Bandiagara : Des acteurs locaux du Pays dogon se concertent sur la paix, l’unité et la cohésion sociale

Bandiagara, 14 sept (AMAP) Les acteurs locaux des localités de Bandiagara, Bankass, Douentza et Koro, dans la Région de Mopti (Centre), se sont rencontrés, récemment, afin de trouver des voies et moyens pour une sortie de crise et de renforcer l’unité et la cohésion sociale entre les fils et filles de toutes les ethnies. A l’issue de la rencontre, il a été proposé de mettre en place un comité au nom des quatre cercles pour trouver une solution aux problèmes que vivent les communautés. Pour cela, chaque cercle se fera représenter par cinq personnes pour la mise en place de ce comité. Les recommandations formulées sont, entre autres, liées à la coordination de toutes les actions futures allant vers la stabilisation et la paix entre tous les cercles, la tenue de rencontres périodiques, l’identification des autres groupes armés opérant dans la zone afin d’engager des pourparlers, l’implication de Dan Nan Ambassagou dans toutes les actions allant dans ce sens, l’implication de l’ONG HD pour la réalisation de ces activités. Cette rencontre a été une véritable tribune d’expression pour les représentants des cercles concernés. Car, chacun, en ce qui le concerne, a fait un exposé sur la situation actuelle de sa localité et fait des propositions de solutions sanctionnées par de fortes recommandations. Pour le président du bureau de coordination de Dan Nan Ambassagou, Boureima Sagara, cette rencontre est une occasion pour les uns et les autres de se donner la main et d’aller dans la même direction. Il a aussi rappelé le rôle du mouvement Dan Nan Ambassagou dans la sécurisation et a invité ses « parents de Koro » de revoir la stratégie de médiation entamée dans leur cercle, ces derniers mois, et qu’à partir de cette date, ils entreprennent les actions futures avec les autres cercles. Cela témoignera, sans nul doute, « de la volonté manifeste des populations à aller à la recherche d’une paix durable comme un seul homme ». Boureima Sagara a rappelé la volonté manifeste du chef d’état-major général de Dan Nan Ambassagou, Youssouf Toloba, a à aller vers la paix qui est tant recherché par tous. Pour sa part, le conseiller de l’ONG HD, M. Bamadio, a remercié les initiateurs qui, pour lui, « sont de véritables acteurs pour le retour d’une paix durable ». Il a donné l’assurance de l’accompagnement de sa structure pour toute action allant vers la paix. Des autorités traditionnelles, des leaders religieux, des représentants de Dan Nan Ambassagou, des jeunes des Cercles de Bandiagara, Bankass, Douentza et Koro ont participé à cette rencontre, qui s’est tenue dans la salle de conférence de la Maison des jeunes de Bandiagara, sous la présidence du 2ème adjoint au préfet de Bandiagara, Abdoulaye Traoré. A l’ouverture des travaux, le représentant des notabilités traditionnelles, Yalema Kassogué, et le maire de la Commune urbaine de Bandiagara, Housseini Saye, ont, dans leur intervention respective, souhaité la bienvenue aux participants, tout en remerciant les initiateurs de la rencontre et leur partenaire l’ONG HD. Dans son discours d’ouverture Abdoulaye Traoré s’est dit satisfait de la tenue de cette rencontre, une initiative qui « aidera le gouvernement dans les actions de pacification du pays ». Il a aussi invité les participants à tout mettre en œuvre afin que les objectifs soient atteints et cela « pour le bonheur des populations ». OG/MD (AMAP)

Gao : Le Collectif des syndicats de l’Education a boycotté la rentrée des classes

