Urgent: Amadou Toumani Touré ATT est décédé (Famille)

Bamako, 10 Nov (AMAP) Le père fondateur de la démocratie malienne et ancien président de la République du Mali est décédé, dans la nuit de lundi à mardi, des suites d’un accident cardiovasculaire à Istanbul, en Turquie, de source proche de sa famille. Il avait été évacué en Turquie, après une opération à Bamako MD (AMAP)

Promotion de la culture : L’Union européenne soutient huit projets culturels pour la paix et la diversité

Bamako, 10 Nov (AMAP) La signature de 8 contrats de subvention, de l’Union européenne (UE) pour une valeur de plus de 97,8 millions de Fcfa, pour le financement d’activités culturelles dénommée : «La culture pour la paix, unis dans la diversité» s’est tenue, jeudi dernier, au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Les lauréats ont été retenus après un Appel à manifestation d’intérêt (AMI). Ce financement représente la première phase de l’AMI destiné à soutenir les festivals, productions audio-visuelles et formations professionnelles dans le domaine culturel. La délégation de l’UE avait reçu 120 demandes de subvention. Les 8 projets sélectionnés sont : «La résilience, culture et vivre ensemble», «Bogo ja- 8è édition», «Caravane culturelle de l’entente», «Mali mode académie», «Nous sommes d’ici» et «Patrimoine en balade». S’y ajoutent « Le Programme d’initiation, de formation et de promotion culturelle de la teinture indigo» et «Le Projet de formation suivie de création et de diffusion d’une pièce théâtrale». Ces projets interviennent dans les localités de Tombouctou, Gao, dans le Nord, Bamako, la capitale, Siby, Koulikoro, Mopti, Bandiagara (Centre) et Kayes (Ouest). Ils concernent le théâtre, la musique, l’artisanat, le cinéma et la mode. Le montant total des subventions pour les deux phases se chiffre à un peu plus de 262,382 millions de Fcfa. La première phase sera exécutée avant la fin de l’année. Quant à la deuxième, elle se déroulera en 2021. Pour la sélection des projets, précise un dossier de presse de l’UE, la priorité a été donnée aux actions qui favorisent le brassage entre les régions et la promotion de la paix et de la cohésion sociale au Mali. Il s’agit également des activités culturelles qui ont un potentiel de création d’emplois décents et pérennes dans le secteur culturel, y compris l’artisanat culturel et l’artisanat d’art. L’ambassadeur de la délégation de l’UE au Mali, Bart Ouvry, a salué la diversité et la qualité des projets. Il a indiqué que ce financement vise à promouvoir la diversité culturelle au Mali et à contribuer, en tant qu’atout, à l’unité et la paix. M. Ouvry a, également, souligné le rôle déterminant des arts et de la culture dans la vie du pays. « En s’attaquant au peuple malien, les groupes armés terroristes s’attaquent à son identité culturelle », a déclaré le diplomate européen. «Notre volonté est de rester impliqué dans la sauvegarde et la restauration des patrimoines. Nous voulons nous mobiliser pour les acteurs culturels maliens pour les professionnaliser à faire de bons projets pour les jeunes en tant qu’acteurs culturels», a-t-il ajouté. Le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Alhamdou Ag Ilyene, représentant son collègue des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a rappelé que l’UE a lancé, en juillet dernier, ce processus pour le financement d’activités culturelles. «Au regard du contexte actuel, il me parait opportun de rappeler que la culture est un levier d’intégration sociale pour les communautés ou des régions en difficultés», a déclaré Alhamdou Ag Ilyene. La ministre en charge de la Culture, Kadiatou Konaré, a, également, relevé que la coopération culturelle avec l’UE est majeure. «Leur accompagnement engage notre département à davantage instaurer la bataille pour la culture, la stabilisation, la cohésion sociale et la paix dans notre pays», a dit Kadiatou Konaré. Lamine Diarra, directeur artistique de la Compagnie «Kuma so» et porte-parole des bénéficiaires, a estimé qu’il était grand temps pour les acteurs de la création artistique de bénéficier d’un tel financement. «Je suis convaincu que c’est par la culture qu’on portera haut le flambeau de ce pays, comme auparavant», a-t-il dit. MDD/MD (AMAP)    

