Journée internationale des femmes : Les jeunes filles aide-ménagères s’organisent
Par Oumar Diakité Bamako, 06 mars (AMAP)Des jeunes filles et femmes, en majorité mineures et non alphabétisées, quittent les zones rurales. Cet exode rural est lié à diverses raisons : la mauvaise gestion et l’accaparement des ressources naturelles, les guerres, les conflits, le manque ou l’insuffisance d’infrastructures scolaires dans le milieu rural, les mariages forcés et précoces, la quête du trousseau de mariage ou une simple envie d’aller voir ailleurs etc. Elles migrent dans les villes du Mali comme d’autres agglomérations de l’Afrique de l’Ouest pour trouver les moyens de satisfaire leurs besoins. Elles travaillent dans les ménages où elles assurent les travaux domestiques. Leur traitement laisse à désirer. Elles sont les premières personnes à se lever et les dernières à se coucher. Pis, on leur colle des noms : « bonnes, boniches ou encore 52 », malgré leur valeur et leur rôle incontournable dans les familles. La revalorisation des conditions de vie et de travail de ces jeunes filles ne figure pas dans le cahier des doléances des organisations féminines pour la défense des droits des femmes. Ayant douté de la volonté des défenseurs des droits des femmes, les jeunes filles, elles-mêmes, ont mis sur orbite un outil de lutte pour la valorisation du métier d’« aide-ménagères ». Afin de promouvoir et protéger les droits des domestiques et, surtout, pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Ainsi est nél’Association de défense des droits des aide-ménagères et domestiques au Mali (ADDAD-Mali). Cette organisation,enregistrée le 01 février 2013, existe depuis 2009. L’idée de sa création est venue de Mme Diallo Sitan Fofana, une ex aide-ménagère qui a vécu le calvaire du métier de domestique. Ce regroupement, aux dires de sa présidente Mme Diallo, compte au moins 900 membres reparties entres les quartiers des Communes du District de Bamako, de Koulikoro et de Ségou. « ADDAD-Mali a pour but la promotion, la protection et la défense de nos droits en tant qu’enfant, femme et travailleuses. Par exemple : les jeunes filles aide-ménagères ont droit à une rémunération à la hauteur du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) au Mali et un jour de repos par mois », dit la présidente de l’Association des aide-ménagères. L’organisation travaille à édifier les filles aide-ménagères sur leurs droits élémentaires. « Nous avons formé plus de 200 jeunes filles aide-ménagères sur leurs droits…Nous avons pu obtenir la réglementation du travail des aide-ménagères dans certaines familles d’emploi», se félicite la présidente de l’ADDAD. LOBBYING – Cette organisation noue des alliances avec d’autre structures de pression et/ou internationales. Selon sa présidente, les aide-ménagères sont soutenues, aujourd’hui, par des syndicats, des ONG et par d’autres associations. Parallèlement aux appuis d’organisations de la société civile, les aide-ménagères bénéficient du partenariat des structures étatiques. « Ces collaborations permettent à l’ADDAD-Mali de participer à des rencontres de prise de décisions politiques concernant les jeunes filles aide-ménagères », révèle Mme Diallo Sitan Fofana. Selon elle, la collaboration avec le Bureau régional de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a renforcé la capacité de l’ADDAD-Mali « à interpeller les politiques sur la situation des aide-ménagères et permettre, ainsi, aux parlementaires de s’imprégner de la problématique à travers un document de plaidoyer ». C’est ainsi que la convention adoptée par l’OIT, le 16 juin 2011, sur la décence du travail domestique, « est sur la table des parlementaires du Mali », indique la présidente de l’Association. L’Association est devenue sous régionale avec sa création dans six autres pays de la sous-région en plus du Mali. « Nous avons pu étendre l’Associationau Bénin, au Burkina Faso en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Sénégal et au Togo ». Mme Diallo Sitan Fofanadirige cette instance sous régionale de défense des droits des jeunes filles aide-ménagères avec la volonté de faire des aide-ménagères « une force dans les pays ouest africains ». En dépit du manque de volonté des décideurs sur la question des aide-ménagères, la réticence de l’opinion publique « plus particulièrement des employeurs » aux respects des droits des aide-ménagères, la mauvaise perception des aide-ménagères par la communauté, l’insuffisance de moyens par rapport aux besoins, l’empêchement des aide-ménagères à jouir de leurs droits à la vie associative, le poids du système patriarcal. OD/MD (AMAP)
