Mali : Deux grands projets de production de lithium en préparation  

Par Cheick M. TRAORE Bamako, 15 septembre (AMAP) Le Mali se prépare à devenir l’un des plus grands producteurs mondiaux de lithium. «Au niveau de l’exploitation minière de lithium, le continent est quasiment vierge. Le Zimbabwe fait, toutefois, l’exception avec la mine de Bikita. Mais par la diversité des projets, la qualité et l’importance des ressources, ce sont la République démocratique du Congo (RDC) et le Mali qui viennent en tête des plus gros potentiels producteurs africains de lithium», analyse l’Agence Ecofin. Troisième producteur d’or sur le continent, après l’Afrique du Sud et le Ghana, le Mali dispose de deux grands projets (Goulamina et Bougouni) pour l’exploitation de lithium, indispensable pour la fabrication des batteries, de voitures électriques, etc. Aucune exploitation n’est, pour l’instant, en cours. Les infrastructures (usines et autres) doivent être implantées avant l’entrée en production des mines. Mais les avancées sont réelles. 109 MILLIONS DE TONNES – Le projet de Goulamina, acquis en 2016, est géré par Mali Lithium Limited, un explorateur d’or actif au Mali. Une étude de préfaisabilité réalisée en 2018 et mise à jour en août 2020, estime le potentiel à 109 millions de tonnes à 1,45% Li20 avec 1,57 million de tonnes de Li020. La mine pourrait produire 362.000 tonnes par an de concentré de spodumène (minerais de lithium) à 6% Li2O durant 16 ans. Faisant de Goulamina l’un des plus grands gisements de lithium au monde prêts à être développé. «Une étude de faisabilité définitive (DFS) doit être achevée en septembre 2020. La société explorera toutes les options pour réaliser la valeur de cet actif exceptionnel à la fin de la DFS», précise son site internet malilithium.com. Le projet Bougouni Lithium, obtenu également en 2016, est détenu par Kodal Minerals. La société a reçu l’approbation de sa demande d’évaluation d’impact environnemental et social au quatrième trimestre 2019. Une requête de permis minier a été déposée au premier trimestre 2020. Elle dit avoir l’intention de poursuivre le développement de la mine à Bougouni (Sud), une fois l’autorisation accordée. Une étude de faisabilité, annoncée en janvier 2020, estime le potentiel à 1,94 million de tonnes de concentré. Soit une production moyenne de 220.000 tonnes de concentré de spodumène à 6% par an. Sa durée de vie minimale est évaluée à 8,5 ans. Le besoin en capital pour son développement jaugé à 117 millions de dollars (environ 64,350 milliards de Fcfa), remboursable en 1,7 an. En plus de son projet phare Bougouni Lithium, Kodal Minerals détient aussi le projet Bougouni Ouest qui s’étend sur 200 km2 et le projet Diendio couvrant une superficie de 109 km2. Collectivement, Kodal possède une propriété foncière de plus de 800 km2 au Mali. « Ce qui en fait le plus grand développeur de lithium en Afrique de l’Ouest en termes de superficie », affirme le site internet de Kodal Minerals. Ces découvertes augurent de lendemains meilleurs pour le secteur minier malien. Selon une étude publiée en août dernier par l’Agence chilienne Cochilco citée par l’Agence Ecofin, la demande mondiale de lithium devrait sensiblement augmenter pour atteindre 2 millions de tonnes, d’ici 2030, grâce au secteur de l’automobile. La hausse attendue des prix de ce métal devrait alors profiter aux principaux producteurs que sont pour l’instant l’Australie, le Chili ou encore la Chine. Les deux projets au Mali pourraient, d’ici là, entrer en production aux cotés de ces leaders mondiaux en matière d’exploitation de lithium. 800.000 KM2 DE BASSINS SEDIMENTAIRES – Outre cette matière première, le Mali a des indices probants de beaucoup d’autres substances : bauxite, fer, nickel, manganèse, cobalt, phosphate, terres rares… Côté hydrocarbure, le potentiel en pétrole est phénoménal, surtout en gaz. Sur une superficie totale de 1.241.000 km2, le Mali fait 800.000 km2 de bassins sédimentaires continuant jusqu’aux abords de Bamako et de Koulikoro, située à près de 60 km de la capitale. Concernant le pétrole par exemple, 13 prospects ont été identifiés au niveau du bloc 4 du bassin de Taoudéni, où les recherches ont été un peu plus poussées. L’analyse de deux de ces prospects fait ressortir un potentiel de 2,5 milliards de baril de pétrole. Les mêmes prospects contiennent 417 milliards de m3 de gaz. Dans le graben de Gao, le potentiel d’un seul prospect est estimé à un milliard de baril de pétrole. Autant d’endroit où il est possible de trouver du pétrole. Pour espérer en profiter, notre pays devra résoudre la lancinante question de l’insécurité qui a stoppé la dynamique enclenchée. A la faveur de la création en 2014 de l’Autorité pour la promotion de la recherche pétrolière au Mali (AUREP), les investisseurs ont manifesté un engouement véritable pour ce secteur. Découpés en 15 blocs, les bassins sédimentaires avaient été re-découpés en 25 face à la demande, puis en 32. Les demandes se sont encore accrues. La taille des 32 blocs a été réduite pour en faire 43 dont plus d’une trentaine étaient occupés. Tous les occupants sont partis quand la rébellion a éclaté en 2012. DOMAINE NEVRALGIQUE – Si l’Etat malien a pu résister au choc causé par la crise de 2012, assurer ses missions régaliennes, c’est parce que la crise avait épargné le secteur aurifère. Domaine névralgique qui a permis de réanimer le pays comme un malade maintenu en vie grâce à un respirateur. Rien de surprenant. L’or représente un peu moins de 70% des recettes d’exportation du pays. Les revenus engrangés sur le métal jaune valent 30% des recettes budgétaires, soit un peu plus de 400 milliards de Fcfa en 2019. Elles sont de l’ordre de 7 à 8% du Produit intérieur brut (PIB). Au regard de l’importance du secteur dans l’économie nationale, le Mali multiplie les initiatives en vue de la diversification des ressources minérales, afin, non seulement, de faire davantage face aux besoins pressants en matière de développement, mais aussi d’être beaucoup plus résiliant face à certaines situations conjoncturelles aux conséquences incalculables pour les populations. Les efforts consentis à cet effet commencent à donner des résultats. CMT/MD (AMAP)

