Hivernage à Bankass (Centre) : Espoirs et incertitudes
Bankass, 11 juillet (AMAP) L’hivernage a bien débuté dans la première décade du mois de juin avec 47,9 millimètres enregistrés en cinq jours dans la ville de Bankass, au Centre du Mali , ont indiqué à l’AMAP les services techniques. Selon le chef secteur d’agriculture de la ville, Allaye Guindo, « l’hivernage a débuté avec beaucoup espoir. En cinq jours, la ville a enregistré 47,9 millimètres dans la 1ère décade du mois de juin, ce qui a permis aux paysans de commencer les semis ». Dans le même mois de juin, dans sa 2è décade, on a enregistré 52,9 millimètres en une journée et les semis en mil ont été effectifs. Dans la 3è décade du mois de juin, on a enregistré 17 millimètres de pluie en une journée et les semis du sorgho ont commencé. Certains ont semé l’arachide même sur si c’est sur des superficie négligeables. Dans la 1ère décade du mois de juillet, on n’a enregistré aucune quantité de pluie, Ce qui a suscité des inquiétudes dans la population. Malgré tout, les premiers sarclages ont commencé. AKG/MD (AMAP)
Manifestations à Bamako : un mort et une quarantaine de blessés dont cinq graves, (sources hospitalières)
Bamako, 10 juillet (AMAP) Des manifestations de milliers de militants et sympathisants du Mouvement du 5 Juin 2020-Rassemblement des forces patriotiques (M5–RFP), qui demandent la démission du président malien, Ibrahim Boubacar Keita, auraient fait, vendredi à Bamako, un mort et une quarantaine de blessés dont cinq graves, selon des sources hospitalières Ces manifestants sont descendus dans la rue, pour la troisième fois, à Bamako et dans plusieurs villes de l’intérieur du Mali. Dans la capitale malienne, ils se sont rassemblés sur le boulevard de l’indépendance de Bamako. Comme les deux sorties précédentes (les 5 et 19 juin derniers), les plus motivés étaient sur place très tôt. Dès 8 heures du matin, le matériel de sonorisation était déjà installé. Un détachement de la police était positionné au carrefour. D’autres éléments des forces de l’ordre étaient postés aux différents points stratégiques de la capitale. Des jeunes convergeaient vers la Place de l’indépendance brandissant des pancartes réclamant la démission du président de la République. L’ambiance était bon enfant, sur fond sonore des vuvuzelas, jusqu’à la prière du vendredi dirigée par un imam qui a beaucoup parlé de politique lors du «Koutouba» (sermon). Aux environs de 14 heures, un petit mouvement de panique a eu lieu dans la foule. Le service d’ordre de la manifestation venait de découvrir qu’un homme était en possession d’une arme à feu et de munitions. Heureusement, l’individu en question sera rapidement interpellé et mis à la disposition des forces de sécurité. Les leaders ne tarderont pas à s’installer sur l’estrade dressée au pied du monument de l’indépendance. On pouvait apercevoir, entre autres, Choguel Kokalla Maiga, Cheick Oumar Sissoko, Issa Kaou Ndjim ou encore Mme Sy Kadiatou Sow. Contrairement aux rassemblements précédents, l’imam Mahmoud Dicko, l’une des figures emblématiques de la contestation, n’était pas présent. Aucune raison n’a été fournie à cette absence. Ses compagnons de lutte n’ont pas évoqué cette absence lors des interventions. C’est Mohamed Salia Touré, président de la jeunesse de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS), qui se chargera de lire la résolution, déclarant caduc le mémorandum proposé par le M5 au président de la République, la semaine dernière. L’ancien président du Conseil national de la jeunesse (CNJ) a, également, indiqué que le mouvement revenait sur sa décision de ne plus exiger le « départ du régime en place ». Il a, ensuite, exhorté la foule à entrer « en désobéissance civile sur tout le territoire et dans la diaspora ». Mme Sy Kadiatou