Message du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la Femme, 8 mars 2020
L’égalité des genres est essentiellement une question de pouvoir. Il est indispensable de transformer l’équilibre des pouvoirs. C’est une question de droits humains, d’épanouissement personnel, de santé et de bien-être. C’est aussi essentiel pour venir à bout de certains des problèmes les plus douloureux et les plus épineux de notre temps. La misogynie sévit partout : les femmes se voient qualifiées d’hystériques ou d’instables, elles sont jugées quotidiennement sur leur apparence, les mythes et tabous entourant leurs fonctions corporelles ont la vie dure, et à cela s’ajoutent la manie qu’ont les hommes de vouloir tout expliquer et la tendance à jeter le blâme sur les victimes. La participation des femmes à la direction des processus de médiation et de paix et à la prise de décisions est gage d’une plus grande durabilité et viabilité de la paix. L’égalité des genres revêt une importance essentielle face à l’urgence climatique et les hommes doivent à cet égard assumer leurs responsabilités et agir. Il est essentiel que les femmes aient les mêmes droits et perspectives économiques que les hommes si l’on veut que la mondialisation soit équitable et profite à toutes et tous. Si les femmes ne jouent pas un rôle égal à celui des hommes dans la conception des technologies numériques, les progrès réalisés en ce qui concerne les droits des femmes risquent d’être compromis. C’est bien simple. Les institutions fonctionnent mieux lorsque les femmes y participent. Le XXIe siècle doit être le siècle de l’égalité femmes hommes. Nous devons répondre à l’appel et agir pour qu’il en soit ainsi. Source: ONU
Kidal : Le PM échange avec l’administration, les élus, les Forces de défense, les femmes et les jeunes sur les préoccupations de la région
Kidal, 6 mars (AMAP) Le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé, en mission dans le Nord du pays, après l’étape de Tessalit, est arrivé, jeudi, à Kidal où il a rencontré l’administration, les élus, les Forces de défense, les femmes et les jeunes autour des préoccupations majeures de la région, a appris l’AMAP de source officielle. Les échanges ont porté sur, entre autres, la paix, la réconciliation, la cohésion sociale, l’accès à l’eau potable, la lutte contre le chômage, la valorisation des parcs pour chameaux, la santé et à l’éducation. Les autorités intérimaires ont saisi l’occasion pour faire le bilan des réalisations du gouvernement dans la région pour l’année 2019, depuis leur installation en 2018, avec notamment la construction de leurs locaux entièrement équipés, financée par l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT) sur fonds propres de l’État, la réalisation d’un système d’adduction d’eau alimenté par 12 forages équipés de pompes solaires et la réhabilitation du pont de Tessalit. Elles ont également évoqué la construction de 29 boutiques pour soutenir le tissu économique, de 3 salles de classes équipées et d’un puits à grand diamètre avant de présenter leurs projets pour cette année 2020, avec, entre autres, la construction de micro barrages, de puits à grand diamètre équipés de système solaire et l’aménagement de plusieurs périmètres irrigués. Le Premier ministre a tenu à marquer l’attachement du Président de la République, celui du gouvernement et de l’ensemble des Maliens, à un retour effectif et sans délai de l’administration à Kidal. Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah, a saisi l’occasion pour rappeler qu’il revenait, désormais, aux autorités intérimaires de faire face aux besoins exprimés, une fois que le redéploiement de l’administration locale sera effectif. « Sur décision du Président de la République et conformément aux engagements de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale ainsi qu’aux résolutions du Dialogue national inclusif, 30% des recettes publiques seront directement mis à la disposition des collectivités locales élues, en remplacement des autorités intérimaires actuelles. Ce processus requiert un transfert de ressources et de compétences prévu à partir du 30 juin 2020 », a précisé M. Bah. Le Chef du Gouvernement a, durant son séjour, visité les nouveaux locaux de la direction nationale de la santé, équipée et approvisionnée en matériels sanitaires, en produits pharmaceutiques de première nécessité et en ambulance par le gouvernement du Mali Les rencontres se sont déroulées en présence des ministres de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et de son collègue de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, des autorités intérimaires, du Gouverneur de région, des préfets et sous sous-préfets, des élus et des partenaires techniques et financiers. KM (AMAP)