Contribution : Le secteur coton : Première victime de la Covid-19 et de l’instabilité au Mali

Bamako, 15 sept (AMAP) La transition politique du Mali, quelles que soient sa forme et sa durée ne pourra pas faire l’économie des urgences économiques, dont celle relative au secteur coton. La baisse des surfaces en coton de près de 80% est due aux conséquences de la Covid-19, mais aussi, et surtout à l’impertinence des choix politiques. La relance de la culture du coton, seul secteur d’activité contribuant significativement à la croissance économique du Mali et dont les revenus et capitaux appartiennent majoritairement aux Maliens, ne pourra pas attendre la fin de la transition. La fixation du prix au producteur à 200 Fcfa, contre 275 Fcfa la campagne précédente, a suscité de virulentes protestations des agriculteurs à la base alors que leurs faîtières nationales avaient acté cette baisse. L’instabilité politique qui a finalement occasionné un changement de régime bien qu’étant une des causes de la gestion chaotique de la campagne cotonnière 2020 peut avoir des effets négatifs sur les campagnes prochaines si des mesures correctives ne sont pas prises. Les producteurs de coton risquent d’être les victimes oubliées de la crise de la Covid-19 et de la transition politique qui s’annonce alors que ce secteur est vital pour les exploitations agricoles, mais aussi la sécurité alimentaire et la stabilité sociale pour tout le pays. Importance du coton – Au Mali, le coton est cultivé par plus de 200 000 exploitations agricoles familiales dans la partie sud du pays. La zone est organisée en quatre filiales, 41 secteurs d’encadrement et 520 zones de production agricole regroupant plus de 4.000 villages. L’encadrement de la production, la commercialisation du coton-graine, l’égrainage et la vente de la fibre sont assurés par la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) en partenariat avec la Confédération des sociétés-coopératives des producteurs de coton (C-SCPC) et l’Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN). On parle plus souvent de système coton grâce au caractère intégré de la culture. Cette intégration se fait dans la rotation entre le coton et les céréales (maïs, mil et sorgho) et entre les productions végétale et animale grâce à l’intégration agriculture-élevage. La production de 2019 était de 723 mille tonnes de coton-graine et environ 2,5 millions de céréales. Chaque habitant de la zone cotonnière, en plus de ses propres besoins, peut assurer la sécurité alimentaire pour un Malien supplémentaire sur la base de la norme de 190 kg de céréale par personne et par an fixée par le Comité inter-états de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS). Ainsi, le coton qui fait vivre près de 5 millions de Maliens, a apporté un revenu monétaire net d’environ 100 milliards de liquidités aux producteurs en 2018 et 271 milliards de recettes d’exportation au Mali en 2019. La fixation du prix au producteur – Depuis la fin des années 1980, le prix d’achat du coton-graine auprès des producteurs est indexé au prix sur le marché mondial. Seulement 2% de la production sont consommés par l’industrie et l’artisanat textiles, le reste est exporté. Ceci crée naturellement une dépendance vis-à-vis du prix sur le marché mondial. Chaque année, entre avril et mai, les acteurs de la filière coton (CMDT, OHVN et C-SCPC) fixent, en accord avec le gouvernement, le prix d’achat du coton graine. La garantie d’un prix d’achat intéressant dès le début de la campagne est encourageante pour les producteurs. Ce prix est fixé sur la base des critères de rémunération des efforts des producteurs, d’équilibre financier de la CMDT et du prix du coton sur le marché mondial. En plus, au même titre que les autres productions agricoles, le coton bénéficie de la subvention des engrais de 50%. Mais en 2020, dans le cadre des accords avec la Banque mondiale, le gouvernement a décidé de suspendre la subvention des engrais. C’est