Sow a donné plus de détails sur les modalités de la désobéissance civile sous forme de dix commandements. Les principaux sont le blocage des entrées des services de l’Etat (à l’exception des services de santé), le blocage de l’entrée des ponts et des principales villes, le refus de payer les amendes et des contraventions au cours de cette période, etc. Quant à Issa Kaou Ndjim, le coordinateur de la CMAS, il a lancé le mot d’ordre aux manifestants de se diriger vers des endroits comme l’Office de radiodiffusion et télévision du Mali (ORTM), l’Assemblée nationale et la Primature pour les occuper. La cour de l’ORTM a été envahie par la foule, provoquant l’interruption du signal de la télévision nationale. A l’Assemblée nationale, des actes de pillage ont été signalés, des vitres du bâtiment ont été endommagées. Une partie des manifestants s’est dirigée vers la Cité administrative, siège de la majorité des ministères. Les ponts Fahd et des Martyrs seront aussi été bloqués. En début de soirée, l’ORTM a recommencé à émettre. Sur le boulevard de l’indépendance, la circulation a repris normalement après 20 heures (GMT). Mais quelques manifestants y traînaient encore et, aussi, au niveau des ponts qui relient les deux rives du fleuve Djoliba qui traverse la capitale. La situation restait tendue dans la ville. MT/MD (AMAP)
Désobéissance civile : Des services paralysés à Kayes
Kayes, 19 juillet (AMAP) Une partie de la population de Kayes a répondu à l’appel à la « désobéissance civile » lancé par le M5-RFP pour réclamer la démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, et de son régime, a constaté l’AMAP. Après la grande prière du vendredi, des mouvements et organisations de la société civile ont invité les populations à se rendre à la Tribune de l’Indépendance, située au cœur de la ville, pour le lancement de leur mouvement de protestation. Devant ce haut lieu historique de la capitale de la 1ère Région administrative du Mali, le porte-parole des associations de manifestants, Karamako Djéri Traoré, s’est adressé à la foule, sous un temps ensoleillé, pour expliquer les motifs du rassemblement. « Nous sommes là pour mener une lutte pacifique. Nous n’allons pas casser ou jeter des pierres sur des gens ou des édifices publics. Mais, nous allons faire en sorte que ces services soient paralysés jusqu’à ce que nous obtenions satisfaction. Déjà, certains sont fermés depuis ce matin. Nous allons bloquer le pont », a déclaré M. Traoré. Sur cette place publique, des manifestants portaient des pancartes qui résumaient l’objectif de leur combat. Sur une autre pancarte, on pouvait lire : « Chemin de fer, victime de la mauvaise gouvernance, nous réclamons la relance immédiate ». On apercevait, aussi, une couchette (drap et moustiquaire) sur la place publique, une manière pour certains manifestants dexprimer leur détermination à aller jusqu’au bout de leur combat, même s’il faut y passer la nuit. Quelques minutes plus tard, les manifestants se sont dirigés vers Dialla pour bloquer le pont qui relie Kamankolé à la ville. Ce pont est situé sur la route internationale Kayes-Dakar (Sénégal). Ils se seraient également dirigés vers le nouveau pont, toujours dans la même zone pour bloquer l’accès, bien que l’infrastructure soit en chantier. Dans la matinée, notre équipe de reportage a constaté que certains services (Trésor, Impôts, Domaines, Budget, Conseil régional, Conseil de cercle et Mairie de la Commune urbaine, Douanes) étaient fermés. Les Forces de sécurité suivent ce mouvement, de façon discrète, pour éviter tout acte de débordement ou de sabotage. Un camion-citerne de la Protection civile était aussi garé à côté du gouvernorat pour parer à toutes éventualités. BMS/MD (AMAP)
