Mali: La désignation des dirigeants de la Transition est en cours (CNSP)

Bamako, 17 sept (AMAP) Le porte-parole du Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel-major Ismaël Wagué, a annoncé, mercredi matin, à Bamako, que le CNSP) a engagé le processus de constitution du Collège qui doit désigner le président et le Premier ministre de la Transition au Mali.  Dans une conférence de presse, à Kati, pour restituer les conclusions du mini-sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Accra, au Ghana, auquel le président du CNSP a pris part, mardi, le colonel-major Wagué a déclaré que le CNSP s’engage à respecter toute décision du Collège, en passe d’être constitué pour désigner les responsables du pouvoir intérimaire. Sans donner beaucoup de détails sur les critères de désignation de ses membres, le porte-parole du CNSP a indiqué que ce collège sera composé de militaires, de représentants de la société civile et d’autres sensibilités de la Nation. En engageant le processus de mise en place du Collège pour désigner les dirigeants de la transition, quelques heures seulement après la rencontre de la capitale ghanéenne, le CNSP veut, conformément au souhait des chefs d’État de la sous région, mettre rapidement en place un président et un Premier ministre pour diriger la transition. Les dirigeants ouest-africains avaient donné une semaine à cet effet, à compter du 15 septembre. Ils avaient, aussi, exigé que le président et le Premier ministre soient des civils. Dans ses échanges avec la presse, le porte-parole du CNSP n’écarte pas l’hypothèse de la désignation d’un militaire par le Collège pour diriger la Transition. Il a rappelé que cela est, d’ailleurs, le souhait exprimé, lors de la concertation nationale, par la grande majorité des Maliens. Cependant, il n’exclut pas non plus l’idée d’une concession du CNSP si le choix d’un militaire devait compliquer davantage la situation du Mali. Dans tous les cas, le CNSP s’engage à respecter ce qu’aura décidé le Collège qui, selon Ismaël Wagué, « intégrera dans ses analyses, aussi bien les conclusions de la concertation nationale que la position de la communauté internationale ». Par contre, les fonctions de vice-président et de président du Conseil national de la transition, qui est considéré comme l’organe législatif, seront assumées par des militaires. Lors de cette rencontre avec la presse, le porte-parole du CNSP a fait un compte rendu des échanges que le colonel Assimi Goïta a eus avec les chefs d’État de la CEDEAO. Le chef du CNSP a fait le voyage de la capitale ghanéenne pour présenter les conclusions de la concertation nationale et plaider pour la levée ou l’assouplissement des sanctions prises par l’organisation communautaire contre le Mali. A l’issue des échanges, le CNSP n’a pas eu de suite favorable. Les dirigeants ouest-africains ont, en effet, conditionné la levée des sanctions à la mise en place d’une transition civile. «Ils voulaient que nous donnions un avis favorable à cette requête, dès aujourd’hui, pour qu’on puisse se quitter sur un accord avec un communiqué à la fin », a relaté l’officier supérieur. « Mais, nous leur avons dit que nous n’avions pas ce mandat». Malgré l’intransigeance des chefs d’État, le colonel-major a estimé que ce déplacement à Accra n’a pas été un échec. En effet, selon lui, l’invitation du président du CNSP à ce mini-sommet est une forme de reconnaissance de son statut de chef d’État. Aussi, ce déplacement leur a permis d’expliquer, de vive voix, la situation réelle au Mali et de partager la Feuille de route et la Charte issues de la concertation nationale. Mieux, le CNSP a réussi à convaincre ses interlocuteurs d’étendre la période de transition à 18 mois, au lieu des 12, initialement indiqués par l’institution sous-régionale. ID/MD (AMAP)    

Covid-19 au Mali : Cinq nouvelles contaminations enregistrées mardi

Bamako, 17 septembre (AMAP) Cinq (5) nouvelles contaminations à la Covid-19 ont été enregistrées mardi, portant le total  à 2.940 cas confirmés dont 2.302 personnes guéries et 128 autres décédées, a appris l’AMAP de source officielle. L’Institut de santé publique (ISP) qui déclare par ailleurs que 427 cas-contacts font l’objet d’un suivi quotidien, invite la population à la quiétude et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)

