Conseil national de Transition : Les réserves des partis et regroupements politiques

Bamako, 12 Nov (AMAP) Les réactions de la classe politique, qui s’est vue attribuée onze représentants, ne se sont pas faites attendre, à la publication des décrets présidentiels sur la clé de répartition des membres du Conseil national de transition (CNT) par entité et leurs modalités de désignation. Dans un communiqué publié, le 11 novembre, la Coalition des forces patriotiques (COFOP) dit constater « une confiscation du rôle des politiques », ajoutant que cela est une entrave à la démocratie malienne et un danger pour l’avenir de notre pays. Et, par conséquent, la conférence de ses présidents a décidé qu’elle ne fournira pas de dossiers pour participer au CNT. Le même jour, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a réagi, dénonçant de « nombreuses irrégularités aussi bien dans la forme que dans le fond des deux textes ». Pour le M5-RFP, le délai de 48 heures imparti aux candidats pour déposer leurs dossiers procède d’une méconnaissance totale des réalités au Mali. Aussi, le Mouvement trouve inadmissible que le vice-président de la Transition, encore président du CNSP non encore dissout, dispose d’un pouvoir de censeur pour choisir les bons et mauvais candidats en lieu et place des entités concernées. Selon le M5-RFP, « ces manœuvres sur la mise en place du CNT ont fait tomber les masques et dévoilé la nature purement militaire de la Transition avec un habillage civil qui ne trompe personne ni au Mali ni parmi les observateurs internationaux ». En conséquence, « le M5-RFP, qui refuse de servir de faire-valoir à un régime militaire déguisé, a unanimement décidé de ne pas participer au CNT dans le format proposé ». NON PARTICIPATION – C’est la même réaction du côté du parti Yèlèma, qui a informé ses militants qu’à l’issue de sa réunion extraordinaire du 11 novembre, il a pris la décision de ne pas postuler pour des sièges au CNT. Le parti de l’ancien Premier ministre Moussa Mara estime qu’il peut jouer sa partition dans la réussite de la Transition, sans être dans ses organes. Le Parti pour l’action civique et patriotique (PACP) est du même avis. La formation politique de Niankoro Yeah Samaké a indiqué que compte tenu des ambiguïtés autour des procédures de désignation des membres du CNT, il se réserve de postuler, en l’état, à ce Conseil national de la Transition. L’Espérance nouvelle Jigiya Kura, l’un des derniers nés des regroupements politiques au Mali a, dans un communiqué, dénoncé un manque de concertation dans la démarche des autorités de transition concernant le CNT. Selon ce regroupement, «  le mode de désignation proposé ne respecte aucun texte ni de la Constitution ni de la Charte de la transition encore moins des partis politiques ». C’est pourquoi, l’Espérance nouvelle Jigiya Kura s’abstient de participer au CNT dans ces conditions et se dit « inquiète » quant à la conduite des réformes politiques, institutionnelles, administratives et électorales. Tout comme ce regroupement, la Convergence pour le développement du Mali (CODEM) dit constater avec regret, le manque de concertation permettant d’aboutir à l’attribution des quotas aux formations politiques et aux couches sociales de la nation. « Tout en dénonçant la volonté manifeste des militaires à s’ingérer dans le jeu politique, la CODEM s’abstient de participer au CNT dans ces conditions », a précisé ce parti. Pour sa part, l’Alliance Ensemble Pour le Mali (EPM) a d’abord fait des observations sur les articles 4 et le décret n° 2020-0142 du 09 novembre 2020 qui attribuent au vice-président de la Transition seul, les prérogatives de recevoir les candidatures et, après examen, d’arrêter la liste des membres du CNT. L’EPM déplore, aussi, que ce décret « ne donne aucun critère et principe motivant la fixation des quotas », avant d’indiquer que cela a été effectué « sans consultation aucune de la classe politique ». Dénonçant la faiblesse du quota réservé aux partis et regroupements politiques (11 sièges sur les 121 membres du CNT), la non implication des autres organes légaux de la Transition, notamment le gouvernement, dans la procédure de sa mise en place, la large représentation des militaires au nombre de 22, la conférence des présidents de l’Alliance EPM décide « de ne pas designer de représentants devant siéger au sein du CNT ». Avant d’exhorter toute la classe politique à « observer le devoir de la non-participation des représentants des partis politiques au Conseil ». L’une des rares formations politiques à exprimer sa volonté d’y participer est l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des forces patriotiques (ASMA-CFP). Dans un message, l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, a indiqué que « l’ASMA-CFP est clairement engagée à présenter des candidats pour siéger dans le Conseil national de Transition ». Et de préciser que « c’est conformément à notre option d’accompagner la transition dans un esprit constructif et de concessions mutuelles ». Tout comme l’ASMA-CFP, les Forces patriotiques pour la refondation du Mali (FPR-Mali) ont décidé de participer et de porter leurs candidatures au compte des regroupements politiques pour le CNT, afin d’apporter leur contribution. Après la désignation du président et du vice-président, la nomination du Premier ministre et la formation du gouvernement, le CNT est le seul organe de la Transition qui reste à mettre en place. L’attente devenait longue et faisait place à toutes sortes de rumeurs. Par deux décrets, en date du 9 novembre dernier, le président de la Transition, Bah N’Daw, a fixé les modalités de désignation des membres du CNT et puis la clé de répartition des sièges entre les différentes entités. DD/MD (AMAP)