Gao 14 sept (AMAP) Le collectif des syndicats de l’Education de la Région de Gao a commencé une grève, lundi, date de la reprise des cours et du travail dans toutes les structures de l’Education, à la suite d’un accord intervenu, vendredi, entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et les sept Syndicats de l’Education signataires du 15 octobre 2016. Le motif de la grève du collectif des syndicats de Gao est le non paiement des salaires du mois d’août de leurs collègues de l’enseignement secondaire de la Région. Il compte « suivre le mot d’ordre de grève jusqu’au paiement intégral » des salaires des enseignants concernés. « Tant que les enseignants n’ont pas leur salaire d’août en poche, nous n’irons pas en classe », a déclaré, au correspondant de l’AMAP, le secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement secondaire (SYNESEC), Hamil Boubacar. Le secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement fondamental des collectivités territoriales, Abdoul-Aziz Ibrahim Maiga, a ajouté : « Depuis 2012, nous sommes victimes du mauvais comportement des services financiers de la Région de Gao qui résident à Bamako. Nous décrions la lenteur dans le traitement des salaires des enseignants de la Région ». « Nous sommes en grève parce que nous n’avons pas perçu nos salaires du mois d’août 2020 et nous craignons que cela ne soit une habitude des services financiers de la Région. C’est la raison de notre grève. Nous ne rentrerons pas en classe tant que ce problème ne sera définitivement résolu », a indiqué M. Maiga. Le directeur de l’Académie de l’enseignement (AE) de Gao, Sadou Abdou, a rappelé qu’au niveau national, la grève est levée mais « continue au niveau de la Région de Gao parce que les enseignants du secondaire n’ont pas reçu leur salaire du mois d’août 2020 ». « En tant que directeur de l’AE de la Région de Gao, j’ai instruis à tous les directeurs généraux, les proviseurs, les directeurs des Centres d’animation pédagogique (CAP) de prendre des dispositions idoines pour le bon déroulement des examens », a déclaré Sadou Abdou. « Ce matin (Ndlr, lundi), l’administration était là et les élèves sont venus mais les enseignants étaient absents. A l’heure où je parle, les examens de l’Education physique et sportive (EPS) se passe sur les terrains sportifs », a-t-il indiqué. « Le Collectif des syndicats de l’Education m’ont assuré qu’avec un bon engagement, les enseignants reprendront les cours », a précisé le directeur de l’Académie d’enseignement. Le conseiller aux affaires économiques et financières du gouverneur de Gao, Alhader Amadou Bella, a dit, pour sa part, que le gouverneur de la Région de Gao est saisi de ce dossier afin que les enseignants perçoivent leurs salaires « très rapidement ». A notre passage, certaines écoles étaient totalement fermées : ni élèves ni enseignants n’étaient présents. Même le lycée Yana Maiga est fermé. AT/MD (AMAP)

Fin de la grève des enseignants : Reprise effective des cours ce lundi

Bamako, 14 sept (AMAP) Après plusieurs mois de crise scolaire, les cours reprennent, ce lundi, dans les établissements secondaire, fondamental, professionnel et de l’éducation préscolaire et spéciale. Le ministère en charge de l’Education nationale a, aussitôt, fixé de nouvelles dates pour les examens de fin d’année scolaire 2019-2020. Le Diplôme d’études fondamentales (DEF) aura lieu du 12 au 14 octobre. Le Baccalauréat est prévu du 19 au 22 octobre. Avec cette reprise effective du travail, c‘est la réouverture de toutes les structures de l’Education, ainsi qu’il ressort des principales annonces, vendredi, à l’issue des négociations engagées par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) avec les sept Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 à Kati. Cette bonne nouvelle, qui apporte du baume au cœur des élèves et de leurs parents, est intervenue après des rencontres entre le CNSP et les syndicats de l’éducation, entre le 28 août et le 11 septembre 2020, sur l’application du procès-verbal de conciliation du 17 juin 2020. Signé entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation, ce procès-verbal est relatif à l’application immédiate, complète et pleine de l’article 39 de la loi n° 2018-007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant des enseignements secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale. Au cours des discussions, le CNSP et les syndicats ont fait des concessions pour convenir d’un projet d’ordonnance relatif à la modification de la loi n°2018-007 du 16 janvier 2018 ainsi que du projet d’arrêté interministériel relatif à la transposition du personnel concerné. Les deux parties ont aussi convenu de l’alignement de l’indice plafond de la catégorie A à 1267 sur le salaire du mois de novembre 2020, le paiement des rappels des mois de janvier à octobre 2020 sur le salaire du mois de novembre 2020, le paiement de la première moitié des arriérés de 2019 au mois de décembre 2020. Le CNSP et syndicats sont, également, tombés d’accord sur le paiement des arriérés de la seconde moitié de 2019 au mois de mars 2021, sur l’alignement de l’indice plafond de la catégorie A à 1382 à compter du 1er janvier 2021 et de la reprise effective des cours et des activités pédagogiques dans les écoles des enseignements secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale à partir de ce lundi 14 septembre 2020.   Dans une déclaration, le porte-parole des syndicats de l’éducation, Adama Fomba, a salué l’implication de tous les acteurs de l’école notamment les conciliateurs, le leader religieux, Ousmane Chérif Madani Haïdara et le colonel Sadio Camara. Les travaux étaient dirigés par le 2è vice-président du CNSP, le colonel Sadio Camara, qui avait à ses côtés d’autres membres du CNSP et des techniciens des ministères en charge de l’Éducation nationale et du Dialogue social. SYW/MD (AMAP)

