Accident vasculaire cérébral : Deuxième motif d’admission aux urgences au Mali
Par Mohamed TOURE Bamako, 07 Nov (AMAP) Il tombe, souvent, sans prévenir et provoque, dans bien des cas, la mort. Deuxième cause de décès dans le monde, l’Accident vasculaire cérébral (AVC) touche, chaque année, 16 millions de personnes, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Au Mali, il constitue le premier motif d’hospitalisation dans les services de neurologie. Le 29 octobre est la Journée mondiale pour sensibiliser le maximum de personnes sur cette pathologie de plus en plus inquiétante. L’AVC est un dysfonctionnement neurologique d’installation soudaine, brutale, d’origine vasculaire. Une lésion cérébrale liée à une lésion vasculaire. « La lésion peut être un vaisseau qui se bouche (accident vasculaire cérébral ischémique) ou encore un vaisseau qui casse (accident vasculaire cérébral hémorragique) », explique le Pr Youssoufa Maiga, chef du service neurologie du Centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré. Pour le spécialiste, que nous avons rencontré à l’occasion de la Journée mondiale contre l’AVC, il urge de tirer la sonnette d’alarme pour prévenir ce mal qui devient un problème réel de santé publique. Il relève que les AVC sont le premier motif d’hospitalisation dans les services de neurologie au Mali et le deuxième motif d’admission aux urgences, après les causes traumatiques. De l’avis du spécialiste, la tendance devrait aller crescendo. « L’OMS pense que d’ici 2030, plus de 80% des Accidents vasculaires cérébraux proviendront des pays en développement, notamment d’Afrique », prévient-il. « Tout trouble d’installation brutale, jusqu’à preuve du contraire, doit faire évoquer un AVC », estime le praticien. « Une personne qui est en train d’écrire, qui n’arrive plus à écrire, celui qui n’arrive plus à parler, celui qui ne sent plus un côté ou encore celui qui ne voit plus, est potentiellement, inquiété par ce mal, détaille le médecin. Il note, également, que les conséquences d’un AVC peuvent être importantes pour les personnes touchées, en termes de mortalité et de morbidit, qui sont élevées lors d’un AVC, mais surtout en termes de conséquences socio-économiques. Dans la majorité des cas, les personnes victimes d’AVC en gardent un handicap. Les AVC sont d’autant plus dangereux qu’ils touchent un organe aussi vital que le cerveau. « C’est en effet cet organe qui permet de parler, de marcher, de sentir, de réfléchir, de communiquer avec notre environnement », explique le Pr Maiga. Il précise qu’un AVC, en fonction de la zone touchée, aura une expression clinique. C’est-à-dire qu’en touchant la motricité, l’AVC provoquera un déficit moteur avec une paralysie d’un côté chez le sujet victime. « De même, poursuit le spécialiste, si un AVC touche le langage, la personne ne pourra plus parler ». Les sujets de plus de 50 ans constituent, en général, la tranche d’âge la plus à risque de développer un accident vasculaire cérébral. « Mais, de plus en plus, souligne le médecin, les jeunes commencent à faire des AVC ». Cette nouvelle tendance s’explique, selon le Pr Youssoufa Maiga, par le changement des habitudes, notamment alimentaires. Parmi les habitudes néfastes, le médecin évoque la consommation d’aliments trop sucrés, trop salés ou trop gras favorisant l’obésité. L’hypertension artérielle et le diabète sont aussi de grands facteurs de risque pour la maladie, en plus de la consommation de tabac, l’alcool, la sédentarité et les troubles lipidiques. Quid de la prise en charge des personnes touchées ? Le spécialiste indique qu’elle doit être faite le plus rapidement possible. « Plus tôt on prend en charge les victimes d’AVC, plus on peut limiter les dégâts », insiste le médecin, rappelant à ce point l’expression anglo-saxonne : « The time is brain » (Le temps c’est du cerveau). Il existe, aujourd’hui, plusieurs techniques de prise en charge en vue de circonscrire l’AVC. Au nombre desquelles, les thrombolyses qui consistent à déboucher les vaisseaux. A ce sujet, le spécialiste confirme qu’il est possible de récupérer entièrement de totalement d’un AVC. Cette rémission nécessite des exercices de médecine physique, entre autres, une rééducation ou encore une kinésithérapie. Pour le médecin, « la meilleure manière de prévenir un AVC est de surveiller les facteurs de risque. Il faut, donc, faire attention à son alimentation, pour prévenir l’hypertension artérielle et le diabète, faire de l’exercice physique et bannir, le plus possible, les mauvaises habitudes comme le tabagisme ». MT/MD (AMAP)
