L’Envoyé spécial des Etats-Unis pour la région du Sahel à Bamako : Pour plus de soutien au Mali

Bamako, 4 Oct (AMAP) L’Envoyé spécial des Etats-Unis pour la région du Sahel, Dr J. Peter Pham, a séjourné à Bamako, la capitale malienne, du 30 septembre au 03 octobre 2020, pour réaffirmer l’accompagnement de son pays au Mali. Dr Pham, qui s’est entretenu avec la presse locale, vendredi, à la fin de sa mission, a indiqué avoir, surtout, pris en compte « les préoccupations des uns et d’autres pour une excellente coopération ». Durant ces quatre jours de visite, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la région du Sahel en Afrique, Dr J. Peter Pham, a rencontré les autorités de la Transition ainsi que des leaders de la société civile, des chefs religieux, des fonctionnaires des Nations unies, de l’Union africaine (UA), du G5 Sahel et de la communauté diplomatique. Il a exhorté le pouvoir de Transition à honorer ses engagements envers la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), notamment la tenue d’élections libres et équitables dans les 18 mois de la période transitoire. Dr Pham a encouragé, également, les efforts pour la lutte contre la corruption, la réforme des processus électoraux et la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, de 2015. L’Envoyé des Etats-Unis pour la région du Sahel a, aussi, incité les autorités transitoires, à répondre aux préoccupations relatives aux droits de l’Homme. Sur ce point, il a déclaré : « aidez-nous à vous aider ». Car, selon lui, le Congrès américain devient réticent à débloquer des contributions pour le Mali alors que les Forces armées maliennes sont accusées d’exactions. Concernant la lutte contre le terrorisme, Dr J. Peter Pham a rappelé que les Etats-Unis sont partenaires du Mali, depuis plus de 20 ans. Actuellement, Washington apporte un soutien logistique aux forces internationales sur le terrain. « Nous fournissons le renseignement, l’information, la reconnaissance dans le domaine militaire », a-t-il indiqué. L’Envoyé spécial américain a souligné que les Etats-Unis sont les plus grands contributeurs dans le cadre de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) avec plus de 300 millions de dollars chaque année. Ils ont, encore, débloqué, cette année, 54 millions de dollars pour le retour et la réinstallation des personnes déplacées des zones de conflits et la relance du développement au Mali. La mission du Dr J. Peter Pham a permis de faire le bilan de 60 ans de coopération des Etats-Unis avec le Mali. L’ambassadeur des Etats-Unis au Mali, Dennis Hankins, a qualifié de positif le bilan de ces années de coopération avec le Mali qui ont, surtout, donné à voir une bonne image des populations maliennes aux Etats-Unis. OD/MD (AMAP)

Une pirogue chavire et fait sept morts dont deux enfants à Lobou, près de Gao (Nord)

Gao, 2 Oct (AMAP) Une pirogue à moteur, à bord duquel se trouvaient 19 personnes, a chaviré dans la localité de Lobou, dans la Commune rurale de Gounzourèye, à 3 km de Gao, (Nord), a annoncé, dimanche, le maire de la Commune, Abdoul Kader. Le bilan est de sept morts dont deux enfants. L’embarcation a quitté la zone de Lobou en direction de la ville de Gao, selon la même source. La Région de Gao a enregistré, en l’intervalle de deux mois, 16 morts suite à des noyades AT/MD (AMAP)

Tombouctou : Deux policiers du Groupement mobile de sécurité tués (Témoins)

Tombouctou, 2 Oct (AMAP) Deux policiers du Groupement mobile de sécurité (GMS), en patrouille nocturne, ont trouvé la mort, deux autres ont été blessés ainsi qu’un civil, vendredi, aux environs de 21 heures, à Tombouctou (Nord) quand des individus armés à moto leur ont tendu un piège, selon des témoins. Le véhicule du GMS, à bord duquel se trouvaient les agents a été endommagé par les échanges de tirs, dans ce qui ressemble à une tentative de car-jacking. Les Forces armées maliennes (FAMa) ont quadrillé la zone mais les assaillants ont pu s’échapper. C’est la première fois que la police est prise pour cible à Tombouctou. MS/MD (AMAP)     Bilan 2 morts 3 blessés dont 1 civil.