Rebondissement dans l’Affaire Rokia Traoré : La justice française lance un mandat d’arrêt contre la musicienne malienne
Bamako, 10 juillet (AMAP) Le Parquet de la ville de Paris a requis, mercredi, un mandat d’arrêt national contre la musicienne malienne, Rokia Traoré, dans le procès pour « enlèvement, séquestration et prise d’otage » qui l’oppose à son ex-compagnon belge pour la garde de leur fille, selon le journal français « Le Parisien ». Lors de cette audience, mercredi après-midi, le Parquet a requis seulement l’émission d’un mandat d’arrêt national, exécutoire sur l’ensemble du territoire français, y compris dans les Territoires d’Outre-mer. Le délibéré est attendu pour le 29 juillet prochain. Le risque d’interdiction de séjour en France qu’encourt Rokia Traoré est un nouveau développement d’une affaire dans laquelle un mandat d’arrêt international avait déjà été lancé contre l’artiste malienne, par un tribunal bruxellois, Mlle Traoré avait été écrouée le 10 mars dernier, en France, en vertu de ce premier mandat d’arrêt. La Cour d’appel de Paris avait approuvé sa remise à la Belgique. Mais, avec la situation sanitaire due à la Covid-19, la chanteuse avait été libérée et sous contrôle judiciaire, quinze jours plus tard, par la justice française, conformément aux réquisitions de l’avocat général. Aujourd’hui, l’artiste risque un mandat d’arrêt international, après sa fuite de la France pour le Mali, en avion privé, le 10 mai dernier, pendant le confinement. TC/MD (AMAP)
Covid-19 au Mali : 2370 cas positifs avec les 12 nouveaux cas enregistrés jeudi
Bamako, 10 juillet (AMAP) Quelque 2370 cas positifs à la Covid -19 ont été enregistrés au Mali avec les 12 nouveaux cas découverts jeudi, dont 1621 guérisons et 120 décès, a appris l’AMAP de source officielle. L’Institut de santé publique (ISP) précise que sur les 12 nouveaux cas décelés ce jeudi, 4 cas ont été enregistrés à Sikasso, 1 cas en CI, 2 cas en CII, 1 cas en CIII, 1 cas en CV et 3 cas en CVI du district de Bamako. Les services sanitaires déclarent que 1170 cas contact font l’objet d’un suivi quotidien tout en invitant les populations au calme et à l’observation des mesures préventives, KM (AMAP)
Sit-in des enseignants du privé pour revendiquer une Convention collective
Bamako, 09 juillet (AMAP) Le Syndicat libre des enseignants des écoles privées (SYLEEPMa) a organisé, jeudi, à Bamako, un rassemblement pour exiger du gouvernement l’adoption d’une Convention collective pour l’enseignement privé laic et le paiement de cinq mois d’arriérés de salaire causés par la fermeture des écoles, par l’Etat, pour prévenir la propagation de la Covid-19. « Les enseignants ont faim », « Cinq mois sans salaire, on n’en peut plus, les enseignants des écoles privées sont aussi des enseignants » étaient quelques uns des nombreux slogans sur les affiches et pancartes brandies par les manifestants. Foulard jaune autour de la tête et brassard de même couleur, les enseignants du secteur privé ont envahi l’esplanade du Monument de l’indépendance. « Nous sommes sortis, aujourd’hui, pour demander nos arriérés de salaire et également pour dire aux autorités que les enseignants du privé n’ont pas de Convention collective. Nous pensons que seule cette convention peut sauver l’enseignement privé au Mali », a expliqué Abdoulaye Fotigué Berthé, secrétaire général du SYLEEPMa. “Cette convention permettra aux enseignants de bénéficier de contrat de travail en bonne et due forme, de la retraite, de la couverture l’INPS (Ndrl, Institut national de prévoyance sociale) et ses accessoires” , a-t-il ajouté. “Des demarches ont été faites auprès des autorités. Malgré ces efforts, nous n’avons pas été écoutés. Nous avons a été ignorés », a rapporté le leader syndical,. Par ailleurs, le secrétaire général du syndicat des enseignants du privé a indiqué qu’ils continueront la manifestation jusqu’à la victoire finale. Le SYLEEPMa a vu le jour, à Bamako, le 19 décembre 2019. TC/MD (AMAP)