Mali : La Francophonie lève la suspension
Bamako, 07 Nov (AMAP) Le Premier ministre malien , Moctar Ouane, a reçu vendredi, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Mme Louise Mushikiwabo, venu annoncer, au Chef du Gouvernement, la levée de la suspension du Mali par son organisation, a appris l’AMAP de source officielle. Selon un texte de la Cellule de communication et des relations publiques (CCRP) de la Primature, au cours de la rencontre, Mme Mushikiwabo a déclaré au Premier ministre que son organisation apporte sa solidarité au peuple malien et aux Autorités de la Transition Le Mali avait été suspendu par l’OIF à la suite des événements survenus en août 2020. À sa sortie d’audience, Mme Mushikiwabo a déclaré à la presse que sa visite témoigne de la grande importance que le Mali représente pour son organisation. « L’OIF est prête à s’impliquer et à apporter sa contribution pour la réussite de la Transition », a-t-elle souligné. MD (AMAP)
Sahel : Le business lucratif et criminel des prises d’otages
Bamako, 6 Nov (AMAP) La sempiternelle question des prises d’otages au Sahel et de négociation avec les groupes terroristes était le sujet d’un panel de haut niveau organisé jeudi dans un hôtel de la place par ‘’La Lettre confidentielle du Mali’’ et le Think Tank Caïlcédrat. Deux grands thèmes ont été débattus lors de cette rencontre : «Le Sahel et ses otages» et «Faut-il payer des rançons aux ravisseurs» ? Les débats ont été animés par des panelistes du Mali, du Niger et de la Mauritanie. D’entrée de jeu, le modérateur, le journalise, Serge Daniel a indiqué que de 2003 à 2020, environ 80 personnes ont été enlevées dans le Sahel et presque tous les otages ont été libérés après paiements de rançons aux ravisseurs. Pourquoi enlève-t-on les gens au Sahel ? C’est la première question qui a été posée aux panélistes. Pour le Mauritanien Isselmou Sahili, la réponse est simple : parce que les enlèvements permettent de gagner de l’argent, de faire pression sur les opinions publiques et de mieux faire connaître la cause des preneurs d’otages. Et l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga de renchérir : « il y a trois éléments à prendre en compte sur la question ». « En premier lieu, expliquera-t-il, les groupes terroristes se sont installés dans le Sahel et ne veulent pas de présence étatique ou étrangère. Le second élément est que les prises d’otages génèrent des ressources et en troisième lieu, il y a l’apport de reconnaissance et de notoriété ». Pour l’ancien chef du gouvernement, il existe plusieurs catégories d’otages. Les premiers sont les populations auxquelles ces groupes imposent une forme de violence et qui, vers la fin, sont obligées de se mettre sous leur protection pour leur sécurité. Et ensuite, les pays eux-mêmes. Ibrahim Diallo du Niger abondera dans le même sens. Selon lui, on prend des otages pour, d’abord, se donner une identité et une visibilité extérieure. En prenant les otages, les groupes terroristes cherchent d’abord à avoir une identité visuelle. D’après lui, en faisant des otages, les auteurs cherchent à avoir l’attention des médias et des chancelleries. L’argent vient, ensuite, parce qu’il constitue pour ces groupes, une rente qui alimente leur pouvoir et les renforce militairement. Évoquant les facteurs favorisant ces prises d’otages, Soumeylou Boubèye Maïga a fait savoir que le Nord du Mali est un vaste espace sous gouverné, sous administré et sous-peuplé. « Et du coup, soulignera-t-il, cette partie de notre pays est devenue un sanctuaire et une passerelle entre plusieurs régions et une base logistique pour ces groupes ». « L’une des particularités du Sahel est qu’il y a une unité territoriale de fait. On peut partir de la Mauritanie au Tchad sans rencontrer quelque obstacle administratif que ce soit», a expliqué l’ancien Premier ministre. NÉGOCIER – À la question de savoir s’il faut négocier avec les terroristes pour libérer les otages, Isselmou Sahili pense qu’il le faut car les opérations militaires n’ont pas donné de résultats probants. Elles se sont soldées très souvent par la mort des otages. Soumeylou Boubèye Maïga est du même avis, il pense qu’on n’a malheureusement pas le choix, ajoutant