Période du 13 au 20 septembre : Activités pluvio-orageuses sur l’ensemble du pays (Météo)

Bamako, 14 sept (AMAP) La météo annonce une pluviométrie importante dans la période du 13 au 20 septembre 2020 pendant et, surtout, en fin de semaine pour l’ensemble du pays, a annoncé la Cellule communication du ministère des Transports et de la Mobilité urbaine/Agence Mali-Météo. Dans un communiqué, la Météo et la cellule de communication du département, indiquent que cette prévision météorologique, delà semaine, sera caractérisée « par un ciel nuageux à couverture sur l’ensemble du pays, excepté les Régions de Taoudenit, Kidal, Ménaka, une partie de celles de Tombouctou et Gao ». « La visibilité sera assez bonne avec des températures en hausse par rapport à celles observées la semaine précédente », ajoute la même source. La répartition des pluies au cours de la semaine se fera comme suite : lundi : les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Ménaka et le District de Bamako. Mardi : les Régions de Sikasso, Ségou, Mopti et le District de Bamako. Mercredi : les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et le District de Bamako. Jeudi : les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Ménaka, Kidal et le District de Bamako. Vendredi : les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et le District de Bamako. Samedi : les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et le District de Bamako. Dimanche : les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et le District de Bamako. OD/MD (AMAP)

Koro : La campagne agricole se déroule bien malgré quelques inquiétudes (Services techniques)

Koro, 13 sept (AMAP) La campagne agricole 2020-2021 a démarré dans de très bonnes conditions pluviométriques dans le cercle de Koro permettant aux producteurs d’effectuer à temps les premiers semis de mil et de sorgho, selon les services techniques. Les opérations de semis ont été ralenties en fin juin suite à une rupture pluviométrique de 10 jours sans faire de dégâts sur les jeunes plants et, depuis, les pluies sont devenues régulières, abondantes et bien reparties dans l’espace. Les semis se sont déroulés normalement et, dans de bonnes conditions, la levée a été bonne au niveau de toutes les cultures. Selon le chef secteur agriculture de Koro, Issa Daou, « à ce jour, dans tout le Cercle, nous assistons à un bon développement végétatif des cultures. Sur le plan phénologique, le mil, qui est la culture principale, est au stade montaison-épiaison, le sorgho est à la montaison, l’arachide et le voandzou à la formation des gousses, le fonio à la formation des graines, le sésame et le niébé sont à la floraison, l’oseille est au stade de la ramification ». « Pour les cultures maraichères d’hivernage, le gombo, le melon et le concombre sont à la récolte, l’aubergine et la tomate sont à la floraison. On peut, donc, dire que l’aspect de la campagne agricole est bon dans le Cercle de Koro », ajoute M. Daou. A la date du 7 septembre 2020, les hauteurs de pluies mesurées sont de 778,5 mm en 33 jours contre 598, 4 mm en 39 jours, pour la campagne précédente. Concernant l’approvisionnement des producteurs en engrais subventionnés, les activités de distribution ont pris du retard cette année. Le cercle de Koro a reçu 1.250 tonnes de NPK, 167,5 tonnes d’urée, 65 tonnes de fertinova et 17,5 tonnes de PNT. Les besoins des producteurs sont plus portés sur le NPK et l’urée qui ont été délivrés sur autorisation d’achat. Concernant la superficie emblavée, toutes les cultures confondues, le Cercle de Koro a réalisé 184.063 ha dont 151.420 pour les hommes et 32.643 pour les femmes sur un objectif de 209.480 ha soit un taux de 87,86 %. « Pour le mil, qui est la culture principale, nous avons 143 754 ha de réaliser sur une prévision de 153.600 ha soit 93, 58 % », précise le technicien. Le secteur agriculture de Koro, en plus des efforts du gouvernement, bénéficie de l’accompagnement de partenaires comme l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’Agriculture (FAO), le Comité international de la Croix rouge (CICR), Mercy Corps. Cet accompagnement des partenaires vise l’amélioration de la production et de la productivité agricole, notamment avec l’appui en petits matériels aratoires pour le maraichage et des semences. Grâce à l’appui des partenaires, les producteurs ont eu des semences en qualité et en quantité mais aussi des petits matériels. Cependant, quelques difficultés ont été enregistrées dans le déroulement de la campagne agricole 2020-2021 au nombre desquelles le faible appui à l’encadrement technique sur le terrain (carburant, matériels didactiques et de bureau), la non atteinte des objectifs d’emblavures à cause de l’insécurité, le retard dans le démarrage dans la distribution des engrais subventionnés, les entraves aux déplacements des agents à cause de l’insécurité et les cas d’inondations, des agents des sept sous secteurs d’agriculture dans le Cercle pour évaluer les pertes suite aux inondations dans certaines Communes du Cercle. Pour la suite de la campagne, « il appartient donc aux producteurs de suivre les conseils des techniciens du secteur d’agriculture afin de pouvoir faire bon usage des engrais mis à leur disposition. L’espoir est donc permis pour une bonne campagne agricole dans le cercle de Koro », dit Issa Daou. MN/MD (AMAP)  