Niono : Un miraculeux de l’affrontement de Farabougou

Par Mahamadou SAMAKÉ Niono, 12 Nov (AMAP) Il s’appelle Youssouf Cissé, du village de Dogofry KO3 ou Chouala coura, dans la Commune rurale de Dogofry. Il faisait partie des chasseurs traditionnels dozos qui ont affronté des bandits armés, le 09 octobre dernier. Cet accrochage a occasionné la mort de treize chasseurs traditionnels dozos, huit blessés et un disparu. Ce disparu n’est personne d’autre que Youssouf Cissé. Il avait fait signe de vie au téléphone, pendant un bout de temps. Malheureusement avec le siège de Farabougou par les bandits armés non identifiés, il n’avait pas reçu de secours. Blessé à la jambe, Youssouf raconte avoir rampé dans les buissons, durant trente un jours, avant de voir le bout du tunnel. Il se nourrissait d’oiseaux qu’il chassait, rampait pour s’en saisir, les déplumait « avant de les manger crue » nous a-t-il confié. Youssouf ajoute avoir étanché sa soif, pendant tout ce temps soit, avec des pastèques sauvages ou de l’eau boueuse des mares. C’est le mardi 10 novembre, que notre chasseur a été retrouvé par des cultivateurs de riz qui récoltaient leur production et des pêcheurs. Le village a été alerté et les dispositions ont été prises pour le faire évacuer au Centre de santé communautaire (CSCOM) de Dogofry pour des soins primaires, puis au centre de Santé de référence (CSRéf) de Niono où il a été pris en charge par Médecin sans frontières (MSF). Le Dr Doumbia indique que Youssouf est fatigué et sous alimenté. « La plaie qu’il porte est infectée mais sa vie n’est pas en danger », a diagnostiqué le praticien. MS/MD (AMAP)  

Conseil national de Transition : Publication des modalités de désignation et clé de répartition des membres

Bamako, 12 Nov (AMAP) Le chef de l’État, Bah N’Daw, a signé deux décrets fixant les modalités de désignation des membres du Conseil national de Transition (CNT) et la clé de répartition, ouvrant, en principe, la voie à une prochaine mise en place de l’organe législatif de la Transition. Le décret n° 2020-0142/PT-RM du 09 novembre 2020 sur les modalités de désignation des membres du CNT mentionne que pour être membres de cet organe, « les candidats doivent être de nationalité malienne d’origine, jouir de leurs capacités physiques et mentales, n’avoir jamais fait l’objet d’une condamnation pénale ». Les candidats doivent, également, avoir les compétences requises, être reconnus pour leur engagement patriotique et être de très bonne moralité. Les candidatures sont déposées au double du quota attribué à chaque composante sous peine d’irrecevabilité. La représentativité des femmes est une obligation pour toutes les composantes. Une autre disposition du décret stipule que c’est le vice-président de la Transition qui reçoit la liste des candidatures, dans un délai de 48 h, à compter de la date de publication du décret. Celui-ci, après examen des dossiers, arrête la liste des membres du CNT. La liste définitive portant désignation des membres fera l’objet d’un décret du président de la Transition. Le décret n° 2020-0143/PT-RM du 9 novembre 2020 fixant la clé de répartition du Conseil national de Transition annonce vingt-deux représentants pour les Forces de défense et de sécurité, huit représentants du Mouvement du 5 juin (M5-RFP), onze représentants des partis et regroupements politiques, neuf représentants des Organisations de la société civile. En outre, des groupements de femmes (quatre représentants), de jeunes (quatre représentants), des Mouvements signataires de l’Accord pour la paix  (cinq représentants), des Mouvements de l’Inclusivité (quatre représentants), des organisations de défense des droits de l’Homme (quatre représentants) seront présents dans l’organe législatif de la Transition. Plusieurs autres entités importantes de la Nation seront représentées au sein du CNT : personnes vivant avec un handicap (trois représentants), Maliens établis à l’extérieur (six représentants), centrales syndicales (quatre représentants), syndicats libres et autonomes (sept représentants), ordres professionnels (huit représentants), confessions religieuses (trois représentants), autorités traditionnelles (cinq représentants), chambres consulaires (cinq représentants), faîtières de la presse (quatre représentants) et celles des arts et de la culture (cinq représentants). MS/MD (AMAP)    