Sur le Vif : Échéance électorale (B. Touré)
Bamako, 6 mars (AMAP) Les électeurs sont appelés aux urnes le 29 mars prochain pour élire les femmes et les hommes qui nous représenteront à l’Hémicycle pendant les cinq prochaines années. L’ouverture de la campagne est prévue pour ce dimanche en ce qui concerne le premier tour. Le gouvernement est en train de mettre les bouchées doubles pour la tenue de cette échéance électorale capitale. Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, chef d’orchestre de l’organisation, a mis ses troupes en ordre de marche. Des gouverneurs de région aux sous-préfets en passant par les préfets, l’administration est à pied d’œuvre pour la bonne tenue du scrutin. Depuis le mois d’octobre 2019, le ministère en charge de l’organisation des élections a procédé à la révision des listes électorales. La Délégation générale aux élections assure que le ficher électoral est fin prêt. La Commission électorale nationale indépendance (Ceni), chargée de la supervision, fourbit ses armes pour s’assurer de l’orthodoxie dans le processus électoral. Les partis politiques, même ceux qui ont appelé au report de l’échéance électorale, ne se sont pas fait prier pour déposer des listes de candidature. Les mouvements armés signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation adhèrent au processus électoral, faisant la preuve qu’ils s’inscrivent de façon irréversible dans le cadre de la République. La Cour constitutionnelle a fait son travail de contrôle de conformité, avant de valider les listes de candidature autorisées à briguer les suffrages des électeurs. Demain samedi, le retrait des cartes électorales débutera. Les dispositions sont prises par l’administration pour que les citoyens puissent entrer en possession du sésame qui leur ouvre les portes des bureaux de vote. Avancée notable : les cartes biométriques vont contribuer à la sincérité des résultats du vote en permettant une meilleure identification des électeurs et éviter qu’une seule personne ne vote à plusieurs reprises. Pour ce qui concerne la sécurité des élections, le gouvernement assure que tout sera mis en œuvre, en collaboration avec les partenaires de la Minusma et de la force française Barkhane, pour que le scrutin puisse se tenir sur l’ensemble du territoire. Le risque zéro n’existe nulle part. Et le pourcentage du risque est plus élevé quand il s’agit de notre pays, en proie aux menées sanglantes des terroristes. Mais, la conjugaison des efforts des forces de défense et de sécurité déployées sur le terrain, pourrait créer une condition permettant la tenue du scrutin. Depuis le début de la crise en 2012, malgré le climat d’insécurité, les élections se sont tenues. Pourquoi est-ce impossible cette fois-ci ? Le niveau de la violence est plus élevé actuellement. C’est l’argument avancé pour tenter de semer le doute dans les esprits. Surtout de la part de ceux qui ont peu de chance de réunir un nombre important de suffrages. Vouloir se faire une place au soleil sans passer par l’épreuve des élections, est une tentation dangereuse. Elle ouvre la porte à l’aventure. Et l’aventure est une alternative plausible si les élections législatives ne se tenaient pas à la date indiquée. N’oublions pas le gouvernement n’a fait que se conformer aux résolutions du Dialogue national inclusif, indiquant que les nouveaux députés devront intégrer l’Hémicycle avant le 2 mai prochain. Tout le monde semble d’accord qu’il est hors de question de procéder à une nouvelle prorogation du mandat des députés sortants. S’il n’y a pas d’élections alors que le mandat des députés arrive à expiration, à quoi faut-il s’attendre ? Les tenants du report des législatives se gardent de dévoiler leurs intentions mais, il est aisé de comprendre que certains rêvent d’un scénario qui associerait l’essentiel de la classe politique à la gestion du pouvoir, en attendant d’hypothétiques élections. En clair, imposer un organe législatif à l’identité et aux objectifs incertains. Pour y entrer, il faudra juste savoir jouer des coudes. À ce jeu, excellent les poids plumes sur le plan électoral. Le jeu politicien a pour finalité l’accession au pouvoir mais, pas de n’importe quelle façon. Surtout dans ce pays où, compte tenu de la situation actuelle, le souci majeur devrait être de ne pas ajouter la crise à la crise. B. TOURÉ (AMAP)
