Mali : Autorités politiques et administrateurs civils échangent sur le rôle de la communication dans la gestion de la crise actuelle

Bamako, 15 janvier (AMAP) Le Ministre de la Communication, Chargé des relations avec les institutions, Porte-parole du Gouvernement, Yaya Sangaré  a échangé mardi à Bamako avec les gouverneurs de région, les préfets, les sous préfets de cercle et les attachés d’administration de l’ensemble des régions du pays sur la communication gouvernementale en période de crise, a constaté l’AMAP. La rencontre a été organisée par le premier responsable du département de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha BA, en prélude à la rentrée de l’administration. Le ministre Sangaré a saisi l’occasion pour développer les stratégies et les mécanismes ainsi que les moyens humains et matériels permettant aux administrateurs de prendre en compte dans leur mission et dans le cadre de la politique de développement local, le rôle de la communication dans la gestion de la crise actuelle que traverse notre pays. Yaya Sangaré a invité les Gouverneurs de région, les Préfets, les sous préfets et les attachés d’administration, à intensifier leur collaboration, déjà appréciable, avec la presse écrite, les radios et les télévisions publiques et privées, les communicateurs traditionnels, les légitimités coutumières, les associations faitières des Femmes et des Jeunes de leurs localités, dans le cadre de la communication pour informer et sensibiliser les communautés sur les préoccupation et l’état de la nation. KM (AMAP)

Gao : Des écoles privées manifestent contre les grèves des enseignants du public

Gao, 14 janvier (AMAP) Les élèves des écoles privées de la ville de Gao, dans le Nord du Mali, ont manifesté, mardi, leur mécontentement face aux grèves intempestives de syndicats  enseignants des écoles publiques et pour soutenir leurs camarades de ces établissements dont les maîtres sont encore en grève, a constaté l’AMAP sur place. Les manifestants, essentiellement des élèves des lycées privés Modibo Keita, Askia de Sossokoïra et du Collègue d’enseignement commercial (CEC), reconnaissables à leur tenue scolaire, ont fait, durant quatre heures, un sit-in au rondpoint du gouvernorat de Gao. Ils étaient nombreux (élèves de la première année fondamentale au terminal) à sécher les cours du mardi 14 janvier 2020, pour prendre part à cette manifestation. « Nous sommes sortis pour soutenir nos camarades élèves des écoles publiques qui sont restés très longtemps à la maison à cause de la grève de leurs professeurs. Cette grève nationale des enseignants a pris fin le lundi dernier mais les enseignants de Gao ont décidé de continuer la grève jusqu’au vendredi’, a déclaré le leader des écoliers, Abdoulaye Ag Sadeck, membre de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) de Gao. « Nous, aussi, avons décidé, que tant qu’un élève est hors de la classe, nous en ferons autant jusqu’à ce que la solution soit trouvée », a-t-il ajouté. « C’est une démarche que nous avons entamée, l’année dernière, avec le gouverneur de la Région de Gao qui nous a promis de faire quelque chose. Et l’année scolaire 2019 s’est bien terminée », a poursuivi Ag Sadeck. Il a déploré que cette année, la même grève continue et devant laquelle ils ne peuvent plus rester les bras croisés. « Nous allons soutenir  nos camarades jusqu’à la fin, car nous sommes tous des élèves et nous avons le même but qui est l’éducation. Nous ne sommes pas des politiciens et nous ne nous laisserons jamais manipuler par des politiciens », a-t-il promis. AT/MD (AMAP)  