Les obsèques nationales d’ATT auront lieu le 20 novembre à Bamako

Bamako, 12 Nov (AMAP) La dépouille de l’ancien président malien, Amadou Toumani Touré, arrivera vendredi à Bamako et les obsèques nationales auront lieu le 20 novembre, en présence de plusieurs personnalités nationales et étrangères, a indiqué une source proche de la famille. «La cérémonie nationale des funérailles sera présidée par le président de la Transition», a ajouté notre source. Le président Touré, affectueusement appelé ATT, est décédé le 10 novembre dernier des suites d’une maladie, à Istanbul, en Turquie, à l’âge de 72 ans. Depuis l’annonce de cette triste nouvelle, le domicile de l’illustre disparu à l’ACI 2000 est pris d’assaut par les parents, proches, amis, anciens collaborateurs et personnes anonymes. Le monde entier continue de lui rendre hommage. MK/MD (AMAP)

Le président Bah N’Daw attendu au Ghana, au Togo, au Sénégal et en Guinée-Bissau

Bamako, 12 Nov (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, entame ce jeudi une série de visites d’amitié et de travail, du 12 au 17 novembre, qui le conduiront, successivement, au Ghana, au Togo, au Sénégal et en Guinée Bissau, annonce les services de la présidence. Au cours de cette tournée sous régionale, le président N’Daw entend raffermir les liens d’amitié, de fraternité et de solidarité entre le Mali et ces différents pays. Il va, également, les assurer de la volonté des autorités de la Transition de maintenir et de poursuivre les relations de coopération bilatérale et multilatérale. Le chef de l’Etat débutera cette toute première sortie officielle, depuis sa prise de fonction le 25 septembre 2020, par le Ghana dont le président, Nana Akufo-Addo, assure la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La visite au Ghana fait suite à celle effectuée au Mali, le 11 octobre2020, par le président ghanéen. Une visite au cours de laquelle M. Akufo-Addo a exprimé la solidarité de l’Organisation sous régionale envers le Mali et réitéré son engagement et sa disponibilité à accompagner le processus de Transition. Au cours de son séjour à Accra (du 12 au 13), le président Bah N’Daw aura un tête-à-tête avec son homologue ghanéen. Également au programme, des échanges bilatéraux et une rencontre avec la forte communauté malienne établie au Ghana. Ce sera, aussi, l’occasion pour Maliens et Ghanéens d’échanger sur les multiples domaines de coopération reliant nos deux pays : l’économie, le transport, le développement, l’agriculture, l’emploi, l’énergie, l’environnement, l’éducation, la santé, la culture, le tourisme, le sport, la sécurité, la justice, etc. Bah N’Daw se rendra au Togo dont des casques bleus sont présents au Mali et dont le port autonome de Lomé, est un partenaire de clé des commerçants maliens. Le chef de l’État sejournera ensuite au Sénégal, premier partenaire économique du Mali au sein de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), voire de la CEDEAO. Son président, Macky Sall, a pesé de tout son poids diplomatique et économique pour obtenir un allègement de l’embargo sur le Mali suite au coup d’Etat du 18 août 2020. Le président N’Daw se rendra en Guinée Bissau dont le dirigeant, Umaro Sissoco Embalo, a assisté à la cérémonie d’investiture du président et du vice-président de la Transition. CMT/MD (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du 11 novembre 2020