Campus universitaire de Badalabougou : Le règne de la violence 

Par Oumar DIAKITÉ Bamako, 10 Nov (AMAP) Nous sommes le 19 novembre 2004. Deux groupes d’étudiants s’affrontent au sujet de la tenue ou non des examens partiels au sein d’une faculté. Après une brève altercation, un leader estudiantin est maîtrisé par le camp adverse et a fini par trouver la mort dans des circonstances troubles. Une année plus tard, l’affaire a été jugée par la Cour d’assises de Bamako qui a condamné les meneurs de ces troubles à un an de prison avec sursis. Depuis cette date, la violence s’est installée sur le campus universitaire de Badalabougou qui abrite plusieurs universités, avec son lot d’affrontements à coups de machettes, tirs à balles réelles, menaces proférées contre le corps professoral, business juteux, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) a transformé la «Colline du savoir» en un véritable champ de bataille où le sang ne cesse de couler. L’endroit est devenu dangereux aussi bien pour les étudiants que pour le corps enseignant. En effet, chaque année, l’élection des bureaux de l’AEEM des différentes facultés donne lieu à des échauffourées dont l’issue est parfois dramatique. Les étudiants se livrent à des batailles rangées afin de prendre le contrôle du bureau de l’AEEM de leur faculté. Le dernier épisode de cette violence remonte au 12 octobre dernier. Il s’est produit au sein de l’Institut universitaire de gestion (IUG) à l’occasion du renouvellement du bureau de l’AEEM. Cet incident malheureux a causé la mort à l’étudiant Sadio Moussa Kanté, en licence II commerce international. Il y a eu aussi plusieurs blessés dont cinq graves. La direction de l’IUG a été obligée de suspendre les activités pédagogiques et administratives pendant 72 heures, en attendant que des dispositions soient prises pour assurer la sécurité des travailleurs et des étudiants. UNE CASERNE MILITAIRE – Jeudi 22 octobre 2020, le calme était revenu au campus universitaire de Badalabougou communément appelée la «Colline du savoir». Les cours avaient repris presque normalement dans les différentes facultés. Mais ici, le sujet de la violence entre étudiants ou à l’égard du corps enseignant est tabou. Par peur de représailles, beaucoup préfèrent se taire. Un étudiant de l’IUG, visiblement pas à l’aise pour évoquer le sujet, s’est contenté de dire que les perturbations de l’AEEM sont une triste réalité qui joue sur le programme universitaire. Au niveau de l’administration, c’est également le silence radio. Avec notre insistance, un responsable lâche : «même présentement, nous sommes en train de gérer une crise, car il y a encore des groupes d’étudiants qui veulent s’affronter». A la Faculté des sciences et techniques se trouvent les dortoirs des étudiants. Mais aussi le QG du bureau de coordination de l’AEEM. Parler de l’AEEM ici est un gros risque qu’aucun étudiant ne veut prendre. Un groupe d’étudiants nous fait signe d’aller dans un coin tranquille pour dénoncer «l’immaturité, la barbarie et l’irresponsabilité des dirigeants de l’AEEM et de leurs complices». «On dirait souvent que nous sommes dans une caserne militaire. Des nouvelles recrues de l’AEEM chantent à l’honneur de leurs dirigeants», dénonce l’un de nos interlocuteurs. Une étudiante, très angoissée, se plaint du surnombre dans sa chambre au campus. «Au lieu de trois, l’AEEM a installé huit lits dans notre chambre», déplore-t-elle. A la Faculté de droit privé, l’amertume et l’angoisse se lisent sur le visage des étudiants parce qu’ils sont en retard sur l’année universitaire par rapport aux autres facultés en raison du fait que les membres de l’AEEM ont empêché la tenue des examens. Notre passage a coïncidé avec les examens de l’année 2018-2019. « Le décanat voulait organiser les examens au titre de l’année 2018-2019. L’administration a pris les dispositions sécuritaires afin que les étudiants puissent composer, mais l’AEEM a boycotté et seuls cinq ou six étudiants ont pu composer », regrette Fatoumata Diallo, en licence III. Elle explique qu’après, les dirigeants de l’AEEM ont été arrêtés et jetés en prison. Aussitôt, le bureau de coordination de l’AEEM a décrété une grève illimitée pour l’ensemble des facultés jusqu’à ce que leurs camarades soient libérés. Pour cet autre étudiant, tant que l’AEEM continue d’exister, il n’y aura ni paix ni quiétude dans le milieu estudiantin. Un avis partagé par la majorité de nos compatriotes. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’entre eux ont souhaité la dissolution de l’AEEM après les événements du 12 octobre dernier. « Je ne peux que m’en prendre aux différents gouvernements. Ce sont les politiques qui sont complices de la situation. Par exemple, la plupart des anciens dirigeants de l’AEEM sont directement nommés chargés de mission dans les départements ministériels», fulmine Amadou Sidibé, responsable dans une banque de la place. DES ENSEIGNANTS INQUIETS – Le corps professoral est également inquiet de la violence sur son lieu de travail. «Souvent, on arrive la peur au ventre. Nous recevons tout le temps des menaces. Il y a des étudiants qui ont l’habitude d’aller faire sortir les enseignants des salles de classe pour les séquestrer. C’est très grave. Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités face à la situation», s’indigne une enseignante. Le secrétaire principal de la FDPU, Dr Mamadou Fomba, qui sert depuis 22 ans dans cette faculté, en a vu de toutes les couleurs avec l’AEEM. Selon lui, la violence n’est pas que physique, elle est aussi psychologique. «L’AEEM m’a séquestré dans son bureau en 2012, avec l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur qui était mon doyen à l’époque, pour nous sermonner. C’était par rapport au problème de l’admission des étudiants», se souvient-il. «Ils ont crevé les pneus de mon véhicule comme ceux des autres administrateurs. Quand les violences commencent, tout le monde a peur. Nous sommes tous exposés ici », fulmine notre interlocuteur. A l’en croire, il faut la résistance de l’administration des facultés sinon l’AEEM veut la cogestion des examens. Dr Mamadou Fomba nous conduit dans un bureau pour nous montrer des machettes et des pistolets saisis sur des étudiants. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, de 2012 à 2018, on comptabilise environ une dizaine de morts et plus de 500 blessés. Les étudiants s’affrontent avec des