Coopération : L’Union européenne et l’Union africaine prêtes à relancer leurs efforts de développement au Mali

Bamako, 4 Oct (AMAP) Le Premier ministre, Moctar Ouane, a accordé, vendredi, des audiences à l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Mali, Bart Ouvry, et le chef de la Mission de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel (MISAHEL), Pierre Buyoya, venus annoncer, au chef du gouvernement, leur soutien à la Transition au Mali, Les échanges, avec les deux personnalités reçues, successivement, par le chef du gouvernement de la Transition, ont tourné autour des efforts pour appuyer le retour de l’Etat malien sur tout le territoire, préparer des élections, progresser dans la construction de la route Alatona-Tombouctou, et aider le Mali à revenir à un ordre constitutionnel normal, « dans les meilleurs délais ». Lors de son entretien avec le Premier ministre, l’ambassadeur de l’UE au Mali, Bart Ouvry, parlant de la coopération entre l’Europe et le Mali, a annoncé que certaines décisions doivent être prises par le gouvernement de la Transition, avant la fin de cette année. M. Ouvry a indiqué que ces décisions concernent des dossiers concrets. Par exemple, « la route de Tombouctou sur laquelle nous espérons progresser, bientôt, la préparation des élections mais, avant, le dossier du retour de l’Etat sur tout le territoire du Mali, sur lequel l’Union européenne et d’autres partenaires internationaux travaillent, jour après jour, pour intensifier notre appui à la présence de l’Etat malien, partout sur le territoire ». Le diplomate européen a dit avoir noté la volonté du Premier ministre, avec son gouvernement, qui est en cours de formation, de faire un suivi immédiat de sorte que des réalisations concrètes soient possibles sur le terrain. De son côté, le représentant de l’UA pour le Sahel, Pierre Buyoya, est venu assurer le chef du gouvernement de la transition de l’expérience de l’organisation africaine, dans le cadre du bon déroulement de cette période que vit le Mali. « Nous l’avions fait, ici, au Mali en 2012 », a-t-il rappelé. Il a ajouté qu’un groupe international de suivi de la transition, co-présidé par l’UA, les Nations unies et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a été créé à l’époque. « A travers ce groupe, a-t-il dit, nous nous sommes réunis, régulièrement, pour mobiliser tous les partenaires du Mali afin qu’ils soutiennent la transition ». OD/MD (AMAP)

Journée internationale des personnes âgées : Le monde vieillit rapidement (OMS)

Bamako, 2 Oct (AMAP) En 2050, une personne sur cinq aura plus de 60 ans. Le nombre de personnes âgées de 80 ans ou plus devrait tripler, passant de 143 millions en 2019 à 426 millions en 2050, signes que « la population mondiale vieillit rapidement », indique un communiqué rendu public, jeudi, à l’occasion de la Journée internationale des personnes âgées. « Même si chaque personne âgée est différente, les capacités physiques et mentales ont tendance à diminuer avec l’âge », ajoute le communiqué, indiquant que ce 30e anniversaire a lieu alors que l’humanité lutte contre la pandémie de la Covid-19 et ses conséquences. « Ces dernières sont particulièrement graves et disproportionnées pour les personnes âgées dans le monde entier, non seulement, pour leur santé mais, aussi, pour leurs droits et leur bien-être », poursuit la même source. A l’occasion de cette Journée, dans un message publié, jeudi, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a appelé à ne pas oublier les personnes âgées. Alors que le monde cherche à se remettre de la crise engendrée par la Covid-19, le patron de l’ONU exhorte « à œuvrer de concert à améliorer la vie des personnes âgées, de leurs familles et de leur entourage tout au long de la Décennie consacrée au vieillissement en bonne santé (2020-2030) ». « Le potentiel des personnes âgées est un atout considérable pour le développement durable », a-t-il soutenu. Et d’ajouter que « plus que jamais, nous devons entendre leurs voix, leurs avis et leurs idées afin de construire des sociétés plus inclusives et mieux adaptées à leurs besoins ». SS/MD (AMAP)  