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 11 novembre 2020, dans sa salle de délibération au Palais de Koulouba, sous la présidence de Monsieur Bah N’DAW, Président de la Transition, Chef de l’Etat. A l’ouverture de la session, le Président de la Transition a fait observer une minute de silence à la mémoire du Général Amadou Toumani TOURE, Ancien Président de la République, décédé le mardi 10 novembre 2020. Le Président de la Transition a rendu un vibrant hommage à l’illustre disparu et a présenté ses condoléances les plus émues à sa famille. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – et procédé à des nominations.   AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté :   des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de Prêt signé, le 12 juin 2020, entre le Gouvernement de la République du Mali et le Fonds de l’OPEP pour le développement international en vue du financement du Projet de réhabilitation de la route SEVARE-GAO (Section SEVARE-BORE). Par cet Accord, le Fonds de l’OPEP pour le développement international accorde au Gouvernement de la République du Mali, un prêt d’un montant de 20 millions de dollars US, soit environ 10 milliards 500 millions de francs CFA. La réalisation du Projet financé contribuera à la croissance économique du pays à travers une amélioration du réseau routier national. des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord-cadre de financement par vente à tempérament et de l’Accord de Prêt signés, le 17 juin 2020, entre le Gouvernement de la République du Mali et la Banque Islamique de Développement, concernant l’appui d’urgence pour la lutte contre le virus COVID-19. Dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’action national de réponse d’urgence à la pandémie de la COVID-19, la Banque Islamique de Développement a conclu avec le Gouvernement de la République du Mali : – un Accord-cadre de financement par vente à tempérament accordant un prêt d’un montant n’excédant pas 9 millions 500 mille Dollars américains, soit 5 milliards 225 millions de francs CFA environ ; – un Accord de prêt sur les ressources ordinaires de la Banque, d’un montant n’excédant pas 10 millions de Dollars américains, soit 5 milliards 500 millions de francs CFA environ ; -un  Accord  de  prêt  sur  les  ressources  du  Fonds  de  Solidarité  Islamique  pour  le Développement, d’un montant ne dépassant pas 3 millions de Dollars américains, soit 1 milliard 650 millions de francs CFA environ. La réalisation des actions prévues permettra de renforcer les interventions sanitaires d’urgence à travers, notamment l’amélioration de la prévention, du contrôle des infections et de la gestion des cas et le renforcement des centres de traitement. des projets de texte relatifs à la ratification de la Convention de Prêt, signée le 12 juin et le 17 juillet 2020, respectivement à Paris et à Bamako entre le Gouvernement de la République du Mali et Natixis, pour le financement du projet de déploiement de la Télévision Numérique Terrestre. Par la présente Convention, Natixis, consent au Gouvernement de la République du Mali, un Prêt d’un montant de 48 millions 471 mille 361 Euros, soit l’équivalent de 31 milliards 795 millions 128 mille 547 francs CFA. La réalisation du projet financé permettra d’achever la transition numérique et d’améliorer les services de production et de diffusion audiovisuelles au Mali. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS – Chef de Cabinet : Colonel-major Faraban SANGARE. – Conseiller technique : Colonel Boubacar MARIKO. – Directeur Adjoint de la Direction des Ressources Humaines des Armées : Lieutenant-colonel Diakaridia SIDIBE. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRALISATION – Préfet du cercle de Niono : Commandant Kana MOUNKORO. AU TITRE DU MINISTERE DE LA SECURITE ET DE LA PROTECTION CIVILE – Secrétaire Général : Monsieur Oumar SOGOBA, Magistrat. – Conseiller technique : Colonel-major Oumar MAIGA. AU TITRE DU MINISTERE DE LA REFONDATION DE L’ETAT – Secrétaire Général : Monsieur Abraham BENGALY, Professeur de l’Enseignement supérieur. – Conseillers techniques : Monsieur Aboubacar Tiècoura KONATE, Professeur de l’Enseignement supérieur ; Madame DIARRA Fatoumata TOURE, Professeur de l’Enseignement supérieur ; Monsieur Bayon SIMPARA, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral ; Madame DIARRA Christine Bessi KEITA, Administrateur civil ; Monsieur Nohan SOW, Attaché de Recherche. Chargé de mission : Monsieur Ibrahim N’DIAYE, Professeur de l’Enseignement supérieur. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE – Attaché de Défense auprès de l’Ambassade du Mali à Berlin : Colonel Ismael DIARRA. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES – Secrétaire Général : Monsieur Soussourou DEMBELE, Inspecteur des Impôts. – Chef de Cabinet : Monsieur Fasséry DOUMBIA, Gestionnaire. – Conseiller technique : Monsieur Boniface SANOU, Magistrat. – Membre de la Cellule nationale de Traitement des Informations Financières : Madame COULIBALY Fatoumata HACKO, Economiste. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES FONCIERES, DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT – Secrétaire Général : Monsieur Imirane Abdoulaye, Ingénieur des Constructions Civiles. – Chef de Cabinet : Monsieur Amadou DIARISSO, Inspecteur des Services Economiques. – Conseillers techniques : Monsieur Modibo POUDIOUGOU, Magistrat ; Monsieur Bernard KEITA, Administrateur civil ; Madame HAIDARA Mariam HAIDARA, Ingénieur des Constructions civiles ; Monsieur Drissa COULIBALY, Ingénieur des Constructions Civiles ; Monsieur Lassana DIAKITE, Magistrat. – Chargés de mission : Madame Korotimi Niénéma COULIBALY, Journaliste ; Monsieur Tiebone TANGARA, Juriste ; Monsieur Wafi ould DAH, Administrateur des Arts et de la Culture ; Monsieur Ibrahima A BARRY, Gestionnaire ; Madame Assiétou TOURE, Urbaniste. AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE L’ELEVAGE ET DE LA PECHE – Administrateur à la CMDT : Monsieur Nango DEMBELE, Agroéconomiste. AU TITRE DU MINISTERE DES MALIENS DE L’EXTERIEUR ET