sur la base de ces considérations que le prix du coton a été fixé d’abord à 200 F/kg puis à 250 Fcfa. Le prix du kg de fibre de coton est passé de 924 Fcfa à 557 Fcfa, soit une perte de 367 Fcfa par kg entre avril 2019 et avril 2020. Les conséquences de la baisse du prix au producteur La baisse du prix au producteur annoncée en mai 2020 (de 275 à 200 Fcfa) était d’une ampleur inégalée jusque-là : une perte de 75 F au kg d’une campagne sur l’autre, soit une baisse de 27% entre 2019 et 2020. En brut, cette baisse devrait occasionner une perte de 54 milliards sur la base d’un objectif de production de 720 000 tonnes de coton-graine. Au niveau des agriculteurs et de leurs familles, sur la base d’un taux d’endettement de 48%, la chute allait se traduire par une perte nette de 28 milliards de francs CFA de revenu liquide. Quel secteur peut compenser une perte de revenu de cette ampleur dans les zones sud du Mali ? Pour soutenir les producteurs, l’État avait proposé un soutien de 10 milliards sous forme d’un complément de prix de 15 Fcfa par kg, mais en contrepartie, il allait supprimer la subvention des engrais. En somme, par simple jeu arithmétique, on enlève de la main gauche ce qu’on met dans la main droite. Des efforts louables, mais pas suffisants – Après moult péripéties, le gouvernement a revu le prix à 250 Fcfa le kg et maintenu la subvention de 50% des engrais sur le coton un dimanche 7 juin dans l’après-midi. Il a agi plus sous la pression des agriculteurs et de la contestation politique qu’en raison d’une politique volontariste de développement économique pourtant nécessaire si on observe bien l’apport du secteur coton à l’économie malienne. Les responsables de la filière misent sur un gain de productivité grâce à l’augmentation du rendement à l’hectare pour équilibrer les comptes d’exploitation des producteurs. C’est un choix classique en cas de baisse de prix, mais sauf que les marges de gain sont limitées. En effet, depuis les années 2000 où on a constaté la baisse des rendements en coton, les efforts pour l’amélioration des itinéraires techniques n’ont pas permis

Décès du Général Moussa Traoré : Une page de l’histoire du Mali se tourne

Bamako, 15 sept (AMAP) Le Général Moussa Traoré, deuxième Président du Mali indépendant, est décédé ce mardi 15 septembre 2020, à l’âge de 84 ans, ont confirmé, en début d’après-midi, à Bamako, plusieurs sources proches de la famille de l’ancien chef d’Etat. La dernière apparition publique de l’ancien président remonte à il y a quelques semaines, quand il recevait, à son domicile, une délégation du Comité national pour le salut du people (CNSP). A cette occasion, il a declare avoir prodigué des conseils aux officiers venus lui rendre visite. Avant de lancer cette phrase, l’une des dernières qu’on retiendra de lui : « Je n’ai jamais désespéré de mon pays ». Moussa Traoré est né le 25 septembre 1936 à Sébétou, dans la Région de Kayes (Ouest). Militaire, il a été président de la République de 1968 à 1991, après un coup d’Etat contre le père de l’indépendance du Mali, le président Modibo Keita. Il a fondé en 1976 l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), parti unique. En 1991, son pouvoir réprime, par les armes, des manifestations estudiantines et du mouvement démocratique, à Bamako et à l’intérieur du Mali, faisant de nombreux morts. Le Général Traoré sera renversé dans la foulée, le 26 mars 1991, par un coup d’État militaire mené par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré. L’ancien Chef d’Etat est alors emprisonné et sera jugé deux ans plus tard. Condamné à la peine capitale pour crime de sang commis entre janvier et mars 1991 par la Cour d’assises de Bamako, il verra sa peine commuée à la prison à vie, en septembre 1999, avant être gracié, en mai 2002, par le président Alpha Oumar Konaré. Depuis sa libération, le Général Moussa Traoré vivait discrètement à son domicile, une villa au quartier Djikoroni-Para de Bamako. MT/MD (AMAP)