Cernage: Une solution pour la survie des arbres de karité

Par Maïmouna SOW Bamako, 13 sept (AMAP) L’exploitation de karité passera du stade de survie au niveau d’opulence dans un avenir proche grâce à la technique du cernage. Elle consiste à tailler le tour du tronc l’arbre à 10 cm du sol, et à couper le gui du haut de karité avant qu’il ne fleurisse. Les agriculteurs de certaines zones sont décidés à renverser la tendance. Ainsi, 500 pieds d’arbres ont fait l’objet de cernage dans le village de Diorila. La même quantité est cernée à Kandian, localité située dans la Commune de Dialakoroba. Sétou Doumbia est l’une des épouses de la famille Doumbia. Elle est la seule femme du village de Diorila à suivre une formation de cernage. Depuis lors, elle a mis cette technique en œuvre sur tous les karités de la forêt et ceux qui ont poussé dans le champ familial. Mais elle a pris soin d’ajouter sa marque. Dans les différents villages de la commune, Sétou est heureuse de partager son savoir. Mariée et mère de 5 enfants, cette mince dame de 40 ans jouit de l’estime de la population. Ce matin, elle nous accueille, dans sa cour, souriante et entourée de ses voisins. Elle exprime sa satisfaction et sa reconnaissance aux formateurs. « Moi, je suis fière d’être la voix de l’espoir dans ma communauté. Depuis quelques mois, nous avons commencé à pratiquer la technique du cernage, après un jour de formation. Aujourd’hui, tous les arbres de karité concernés ont fleuri comme jamais. C’est notre première fois de pratiquer cette méthode. Le résultat est spectaculaire », dit-elle. La transformation du karité est une activité pénible. Le rendement est faible. Surtout pour les femmes qui n’ont pas d’autres sources de revenu et qui doivent vivre de leur production. Notre interlocutrice travaille en collaboration avec quatre autres épouses de la maison. Cette union fait augmenter leur profit tiré de cette activité pour assurer la popote. D’après les explications de Sétou, le village produit deux qualités de beurre. La première est préparée avec les fruits frais ramassés dans les champs et dans la forêt, pendant la saison pluvieuse. Les fruits sont consommés et la noix séchée. Les écales seront conservées dans un environnement sain. L’étape de la production débute après la saison. Les intempéries ne détérioreront pas le produit, surtout que la première qualité est fabriquée avec cet extrait. La seconde qualité n’a pas besoin d’autant de soin. Les noix sont ramassées dans la forêt, après la saison des pluies. Ils sont séchés, pilés et subissent la procédure de transformation en beurre qui sera vendue sur nos marchés. Sétou précise que l’exploitation du karité s’étend sur toute l’année. La collecte et la production couvrent la saison des pluies. La vente est organisée après l’hivernage. Le travail dure toute la semaine pour un mince profit. Néanmoins, les villageoises se frottent les mains, après la vente d’une partie de leur récolte d’amandes à la coopérative Sinsibéré de Safi Bougoula. Cette organisation dont elles sont membres achète à chacune de ses adhérentes 30 kg des meilleures amandes, à 150 Fcfa le kg. Notre interlocutrice garde jalousement son lot d’amandes dans un sac en plastique. Ce trésor est déposé dans un coin de la case qui sert de magasin. Les graines rapportent 4.500 Fcfa de profit. En milieu rural, la richesse se mesure en terme de têtes de moutons, de chèvres, de vaches ou même de poulets. Sétou rêve d’entrer dans ce cercle. Mais c’est difficile d’économiser sur un bénéfice de moins de 5000 Fcfa par an. Les poules pourraient se multiplier. Elles pourraient assurer l’avenir des enfants. « Mais, je ne désespère pas. La technique du cernage fait fleurir le karité dans des proportions inimaginables. Nous oublierons vite ces années de souffrance », espère-t-elle. Le cernage suscite l’espoir dans la Commune de Dialakoroba. « Aujourd’hui plus de 500 pieds d’arbre ont été traités », affirme Setou. La population de cette Commune a vite fait d’adopter la technique. Dans cette communauté dont les membres sont près du seuil pauvreté, cette innovation dans l’histoire de l’exploitation de karité est la bienvenue. Les hommes comme les femmes attendent, avec beaucoup d’espoir une bonne récolte dans les mois à venir. Les villageois de Kandian ne disent pas le contraire. Kiatou Komakara est actrice de protection de l’environnement de la Commune et membre de la coopérative Sinsibéré. Elle a été formée à la technique de cernage des arbres de karité. Cette mère et les siennes ont accepté de nous conduire en forêt pour constater l’état prometteur des arbres. Leur commentaire est sans appel : « vous avez vu comment ils fleurissent, même ceux qui ne donnaient pas de fruits, des années durant, ne font pas exception. Nous n’avons jamais été aussi rassurées dans l’exploitation de karité », assure la paysanne avec un large sourire aux lèvres. Cette cinquantenaire n’a jamais exercé d’autres métiers que cultiver son champ et produire le beurre de karité. Elle ne cache pas sa satisfaction d’avoir adopté cette innovante technique de soin des arbres. Le karité donne des fruits une année sur deux. Certains peuvent rester deux ou quatre ans, sans donner de fruit. Ce rythme, constituait une menace pour la survie des arbres de karité dans l’avenir. La situation inquiétaitles exploitants du secteur. Les trois communes voisines (Sanankoroba, Dialakoroba et Safi Bougoula) ont conjugué leurs efforts pour interdire la coupe de bois, la vente du charbon afin de préserver la nature. Le village de Kandian ne vit que de l’exploitation de karité et la culture de l’arachide. L’organisation non gouvernementale (ONG) « Mali Folkecenter » est l’organisatrice de la formation de cernage. Cette ONG a pour mission de protéger l’environnement. En collaboration avec la population, « Mali Folkecenter » œuvre pour la protection de la forêt et lutte contre la déforestation. Aujourd’hui les populations de la Commune de Dialakoroba Sanakoroba et Safi Bougoula fondent beaucoup d’espoir pour l’avenir du karité dans ces zones. MS/MD (AMAP)  