Kita : La 2e édition du Festival sur le coton prévue du 26 au 29 novembre 2020
Kita, 09 juillet (AMAP) La 2e édition du Festival sur le coton est prévue du 26 au 29 novembre 2020 à Kita (Ouest), a annoncé, le week-end dernier, l’Association des jeunes pour la valorisation du coton (AJVC), initiatrice de l’évènement. Le thème de cette édition est : « l’enjeu de la transformation locale du coton, source de création d’emplois et de réduction de l’immigration irrégulière ». L’AJVC prévoit des innovations pour ce prochain festival: une foire/exposition, une caravane de sensibilisation contre l’orpaillage et l’immigration irrégulière, des visites de sites touristiques, des concours, de vernissages, une formation sur l’entreprenariat agricole, une soirée culturelle et un défilé de mode. Les organisateurs envisagent d’instaurer, en faveur du développement durable pour la culture biologique du coton, des prix dont l’un sera décerné au propriétaire du plus grand champ de coton biologique. Il est, aussi, prévu un prix pour le développement durable de l’agriculture en général. L’AJVC prévoit la mise en place d’une unité de transformation textile artisanale. Il s’y ajoute la promotion de 30 artisans locaux (femmes et jeunes) sur le volet foire et exposition. Le président de l’AJVC, Abdel Rahamane Sy, a indiqué que l’objectif est de faire de la ville de Kita une destination d’éco-tourisme, en mettant en valeurs ses différents sites touristiques attrayants. « Il y aura une présentation de produits innovants pour l’augmentation de la production à travers le volet foire agricole des intrants », a-t-il annoncé. Selon lui, la vision à long terme est de faire de la ville un carrefour panafricain de jeunes cadres, entrepreneurs, investisseurs dans le secteur du coton. « C’est aussi, a-t-il souligné, une opportunité de promotion pour des jeunes talents en coupe et couture et stylistes de la Région de Kayes, évoluant dans l’artisanat textile et des mannequins locaux ». Le 2è adjoint au préfet, Boubacar O. Traoré, apprécié la bonne vision des organisateurs. Il a rappelé, à cet effet, que Kita est, aujourd’hui, l’un des leaders en termes de production du coton, en quantité et en qualité. « Je souhaite que ce festival soit un point de départ pour plus d’usines d’égrenage de la CMDT à Kita afin que nous puissions atteindre, véritablement, nos objectifs pour la création d’emplois pour les jeunes mais, également, réduire les problèmes liés à l’immigration clandestine et à l’orpaillage traditionnel », a lancé le 2ème adjoint au préfet avant d’exprimer l’espoir de compter sur les potentiels appuis sur place pour aider à la réussite de ce programme des jeunes. Plusieurs membres de la société civile, du Conseil local des jeunes ont, tour à tour, apprécié le programme du festival avant de promettre de s’investir pour sa réussite. JMF/OD/MD (AMAP)
Covid-19 au Mali : 10 nouveaux cas enregistrés mercredi
Bamako, 9 juillet (AMAP) Dix (10) nouveaux cas positifs à la Covid -19 ont été enregistrés mercredi portant le total à 2358 au Mali dont 1597 guérisons et 120 décès, a appris l’AMAP de source officielle. L’Institut de santé publique (ISP) précise que sur les 10 nouveaux cas décelés mercredi, 1 cas a été enregistré à Kalaban Coro (région de Koulikoro), 3 cas à Kéniéba (région de Kayes), 1 cas en CII, 1 cas en CIII, 2 cas en CIV et 2 cas en CVI du district de Bamako. Les services sanitaires déclarent que 1441 cas contact font l’objet d’un suivi quotidien tout en invitant les populations au calme et à l’observation des mesures préventives, KM (AMAP)
Apaisement du climat politique: Une mission de femmes parlementaires chez le Chérif de Nioro