San : Un mort et 3 blessés dans un accident de la circulation à Toura

San, 15 septembre (AMAP) Une fillette a trouvé la mort et trois autres personnes ont été blessées lundi, dans un accident de la circulation sur la RN 13,  aux environs du village de Toura, dans la Commune rurale de Dah, cercle de San, a appris l’AMAP de source locale. Notre source précise qu’une fillette de 4 ans transportant sur son dos une autre âgée de 2 ans, voulant traverser la route, a été renversée par un motocycliste transportant un passager, circulant dans le sens San –Koutiala. Selon la source, la fillette transportée au dos est décédée et trois autres personnes dont celle qui l’a transportait, le motocycliste et son passager ont été blessés dans cet accident de la circulation qui serait dû à l’excès de vitesse et à l’inobservation des règles élémentaires de la circulation routière par le pilote de l’engin. Les blessés ont été acheminés au centre de santé de référence de San  par des agents de la protection civile pour des soins appropriés selon notre source qui précise que les éléments de la  brigade territoriale de la gendarmerie ont été dépêchés  sur les lieux pour établir les circonstances exactes du drame. NC/KM (AMAP)

Etablissements scolaires et universitaires publics : Reprise effective par endroits

Bamako, 15 sept (AMAP) La reprise des cours pour les classes d’examens et intermédiaires et les autres activités pédagogiques est effective depuis lundi dans tous les ordres d’enseignement public du pays (préscolaire, primaire, fondamental et secondaire), suivant la décision du secrétaire général du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Kinane Ag Gadéda. Cette réouverture des classes intervient après la signature, vendredi, au prytanée militaire de Kati d’un procès-verbal sanctionnant les négociations entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et les sept syndicats de l’Education signataires du 15 octobre 2016. L’accord entre les deux parties a abouti à un projet d’ordonnance relatif à la modification de la loi n° 2018-007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant des enseignements secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale et ainsi que du projet d’arrêté interministériel relatif à la transposition du personnel concerné. Notre équipe de reportage s’est rendue dans certains établissements de la capitale pour constater l’effectivité de la reprise des cours. Au lycée public Kankou Moussa, à Daoudabougou, les élèves avaient répondu présents massivement. Jeunes garçons et filles étaient visiblement heureux de se retrouver et d’avoir la possibilité de suivre les cours. L’ambiance était bon enfant dans la cour de l’établissement. Certaines classes étaient déjà dans le vif du sujet tandis que d’autres attendaient leurs professeurs. Au niveau du Groupe scolaire « OPAM », à Quinzambougou, beaucoup de classes avaient repris les cours. Même si la reprise s’est faite dans des conditions pas très convenables, la cour de l’établissement étant inondée par des eaux de pluie. Certaines salles de classe sont sans toitures et délabrées. Les hautes herbes ont colonisé certains endroits de la cour, offrant un refuge commode aux moustiques et autres insectes nuisibles. La directrice de l’OPAM 1, Mme Diarra Brigitte Traoré, a assuré que des problèmes ont été signalés au Centre d’animation pédagogique (CAP). « Le CAP a confié l’affaire au Comité de gestion scolaire (CGS) qui, à son tour, a transmis les doléances à la mairie de la Commune II », nous a confié la directrice. La réouverture de toutes les classes est également effective au lycée Bouillagui Fadiga à Missira. Ici, tous les enseignants étaient présents et ont récupéré les emplois du temps pour le démarrage des cours. Le proviseur du lycée Sékou Salah Dolo a même envoyé un rapport circonstancié à l’Académie d’enseignement de Bamako-rive gauche. Quant aux Institutions d’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (IES), fermées depuis mars dernier, à cause de la pandémie du coronavirus, elles ont officiellement rouvert leurs portes lundi. Au niveau de la Faculté de droit privé (FDPRI), sur la colline de Badalabougou, le comité local de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), le syndycat estudiant, ne s’est pas fait prier pour relater les difficultés auxquelles les étudiants sont confrontés. Les cours n’ont pas démarré. Quelques étudiants occupent un amphithéâtre pour assister à une assemblée générale. Cheick Guèye et Sadou Diallo, deux leaders du comité local AEEM, nous ont confié que la FDPRI vit toujours au rythme de l’année universitaire 2018-2019. Autrement dit, l’année académique 2019-2020 n’a pas encore démarré, Les deux leaders estudiantins ont ajouté que les examens de l’année universitaire ont eu lieu en 2019. Sur 6000 étudiants, 114 ont été déclarés définitivement admis. En outre, les admis n’ont toujours pas reçu leurs attestations. « Nous ne reconnaissons pas les résultats avec un taux de passage de 1%. Des résultats publiés avec des irrégularités et des omissions », soutiennent certains étudiants. Tandis que d’autres clament : « Trop, c’est trop. Nous voulons nos attestations ». Rencontré dans son bureau sur le boycott des cours par les étudiants, le vice doyen nous a renvoyé au rectorat de l’Université des sciences juridiques et politiques (USJPB). A la Faculté d’histoire et de géographie (FHG), la reprise des cours n’est pas effective. Des amphithéâtres sont fermés. De nouveaux étudiants cherchent leurs noms sur une liste. Des anciens attendent les professeurs. Mais un avis signé par le doyen de la FHG et affiché sur un tableau informe que les nouveaux étudiants, inscrits en Licence de l’année universitaire 2019-2020, sont conviés à une rencontre d’information, le lundi 14 septembre 2020, à 10 heures, au palais de la culture Amadou Hampaté Ba. Par ailleurs, les nouvelles dates des examens de fin d’année scolaire 2019-2020 des enseignements fondamental, normal, secondaire général, technique et professionnel ont été fixées. Ainsi l’examen des épreuves écrites du Diplôme d’études fondamentales (DEF) 2020 se tiendra du 12 au 14 octobre 2020. Le Baccalauréat aura lieu du 19 au 22 octobre 2020. L’examen des Instituts de formation des maitres (IFM) se déroulera du 19 au 23 octobre 2020. Le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) est prévu du 26 au 29 octobre 2020, le Brevet de techniciens (BT) du 9 au 12 novembre 2020 et le BT agro-pastoral, se déroulera du 16 au 20 novembre 2020. SYW/MD (AMAP)