Ténenkou (Centre): Lutte contre la cherté de la vie et pour le recadrage des évènements sociaux

Ténenkou, 13 sept (AMAP) Localité enclavée et située en zone inondée de la Région de Mopti (Centre), est, de l’avis de tous ses habitants, une ville extrêmement chère, comparée aux revenus très faibles de la grande majorité de la population. Ici le taux de chômage est très important. Les principales activités sont l’agriculture, l’élevage et le commerce. Presque qu’un habitant sur deux dépend d’un parent qui est, soit à Bamako, ou dans les pays voisins. Malgré cette situation, le coût de la vie à Ténenkou est très élevé. Zone agro-pastorale par excellence, le prix du kilogramme de viande ou de poisson est de 2000 Fcfa, le petit bol de lait à 200 Fcfa, une charrette du bois de chauffe à 20.000 Fcfa ou  25000 Fcfa, le charbon de bois à 4000 ou 5000 Fcfa, souvent. Autres difficultés auxquelles sont confrontées les populations à Ténenkou, ce sont les évènements sociaux tels que les baptêmes, les mariages ou les décès. Malgré la conjoncture économique mais aussi la  crise sécuritaire que vit le Cercle depuis 2012, les baptêmes et les mariages sont célébrés en grande pompe. Que l’on soit nanti ou pauvre, chacun célèbre son baptême ou son mariage de façon excessive avec comme conséquences des dépenses somptuaires, des endettements. Aujourd’hui quand vous avez de tels événements, au lieu de se réjouir, vous avez du souci à vous faire, face au casse-tête qui se présente à vous. Par exemple, pour un baptême, il faut avoir, tout naturellement, le mouton, puis le petit déjeuner aux invités et nos invités, selon votre bourse, du haricot ou de la viande, ensuite le déjeuner. Pour les mariages, les premières dépenses commencent par les uniformes des femmes, ensuite les dépenses directes liées au mariage et, enfin, vient la plus grosse difficulté : les contributions que les uns et autres apportent au marié. En réalité, ce sont des contributions volontaires qui sont appelées « aides aux mariés ». Ces aides sont, dans la pratique, des crédits accordés aux mariés qui devront rembourser par tous les moyens, quand leurs créanciers auront des événements similaires. De nos jours ces aides ont atteint des niveaux stratosphériques. Le phénomène est plus présent chez les femmes. Ces contributions vont de 25.000 Fcfa jusqu’à 300.000 ou 400.000 Fcfa. Face à cette dérive, qui pousse les uns et autres à user de tous les moyens pour arriver à leurs fins, les populations s’organisent pour recadrer les baptêmes, les mariages et même les décès. Ce sont les ressortissants de la ville de Ténenkou basés à l’extérieur, principaux pourvoyeurs de fonds de la ville, qui sont a l’origine de cette initiative et ont saisis les autorités traditionnelles de la ville pour mettre fin à cette pratique. Des discussions, sous l’égide du chef de village de Ténenkou, avec d’autres notabilités ont démarré pour trouver une issue à ces problèmes. Une commission a été créée. Elle est composée de trois sous-commissions : une chargée du marché, une autre chargée des évènements sociaux et, enfin, une chargée du vol de bétails qui est aussi récurrent dans la ville. Pour l’instant, seule la sous-commission chargée des évènements sociaux a commencé ses travaux. Désormais, les baptêmes et les mariages devraient être célébrés dans la plus grande sobriété. Plus de petit déjeuner ou de déjeuner lors d’un baptême. Une fois que le nom de l’enfant est prononcé, tous les invités sont priés de se retirer. Pour les mariages, les uniformes et les contributions sous forme de crédit sont également prohibés. Tout contrevenant s’expose à des sanctions. Ces mesures sont bien appréciées par les populations même si beaucoup reconnaissent aussi que les baptêmes et les mariages n’auront plus la saveur habituelle. Tous espèrent qu’elles vont être respectées par tous et qu’elles dureront dans le temps, afin de permettre aux uns et aux autres de se sortir dignement de situations parfois très difficiles. AMAP  