qu’à chaque fois qu’il y a prise d’otages, la première démarche est la négociation. Dans certains pays, il y a même des négociateurs professionnels à cet effet, a révélé l’ancien chef du gouvernement. Mais pour lui, les discussions avec les preneurs d’otages n’empêchent pas de préparer et de recourir à l’usage de la force pour les neutraliser. Soumeylou Boubèye Maïga fera également remarquer que plus il y a une médiatisation importante sur une prise d’otages, plus les enchères augmentent chez les auteurs puisqu’on leur donne ainsi la conviction de détenir des gens précieux pour lesquels, ceux qui cherchent leur libération, sont prêts à tous les efforts. Pour Isselmou Sahili et Ibrahim Diallo, les preneurs d’otages trouvent normal de demander des rançons ou réclamer la libération de leurs combattants qu’ils considèrent comme des soldats capturés par l’ennemi. Concernant les trafics dans le Sahel, Soumeylou Boubèye Maïga dira que les gens se sont rendus compte aujourd’hui que le contrôle d’un territoire ou d’une portion du territoire permet d’avoir des ressources. Et le Sahel est un espace stratégique pour le trafic. « Son immensité et l’absence de contrôle de tout État sur cette zone en font une passerelle d’une région à une autre ». Le Sahel est devenu la passerelle idéale pour les trafics de tout genre », déplore l’ancien Premier ministre, rappelant qu’à un moment, c’était la cigarette. Mais après, la drogue s’est substituée à la cigarette. D’après Soumeylou Boubèye Maïga, dans les parties sahéliennes de nos pays, il n’y a que l’économie de trafic qui s’est criminalisée petit à petit. « Un moment, c’étaient les produits alimentaires, la cigarette inclue et maintenant, c’est la drogue et le trafic humain qui rapportent beaucoup d’argent », a détaillé l’ancien chef du gouvernement, qui martèle que «nous sommes dans des modèles de gouvernance qui ont atteint leurs limites». Et il faut trouver de nouvelles perspectives et combattre, ensemble, ces phénomènes qui pèsent sur le développement de nos pays. En clair, dira l’ancien Premier ministre, il faut être capable de mettre en œuvre des actions qui sont synchronisées sur le plan militaire, de la gouvernance et du développement mais qui mettent toujours les populations au cœur de notre réponse. DD/MD (AMAP)
Pr Baba Berthé, PDG de la CMDT : «C’est une année vraiment catastrophique»
Sur une prévision initiale de 810.000 hectares, moins de 200.000 sont consacrés au coton cette année. Pour le géant de l’Or blanc, le manque à gagner peut être estimé à plusieurs dizaines de milliards de Fcfa L’Essor : Monsieur le Président directeur général, pouvez-vous nous édifier sur les causes du malentendu qui a abouti au refus de nombreux paysans de cultiver le coton ? Pr Baba Berthé : Il y a eu un élément déclencheur pour que nous assistions au boycott massif de la culture du coton. Tout est parti de deux évènements. L’un qui était un peu antérieur à l’avènement de la Covid-19. Il s’agit de la guerre commerciale que se livre la Chine et les États-Unis d’Amérique. Cette guerre avait tiré les cours mondiaux du coton vers le bas de sorte que déjà à la fin de l’année 2019, nous avions assisté à une contraction des cours mondiaux. Lorsque la maladie à coronavirus a fait son apparition, cela a eu une incidence sur le niveau de la demande. Car, la pandémie a occasionné la fermeture des unités industrielles de textiles, de filatures, les unités de tissage, d’impression principalement dans les pays asiatiques. Or, la première destination du coton du Mali ce sont les pays asiatiques dont les usines ont fermé. Corrélativement puisque le coton n’est pas consommé, il y avait des stockages. Les ports aussi ont fini par fermer, donc l’offre et la demande n’avaient pas de cohérence de sorte que les cours ont baissé. Le coton a perdu au moins le tiers de sa valeur sur le marché mondial. Ce que nous pouvons signaler à ce niveau, c’est que, ce que la CMDT ne gagne pas comme ressource de commercialisation de la fibre de coton sur le marché mondial, elle ne peut pas donner aux producteurs. La CMDT paie le coton à partir des ressources générées par la commercialisation de la fibre et si le cours baisse, cela veut dire que les ressources de la CMDT baissent et la CMDT n’a pas le choix que de venir expliquer aux producteurs voilà le niveau des cours mondiaux. Ce n’est pas la CMDT qui détermine le