Deux trafiquants arrêtés avec de faux billets en dollars

Bamako, 14 janvier (AMAP) Les éléments du commissariat de police du 10ème arrondissement de Bamako ont interpellé, le 23 décembre 2019, à la gare d’une compagnie de transport, en Commune VI du District de Bamako, les nommés Chim Hamelga Ohkawe et Henri Alelechi, pour détention de 26.200 dollars américains, plus de 13 millions de Fcfa, en faux billets, a appris l’AMAP de source policière. Les mis en cause ont été déférés devant le parquet du Tribunal de grande instance de la Commune VI. Les limiers, qui disposaient de renseignements nécessaires, ont interpellé l’un des faussaires, Chim Hamelga Ohkawe, la vingtaine, à la gare « Sonef » en Commune VI du district de Bamako. Apparemment, il s’apprêtait à embarquer. Mais les hommes du Commissaire Fanta Koné ont vite mis fin à son projet de voyage alors qu’il se trouvait en possession de 46 faux billets en coupure de 100 dollars américains. Aussitôt après son interpellation, il a été conduit à sa résidence dans un hôtel de la place pour une perquisition. Au cours de cette procédure policière, les limiers ont pu mettre la main sur son second, le nommé Henri Alelechi, la quarantaine. Une fouille de fond en comble de ce lieu a permis aux enquêteurs de découvrir la somme de 26.200 dollars américains en coupures de 100 et de 50 dollars, d’une autre somme en Dalassi et en Francs guinéens dans un sac. Les enquêteurs en avaient assez pour les mettre pour longtemps au fond d’une cellule. D’ailleurs, interrogés, les deux présumés faussaires ont reconnu, sans ambages, les faits qui leur sont reprochés. Le duo a été placé sous mandat de dépôt. TC/OD/MD (AMAP)  

Sommet de Pau : Sahéliens et français, même combat contre le terrorisme

Par Issa DEMBELE Envoyé spécial Pau, 14 janvier (AMAP) Les chefs d’Etat du G5 Sahel et leur homologue français ont réaffirmé, lundi, à Pau, dans le sud-ouest de la France dans une déclaration, leur détermination commune à lutter, ensemble, contre les groupes terroristes qui opèrent dans la bande sahélo ­saharienne et dans la région du Lac Tchad. Réunis, pour un sommet consacré à la lutte contre le terrorisme dans l’espace sahélien, le président français, Emmanuel Macron, et ses homologues du G5 Sahel (Ibrahim Boubacar Keita du Mali, Rock Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Issoufou Mahamadou du Niger, Idriss Deby du Tchad, Mohamed Ould Ghazouani de la Mauritanie), ont débuté leur rencontre par une réunion à huis clos. Cette réunion s’est, par la suite, élargie aux ministres des Affaires étrangères et de la Défense, aux chefs d’états-majors généraux des armées et aux responsables des services de renseignement. Emmanuel Macron avait auparavant invité ses pairs sahéliens à une cérémonie d’hommage aux soldats français morts au combat au Mali, lors d’une opération anti-terroriste dans la zone de Tabankort. En compagnie du président français, chacun des chefs d’Etat du G5 Sahel a déposé une gerbe de fleurs en hommage aux soldats morts pour la paix. Lors de la conférence de presse qui a suivi, les chefs d’Etat ont annoncé la mise en place d’une coalition militaire avec un commandement conjoint entre la force Barkhane et la force conjointe du G5 Sahel. Et dans cette perspective, la France, a annoncé le président Macron, engagera 220 militaires supplémentaires pour renforcer Barkhane. « Les actions militaires futures, a précisé le président burkinabé, seront concentrées sur le fuseau centre (frontières Mali-Burkina et Niger), où est enregistrée la majorité des attaques perpétrées par les groupes terroristes ». Des efforts seront, aussi, faits pour renforcer les capacités des armées nationales et améliorer le partage des renseignements. FORMATION ET AGUERRISSEMENT -Les chefs d’Etat membres du G5Sahel ont exprimé le souhait de voir l’engagement militaire français au Sahel se poursuivre et ont plaidé pour un renforcement de la présence internationale à leurs côtés. Les dirigeants du Sahel ont, également, souhaité l’appui crucial des États-Unis et sa poursuite. Le président Keita et ses homologues ont plaidé, aussi, pour une solution rapide à la crise libyenne qui alimente le terrorisme au Sahel. Conscients de la nécessité d’un renforcement des capacités militaires desÉtats de la région, les  chefs d’Etat ont salué le lancement, par la France et l’Allemagne, de l’initiative du Partenariat pour la stabilité et la sécurité au Sahel (P3S). Ils ont souhaité l’accélérationetl’amplificationdes effortsde formation,d’aguerrissement,desoutien logistique, d’entraînementetd’équipementsdesarméesdespaysdu G5Sahel. Les participants au sommet ont convenu que le retour de l’Etat et des administrations dans les zones affectées par la crise est un impératif incontournable. C’est pourquoi, ils se sont engagés à prendre toutes les mesures visant à accélérer le retour de l’administration et des services publics sur l’ensemble des territoires concernés. « Cet effort s’appliquera prioritairement à Kidal », précise la Déclaration des chefs d’Etat. En matière d’aide au développement, les chefs d’Etat ont salué les premiers résultats de l’Alliance pour le Sahel, lancée sous l’impulsion de l’Allemagne et de la France en juillet 2017. Ils ont appelé les pays et organisations, membres de l’Alliance à poursuivre dans la voie d’ une démarche davantage coordonnée avec l’action  sécuritaire. Les chefs d’Etat ont appelé les partenaires internationaux à concrétiser les engagements pris en décembre 2018 lors du sommet de Bruxelles. Le Sommet s’est clôturé par un dîner de travail au Parlement de Navarre qui a réuni, outre les chefs d’Etat, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki, et le président du Conseil européen, Charles Michel. Tous espèrent que cette rencontre à Pau relancera une dynamique positive dans la guerre contre l’obscurantisme. ID/MD (AMAP)