Covid-19 au Mali : 2271 guérisons, 128 décès sur les 2912 cas positifs

Bamako, 15 septembre (AMAP) Quelque  2271 guérisons, 128 décès sur les 2912 cas positifs enregistrés au Mali avec les 3 nouveaux cas découverts vendredi, a appris l’AMAP de source officielle. Les services sanitaires précisent  sur les 3 nouveaux cas enregistrés vendredi, 1 cas a été découvert à Kéniéba (1ère région), 1  cas en CII et 1 cas en CV du district de Bamako. L’Institut de santé publique (ISP) déclare par ailleurs que 497 cas contact font l’objet  d’un suivi quotidien tout en invitant les populations au calme et à l’observation des mesures préventives. KM (AMAP)          

Sommet à Accra sur le Mali : La CEDEAO change d’approche

Envoyés spéciaux Issa DEMBELE et Oumar DIOP Accra, 15 sept (AMAP) La délégation malienne, conduite par le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi, Goïta est arrivée, à Accra, au Ghana, lundi après-midi, pour participer au sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la situation au Mali qui se tient aujourd’hui, mardi, dans la capitale ghanéenne. Le colonel Assimi Goïta a été, aussitôt, reçu en audience par le président ghanéen, Nana Akufo-Addo. Le président du CNSP a fait le point de la situation à son hôte qui assure la présidence en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, depuis le dernier sommet tenu, à Niamey, au Niger, le 9 septembre dernier. A la fin de l’audience, le colonel-major Ismaël Wagué, porte-parole du CNSP a confié à la presse que la délégation malienne est venue au Ghana pour expliquer « de vive voix, la volonté exprimée par le peuple malien à travers la concertation nationale ». «Nous voulons que la CEDEAO accepte les conclusions de cette concertation et nous aide à construire le Mali», a-t-il ajouté. A l’adresse des chefs d’Etat de la CEDEAO, le colonel-major Wagué a indiqué que le CNSP agit en «responsable» et qu’il a organisé des concertations inclusives dont les «conclusions doivent servir de base de travail pour l’organisation de la Transition». Pour beaucoup d’observateurs, l’enjeu principal du sommet d’Accra tourne autour des conclusions de la concertation nationale sur la Transition tenue du 10 au 12 septembre à Bamako. Les participants à la rencontre ont convenu de la mise en place de trois organes pour gérer la Transition : le président et le vice-président de la Transition, le gouvernement de la Transition, avec à sa tête un Premier ministre, et le Conseil national de transition (organe législatif). Le président et le vice-président de la Transition (civils ou militaires) seront choisis par un collège mis en place par le CNSP. Le gouvernement sera formé de 25 membres au plus. Tandis que le Conseil national de transition comprendra 121 membres issus des forces vives de la Nation. Par ailleurs, la durée de la transition a été fixée à 18 mois par les participations de la concertation nationale. Cependant, ces propositions ont été rejetées par le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui était opposé au régime déchu. En outre, hier lors d’une conférence de presse, le collectif des députés de l’Assemblée nationale dissoute a fait savoir qu’il s’opposait à la mise en place du conseil de transition proposée par la concertation nationale. Ces anciens députés entendent utiliser toutes les voies de recours dans le but de continuer leur mandat d’autant plus que, argumentent-ils, « la Constitution n’a pas été suspendue après les évènements du 18 août dernier ». Le sommet d’Accra est certainement l’occasion pour la CEDEAO d’apprécier les conclusions de la concertation nationale. L’organisation sous régionale, bien impliquée dans la résolution de la crise sociopolitiqueau Mali, dès le début, avait exigé que la transition soit dirigée par un président et Premier ministre civils pour une durée de 12 mois. Selon une source proche de la commission de la CEDEAO, l’enjeu du sommet d’Accra est, pour le nouveau président en exercice, «de convaincre le CNSP de nommer un civil à la tête de la transition au Mali». En invitant le président du CNSP à prendre part à la rencontre d’aujourd’hui, le nouveau président en exercice de l’organisation ouest-africaine veut certainement lui donner l’opportunité d’échanger de vive voix avec les autres dirigeants de la sous-région et donner au Mali une chance de sortie de crise. ID/MD (AMAP)    

De fortes pluies font des dégâts matériels à Kayes

Kayes, 14 sept (AMAP) Des maisons se sont effondrées au quartier de Légal-Ségou, à Kayes, dans l’Ouest du Mali, suite aux fortes pluies qui ont arrosé la ville lundi et dimanche, a constaté l’AMAP sur place. Parmi les sinistrés, un notable, Sékou Diarra, qui déplore l’écroulement de six chambres. Le vieil homme, dont la famille compte onze membres, a assuré avoir dépensé 60.000 Fcfa pour faire des briques pour la reconstruction de deux pièces. La famille, de Souleymane Coulibaly, du même quartier, a été contrainte de démanager dans la concession voisine depuis le 1er septembre. Sa maison est inondée depuis des pluies intermittentes de ce jour-là, sur la capitale de la 1ère Région administrative du Mali. L’eau a pénétré jusque dans les chambres, emportant des documents dont les actes de naissance des enfants et des vivres. Cette maison en dur (ciment), est à la croisée de caniveaux non curés et de ruisseaux. Un pan du mur de clôturé a été détruit par les eaux de ruissellement et de pluies. D’après Djénéba Coulibaly, qui indique que leur famille cohabite avec trois locataires, les dégâts matériels sont estimés à plus de 200.000 Fcfa. Du 24 juin au 4 septembre 2020, les inondations survenues dans la Région de Kayes ont touché 566 ménages, 6 .40 personnes dont 3.387 femmes et 869 enfants de 0 à 5 ans. Les directions régionales (Protection civile, Développement social et Economie solidaire) font de leur mieux, malgré leurs moyens « limités » pour alléger les souffrances des victimes d’inondation et d’autres sinistres. Ces deux directions dénoncent la lenteur administrative dans la gestion des crises au niveau des Collectivités territoriales. De leur côté, les Collectivités se disent sensibles aux préoccupations des populations. Elles expliquent que leurs procédures d’intervention ne sont pas « automatiques », tout en soulignant les difficultés de recouvrement des taxes qui constituent l’essentiel de leurs ressources. BMS/MD (AMAP)  