Niafunké : Agression au couteau et à la machette d’un gendarme en pleine ville

Niafunké, 9 Nov (AMAP) Un homme, armé de couteau et de machette, a tenté, vendredi, de décapiter un gendarme sur sa moto, à Niafunké, dans le Nord du Mali. Le faits se sont déroulés entre 18 heures et 18 heures 30, sur l’unique voie bitumée de la ville, non loin du marché. L’assaillant a poursuivi le gendarme qui circulait lentement à moto. Après avoir asséné un premier coup de machette sur la tête de sa victime, celle-ci s’est retournée pour se défendre. Dans le corps à corps, qui s’est engagé, l’assaillant a tenté vainement de retirer l’arme du gendarme qui a réussi à le mettre à terre. Des témoins de la scène ont prêté main forte au gendarme avant l’arrivée d’autres éléments de la brigade qui ont arrêté l’agresseur et l’ont conduit à la gendarmerie. Selon la Brigade de gendarmerie locale, qui l’a qualifié de « présumé djihadiste », l’assaillant cherchait, surtout, à s’emparer de l’arme du gendarme et ne serait pas seul. Le gendarme blessé a, aussitôt, été admis à l’hôpital de Niafunké où il a reçu des soins. Ses jours ne sont pas en danger mais il a perdu beaucoup de sang. « Il a de graves blessures à la tête », a déclaré son médecin. Samedi matin, plusieurs présumés complices de l’agression ont été arrêtés. Les forces de sécurité ont encerclé la ville et multiplient les fouilles et les patrouilles. Cette situation a semé une certaine panique dans la population de Niafunké, du Gourma (Sud) et une grande partie du Haoussa (Nord) qui sont, depuis plusieurs mois voire des années, pour certaines, sous le contrôle de groupes armés et djihadistes et victimes de nombreux braquages sur les axes Niafunké-Tonka-Goundam-Tombouctou. A Diré, dans la même nuit du vendredi au samedi, aux environs de 00 heure, des individus armés ont braqué un mécanicien auto, enlevé deux véhicules et saboté un château d’eau, emportant les panneaux solaires et la pompe. Dimanche, plusieurs femmes qui ont quitté Niafunké pour les récoltes dans les champs de riz, en face de la ville, sur l’autre rive du fleuve Niger, ont été arrêtées par des présumés djihadistes « parce qu’elles ne portaient pas le voile », nous a signalé le père d’une victime. Les autorités locales poursuivent la sensibilisation des populations afin qu’elles restent vigilantes.   SAM/MD (AMAP)

Bah Ndaw félicite Joe Biden pour son élection

Bamako, Nov (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a adressé, dimanche, ses félicitations à Joe Biden pour sa victoire à l’issue de l’élection présidentielle américaine, annonce un communiqué de la présidence malienne. « Le Mali et les USA entretiennent d’importantes relations de coopération économique et militaire que le gouvernement de Transition a, à cœur, de consolider », indique le communiqué qui ajoute que « pour la sécurisation et l’intégrité de son territoire, le peuple malien saura encore compter sur l’accompagnement constant et bienveillant du peuple et du gouvernement américain ». MT/MD (AMAP)