prix, c’est une commission prix de l’Interprofession du coton présidée par les producteurs qui fixe le prix d’achat de base du coton graine à partir des éléments qui sont donnés à savoir les ventes, les cours et les tendances des cours. Cette commission prix de l’Interprofession du coton a déterminé le prix à 200 Fcfa. Mais, parallèlement, il se trouve que depuis quatre campagnes, il y avait quelques difficultés de remboursement de la subvention des engrais. L’état depuis la campagne 2009 – 2010 avait décidé aussi de subventionner les engrais du système coton et depuis quatre ans, l’état éprouve quelques difficultés à rembourser à la CMDT l’équivalent de la subvention des engrais. Au regard de ces difficultés, les acteurs de la filière à savoir les producteurs, la CMDT, l’OHVN se sont mis d’accord pour transférer la subvention de l’engrais au coton graine. C’est-à-dire le prix d’achat du coton graine plus le bonus. Le niveau du bonus dépend de la somme que l’état met à la disposition des cotonculteurs pour subventionner la filière. Le montant qui était indiqué dans le plan de campagne pour appuyer les cotonculteurs, ce montant était de dix milliards qui, rapportés sur une production de 700 000 tonnes, donnaient environ 15 Fcfa/kg. Ce bonus a été ajouté au prix du coton pour donner 215 Fcfa/kg. La subvention étant transférée sur le prix d’achat du coton, alors les engrais devraient être cédés à leur prix coûtant. Quand les paysans ont vu cela, premièrement, ils ont fait une comparaison par rapport à ce qu’ils ont gagné l’année dernière pour la campagne précédente 2019-2020. Ils avaient reçu par kilo 275 Fcfa. Parallèlement, l’engrais leur a été cédé à 11.000 Fcfa. Cette année, ils se disent qu’ils vont recevoir pour chaque kg de graine vendu 200 Fcfa plus 15 Fcfa correspondant à la subvention de l’état. Cela fait 215 Fcfa mais corrélativement, l’engrais leur serait cédé à son prix coûtant. C’est là que ça a commencé à grincer. Deuxièmement, ils ont vu qu’au Burkina Faso, il y a eu un prix de base fixé à 240 Fcfa et parallèlement, l’engrais était cédé aux producteurs burkinabé à 14.000 Fcfa contre un peu plus de 18.400 Fcfa dans notre cas pour le complexe et quelque 16.000 Fcfa l’urée. Ils ont dit qu’habituellement, les conditions du producteur malien sont plus favorables que celles du burkinabé et donc ils ont dit qu’ils ne feront pas de coton parce qu’ils ne gagnent pas. Nous avons organisé des campagnes de sensibilisation à travers la zone cotonnière. Par la suite, l’état a fait un effort à partir du 7 juin 2020. Les réactions des producteurs qui allaient dans le sens de l’amélioration du prix d’achat du coton et des efforts à faire pour baisser le prix de cession des intrants ont été consignées dans un rapport qui a été transmis au gouvernement. Ils ont demandé un effort supplémentaire à l’état, estimant que leur revenu est négativement impacté par les conséquences de la Covid-19. C’est à la suite de ce rapport que le gouvernement a accepté ce bonus. Ainsi, le prix d’achat du coton graine est passé de 215 Fcfa/kg à 250 Fcfa/kg. Malgré cet effort, il y a eu quelques contradictions entre les producteurs. D’autres ont dit qu’ils feront du coton pendant que d’autres ont indiqué qu’ils ne le feront pas pour des raisons internes aux coopératives. Voilà comment ils ont décidé de boycotter le coton. La deuxième explication qu’il faut ajouter est que quand bien même on a réuni toutes les conditions pour que les producteurs aillent faire du coton, les pluies se sont arrêtées. Dans la zone cotonnière, il n’y a pas eu de pluie entre le 15 juin et le 7 juillet 2020. Quand vous demandez à des producteurs de Koutiala, de Sikasso, de Fana de semer du coton au delà du 30 juin, ils estiment que c’est un gros risque. Ils
Niono : Ouverture d’un forum sur la paix, en présence de quatre ministres