Culture : L’Institut français du Mali rouvre ses portes vendredi

Bamako, 16 sept (AMAP) L’Institut français du Mali (IFM) rouvre ses portes, vendredi, avec une nouvelle programmation culturelle « riche et variée », après quelques mois d’arrêt des activités artistiques et culturelles du fait de la pandémie du coronavirus, ont annoncé, mardi, les responsables de l’établissement. Dans une conférence de presse, organisée dans le patio de l’établissement, le directeur de l’IFM, Patrick Giraudo, la conseillère de coopération et d’action culturelle, Mme Nadège Chouat, et le metteur en scène, Jean Louis Sagot-Duvauroux, ont présenté cette programmation comme « alléchante » avec plusieurs activités culturelles, notamment une exposition sur la danse des «Korédugaw» et une pièce de théâtre. La particularité de la rentrée culturelle 2020 est la programmation d’artistes nationaux. Elle se justifie, selon les conférenciers, par la propagation de la Covid-19 qui a suffisamment perturbé les activités artistiques et culturelles en Afrique et dans le monde. «Nous étions impatients de vous retrouver», a dit Patrick Giraudo, visiblement content de renouer le contact avec les artistes. « Ces mois de fermeture nous ont permis d’achever les travaux du centre de langues, du patio mais aussi de sécurisation des lieux », a-t-il indiqué. Au menu, plusieurs activités artistiques et culturelles. Il y aura une porte ouverte, toute la journée, pour permettre aux usagers de découvrir l’architecture du centre de langues « doté d’équipements de dernière génération, puis une exposition du plasticien, Ibrahim Kébé, sur la danse des «Koréduga», une communauté de bouffons. Une pièce théâtrale, de Kalach Story de Kali Sidibé et de Jean Louis Sagot-Duvauroux, clôturera la soirée. Mme Nadège Chouat a exprimé sa satisfaction de venir servir au Mali, une semaine après sa prise de service. Elle a expliqué le cadre du Projet Africa 2020, une initiative du président français, Emmanuel Macron, qui commence à Paris en décembre prochain. Il est conçu autour des grands défis du 21è siècle. Il présente les points de vue de la société civile du continent africain et de sa diaspora. Les conférenciers ont, aussi, annoncé que deux événements artistiques seront présentés en France dans le cadre d’Africa 2020, en complicité avec la Friche de la Belle de mai, les Bancs publics à Marseille et le théâtre de l’Arlequin dans l’Essonne. Les derniers mois de 2020 et l’année 2021 offriront l’occasion de retrouver les événements sélectionnés par Africa 2020 en France. Patrick Giraudo a expliqué que dans les prochaines semaines, il y aura des concerts animés par des artistes maliens comme Kankou Kouyaté, Néba Solo, Cheick Siriman Sissoko, Songhoy Blues et l’humoriste «ATT Junior». Le directeur de l’Institut a dit que la crise sanitaire a permis de réaliser un projet de partenariat avec cinq médias pour combler le vide pendant la fermeture. Cette collaboration a permis de redynamiser les productions d’émissions, les rencontres littéraires, les diffusions de films et d’organiser des débats sur la toile, entre autres. Un des temps forts a été le témoignage de plusieurs artistes. Ceux-ci ont explicité leurs projets mais aussi témoigné leur reconnaissance à l’IFM pour son soutien constant dans la promotion des acteurs culturels. AS/MD (AMAP)  

Filière anacarde : Les acteurs en conclave pour valider la Stratégie nationale de développement

Bamako, 16 sept (AMAP) Le ministère de l’Agriculture, à travers le Projet d’appui à la filière anacarde au Mali (PAFAM), a organisé, mardi, au Palais de la culture Amadou Hampâté Ba un atelier de validation de la Stratégie nationale de développement de la filière anacarde au Mali. La rencontre était présidée par le conseiller technique du ministère de l’Agriculture, Yacouba Koné, en présence de la coordinatrice nationale du projet PAFAM, Mme Baba Kongo, du président de l’Interprofession de la filière anacarde au Mali (IPROFAM), Dr Ibrahim Togola, des partenaires techniques et financiers et de nombreux acteurs de la filière anacarde. Cet atelier de deux jours, vise à consolider et valider les travaux réalisés dans le cadre de l’élaboration du document de la Stratégie nationale de développement de la filière anacarde, ainsi que le plan d’action pour sa mise en œuvre avec la contribution de tous les acteurs impliqués. Mme Baba Kongo a souligné que cet atelier est d’une importance capitale pour la filière, car il réunit « tous les intervenants de la filière pour faire le diagnostic et donner des axes stratégiques pour assurer le développement de la filière avec un plan d’action sur 5 ans ». Selon elle, le point fort est l’organisation des acteurs de la filière pour assurer la production et la productivité de l’anacarde afin d’apporter de la valeur ajoutée. Le PAFAM cofinancé par l’Union européenne (UE) et par l’Agence espagnole de coopération internationale au développement (AECID) à travers le «Fonds fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique» a pour mission de valoriser la filière cajou au niveau national. L’objectif principal du projet est de contribuer à la lutte contre la pauvreté, au développement durable et à la réduction de l’émigration au Mali par la mise en valeur de la filière anacarde. La filière anacarde est, aujourd’hui, parmi les plus porteuses au Mali. Les bassins de productions sont situés dans les Régions de Sikasso, Kayes, Koulikoro, Ségou. L’anacarde constitue une source importante de revenu pour une bonne partie de la population de ces zones de production et demeure l’une des principales cultures de rente au Mali. Introduite au Mali depuis les années 60, la culture de l’anacarde connait un essor de développement sans précédent grâce aux appuis des partenaires techniques et la politique de développement sectorielle du gouvernement pour diversifier les produits d’exportation, afin d’équilibrer la balance commerciale. Selon Yacouba Koné, le Mali produisait environ 50.000 tonnes de noix brutes et plus du triple en pomme, et cette production a évolué pour atteindre 87.455 tonnes de nos jours. Elle emploie une frange importante de main d’œuvre surtout en milieu rural et occupe une place importante dans les produits d’exportation. Nonobstant cette place de choix des produits de cajou dans le tissu économique du Mali, la filière reste confrontée à des difficultés telles que, le faible niveau d’opérationnalisation et de coordination entre les maillons de production, de transformation et de commercialisation, l’insuffisance des infrastructures et technologies de transformation à grande échelle. Depuis 2007, un processus de structuration de la filière anacarde au Mali a été engagé. Dans cette dynamique, le PAFAM a commandité, une étude pour l’élaboration de la stratégie nationale de développement de la filière anacarde au Mali. Cette étude a pour but de corriger les insuffisances, disposer d’une vision globale de promotion de la filière, définir les principes d’intervention clairs, fixer les objectifs stratégiques et déterminer les axes de travail et actions concrètes en vue de booster la filière anacarde au Mali. MS/MD (AMAP)