Mali : Une merveille de la nature qui s’appelle gombo frais

Par Maimouna SOW Bamako, 13 sept (AMAP) Sept femmes maraîchères, sœurs, belles sœurs, filles, belles-filles. Elles sont d’une même famille. Elles n’ont pas que le sang et les liens du mariage en commun. Elles sont unies par un grand amour de la terre. Elles tirent leur subsistance, depuis plus de cinq ans, de la culture du gombo sur une parcelle de 2,5 hectares, à Sirakoro, dans la périphérie de Bamako, la capitale malienne. Ce quartier compte de nombreuses parcelles inoccupées. Le jardin des sept maraîchères est situé à 300m de la route bitumée. En cette période d’hivernage, la culture du gombo  constitue une source de revenus pour ces femmes et d’autres du Mali, dans le cadre de l’agriculture de proximité, une opportunité économique pour des millions de femmes en Afrique. Cet après-midi de mardi, c’est l’heure de la récolte pour nos maraichères. Après de pénibles efforts pendant des semaines de travaux champêtres, le moment de réconfort. Trois grands paniers de gombo frais sont prêts. Ils seront acheminés sur le marché. Cet effort requiert une pause qu’elles observent en compagnie de leurs enfants, sous un grand arbre, au bord du champ. Les bambins jouent à la course poursuite. Les mères plaisantent entre elles. Une jeune maman est couchée à même le sol sur un bout de pagne et allaite son bébé. Tout le monde attend le repas. « En temps normal, ces paniers nous apportent 35.000 Fcfa. Mais le prix a chuté cette année. L’offre dépasse la demande parce que les gombos de Sikasso et de Bougouni et ceux de Bamako sont récoltés en même temps », rapporte Mme Camara Fatoumata Traoré. Les années passées, les grossistes venaient jusqu’à elles pour s’approvisionner. Cette année, ce sont les détaillants qui sont au rendez-vous. Les femmes du quartier sont leurs premières clientes. Elles se procurent du gombo frais auprès d’elles, avant d’aller faire le marché. Après la détente, le travail reprend jusqu’au coucher du soleil pour remplir d’autres paniers. Pour arriver à ce résultat, les productrices, dès la tombée des premières pluies, prennent d’assaut le champ. Elles partagent les 2,5 hectares en 7 parts égales.  Les courageuses maraichères cultivent, en plus du gombo, le haricot, l’arachide et du maïs pour la consommation familiale. Selon Mme Camara, elles ont choisi le gombo parce qu’il s’écoule vite et est rentable. Les tiges se reproduisent après chaque pluie. La récolte a lieu tous les trois jours. Compte tenu de sa courte taille, la culture du gombo ne permet pas de faire le nid des bandits. Les plants ne dépassent pas plus d’un mètre. Au moment où beaucoup de citadines se détournent des travaux champêtres, les sept amies natives de Bamako, expriment leur vocation pour le maraichage. « Nous vivons de la culture de gombo frais», soutient Fatoumata, un large sourire sur les lèvres. Leurs parents faisaient ce travail. Elles ont appris les ficelles du métier auprès d’eux. Aussi loin qu’elles remontent dans leur mémoire, les