Santé : Aucun cas de Coronavirus n’a été détecté dans notre pays (Dr Coumaré, Secrétaire général du ministère de la Santé)
Bamako, 6 mars (AMAP) Le secrétaire général du ministère de la Santé et des Affaires sociales, Dr Mama Coumaré a déclaré jeudi, dans les locaux de son département qu’aucun cas de Coronavirus (Covid-19) n’a été détecté dans notre pays, a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite au cours d’une conférence de presse en présence du coordinateur général de la lutte contre l’épidémie à Coronavirus et directeur de l’Institut national de santé publique (INSP), Pr Akory Ag Kinane et du représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Jean Pierre Baptiste. Dr Coumaré a, par ailleurs déclaré que le Mali a mené des actions qui s’articulent autour de la coordination notamment la mise en place d’une cellule de coordination nationale et d’un comité de crise au niveau national dont l’objectif est de servir de point de contact et de conseils pour les autorités administratives et la population. Le Secrétaire Général a également souligné que la sensibilisation se fait à travers différents supports de communication, notamment les médias, les écrans publicitaires et les communiqués pour prévenir contre cette maladie. Dr Mama Coumaré a précisé que des équipes opérationnelles dotées en matériels et médicaments pour faire le suivi au niveau de ces cordons sanitaires veillent au niveau des aéroports et de 15 points d’entrée terrestre. Le Secrétaire Général a déclaré que des ressources humaines ont été mobilisées pour la cause, précisé que 4 laboratoires sont, aujourd’hui, en mesure d’établir le diagnostic du Covid-19 dans notre pays avant de rappeler l’urgence et la nécessité d’observer des mesures d’hygiène, notamment le lavage des mains au savon et l’assainissement de notre cadre de vie. Le coordinateur général de la lutte contre l’épidémie à Coronavirus, Pr Akory Ag Kinane a, pour sa part, indiqué que notre pays dispose d’un système de surveillance épidémiologique adéquat avant d’inviter la population à garder la sérénité et à ne pas diffuser des rumeurs alarmantes. Pr Akory Ag Kinane a enfin rappelé qu’un numéro vert (36061) est disponible pour informer les services compétents sur d’éventuels cas suspects. Le Covid-19 a déjà fait 3.214 décès sur 94.250 cas confirmés dans le monde. La Chine et la Corée du Sud sont les deux pays les plus touchés avec respectivement 80.270 et 5.261 cas confirmés et le continent africain a enregistré 26 cas confirmés avec zéro décès. Les pays atteints sont l’Algérie, l’Égypte, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, le Nigéria et tout récemment l’Afrique du Sud. MDZ/KM (AMAP)
Le Premier ministre dans la Région de Kidal : Paix, réconciliation et développement
Correspondance particulière Kidal, 05 mars (AMAP) – Le Premier ministre, à la tête d’une forte délégation, a entamé, mercredi, une visite de trois jours dans la capitale de la 8è Région, Kidal, comme à Tessalit où il a visité des infrastructures et rencontré la société civile et les forces armées reconstituées. La première étape de cette visite importante, qui marque un tournant décisif dans le processus de paix et de réconciliation, a été Tessalit où le chef du gouvernement a été accueilli, à sa descente d’avion par le gouverneur de la Région, Sidi Mohamed Ichrach. Dr Boubou Cissé et sa délégation se sont aussitôt dirigés vers l’école Ahmed Ag Assalat, où ils ont visité des classes en plein cours. Cette école est emblématique à Tessalit pour avoir formé tous les cadres de la localité. Ensuite, cap sur le quartier d’Ahambubar où le Premier ministre a découvert le chantier de rénovation des bâtiments administratifs de la ville mené grâce au Programme d’urgence pour la relance du développement des Régions du Nord (PURD/RN). La visite de Tessalit a surtout été marquée par la rencontre avec les forces vives du Cercle. Leaders communautaires, notabilités, associations de femmes et de jeunes ont félicité le chef du gouvernement pour cette visite mémorable et surtout réaffirmé leur attachement à la République et aux valeurs républicaines. Ils ont, surtout, invité Dr Boubou Cissé à s’impliquer activement pour une mise en œuvre adéquate de l’Accord pour paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Après avoir remercié la population, au nom du président de la République, le Premier ministre a réaffirmé la ferme