Niono, 05 Nov (AMAP) Une rencontre sur la paix dans le Cercle de Niono, dans le Centre du Mali) s’est ouverte, jeudi, dans la salle de conférence de la ville, en présence des ministres de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, de la Sécurité et de la Protection civile, de la Réconciliation nationale et de la Santé et des Affaires sociales. Le forum, qui prend fin dimanche, a débuté par une minute de silence observée à la mémoire des victimes. Et le chef de village, Boubacar Samaké, ainsi que le maire de la Commune urbaine de Niono, Abdramane Touré, qui ont, tous deux, exprimé leurs préoccupations, face à la situation actuelle d’insécurité, ont engagé les populations, avec les autorités, à trouver une solution idéale, aux affrontements de toute nature dans la zone, à travers ces discussions. De son côté, le gouverneur de la Région de Ségou, le contrôleur général de police, Alassane Traoré, a axé son intervention sur la situation sécuritaire dans le Cercle, énumérant la longue liste des difficultés auxquelles font face l’administration générale, les collectivités territoriales, les forces de défense et de sécurité, les services techniques. Quant au ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maiga, au nom du Président, du Vice-président de la Transition, du Chef du gouvernement et de l’ensemble du gouvernement et des populations maliennes, il a présenté aux parents des victimes les condoléances et souhaité prompt rétablissement aux blessés. Il a, également, indiqué que la présence de quatre ministres à cette rencontre est un signe de l’empathie des dirigeants du pays sensibles à la souffrance de la population affectée par cette crise. Il en est ainsi des dons en vivres et médicaments aux populations, l’amélioration de la sécurité des personnes et de leurs biens et, enfin tous les efforts du gouvernement pour promouvoir le dialogue et l’entente entre les communautés. Le Cercle de Niono, zone stratégique, est à la fois l’un des poumons économique du Mali et un espace de grande production agricole qui partage un long cordon frontalier avec la Mauritanie, à travers les communes de Dogofry, Sokolo et Nampala, sur une distance de 85 kilomètres. Son positionnement géographique en fait une zone d’insécurité, depuis la crise multidimensionnelle que notre pays connait depuis 2012. Cette situation d’insécurité est préoccupante et se caractérise par la présence accrue de groupes armés de tout acabit dans le Cercle (jihadistes, bandits armés), les assassinats ciblés, les vols de bétail, les enlèvements de citoyens ordinaires, des villages assiégés (notamment à Farabougou) et des conflits intercommunautaires. La présence d’hommes armés, circulant à bord de véhicules ou sur des motos, est signalée à travers le Cercle. Un soldat malien a été tué à Farabougou au cours d’une attaque dimanche dernier, selon un habitant, cité par Radio France internationale (RFI) sur son site. Selon la même source, après une relative accalmie, la situation s’est nettement dégradée ces derniers jours, quand des jeunes, qui coupaient des broussailles, aux abords du village, ont été la cible de tirs de jihadistes qui encerclent le village. Ces tirs ennemis se sont rapidement dirigés vers les soldats maliens, lesquels ont répliqué et repoussé les assaillants, selon l’Armée malienne. Cela fait près d’un mois que les jihadistes encerclent Farabougou et une dizaine de jours que les soldats maliens sont entrés dans le village. Des stocks de nourriture ont été livrés à plusieurs reprises, par voie aérienne, mais il est impossible d’emprunter les routes ou de se rendre dans les champs voisins. La situation sécuritaire générale reste tendue dans la Région de Ségou, dans le Centre du Mali où, depuis quelques temps, elle a tendance à se dégrader, de plus en plus, dans le Cercle de Niono, notamment. Les récentes attaques du check point de Sorowel, dans la Commune urbaine de Niono, un accrochage entre des chasseurs traditionnels Dozos et des bandits armés non identifiés à Farabougou, dans la Commune rurale de Dogofry, occasionnant la mort de cinq personnes et des blessés, suivi de l’enlèvement de personnes et de bétail, illustrent ce contexte. MS/MD (AMAP)
Route Séféto-Dalibera (Ouest) : Des hommes armés attaquent les passagers d’un minibus