sept maraîchères ne se souviennent pas avoir acheté des céréales. Aujourd’hui, les terres des parents ont été vendues entraînant leur inactivité. « Notre groupe, ajoute Fatoumata, est reconnaissant envers le propriétaire de ce lot. Nous le connaissons bien. Il a eu confiance en nous. Il nous a confié sa terre sans rien nous demander en échange ». « Depuis cinq ans, nous tirons de ces parcelles de quoi couvrir toutes nos dépenses. Nous avons même une caisse que nous alimentons avec les recettes, pour parer aux situations d’urgences », indique-t-elle Il est fréquent, dans ce secteur, de voir des femmes cultiver le gombo dans une partie de la cour de leur maison. Aminata est l’une d’elles. Alors que les autres se dirigent vers le marché, pour vendre leur produit, elle fait le porte-à-porte pour liquider sa récolte. Muni d’un grand seau de gombo et d’un couteau, elle vend le tas à 50 Fcfa. En réalité, la jeune dame n’a pas de mesure arrêtée, elle les distribue selon ses affinités. Une vieille achète pour 200 Fcfa et se sert elle-même, à volonté, sous le regard amical d’Aminata qui ne l’arrête pas. Amitié oblige. C’est pourquoi, la vendeuse ne sait pas si elle fait des profits ou des pertes « moi, quand on achète, j’augmente selon le lien à la personne. Peu importe si je gagne, l’essentiel c’est de vendre ». Bougounida est une partie du marché de Ouolofobougou où les sacs de gombo sont déchargés en nombre. Il est 8 heures, Awa Sacko, grossiste, est assise entre les paniers de citrons et discute avec ses voisines commerçantes. En fait, elle a déjà fini la principale tâche de la journée. Elle quitte chaque jour sa maison, tôt le matin, pour venir distribuer le sac de gombo frais à ses clients. Elle affirme : « A mon arrivée, je trouve beaucoup de gens ici ». Tous les marchands de Bamako s’y retrouvent, même ceux de Kati. On décharge, les gombos, les goyaves, les citrons, tous les fruits et légumes selon les saisons». Awa explique qu’elle et d’autres commerçants ont des partenariats avec les cultivateurs de la Région de Sikasso (Sud). Les cultivateurs leur envoient leurs récoltes pour être vendues en gros. Notre interlocutrice vend tous les jours des gombos à raison de 10.000 Fcfa, le sac. « Un prix qui varie selon le marché », dit-elle. Elle fait un bénéfice de 500 Fcfa sur chaque sac. « A partir de 7 heures, tous les poids lourds quittent le marché et laissent la place aux détaillants de différents légumes », déclare-t-elle. La sauce au gombo est une sauce très appréciée des Maliens. C’est pourquoi il se trouve dans tous les paniers en ce moment. Fifi vient de faire le marché avec dans son seau à condiment le fameux produit. Elle indique : « Je veux préparer la soupe «kandja» avec de l’huile de palme », avant d’ajouter qu’il y a deux jours, elle en ai fait avec la pâte d’arachide. « Cette sauce est très prisée par les membres de ma famille. La sauce au gombo coûte moins cher, nécessite peu condiment, et on la réussit facilement. ». Au même moment, Oumou, la quarantaine, nous dépasse