Circulation routière à Bamako : La priorité au plus téméraire

Par Mohamed D. DIAWARA & Oumar DIAKITE Bamako, 09 Nov (AMAP) Le long d’une route à Magnambougou, un quartier de Bamako, la capitale malienne, deux jeunes hommes sur une moto asiatique, portent un matelas de trois places. Subitement, leur charge se retrouve sur la voie, en pleine circulation, à cause d’un coup de vent ! Le fait n’a pas échappé à Ismaël Sangaré, vendeur d’accessoires d’électronique. « C’est vraiment insensé et imprudent de porter un matelas d’une telle épaisseur sur un engin à deux roues ! » s’exclame-t-il, avant de s’interroger sur ce qui pousse les motocyclistes, à Bamako, à porter des objets dont le transport peut mettre en danger, leur vie et celle des autres usagers. Énième comportement d’indiscipline d’usagers de la circulation dans la capitale malienne auquel il faut ajouter le stationnement abusif, l’intolérance des usagers et le non-respect du Code de la route. La probabilité est assez faible, pour ne pas dire très mince, d’aller faire ses courses dans la ville de Bamako ou de se rendre à son travail à moto et de retourner sain et sauf. La gamme de comportements irresponsables des usagers dans la circulation routière de la capitale malienne va de la conduite à tombeau ouvert, au non-respect des feux tricolores. Entre les deux, on note le dépassement par les motocyclistes, en toute vitesse, à droite et à gauche et le rabat immédiat à la diagonale ou à l’oblique, devant le conducteur de voiture, surpris et médusé. Ou encore de la conduite entre les deux files de véhicules, au risque de « tracer » la carrosserie de voitures ou d’emporter le rétroviseur. Pour ensuite se confondre en excuses… De la course-poursuite derrière des ambulances transportant des patients/blessés, des véhicules de secours des sapeurs-pompiers, en passant par l’intrusion dans un cortège funèbre, la conduite sur la voie réservée aux quatre-roues, sans compter le zig-zag des tricycles, (engins hybrides dont la circulation n’est prévue nulle part sur nos voies) entre les motocyclistes et les voitures, à Bamako, nos vies et nos biens ne valent pas bien chers et sont exposés, à longueur de journée. Des injures, aux sales mots, des disputes et, souvent des bagarres …Bref, la circulation routière à Bamako est le lieu d’expression des comportements irresponsables et anarchiques. Peu d’usagers respectent le Code la route. Chacun agit, comme dans l’urgence, un réel casse-tête pour tous. Aucune explication des agissements quotidiens des usagers de la route. Que ce soit de la part de motocyclistes, de véhicules de transport en commun ou privés, ces agissements ne traduisent-ils pas un manque de civisme, pire, d’éducation des usagers ? Ces cas d’incivisme de motocyclistes, dont on peut mieux mesurer le danger et les risques mortels, quand on est à bord d’une voiture, vont crescendo, selon les agents en charge de la circulation. Notre équipe de reportage, en faisant le tour de la ville, a pu constater, à « la place Samaba (Eléphant) » à Hamdallaye, à notre grande surprise, un véhicule de transport en commun, « sotrama », qui débarque des clients au beau milieu de la voie. Les autres véhicules, derrière, sont contraints de s’arrêter pour que les passagers débarqués traversent la double voie, en toute sécurité. IMPATIENCE ET INTOLERANCE – A Torokorobougou, pour éviter les bouchons, un policier dirige la circulation. Des motocyclistes, impatients n’attendent pas que l’agent de police les autorise à partir. Ils forcent, progressivement, le passage, obligeant le policier à leur céder la priorité. Notre véhicule de reportage s’est empêtré dans un bouchon au rond-point de Baco-Djicoroni ACI et Kalaban-Coro. Chaque usager essaie de se sortir d’affaire. « Regarde, elle va fermer le passage des motocyclistes », fait remarquer un homme, sur un engin à deux roues, pour attirer l’attention d’un autre motocycliste sur le comportement intolérant d’une conductrice. Il accuse : « La plupart des femmes automobilistes ne sont pas tolérantes dans la circulation car elles cèdent, difficilement, le passage, surtout, aux motocyclistes ». Quelques minutes après, notre homme, qui n’arrive pas à se frayer un chemin, s’en prend aux policiers chargés de la fluidité de la circulation. « Ils (les policiers) voient très bien les chauffeurs de ‘sotrama’ perturber son travail mais hélas ! Voilà qu’il a disparu pour aller racketter quelqu’un », accuse-t-il. Au même carrefour, l’embouteillage est devenu une habitude pour les usagers à partir du crépuscule. Il suffit que les feux tricolores tombent en panne pour que la circulation prenne en otage ses usagers. Infernal cul de sac ! Motifs ? Personne ne veut céder la priorité à personne. Nous avons été témoins, un vendredi du mois d’août 2020, au rond-point de Daoudabougou, sur la rive droite du District de Bamako, sur la route de l’aéroport menant au monument Sogolon, du cas d’une jeune victime du non-respect du Code de la route. Ce jour, aux environs de 16 heures, sous une fine pluie, le jeune motocycliste, qui a grillé le feu rouge, en toute vitesse, percute un véhicule 4X4. Il n’y a pas que sa moto qui soit devenue méconnaissable, La voiture, aussi, a été endommagée. Pire, on ne pouvait pas regarder la tête du jeune adolescent. Le sang coulait de plusieurs parties de sa tête. Sentiments ambivalents des témoins de l’accident. D’un côté, ceux qui sont très sensibles et inquiets de l’état du blessé. De l’autre, ceux qui sont dépassés par le comportement suicidaire de non-respect du Code de la route et de la conséquence immédiate et dramatique pour le fautif. Comme ce cas, de nombreux jeunes motocyclistes forcent la circulation routière, une infraction au Code de la route, devenue banale, au désarroi total des autres usagers. Samedi 03 octobre 2020, aux feux tricolores, à côté de la station Shell, au Quartier du Fleuve, à Bamako. Il est 07 heures, un taximan ignore le feu rouge et vient percuter une jeune dame sur sa moto. Des policiers venus sur les lieux pour constater les faits, note que la bonne dame ne peut plus se remettre sur ses pieds. Elle a une fracture à la cuisse. Les témoins de l’accident voulaient en découdre avec le chauffeur du taxi. Aux alentours de la même station, trois jours plus tard,

Niono : Le forum de la paix débouche sur un accord d’arrêt des affrontements communautaires