Bougouni : Inauguration d’une nouvelle gare routière

Bougouni, 14 Janvier (AMAP) L’inauguration de la nouvelle gare routière a été présidée dimanche à Bougouni, par le Secrétaire Général du Ministère de l’habitat de l’Urbanisme et du Logement Social, Amadou Maïga, en présence du Gouverneur de région et de l’Ambassadeur de la Suisse au Mali, Thomas Gass, a constaté l’AMAP. Financée par la Coopération Suisse, dans le cadre de projet d’appui aux Communes Urbaines du Mali (PACUM), à plus de 991 millions de francs CFA, la nouvelle gare routière est bâtie sur une superficie de 02ha 98 à 34ca. Elle comprend six blocs de douze (12) escales, un bloc de quatre restaurants, cinquante (50) Boutiques, un espace pour les muni bus et taxis, un poste de Police, un bureau pour le  syndicat, un lieu de culte, quatre blocs de six (06) latrines, deux bornes fontaines, dix huit (18) lampadaires solaires, un dépotoir et 602 mètres linaire de route bitumée. Sa capacité maximum est de quarante huit (48) cars en raison de quatre cars par escale et le parking muni bus peut contenir jusqu’à dix-sept (17) véhicules. Le représentant du ministre de l’habitat de l’Urbanisme et du Logement Social  a saisi l’occasion pour rappeler que le Mali bénéficie de l’appui technique et financier de la Banque Mondiale et de la Coopération Suisse pour un montant global d’environ 41 Milliards de F CFA. Amadou Maïga a précisé que le PACUM, à travers des appuis budgétaires annuels, apporte son concours, d’une part, pour le renforcement des capacités des Conseils Communaux et, d’autre part, pour la réalisation  d’infrastructures et équipements urbaines dans quatorze (14) villes du Mali, à savoir le district de Bamako, Kayes, Kita, Sikasso, Koutiala, Bla, Koulikoro, Ségou, Niono, Bougouni, Mopti, Bandiagara, Tombouctou et Gao. L’Ambassadeur Thomas Gass, a pour sa part, déclaré que la gare symbolise un modèle réussi d’intercommunalité bâtie sur l’union des communautés de Bougouni et Kola et la volonté de s’ouvrir à la Sous-région notamment au Burkina Faso, à la côte d’Ivoire et à la Guinée en donnant un nouvel élan à l’amélioration de la décentralisation financière Des réflexions sont en cours par le Conseil Communal pour choisir un mode approprié de gestion de la gare routière. MM/KM (AMAP)