volonté du gouvernement de poursuivre, de façon diligente, le processus de paix, afin d’engager les chantiers de développement. Avant de quitter la ville au cœur des oasis, Dr Boubou Cissé a partagé un repas de corps avec les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs collègues de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilsation au Mali (MINUSMA). Au cours de ce moment de partage et de grande convivialité, les FAMa de Tessalit ont réaffirmé leur engagement à défendre la patrie. Jeudi, le Premier ministre et sa délégation étaient à Kidal. Il a été accueilli à sa descente d’avion par le gouverneur de la Région, en présence du président de l’Autorité intérimaire, du maire, des responsables administratifs et des notabilités, ainsi que les responsables des groupes armés. Aussitôt après l’accueil protocolaire, le chef du gouvernement a rendu une visite de courtoisie aux notabilités réunies chez l’Amenokal Mohamed Ag Intallah. Celui-ci a réaffirmé son attachement à la République et son engagement sans faille au processus de paix et de réconciliation. Les responsables de l’Autorité intérimaire ont rappelé les préoccupations des Kidalois : l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé, à l’éducation, le retour définitif des services de l’administration. En réponse, le Premier ministre a rappelé l’impératif de paix pour la Région de Kidal, gage de tout développement. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à accélérer le processus de normalisation et invité les membres de l’Autorité intérimaire à s’impliquer activement pour l’attente des objectifs. Le Premier ministre a, ensuite, visité la direction régionale de la Santé de Kidal où il a remis au personnel un important lot de médicaments et une ambulance équipée. La délégation a, aussi, apprécié le travail des artisans locaux et visité les trois radiers de Kidal, la Maison de la société civile, la station d’Energie du Mali (EDM), le lycée Attaher AG Illy, le Centre de santé de référence (CSRéf), le site de la future piste d’atterrissage de Kidal. Dans l’après-midi, il y a eu la signature d’une convention de financement de la Banque africaine de développement (BAD) portant sur 35 milliards de Fcfa. Ce fonds est destiné à la construction de la route Bourem-Kidal dont le coût global se chiffre à 87 milliards de Fcfa. Le reste du financement est apporté par l’Union européenne (UE) et l’Etat malien. Le Premier ministre, qui poursuit sa tournée en 8è région, se rend ce vendredi à Aguel’hoc. MD (AMAP)
Transport : Les souvenirs de Bocar, chauffeur de taxi depuis les années 80
Par Ahmadou Cissé Bamako, 05 mars (AMAP) La Mercedes 190 s’immobilise, essoufflée par un (trop) long parcours. L’âge, même chez les moteurs, ne pardonne pas ! Sa première mise en circulation date de 1990. Donc 30 ans ! Une respectable dame. Elle est cabossée de toute part. Les séquelles de plusieurs accidents ont fini de la dénaturer. La couleur jaune tend vers le nacré. Un coup de chiffon lui ferait certainement le plus grand bien. Le chauffeur en sort, l’air pressé mais visiblement fatigué. Il a dû se réveiller depuis le premier chant du coq pour ne pas rater les premiers clients lève-tôt. A 64 ans, Bocar garde encore le sourire. Fataliste de l’extrême, sa vie est gouvernée par le destin. Derrière le volant de son taxi, il parcourt jour et nuit artères, rues et ruelles de la capitale. Ce jour-là, après avoir conduit une cliente jusqu’à Kati voisine, il fait un arrêt obligatoire chez le garagiste. Le plissement de son nez de fouine ajoute, d’un coup, douze rides à son front déjà bien pourvu. Il fit inspecter son taxi par le toubib des tacots. Celui-ci diagnostique une anomalie dans l’alimentation du moteur en carburant et préconise d’autres entretiens d’urgence. Sans quoi, le véhicule risque de rendre, définitivement, l’âme dans les jours qui suivent. Bocar n’a guère le choix que d’interroger son porte-monnaie et dépenser ses maigres recettes de la veille pour mettre son taxi en état de (re) marcher. Le mécanicien se mit au travail… Pendant ce temps, le vieux taximan plonge dans ses souvenirs. D’un commerce facile, il fit remarquer à un jeune apprenti du mécanicien qu’il est plus âgé que son père. Peut-être même le grand père du garçon. Natif de Bénougou, dans le Cercle de Kati, il est chauffeur de taxi depuis 1982 à Bamako. Ville qu’il n’a jamais quittée depuis les années 70 quand sévissait la famine dans le Sahel. Les cheveux blancs, dos légèrement courbé sous le poids de son travail de chauffeur de