Colonel Assimi Goïta face à la communauté malienne au Ghana : « Tout le monde doit se mettre à la tâche » 

Envoyés spéciaux Issa DEMBELE Oumar DIOP Accra, 16 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goïta, a invité, lundi, tout le monde à se mettre à la tâche, s’adressant à la communauté malienne au Ghana, en marge du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) sur la situation au Mali, qui s’est tenu, mardi, à Accra, la capitale ghanéenne. Entouré de ses proches collaborateurs, et l’ambassadeur du Mali, au Ghana, Abdoul Kader Touré, le président du CNSP a évoqué les problèmes comme la mauvaise gouvernance, la corruption, l’insécurité qui font sombrer notre pays qui ont justifie la prise du pouvoir par les militaires. «Nous sommes intervenus pour l’intérêt supérieur du pays. Et cela sans effusion de sang », a-t-il soutenu,. Il a indiqué que son ambition « est de poser les jalons du Mali de nos rêves. Toutes choses qui imposent une conjugaison des efforts ». « Tout le monde doit se mettre à la tâche. Et cela demande des sacrifices à consentir », a prôné le colonel Assimi Goïta, ajoutant que « le Mali est notre seul patrimoine commun que nous devons sauvegarder ». Environ deux millions de Maliens sont établis au Ghana, d’où ils suivent, avec intérêt, l’évolution de la situation politique au Mali. Le déplacement des responsables de CNSP a été aune occasion pour eux de mieux comprendre ce qui se passe au Mali. Massivement, ils étaient venus à l’hôtel Peduase Valley, lundi dans la soirée. Devant nos compatriotes établis au Ghana, le porte-parole du CNSP, le colonel-major Ismaël Wagué, a soutenu que l’Armée est intervenue le 18 août pour sauver la nation. Une « mission de sauvetage » dont l’objectif est, selon lui, de « mettre en place les bases essentielles pour qu’on puisse repartir vers un Mali nouveau, à l’issue d’une transition et des élections générales”. Pour y arriver, le CNSP compte sur l’apport de tous les Maliens. «La contribution de tout un chacun est non seulement essentielle, mais aussi vitale», a lancé le colonel-major Ismaël Wagué. L’urgence pour les nouvelles autorités du Mali est de convaincre les chefs d’Etat de la CEDEAO à lever les sanctions qui vont « surtout contre la population, déjà soumise à de rudes épreuves”. Selon lui, la quasi-totalité de la population fait confiance au CNSP. «Que les uns et les autres comprennent cela», a-t-il déclaré, tout en précisant que c’est un «contrat moral» qui lie désormais le CNSP et la population. Ces messages du CNSP ont rassuré nos compatriotes qui, dans leur majorité, ont accueilli favorablement la prise du pouvoir par les militaires. «Nous avons confiance en vous et à tous ceux qui sont impliqués dans la recherche de solutions à la crise malienne », a indiqué Mohamed Maïga. Pour lui, le déplacement du CNSP au Ghana, à l’invitation du président Nana Akufo Addo, prouve que leur pays d’accueil et l’ensemble de la CEDEAO ont « le souci du Mali ». ID/MD (AMAP)

Produits de consommation : Les stocks peuvent couvrir plusieurs mois, selon la Direction nationale du commerce et de la consommation