Nioro, 09 juillet (AMAP) Une mission de femmes parlementaires conduite par Mme Aichatou Cissé ‘Chatto’ est arrivée, mercredi, à Nioro du Sahel (Ouest), afin de solliciter du chef religieux, le Chérif Mohamed Ould Cheichnè dit M’Bouillé, sa contribution à une issue favorable à la crise que traverse le Mali en ce moment. Dès leur arrivée à l’aéroport de Nioro, à bord d’un avion militaire, vers 10h30mn, les députées se sont dirigées vers la résidence du Chérif, au quartier Kaimé, où elles ont, d’abord, été accueillies par les membres de la famille du religieux. Après un long moment d’attente, les femmes députées ont été reçues par le Chérif Mohamed Ould Cheicknè dit M’Bouillé qui leur a rendues tous les honneurs dues à des femmes. La cheffe de mission a expliqué les raisons du voyage qui est « une visite de courtoisie » destinée à trouver une solution à la crise que traverse le pays. Il s’agissait, aussi, pour les visiteuses, selon la députée Mme Cissé, « de prier le Chérif pour qu’il use de son influence pour faire suspendre la manifestation du vendredi prochain (Ndlr, 10 juillet) qui menace fortement la stabilité du pays ». Le Chérif a promis de donner, très prochainement, une réponse à la délégation qui a quitté Nioro, après 18 heures, plus ou moins satisfaite de ce qu’elle a vu et entendu. MD/MD (AMAP)
Adresse à la nation du Président Ibrahim Boubacar Keïta (08 juillet 2020)
Maliennes, Maliens, Respectés hôtes du Mali, Comme moi, vous avez tous noté les actes de contestation portés par une partie de nos compatriotes depuis le mois de juin dernier. Ils expriment sans doute une certaine vitalité démocratique. Mais, ils ne sont pas sans conséquences sur le moral et l’image d’un pays comme le nôtre qui doit, pour sa survie, satisfaire à trois exigences : d’abord reconquérir l’intégralité de notre territoire en éradiquant l’insécurité et le sinistre projet de transformer le Mali en califat ; ensuite vaincre la pandémie de la COVID 19 au double plan de la réponse sanitaire et de la résilience économique ; enfin poursuivre les tâches de développement en droite ligne du projet d’émergence nationale qui n’a jamais cessé d’être ma préoccupation. Je sais également, chers compatriotes, les angoisses engendrées par la situation. De chacune de vous, de chacun de vous, je mesure les tourments. Ils sont du reste naturels car ils disent le souci de ce cher pays, ce pays que nous avons en partage et qui attache le plus grand prix au bon voisinage et au compromis que soit préservée la paix sociale. C’est pour cette paix sociale, convaincu que nous avons du ressort pour rebondir à chaque crise, que dans mes précédentes adresses, j’ai tenu à signifier que j’ai entendu les colères et les interrogations qui sont les causes sous-jacentes de la crise actuelle. Et c’est pourquoi, sans hésiter davantage et ce malgré le coût financier de la mesure et ses possibles effets-domino, j’ai instruit l’application immédiate et pleine et complète de l’article 39. Pour les classes concernées, nos enfants ont repris le chemin de l’école. Je rends grâce au corps enseignant et aux parents d’élèves pour leur diligence, leur disponibilité et leur esprit patriotique. Entendre et soutenir les Maliennes et les Maliens, ceux majoritaires qui dépendent du secteur informel, de même que les couches les plus vulnérables de la population, telle est aussi la raison pour laquelle, le gouvernement a mis fin au couvre-feu décrété au mois de mars dans le but de limiter la circulation du corona virus dont les dégâts dans le monde ne sont cachés à personne. Je ne m’étendrais pas sur les mesures sociales mises en œuvre, au niveau national, pour atténuer l’impact socioéconomique de la pandémie. Mes chers compatriotes, Parce que mon objectif est de ne pas ajouter une crise politique aux