taxi, il n’a connu que ce métier qu’il adore par-dessus le marché. « Adorer, c’est trop dire », corrige le vieux taximan qui précise qu’il n’a pas « trouvé mieux pour entretenir sa famille déjà nombreuse. « C’est le fait de Dieu », se console-t-il, toujours fataliste. LES FRANÇAISES –« Dans les années 80, nous n’étions pas nombreux à pratiquer ce métier. De toutes les façons, il n’y avait pas assez de véhicules à Bamako », se remémore Bocar. Lui-même n’a été chauffeur de taxi attitré qu’en 1982. En cette belle époque, les taxis sont centralisés à la Place du Souvenir, communément appelée par les Bamakois « Location place ». Les Mercedes 190 et 200 qui font l’essentiel des « jaunes » aujourd’hui n’étaient pas encore fabriquées. C’étaient les Renault : R9, R12, R4… Que des françaises !« Nous étions payés en francs maliens. Deux ans plus tard, le Mali bascule dans le CFA » dit-il, nostalgique. Le taxi est entre les mains du mécanicien. Celui-ci est entouré de ses apprentis. Les cliquetis du moteur ne rassurent pas Bocar. Pour lui, cette résonnance du moteur montre que les parois de la chambre de combustion où logent les pistons sont dans un sale état. Le mécanicien, lui, reste imperturbable et continue tranquillement à désosser le tacot de notre vieux taximan auquel il faut, pourtant, donner une nouvelle jeunesse. Bocar enseigne que le métier de « taximan » était noble. Le taxi nourrissait son homme. Les chauffeurs étaient sérieux et bien organisés. Entre les lignes, il fallait lire que ceux d’aujourd’hui ne répondent plus aux critères d’antan. Très indisciplinés dans la circulation routière, ils sont à l’origine de plusieurs accidents, entrainant mort d’homme. La nuit, ils ont la sale réputation de se faire complices ou auteurs de vol et de braquages. Les chauffeurs de taxi cèdent leurs engins aux plus jeunes qui roulent jusqu’à l’aube. Chacun y trouve son compte. Bocar est contre cette tricherie. « Ce n’est pas normal », dit-il. Le véhicule, selon lui, doit avoir un temps de repos. La cité était bien organisée en 1982. Bamako était repartie en zones pour les taxis. Les tarifs sont connus de tous. Pour aller dans la zone 1, il faut débourser 700 Fcfa. Cette zone renferme le centre-ville (Bagadadji, Bamako Coura, Dravela, Tominkorobougou, Hamdallaye).Quand on veut joindre la zone 2, il faut débourser 1400 Fcfa. Il s’agit des anciens quartiers de Lafiabougou, Quartier Mali, Bankoni, Korofina, Bakarybougou, Sans fil et Zone industrielle. La zone 3, à 2100 Fcfa, couvre Faladje, Niamakoro, Djelibougou et Boulkassoumbougou.Pour aller à Kati où à l’aéroport, le client saigne de 3500 Fcfa. »A cette époque, nous versons une moyenne de 5000 au propriétaire du taxi contre 10000 Fcfa aujourd’hui « . Né d’un père cultivateur et d’une mère ménagère, Bocar Koné promet de finir ses jours dans ce métier dont est fier. Après les réparations, le mécanicien rallume le taxi, après plusieurs tentatives infructueuses. Le moteur est agonisant. La carrosserie ne paye pas de mine. Mais Bocar ne peut se donner le luxe de changer le moteur de son taxi. Il lui faut près du demi-million. Les 15.000 Fcfa de frais de réparation lui donnent déjà du fil à retordre. Alors, un nouveau moteur ? Trois grosses gouttes de sueur coulent sur son front. En fouillant dans ses poches, il rassemble en menues monnaies le montant. Soulagé, il embarque, avant de se fondre dans le magma de voitures qui étouffe la capitale. AC/MD (AMAP)
Finale du Tournoi UFOA Dames: Le Mali joue contre le Sénégal, samedi
Bamako, 5 mars (AMAP) La sélection nationale féminine de football du Mali joue contre le Sénégal samedi à Freetown en Sierra Leone,pour le compte de la finale de la 1ère Édition du Tournoi UFOA Zone A Féminin, suite à sa victoire contre le Cap Vert (4-0), a constaté l’AMAP. Les buts des maliennes ont été marqués par Agueissa Diarra aux 32è et 42è minutes et Zeynabou Sidibé aux 55è et 88è minutes de jeu. «Je félicite les joueuses, je suis content pour elles et pour l’ensemble du peuple malien. Mais le travail n’est pas fini, nous devons jouer contre le Sénégal, un match capital qu’il faut absolument remporter pour être sacré championne», a déclaré le technicien malien, Mohamed Saloum «Houssei». «Comme mes coéquipières, je suis très contente de la victoire. Le début de la rencontre a été difficile. Nous avons pu résister aux assauts des Cap-Verdiennes pour ensuite marquer les premières. Nous nous sommes battues et nous avons gagné au finish», a déclaré la défenseure Fatou Dembélé. En rappel, pour se qualifier à l’épreuve de la finale, le Sénégal a tenu en échec le Libéria par le score de 3 -0. DB/KM (AMAP)