ATT, l’homme du passage de témoin en 92, a été celui du come-back en 2002

Par Moussa DIARRA Bamako, 10 Nov (AMAP) Quand le général à la retraite, Amadou Toumani Touré (ATT), candidat indépendant, arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle malienne du 28 avril 2002, avec 28, 71% des voix, avait passé, dix ans plus tôt, le 8 juin 1992, le témoin au président démocratiquement élu, Alpha Oumar Konaré, il était entré dans l’Histoire. Et, quand il finit par réaliser un come-back en politique, après avoir remporté, le 12 mai 2002, le 2ème tour avec 65,01%, il s’est installé dans l’Histoire. Son départ du pouvoir, en dépit des pressions pour qu’il reste, a laissé aux Maliens l’image d’un militaire qui a su tenir parole, après avoir mis fin au régime d’un autre porteur d’uniforme, le général Moussa Traoré emporté par un mouvement populaire le 26 mars 1991. « Si j’étais resté, j’aurais triché. Si je m’étais présenté aux premières élections, j’aurais faussé le jeu », avait dit le général ATT dans un entretien à un journal panafricain pour expliquer les raisons de son départ du pouvoir. L’homme, qui avait ainsi quitté les fonctions de chef de l’Etat, est né le 4 novembre 1948 à Mopti, dans le Centre du Mali. Initialement formé comme maître de l’enseignement fondamental, en 1966, il a intégré, par la suite, l’Armée en 1969 après un concours d’admission à l’Ecole militaire interarmes de Kati, à 15 km de Bamako. Il a grimpé très vite les échelons mais des évènements historiques qui mirent à l’écart de nombreux responsables de l’Armée ne furent pas sans effet sur sa carrière. Le jeune militaire du camp des commando-parachutistes de Djikoroni, à l’ouest de Bamako, a surtout bénéficié des avantages de ses formations effectuées à l’Ecole supérieure des troupes aéroportées de Riazan, en ex-URSS et au Centre national d’entraînement commandos de Mont-Louis, en France. En 1978, il a obtenu ses galons de capitaine et est devenu, le 28 février 1981, le commandant de la garde du président Moussa Traoré. Monté au grade de commandant, Amadou Toumani Touré obtint, du coup, le commandement du bataillon des parachutistes en 1984. Ce fut de la direction de ce bataillon que le commando parachutiste s’en est allé en 1989 se perfectionner à Paris, à l’Ecole supérieure de guerre interarmées. Revenu au Mali le 8 décembre 1990, Amadou Toumani Touré, longtemps resté sans poste, retrouvera le 11 mars 1991, le commandement de son bataillon d’origine. Deux semaines plus tard, les bérets rouges, avec en leur tête, Amadou Toumani Touré, ont renversé le régime du général Moussa Traoré. ATT, comme on l’appelle, dorénavant, devient le président du Comité de réconciliation nationale (CRN), structure qui regroupe les putschistes de mars 1991. Cette dernière fusionne, le 26 mars, avec la Coordination des associations du mouvement démocratique pour former le Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) avec, à sa tête, ATT qui devient aussi chef de l’Etat. En tant que responsable du camp para de Djikoroni, il a vu passer presque tous les grands détenus et contestataires politiques du Mali mais assure les avoir «traités avec respect et dignité» et gardé le contact avec certains. ATT est présenté comme étant à la base de la naissance dans les années 80 d’un mouvement démocratique au sein de l’Armée malienne qui a toujours cherché une adhésion populaire à tout projet de changement politique au Mali. C’est le mouvement démocratique de 1990 à 1991 qui a favorisé les conditions de maturation de cette adhésion populaire au changement politique, disent les observateurs. L’homme, après le coup d’Etat de mars 1991, mit 15 mois pour réaliser la transition politique qui a conduit à la proclamation du multipartisme intégral, l’organisation de la Conférence nationale et la signature du Pacte national mettant fin à la rébellion touarègue au Nord du Mali. Après sa sortie de l’arène politique, redevenu simple citoyen en 1992 et élevé au grade de général d’armée, par la suite, ATT a déclaré éprouver le besoin de relever un autre « défi » : «travailler à la consolidation des processus démocratiques en Afrique» et, depuis 1992, s’est consacré à la promotion de la démocratie et à des missions de bons offices dans des conflits armés en Afrique. Il s’est engagé dans des actions humanitaires, notamment la lutte contre le vers de guinée avec l’aide de la Fondation Carter. Il a, en outre, créé une Fondation pour l’enfance œuvrant dans la réduction de la misère sociale et a contribué dans des actions de médiation pour la paix, notamment dans la crise centrafricaine qui l’ont maintenu sur la scène internationale. Le 5 septembre 2001, il a sollicité du président Alpha Oumar Konaré la retraite anticipée «pour convenance personnelle» et l’a obtenue, le 20 septembre, pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, conformément aux dispositions constitutionnelles maliennes, exigeant de tout militaire, qui veut briguer un mandat politique, de démissionner six mois avant l’élection. Motivé par le soutien enthousiaste de nombreux associations et clubs de supporters au Mali et à travers le monde, de plusieurs partis politiques tels l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US RDA), le Mouvement pour l’indépendance, la renaissance et l’intégration africaine (MIRIA), le Bloc démocratique pour l’intégration africaine (BDIA), le Mouvement pour la solidarité et le progrès (MPSP) et entre les deux tours, par le Parti pour la renaissance nationale (PARENA), le général, qui a été élève d’Alpha Oumar Konaré à l’Ecole normale secondaire, a finalement succédé à son ancien professeur. ATT, qui s’apprêtait à quitter le pouvoir, est victime en mars 2012, d’un coup d’État militaire, dans un contexte marqué par une avancée de hordes djihadistes associées à des rebelles touaregs, dans le Nord du Mali. Il est revenu, triomphalement à Bamako, en décembre 2019, après un exil au Sénégal, suite à ce coup d’état qui l’a renversé. Celui que les Maliens appelaient, affectueusement, par ses initiales, ATT, était marié et père de deux filles. MD (AMAP)  