Niono 08 Nov (AMAP) Les chasseurs traditionnels et la communauté peulh ont scellé, samedi, un accord de cessation des hostilités, au dernier jour du forum de la paix, ouvert jeudi, à Niono, dans le Centre du Mali, a constaté l’AMAP sur place. Au troisième jour du forum et au terme d’une rencontre, au stade municipal de Niono à laquelle la délégation nationale a assistée, chasseurs traditionnels et communauté peulh, à travers leurs représentants, Wadie Issa et Boubou Cissé, et avec une forte implication de hautes personnalités nationales, ont décidé de la cessation de toutes formes de violence, de Farabougou à San. Auparavant, une séance de questions-réponses avait précédé d’autres rencontres entre chasseurs traditionnels d’une part, et communauté peulh d’autre part, sur leur propre initiative. Le forum a, enfin, recommandé d’assurer le désarmement de toute personne possédant illégalement une arme, d’assurer la sécurité des personnes et des biens, de multiplier les concertations intercommunautaires dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations issues de la rencontre, d’impliquer le Haut conseil islamique dans la résolution des crises, d’inviter l’ensemble des communautés du Cercle de Niono à créer les conditions de la paix et de l’entente. A la fin des travaux, le premier adjoint au maire de la Commune rurale de Dogofry Zoumana Coulibaly, a dit toute sa satisfaction. « Les populations affectées par la crise ont reçu des vivres et des non vivres et, aussi, l’armée a pu entrer à Farabougou par voie terrestre. Mieux, grâce à l’accord intervenu, nos populations pourront bien dormir et vaquer à leurs occupations », a-t-il déclaré. Pour Tahirou Sow du village de Tiemaba, « grâce au bon Dieu et aux autorités, il y a eu cet accord ». «  Je suis très content, car nous avons beaucoup souffert. Nos familles sont endeuillées et nous avons également perdu des biens’, a dit M. Sow. Le forum, ouvert dans la salle de conférence du Cercle et qui s’est poursuivi vendredi et samedi dans la salle de conférence de l’Office du Niger de la ville, a regroupé des élus locaux, des chefs de village, des religieux, la société civile, des chasseurs traditionnels et des représentants de la communauté peulh venus des 12 communes du Cercle de Niono. L’objectif de la rencontre était de ramener la paix et la quiétude dans le cercle en proie depuis quelques temps à la recrudescence des attaques terroristes. Le Forum était présidé par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maiga. Il avait à ses cotés ses collègues de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Modibo Koné, de la Réconciliation nationale, le colonel-major, Ismaël Wagué, de la Santé et du Développement social, Dr Fanta Siby. Après une première journée marquée par des visites aux autorités traditionnelles et religieuses, la remise de 5 tonnes de maïs, des kits sanitaires de plus de 7 millions de francs Cfa F au premier adjoint du maire de la Commune rurale de Dogofry, et la cérémonie d’ouverture, la deuxième journée s’est poursuivie avec les interventions des participants. Tous ont exprimé leurs préoccupations face à la situation d’insécurité actuelle dans le Cercle de Niono marquée par la présence accrue de groupes armés de tout acabit (terroristes, bandits armés) les menaces, les assassinats ciblés, les vols de bétail, les enlèvements de citoyens ordinaires, des villages assiégés (notamment à Farabougou) et des conflits intercommunautaires. Mahamadou SAMAKÉ Amap-Niono

