois qu’un Gouvernement du Mali, depuis la Révolution de Mars 91, perd ainsi un ministre en pleine fonction, après Boubacar Sada Sy et Mohamed Lamine Traoré, respectivement ministre de la Défense et des Anciens Combattants et ministre de l’Éducation nationale. Puisse la liste s’en arrêter là, mon Dieu ! Nous savons tous que la vie n’est pas éternelle et la mort inévitable, mais quand celle-ci frappe l’un des nôtres, c’est une véritable déchirure, une douleur difficile à contenir. Car, nous ne sommes jamais préparés à la perte d’un être cher. Aucun mot ne serait suffisant pour exprimer le chagrin causé par cette disparition soudaine, inattendue et rien ne saurait l’apaiser. Grande a été la surprise de beaucoup de maliens, y compris les plus proches d’apprendre le décès du camarade ministre TIOULENTA, ce vendredi matin, alors que le pays venait juste de terminer avec les présentations de vœux au Président de la République, Chef de l’État, pour cette nouvelle année 2020 qui vient d’ouvrir ses portes. Mais quand le destin nous arrache un collaborateur d’exception, que nous reste-t-il ? Un seul devoir. Celui de lui rendre l’hommage qu’il mérite en relayant une dernière fois pour la postérité, son exemple, à travers les grandes étapes de sa vie, ses principaux traits de caractère, ses qualités humaines et professionnelles, son sacerdoce pour l’État qu’il a servi, et les causes nobles qu’il a défendues de son vivant. Dr TIOULENTA, né dans les profondeurs de notre pays, connait bien le Mali. Il a traversé les rivières, arpenté les sentiers sinueux de nos campagnes et bravé des intempéries pour se hisser à ce niveau de responsabilité. Il connaissait le monde de l’Éducation, du plus haut cadre au plus humble de ses serviteurs et savait traiter chacun avec courtoisie et égard. • Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État • Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement • Madame et Messieurs les Présidents des Institutions de la République, • Chers Collègues ministres membres du Gouvernement, • Madame la Veuve et enfants du défunt, • Chers Enseignants, collègues du défunt, professeurs et éducateurs du Mali • Honorables et Distingués invités, • Mesdames et Messieurs, Le Ministre Témoré TIOULENTA était un homme de synthèse intellectuelle. Éducateur de classe exceptionnelle, professeur d’Université, parlementaire de premier plan, ministre, dont l’intelligence, la compétence et la force de conviction étaient unanimement respectées et faisaient honneur à notre pays. Il symbolisait si bien ce qui nous unit et nous rassemble, par-delà nos différences et nos diversités. Enseignant, pédagogue, politique, homme de conviction, TIOULENTA respirait l’Éducation, l’Enseignement de notre pays. Il en avait conscience et s’en souciait. Professeur d’enseignement supérieur de classe exceptionnelle, il débuta sa carrière en 1978 à l’École normale secondaire de Badalabougou, comme professeur de lettres, l’année même où il venait juste de décrocher son diplôme en lettres modernes à l’École normale supérieure de Bamako, après un baccalauréat en Série Lettres Classiques au Lycée Askia Mohamed de Bamako, obtenu en 1974. Ambitieux, Témoré TIOULENTA s’envola plus tard pour Paris, d’où il revint nanti de son Doctorat (avec la mention Très Honorable) en Sciences du Langage, obtenu en 1991, à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris. Ce parchemin lui ouvre les portes de l’enseignement supérieur et il devient, tour à tour, Chargé de recherche, puis Chercheur au Département de Linguistique et Traditions Orales de l’Institut des Sciences Humaines de Bamako. Un Département qu’il dirigea du reste de 1992 à 1994, année à laquelle, il sera affecté à Mopti, en qualité de Directeur régional de l’Éducation. En 2000, il est promu Chef de Cabinet du Ministre de

Diéma : Deux agents tués et deux motos emportés par des hommes armés non identifiés au poste de péage

Diéma, 12 janvier (AMAP) Deux agents du poste de péage ont été tués, deux motos emportés et une brûlée par des hommes armés non identifiés samedi à Diéma, a appris l’AMAP de sources concordantes. Les mêmes sources précisent que des hommes armés non identifiés ont attaqué le poste de péage dans les environs de 21 H, tuant deux agents, emportant deux engins à deux roues avant de brûler une moto. Les assaillants n’ont pas emporté l’argent des caisses, selon  les mêmes sources qui ne précisent pas la direction prise par les assaillants après leur forfait encore moins les moyens de transport qu’ils empruntent. Aux dernières nouvelles, les autorités administratives et politique de la région et du niveau local se sont rendues à Diéma pour constater les dégâts et dans les familles des disparus pour présenter des condoléances. KM (AMAP)