Diéma : Avec le froid, attention au charbon de bois

Par Ouka BAH Diéma, 10 Nov (AMAP) Pour échapper au froid, certaines personnes s’enferment dans leur chambre, la nuit,  avec un fourneau rempli de charbon de bois allumé. Cette pratique ancestrale, vieille de plusieurs siècles, peut provoquer la mort par asphyxie. Selon les spécialistes, le gaz carbonique qui se dégage du charbon de bois, pollue l’air comprimé dans la chambre et le rend irrespirable. Dans le cercle de Diéma, selon les constats, chaque année ou presque, on enregistre dans des villages et hameaux, des cas de décès liés à l’utilisation du charbon de bois, dans la chambre, pendant la nuit. Cette année, déjà en octobre, le froid a déja pris une certaine allure dans le cercle de Diéma. Il a commencé à s’intensifier. La température affiche parfois 12°C, la nuit. Cette fraicheur persiste jusqu’au matin,  voire toute la journée. Souvent, les rayons du soleil refusant de de se pointer. Selon certains observateurs, l’intensité du froid s’explique par l’abondance de la pluviométrie. L’année où il pleut abondamment, le froid devient plus intense. La présence de collines, de rivières et de cours d’eau, dans une localité, favorise également, le froid, de même l’état sablonneux des sols. Généralement, le froid affecte les couches vulnérables que sont les personnes du troisième âge, les femmes et les  enfants. C’est pourquoi, il est déconseillé aux mamans de laver leurs enfants à l’air libre. Elles doivent, aussi, prendre soin de les habiller chaudement pour les protéger du froid. Le froid est une période difficile à supporter pour de nombreuses autres personnes. Il peut entraîner des maladies respiratoires, avec leurs corolaires de rhume, toux, bronchite et pneumonie, sans exclure le rhumatisme. Alassane, lui, trouve que pour résister au froid, il faut bien manger. « Le froid atteint les os de celui qui est affamé », lance-t-il. Ousmane Diallo raconte que son cousin, jeune marié et sa « Diombadio » (nouvelle mariée en peul), qui habitaient dans un campement peul, ont été retrouvés morts asphyxiés, sous leur tente. « Cette nuit-là, explique notre interlocuteur, il faisait un froid à ne pas mettre un chien dehors ». Après avoir trait ses vaches, la victime est allée se coucher, épuisé par une longue marche, à la recherche de ses moutons égarés. « Sa femme a pris un peu de braises et y a ajouté du charbon de bois. Mon cousin s’enferma avec son épouse, bouchant même les moindres trous de leur abris sommaire par des chiffons pour empêcher toute infiltration d’air », poursuit l’homme. Le matin, à l’heure d’attacher les veaux pour les empêcher de téter, lorsque les enfants n’ont pas vu sortir leur père, ils se sont inquiétés. L’aîné a frappé, plusieurs fois, à la porte en bois d’ébène de la tente. Sans succès. Alors, il a décidé de  forcer l’entrée. C’est ainsi qu’il a découvert les corps sans vie de ses parents. Des cris de détresse, en peul, ont envahi