Déclaration finale des chefs d’État au Sommet de Pau (France)

Les Chefs d’Etat membres du G5 Sahel et le Président de la République française se sont réunis ce jour 13 janvier 2020 à Pau en France en vue d’examiner la situation dans l’espace G5 Sahel. Les Chefs d’Etat ont réaffirmé leur détermination commune à lutter ensemble contre les groupes terroristes qui opèrent dans la bande sahélo-saharienne et dans la région du Lac Tchad. Ils ont rendu hommage aux victimes civiles des exactions commises par ces groupes terroristes ainsi qu’aux soldats africains, français et internationaux tombés dans l’accomplissement de leur mission. Les Chefs d’Etat du G5 Sahel ont exprimé le souhait de la poursuite de l’engagement militaire de la France au Sahel et ont plaidé pour un renforcement de la présence internationale à leurs côtés. Ils ont exprimé leur reconnaissance à l’égard de l’appui crucial apporté par les Etats-Unis et ont exprimé le souhait de sa continuité. Ils ont réaffirmé que cette action commune vise à protéger les populations civiles, à défendre la souveraineté des Etats du G5 Sahel (conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations unies et aux accords bilatéraux en vigueur), à prévenir une extension de la menace terroriste dans les pays frontaliers et à ramener la stabilité, condition indispensable du développement. Les Chefs d’Etat sont convenus d’accroître et de coordonner leurs efforts en vue d’une solution rapide à la crise libyenne, qui continue à alimenter l’instabilité au Sahel. A cet effet, ils ont rappelé la responsabilité de la communauté internationale, l’impérieuse nécessité d’une prise en charge prioritaire de ce dossier par toutes les parties et ont exprimé leur soutien aux objectifs de la conférence internationale de Berlin pour restaurer la stabilité et la sécurité en Libye. Les chefs d’Etat ont salué les actions déjà menées et ont souligné le besoin d’une plus grande coordination dans la mise en œuvre des initiatives en cours au Sahel et d’un engagement international renforcé. A cette fin, les chefs d’Etats sont convenus de mener une discussion avec les partenaires déjà engagés afin de mettre en place un nouveau cadre politique, stratégique et opérationnel qui marquera une nouvelle étape dans la lutte contre les groupes terroristes au Sahel et dans la prise de responsabilité collective. A la lumière de ces discussions, ce nouveau cadre prendra la forme et le nom d’une « Coalition pour le Sahel », rassemblant les pays du G5 Sahel, la France – à travers l’opération Barkhane et ses autres formes d’engagements, les partenaires déjà engagés, ainsi que tous les pays et organisations qui voudront y contribuer. Ce cadre sera organisé autour de quatre piliers rassemblant les efforts engagés dans les domaines suivants : En matière de combat contre le terrorisme : les chefs d’Etat ont marqué leur ferme volonté de combattre ensemble tous les groupes armés terroristes actifs dans la zone, en concentrant immédiatement leurs efforts militaires dans la région des trois frontières sous le commandement conjoint de la Force Barkhane et de la Force conjointe du G5 Sahel, en ciblant en priorité l’EIGS. Parallèlement à cet effort, le commandement conjoint de cette coalition accueillera progressivement l’ensemble des pays volontaires et partenaires, dont les contributions militaires rejoindront l’opération Barkhane, comme le futur groupement de forces spéciales européennes, baptisé « Task Force Takuba », qui s’inscrira dans le cadre de ce premier pilier. Le concept d’opération de la Force conjointe sera révisé afin qu’elle puisse agir avec une marge de manœuvre renforcée au-delà de la zone des 50 km de part et d’autre des frontières. Cette coalition militaire pourra développer les capacités opérationnelles des forces sahéliennes sur l’ensemble de l’espace G5 Sahel afin de réduire la menace des groupes terroristes et d’assurer un meilleur contrôle des frontières. En matière de renforcement des capacités militaires des Etats de la région : les Chefs d’Etat ont salué le lancement, par la France et l’Allemagne, de l’initiative du partenariat pour la stabilité et la sécurité au Sahel (P3S) et ont souhaité une accélération et une amplification des efforts de formation, d’aguerrissement, de soutien logistique, d’entrainement et d’équipements des armées des pays du G5 Sahel. Ce pilier s’appuiera notamment sur les efforts déjà engagés par les Nations Unies et par les missions de formation de l’Union Européenne. Il pourra inclure un accompagnement au déploiement des armées des pays du G5 Sahel avec le soutien de l’Union Africaine et de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). En matière d’appui au retour de l’Etat et des administrations sur le territoire : Les Chefs d’Etat du G5 Sahel se sont engagés à prendre toutes les mesures visant à accélérer un retour de l’administration et des services publics sur l’ensemble des territoires concernés par la question, en particulier les chaînes pénale et judicaire, essentielles pour le retour de l’Etat de droit. Cet effort s’appliquera prioritairement à Kidal. Dans un esprit de responsabilité partagée, ces engagements seront appuyés dans le cadre du P3S qui ciblera tout particulièrement son intervention sur la formation et le déploiement jusqu’au niveau local de personnels en matière d’administration civile, de sécurité intérieure (police, gendarmerie, douanes) et de justice. En matière d’aide au développement : les Chefs d’Etat ont salué les premiers résultats de l’Alliance pour le Sahel, lancée sous l’impulsion de l’Allemagne et de la France en juillet 2017, et ont appelé les pays et organisations, membres de l’Alliance à poursuivre dans la voie d’une démarche encore davantage coordonnée avec l’action sécuritaire, à un recours plus systématique à une programmation conjointe et à des mécanismes de délégation réciproque tenant compte des priorités des pays membres du G5 Sahel. Dans le même esprit, les Chefs d’Etat en appellent aux partenaires internationaux à concrétiser les engagements pris en décembre 2018 à la Conférence des donateurs de Nouakchott pour la mise en œuvre du Programme d’Investissement Prioritaire (PIP) du G5 Sahel. Par ailleurs, les Chefs d’Etats appellent les partenaires des États du G5 Sahel à accroitre leur assistance et leur soutien afin de permettre de faire face aux nouveaux défis humanitaires que sont les déplacés internes, les réfugiés, la fermeture