Mali: Le M5-RFP dénonce la confiscation du pouvoir par le Comité national pour le salut du peuple (Déclaration)

Bamako, 13 sept (AMAP) Le Comité stratégique du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), a dénoncé, samedi, la volonté de confiscation du pouvoir par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et a rejeté les conclusions issues des trois jours de travaux de la concertation nationale. Dans une déclaration lue par le président de son Comité stratégique, Dr Choguel Kokala Maiga, tard dans la nuit, le M5-RFP, le M5-RFP, tout en condamnant les intimidations, dénonce « la volonté d’accaparement et de confiscation du pouvoir au profit du CNSP ». Il soutient que le “document final lu lors de la cérémonie de clôture n’est pas conforme aux délibérations issues des travaux des différents groupes sur plusieurs points”. Il s’agit, entre autres, de “la reconnaissance du rôle du M5-RFP et des martyrs dans la lutte du peuple malien pour le changement, le choix majoritaire d’une transition dirigée par une personnalité civile et celui d’un Premier ministre civil”. Il a, aussi, incriminé, les rajouts à la Charte “qui n’ont jamais été soumis à débats notamment sur les prérogatives du Vice-président de la transition, la composition et le mode de sélection des membres du collège de désignation du président de la transition. Mais aussi, sur l’acte fixant la clé de répartition entre les composantes du Conseil national de Transition”. AT/MD (AMAP)

Mali : Vers une Transition de 18 mois (Charte)

Bamako, 12 sept (AMAP) Les participants à la concertation nationale sur la transition au Mali dont les travaux ont pris fin, samedi après-midi, à Bamako, ont fixé la durée de la Transition à 18 mois, à compter de la date d’investiture du président de Transition, en validant la Feuille de route et la Charte de la transition par acclamation, a constaté l’AMAP. Sur la Charte de la transition, les organes suivants ont été retenus : le président de la Transition, chef de l’Etat, le vice-président, le gouvernement de Transition composé de 25 ministres au plus, le Conseil national de transition qui est l’organe législatif composé de 121 membres issus des Forces de défense et de sécurité et de l’ensemble des forces vives de la nation. En attendant, comme indiqué dans la Charte, le président et le vice-président seront désignés par un collège mis en place par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), qui a mené les manifestations contre l’ancien régime, s’oppose à cette partie de la Charte, estimant que le document final présenté ne correspond pas à la réalité des débats de ces trois jours. Il a dénonce, dès lors, « une dénaturation des propositions et une tentative de confiscation de la Transition par les militaires » Dans la Feuille de route de la Transition, les participants ont retenu six axes : le rétablissement et le renforcement de la défense et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, la promotion de la bonne gouvernance, la refondation du système éducatif, les réformes politiques et institutionnelles, l’adoption d’un pacte de stabilité sociale et l’organisation d’élections générales. Cette concertation nationale de trois jours, qui a réuni plus de 500 participants, avait comme objectif de réunir les forces vives de la Nation pour convenir des modalités pratiques de la Transition. Spécifiquement, il s’agissait de définir les grands axes de la feuille de route et d‘élaborer la Charte de la transition, à savoir définir les organes, les attributions, le mode de désignation et la durée de la Transition. Lors de la cérémonie de clôture, le président du CNSP, le colonel Assimi Goïta, a rappelé que depuis l’avènement de la démocratie multipartite, notre pays a connu des difficultés de divers ordres entravant le fonctionnement de l’Etat. « A cet effet, a-t-il ajouté, les journées de concertations étaient l’occasion pour les forces vives de la nation de discuter des préoccupations du moment et de l’avenir ». « Ce qui nous attend à présent est tout aussi ardu, c’est-à-dire mettre en œuvre les résolutions issues de ces assises », a déclaré le président du CNSP qui a pris l’engagement que le Comité ne fera aucun pas économie de ses efforts dans la mise en œuvre de l’ensemble de ces résolutions dans l’intérêt exclusif du peuple malien. « Les résultats auxquels vous êtes parvenus m’autorisent à espérer l’avènement d’un Mali nouveau, démocratique, laïc», a conclu le colonel Goïta. DD/MS/MD (AMAP)