le petit campement. Tous nos interlocuteurs interrogés sur le sujet reconnaissent les dangers de cette pratique. Ils conseillent de prendre des dispositions pour sensibiliser davantage les populations, afin d’y mettre fin. Kantara Diawara ne se lasse pas de dire à ses femmes de ne pas allumer le charbon de bois, dans leur case, pendant la nuit. « Ne le faites jamais, même s’il neige », repète l’homme. A Tinkaré, la pratique avait cours. Issa Tounara, gérant de l’adduction d’eau de ce village, raconte que lorsqu’arrive le froid, les membres de la famille s’installent, généralement, autour du feu de bûche dans la cour de leur maison. Ils prennent du thé, décortiquent, souvent, l’arachide ou épluche du dah. Au moment d’aller se coucher, personne ne s’enferme du feu dans sa chambre, quel que soit le degré du froid. A en croire Coumba Diarra, élue à Dianguirdé, avant que les gens ne comprennent, la pratique faisait de nombreux dégâts dans la commune, « mais, actuellement, avance-t-elle, elle est si devenue rare ». Certains allument du bois, dans la cour de leur maison. Ils entretiennent la causerie, souvent, jusqu’à une heure indue, avant d’aller se coucher. Lors de ses visites à domicile, l’infatigable Thiéssama Fofana, relais communautaire à Fangouné Kagoro, s’entretient avec les populations des pratiques néfastes, notamment l’utilisation du charbon de bois dans la chambre, durant cette période de fraicheur. Ami Magassa, relais communautaire, mène le même combat, quotidiennement, à Diéma. La radio Jamana joue un rôle capital en matière d’information et de sensibilisation afin de parvenir à un changement radical de comportements, dans le cercle de Diéma. Aujourd’hui, beaucoup de femmes préfèrent brûler de l’encens dans leur chambre pour se réchauffer que de s’enfermer avec du charbon de bois allumé. Surtout si l’encens, commente Diouldé, est du « Goyékounan », une substance en forme de pois sucré, qui a un triple rôles. « Il apporte non seulement de la chaleur, permet d’éloigner les moustiques, mais aussi atténue les mauvaises odeurs », déclare la dame, en promettant d’en faire venir de Kayes, pour renouveler  son stock épuisé. De l’avis d’Aïchata Dia, Présidente de l’Association de santé commmunautaire (ASACO) de Fassoudébé, cette mauvaise pratique qui détruit plus qu’elle n’arrange, est en train de disparaître dans sa commune. « Beaucoup de femmes, explique-t-elle, brûlent de l’encens. Et, au moment de dormir, elles font sortir le « béloni » (l’encensoir), pour ne pas provoquer d’incendie ». Pour que cette pratique, vieille de plusieurs siècles, disparaisse définitivement des habitudes des populations, il faut l’implication totale de tous les acteurs, ONG, élus, chefs traditionnels et religieux, Réseau des communicateurs traditionnels pour le developpment (RECOTRADE), radios de proximité, associations de femmes et de jeunes, pour renforcer la sensibilisation auprès des populations. OB/MD (AMAP)  