Par Cheick M. TRAORE Bamako, 16 sept (AMAP) Les sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) font planer le risque de pénurie de certaines marchandises importées. Mais la Direction nationale du commerce et de la consommation (DGCC) rassure sur le niveau de nos réserves, Un mois après la démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, suite à l’intervention de l’Armée, le Mali reste sous embargo de la (CEDEAO). La tenue, les 10, 11 et 12 septembre, de la concertation nationale sur la transition n’a pas fait fléchir les chefs d’Etat de l’organisation ouest-africaine. Ces assises ont même étalé au grand jour les divergences de vue entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et une partie du Mouvement du 5juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui a rejeté la Charte de la transition. Ces désaccords assumés semblent être mis à profit par certains pour tenter de créer la panique au sein de la population, prédisant ainsi une rupture très prochaine des stocks en denrées de tout genre. Les Maliens doivent-ils craindre ce scénario professé par les individus aux intentions inavouées ? La disponibilité en denrées peut-elle couvrir les besoins essentiels avant la levée des sanctions ? Existe-t-il des alternatives crédibles d’approvisionnement en cas de prorogation ou d’alourdissement du blocus ? Cet embargo arrive au mauvais moment pour le Mali. Très vaste pays sans débouché sur la mer, le Mali vit depuis 2012 une crise sécuritaire, sociale et politique qui affecte, année après année, ses efforts de développement. La croissance de son Produit intérieur brut (PIB) a régresser de plus de 6% à un peu moins de 5% (2019) sur la même période. Ce taux est, selon le dernier rapport des services du Fonds monétaire international (FMI), estimé à 0,9% cette année, contre une projection initiale de 5%. Cette chute drastique est consécutive aux effets de la crise sanitaire. S’il faudrait y ajouter les effets néfastes de l’embargo, l’économie malienne tomberait en récession. Comme ce fut le cas après le coup d’Etat de 2012. Cette régression économique est à nouveau envisageable eu égard au volume des échanges entre le Mali et les autres pays membres de l’organisation sous régionale. Ceux-ci comptent pour environ 17% de nos recettes d’exportation dont 6.1% sur le Burkina Faso, 4,9% vers la Côte d’Ivoire, 4,7% en direction du Sénégal et 0,91% vers la Guinée. En direction de ces pays, le Mali exporte principalement le bétail, les noix de karité, les denrées agricoles (pomme de terre, mangue, etc.). En revanche, notre pays dépend en grande partie d’eux en matière d’importations. Le Sénégal vient en tête avec 21% du volume des produits importés dans la zone. Il est suivi par la Côte d’Ivoire avec 9.7%. Nos achats de biens dans les pays membres de la CEDEAO avoisinent 40% du total de nos importations. A titre illustratif, le Mali a, en 2018, importé pour 472 milliards de Fcfa auprès du Sénégal et 377 milliards de Fcfa auprès de la Côté d’Ivoire. La moyenne quotidienne est de 2,3 milliards de Fcfa de produits importés auprès de ces deux pays : 1,3 milliard de Fcfa en faveur du Sénégal et un milliard de Fcfa pour la Côte d’Ivoire. SOUVERAINETE ECONOMIQUE – “Les hydrocarbures constituent l’essentiel de nos produits d’importation (24%), suivis des machines (8,4%), des véhicules (6.9%), des équipements électroniques (6.6%)”, précise l’analyste Abdoul Karim Coulibaly. Selon lui, ces produits transitent ou sont revendus pour la plupart par ces pays. «C’est par exemple, ajoute le spécialiste, le cas des hydrocarbures dont le Mali s’approvisionne à travers le Sénégal. Bien que n’étant pas producteur de pétrole, le Sénégal arrive à exporter le pétrole en direction du Mali, bénéficiant ainsi dans les termes de l’échange». Il ajoute que d’autres produits tels que le poisson, la banane plantain, le ciment, le bois, sont directement produits par nos voisins de la CEDEAO. Une restriction sur les échanges n’est pas alors sans conséquence pour l’économie et sur la population maliennes. «Un embargo sera très ressenti par la population malienne, car il nous priverait de 40% de nos produits d’importation», analyse M. Coulibaly. Pour l’expert, ce ressenti se manifestera par un accroissement du prix des denrées et des produits manufacturés à cause de leur rareté sur le marché et une baisse des recettes de nos opérateurs économiques. Ces derniers verront leurs biens stockés au niveau des différents ports. « Cela peut avoir des contraintes de coûts de stockage, et même affecter certaines denrées périssables », déplore-t-il. Ces chiffres illustrent à suffisance que le Mali est loin de pouvoir se passer de ses voisins de la CEDEAO. L’économiste Étienne Fakaba Sissoko, lui, rappelle, à juste titre, notre dépendance économique. «Savez-vous qu’aujourd’hui, l’ensemble du patrimoine (argent, liquidité) du Mali est dans un compte unique à la BCEAO ? Avec l’embargo de la CEDEAO, on n’y a plus accès. Aujourd’hui, nous fonctionnons sans caisse régulièrement alimentée, donc exclusivement avec les nouvelles entrées de recettes et la liquidité existante au Trésor», a-t-il écrit dans un récent post. Toutefois, le directeur général du commerce, de la consommation et de la concurrence, Boukadary Doumbia, intervenant sur une radio, invite les consommateurs à la sérénité. « Dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, le ministère en charge du Commerce, à travers la DGCC, avait pris des mesures pour faciliter l’importation des denrées de première nécessité », rappelle M. Doumbia. «Toutes les provisions n’ont pas été utilisées. A ce jour, les stocks que nous avons dans les magasins peuvent couvrir plusieurs mois. Et n’y a pas de raison d’augmenter les prix, comme le font certains commerçants en cas de crise», rassure le DGCC. Menaçant de sanction les contrevenants, il précise que son service a décidé de ne plus donner d’autorisations pour l’exportation des produits de base maliens dans les pays de la CEDEAO. Cela jusqu’à la levée de l’embargo. Rappelons aussi que les produits alimentaires, pharmaceutiques, les hydrocarbures, sont exclus des sanctions de la CEDEAO. ALTERNATIVES – Afin de renforcer notre capacité de résilience, Boukadary Doumbia propose de tout mettre en œuvre

Sommet d’Accra sur le Mali : La CEDEAO réclame toujours une transition dirigée par des civils