Société sénoufo : Plongée dans le tréfonds culturel et mystique

Par Fousseyni DIABATE Bamako, 07 Nov (AMAP) Les Sénoufos peuplent le Sud du Mali, le Nord de la Côte d’Ivoire et le Sud Ouest du Burkina Faso. Ils ont en partage avec d’autres ethnies des sociétés d’initiation qui préparent les jeunes à la vie d’adulte. Dans une société sans écriture et sans caste, il est très difficile de fixer avec précision les origines et l’analyse de certaines situations. Les enseignements sont transmis de générations en générations, de familles en familles. Les Sénoufos occupent le nord de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et le sud du Mali. Ils ont en commun des valeurs culturelles et sociétales. Pour s’identifier, les premiers Sénoufos avaient tracé sur chacune de leurs tempes trois traits horizontaux ou scarifications appelés communément balafres. Tous les senoufos ont pour emblème le calao qui est le signe de la fécondité des hommes et de la terre, nous enseigne le traditionnaliste Tiémoko André Sanogo, le chef des Koreduga de la région. Les Sénoufos de Sikasso ont migré vers Kong et Korogho en Côte d’Ivoire, et vers Banfora au Burkina Faso. C’est une ethnie qui n’a pas connu la division sociale du travail et donc pas de système de classes sociales. Ce qui fait que l’on ne rencontre pas de caste chez eux.  Ils ont en partage avec d’autres ethnies de notre pays des sociétés d’initiation comme : le Komo, le Konon, le Nya, le Namakoro, le Korè, le Ciwara et le Poro. Elles constituent de véritables écoles de la vie de 7 à 77 ans. Le Poro est une société traditionnelle sécrète d’initiation chez les senoufos. Il constitue une véritable école de formation et d’apprentissage, préparant le jeune senoufo à toutes les épreuves de la vie adulte. L’initiation, faite par ordre de classe d’âge, a lieu dans les bois sacrés. Au cours de cette initiation, nous révèle le directeur du musée régional de Sikasso Mando Goïta, on enseigne aux générations montantes, des connaissances scientifiques comme celles liées aux plantes, aux techniques de la chasse et de la guerre. Ils apprennent aussi l’éducation civique et la morale notamment le respect de la hiérarchie, l’honneur et l’amour de la patrie, le respect de la personne humaine, des ancêtres ABONDANCE ET FÉCONDITÉ– Au sortir de l’initiation du Poro dont le fondement ne doit jamais être divulgué aux non-initiés, le jeune senoufo intègre la génération des adultes et devient ainsi un homme accompli. La portée sociale de toutes ces sociétés est la culture de la paix, de l’entraide et de la cohésion. Quant à la société d’initiation Komo que plusieurs ethnies ont en partage, elle se caractérise par son masque appelé « tête de Komo » généralement effrayant qui apparaît lors des fêtes annuelles. Le scénario initiatique est mis en œuvre autour du masque et l’initiation consiste à tester l’état psychologique de l’individu qui doit acquérir les connaissances de l’univers. C’est un moule pour « fabriquer » la conscience psychologique de chaque membre de la société. Chaque société d’initiation en milieu senoufo marque une étape précise de la vie de l’individu. Ainsi, le Nya est également un culte communautaire, symbole de puissance, d’abondance et de fécondité, selon le directeur du musée régional de Sikasso. Le terme Nya désigne une puissance religieuse précise dont le pouvoir est lié à des objets fabriqués qui doivent être nourris par le sang des animaux sacrifiés. En milieu senoufo, plusieurs femmes en quête d’enfant, se confient au Nya, symbole de la fécondité et sont le plus souvent satisfaites. Selon Mando Goïta, cette dernière ne s’occupe pas de formation comme le Poro, mais plutôt de la sécurisation des personnes et de leurs biens et favorise la procréation et proscrit le vol. Le Korè est également une société d’initiation qu’on retrouve dans plusieurs sociétés de notre pays. Partout où le Korè existait, tous les garçons devaient être initiés selon un cycle septennal. Le Korè qui est animé par les Korèduga, est le stade ultime d’un véritable cursus éducatif qui visait à construire au niveau du sujet et du groupe, l’identité masculine. Pour le chef des Korèduga de la Région de Sikasso Tiémoko André Sanogo, il assurait la police dans le village, interdisait les mauvais comportements pouvant nuire à la cohésion et au bien-être et protégeaient les populations contre les envoûtements, la sorcellerie et la violence. Selon lui, il existe 6 divinités en milieu traditionnel qui contribuent chacune à la régulation et à la protection de la société et des populations. FD (AMAP)   