Bientôt une stratégie nationale de police de proximité
Bamako, 05 mars (AMAP) Un atelier de deux jours, destiné à définir une Stratégie nationale de police de proximité, auquel participent 66 acteurs concernés, notamment des magistrats de la Cour suprême et du siège, des juges d’instruction, des greffiers, des avocats, des huissiers, des notaires et des commissaires de justice, a débuté, mercredi, à Bamako. Cette rencontre est organisée par le Commissariat à la réforme du secteur de la Sécurité (C-RSS), avec l’appui de l’Institut des États-Unis pour la paix (USIP), en collaboration avec l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH). Le Commissaire à la réforme du secteur de la sécurité, le général M’Bemba Moussa Keita, a indiqué, dans son discours d’ouverture, qu’à l’instar des autres pays de la sous-région et du monde, le Mali subit les affres du terrorisme, des actes de grand banditisme et de criminalité transfrontalière organisée. « Ces phénomènes et d’autres formes d’activités illégales, a poursuivi le général M’Bemba Moussa Keita, constituent des obstacles de taille à la stabilité nationale et régionale, à la sécurité et à la croissance économique ». Toute chose, selon lui, qui justifie l’importance de la création et l’opérationnalisation de la police de proximité qui devrait contribuer à limiter les risques d’endommagement physique et social des communautés, sur le long terme, et, ainsi, d’éviter l’effondrement total des villes et autres localités. Dans le contexte malien, a-t-il affirmé, la police de proximité s’articule autour d’une mission, confiée à la police et aux autres forces en charge de la sécurité, destinée principalement à contrer la criminalité transfrontalière, le trafic d’êtres humains, la cybercriminalité, la radicalisation et le terrorisme. « Il s’agit, aussi, d’apaiser les relations entre la population et la police, de créer un climat de confiance mutuelle dans un environnement sécurisé », a conclue le général Keita. Pour sa part, le directeur général adjoint de l’Institut national de formation judicaire (INFJ), Aliou Badra Coulibaly, représentant le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, a souligné qu’il s’agira, au cours de la rencontre, de mettre en place une stratégie nationale de police de proximité qui participera à asseoir une vision commune et partagée par l’ensemble des acteurs étatiques et non étatiques de la sécurité. « Cela, a ajouté Aliou Badra Coulibaly, en vue de capitaliser davantage les solutions embryonnaires et d’en déceler les lacunes pour y apporter les solutions les mieux appropriées ». Le directeur général adjoint de l’INFJ, a rappelé qu’en ce qui concerne, spécifiquement, le secteur de la justice, une loi d’orientation et de programmation a été adoptée en décembre dernier. « Cette loi permettra, a-t-il expliqué, de 2020 à 2024 de doter la justice de moyens pour répondre aux attentes de nos concitoyens ». L’ambassadeur des États-Unis au Mali, Dennis B. Hankins, a insisté sur l’importance de la justice et de la sécurité dans le rétablissement du contrat social entre la classe politique et la population. Et le diplomate américain d’espérer que pendant cet atelier les participants trouveront les meilleures approches pour rassurer les populations que les forces de sécurité sont mieux en termes de qualité que les autres groupes armés (terroristes, criminels et milices) qui circulent au Mali. Pour le gouvernement, a exhorté Dennis B. Hankins, il faut que les juges et les magistrats donnent une justice qui soit égale pour tout le monde. « Il faut créer ces lignes de communication avec les populations qui seront des forces multiplicatrices d’efficacité des efforts du gouvernement », a insisté Dennis B. Hankins. AT/MD (AMAP)
Sous-produits d’abattage : Un business rentable