Poisson de mer : Les prix prennent l’ascenseur

Par Maimouna SOW Bamako, 2 Oct (AMAP) Si l’hivernage nous livre les aliments frais de la nature, il nous prive de certains condiments essentiels pour une sauce délicieuse. Qui peut préparer sans viande, ni poisson, encore moins l’oignon et l’ail ? Les prix de ces produits, indispensables au panier de la ménagère, ont pris l’ascenseur. Les vendeuses prétextent la crise politique et l’hivernage pour justifier l’augmentation, les ménagères dénoncent la hausse des prix et l’amour du gain ainsi qu’une pratique qui tue le marché. Le poisson de mer voit son prix grimper en flèche, depuis le début de la saison pluvieuse. Importé de plusieurs pays voisins, il permet aux familles, plus ou moins aisées, de profiter, elles aussi, des bienfaits du vertébré aquatique (riche en protéine). Le poisson de mer a comblé le fossé entre les couches de la société. Autrement dit, les riches ne sont pas les seuls à l’avoir dans l’assiette. Les moins nantis, eux aussi, grâce au prix abordable, peuvent se le procurer. Du moins. C’est ce qu’a cru Mme Sylla, jusqu’à ce que la réalité la rattrape, ce matin du 15 septembre. Avec peu d’argent, elle repartait, habituellement, avec assez de poissons. Mais cette année, les prix sont vertigineux et l’étonnement est à son comble chez la ménagère. Le mets du jour de la dame risque de décevoir plus d’un. Au marché « Soukouni-Coura » qu’elle connait sur le bout des doigts, quel ne fut son étonnement ! La vendeuse de poissons lui annonce les nouveaux prix. Elle reste interloquée ! Momentanément incapable de placer un mot. Sa surprise était palpable. Finalement, Mme Sylla marmonne, inconsciemment, les prix «  700, 750 Fcfa pour les petits poissons, 900 et 1.250 Fcfa pour les grands ». Ayant, pour ainsi dire, retrouvé la lucidité, elle rétorque, non sans énervement, à la vendeuse. « Mais c’est trop cher ! C’est loin du prix habituel, pourquoi cette augmentation ?», interroge-t-elle. La réponse de la mareyeuse ne se fait pas attendre. «Je ne suis qu’une revendeuse, vous savez, tous, ce qui se passe dans ce pays». La discussion prend des allures de polémique. «C’est pas une raison ! Vous n’êtes que des sangsues (Ndlr, un ver à anneaux aquatique qui se nourrit de sang), vous sucez notre sang ! » réagit violemment la ménagère. Elle a saisi l’opportunité de déverser sa bile à propos de l’augmentation du prix du poisson. « C’est vrai que nos frontières sont fermées, mais les denrées de première nécessité sont exemptes des sanctions de la CEDEAO (Ndlr, Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Il ne doit donc pas y avoir une telle différence», ajoute-elle. La différence constatée sur le kg du poisson varie entre 200 à 250 Fcfa. L’écart est assez grand, en tout cas suffisant pour mettre en colère les ménagères qui n’apprécient guère la situation. Prise de court par la réaction de la clientèle, la mareyeuse reste sans réaction, jusqu’à ce que sa voisine, une autre commerçante, vole à son secours. « Vous savez Mesdames, en cette période d’hivernage tout devient cher, la mer prend du volume et les poissons sont difficiles à pêcher. Idem pour les poissons d’eau douce, plus le fleuve est rempli, plus les poissons vont au fond de l’eau et nos pêcheurs ne trouvent que des petites espèces », plaide-t-elle. « En outre, dans peu de temps, ces petits poissons vont inonder le marché. Mais une chose est sûre, le prix du poisson a toujours été instable », soutient la dame, avant de préciser que le prix peut varier, au moins, deux fois dans la journée. Pour elle, certains cartons de 20 kg ont augmenté jusqu’à 5.000 Fcfa, ce qui influe forcément sur la vente. Au marché « Soukouni Coura », appelé aussi marché du poisson, la machine commerciale est grippée en ce moment et le prix y est pour quelque chose. Selon les avis de diverses vendeuses, elles ne cherchent que 50 Fcfa de bénéfice sur le kg. Qui croire, entre vendeuses et clientes ? Pour tirer son épingle du jeu, Mlle Haidara a fait le choix d’un marketing agressif pour écouler beaucoup de marchandises. Grâce à son sourire et sa bonne humeur, difficile pour la clientèle de s’échapper de ses griffes. « Venez voir, je vous offre le meilleur prix de la place. Je ne cherche pas à faire du surprofit. Tout le monde gagne avec. C’est du poisson sain». Sans doute, accueillant toujours les clientes avec bonhomie, elle semble s’en sortir mieux que les autres. Dans ce marché idéal pour faire la provision du mois, on trouve à moindre coût, presque tous les aliments, surtout ceux qui sont importés. Poisson, « attiéké », « aloco (banane plantain », pomme de terre, avocat, oignon, ail etc. Mme Sylla fait ses achats mensuels. C’est avantageux de procéder ainsi, car il y a toujours une différence entre le prix d’ici et ceux des autres marchés. « Le poisson que j’achète ici à 700 Fcfa le kg est cédé, dans mon quartier, à 1000 Fcfa et ceux d’eau douce que l’on a ici à 1.250 le kg sont vendus, chez nous, à 2000 Fcfa». Selon cette femme au foyer, il faut juste admettre que les gens n’ont pas d’argent. Elle qui fait sa provision mensuelle, habituellement, se contente, cette fois-ci, d’achats pour une semaine. Pour Mme Diallo Balki Traoré, le prix de certains produits grimpe en flèche. L’ail, le persil, l’oignon, tout est hors de portée. En « plus du poisson, je viens d’acheter un kg d’oignon à 500 Fcfa, c’est trop cher pour le citoyen lambda. Pire, ça peut culminer jusqu’à 750 Fcfa», s’indigne-t-elle. A l’en croire, l’idée de faire le marché, en ce moment, effraie plus d’une ménagère, car on peut dépenser tout l’argent de la popote pour peu d’aliments. Pendant la grande chaleur, le poisson importé est abondant et le prix est bas. Maqueron shasha, tilapia, milieu, tiopa zébré sont, entre autres, variétés qui inondent nos marchés. « Elles sont importées du Sénégal, du Maroc, de la Mauritanie, de la Chine, de la Côte d’Ivoire », nous confie Koura Traore, âgée d’une trentaine d’années. Cet après midi, sous un temps orageux, Coura, couchée sur un