Reprise des activités scolaires : Au rythme des Régions

Reportage : Dramane Coulibaly, AMAP-Mopti, Abou Sissoko AMAP-Yélimané, Bandé Moussa Sissoko, AMAP-Kayes, Mahamadou SAMAKE, AMAP-Niono Mopti, 14 sept (AMAP) Excepté dans les écoles fermées pour cause d’insécurité dans des localités sous la menace de terroristes, les élèves et enseignants ont repris le chemin de l’école, lundi, sur toute l’étendue de la Région de Mopti, dans le Centre du Mali. Cela soulève un réel espoir chez les parents et les élèves qui étaient hantés par la perspective d’une année blanche contre laquelle les scolaires ont organisé une marche, jeudi dernier, et réclamé la tenue des examens. Après l’accord trouvé pour la reprise des classes et la fixation des dates des examens de fin d’années scolaires dont les épreuves du Diplôme d’études fondamentales (DEF) se tiendront du 12 au 14 octobre et celles du baccalauréat, du 19 au 22 octobre 2020, la question qui alimente les débats est bien : « Est-ce possible de sauver l’année scolaire ? » Pour Amadou Kodio, un sexagénaire venu accompagner sa fille en classe de 7ème année à ATT Bougou, cette réouverture est une lueur d’espoir qu’il faut, à tout prix, consolider car l’école est le lieu où les enfants doivent se trouver pour apprendre et cela a un temps. Selon Moussa Guindo, proviseur du Complexe scolaire, le lycée technique privé (CATD) de Sévaré, « au niveau des écoles privées, il n ya pas de problème majeur ». « Les privées ont travaillé au moins 6 mois sur 9. Beaucoup ont atteint un très bon niveau d’exécution des programmes », dit M. Guindo. « Les 10 èmes et 11 èmes (lycée) ont été évaluées. S’il y a des soucis c’est au niveau des écoles publiques. A l’état actuel des choses, vouloir sauver l’année sans empiéter sur l’année académique à venir, c’est sacrifier la génération », indiqué le proviseur Guindo. Optimiste, Moussa Dicko, le proviseur du lycée public de Mopti, pense que l’on peut encore sauver l’année scolaire. « Après un premier trimestre de cours sans perturbation et une petite reprise des classes d’examens dans le cadre de l’allègement des mesures barrières Covid 19 et avec cette nouvelle programmation des dates d’examens, je pense que l’année peut être bien sauvée », estime M. Dicko. Selon lui, la recette est de mettre fin à la recréation à tous les niveaux.  « Même si le temps d’apprentissage, si tous les enseignants, en bons pédagogues, s’emploient à mettre à profit le mois, et, comme on le dit,  »A cœur vaillant, rien d’impossible », nous pouvons atteindre l’objectif de sauver notre école », a martelé Moussa Dicko. Le proviseur du lycée public de Mopti souhaite vivement que cela soit « une reprise effective et définitive afin de sauver l’année scolaire qui n’a que trop duré dans les zones de turbulence ». ENTHOUSIASME A YELIMANE – Les écoles ont rouvert effectivement dans le Cercle de Yélimané pour le grand bonheur des élève très enthousiastes. Des parents soulagé, d’où l’exclamation de l’un d’eux :  » Enfin ! Nous espérons que ce sera, cette fois-ci, la fin du problème  ». La majorité des enseignants