Reportage : Marian F. DIABATE Bamako, 05 mars (AMAP) Sur un grand espace longeant la Route nationale (RN7), à quelques kilomètres du grand virage de Sirakoro Méguetana, Moussa Sow, 35 ans, semble s’accommoder parfaitement de l’odeur infecte des restes d’abattage et des essaims de mouches qui pullulent. Après tout, c’est son lieu de travail. Ici, des queues de vaches suspendues à des structures en bois surplombent des monticules de cornes qui jonchent le sol. Sa journée de travail commence par un geste simple : dévoiler les «collines de cornes» recouvertes de bâches. Si le décor est fait d’une hygiène répugnante, à cause de l’odeur nauséabonde et les nuées de mouches, l’activité, elle, d’un point de vue «économique» est assez rentable. Ce n’est certainement pas Sow qui soutiendra le contraire. Depuis deux décennies, il exploite les cornes, poils de queues, mâchoires… Un business qui lui permet de relever le défi du chômage. « C’est dans le commerce de cornes que je suis connu. Il n’y a pas de sot métier», affirme-t-il, occupé à vérifier l’état d’un amas de cornes se distinguant des autres par sa couleur blanche. Le commerce de sous-produits d’abattage pour ce trentenaire est une activité à laquelle il était prédestiné, lui qui est fils de boucher. «Un beau jour, nous raconte-t-il, sur son lieu de travail, un ami qui m’a emmené des étrangers qui avaient besoin de cornes en quantité ». « Je suis fils de boucher, c’est la seule raison pour laquelle, on m’avait présenté ces Blancs», ironise-t-il. Mais à l’époque, notre interlocuteur n’avait aucune idée de ce qu’on pouvait gagner dans le commerce de cornes. C’était il y a 20 ans. «Je suis allé à l’abattoir de Sabalibougou-Courani. A l’époque, les cornes ne se vendaient pas, mais, dès que j’ai parlé de mon projet, ils m’ont vendu un tas à 50.000 Fcfa. Sa revente m’a rapporté un gros bénéfice. C’est après cela que, j’ai pris goût à l’activité», nous explique-t-il. Depuis ce jour, Moussa, natif de Mopti s’approvisionne en cornes à l’abattoir de Sabalibougou où il achète les deux types de cornes : les fraîches qui datent de peu de temps et les pourries. «On me cède la paire de cornes fraîches à 175 Fcfa», confie-t-il, ajoutant qu’il revend la même paire à 400 Fcfa, alors que celle en décomposition est cédée entre 200 et 250 Fcfa. Aux grossistes, il écoule le chargement de moto tricycle à 20.000 Fcfa, alors qu’un chargement de minibus-sotrama coûte 75.000 Fcfa. Si Sow est un fin connaisseur des cornes fraîches, il n’en sait pas autant sur les «décomposées» auxquelles il s’est intéressé, il y a seulement trois ans. Il affirme être un peu novice en ce qui concerne les «décomposées». «Je ne les achète pas au même prix que les cornes fraîches. Je préfère, d’ailleurs, les acheter à l’état frais. J’assure la décomposition, en les arrosant, matin et soir, pendant 15 jours durant la saison sèche, mais, pendant l’hivernage, deux pluies suffisent pour les décomposer», explique-t-il Qui sont les clients et à quoi servent ces produits, dont peu de personnes connaissent l’importance ? Pour Moussa, ce sont des Maliens. «Ils s’en servent comme engrais dans les champs et les vergers. Mes clients soutiennent que les cornes procurent un goût spécial aux fruits. En marge du commerce des cornes, notre trentenaire s’intéresse également au business des testicules de bœufs qu’il appelle «kôti-kôti» (animelles ou rognon blanc), aux queues de bœufs et d’autres abats, qu’il achète à l’abattoir de Sabalibougou-Courani. Pour le «kôti-kôti», l’unité coûte 150 Fcfa. Cet abat est prisé, selon lui, par les restaurants togolais, béninois, nigérians, camerounais et même maliens. Sow leur cède l’unité entre 200 et 350 Fcfa. «J’achète, également, la queue de bœuf à 600 Fcfa. J’enlève la viande et fais sécher les poils que je revendrai entre 125 et 200 Fcfa le kilo», nous explique-t-il. Ajoutant que la queue est utilisée comme un instrument traditionnel de nettoyage dans les boutiques. Quant aux autres os comme les mâchoires, le contenu des cornes et bien d’autres, le commerçant de sous-produits d’abattage affirme qu’il les brûle avant de les vendre. «Réduits en poudre, ils servent d’ingrédients pour la fabrication d’aliment bétail et de craie», indique-t-il. Il vend le sac de 100 kg à 1000 Fcfa. Pour Moussa Sow, l’un des défis de ce métier est le manque de fonds surtout au démarrage de l’activité. «J’ai souffert le martyr à cause des difficultés liées au processus de décomposition des cornes. Cela nécessite qu’on achète des équipements, des produits qui sont chers. Il vaut mieux y être préparé avant de se lancer», conseille-t-il. Moussa Sow nous confie qu’il vit de ce métier. «C’est grâce à cela que je me suis marié, que je nourris ma famille. Et j’ai pu acheter une terrain et construire ma propre maison», témoigne-t-il, en rendant gloire à Dieu. Dans l’avenir, notre interlocuteur ambitionne de créer son entreprise. Il souhaite embaucher les jeunes sans emploi, afin de relever le défi du chômage au Mali. Pour Moussa Fané, un de ses employés, ce métier est sa seule passion. Il est infatigable. C’est la motivation de son patron qui l’a incité à faire ce travail. MFD/MD (AMAP)