Kadiolo : Affrontements sanglants à Bananso pour un site d’orpaillage (Sources locales)

Kadiolo, 2 Oct (AMAP) Des affrontements entre populations, samedi dernier, ont fait quatre blessés dont deux cas graves et des dégâts matériels, dans le village de Bananso, à 67 km de Kadiolo, précisément dans la Commune de Fourou, dans le Sud du Mali, a appris l’AMAP. Pour la propriété d’un site d’orpaillage, les jeunes du même village se sont affrontés, à coups de machettes, de fusils, de bâtons et autres objets tranchants. Il n’y a pas eu de perte en vies humaines, selon le bilan fourni par des sources sur place. Les blessés ont été évacués au centre de santé de Kadiolo et à l’hôpital de Sikasso. Chacune des parties réclame la paternité de ce site d’orpaillage que la communauté villageoise exploitait, illégalement. Aujourd’hui, un quartier exige le droit exclusif de propriété du site. En réalité, la zone litigieuse est une propriété de la Société des mines d’or de Syama (SOMISSY SA). Donc son exploitation par quiconque est illégale. Les services de sécurité de Kadiolo se contentent de rappeler que l’exploitation du site contesté a été suspendue par les pouvoirs publics. Avec l’arrivée de l’hivernage, le préfet a pris une décision pour la fermeture de tous les sites d’orpaillage du Cercle de Kadiolo. Mais, les orpailleurs du village ont ignoré cette interdiction pour prendre le contrôle de la gestion du placer. Les jeunes des quartiers de Watola et de Karamogola seraient à l’origine des tragiques événements du samedi dernier, Le groupe de jeunes Watola se serait rendu sur la partie du site qu’exploitent des jeunes de Karamogola, dans le but de les empêcher d’extraire le métal jaune. Ils auraient éteint, d’abord, la motopompe. Ce geste aurait donné le départ des accrochages entre les deux camps. Aux dernières nouvelles, le calme est revenu sur le site. Et la gendarmerie de Kadiolo dépêchée sur les lieux est en train d’enquêter pour élucider la situation. Le village de Banansso est considéré, aujourd’hui, comme un eldorado. De très nombreux habitants ont bâti fortune grâce au métal jaune. Les maisons en banco ont cédé la place à de luxueuses villas et des maisons à étages. De grosses motos et des voitures y circulent partout. Toute cette richesse provient du sous sol du village gorgé d’or. Depuis, une farouche rivalité s’est installée entre les villageois et les quartiers, chacun réclamant le droit de propriété sur le site orifère. Dans un premier temps, l’exploitation se faisait par rotation des quartiers et les familles se partageaient les recettes. NIO/MD (AMAP)