Croissance forte, inclusive et durable : Le FMI accorde plus de 14 milliards de Fcfa au Mali

Bamako, 13 janvier (AMAP) Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, vendredi, un décaissement de 27,63 millions de dollars au profit du Mali (près de 14 milliards de Fcfa), dans le cadre de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), annonce l’institution de Bretton Woods, dans un communiqué de presse. Cet appui porte à environ 55,26 millions de dollars, (environ 27,6 milliards de Fcfa), le total des décaissements au titre de cet accord triennal approuvé le 28 août 2019 pour un montant d’environ 193,5 millions de dollars, soit 75 % de la quote-part du Mali au FMI. La FEC, une aide financière aux pays qui connaissent des difficultés prolongées de balance des paiements,a pour finalité de rétablir la stabilité et la viabilité macroéconomique, tout en favorisant une croissance vigoureuse, durable et la réduction de la pauvreté. En validant ce décaissement, qui achève la première revue des résultats obtenus par le Mali dans le cadre de la FEC, l’instance dirigeante du Fonds encourage les efforts d’amélioration en matière de gouvernance, de mobilisation des ressources internes, etc. « Les autorités maliennes ont commencé à bien mettre en œuvre leur programme économique, malgré des problèmes de sécurité croissants. Les attaques continues des groupes séparatistes dans les régions du Nord et du Centre (NDLR : Mopti) ont aggravé la fragilité de la situation dans ces régions, soulignant ainsi l’importance d’y établir la présence de l’État par la prestation de services publics », a déclaré M. Tao Zhang, directeur général adjoint et président par intérim, à l’issue de la réunion du conseil d’administration. Et d’ajouter que « malgré la précarité de la sécurité, l’économie montre des signes de résilience ; les autorités ont mis en œuvre avec détermination leur programme visant à accroître les recettes, et des réformes structurelles sont en cours ». « La croissance (au Mali) devrait se stabiliser à 5% à moyen terme », note le FMI, en prévenant que les risques de révision à la baisse sont élevés, compte tenu du contexte sécuritaire du pays. « Le cadre budgétaire de 2020 prévoit un équilibre approprié entre les dépenses nécessaires et les ressources disponibles, grâce à l’assouplissement de l’objectif global de déficit de 3% à 3,5% du PIB. Un espace budgétaire est également créé pour les dépenses prioritaires, grâce à des objectifs de recettes ambitieux mais réalistes », évaluent les experts du Fonds. Ils constatent que « les autorités ont l’intention louable d’améliorer la gouvernance et de lutter contre la corruption. Une mise en œuvre vigoureuse sera nécessaire pour atteindre les objectifs de réforme de la gouvernance dans les finances publiques, la lutte contre le blanchiment d’argent et le dispositif général de lutte contre la corruption. » Pour toutes ces raisons, le conseil d’administration a aussi, en achevant la revue, approuvé la demande des autorités d’une dérogation pour l’inobservation du critère de réalisation quantitative, relatif à la non accumulation d’arriérés intérieurs. Il a, par ailleurs, précisé que la prochaine évaluation de la gouvernance est très attendue. Elle sera l’occasion, souligne le Fonds, de mieux définir les futures priorités de réforme. En attendant, «la priorité immédiate du Mali est de sauvegarder les dépenses sociales et de développement face à l’urgence des dépenses de sécurité », recommande le Conseil d’administration, avant d’ajouter que les réformes visant à augmenter les recettes restent essentielles pour financer les dépenses qui favorisent la croissance. CMT/MD (AMAP)  