Bamako, 05 Nov (AMAP) Un minibus, en partance à Diougounté, a été attaqué, lundi, vers 17heures, entre le village de Fountou et la Commune de Niagané, dans l’Ouest du Mali, a indiqué, mercredi, à l’AMAP, une source locale. Fousseïny Tounkara, « Saddam », convoyeur de minibus, a expliqué que l’attaque a été perpétrée par trois hommes qui circulaient sur des motos asiatiques. «Le chauffeur du minibus, Samba Fofana, nous a dit que les trois individus étaient armés de fusils. Ils ont tiré en l’air et ordonné à tous les passagers de descendre du véhicule. Ensuite, ils ont commencé à les fouiller, les uns après les autres, à la recherche d’argent, de téléphones portables et d’objets de valeur ». « La dizaine de passagers à bord du minibus dont le chauffeur et l’apprenti ont été dépouillés de leurs portables et de tout leur argent», rapporte M. Tounkara, citant le chauffeur qui a connu la plus grosse frayeur de sa vie. Saddam a ajouté que «l’opération a duré une dizaine de minutes », suffisante pour les agresseurs de rassembler tous les téléphones portables et de prendre la direction du village de Dalibera ». On ne connaît pas le montant de la somme d’argent emporté par les coupeurs de route mais, a ajouté un autre convoyeur, « les passagers, parmi lesquels un Parisien (Ndlr, un Malien qui réside en France) ont été dépouillés de tout leur argent ». « Les trois individus, qui s’exprimaient en Bambara ont tabassé certains passagers dont le seul tort a été de ne pas avoir sur eux beaucoup d’argent », indique la même source. DEUXIEME ATTAQUE – Après le départ des assaillants, Samba Fofana et ses passagers ont continué leur route et c’est seulement à leur arrivée à Niagané qu’ils ont pu donner l’alerte. Quand les bandits armés avaient atteint la voie bitumée et disparu dans la nature. Un deuxième minibus, qui avait quitté Bamako deux heures après le premier et qui était en partance à Séféto, a croisé les deux motocyclistes entre Fountou et Dalibera Les passagers de ce véhicule n’étaient pas informés de l’attaque. C’est la deuxième fois, depuis le début de l’année, que des bandits sévissent sur le tronçon Dalibera-Séféto, long de 50 km et qui est jalonné de petits marigots, rivières, cours d’eau stagnantes et de rizières. La première attaque avait été perpétrée en mai, sur le même tronçon, et à seulement 2 km de l’endroit de l’attaque du lundi. Les assaillants avaient surgi des buissons et fait tiré en l’air, avant de déposséder les passagers de leurs téléphones portables et de leur argent. Selon « Saddam », ces bandits armés étaient au nombre de sept. Les habitués du tronçon pensent que les auteurs des deux attaques connaissent bien la zone et viennent, probablement, de localités voisines. L’attaque du 2 novembre a provoqué la psychose dans le Kaarta dont les populations ne sont pas habituées à ce genre de banditisme et ne savent pas quelle attitude adopter pour y faire face. Depuis l’arrêt du trafic ferroviaire entre Bamako et Kayes, il y a une décennie, les minibus sont devenus le moyen de transport le plus utilisé par les ressortissants de la 1ere Région administrative, dans l’Ouest du pays. Ces minibus passent, soit par le tronçon Bamako-Kita, soit par la Route nationale (RN7) qui relie la capitale à la cité des Rails. SBT/MD (AMAP)
Mali-États-Unis: Les deux pays entendent renforcer leur coopération sécuritaire
Bamako, 05 Nov (AMAP) A sa demande, le vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a reçu en audience, mardi dernier à Koulouba, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Mali, Dennis B. Hankins. Les deux personnalités ont échangé, notamment, sur les relations entre les deux pays sur le plan sécuritaire. Elles ont exprimé leur volonté de renforcer la coopération dans ce domaine précis, a dit, à sa sortie de l’audience, le diplomate américain. Par ailleurs, Dennis B. Hankins a affirmé que les Etats-Unis voient notre pays comme l’un des partenaires dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Il a relevé que l’implication du gouvernement malien dans une opération, la semaine dernière, a contribué à la libération d’un otage américain au Niger. Ainsi, a-t-il dit, les Etats-Unis restent toujours un partenaire du gouvernement malien sur les questions de sécurité qui ne repose pas uniquement sur les soldats et les armes. L’ambassadeur américain au Mali a, aussi, annoncé que son pays accompagnera la Transition sur les questions de bonne gouvernance. Il a, également, apprécié la composition du gouvernement de Transition qui inclue des membres signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Pour Dennis B. Hankins, c’est une opportunité pour avancer l’assistance américaine en termes de développement dans les Régions dans le Nord du Mali. « Si le Nord est plus stable, plus sécurisé, cela donne plus de sécurité pour le reste du pays », a-t-il estimé. OD/MD (AMAP)
Bandiagara : Huit civils tués et une dizaine de blessés dans une attaque entre Parou et Songobia (Centre)