Déclaration du président Bah N’Daw suite au décès du président Amadou Toumani Touré

« Mes chers compatriotes, Comme vous le savez, le Président Amadou Toumani Touré s’est éteint tôt ce mardi 10 novembre 2020, six jours après son soixante-douzième anniversaire.  Cette perte cruelle afflige la nation malienne à laquelle l’homme  a donné tout son amour et toutes ses forces. Acteur majeur de la démocratie malienne, ATT, aura au cours de son destin exceptionnel, contribué à façonner le visage du Mali moderne, enchaînant, partout dans le pays, des projets de routes et de ponts, d’écoles et de centres de santé, d’accès aux logements sociaux, à l’eau potable et à l’électricité. De Kidal à Kayes, en passant par Koulikoro, le District de Bamako, Mopti, Ségou, Sikasso, Gao et Tombouctou, son empreinte restera forte, sa voix résonnera toujours, et son patriotisme sera salué à sa juste mesure. Au nom du peuple malien, en mon nom propre et en celui des anciens Chefs d’Etat Alpha Oumar Konaré, Dioncounda Traoré et Ibrahim Boubacar Kéita, j’adresse mes condoléances les plus sincères à la veuve du défunt, Mme Touré Lobbo Traoré, à ses enfants, à ses proches ainsi qu’à ses nombreux amis et sympathisants. Notre chagrin aujourd’hui est grand et il est d’autant plus grand que nous pleurons ATT, un peu moins de deux mois après le décès de l’ancien Président, le Général Moussa Traoré. Ce moment est pénible mais telle est la volonté du Tout-Puissant. A Allah nous sommes, à Lui nous retournons ! »

Le Mali en deuil : le président Amadou Amadou Touré n’est plus

Bamako, 10 Nov (AMAP) Le général Amadou Toumani Touré, président de la République de 2002 à 2012, est décédé, à l’âge de 72 ans, dans la nuit du 9 au 10 novembre, en Turquie, suite à une évacuation sanitaire., a-t-on appris tard dans la nuit. Celui que les Maliens avaient surnommé par ses initiales, ATT, a dirigé la Transition politique de 1991, après les événements de mars de 1991 et le coup d’Etat contre le général Moussa Traoré. Sa gestion de la Transition et la remise du pouvoir aux civils après les élections de 1992, ont valu à l’ancien chef d’État le surnom de « Soldat de la démocratie ». Amadou Toumani Touré est né le 4 novembre 1948 à Mopti, dans le Centre du Mali. Il fréquente l’école fondamentale dans la « Venise malienne », avant devenir à l’Ecole normale secondaire de Badalabougou, à Bamako, pour devenir instituteur entre 1966 et 1969. L’ancien président intègre l’Armée, notamment le 33e Régiment des commandos parachutistes dont il devient le commandant. Il gravira les échelons et deviendra général. ATT est revenu à Bamako en décembre 2019, après un exil au Sénégal, suite au coup d’état qui l’a renversé en mars 2012. MT/MD (AMAP)