Grève des enseignants : Les élèves expriment leur ras-le-bol

Bamako, 13 janvier (AMAP) Les élèves des écoles publiques et privées de la Commune V, du District de Bamako, ont battu le pavé, lundi, pour exprimer leur ras-le-bol contre les interruptions intempestives des cours liées aux grèves des syndicats d’enseignants. Les marcheurs, qui sont partis de Sabalibougou pour rallier le monument de la Paix, réclament une solution urgente au bras de fer qui oppose le Collectif des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre au gouvernement. Au terme de leur marche, les élevés décidés à se faire entendre devraient constituer une délégation pour remettre au Premier ministre, un message attestant de leur volonté de suivre les cours. Ils veulent, aussi, s’informer sur les actions entreprises par le gouvernement pour endiguer « la crise scolaire qui n’a que trop duré ». Les élèves étaient accompagnés des membres de l’Association « La voix de la Commune V ». On pouvait lire sur leurs affiches et pancartes des slogans comme : « Non à la violation des droits des enfants », « Les enfants veulent étudier » ou encore « L’éducation est un  droit ». Adama Koné, membre  de l’Association « La voix de la Commune V », a expliqué que les marcheurs sont venus rencontrer le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, pour qu’il trouve une solution à la grève des enseignants. Modibo Diallo, âgé de 10 ans, est élève en 5è année à l’école fondamentale A de Sabalibougou. Il ne souhaite pas revivre le calvaire de l’année dernière. « On a failli faire une année blanche, nous ne voulons pas que cela se répète cette année », a lancé le garçon à qui veut l’entendre, un sachet d’eau en main pour étancher sa soif. Cet enfant impressionne par son raisonnement et l’argumentaire qu’il développe : « Si je pouvais voir le président de la République, je lui dirais de tout faire pour résoudre le problème de l’école », ajoute-t-il tout en émettant le vœu de devenir un jour médecin pour lutter contre les maladies. Lamine Bagayoko, porte-parole de l’Association « La voix de la Commune V », faisait partie de la délégation restreinte qui a rencontré le cabinet du Premier ministre. Cette rencontre leur a permis de s’informer amplement sur la grève. Selon lui, les autorités ont rappelé les énormes efforts qu’elles ont accomplis pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants. « Elles se sont engagées, a-t-il poursuivi, à tout mettre œuvre pour arrêter la grève ». A en croire le jeune homme, le gouvernement a invité les enseignants à faire des concessions. Après  ces échanges avec des le cabinet de la Primature, Lamine Bakayogo a annoncé que son association initiera une rencontre avec le Collectif des syndicats grévistes pour tenter de concilier les positions. « Nous ne cherchons pas à soutenir un camp contre l’autre. Notre vœu ardent est qu’une date soit fixée pour la reprise des cours », a-t-il insisté. Rappelons que cette marche des élèves intervient pendant qu’un nouveau préavis de grève de 336 heures, soit 14 jours, a été déposé le 2 janvier dernier sur la table du ministère du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique. MDD/MD (AMAP)