Pratiques coloniales: L’or de la Banque de France à Kayes, au Mali

Par Dr Ibrahima MAIGA  Bamako, 2 Oct (AMAP) Episode insolite que cette féerique quantité d’or, propriété de l’auguste Banque de France, cachée et sécurisée à Kayes, au Soudan Français, deux semaines seulement avant la déroute de l’Armée française, pendant la Deuxième guerre mondiale ! Le fait est connu. Il a été conséquemment documenté par quelques historiens et spécialistes de cette époque-là, dont des chercheurs maliens. Il faut, cependant, aller plus loin dans l’effort de reconnaissance et même de compensation en ces temps où des théoriciens d’un nouveau genre professent que l’histoire et la mémoire doivent être dissociés ! En 1996, l’économiste malien, Dr Guimbala Diakité a, le premier, évoqué « l’histoire de cet or de la Banque de France », dans les colonnes de l’hebdomadaire malien « Le Républicain ». Au-delà de l’information factuelle, Guimballa a avancé l’idée d’une indemnisation, au regard des risques qui ont pesé sur les populations locales. En 2019, l’économiste et essayiste malien, Cheikna Bounajiim Cissé, s’est intéressé au sujet. Il a publié aux éditions Bo D « FCFA : Face Cachée de la Finance Africaine ». Après une description de l’itinéraire du précieux métal, Cissé a insisté sur le travail des porteurs africains qui ignoraient tout de l’objet de leur réquisition, des porteurs qui sont passés inaperçus dans les versions rapportées par les Français. Mais, « Combien de Français savent que la moitié de l’or de leur pays (1 100 tonnes), convoité et activement recherché par l’Allemagne hitlérienne, a été caché après moult péripéties dans une petite bourgade africaine, à l’Ouest du Mali », s’est interrogé l’auteur ? Dix ans auparavant, en 2001, l’historien Bakary Kamian a documenté la présence et l’entreposage de l’or français à Kayes. Dans son ouvrage « Des tranchées de Verdun à l’église Saint Bernard.. », il nous donne des indications de taille sur les lieux, les bâtiments qui ont abrité le métal jaune. Le bâtiment qui portait le numéro 5 était une propriété de la régie des chemins de fer, « le Dakar-Niger ». Il est aujourd’hui un édifice quelconque. « Aucun écrit, aucune enseigne, aucun monument, aucune mention dans un livre d’histoire ou dans un manuel scolaire, n’évoquent ce devoir de mémoire, n’indique que Kayes, première capitale du Soudan français, a polarisé le regard et l’espérance de tous ceux qui, en France, sous l’occupation et hors de la France, avaient la responsabilité de protéger cette partie essentielle de la richesse nationale ayant échappé à l’ennemi, le trésor de la Banque de France. Les sans-papiers des foyers d’émigrés maliens, en majorité de Kayes et de sa Région, ignorent totalement cette aventure du trésor français sur les rives du Sénégal, dans la capitale du Khasso, aux heures sombres de l’histoire de la France et les services rendus à l’ancienne métropole », s’est-il indigné. (P. 327) Comme pour répondre aux préoccupations soulevées par Cissé, il y a une documentation consistante sur le sujet en France. La Banque de France, elle-même dispose d’archives structurées sur ce magot qui a échoué à Kayes et tant d’autres