Envoyés spéciaux Issa DEMBELE et Oumar DIOP Accra, 15 sept (AMAP) La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) réclame toujours une transition au Mali dirigée par des civils mais a, en revanche, fait une concession sur la durée du pouvoir intérimaire en entérinant la proposition de 18 mois de la délégation malienne, a-t-on appris de source malienne, dans la capitale ghanéenne, Accra, où un sommet de l’organisation commune ouest-africaine sur le Mali. En se rendant à Accra, le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) espérait obtenir la compréhension et l’adhésion des chefs d’Etat de la CEDEAO aux conclusions de la concertation nationale. À l’épreuve, Assimi Goïta et sa délégation ont dû se rendre à l’évidence : l’organisation sous-régionale s’en tient à ses principes. Si les dirigeants ouest-africains sont d’accord pour une transition de 18 mois, ils sont, cependant, restés catégoriques sur le profil des personnalités devant la conduire. En effet, ils ont réitéré leur exigence concernant la restauration d’un pouvoir civil. Et c’est à cette seule condition que les sanctions seront levées. C’est ce qu’a annoncé le président ghanéen à l’issue des travaux du sommet consacré à Mali. Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, qui assume la présidence tournante de l’organisation commune ouest-africaine, était entouré lors de cette réunion consultative par six de ses homologues : Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Mahamadou Issoufou du Niger, Macky Sall du Sénégal, Rock Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Alpha Condé de la Guinée Conakry et Faure Gnassingbé du Togo. Il y avait également le vice-président du Nigéria. Les échanges avec les dirigeants du CNSP ont permis, au moins, d’éclairer davantage la lanterne des chefs d’Etat sur la situation politique et les souhaits des populations dont une bonne frange n’est pas contre une transition dirigée par les militaires pour une durée de 18 mois. Le président burkinabé, Rock Marc Christian Kaboré, a confié à la presse que les informations fournies par le CNSP ont permis à la CEDEAO de mieux comprendre et d’orienter, par conséquent, sa stratégie de sortie de crise. « Cependant, a-t-il précisé, les chefs d’Etat ont fait comprendre aux dirigeants du CNSP que le président de la transition et le Premier ministre doivent être forcément des civils ». Une position que l’organisation sous-régionale a maintenue parce que cela fait partie de ses principes. Par contre, elle a reconsidéré sa position sur le délai qui pourra légèrement excéder les 12 mois pour atteindre les 18 mois. « Sur ce plan, on n’a pas véritablement de contradiction sur le fond », a indiqué le président Burkinabé qui a justifié cette concession par la nécessité de « bien organiser les choses et permettre au processus de tenir sur le bon délai ». « Une fois que le président et le Premier ministre de la transition seront mis en place, il va de soit que le CNSP serait dissout de fait », a ajouté Rock Marc Christian Kaboré. S’agissant de la vice-présidence, le président burkinabé a révélé que cette question n’a pas été débattue au cours de la rencontre. Ainsi, le CNSP pourrait l’occuper, « mais uniquement pour des questions de défense et de sécurité ». Aussi, a-t-il précisé, ce « vice-président ne pourra pas remplacer le président en cas de vacance du pouvoir ». DEUX HEURES D’HORLOGE– Sans plus de détails, le président Alassane Dramane Ouattara a estimé que les nouvelles décisions prises par la CEDEAO permettront d’aller de l’avant. Selon lui, ce que les chefs d’Etat souhaitent, c’est d’arriver rapidement à la levée des sanctions pour mettre fin à la souffrance du peuple malien. Sur ce chapitre, le président en exercice de la CEDEAO a ajouté que les chefs d’Etat sont « très conscients des difficultés causées par les sanctions » et qu’ils « voudraient aussitôt que possible, les lever ». Pour cela, il y a une seule condition : la nomination d’un président et d’un Premier ministre civils pour diriger la transition. Les chefs d’Etat se sont exprimés à l’issue d’une longue et certainement anxieuse journée pour les membres de la délégation malienne. Le stress a commencé dès la matinée quand, comme pour signifier l’illégitimité du CNSP, les chefs d’Etat n’ont pas autorisé le colonel Assimi Goïta et sa délégation à participer à la cérémonie d’ouverture. C’est à Peduase Lodge, où s’est déroulé l’événement, qu’ils en ont été poliment informés, avant d’être priés de retourner à l’hôtel en attendant la fin de cette cérémonie. De retour sur le lieu du sommet, la délégation malienne a été appelée à rejoindre les chefs d’Etat aux environs de 13 heures, pour une séance de travail qui a duré plus de deux heures d’horloge. Juste avant l’entrée en scène du CNSP, les organisateurs, certainement sur instructions, avaient pris le soin d’enlever le drapeau du Mali. Le geste n’est pas anodin. Pour autant, la délégation malienne, déterminée à se faire entendre par les chefs d’Etat, n’a manifesté, en aucun moment, un quelconque sentiment de frustration. « Il faudra accepter beaucoup choses. L’essentiel est de partir d’ici avec une bonne nouvelle pour le peuple », nous a confié un membre de la délégation. En marge de la rencontre, les membres du CNSP ont eu des tête-à-tête avec chacun des chefs d’Etat présents. ID/MD (AMAP)  