Gossi : Marche contre « l’inaction des autorités » face aux enlèvements

Bamako, 13 janvier (AMAP) La population de Gossi est sortie massivement, lundi, pour marcher contre « l’inaction des autorités » face aux multiples enlèvements de personnes et de troupeaux, selon des sources locales. Les manifestants sont partis du centre-ville aux camps des Forces armées maliennes (FAMa) à 1,5 km et de Barkhane à 2 km. Sur plusieurs pancartes on pouvait lire: « Halte à l’inaction », « Nous voulons que les Famas nous protègent », « Barkhane connait ceux qui nous enlèvent » etc, indiquent les mêmes sources. Pendant que la marche se déroulait, pacifiquement, l’Imam de la Mosquée dite du maire Alhousseiny Ag Ilast a été tué par un homme qui a tiré sur lui à bout portant. Le meurtrier a été arrêté par la population qui hésite à le remettre à la gendarmerie qu’elle accuse d’inertie face à plusieurs crimes qui ont été perpétrés dans la localité et ses environs. A la fin de la marche et suite au meurtre, le marché a été fermé et la population promet de nouvelles manifestations « tant que l’Etat ne prendra pas ses responsabilités ». MD (AMAP)

Bamako : La pénurie fait exploser le prix du gaz butane

Par Ahmadou CISSE Bamako, 13 janvier (AMAP) « C’est 6.000 Fcfa. A prendre ou à laisser ». La décision du vendeur de gaz est des plus radicales. D’une taille moyenne, barbe de bouc, il range une dizaine de bombonnes vides devant sa quincaillerie, à l’entrée du marché de Dibida non loin d’une bâtisse de l’Etat en pleine rénovation. « Ok, je prends malgré le prix extrêmement cher » murmure la cliente qui ne tarda pas à attacher comme un fagot de bois la bonbonne de gaz, avant de grimper sur sa moto et se fondre dans le magma d’engins de la circulation routière. Le gaz est introuvable. Devenue une denrée rare, la bombonne chargée n’est plus livrée aux revendeurs. Aux abois, les opérateurs du gaz multiplient les contacts. Ils déclarent, urbi et orbi, qu’ils risquent de fermer boutique. Le cri de cœur ne semble pas avoir trouvé échos auprès des pouvoirs publics auxquels les opérateurs réclament un cumul d’arriérées s’élevant à près de 7 milliards de Fcfa. Conséquence de ce retard de payement, les cuves sont vides. C’est, du moins, ce que disent les opérateurs qui sont ont arrêté la distribution du gaz, depuis quelques semaines déjà. Dans les unités de remplissage des opérateurs, pas âme qui vive. En dehors des gardiens et vigiles qui veillent sur les bombonnes de gaz vides, les cuves et quelques camionnettes de livraison garées çà et là. Dans la rue, les bombonnes de gaz vides cherchent désespérément preneurs. Habituellement, la bouteille de 6 kg se change à 3.500 Fcfa. Aux 3,000 Fcfa qu’encaisse l’opérateur, il faut ajouter les 500 du livreur. « Hier seulement, j’ai eu de la peine à avoir du gaz. Heureusement, j’en ai eu mais j’ai dû payer très cher : 6,500 Fcfa ! » raconte, avec colère, une ménagère habitant le quartier résidentiel de Faladjè Séma. Elle explique s’être habituée à l’utilisation du gaz à domicile, notamment, pour préparer le petits déjeuner et, surtout, chauffer de l’eau de bain, en ces moments de fraicheur. Les opérateurs gaziers ont expédié, expressément, des correspondances aux autorités pour attirer leur attention sur l’état de leur trésorerie. En face, les arguments avancés par les pouvoirs publics, bien que fondés parce qu’imputables à la