Bandiagara, 5 Nov (AMAP) Huit civils ont été tués et dix autres blessés dans une attaque contre un minibus par des hommes armés non identifiés, dans la nuit de mardi à mercredi, entre Parou et Songobia, dans le Cercle de Bandiagara, Région de Mopti (Centre), a appris l’AMAP de source locale. Des hommes armés non identifiés ont attaqué le véhicule de transport qui quittait Bandiagara pour Bankass, entre Parou et Songobia, selon notre source. Un renfort miliaire a été dépêché pour sécuriser la zone, retrouver d’éventuels assaillants selon notre source qui précise que les blessés ont été admis au Centre de santé de référence de Bandiagara. KM (AMAP)
Burkina Faso : L’Economie agro-sylvo-pastorale en ligne de mire
Par Moussa DIARRA Envoyé spécial Bamako 4 Nov (AMAP) Un joyeux groupe de femmes qui chantent pour accueillir des journalistes sur leur lieu de travail. Ces 152 productrices exploitent un bas fond de riz et font de l’étuvage. Elles transforment le riz et approvisionnent les cantines scolaires et des clients individuels. En plus, elles achètent du riz dans d’autres bas-fonds rizicoles qu’elles étuvent et mettent également sur le marché. La douzaine de journalistes africains de ce voyage de presse, du 18 au 23 octobre, de la présidence du Burkina Faso, ont pu découvrir le pays, à travers ses actions et chantiers d’envergure menés, ces cinq dernières années, malgré le défi sécuritaire. L’agriculture est un de ces chantiers qui contribuent aux résultats du Burkina Faso. Ainsi que l’illustre Sanfo Asséta, productrice/étuveuse de riz, est présidente de la coopérative de production. « Pendant ces deux dernières années, on nous a appuyées avec des intrants, de l’engrais, l’appui technique en production de riz, de l’argent pour le désherbage et, enfin, nous avons pu bénéficier d’un tracteur fortement subventionné », explique-t-elle. Son souhait ? « Que le projet puisse aider d’autres personnes pour que le pays se développe ». « Notre activité initiale était la production, puis plus tard, nous y avons ajouté la transformation du riz. Nous venons au centre pour faire ce travail. Et nous avons bénéficié du soutien d’un projet pour renforcer notre activité avec la mécanisation de la transformation », renchérit Goroko Fatimata de la coopérative de Dandé. « Grâce à l’étuvage, nous arrivons à prendre en charge des dépenses de la famille, à payer la scolarité des enfants, par exemple. Il y a beaucoup de retombées positives. Même pour des dépenses d’environ 50 mille francs CFA, nous n’avons pas besoin de demander à nos maris, nous pouvons les prendre en charge ». Le chef d’antenne du projet d’appui à la promotion des filières agricoles au niveau de l’unité de Bobo Dioulasso, Kouadima Issa, explique que le projet, d’un financement de 110 milliards de francs CFA, couvre les Régions des Hauts bassins et des Cascades. Il a vu le jour sur initiative du gouvernement burkinabè et a été mis en place par le ministère de l’Agriculture. « Nous bénéficions de l’appui du Fonds international de développement agricole (FIDA) et du Fonds OPEP pour le développement international (OFID). Depuis 2018, nous avons commencé et nous en avons pour 6 ans », poursuit-il. « A Dandé, nous avons accompagné les femmes avec les sous-produits d’accès aux marchés. Nous mettons à leur disposition des intrants, l’appui conseil…à hauteur de presque 4 millions de francs CFA pour produire » En raison du Covid qui allait impacter les surfaces à emblaver et la main-d’œuvre et grâce au programme présidentiel de mécanisation de l’agriculture, le gouvernement du Burkina Faso a permis l’acquisition de 30 tracteurs pour nos organisations. Nous les avons aidées à avoir ces tracteurs subventionnés à 45%. Nous subventionnons à 80% les organisations que nous accompagnons. Grace à notre subvention de 80%, elles ont dépensé un peu moins de 2 millions, au lieu de 8 millions, pour acquérir leur tracteur. Nous avons accompagné les organisations avec 40 tracteurs », a dit M. Kouadima. Dans la plaine de Bama, de 1.260 ha dont 60 ha alloués à l’expérimentation et où opèrent neuf coopératives, c’est aussi une Initiative présidentielle qui est en marche avec un objectif d’un million de tonnes de riz paddy d’ici 2020, au plan national. LE COUP DE POUCE DE L’ETAT – En guise de mesures d’accompagnement et pour les semences, en 2020, quelques 1.350 tonnes d’engrais ont été fournis à la Région des Hauts Bassins pour la production seulement de