Portrait : Moussa Traoré, « Balla » s’en est allé

Bamako, 15 sept (AMAP) Né le 25 septembre 1936, Moussa Traoré aura connu cinq vies. La première est celle d’un jeune officier que rien ne distinguait, particulièrement, et qui fait ses études à l’Ecole des enfants de troupe de Kati avant de les poursuivre à l’Ecole préparatoire des officiers d’outre-mer. Il est aspirant lorsqu’il regagne le Mali nouvellement indépendant. Nommé sous-lieutenant en 1961, il passe lieutenant en 1963. Le Mali socialiste d’alors est engagé aux côtés des forces qui se battent pour l’émancipation totale du continent et le jeune officier est envoyé au Tanganyka (partie intégrante de l’actuelle Tanzanie) en qualité d’instructeur auprès des combattants des mouvements de libération. Rentré au Mali, Moussa Traoré est affecté, toujours comme instructeur, à l’Ecole militaire inter-armes de Kati. La seconde vie de Moussa Traoré commence en 1968. Avec un groupe de jeunes officiers inquiets de la dévalorisation croissante de l’Armée et de la montée de la milice populaire devenue une institution para-militaire toute-puissante, il organise le coup d’Etat du 19 novembre 1968 qui aboutit au renversement du président Modibo Kéita. Le jeune officier est porté à la tête du Comité militaire de libération nationale (CMLN), nouvel organe dirigeant du pays et il cumule assez vite ces fonctions avec celles de chef de l’Etat. Mais malgré ces responsabilités en apparence prestigieuses, Moussa Traoré n’est en fait que le premier parmi les égaux, le fonctionnement collégial du CMLN restreignant sa marge de prise de décision. Si bien qu’il apparaît non pas comme l’homme fort du pays, mais plutôt comme le pondérateur des luttes d’influence qui font rage à l’intérieur du Comité. Sa troisième vie date du 28 février 1978. Ce jour-là, il fit arrêter quatre de ses compagnons parmi lesquels deux (Tiécoro Bagayoko et Kissima Doukara) traînent une réputation désastreuse au sein de l’opinion publique nationale et sont considérés comme les faucons du CMLN. La quatrième vie de Moussa Traoré débute lorsque prend fin l’état de grâce qui a suivi les événements de février 1978. L’agitation estudiantine de 1980 s’achève sur la mort du leader du mouvement Abdoul Karim Camara dit « Cabral ». Le président Traoré dans cette crise a dû se sentir bien démuni puisque le parti unique et constitutionnel qu’il a créé – l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) – n’a pas su se poser ni en intercesseur auprès du monde scolaire, ni en mobilisateur de l’opinion publique. L’ancien pensionnaire de l’Ecole des enfants de troupe de Kati, qui était devenu général de brigade en octobre 1978 (il sera promu général d’armée en mars 1982), commence alors son apprentissage de la solitude du pouvoir. Celle-ci allait lui faire abandonner progressivement ses réelles aspirations d’ouverture de 1978 pour se laisser enfermer dans une logique de cénacle. Au début des années 90, cette évolution atteint sa forme la plus aboutie. Au-delà du parti et au-dessus du gouvernement, c’est un cercle restreint de proches et d’intimes qui exerce la réalité du pouvoir et conseille le président sur la conduite des affaires du pays. Moussa Traoré s’est, de plus en plus coupé, des réalités du pays dont il ne percevait pas les profondes modifications. Le destin lui réserva tout de même un ultime chant du cygne en 1988, année où il assume la présidence de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), aujourd’hui Union africaine (UA) en même temps que se fêtait le 20è anniversaire de sa prise de pouvoir. Deux ans plus tard, survenait le temps des épreuves. Les associations politiques lançaient les premières revendications pour l’ouverture démocratique. Imperméable à l’air du temps, insensible aux avis favorables au multipartisme qui surgissaient au sein de son propre camp, Moussa Traoré laisse passer deux occasions historiques d’accepter l’ouverture et, sans doute, de la contrôler. Voulant à tout prix rester maître du calendrier et reporter une prise de décision au congrès de l’UDPM de mars 1991, il se fait déborder par la montée des impatiences populaires. La répression sanglante de la marche estudiantine du 22 mars 1991 sonne le glas de son régime. Renversé par le coup d’État du 26 mars, Moussa Traoré est condamné à mort lors du procès « Crimes de sang », puis du procès « Crimes économiques »(les peines seront ensuite commuées en détention à perpétuité). En ces deux occasions, il s’employa à justifier et à valoriser sa gestion des affaires maliennes pendant 23 ans, mettant sa chute au compte d’un complot ourdi de l’extérieur. Gracié en mai 2002 par le président Konaré, l’ancien chef de l’État fait alors le choix de se mettre en retrait de la vie publique. Féru de lecture des Saintes écritures, il a certainement puisé dans celles-ci la sérénité de comportement et l’égalité d’humeur que tous lui reconnaissent aujourd’hui. S’il prodigue encore de discrets conseils et recommandations aux forces politiques qui lui demeurent fidèles, il s’abstient résolument de tout ce qui pourrait apparaitre comme une immixtion directe. Ce qui ne l’empêchera pas cependant le 04 septembre 2013, de rehausser l’éclat de la cérémonie de prestation de serment au CICB du président de la République alors fraichement élu, Ibrahim Boubacar Keïta. Seul ancien chef d’Etat présent, Moussa Traoré a été alors porté au pinacle par celui qui venait de prendre les rênes du pays qui le qualifia de « Grand républicain ». Ayant franchi l’âge de la sagesse, celui que ses compatriotes appelaient « Tarata Balla » qui signifie « Balla du Mardi » (Ndlr, les événements importants de sa vie sont intervenus un mardi), aura compris que c’est désormais le costume de conciliateur et de rassembleur qui lui sied. Au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré en 2012, les responsables de la junte l’ont rencontré quelques fois. Plus récemment, les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avec le colonel Assimi Goïta en tête, sont aussi allés à « l’écoute de l’ancien président ». Puisant dans son riche fond politico-militaire, Moussa Traoré a dû prodiguer d’utiles conseils aux jeunes officiers de 2012, tout comme à ceux de 2020 dont le destin a ressemblé au sien quelques décennies plutôt. Il aura aussi contribué à chercher une issue