est également présente même si certains, qui ont quitté leur poste pendant la crise scolaire, n’ont pas pu encore les rejoindre. Le directeur du Centre d’animation pédagogique (CAP) de Yélimané apprécie. Il a dit s’attendre à des retardataires, sur les 48 à 72 h. « Au delà, il faudra justifier le retard », prévient-il. Il est 7h30mn à l’Ecole fondamentale (1er cycle) des Logements sociaux de Kayes, situé à Soutoucoulé, dans la Commune rurale de Kouloum. Malgré la pluie, les enseignants et leurs élèves ont, tous, répondu à l’appel à la reprise des cours lancé par le Collectif des syndicats d’enseignants signataires du 15 octobre 2016, qui a, enfin, décidé de mettre fin au boycott des cours entamé le 17 août 2020. A ATT Bougou, les maîtres sont assis devant la direction de l’école tandis, Des élèves s’amusent ou bavardent devant leur classe dont les portes sont encore fermées. Ils attendent d’autres élèves mais le directeur qui, selon un enseignant, détient les clés des salles. « A cause de la pluie, il a pris du retard », explique-t-il. L’eau de pluie stagne en certains endroits de l’établissement qui n’est pas de mur d’enceinte. Idem pour le Lycée Dougoukolo Konaré de Kayes (LDKK) dont le côté ouest du portail est souvent menacé par des flaques d’eau, surtout la petite chaussée submersible. REPRISE TIMIDE – Contrairement à l’école d’ATT Bougou, la pluie de lundi n’a pas totalement perturbé les cours. « Il y a eu une reprise timide des cours », indique le proviseur du LDKK, Sidi Ahmed Ag Alhassane, visiblement satisfait. En réalité, le Conseil de Cercle de Kayes a entrepris des travaux d’aménagement dans la cour de son établissement pour limiter les dégâts, en cas d’inondations. Notamment, le pavage de certains endroits. Dès qu’on franchit le seuil de cet établissement secondaire, on aperçoit des briquettes et des tas de sable un peu partout, au niveau de la stèle de Dougoukolo Konaré dont l’établissement porte le nom. D’après le proviseur Sidi Ahmed Ag Alhassane, le Conseil de Cercle s’est engagé aussi à aménager devant le lycée. La reprise n’est pas effective au collège privé Boubou Sow de Soutoucoulé, où quelques élèves, qui, à partir de leur établissement, scrutent l’horizon, espérant voir venir les autres élèves et les enseignants. Mais contacté au téléphone par une parente d’élève, le directeur de cette école fondamentale privée a laissé entendre que les maîtres ne pourront pas venir à cause de la pluie. Les cours ont repris dans les différents ordres d’enseignement à Niono (Centre) à l’instar des autres localités du Mali. Cette reprise s’est effectuée de façon timide, en raison de l’inondation dans les écoles et la présence de familles sinistrées dans des salles de classe. Face à cette situation, une rencontre a réuni, lundi, le directeur du Centre d’animation pédagogique (CAP), les maires des douze Communes du Cercle de Niono, des chefs de services techniques locaux dans la salle de délibération de la commune urbaine de Niono. Cette rencontre avait pour objectifs de recenser les difficultés par rapport à cette reprise des cours mais,