graves urgences sanitaires et économiques que nous vivons, et parce que c’est dans mes obligations d’écouter et de comprendre les Maliens, je poursuis, depuis plusieurs semaines, les consultations avec les forces vives du pays. Mieux, j’ai proposé, voici maintenant deux semaines, un gouvernement d’union nationale ouvert à toutes les sensibilités, majorité, opposition, société civile. Car je demeure convaincu que c’est au Mali qu’on donne ainsi la chance de bénéficier de l’accompagnement et de l’expertise de toutes les parties. C’est ici le lieu et le moment de vous informer que ma décision de renouveler ma confiance en le Premier ministre, Boubou Cissé, le 12 juin dernier, se fonde sur notre lecture partagée des préoccupations du pays, de ses priorités ainsi que de la stratégie requise par les enjeux du moment, en un temps de turbulences. Nous nous sommes mis d’accord, le Chef du Gouvernement et moi-même, de la nécessité de concevoir et proposer un Accord Politique de Rassemblement National qui s’attellera à la mise en œuvre diligente et mesurable des recommandations du Dialogue National Inclusif. Donc de cet autre grand moment qui a été salué au-dedans comme au dehors du Mali comme une totale réussite et qui a rassemblé les Maliens des communes et des cercles, des régions et du District, de tous les segments et de toutes sensibilités. Cet Accord qui ira jusqu’en 2023, reposera sur les idées-forces suivantes : – Première idée-force : pacifier et sécuriser le pays dans toute son étendue, afin que nos producteurs ruraux puissent s’adonner à leurs activités, que les échanges interrégionaux puissent redevenir fluides, que les communautés retrouvent le légendaire vivre ensemble qui a fait la réputation de notre pays. Le travail de pacification et de sécurisation sera de longue haleine. Mais il s’agit de ne plus concéder un pouce de notre territoire, de faire reculer l’ennemi et de faire en sorte que le Mali en particulier et le Sahel en général ne soient pas le nouveau sanctuaire mondial de l’extrémisme violent. Il est alors indispensable de s’attaquer résolument à la dissolution de toutes les milices d’auto-défense, de porter à son point d’achèvement le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion et enfin d’accélérer le retour effectif de l’Etat dans les régions Centre et Nord. Deuxième idée force : entreprendre les réformes institutionnelles convenues et ce dans un délai de 12 mois, afin de mettre en adéquation les demandes de notre peuple et les engagements du gouvernement, et nous doter de textes appropriés en capitalisant sur trente ans de vécu institutionnel. – Troisième idée-force : opérationnaliser les régions qui ne le sont pas encore. Ce travail a pris du retard mais il ne saurait être continuellement en accuser sans remettre en cause un des fondements de notre stratégie de développement, à savoir la régionalisation, par une décentralisation poussée, voire irréversible, et cela en ancrant les agences de développement régional où la décision de contrôler leur devenir est laissée aux populations à la base. – Quatrième idée-force : veiller à une saine distribution de la justice. Et cela dans toutes les juridictions et à tous les échelons administratifs du pays. Nous savons que ce pays crie depuis longtemps sa soif de justice. Nous savons que la paix est précaire et volatile sans la justice. Et nous savons hélas que l’engouement des populations pour la justice expéditive des pseudo jihadistes s’explique par le rejet de la justice d’Etat avec les tares qui lui sont connues dont la corruption et la durée des procédures. Cela devra donc recevoir les reponses appropriées. Maliennes et Maliens, Hôtes du Mali, Chaque crise offre une opportunité, dit-on dans les civilisations positives. Celle que nous vivons n’échappe à