Le M5-RFP veut consolider la bonne entente avec le CNSP (Point de presse)

Bamako, 15 sept (AMAP) Le Mouvement du 05 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a dénoncé, mardi, lors de son point de presse au QG de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’iman Mahmoud Dicko (CMAS), les pratiques qui ont conduit à l’adoption des textes de la Transition avant de déclarer qu’il « n’entendait ni rompre ni entrer en conflit avec le CNSP », a constaté l’AMAP. Dans une déclaration liminaire, lue devant la presse, le président du Comité stratégique du M5-RFP, Choguel Kokala Maïga, a réaffirmé la « totale disponibilité (du mouvement) à cheminer avec le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) pour la renaissance et la refondation du Mali ». Il a rappelé tous les efforts que M5-RFP a déployés pour instaurer des relations de confiance mutuelle avec le CNSP. « Ces efforts fournis de part et d’autre et l’écoute mutuelle pratiquée doivent se poursuivre et ne devraient pas être vains », dit la déclaration. Le M5-RFP « réaffirme sa totale disponibilité à œuvrer de consœur avec le CNSP et tous les Maliens épris de changement pour la renaissance et la refondation du Mali », précise cette déclaration. Et d’ajouter : « le M5-RFP n’entendait ni rompre ni rentrer en conflit avec le CNSP qui, encore une fois, a parachevé la lutte que (le mouvement) a enclenchée pour obtenir la démission d’Ibrahim Boubacar Kéita et de son régime ». S’agissant des relations M5-RFP/CNSP, il n’a pas caché une certaine insatisfaction. «Une délégation du CNSP est partie à Accra pour négocier, discuter du sort du Mali sans y associer le M5-RFP», a-t-il déploré. Quant au Pr Ibrahim Ikassa Maïga, il a indiqué que le M5-RFP a constaté avec regret l’opacité qui a entouré le traitement des rapports des groupes de travail lors de la concertation nationale. Pour lui, le document produit à l’issue de ces assises nationales «ne reflète pas les points de vue et les décisions du peuple malien». Malgré tout, en prenant ces positions courageuses et patriotiques qu’il assume, le M5-RFP «n’entend ni rompre ni entrer en conflit avec le CNSP qui a parachevé la lutte du peuple ». La protestation élevée par le M5-RFP visait, selon lui, « à mettre en garde tous ceux qui, hier, se sont opposés au changement et ont demandé le rétablissement de l’ancien président dans ses fonctions après sa démission ». La même mise en garde était adressée « aux personnes qui étaient dans les coulisses pour essayer de manipuler les participants au cours des travaux de la concertation nationale et dénaturer les conclusions de la concertation nationale ». L’Imam Mahmoud Dicko, Issa Kaou N’Djim, Clément Dembélé, Cheick Oumar Sissoko n’étaient pas présent à ce point de presse. OD/MD (AMAP)

  Convention d’assistance mutuelle du Mali : De réelles  difficultés dans la pratique 