Reprise des cours à Ténenkou et Macina : Comme une nouvelle rentrée scolaire

Ténenkou, 14 sept (AMAP) Des milliers d’élèves de Ténenkou (Centre) ont repris le chemin de l’école dans la joie et la bonne humeur lundi 14 septembre 2020, donnant l’impression que c’est une nouvelle année scolaire qui débute, après plusieurs mois de fermeture des classes pour cause de grève des enseignants mais aussi de Covid 19, a constaté sur place l’AMAP. Plusieurs élèves que nous avons interrogés étaient impatient de retourner à l’école. C’est la satisfaction et le soulagement chez les parents d’élèves et les enseignants que nous avons rencontrés. A l’école Tahirou Cissé premier cycle où nous avons fait un tour, dans la matinée, la cour était bondée d’élèves. Les enseignants, également présents, étaient nombreux et ont pris possession de leur classe. Cette année scolaire 2019-2020, qui se poursuit, restera dans les annales de l’histoire de l’Education malienne par sa durée. Pandémie de Covid 19 oblige, des masques donnés par l’administration ont été distribués à tous les élèves. Le dispositif de lavage des mains au savon est installé dès l’entrée mais la distance sociale ne peut pas être respectée au niveau des écoles. A l’école Tahirou Cissé premier cycle qui comprend deux cycles A et B,  on a au total 1.517 élèves dont 846 pour l’école B et 671 pour l’école A. Dans ce groupe scolaire, qui ne dispose que de 12 classes, il est impossible de respecter certaines mesures barrières. Malgré toutes ces difficultés, les cours ont démarré, dès le matin, à Ténenkou, dans certaines classes. A Macina, où l’ambiance était, aussi, celle d’une nouvelle rentrée scolaire 2019-2020, les élèves du Cercle, à l’instar des autres écoles du Mali, ont repris le chemin des classes, après cette longue pause scolaire causee par la grève des enseignants, la fermeture des écoles à la suite de la non application de l’article 39 demandé par les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 et la pandémie du Coronavirus « Covid-19 ». Accompagné, pour la circonstance, par les responsables du monde de l’Education, le préfet du Cercle de Macina, Karimou Coulibaly, s’est rendu, successivement, au Groupe scolaire Moussa Sissoko et au Lycée public. Dès son arrivée, la délégation a eu droit à la montée des couleurs. Dans les établissements visités, on notait la présence des élèves, des membres des Comités de gestion scolaire (CGS), des parents d’élèves, des enseignants, tous prêts pour un redémarrage des activités scolaires 2019-2020. Le préfet a encouragé le personnel enseignant et a saisi cette opportunité pour prodiguer de sages conseils aux parents, aux enfants “pour une année scolaire apaisée, réussie et couronnée de success”. En ces temps de Covid-19, il a “insisté sur le respect des mesures barrières, pour la protection de tous”. A Macina, l’administration scolaire a pris des dispositions particulières pour faciliter cette rentrée. Seul bémol : les établissements scolaires sont envahis par les eaux de pluie, en cette période hivernale. AOK/MD (AMAP)