riz, contre, pour toute la Région et toutes les spéculations, l’année dernière, 2.000 tonnes. Sur 480 tonnes de semences de riz, 50 tonnes de semences de riz ont été remis aux producteurs de la plaine de Bama, pour emblaver toute la plaine, à raison de 45 kg pour un ha. Fortement subventionné, 15kg à 1.000 Fcfa, emblaver un ha revient à 3.000 Fcfa de frais de semences. L’engrais coûte 17.500 Fcfa, le sac, sur le marché. Il est à 12.000 Fcfa, prix subventionné. Cette année 2020, quelques 83 tonnes d’engrais sont remises à la plaine de Bama où on attend 10.000 tonne, pour la campagne en cours. L’objectif de production, sur le million de tonnes national est de 144.450 tonnes pour les Hauts Bassins, répartis entre les plaines et les bas-fonds. Cependant, le secrétaire général de l’Union des coopératives rizicoles de Bama, Zakaria Ouédraogo, relève que pour l’exploitation de la plaine, les difficultés ont pour noms « faible débit de l’eau en période sèche, baisse de la production ces dernières années, vétusté du réseau hydraulique construit dans les années 70, absence de subventions en intrants pour les cultures de contre saison… » ; pour une infrastructure aménagée dans les années 70 par Taiwan et dont les travaux ont été a achevé par la Chine populaire dans les années 75. Les 1385 exploitants dont 85 productrices, regroupés en 9 sociétés coopératives, font chacun, en moyenne 6 tonnes à l’ha, à raison de 150 Fcfa le kg, et 463 500 Fcfa de marge nette, selon Zakaria Ouédraogo. Irrigation en maitrise totale d’eau, l’infrastructure permet deux cycles de production, en saison humide et en saison sèche, un rendement moyen de 5, tonnes et 1/2 à l’ha, sur 1.000 ha, pour 12.000 t à l’ha. Le directeur régional de l’Agriculture est affirmatif : il y a « un milliard de francs CFA à se partager dans la plaine de Bama où il n’y a pas de mévente ». Et qui se positionne pour contribuer à l’autosuffisance alimentaire du Burkina Faso l’objectif du million de tonnes est atteint. En fait, l’économie agro-sylvo-pastorale, halieutique et faunique, occupe près de 80% de la population active burkinabè. Le président Roch Marc Christian Kaboré en a fait une priorité, afin d’améliorer la productivité des agriculteurs et leur niveau de vie, la transformation des ressources naturelles burkinabè et la sécurité alimentaire du pays. Durant son mandat présidentiel, le Burkina Faso a investi dans l’aménagement des zones hydro-agricoles et des retenues d’eau, dans l’accélération de la mécanisation, la mise
Ouverture de la 2ème session ordinaire de l’année 2020 du Haut Conseil des Collectivités territoriales
Bamako, 3 novembre (AMAP) La cérémonie d’ouverture de la 2ème session ordinaire du Haut Conseil des Collectivités Territoriales a été présidé lundi au siège de l’institution par son président, Mamadou Satigui Diakité, en présence du Premier Ministre, Moctar Ouane, a constaté l’AMAP. Cette 2ème session va plancher sur l’examen des textes soumis par le Gouvernement et les questions diverses avant d’examiner deux thèmes essentiels que sont la réforme constitutionnelle et la problématique de la réorganisation du territoire national. Le président de l’institution a rappelé que la présente session qui clôt les activités de l’exercice du semestre en cours, survient dans un contexte socio-politique particulier, marqué par des destructions de biens publics et privés et même par des pertes en vies humaines. Mamadou Satigui Diakité a salué les nouvelles autorités pour l’affirmation dans la Charte de la Transition de leur attachement à la démocratie et à la bonne gouvernance. Il a réitéré ses encouragements aux forces de défense et de sécurité, notamment pour la libération des zones encore assiégées avant de saluer la contribution des collectivités territoriales dans la construction du pays et de rendre grâce à Dieu pour la libération de Soumaïla Cissé et d’autres otages. Le Président Diakité a enfin invité les uns et mes autres à continuer à respecter les gestes- barrières qui seuls, peuvent nous protéger de la Covid 19 qui continue de faire des ravages dans le monde. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence des membres du Gouvernement et de représentants des autres Institutions de la République et de plusieurs invités de marque. En rappel, la session qui s’est ouverte lundi dans l’après-midi, se poursuivra jusqu’au 1er décembre 2020. KM (AMAP)