destinations. Didier Bruneel, conseiller auprès du gouverneur de la Banque de France pour les questions historiques et directeur général honoraire de la même institution, a donné un récit fin et fouillé de l’odyssée du trésor français. Dans « L’incroyable sauvetage des 736 tonnes d’or de la Banque de France ! » («  Cahiers Anecdotiques de la Banque de France », N° 26, 2007), il retrace quasiment les minutes d’une opération hautement stratégique et dangereuse. Son récit est d’autant plus pénétrant que l’opération s’est déroulée quasiment sous la menace des armées allemandes. Le 17 mars 2013 et le 2 février 2014, « France 5 » a télédiffusé « L’or de la France a disparu », un film documentaire réalisé par Alain-Gilles Minella et Jean-Philippe Immarigeon. Les auteurs ont pu reconstituer les étapes. Ils ont également recueilli plusieurs témoignages qui valorisent essentiellement le travail abattu par les agents de la Banque de France qui ont réussi l’exploit du sauvetage. Cette investigation fait l’impasse sur le travail de bouviers de tous les ouvriers et soldats, qu’ils soient français ou africains. L’accent a été mis sur l’organisation intellectuelle qui a pu concevoir et exécuter le transport et la sécurisation de la marchandise. De ce point de vue, la question précédemment posée par Cissé garde toute ta pertinence. LES FAITS ET LES EVENEMENTS – En 1940, après seulement six mois de combats, après le déclenchement de la Deuxième guerre mondiale, la France a capitulé. Le 15 juin, l’Armée allemande a pris la ville de Paris. Le 23 juin 1940, Hitler y débarque en conquérant. Il s’arrête à l’Opéra qu’il apprécie en connaisseur, « Le plus beau théâtre du monde » (Le Parisien), surfe sur les grandes places de la ville, s’arrête aux Invalides, …… Il se fait photographier devant la tour Eiffel. C’est l’absolue humiliation, une fois de plus, dans la tumultueuse histoire entre la France et l’Allemagne, depuis 1870. Les officiers allemands qui ont « pris » la ville ont reçu une mission prioritaire : se rendre au siège de la Banque de France et mettre la main sur tout l’or en réserve dans les coffre-fort. La Banque de France est une vieille institution dont la création remonte au 18 janvier 1800, sous Napoléon 1er, en tant que structure privée. Elle sera nationalisée par De Gaule le 1er janvier 1946. L’adresse de la Banque de France est connue. Elle est à la rue de la Vrillière, dans le premier Arrondissement de la capitale française. L’immense édifice sorti de terre entre 1924 et 1927, a un sous-sol d’une trentaine de mètres. On l’appelle la « souterraine », une gigantesque salle de 11.000 mètres carrés. Là, se trouve une importante quantité de métal jaune, propriété de la France, de la Belgique et de la Pologne. Un véritable trésor qui pèse 2.500 tonnes. Le deuxième stock mondial après celui des Etats-Unis. Les officiers allemands, qui devaient mettre la main sur ce trésor, vont avoir une grande déconvenue. Ils descendent directement dans le puits N° 11, supposé être la cave dorée. Mais, point d’or. Pas de trace. Les coffres sont tous vides. Comment l’or a-t-il disparu ? En réalité, une stratégie d’une grande minutie avait été mise