crise sécuritaire, ne font manifestement pas l’affaire des opérateurs privés. Ils veulent du « cash » pour payer les produits. Le Mali étant en guerre, l’attente risque de durer un peu plus longtemps. C’est justement cette situation préoccupante que craignent Oudiari Diawara et ses collègues qui ont animé, jeudi, une conférence de presse, pour, disent-ils, démentir la rumeur selon laquelle les opérateurs gaziers font plutôt de la rétention. « Nous ne sommes pas en grève. Pire, nous risquons de mettre la clé sous le paillasson si rien n’est fait pour payer les factures en souffrance » s’écrie le président des professionnels du gaz qui montre du doigt sa cour vide. « Constatez vous-même, les travailleurs ne sont pas à leur poste habituel. Dire que nous refusons de vendre le gaz est une aberration dans la mesure où nous sommes privés de nos ressources pour acheter et importer du gaz », indique le conférencier, dans la salle de réunion de son entreprise à Banankabougou, « Depuis octobre 2018, nous n’avons pas été payé », soutient-il. FACTURES CUMULEES –La facture est en effet salée pour un pays en pleine crise sécuritaire. Hammadoun Touré de l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale(AMADER) comprend la colère des créanciers de l’Etat. Il invite, cependant, à la retenue compte tenu de la situation du pays et, surtout, des efforts en cours pour régler la note. « Nos fournisseurs savent dans quelle situation nous sommes ici au Mali. C’est justement pourquoi, ils nous exigent de la liquidité pour donner leur gaz. Sans argent, nous sommes obligés d’ajuster nos opérations pour nous éviter le dépôt de bilan » rétorque l’opérateur. Le Mali consomme une moyenne de 6 millions de tonnes de bois chaque année. C’est trop. Nos forêts se rétrécissent comme peau de chagrin et le désert, lui, gagne du terrain. La subvention du gaz butane répond à cette préoccupation des pouvoirs publics à limiter l’utilisation du bois de chauffe et du charbon de bois. Peine perdue si le gaz venait à disparaître. La semaine dernière, à défaut de se procurer du gaz sur le marché, un grand restaurant libanais de la capitale a fait décharger une dizaine de sacs de charbon pour ses cuisines. Le prix du sac de charbon de bois oscille entre 6000 à 7500 Fcfa. Le prix du gaz butane est fixé par les structures techniques de l’Etat. En décembre 2019, le kilogramme est fixé à 1004 Fcfa. Donc, la bombonne de 6 Kgs revient à 6025 Fcfa. Le budget d’Etat supporte 2525 Fcfa pour ramener le prix d’achat à 3500 Fcfa. Le nombre de bouteilles vendues sera alors multiplié par 2525 Fcfa pour avoir la somme à verser aux sociétés de vente de gaz. Ce différentiel de prix est codifié, dans le jargon budgétaire, sous le nom de subvention. Pour les opérateurs, il s’agit tout simplement d’un différentiel de prix à payer sans délai. La difficulté réside dans la mauvaise évaluation de la consommation du gaz au Mali, selon l’analyse du conférencier. Généralement, le budget alloué au secteur est d’environ 5 milliards de Fcfa. Montant insuffisant pour solder les factures des trois premiers trimestres de chaque année. Le glissement d’arriérées de 2018 sur le budget de l’année 2019 conduit, inévitablement, à une incapacité du budget à supporter les factures cumulées. En attendant l’opérationnalisation du Fonds gaz, les ruptures sur le marché ne seront pas des évènements rares. AC/MD (AMAP)