Par Siné S. TRAORÉ Bamako, 15 sept (AMAP) La décentralisation a conduit l’Etat à transférer des compétences aux collectivités, y compris la gestion des problèmes de santé au premier niveau de la pyramide sanitaire, c’est-à-dire les Centres de santé communautaire (CSCOM). C’est fort de ce fait qu’une Convention d’assistance mutuelle a été signée entre les collectivités et les Associations de santé communautaire (ASACO), en charge de la gestion des CSCOM, conformément au décret 02-314 de juillet 2002 fixant les détails des compétences transférées aux collectivités. La convention engage les communes à accompagner les CSCOM, en termes de stock initial de médicaments en Dénomination commune internationale (DCI), d’équipements et de moyens logistiques. Elle fait obligation à une ASACO d’assurer le paquet minimum d’activités pour les habitants de l’aire de santé mas, aussi, de participer à la lutte contre les épidémies et catastrophes, entre autres. Si théoriquement l’initiative est salutaire dans son essence, dans la pratique les choses sont un peu compliquées. Est-ce que le transfert des compétences est aujourd’hui effectif ? Quels sont les obstacles qui se posent à la bonne marche de la Convention d’assistance mutuelle ? MÉCONNAISSANCE DES TEXTES – A la Fédération nationale des associations de santé communautaire (FENASCOM), on reste conscient des difficultés d’application de cette convention, mais on garde espoir de voir toutes les parties prenantes tenir leurs engagements. Le secrétaire général de la FENASCOM, Amadou Diarisso, confirme l’effectivité du transfert des compétences. Pour lui, les premiers obstacles ont trait à la méconnaissance des textes qui régissent la Convention d’assistance mutuelle et aux difficultés de mobilisation des ressources financières. Il souligne, aussi, que dans certaines communes, les mairies et les ASACO n’ont pas signé la convention en question. Le secrétaire général de la faîtière de santé communautaire n’écarte pas la possibilité que les acteurs de premier plan, notamment les maires et les présidents des ASACO, puissent être à l’origine du blocage. Il rappelle que la FENASCOM ne cesse de sensibiliser sur l’importance de la Convention d’assistance mutuelle, surtout, lors de ses congrès. Et M. Diarisso de préciser que souvent, certains édiles ont une mauvaise perception de leur rapport avec les responsables des Asaco. «Ils pensent qu’ils ont le pouvoir de dissoudre le bureau d’une ASACO. Ce qui est loin d’être une réalité. Ces élus doivent s’inscrire dans une vision de collaboration et de complémentarité dans la gestion des problèmes de santé de la communauté. Quand on est responsable à ce niveau, on doit prendre connaissance de tous les textes juridiques et règlementaires pour ne pas commettre d’erreur», déplore-t-il. Le secrétaire général de la FENASCOM souligne également que dans d’autres Communes, la Convention d’assistance mutuelle a été bien signée mais n’a jamais été soumise à la délibération du Conseil communal. Or, cela est une exigence de droit. Il cite un cas de figure que l’on a rencontré dans certaines communes. En effet, dans ces communes, on trouve parfois que le document a été signé dans les règles de l’art et soumis à l’appréciation du Conseil communal avec l’implication de toutes les structures, mais le comité paritaire n’est pas mis en place. Ou bien le comité paritaire est mis en place, mais il ne fonctionne pas. La logique voudrait que les représentants de l’ASACO et de la mairie se retrouvent au sein de ce comité paritaire. Pour ce qui concerne le transfert des ressources financières, notre interlocuteur est on ne peut plus clair. «Les fonds sont inscrits dans le budget de l’Etat, mais certains maires ont une mauvaise appréciation de cette ligne budgétaire. Ils pensent qu’ils peuvent en disposer à leur gré. Alors que la conception et l’exécution du budget doivent obéir à une orthodoxie financière», précise-t-il. «Quand les lignes sont bien définies, le transfert des ressources est fait aux collectivités qui doivent, à leur tour, les mettre à la disposition des ASACO», explique Amadou Diarisso. Pour lui, il est temps d’envisager des alternatives pour pallier les difficultés à ce niveau. Il préconise la mise en place des projets comme celui de : «Service de santé à grand impact». Ce programme financé par l’USAID, dans certaines régions et à Bamako, avait comme objectif d’élaborer une carte de score qui permet de noter les forces et les faiblesses dans le cadre de la signature de la Convention d’assistance mutuelle et d’essayer, progressivement, d’apporter les corrections nécessaires. «Cela permettait aux ASACO bénéficiaires de corriger certaines imperfections. Mais hélas, ce projet a pris fin », regrette le responsable de la FENASCOM. ACCOMPAGNEMENT DE L’ÉTAT – Au niveau d’une ASACO en Commune IV, un interlocuteur, sous couvert de l’anonymat, explique qu’il n’y a aucun problème. «Tout se passe conformément à la Convention d’assistance mutuelle entre les ASACO et les collectivités territoriales». Il poursuit : «la mairie a, chaque fois, répondu à notre sollicitation pour une quelconque aide». En guise de confirmation, notre interlocuteur exhibe des documents paraphés par le président de l’ASACO, le maire principal ou son suppléant et le gouvernorat du District de Bamako. «Le transfert des compétences est réel. Mais celui des ressources financières n’a pas suivi», relève le 4è adjoint au maire de la Commune II, Abdoulaye Bassolé. Il indique que les difficultés sont multiples et variées. Comme remède, l’élu municipal souligne l’urgence et la nécessité d’un accompagnement global de l’Etat parce que le transfert des compétences n’a jamais été suivi de celui des ressources financières. Cela devient une problématique réelle pour les collectivités et, par ricochet, pour les ASACO. Bassolé ajoute que les collectivités territoriales se démènent pour répondre à certaines exigences des ASACO afin que les populations accèdent à de meilleurs soins au premier niveau de la pyramide sanitaire (les CSCOM). On rappelle que le deuxième niveau de la pyramide est constitué par les Centres de santé de référence (CSRef). Les hôpitaux nationaux sont situés au troisième niveau de la pyramide. Aujourd’hui, on dénombre près de 1.368 ASACO à travers le Mali qui offrent des soins de santé au bas de l’échelle. SST/MD (AMAP)