Mali : Les pouvoirs du vice-président clarifiés par la Charte de la Transition publiée au Journal Officiel

Bamako, 2 Oct (AMAP) Les autorités maliennes ont publié, jeudi, dans le Journal officiel, le Décret n°2020-0072/PT-RM du 1er octobre 2020, portant promulgation de la Charte de la Transition, qui clarifie les rôles et pouvoirs du vice président, a constaté l’AMAP. Publié dans le numéro spécial N°17 du 1er Octobre 2020, ce décret ne mentionne pas la possibilité pour le vice président de la Transition, le colonel Assimi Goita, de remplacer le président de la Transition, Bah N’Daw, en cas de vacance du pouvoir, pendant la période transitoire. Il est seulement spécifié, dans l’Article 7 de la Charte de la Transition, dans sa version officielle : « Le Président de la Transition est secondé par un Vice-président. Il est désigné suivant les mêmes conditions que ce dernier. Le Vice-président est chargé des questions de défense et de sécurité ». Par ailleurs, l’article 9 précise que « le Président et le Vice-président de la Transition ne sont pas éligibles aux élections présidentielle et législatives qui seront organisées pour marquer la fin de la Transition ». Une disposition qui « n’est pas susceptible de révision ». Plus tôt, le même jour de la publication officielle de la Charte de la Transition, le représentant résident, à Bamako, de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Pr Hamidou Boly, a indiqué que si les choix du président et du Premier ministre sont conformes aux exigences de l’organisation sous régionale, celle-ci tient, “cependant, à s’assurer que le vice-président ne remplacera pas le président en cas d’empêchement”. Cette possibilité, qui était clairement exprimée dans une version de la Charte de la Transition, semble intriguer la CEDEAO qui, selon son représentant permanent, “ne veut pas que le vice-président puisse succéder au président dans des conditions pas claires», a ajouté, à l’issue d’une audience accordée par le président de la Transition, Bah N’Daw, au palais de Koulouba. « Les sanctions contre le Mali vont être levées très bientôt parce qu’il y a eu des avancées », a encore annoncé le représentant de la CEDEAO au Mali, en raison des « progrès remarquables engrangés », a dit le Pr. Hamidou Boly. Selon lui, la levée des sanctions imposées au Mali, par la CEDEAO, ne tient plus qu’ « à quelques détails à régler ». «Il reste quelques petits détails au niveau de la Charte de la Transition qui concernent les attributions du Premier ministre qui doivent être bien clarifiés pour que cela ne pose pas d’ambiguïté dans le futur», a souligné le Pr Boly. M. Boly a indiqué être venu, justement, à Koulouba pour remettre au président de la Transition, une lettre du médiateur Goodluck Jonathan à propos de ces détails. Il avait tenu le même discours, un peu plus tôt, à sa sortie d’une audience que lui a accordée le Premier ministre, Moctar Ouane. La CEDEAO tient, aussi, à ce que les dignitaires du régime déchu, toujours arrêtés à Kati, soient libérés ou mis à la disposition de la justice. MD (AMAP)