Bambouck : Les mystères de Diakhaba

Par Bandé Moussa SISSOKO Bamako, 07 Nov (AMAP) L’inscription de Diakhaba (Commune de Bamafélé, Cercle de Bafoulabé) au patrimoine culturel national et mondial est une préoccupation majeure de ses habitants et des autorités administratives et politiques. Ce village aurait été fondé en 1059 par Salim Souaré, de retour de son dernier pèlerinage à La Mecque, pour servir de point de départ à la promotion de l’islam en Afrique de l’Ouest. Situé entre le village de Kala et le fleuve Bafing, en aval de Manantali, Diakhaba a joué un rôle de premier plan dans l’islamisation des peuples d’Afrique de l’Ouest. Jadis habité par les Dabo (cousins des Sissoko et des Souaré), cette localité est, pour les pays du Sud du Sahara, ce que représente la ville sainte de Tombouctou pour les Régions dans le Nord du Mali. Ces deux localités ont quelque chose d’insaisissable, de divin et doivent leur réputation à des grands marabouts qui ont inscrit leur nom dans les annales de la théologie. Salim Souaré, appelé affectueusement « Mbemba Laye » par les Malinkés des Cercles de Bafoulabé et de Kéniéba, a effectué sept fois le pèlerinage à La Mecque, en compagnie de milliers de fidèles. Formateur d’El Hadji Mahmoud Bagayogo, qui est le fondateur de l’Université Sankoré de Tombouctou, Mbemba Laye était de passage à Tombouctou. Lorsqu’il s’apprêtait à quitter cette ville sainte pour Diakhaba, un village qui n’existait pas à l’époque, les Tombouctiens lui auraient demandé d’attendre le retour des jeunes partis faire des courses afin de lui faire un cadeau digne de son rang. L’hôte leur aurait expliqué qu’ils pouvaient, le moment venu, jeter le paquet dans le fleuve, en formulant l’intention qu’il lui soit remis. Plus tard, vers 16 heures, devant la mosquée de Diakhaba, El Hadji Salim Souaré demanda à son cousin Mahamadou Dramé dit Draméba (grand Dramé) de l’accompagner au fleuve. Sur place, un poisson surgit de l’eau pour vomir un paquet contenant des objets de valeur et une correspondance venant de Tombouctou. D’après les notables et les griots du village, El hadji Salim Souaré est présenté comme l’un des descendants de Kaya Magan Cissé, empereur du Ghana, avant la prise de Koumbi Saleh par les Almoravides. Youssouf Cissé fut parmi les hommes qui ont enseigné l’islam dans l’ancien Wagadou. La mère de Youssouf est Fatoumata, une fille du roi Kaya Magan Cissé. Mbemba Laye, fils de Youssouf Cissé et d’Aïssatou Soudourou, a hérité du nom de famille Cissé de sa mère par le fait d’appartenir à la classe noble. Salim Souaré serait né vers l’an 172 de l’Hégire (794 du calendrier grégorien) à Djimbanladia dans l’actuel Macina. Il quitta ce village, à l’âge de 12 ans avec son père, pour le Diafounou où il a appris le Coran. Pour approfondir ses connaissances en islam, Mbemba Laye quitta le Diafounou pour l’égypte, puis l’Irak et l’Espagne, un voyage qui aurait duré 36 ans. De retour à Macina, Salim Souaré n’y retrouva que sa mère car son père était décédé quelques années auparavant. L’homme décida alors d’aller à Kingui, village d’origine de sa mère. Il y retrouva plusieurs cousins dont les mères étaient les trois sœurs de sa mère (Fatoumata, Aminata et Djénéba). Le fils de Youssouf Cissé s’est fait accompagner de certains de ses cousins, ainsi que des Fadiga, des Fofana, des Dramé pour rejoindre le Diafounou d’où il partira, plus tard, pour son premier pèlerinage à La Mecque, vers l’an 247 de l’Hégire, en compagnie de ses amis parmi lesquels El Hadji Mahamadou Diané de Manfara (Guinée), Mahmoud Bagayoko de Tombouctou, Boubacar Traoré de Diakhaba, Oumar Fofana de Mafourento (Mandé) et Yahya Tounkara de Samatiguila (Côte d’Ivoire). Après son 7e pèlerinage, une voix aurait retenti de la Kaaba ou d’Arafat ou de Koumbi Saleh pour annoncer que le pèlerinage de celui qui monte sur un cheval tacheté « si ware (en langue nationale Soninké) » a été accepté par le Seigneur. Il s’agissait de Salim Cissé de Djenné, qui par déformation deviendra El Hadji Salim Souaré de Bamboukhou Diakha. ARBRE PROTECTEUR- Ce pèlerin vit en songe le prophète Mahomet (PSL) qui lui ordonna de retourner dans son pays natal pour l’islamisation de sa contrée. Pour ce faire, il reçut des mains du Khalife de La Mecque trois choses dont un exemplaire complet du Coran écrit sur parchemin. Le second cadeau est une canne qui devait le conduire de son lieu de résidence habituelle (Djenné) à son site d’installation définitive. Cette canne devait lui parler et lui indiquer ce fameux lieu. Le prophète aurait, aussi, demandé à un arbre « souroudjouwo (en langue nationale Malinké) » d’accompagner Salim et de le protéger contre les intempéries, tout au long de son trajet. D’après les récits, il voyageait avec plus de 1.000 hommes et femmes dont les patronymes correspondaient à ceux des 70 grandes familles Diakhanké (habitant de Diakha). Après avoir parcouru 39 sites, le sage Souaré s’arrêta à Koléla, village à 45 km, en aval de Manantali, sur la rive droite du fleuve Bafing. C’est Koléla que la canne sacrée aurait désigné comme le lieu d’habitation de El Hadji Salim Souaré qui se serait exclamé: « diakha diakha ya nemou ! (c’est donc ici !) » C’est ainsi que Koléla est devenu, par la suite Diakhaba (mère de Diakha) et ses habitants s’appelèrent « Diakhango (les habitants de Diakha en Malinké) ». Koléla, alors habité par des animistes, sous la chefferie Sanoukegni, ancêtre des Dabo vivant d’agriculture, était touchée, chaque année, par des incendies, consumant l’essentiel de leurs récoltes, les exposant à une famine atroce. La chefferie du village demanda à Salim Souaré de faire des bénédictions pour le village. Ce qui fut fait, mais à condition que Koléla soit transféré de la rive droite à la rive gauche du fleuve. Car le pieu musulman ne voulait pas travailler dans un village animiste car l’adoration des fétiches allait à l’encontre de sa religion. Quand Dabo est parti, 33 de ses 40 enfants sont morts, de façon mystérieuse, et il n’a eu son salut qu’après

Baba Salah: Le guitare héros revient avec l’album « Maliba »

 Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 07 Nov (AMAP) Dans son sixième opus, l’ancien soliste d’Oumou Sangaré propose dix titres. Il a choisi de rendre l’album disponible, uniquement, en téléchargement sur les sites de streaming. Un procédé qui a été édicté par la situation de crise. C’est par un poste presque anodin, le 23 septembre dernier, sur les réseaux sociaux, qu’il a annoncé la sortie de son nouvel album. Intitulé Maliba, les dix titres de cet album sont disponibles uniquement en téléchargement sur différents sites de streaming. Sans donner de chiffres exacts, il affirme avoir déjà vendu plusieurs milliers d’exemplaires dans des pays comme la France, les États-Unis d’Amérique, le Ghana, le Gabon, la Côte d’Ivoire et un peu au Mali. L’auteur de cet exploit fait partie du Gotha de la musique malienne, il s’appelle Baba Salah. Il s’agit du sixième album de ce jeune artiste, auteur compositeur, interprète et instrumentiste. Il s’est fait connaître d’abord comme soliste de la grande vedette du Wassouloun Oumou Sangaré, avant de prendre son envol à travers un premier album à succès « Gao » en 2003. « C’est à cause des crises socio-politiques et de la pandémie du coronavirus que j’ai décidé de faire cette sortie », explique-t-il de manière laconique. En insistant, il lâche : « nous ne voulions pas laissé passer la date symbolique du 60ème anniversaire de l’indépendance de notre pays, le 22 septembre 2020, sinon les réalités du moment ne se prêtent à cela. » Des concerts et autres évènements médiatiques sont prévus quand le pays sera un peu plus calme, ajoute notre interlocuteur. Baba Salah est à la fois un guitariste de charme, une star de la musique malienne et un homme timide, mais surtout très épris de son de pays. Ce sixième album est donc la manifestation d’un travail acharné et entièrement dédié à la paix et à la cohésion du Mali. Ce songhoï bon teint a décidé de donner un nom en bamanan à son opus, car dit-il, « vous ne pouvez pas prêcher la solidarité, la paix et la cohésion dans un pays et continuer à vous exprime uniquement dans votre langue maternelle. Il faut que la majorité de vos compatriotes puisse recevoir votre message ». En fait, explique-t-il, il ne s’est pas levé un jour pour faire un album. Il a composé les différents morceaux au fil du temps et de son inspiration depuis 2015. Chacun des morceaux a été fait en solo. Ainsi, les dix titres sont : Allahidou ; Basse Terey ; Dangay ; Haïra ; Djiri Merdié ; Maliba ; Mimanda ; Naaba ; Tamala ; Wayaye. Le cinquième titre « Djiri Merdié » est sans doute le plus connu, car il fut chanté en solo en 1970 par la grande cantatrice Fissa Maïga de la troupe de Gao lors de la Biennale artistique et culturelle de la jeunesse du Mali. Il s’agit donc d’une reprise en featuring entre Baba Salah et Fissa Maïga, qui a gardé sa belle voix. Cette chanson évoque la grande sècheresse que notre pays a connue durant ces années. La rareté de la pluie, la désertification. Face à cette dure adversité climatique, Fissa encourageait les hommes à redoubler d’effort. Quant au rythme, Baba Salah utilise l’afrobeat qui est dansant afin d’attirer l’attention d’un public plus jeune. L’ORDRE ET LA DISCIPLINE- Le second titre qui est aussi plus connu est Taamala, une vieille chanson en hommage au roi de Gao Soni Ali Ber (1364 – 1492). Reconnu comme étant l’un des rois qui a beaucoup fait pour Gao, il faisait régner l’ordre et la discipline dans tout le royaume. Il faisait beaucoup de prisonniers. Les griots chantaient pour le supplier d’amnistier ses captifs. En sonrhaï, Taamala signifie pitié, en retour ces derniers s’engageaient à la discipline et au travail bien fait. Cette chanson est devenue au fil du temps, les louanges des familles Maïga qui sont les descendants de Soni Ali Ber. Là également, avec son orchestre, l’artiste a préféré un rythme plus dansant qu’est le funky. Gao représente ainsi un pan important de l’histoire de notre pays qui connaît depuis 2012 une des plus graves crises de son existence. Ce qui a conduit à la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation en 2015. Cet important événement a inspiré l’artiste à travers le titre Maliba. Ce titre éponyme de l’album est chanté en français. Un titre chanté aussi en featuring avec Haïra Arby, la grande voix de Tombouctou qui est décédée peu après. Baba Salah a invité la Tomboctienne, dit-il, afin de porter le message pour cette autre partie du Nord de notre pays. Cet Accord n’était pas scrupuleusement respecté par tous les groupes signataires. Pour lui, il ne suffisait pas seulement de signer, il faut avoir la paix dans son cœur afin qu’elle se matérialise. Allahidou, signifie l’engagement, la parole donnée. Dans ce morceau, Baba Salah dénonce les élus de notre pays et du continent africain en général qui ne respectent pas les promesses faites durant les campagnes électorales. Dans ces conditions, estime-t-il, la démocratie ne pourrait s’incruster durablement dans nos sociétés. Dans cette chanson, il dit: « nous avons plein de soleil, chez nous, mais nous restons dans l’obscurité, malgré les deux grands fleuves qui irriguent notre pays, il y a beaucoup de zones où les gens meurent de soif ». Comment comprendre qu’en plein 21ème siècle, les centres de santé et les écoles sont encore rares. « Nous avons décidé de dénoncer ces problèmes dans l’espoir d’être entendu par qui de droit », explique notre interlocuteur. Quant à Dangay, c’est le morceau qui lui permet de mettre le doigt sur les réalités de la rébellion. Dire que l’indépendance ou l’autonomie permet de régler les problèmes du Nord, c’est un leurre, car personne n’a intérêt au morcèlement du pays. Autant le Nord a besoin du Sud, autant toutes ces deux parties ont besoin du Centre et vice-versa. L’origine du cousinage à plaisanterie, un lien très fort, entre Dogon et Sonhraï est aussi mise en